Archive pour le Tag 'honte'

Rafle du Vél’d’Hiv :  » la honte française »

 Rafle du Vél’d’Hiv :  » la honte française »

 

Il y a quatre-vingts ans avait lieu la rafle du Vél’d’Hiv. Si plusieurs milliers d’enfants juifs furent arrêtés, certains réussirent de justesse à échapper à la déportation. Souvent grâce au courage exceptionnel de familles françaises quand d’autres, beaucoup d’autres ,se sont résignées voire pire ont participé au génocide en dénonçant leurs voisins. Le légitime souci d’union nationale après la guerre a  notoirement surestimé l’ampleur du mouvement de résistance mais ne peut faire oublier ce qui restera comme l’un des plus grands massacres de l’histoire.« Cet événement a fait d es survivants des sentinelles à vie », observe Nathalie Zajde, maîtresse de conférences en psychologie à l’université Paris-VIII.

 

Ce matin tôt du 16 juillet 1942, 10e arrondissement de Paris, les gendarmes ont frappé à la porte. Avant d’aller ouvrir, la mère d’Henri l’a caché sous le matelas de son lit en lui disant en yiddish : « Ne bouge pas ! Ne fais pas de bruit ! » Henri est resté figé ainsi plusieurs heures, mort de peur, osant à peine respirer, avant de sortir de sa cachette et d’aller frapper à la porte de la voisine, comme sa mère le lui avait recommandé. Il n’a jamais revu sa mère, ni son père d’ailleurs, arrêté quatorze mois plus tôt, en mai 1941. Henri est ce qu’on appelle un orphelin de la Shoah. Le 16 juillet, il avait 8 ans.

Annette, elle, n’avait que 6 ans. Quand la police a commencé à monter les étages, quand le bruit, les cris, les coups sur les portes ont débuté dans l’immeuble du 19e arrondissement, le père de famille a emmené sa femme et leurs deux enfants se glisser dans la cachette qu’il avait confectionnée sous le toit, près de la lucarne, en prévision de son arrestation. De là, ils ont vu les mères et les enfants de l’immeuble se faire embarquer. « C’est une image que je n’oublierai jamais, j’entends encore les cris des mamans et de leurs petits », confie Annette.

Ce jour-là, Marcel avait 5 ans. Quartier du Marais, « le Pletzl ». Il a été arrêté avec sa mère et son frère aîné. Le médecin du camp ayant diagnostiqué une maladie contagieuse, Marcel a été sorti pour être emmené à l’hôpital et, de là, exfiltré par une parente. Il est le rare survivant d’une famille nombreuse de juifs émigrés de Pologne. Comme Henri, Annette, Marcel, ils furent plusieurs milliers d’enfants parisiens à échapper de justesse à la fin tragique qui les attendait lors de la rafle des 16 et 17 juillet 1942.

Comment ces enfants miraculés ont-ils grandi, alors que les premières années de leur existence ont été marquées par des épisodes de frayeur, des scènes d’arrestation de leurs proches et la menace terrifiante liée à leur identité juive ? Qui devient-on quand, durant ses jeunes années de formation, au cours desquelles on apprend habituellement à devenir ce que les parents souhaitent que l’on soit, on est contraint de faire semblant, de devenir un bon chrétien du terroir alors qu’on est l’enfant de juifs émigrés ? Quelle sorte d’enfant est-on lorsque, dans la peur et la menace constantes, on a l’interdiction d’être juif et qu’on devient un étranger à sa propre identité, au point d’oublier la langue et la culture de ses parents ?

 

Et au lendemain de la Shoah, quel adolescent, quel adulte devient-on lorsqu’on apprend que la majorité de sa famille a disparu dans les camps nazis, dans une mort atroce et sans sépulture ? Comment grandit-on dans le pays qui vous a vomi et qui au lendemain de la Shoah fait comme si rien ne vous était arrivé ?

L’extradition de Julian Assange : La honte

L’extradition de Julian Assange : La honte

Après la décision du gouvernement britannique d’extrader le fondateur de WikiLeaks vers les Etats-Unis, Antoine Vey, son avocat français, explique au JDD pourquoi un appel va être déposé.

 

Quand Julian Assange a rencontré son avocat français, Antoine Vey , vendredi matin dans sa prison de Londres, il ne savait pas encore. La ministre de l’intérieur britannique, Priti Patel, venait de signer l’ordonnance autorisant son extradition vers les Etats-Unis. Ce pays veut juger l’Australien de 51 ans pour espionnage, parce qu’il avait contribué en 2010 à la diffusion de plusieurs dizaines de milliers de documents confidentiels concernant l’activité des Américains en Irak et en Afghanistan. Incarcéré à Belmarsh, un centre de détention de haute sécurité depuis avril 2019, le fondateur de WikiLeaks attendait d’être fixé sur son sort. « Il n’avait pas dormi de la nuit, explique au JDD Antoine Vey. Je l’ai trouvé très angoissé, renfermé, mal. »

« Il est soumis à un régime d’isolement strict, alors qu’il n’a commis aucun crime », ajoute encore l’avocat. Si tout espoir n’est pas perdu, la décision du gouvernement de Boris Johnson  vient rendre encore plus précaire sa situation. Un recours va être déposé dans les 14 jours en Angleterre auprès de la Haute Cour, puis devant la Cour européenne des droits de l’homme.

