Archive pour le Tag 'Hamas'

Ce mercredi 7 février: hommage aux victimes du Hamas

Ce mercredi 7 février: hommage aux victimes du Hamas

Une cérémonie aura lieu à Paris, en l’honneur des victimes françaises de l’attaque menée le samedi 7 octobre 2023 par le Hamas en Israël. Ce jour-là, l’offensive du mouvement islamiste a entraîné la mort de plus d’un millier de personnes présentes dans l’État hébreu, en majorité des civils, dont 42 Français.
L’hommage national qui sera rendu par Emmanuel Macron concernera aussi les six autres Français blessés le jour de l’attaque, les quatre otages français du Hamas libérés et les trois autres concitoyens « toujours disparus et présumés otages ».

Le discours d’Emmanuel Macron sera « placé sous le signe universel de la lutte contre l’antisémitisme et à travers lui (…) toutes les formes de haine, de racisme et d’oppression envers des minorités », selon l’entourage du locataire de l’Élysée.

Se pose cependant la question de l’hommage à toutes les victimes notamment du terrorisme.

Un temps mémoriel mériterait d’être décidé mais d’une autre ampleur et de manière plus solennelle.

Hamas : conflit territorial ou guerre civilisationnelle ?

Hamas : conflit territorial ou guerre civilisationnelle ?

ELNET, organisation non gouvernementale qui œuvre au renforcement des relations entre Israël et les pays européens, a convié, 100 jours après le pogrom du 7 octobre, une délégation de parlementaires à un voyage de solidarité en Israël. Une délégation d’écrivains, à l’initiative de David Freche, rédacteur de ce témoignage, était également présente.D ans la Tribune.

David Freche et 12 parlementaires *

Les crimes commis par le Hamas le 7 octobre 2023 sont un gouffre anthropologique, un trou noir qui nous a aspiré dans un nouveau monde, celui d’une lutte à mort de l’obscurantisme contre les Lumières.

Avant de partir ce dimanche 7 janvier 2024, plusieurs d’entre nous avaient déjà vu les images insoutenables des massacres. Nous n’avions pas besoin d’être convaincus du caractère génocidaire de ces crimes, mais il nous semblait essentiel de nous rendre en Israël, près de 100 jours plus tard, pour montrer à cette démocratie que notre soutien ne se limitait pas aux premières heures.

Nous avons le devoir de soutenir ce jeune État qui défend sa survie
Ce voyage a renforcé notre attachement à la société israélienne et notre conviction profonde qu’Israël, par sa position géographique et sa charge symbolique, est à l’avant-garde d’une guerre de la civilisation contre la barbarie. Nous, Européens, héritiers de la loi romaine, du logos grec, de l’esthétique de la Renaissance, et bien sûr du berceau judéo-chrétien qu’est Jérusalem, avons le devoir de soutenir ce jeune État qui se défend pour sa survie.

Nous avons vu une partie de l’arsenal récupéré sur les terroristes par Tsahal. Les armes racontent aussi l’histoire de cette journée de haine. C’est cette croix gammée tracée au feutre noir sur un couteau usé ; cette arme de guerre de la taille d’un homme conçue pour abattre des avions, mais utilisée par les terroristes sur des pickups pour mitrailler de balles de 14,5 mm les familles du kibboutz de Kfar Aza ; ces grenades thermobariques artisanales de Gaza, qui aspirent l’oxygène et transforment tout espace en four, que les terroristes euphoriques ont jetées sur des enfants aux cris de « Allah akbar ».

Nous nous sommes rendus à Tkouma, où nous avons vu d’interminables rangées de carcasses de voitures brûlées appartenant aux jeunes du festival de musique Nova. La même mécanique mortifère était à l’œuvre : ravager, tuer, violer, brûler encore et encore. Le 7 octobre a été un gigantesque charnier.

Comment ne pas penser à Oradour-sur-Glane ou à l’école Ozar Hatorah de Toulouse ?
Nous avons marché dans les rues sans nom de Kfar Aza. Le quartier le plus touché a été celui de la « jeune génération », celle des enfants du kibboutz qui, après 17 ans, ont leur propre habitation. Nous sommes entrés dans la maison brûlée et pillée de Sivan Elkabets et Naor Hassidim. Nous avons écouté l’histoire de la petite Abigail Idan, enlevée juste après être devenue orpheline.

Tant d’enfants mutilés devant leurs parents, de femmes violées. À Kfar Aza, comment Jean-Pierre Cubertafon, député de Dordogne, pouvait-il ne pas penser aux suppliciés d’Oradour-sur-Glane, commune si proche de sa circonscription. Quel symbole pour notre délégation de compter également Pierre-Antoine Levi, sénateur de la circonscription abritant la commune où Mohammed Merah frappa pour la première fois avant d’assassiner des enfants par ce qu’ils étaient juifs.

Comment ne pas faire le lien entre ces deux formes de barbarie ? Peut-on sérieusement penser que l’on brule des enfants justes pour quelques kilomètres carrés de territoires ? De tels crimes ne peuvent être commis que par une idéologie qui déshumanise totalement son ennemi. L’islamisme radical du Hamas est un nouveau nazisme.

