Archive pour le Tag 'handicapés'

Handicapés : une population encore trop marginalisée

Handicapés : une population encore trop marginalisée

 

Quelque 125 000 personnes sont affectées en France par ces atteintes motrices. Un livre blanc résume leurs propositions pour « être enfin libres et accompagnés dans une société inclusive », rappellent trois d’entre elles dans une tribune au « Monde ».

 

Tribune.

 

 « Cela te dirait d’aller au ciné ce soir ? – Il aurait fallu me prévenir il y a deux semaines, c’est le délai pour réserver mon taxi spécialisé. » « Tu as fait une mammographie récemment ? – Non, je n’ai pas trouvé de cabinet de radiologie accessible en fauteuil. » Vous qui nous lisez, est-ce que vous accepteriez cela pour vous ? C’est pourtant notre réalité de personnes avec paralysie cérébrale, et donc en situation de handicap.

Principale cause de handicap moteur de l’enfance, la paralysie cérébrale touche un nouveau-né toutes les six heures, à la suite de dommages sur son cerveau en développement pendant la grossesse ou autour de la naissance. Au nom des 125 000 personnes avec paralysie cérébrale en France et à l’occasion de la Journée de la paralysie cérébrale, nous lançons l’appel du 6 octobre pour interpeller les pouvoirs publics. Nous réclamons une stratégie nationale pour combattre cette pathologie et améliorer nos conditions de vie.

Des progrès, indéniables, ont été faits : des avancées médicales, une meilleure acceptation du handicap, une amélioration de la participation des personnes handicapées à la société… Mais en 2021, le constat est que notre accès aux droits communs est encore trop limité, ce qui accentue notre dépendance. Et pour celles et ceux d’entre nous qui dépendent d’un accompagnement humain au quotidien ou de séances de réadaptation en continu, le déficit des moyens accordés est une entrave à la réalisation de notre potentiel et à notre participation à la société.

En cette année paralympique, les athlètes handisports sont mis à l’honneur, les caméras braquées sur ces « super handicapés » et leurs performances qui suscitent l’admiration. Mais pour la majorité des personnes souffrant de paralysie cérébrale, trouver un kiné, organiser ses aides à domicile, ou s’assurer des conditions de vie dignes, là est l’exploit qui requiert l’énergie d’un coureur de fond. Ce sont ces actes, qui devraient être anodins mais sont de véritables montagnes à gravir, qui interrogent : a-t-on le droit d’être une personne handicapée ordinaire ? Avez-vous eu besoin d’être un « super humain » pour accéder à une qualité de vie acceptable ?

Aujourd’hui, dans cette société qui se dit inclusive, c’est de la personne handicapée et de son entourage que viennent les efforts, voire les sacrifices, pour s’adapter à leur environnement. Même si la loi de 2005 a gravé dans le marbre la légitimité de notre place dans la société, l’accès à cette citoyenneté est encore inégal selon le département de résidence, l’établissement de vie ou les conditions d’accompagnement de chacun. La paralysie cérébrale crée une multitude de situations différentes, en raison de la diversité de l’atteinte motrice et des troubles qui peuvent s’y associer. Or la réponse apportée n’est pas assez individualisée et laisse encore trop de monde sur le bas-côté : nous ne voulons plus nous satisfaire d’une réponse standard.

Menace des institutions des handicapés ?

Menace des institutions des handicapés ?

Dans une tribune au « Monde », les membres de deux collectifs de professionnels et de parents s’alarment de la réforme Sérafin-ph qui menace les institutions médico-sociales pour enfants, jeunes et adultes handicapés au profit de « plates-formes de service ».

 

Tribune. La doctrine de l’inclusion a tout pour séduire. Non seulement c’est une promesse d’égalité par l’accès à l’école de tous, handicapés ou non, mais c’est aussi une promesse de soins, de bien-être, de travail adaptés à chacun. La réalité de terrain est tout autre. La mise en œuvre de cette politique s’accompagne d’une mise en cause radicale des institutions médico-sociales, accusées d’être ségrégatives et de faire obstacle aux droits humains. 

