Archive pour le Tag 'Giscard ?'

« Giscard d’Estaing ,moderne et rétro en même temps « 

« Giscard d’Estaing, moderne et rétro en même temps « 

Au-delà de plusieurs réformes sociétales significatives, le septennat de ce grand bourgeois a préparé la révolution conservatrice des années 1980 avec le début des politiques de rigueur et l’adoption des référentiels de la dérégulation de l’économie, analyse dans une tribune au « Monde » la sociologue Cégolène Frisque

Par Cégolène Frisque(Maîtresse de conférences en sociologie à IUT de la Roche sur Yon, laboratoire Arènes et docteure en science politique)

Tribune. L’annonce de la mort de Valéry Giscard d’Estaing a été l’occasion, pour de nombreux médias, de mettre en scène la modernité de son style de pouvoir et de sa gestion médiatique, et le caractère réformateur de sa politique. Cette perception repose sur un décalage de perspective et des effets d’inertie historique. En effet, la « modernisation » apparente du style présidentiel repose paradoxalement sur une appartenance confiante aux élites et l’instauration d’un nouveau rapport aux médias, bien davantage que sur des transformations profondes.

L’emploi de nouveaux codes politiques est inspiré de John F. Kennedy et d’un voyage aux Etats-Unis en 1962, comme la mise en scène de la jeunesse, d’une certaine décontraction, le fait de s’afficher dans sa vie quotidienne et en famille, faisant du sport, rencontrant des familles rurales ou des ouvriers…

 

Si ces éléments témoignent d’une « modernité » apparente, c’est d’abord en comparaison avec le style souvent très officiel, voire guindé ou déclamatoire qui l’ont précédé, et surtout, cela repose sur une attitude de supériorité sociale maîtrisée. Car c’est paradoxalement l’appartenance aux plus hautes couches de la bourgeoisie, et le cursus honorum d’un énarque polytechnicien passé par les plus prestigieuses écoles du pouvoir politique, technique, économique et administratif, qui le placent en position d’adopter ces innovations. 

Le décalage avec l’opinion publique

L’aisance conférée par cette supériorité sociale lui permet de se montrer dans des situations plus triviales. Néanmoins, derrière cet assouplissement apparent des conventions s’exprime l’habitus – le comportement – d’un grand bourgeois, dans sa manière de se tenir, son langage corporel, toujours un peu rigide, sa diction, légèrement chuintante, qui marque cette appartenance, le rapport aux autres, distant malgré la volonté de proximité…

C’est d’ailleurs cette contradiction entre une stratégie de présentation de soi moderniste et des codes sociaux intériorisés et extériorisés beaucoup plus classiques voire traditionnels, qui creusera ensuite le décalage avec l’opinion publique.

 

Mais avant, cette posture modernisatrice rencontre les attentes des médias, notamment de la radio et de la télévision, qui se sont déjà largement autonomisés avec la fin de l’ORTF en 1974 et cherchent à instaurer de nouvelles relations avec le pouvoir (proximité, rôle de l’image, codes de l’interview et du libre-échange…). Ils contribueront donc, pendant un temps, avant que d’autres « affaires » ne prennent le dessus, à la mise en scène présidentielle. 

« Macron comme Giscard ? »

« Macron comme Giscard ? »

Mathias Bernard, Professeur d’histoire contemporaine à l’Université Clermont Auvergne, évoque la comparaison entre Giscard et Macron. 

Tribune

Le défunt président et l’actuel chef de l’Etat s’inscrivent dans une même tradition libérale et centriste. Mais les réformes tentées par « VGE » se sont enlisées dans le conservatisme, d’où son échec, souligne l’historien Mathias Bernard.Un article Intéressant mais qui fait un peu vite l’impasse sur la trop grande jeunesse de ces présidents manquant d’expérience est un peu trop condescendants.

 

 

Lorsqu’il a rendu hommage à Valéry Giscard d’Estaing, le jeudi 3 décembre, Emmanuel Macron a fait l’éloge convenu de cette « figure centrale de l’histoire de notre République ». S’il s’est inscrit dans la continuité de son lointain prédécesseur, animé comme lui par « cette flamme du progrès et de l’optimisme », il s’est gardé de pousser plus loin le parallèle entre les « années Giscard » et l’actualité de la France.

Pourtant, nombreux sont ceux qui, tel François Bayrou, comparent volontiers ces deux présidents. Macron serait-il le meilleur héritier de Giscard ? De nombreux éléments le laissent penser. Les deux hommes s’inscrivent dans la même tradition politique, celle d’un libéralisme politique, économique et social que tempère toutefois un attachement au rôle stratégique et régulateur de l’Etat.

 

Ils se situent tous deux à l’interface de la haute fonction publique, dont ils sont issus, et des milieux économiques, qui ont soutenu leur accès au pouvoir. Leur expertise économique, acquise comme ministre de l’économie et des finances (Giscard a exercé cette fonction pendant dix ans, Macron pendant deux ans), est l’un des principaux ressorts de leur légitimité politique. 