Le viol et les violences aux femmes ont été érigés en doctrine
Il y a eu en réalité trois vagues d’attaques après les terroristes surarmés du Hamas et ceux du Djihad Islamique, de nombreux civils palestiniens aussi voulurent participer à cette orgie de la mort. Armés de marteaux, haches et pioches, les autorités les ont appelés les ‘zombies’ car ils marchaient hagards à la recherche de leurs victimes. Eux aussi ont torturé, tué, violé.

Brisons le silence glacial des associations néo-féministes normalement si promptes à dénoncer la moindre micro agression en rappelant encore et encore que le 7 octobre, le viol et les violences aux femmes ont été érigés en doctrine. Ce crime de masse fut aussi un crime perpétré en masse. Ces atrocités sont soutenues par une très large majorité de la population palestinienne.

Pour comprendre l’ancrage de cette haine antijuive, il faut se tourner en partie vers l’éducation. Avec des mitraillettes en bois offertes aux enfants et des livres scolaires où chaque exercice de mathématiques est une occasion de diaboliser les Juifs, il est difficile d’imaginer un commencement à la paix. L’éducation des enfants palestiniens est en partie administrée par l’UNRWA, entité des Nations Unies, elle-même en partie financée par l’Europe, qui a donc un levier financier.

Nous souhaitons que la France use de son influence pour mettre un terme à ce cycle de haine
Nous, députés, sénateurs, écrivains sommes convaincus qu’il est du devoir de la France d’être à l’avant-garde de ce combat pour briser cette spirale de haine et sauver la prochaine génération. Nous souffrons pour les Palestiniens, tant d’images de Gaza nous révulsent mais nous soutenons Israël qui n’a pas voulu cette guerre et qui n’a pas d’autres choix que de la mener.

Nous souhaitons que la France use de son influence pour mettre un terme à ce cycle de haine et qu’enfin les Palestiniens aident les Palestiniens et cessent de faire des mauvais choix, qu’ils sortent de cette illusion de la fin d’Israël.

Nous avons été profondément marqués par nos rencontres avec les familles d’otages. Nous vous répétons ici les mots de Yossi, l’oncle de Kfir Bibas, ce bébé enlevé à 9 mois, qui, s’il est encore en vie, a passé plus d’un quart de sa vie en captivité. Vous rendez vous compte, bébé et otage dans une même phrase, et la danse du monde ne s’est pas arrêtée…
Ayant appris par des otages libérés que le silence était imposé par la force, Yossi nous pose cette question glaçante : « Que fait-on à Kfir pour qu’il garde le silence ? ».

* 12 députés et sénateurs soutiennent ce texte :

Loic Hervé, sénateur de Haute-Savoie, vice-président du Sénat
Olivier Cigolotti, sénateur de la Haute-Loire, questeur
Pierre-Antoine Lévi , sénateur de Tarn-et-Garonne
Francis Szpiner, sénateur de Paris
Françoise Gatel, sénatrice d’Ille-et-Vilaine, présidente de la Délégation aux collectivités territoriales
Claude Kern, sénateur du Bas-Rhin
Olivier Paccaud, sénateur de l’Oise
Brigitte Devesa , sénatrice des Bouches-du-Rhône
Isabelle Florennes, sénatrice des Hauts-de-Seine
Jean-Pierre Cubertafon, député de Dordogne
Eric Martineau, député de la Sarthe
Virginie Lanlo, députée des-Hauts-de-Seine

Hamas et Israël : une guerre sans issue ?

Hamas et Israël : une guerre sans issue ?

Invité Sur France Info, jeudi 7 décembre, Jean-Paul Chagnollaud, professeur de sciences politiques à l’université de Cergy-Pontoise et président de l’Institut de Recherche et d’études Méditerranée Moyen-Orient (iReMMO), revient sur le conflit entre Israël et le Hamas. –

Après l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre, cela fait désormais deux mois que le conflit dure à Gaza. Le Hamas est encore en mesure de tirer des roquettes sur le territoire israélien. Qu’est-ce que cela dit du conflit ?

« Ça dit d’abord que cette guerre est sans issue », déplore Jean-Paul Chagnollaud, professeur de sciences politiques à l’université de Cergy-Pontoise et président de l’Institut de Recherche et d’études Méditerranée Moyen-Orient (iReMMO), dans le 19/20 info du jeudi 7 décembre.


Bien que « légitime », Jean-Paul Chagnollaud estime qu’il « fallait aussi » que la réaction israélienne à l’attaque du Hamas « ait un objectif militaire, ou comme on dit maintenant, un horizon politique ».

« Or évidemment, il n’y en a pas », indique-t-il. « Il est clair qu’on est en train d’écraser Gaza. La ville de Gaza doit être détruite à 50, 60%, celle de Khan Younès va sûrement subir le même sort, et maintenant Rafah », expose le professeur de sciences politiques.

Pour Jean-Paul Chagnollaud, « il faut passer au politique, c’est-à-dire qu’est-ce qu’on fait le jour d’après.

Et ce jour d’après, il ne faut pas qu’il soit dans des semaines et des semaines. Il faut qu’il arrive très vite ».

Guerre contre le Hamas : 62 % des Français approuvent Israël

Guerre contre le Hamas : 62 % des Français approuvent Israël

Selon un sondage paru dans le Figaro, 62% des sondés jugent que l’objectif d’Israël d’éliminer le Hamas de Gaza est justifié – ils étaient 65% en octobre et 58% en novembre.Un sondage qui confirme l’écart d’opinion entre certaines élites pacifistes et l’avis général.

