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Maintien de l’ordre «Gilets jaunes»: l’armée, pourquoi pas la bombe atomique !

Maintien de l’ordre «Gilets jaunes»: l’armée, pourquoi pas la bombe atomique !

 

 

 

Les responsables des principaux partis politiques se sont étripés sur BFM  notamment sur la perspective de solliciter l’armée pour maintenir l’ordre lors des manifestations de gilets jaunes. Pas vraiment étonnant car cette orientation suscite pour le moins des interrogations. Elle révèle d’abord l’ampleur de la crise : une double crise, celle des gilets jaunes et plus largement du mécontentement social mais aussi une crise de gouvernance. La plupart des experts en sécurité considèrent en effet que ce gouvernement  fait preuve d’un grand amateurisme pour s’opposer aux violences et arrêter les responsables. Si l’on en croit le ministère de l’intérieur les casseurs en cause ne représentent pas plus de 2000 personnes au maximum, ils sont même identifiés avant même les manifestations en tout cas quantitativement. Comment comprendre que l’ensemble des forces de police et de gendarmerie ne parvienne pas à réduire à néant les velléités destructrices de ces individus. De quoi s’inquiéter pour la sécurité du pays voire pour la sûreté. Le problème central c’est que ce pouvoir ne s’est pas entouré des compétences nécessaires car le maintien de l’ordre est une affaire de spécialistes et non d’amateurs comme ceux qui entourent aussi bien Macron que Castaner. Pour preuve cette conception très évolutive de la politique du maintien de l’ordre selon les semaines avec parfois une recherche dangereuse du contact systématique avec les manifestants et de l’autre un laxisme qui laisse les plus radicaux détruire biens publics et commerces. Comment un pays comme la France peut-il se montrer incapable de stopper 1500 à 2000 extrémistes ? Le recours à l’armée pose donc interrogations. D’abord quant au symbole qu’il représente car cela caractérise un niveau de gravité sociale et politique. Ensuite quant à l’efficacité. En effet d’après tous les spécialistes, le maintien de l’ordre est un métier pour lequel la gendarmerie et la police sont formés. Ce n’est pas le cas de l’armée qui elle est formée pour se défendre et tuer l’ennemi s’il le faut. Cet appel à l’armée  revêt sans doute aussi un caractère politique pour mordre sur la forte demande d’ordre qui se réfugie dans les partis politiques radicaux.

 

«Gilets jaunes»: Bayrou pour un «changement de gouvernance»… et de gouvernement

«Gilets jaunes»: Bayrou pour un  «changement de gouvernance»… et de gouvernement

 

D’une certaine manière, c’est une double critique qu’adresse François Bayrou à Emmanuel Macron en mettant en cause la nature de la gouvernance mais aussi sans doute certaines personnalités du gouvernement. La critique est très sévère puisque François Bayrou considère en effet qu’Emmanuel macro qui avait suscité beaucoup d’espoir n’a provoqué en fait aucun changement dans la culture du pouvoir. Certes il dédouane Emmanuel Macron en considérant que cette crise couvait depuis des décennies et qu’on ne saurait en imputer la responsabilité au président de la république. Cependant en même temps, il constate que cette culture centralisée, technicienne et gestionnaire est responsable de la crise. Autant dire qu’il s’adresse là aussi directement à Macron autant qu’au Premier ministre ou à son ministre des finances. Bayrou pointe le manque de vision et souhaite la «redéfinition du projet national de la France et des Français».

. François Bayrou vise particulièrement Édouard Philippe même s’il n’est pas explicitement cité, indirectement il s’adresse aussi à Macron et à son entourage. Pour atténuer ces critiques, François Bayrou donne acte du virage social de Macron en décembre mais met en demeure le gouvernement de donner des suites concrètes au grand débat dont il approuve particulièrement le principe mais dont il doit craindre l’effet boomerang faute de décision à la hauteur des enjeux.

 

Violences « Gilets jaunes »: une réponse ambigüe

Violences « Gilets jaunes »: une réponse ambigüe

La réponse du gouvernement après les violences qui se sont produites notamment Champs-Élysées apparaît à la fois molle et ambiguë. Ambiguë d’abord, parce qu’elle désigne Le préfet de Paris Michel Delpuech comme principal responsable des dysfonctionnements. Cela pour le remplacer par le préfet d’Aquitaine qui il faut bien le constater n’a pas mieux réussi à endiguer les débordements à Bordeaux. La seconde ambiguïté tient à l’interdiction des manifestations sur certaines artères en cas de présence de casseurs. Le risque est de déplacer géographiquement les violences sans pour autant pouvoir les empêcher. Enfin on va augmenter l’amende pour participation à des manifestations interdites Dès samedi prochain, les manifestations dans les quartiers les plus touchés par les violences, comme les Champs-Elysées à Paris, la place Pey-Berland à Bordeaux et la place du Capitole à Toulouse, seront donc interdites si des éléments radicaux sont présents. Les forces de l’ordre “procéderont à la dispersion immédiate de tous les attroupements”, a dit Edouard Philippe. Le montant de la contravention encourue pour participation à une manifestation interdite, 38 euros actuellement, sera quant à lui “nettement augmenté”. Concernant la doctrine de maintien de l’ordre, qui avait déjà été modifiée après les violences du 1er décembre sur les Champs-Elysées, elle n’a “pas été correctement exécutée”, a reconnu Edouard Philippe, et sera donc renforcée. “Pour obtenir l’efficacité sur le terrain que nous n’avons pas obtenue samedi”, le maintien de l’ordre va être “réorganisé en accordant une plus grande autonomie aux forces sur le terrain qui seront à Paris “placées sous un commandement unifié et dotées d’une large capacité d’initiative”, a-t-il précisé.