La même ascension au pouvoir rapide voire fulgurante

Ils sont tous les deux des européens convaincus, qui voient dans l’Europe politique la meilleure garantie du maintien de l’influence française dans le monde. Enfin, ils aspirent à un large rassemblement politique qui récuse aussi bien l’affrontement bipolaire droite-gauche, caractérisant la vie politique française des années 1970, que l’émiettement du paysage politique des premières décennies du XXIsiècle. « La France souhaite être gouvernée au centre », lançait Giscard en 1972. Ce à quoi Macron répond quarante-cinq ans plus tard, en revendiquant le patronage de De Gaulle : « Je choisis le meilleur de la gauche, le meilleur de la droite et même le meilleur du centre. »

 

On peut également comparer la manière dont les deux hommes ont accédé au pouvoir, au terme d’une ascension rapide, voire fulgurante. Parvenu à l’Elysée à 48 ans, Valéry Giscard d’Estaing a longtemps été le plus jeune président de la VRépublique, avant qu’Emmanuel Macron ne devienne, à 39 ans, le plus jeune président de l’histoire politique française tout entière. Cette jeunesse, ils en ont fait un atout, pour mieux incarner le renouvellement, voire la rupture avec un système politique en voie d’obsolescence, dont ils étaient pourtant des acteurs essentiels. 

« Macron comme Giscard ? »

« Macron comme Giscard ? »

Mathias Bernard, Professeur d’histoire contemporaine à l’Université Clermont Auvergne, évoque la comparaison entre Giscard et Macron.

 

Tribune

Le défunt président et l’actuel chef de l’Etat s’inscrivent dans une même tradition libérale et centriste. Mais les réformes tentées par « VGE » se sont enlisées dans le conservatisme, d’où son échec, souligne l’historien Mathias Bernard.

Tribune.

 

Lorsqu’il a rendu hommage à Valéry Giscard d’Estaing, le jeudi 3 décembre, Emmanuel Macron a fait l’éloge convenu de cette « figure centrale de l’histoire de notre République ». S’il s’est inscrit dans la continuité de son lointain prédécesseur, animé comme lui par « cette flamme du progrès et de l’optimisme », il s’est gardé de pousser plus loin le parallèle entre les « années Giscard » et l’actualité de la France.

Pourtant, nombreux sont ceux qui, tel François Bayrou, comparent volontiers ces deux présidents. Macron serait-il le meilleur héritier de Giscard ? De nombreux éléments le laissent penser. Les deux hommes s’inscrivent dans la même tradition politique, celle d’un libéralisme politique, économique et social que tempère toutefois un attachement au rôle stratégique et régulateur de l’Etat.

 

Ils se situent tous deux à l’interface de la haute fonction publique, dont ils sont issus, et des milieux économiques, qui ont soutenu leur accès au pouvoir. Leur expertise économique, acquise comme ministre de l’économie et des finances (Giscard a exercé cette fonction pendant dix ans, Macron pendant deux ans), est l’un des principaux ressorts de leur légitimité politique. 

La même ascension au pouvoir rapide voire fulgurante

Ils sont tous les deux des européens convaincus, qui voient dans l’Europe politique la meilleure garantie du maintien de l’influence française dans le monde. Enfin, ils aspirent à un large rassemblement politique qui récuse aussi bien l’affrontement bipolaire droite-gauche, caractérisant la vie politique française des années 1970, que l’émiettement du paysage politique des premières décennies du XXIsiècle. « La France souhaite être gouvernée au centre », lançait Giscard en 1972. Ce à quoi Macron répond quarante-cinq ans plus tard, en revendiquant le patronage de De Gaulle : « Je choisis le meilleur de la gauche, le meilleur de la droite et même le meilleur du centre. »

 

On peut également comparer la manière dont les deux hommes ont accédé au pouvoir, au terme d’une ascension rapide, voire fulgurante. Parvenu à l’Elysée à 48 ans, Valéry Giscard d’Estaing a longtemps été le plus jeune président de la VRépublique, avant qu’Emmanuel Macron ne devienne, à 39 ans, le plus jeune président de l’histoire politique française tout entière. Cette jeunesse, ils en ont fait un atout, pour mieux incarner le renouvellement, voire la rupture avec un système politique en voie d’obsolescence, dont ils étaient pourtant des acteurs essentiels. 

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Analyse-«Bilan politique Giscard: libéral et interventionniste»

Analyse-«Bilan politique Giscard:  libéral et  interventionniste»

 

 

Jean-Marc Daniel, professeur d’économie à l’ESCP Europe, fait  le bilan politique de Giscard d’Estaing (dans l’Opinion)

Pour l’économiste Jean-Marc Daniel, les deux ancres libérales de Valéry Giscard d’Estaing furent l’équilibre des comptes publics et le refus d’un impôt sur la fortune.

 

Valéry Giscard d’Estaing a été le seul président de la Ve République à se revendiquer ouvertement libéral. L’était-il vraiment ?

Valéry Giscard d’Estaing était comme beaucoup de hauts fonctionnaires : libéral par principe et interventionniste par habitude. Il a voulu libéraliser l’économie, mais ses deux seules véritables ancres libérales ont été le retour systématique à l’équilibre budgétaire, y compris après le plan de relance de 1975, et le refus de l’impôt sur les grandes fortunes qui aurait pénalisé l’économie. Pour le reste, c’est un ministre des Finances qui a gardé le contrôle des prix et des salaires alors que son administration lui conseillait l’inverse. Il a refusé en 1967 la création de fonds de pension dans les ordonnances de réforme de la Sécurité sociale. Et il avait une vision plutôt conservatrice de l’entreprise. C’est lui qui a enterré le rapport Sudreau de 1975 qui, quarante ans avant le rapport Notat-Sénard, proposait déjà de renforcer la participation ou d’instaurer une forme de cogestion à l’allemande. Giscard était un inspecteur des finances, persuadé qu’il y a une sorte de raison et d’efficacité dans l’Etat.

Quand on lui demandait ce qu’était le « giscardisme », l’ancien Président répondait : « le libéralisme avancé ». Comment définir ce « libéralisme avancé » ?