Politiquement, moins d’un Français sur deux (46%) est satisfait des prises de position et de «l’attitude» d’Emmanuel Macron, un résultat en baisse de deux points par rapport à la dernière étude. Ses récentes prises de position floues ont pu lui porter préjudice, même s’il reste l’homme politique dont les positions sont les plus saluées par les sondés. Marine Le Pen obtient en effet 44% de satisfecit, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin 42% et la première ministre Élisabeth Borne 41%.

Gérald Darmanin, qui ne cache pas son intérêt pour l’élection présidentielle, récolte aussi bien de larges soutiens des sympathisants du parti présidentiel, Renaissance, que des sympathisants Les Républicains (74%). C’est autant que le soutien accordé à Éric Ciotti, le président du parti, par ses sympathisants.

Politique et Hamas: Macron complètement inconséquent et contradictoire

Politique et Hamas: Macron complètement inconséquent et contradictoire

Il est difficile d’être plus inconséquent et contradictoire que Macron à propos de la guerre à Gaza. Dans un premier temps, il a en effet appelé à la constitution d’une force internationale pour combattre et éliminer le Hamas. Ensuite brusquement ,il s’est prononcé pour un cessez-le-feu qui a d’ailleurs provoqué la colère d’Israël. Et maintenant il déclare que la destruction du Hamas n’est pas la solution. En bref, il condamne la réplique d’Israël après l’avoir encouragé. Il n’y a sans doute rien d’étonnant à ce que les autres grandes puissances soient aussi indifférentes vis-à-vis des propositions aussi contradictoires du président français.

«La destruction totale du Hamas» entraînerait «dix ans» de guerre, alerte Macron . «Si c’est ça [l'objectif], la guerre durera dix ans», a-t-il poursuivi, demandant à ce que «cet objectif soit précisé» par «les autorités israéliennes», brandissant le spectre d’une «guerre sans fin».

Emmanuel Macron a affirmé qu’il en allait de la «sécurité durable» d’Israël, qui ne pourrait pas être garantie si elle «se fait au prix des vies palestiniennes, et donc du ressentiment de toutes les opinions publiques dans la région». Une manière assez hypocrite d’encourager aussi la révolte de dans la rue dans les pays arabes voisins.

Dans cette perspective, il a appelé à «redoubler d’efforts pour parvenir à un cessez-le-feu durable, pour obtenir la libération de tous les otages encore détenus par le Hamas et apporter à la population de Gaza l’aide dont elle a urgemment besoin».

«Quand on a une approche sécuritaire où le désespoir politique nourrit tous les ressentiments, on ne construit pas sa propre sécurité dans la durée», a encore dit de manière très floue le locataire de l’Élysée.

Concernant la libération des otages encore détenus par le Hamas, il a dit «avoir besoin de plusieurs jours de travail», évoquant «une négociation permanente qui se poursuit», alors que quatre ressortissants français sont considérés comme otages ou portés disparus depuis le 7 octobre. Dans ce but, le président français doit faire samedi soir escale au Qatar pour un dîner avec cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, l’émir de ce pays au cœur des négociations pour la trêve et la libération d’otages.

Gaza et Hamas: Macron complètement inconséquent et contradictoire

Gaza et Hamas: Macron complètement inconséquent et contradictoire

Il est difficile d’être plus inconséquent et contradictoire que Macron à propos de la guerre à Gaza. Dans un premier temps, il a en effet appelé à la constitution d’une force internationale pour combattre et éliminer le Hamas. Ensuite brusquement ,il s’est prononcé pour un cessez-le-feu qui a d’ailleurs provoqué la colère d’Israël. Et maintenant il déclare que la destruction du Hamas n’est pas la solution. En bref, il condamne la réplique d’Israël après l’avoir encouragé. Il n’y a sans doute rien d’étonnant à ce que les autres grandes puissances soient aussi indifférentes vis-à-vis des propositions aussi contradictoires du président français.

«La destruction totale du Hamas» entraînerait «dix ans» de guerre, alerte Macron . «Si c’est ça [l'objectif], la guerre durera dix ans», a-t-il poursuivi, demandant à ce que «cet objectif soit précisé» par «les autorités israéliennes», brandissant le spectre d’une «guerre sans fin».

Emmanuel Macron a affirmé qu’il en allait de la «sécurité durable» d’Israël, qui ne pourrait pas être garantie si elle «se fait au prix des vies palestiniennes, et donc du ressentiment de toutes les opinions publiques dans la région». Une manière assez hypocrite d’encourager aussi la révolte de dans la rue dans les pays arabes voisins.

Dans cette perspective, il a appelé à «redoubler d’efforts pour parvenir à un cessez-le-feu durable, pour obtenir la libération de tous les otages encore détenus par le Hamas et apporter à la population de Gaza l’aide dont elle a urgemment besoin».

«Quand on a une approche sécuritaire où le désespoir politique nourrit tous les ressentiments, on ne construit pas sa propre sécurité dans la durée», a encore dit de manière très floue le locataire de l’Élysée.

