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Coronavirus : le grand flou des évaluations scientifiques

Coronavirus : le grand flou des évaluations scientifiques  

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a annoncé samedi qu’elle mettait officiellement un terme à l’étude de l’hydroxychloroquine et de l’association de lopinavir et de ritonavir, un traitement homologué contre le VIH, comme traitement pour les patients infectés par le coronavirus.

“Les résultats préliminaires montrent que l’hydroxychloroquine ou l’association de lopinavir et de ritonavir ne réduisent pas ou très peu la mortalité des patients hospitalisés atteint par la Covid-19, par comparaison aux soins standards”, peut-on lire dans un communiqué.

“Les chercheurs impliqués dans l’essai ‘Solidarity’ suspendront leurs travaux pour ces deux options thérapeutiques avec effet immédiat”, est-il précisé, en référence à l’essai clinique international lancé dans le but de trouver un traitement efficace contre la maladie.

L’organisation précise que cette décision, prise sur les recommandations du comité directeur international, n’affecte pas les études concernant les patients non-hospitalisés ou les recherches dans lesquelles ces traitements sont utilisés pour prévenir l’apparition de la maladie.

Une autre option thérapeutique est encore à l’étude. Il s’agit du remdésivir du laboratoire américain Gilead, initialement testé pour traiter le virus Ebola. (Stephanie Nebehay, version française Caroline Pailliez). Notons que le remdesir n’a pas fait encore la preuve de son efficacité mais  pour autant que son utilisation à été autorisée d’abord par les États-Unis puis récemment par l’Europe. Rappelons les conclusions de Wikipédia à propos de cette efficacité :

« Le 22 mai, les résultats préliminaires d’un essai randomisé contrôlé sur 1 063 malades, publiés dans le The New England Journal of Medicine, montrent que les malades qui ont reçu le traitement ont cliniquement guéri en moyenne en 11 jours contre 15 jours pour le groupe « placebo ». En revanche, la différence de mortalité entre les deux groupes est trop faible pour écarter le facteur du hasard dans l’analyse des résultats (7,1 % dans le groupe traité contre 11,9 % dans le groupe placebo)18. Les résultats du médicament sont meilleurs chez les patients les moins sévèrement atteints 19. L’étude a été stoppée prématurément, ce qui a suscité des critiques car cela empêche de savoir si le médicament a un effet fiable sur la mortalité19. Sur la base de ces résultats préliminaires la FDA a accordé une autorisation d’utilisation, permettant aux hôpitaux américains de prescrire le remdésivir aux malades en réanimation20.

Le 25 juin, l’Agence européenne des médicaments (EMA) a recommandé l’autorisation d’une mise sur le marché conditionnelle21 de l’antiviral remdesivir au sein de l’Union européenne pour les patients atteints du Covid-19, ce qui en fait le premier médicament contre le Covid-19 à être recommandé pour autorisation dans l’UE.22«  »

 

«La Convention citoyenne: un grand gaspillage»

 «La Convention citoyenne: un grand gaspillage»

Dans le Figaro Guillaume Bullier consultant, et secrétaire général des Affranchis – Students For Liberty France. Estime que cette convention aboutit à un grand gaspillage inutile.


« Si le sujet était la lutte contre le changement climatique et la préservation du pouvoir d’achat, alors la copie remise par la convention citoyenne pour le climat ne mérite pas la moyenne. Les 150 propositions formulées par la convention mèneraient à la mise en place d’une grande usine à gaz… à effets de serre. Lorsque ces mesures ne conduisent pas à davantage d’émissions de CO2, elles font preuve d’une grande inefficacité, engendrant un coût disproportionné pour chaque tonne de CO2 évitée.

L’écologie se doit de rechercher une utilisation optimale des ressources, maximisant l’utilité produite tout en minimisant les pollutions. C’est justement ce que permet le marché, pour peu que les conséquences du changement climatique et les dommages environnementaux soient bien pris en compte dans le système de prix.

Ce retour en force de la planification économique, prônée par les politiques et par la convention citoyenne, conduit à l’instauration d’une multitude de biais dans l’allocation de ces ressources, et à de mauvaises incitations pour les acteurs économiques. En faisant payer par le contribuable de nombreuses consommations dites «vertes», on incite le consommateur à acheter des produits et des services à l’empreinte écologique non nulle, qu’il n’aurait pas achetés s’il avait dû s’acquitter lui-même de la totalité de leur coût. Cela signifie que la valeur du produit pour le consommateur est inférieure à son coût en ressources. Comment peut-on à la fois appeler à une baisse de la consommation et, en même temps, vouloir subventionner de très nombreux achats?

Parmi les dépenses proposées les plus injustes, on trouve l’idée d’attribuer des subventions aux entreprises dont la trajectoire carbone est nettement décroissante.

L’intervention accrue de l’État dans l’économie, à travers des mécanismes de subventions, d’achats publics, d’interdictions ou de contraintes, ne fait que renforcer un phénomène pourtant décrié: le capitalisme de connivence. Les subventions et la plupart des réglementations conduisent en effet à accorder un privilège à certaines entreprises au détriment des autres acteurs du marché. Au côté des entreprises perdantes, les consommateurs et les contribuables se trouvent toujours parmi les lésés. À l’annonce des propositions de la convention citoyenne pour le climat, nombreux sont les lobbyistes à l’affût, qui vont chercher à capter la plus grande part de ce gâteau qui semble aujourd’hui leur être servi sur un plateau.

Parmi les dépenses proposées les plus injustes, on trouve l’idée d’attribuer des subventions aux entreprises dont la trajectoire carbone est nettement décroissante. Cette idée privilégie les entreprises ayant aujourd’hui une forte empreinte carbone, au détriment de celles ayant déjà fait des efforts et n’ayant guère de marges de progression. On retrouve également l’idée de moduler la TVA en fonction de la distance parcourue par les produits. C’est oublier que l’empreinte carbone ne dépend pas simplement de la distance parcourue: une production centralisée et un transport groupé permet bien souvent la réalisation d’importantes économies d’échelles en matière d’émissions de CO2.

Aucun politique, aucun fonctionnaire et aucun groupe de citoyens (aussi nombreux soient-ils) n’a, ni la légitimité, ni l‘omniscience nécessaires pour décider de ce qui doit être consommé ou non et de ce qui va ou non dans le sens de l’intérêt général. Le rôle de l’État doit se résumer à faire respecter le principe de pollueur-payeur. Les acteurs économiques sont les mieux placés pour savoir ce dont ils ont besoin, et pour faire des choix efficaces, à la condition qu’il leur soit demandé une compensation financière pour chaque émission de gaz à effet de serre.

La mise en place d’un prix du carbone, à la hauteur des conséquences du changement climatique, est la seule mesure nécessaire et suffisante permettant l’atteinte d’un optimum pour le bien-être des individus et la préservation de notre environnement.

Du fait du recours au nucléaire, l’empreinte carbone du français moyen n’est que de 12 tonnes de CO2/an, contre 15 pour la moyenne européenne.

Pour éviter une révolte fiscale telle que celle connue lors de la crise des gilets jaunes, il est indispensable que les recette de la «taxe carbone» ne soient pas dilapidées au travers de subventions, mais qu’elles retournent aux citoyens: soit par la baisse de la fiscalité sur le travail, soit par la distribution d’un «dividende carbone». Ce mécanisme de dividende carbone permet à la taxe carbone d’être neutre pour le consommateur moyen, tout en l’incitant à réduire son empreinte écologique. Les classes populaires, dont l’empreinte écologique totale est plus faible, seraient des bénéficiaires nets de ce mécanisme.

Pour être juste, ce prix doit être universel et s’appliquer de manière uniforme pour toutes les émissions de gaz à effet de serre, quel qu’en soit l’émetteur, quel qu’en soit le secteur et le lieu de production. Le prix carbone doit donc s’appliquer également au secteur aérien et aux importations. L’Union européenne est à ce titre une très bonne échelle pour une mise en place rapide de ce mécanisme sur son territoire et à ses frontières, comme le proposent notamment les économistes Éric Chaney et Maxime Sbaihi.

Du fait du recours au nucléaire, l’empreinte carbone du Français moyen n’est que de 12 tonnes de CO2/an, contre 15 pour la moyenne européenne. Avec un prix du carbone de 100€ par tonne de CO2, le mécanisme rapporterait 313€ par an au français moyen. En plus d’être socialement juste, ce mécanisme a l’avantage d’être suffisant pour réorienter l’économie, et d’être optimal dans la lutte contre le changement climatique. Il ne nécessite pas d’y ajouter une accumulation de mesures d’apprenti-sorciers. Soit une activité est rentable en présence d’un prix du carbone, et elle n’a donc pas besoin de subvention. Soit elle n’est pas rentable et, dans ce cas, elle ne mérite pas de subvention. »

Un grand ministère du Tourisme ou une grande politique du tourisme ?

Un grand ministère du Tourisme ou une grande politique du tourisme ?

 Les professionnels du tourisme ont bien raison de s’inquiéter de la situation particulièrement dramatique suite à la crise sanitaire dont les effets sont loin d’être terminés. D’abord parce que la crise n’est pas complètement maîtrisée ensuite parce que la mobilité sera forcément contrainte. Ils exigent donc une autre politique du tourisme. Ce que certains se traduisent en ministère du tourisme. Différence de taille car il ne faut pas confondre une grande politique économique avec l’existence d’un grand ministère. Un grand ministère ce sont d’abord des structures, des superstructures, des circulaires, des décrets des lois et pas forcément une orientation économique pour articuler de façon systémique tout ce qui concourt au développement économique et pas uniquement pendant quelques mois comme le plus souvent actuellement de ce point de vue une réflexion est sûrement à entreprendre.

