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Opposition gaz – nucléaire entre la France et l’Allemagne: Une guerre commerciale

Opposition  gaz – nucléaire entre la France et l’Allemagne: Une guerre commerciale

 

Margot de Kerpoisson, chercheuse en relations internationales à l’Ecole de guerre économique (EGE) (*)    explique dans la Tribune  les raisons de l’affrontement entre la France et l’Allemagne concernant le conflit entre le nucléaire et le gaz. Un conflit écolo mais surtout commercial.

 

L’Allemagne souhaite exclure le nucléaire de la taxonomie européenne, l’outil de financement visant à diriger les investissements publics et privés vers des activités vertes et durables. A contrario, Berlin tente de pousser à l’inclusion du gaz naturel dans la finance verte de l’UE, bien que celui-ci émet 40 fois plus de CO2 que le nucléaire selon le GIEC. Quelles sont les motivations derrière ce choix et surtout quels sont les risques pour la France ?

L’Allemagne a fait le pari des énergies renouvelables (EnR) dans le cadre de sa stratégie énergétique. Elle a également fait le choix de renoncer au nucléaire, source d’énergie pourtant pilotable, compétitive et bas carbone.

Système énergétique allemand défaillant

Plusieurs raisons expliquent la tentative allemande d’affaiblir le nucléaire français au sein de l’UE. Le système énergétique allemand étant défaillant, l’exclusion du nucléaire de la taxonomie européenne permettrait à Berlin de continuer à capter plus de subventions tout en en écartant le nucléaire français. L’Allemagne ne nous demanderait-elle pas de financer exclusivement sa transition énergétique ?

Par ailleurs, les EnR comme l’éolien ou le solaire sont par nature intermittentes : elles ne sont pas capables d’assurer une production constante et stable en électricité. Pour éviter tout risque de black-out (panne d’électricité massive), le modèle allemand nécessite une compensation avec une énergie pilotable comme le gaz. C’est la raison pour laquelle l’Allemagne pousse à l’inclusion de celui-ci dans l’outil de financement européen.

Gaz russe

Dans un troisième temps, l’arrivée du North Stream II place l’Allemagne au cœur du processus de redistribution du gaz russe. C’est un avantage à la fois économique – car générateur de nombreux revenus – et politique, puisque l’Allemagne devient un acteur central de ce nouveau système énergétique.

Renoncer au nucléaire, c’est abattre le pilier de notre souveraineté énergétique

De Gaulle voyait dans le nucléaire civil, le bastion de notre indépendance et de notre souveraineté énergétique. Une conclusion solide car le nucléaire présente deux avantages de taille. D’abord, l’approvisionnement en uranium étant suffisamment diversifié, le risque de dépendance vis-à-vis d’une puissance étrangère est diminué. Et puisque l’uranium ne représente que 5% des coûts totaux de production de l’électricité nucléaire, il nous préserve des différents aléas liés aux marchés mondiaux de l’énergie. Un intérêt non négligeable quand on constate l’explosion du prix du gaz (+500%) sur cette année de reprise économique ! D’autant que les différentes innovations dans la filière, comme les réacteurs de 4e génération, permettront de réduire drastiquement la demande en uranium en optimisant les ressources par un multi-recyclage avancé du combustible.

Risques de dépendances accrus

Les énergies renouvelables et le gaz seraient-ils en capacité d’assurer un tel niveau d’indépendance ? La Chine est le premier exportateur d’éoliennes et de panneaux solaires. Si ces derniers présentent l’avantage d’être décarbonés, ils ne bénéficient ni à notre indépendance énergétique, économique ou stratégique. Bien au contraire, renoncer au nucléaire au profit d’un modèle fondé uniquement sur les énergies renouvelables associées au gaz entraînerait des risques de dépendance accrus. L’Europe est aujourd’hui tributaire à hauteur de 40% du gaz russe. Une dépendance déjà problématique, qui risquerait encore de s’accentuer avec la fermeture des centrales nucléaires en Allemagne, en Belgique et en Suisse.

Notre souveraineté énergétique doit être au cœur de la campagne présidentielle de 2022. Les différentes options proposées doivent être clairement explicitées. Nous devons être conscients que dans le cas où nous renoncerions au nucléaire, alors nous devrions nous replier sur le gaz ou le charbon car les EnR seules ne pourraient répondre à nos besoins énergétiques. L’Allemagne, qui a fait le choix de fermer ses centrales nucléaires, a dû faire marcher à plein régime son industrie du charbon pour lutter contre les défaillances de son système énergétique.

Selon l’Office fédéral allemand de la statistique Destatis, entre 2020 et 2021, la production électrique des éoliennes a baissé de 21%. Quelles en ont été les conséquences ? L’Allemagne a tout simplement rouvert ses centrales à charbon, source d’électricité 68 fois plus émettrice de CO2 que le nucléaire. Le charbon est ainsi devenu la première source d’électricité en Allemagne au premier semestre 2021. Une décision lourde de conséquences en termes d’émissions de gaz à effet de serre. Alors sommes-nous vraiment disposés à rouvrir nos vieilles centrales à charbon ? Saurons- nous tirer à temps les leçons du cas allemand ?

Tirer à temps les leçons du cas allemand

Renoncer à nos centrales nucléaires (ou ne pas investir dans la filière) c’est également contribuer à accroître durablement l’instabilité de notre réseau, avec des conséquences directes sur notre quotidien. Selon les scénarii de RTE, la consommation d’électricité devrait augmenter d’ici 2050. L’électrification massive des usages dans de nombreux secteurs comme l’industrie ou le transport entraînera une hausse de la demande électrique. Or, si nous faisions le choix du 100% renouvelable comme le préconisent certains candidats à la présidentielle, comment pourrions-nous faire fonctionner nos industries en cas d’intermittence ? Qu’en serait-il de nos voitures électriques ? de nos transports en commun ? Serions-nous prêts à renoncer au chauffage en cas de grand froid ? A nos moyens de communications (smartphone, ordinateurs) ? Finalement, serions-nous prêts à réduire notre consommation d’énergie en cas de risque de panne d’électricité massive ? En ce sens, il est important de rappeler qu’adhérer à de telles propositions politiques, c’est accepter le modèle de décroissance qui en découle.

Pour atteindre notre objectif carbone, consommer différemment et mieux est sans aucun doute la meilleure solution. Mais cela nécessite un véritable consensus et surtout de la transparence : en tant que citoyens français, européens, nous devons être avertis des conséquences de chacune des options proposées. Le choix doit être avant tout démocratique, et pour cela il faut qu’il se fasse en toute connaissance de cause.

Le nucléaire : condition sine qua non de notre réindustrialisation :

Pas de doute, l’heure est à la réindustrialisation. Mais comment pourrions-nous inciter nos industriels à passer le cap du Made in France ? Compte tenu de la lourdeur et de la longueur des cycles d’investissements, les industriels ont besoin de stabilité de visibilité : d’une véritable politique industrielle – grande absente de nos débats depuis trop longtemps. Or, toute réindustrialisation nécessite en premier lieu une politique cohérente en matière énergétique. Et pour cela, le nucléaire, filière d’excellence française, reste à l’heure actuelle notre meilleure alliée. Energie pilotable, compétitive, elle est surtout bas carbone.

Dans une logique industrielle globale, un système basé sur les énergies renouvelables apparait aujourd’hui incohérent, d’abord du fait de leur caractère intermittent, c’est-à-dire de leur incapacité à assurer une production constante et stable en électricité. Devrions nous arrêter les usines en l’absence de vent ou de soleil ? Nos industriels ne sauraient accepter de tels risques dans leur chaine de production. D’un point de vue politique, devrions nous laisser au gaz russe le rôle de garant de la survie de nos industries ? D’un point de vue écologique, devrions-nous rouvrir nos vieilles centrales à charbon ? Et d’un point de vue économique, la flambée historique des prix du gaz ne devrait-elle pas nous interpeller ?

