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Environnement : Prendre en compte l’impact global du transport

Environnement : Prendre en compte l’impact global du transport

Ce que propose Olivier Appert, Conseiller au centre Energie de l’Institut français des relations internationales (IFRI) et membre de l’Académie des technologies. Olivier Appert estime à juste titre qu’il convient de prendre en compte l’impact global du transport y compris notamment la construction et pas seulement les polluants émis lors de l’utilisation des véhicules.

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Tribune.

 

« La réduction des émissions de CO₂ devient une nécessité absolue, notamment dans le secteur des transports, qui reste à l’origine de près de 30 % des émissions de gaz à effet de serre en France. Pourtant, la réglementation européenne ne prend que partiellement en compte les émissions de CO₂ des automobiles puisqu’elle ne concerne que les émissions en sortie du pot d’échappement, approche dite « tank to wheel ».

Etonnamment, les émissions liées à la production du véhicule, sa fin de vie, et celles liées à la production de la source d’énergie, qu’il s’agisse des produits pétroliers, de l’électricité ou du gaz, sont exclues de la méthode retenue par Bruxelles.

 

Ainsi, la réglementation considère de la même façon les émissions d’un véhicule électrique en France où le mix électrique basé sur le nucléaire émet très peu de CO₂ et en Allemagne ou en Pologne dont une part majeure de l’électricité est produite par des centrales charbon très émettrices de CO₂. Dès 2021, les constructeurs devront respecter le seuil maximum de 95 grammes de CO₂ par kilomètre sous peine d’amendes de plusieurs centaines de millions d’euros. Un mode de calcul qui favorise de facto les véhicules électriques. 

Avec le développement des carburants alternatifs au pétrole, cette réglementation n’est plus adaptée. Il ne s’agit plus seulement de mesurer les rejets de CO₂ à l’instant T, en sortie du pot d’échappement. Il faut estimer les rejets en intégrant, au-delà de la seule combustion du carburant, la production du véhicule, leur fin de vie, la production du carburant, approche dite « well to wheel ». Il est donc indispensable de retenir la méthode dite en analyse du cycle de vie (ACV) qui s’impose de plus en plus dans les analyses de l’impact environnemental. »

Cette approche est illustrée par une étude rendue publique récemment par IFP Energies nouvelles (Ifpen), organisme public reconnu et indépendant : elle analyse l’empreinte carbone en cycle de vie complet des véhicules bioGNV (gaz naturel pour véhicule) comparativement aux véhicules diesel, essence et électrique. L’étude montre que, même avec une électricité bas carbone comme c’est le cas en France, dans tous les cas examinés, les véhicules bioGNV émettent, en ACV, moins de CO₂ que les véhicules électriques alimentés. Que dire d’un véhicule électrique roulant à Munich ?

Dette grecque : enfin un accord global

Dette grecque : enfin un accord global

 

Enfin un accord global pour la dette grecque et en dépit de l’opposition allemande qui voulait renvoyer la question après 2018, après les élections allemandes ; Un accord qui se caractérise par un allégement de la dette et un nouveau plan d’aides. Un accord facilité par les de mesures de rigueur votées par le parlement grec (notamment sur les retraites). Le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, s’est félicité de ce résultat : « C’est un moment important dans le long programme grec, un moment important pour chacun d’entre nous, depuis l’été dernier, quand nous avons été traversés par une crise majeure de confiance. »

« Cet accord est d’abord un acte de confiance vis-à-vis de la Grèce d’aujourd’hui », a commenté de son côté le ministre français des finances, Michel Sapin. Le président du Conseil européen, Donald Tusk, s’est réjouit de cette annonce, saluant un « message fort pour la stabilité de la Grèce, de l’Europe et de l’économie mondiale ».