«J’appelle à la création d’un grand ministère du Tourisme interministériel, a demandé ce matin le chef étoilé Gilles Goujon au micro de RMC. Le tourisme, qui représente 8 à 10 % du PIB français, «doit être mis en avant», selon lui. «Nous avons clairement eu un manque d’interlocuteurs privilégiés pendant ces semaines difficiles», a conclu Gilles Goujon.

Le problème c’est que l’interlocuteur privilégié n’est pas forcément un ministère spécialisé mais plutôt une organisation interministérielle qui prenne en compte tout les facteurs explicatifs du  développement harmonieux et cohérent dune  politique de tourisme. pour être efficace cette coordination interministérielle doit être sous la responsabilité du Premier ministre et de Bercy qui tranchent  en dernier ressort concernant les grandes orientations notamment financières. Il est vrai que l’activité représente une part non négligeable du produit intérieur brut (autour de 10 %). Pour autant s’il devait y avoir un ministre , ce  serait sans doute un second couteau car ce n’est pas considéré malheureusement comme un secteur régalien essentiel. Or la politique touristique française activité économique important -et en développement – être sous la responsabilité d’un véritable décideur capable d’articuler les différentes dimensions qui concourent à la mise en valeur du patrimoine et des services publics et privés il accompagnent

L’un des «interlocuteurs privilégiés» du chef Gilles Goujon pendant cette crise a été Pascale Fontenel-Personne, députée apparentée LREM qui s’était vue confier en 2019 une mission sur le tourisme social par Edouard Philippe. Elle aussi appelle à la création dudit ministère. «Le secteur du tourisme le mérite, c’est la volonté de toute la profession», dit-elle.

« Il y a vingt ans, on avait décidé de confier cette mission au secrétaire d’État chargé des Affaires étrangères, poursuit la députée. C’était intéressant parce qu’à cette époque on cherchait à cibler principalement les étrangers pour les faire venir en France. Mais aujourd’hui le secteur manque d’interlocuteurs. Parfois on doit s’adresser à Bercy, parfois au secrétariat d’État aux transports, parfois à la Culture… C’est très compliqué de s’y retrouver.»

 

Et Simon Thirot, le délégué général du syndicat Unat tourisme, de poursuivre : « Ce mardi en comité de filière tourisme, tous les syndicats du secteur ont appelé à la création d’un tel ministère, en reconnaissant le très bon travail fait par Jean-Baptiste Lemoyne.» Il appelle de ses vœux la création d’un ministère du Tourisme et des Vacances, «pour ne pas oublier de parler des vacances des Français». Et pourquoi pas avec Jean-Baptiste Lemoyne aux manettes : «Ça pourrait être lui ! Il a prouvé ces dernières semaines qu’il en avait le talent.»

«Pieuvre géante»

La proposition ne récolte toutefois pas tous les suffrages. Ainsi Alain Fontaine, le président de l’Association française des maîtres restaurateurs, estime que la création d’un ministère dédié «n’est pas la bonne solution». «Le tourisme est multiple et varié, dit-il. C’est à la fois l’attractivité du pays, donc lié aux Affaires étrangères. Mais aussi un commerce, donc lié au ministère de l’Économie et des Finances. Et parfois un patrimoine culturel. On ne peut pas tout mettre ensemble et créer une pieuvre géante qui partirait dans tous les sens. Chaque interlocuteur a son domaine d’expertise, et lorsqu’on sait à quelle porte frapper, cela fonctionne bien ainsi.»

GRAND ENTRETIEN. le jour d’après (Thomas Piketty )

GRAND ENTRETIEN. le jour d’après (Thomas Piketty )

(interview France Info)

Tout d’abord, comment allez-vous et comment travaillez-vous dans cette période de « déconfinement progressif » ?

 

 

Pour commencer, nous allons parler du chamboulement majeur qui se déroule derrière nos fenêtres. Quels mots utilisez-vous pour décrire la situation économique mondiale actuelle ?

C’est une situation inédite. Dans le sens où on n’a jamais, dans l’histoire, décidé collectivement de mettre à l’arrêt l’activité humaine et économique de cette façon-là. Et je pense que l’on a bien fait. Il faut quand même reprendre le point de départ : ce qu’il s’est passé c’est que, fin février, début mars, les prévisions de modèles épidémiologiques sont arrivées sur la table des gouvernements dans les différents pays du monde, annonçant que si l’on ne faisait rien, on allait avoir 40 millions de morts dans le monde. C’était la prévision centrale de ces modèles, en particulier ceux diffusés par l’Imperial College à Londres. Cela voulait dire 400 000 ou 500 000 morts en France, 2 millions de morts aux États-Unis…

Face à ça, les gouvernements, en quelques jours, se sont dit : « Bon, on est obligés de prendre des mesures totalement inédites. » Et personne ne peut leur reprocher. Peut-être, un jour, dans six mois, dans un an, on reprendra le dossier, on essaiera de comprendre ce que l’on aurait pu faire de mieux, avant : sans doute, davantage investir dans l’hôpital, avoir davantage de matériel, ce qui nous aurait permis de davantage tester et d’isoler principalement les personnes les plus fragiles. Mais bon, ça c’est pour ensuite. Là, on a pris une décision inédite face à un contexte inédit et donc, du point de vue de l’économie mondiale, on a une chute du niveau de production et d’activité économique comment on ne l’avait, d’une certaine façon, jamais vu. Sur un temps aussi court, on n’avait jamais décidé d’arrêter tout simplement de produire. Donc forcément, il ne faut pas s’étonner qu’à la sortie on ait cette baisse vertigineuse de la production. Mais voilà, maintenant, ce qui compte, c’est de voir la suite.

Cette situation va aussi conduire à une énorme augmentation de l’endettement public. Parce que c’est vrai que dans l’immédiat, vous n’allez pas matraquer les gens d’impôts pour continuer de financer les écoles, les hôpitaux, les dépenses publiques en général. Donc la seule solution dans l’immédiat, là, c’est l’endettement, un peu la création monétaire, et on y reviendra. Je voudrais simplement dire que sur ce point-là, c’est une situation qui n’est pas complètement inédite. Autant on n’avait jamais vu une épidémie comme ça, ou peut-être l’épidémie de grippe espagnole en 1918-1919, par contre, des situations d’endettement public considérable, ça on a beaucoup d’exemples historiques à notre disposition.

La bonne nouvelle, c’est qu’on s’en est toujours sortis. Il y a dans l’histoire, au cours du XIXe siècle, du XXe siècle, après les guerres mondiales, mais aussi parfois dans d’autres contextes, des situations d’endettements publics encore plus élevés que ce que l’on a aujourd’hui, qui atteignent parfois 200%, 300% du produit intérieur brut (PIB), plus de deux ou trois années de production, et il y a plusieurs solutions. Aucune n’est simple, mais au moins il y a des solutions.

Il y a des précédents historiques, et ma démarche en tant que chercheur, c’est d’essayer d’aller voir comment les précédents historiques dans l’histoire économique, politique, des inégalités et des sociétés humaines, peuvent nous aider, non pas à faire exactement la même chose, parce que chaque situation est unique, mais apprendre dans l’histoire qu’il y a toujours une multiplicité de choix possibles. C’est peut-être ça la leçon la plus importante qu’on peut quand même tirer pour la situation actuelle. L’idée selon laquelle il y aurait une seule solution économique, une seule politique possible, par exemple face à des situations d’endettement public, ça c’est faux. Dans l’histoire, on a tout un répertoire de solutions qui sont utilisées et ça peut nous aider pour regarder l’avenir.

On reviendra justement sur cette question de la dette un petit peu plus tard. Pour revenir à maintenant : qu’est-ce que nous révèle cette crise que l’on traverse actuellement ? Notamment d’un point de vue des inégalités sociales. Qu’est-ce que vous percevez à travers cette crise ?

Cette crise, malheureusement, exprime très clairement la violence des inégalités sociales qui traversent nos sociétés, renforce encore plus le besoin de réduire les inégalités et de trouver un autre modèle économique, tout simplement. De changer notre système économique. D’abord, ce qui me frappe, c’est la violence des inégalités face à cette crise. On parle du confinement, mais le confinement évidemment c’est très différent si vous êtes dans un grand appartement avec des livres ou si vous êtes dans un appartement minuscule, ou pour toutes les personnes qui sont sans-abri.

Et puis tout dépend aussi de vos possibilités de subvenir à vos besoins. C’est-à-dire que pour des personnes qui ont des économies, qui continuent de toucher leur salaire ou qui touchent des allocations chômage, la situation est à peu près tenable financièrement. Mais pour toutes les personnes qui sont dans des situations de travail précaire, si vous êtes un travailleur intérimaire, si vous êtes en contrat court et que votre CDD s’arrête au milieu du confinement, le chômage partiel, ce n’est pas pour vous.

Au cours des dix dernières années, on a célébré ces statuts indépendants, où tout le monde allait devenir un startupper, un entrepreneur de sa propre vie avec moins de cotisations sociales, mais aussi moins de protection sociale. Eh bien aujourd’hui, on se rend compte que pour toutes ces personnes qui ont ces statuts, beaucoup ont dû continuer à travailler, aller faire des livraisons à vélo, parce qu’il n’y avait pas de revenu.

Mais alors, dans les pays plus pauvres, si on se déplace vers le sud de la planète, alors là, cette question devient beaucoup plus massive encore. Quand vous décidez le confinement et l’arrêt de l’activité économique dans un pays comme l’Inde, ou dans des pays dans l’Afrique de l’Ouest, où 90% des personnes travaillent dans le secteur informel et n’ont pas d’accès à des systèmes de revenus minimums ou d’allocations chômage ou de transferts sociaux, qu’est-ce que vous allez devenir ?

On l’a vu en Inde, il y a eu beaucoup de violences vis-à-vis de populations migrantes, de travailleurs ruraux qui étaient dans des villes, sur des chantiers, qui n’avaient pas toujours une habitation en dur, qui ont été éjectés des villes à la faveur du confinement, et qui se sont retrouvés sur les routes, sur les chemins à aller vers les campagnes, sans revenu. Et là, ça exprime à quel point on a besoin de système de protection sociale, de revenu minimum.