La question est finalement simple : nous, citoyens français, sommes-nous prêts à renoncer à notre indépendance énergétique pour accentuer notre dépendance vis-vis de la Russie, de l’Allemagne ou d’autres puissances étrangères ? Sommes-nous prêts à accepter des coupures de courant à répétition comme ce fut le cas au Texas, des millions de foyers privés d’électricité pendant plusieurs jours ? Sommes-nous prêts à renoncer à notre mode de vie d’une manière aussi radicale ? Enfin, sommes-nous prêts à relever le défi de la réindustrialisation ? Et celui d’une transition écologique rationnelle et pragmatique plutôt qu’une récession déguisée ?

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(*) Margot de Kerpoisson a piloté le rapport EGE « J’Attaque! Comment l’Allemagne tente d’affaiblir durablement la France sur la question de l’énergie »

Opposition entre gaz et nucléaire entre la France et l’Allemagne

Opposition entre  gaz et  nucléaire entre la France et l’Allemagne

 

Margot de Kerpoisson, chercheuse en relations internationales à l’Ecole de guerre économique (EGE) (*)    explique dans la Tribune  les raisons de l’affrontement entre la France et l’Allemagne concernant le conflit entre le nucléaire et le gaz. Un conflit écolo mais surtout commercial.

 

L’Allemagne souhaite exclure le nucléaire de la taxonomie européenne, l’outil de financement visant à diriger les investissements publics et privés vers des activités vertes et durables. A contrario, Berlin tente de pousser à l’inclusion du gaz naturel dans la finance verte de l’UE, bien que celui-ci émet 40 fois plus de CO2 que le nucléaire selon le GIEC. Quelles sont les motivations derrière ce choix et surtout quels sont les risques pour la France ?

L’Allemagne a fait le pari des énergies renouvelables (EnR) dans le cadre de sa stratégie énergétique. Elle a également fait le choix de renoncer au nucléaire, source d’énergie pourtant pilotable, compétitive et bas carbone.

Système énergétique allemand défaillant

Plusieurs raisons expliquent la tentative allemande d’affaiblir le nucléaire français au sein de l’UE. Le système énergétique allemand étant défaillant, l’exclusion du nucléaire de la taxonomie européenne permettrait à Berlin de continuer à capter plus de subventions tout en en écartant le nucléaire français. L’Allemagne ne nous demanderait-elle pas de financer exclusivement sa transition énergétique ?

Par ailleurs, les EnR comme l’éolien ou le solaire sont par nature intermittentes : elles ne sont pas capables d’assurer une production constante et stable en électricité. Pour éviter tout risque de black-out (panne d’électricité massive), le modèle allemand nécessite une compensation avec une énergie pilotable comme le gaz. C’est la raison pour laquelle l’Allemagne pousse à l’inclusion de celui-ci dans l’outil de financement européen.

Gaz russe

Dans un troisième temps, l’arrivée du North Stream II place l’Allemagne au cœur du processus de redistribution du gaz russe. C’est un avantage à la fois économique – car générateur de nombreux revenus – et politique, puisque l’Allemagne devient un acteur central de ce nouveau système énergétique.

Renoncer au nucléaire, c’est abattre le pilier de notre souveraineté énergétique

De Gaulle voyait dans le nucléaire civil, le bastion de notre indépendance et de notre souveraineté énergétique. Une conclusion solide car le nucléaire présente deux avantages de taille. D’abord, l’approvisionnement en uranium étant suffisamment diversifié, le risque de dépendance vis-à-vis d’une puissance étrangère est diminué. Et puisque l’uranium ne représente que 5% des coûts totaux de production de l’électricité nucléaire, il nous préserve des différents aléas liés aux marchés mondiaux de l’énergie. Un intérêt non négligeable quand on constate l’explosion du prix du gaz (+500%) sur cette année de reprise économique ! D’autant que les différentes innovations dans la filière, comme les réacteurs de 4e génération, permettront de réduire drastiquement la demande en uranium en optimisant les ressources par un multi-recyclage avancé du combustible.

Risques de dépendances accrus

Les énergies renouvelables et le gaz seraient-ils en capacité d’assurer un tel niveau d’indépendance ? La Chine est le premier exportateur d’éoliennes et de panneaux solaires. Si ces derniers présentent l’avantage d’être décarbonés, ils ne bénéficient ni à notre indépendance énergétique, économique ou stratégique. Bien au contraire, renoncer au nucléaire au profit d’un modèle fondé uniquement sur les énergies renouvelables associées au gaz entraînerait des risques de dépendance accrus. L’Europe est aujourd’hui tributaire à hauteur de 40% du gaz russe. Une dépendance déjà problématique, qui risquerait encore de s’accentuer avec la fermeture des centrales nucléaires en Allemagne, en Belgique et en Suisse.

Notre souveraineté énergétique doit être au cœur de la campagne présidentielle de 2022. Les différentes options proposées doivent être clairement explicitées. Nous devons être conscients que dans le cas où nous renoncerions au nucléaire, alors nous devrions nous replier sur le gaz ou le charbon car les EnR seules ne pourraient répondre à nos besoins énergétiques. L’Allemagne, qui a fait le choix de fermer ses centrales nucléaires, a dû faire marcher à plein régime son industrie du charbon pour lutter contre les défaillances de son système énergétique.

Selon l’Office fédéral allemand de la statistique Destatis, entre 2020 et 2021, la production électrique des éoliennes a baissé de 21%. Quelles en ont été les conséquences ? L’Allemagne a tout simplement rouvert ses centrales à charbon, source d’électricité 68 fois plus émettrice de CO2 que le nucléaire. Le charbon est ainsi devenu la première source d’électricité en Allemagne au premier semestre 2021. Une décision lourde de conséquences en termes d’émissions de gaz à effet de serre. Alors sommes-nous vraiment disposés à rouvrir nos vieilles centrales à charbon ? Saurons- nous tirer à temps les leçons du cas allemand ?

Tirer à temps les leçons du cas allemand

Renoncer à nos centrales nucléaires (ou ne pas investir dans la filière) c’est également contribuer à accroître durablement l’instabilité de notre réseau, avec des conséquences directes sur notre quotidien. Selon les scénarii de RTE, la consommation d’électricité devrait augmenter d’ici 2050. L’électrification massive des usages dans de nombreux secteurs comme l’industrie ou le transport entraînera une hausse de la demande électrique. Or, si nous faisions le choix du 100% renouvelable comme le préconisent certains candidats à la présidentielle, comment pourrions-nous faire fonctionner nos industries en cas d’intermittence ? Qu’en serait-il de nos voitures électriques ? de nos transports en commun ? Serions-nous prêts à renoncer au chauffage en cas de grand froid ? A nos moyens de communications (smartphone, ordinateurs) ? Finalement, serions-nous prêts à réduire notre consommation d’énergie en cas de risque de panne d’électricité massive ? En ce sens, il est important de rappeler qu’adhérer à de telles propositions politiques, c’est accepter le modèle de décroissance qui en découle.

Pour atteindre notre objectif carbone, consommer différemment et mieux est sans aucun doute la meilleure solution. Mais cela nécessite un véritable consensus et surtout de la transparence : en tant que citoyens français, européens, nous devons être avertis des conséquences de chacune des options proposées. Le choix doit être avant tout démocratique, et pour cela il faut qu’il se fasse en toute connaissance de cause.