Pour ses défenseurs, « l’accusation ne repose sur rien »

S’il n’obtient pas gain de cause, le prisonnier de Londres pourrait être transféré aux Etats-Unis dans les 28 jours, Il y risque une peine de 175 ans d’emprisonnement. En 2010, l’actuel président démocrate des Etats-Unis, Joe Biden , alors vice-président de Barack Obama, avait estimé que Julian Assange s’apparentait plus à un « terroriste high tech » qu’à un héritier des enquêteurs des journalistes américains qui avaient révélé dans les années 1970 les mensonges de leur gouvernement sur la guerre du Vietnam.

Julian n’a rien fait de mal. Il est journaliste et éditeur, et il est puni pour avoir fait son travail.

« Tout cela relève clairement de la persécution politique, affirme Antoine Vey. Les services de renseignement américains se livrent à des règlements de compte en le transformant en ennemi public numéro un. » « Nous sommes dans une configuration, poursuit-il, dans laquelle l’accusation ne repose sur rien, et où personne ne sait vraiment pourquoi il est détenu : n’est-il pas invraisemblable  de persécuter quelqu’un qui  a publié des informations vraies ? »

« C’est un jour sombre pour la liberté de la presse et la démocratie britannique, Julian n’a rien fait de mal. Il est journaliste et éditeur, et il est puni pour avoir fait son travail », a déclaré pour sa part Stella Assange, avocate devenue l’épouse du détenu, et avec laquelle il a eu deux enfants en prison. Julian Assange est aussi soutenu par plusieurs associations de journalistes ou de défense des droits de l’homme.

Foot-Nouvelle honte pour le PSG !

 

Nouvelle honte pour le club et les mercenaires du PSG battu sévèrement 3à 0 par Monaco. La confirmation de la déliquescence complète de cette équipe sans âme, sans dynamisme et sans direction. Une équipe où sans doute tout est à reconstruire y compris en se séparant des joueurs les plus cotés surpayés complètement amorphes.

Il s’agit de la quatrième défaite du PSG cette saison en championnat, la troisième en cinq journées. Il y a dix jours, les Parisiens ont également été battus par le Real Madrid (3-1) et éliminés en 8e de finale de la Ligue des Champions. « Cela ne peut plus se répéter. On peut encore perdre des matches. Mais ce qui s’est passé ne doit plus et ne peut plus se reproduire. Parce que c’est grave », a encore jugé Pochettino.

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Accepter le sacrifice du pétrole russe de la honte

Accepter le sacrifice du pétrole russe de la honte

Le Prix Nobel de physique (2012) Serge Haroche estime, dans une tribune au « Monde », que continuer à commercer avec la Russie revient non seulement à abandonner l’Ukraine à son sort, mais en plus à aider « cyniquement et objectivement son bourreau à la martyriser ».

Tribune. « L’Europe peut-elle se passer du gaz russe ? » s’interrogeait Le Monde hier. La vraie question est : « Comment peut-on encore se poser la question ? » Nous assistons depuis deux semaines à une guerre implacable à nos portes qui a déjà fait des milliers de morts, des dizaines de milliers de blessés et des millions de personnes fuyant leur pays dévasté.

Face à cela, nous, les Européens, les membres de l’OTAN, avons déclaré que bien entendu nous ne pouvons intervenir militairement, qu’il n’est pas question de faire la guerre à la Russie ni même de la provoquer en empêchant l’aviation russe d’accéder au ciel ukrainien. Cela nous pose déjà un grave problème éthique et moral.

 

Nous avons certes engagé des sanctions financières, mais elles ne touchent pas le secteur essentiel de l’énergie parce que, disent nos experts économiques et certains de nos dirigeants, nous ne pouvons pas nous passer du gaz et du pétrole russes. Alors posons-nous la question symétrique : pourquoi la Russie continue-t-elle à nous livrer ce gaz et ce pétrole ? Puisque nous la sanctionnons si sévèrement, ne devrait-elle pas, en représailles, nous couper de ces ressources pour nous vitales ? 

La réponse à cette question est limpide : Poutine a besoin des devises de ce commerce pour financer sa sale guerre qui lui coûte très cher en armes et en dépenses logistiques. Il est évident qu’en continuant à commercer ainsi avec la Russie, non seulement nous abandonnons l’Ukraine à son sort, mais en plus nous aidons effectivement, cyniquement et objectivement son bourreau à la martyriser.

Oui, nous avons besoin du gaz russe, ce qui pose par ailleurs la question de l’imprévoyance et des erreurs passées de pays qui n’ont pas su ou voulu assurer leur indépendance énergétique avant cette tragédie. Mais la question n’est plus là. En tergiversant à propos de l’embargo sur le gaz et le pétrole, nous disons aux Ukrainiens : nous n’allons pas risquer de mourir pour vous en vous envoyant des soldats ou même en protégeant votre ciel et, pour tout vous dire,

Confrontés au tragique de l’histoire, nous devrions au contraire accepter pour nous, sinon le sang dont parlait Churchill en 1940, mais au moins les larmes d’un renoncement relatif à notre confort. Oui, en coupant le robinet du gaz et du pétrole russes immédiatement (pas en y réfléchissant pour la fin de l’année ou pour plus tard encore), nous allons avoir plus froid, nous paierons notre essence plus cher, nous devrons restreindre nos déplacements et nos voyages, en un mot accepter de souffrir un peu, mais nous pourrons peut-être nous regarder en face avec moins de honte.

