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Scandale des tests de dépistage : la crise analysée par un généraliste de terrain

Scandale des tests de dépistage : la crise analysée par un généraliste de terrain

 

Sur le site du quotidien du médecin, un  généraliste dénonce le scandale des tests et de la stratégie en général vis-à-vis du Coronavirus. Généraliste à Tourcoing, le Dr Bertrand Legrand n’a jamais cessé de recevoir des patients à son cabinet tout au long de l’épidémie de coronavirus. De cette expérience de médecin de terrain, il a tiré un ouvrage qui paraîtra le 20 août prochain : « Journal d’un médecin au temps du Coronavirus » (Éditions L’Archipel). Il y raconte son quotidien de soignant pendant les mois de février à mai, comment il en est venu à remettre en question ses pratiques médicales, parfois à l’encontre des recommandations officielles, pour lutter contre la maladie.

Pourquoi ce livre ?
Dr BERTRAND LEGRAND – C’est le fruit d’un travail avec Jan Laarman avec qui j’ai créé Vitodoc [service de prise de rendez-vous en ligne, NDLR]. Il s’agit vraiment d’un journal de bord. Je me suis astreint à donner mon émotion au jour le jour, mais aussi à écrire mes réflexions sur le moment : comment j’ai adapté ma pratique au cabinet au fil du temps en fonction de la compréhension qu’on avait de la maladie, pourquoi je suis sorti des clous à un moment donné : j’ai pris l’initiative de tester mes patients contre la doctrine et je n’étais pas d’accord sur les masques…

Vous avez été très critique sur la gestion de la crise par le gouvernement. Que leur reprochez-vous ?
D’être systématiquement en retard. En relisant ce journal de bord, je me suis rendu compte du décalage énorme qu’il y avait entre ce que nous, les médecins, constations sur le terrain, en particulier dans les zones de clusters, et les prises de décision des autorités. Sur les masques par exemple, je me rappelle avoir eu une discussion avec un responsable politique qui était persuadé que j’avais plusieurs centaines de masques à ma disposition alors que je n’en avais qu’une cinquantaine. Sur les tests c’est pareil. Au début, on me disait que c’était complètement crétin de tester les patients en aléatoire, alors que maintenant on en est à faire des centres de dépistage où on teste tout ce qui passe !

Vous aviez fait très tôt, vous, le choix de tester vos patients ?
Oui. Dès le mois d’avril, j’ai réalisé des tests Covid au cabinet. C’est grâce à cela qu’on a détecté des clusters, en testant des gens qui ne l’auraient pas été si on avait suivi la doctrine ! Aujourd’hui, tout le monde voit le scandale des masques parce que c’est très visible et c’est facile à comprendre. Mais le vrai scandale, c’est probablement les tests. Au début de l’épidémie, les autorités ont fait le choix de tester les patients symptomatiques. En ciblant uniquement cette population, on est passé à côté de nombreux cas qui ont propagé le virus. Il fallait tester massivement dès le départ. Et ce n’est pas en créant des centres de dépistage, comme on avait fait les vaccinodromes pour la grippe H1N1, qu’on y arrivera. Il faut donner aux médecins libéraux les moyens de le faire dans leur cabinet.

Mais au début de l’épidémie, la France manquait de tests, non ?
C’est faux. En réalité, on n’en a jamais manqué. Il suffisait de faire du pooling* [mise en commun d’échantillons prélevés chez plusieurs personnes et testés en une seule fois, NDLR]. Avec cette technique, on passe de 700 000 PCR par semaine à 7 millions ! C’est la solution utilisée en Chine, en Corée du sud, en Islande… Pourquoi on ne l’a pas fait en France ? Parce qu’on n’a pas su remettre en question nos pratiques et changer notre doctrine.

Plusieurs dizaines de médecins sont décédés du Covid. Le gouvernement a-t-il une responsabilité ou est-ce que cela fait partie des risques du métier ?
Le gouvernement a une responsabilité. Dans la convention qu’on signe avec l’Assurance-maladie, il est notre employeur et il est à ce titre en charge de nous fournir les équipements de protection. Force est de constater qu’il en a été incapable.

Comment avez-vous vécu cette période en tant que médecin ? Avez-vous été contaminé ?
Non. J’ai toujours travaillé. J’ai fait le choix de consulter sans rendez-vous pour répondre tout de suite à la demande des patients. C’est d’ailleurs pour cela que j’avais du monde au cabinet. J’ai mis en place un serveur téléphonique pour être capable de traiter tous les appels. J’avais plus de 120 appels par jour au cabinet. On a supprimé la salle d’attente. Les gens attendaient dehors. Très tôt on a investi pour mettre en place des mesures de sécurité. On a même aménagé des préaux individuels à l’extérieur pour permettre aux patients de se protéger en cas de pluie !

Et la télémédecine ?
On en a fait très peu, et essentiellement pour les patients chroniques. Et quand on le faisait, c’était par téléphone. Pour une raison bien simple : à part les trentenaires et quarantenaires, les gens ne savaient pas utiliser la vidéo… La télémédecine, c’est très bien en théorie. En pratique, c’est beaucoup moins simple à mettre en œuvre.