Concernant la libération des otages encore détenus par le Hamas, il a dit «avoir besoin de plusieurs jours de travail», évoquant «une négociation permanente qui se poursuit», alors que quatre ressortissants français sont considérés comme otages ou portés disparus depuis le 7 octobre. Dans ce but, le président français doit faire samedi soir escale au Qatar pour un dîner avec cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, l’émir de ce pays au cœur des négociations pour la trêve et la libération d’otages.

En pleine trêve, attentat revendiqué du Hamas en Cisjordanie

En pleine trêve, attentat revendiqué du Hamas en Cisjordanie

Un attentat perpétré à Jérusalem par le Hamas témoigne du caractère terroriste et anarchique de cette organisation. Le Hamas qui a beaucoup insisté pour obtenir une trêve pour soulager Gaza et permettre l’échange de prisonniers curieusement non seulement revendique cet attentat mais appelle en plus à une escalade.

De quoi évidemment discréditer encore un peu plus aux yeux de l’opinion internationale une organisation incapable de tenir ses troupes et qui n’a pour objectif que de tuer ses adversaires, militaires ou civils.

Le Hamas est en pleine contradiction avec ses propres demandes; d’un côté l’organisation terroriste demande la prolongation de la trêve et sa transformation en cessez-le-feu définitif. Mais d’un autre, il appelle à la reprise des attentats.

Il faut sans doute voir dans cet attaque contre des civils les contradictions au sein des différentes factions qui constituent les organisations terroristes à l’œuvre aussi bien à Gaza qu’en Cisjordanie.

Trois personnes ont été tuées à Jérusalem, ce jeudi, dans une attaque à l’arme à feu. Les assaillants présumés, deux frères membres du groupe terroriste palestinien et déjà emprisonnés pour terrorisme, ont été neutralisés, d’après la police.

Trois personnes ont été tuées à Jérusalem, ce jeudi matin 30 novembre, dans une attaque à l’arme à feu contre un arrêt de bus. Au moins six autres personnes ont été blessées, dont certaines grièvement. Les deux assaillants, «ont été tués rapidement par deux soldats qui n’étaient pas en service et un civil, qui leur ont tiré dessus», selon la police. Alors que la trêve entre Israël et le Hamas est prolongée pour une septième journée consécutive, le groupe terroriste au contrôle dans la bande de Gaza a revendiqué l’attentat dans un communiqué. Dans le même document, le Hamas appelle à une «escalade de la résistance» contre Israël.

Otages et Hamas: mise en scène cynique

Otages et Hamas: mise en scène cynique


Il faut sans doute que le Hamas ait une idée très approximative du concept d ‘humanité pour se livrer à de telles mise en scène de libération des otages. Ainsi on a vu des otages accompagnés jusqu’au véhicule de la Croix-Rouge par des terroristes très attentifs et remettant même une bouteille d’eau au dernier moment aux prisonniers libérés. Pire, on a vu les mêmes terroristes saluer leur prisonnier une fois dans la voiture de la Croix-Rouge.

Et c’est de la sorte sans doute dans la psychologie du Hamas qu’on passe du rôle de bourreau à celui de héros.

La naïveté autant que le cynisme de cette mise en scène en dit long sur l’hypocrisie des terroristes qui ont par ailleurs contraint des otages à regarder le film des erreurs de leur massacre 7 octobre.

Cette mise en scène, certes pas bien fine, vise à faire du groupe terroriste une organisation comme les autres. Celui-ci était allé plus loin encore le vendredi 24 novembre. Lors de la première vague de libération, après 49 jours de détention, Danielle Aloni et sa fille de 5 ans Emilia, enlevées au kibboutz Nir Oz, ont laissé une longue lettre en hébreu. Traduite et là encore mise en ligne sur le compte Telegram des terroristes.

Hamas : Une politique de terreur psychologique à usage mondial

Hamas : Une politique de terreur psychologique à usage mondial

Le spécialiste de la Shoah, l’historien Tal Bruttmann, estime, dans un entretien au « Monde », que l’attaque perpétrée par le Hamas le 7 octobre contre Israël n’est ni un pogrom ni un génocide mais un massacre de masse, et il met en garde contre les analogies avec le nazisme. Il souligne le caractère médiatique des actions du Hamas et cela à usage mondial

.

Pour qualifier les attaques du Hamas, les hommes politiques, les historiens et les éditorialistes ont parlé de massacre, d’attentat, de pogrom, voire de génocide. En tant qu’historien, comment qualifieriez-vous cet événement ?

Le mot qui est revenu le plus souvent est « pogrom », mais les attaques du Hamas ne relèvent pas, à mon sens, d’une telle qualification. Ce terme russe désigne non pas les crimes de masse contre les juifs, mais la destruction des biens qui sont en leur possession, accompagnée de violences contre les personnes. Ce qui caractérise le pogrom, c’est le fait qu’une majorité, excitée, voire incitée, par le pouvoir en place, s’attaque violemment à une minorité qui vit en son sein.

Au XIXe et au début du XXe siècle, il y a eu, en Europe, beaucoup de pogroms antijuifs, notamment en Russie ou en Roumanie, mais ce terme ne convient pas aux attaques du Hamas. D’abord, parce qu’elles visaient non pas à détruire les biens des Israéliens, mais à tuer des juifs ; ensuite, parce que les juifs, en Israël, ne forment pas une minorité, mais une majorité ; enfin, parce que le Hamas n’est pas un peuple, mais une organisation terroriste. Pour moi, ces attaques sont des massacres de masse : le but était de tuer le plus de juifs possible.