Les détachements d’action rapide vont être transformés en unités anticasseurs “dotées d’une capacité de dispersion et d’interpellation” susceptible d’intervenir rapidement. Les annonces du Premier ministre, notamment le limogeage du préfet de Paris, ont été accueillies avec scepticisme par l’opposition de droite. Pour Damien Abad, vice-président des Républicains, “celui dont la responsabilité doit être engagée, c’est le ministre de l’Intérieur, ce n’est pas le préfet de police de Paris, qui est fusible idéal, un lampiste”.

Débordements « Gilets jaunes »: une violence voulue ?

Débordements « Gilets jaunes »: une violence voulue ?

 

On peut légitimement s’interroger pour savoir qui profite  de cette violence et si cette dernière n’est pas finalement souhaitée voir encouragée. Ce qu’il faut observer c’est  que  l’hystérisation  est savamment entretenues entre le gouvernement  et certains gilets jaunes. Comme ces violences sont largement médiatisées, elles permettent au gouvernement de discréditer la totalité du mouvement des gilets jaunes. Castaner  et d’autres ne se privent pas d’entretenir ce climat d’affrontement n’hésitant  pas même à traiter d’assassins non seulement les fauteurs de troubles mais tous les participants au défilé. « Ils viennent pour tuer » ont-ils déclaré de manière complètement irresponsable. Ce qui est en cause aussi c’est  la politiques de maintien de l’ordre avec cette recherche permanente du contact avec les manifestants qui répliquent et réciproquement. Justement une politique qu’on se refuse à appliquer dans des pays voisins comme en Grande-Bretagne ou en Allemagne. S’ajoute à cela l’utilisation de moyens comme les flashballs  et les grenades de désencerclement qui sont des armes de guerre et non des outils pour gérer les manifestations. Castaner  lui-même a reconnu qu’il convenait de changer de méthode. Il serait temps. Dans cette affaire le ministre de l’intérieur a montré une grande incompétence, une grande irresponsabilité. Par exemple quand il identifie à l’avance des casseurs en indiquant jusqu’au nombre précis sans pour autant prendre les mêmes moyens adéquates pour les isoler du reste des manifestants. Visiblement l’ancien joueur de poker qui opérait dans le milieu dans sa jeunesse n’a pas sa place pour gérer un poste qui demande un grand sens de l’intérêt général et de l’équilibre des moyens à employer. Il paraît évident que ces dérapages violents servent la cause du gouvernement qui en profite par amalgame pour considérer tous les gilets jaunes comme des voyous. Mais on ne peut ignorer non plus la responsabilité des leaders des gilets jaunes qui eux aussi tombent dans le piège de la provocation et de l’hystérisation. N’importe quelle organisation responsable d’une manifestation doit en effet aussi en n’assumer les conséquences. Or le refus de toute organisation, de toute coordination laisse les manifestants sans encadrement. Ce qui permet tous les débordements au plus fous et aux casseurs professionnels. De ce point de vue, aucune manifestation ne devrait être tolérée tant que les organisateurs ne sont pas en capacité de l’encadrer. Ou alors se situe dans un environnement insurrectionnel. Le problème c’est que si un nombre encore important de Français soutiennent les gilets jaunes par contre ils condamnent nettement les débordements voir les déclarations irresponsables de certains gilets jaunes comme par exemple le remplacement de Macron par un militaire !

« Gilets jaunes »: une violence voulue ?

« Gilets jaunes »: une violence voulue ?

 

On peut légitimement s’interroger pour savoir qui profite  de cette violence et si cette dernière n’est pas finalement souhaitée voir encouragée. Ce qu’il faut observer ces que  l’hystérisation  est savamment entretenues entre le gouvernement  et certains gilets jaunes. Comme ces violences sont largement médiatisées, elles permettent au gouvernement de discréditer la totalité du mouvement des gilets jaunes. Castaner  et d’autres ne se privent pas d’entretenir ce climat d’affrontement n’hésitant  pas même à traiter d’assassins non seulement les fauteurs de troubles mais tous les participants au défilé. « Ils viennent pour tuer » ont-ils déclaré de manière complètement irresponsable. Ce qui est en cause aussi c’est  la politiques de maintien de l’ordre avec cette recherche permanente du contact avec les manifestants qui répliquent et réciproquement. Justement une politique qu’on se refuse à appliquer dans des pays voisins comme en Grande-Bretagne ou en Allemagne. S’ajoute à cela l’utilisation de moyens comme les flashballs  et les grenades de désencerclement qui sont des armes de guerre et non des outils pour gérer les manifestations. Castaner  lui-même a reconnu qu’il convenait de changer de méthode. Il serait temps. Dans cette affaire le ministre de l’intérieur a montré une grande incompétence, une grande irresponsabilité. Par exemple quand il identifie à l’avance des casseurs en indiquant jusqu’au nombre précis sans pour autant prendre les mêmes moyens adéquates pour les isoler du reste des manifestants. Visiblement l’ancien joueur de poker qui opérait dans le milieu dans sa jeunesse n’a pas sa place pour gérer un poste qui demande un grand sens de l’intérêt général et de l’équilibre des moyens à employer. Il paraît évident que ces dérapages violents servent la cause du gouvernement qui en profite par amalgame pour considérer tous les gilets jaunes comme des voyous. Mais on ne peut ignorer non plus la responsabilité des leaders des gilets jaunes qui eux aussi tombent dans le piège de la provocation et de l’hystérisation. N’importe quelle organisation responsable d’une manifestation doit en effet aussi en n’assumer les conséquences. Or le refus de toute organisation, de toute coordination laisse les manifestants sans encadrement. Ce qui permet tous les débordements au plus fous et aux casseurs professionnels. De ce point de vue, aucune manifestation ne devrait être tolérée tant que les organisateurs ne sont pas en capacité de l’encadrer. Ou alors se situe dans un environnement insurrectionnel. Le problème c’est que si un nombre encore important de Français soutiennent les gilets jaunes par contre ils condamnent nettement les débordements voir les déclarations irresponsables de certains gilets jaunes comme par exemple le remplacement de Macron par un militaire !

