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Heures sup. : « pas de retour à la défiscalisation » » affirme Bruno Le Roux

Heures sup. : « pas de retour à la défiscalisation » » affirme Bruno Le Roux

A peine dogmatique, Le Roux referme le dossier des heures sup. Les petits salaires apprécieront ! Alors que le débat a été lancé à gauche au sujet de la défiscalisation des heures supplémentaires, le président du groupe PS à l’Assemblée nationale, Bruno Le Roux, a assuré, ce mardi 3 septembre, sur RFI qu’il « n’est pas question aujourd’hui, au moment où nous sommes engagés dans l’inversion de la courbe du chômage, de revenir sur la défiscalisation des heures supplémentaires« . En août, le porte-parole du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Thierry Mandon avait avoué à demi-mot que la suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires était une erreur. Après son retour au pouvoir en 2012, la gauche avait annulé une partie du dispositif de défiscalisation des heures supplémentaires. « Il peut y avoir des analyses sur ce que nous avons fait, les conséquences sur les plus petits salaires, la perte de pouvoir d’achat », a fait valoir le chef de file des députés PS. Mais « il faut avoir en tête ce que cela générait au sein des entreprises: quand une entreprise allait bien, elle n’embauchait pas, elle faisait faire des heures supplémentaires« , a souligné Bruno Le Roux.

 

Heures sup’ : une mesure qui a pénalisé les plus modestes

Heures sup’ : une mesure qui a pénalisé les plus modestes

 

Nous avons fait une erreur en supprimant l’exonération des heures supplémentaires », c’est la phrase assassine prononcée lundi soir par Thierry Mandon, le porte-parole du groupe PS à l’Assemblée nationale. Lors d’un débat sur les grands dossiers politiques de la rentrée, le député socialiste de l’Essonne a admis que son parti n’aurait pas dû prendre cette mesure, qui a pénalisé les Français les plus modestes. Depuis le 1er septembre 2012, les heures supplémentaires faites par les salariés dans les entreprises de plus de 20 personnes, sont à nouveau soumises à l’impôt. Elles avaient été exonérées sous la présidence de Nicolas Sarkozy dès 2007. 9,5 millions de salariés, soit 28 % des salariés français, profitaient de ce dispositif. Et cette mesure prise sous François Hollande avait beaucoup fait râler. Sur RMC, Thierry Mandon, porte-parole du PS à l’Assemblée nationale, espère même avec des moyens suffisants revenir à ce qu’il se faisait avant. « Ceux et celles qui ont une faible rémunération et un petit nombre d’heures supplémentaires, ceux-ci auraient mérité d’être exonérés de l’effort demandé aux autres. Probablement, aurions-nous gagné à réfléchir à un plancher en disant que les 1500 premiers euros auraient pu rester non-imposables comme cela se faisait avant. On a pénalisé indirectement des catégories sociales et peut-être dans ce domaine-là, nous avons une dette envers eux. Je ne suis pas certain qu’on dispose des moyens financiers pour revenir en arrière mais si on a les moyens de le faire, peut-être faudrait-il se poser la question ». Jean-François Roubaud, président de la CGPME (syndicat des petites et moyennes entreprises), attend quant à lui que la gauche revienne sur cette décision. Selon lui, un premier pas a été fait avec la reconnaissance de l’erreur. Il faut maintenant aller plus loin dit-il. « C’est bien de reconnaître ses erreurs, maintenant ce qui serait bien aussi, c’est de remettre la machine en route, comme elle était auparavant : redéfiscaliser les heures supplémentaires et qu’on les mette sans charges pour les entreprises. C’est un processus gagnant-gagnant pour tout le monde. Et ça a été une erreur incompréhensible. C’est des millions de salariés qui ont été privés de ces revenus supplémentaires. Ce sont plusieurs centaines d’euros par mois qui leur ont été retirés par ce problème de fiscalisation des heures supplémentaires. Reconnaître c’est bien, mais maintenant il faut agir dans l’autre sens. »

 

Heures sup : pas de débat pour Leroux ; la démocratie illustrée !

Heures sup : pas de débat pour Leroux ; la démocratie illustrée !

 

. «Quand il y a des débats, on ne peut pas toujours vouloir les remettre en discussion alors qu’ils ont été tranchés, a déclaré vendredi le patron des députés socialistes sur RTL. Quand il y a une stratégie, il faut s’y tenir.» Et la priorité pour cette rentrée 2013, c’est «la lutte contre le chômage». Rien d’autres. «S’il y a demain une amélioration de la situation économique dans notre pays, alors peut-être devrons-nous poser la question du pouvoir d’achat», a toutefois nuancé Bruno Le Roux. La polémique lancée lundi par le propre porte-parole du groupe PS à l’Assemblée, le député de l’Essonne Thierry Mandon, avait pourtant reçu un appui de poids en la personne de Jean-Claude Mailly. «Je pense que le dossier doit être examiné», avait en effet concédé le secrétaire général de FO sur RMC, alors qu’il avait plaidé, comme les autres syndicats sous Nicolas Sarkozy, pour la remise en cause de l’ensemble du dispositif. «Le gouvernement Ayrault est allé beaucoup trop vite, reconnaît-il aujourd’hui. Quand cette décision avait été prise, je voyais bien, notamment dans les petites entreprises, dans la restauration par exemple, beaucoup de salariés qui m’expliquaient: “Mais moi, ça me fait perdre 50, 60, 70 euros”.» Le débat n’est donc peut-être pas tout à fait clos.

Heures sup. le débat reprend

Heures sup. le débat reprend

La défiscalisation des heures supplémentaires est-elle en passe de diviser la gauche ? Créée sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, supprimée à l’arrivée de François Hollande, la mesure avait pourtant les faveurs de Thierry Mandon, porte-parole des députés PS. « C’était une incitation fiscale à ne pas embaucher », explique Harlem Désir au micro de RTL. « C’est pour cette raison qu’elle a été supprimée. Nous n’allons pas revenir dessus. » Le premier secrétaire du Parti socialiste le martèle : « Notre politique en matière d’emploi, c’est la priorité à la création d’emploi. » Et donc au retour de la croissance. C’était évidemment une très mauvaise idée [de supprimer cette mesure]« , réplique Eric Woerth. « C’était une mesure de Nicolas Sarkozy, elle a subi dès le début du quinquennat de M. Hollande les foudres de la majorité socialiste. » « Ça diminue le prix du travail », explique-t-il. « Ça incite les personnes modestes à faire des heures supplémentaires quand c’est possible et ça augmente le pouvoir d’achat. »  Lui ne croit pas à la théorie du socialiste : plus d’heures supplémentaires ne veut pas dire moins d’emplois, bien au contraire. Elle permettait, selon lui, de relancer le pouvoir d’achat des Français : « Ça tirait l’économie vers le haut. » Cercle vertueux ou cercle vicieux, le débat n’est toujours pas clos.




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