Certains ont utilisé le terme de génocide. Est-il, selon vous, pertinent ?
Dans l’imaginaire occidental, le génocide est devenu l’alpha et l’oméga du crime, alors qu’il n’est pas plus grave, en droit international, que le crime de guerre ou le crime contre l’humanité.

Otage du Hamas : des enfants maltraités

Otage du Hamas : des enfants maltraités

Contrairement aux images frelatées rendues publiques par le Hamas la détention de certains otages à atteint des sommets dans l’horreur. Ainsi le jeune Franco israélien Eitan Yahalomi de 12 ans a reçu des coups et surtout a été contraint de visionner le film du Hamas rendant compte de la tuerie du 7 octobre on voit des Israéliens jeunes, malade ou encore vieux massacrés en direct.

À la barbarie physique s’ajoute maintenant la barbarie psychologique.

«Je voulais espérer qu’Eitan soit bien traité. Apparemment non. Ce sont des monstres»
«Eitan a passé (vécu) des horreurs là-bas», a témoigné la tante sur BFMTV. «Arrivé à Gaza, des civils l’ont tapé», «il a été frappé à l’entrée de Gaza» alors que «c’est un enfant de 12 ans»,, sur la base d’échanges avec la maman de son neveu. «Le Hamas l’a obligé à regarder» des exactions commises et filmées le 7 octobre par ses combattants, a-t-elle affirmé. «Chaque fois qu’un enfant pleurait, ils le menaçaient avec une arme pour qu’il se taise», a poursuivi Mme Cohen.

Les Franco-israéliens, Erez et Sahar Kalderon, 12 et 16 ans, et Eitan Yahalomi, 12 ans, sont arrivés lundi soir en Israël dans le cadre de l’accord de trêve avec le mouvement islamiste palestinien.

Ils faisaient partie des quelque 240 personnes capturées en Israël lors des attaques du 7 octobre, dont 50 ont jusqu’ici été libérées. Quelque 150 Palestiniens écroués dans des prisons israéliennes ont de leur côté été libérés dans le cadre d’un accord de trêve entre Israël et le Hamas.

Otages : mise en scène cynique et ridicule du Hamas

Otages : mise en scène cynique et ridicule du Hamas

Il faut sans doute que le Hamas ait une idée très approximative du concept d ‘humanité pour se livrer à de telles mise en scène de libération des otages. Ainsi on a vu des otages accompagnés jusqu’au véhicule de la Croix-Rouge par des terroristes très attentifs et remettant même une bouteille d’eau au dernier moment aux prisonniers libérés. Pire, on a vu les mêmes terroristes saluer leur prisonnier une fois dans la voiture de la Croix-Rouge.

Et c’est de la sorte sans doute dans la psychologie du Hamas qu’on passe du rôle de bourreau à celui de héros.

La naïveté autant que le cynisme de cette mise en scène en dit long sur l’hypocrisie des terroristes qui ont par ailleurs contraint des otages à regarder le film des erreurs de leur massacre 7 octobre.

Cette mise en scène, certes pas bien fine, vise à faire du groupe terroriste une organisation comme les autres. Celui-ci était allé plus loin encore le vendredi 24 novembre. Lors de la première vague de libération, après 49 jours de détention, Danielle Aloni et sa fille de 5 ans Emilia, enlevées au kibboutz Nir Oz, ont laissé une longue lettre en hébreu. Traduite et là encore mise en ligne sur le compte Telegram des terroristes.

Otage Gaza : supplice chinois et cynisme du Hamas

Otages Gaza : le supplice chinois va durer des semaines

Une série d’échange d’otages a été réalisé et la trêve continue. Tant mieux mais c’est un véritable marchandage humain en forme de télé réalité pour alimenter la guerre d’information. Aussi pour permettre au Hamas de reconstituer pour partie ses forces. Le pire c’est que Hamas ,le bourreau tente maintenant d’apparaître comme le héros. Certes en matière de massacre Israël n’est pas innocent mais le Hamas cultive le cynisme à un point jamais atteint. On le félicite en effet pour maintenant restituer des zones otages enfants en bas âge, malades et vieillards. Ce supplice chinois va évidemment durer des semaines. Le Hamas veut en effet stopper les combats qu’il a perdus sur le terrain militaire pour le gagner sur le plan politique. C’est l’occasion pour le Hamas d’apparaître comme la seule force alternative des palestiniens.

Cette prolongation a dans la foulée été confirmée par le Hamas. Israël avait proposé ce lundi au mouvement islamiste palestinien une « option » pour prolonger la trêve et « recevoir 50 otages supplémentaires », selon un porte-parole du gouvernement.

Le Hamas et le Qatar ont annoncé ce lundi 27 novembre la prolongation de 48 heures de la trêve à Gaza, moyennant de nouvelles libérations d’otages aux mains du mouvement islamiste palestinien et de prisonniers détenus dans des prisons israéliennes.

Cette trêve, qui devait s’achever initialement mardi à 7 heures (5 heures GMT), a aussi permis l’entrée de centaines de camions chargés d’aide humanitaire dans la bande de Gaza, assiégée et dévastée par sept semaines de bombardements israéliens en représailles à l’attaque sanglante lancée par le Hamas contre Israël le 7 octobre. Après le président américain Joe Biden, l’Union européenne et l’Otan avaient appelé à son extension.