Poutine , l’emprise destructrice

Poutine , l’emprise destructrice

Individuelle quand une personne se livre entièrement au pouvoir d’un gourou destructeur, l’emprise peut être aussi collective quand un groupe se transforme en secte ou quand une foule s’identifie frénétiquement à des dictateurs.

Un papier d’Elisabeth Roudinesco dans le « Monde ».

L ’« emprise » désigne la domination exercée par une personne sur une autre, la victime pouvant être consciente de cette domination. Auquel cas on parlera de relation perverse avec consentement mutuel. Mais la victime peut aussi, comme le prédateur, ne pas avoir conscience de ce qui se joue pour elle. Ce type d’emprise concerne exclusivement les adultes majeurs, volontairement acquis à de telles relations.La description la plus démente et la plus rationnelle de ce pouvoir de l’emprise a été donnée par le marquis de Sade, dont l’univers romanesque est peuplé de grands fauves libertins qui ne détruisent l’autre que pour se détruire eux-mêmes. Aussi bien la victime est-elle alors – à des degrés divers – inféodée à la volonté de celui qui exerce le pouvoir.

On a beaucoup dit, à juste titre, que l’emprise était exercée par des hommes sur des femmes. Mais, à y regarder de près, on s’aperçoit aussi que l’emprise abolit la différence des sexes puisque chaque partenaire, homme ou femme, est prêt à toutes les bassesses possibles pour conserver la posture qui annihile son jugement en lui procurant de la jouissance. A tout moment, si les circonstances s’y prêtent, la victime peut se convertir en bourreau et réciproquement.

Freud a appelé pulsion de mort ces phénomènes d’emprise, caractéristiques de la condition humaine. Et il a donné le nom de transfert à un processus essentiel de la cure, par lequel, pour échapper à une emprise névrotique, un sujet a besoin de déplacer ses affects sur un thérapeute.

On voit donc combien il est complexe de définir les modalités d’une relation d’emprise, puisque, quand elle perdure, elle conduit le sujet à la destruction de soi et de toute altérité. L’emprise peut être individuelle quand une personne se livre entièrement au pouvoir d’un gourou destructeur. Mais elle peut aussi être collective quand un groupe se transforme en secte ou quand une foule s’identifie frénétiquement à des dictateurs.

Le nazisme a été, au XXe siècle, l’expression la plus incandescente de cette forme d’emprise à la fois sociale et subjective, qui n’a d’ailleurs rien à voir avec l’imaginaire sadien, individualiste et libertaire. Quand l’emprise atteint un tel degré d’horreur, l’exercice du pouvoir se confond avec la fabrication d’un système totalitaire qui vise à l’extermination de l’autreconsidéré comme appartenant à une « race » dite « inférieure » : les juifs, les homosexuels, les fous, les « anormaux » et, finalement, l’humanité entière, livrée à un génocide.

 

Société-Tragédie de Calais : La honte pour Paris et Londres

Société-Tragédie de Calais : La honte pour Paris et Londres

En 20 ans près de 300 migrants seraient morts sur le littoral. La dernière tragédie qui a fait 27 noyés devrait interpeller Paris et Londres qui se renvoient honteusement la responsabilité. Un papier du Monde évoque l’impérative nécessité d’une cogestion de cette question dramatique.

 

 

Ils étaient Kurdes en majorité, d’Irak ou d’Iran, et rêvaient de vivre en Angleterre. Leur voyage s’est achevé de manière dramatique lorsque, mercredi 24 novembre, un bateau de pêche a découvert une quinzaine de corps flottant au large de Calais. Au moins vingt-sept personnes, dont sept femmes, sont mortes noyées dans la Manche.

Cette phrase, qui résume le plus grave des naufrages de migrants survenus entre la France et le Royaume-Uni, n’aurait jamais dû être écrite. Insupportable, cette tragédie fait honte à ces deux pays. Elle traduit la faillite de leur politique de gestion de la frontière. Mais le désastre est aussi européen, puisque la Manche, depuis le Brexit, constitue une frontière extérieure de l’Union européenne (UE).


Depuis 1999, plus de 300 migrants sont morts sur le littoral, selon les associations humanitaires. Cela fait plus de vingt ans que la Manche est une plaie ouverte au cœur du continent européen. Des migrants sont morts écrasés par des trains ou asphyxiés dans des camions en tentant de traverser via le tunnel. Depuis 2018 et le bouclage des accès, ils s’embarquent sur de frêles bateaux gonflables et meurent parfois noyés, victimes du cynisme de passeurs mais aussi de l’irresponsabilité de Paris et de Londres.