Gilets jaunes : on ne forme pas un militant en quelques semaines

Gilets jaunes : on ne forme pas un militant en quelques semaines

 

Les gilets jaunes ont eu le mérite de faire émerger la colère contre l’injustice fiscale et sociale. Mais  les inconséquences des leaders autoproclamés vont tuer le mouvement. Faute de structuration, ces leaders autoproclamés n’existent que grâce à la bienveillance des médias. Le problème c’est que ces responsables n’ont aucune légitimité démocratique et surtout aucune expérience sociale et militante. Les partis politiques comme les syndicats ne sont pas sans défauts mais ils savent que pour former un militant il faut un minimum de 5à 10 ans d’abord pour se rôder au rite démocratique d’une organisation de masse, d’autre part pour se former et s’approprier la problématique socio- économique. Or la plupart des leaders des gilets jaunes n’ont pour idéologie qu’un ego surdimensionné qui brasse des concepts idéologiques souvent sulfureux. Ils n’ont aucune expérience de la conduite d’un mouvement de masse et ne cesse d’accumuler les erreurs qui conduiront à l’extinction totale du mouvement. Les gilets jaunes sont engagés dans une spirale infernale bien connue dans les mouvements sociaux à savoir que plus la participation diminue et plus les radicaux durcisse le mouvement écartant encore un peu plus la participation des plus modérés. Il y a deux manières de tuer un mouvement, soit de l’arrêter brutalement sans obtenir la moindre satisfaction ce qui provoque évidemment déception et rancœur. Une autre consiste à utiliser l’épuisement des troupes. Ce que pratiquent régulièrement les gauchistes dans les mouvements sociaux d’entreprise. De toute manière pour eux ce ne sont pas les résultats qui comptent mais le nombre de nouveaux pseudos révolutionnaires qui viennent renforcer leurs micros organisations. On objectera que les pouvoirs publics portent aussi une grave responsabilité car il y a longtemps que le gouvernement aurait dû solliciter les corps intermédiaires organiser une vraie négociation débouchant sur des perspectives concrètes. Au lieu de cela, on a choisi le dialogue direct avec l’opinion en organisant un grand débat, certes pas tout à fait inutile, mais dont le débouché ne pourra conduire qu’à une immense déception compte tenu de l’écart immense entre les espérances et les marges de manœuvre du gouvernement. D’une certaine manière la gestion de ce mouvement social aura  été calamiteuse tant de la part des leaders autoproclamés des gilets jaunes que de la part du gouvernement.

Gilets jaunes européennes : Ingrid Levavasseur abandonne définitivement

Gilets jaunes européennes : Ingrid Levavasseur abandonne définitivement  

 

 

 

 

 

La perspective de listes politiques de gilets jaunes aux élections européennes perd chaque jour un peu plus de crédibilité. Lors  des premières évaluations on prévoyait un score de l’ordre de près de 15 % pour les gilets jaunes à cette échéance européenne. Aujourd’hui les sondages n’accordent plus que 3 % qui en outre devront être réparti entre plusieurs listes éventuelles. En tout cas, la liste dite RIC qui devait être conduite par l’aide-soignante Ingrid le Vavasseur a éclaté en vol. En cause des divergences internes liées à la trop grande diversité des sensibilités idéologiques : de l’extrême droite à l’extrême gauche en passant par l’apolitisme, le populisme et les radicaux. Mais la question centrale qui se pose est de savoir si un mouvement social qui fondamentalement constitue une sorte de syndicat de citoyens doit ou non entrer en politique. C’est la même problématique qui s’est posée aux syndicats de salariés. Un syndicat de citoyens a pour objet de faire émerger des revendications si possibles cohérentes et de négocier avec le pouvoir. Or certains gilets jaunes voulaient entrer dans un système politique qu’il dénonce par ailleurs. Une double contradiction qui sans doute finira par tuer le mouvement partagé entre la priorité des revendications sociales et la priorité des objectifs politiques type RIC. Beaucoup de bruit pour rien, finalement, autour d’Ingrid Levavasseur. Figure du mouvement des «gilets jaunes», la jeune femme de 31 ans, très médiatisée ces derniers temps, renonce à constituer une liste pour les élections européennes, et acte ainsi sa sortie de la vie politique. Cette aide-soignante de 31 ans, l’une des figures de proue de la contestation populaire, devait d’abord figurer en tête de la liste RIC (ralliement d’initiative citoyenne) le 26 mai prochain.

Après des désaccords et beaucoup de critiques internes, elle avait préféré renoncer, le 13 février, mais restait déterminée à porter les idées des «gilets jaunes» jusqu’à Bruxelles. «Je pourrais tout arrêter et me concentrer sur mes proches et ma petite vie, mais ce serait briser tout l’espoir que vous avez en moi, et que vous me témoignez par des messages d’encouragement à ne pas baisser les bras», déclarait-elle dans une lettre ouverte publiée sur Facebook (la page n’est désormais plus accessible). Mais quelques semaines plus tard, la militante jette finalement l’éponge. D’après RTL, la décision a été prise ce week-end, constatant son incapacité à fédérer les différentes sensibilités qui composent le mouvement des «gilets jaunes». Invitée de BFM TV, le 8 mars dernier, Ingrid Levavasseur regrattait les «égos démesurés qui empêchent le mouvement d’évoluer». Dressant un bilan anticipé de sa courte incursion sur la scène politique, elle reconnaissait avoir voulu aller «trop loin, trop vite, trop tôt», mais s’interrogeait sur ce qu’elle avait pu faire pour susciter une telle hostilité. La jeune femme ne sera donc pas celle qui réussira à unir la contestation populaire des «gilets jaunes». Alors qu’il existe déjà cinq listes issues du mouvement, la seule estampillée «gilets jaunes» n’est créditée que de 3% des intentions de vote, selon un récent sondage Harris.