Un répit supplémentaire permettrait « de fournir davantage d’aide aux populations qui en ont grand besoin et d’obtenir la libération d’autres otages » en échange de la libération de prisonniers palestiniens, a souligné le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg.

Mais les forces terroristes à Gaza vont sans doute créer le maximum d’incidents pour retarder encore la libération de la totalité des Otages. Ainsi la trêve humanitaire pourrait de fait se transformer en sorte de cessez-le-feu. Bref une issue qui fait revenir à la case départ concernant la guerre permanente entre Israël et les palestiniens. Le seul moyen pour empêcher ce statu quo serait immédiatement de créer des conditions fiables pour de vrais pays indépendants et cela durablement avec tutelle coercitive d’une force internationale pour assurer la paix et l’application de l’accord. Sinon la guerre va reprendre.

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Politique-Hamas–Israël : la chimère de deux Etats ?

Politique-Hamas–Israël : la chimère de deux Etats ?

Soudain sous l’éclairage du terrible conflit qui se déroule entre les terroristes du Hamas et Israël, responsables politiques des différents pays, experts et médias redécouvrent la solution magique de la création de deux Etats en Palestine. Une solution miracle en quelque sorte pourtant mise sous le boisseau pendant plus de 50 ans. Cette solution consiste de façon simpliste à donner une indépendance complète à un nouvel Etat composé de Gaza et de la Cisjordanie. Et évidemment à confirmer l’indépendance d’Israël.

Certes cette vision n’est pas sans fondement mais elle oublie l’essentiel à savoir : est-ce que ces deux Etats seraient viables sur le plan politique et économique. La vérité c’est que cette zone déjà minuscule serait donc coupée en deux. On voit mal comment pour exister un État palestinien regroupant la microscopique parcelle de Gaza avec une Cisjordanie réduite du fait des implantations israéliennes.

En vérité, personne n’a le courage de dire que ces deux Etats ne seraient pas viables et que cela n’apporterait pas de garantie contre les violences et la paix.

Sur le plan économique et géographique il faudrait sans doute rattacher Gaza à Israël et compenser la perte de de ce territoire par un autre territoire israélien proche de la Cisjordanie. Et cela passe également par le retrait des implantations israéliennes.

Pour les palestiniens même indépendants se posent la question de la fiabilité économique et politique. Sur le territoire envisagé traditionnellement, les richesses sont particulièrement rares et la zone serait condamnée sans doute à une autre pauvreté. On objectera que Israël en 48 a bien réussi son développement économique sur des régions en grande partie désertique mais les Israéliens ne sont pas les palestiniens. Ce n’est pas le même niveau technologique, le même niveau culturel. Pas non plus évidemment le même niveau démocratique qui garantit le dynamisme d’une société.

La solution la plus crédible serait de mettre en tutelle le nouveau pays redécoupé de façon fiable en tout cas davantage. Une double tutelle à la fois économique grâce notamment à l’appui des pays arabes mais aussi une tutelle politique pour empêcher la dictature et la violence. Et cela pour une longue période au minimum de 20 ans car le traumatisme de la guerre actuelle va demeurer sans doute pour au moins 50 ans.

Bref responsables politiques, ONU et experts doivent sortir du slogan simpliste de deux Etats surtout quand l’un des objectifs central de l’un est de détruire l’autre et ses habitants. Surtout quand la zone sert d’expérimentation et de conflit d’influence des différents courants politiques musulmans mais aussi occidentaux.

Hamas–Israël : la chimère de deux Etats

Hamas–Israël : la chimère de deux Etats

Soudain sous l’éclairage du terrible conflit qui se déroule entre les terroristes du Hamas et Israël, responsables politiques des différents pays, experts et médias redécouvrent la solution magique de la création de deux Etats en Palestine. Une solution miracle en quelque sorte pourtant mise sous le boisseau pendant plus de 50 ans. Cette solution consiste de façon simpliste à donner une indépendance complète à un nouvel Etat composé de Gaza et de la Cisjordanie. Et évidemment à confirmer l’indépendance d’Israël.

Certes cette vision n’est pas sans fondement mais elle oublie l’essentiel à savoir : est-ce que ces deux Etats seraient viables sur le plan politique et économique. La vérité c’est que cette zone déjà minuscule serait donc coupée en deux. On voit mal comment pour exister un État palestinien regroupant la minuscule parcelle de Gaza avec une Cisjordanie réduite du fait des implantations israéliennes.

En vérité, personne n’a le courage de dire que ces deux Etats ne seraient pas viables et que cela n’apporterait pas de garantie contre les violences et la paix.

Sur le plan économique et géographique il faudrait sans doute rattacher Gaza à Israël et compenser la perte de de ce territoire par un autre territoire israélien proche de la Cisjordanie. Et cela passe également par le retrait des implantations israéliennes.

Pour les palestiniens même indépendants se posent la question de la fiabilité économique et politique. Sur le territoire envisagé traditionnellement, les richesses sont particulièrement rares et la zone serait condamnée sans doute à une autre pauvreté. On objectera que Israël en 48 a bien réussi son développement économique sur des régions en grande partie désertique mais les Israéliens ne sont pas les palestiniens. Ce n’est pas le même niveau technologique, le même niveau culturel. Pas non plus évidemment le même niveau démocratique qui garantit le dynamisme d’une société.