Dans les pays du Nord, on a développé des systèmes comme ça, mais ils restent insuffisants. Il y a beaucoup de gens qui passent à travers les gouttes. Ce n’est pas assez automatique. Dans les pays du Sud, on devrait utiliser cette opportunité pour accélérer la mise en place de systèmes de revenu minimum. Ce qui n’est pas du tout impossible. Je voudrais dire que dans un pays comme l’Inde, la plus grande démocratie du monde même si elle traverse aujourd’hui des crises et des clivages identitaires, religieux, extrêmement inquiétants, il y a eu l’an dernier, pendant la campagne électorale 2019, un débat très avancé sur la question de la mise en place d’un système de revenu minimum à un niveau très basique mais qui permettrait, au moins dans des situations comme celle-là, d’éviter l’extrême pauvreté et d’éviter à choisir entre mourir de faim ou mourir du virus.

Alors ce n’est pas du tout l’idéologie du gouvernement actuel. C’est vrai que les partis qui défendaient davantage la basse caste ou les segments les plus pauvres de la société indienne, qui faisaient ces propositions, ont perdu les élections, ce qui n’était pas évident au départ. Ça s’est passé aussi parce qu’il y a eu des attentats en janvier 2019 au Cachemire qui ont « reclivé » sur les questions identitaires et qui ont conduit le parti nationaliste hindou, avec beaucoup d’habilité, à redéfinir le conflit politique non plus sur des questions sociales mais sur des questions de clivage entre hindous et musulmans. Ils ont gagné les élections comme ça et là ils continuent d’être un peu dans ce type d’attitudes, à aiguiser les conflits plutôt que d’essayer de trouver les politiques sociales. Peut-être qu’à la faveur de la crise, même des gouvernements comme ça vont finalement se retrouver à agir.

Pour résumer, cette crise exprime le besoin que l’on a de protection sociale et espérons qu’en particulier dans les pays où le système social est le moins développé, ce sera l’occasion d’accélérer dans cette voie à la suite de cette crise.

Vous pensez que cet arrêt économique forcé pourrait permettre de redémarrer autrement. Pour y arriver, vous parlez d’une « relance verte ». Est-ce que vous pouvez nous dire ce que vous imaginez derrière cette « relance verte » ? Et concrètement, comment doit agir la puissance publique ?

D’abord, on va avoir besoin d’une relance très forte de la part des pouvoirs publics, parce que là, le niveau d’activité économique va s’effondrer, le niveau de chômage a déjà, comme aux États-Unis, augmenté à des niveaux très élevés. En France, on ne le voit pas encore complètement parce qu’il y avait des mesures de chômage partiel, mais on voit bien que, dans beaucoup de secteurs, l’activité va redémarrer très doucement. Donc on va avoir besoin de la puissance publique pour aider à limiter cette montée du chômage, à créer des nouveaux emplois.

Et là, je pense que ce serait vraiment une erreur de se contenter de subventionner les activités très intensives en émission de carbone dont on sait qu’elles doivent diminuer à terme. On est quand même un peu schizophrènes sur ces questions parce que, fin 2015 à Paris, on a signé des objectifs vis-à-vis de toute la planète disant qu’il fallait éviter absolument que le réchauffement dépasse 2 °C et puis, finalement, on n’est pas du tout sur cette trajectoire. Donc là, on a quand même une occasion de repenser les choses pour avoir une relance qui met l’accent sur d’autres secteurs d’activité. La santé, d’abord.

Un plan de relance européen suspendu à un grand marchandage

Un plan de relance européen suspendu à un grand marchandage

Le plan européen se résume à un budget de 750 milliards sur fond d’un plan pluriannuel de 1000 milliards ( plus les mesure de la BCE)  gérés directement par l’union économique qui en assumera la responsabilité donc aussi la solidarité. Les discussions risquent d’être difficiles notamment de la part de certains pays nord  qui vont se battre pour limiter la part de s non remboursables par rapport à la part de prêts qui elles sera remboursable voir assortie de critères de gestion budgétaire. Le second sujet de marchandage va concerner les compensations que en obtenir les pays les plus opposés à ce plan considéré comme trop généreux vis-à-vis des états dits laxistes. L’affaire est encore loin d’être bouclée car dans ce domaine il faut l’unanimité des pays de l’union européenne. Les discussions vont durer tout l’été et les décisions finales ne pourront pas intervenir avant fin 2020. Il y a aussi une dimension politique car ce plan de soutien économique directement géré et assumé par l’union économique constitue un acte d’intégration indiscutable qui va ouvrir des discussions notamment de la part de tendances politiques souverainistes.

L’accord est encore loin d’être acquis même s’il constitue déjà un signe positif vis-à-vis des acteurs économiques et les marchés .  Paris et Berlin ont pris là un risque majeur puisque au travers de ce plan et des suites qu’il aura, c’est aussi la puissance du moteur franco-allemand qui sera jaugée. Alors qu’Emmanuel Macron a appelé mercredi les États membres à aller «vite», Angela Merkel a admis que la tâche ne serait pas simple. «Il est clair que les négociations, qui sont difficiles, ne seront pas conclues lors du prochain Conseil de l’UE» du 18 et 19 juin, a estimé la chancelière allemande, ajoutant que «l’objectif devait être de trouver suffisamment de temps à l’automne pour que les Parlements nationaux et le Parlement européen puissent discuter».

Les capitales ont commencé mercredi à prendre connaissance de ce plan de relance et du budget. Et il leur faudra plusieurs jours pour le digérer et comprendre le sort qui est réservé à chacun. Mais, alors que Paris affirme qu’il n’est pas question de remettre en cause les 500 milliards de subventions, plusieurs États membres ont d’ores et déjà manifesté une forme de retrait vis-à-vis des propositions de la Commission. Parmi eux, les pays dits «frugaux» (les Pays-Bas, l’Autriche, la Suède et le Danemark) qui sont opposés au principe des subventions mais veillent à observer des positions mesurées. Les leaders de ces quatre pays se sont d’ailleurs coordonnés mercredi après-midi au cours d’une réunion commune.

Pour le chancelier autrichien Sebastian Kurz, le plan imaginé par la Commission est «une base de négociations» où «la part entre prêts et subventions» doit être discutée. «Au nom de notre responsabilité vis-à-vis de nos contribuables, nous nous positionnons clairement en faveur de prêts», a-t-il réaffirmé. Les Pays-Bas ont fait aussi profil bas tout en restant fermes sur le fond. «Nos positions sont très éloignées et il s’agit d’un dossier d’unanimité ; les négociations prendront donc du temps. Il est difficile d’imaginer que cette proposition sera l’état final de ces négociations», indique un diplomate néerlandais

 

 

 

 

 

 

Intégrer la société du grand âge

 Intégrer la société du grand âge

 

Tribune d’un collectif de spécialistes du grand âge dans le Monde

 (extraits )

 

 » Il est désormais temps que la société française prenne à bras-le-corps, avec détermination et lucidité, le défi de la longévité.

Professionnels du secteur de l’aide aux personnes âgées, syndicalistes, acteurs économiques et sociaux, associatifs ou politiques, intellectuels ou experts, citoyens engagés, nous avons comme tout le monde constaté cette implacable statistique : 92 % des victimes du coronavirus en France sont âgées de 65 ans ou plus. En braquant depuis deux mois la lumière sur le grand âge, la crise sanitaire a mis en évidence, et même accentué, nos failles collectives comme nos indéniables atouts.

Parce que nous sommes tous des vieux en devenir, il nous semble essentiel qu’aux côtés des transitions écologique et numérique, nous reconnaissions désormais la transition démographique comme un des grands défis du XXIsiècle. Cette exigence est d’autant plus urgente que la société française va être confrontée à un double défi. Le défi démographique, c’est, à partir de 2025-2030, cette triple massification du vieillissement (plus de retraités, plus de fragiles, plus de dépendants) due à l’arrivée à l’âge de 80-85 ans des « boomeurs » nés à partir de 1945. Le défi sociologique, ce sont ces « nouveaux vieux » qui, au cœur de la crise sanitaire, ont eu raison de rappeler que l’âge n’est pas une identité. En exprimant leur colère quand la barrière d’âge fut un temps envisagée (et heureusement abandonnée) pour les contraindre au confinement au-delà du 11 mai, cette génération, qui avait 18 ans en mai 1968, a crié en 2020 à l’âge de 70 ans : « Vous ne ferez plus contre nous. » Mieux : « Vous ne ferez plus sans nous. »

Ce moment nous oblige donc à repenser le lien entre les générations. Durant cette crise, c’est le virus qui a été « âgiste », pas les Français qui ont fait montre d’une immense solidarité en acceptant ce confinement drastique pour protéger les plus fragiles. Dans une société où un quart de la population est à la retraite et où, en 2050, les plus de 85 ans constitueront 7 % de la population française, nous pensons indispensable un pacte social qui lie les générations entre elles et où soit reconnue l’exigence de citoyenneté et de participation des âgés et de leurs proches. Des retraités qui sont à la fois des garants de la solidarité, en assumant la garde des petits-enfants autant que le soutien aux parents âgés, des précieux passeurs d’histoire, d’éducation et de mémoire et enfin des piliers de la citoyenneté – combien de mairies et d’associations ne tiennent aujourd’hui que par l’investissement des retraités ? »

Le grand silence des économistes

Le grand silence des  économistes

. Par Jean-François Ponsot, Professeur des universités, chercheur à Pacte, Université Grenoble Alpes s’interrogent sur les facteurs explicatifs du grand silence des économistes en tout cas sur leurs interrogations et leurs contradictions.(the conversation)

 

 

« Les économistes sont à nouveau au pied du mur. Déjà en 2008, la crise financière globale les avait amenés à s’interroger sur la répétition des crises économiques dans l’histoire : « Pourquoi les crises reviennent-elles à intervalles réguliers, ruinant tous les succès des années de prospérité, un peu comme la grippe saisonnière ou plutôt comme la peste ou le choléra ? » s’interrogeait Paul Krugman, professeur d’économie au MIT et lauréat d’un « prix Nobel ».