Valéry Giscard d’Estaing le définit dans Démocratie française : « Une société démocratique moderne, libérale par la structure pluraliste de tous ses pouvoirs, avancée par un haut degré de performance économique, d’unification sociale et de développement culturel. » L’idée, c’est qu’il est possible de dégager en permanence une majorité centriste face aux extrêmes, notamment, pour Giscard, l’extrême-gauche. C’est aussi une attaque contre le conservatisme de De Gaulle. De Gaulle, dont Giscard, vexé après avoir été expulsé de la rue de Rivoli, dénonçait « l’exercice solitaire du pouvoir ». Le « libéralisme avancé » cumulait une composante économique et une réponse aux attentes de la société, qui ont débouché sur la légalisation de l’avortement, le divorce par consentement mutuel — pour lequel il s’est impliqué personnellement —, où bien encore la création d’un secrétariat d’Etat aux Femmes, où il nomma Françoise Giroud. J’ajouterai aussi la fin de l’ORTF pour introduire de la concurrence entre les chaînes et avoir une modalité d’expression plus en conformité avec les attentes de la société.

« Très contesté à ses débuts, le SME est finalement accepté, y compris par Mitterrand, qui le conforte en 1983. Il fut la condition pour créer l’union économique et monétaire »

Que reste-t-il de l’héritage industriel des années Giscard ?

Sur les grands projets industriels, Giscard s’est beaucoup mis dans les traces de ses prédécesseurs. Le développement du nucléaire, par exemple, est lancé par Pompidou et Mesmer. Ingénieur diplômé de l’Ecole polytechnique, il a toujours défendu l’importance du maintien d’une politique industrielle dont l’Etat, et lui-même, étaient l’incarnation. L’administration plaidait plutôt pour libéraliser à l’époque. Lui a gardé la logique des grands corps. Il s’est beaucoup impliqué dans le développement du téléphone. Il a lancé le TVG en 1975. Mais il a aussi stoppé certains grands projets, pas toujours pour le meilleur. Comme le « plan calcul », lancé par de Gaulle dans les années 1960, qui devait permettre à la France de produire ses propres ordinateurs, sans dépendre des Américains. Giscard a décidé de retirer le financement public de la Compagnie internationale pour l’informatique (CII), qui avait racheté Honeywell et Bull, juste au moment où l’on commençait à avoir des retombées positives. Parallèlement, il s’est laissé embarquer dans le minitel, « que le monde nous envie mais que personne n’achète », dira plus tard Mitterrand. Si l’Etat avait persévéré avec la CII, l’Internet que nous connaissons aujourd’hui serait peut-être plus français, plus européen.

L’euro et la Banque centrale européenne nous permettent aujourd’hui de nous endetter sans douleur. C’est aussi ça, l’héritage de Giscard ?

L’Europe a été le domaine où il a été le plus efficace. Au sommet de Brême de 1978, il crée avec le chancelier allemand Helmut Schmidt le système monétaire européen (SME) et l’Ecu, qui déboucheront un quart de siècle plus tard sur l’euro, qui nous a apporté une stabilité monétaire incontestablement. A Brême, on négocie jusqu’au dernier moment avec les Britanniques qui finalement refusent. Trois semaines plus tard se tient à Bonn un G7. France et Allemagne se mettent d’accord pour dire que pour le SME dure, il faut lutter contre l’inflation. Jimmy Carter ferme le débat en affirmant que « l’inflation est un outil » (« Inflation is a tool »). Le chancelier allemand ose reprendre la parole après le président américain pour réaffirmer la volonté européenne. Il se tourne alors vers Giscard pour chercher son soutien. Giscard s’est tu. Très contesté à ses débuts, le SME est finalement accepté, y compris par Mitterrand, qui le conforte en 1983. Il fut la condition pour créer l’union économique et monétaire.

«Son mandat est marqué par une hausse sensible des prélèvements, passés de 33,5 % à 39,4 % du PIB durant son mandat. En 1974, Giscard avait indiqué qu’“au-delà de 40 % de prélèvements obligatoires, nous basculerons dans le socialisme”»

Les années Giscard, ce sont aussi celles de l’entrée dans la crise après le premier choc pétrolier, les premiers déficits…

Après la relance de 1975, la France affiche un déficit de 2,75 % de son PIB. Raymond Barre remplace Jacques Chirac à Matignon et s’attaque au redressement des comptes publics. En 1980, il laisse une inflation de 13 % et deux millions de chômeurs (5,5 %), mais les comptes, au sens de Maastricht, sont rétablis. Le déficit de l’Etat est compensé par les excédents de la Sécu. Un équilibre qui a été atteint par une hausse sensible des prélèvements, passés de 33,5 % à 39,4 % du PIB durant son mandat. En 1974, Giscard avait indiqué qu’« au-delà de 40 % de prélèvements obligatoires, nous basculerons dans le socialisme ».

Valéry Giscard d’Estaing a-t-il laissé un héritage fiscal aux Français ?

Il a poursuivi la modernisation de la fiscalité française. Maurice Lauré a créé la TVA en 1954. Peu convaincu, Pierre Mendès France fait d’abord tester cette nouvelle taxe en Algérie. Quand il arrive aux Finances en 1959, Giscard, contre l’avis de son administration, qui appelle à la modération fiscale après la révolte poujadiste, impose la TVA en France. Il la fait même adopter au niveau européen. Il s’est aussi débarrassé de la patente pour la remplacer par la taxe professionnelle.

 

«Bilan politique Giscard: libéral et interventionniste»

 «Bilan politique Giscard:  libéral et  interventionniste»

 

 

Jean-Marc Daniel, professeur d’économie à l’ESCP Europe, fait  le bilan politique de Giscard d’Estaing (dans l’Opinion)

Pour l’économiste Jean-Marc Daniel, les deux ancres libérales de Valéry Giscard d’Estaing furent l’équilibre des comptes publics et le refus d’un impôt sur la fortune.