Gilets jaunes: pour 65% des Français, Macron n’a pas rien compris

Gilets jaunes: pour 65% des Français, Macron n’a pas rien  compris

 

La popularité d’Emmanuel Macron semble se redresser mais   61 % des Français ont toujours une mauvaise opinion du président. En outre, 65% estiment qu’il « ne semble toujours pas comprendre la gravité de la crise politique et sociale », selon un sondage Viavoice diffusé ce lundi *. Le Premier ministre Edouard Philippe gagne pour sa part 3 points au cours de la même période, avec 28% de bonnes opinions également et 61% (-5) d’avis négatifs, selon cette enquête pour Libération. Dans le même temps, le soutien au mouvement des gilets jaunes a nettement reculé, avec 36% (-17 depuis décembre) des Français qui le soutiennent, 35% (+4) qui le comprennent « sans le soutenir » et 20% (+10) qui y sont globalement opposés. Pour 63%, le mouvement doit « arrêter les manifestations et trouver d’autres modes d’action », contre 30% d’un avis contraire. Seuls 28% pensent qu’Emmanuel Macron a compris la gravité de la crise actuelle et 38% (contre 46%) estiment que sa décision de convoquer un « grand débat national » était « la bonne réponse à apporter ».

* Enquête réalisée en ligne les 19 et 20 février auprès de 1.004 personnes de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Marge d’erreur de 1,4 à 3,1 points.

Gilets jaunes: l’hystérisation du débat entre réactionnaires condescendants et populistes primaires

Gilets jaunes:  l’hystérisation du débat entre réactionnaires condescendants et populistes primaires

 

Le moins que l’on puisse dire c’est que le débat manque de sérénité pour aborder les problèmes majeurs de la société en France. Certes la plupart des Français ne tombent  pas dans le piège de l’affrontement stérile et simplificateur mais force est de constater que les médias mettent surtout en valeur les propos des réactionnaires condescendants face à ceux des populistes primaires. Parmi les élites médiatiques, on compte nombre de réactionnaires condescendants qui estiment que les gilets jaunes par exemple doivent maintenant se taire, qu’ils ont été assez entendus puisqu’on leur a accordée presque 10 milliards. Une espèce de réflexe corporatiste des élites (ou de ceux qui croient en faire parti parce que médiatiquement connus). La remise en cause d’une parcelle de l’autorité de ces élites prend soudain des allures de faction ou de révolution. Et de s’appuyer sur la légitimité d’une élection dont pourtant chacun sait qu’elle est surtout le résultat d’une opposition au Front National et non d’une adhésion à l’ultra libéralisme de Macron. Pour preuve, ces élites refusent toute perspective d’une nouvelle consultation électorale par exemple concernant l’assemblée nationale. Une hypothèse qui serait pourtant susceptible de donner une légitimité incontestable à la majorité qui en sortirait. Du coup, on accuse les opposants au pouvoir de tous les maux notamment les gilets jaunes. C’est tout juste s’ils ne sont pas responsables de la dégradation de la croissance qui pourtant a commencé début 2018 et qui s’affaisse dans le monde entier haut au point peut-être de frôler la récession. En face des populistes primaires qui ont sans doute raison de se plaindre de la situation sociale des plus défavorisés mais dont  l’argumentation ne résiste pas à la moindre analyse. En cause, l’ignorance de la problématique économique, le manque d’expérience politique et l’absence de passé social. Du coup, on attaque tout en vrac mais sans mettre le doigt sur les vrais facteurs explicatifs de la mauvaise gestion du pouvoir en place (exemple l’absence d’évaluation du CICE qui aura coûté 40 milliards sur une année dont on ne connaît pas ni les effets économiques ni les effets sociaux). Bref une gestion macro-économique à la louche qui fait abstraction des spécificités des branches voir des zones géographiques. L’affrontement se caractérise alors par une violence verbale nourrie d’idéologies. Le problème c’est que le gouvernement lui-même n’est pas incapacité de rétablir un minimum de sérénité et d’élever le débat. Au contraire, il utilise aussi l’anathème et la provocation comme les extrémistes populistes qui se réfugient dans le simplisme. De ce point de vue, le débat direct voulu depuis le début de mandat entre Macron et les citoyens constituent une catastrophe et une caricature de démocratie.

Une nouvelle liste politique « Gilets jaunes »

Une nouvelle liste politique   »Gilets jaunes »

Encore une initiative pour le moins malheureuse de la part d’un leader auto proclamé des gilets jaunes. Cette fois dune initiative de” Christophe Chalençon, un responsable aux déclarations parfois particulièrement sulfureuses proposant par exemple de remplacer Macron par un pouvoir militaire. ! Ce n’est pas la première fois que les gilets jaunes tentent de donner un prolongement politique à leur mouvement. Une autre initiative, celle d’Ingrid Levavasseur, la liste RIC, a explosé en vol. La question fondamentale est en effet de savoir si les gilets jaunes sont un mouvement social ou un mouvement politique. Il y a une différence de taille qui alimente d’ailleurs les divergences internes au mouvement. Les gilets jaunes constituent sans conteste une sorte de mouvement social, un syndicat de citoyens aux sensibilités politiques et aux compositions sociologiques assez différentes. Un syndicat de citoyens n’a pas nécessairement pour objet de définir un programme politique mais de faire émerger des revendications arbitrées ensuite par le système politique. Or les gilets jaunes dans leur majorité contestent ce système politique auquel ils ne reconnaissent pas de légitimité. Leur entrée en politique constitue une sorte de contradiction. En effet, ils ne peuvent guère espérer que quelques pour cent et seront donc contraints de passer des alliances avec les autres partis. Des compromis, voire des compromissions sans parler  des déviances personnelles des leaders. Cette énième tentative de créer un parti politique pourrait bien contribuer à tuer définitivement le mouvement surtout quand c’est inspiré par des leaders aussi sulfureux

Gilets jaunes: tassement or not tassement ?

 Gilets jaunes: tassement or not tassement ?