 

Si cette question résonne intimement avec l’actualité, elle paraît quelque peu dépassée. D’abord parce qu’avec la crise liée au Covid-19, c’est la double peine : on a à la fois crise économique et pandémie majeure ! La peste et le choléra ! Ensuite parce que les leçons de la crise économique de 2008 n’ont malheureusement pas été tirées. Malgré les discours appelant à un monde nouveau, aucune inflexion majeure n’a été engagée vers un nouveau modèle économique débarrassé d’un régime de croissance générateur d’inégalités et d’exploitation humaine, et aux effets dévastateurs pour la survie de la planète.

Le confinement a au moins une vertu, celle de nous amener à nouveau à nous interroger sur les crises économiques. Il nous oblige « à nous réinventer », pour paraphraser la déclaration du président de la République Emmanuel Macron dans son allocution télévisée du 13 avril 2020.

Ainsi le confinement a-t-il produit une formidable effervescence des débats économiques sur la toile et dans les médias. Les économistes ne semblent pourtant pas à leur aise dans ce mouvement d’introspection collective, aussi soudain que prolifique. Habitués à détenir le monopole du commentaire à chaud et de la prophétie économique, ils observent ou participent aux débats avec une certaine prise de distance et parfois un zeste de perplexité.

Face à la crise, leur agilité intellectuelle et leur propension à alimenter le débat public semblent prises en défaut, mises en quarantaine, en comparaison des chercheurs des autres disciplines des sciences humaines et sociales.

Comment expliquer cet embarras des économistes à entrer de plain-pied dans le travail de réflexion collective ? Quelles solutions ont-ils à proposer ? La science économique est-elle en mesure d’apporter des solutions pour, dans un premier temps, empêcher l’effondrement total, et à plus long terme relever les défis économiques, sociaux et environnementaux du XXIe siècle ?

Aucun expert ne peut rien prédire

La confusion des économistes s’explique d’abord par le caractère inédit de cette crise par rapport à celles 1929 ou de 2008.

Les économistes avaient jusque-là pour habitude de distinguer les crises liées à l’offre de celles liées à la demande. Or ici, on a un télescopage entre un choc d’offre (dû au confinement et à la rupture brutale des chaînes de valeur globalisées) et un choc de demande (en raison de l’effondrement des revenus, de la multiplication des défauts de paiements et des anticipations pessimistes).

Les économistes sont pris au dépourvu d’autant plus que cette fois, c’est la planète entière qui est impactée : il n’y pas de « découplage » entre les différentes parties du monde, aucune zone de repli n’est à portée de vue. L’incertitude radicale, au sens de l’économiste anglais John Maynard Keynes, est totale : aucun expert ne peut réellement prédire quel sera le climat des affaires dans les prochains mois.

Une autre explication se trouve dans le caractère très particulier du statut de l’économiste lorsque son époque est confrontée à une grave crise. Un rapide détour épistémologique permet de se poser la question des effets de la crise sur le renouvellement de la pensée de la discipline. La théorie économique a son propre rythme de changement, et ce rythme s’inscrit dans un temps long. Cela peut sembler contre-intuitif, mais la crise n’entraîne pas la destruction immédiate de la pensée économique dominante, en dépit de ses errements passés.

Les réorientations sont lentes et tortueuses. Car les économistes ont du mal à changer de vision du monde et à se débarrasser des vieilles lunes. Donnons un exemple. L’hypothèse d’efficience des marchés financiers, développée par l’économiste américain Eugene Francis Fama dans les années 1960, constitue encore aujourd’hui le socle des cours d’économie financière, en dépit des crises financières à répétition et du fait que les traders eux-mêmes s’en sont détachés depuis la crise boursière américaine… de 1987.

L’inertie d’une pensée dominante pourtant sérieusement éprouvée s’explique aussi par la sociologie des économistes influents et des conseillers du prince. En Allemagne, pays où les thèses austéritaires ont la vie dure, les économistes influents sont des hommes, âgés, issus de think tanks plutôt que du milieu académique, avec deux fois plus de conservateurs que de progressistes.

La victoire en trompe-l’œil des hérétiques

Une autre erreur à ne pas commettre serait de croire que la crise économique favoriserait inévitablement l’émergence d’un nouveau paradigme fondé sur des théories hétérodoxes, restées dans l’ombre et sur le point de connaître leur heure de gloire. Certains se réjouissent un peu vite de voir à quelle vitesse des thèses économiques marginalisées, voire iconoclastes, se sont récemment retrouvées au cœur de l’agora économique.

La Banque d’Angleterre assume désormais sans complexe le fonctionnement de la planche à billets alors que les économistes qui préconisaient ce type de politique étaient assimilés à des hérétiques il y a peu ! Que dire par ailleurs du succès de la modern monetary theory ?

L’approche, qui préconise une monétisation systématique de la dette publique et l’intervention de l’État en tant qu’employeur en dernier ressort, était jusqu’à peu déconsidérée dans les milieux académiques ; elle est aujourd’hui au cœur des réflexions économiques du parti démocrate dans la campagne présidentielle américaine, mais sera-t-elle encore en vogue l’an prochain ?

En réalité, l’hétérodoxie n’accouche pas d’une nouvelle orthodoxie à la faveur de la crise. La diffusion des thèses nouvelles est avant tout le résultat d’une convergence de diagnostics et de propositions entre des économistes hétérodoxes et des économistes orthodoxes « dissidents » et influents qui ont infléchi leurs positions.

Ces derniers remettent en cause les travaux de l’analyse dominante – celle que l’on retrouve dans les manuels d’économie – ou envisagent de relâcher les hypothèses de base des modèles canoniques, sans toutefois basculer dans l’hétérodoxie. En ce sens, le retour en grâce de la politique budgétaire et de l’interventionnisme étatique doit plus à l’entreprise de rénovation critique de la macroéconomie standard (engagée dans les années 2010 par les économistes Olivier Blanchard, Paul Krugman, Joseph Stiglitz ou Laurence Summers) qu’à la généralisation des programmes de recherche post-keynésiens ou institutionnalistes.

L’économiste contraint au retrait

L’épisode de la grande dépression des années 1930 confirme que la gravité de la crise a été l’occasion pour de nouvelles idées de s’imposer, mais que la relation n’est ni immédiate, ni simple. La politique du New Deal du président des États-Unis Franklin Delano Roosevelt n’est en rien redevable aux idées révolutionnaires de Keynes de l’époque. C’est plus le pragmatisme inspiré et audacieux de Roosevelt qui l’a engagé sur la voie de politiques innovantes et en rupture avec les codes de son époque. La « révolution keynésienne » n’a produit ses effets sur les politiques économiques qu’après la Seconde Guerre mondiale.

Avec la crise économique, on assiste ainsi à une revanche du politique. La science économique, encore prisonnière du dogme ancien et pas encore mûre pour faire émerger un nouveau paradigme consensuel, n’est plus en mesure de fournir une expertise crédible et solide au décideur politique.

Dans la « guerre » actuelle contre le Covid-19, l’économiste est contraint au retrait. Mis en quarantaine, il va alors chercher à combler son retard d’une guerre. Pendant ce temps, le policy maker, lui, agit comme jamais. Son action politique de réponse à la crise l’emporte alors sur toute forme de dogme, il n’y a pas application d’un cadre théorique préconçu.

Quand il y a deux ans, Emmanuel Macron s’adresse à une soignante du centre hospitalier universitaire (CHU) de Rouen, il justifie l’austérité budgétaire appliquée au secteur hospitalier en déclarant qu’il n’y a « pas d’argent magique ». « Si la dette frôle les 100 % du PIB, ce sont nos enfants qui vont payer » déclare-t-il devant les caméras. Confronté aujourd’hui à une crise économique et sanitaire sans précédent, il explique désormais que tous les moyens seront mis en œuvre pour juguler le Covid-19. C’est l’avènement du « quoi qu’il en coûte », et peu importe si la dette publique dépasse les 115 % à la fin de l’année 2020.

Un processus de reconstruction

Reste à savoir s’il s’agit là d’un revirement lié aux circonstances exceptionnelles de la pandémie ou d’une nouvelle doctrine destinée à bâtir les fondations d’une nouvelle société.

Au cœur des moments de crise, les discours sur la catharsis ressurgissent souvent mais ne conduisent pas nécessairement à une véritable rupture avec l’ancien monde. Dans un premier temps, la crise est perçue comme étant la solution : une opportunité à saisir nous projetant « dans le monde d’après, écrasant tous les dogmes, tous les préconçus idéologiques », pour citer l’économiste Olivier Passet. Mais au final, il n’en reste souvent rien.

Se contenter de sauver l’ancien monde sans s’engager dans la construction du futur à travers un « nouveau paradigme », tel que le propose un peu tardivement mais judicieusement l’ancien directeur général du Fonds monétaire international Dominique Strauss-Kahn, serait une erreur fatale.

La sortie de crise ne peut être assimilée à un simple processus de relance économique pour revenir au business as usual. Comme le rappelle le professeur d’économie à l’université de Boston Perry Mehrling, il ne s’agit pas d’un « simple retour au statu quo, mais d’un processus de reconstruction analogue à celui de l’après-guerre ».

Nul doute que les économistes, une fois sortis de la quarantaine et guéris du Covid-19, auront leur mot à dire dans l’édification d’un nouveau système de pensée au cœur duquel seront replacés l’homme et les considérations sociales et écologiques.

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Par Jean-François Ponsot, Professeur des universités, chercheur à Pacte, Université Grenoble Alpes.