 

Valéry Giscard d’Estaing a été le seul président de la Ve République à se revendiquer ouvertement libéral. L’était-il vraiment ?

Valéry Giscard d’Estaing était comme beaucoup de hauts fonctionnaires : libéral par principe et interventionniste par habitude. Il a voulu libéraliser l’économie, mais ses deux seules véritables ancres libérales ont été le retour systématique à l’équilibre budgétaire, y compris après le plan de relance de 1975, et le refus de l’impôt sur les grandes fortunes qui aurait pénalisé l’économie. Pour le reste, c’est un ministre des Finances qui a gardé le contrôle des prix et des salaires alors que son administration lui conseillait l’inverse. Il a refusé en 1967 la création de fonds de pension dans les ordonnances de réforme de la Sécurité sociale. Et il avait une vision plutôt conservatrice de l’entreprise. C’est lui qui a enterré le rapport Sudreau de 1975 qui, quarante ans avant le rapport Notat-Sénard, proposait déjà de renforcer la participation ou d’instaurer une forme de cogestion à l’allemande. Giscard était un inspecteur des finances, persuadé qu’il y a une sorte de raison et d’efficacité dans l’Etat.

Quand on lui demandait ce qu’était le « giscardisme », l’ancien Président répondait : « le libéralisme avancé ». Comment définir ce « libéralisme avancé » ?

Valéry Giscard d’Estaing le définit dans Démocratie française : « Une société démocratique moderne, libérale par la structure pluraliste de tous ses pouvoirs, avancée par un haut degré de performance économique, d’unification sociale et de développement culturel. » L’idée, c’est qu’il est possible de dégager en permanence une majorité centriste face aux extrêmes, notamment, pour Giscard, l’extrême-gauche. C’est aussi une attaque contre le conservatisme de De Gaulle. De Gaulle, dont Giscard, vexé après avoir été expulsé de la rue de Rivoli, dénonçait « l’exercice solitaire du pouvoir ». Le « libéralisme avancé » cumulait une composante économique et une réponse aux attentes de la société, qui ont débouché sur la légalisation de l’avortement, le divorce par consentement mutuel — pour lequel il s’est impliqué personnellement —, où bien encore la création d’un secrétariat d’Etat aux Femmes, où il nomma Françoise Giroud. J’ajouterai aussi la fin de l’ORTF pour introduire de la concurrence entre les chaînes et avoir une modalité d’expression plus en conformité avec les attentes de la société.

« Très contesté à ses débuts, le SME est finalement accepté, y compris par Mitterrand, qui le conforte en 1983. Il fut la condition pour créer l’union économique et monétaire »

Que reste-t-il de l’héritage industriel des années Giscard ?

Sur les grands projets industriels, Giscard s’est beaucoup mis dans les traces de ses prédécesseurs. Le développement du nucléaire, par exemple, est lancé par Pompidou et Mesmer. Ingénieur diplômé de l’Ecole polytechnique, il a toujours défendu l’importance du maintien d’une politique industrielle dont l’Etat, et lui-même, étaient l’incarnation. L’administration plaidait plutôt pour libéraliser à l’époque. Lui a gardé la logique des grands corps. Il s’est beaucoup impliqué dans le développement du téléphone. Il a lancé le TVG en 1975. Mais il a aussi stoppé certains grands projets, pas toujours pour le meilleur. Comme le « plan calcul », lancé par de Gaulle dans les années 1960, qui devait permettre à la France de produire ses propres ordinateurs, sans dépendre des Américains. Giscard a décidé de retirer le financement public de la Compagnie internationale pour l’informatique (CII), qui avait racheté Honeywell et Bull, juste au moment où l’on commençait à avoir des retombées positives. Parallèlement, il s’est laissé embarquer dans le minitel, « que le monde nous envie mais que personne n’achète », dira plus tard Mitterrand. Si l’Etat avait persévéré avec la CII, l’Internet que nous connaissons aujourd’hui serait peut-être plus français, plus européen.

L’euro et la Banque centrale européenne nous permettent aujourd’hui de nous endetter sans douleur. C’est aussi ça, l’héritage de Giscard ?

L’Europe a été le domaine où il a été le plus efficace. Au sommet de Brême de 1978, il crée avec le chancelier allemand Helmut Schmidt le système monétaire européen (SME) et l’Ecu, qui déboucheront un quart de siècle plus tard sur l’euro, qui nous a apporté une stabilité monétaire incontestablement. A Brême, on négocie jusqu’au dernier moment avec les Britanniques qui finalement refusent. Trois semaines plus tard se tient à Bonn un G7. France et Allemagne se mettent d’accord pour dire que pour le SME dure, il faut lutter contre l’inflation. Jimmy Carter ferme le débat en affirmant que « l’inflation est un outil » (« Inflation is a tool »). Le chancelier allemand ose reprendre la parole après le président américain pour réaffirmer la volonté européenne. Il se tourne alors vers Giscard pour chercher son soutien. Giscard s’est tu. Très contesté à ses débuts, le SME est finalement accepté, y compris par Mitterrand, qui le conforte en 1983. Il fut la condition pour créer l’union économique et monétaire.