Rhétorique vaniteuse

Sous le choc du drame de mercredi, le premier ministre britannique, Boris Johnson, a accusé la France de « ne pas faire assez » d’efforts pour empêcher les migrants d’atteindre ses côtes. « La France ne laissera pas la Manche devenir un cimetière », a proclamé le président Emmanuel Macron. Comme tous leurs prédécesseurs, ils rivalisent de fermeté dans la lutte contre les gangs de passeurs et la protection de la frontière.

Après la tragédie de mercredi, il serait temps d’admettre la vanité de cette rhétorique. Si les traversées désespérées se multiplient, si les passeurs prolifèrent, c’est qu’il n’existe pratiquement aucune voie légale d’immigration au Royaume-Uni. C’est surtout que les extravagants accords du Touquet signés par Nicolas Sarkozy en 2003 font de la France la gardienne de la frontière du Royaume-Uni. Et que ces accords permettent en réalité à ce pays, l’un des fondateurs de la convention de Genève sur l’asile de 1951, de refouler massivement les demandeurs d’asile.

La question fondamentale n’est pas celle des passeurs mais, désormais, celle du partage des demandeurs d’asile entre l’Union européenne – la France en particulier – et le Royaume-Uni. Emmanuel Macron, qui menaçait de dénoncer les accords du Touquet quand il était ministre, doit actionner ce levier afin d’amener les Britanniques à une négociation sur ce sujet. Des critères et des modalités d’examen des demandes d’asile à la frontière doivent être définis en commun. L’UE, dont la France assurera la présidence tournante à partir de janvier 2022, doit appuyer ces avancées si elle veut sortir d’une situation aberrante où des migrants, à Calais, sont empêchés de quitter son sol.

Le statu quo n’est plus une option, ni pour Londres, ni pour Paris, ni pour Bruxelles. Ces corps flottant dans l’eau glacée de la Manche, au cœur de l’une des régions les plus riches du monde et d’un continent à l’histoire trop pleine de tragédies d’exils forcés et de déportations, font horreur. Dans un monde aux frontières de plus en plus disputées, comment les deux pays alliés et amis que sont le Royaume-Uni et la France pourraient-ils continuer de donner le spectacle affligeant de leur mortelle querelle de voisinage ?

Tragédie de Calais : La honte pour Paris et Londres

Tragédie de Calais : La honte pour Paris et Londres

En 20 ans près de 300 migrants seraient morts sur le littoral. La dernière tragédie qui a fait 27 noyés devrait interpeller Paris et Londres qui se renvoient honteusement la responsabilité. Un papier du Monde évoque l’impérative nécessité d’une cogestion de cette question dramatique.

 

 

Ils étaient Kurdes en majorité, d’Irak ou d’Iran, et rêvaient de vivre en Angleterre. Leur voyage s’est achevé de manière dramatique lorsque, mercredi 24 novembre, un bateau de pêche a découvert une quinzaine de corps flottant au large de Calais. Au moins vingt-sept personnes, dont sept femmes, sont mortes noyées dans la Manche.

Cette phrase, qui résume le plus grave des naufrages de migrants survenus entre la France et le Royaume-Uni, n’aurait jamais dû être écrite. Insupportable, cette tragédie fait honte à ces deux pays. Elle traduit la faillite de leur politique de gestion de la frontière. Mais le désastre est aussi européen, puisque la Manche, depuis le Brexit, constitue une frontière extérieure de l’Union européenne (UE).


Depuis 1999, plus de 300 migrants sont morts sur le littoral, selon les associations humanitaires. Cela fait plus de vingt ans que la Manche est une plaie ouverte au cœur du continent européen. Des migrants sont morts écrasés par des trains ou asphyxiés dans des camions en tentant de traverser via le tunnel. Depuis 2018 et le bouclage des accès, ils s’embarquent sur de frêles bateaux gonflables et meurent parfois noyés, victimes du cynisme de passeurs mais aussi de l’irresponsabilité de Paris et de Londres.

Rhétorique vaniteuse

Sous le choc du drame de mercredi, le premier ministre britannique, Boris Johnson, a accusé la France de « ne pas faire assez » d’efforts pour empêcher les migrants d’atteindre ses côtes. « La France ne laissera pas la Manche devenir un cimetière », a proclamé le président Emmanuel Macron. Comme tous leurs prédécesseurs, ils rivalisent de fermeté dans la lutte contre les gangs de passeurs et la protection de la frontière.

Après la tragédie de mercredi, il serait temps d’admettre la vanité de cette rhétorique. Si les traversées désespérées se multiplient, si les passeurs prolifèrent, c’est qu’il n’existe pratiquement aucune voie légale d’immigration au Royaume-Uni. C’est surtout que les extravagants accords du Touquet signés par Nicolas Sarkozy en 2003 font de la France la gardienne de la frontière du Royaume-Uni. Et que ces accords permettent en réalité à ce pays, l’un des fondateurs de la convention de Genève sur l’asile de 1951, de refouler massivement les demandeurs d’asile.