Le nucléaire : condition sine qua non de notre réindustrialisation :

Pas de doute, l’heure est à la réindustrialisation. Mais comment pourrions-nous inciter nos industriels à passer le cap du Made in France ? Compte tenu de la lourdeur et de la longueur des cycles d’investissements, les industriels ont besoin de stabilité de visibilité : d’une véritable politique industrielle – grande absente de nos débats depuis trop longtemps. Or, toute réindustrialisation nécessite en premier lieu une politique cohérente en matière énergétique. Et pour cela, le nucléaire, filière d’excellence française, reste à l’heure actuelle notre meilleure alliée. Energie pilotable, compétitive, elle est surtout bas carbone.

Dans une logique industrielle globale, un système basé sur les énergies renouvelables apparait aujourd’hui incohérent, d’abord du fait de leur caractère intermittent, c’est-à-dire de leur incapacité à assurer une production constante et stable en électricité. Devrions nous arrêter les usines en l’absence de vent ou de soleil ? Nos industriels ne sauraient accepter de tels risques dans leur chaine de production. D’un point de vue politique, devrions nous laisser au gaz russe le rôle de garant de la survie de nos industries ? D’un point de vue écologique, devrions-nous rouvrir nos vieilles centrales à charbon ? Et d’un point de vue économique, la flambée historique des prix du gaz ne devrait-elle pas nous interpeller ?

La question est finalement simple : nous, citoyens français, sommes-nous prêts à renoncer à notre indépendance énergétique pour accentuer notre dépendance vis-vis de la Russie, de l’Allemagne ou d’autres puissances étrangères ? Sommes-nous prêts à accepter des coupures de courant à répétition comme ce fut le cas au Texas, des millions de foyers privés d’électricité pendant plusieurs jours ? Sommes-nous prêts à renoncer à notre mode de vie d’une manière aussi radicale ? Enfin, sommes-nous prêts à relever le défi de la réindustrialisation ? Et celui d’une transition écologique rationnelle et pragmatique plutôt qu’une récession déguisée ?

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(*) Margot de Kerpoisson a piloté le rapport EGE « J’Attaque! Comment l’Allemagne tente d’affaiblir durablement la France sur la question de l’énergie »

Affrontement gaz nucléaire entre la France et l’Allemagne

Affrontement gaz nucléaire entre la France et l’Allemagne

 

Margot de Kerpoisson, chercheuse en relations internationales à l’Ecole de guerre économique (EGE) (*)    explique dans la Tribune  les raisons de l’affrontement entre la France et l’Allemagne concernant le conflit entre le nucléaire et le gaz. Un conflit écolo mais surtout mercantile.

 

L’Allemagne souhaite exclure le nucléaire de la taxonomie européenne, l’outil de financement visant à diriger les investissements publics et privés vers des activités vertes et durables. A contrario, Berlin tente de pousser à l’inclusion du gaz naturel dans la finance verte de l’UE, bien que celui-ci émet 40 fois plus de CO2 que le nucléaire selon le GIEC. Quelles sont les motivations derrière ce choix et surtout quels sont les risques pour la France ?

L’Allemagne a fait le pari des énergies renouvelables (EnR) dans le cadre de sa stratégie énergétique. Elle a également fait le choix de renoncer au nucléaire, source d’énergie pourtant pilotable, compétitive et bas carbone.

Système énergétique allemand défaillant

Plusieurs raisons expliquent la tentative allemande d’affaiblir le nucléaire français au sein de l’UE. Le système énergétique allemand étant défaillant, l’exclusion du nucléaire de la taxonomie européenne permettrait à Berlin de continuer à capter plus de subventions tout en en écartant le nucléaire français. L’Allemagne ne nous demanderait-elle pas de financer exclusivement sa transition énergétique ?

Par ailleurs, les EnR comme l’éolien ou le solaire sont par nature intermittentes : elles ne sont pas capables d’assurer une production constante et stable en électricité. Pour éviter tout risque de black-out (panne d’électricité massive), le modèle allemand nécessite une compensation avec une énergie pilotable comme le gaz. C’est la raison pour laquelle l’Allemagne pousse à l’inclusion de celui-ci dans l’outil de financement européen.

Gaz russe

Dans un troisième temps, l’arrivée du North Stream II place l’Allemagne au cœur du processus de redistribution du gaz russe. C’est un avantage à la fois économique – car générateur de nombreux revenus – et politique, puisque l’Allemagne devient un acteur central de ce nouveau système énergétique.

Renoncer au nucléaire, c’est abattre le pilier de notre souveraineté énergétique

De Gaulle voyait dans le nucléaire civil, le bastion de notre indépendance et de notre souveraineté énergétique. Une conclusion solide car le nucléaire présente deux avantages de taille. D’abord, l’approvisionnement en uranium étant suffisamment diversifié, le risque de dépendance vis-à-vis d’une puissance étrangère est diminué. Et puisque l’uranium ne représente que 5% des coûts totaux de production de l’électricité nucléaire, il nous préserve des différents aléas liés aux marchés mondiaux de l’énergie. Un intérêt non négligeable quand on constate l’explosion du prix du gaz (+500%) sur cette année de reprise économique ! D’autant que les différentes innovations dans la filière, comme les réacteurs de 4e génération, permettront de réduire drastiquement la demande en uranium en optimisant les ressources par un multi-recyclage avancé du combustible.

Risques de dépendances accrus

Les énergies renouvelables et le gaz seraient-ils en capacité d’assurer un tel niveau d’indépendance ? La Chine est le premier exportateur d’éoliennes et de panneaux solaires. Si ces derniers présentent l’avantage d’être décarbonés, ils ne bénéficient ni à notre indépendance énergétique, économique ou stratégique. Bien au contraire, renoncer au nucléaire au profit d’un modèle fondé uniquement sur les énergies renouvelables associées au gaz entraînerait des risques de dépendance accrus. L’Europe est aujourd’hui tributaire à hauteur de 40% du gaz russe. Une dépendance déjà problématique, qui risquerait encore de s’accentuer avec la fermeture des centrales nucléaires en Allemagne, en Belgique et en Suisse.

Notre souveraineté énergétique doit être au cœur de la campagne présidentielle de 2022. Les différentes options proposées doivent être clairement explicitées. Nous devons être conscients que dans le cas où nous renoncerions au nucléaire, alors nous devrions nous replier sur le gaz ou le charbon car les EnR seules ne pourraient répondre à nos besoins énergétiques. L’Allemagne, qui a fait le choix de fermer ses centrales nucléaires, a dû faire marcher à plein régime son industrie du charbon pour lutter contre les défaillances de son système énergétique.

Selon l’Office fédéral allemand de la statistique Destatis, entre 2020 et 2021, la production électrique des éoliennes a baissé de 21%. Quelles en ont été les conséquences ? L’Allemagne a tout simplement rouvert ses centrales à charbon, source d’électricité 68 fois plus émettrice de CO2 que le nucléaire. Le charbon est ainsi devenu la première source d’électricité en Allemagne au premier semestre 2021. Une décision lourde de conséquences en termes d’émissions de gaz à effet de serre. Alors sommes-nous vraiment disposés à rouvrir nos vieilles centrales à charbon ? Saurons- nous tirer à temps les leçons du cas allemand ?