«Son mandat est marqué par une hausse sensible des prélèvements, passés de 33,5 % à 39,4 % du PIB durant son mandat. En 1974, Giscard avait indiqué qu’“au-delà de 40 % de prélèvements obligatoires, nous basculerons dans le socialisme”»

Les années Giscard, ce sont aussi celles de l’entrée dans la crise après le premier choc pétrolier, les premiers déficits…

Après la relance de 1975, la France affiche un déficit de 2,75 % de son PIB. Raymond Barre remplace Jacques Chirac à Matignon et s’attaque au redressement des comptes publics. En 1980, il laisse une inflation de 13 % et deux millions de chômeurs (5,5 %), mais les comptes, au sens de Maastricht, sont rétablis. Le déficit de l’Etat est compensé par les excédents de la Sécu. Un équilibre qui a été atteint par une hausse sensible des prélèvements, passés de 33,5 % à 39,4 % du PIB durant son mandat. En 1974, Giscard avait indiqué qu’« au-delà de 40 % de prélèvements obligatoires, nous basculerons dans le socialisme ».

Valéry Giscard d’Estaing a-t-il laissé un héritage fiscal aux Français ?

Il a poursuivi la modernisation de la fiscalité française. Maurice Lauré a créé la TVA en 1954. Peu convaincu, Pierre Mendès France fait d’abord tester cette nouvelle taxe en Algérie. Quand il arrive aux Finances en 1959, Giscard, contre l’avis de son administration, qui appelle à la modération fiscale après la révolte poujadiste, impose la TVA en France. Il la fait même adopter au niveau européen. Il s’est aussi débarrassé de la patente pour la remplacer par la taxe professionnelle.

 

2022: Après Macron, Le Pen , Mélenchon, le retour aussi de Sarkozy, Hollande….. et pourquoi pas Giscard !

2022: Après Macron, Le Pen , Mélenchon, le retour aussi de Sarkozy, Hollande….. et pourquoi pas Giscard  !

Il ne s’agit sans doute pas de glorifier la jeunesse comme facteur essentiel de crédibilité et de pertinence politique mais force est de constater que la classe politique française est toujours composée de vieilles barbes qu’on retrouve régulièrement lors des grandes rencontres électorales.

 

Ainsi il est probable 2022 on aura encore Macron, Marine Le Pen , Mélenchon mais peut-être aussi Hollande qui se réveille comme futur sauveur de la gauche socialiste, Sarkozy peut-être quand il sera débarrassé de ses casseroles juridiques et pourquoi pas pendant qu’on y est Giscard d’Estaing ?

 

Encore une fois le propos n’est pas de militer pour un personnage ou un courant politique sorti  de nulle part type Macron ou gilets jaunes mais simplement de constater qu’il y a les pires difficultés à renouveler le tissu politique. Pas étonnant en France en particulier, la fonction d’élu a été appropriée par certaines couches sociologiques, la plupart qui sorte des inutiles instituts de politique, qui s’approprient  le pouvoir dans toutes les organisations de la droite comme de la gauche.

 

La politique est devenue un métier qu’on commence à la sortie des les études universitaires et qu’on continue bien au-delà de la normale de la retraite le plus souvent par une confortable fauteuil  au Sénat avec les avantages matériels y afférant.

 

Cette fois encore en France risque d’être particulièrement ambiguë aux élections présidentielles. Une fois encore la question ne sera pas de voter pour quelqu’un mais contre l’autre, celui qu’on ne veut pas. Du coup, l’élu va croire qu’il est mandaté pour appliquer les orientations qu’il a proposées alors qu’il est vainqueur uniquement sur un refus des propositions adverses.

 

L’exemple typique est évidemment celui de Macon élu avec nombre de voix socialistes et qui pratique une politique opportuniste au service d’un libéralisme mal maîtrisé. Rarement dans la vie politique un président de la république aura été aussi impopulaire. Le résultat d’un bais démocratique qui nourrit une ambiguïté fondamentale quant à la légitimité des orientations.

«Merkel, centre de gravité de l’Europe» – ( Giscard d’Estaing)

 «Merkel, centre de gravité de l’Europe» – ( Giscard d’Estaing)

 

Un éloge de Giscard à Merkel dans l’Opinion;

« Lorsque le chancelier Helmut Kohl désigna, à l’époque, Angela Merkel pour lui succéder le moment venu à la chancellerie fédérale, cela a pu sembler une décision imprudente : Angela Merkel, qui avait été élevée en Allemagne de l’Est où son père s’était installé comme pasteur protestant, avait fait de brillantes études en physique et comptait, certes, quelques postes ministériels à son actif, mais elle n’avait que peu d’expérience personnelle de gestion. Avec le recul, ce fût un choix heureux qui démontre une remarquable intuition du chancelier Kohl. Au fil des années, chacun a pu vérifier les qualités éminentes d’Angela Merkel.

La première, c’est une grande capacité à gérer l’économie allemande, tâche dans laquelle elle fût aidée par l’excellent ministre des Finances, Wolfgang Schäuble. Ensemble, ils ont traversé la période difficile qui est en passe de s’achever, en maintenant un niveau d’activité et de compétitivité admirable. Ils ont été amenés à conduire une politique prudente vis-à-vis de l’extérieur, comme l’a mis en lumière la posture de l’Allemagne vis-à-vis de la Grèce lors de la crise de la dette grecque, cette dernière décennie. On a alors reproché à la République fédérale son intransigeance dans l’octroi de l’aide financière à la Grèce.

Grande audace. Dans d’autres circonstances, Angela Merkel a fait preuve d’une grande audace, comme lors de la « crise des réfugiés », en 2015. Elle a annoncé publiquement que l’Allemagne était prête à accueillir plus d’un million de réfugiés, un geste d’une grande générosité mais aussi d’une certaine imprudence, qui a déclenché des réactions négatives, ici ou là, en Allemagne et dans les pays voisins.