Même s’il est illisible pour les non initiés, ceux qui ne suivent pas au jour le jour les négociations bruxelloises autour de la crise grecque, cet accord permet deux choses, importantes : le déblocage de nouvelles tranches de prêts et un allègement de la dette. L’accord ouvre la voie, dès juin, au déboursement d’une tranche de prêts de 7,5 milliards d’euros pour la Grèce. Quelque 2,8 milliards d’euros supplémentaires devraient suivre au début de l’automne, à condition qu’Athènes avance dans la privatisation de certains actifs publics, continue à réformer son secteur de l’énergie, améliore la gouvernance de ces banques, etc. Ce montant total de 10,3 milliards d’euros va permettre au troisième plan d’aide au pays de 86 milliards d’euros, lancé en août 2015, de reprendre son cours. Il était à l’arrêt après un premier versement de plus de 20 milliards d’euros à l’automne 2015. Il va surtout éviter à l’Etat grec un défaut de paiement, alors qu’il commençait à manquer de liquidités et qu’il devait rembourser courant juillet plus de 3 milliards d’euros à la Banque centrale européenne, l’un de ses créanciers, avec le FMI et le Mécanisme européen de stabilité (MES). L’Eurogroupe a aussi accepté d’alléger l’énorme dette grecque (180 % de son produit intérieur brut), au moins jusqu’à la fin 2018, à la fin du troisième plan d’aide au pays. Le processus passera par des opérations très techniques de rachats et de levées obligataires par le MES pour lisser les taux d’intérêts liés aux différents prêts à la Grèce. Les Européens ont encore accepté de considérer, à la fin du programme, si tout le contrat « réformes contre prêts » a été rempli, de nouvelles mesures de restructuration de la dette (allongement des durées d’amortissement, déjà conséquentes, des périodes de grâce, sans paiement ni des intérêts ni du capital), afin de maintenir les besoins bruts de financement du pays (l’épargne brute) sous la barre des 15 % du PIB « à moyen terme ». Le problème, c’est qu’un certain nombre de pays de l’Union, Allemagne en tête, refusent obstinément un tel allégement massif de la dette grecque. Mais, paradoxe, Wolfgang Schäuble, le ministre des finances allemand, a promis au Bundestag que le pays ne versera pas un euro de plus à Athènes si le FMI ne participe pas au troisième plan… Pour les Allemands, le Fonds est une garantie de sérieux, de sévérité, par rapport à une Commission européenne jugée trop politique, voire laxiste vis-à-vis d’Athènes. Ces dernières semaines, le débat entre Athènes et ses créanciers s’est donc résumé à un bras de fer entre le FMI et Berlin. Et mercredi dans la nuit, il apparaissait que c’était plutôt les Allemands, la ligne Schäuble, qui l’avait emporté. L’Eurogroupe, dans le communiqué final, accepte d’activer un « mécanisme » avec des mesures d’allégement de dettes supplémentaires afin de respecter la cible de besoin brut de financement, entre 15 % et 20 %, mais sans entrer davantage dans les détails.

(avec le Monde)

 

Apprendre à penser global (Edgar Morin)

Apprendre à penser global (Edgar Morin)

 