Tirer à temps les leçons du cas allemand

Renoncer à nos centrales nucléaires (ou ne pas investir dans la filière) c’est également contribuer à accroître durablement l’instabilité de notre réseau, avec des conséquences directes sur notre quotidien. Selon les scénarii de RTE, la consommation d’électricité devrait augmenter d’ici 2050. L’électrification massive des usages dans de nombreux secteurs comme l’industrie ou le transport entraînera une hausse de la demande électrique. Or, si nous faisions le choix du 100% renouvelable comme le préconisent certains candidats à la présidentielle, comment pourrions-nous faire fonctionner nos industries en cas d’intermittence ? Qu’en serait-il de nos voitures électriques ? de nos transports en commun ? Serions-nous prêts à renoncer au chauffage en cas de grand froid ? A nos moyens de communications (smartphone, ordinateurs) ? Finalement, serions-nous prêts à réduire notre consommation d’énergie en cas de risque de panne d’électricité massive ? En ce sens, il est important de rappeler qu’adhérer à de telles propositions politiques, c’est accepter le modèle de décroissance qui en découle.

Pour atteindre notre objectif carbone, consommer différemment et mieux est sans aucun doute la meilleure solution. Mais cela nécessite un véritable consensus et surtout de la transparence : en tant que citoyens français, européens, nous devons être avertis des conséquences de chacune des options proposées. Le choix doit être avant tout démocratique, et pour cela il faut qu’il se fasse en toute connaissance de cause.

Le nucléaire : condition sine qua non de notre réindustrialisation :

Pas de doute, l’heure est à la réindustrialisation. Mais comment pourrions-nous inciter nos industriels à passer le cap du Made in France ? Compte tenu de la lourdeur et de la longueur des cycles d’investissements, les industriels ont besoin de stabilité de visibilité : d’une véritable politique industrielle – grande absente de nos débats depuis trop longtemps. Or, toute réindustrialisation nécessite en premier lieu une politique cohérente en matière énergétique. Et pour cela, le nucléaire, filière d’excellence française, reste à l’heure actuelle notre meilleure alliée. Energie pilotable, compétitive, elle est surtout bas carbone.

Dans une logique industrielle globale, un système basé sur les énergies renouvelables apparait aujourd’hui incohérent, d’abord du fait de leur caractère intermittent, c’est-à-dire de leur incapacité à assurer une production constante et stable en électricité. Devrions nous arrêter les usines en l’absence de vent ou de soleil ? Nos industriels ne sauraient accepter de tels risques dans leur chaine de production. D’un point de vue politique, devrions nous laisser au gaz russe le rôle de garant de la survie de nos industries ? D’un point de vue écologique, devrions-nous rouvrir nos vieilles centrales à charbon ? Et d’un point de vue économique, la flambée historique des prix du gaz ne devrait-elle pas nous interpeller ?

La question est finalement simple : nous, citoyens français, sommes-nous prêts à renoncer à notre indépendance énergétique pour accentuer notre dépendance vis-vis de la Russie, de l’Allemagne ou d’autres puissances étrangères ? Sommes-nous prêts à accepter des coupures de courant à répétition comme ce fut le cas au Texas, des millions de foyers privés d’électricité pendant plusieurs jours ? Sommes-nous prêts à renoncer à notre mode de vie d’une manière aussi radicale ? Enfin, sommes-nous prêts à relever le défi de la réindustrialisation ? Et celui d’une transition écologique rationnelle et pragmatique plutôt qu’une récession déguisée ?

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(*) Margot de Kerpoisson a piloté le rapport EGE « J’Attaque! Comment l’Allemagne tente d’affaiblir durablement la France sur la question de l’énergie »

Affrontement entre la France et l’Allemagne concernant le nucléaire et le gaz.

La guerre nucléaire–gaz entre la France et l’Allemagne ?

Margot de Kerpoisson, chercheuse en relations internationales à l’Ecole de guerre économique (EGE) (*)    explique dans la Tribune  les raisons de l’affrontement entre la France et l’Allemagne concernant le conflit entre le nucléaire et le gaz. Un conflit écolo mais surtout mercantile.

 

L’Allemagne souhaite exclure le nucléaire de la taxonomie européenne, l’outil de financement visant à diriger les investissements publics et privés vers des activités vertes et durables. A contrario, Berlin tente de pousser à l’inclusion du gaz naturel dans la finance verte de l’UE, bien que celui-ci émet 40 fois plus de CO2 que le nucléaire selon le GIEC. Quelles sont les motivations derrière ce choix et surtout quels sont les risques pour la France ?

L’Allemagne a fait le pari des énergies renouvelables (EnR) dans le cadre de sa stratégie énergétique. Elle a également fait le choix de renoncer au nucléaire, source d’énergie pourtant pilotable, compétitive et bas carbone.

Système énergétique allemand défaillant

Plusieurs raisons expliquent la tentative allemande d’affaiblir le nucléaire français au sein de l’UE. Le système énergétique allemand étant défaillant, l’exclusion du nucléaire de la taxonomie européenne permettrait à Berlin de continuer à capter plus de subventions tout en en écartant le nucléaire français. L’Allemagne ne nous demanderait-elle pas de financer exclusivement sa transition énergétique ?

Par ailleurs, les EnR comme l’éolien ou le solaire sont par nature intermittentes : elles ne sont pas capables d’assurer une production constante et stable en électricité. Pour éviter tout risque de black-out (panne d’électricité massive), le modèle allemand nécessite une compensation avec une énergie pilotable comme le gaz. C’est la raison pour laquelle l’Allemagne pousse à l’inclusion de celui-ci dans l’outil de financement européen.

Gaz russe

Dans un troisième temps, l’arrivée du North Stream II place l’Allemagne au cœur du processus de redistribution du gaz russe. C’est un avantage à la fois économique – car générateur de nombreux revenus – et politique, puisque l’Allemagne devient un acteur central de ce nouveau système énergétique.

Renoncer au nucléaire, c’est abattre le pilier de notre souveraineté énergétique

De Gaulle voyait dans le nucléaire civil, le bastion de notre indépendance et de notre souveraineté énergétique. Une conclusion solide car le nucléaire présente deux avantages de taille. D’abord, l’approvisionnement en uranium étant suffisamment diversifié, le risque de dépendance vis-à-vis d’une puissance étrangère est diminué. Et puisque l’uranium ne représente que 5% des coûts totaux de production de l’électricité nucléaire, il nous préserve des différents aléas liés aux marchés mondiaux de l’énergie. Un intérêt non négligeable quand on constate l’explosion du prix du gaz (+500%) sur cette année de reprise économique ! D’autant que les différentes innovations dans la filière, comme les réacteurs de 4e génération, permettront de réduire drastiquement la demande en uranium en optimisant les ressources par un multi-recyclage avancé du combustible.

Risques de dépendances accrus

Les énergies renouvelables et le gaz seraient-ils en capacité d’assurer un tel niveau d’indépendance ? La Chine est le premier exportateur d’éoliennes et de panneaux solaires. Si ces derniers présentent l’avantage d’être décarbonés, ils ne bénéficient ni à notre indépendance énergétique, économique ou stratégique. Bien au contraire, renoncer au nucléaire au profit d’un modèle fondé uniquement sur les énergies renouvelables associées au gaz entraînerait des risques de dépendance accrus. L’Europe est aujourd’hui tributaire à hauteur de 40% du gaz russe. Une dépendance déjà problématique, qui risquerait encore de s’accentuer avec la fermeture des centrales nucléaires en Allemagne, en Belgique et en Suisse.

Notre souveraineté énergétique doit être au cœur de la campagne présidentielle de 2022. Les différentes options proposées doivent être clairement explicitées. Nous devons être conscients que dans le cas où nous renoncerions au nucléaire, alors nous devrions nous replier sur le gaz ou le charbon car les EnR seules ne pourraient répondre à nos besoins énergétiques. L’Allemagne, qui a fait le choix de fermer ses centrales nucléaires, a dû faire marcher à plein régime son industrie du charbon pour lutter contre les défaillances de son système énergétique.