Dans la gestion des affaires européennes, Angela Merkel est le chef de gouvernement qui s’est montré le plus déterminé lorsqu’en 2005, la France commit la bêtise de rejeter, par référendum, le projet de Traité constitutionnel. Elle a veillé personnellement à ce que les travaux diplomatiques se poursuivent et que l’on aboutisse au texte, certes imparfait, du Traité de Lisbonne qui retenait la majeure part des améliorations institutionnelles dont l’Union, désormais élargie, avait besoin sans toutefois lui donner la lisibilité que lui aurait conférée le texte unique constitutionnel.

Il y a quarante ans de cela, avec le chancelier Helmut Schmidt, j’ai vécu une période d’intimité franco-allemande qui a, entre autres, permis la création de l’euro. Il convient maintenant de franchir de nouvelles étapes sur le plan fiscal et pour libérer plus complètement encore les échanges entre les Etats membres de ce grand marché. C’est dans ce domaine qu’Angela Merkel pourrait apporter une contribution décisive

Dans la crise sanitaire que nous venons de vivre et qui n’est pas encore terminée, le gouvernement allemand a pris des mesures raisonnables qui ont permis de contenir les effets de l’épidémie et d’épargner les Allemands mieux que les autres citoyens des pays européens.

Depuis début juillet, l’Allemagne exerce la fonction de présidence tournante de l’UE. Il ne faut pas se leurrer, il ne s’agit là que d’une simple présidence administrative et la présidence décisive de l’Union européenne, celle qui impulse son action politique et diplomatique, revient au belge Charles Michel.

Solidarité. Néanmoins, dans la question difficile de l’octroi d’une aide aux pays frappés le plus par le virus, Angela Merkel a joué un rôle décisif : celui d’entraîner les cinq Etats membres encore réticents à un engagement fort. La solidarité étant la clé de voûte de notre Union, elle doit jouer encore plus dans les moments de crise qu’en temps normal car c’est alors que se vérifie qu’elle n’est pas lettre morte.

La chancelière avait d’ailleurs envoyé un signal important à la mi-mai, devant le Bundestag, en se positionnant plus ouvertement que jamais pour davantage de solidarité européenne. Elle y a appelé à une plus grande «intégration» économique et politique de la zone euro, signifiant par-là aux juges de la Cour constitutionnelle allemande que leur charge envoyée contre la Banque centrale européenne ne ferait pas choisir, à l’Allemagne, une voie nationaliste qui risquerait de mener à l’éclatement de l’euro. Quelques jours plus tard, elle présentait, avec le président Macron, une initiative franco-allemande forte pour un plan de relance européen.

Sur cette voie vers un endettement commun, Angela Merkel a pu compter sur un appui vigoureux venant de la France.

Sur notre continent européen profondément désorganisé par la succession des crises économiques et sanitaires, nos pays ainsi que l’Europe ont besoin de grands dirigeants. Ceux nouvellement en place, à la Commission européenne (Ursula von der Leyen) et au Conseil européen (Charles Michel) sont d’excellente qualité. Mais ils ont besoin d’être appuyés par l’expérience et l’autorité de l’ensemble des gouvernements. Qui mieux qu’Angela Merkel, après quinze ans de gestion réussie du plus grand Etat membre de l’UE, pourrait leur apporter ce soutien effectif et éclairé ?

Il y a quarante ans de cela, avec le chancelier Helmut Schmidt, j’ai vécu une période d’intimité franco-allemande qui a, entre autres, permis la création de l’euro. Il convient maintenant de franchir de nouvelles étapes sur le plan fiscal et pour libérer plus complètement encore les échanges entre les Etats membres de ce grand marché. C’est dans ce domaine qu’Angela Merkel pourrait apporter une contribution décisive.

Parce que je l’en crois capable, je forme le vœu qu’Angela Merkel reprenne cette démarche plus opérationnelle qui permettrait à l’Union de franchir l’étape nécessaire à son avenir

Il est rare qu’une personnalité exerce des fonctions souhaitées et attendues par la population. C’est le cas, pour l’Allemagne et pour la France, avec Angela Merkel !

Parfois taxée de lenteur, d’hésitation ou de trop de discrétion dans sa démarche européenne, Angela Merkel sait, au contraire, prendre le temps nécessaire à l’analyse et à la préparation minutieuse d’une solution. Dans cette époque où l’immédiateté et les grandes envolées verbales sont légion, la précision et le pragmatisme sont des qualités devenues rares dont la chancelière peut s’enorgueillir. L’Europe elle-même n’avance-t-elle pas, elle aussi, surtout par temps de crises ? Jean Monnet prévoyait déjà qu’elle ne se construirait pas autrement que par de petits pas successifs…

Union fiscale. Parce que je l’en crois capable, je forme le vœu qu’Angela Merkel reprenne cette démarche plus opérationnelle qui permettrait à l’Union de franchir l’étape nécessaire à son avenir : celle de l’Union fiscale et de la mise en commun d’une partie de la dette publique.

On disait la chancelière affaiblie, en cette fin de mandat. La gestion exceptionnelle de la crise sanitaire a, au contraire, redoré son blason. Son rôle sera positif. Ses derniers agissements ont montré qu’in fine, elle choisit toujours l’Europe.

Je souhaite qu’elle reste longtemps encore près du centre de gravité décisionnel où se forment les changements dont l’Europe de demain a grand besoin ! »

Valéry Giscard d’Estaing, ancien président de la République.

Giscard d’Estaing dénonce la politique du président des riches !

Giscard d’Estaing dénonce la politique du président des riches !