Edgar Morin est sans doute l’un des rares intellectuels qui invite à comprendre la complexité de ce monde au lieu de se renfermer dans des analyses sectorielles ou simplistes. Comme l’indique Edgar Morin cette pensée globale reste construire. L’exercice est en effet difficile et plusieurs approximations de Morin dans plusieurs domaines le démontrent.  Il faut prendre en compte les effets systémiques des différentes interactions qui affectent les domaines économiques, sociaux, environnementaux, culturels et sociétaux. Mais  la science ne cesse de se parcelliser y compris les sciences sociales du coup l’analyse père en cohérence globale. Un reproche toutefois, la critique qu’il fait aux économistes trop technocratiques à son goût pourrait se retourner contre les sociologues (et autres philosophes) qui de leur côté ignare après pourrait tout de la problématique économique (que Morin réduit à l’intérêt, ce qui est un peu court). L’analyse du monde  est forcément plus complexe. Edgar Morin Entend par là non pas une pensée compliquée, mais plutôt une méthode pour se guérir de la tendance à la simplification que nous avons dans notre rapport au monde. « Pour pouvoir créer une voie nouvelle, il faut abandonner totalement la pensée binaire qui règne plus que jamais (…) Celle qui pense ou bien ou bien et non pas et et. », affirme-t-il. Surtout, il faut penser « global », c’est-à-dire articuler le tout et la partie, que nous avons tendance à fréquemment confondre. Au contraire, Edgar Morin veut relier  – c’est l’étymologie de « complexus » – les éléments entre eux en les contextualisant, en les distinguant, pour non pas « détruire l’incertitude, mais la repérer » afin « d’éviter la croyance en une vérité totale. » Une telle « pensée complexe » reste encore largement à développer. Réinscrivant le devenir de l’homme dans l’univers (physico-cosmologique), dans la nature et l’espèce (évolution biologique), et dans son humanité (histoire), l’auteur de cette cathédrale qu’est « La méthode » (6 tomes) souligne l’effet mutilant de l’organisation même du savoir dans nos sociétés modernes : « En règle générale, les sciences humaines sont compartimentées, (…) entraînant de fait une dissolution totale de l’idée d’homme ». Il va jusqu’à critiquer la rationalisation – expression qui peut donner lieu à une confusion, il vise plutôt la pensée statistique – qui, selon lui, peut être source de dogmatisation. A rebours, cette pensée se veut ouverte – elle devrait inspirer les entrepreneurs des startups -, permettant d’accueillir des déviances dans l’histoire des hommes et de la nature. « Il y a dans l’histoire humaine un processus qui est à peu près le même que dans l’histoire biologique. Une déviance apparaît qui, si elle se consolide et se développe, devient une tendance, et cette tendance devient une force historique, une force créative, une force décisive dans le processus évolutif. » Ainsi, le capitalisme se développe initialement en parasite de la société féodale. De même, la machine à vapeur, invention inattendue en 1784 par James Watt, va changer radicalement le sens de l’histoire. Le monde industriel va détruire la paysannerie traditionnelle aux XVIe et XVIIe siècles. L’histoire « avance de travers comme un crabe », procède par destruction. Selon Morin, « la formule de Schumpeter, la « destruction créatrice », est fausse : c’est la création qui est destructrice. » Tout ce travail d’érudition pluridisciplinaire permet au sociologue de pouvoir repenser le système social, notamment en évitant le débat créé par l’opposition individu/collectif. « Le développement personnel sans la communauté et sans l’amour est le développement de l’égocentrisme et de l’égoïsme. Si on a uniquement la communauté, on a l’étouffement de l’épanouissement personnel », rappelle-t-il. Pour autant la société n’est pas une entité fixe mais une création permanente. « A travers les interactions entre individus s’est constitué un tout social, lequel a produit un langage, formé une culture, puis après les premières sociétés archaïques qui avaient une organisation mais pas d’Etat, sont apparus des Etats, des lois, etc. » Cette dynamique produit en retour ses effets : « Ces qualités émergentes rétroagissent sur les individus parce qu’elles donnent la capacité de lire, d’écrire, de compter grâce à la lecture, au langage ; elles donnent par l’éducation l’ensemble des connaissances minimales nécessaires pour se mouvoir dans la société. »Cette histoire des sociétés a établi solidement le