La question fondamentale n’est pas celle des passeurs mais, désormais, celle du partage des demandeurs d’asile entre l’Union européenne – la France en particulier – et le Royaume-Uni. Emmanuel Macron, qui menaçait de dénoncer les accords du Touquet quand il était ministre, doit actionner ce levier afin d’amener les Britanniques à une négociation sur ce sujet. Des critères et des modalités d’examen des demandes d’asile à la frontière doivent être définis en commun. L’UE, dont la France assurera la présidence tournante à partir de janvier 2022, doit appuyer ces avancées si elle veut sortir d’une situation aberrante où des migrants, à Calais, sont empêchés de quitter son sol.

Le statu quo n’est plus une option, ni pour Londres, ni pour Paris, ni pour Bruxelles. Ces corps flottant dans l’eau glacée de la Manche, au cœur de l’une des régions les plus riches du monde et d’un continent à l’histoire trop pleine de tragédies d’exils forcés et de déportations, font horreur. Dans un monde aux frontières de plus en plus disputées, comment les deux pays alliés et amis que sont le Royaume-Uni et la France pourraient-ils continuer de donner le spectacle affligeant de leur mortelle querelle de voisinage ?

Covid: la honte dans la répartition mondiale du vaccin

Covid: la honte dans la répartition mondiale du vaccin

 

En sapant les efforts de coopération internationale dans la lutte contre la pandémie, les pays riches empêchent un retour rapide de la croissance mondiale, estime Kevin Watkins, dirigeant de Save the Children au Royaume-Uni, dans une chronique pour « Le Monde ».

 

Pendant la famine irlandaise, dans les années 1840, alors que plus d’un million de citoyens sont morts, de grandes quantités de nourriture ont été exportées d’Irlande vers la Grande-Bretagne. Pour le gouvernement conservateur de Londres, la défense des intérêts commerciaux, les préceptes du laisser-faire économique et l’indifférence politique envers les souffrances irlandaises l’emportaient sur toute obligation d’empêcher la famine de masse en intervenant sur les marchés. 

La réponse internationale à la pandémie de Covid-19 présente une ressemblance déconcertante avec la réponse britannique à la famine irlandaise. Bien que la science et l’industrie nous aient donné les moyens d’immuniser le monde, les pays riches utilisent les lois du marché pour accaparer les doses au détriment des pays pauvres.

Ainsi, dans le cadre d’un contrat avec le groupe pharmaceutique américain Johnson & Johnson, l’Union européenne (UE) a importé des millions de doses d’une entreprise d’Afrique du Sud – un pays où seulement 14 % de la population est vaccinée et où le variant Delta alimente une augmentation des cas. Pourtant, les efforts visant à détourner les exportations de vaccins d’Europe vers l’Afrique du Sud et ses voisins se sont heurtés à une démonstration de diplomatie de la canonnière, l’UE menaçant de prendre des mesures en vertu d’une clause du contrat interdisant les restrictions à l’exportation.

C’est cet écart d’équité qui tue. Nous savons que la vaccination offre une protection efficace contre les décès et les hospitalisations liés au Covid-19. Comme l’a rappelé le président américain, Joe Biden, il s’agit d’une « pandémie de non-vaccinés ». Il en est de même à l’échelle mondiale. Néanmoins, les Etats-Unis, et d’autres pays riches, se préparent maintenant à fournir des rappels de vaccin à des populations confrontées à des risques sanitaires marginaux, détournant l’approvisionnement des pays où l’accès aux vaccins est une question de vie ou de mort.

 La distribution actuelle des vaccins n’est pas seulement éthiquement indéfendable. Elle est aussi épidémiologiquement myope et économiquement ruineuse. Laisser de larges pans du monde non vaccinés augmente le risque d’émergence de mutations virales résistantes aux vaccins, prolongeant efficacement la pandémie et mettant en danger les personnes partout dans le monde. Pendant ce temps, l’extension des vaccinations stimulerait la reprise économique – ajoutant 9 000 milliards de dollars [7 700 milliards d’euros] à la production mondiale d’ici à 2025, selon une estimation du Fonds monétaire international – et aiderait à prévenir des revers majeurs dans la pauvreté, la santé et l’éducation.

Afghanistan : la honte

Afghanistan : la honte

Si nous savons ce que veulent les talibans, les demandeurs d’asile ou les réfugiés le savent encore mieux, qui tremblent pour leurs proches, se désespère Sophie Durieux-Paillard, médecin hospitalier en Suisse et travaillant auprès de migrants. (Le Monde, extrait)

 

 

 

Tribune.
 « Impuissants, démunis… » Les termes utilisés par nos internes pour qualifier ce qu’ils ressentent face à leurs patients afghans, lors de notre dernière réunion d’équipe, sont inhabituels pour des médecins pratiquant dans un grand centre hospitalier suisse. Ils travaillent dans une unité ambulatoire un peu particulière de cet hôpital genevois : notre patientèle est composée de demandeurs d’asile et de réfugiés. Nous sommes pourtant habitués à entendre les histoires de vie chaotiques, et surtout traumatiques, des patients que nous suivons. Exposés à des violences, voire à la torture dans leurs pays d’origine, ils ont été rackettés par des passeurs, maltraités par des gardes-frontières durant leur parcours migratoire. La procédure d’asile est longue, complexe et son aboutissement leur paraît parfois injuste. Malgré cela, leur force morale, leur capacité à se relever après les épreuves, en un mot leur résilience, sont impressionnantes. Nous nous efforçons de la soutenir durant nos consultations. 