 

Une surprenante et sévère mise en garde de Giscard d’Estaing vis-à-vis de la politique du président des riches. Certes Macron n’est jamais cité nommément mais Giscard d’Estaing met en cause les inégalités croissantes, le pouvoir de l’argent et le manque de démocratie. On aurait pu s’attendre à une telle charge de la part de l’excessif Mélenchon mais c’est un ancien président, libéral de surcroît, qui le dit. Pour lui,  le pouvoir de l’argent devient intolérable et n’a jamais eu une telle ampleur ni un tel rythme. Des propos qui n’émanent pas d’un responsable en recherche de popularité pour une élection mais peut-être celui d’un sage qui se rend compte que les excès du président des riches mettent en cause la démocratie elle-même et la justice sociale.  Toujours au fait de l’actualité malgré ses 92 ans, Valéry Giscard d’Estaing s’inquiète notamment du pouvoir de l’argent, qui tend à s’accroitre ces dernières années. «L’enrichissement des plus riches est plus rapide qu’il ne l’a jamais été. Personne ne proteste. C’est très étrange», a-t-il déclaré. Avant de préciser «dans une société où l’argent a le pouvoir, les éléments de culture s’infléchissent en direction de la demande de cette société».

L’ancien hôte de l’Élysée en a profité pour avertir son successeur. Valéry Giscard d’Estaing pointe du doigt le décalage entre les élites et le peuple. Il a notamment plaidé pour davantage d’écoute de la part de la classe politique. «Dans toutes les élections qui vont venir, ce sont les éléments populaires qui vont monter», a-t-il assuré. Il est nécessaire selon lui de «rouvrir davantage le système pour que les formes d’expressions et de jugement soient plus complètes», plutôt que «d’écraser l’expression populaire». Des conseils qui semblent directement adressés à l’actuel occupant du palais de l’Élysée.

Après Hollande 2022 ? Le retour aussi de Sarkozy et de Giscard !

Après Hollande 2022 ? Le retour aussi de Sarkozy et de Giscard !

  • La mode est au vintage y compris en politique. La preuve cette campagne Hollande 2022 que soutient et explique le député Joaquim Puyeo.  Pourquoi pas aussi Sarko 2022, voire Joaquim Pueyo est député socialiste de l’Orne interviewé dans le Figaro.

A la veille de la rentrée, quel est le bilan de santé du PS?

JOAQUIM PUEYO.- Il y a eu un véritable cyclone il y a un an. Face à une telle situation, ça ne peut que s’améliorer. La situation est toujours délicate et les dégâts sont encore très importants. Toute la construction est encore à refaire. Le nouveau premier secrétaire Olivier Faure a conscience des difficultés. Je crois qu’il est en capacité de rassembler. Sa démarche est positive.

 

Les élus socialistes ont rendez-vous à La Rochelle la semaine prochaine, mais sans les militants…

Nous ne sommes pas actuellement en état de marche pour organiser une université d’été. Cependant d’autres formes de rendez-vous se mettent en place, d’une manière participative.

 

Olivier Faure a proposé à un belge, Paul Manette, de mener la liste PS aux élections européennes. Est-ce une bonne idée?

Avant de désigner une tête de liste je veux voir le contenu du projet. Je souhaite une Europe plus forte sur la défense, le contrôle des frontières et une politique qui évite une concurrence déloyale entre les pays de l’Union européenne. Nommer une tête de liste qui n’est pas de l’Hexagone, pourquoi pas, mais j’attends surtout que la tête de liste soit capable de mobiliser des hommes et des femmes qui croient au rôle de l’Europe.

François Hollande multiplie les apparitions médiatiques. Quelles leçons tirez-vous du succès de son livre?

Je l’ai reçu à Alençon où il a dédicacé son livre. Il y avait beaucoup de monde et il a pris beaucoup de temps pour expliquer son bilan. J’apprécie sa sincérité, son intégrité, son honnêteté. Il a probablement fait des erreurs sur la forme et le calendrier des réformes, j’en ai conscience. Mais il a quand même su gérer des crises importantes. Quant à ses mesures économiques, on a peut-être mis du temps à en percevoir les fruits mais ils sont arrivés à la fin de l’année 2016 puis en 2017. On ne peut pas dire que son quinquennat a été raté. Même si quelques fois, son humanité lui a joué des tours.

Certains entretiennent l’idée d’un retour de l’ancien président en 2022…

Hollande 2022? Oui ça me parle! S’il souhaite revenir et que les conditions le permettent, je le soutiendrai. Moi je reste fidèle à François Hollande. Je pense que les Français ont été sévères et injustes à son endroit. Mais il a toujours été à leur écoute. Il a été moqué car on a dit que c’était un président normal… Eh bien moi j’aime bien les présidents normaux. Maintenant, laissons les choses se faire. Il est encore trop tôt pour imaginer l’avenir.

Après l’affaire Benalla, l’opposition aborde-t-elle cette rentrée en meilleure forme?

Ça sera plus simple, oui. A travers l’affaire Benalla, l’opinion publique a compris que le Parlement a un rôle à jouer et que l’opposition est nécessaire dans une démocratie. Les oppositions ont joué leur rôle cet été et continueront à le faire, notamment lorsqu’il s’agira de reprendre l’examen de la réforme constitutionnelle.

Jean-Luc Mélenchon a décidé d’inviter des députés de différents partis à son université d’Eté, à Marseille. Les socialistes ont-ils raison de s’y rendre?

C’est très bien de répondre à cette invitation. Ça ne veut pas dire que l’on va accepter tout ce qu’il propose. Il faut écouter et rappeler nos nuances, je pense notamment à l’Europe où on a des différences importantes.

Emmanuel Macron à Chambord : Napoléon IV ou Giscard ?