modèle des d’Etats-nations. Ce qui peut s’articuler sans problème avec le phénomène de la mondialisation, qui amplifie le processus d’intercommunications, d’interdépendances qui crée « une réalité de nature globale ». Par exemple, le global modifie le local mais un événement local, comme l’attaque terroriste des deux tours de Manhattan, se répercute sur la réalité globale. Tout ce long détour historique qui a visé, au sens propre, à remettre l’homme à sa place débouche sur une nécessaire interrogation sur l’avenir. Edgar Morin envisage une métamorphose, « pleine de dangers, qui est biologique, informatique et technique », notamment, celle de « transhumanité » que l’auteur ne voit d’ailleurs pas comme « une idéologie, une illusion » mais davantage comme « une possibilité concrète ». Mais à condition, rappelle-t-il, avec des accents d’un moderne Montaigne, de l’encadrer : « La connaissance sans régulation éthique peut conduire à des utilisations terrifiantes. » Ainsi, l’auteur s’invite dans le débat sur l’immortalité, ou, à tout le moins, d’une longue vie. Comme il le rappelle Morin, et l’interrogation est vieille comme l’humanité, nous ne sommes pas des Dieux : « On peut créer des êtres démortalisés mais non immortalisés par ces processus de rajeunissement. La mort ne cessera de menacer les démortalisés », soulignant que, sur le plan anthropologique, « nous savons que nous sommes mortels, qu’on ne peut pas y échapper, mais quand nous penserons que la mort, indéfiniment retardée, peut être toujours menaçante, la vie sera extrêmement angoissante. » Autre métamorphose qu’Edgar Morin anticipe, la montée de la robotique : « Sa contribution au confort humain, avec des appartements intelligents, des villes intelligentes permettent de transférer sur les robots beaucoup de tâches fastidieuses, pénibles, de contrôle, de surveillance que nous subissons. » Mais ces métamorphoses ont un envers : « Il est tragique que la métamorphose transhumaine ait commencé sous la poussée du triple moteur scientifique/technique/économique alors que la métamorphose éthique/culturelle/sociale, de plus en plus indispensable, soit encore dans les limbes. »Si l’on ne peut qu’être stimulé par la réflexion de l’auteur qui prône « une nouvelle politique civilisationnelle », on terminera sur une note critique. La « pensée complexe » réduit l’économie à un excès de rationalisme déshumanisant, et une hubris simplificatrice, là où on aurait pu attendre une réflexion plus profonde sur la signification des échanges, sur l’émergence historique du marché – le commerce -, qui est aussi une création humaine ayant été gage de progrès dans l’histoire. Edgar Morin réduit en effet la sphère économique à la pure expression de l’intérêt. :« Nous sommes actuellement dans une civilisation où l’intérêt privé, personnel, est devenu de plus en plus important avec notamment une politique entièrement dévorée par l’économie, inféodée à l’économie, et pas n’importe quelle économie : l’économie qui parle uniquement des intérêts ».Pourtant, le sociologue souligne dans son livre combien l’homme ne se réduit pas uniquement à cet aspect, il est aussi un homo ludens, un être qui aime le jeu. Mais il est vrai que l’économie mondiale semble aujourd’hui hors de contrôle. « Contrairement à ce que prédisait la majorité des économistes officiels avant 2008, l’économie peut être sujette à des crises graves dont on ne sait pas quelles suites elles pourront avoir. Une sorte de tumeur s’est développée sur cette économie : la domination du capital financier spéculatif, qui utilise les traders, qui utilise les informations sur les Bourses nationales pour pouvoir spéculer sur l’argent ou sur les matières premières », critique-t-il. Le terme de « tumeur » est hautement polémique pour une organisation, les marchés à terme, qui sont critiqués pour leurs effets, Edgar Morin oubliant que ces marchés qui existent depuis le Moyen Age sont également un outil de couverture pour réduire les risques liés aux incertitudes. Un sujet qu’avait bien analysé l’un des pères de la sociologie, Max Weber, au début du siècle dernier dans son ouvrage « la Bourse ». Au delà, cette crise économique inquiète Edgar Morin. Elle peut certes se terminer avec des politiques visant à rééquilibrer les budgets avec des politiques de rigueur, mais c’est peut-être aussi « une crise qui vient des profondeurs de l’évolution historique, pas seulement en Europe et en Occident, mais dans le monde entier. »  Plus que jamais, il faut penser global.