Selon l’Office fédéral allemand de la statistique Destatis, entre 2020 et 2021, la production électrique des éoliennes a baissé de 21%. Quelles en ont été les conséquences ? L’Allemagne a tout simplement rouvert ses centrales à charbon, source d’électricité 68 fois plus émettrice de CO2 que le nucléaire. Le charbon est ainsi devenu la première source d’électricité en Allemagne au premier semestre 2021. Une décision lourde de conséquences en termes d’émissions de gaz à effet de serre. Alors sommes-nous vraiment disposés à rouvrir nos vieilles centrales à charbon ? Saurons- nous tirer à temps les leçons du cas allemand ?

Tirer à temps les leçons du cas allemand

Renoncer à nos centrales nucléaires (ou ne pas investir dans la filière) c’est également contribuer à accroître durablement l’instabilité de notre réseau, avec des conséquences directes sur notre quotidien. Selon les scénarii de RTE, la consommation d’électricité devrait augmenter d’ici 2050. L’électrification massive des usages dans de nombreux secteurs comme l’industrie ou le transport entraînera une hausse de la demande électrique. Or, si nous faisions le choix du 100% renouvelable comme le préconisent certains candidats à la présidentielle, comment pourrions-nous faire fonctionner nos industries en cas d’intermittence ? Qu’en serait-il de nos voitures électriques ? de nos transports en commun ? Serions-nous prêts à renoncer au chauffage en cas de grand froid ? A nos moyens de communications (smartphone, ordinateurs) ? Finalement, serions-nous prêts à réduire notre consommation d’énergie en cas de risque de panne d’électricité massive ? En ce sens, il est important de rappeler qu’adhérer à de telles propositions politiques, c’est accepter le modèle de décroissance qui en découle.

Pour atteindre notre objectif carbone, consommer différemment et mieux est sans aucun doute la meilleure solution. Mais cela nécessite un véritable consensus et surtout de la transparence : en tant que citoyens français, européens, nous devons être avertis des conséquences de chacune des options proposées. Le choix doit être avant tout démocratique, et pour cela il faut qu’il se fasse en toute connaissance de cause.

Le nucléaire : condition sine qua non de notre réindustrialisation :

Pas de doute, l’heure est à la réindustrialisation. Mais comment pourrions-nous inciter nos industriels à passer le cap du Made in France ? Compte tenu de la lourdeur et de la longueur des cycles d’investissements, les industriels ont besoin de stabilité de visibilité : d’une véritable politique industrielle – grande absente de nos débats depuis trop longtemps. Or, toute réindustrialisation nécessite en premier lieu une politique cohérente en matière énergétique. Et pour cela, le nucléaire, filière d’excellence française, reste à l’heure actuelle notre meilleure alliée. Energie pilotable, compétitive, elle est surtout bas carbone.

Dans une logique industrielle globale, un système basé sur les énergies renouvelables apparait aujourd’hui incohérent, d’abord du fait de leur caractère intermittent, c’est-à-dire de leur incapacité à assurer une production constante et stable en électricité. Devrions nous arrêter les usines en l’absence de vent ou de soleil ? Nos industriels ne sauraient accepter de tels risques dans leur chaine de production. D’un point de vue politique, devrions nous laisser au gaz russe le rôle de garant de la survie de nos industries ? D’un point de vue écologique, devrions-nous rouvrir nos vieilles centrales à charbon ? Et d’un point de vue économique, la flambée historique des prix du gaz ne devrait-elle pas nous interpeller ?

La question est finalement simple : nous, citoyens français, sommes-nous prêts à renoncer à notre indépendance énergétique pour accentuer notre dépendance vis-vis de la Russie, de l’Allemagne ou d’autres puissances étrangères ? Sommes-nous prêts à accepter des coupures de courant à répétition comme ce fut le cas au Texas, des millions de foyers privés d’électricité pendant plusieurs jours ? Sommes-nous prêts à renoncer à notre mode de vie d’une manière aussi radicale ? Enfin, sommes-nous prêts à relever le défi de la réindustrialisation ? Et celui d’une transition écologique rationnelle et pragmatique plutôt qu’une récession déguisée ?

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(*) Margot de Kerpoisson a piloté le rapport EGE « J’Attaque! Comment l’Allemagne tente d’affaiblir durablement la France sur la question de l’énergie »

UE : gaz et nucléaire considéré comme investissements verts

UE : gaz et nucléaire considéré comme investissements verts

 

L’union européenne s’apprêterait à considérer aussi comme investissements verts le gaz et le nucléaire. Une majorité s’est dégagée sur cette question. Sans doute un compromis politique notamment entre la France et l’Allemagne. L’Allemagne qui pousse le gaz provenant surtout de la Russie et la France qui pousse sa technologie nucléaire Le sujet divise les Vingt-Sept. Mais au sommet des chefs d’État et de gouvernement jeudi à Bruxelles, «une très grande majorité d’États membres» a souhaité inclure à la fois le gaz et le nucléaire dans cette liste d’investissements durables, a déclaré un diplomate européen à l’AFP.. La crise des prix du gaz semble avoir créé un contexte favorable au nucléaire.

Mi-octobre, dix États de l’UE, dont la France, ont publié une tribune soutenant le nucléaire au motif qu’elle n’émet pas de CO2 et fait partie des solutions pour lutter contre le réchauffement climatique, mais également qu’elle contribue à l’indépendance énergétique européenne. Ce texte a aussi été signé par la Roumanie, la République tchèque, la Finlande, la Slovaquie, la Croatie, la Slovénie, la Bulgarie, la Pologne et la Hongrie. Les Pays-Bas se sont ralliés récemment à cette position.

D’autres pays comme l’Allemagne, l’Autriche ou le Luxembourg y sont farouchement opposés, à l’instar de plusieurs ONG qui épinglent le problème du stockage à très long terme des déchets radioactifs. Les centrales à gaz émettent du CO2, mais beaucoup moins que le charbon et, comme le nucléaire elles représentent une source d’électricité stable et pilotable qui peut apporter un complément nécessaire aux sources renouvelables (solaire, éoliennes) quand soleil et vent sont absents.

Prix du gaz : le blocage maintenu jusqu’aux élections présidentielles

Prix du gaz : le blocage maintenu jusqu’aux élections présidentielles

Jean Castex fait évidemment des promesses qu’il  ne pourra pas tenir en indiquant que le blocage des prix du gaz réglementé concernera toute l’année 2022. Tout au plus, il peut affirmer que le dispositif s’appliquera jusqu’aux élections présidentielles. Ensuite évidemment un nouveau gouvernement- voir- une nouvelle majorité- remettra certainement en cause des mesures dans certaines ont bien entendu des aspects électoraux.

 

En outre en considérant toutes les promesses et décisions du gouvernement, il y a fort à parier qu’on justifiera une certaine rigueur budgétaire après les prochaines élections présidentielles et législatives. Un rituel classique dans la gestion budgétaire de l’État.

 

De ce fait, les déclarations de Jean Castex n’engagent que lui-même quand il affirme:. «Le 30 septembre dernier, je vous ai dit que nous pensions (l’arrêter) fin avril. Les experts nous indiquaient qu’à partir d’avril, les tarifs commenceraient leur décrue. Aujourd’hui, les experts nous disent que cette décrue interviendra mais sera plus lente donc nous avons pris nos responsabilités en maintenant les blocages des prix sur tout le long de l’année 2022», a-t-il expliqué.