Emmanuel Macron à Chambord : Napoléon IV ou Giscard ?

 

 

 

À force de vouloir sacraliser  la fonction de président de la république, on peut se demander si Macron n’en fait pas un peu trop. La petite fête familiale organisée à Chambord témoigne d’un goût  douteux. Certes,  cette fonction présidentielle avait été notoirement affaiblie par Hollande et Sarkozy. Pour autant, le recours à certains symboles monarchiques ne concourt pas à une réelle modernisation de la démocratie. Il est clair que Macron avec sa jeunesse, sa détermination et son réformisme a apporté un vent nouveau dans le paysage politique. Toutefois sa posture, parfois jupitérienne, témoigne d’une  vision quasi monarchique du pouvoir. À sa défense tout dans les institutions révèle que la France a choisi un régime de monarchie républicaine. Tout procède président de la république, le Parlement et le gouvernement sont aux ordres de l’Élysée. Il est vrai que cette stabilité politique à évité  à la France les soubresauts politiciens de la IVe République. Mais Macron serait bien avisé de ne pas en faire des tonnes pour imposer son autorité car l’autorité de la politique vaut  toujours mieux que la politique d’autorité et les formes de sa représentation. Encore jeune, Macron se laisse parfois griser par les parfums pouvoir. On objectera qu’il tente parfois de rééquilibrer sa posture jupitérienne avec une politique de communication de type giscardien. Ainsi sa dernière interview hier sur France 2 qui voulait témoigner de la modernité et du mouvement. Ce qu’avait tenté aussi Giscard d’Estaing jusqu’à ce qu’on se  lasse de la surdose de communication. Le choix pour Macron n’est sans doute pas entre Napoléon IV ou Giscard mais dans une posture plus sobre qui s’impose seulement par la cohérence et l’efficacité d’une politique davantage que par des symboles désuets et critiquables.

Macron à Chambord : Napoléon IV ou Giscard ?

Macron à Chambord :  Napoléon IV ou Giscard ?

 

 

 

À force de vouloir sacraliser  la fonction de président de la république, on peut se demander si Macron n’en fait pas un peu trop. La petite fête familiale organisée à Chambord témoigne d’un coup d’un goût parfois  douteux. Certes,  cette fonction présidentielle avait été notoirement affaiblie par Hollande et Sarkozy. Pour autant, le recours à certains symboles monarchiques ne concourt pas à une réelle modernisation de la démocratie. Il est clair que Macron avec sa jeunesse, sa détermination et son réformisme a apporté un vent nouveau dans le paysage politique. Toutefois sa posture parfois jupitérienne témoigne d’une  vision quasi monarchique du pouvoir. À sa défense tout dans les institutions révèle que la France a choisi un régime de monarchie républicaine. Tout procède président de la république, le Parlement et le gouvernement sont aux ordres de l’Élysée. Il est vrai que cette stabilité politique à évité  à la France les soubresauts politiciens de la IVe République. Mais Macron serait bien avisé de ne pas en faire des tonnes pour imposer son autorité car l’autorité de la politique vaut  toujours mieux que la politique d’autorité et les formes de sa représentation. Encore jeune, Macon se laisse parfois griser par les parfums pouvoir. On objectera qu’il tente parfois de rééquilibrer sa posture jupitérienne avec une politique de communication de type giscardien. Ainsi sa dernière interview hier sur France 2 qui voulait témoigner de la modernité et du mouvement. Ce qu’avait tenté aussi Giscard d’Estaing jusqu’à ce qu’on se  lasse de la surdose de communication. Le choix pour Macron n’est sans doute pas entre Napoléon IV ou Giscard mais dans une posture plus sobre qui s’impose seulement par la cohérence et l’efficacité d’une politique davantage que par des symboles désuets et critiquables.

Macron : le syndrome Giscard ?

 

Macron : le syndrome Giscard ?

 

 

Matthias Fekl, l’ancien ministre qui a été collègue de Macon Hollande évoque le risque du syndrome Giscard pour le président de la république. De fait,  il y a quelques points communs entre Macron et Giscard. Giscard était aussi un président de la république très jeune, affichant modernisme et transgression appuyés sur une politique de communication massive. Finalement les Français se sont lassés de ce jeunisme, des promesses de modernité virtuelle et d’une politique de communication trop assourdissante. La vérité c’est que la France n’a pas beaucoup changé sous Giscard hormis sur certains aspects sociétaux. Il pourrait en être de même Macron estime Matthias Fekl.  Dans Libération ce vendredi, le socialiste distribue les bons et les mauvais points au président de la République. S’il salue l’«ambition forte» du discours du chef de l’État sur l’Europe prononcé à la Sorbonne, Matthias Fekl déplore des «premier résultats décevants», citant le dossier des travailleurs détachés. «Tous ceux qui veulent la pérennité du projet européen doivent œuvrer à faire correspondre les discours, les ambitions et les résultats concrets», souligne le conseiller régional de Nouvelle-Aquitaine. Sur le plan intérieur, l’ancien ministre observe une politique «classiquement de droite», «avec un budget injuste et des cadeaux fiscaux pour les plus aisés». «Au final, cette droite moderne et décomplexée me fait penser à une sorte de giscardisme 2.0, à ce stade sans modernisation sociétale», explique ce social-démocrate convaincu, qui critique des «coups de communication permanents, trop souvent relayés avec complaisance par les médias». Pour cet élu europhile, l’Europe doit s’affirmer «comme le premier continent de la démocratie, de l’écologie et [comme] une puissance publique capable de fixer des règles d’intérêt général». «L’exécutif français réfléchit aux modalités du scrutin européen de 2019:

 




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