C’est pourquoi les autorités commencent à fermer ces équipements pour y substituer des « plates-formes de services » délivrant des indications de soins en regard de besoins identifiés, sans institution, sans collectif, sans salariés. C’est oublier que les institutions médico-sociales pour enfants, jeunes et adultes handicapés, très souvent créées à l’initiative de parents, ont été d’emblée conçues comme des lieux de vie essentiels pour permettre l’accompagnement et les soins personnalisés.

 

 Ils œuvrent donc, autant que possible, afin de favoriser l’accès à l’école pour l’enfant, à l’autonomie sociale pour les jeunes et les adultes, dans le respect et les limites des capacités de chacun. Mais alors, pourquoi réduire voire supprimer cette offre institutionnelle qui a fait ses preuves, sans tenir compte des drames humains pour les personnes accueillies et leurs familles quand un établissement ferme ? Sans doute parce que ces lieux qui furent reconnus comme un progrès d’intérêt général sont perçus aujourd’hui comme une faiblesse coûteuse, spécialement en masse salariale.

45 000 places manquantes en institutions

Les « plates-formes de services » proposent des « parcours », dont le financement repose sur Sérafin-ph (Services et établissements : réforme pour une adéquation des financements aux parcours des personnes handicapées) : un diagnostic des « besoins » de la personne handicapée est réalisé, auxquels on fait correspondre une prescription de services, à assurer par des professionnels le plus souvent sous statut d’autoentrepreneurs.

Dans la mesure où nombre de besoins essentiels, comme la stabilité d’un cadre de vie au milieu de camarades ou une prise en charge globale, ne sont pas pris en compte dans les évaluations initiales, ce dispositif est beaucoup moins onéreux. Sérafin-ph n’est qu’une variante de la tarification à l’activité (T2A), dont les effets à l’hôpital sont dénoncés de toutes parts, et plus encore depuis la pandémie.

Alors qu’on évalue à 45 000 les places manquantes en institutions, proposer des « parcours » hors-sol, dont la famille sera finalement le seul garant, n’est rien d’autre qu’une régression de la politique solidaire du handicap, une mystification. L’inclusion fonctionne comme un mantra, sans aucun débat sur l’évolution en cours du secteur médico-social.

Chômeurs handicapés : + 65% en cinq ans !!

Chômeurs handicapés : + 65% en cinq ans !!

Un chiffre pour le moins surprenant qui démontre d’une part que la crise du chômage affecte les plus fragiles mais également les transferts d’un certain nombre de chômeurs dans la catégorie handicapés. Des  phénomènes qui ont fait exploser le nom de chômeurs concernés Dans le détail, le nombre de chômeurs atteint 486.546 personnes en 2015, contre 295.601 en 2011. Soit une augmentation de 65%. La durée de la période d’inactivité est également plus longue pour les personnes en situation de handicap, à 788 jours, en moyenne. À titre de comparaison, cette durée est de 577 jours pour le reste de la population. Il y a certes les problèmes d’insertion dans l’entreprise de plus en plus prégnant eu égard à la situation globale du marché du travail mais aussi un laxisme évident pour l’attribution du statut d’handicapé qui lui aussi explose comme l’allocation adulte handicapé. . En clair certain chômeurs ont renoncé à retrouver du travail.  Pour l’association des handicapés, la faute revient en partie au gouvernement, «qui n’a cessé de ponctionner dans les fonds privés et publics pour l’insertion des personnes handicapées». En trois ans, «on perd trois fois 29 millions d’euros!», s’indigne Jacques Zeitoun. «Tout cela parce que les universités disposent d’une exonération de leur contribution à ces fonds».  D’autres facteurs permettent également d’expliquer la hausse du chômage des personnes handicapées. Les auteurs du rapport soutiennent en effet qu’elle résulte d’une augmentation du nombre de personnes ayant obtenu la RQTH, la Reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé. Un dispositif qui permet, entre autres, de bénéficier d’un aménagement des horaires de travail. «Le problème de la formation et de l’accès aux études supérieures reste majeur», ajoute également Jacques Zeitoun. Selon une enquête de l’Insee réalisée en 2008, les personnes en situation de handicap disposent en majorité, à plus de 30%, d’un niveau de formation équivalent au brevet des collèges (BEPC) ou sont sans diplôme. Troisième obstacle, le monde de l’entreprise. Bien que les entreprises sont soumises à une obligation d’employer au moins 6% de personnes handicapées depuis 1987, «une forme de résistance persiste chez les managers et collègues de travail: ils restent persuadés que les personnes handicapées ne sont pas capables d’assumer un emploi», affirme le vice-président de l’Association des paralysés de France. «Or il est prouvé qu’une personne en situation de handicap satisfait son entreprise parce qu’elle se surpasse». Une mentalité qui conduirait certains de ces demandeurs d’emploi à jeter l’éponge, et à se réinscrire à Pôle emploi.