Le gaz explose : plus de 25 %

Le gaz explose : plus de 25 %

Cette envolée des prix est mondiale et découle notamment de la reprise économique. Pour ce qui concerne plus particulièrement l’Europe, c’est aussi l’effet de la désastreuse politique énergétique de l’Allemagne qui a supprimé le nucléaire pour des questions d’alliance politique avec les écolos, qui a ensuite implanté des éoliennes coûteuses et inutiles et finalement s’est rabattu sur le gaz russe pour combler ses déficits énergétiques. Or le prix du gaz influence le cours des autres énergies comme le pétrole ou l’électricitéLe  cours qui fait référence en Europe, s’est envolé de 25,14% à 145,19 euros le mégawattheure (MWh) à 11h50, heure de Paris. De son côté, le prix du gaz britannique pour livraison en novembre augmentait de 25,13% à 367,78 pence par thermie. Un phénomène lié au décalage entre l’offre et la demande mais aussi à la spéculation et à la panique . 

 

En France, et comme l’a annoncé le Premier ministre Jean Castex fin septembre, cette hausse des prix du gaz sera bloquée jusqu’au printemps. « Nous allons mettre en place pour le gaz et l’électricité ce que j’appellerais un bouclier tarifaire. Nous allons nous prémunir de ces hausses de tarifs », avait indiqué le chef du gouvernement sur TF1. Ce dernier a par ailleurs fixé une « clause de revoyure » en mars ou en avril, lorsque les cours mondiaux devraient considérablement baisser. « Si effectivement, les baisses liées aux cours mondiaux ne se produisent pas, alors nous devrons [...] prendre des mesures complémentaires qui pourraient effectivement être des mesures de baisse de taxes », avait-il ajouté. En revanche, la hausse de 12,6 % du prix du gaz a bien été appliquée le 1er octobre.

Tarifs du gaz: Des hausses inadmissibles

 Tarifs du gaz: Des hausses inadmissibles

Selon François Carlier, délégué général de l’ association de consommateurs, , « c’est un problème de coordination européenne ». Un problème à résoudre sur « le long terme » estime-t-il. En attendant, à court terme, « l’État pourrait faire un geste fiscal ». ( France Info, extrait)

 

Les tarifs réglementés du gaz vont à nouveau augmenter à partir du 1er octobre, à hauteur de 12,6%, a annoncé lundi 27 septembre la Commission de régulation de l’énergie. Ils avaient déjà bondi de près de 9% en septembre, près de 10% en juillet. « C’est un vrai problème de coordination européenne« , explique François Carlier, délégué général de la CLCV, une association de consommateurs. « On nous a plus ou moins imposé en France la libéralisation du secteur de l’énergie mais la vraie régulation de ces marchés n’a pas suivi, tant pour le gaz que pour l’électricité. » Il appelle, comme le ministre de l’Économie Bruno Le Maire, à « revoir l’organisation de ces marchés. »

franceinfo : Comprenez-vous cette nouvelle hausse annoncée par la Commission de régulation de l’énergie ou bien cela commence-t-il à faire trop ?

François Carlier : Jusqu’à cet été, c’était pour le gaz un rattrapage des fortes baisses qu’il y a eu en 2020, un rattrapage avec le redémarrage de l’économie et de la vie d’une certaine manière. Donc ça pouvait se comprendre, ça s’équilibrait. Là on va bien au-delà. C’est vrai un souci de ces marchés de gros, de gaz mais aussi d’électricité, qui quand même dysfonctionnent quelque peu. Il y a des variations tout à fait extrêmes. À partir du moment où l’on a fait la libéralisation du secteur de l’énergie, ce n’est pas pour avoir des marchés qui fonctionnent comme ça.

On voit que c’est quand même un vrai problème de coordination européenne. Ailleurs, dans d’autres pays d’Europe, ils ont considéré qu’il allait y avoir la transition énergétique et qu’il y aura moins de gaz, et donc qu’il n’y avait pas forcément besoin de renforcer les capacités de stockage et les stocks. Or, on nous a plus ou moins imposé en France la libéralisation du secteur de l’énergie.

Quel type de geste fiscal le gouvernement devrait-il mettre en place ?

L’État pourrait faire un geste fiscal sur le taux de la TVA. S’il prend un taux moindre de TVA, je pense qu’il doit s’en sortir à peu près et ça permettrait d’amortir une partie de la hausse. Donc une baisse temporaire de la TVA serait, à court terme, le seul vrai gros geste qui pourrait être fait et qui me paraît à peu près bien. On n’a jamais vu ça en France. Pour l’instant, on n’a jamais joué sur la fiscalité du gaz et de l’électricité. Mais là, c’est vrai qu’on est dans une situation qui est assez extrême. Il ne s’agit pas à long terme de faire porter sur le budget de l’État la flambée des marchés de l’énergie, je pense que ce ne serait vraiment pas une bonne politique. Je pense qu’il faut revoir ce système de libéralisation. Mais à court terme, pour le pouvoir d’achat, là c’est la seule arme qui existe et qui tient juridiquement.

Le chèque énergie ne suffit pas ?

Non, ça ne suffit pas. C’est un geste bienvenu qui amortit la hausse. Pas toute la hausse mais celle pour les ménages à revenus très modestes, ce qui est essentiel. Maintenant, c’est à peine 15% des Français. Et la crise des « gilets jaunes » en 2018 avait bien montré que la flambée des prix de l’énergie touche toutes les classes populaires et moyennes. Et donc après, il y a un enjeu global de pouvoir d’achat.

Sait-on combien de ménages sont concernés par cette hausse ?

Oui, à peu près 5-6 millions de ménages sont concernés. Mais comme de toute façon il va y avoir une grande augmentation du prix de l’électricité, probablement en janvier, et que l’électricité n’a jamais baissé donc ce n’est pas un rattrapage, il y a globalement une forte croissance de la facture d’énergie pour tous les ménages, même ceux qui ne sont pas au gaz, qui va se situer souvent entre 200 et 300 euros à l’année, parfois plus, et donc qui va réduire le confort budgétaire des gens.

Hausse du prix du gaz : L’Europe responsable

Hausse du prix du gaz : L’Europe responsable

 

Le prix du gaz est en forte augmentation depuis le début de l’été en Europe et en Asie. Le 15 septembre, il a atteint 79,31 euros le mégawattheure, un plus haut historique sur le marché européen, avec une augmentation de plus de 30 % en une semaine. Plus de 40 eurodéputés ont demandé à la Commission d’ouvrir une enquête sur les agissements du fournisseur russe Gazprom, qu’ils suspectent de manipulation du marché. Le sujet devrait s’inviter à la table des ministres européens de l’Energie, qui se réunissent mercredi et jeudi.

 

 Par Thierry Bros est professeur à Sciences Po, spécialiste de la géopolitique de l’énergie, considère que l’Europe est responsable de la flambée des prix du gaz( l’Opinion, extrait)

Comment expliquez-vous l’augmentation du prix du gaz ?

Pour bien comprendre l’évolution d’un marché, il faut regarder trois variables. Commençons par la demande, qui revient au même niveau que 2019, après avoir baissé pendant la pandémie. Or, pendant ce temps-là, les industriels ont très peu investi, ce qui est à l’origine d’un déclin naturel des champs de gaz, occasionnant une baisse d’environ 1 % des capacités de production mondiales en dix-huit mois et donc une offre plus faible. Dernière variable : les stocks, qui baissent mécaniquement quand le marché est tendu, et sont actuellement très bas pour la période.