Mais, en ce mois d’août, que dire aux Afghans ? Qu’avec un taux de protection accordée de 84 % (secrétariat d’Etat aux migrations, SEM), la Suisse est plus généreuse envers eux que la patrie des droits de l’homme, qui selon le dernier rapport (2020) de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) accorde le statut de réfugié à 64,6 % des demandeurs afghans.

Mais, qu’ils soient réfugiés ou qu’ils bénéficient d’une protection subsidiaire, nos patients ont des proches restés « au pays », notamment des femmes, des mères et des sœurs puisque ce sont surtout les hommes qui entreprennent le périlleux parcours migratoire. Et pendant que mes collègues et moi-même suivons l’avancée des talibans sur les cartes (celle du Monde du 13 août se passe de commentaires), nos patients, eux, la vivent quasiment en direct, sur les réseaux sociaux.

 

L’un d’eux m’a expliqué avoir entendu l’explosion du 3 août à Kaboul, alors qu’il appelait sa sœur sur WhatsApp, et avoir cru qu’elle en était l’une des victimes. Le père d’un autre, seul protecteur de son épouse et de ses enfants, a été assassiné début juillet par les talibans qui ont pris la ville d’Islam Qala, à la frontière iranienne. Ainsi, sa femme, sa fille et son fils (10 et 7 ans) se retrouvent seuls dans cette ville, alors que la propagande talibane diffuse des messages glaçants. 

Celui-ci, qui circule sur une chaîne YouTube, annonce, selon la traduction d’une de nos interprètes, que « par conséquent, afin d’éliminer les racines de l’ignorance et de l’irréligion ainsi que les problèmes sociaux de la jeunesse de ces provinces (…), les responsables de l’Emirat islamique ordonnent à tous les habitants de ces provinces, en particulier les seigneurs des tribus (…) et les mollahs des mosquées, de soumettre la liste des jeunes filles de plus de 15 ans et des veuves de moins de 45 ans à la Commission culturelle des moudjahidines de l’Emirat islamique. Si Dieu le veut, ces sœurs seront mariées à des moudjahidines et seront transférées dans des écoles islamiques dans le but de suivre des cours islamiques purs et d’accepter le cher islam… ».

Afghanistan : la honte

Afghanistan : la honte

Si nous savons ce que veulent les talibans, les demandeurs d’asile ou les réfugiés le savent encore mieux, qui tremblent pour leurs proches, se désespère Sophie Durieux-Paillard, médecin hospitalier en Suisse et travaillant auprès de migrants. (Le Monde, extrait)

 

 

 

Tribune.
 « Impuissants, démunis… » Les termes utilisés par nos internes pour qualifier ce qu’ils ressentent face à leurs patients afghans, lors de notre dernière réunion d’équipe, sont inhabituels pour des médecins pratiquant dans un grand centre hospitalier suisse. Ils travaillent dans une unité ambulatoire un peu particulière de cet hôpital genevois : notre patientèle est composée de demandeurs d’asile et de réfugiés. Nous sommes pourtant habitués à entendre les histoires de vie chaotiques, et surtout traumatiques, des patients que nous suivons. Exposés à des violences, voire à la torture dans leurs pays d’origine, ils ont été rackettés par des passeurs, maltraités par des gardes-frontières durant leur parcours migratoire. La procédure d’asile est longue, complexe et son aboutissement leur paraît parfois injuste. Malgré cela, leur force morale, leur capacité à se relever après les épreuves, en un mot leur résilience, sont impressionnantes. Nous nous efforçons de la soutenir durant nos consultations.

Mais, en ce mois d’août, que dire aux Afghans ? Qu’avec un taux de protection accordée de 84 % (secrétariat d’Etat aux migrations, SEM), la Suisse est plus généreuse envers eux que la patrie des droits de l’homme, qui selon le dernier rapport (2020) de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) accorde le statut de réfugié à 64,6 % des demandeurs afghans.

Mais, qu’ils soient réfugiés ou qu’ils bénéficient d’une protection subsidiaire, nos patients ont des proches restés « au pays », notamment des femmes, des mères et des sœurs puisque ce sont surtout les hommes qui entreprennent le périlleux parcours migratoire. Et pendant que mes collègues et moi-même suivons l’avancée des talibans sur les cartes (celle du Monde du 13 août se passe de commentaires), nos patients, eux, la vivent quasiment en direct, sur les réseaux sociaux.

 

L’un d’eux m’a expliqué avoir entendu l’explosion du 3 août à Kaboul, alors qu’il appelait sa sœur sur WhatsApp, et avoir cru qu’elle en était l’une des victimes. Le père d’un autre, seul protecteur de son épouse et de ses enfants, a été assassiné début juillet par les talibans qui ont pris la ville d’Islam Qala, à la frontière iranienne. Ainsi, sa femme, sa fille et son fils (10 et 7 ans) se retrouvent seuls dans cette ville, alors que la propagande talibane diffuse des messages glaçants.