Il y  aurait un net tassement de participation, c’est en tout cas le message transmis par le ministère de l’intérieur et repris par tous les médias. -A 14h00, le nombre de manifestants était de 5.600 dont 1.320 à Paris selon le ministère de l’Intérieur, des chiffres divisés par deux par rapport à la semaine dernière à la même heure (11.600 et 4.000 respectivement). Observons d’abord que des chiffres de manifestants à 14 heures n’ont aucune signification puisque en général la mobilisation commence à peine. Remarquons également le degré de précision des chiffres de Castaner  capable de compter jusqu’à l’unité le nombre de manifestants à Paris ! En fin de journée, le ministère de l’intérieur a compté 46 000 personnes au lieu de 41 000. Une légère diminution d’ailleurs confirmée par les gilets jaunes eux-mêmes. Ce samedi, en début de soirée, les gilets jaunes ont publié leurs propres chiffres. Ils assurent avoir été 92.035 à manifester en France dans la journée. La semaine dernière, ils avaient posé le chiffre de 123.087. Il n’est pas anormal que le mouvement se prolongeant on constate un affaiblissement de la participation. Plusieurs raisons à cela d’abord le matraquage politique du gouvernement qui assimile tous les manifestants à des voyous. Qui les rend même responsable d’après Macron des violences. Certains gouvernements n’hésitent même pas à considérer que les gilets jaunes viennent là pour tuer ! Bref une hystérisation qui n’est pas de nature à apaiser le climat et qui montre quand même un certain désarroi de la part du pouvoir. Par ailleurs, il n’est pas anormal que la mobilisation se tasse dans la mesure où les gilets jaunes eux-mêmes ont un peu de difficulté à finaliser leurs priorités entre les enjeux objectifs sociaux de départ et des objectifs plus politiques.

AU PIF, moins 0.2% de croissance à cause des gilets jaunes !

AU PIF, moins 0.2% de croissance à cause des gilets jaunes !

Il fallait s’y attendre le bouc émissaire est trouvé pour la baisse de croissance qui a affecté la France. La France avait revu à la baisse ses prévisions de croissance pour 2018 en retenant le chiffre de 1,7%. Or l’activité n’a connu qu’une progression de 1,5 %. Conclusion pour le ministre de l’économie qui se dédouane ainsi de sa mauvaise gestion : c’est la faute aux gilets jaunes. Une affirmation qui ne repose sur aucune étude scientifique sérieuse. En raison notamment des difficultés méthodologiques, il est particulièrement difficile  de savoir ce qui est imputable au ralentissement mondial, ce qui est imputable à la baisse d’activité générale française et à l’effet gilets jaune. On ne peut sans doute nier une certaine influence sur certains commerces de centre-villes et sur l’organisation logistique au début du mouvement quand des carrefours étaient occupés. De là à en conclure que la conséquence est une diminution de 02 % du PIB relève de la fumisterie la plus totale. On ferait bien d’examiner aussi l’influence d’une certaine tendance à la déconsommation liée sans doute à la diminution du pouvoir d’achat est aussi à la modification du comportement des ménages. De ce point de vue des justifications de l’INSEE paresse particulièrement vagues, aussi contradictoires. En effet sur l’ensemble de 2018, la demande intérieure finale a été le moteur de la croissance, avec une contribution de 1,4 point au PIB de l’année, un niveau inférieur à celui de 2017 (+2,0 points).

« Gilets jaunes » : le Conseil de l’Europe condamne l’usage du LBD »

« Gilets jaunes » : le Conseil de l’Europe condamne l’usage du LBD »

 

Le Conseil de l’Europe condamne clairement la France pour l’usage des balles de défense entre parenthèse LB D) lors des manifestations. Il est clair que ces balles de défense comme d’ailleurs les grenades de desencerclement sont des armes de guerre et non des outils de maintien de l’ordre de manifestations. Le conseil de l’Europe en profite aussi pour critiquer la nouvelle loi anticasseurs qui donne autorité au préfet d’interdire à une personne de participer à une mène à une manifestation alors que l’intéressé n’a aucun antécédent en matière de violence ou de condamnation. Dunja Mijatovic, la commissaire aux droits humains du Conseil de l’Europe, « condamne fermement les violences commises à l’encontre des membres des forces de l’ordre » et « déplore le nombre important de blessés dans leurs rangs ». Mais elle rappelle que leur « tâche première (…) consiste à protéger les citoyens et leurs droits humains »« Le nombre et la gravité des blessures »infligées aux manifestants « mettent en question la compatibilité des méthodes employées dans les opérations de maintien de l’ordre avec le respect de ces droits », estime-t-elle.

La commissaire invite également les autorités françaises à ne pas apporter de « restrictions excessives à la liberté de réunion pacifique », à travers la proposition de loi controversée « anti-casseurs », adoptée début février par l’Assemblée nationale. Le texte doit retourner au Sénat le 12 mars pour une deuxième lecture.

Dunja Mijatovic épingle « le pouvoir donné aux préfets (…) d’interdire à une personne constituant ‘une menace d’une particulière gravité pour l’ordre public’ de participer à une manifestation ». Il s’agirait, selon elle, d’« une grave ingérence dans l’exercice du droit à la liberté de réunion ».