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

 

Des premiers masques grand public distribués le 4 mai avec deux mois de retard

Des  premiers masques grand public distribués le 4 mai avec deux  mois de retard

Alors que la pandémie a été déclarée par l’OMS le 11 mars, que les premiers cas recensés en France sont intervenus fins janvier, ce n’est qu’à partir du 4 mai que les premiers masques grands publics seront distribués en France. En clair avec au moins deux mois de retard et encore pas tout le monde. Rappel de ce que dit Wikipédia :

« La pandémie de Covid-19 en France concerne l’évolution en France de la maladie à coronavirus 2019 (Covid-19), une maladie infectieuse émergente apparue fin 2019 en Chine continentale, dont l’agent pathogène est le coronavirus 2 du syndrome respiratoire aigu sévère (SARS-CoV-2) et dont la pandémie, déclarée le 11 mars 2020 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a provoqué une crise sanitaire majeure dans le monde entier.

Le 24 janvier 2020, les trois premiers cas sont recensés sur le territoire métropolitain. Le 14 mars, l’épidémie passe au stade 3 et tous les lieux recevant du public non indispensables à la vie du pays sont fermés. À partir du 17 mars à 12 h, afin de réduire à leur plus strict minimum les contacts et les déplacements, la population est confinée à domicile sauf pour des motifs autorisés, afin de stopper la diffusion exponentielle du coronavirus et, ce faisant, réduire le plus possible le nombre de personnes atteintes et donc de morts« 

Le gouvernement français procèdera à de premières distributions de masques grand public auprès des  Français à partir du 4 mai et étudie plusieurs modes de distribution, affirme la secrétaire d’État à l’économie Agnès Pannier-Runacher dans un entretien aux Échos à paraître vendredi.

« L’État contribuera à doter en masques grand public les citoyens dès que possible par les canaux de distribution les mieux adaptés. De premières expérimentations seront faites à partir du 4 mai », y explique Mme Pannier-Runacher. « Plusieurs modes de distribution ont été identifiés pour permettre à un maximum de Français d’y avoir accès. Le champ des possibles est très large et nous regardons toutes les hypothèses: pharmaciens, mairies, grande distribution, buralistes, plateforme Afnor, e-commerce, etc. », ajoute-t-elle.

 

Il est clair que le retard de la fourniture de masques et même la contestation de son utilité par le gouvernement constitue un des facteurs explicatifs de l’ampleur de la propagation de la pandémie en France.

Coronavirus : ce qu’il faut retenir du grand oral d’Édouard Philippe, rien !

Coronavirus : ce qu’il faut retenir du grand oral d’Édouard Philippe,  rien !

 

À défaut d’occuper le terrain, le gouvernement occupe les médias. Ainsi chaque jour Macron crée un événement pour convoquer les caméras. Un autre jour c’est le Premier ministre qui va parler pour ne pas dire grand-chose sinon rien

Pour résumer,  il a d’abord indiqué que la période sanitaire n’était pas une période de vacances, il a appelé à davantage de respect du confinement mais sans indiquer de mesures supplémentaires par exemple comme celle qui aurait consisté à décréter le couvre-feu tout le pays, une mesure utile quand on sait que des zones entières sensibles ne respectent pas le confinement. Pour égayer sans doute son propos et le Premier ministre a déclaré que le virus n’était pas en vacances !

Concernant le confinement,  Le premier ministre est revenu sur l’intérêt de cette problématique qu’il avait pourtant développée à l’Assemblée nationale. Sans doute des propos un peu inconsidérés alors qu’on ne sait strictement rien sur l’évolution du virus et sur sa durée pas l’avantage sur les traitements et encore moins sur le vaccin. Un propos particulièrement contradictoire y compris ce concept de déconfinement de façon progressive «Ce qui est acquis, c’est que le déconfinement ne pourra intervenir que de façon progressive», a-t-il indiqué, annonçant avoir demandé à Jean Castex, l’ancien secrétaire général adjoint de l’Élysée sous Nicolas Sarkozy, de travailler sur les différents scenarii envisagés. «Le déconfinement, ça n’est pas pour demain matin», a toutefois tenu à préciser le premier ministre.

Le premier ministre a également abordé la question du bac déjà traité par le ministre de l’éducation nationale qui avait aussi laissé entendre que le bac traditionnel ne serait pas organisé en 2020 et qu’on se fierait sur  contrôle continu. Sans doute aussi aurait-il pu ajouter la mort définitive du bac traditionnel surtout compte tenu du taux de réussite autour de 90 %.

Le premier Ministre s’est dit aussi Fier de la «prouesse scientifique et technique» qui a permis d’évacuer «ce week-end plus de 550 patients intubés et ventilés», transférés du Grand Est vers des zones moins saturées du pays, . Une solution qui n’est pas forcément la meilleure et certains experts considèrent qu’il aurait été plus pertinent de déplacer le matériel et le personnel vers les zones très infectées  au lieu de transporter les malades, une opération beaucoup plus complexe.

Même flou de la part du Premier ministre quand il a abordé la question du manque de produits produits nécessaires à la réanimation (médicaments ou consommables « qui) explose dans proportions jamais imaginées», soit à hauteur de «près de 2000%», Édouard Philippe a reconnu qu’«il y a des tensions très fortes dans l’approvisionnement d’un certain nombre de molécules». Le chef du gouvernement a indiqué que «huit molécules sont indispensables pour les soins en réanimation». «Un certain nombre est en stock suffisant», mais «pour d’autres, les stocks sont plus limités, donc les tensions et les inquiétudes des soignants sont réelles». «Ma priorité numéro 1 de premier ministre, c’est de sourcer. Un joli mot compliqué pour dire simplement qu’il faut une bonne affectation des ressources qui manquent cruellement.

 Et  de terminer par un petit couplet à connotation scientifique pour que le public – forcément idiot- pour faire la  différence entre test virologique et sérologique. Une distinction que le Premier ministre vient sans doute d’apprendre récemment. Le plus ridicule dans cette intervention, c’est sans doute cette hypothèse de reporter les élections au mois d’octobre pour le second tour. En fait on maintiendrait les résultats du premier tour des maires élus mais on annulerait le premier tour de ceux qui ne l’ont pas été. Une situation invraisemblable et sans doute inconstitutionnelle  car organiser des élections 6 ou  10 mois après change complètement le contexte social, économique et politique. Le Premier ministre a été moins prolixe concernant la situation économique et la crise qui va suivre la pandémie. En fait il n’a pratiquement rien dit.

Qui doit travailler ? Mettre fin au grand flou (Charles-René Tandé)

Qui doit travailler ? Mettre fin au grand flou (Charles-René Tandé)

 

 

Charles-René Tandé ,président du conseil de l’Ordre des experts-comptables, met les pieds dans le plat à propos du flou et des contradictions du pouvoir qui d’un côté préconise le confinement  le plus général possible et en même temps souhaite que le maximum d’entreprises continue de travailler. ( Interview dans l’Opinion)

Face à l’effondrement de l’activité dû à la pandémie de Covid-19, les modalités de report des charges fiscales et sociales du mois de mars ont été précisées 72 heures avant la date limite de paiement. Comment les entreprises ont-elles réagi ?

Je tiens d’abord à saluer l’engagement des 21 000 experts-comptables et de leurs 130 000 collaborateurs qui se sont mobilisés pour répondre aux demandes des chefs d’entreprise et reporter les échéances le plus vite possible. Cela n’a pas été simple car il y a eu beaucoup de confusion entre les messages politiques et ceux de l’administration. Beaucoup ont compris que la TVA ferait aussi l’objet d’un report. Ce n’est pas le cas, les échéances devront être honorées. Nous peinons toutefois à bien évaluer le montant de TVA à déclarer pour mars. Il y a tout simplement parfois des difficultés pratiques d’accès aux documents des entreprises, qui ne sont pas toutes passées au 100 % dématérialisé.

Quelles sont les principales interrogations des patrons ?

Le sujet essentiel, c’est de savoir si les salariés peuvent travailler ou pas. La situation est claire pour les entreprises faisant l’objet de l’arrêté de fermeture gouvernemental comme les bars ou les restaurants. Mais pour les autres ? Après les appels du gouvernement au confinement, beaucoup de chefs d’entreprise ont compris qu’ils devaient arrêter. Mais il semble que l’on soit allé un peu trop vite dans le « restez chez vous ». Le message est différent aujourd’hui : les entreprises doivent continuer à travailler en favorisant au maximum le télétravail et en mettant en place, pour les autres, des mesures de distanciation sociale.

La mesure exceptionnelle de chômage partiel a-t-elle été bien comprise ?

Pas vraiment. Beaucoup de chefs d’entreprise se sont interrogés sur la possibilité d’avoir recours au chômage partiel en cas de baisse de leur activité. La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a depuis confirmé que ces entreprises sont éligibles à la condition de pouvoir démontrer cette baisse. Nous avons mis une cellule de crise en place avec, pour les professionnels du chiffre, une base d’informations actualisée en temps réel sur les directives gouvernementales.

Comment voyez-vous la suite ?

De gros problèmes vont rapidement apparaître sur la trésorerie des entreprises les plus fragiles. La TVA doit être payée avant mardi et les salaires versés avant le 31 mars. Or, les indemnités d’activité partielle ne tomberont que le 15 avril. Entre deux, la situation va être compliquée.

Pour éviter ces problèmes de trésorerie, 300 milliards d’euros de garanties bancaires ont été promis par l’exécutif…

L’Etat a mis beaucoup sur la table, c’est vrai. Reste à voir comment va être mise en œuvre cette garantie, et notamment comment les banques vont monter les dossiers et dans quel délai. Nous travaillons en plus avec Bpifrance à la mise en place d’un préfinancement de l’activité partielle. Mais si le confinement dure plus d’un mois, nous allons observer de nombreuses faillites. Les entreprises solides, avec des réserves et de la trésorerie, pourront tenir deux mois. Les plus fragiles non. Il est impératif de travailler au cas par cas et de tout mettre en œuvre pour éviter ces faillites et sauver les emplois.