La Russie cherche-t-elle à tendre le marché pour obtenir la mise en service du gazoduc Nord Stream 2 ?

Je ne crois pas. La mise en service d’un gazoduc est compliquée techniquement, et Nord Stream 2 (NS2) ne sera sans doute pas opérationnel avant plusieurs années. Pour l’heure, Gazprom dévoile ses objectifs d’exportations vers l’Europe en précisant « avec ou sans NS2 ». D’un autre côté, il est vrai que la Russie exprime son mécontentement par son attitude. Gazprom remplit ses obligations contractuelles mais refuse de faire transiter des volumes additionnels via l’Ukraine. Moscou est mécontent car à Bruxelles, le dogme a changé : ce qu’on appelait « gaz naturel » est devenu « gaz fossile ». Je crois donc que les Russes voudraient que les Européens fassent le geste que Joe Biden a consenti sur le pétrole par rapport à l’Opep le 11 août : reconnaître qu’ils ont besoin de plus de gaz. Enfin, les règles de concurrence européenne imposent qu’aucun opérateur ne dépasse 40 % du marché. Gazprom ne peut donc pas faire transiter plus de gaz, à moins de s’exposer à une enquête de la Commission.

Pour vous, les Européens sont donc les principaux responsables de l’augmentation du prix du gaz ?

Absolument, oui. Les responsables politiques et l’Agence internationale de l’énergie diabolisent le gaz et disent qu’il ne faut plus investir. Avec le Pacte vert, la Commission ne se focalise que sur l’hydrogène à l’horizon 2050 en omettant de dire comment les Européens vont se chauffer et se nourrir d’ici là. On va se retrouver dans une situation de rationnement par le prix, mais personne ne le dit aux peuples. Et pour éviter les black-out, on risque de devoir rallumer les centrales à charbon, comme on le fait déjà dans certains pays européens. Sans compter que l’augmentation des prix affecte encore plus durement les pays asiatiques comme l’Inde.

« Soit on continue, face à des prix élevés, à faire de plus en plus de “chèques énergie” pour permettre aux consommateurs de payer leurs factures. Soit on revient aux fondamentaux en se focalisant de nouveau sur notre sécurité d’approvisionnement à des coûts acceptables »

Que peut-on attendre de la réunion des ministres de l’Energie européens ?

Ils ne sont certainement pas en capacité de freiner la flambée des prix. Mais ils sont à la croisée des chemins : maintenant que nous sommes à quelques mètres du mur, faut-il encore accélérer ou essayer de minimiser les dégâts ? Soit on continue, face à des prix élevés, à faire de plus en plus de « chèques énergie » pour permettre aux consommateurs de payer leurs factures. Soit on revient aux fondamentaux en se focalisant de nouveau sur notre sécurité d’approvisionnement à des coûts acceptables.

Prix Gaz : encore une hausse de 9 %

Prix Gaz : encore une hausse de 9 %

Le tarif réglementé de vente (TRV) du gaz naturel vendu par Engie va augmenter de 8,7% (soit 7,9% TTC) au 1er septembre

Depuis le 1er janvier 2019, les tarifs réglementés de vente de gaz HT d’Engie ont crû de 15,8%, et de 16,7% depuis le 1er janvier 2015. Ils avaient connu une période de baisse durant la crise. Les tarifs réglementés de vente de gaz disparaîtront le 1er juillet 2023. Environ 2,8 millions de consommateurs résidentiels sur un total de 10,7 millions (soit 26%), sont aujourd’hui titulaires d’un contrat au TRV auprès d’Engie.

Parmi les 7,6 millions de consommateurs résidentiels disposant d’un contrat en offre de marché, environ 5,5 millions ont souscrit une offre à prix fixe et ne sont donc pas concernés par les évolutions mensuelles du tarif réglementé.

Gaz : encore une hausse de 9 %

Gaz : encore une hausse de 9 %

Le tarif réglementé de vente (TRV) du gaz naturel vendu par Engie va augmenter de 8,7% (soit 7,9% TTC) au 1er septembre

Depuis le 1er janvier 2019, les tarifs réglementés de vente de gaz HT d’Engie ont crû de 15,8%, et de 16,7% depuis le 1er janvier 2015. Ils avaient connu une période de baisse durant la crise. Les tarifs réglementés de vente de gaz disparaîtront le 1er juillet 2023. Environ 2,8 millions de consommateurs résidentiels sur un total de 10,7 millions (soit 26%), sont aujourd’hui titulaires d’un contrat au TRV auprès d’Engie.

Parmi les 7,6 millions de consommateurs résidentiels disposant d’un contrat en offre de marché, environ 5,5 millions ont souscrit une offre à prix fixe et ne sont donc pas concernés par les évolutions mensuelles du tarif réglementé.

L’Allemagne prête à lâcher Navalny pour le gaz russe ?

L’Allemagne prête à lâcher Navalny  pour le gaz russe ?

 

Le nouveau leader démocrate-chrétien Armin Laschet, probable successeur de Merkel ,soutient fermement Nord Stream 2 mais son futur partenaire au pouvoir, les écologistes Verts, raidit leur opposition. C’est un peu l’éternel problème posé à l’Allemagne entre les valeurs démocratiques et le business.

Certes formellement l’Allemagne a aussi condamné l’emprisonnement de l’opposant russe à Poutine. Mais de là à menacer la Russie de sanctions économiques il y a un pas que l’Allemagne n’est peut-être pas prête de faire. Le problème c’est que le futur leader allemand doit tenir compte de son allié écologique.

L’affaire Navalny a incité les Verts à intensifier leur demande d’arrêt du pipeline et menace de paralyser le prochain chancelier, qui doit également faire face à l’opposition américaine et même aux doutes de la France, le plus proche allié de l’Allemagne.

Navalny, condamné mardi à 3-1 / 2 ans de prison après qu’un tribunal de Moscou a jugé qu’il avait violé les conditions de sa libération conditionnelle, a été arrêté le 17 janvier après son retour d’Allemagne en Russie où il a été traité pour empoisonnement avec un grade militaire. agent neurotoxique.

Sa condamnation a incité la chef des Verts Annalena Baerbock à faire pression sur le gouvernement de Merkel pour qu’il renonce au projet d’oléoduc politiquement chargé, dont la construction a été largement suspendue depuis décembre 2019 à la suite d’une menace de sanctions des États-Unis et du retrait d’une entreprise de pose de canalisations.

«Nous allons faire pression pour cela maintenant et à l’avenir», a déclaré Baerbock à la chaîne ZDF cette semaine lorsqu’on lui a demandé si le projet ne pouvait pas aller de l’avant avec son parti au sein du gouvernement allemand.

Plus de 90% du projet a été achevé et il devrait officiellement être lancé plus tard cette année.

Mais l’opposition des Verts a le poids de l’opinion des États-Unis et de nombreux autres en Europe. La dépendance du gazoduc à l’égard des services fournis par les pays bordant la mer Baltique surpeuplée signifie qu’il existe de nombreux points de pression: les retraits sous la pression américaine par des sociétés de certification de sécurité au Danemark et en Norvège pourraient encore torpiller le projet, selon une source Verte.

L’Allemagne et la Russie affirment que Nord Stream 2 n’est qu’un projet commercial. Washington a longtemps fait valoir que le gazoduc augmentera dangereusement l’influence de la Russie sur l’Europe. Le nouveau président américain Joe Biden estime qu’il s’agit d’un «mauvais accord pour l’Europe».

Notons aussi que l’union européenne et la France appelle aussi à la suspension de ce projet pour des motifs démocratiques.