Une liste gilets jaunes tomberait à 3% aux européennes

Une liste gilets jaunes tomberait à  3% aux européennes

D’après un sondage Harris interactive Epoka pour RTL, LCI et Le Figaro, une liste gilets jaunes aux élections européennes ne recueillerait plus que 3 %  pourtant en janvier dernier, un sondage Elabe réalisé avant toute officialisation d’une liste gilets jaunes plaçait une telle équipe en troisième position, nantie de 13% de suffrages. Une chute  raison de l’affaiblissement global du mouvement passé de 300 000 manifestants le 17 novembre à environ 50 000 le week-end dernier ; cela aussi en raison des nombreuses contradictions qui affectent les différents courants des gilets jaunes et leurs leaders. Des leaders qui se sont laissés prendre au piège de la médiatisation et qui ont largement contribué au discrédit du mouvement dans l’opinion puisqu’aujourd’hui une majorité de Français souhaitent  que les manifestations cessent. Le mouvement des gilets jaunes dérape surtout en raison des postures très contradictoires de leurs leaders. Par exemple la liste RIC aux européennes  a sérieusement du plomb dans l’aile depuis la défection de plusieurs de ses candidats et en particulier de sa tête de liste,  Ingrid le Vavasseur. Cette dernière a même été chassée de la manifestation de dimanche dernier par des autres gilets jaunes qui la soupçonnent de récupération politique au bénéfice de Macron. D’autres au contraire ont pris des postures de caractère révolutionnaire en glissant des revendications initiales à caractère social à des objectifs politiques qui servent d’autres intérêts que ceux d’Ingrid le Vavasseur Le soutien aux manifs des gilets jaunes devient minoritaire dans l’opinion publique et bascule en raison des dérives de certains leaders : Dérives extrémistes, dérives politiques et dérives personnelles sans parler des violences qui ternissent le mouvement. Certes une majorité soutient encore les gilets jaunes mais la même majorité condamne les manifestations.  Deux principaux leaders radicaux des gilets jaunes en particulier sont en train de tuer le mouvement : Maxime Nicolle et Eric Drouet  (sans parler de Christophe Chalençon qui parle de prise de pouvoir par des paramilitaires !). Heureusement d’autres leaders plus réalistes considèrent les dérives politiques comme irresponsables.  Finalement, certains leaders autoproclamés  n’ont pu résister au parfum médiatique très éphémère qui peut donner l’impression à un individu d’atteindre la notoriété éternelle et de prétendre au rôle de leader majeur dans la société. Malheureusement, ils sont tombés dans le piège du système qu’ils dénoncent eux-mêmes, celui de la personnalisation, de la médiatisation et du star-system. Ils ont d’abord largement dénaturé la nature et l’objet du mouvement fondé sur une revendication de justice sociale et de justice fiscale. Cela pour y substituer des revendications plus politiques notamment l’illusoire référendum d’initiative citoyenne qui se substituerait au fonctionnement démocratique actuel. Certes un fonctionnement très critiquable mais qui appelle des transformations autrement plus élaborées que le seul recours à un référendum. Ces deux leaders autoproclamés ont certes des soutiens nombreux mais ce sont essentiellement les plus radicaux. Plus la mobilisation s’affaiblit et plus le mouvement se radicalise, ce  qui du coup découragent les plus modérés. Tout cela se termine en général par des actions  qui ne reposent plus que sur les plus extrémistes. Un phénomène bien connu dans le mouvement social : plus l’action devient minoritaire et plus on propose des formes d’action dure et cela jusqu’à l’extinction des forces. Bref le contraire d’une gestion responsable d’une action collective. En plus du caractère extrémiste et d’une  idéologie sulfureuse anarcho légèrement de droite des deux leaders évoqués,  il faut noter  leur grande insuffisance en matière de connaissances économiques voire sociétales. Leur expression est particulièrement confuse et contradictoire. Bref, le costume de leader politique est un peu grand pour eux. Aujourd’hui l’opinion publique n’approuve plus les manifestations répétées chaque week-end non seulement en raison des violences mais aussi du manque total de perspective de ce mouvement conduit de manière totalement anarchique et irresponsable. Finalement la plupart des gilets jaunes avaient bien raison de se méfier de tous les leaders autoproclamés et de leur dérive. Le mouvement des gilets jaunes méritait mieux.

 

Gilets jaunes : 55% des Français pour l’arrêt des manifs

Gilets jaunes : 55% des Français pour l’arrêt des manifs

un sondage Odoxa Dentsu-Consulting réalisé pour France Inter, l’Express et la presse régionale publié lundi 25 février. Selon l’étude, 55% des personnes interrogées souhaitent la fin du mouvement, contre 66% fin novembre et 55% en janvier dernier.

Ce chiffre n’est pas une surprise car le soutien se délitait lentement. Le rejet est sans doute lié à la dégradation de l’image des « gilets jaunes ». La lassitude, voire l’agacement touche désormais de très nombreux Français aisés (72%), de cadres (69%) et de personnes habitant en zones urbaines et notamment à Paris (60%) alors que ces derniers étaient tous majoritairement favorables à sa poursuite au début du mouvement.

Ceux qui continuent de soutenir les « gilets jaunes » sont très « typés » d’un point de vue politique comme d’un point de vue sociologique. Politiquement, seuls les sympathisants des partis d’extrême-gauche et d’extrême-droite, Insoumis(74%) et RN (67%), veulent une poursuite du mouvement. À l’inverse, les sympathisants socialistes (58%) comme ceux de LR (66%) ont rejoint leurs homologues de La République en Marche (92%) et sont désormais une nette majorité à dire « stop » aux gilets jaunes.

Sociologiquement aussi, le mouvement s’est réduit à un socle très étroit des seuls ouvriers (58%) et Français aux plus bas revenus (57%) qui souhaitent sa poursuite alors que les employés et les Français aux revenus moyens – inférieurs, qui soutenaient encore majoritairement la poursuite du mouvement ces dernières semaines, ont fait volte-face et ne le souhaitent plus désormais (respectivement 49% et 53%).

Enfin, dernier coup dur pour les gilets jaunes, même au niveau territorial son socle de soutien rural et périurbain s’étiole : si les Français habitant les grandes villes (58%) veulent l’arrêt du mouvement, ils ne sont pas les seuls. Leurs homologues habitant des petites villes (51%) et des zones rurales (52%) le demandent aussi désormais.