 

Tricherie sur les émissions polluantes : un phénomène global

Tricherie sur les émissions polluantes : un phénomène global

Stephan Silvestre, ingénieur en physique appliquée, revient dans Atlantico  sur la question des émissions polluantes en pleine actualité  avec  Volkswagen.

 

«  S’il fallait chiffrer la période à partir de laquelle les entreprises ont commencé à masquer l’impact de leurs activités sur l’environnement, il convient de revenir aux débuts de l’ère industrielle. C’est loin d’être un fait neuf : les entreprises ont toujours cherché à maquiller ce genre d’éléments. Aujourd’hui cela porte sur des questions environnementales, car l’environnement fait désormais partie de la stratégie de ces entreprises, mais auparavant cela portait sur d’autres aspects. Dans de nombreux secteurs d’activités, on a connu des drames comme à Bhopal en Inde (une usine filiale de l’entreprise américaine Union Carbide, qui produisait des pesticides a explosé, libérant plusieurs tonnes d’isocyanate de méthyle dans l’atmosphère de la ville). Dans la majorité des cas, les entreprises concernées ont cherché à masquer leurs responsabilités, fussent-elles sociétales, publiques ou environnementales. Pour ce qui est de ce dernier aspect, on peut citer le cas de TEPCO (Tokyo Electric Power Company) au Japon. Les procédures de contrôle, de validation des processus de sécurité étaient défaillantes. Certes, l’accident de la centrale de Fukushima n’a pas été la suite de ces manquements aux obligations de la compagnie : il est consécutif au tremblement de terre et au tsunami (inévitables) qui ont eu lieu. Cependant, cela a mis à jour des failles dans les procédures. Ces dernières ont fait l’objet de nombreuses polémiques et de plusieurs mesures correctives de la part du gouvernement japonais. Il existe également des cas plus anciens comme ceux concernant les huiles de vidanges frelatées en Espagne. Ces huiles étaient recyclées de façon opaque… De nombreux scandales ont également éclatés dans le domaine pétrolier, quand bien même il s’agissait le plus souvent d’accidents (marées noires, accident de pipe-line, de plateformes) qui ont causés de lourds dégâts environnementaux. La responsabilité des firmes a effectivement été mise en cause. On peut citer le cas de Total : le tanker Erika, dont la cargaison était véhiculée pour le compte de Total, faisait l’objet d’un montage étrange visant à diluer les responsabilités. Total, après le naufrage du navire, avait finalement décidé d’indemniser les victimes afin de renvoyer une image positive à l’opinion publique. Néanmoins, en amont, Total avait tout mis en œuvre pour éviter d’engager sa responsabilité sur ce type d’incidents dramatiques. Ces mensonges visent à préserver une image « saine » de l’entreprise. Pour répondre clairement à la question, pour dissimuler le côté polluant d’une activité (ou, du moins, diluer les responsabilités), on a le plus souvent recours à des filiales et à la sous-traitance. Il s’agit d’externaliser les activités les plus à risques et les plus néfastes, de sorte à dégager la responsabilité directe de l’exploitant. Par conséquent, on va transférer ces activités, les plus sujettes à caution (de la part des associations, notamment) vers un sous-traitant de petite taille et moins connu du grand-public. Quand les associations pointent du doigt des défaillances sur tel ou tel site, elles se retrouvent donc face à de petites sociétés intermédiaires et non devant la société finale. C’est la méthode employée par Total et qui vaut pour toutes les multinationales, tous les réseaux mondiaux, peu importe le secteur. »