Celui-ci, qui circule sur une chaîne YouTube, annonce, selon la traduction d’une de nos interprètes, que « par conséquent, afin d’éliminer les racines de l’ignorance et de l’irréligion ainsi que les problèmes sociaux de la jeunesse de ces provinces (…), les responsables de l’Emirat islamique ordonnent à tous les habitants de ces provinces, en particulier les seigneurs des tribus (…) et les mollahs des mosquées, de soumettre la liste des jeunes filles de plus de 15 ans et des veuves de moins de 45 ans à la Commission culturelle des moudjahidines de l’Emirat islamique. Si Dieu le veut, ces sœurs seront mariées à des moudjahidines et seront transférées dans des écoles islamiques dans le but de suivre des cours islamiques purs et d’accepter le cher islam… ».

Affaire Yuriy: la honte du journalisme !

Affaire Yuriy: la honte du journalisme !

Plusieurs médias dont BFM sont allés fouiller dans les poubelles de la mère du jeune adolescent tabassé et laissé pour mort par une bande de voyous. Ce journalisme dit d’investigation met en avant le fait que la mère du garçon connaîtrait des problèmes de relations avec des personnes d’origine ukrainienne chargées du nettoyage. Ces derniers faits sont sans doute vrais mais on voit difficilement quel est le rapport entre ce scandale d’une violence intolérable et des infractions qui pourraient être commises par la mère de l’intéressé. Cette information constitue une véritable honte pour le journalisme y compris pour les agences de presse qui reprennent cette information

. La problématique posée est celle de la violence qui se répand entre les bandes sur fond de drogue. Des jeunes de 13 à 15 ans pouvant être massacrés  au nom de la maîtrise d’un territoire par une bande rivale. Il est évident d’une part que la mère de l’intéressé n’est évidemment pas responsable en quoi que ce soit de l’attentat dont a été victime de son fils. Une manière peut-être pour une certaine presse de détourner l’attention et en quelque sorte de relativiser cette violence dont l’objet était de donner la mort à un enfant.

La presse en général glisse actuellement vers la pente dangereuse d’une sorte de populisme du caniveau espérant ainsi faire remonter un taux de lecture ou d’écoute de manière pitoyable. Heureusement, les journaux prennent la précaution oratoire qui consiste à indiquer que les affaires ne sont pas liées ! Pourquoi alors évoquer la situation d’une mère qui a failli perdre son fils.

Certes l’intéressé est peut-être impliqué dans une affaire de drogue mais cela ne change strictement rien à l’éthique qui consiste à ne pas noircir par calcul politique de bas étage des proches qui n’ont strictement rien à voir avec l’affaire. C’est un peu comme si pour critiquer ces journalistes indélicats et qui font honte à l’éthique journalistique, on allait fouiller dans leurs familles pour conforter la justesse des critiques qui leur sont adressés.

Cambodge : le procès de la honte

Cambodge : le procès de la honte

 

Plus de 100 personnes vont être traduits en justice au motif qu’ils se sont opposés au pouvoir en place. Un vrai procès de la honte qui bafoue tous les droits internationaux dans un pays déjà meurtri par la misère, la dictature et le Corona virus

 

Le régime de Hun Sen, au pouvoir depuis 23 ans a dissous le Parti du sauvetage national du Cambodge en 2017 et  tente par tous les moyens de diviser l’opposition, très populaire parmi la jeune génération. A l’intérieur du pays, ses sympathisants sont ciblés par une répression féroce. Ses membres les plus en vue, exilés, sont maintenus à distance et semblent même avoir été bannis des pays voisins.

Le procès de Phnom Penh, organisé en deux phases, devrait donc s’ouvrir sans ses principaux accusés. Mais tous ceux qui comparaîtront ne sont pas pour autant des anonymes et la figure de Theary Seng, une avocate américano-cambodgienne, pourrait se révéler embarrassante pour le gouvernement. Cette militante des droits de l’homme, ancienne partie civile dans le procès contre les ex-dirigeants khmers rouges, a refusé de s’exiler. Aujourd’hui, elle semble déterminée à démontrer l’iniquité de la procédure qui la vise : « Ce n’est pas un vrai procès, mais une mise en scène politique dans laquelle des acteurs jouent des rôles de juges et de procureurs, avec un scénario déjà écrit », déclare-t-elle.

Le CNRP a été interdit et son chef Kem Sokha arrêté avant une élection en 2018, permettant au Parti populaire cambodgien du Premier ministre Hun Sen de remporter tous les sièges parlementaires, suscitant l’inquiétude internationale.Le directeur régional d’Amnesty International pour l’Asie-Pacifique, Yamini Mishra, a déclaré dans un communiqué: «Ces procès de masse sont un affront aux normes internationales d’équité des procès, aux engagements du Cambodge en matière de droits humains et à l’état de droit.»

Réseaux sociaux : l’interdiction de Trump était nécessaire mais pose la question de la régulation d’après Twitter

La semaine dernière, Twitter, basé à San Francisco, a supprimé le compte de Trump, qui comptait 88 millions d’abonnés, invoquant le risque de nouvelles violences après la prise du Capitole par des partisans du président.