 

Gilets jaunes: entre 50 000 et 100 000 manifestants

Gilets jaunes: entre  50 000 et 100 000  manifestants 

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Comme d’habitude les chiffres des manifestants ne coïncident pas selon qu’il s’agit du ministère de l’intérieur ou des gilets jaunes. D’après le ministère de l’intérieur, on compterait autour de 50 00 manifestants en France soit une légère remontée par rapport à la semaine précédente. De leur côté, les gilets jaunes décomptent de l’ordre de 100 000 participants. C’est à la fois peu et beaucoup. C’est peu, si l’on se réfère aux mobilisations classiques des syndicats. Mais c’est toujours aussi spectaculaire. C’est beaucoup car le mouvement dure maintenant depuis plus de deux mois. En cause, le fait qu’aucune négociation n’a été engagée pour tenter de résoudre cette crise d’une part parce que les gilets jaunes ne souhaitent pas désigner une coordination nationale, d’autre part parce que le gouvernement lui-même a mis sur la touche les syndicats. Bref la France s’enfonce dans la crise. Le grand débat n’est pas inintéressant dans la mesure où il permet à certains de s’approprier la problématique économique et sociale. Mais un grand débat qui pose le problème de son débouché dans la mesure où il ressort que les principales priorités des Français portent sur des aspects sociaux et fiscaux et que le pouvoir ne compte pas changer de politique dans ce domaine mais au contraire accélérer ses réformes. La seule issue possible en l’absence de médiation passera donc inévitablement le moment venu par un changement de gouvernement voir des élections législatives anticipées dans la mesure où la perspective d’un référendum apparaît très réductrice des enjeux du conflit. Notons aussi que les gilets jaunes sont très divisés quant à l’avenir de leur mouvement notamment entre ceux qui veulent conserver un caractère essentiellement social aux protestations et ceux qui privilégient des débouchés politiques sans parler des déviances de certains leaders  sans doute un peu enivrés par le parfum médiatique.

Gilets jaunes :  » l’individualisme exacerbée responsable de la crise » ? (Dominique Schnapper, sociologue)

Gilets jaunes :  » l’individualisme exacerbée responsable de  la crise » (Dominique Schnapper, sociologue)

Dans une interview au JDD, la sociologue Dominique Schnapper analyse le mouvement des gilets jaunes. Une analyse de sociologue un peu réductrice  qui fait quand même l’impasse sur le contexte social et fiscal .

Comment analysez-vous la forme de protestation inédite incarnée par les Gilets jaunes?
La manifestation de rue est un grand classique de l’histoire ­politique française. Elle était jusqu’à présent organisée par des syndicats ou des partis. Cette fois, nous sommes confrontés à des ­manifestants qui récusent toute forme d’organisation. Le gouvernement se retrouve sans interlocuteurs avec lesquels il pourrait discuter. Lorsqu’un Gilet jaune manifeste son intention d’ouvrir un dialogue, il est aussitôt contesté par d’autres qui disent : il ne nous représente pas. Cette situation explique à la fois la longévité du mouvement, qui pourrait durer encore des semaines, et la difficulté de sortir de la crise.

 

Cette crise de la démocratie ne tient-elle pas aussi à l’action des élus?
Je ne crois pas. Les ministres, les députés ou les maires d’aujourd’hui ne sont pas plus ­incompétents ou corrompus que leurs prédécesseurs. C’est l’individualisme poussé à l’extrême qui provoque la crise : personne ne peut me représenter sauf moi-même ! Cette conviction de plus en plus partagée conduit à refuser les contraintes qu’impose tout collectif. J’y vois le risque de sombrer dans une sorte d’anarchie qui ferait le lit du totalitarisme. Le rejet du débat démocratique par les ­Gilets jaunes a pour conséquence le ­caractère contradictoire des ­revendications. Comment peut-on à la fois réclamer moins d’impôts et plus de services publics ? Tout le monde connaît la phrase de ­Maurice Thorez [secrétaire général du Parti communiste français de 1930 à 1964] : il faut savoir finir une grève. Il tenait un discours de professionnel de la lutte sociale, cherchant une issue aux conflits.

Une liste Gilets jaunes avec Jean Lassalle !!!

Une liste Gilets jaunes avec Jean Lassalle !!!

Décidément la récupération politique du mouvement des gilets jaunes va bon train. On avait déjà noté que l’extrême droite et l’extrême-gauche tentaient de s’attribuer les « vertus » des gilets jaunes. Même du côté du pouvoir, on apporte un soutien discret à une liste gilets jaunes qui pourrait prendre des voix justement aux extrêmes. Jusqu’à aujourd’hui ont constaté quatre ou cinq possibilités de liste de gilets jaunes aux européennes. Le problème c’est que le capital de voix d’une éventuelle liste tourne autour de 12 % et que si on divise ce potentiel par cinq,  chaque liste en moyenne ne recueillerait que 2 %, c’est-à-dire aucun député sans parler des conséquences financières. Cette perspective de liste politique des gilets jaunes aux européenne est de plus en plus contestée à l’intérieur même du mouvement mais aussi à l’extérieur. Pour nombre de gilets jaunes, la transformation du mouvement en organisation politique constitue une sorte de trahison. Se présenter politiquement sur une liste autonome ou  sur une liste d’un parti constitue une manière de conforter un système qu’on condamne par ailleurs. À l’extérieur du mouvement il y a les récupérateurs habituels style Francis Lalanne et maintenant Jean Lassalle. Jean Lassalle pourrait en effet prendre la tête de liste de ceux  qui prévoyaient précédemment de se présenter sur la liste RIC. De quoi déconsidérer encore un peu plus le mouvement car si le personnage de Jean Lassalle est sympathique par contre son orientation politique est aussi fumeuse que celle de certains gilets jaunes.  Les «gilets jaunes» Marc Doyer et Christophe Chalençon, un temps candidats sur la liste «RIC» avant d’en claquer la porte, ont donc décidé de placer toutes leurs ambitions sous le patronage, aussi politique que singulier, de l’ancien candidat à la présidentielle Jean Lassalle. Une offre, transmise à l’intéressé via son imprimeur historique, que le député des Pyrénées-Atlantiques n’a pu refuser. «Un certain nombre de “gilets jaunes” m’ont proposé de les rallier. Je ne suis pas contre. Je pensais moi-même présenter une liste de maires et de petits entrepreneurs, confirmait mercredi matin au Figaro Jean Lassalle.