KLM en grand danger

KLM en grand danger

C’est sans doute le paradoxe, il y a encore quelques semaines les Pays-Bas revendiquaient  une plus grande indépendance de KLM vis-à-vis d’Air France voire même une séparation . En gros, on assistait au même phénomène qu’entre Nissan et Renault. Air France avait sauvé KLM mais la bonne santé économique retrouvée l’entreprise appuyée par son gouvernement souhaitait en quelque sorte se détachait  de cette alliance Air France KLM. Aujourd’hui le discours est très différent puisque ce qui est en question c’est l’existence même de KLM et même de l’aéroport Schiphol d’Amsterdam .

Dans la crise globale du transport aérien à dimension mondiale, les plus petites compagnies n’ont pas forcément la surface financière visant pour résister au choc. Preuve,KLM, branche néerlandaise d’Air France-KLM, a dévoilé vendredi un ensemble de mesures censé lui permettre de passer la crise sanitaire avec jusqu’à 2.000 suppressions d’emploi et l’annulation d’au moins 40% de ses vols dans les mois à venir.

La compagnie veut réduire ses dépenses d’un montant susceptible d’atteindre les 400 millions d’euros.

Wobke Hoekstra n’a pas détaillé les conditions d’un possible renflouement mais a souligné qu’Air France-KLM était “vitale pour l’économe néerlandaise.

Il a ajouté qu’il était en contact étroit avec ses collègues en France et avec la direction de la compagnie aérienne.

Une source au ministère français des Finances a déclaré samedi qu’une montée de l’Etat français au capital d’Air France-KLM “n’est pas d’actualité aujourd’hui”.

Selon l’Association internationale du transport aérien (Iata), les compagnies aériennes mondiales pourraient enregistrer cette année jusqu’à 113 milliards de dollars de pertes de revenus en raison de cette épidémie.

Coronavirus: l’environnement, grand bénéficiaire

Coronavirus:  l’environnement, grand bénéficiaire

Carole Deniel, Responsable des programmes de composition atmosphérique et Climat, Centre national d’études spatiales (CNES) souligne que la crise du Corona virus avait chuté de manière spectaculaire les émissions polluantes notamment en Chine ( papier de la Tribune)

Les images de la diminution de la pollution atmosphérique suite à la crise sanitaire liée au nouveau coronavirus en Chine sont frappantes car elles illustrent à quel point les activités humaines ont un impact sur la qualité de l’air que nous respirons.

Sur les cartographies produites par la NASA, issues des données de satellites européens et américains, que voit-on ? Un « nuage » orange représente la quantité en dioxyde d’azote (NO2) contenu dans l’air au-dessus de la Chine en janvier 2020. Le dioxyde d’azote est relâché dans l’air principalement par les véhicules et les installations industrielles, et peut causer des problèmes respiratoires. Un mois plus tard, le « nuage » a quasiment disparu de la même zone… En cause ? Une forte baisse de l’activité du pays, liée à l’épidémie de Covid-19 et au confinement d’une partie de la population chinoise.

 

Des équipes du CNRS ont également mis évidence la diminution de la quantité de monoxyde de carbone (CO) dans l’air au-dessus de la Chine et du nord de l’Italie en février 2020 comparé aux années précédentes, grâce aux données d’un autre satellite : IASI.

Monoxyde de carbone mesuré par la mission satellite IASI en Chine (à gauche) et en Italie (à droite). Comme ce gaz persiste plusieurs semaines dans l’atmosphère, l’impact ne se limite pas aux zones confinées mais s’étend aussi aux alentours. Maya George (LATMOS/CNRS), Author provided

Les satellites sont régulièrement témoins d’évènements soudains ou extrêmes : ce fut le cas récemment avec le suivi des panaches atmosphériques émis par les feux intenses d’Australie. Ce peut-être également le cas lors de fortes éruptions volcaniques (on se souvient l’éruption de l’Eyjafjöll en 2010 qui avait paralysé une partie du trafic aérien) ou de pics de pollution (ozone, méthane, ammoniac) au-dessus de mégapoles ou de sites industriels.

Acquises grâce à des instruments placés en orbite autour de la Terre à plus de 800 kilomètres au-dessus de nos têtes, ces observations sont précieuses pour surveiller l’équilibre physico-chimique de notre atmosphère sur chaque point du globe et en quasi temps réel.

Toutes les altérations de l’équilibre atmosphérique ont des impacts majeurs sur notre environnement et bien sûr, notre santé et nos modes de vie. Dès les années 1980, les observations ont permis de détecter et comprendre la détérioration de la couche d’ozone, cette partie de la stratosphère qui nous protège des ultraviolets du Soleil. Les pratiques industrielles responsables de ce phénomène ont pu être modifiées pour que l’anomalie – qui aurait pu être fatale à terme à toute vie sur Terre – soit « corrigée ». La tendance a été inversée et on attend un retour à la normale sur la couche d’ozone d’ici 2050.

Aujourd’hui, les émissions dans l’atmosphère de gaz à effets de serre additionnels (principalement le dioxyde de carbone et le méthane), liées notamment aux industries utilisant les énergies fossiles et à la déforestation, provoquent l’augmentation de la température, bouleversant ainsi l’équilibre fragile de notre système Terre tout entier. Également, les émissions de polluants ou de particules plus ou moins fines sont responsables de la dégradation de la qualité de l’air dont les conséquences sur la santé humaine (ou plus généralement animale) et les écosystèmes sont avérées.

Pourtant, les solutions pour inverser ces tendances néfastes n’ont pas encore été mises en œuvre et l’apport d’observations pour comprendre toujours plus et quantifier précisément doit servir nos décideurs à trouver les bons compromis entre les mesures environnementales, économiques et politiques.

L’Union européenne a mis en place un vaste programme de surveillance de l’environnement baptisé Copernicus. Celui-ci comprend une forte composante spatiale pilotée par l’Agence spatiale européenne (ESA), « les sentinelles » chargées d’observer en continu les variables climatiques essentielles de notre planète. Pour l’atmosphère, il s’agit notamment d’une série de spectromètres embarqués soit en orbite basse (autour de 800 km d’altitude) ce qui permet une observation de tous les points du globe au moins 2 fois par jour, soit en orbite géostationnaire (à 36 000 km d’altitude) pour un suivi en continu d’une zone fixée, en l’occurrence l’Europe. Un spectromètre permet de mesurer différents éléments dans l’atmosphère.

Les mesures obtenues depuis l’espace viennent ainsi compléter les mesures faites au sol qui présentent l’avantage de fournir des données souvent plus précises de manière très locale, tandis que les mesures satellites apportent une meilleure couverture spatiale temporelle, utiles par exemple pour suivre le transport des panaches de pollution. L’autre avantage des observations satellitaires est leur capacité à nous renseigner sur la composition atmosphérique dans des régions isolées et très peu couvertes par des réseaux de mesures sol.

Ces observations satellitaires sont donc importantes et servent notamment à contraindre les inventaires d’émissions, valider nos connaissances sur les processus physico-chimiques de l’atmosphère en étant comparées aux simulations des modèles, et à améliorer la prévision et le suivi des pics de pollution en étant assimilées dans les modèles dédiés.

Pour observer les constituants atmosphériques, les instruments spatiaux passifs mesurent les spectres atmosphériques. Ces spectres résultent de l’interaction entre le rayonnement (solaire ou émis par la Terre ou l’atmosphère) et les molécules contenues dans l’air qui possèdent chacune leur propre « signature ».

L’exploitation de ces signaux permet de restituer les concentrations de gaz en fonction de l’altitude. En effet, l’ensemble des raies d’absorption moléculaires qui constituent un spectre, sont autant d’empreintes digitales caractéristiques de chaque molécule : la position dans le spectre indique l’identité de la molécule, et la longueur renseigne sur la concentration de ce gaz dans l’atmosphère. En couvrant le spectre depuis l’ultra-violet à l’infrarouge lointain, on s’assure ainsi d’obtenir les signatures d’un maximum de composés chimiques mais également de couvrir différentes couches de l’atmosphère depuis le sol.

Le spectre de l’hélium est caractéristique de cet élément chimique. NASACC BY

Par exemple, l’instrument européen TROPOMI est un spectromètre qui couvre une large bande de spectres dans le domaine de l’ultraviolet et de l’infrarouge. Cela permet d’acquérir un large éventail de polluants tels que le dioxyde d’azote, l’ozone, le formaldéhyde, le dioxyde de soufre, le méthane et le monoxyde de carbone avec une précision et une résolution spatiale jamais égalée depuis l’espace. Cet instrument délivre donc une cartographie journalière de l a plupart des polluants atmosphériques.

Également dans le proche infrarouge, la mesure du projet MICROCARB, dont le lancement est prévu pour 2021, est pour sa part dédiée à la mesure du principal gaz à effet de serre : le dioxyde de carbone. Le spectromètre analyse le rayonnement solaire réfléchi par la Terre et qui, en traversant l’atmosphère deux fois, est partiellement absorbé par les molécules présentes dans l’atmosphère. Le spectre solaire est ainsi modifié et des raies d’absorption apparaissent à des longueurs d’onde spécifiques aux molécules rencontrées. Grâce à la technologie, ces raies d’absorption gazeuse très fines peuvent être identifiées permettant ainsi la restitution de la teneur en dioxyde de carbone à très grande précision.

Avec l’avancée des technologies spatiales et du numérique, il est désormais possible de se doter de système précis de surveillance globale de l’atmosphère pour ainsi mieux comprendre et prévoir les phénomènes de pollution. Avec l’arrivée des services Copernicus en Europe, l’utilisation des données spatiales en synergie avec des données sol et des modèles, ne sera plus limitée à la recherche scientifique et va permettre des applications opérationnelles dédiées au suivi de la composition atmosphérique sur l’ensemble du globe. C’est l’objectif du service CAMS (Copernicus Atmospheric Monitoring Service) piloté par le centre européen de prévision du temps (ECMWF).