La solution la plus crédible serait de mettre en tutelle le nouveau pays redécoupé de façon fiable en tout cas davantage. Une double tutelle à la fois économique grâce notamment à l’appui des pays arabes mais aussi une tutelle politique pour empêcher la dictature et la violence. Et cela pour une longue période au minimum de 20 ans car le traumatisme de la guerre actuelle va demeurer sans doute pour au moins 50 ans.

Bref responsables politiques, ONU et experts doivent sortir du slogan simpliste de deux Etats surtout quand l’un des objectifs central de l’un est de détruire l’autre et ses habitants. Surtout quand la zone sert d’expérimentation et de conflit d’influence des différents courants politiques musulmans mais aussi occidentaux.

Politique-Hamas-Israël : une guerre également médiatique

Politique-Hamas-Israël : une guerre également médiatique


« Je te dis que nous livrons une bataille, et que plus de la moitié de cette bataille se déroule sur la scène médiatique. Nous sommes donc engagés dans une bataille médiatique pour gagner les cœurs et les esprits des membres de notre communauté. » Cette citation nous montre à quel point Ayman al-Zawahiri – longtemps numéro deux d’Al-Qaida, puis leader de l’organisation de l’élimination d’Oussama Ben Laden en 2011 jusqu’à son propre assassinat en 2022 par un drone américain – considérait la sphère médiatique comme un champ de bataille à part entière. Et de ce point de vue, la supériorité militaire des États-Unis pourrait être un avantage pour les djihadistes. Une situation que l’on retrouve, mutatis mutandis, aujourd’hui dans le conflit qui oppose Israël au Hamas.

par
Pierre Firode
Professeur agrégé de Géographie, membre du laboratoire Médiations, Sorbonne Université
dans The Conversation

Les propos cités ci-dessus proviennent d’un message envoyé par Al-Zawahiri en 2004, depuis le Pakistan, à Abou Moussab Al-Zarqaoui, le fondateur d’Al-Qaida en Irak (la branche irakienne de l’organisation terroriste), pour l’inciter à mobiliser l’oumma, c’est-à-dire l’ensemble des musulmans, dans un djihad global à l’encontre de ce qu’il considérait être une nouvelle « croisade », menée par la « mécréante » puissance américaine, contre l’islam et ses pratiquants.

Pour ce faire, Al-Zawahiri insistait sur la nécessité de déplacer les nouveaux sanctuaires du groupe terroriste des confins ruraux – qui se trouvaient dans les zones tribales et montagneuses de l’Afghanistan et du Pakistan – vers les centres urbains de l’Irak central sunnite. Ce basculement géographique reposait sur un constat stratégique : la ville, dans les conflits contemporains asymétriques, est devenue un véritable catalyseur capable d’alimenter la « guerre médiatique ». Les destructions qui y sont commises par l’ennemi sont plus spectaculaires qu’en zone rurale, la présence de milliers de civils peut faire hésiter l’assaillant au moment de lancer ses attaques, le nombre de victimes collatérales plus élevé, la quantité de photos et de vidéos qui y sont prises est plus importante – autant d’éléments qui permettent de mieux mobiliser les publics lointains contre l’armée qui mène l’offensive.

Ce constat n’a rien perdu de son actualité. Les méthodes de combat adoptées par les actuels leaders militaires du Hamas semblent, à bien des égards, s’inscrire dans la continuité d’une pensée stratégique réfléchie, initialement élaborée au cours des affrontements de ces dernières décennies entre les puissances occidentales (principalement les États-Unis) et les groupes terroristes comme Al-Qaida.

En quoi la filiation idéologique et stratégique entre Al-Qaida et le Hamas peut-elle éclairer le conflit en cours à Gaza ?

Il est difficile de ne pas voir dans les modes opératoires du Hamas mis en œuvre actuellement à Gaza une logique similaire à celle utilisée par Al-Qaida en Irak à Falloujah (une ville située à 70 km à l’ouest de Bagdad, peuplée de quelque 300 000 habitants avant le début des hostilités) en 2004. La deuxième bataille de Falloujah, en novembre 2004, constitue, à cet égard, un cas d’école pour comprendre l’utilisation de l’arme médiatique par des groupes terroristes dans un conflit asymétrique.

Lors de l’opération Al-Fajr lancée en novembre 2004, Al-Qaida a construit son système défensif à Falloujah de façon à alimenter la guerre informationnelle menée contre les États-Unis. C’est dans cette perspective qu’il faut comprendre la concentration des caches d’armes autour des principales mosquées de la ville.

Sur ce document produit par l’armée américaine, peuvent être mis en évidence cinq bastions défensifs, chacun organisé soit autour d’une mosquée stratégique soit autour de l’hôpital universitaire de Falloujah. Un tel dispositif permet aux insurgés de bénéficier de la relative protection de boucliers humains : même si l’essentiel de la population de Falloujah a quitté la ville au moment de l’offensive américaine, les mosquées et l’hôpital universitaire sont des lieux de refuge pour les civils, qui les perçoivent comme des sanctuaires.