Les gilets jaunes victimes de leurs leaders

Les gilets jaunes victimes de leurs leaders

 

 

 

 

Le mouvement des gilets jaunes dérape surtout en raison des postures très contradictoires de leurs leaders. Par exemple la liste RIC aux européennes  a sérieusement du plomb dans l’aile depuis la défection de plusieurs de ses candidats et en particulier de sa tête de liste,  Ingrid le Vavasseur. Cette dernière a même été chassée de la manifestation de dimanche dernier par des autres gilets jaunes qui la soupçonnent de récupération politique au bénéfice de Macron. D’autres au contraire ont pris des postures de caractère révolutionnaire en glissant des revendications initiales à caractère social à des objectifs politiques qui servent d’autres intérêts que ceux d’Ingrid le Vavasseur Le soutien aux manifs des gilets jaunes devient minoritaire dans l’opinion publique et bascule en raison des dérives de certains leaders : Dérives extrémistes, dérives politiques et dérives personnelles sans parler des violences qui ternissent le mouvement. Certes une majorité soutient encore les gilets jaunes mais la même majorité condamne les manifestations.  Deux principaux leaders radicaux des gilets jaunes en particulier sont en train de tuer le mouvement : Maxime Nicolle et Eric Drouet  (sans parler de Christophe Chalençon qui parle de prise de pouvoir par des paramilitaires !). Heureusement d’autres leaders plus réalistes considèrent les dérives politiques comme irresponsables.  Finalement, certains leaders autoproclamés  n’ont pu résister au parfum médiatique très éphémère qui peut donner l’impression à un individu d’atteindre la notoriété éternelle et de prétendre au rôle de leader majeur dans la société. Malheureusement, ils sont tombés dans le piège du système qu’ils dénoncent eux-mêmes, celui de la personnalisation, de la médiatisation et du star-system. Ils ont d’abord largement dénaturé la nature et l’objet du mouvement fondé sur une revendication de justice sociale et de justice fiscale. Cela pour y substituer des revendications plus politiques notamment l’illusoire référendum d’initiative citoyenne qui se substituerait au fonctionnement démocratique actuel. Certes un fonctionnement très critiquable mais qui appelle des transformations autrement plus élaborées que le seul recours à un référendum. Ces deux leaders autoproclamés ont certes des soutiens nombreux mais ce sont essentiellement les plus radicaux. Plus la mobilisation s’affaiblit et plus le mouvement se radicalise, ce  qui du coup découragent les plus modérés. Tout cela se termine en général par des actions  qui ne reposent plus que sur les plus extrémistes. Un phénomène bien connu dans le mouvement social : plus l’action devient minoritaire et plus on propose des formes d’action dure et cela jusqu’à l’extinction des forces. Bref le contraire d’une gestion responsable d’une action collective. En plus du caractère extrémiste et d’une  idéologie sulfureuse anarcho légèrement de droite des deux leaders évoqués,  il faut noter  leur grande insuffisance en matière de connaissances économiques voire sociétales. Leur expression est particulièrement confuse et contradictoire. Bref, le costume de leader politique est un peu grand pour eux. Aujourd’hui l’opinion publique n’approuve plus les manifestations répétées chaque week-end non seulement en raison des violences mais aussi du manque total de perspective de ce mouvement conduit de manière totalement anarchique et irresponsable. Finalement la plupart des gilets jaunes avaient bien raison de se méfier de tous les leaders autoproclamés et de leur dérive. Le mouvement des gilets jaunes méritait mieux.

 

Gilets jaunes: » ne pas bloquer pour bloquer « (Priscillia Ludosky)

Gilets jaunes: » ne pas bloquer pour bloquer « (Priscillia Ludosky)

 

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Priscillia Ludosky, l’une des initiatrices de la mobilisation des Gilets jaunes est sans doute lune des plus réalistes des leaders du mouvement. A plusieurs reprises, elle set désolidarisé des sulfureux  Maxime Nicolle et Eric Drouet  (sans parler de Christophe Chalençon qui parle de prise de pouvoir par des paramilitaires !).Ces derniers favorisant les solutions politiques par rapport aux revendications sociales. La baisse de fréquentation d’uen part le désaveu majoritaire des Français vis-à-vis des manifestations rituelles (56% les désapprouvent tout en soutenant cependant les revendications sociales initiales)). Les baises de participation aux manifs doivent en effet appeler une analyse sur les suite à donner sur un mouvement qui s’enlise. Pour autant  Priscillia Ludosky estime dans le JDD qu’il ne faut « pas arrêter les marches du samedi ». « Les violences ont fait de l’ombre au mouvement. Elles alimentent les médias et jouent sur l’opinion publique. Mais il ne faut pas arrêter les marches du samedi. Elles sont très fédératrices et nous permettent d’être visibles », explique-t-elle. Interrogée sur la baisse du soutien des Français aux Gilets jaunes, l’autoentrepreneuse élude : « Je n’ai jamais fait attention aux sondages, bons ou mauvais. Je ne constate pas de démobilisation. Il y a peut-être moins de gens qui manifestent, mais je ne pense pas qu’ils soient moins impliqués. » Priscillia Ludosky indique également que les Gilets jaunes réfléchissent à une évolution du mouvement : « Il ne faut pas bloquer pour bloquer. Je reste favorable aux manifestations du samedi, mais on ne doit pas se limiter à ça. D’autres initiatives peuvent avoir lieu. Par exemple, nous devons faire davantage pression sur les grandes entreprises qui ne paient pas assez d’impôts. Cela financerait la baisse de la TVA sur les produits de première nécessité, l’une de nos revendications. »Finalement c qui est notamment en question c’est de savoir si les gilets jaunes demeurent une sorte de syndicat de citoyens ou une organisation politique. La question est fondamentale car les objectifs et les moyens ne sont pas les m^mes. Dans les deux cas, il conviendra cependant de muscler sérieusement l’argumentaire et les orientations pour l’instant un peu primaires et immatures.

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