Archive pour le Tag 'honnêteté'

Sondage 2017 : l’honnêteté en tête

Sondage 2017 : l’honnêteté en tête

Selon un sondage Ipsos-Sopra Steria pour France Télévisions et Radio France, publié ce matin  65% des Français estiment que 75% des politiques sont corrompus et que l’honnêteté et la probité, sont les qualités les plus importantes pour un président de la République  « Les Français citent largement en tête des qualités requises pour être président l’honnêteté et la probité (65%), en particulier quand ils se situent à gauche de l’échiquier politique (86% de ceux qui ont l’intention de voter au 1er tour pour Benoît Hamon et 83% de ceux qui pensent voter pour Jean-Luc Mélenchon évoquent cette qualité), bien moins par l’électorat de François Fillon (19%), qui cite en tête la détermination (69% contre 34% de l’ensemble des Français) », détaille Ipsos. Toujours dans ce sondage, 47% des Français considèrent que le thème de la transparence et de la moralisation de la vie politique doit occuper une place prioritaire dans la campagne (60% pour l’électorat de Jean-Luc Mélenchon ; 56% pour celui de Benoît Hamon), 44% une place importante et seulement 9% une place secondaire (21% des personnes ayant l’intention d’aller voter pour François Fillon). D’autre part, un peu plus d’un Français sur deux déclare faire majoritairement confiance à la justice pour garantir la transparence et la moralisation de la vie politique (57%), ainsi qu’à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (51%), mais seulement 33% jugent l’action de cette dernière efficace en ce qui concerne le contrôle du patrimoine des responsables publics, et 27% concernant la prévention des conflits d’intérêt (27%). Enfin, les Français considèrent majoritairement que la plupart des hommes et femmes politiques sont corrompus (74%) et agissent principalement pour leurs intérêts personnels (85%).

 

* Sondage réalisé les 30 et 31 mars par internet auprès d’un échantillon de 1.005 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas).

 

Accepter des concessions entre morale et politique oui mais pas sur l’honnêteté

Accepter des concessions entre morale  et politique oui mais pas sur l’honnêteté

Dans une interview au monde André Comte-Sponville explique qu’il faut dissocier morale et politique.

De François Fillon, qui abandonne l’idée de renoncer à sa candidature s’il était mis en examen, à Manuel Valls, qui renie son engagement de soutenir le gagnant de la primaire à gauche, n’assiste-t-on pas au règne de la versatilité, de la parole non tenue et du cynisme qui contribuent à discréditer la politique ?

« Valls, il a eu tort de ne pas respecter l’engagement qu’il avait pris en participant à la primaire. Mais j’y vois surtout une erreur politique. » Qu’il vaille mieux tenir sa parole, en politique comme ailleurs, je vous l’accorde ! Mais qu’est-ce que cela nous dit sur la situation politique actuelle ? En l’occurrence, je pense que François Fillon a eu tort de maintenir sa candidature, après sa mise en examen, comme Manuel Valls de ne pas soutenir, fût-ce a minima, celui qui avait gagné la primaire de la gauche. Il n’en reste pas moins que le discrédit qui pèse sur la politique doit moins à ces quelques manquements à la parole donnée qu’à la persistance, depuis trente ans, d’un chômage de masse. L’échec de nos politiques est d’abord économique et social. Or il est plus grave d’échouer, dans ces domaines, que de mentir !

 

Comte-Sponville  n’a sans doute porteur car la morale individuelle à laquelle on se réfère généralement pour évaluer une personnalité politique n’est pas la morale politique qui elle se fonde d’abord sur l’intérêt supérieur de la collectivité. Du coup certains mensonges sont parfois nécessaires quand l’opinion publique n’est pas encore préparée à comprendre ce qu’est cet intérêt supérieur évalué dans le temps. C’est d’ailleurs un peu le drame des référendums qui sont l’expression de l’humeur d’une opinion à un moment donné et qui servent trop à l’expression de tous les mécontentements en négligeant parfois l’objet même de la question et surtout son enjeu à long terme. La morale individuelle n’est pas la morale politique car contrairement à ce que pense les révolutionnaires le peuple  n’a pas toujours raison surtout quand on instrumentalise ses craintes, ses peurs et ses fantasmes. Par contre,  il n’y a pas de concessions à faire sur l’honnêteté. Ainsi ceux qui se servent de leur mandat politique pour s’enrichir personnellement son évidemment indignes de la fonction car ils font passer leur intérêt personnel avant l’intérêt général. Fillon est condamnable pour avoir détourné à son profit des fonds publics et bénéficier illégalement de fonds privés. À l’inverse, Valls  qui n’a pas respecté sa signature des primaires du PS ne peut être condamnée au même titre que Fillon. Au mieux on peut lui reprocher une accumulation d’erreurs politiques et tactiques. D’abord en ayant tenté de marginaliser Macron lorsqu’il était au gouvernement, d’avoir cautionné un exercice de primaire qui n’avait aucun sens, ensuite de s’être  rallié un peu précipitamment à Macron.




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