En plus de dissuader les Américains de frapper ces positions, les insurgés entendent maximiser, en cas de frappe, les pertes civiles afin d’inonder les médias arabophones d’images de civils irakiens tués. D’autant que la mosquée revêt un caractère sacré ce qui transforme l’opération américaine en une véritable profanation aux yeux des populations musulmanes, en Irak et ailleurs au Proche-Orient. Il s’agit alors pour Al-Qaida en Irak de réveiller chez l’Oumma le « réflexe » du djihad dit « défensif ».

En effet, les stratégies employées par Al-Qaida doivent s’interpréter à l’aune de la théorie des deux djihads développée par Ben Laden, Abdallah Azzam et Al-Zawahiri (les trois principaux stratèges de l’organisation terroriste) :

« Le djihad contre les infidèles est de deux sortes : le djihad offensif, à savoir attaquer les infidèles dans leur pays. […] et le djihad défensif, à savoir expulser les infidèles de nos pays, [qui] est une obligation individuelle, et même le plus important devoir individuel, dans les cas suivants : lorsque les infidèles pénètrent dans l’un des territoires musulmans et y persécutent des frères. »

La lutte contre la profanation des mosquées et pour la protection de populations civiles menacées par des « mécréants » relève pour les théoriciens d’Al-Qaida du djihad dit « défensif ». Or, les stratèges d’Al-Qaida ont parfaitement conscience que ce djihad défensif est beaucoup plus consensuel au sein de l’oumma que le djihad dit offensif, qui ne concerne qu’une infime minorité de musulmans.

L’objectif d’Al-Qaida est donc clair : obliger l’armée américaine à toucher les civils, à profaner des lieux saints, symboles de l’oumma, afin de la rassembler autour du drapeau djihadiste.

Cette stratégie trouve alors un écho évident dans les doctrines actuellement utilisées à Gaza, comme le montre le manuel de guérilla urbaine du Hamas retrouvé par Tsahal lors de l’opération « Bordure protectrice » en 2014. Comme Al-Qaida en Irak, le Hamas a théorisé l’utilisation des boucliers humains pour fédérer les populations musulmanes autour du djihad anti-Israël. L’un des passages de ce manuel, très partiellement mis à disposition des chercheurs par Tsahal, affirme :

« La destruction d’habitations civiles : cette pratique attise la haine des citoyens envers les assaillants [l’armée israélienne] et augmente leur soutien aux forces de résistance de la ville [Hamas]. »

C’est dans cette optique que l’on pourrait comprendre la localisation des forces du Hamas dans le quartier de Shuja’iya, frappé par Tsahal en 2014 lors de l’opération « Bordure protectrice ».

On voit bien à travers ce document fourni par l’armée israélienne que les points de départ de tirs de roquettes sont concentrés dans les espaces les plus densément habités du tissu urbain.

La géographie des planques témoigne d’une même logique de boucliers humains. Ces planques sont concentrées autour de deux zones résidentielles d’habitat collectif où les combattants du Hamas se cachent sous les étages occupés par des populations civiles.

À la différence d’Al-Qaida, le Hamas ne cherche pas a priori à susciter des vocations djihadistes, mais plutôt à soulever la rue arabe, à la radicaliser afin de fragiliser les régimes arabes partenaires d’Israël et d’isoler un État hébreu soucieux de normaliser ses relations avec ses voisins.

Les stratèges d’Al-Qaida ont d’ailleurs théorisé la vocation du djihad palestinien à saper la légitimité des régimes arabes en paix avec Israël (à commencer par l’Égypte, depuis les accords de Camp David de 1978). Comme l’écrit Al-Zawahiri en décembre 2001 :

« L’occasion qui s’offre au mouvement djihadiste de conduire l’oumma vers le djihad pour la Palestine est plus grande que jamais, car tous les courants laïcs qui faisaient de la surenchère sur la cause palestinienne et rivalisaient avec le mouvement islamique pour la direction de l’oumma dans cette cause se sont découverts, aux yeux de l’oumma, en reconnaissant le droit à l’existence d’Israël, en engageant des pourparlers et en se conformant aux décisions internationales. »

Le djihad défensif pour la Palestine doit donc participer, selon Azzam et Al-Zawahiri, à la lutte contre les « ennemis proches » (les « régimes arabes impies » comme l’Égypte) et déboucher sur une insurrection de la rue arabe contre ces régimes dont ce même djihad révélera, pour Azzam, la « soumission » aux « croisés judéo-chrétiens ».

Ainsi, le recours aux boucliers humains et l’implantation des groupes terroristes dans des espaces densément peuplés s’inscrivent dans un projet stratégique clairement assumé dès la création d’Al-Qaida : rassembler l’oumma autour d’un djihad pensé comme la défense d’un Dar-Al-Islam (terre des musulmans) « persécuté », « occupé » et « humilié » par une puissance dite « mécréante ».

Dans cette optique, l’essentiel du combat djihadiste se mène sur le « champ de bataille médiatique » où l’asymétrie militaire entre fort et faible profite aux faibles et aboutit à ce que Jean Paul Chagnollaud appelle la « défaite du vainqueur ». Cette expression résume parfaitement l’échec des Américains, sur le temps long, dans leur opposition à Al-Qaida en Irak de 2004 à 2011, et pourrait synthétiser l’issue du conflit actuel à Gaza entre Israël et le Hamas.

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