La Cour des comptes : un diagnostic global mais aussi un inventaire à la Prévert

La Cour des comptes : un diagnostic global mais aussi un inventaire à la Prévert

 

Le diagnostic global sur les comptes publics sont pertinents à savoir déficits accrus et perspectives d’économies très hypothétiques. En clair le gouvernement ne tiendra pas ses engagements ni pour 2013, ni pour 2014. Par contre les exemples de gâchis de la cour relève de l’inventaire à la Prévert. Il  serait plus utile d’effectuer un véritable rapport sur les champs cités au lieu de se contenter de citer des exemples qui par ailleurs sont un peu réducteurs et ou caricaturaux. Ce ne sont pas avec ces exemples qu’on pourra trouver les 60 à70 milliards d’économies d’ici 2017 d’autant que dans certains cas il s’agit de dépenses. La cour dénonce   »l’insuffisance des contrôles sanitaires » sur l’alimentation et l’absence de sanctions à la hauteur des manquements. »Au total, l’absence de contrôle à un niveau significatif et l’absence de sanctions suffisantes mettent en lumière des anomalies graves » conclut la Cour dans son rapport annuel, en déplorant un « encadrement insuffisant des autocontrôles des professionnels ».  L’institution pointe les contrôles réalisés par le ministère de l’Agriculture « peu nombreux et les non-conformités rarement sanctionnées » aussi bien dans le domaine des végétaux que dans celui des productions animales y compris dans les abattoirs. Elle revient au passage sur la gestion de la crise des lasagnes au cheval et de la fraude au sein de l’entreprise Spanghero, pour noter que bien qu’elle ait réclamé les rapports d’inspection effectués entre 2008 et 2012 « seuls quatre rapports ont été produits ». Soit un manquant. La Cour déplore aussi la baisse du nombre de contrôles sanitaires dans les 506.000 établissements relevant de la compétence de la DGAL, la Direction général de l’alimentation, abattoirs compris. Les contrôles ont baissé de 17% entre 2009 et 2012 et « 7% de ces établissements n’ont pas fait l’objet d’un contrôle entre 2009 et 2012″. Et là où il y a eu contrôle et constat de manquement, « les non-conformités, nombreuses » ont été « rarement sanctionnées ». Appelés à disparaître à compter de la rentrée 2014 au profit des « internats de la réussite », les « internats d’excellence » sont également dans le collimateur de la Cour des comptes. La juridiction financière a jugé la politique de relance des internats publics « chaotique », mettant en cause des objectifs pédagogiques ou d’insertion sociale pas clairement définis pour ces structures, créant la confusion dans les établissements. « Entre 2008 et 2012, aucun arbitrage interministériel n’a ainsi permis de trancher pour le mode de sélection des élèves entre des critères d’ordre pédagogique ou social, ou liés à la politique de la ville », a-t-elle souligné. Lancés en 2008 par le gouvernement Sarkozy, les 44 internats d’excellence présents sur le territoire seront rebaptisés « internats de la réussite » à partir de la rentrée 2014, la nouvelle dénomination voulant marquer un changement d’orientation. Vincent Peillon prévoit en effet de faciliter l’accès aux candidats de l’éducation prioritaire et des quartiers de la politique de la ville, quel que soit leur niveau scolaire. 6.000 nouvelles places seront créées grâce à un budget de 150 millions d’euros supplémentaire dans le cadre des investissements d’avenir. C’est une piste que pourrait envisager le gouvernement pour dégager une partie des fameux 50 milliards d’euros d’économies qu’il doit réaliser à horizon 2017. La Cour des comptes propose de supprimer la Chancellerie des universités de Paris. Comprenant 60 agents et disposant d’un budget annuel de fonctionnement de 14 millions d’euros, la Chancellerie de Paris a pour principale mission la gestion du patrimoine, estimé à 123 millions d’euros par France Domaine en 2011, provenant de l’ancienne université de Paris et notamment un parc immobilier de 15.544 m2 à Paris, dont les deux tiers sont destinés à l’habitation. Selon la Cour, la Chancellerie pratique des loyers à des niveaux inférieurs à ceux du marché, notamment auprès d’une dizaine de locataires ayant un lien avec les ministères chargés de l’éducation nationale ou de l’enseignement supérieur. Le rapport pointe l’incapacité de l’établissement « à administrer efficacement les biens immobiliers qui lui étaient confiés » et les « nombreuses carences » de sa gestion, « malgré des améliorations ponctuelles ». Les magistrats de la rue Cambon demandent également une « réforme indispensable » du Centre national de documentation pédagogique. La structure qui fournit des supports aux enseignants pour les aider dans leur tâche, est devenu « obsolète » et son organisation « inefficiente et inefficace », affirme la Cour. Le CNDP, associé à des centres régionaux de documentation, dépend du ministère de l’Education et a pour mission d’aider les enseignants en leur fournissant des supports pédagogiques en tous genres, hormis livres scolaires.  La Cour estime que sa production éditoriale, régie par 31 comités éditoriaux, était peu connue des enseignants, « mal adaptée » à leurs besoins, et souvent surdimensionnée dans sa distribution. Par ailleurs, à la fin 2012, seulement 12% de ces productions étaient de nature numérique. La juridiction financière critique aussi vivement « la complexité institutionnelle inutile et onéreuse » du CNDP et de son réseau dont le budget s’élevait l’an dernier à 137 millions d’euros avec 1.886 emplois équivalent plein temps. L’institution note également la chute brutale du nombre de radars automatiques en état de fonctionnement. Une baisse engendrée après un changement « du prestataire chargé de leur maintenance », entraînant une moindre sanction des infractions, selon elle.  Le taux de disponibilité des radars, c’est-à-dire la proportion de radars en état de fonctionner par rapport au nombre d’équipements en service, s’élevait à 94,7% en février. Mais « il a baissé jusqu’à 80,3% en juin 2013″, souligne la Cour des comptes, qui réclame « un redressement sans tarder ». Les magistrats dénoncent aussi le « manque de transparence » et les « dérives » des Safer. Selon la Cour, les 26 sociétés pour l’aménagement foncier et rural qui sont au cœur de l’aménagement et de l’activité agricoles, mènent aujourd’hui de manière très indépendante des activités diversifiées et peu contrôlées par les pouvoirs publics » qui nécessitent « un recadrage » et « un recentrage » sur leur métier de base, dont l’installation des jeunes agriculteurs. La Cour, qui leur avait demandé de s’ouvrir en 1995, constate enfin que « la gestion des Safer reste très contrôlée par le monde agricole notamment le syndicat majoritaire, la FNSEA », et que « les membres agriculteurs subissent beaucoup de pression, en particulier pour des parcelles convoitées ». La Cour des comptes épingle également dans son rapport la gestion de la prise de participation publique dans la société Manurhin, exemple selon elle d’une opération de soutien public « mal conduite » par l’État. Selon le rapport, les diligences et les vérifications professionnelles d’usage ont été « effectuées dans l’urgence », avant l’investissement de la Sofired et Giat Industries.  Cela a permis à Delta Defence, « bien que minoritaire, avec 34 % du capital social », de prendre le contrôle de l’entreprise à leur détriment. Ce n’est finalement qu’en octobre que les deux actionnaires publics ont obtenu une majorité pour destituer le directoire qui était entre les mains de Delta Defence. Le résultat, selon la Cour, de l’engagement dans « des conditions ambiguës et contestables » de l’État dans cette opération. Déjà épinglés en 2010, les petits privilèges de la SNCF sont une nouvelle fois dans le collimateur de la Cour des comptes. La juridiction financière pointe dans son rapport 2014 les « facilités de circulation » de l’entreprise, gratuité ou tarifs préférentiels accordés à ses personnels et à leurs proches qui « pose problème au regard de l’égalité d’accès au service public ferroviaire ».

 




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