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L’euro: bénéfices et handicaps pour la France

L’euro: bénéfices et handicaps pour la France 

Selon la dernière enquête de la Commission européenne, les deux tiers des Français considèrent que l’euro est « une bonne chose » pour leur pays. C’est aussi l’avis du ministre de l’Economie. « L’euro a été adopté par les Français. Notre monnaie unique est un bouclier pour l’économie française, nos épargnants et nos entreprises », estime Bruno Le Maire. Un papier intéressant des échos évoque les bénéfices et les handicaps de la monnaie européenne pour la France (extrait)

Il y a eu un autre avantage à la mise en place d’une politique monétaire au niveau de la zone euro : « la BCE a une capacité à mettre en place des programmes de rachats d’actifs qui entraînent une baisse des taux », rappelle Mathilde Lemoine, cheffe économiste du Groupe Edmond de Rothschild. Or, lors de la crise des dettes souveraines, Bercy a eu des vraies craintes que l’état des finances publiques françaises inquiète les investisseurs, ce qui aurait précipité le pays dans une crise.

Quand on prend les cinq premières économies de la zone euro – l’Allemagne, la France, l’Italie, l’Espagne et les Pays-Bas -, l’Hexagone est dans la moyenne en ce qui concerne la croissance du PIB par habitant. Mais pour le reste, la France est en queue de peloton.

Enfin, l’euro a surtout stimulé le commerce intra-européen. 

Ll’euro a favorisé les exportateurs, les entreprises dynamiques, innovantes et qui investissent. « L’euro a renforcé les forts et affaibli les faibles ». Pas faux et c’est bien tout le problème. . En ce sens, l’euro a d’abord profité aux industriels les plus forts, notamment les Allemands », explique François Geerolf.

Quand on prend les cinq premières économies de la zone euro – l’Allemagne, la France, l’Italie, l’Espagne et les Pays-Bas -, l’Hexagone est dans la moyenne en ce qui concerne la croissance du PIB par habitant. Mais pour le reste, la France est en queue de peloton. C’est le pays dans lequel la part de l’industrie dans le PIB a le plus reculé, celui qui a perdu le plus grand nombre d’emplois dans le secteur manufacturier – un million en moins -, celui dont la balance commerciale s’est le plus dégradée. C’est aussi le pays dont la dette publique a le plus augmenté, juste derrière l’Espagne.

« La France n’a pas fait de folies mais elle n’a pas redéfini sa politique économique dans un cadre transformé par l’euro. Et maintenant se pose une question à long terme à laquelle il va bien falloir répondre : comment le pays peut-il reconstituer une offre compétitive au sein de la zone euro ? », selon l’économiste Jean Pisani-Ferry. Bruno Grandjean est plus dur : « Il y a eu pendant quinze ans chez les responsables politiques français une absence complète de compréhension des mécanismes économiques d’ajustement qui prévalent dans une union monétaire ». Là se trouve le ratage français.Contrairement à une opinion répandue outre-Rhin, l’Allemagne est probablement un des pays qui a le plus gagné avec l’introduction de l’euro en termes de développement économique


En 1998, le commerce extérieur français est excédentaire alors que l’Allemagne affiche un déficit commercial. Notre voisin est alors « l’homme malade de l’euro », selon l’hebdomadaire «The Economist» en 1999. Trois ans plus tard, l’économiste très orthodoxe Hans-Werner Sinn titrait son livre « Peut-on encore sauver l’Allemagne ? » En 2021, les rôles sont inversés. « Contrairement à une opinion répandue outre-Rhin, l’Allemagne est probablement un des pays qui a le plus gagné avec l’introduction de l’euro en termes de développement économique », juge Jean Pisani-Ferry. « Sa rigueur salariale dans les années 2000, au cours desquelles l’Europe du Sud s’autorisait une expansion du crédit, lui a permis de rétablir un avantage concurrentiel qui lui faisait défaut au début de l’euro ».

On pensait que l’euro permettrait aux Etats-membres de converger. C’est l’inverse qui s’est passé. La monnaie unique a accru les divergences entre les économies du Nord et du Sud de l’Europe. En l’absence de risque de change, les activités de certains secteurs industriels ont tendance à se concentrer dans les zones les plus productives. Et il est bien difficile de contrer ce mouvement.

D’autant que, comme le dit François Geerolf, « l’euro a, pour la France, les inconvénients de ses avantages. Sans la monnaie unique, l’Hexagone aurait probablement eu des difficultés à financer le déficit de sa balance courante. Le revers de la médaille, c’est que cette facilité à vivre avec ce déficit, qui n’est que l’autre face de la désindustrialisation, n’a pas incité le pays à prendre les mesures pour rétablir un certain équilibre », poursuit-il. Alors qu’en mars 1983, Jacques Delors, alors ministre des Finances, avait annoncé des mesures d’austérité, sous le nom de « rigueur », c’est la baisse du franc qui avait provoqué cette décision.

Avec l’euro, il n’y a pas de corde de rappel. Pas de chute de la devise, pas de hausse des taux d’intérêt, l’euro est, en ce sens un anesthésiant. D’ailleurs, le gouverneur de la Banque de France a récemment été obligé de le dire clairement : « la BCE n’agit pas pour permettre à l’Etat français de financer ses déficits ». Comprendre : l’euro n’est pas une assurance tout risque. Sauf que, jusqu’à présent, la conséquence de cette absence de corde de rappel, « c’est la diminution de la croissance potentielle et les tensions qui iront croissantes avec nos partenaires qui ne pourront pas accepter éternellement l’absence de réformes des administrations françaises », estime Mathilde Lemoine.