«Le fait de devoir prendre ces mesures fragmente la conversation publique», a déclaré Dorsey sur Twitter ici .  »Ils nous divisent. Ils limitent le potentiel de clarification, de rédemption et d’apprentissage. Et crée un précédent qui me semble dangereux: le pouvoir qu’un individu ou une entreprise a sur une partie de la conversation publique mondiale. »

Dans son fil Twitter, Dorsey a déclaré que même s’il n’était pas fier de l’interdiction, «les dommages hors ligne résultant d’un discours en ligne sont manifestement réels, et ce qui motive notre politique et notre application avant tout.»

Même ainsi, a-t-il ajouté, «Bien qu’il y ait des exceptions claires et évidentes, je pense qu’une interdiction est un échec de notre part pour promouvoir une conversation saine.»

A à long terme, le précédent «sera destructeur pour le noble objectif et les idéaux de l’Internet ouvert», a-t-il déclaré.

Envahissement du Capitole par les troupes de TRUMP : « UNE HONTE » (BUSH, OBAMA ET CARTER)

Envahissement du Capitole par les troupes de TRUMP : « UNE HONTE, (BUSH, OBAMA ET CARTER)

Trois démocrates et un républicain, Bill Clinton, George W. Bush, Barack Obama et Jimmy Carter se sont tour à tour exprimés pour condamner l’intrusion violente du Capitole à Washington par des partisans de Donald Trump, alors que les parlementaires étaient en train de certifier la victoire de Joe Biden lors de la présidentielle de novembre. Des heurts qui ont coûté la vie à au moins une personne, une femme.

Les trois derniers prédécesseurs de l’actuel président américain, qui se sont succédé à la Maison Blanche de 1993 à 2017, n’ont pas eu de mots assez durs pour qualifier les événements de ce mercredi, tout en pointant directement du doigt la responsabilité de celui qui doit quitter le pouvoir dans quelques jours, bien qu’il refuse de reconnaître sa défaite.

Barack Obama a pour sa part affirmé que « l’histoire se souviendra des violences aujourd’hui au Capitole, encouragées par un président qui a menti sans relâche sur l’issue d’une élection, comme d’un moment de déshonneur et de honte pour notre pays ».

Vaccination : « La France est la honte, la risée du monde entier»

Vaccination : « La France est la honte, la risée du monde entier»

 «C’est irresponsable aujourd’hui de continuer à décider, à organiser et à manager la France de cette manière-là», a sévèrement jugé Jean Rottner, lundi, sur le plateau du «Talk Le Figaro». Qualifiant la stratégie vaccinale du gouvernement de «scandale d’État» le président de la région Grand Est a aussi souligné que cette stratégie a déjà fait les preuves de son échec avec les masques et les tests. «Aujourd’hui on hésite et on change d’avis tous les deux jours sur la stratégie de vaccination», fustige-t-il.

Alors que les critiques fusent face aux lenteurs de la campagne française de vaccination contre le Covid-19, le gouvernement devrait passer à la vitesse supérieure en simplifiant les procédures. Soulagé par cette décision, «pourquoi est-ce qu’on ne l’a pas fait au départ, pourquoi ne pas avoir réfléchi ensemble?», déplore l’ancien maire de Mulhouse. Il rappelle à cette occasion qu’en novembre dernier, il avait adressé au ministre de la Santé une lettre d’offre de services de tous les élus locaux pour «travailler ensemble».

«Le déclassement de la France est dans cette technostructure qui vient nous paralyser», assure Jean Rottner, «détruit» dit-il de voir la France dans les dernières places de la vaccination mondiale. «On est la honte, on est la risée du monde entier», lâche l’élu.

Diesel-tabac : la «honte pour cet amalgame de Griveaux » (Bayrou)

Diesel-tabac : la  «honte  pour cet amalgame de Griveaux » (Bayrou)

«Wauquiez, c’est le candidat des gars qui fument des clopes et qui roulent au diesel. Ce n’est pas la France du XXIe siècle que nous voulons». Rapportée dans le JDD de la semaine dernière, l’attaque de Benjamin Griveaux contre le président des Républicains passe mal. Après que les cadres de LR ont dénoncé à l’unisson le «mépris» du porte-parole du gouvernement, l’indignation s’est invitée dimanche dans les rangs de la majorité avec l’intervention du président du MoDem, François Bayrou. «Cette phrase m’a fait mal, d’une certaine manière, elle m’a fait honte», a déploré l’éphémère ministre de la Justice d’Emmanuel Macron dimanche dans l’émission Questions politiques sur France Inter en partenariat avec Le Monde. «Parler de la France, comme parler du peuple, comme des gens qui seraient réduits à cloper ou à rouler au diesel, comme si c’était une infamie de rouler au diesel…», s’est-il étonné. «J’ai trouvé (dans) cette phrase le contraire de ce que nous avons voulu bâtir avec le président de la République», a regretté celui qui est souvent perçu comme un des poids lourds de la majorité présidentielle. «L’élection d’Emmanuel Macron s’est faite précisément sur l’idée qu’on allait rompre avec cette manière de couper le pays en deux, avec les gentils chics d’un côté et les désagréables pas chics de l’autre. Il est temps que s’expriment dans la majorité tous ceux qui refusent cette rupture», a souhaité François Bayrou.

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