Retraités, handicapés, précaires: Valls mal parti

Retraités, handicapés, précaires: Valls mal parti

Valls démarre mal son mandat de Premier Ministre et les sondages devraient être très mauvais surtout à un moment où on apprend que certains patrons se gavent (dans les banques ou à Véolia) ou que certains conseillers de l’Elysée se servent dans la caisse ; Les associations réunies au sein du collectif Alerte, qui réunit 38 fédérations ou associations nationales et 15 collectifs locaux, ont estimé jeudi que ces mesures d’économies allaient se faire « au détriment des plus pauvres ».   »L’annonce du gel des prestations sociales et de la revalorisation du RSA jusqu’en octobre 2015 est non seulement un message désespérant pour les plus fragiles (…) mais un choix politique injuste et irresponsable face à l’augmentation de la pauvreté dans le pays », a-t-il ajouté.  Le plan pluriannuel de lutte contre la pauvreté adopté en janvier 2013 prévoyait notamment une revalorisation progressive du RSA de 10% jusqu’en 2017, a-t-il rappelé, exprimant « la colère » des associations de solidarité devant son report d’une année.   »Autre injustice, le gel de l’APL (aide au logement), qui va toucher plus de 4 millions de bénéficiaires, majoritairement des personnes à bas revenu ou qui vivent sous le seuil de pauvreté, ne fera qu’aggraver la crise du logement et les impayés de loyer », a ajouté le collectif.  Parmi les membres du collectif figurent la Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (Fnars), le Secours Catholique, la Croix Rouge Française, le mouvement ATD Quart Monde, Emmaüs France, la Fondation Abbé Pierre ou encore Les petits frères des pauvres.  L’Union nationale des retraités et personnes âgées (UNRPA) s’est dite de son côté « atterrée » par l’annonce du plan, qui a pour conséquence, selon elle, « la baisse du pouvoir d’achat de millions de familles ».   »Durant le même temps, des milliards sont consentis aux entreprises sans contrepartie, ni obligation de créations d’emplois », écrit l’UNRPA.  L’association se dit « indignée » des choix du gouvernement et affirme qu’elle « participera à toute initiative et toute manifestation contre l’austérité et la récession imposée à l’ensemble de la population, et en particulier aux retraités ».  Le plan d’économies « aggrave la précarité » des handicapés, a encore estimé jeudi l’Association des Paralysés de France (APF).  Le gel des pensions d’invalidité jusqu’en octobre 2015 représente « une perte sèche de pouvoir d’achat pour les nombreuses personnes en situation de handicap qui en bénéficient », a regretté l’APF.  En outre, si l’Allocation adulte handicapé (AAH) « n’est pas gelée, elle n’en reste pas moins largement sous le seuil de pauvreté », a-t-elle ajouté.  Manuel Valls a détaillé mercredi le plan d’économies de 50 milliards d’euros sur la dépense publique entre 2015 et 2017, dont 11 milliards toucheraient des dépenses sociales. En première ligne, les prestations sociales qui ne seront pas augmentées du montant de l’inflation jusqu’en octobre 2015. Cette mesure, qui ne touchera pas les minima sociaux, comme le Revenu de solidarité active (RSA) ou le minimum vieillesse, n’irait pas au-delà de 2015, a promis M. Valls.

 




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