 

Des réformes bienvenues

« Finalement, ce n’est pas tant l’euro en lui-même que son architecture et sa gouvernance déficiente pendant la crise des années 2010 qui sont les vrais problèmes, d’où les efforts pour les réformer. Il ne faut pas oublier les avancées récentes : le plan de relance européen et la décision de le financer par une dette commune étaient impensables il y a seulement quelques années. On voit tout de même que tout cela va dans le bon sens », considère Philippe Martin.

Le plan de relance de 750 milliards d’euros , dont environ 200 milliards iront à l’Italie, est en effet une façon de faire converger les économies du Nord et du Sud. « L’Espagne a tenu bon avec un taux de chômage de 25 % et s’est réformée. L’Italie, qui a décroché dans les années 2000, a stabilisé son appauvrissement relatif. Le pays a les moyens de s’en sortir avec Draghi et le plan d’investissements européen. La France a mis quinze ans à s’adapter mais elle est sur la bonne voie », veut croire Xavier Ragot, président de l’OFCE.

Finalement, la zone euro apprend quand même de ses erreurs, rectifie le tir, même si le processus n’est jamais un long fleuve tranquille. D’ailleurs, « l’Europe s’est aussi francisée depuis quelques années, la crise du Covid ayant accéléré le mouvement. Car l’idée d’une zone euro organisée autour d’un clone de la Bundesbank et d’un encadrement des politiques économiques par les règles a échoué. Elle a été démentie par les faits », affirme Jean Pisani-Ferry.

Une zone euro un peu plus française et un peu moins allemande, c’est ce que les politiques de l’Hexagone ont toujours vendu aux Français. Reste à savoir si, à terme, les autres en voudront.

Les handicaps de la Chine

Les handicaps de la Chine

 

L’économiste Patrick Artus analyse, dans une  chronique au monde, les facteurs démographiques et économiques qui pourraient handicaper, à l’avenir, la croissance jusqu’ici galopante de la Chine.

 

Chronique.

 

 La Chine est sortie beaucoup plus vite que les pays de l’OCDE de la crise du Covid-19 : la croissance y a été de + 2,3 % en 2020, celle des Etats-Unis de – 3,5 %, celle de la zone euro de – 6,8 % ; on prévoit, pour 2021, 8 % de croissance en Chine contre 6 à 7 % environ aux Etats-Unis et 4 à 5 % dans la zone euro. A la fin de 2020, le PIB de la Chine était déjà supérieur de 7 % à celui de la fin de 2019 ; dans la zone euro, il était inférieur de 5 %.

Cette énorme différence vient d’une meilleure gestion sanitaire de la crise (avec l’isolement strict des personnes contaminées) et d’un plan de relance budgétaire massif, basé en particulier sur les investissements des collectivités locales : au quatrième trimestre 2020, les investissements en construction (bâtiment, infrastructures) ont augmenté de 10 % sur un an. Le sentiment d’une supériorité économique de la Chine par rapport aux pays de l’OCDE est ainsi partagé par de nombreux observateurs… et par les dirigeants chinois.

 

Mais il ne faut pas oublier que le problème central de la Chine est, en réalité, le fort ralentissement de sa croissance potentielle. Au début des années 2010, celle-ci était estimée à 11 % par an ; au début des années 2020, cette estimation est tombée à 5 % par an. Mais où en sera-t-elle à la fin de la décennie ? 

Le premier problème auquel la Chine va être confrontée est le vieillissement démographique. La population en âge de travailler (20 à 64 ans) augmentait de 1,8 % par an au début des années 2010. Mais elle recule de 0,2 % par an depuis le début des années 2020, et devrait reculer de 0,7 % par an à la fin de la décennie. La politique de l’enfant unique a fait baisser fortement le taux de fécondité de la Chine : il oscille autour de 1,6 depuis trente ans et ne se redresse pas malgré l’allégement des contraintes sur les familles.

Déformation du capital

Le second problème est l’évolution des gains de productivité. Ceux-ci, très rapides, se situaient autour de 9 % par an de 2004 à 2010 ; ils sont aujourd’hui autour de 4 % par an. Mais ils pourraient encore ralentir, pour plusieurs raisons.

D’abord, le potentiel de rattrapage du niveau de productivité des pays de l’OCDE s’affaiblit. Au début des années 2000, le produit intérieur brut (PIB) par habitant – en termes réels et en dollars constants – était six fois plus élevé dans les pays de l’OCDE qu’en Chine ; l’écart s’est aujourd’hui réduit à 2,5 fois. Le nombre de robots industriels pour 100 salariés de l’industrie était pratiquement nul en Chine en 2000, alors qu’il était de 1,2 dans les pays de l’OCDE ; en 2019, il est de 1,6 en Chine et de 2,4 dans les pays de l’OCDE : la vitesse de rattrapage de la productivité en Chine va nécessairement se ralentir, d’autant que les pays de l’OCDE deviennent de plus en plus méfiants en matière de propriété intellectuelle et de transferts de technologie.




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