Quelles leçons tirez-vous de cette crise ?
Qu’il faut sans cesse se remettre en question, s’interroger sur nos acquis et nos certitudes. On a bien vu pendant l’épidémie, face à un virus inconnu, qu’il fallait adapter nos pratiques. Et ce n’est pas parce qu’un infectiologue énonce une certitude qu’il faut le croire sur parole. Je suis aussi très attaché à garder mon indépendance de médecin. Si vous avez une hiérarchie, une tutelle, vous êtes paralysé et vous ne faites plus rien.


*Pooling: La mise en commun d’échantillons sanguins prélevés chez plusieurs personnes, avant le test, permet de diagnostiquer la présence du virus SARS-CoV-2 au sein de ce groupe et de passer ainsi à un dépistage de masse. En pratique, les échantillons de plusieurs individus sont ainsi regroupés et testés ensemble dans un seul tube. Ce n’est que si le résultat du pool est positif que les échantillons sont ensuite testés individuellement. Lorsque le taux d’infection est faible et que seules quelques personnes sont infectées, les tests en pool peuvent augmenter ainsi considérablement la capacité de test et permettre d’identifier des cas index « disséminés » et asymptomatiques.  

Médecin généraliste : espèce en voie de disparition en zone rurale

Médecin généraliste : espèce en voie de disparition en zone rurale

 

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Un article du Figaro fait état d’un médecin généraliste qui opère dans une commune de 800 habitants et qui ne trouve pas de successeur même avec une transmission gratuite son cabinet. Même une annonce dans le bon coin n’aurait donné aucun résultat. Pourtant ce cas n’est pas isolé il est même significatif de l’évolution de la couverture médicale dans certaines zones. Plus globalement le métier de médecin généraliste ne séduit plus les jeunes praticiens car ce métier est trop contraignant notamment en termes d’heures de travail. Dans les zones rurales la création de maisons de santé n’est qu’une rustine posée sur le mal. Il faut en effet des médecins pour  les remplir. De plus en plus,  on fait aussi appel, comme en milieu hospitalier, à des médecins étrangers moins exigeants sur les conditions de travail et sur la rémunération. Cette insuffisance de généraliste va encore s’aggraver qu’on prévoit une diminution des effectifs de larmes de 30 % d’ici une dizaine d’années. Une réforme passant notamment par l’évolution du numerus clausus ne donnera pas d’éventuels effets avant douzaine d’années compte tenu du délai de formation des futurs praticiens.  Réformes des études, indemnités pour les internes, aides à l’installation, les syndicats de professionnels de santé ont avancé plusieurs pistes pour résoudre l’éternel problème des déserts médicaux. Entre 2007 et 2016, le nombre de généralistes a chuté de 8,4%, selon le Conseil national de l’Ordre des médecins. Une diminution qui est en partie due aux départs en retraite, et qui devrait s’accélérer avec la génération des baby-boomers dont la carrière se termine. D’ici à 2025, la chute du nombre de généralistes pourrait se traduire par la disparition d’un praticien sur quatre, toujours selon l’Ordre des médecins

Généraliste : Consultation à 25 euros

Généraliste : Consultation à 25 euros

 

La consultation des médecins généralistes passerait donc de 23 à 25 € ce qui ne constitue pas un scandale dans la mesure où la consultation des spécialistes est au moins de 50 €. En outre l’état pourrait soutenir financièrement les médecins qui consentent à s’installer dans les zones rurales. La consultation à 25 euros chez les généralistes pourrait donc être entérinée avant la rentrée. Médecins libéraux et Assurance maladie ont achevé tard mercredi soir leurs négociations sur la nouvelle convention quinquennale.  »La négociation est close », a déclaré vers minuit le directeur général de l’Assurance maladie, Nicolas Revel, qui souhaite  »voir rassemblés les cinq syndicats le 26 août » pour la séance de signature. S’exprimant à l’issue d’une réunion concluant cinq mois de travaux, il a souligné un effort « extrêmement important et qui n’a pas de précédent ».  Pour l’instant, seuls deux syndicats sur cinq ont signé un « protocole d’accord de fin de négociations », à savoir MG France, premier syndicat de généralistes, et le Bloc (chirurgiens, gynécologues-obstétriciens et anesthésistes). La CSMF, la FMF et le SML (généralistes et spécialistes) souhaitent d’abord consulter leurs instances ou leur base dans les prochaines semaines. « On est contents d’avoir mené la négociation jusqu’au bout et d’avoir réussi », s’est réjoui Claude Leicher, le président de MG France. Le co-président du Bloc, Philippe Cuq, semblait également satisfait:  »C’est la première fois que nos spécialités » obtiennent gain de cause sur « un certain nombre de points revendiqués depuis plusieurs années », a-t-il déclaré. Mais il faudra au minimum l’accord d’un autre syndicat pour valider la convention qui définit pour les cinq prochaines années les conditions d’exercice et les honoraires des 115.000 médecins libéraux. « Tout n’est pas réglé », a regretté pour sa part le président de la CSMF, Jean-Paul Ortiz, tout en reconnaissant que « des sommes non négligeables » avaient été mises sur la table. La CSMF souhaite que la consultation chez le généraliste, à 23 euros aujourd’hui et qui n’a pas augmenté depuis 2011, passe à 30 euros. Sans signatures suffisantes le 26 août, un règlement arbitral serait confié au haut fonctionnaire Bertrand Fragonard.  »Ce serait un gâchis incompréhensible que cette convention se transforme en règlement arbitral, qui serait évidemment très en-deçà », a estimé Nicolas Revel.