Avec le lancement des satellites MERLIN et Microcarb puis d’une sentinelle européenne dédié au CO2, la quantification précise de la concentration des deux principaux gaz à effet de serre permettra de contribuer à une meilleure estimation du bilan carbone sur Terre et de son évolution pour les prochaines années, avec espérons-le, des mesures politiques à la hauteur des enjeux écologiques de notre planète.

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Par Carole Deniel, Responsable des programmes de composition atmosphérique et Climat, Centre national d’études spatiales (CNES)

Charcutage administratif et intercommunalité: le grand gâchis

 Charcutage administratif et intercommunalité: le grand gâchis  

 

Sous l’impulsion de la gauche, on a procédé un nouveau charcutage des zones administratives et politiques. Cette réforme a consisté d’un côté à regrouper dans la même commune nombre d’agglomérations. Du coup, on se retrouve avec des villes à dominante rurale de 20 km de large. Parallèlement on a mis en place ce qu’on appelle l’intercommunalité, c’est-à-dire la coopération entre les villes y compris regroupées: les fameuses communautés d’agglomération qui en fait  ont rajouté une strate administrative et politique à un dispositif déjà excessif. Dans les faits,  les grandes communes ont conservé presque les mêmes prérogatives et surtout les mêmes moyens. Par contre pour ces nouvelles communautés interurbaines, on a forcément créé des superstructures, des budgets et des effectifs qui font doublon. Du coup ,on se retrouve avec cinq étages:  la commune proprement dite (éventuellement regroupée) ensuite l’intercommunalité, puis le département enfin la région sans oublier l’État ,toujours omnipotent avec ses préfets et ses administrations. Bien entendu on serait bien incapable de dire quel est le lien entre cette réforme administrative  et le développement économique. Ce n’était d’ailleurs pas l’objet. Théoriquement,  l’objectif était de réaliser des économies. Au lieu de cela, on a réalisé surtout des dépenses comme l’a souligné la Cour des Comptes. Notons que ces fameuse intercommunalité peuvent parfois se déployer sur 40 ou 50 km sans aucune affinité réelle sur le plan économique, social ou encore culturel.

Bref au total un joli gâchis financier et une étagère supplémentaire pour freiner l’innovation et le dynamisme.  Aux élections municipales, les électeurs ne glisseront qu’un bulletin dans l’urne. Mais, dans les 6442 communes de plus de 1000 habitants, le bulletin comportera donc  deux listes: une pour désigner les conseillers municipaux, l’autre pour désigner les conseillers communautaires – choisis parmi les membres de la première liste. Dans les communes de moins de 1000 h., le maire et certains de ses adjoints seront en même temps conseillers communautaires.

La quasi-totalité des villes françaises est en effet regroupée en intercommunalités, c’est-à-dire en regroupement de communes – 42 en moyenne nationale – exerçant en commun un certain nombre de compétences (voirie, eau, déchets, développement économique, plans d’urbanisme, logement,…).

Au fil des décennies et des lois, ces compétences se sont élargies, et le budget de ces structures est également devenu significatif. Le budget total des 1255 intercommunalités est en effet d’environ 50 milliards d’euros, soit la moitié du budget total des près de 34.968.

intercommunalité: le grand gâchis financier

intercommunalité: le grand gâchis financier

 

Sous l’impulsion de la gauche, on a procédé un nouveau charcutage des zones administratives et politiques. Cette réforme a consisté d’un côté à regrouper dans la même commune nombre d’agglomérations. Du coup, on se retrouve avec des villes à dominante rurale de 20 km de large. Parallèlement on a mis en place ce qu’on appelle l’intercommunalité, c’est-à-dire la coopération entre les villes y compris regroupées: les fameuses communautés d’agglomération qui en fait  ont rajouté une strate administrative et politique à un dispositif déjà excessif. Dans les faits,  les grandes communes ont conservé presque les mêmes prérogatives et surtout les mêmes moyens. Par contre pour ces nouvelles communautés interurbaines, on a forcément créé des superstructures, des budgets et des effectifs qui font doublon. Du coup ,on se retrouve avec cinq étages:  la commune proprement dite (éventuellement regroupée) ensuite l’intercommunalité, puis le département enfin la région sans oublier l’État ,toujours omnipotent avec ses préfets et ses administrations. Bien entendu on serait bien incapable de dire quel est le lien entre cette réforme administrative  et le développement économique. Ce n’était d’ailleurs pas l’objet. Théoriquement,  l’objectif était de réaliser des économies. Au lieu de cela, on a réalisé surtout des dépenses comme l’a souligné la Cour des Comptes. Notons que ces fameuse intercommunalité peuvent parfois se déployer sur 40 ou 50 km sans aucune affinité réelle sur le plan économique, social ou encore culturel.

Bref au total un joli gâchis financier et une étagère supplémentaire pour freiner l’innovation et le dynamisme.  Aux élections municipales, les électeurs ne glisseront qu’un bulletin dans l’urne. Mais, dans les 6442 communes de plus de 1000 habitants, le bulletin comportera donc  deux listes: une pour désigner les conseillers municipaux, l’autre pour désigner les conseillers communautaires – choisis parmi les membres de la première liste. Dans les communes de moins de 1000 h., le maire et certains de ses adjoints seront en même temps conseillers communautaires.

La quasi-totalité des villes françaises est en effet regroupée en intercommunalités, c’est-à-dire en regroupement de communes – 42 en moyenne nationale – exerçant en commun un certain nombre de compétences (voirie, eau, déchets, développement économique, plans d’urbanisme, logement,…).

Au fil des décennies et des lois, ces compétences se sont élargies, et le budget de ces structures est également devenu significatif. Le budget total des 1255 intercommunalités est en effet d’environ 50 milliards d’euros, soit la moitié du budget total des près de 34.968.

Municipales: voter pour qui ? 65 % pour un grand remaniement

Municipales: voter pour qui ? 65 % pour un grand remaniement

 

Le vote aux municipales prend de plus en plus une dimension très politique au sens noble du terme. En gros, une majorité de Français ne sont pas satisfaits du type de démocratie locale comme d’ailleurs de celui du niveau national. Contrairement à ce qui se raconte dans les médias, les maires  ne sont pas tous à l’abri des reproches. Certes ils, sont moins détestés que le reste de la classe politique nationale mais de là à dire qu’ils sont particulièrement appréciés, il y a un pas. La vérité sans doute c’est que les élus locaux sont des sortes de barons de la république qui reproduisent  plus ou moins l’état du  système démocratique de la représentation nationale. En clair,  on confond souvent intérêt général et intérêt particulier, on manque sérieusement de compétence et d’éthique. Et dans de nombreux cas,  on a transformé la fonction élective en métier. De sorte que d’innombrables oligarques locaux vivent de la politique comme au plan national pendant toute leur carrière. Il est donc pas étonnant que les Français soient très interrogatifs vis-à-vis des choix qui vont se traduire dans les urnes. À dix-sept jours du premier tour des municipales, les Français ne savent toujours pas quel bulletin ils mettront le 15 mars dans les urnes. Une incertitude qui pèse sur les résultats. Selon notre sondage Odoxa pour Le Figaro, Franceinfo et Dentsu, ils ne sont que 45 % à être sûrs d’aller voter et pour quelle liste. À l’inverse, ils sont 30 % qui, même sûrs d’aller voter, ne savent pas encore pour qui, tandis que 11 % ne savent pas encore s’ils effectueront leur devoir électoral, soit encore 41 % d’indécis.

Quelles thématiques jugent-ils prioritaires pour le maire qui sortira des urnes le 22 mars? Sans surprise, c’est la sécurité des biens et des personnes qui occupe la première place (49 %), loin devant le développement économique local (35 %), l’environnement (35 %), la propreté (32 %), la circulation (21 %).

Si les enjeux sont avant tout locaux dans ces élections, l’après-municipales est bien plus national. La possibilité d’un remaniement ministériel, parfois évoqué dans les allées du pouvoir, semble être une évidence pour les Français. Ils ne sont pas moins de 65 % à estimer que le chef de l’État devrait y recourir, dont 47 % réclament même un changement de premier ministre.

Municipales et Intercommunalité: le grand gâchis financier et administratif

Municipales et Intercommunalité: le grand gâchis financier et administratif

 

On parle évidemment surtout des grandes villes à propos des municipales. Mais ce scrutin concerne aussi d’autres enjeux géographiques en particulier l’intercommunalité. Il y a bien sûr le statut des métropoles mais aussi celui des plus petites communes regroupées dans les communautés de communes (ou agglos). Des intercommunalité qui le plus souvent se sont installées comme une superstructure supplémentaires entre une ville et les communes regroupées. Finalement, en général on trouve deux  étages de gestion. La commune qui a conservé évidemment sa superstructure et l’organisation communautaire.

 

Comme lors  des phases de décentralisation depuis les fameuses réformes Defferre, la première initiative des intercommunalités a été de s’équiper en locaux, en personnel et en capacité financière. Dans le même temps, rien n’a changé ou presque dans chacune des communes regroupées. Un véritable gâchis financier avec en plus en général n’ont pas une rationalisation des services mais plutôt une dégradation avec une augmentation des coûts et des tarifs. Il est clair qu’il aurait fallu en installant l’intercommunalité faire sauter une strate. Le plus souvent on a maintenant la commune, ensuite l’intercommunalité, ensuite le département puis la région et évidemment l’État. C’est-à-dire 5 couches administratives, le moyen le plus efficace pour  stériliser toute initiative et pour accroître les prélèvements obligatoires. Le pire c’est que comme pour les phases de décentralisation précédente, les superstructures se focalisent sur tout sauf sur l’essentiel à savoir le développement et l’emploi. Bien sûr elle font semblant mais le pouvoir est encore dans le main du préfet, c’est-à-dire de l’État.

