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Sommet européen : la France fait semblant de croire à un accord décisif

Sommet européen : la France fait semblant de croire à un accord décisif

 

Après les vives critiques de l’Allemagne, puis de Came, la France fait le dos rond ; elle sait que ses idées avancent mais que vraisemblablement le sommet de juin n’aboutira pas à de grandes décisions ; A cet égard le plan de 120 milliards d’euros de Hollande n’est pas à la hauteur des enjeux. Les autorités françaises font assaut d’optimisme sur les chances de parvenir fin juin à un accord européen sur la croissance, après avoir proposé à l’Allemagne un processus progressif sur la mutualisation de la dette et l’intégration de l’UE. Angela Merkel avait jeté un froid vendredi dernier en estimant que l’idée française de lancer des euro-obligations plongerait l’Allemagne dans la « médiocrité », la dette allemande étant alors mêlée à celles de pays mal gérés. Cet accès de nervosité avait été notamment attribué à la réception mercredi dernier par François Hollande des dirigeants de l’opposition social-démocrate allemande, ce qui a pu être considéré comme une alliance de contournement même si l’Elysée affirme que la chancelière avait été prévenue. Le ministre français du Travail, Michel Sapin, a reconnu lundi en marge du G20 de Los Cabos, au Mexique, qu’il existait des « tensions » entre certains pays européens sur les moyens de sauver la zone euro avant l’échéance cruciale du Conseil européen des 28 et 29 juin. Mais il les a minimisées. « Ce n’est pas une nouveauté. Il existe des difficultés, des tensions (en Europe) », ajoutant que les négociateurs étaient à l’oeuvre pour les aplanir afin de parvenir à un accord. Le ministre français des Affaires européennes, Bernard Cazeneuve, a relativisé mardi les critiques de Berlin, estimant sur Canal+ qu’il valait mieux mettre tous les éléments sur la table pour que les positions soient « clairement exprimées ». « Si on veut construire une nouvelle politique pour l’Europe et réorienter l’Europe sur le chemin de la croissance, il faut qu’on soit capable de se dire les choses », a-t-il dit. Pour l’entourage de François Hollande, les éléments d’un compromis sont présents grâce aux propositions contenues dans un document sur le « Pacte pour la croissance en Europe » transmis jeudi dernier aux partenaires européens de la France.

Objectif pour Hollande (et les autres) : décaler dans le temps la réduction des déficits et soutenir la croissance mais sans clash

Objectif pour Hollande (et les autres) : décaler dans le temps la réduction des déficits et soutenir la croissance mais sans clash

Il y a au moins une qualité qu’on ne peut contester à Hollande c’est son sens du compromis (qualité considéré comme un défaut par l’opposition). Cette qualité va lui être utile. Car l’Allemagne n’est pas prête   à accepter un virage de l’Europe sur la croissance et la solidarité financière (via les euro-obligations par exemple). Elle y viendra bien entendu mais i faudra des mois. En attendant Hollande, complètement isolé il y a quelques mois a considérablement renforcé le camp des ceux qui pensent que sans la croissance, l’austérité mène dans le mur. Le rapport de forces s’inversent mais il ne fauta guère espérer qu’Hollande recherche le clash ou à tirer la couverture. Hollande  n’a pas préparé ce conseil informel « dans un souci de conflit », a-t-il expliqué lundi, mais compte bien mettre ses idées sur la table, même si elles ne plaisent pas à la chancelière Angela Merkel, à commencer par la question des eurobunds.  François Hollande souhaite relancer le débat sur la mutualisation des dettes de la zone euro dans une perspective de long terme et il se sait soutenu par la Commission européenne et le chef du gouvernement italien, Mario Monti. Il devrait chercher à rallier le président du Conseil espagnol, Mariano Rajoy, qu’il reçoit aujourd’hui à l’Elysée. Au niveau européen, Herman Van Rompuy n’a-t-il pas lui-même invité les Vingt-Sept à « n’avoir aucun tabou » ? « La perspective d’aller vers un système plus intégré renforcerait la confiance dans l’euro », souligne-t-il aussi dans sa lettre d’invitation aux dirigeants européens.  Pour tenter de briser l’initiative dans l’oeuf, Berlin a redit hier son opposition aux euro-obligations. La chancellerie répète depuis des mois que cet instrument est non seulement contraire au traité, mais constitue le plus mauvais remède à la crise, car il ne ferait qu’inciter les gouvernements au relâchement sur les disciplines budgétaires. D’autres idées, jugées trop hardies aux yeux de Berlin, pourraient être proposées par Mario Monti comme la différenciation du traitement des investissements productifs dans le calcul de la dette, la création d’un fonds de garantie bancaire européen qui protégerait les dépôts des épargnants ou encore la possibilité pour le Mécanisme européen de stabilité (MES) de prêter directement aux banques en mal de capitaux sans passer par les Etats, ce qui pourrait se révéler très utile à l’Espagne.  Les Vingt-Sept ont jusqu’au sommet européen des 28 et 29 juin pour retenir les idées les plus consensuelles et les plus efficaces pour relancer une machine économique mise à mal par la rigueur budgétaire. Déjà, certaines mesures avancées par la Commission européennes sont acceptées par l’ensemble des dirigeants, comme l’augmentation de capital de la BEI, la mobilisation des fonds structurels inutilisés et la mise en place des « project bonds » destinés à financer des grands travaux d’infrastructures.  François Hollande semble quoi qu’il en soit décidé à garder la main sur l’agenda européen et profiter de l’isolement actuel d’Angela Merkel sur la scène internationale et de sa vulnérabilité sur le plan intérieur. Elle doit obtenir le soutien du Parti social-démocrate (SPD) pour ratifier le pacte budgétaire auquel elle tient tant. Or ce dernier, allié de François Hollande, pourrait l’obliger à céder quelque chose au président français. C’est d’ailleurs en sa qualité de socialiste qu’il a reçu hier l’ancien ministre des Finances et ex-chef du Parti socialiste grec, Evangelos Venizélos, venu à Paris plaider un assouplissement du mémorandum signé avec l’Europe et le FMI en octobre. Ce dernier lui a notamment demandé « que la période d’ajustement budgétaire soit allongée d’un, deux voire trois ans ».  Même si de nombreux dirigeants de la zone euro sont irrités par l’attitude des Grecs vis-à-vis du plan de sauvetage qu’ils jugent toujours aussi pertinent, il est probable que le Conseil européen leur enverra un message de confiance et répétera au minimum son attachement à la présence de la Grèce dans la zone euro. On peut s’attendre à ce que le président français plaide pour un assouplissement des conditions d’application du programme de soutien si les Grecs se dotent d’un gouvernement stable et acceptent de respecter leur engagement d’appliquer le mémorandum. « Entre la structure des réformes, les modalités financières de remboursement et l’échéancier des prêts, c’est sans doute sur les modalités financières que l’on peut jouer », avançait hier un diplomate européen.

 




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