 

(Avec AFP)

Grèves des médecins : Marisol Touraine veut isoler les généraliste

 

Grèves des médecins : Marisol Touraine veut isoler les généralistes

 

Il apparaît évident que la ministre de la santé souhaite isoler les généralistes  actuellement en grève. Dans un premier temps elle a d’abord donné satisfaction est très rapidement aux urgentistes . L’objectif étant d’éviter une saturation des services de santé. De la même manière ,  il semble qu’elle ait le satisfait les revendications des établissements privés également pour tenter de le circonscrire le conflit des médecins généralistes. Compte tenu des positions en présence le conflit et donc susceptible de durer plus longtemps que prévu. L’opposition la plus vive porte sur la question du Tiers payant qui va contraindre nombre de généralistes à assumer le coût de l’opération. Notons que près de 90 % des médecins  travaillent sans logistique et sans secrétariat. D’une certaine manière Marisol Touraine veut mettre à genoux cette médecine libérale et promouvoir une médecine en partie fonctionnarisée. Pas sûr que les comptes de la sécu en sortent gagnants et surtout que la qualité de la médecine s’améliore. . Reste aussi à régler la question du prix de l’acte bloqué depuis maintenant quatre ans. Le bras-de-fer entre le la ministre paraît inévitable tellement les positions sont opposés. La Fédération de l’hospitalisation privée, elle,  annonce donc renoncer à la grève illimitée qu’elle avait prévue à partir du 5 janvier. Des avancées ont été obtenues avec le ministère de la Santé. La grève s’annonçait « totale et illimitée » dans les cliniques privées, à compter du 5 janvier. Elle n’aura finalement pas lieu du tout. Selon le communiqué officiel, la Fédération de l’hospitalisation privée, « au vu d’avancées dans les discussions menées avec le ministère de la Santé sur le volet hospitalier du projet de loi de santé, annonce la levée de son appel à la cessation d’activité totale et illimitée qui devait débuter le 5 janvier ». La FHP, qui regroupe les quelque 1.000 cliniques et hôpitaux privés, était notamment opposée à la redéfinition de la notion de service public hospitalier. Selon le projet de loi originel, les établissements ne pouvaient plus assurer à la carte l’une des 14 missions de service public, mais seulement la totalité ; le tout au tarif Sécurité sociale, sans dépassement d’honoraires.

Tiers payant chez le généraliste

Tiers payant chez le généraliste

Dès fin 2014, selon la ministre, tous ceux qui bénéficient de l’aide à la complémentaire santé pourront bénéficier de la mesure. 800.000 personnes ont fait valoir leur droit actuellement, des revenus modestes. Pour tous les autres, le dispositif entrera en vigueur en 2017. Plus besoin d’avancer de l’argent chez le généraliste, comme chez le pharmacien, comme lors d’examens à l’hôpital ou dans certains cabinets de radiologie ou encore de laboratoires d’analyses.Il suffira de donner votre carte vitale à votre médecin généraliste. S’il est conventionné, vous n’aurez pas à débourser les 23 euros de la consultation si vous bénéficiez d’une complémentaire santé. La mutuelle et la caisse d’assurance maladie payeront directement le généraliste. Si votre généraliste n’est pas conventionné, le système fonctionnera également, à condition que votre mutuelle prenne en charge le dépassement d’honoraires, a expliqué Marisol Touraine.La ministre de la Santé espère ainsi désengorger les services d’urgences. « Je pense que le tiers payant en ville permettra d’éviter à certains patients d’aller à l’hôpital où le tiers payant est pratiqué », explique Marisol Touraine. « Ce qui explique aussi que certains patients préfèrent se rendre dans un établissement hospitalier plutôt que chez un médecin de ville, alors même que leur état de santé ne le justifie pas. »Il faudra un système « simple » et « robuste » pour garantir le paiement au médecin, selon les mots de la ministre. Celui-ci devra pouvoir accéder à un service, une plateforme afin de vérifier que son patient a bien une mutuelle : il en existe tout de même 400 en France. Cela nécessitera du travail supplémentaire et un équipement que ne possèdent pas encore certains médecins.Reste aussi à trancher « la question, qui n’est pas simple de savoir, comment nous traitons le sujet de la franchise de un euro de consultation qui n’est pas remboursé », a précisé Marisol Touraine.




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