Dans les 6442 communes de plus de 1000 habitants, le vote concernera deux listes: une pour désigner les conseillers municipaux, l’autre pour désigner les conseillers communautaires – choisis parmi les membres de la première liste. Dans les communes de moins de 1000 h., le maire et certains de ses adjoints seront en même temps conseillers communautaires.

La quasi-totalité des villes françaises est en effet regroupée en intercommunalités, c’est-à-dire en regroupement de communes – 42 en moyenne nationale – exerçant en commun un certain nombre de compétences (voirie, eau, déchets, développement économique, plans d’urbanisme, logement,…).

Au fil des décennies et des lois, ces compétences se sont élargies, et le budget de ces structures est également devenu significatif. Le budget total des 1255 intercommunalités est en effet d’environ 50 milliards d’euros, soit la moitié du budget total des près de 34.968. Des sommes faramineuses gérées de manière souvent irresponsable en tout cas non pertinente et en plus dans l’intérêt des petites baronnies qui se partagent le gâteau: » tu me laisses lancer mon grand projet de stade  et en échange je t’accorderai une subvention pour ta salle des sports ou la réfection de tes trottoirs. » Avec souvent des collusions entre intérêts publics et intérêts privés.

L’armée chinoise responsable du plus grand piratage informatique ( Washington)

L’armée chinoise responsable du plus grand piratage informatique ( Washington)

Il s’agit de « l’un des plus gros piratages de données de l’histoire », avec environ 145 millions de victimes aux Etats-Unis, a rappelé le ministre de la Justice Bill Barr lors d’une conférence de presse. Des clients d’Equifax, dont le rôle est de collecter des données personnelles de consommateurs sollicitant un crédit, avaient également été affectés au Canada et au Royaume-Uni.

Après deux ans d’enquête, Wu Zhiyong, Wang Qian, Xu Ke et Liu Lei ont été inculpés la semaine dernière à Atlanta pour association de malfaiteurs en vue de commettre une fraude informatique, de l’espionnage économique et une fraude aux communications.

Membres d’une unité de recherche de l’armée chinoise, ils se trouvent en Chine et ne peuvent être arrêtés. « Mais un jour, ils commettront une erreur et nous serons là », a assuré le directeur adjoint de la police fédérale, David Bowdich.

Ils sont accusés d’avoir exploité une faille dans un logiciel utilisé par Equifax sur son site de résolution des litiges. Une fois introduits dans le système informatique de l’agence, ils sont soupçonnés d’avoir obtenu les noms, dates de naissance et numéros de sécurité sociale de 147 millions de personnes, et les numéros de permis d’au moins dix millions d’Américains.

Les Etats-Unis ont déjà attribué plusieurs attaques informatiques de grande ampleur au gouvernement chinois, notamment le piratage d’une base de données du géant de l’hôtellerie Marriott en 2018.

En parallèle, « des intrusions informatiques soutenues par l’Etat ont visé des secrets industriels et des informations économiques confidentielles », a ajouté Bill Barr, en mentionnant des enquêtes ouvertes dans les secteurs de l’industrie nucléaire, aéronautique ou métallurgique.

Selon lui, environ 80% des poursuites ouvertes ces dernières années pour espionnage économique impliquent le gouvernement chinois et 60% des dossiers de vols de secrets commerciaux ont un lien avec la Chine.

 

Environnement – Economie circulaire: Le grand gaspillage des ressources continue

Environnement – Economie circulaire: Le grand gaspillage des ressources continue

La majorité (52,6 milliards de tonnes) des matériaux consommés annuellement au monde sont en effet utilisés pour des produits (énergie ou biens de consommation) qui atteignent leur fin de vie en une année, note le rapport de  l’ONG Circle Economy.  En 2017, les ressources consommées par l’économie mondiale ont encore grimpé, dénonce cette ONG dans un rapport présenté à Davos. 42% sont ensuite dispersées dans la nature, 28% sont rejetées sous forme de gaz à effet de serre et 30% deviennent des déchets. 48 milliards de tonnes de matériaux sont en outre stockées sous la forme de bâtiments, infrastructures et biens d’équipement: de plus en plus chaque année, en raison de l’augmentation de la population mondiale.

 

 Globalement, « ce rapport montre qu’aucun pays ne répond aux besoins fondamentaux de ses citoyens tout en opérant dans les limites physiques de notre planète », résume son auteur principal, Marc de Wit. 100 milliards de tonnes de matériaux sont consommées chaque année par l’humanité. Un record pour l’économie mondiale et une mauvaise nouvelle pour la planète. Car l’organisation révèle dans un nouveau rapport publié le 21 janvier que la proportion de matériaux réutilisés, du sable au pétrole en passant par les métaux, s’est réduite, passant de 9,1 % il y a deux ans à 8,6 % aujourd’hui.

« La tendance négative globale s’explique par trois tendances sous-jacentes : des taux d’extraction élevés, une reconstitution des stocks et de faibles niveaux de traitement et de recyclage en fin de vie », expliquent les auteurs de l’étude. « Ces tendances sont profondément ancrées dans la tradition d’une production de déchets s’inscrivant dans une économie linéaire », estiment-ils.

« Nous risquons une catastrophe mondiale si nous continuons à traiter les ressources mondiales comme si elles étaient illimitées », a déclaré au Guardian Harald Friedl, directeur général de Circle Economy.  »Les gouvernements doivent adopter de toute urgence des solutions d’économie circulaire si nous voulons atteindre une qualité de vie élevée pour près de 10 milliards de personnes d’ici le milieu du siècle sans déstabiliser les processus planétaires critiques. »

 

Economie circulaire: Le grand gaspillage des ressources continue

Economie circulaire: Le grand gaspillage des ressources continue

La majorité (52,6 milliards de tonnes) des matériaux consommés annuellement au monde sont en effet utilisés pour des produits (énergie ou biens de consommation) qui atteignent leur fin de vie en une année, note le rapport. 42% sont ensuite dispersées dans la nature, 28% sont rejetées sous forme de gaz à effet de serre et 30% deviennent des déchets. 48 milliards de tonnes de matériaux sont en outre stockées sous la forme de bâtiments, infrastructures et biens d’équipement: de plus en plus chaque année, en raison de l’augmentation de la population mondiale.

 

 Globalement, « ce rapport montre qu’aucun pays ne répond aux besoins fondamentaux de ses citoyens tout en opérant dans les limites physiques de notre planète », résume son auteur principal, Marc de Wit. 100 milliards de tonnes de matériaux sont consommées chaque année par l’humanité. Un record pour l’économie mondiale et une mauvaise nouvelle pour la planète. Car l’organisation révèle dans un nouveau rapport publié le 21 janvier que la proportion de matériaux réutilisés, du sable au pétrole en passant par les métaux, s’est réduite, passant de 9,1 % il y a deux ans à 8,6 % aujourd’hui.

« La tendance négative globale s’explique par trois tendances sous-jacentes : des taux d’extraction élevés, une reconstitution des stocks et de faibles niveaux de traitement et de recyclage en fin de vie », expliquent les auteurs de l’étude. « Ces tendances sont profondément ancrées dans la tradition d’une production de déchets s’inscrivant dans une économie linéaire », estiment-ils.

« Nous risquons une catastrophe mondiale si nous continuons à traiter les ressources mondiales comme si elles étaient illimitées », a déclaré au Guardian Harald Friedl, directeur général de Circle Economy.  »Les gouvernements doivent adopter de toute urgence des solutions d’économie circulaire si nous voulons atteindre une qualité de vie élevée pour près de 10 milliards de personnes d’ici le milieu du siècle sans déstabiliser les processus planétaires critiques. »

 

Environnement et économie circulaire: Le grand gaspillage des ressources continue

Environnement et économie circulaire: Le grand gaspillage des ressources continue

Finalement, il y a les discours sur l’économie circulaire qui invitent  à la consommation locale , au recyclage des ressources et les tendances économiques qui confirment l’accélération du gaspillages des ressources mondiales. La majorité (52,6 milliards de tonnes) des matériaux consommés annuellement au monde sont en effet utilisés pour des produits (énergie ou biens de consommation) qui atteignent leur fin de vie en une année, note le rapport. 42% sont ensuite dispersées dans la nature, 28% sont rejetées sous forme de gaz à effet de serre et 30% deviennent des déchets. 48 milliards de tonnes de matériaux sont en outre stockées sous la forme de bâtiments, infrastructures et biens d’équipement: de plus en plus chaque année, en raison de l’augmentation de la population mondiale.

 

 Globalement, « ce rapport montre qu’aucun pays ne répond aux besoins fondamentaux de ses citoyens tout en opérant dans les limites physiques de notre planète », résume son auteur principal, Marc de Wit. 100 milliards de tonnes de matériaux sont consommées chaque année par l’humanité. Un record pour l’économie mondiale et une mauvaise nouvelle pour la planète. Car l’organisation révèle dans un nouveau rapport publié le 21 janvier que la proportion de matériaux réutilisés, du sable au pétrole en passant par les métaux, s’est réduite, passant de 9,1 % il y a deux ans à 8,6 % aujourd’hui.

« La tendance négative globale s’explique par trois tendances sous-jacentes : des taux d’extraction élevés, une reconstitution des stocks et de faibles niveaux de traitement et de recyclage en fin de vie », expliquent les auteurs de l’étude. « Ces tendances sont profondément ancrées dans la tradition d’une production de déchets s’inscrivant dans une économie linéaire », estiment-ils.

« Nous risquons une catastrophe mondiale si nous continuons à traiter les ressources mondiales comme si elles étaient illimitées », a déclaré au Guardian Harald Friedl, directeur général de Circle Economy.  »Les gouvernements doivent adopter de toute urgence des solutions d’économie circulaire si nous voulons atteindre une qualité de vie élevée pour près de 10 milliards de personnes d’ici le milieu du siècle sans déstabiliser les processus planétaires critiques. »

 

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