« Navalny et le gaz russe » !

« Navalny et le gaz russe » !

 

La condamnation d’Alexeï Navalny remet sur le tapis l’épineuse question du gazoduc Nord Stream 2. L’étau se resserre ; Angela Merkel risque de se retrouver isolée. Il existe un précédent, que le nouveau chef de la diplomatie américaine connaît très bien, relève Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde ».

Publié hier à 09h56, mis à jour hier à 14h08   Temps deLecture 4 min.

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Chronique. En 1987, un jeune et brillant diplômé américain de Harvard et Columbia signait, après avoir vaguement tâté du journalisme, un livre de géopolitique sur un épisode récent de la guerre froide, Ally versus Ally (« allié contre allié », Greenwood Press, non traduit). Le sujet – « l’Amérique, l’Europe et la crise du gazoduc sibérien » – est incontestablement excitant, mais ne justifie peut-être pas à lui seul la soudaine hausse du prix de vente de l’ouvrage, qui monte jusqu’à 447 dollars (environ 370 euros) ces jours-ci sur Internet.

A 25 ans l’auteur, Antony J. Blinken, était alors un parfait inconnu. Il a depuis fait son chemin ; son nouveau statut explique sans doute le subit intérêt pour le livre : secrétaire d’Etat du président Joe Biden, Antony Blinken dirige désormais la diplomatie américaine. Et comme par ironie, l’histoire d’Ally versus Ally semble se répéter, près de quatre décennies plus tard, au moment où il prend ses fonctions. Avec, dans le rôle de l’élément perturbateur, Alexeï Navalny.

En 1982, les Européens tiennent tête

L’affaire du gazoduc germano-russe Nord Stream 2, l’un des premiers dossiers que M. Blinken a trouvés sur son bureau en arrivant au département d’Etat, a en effet un petit air de déjà-vu. Au début des années 1980, la France et la République fédérale d’Allemagne négocient avec Moscou le doublement de la fourniture de gaz soviétique à l’Europe, depuis un gisement en Sibérie. Aux Etats-Unis, Ronald Reagan voit cette manœuvre d’un très mauvais œil ; il redoute la dépendance énergétique de l’Europe vis-à-vis de « l’empire du mal », il craint les transferts de technologie et veut éviter que ce marché serve à enrichir l’URSS. Un consortium d’entreprises européennes, dont des filiales de sociétés américaines, est néanmoins monté pour construire le gazoduc sibérien. En décembre 1981, prenant prétexte de l’instauration de la loi martiale en Pologne, Washington prend des sanctions extraterritoriales contre l’URSS qui frappent les sociétés européennes impliquées dans le gazoduc.

Mais les Européens tiennent tête. François Mitterrand et Helmut Schmidt maintiennent la signature du contrat soviétique. En juin 1982, Reagan surenchérit par un embargo total sur le pétrole et gaz d’URSS. L’Europe des Dix, à l’époque, refuse d’appliquer les sanctions. Washington révoque les licences d’exploitation de Creusot-Loire et Dresser-France. Jean-Pierre Chevènement, ministre de la recherche et de l’industrie, en appelle à la solidarité européenne et fait serment de réduire la dépendance technologique de la France vis-à-vis des Etats-Unis. L’affaire finit par inquiéter les milieux d’affaires américains, qui interviennent auprès du président Reagan. Celui-ci cède et lève les sanctions en novembre 1982.

« Mise en cause du gaz fossile pour l’hydrogène  » ?

« Mise en cause du gaz fossile pour l’hydrogène  » ?

Les deux experts du lobbying Belen Balanya et Hans van Scharen dénoncent, dans une tribune au « Monde », le poids de l’industrie du gaz dans la politique européenne de soutien à la filière hydrogène ( ceci étant  il faut prendre en compte que la production d’hydrogène peut-être tout autant et même mieux  assurée par les excédents d’électricité provenant du nucléaire ou des énergies alternatives NDLR)

Tribune. 

 

Lorsque nous parlons du changement climatique, nous le faisons en pensant à l’avenir de nos enfants et petits-enfants. Est-ce-là pourquoi nous tendons à croire aux contes de fées lorsqu’il s’agit de trouver des solutions ? On ne peut que se le demander, à voir comment les décideurs européens parlent aujourd’hui de l’hydrogène comme de la nouvelle source d’énergie propre qui nous tirera d’affaire.

En fait – mais ne le dites pas aux enfants –, il s’agit là du résultat d’une campagne très réussie menée par l’industrie du gaz, dont font partie des entreprises comme Shell et BP et leurs groupes de pression.

Campagne coordonnée et massive

« Une nouvelle aurore pour le gaz en Europe… Voilà qui va être un changement décisif pour le secteur du gaz, changement que nous adoptons et menons avec enthousiasme », a déclaré James Watson, secrétaire général d’Eurogas, le 7 juillet, en réaction à la publication de la nouvelle stratégie européenne sur l’hydrogène.

Grâce à une campagne de lobbying coordonnée et massive de 60 millions d’euros, l’industrie du gaz semble s’être assuré des lendemains heureux. Frans Timmermans, vice-président exécutif de la Commission européenne pour le Pacte vert européen, adoptait l’hydrogène en déclarant « L’hydrogène, c’est génial, et je suis déterminé à en faire un succès ! »

En effet, l’industrie semble avoir très bien réussi ses efforts de lobbying, et être parvenue à prendre le contrôle d’éléments-clés de la nouvelle stratégie. Dans un article décrivant comment Hydrogen Europe avait plus ou moins pris en charge la gestion quotidienne de l’Alliance européenne pour un hydrogène propre, le lobbyiste allemand et secrétaire général d’Hydrogen Europe, Jorgo Chatzimarkakis (par ailleurs ancien eurodéputé libéral), notait qu’un tiers des 430 milliards d’euros nécessaires au déploiement de l’hydrogène proviendrait de fonds publics. Cela représente presque le budget annuel de l’ensemble de l’Union européenne (UE).

Dans le même article, il déclarait : « Beaucoup de gens se demandent pourquoi cette initiative est menée par l’industrie et pourquoi des PDG sont prévus pour cela ? Car nous avons besoin de décisions rapides. » La stratégie européenne pour l’hydrogène de la Commission, publiée en juillet 2020, rappelle en effet de façon inquiétante les demandes de l’industrie, à commencer par les objectifs et investissements nécessaires pour l’hydrogène (430 milliards d’euros d’ici à 2030) à l’intérieur et à l’extérieur de l’UE.

Engie–gaz de schiste américain : entre pollution et énergie verte

Engie–gaz de schiste américain : entre pollution et énergie verte

 

Le moins que l’on puisse dire ce qu’Engie qui se présente comme le champion de l’environnement fait le grand écart entre pollution et énergie renouvelable. L’entreprise vient d’être rappelée à l’ordre par l’État qui lui demande de décaler sa signature pour un contrat de gaz de schiste aux États-Unis.

“Il a été convenu au cours d’un conseil que ce projet nécessitait des approfondissements. Engie a souhaité se laisser plus de temps pour les mener”, a déclaré le groupe français, dont l’Etat possède 23,6% du capital et 33,96% des droits de vote.

La vérité c’est que le ministère de l’économie a imposé un décalage de signature compte tenu du caractère particulièrement polluant du gaz de schiste américain.

D’ailleurs Engie n’a pas souhaité dire si cette décision était la conséquence d’une intervention de Bercy et n’a pas confirmé le montant du contrat.

NextDecade a fait savoir qu’il ne fournissait aucun détail sur ses relations commerciales et que l’entreprise travaillait à des mesures visant à parvenir à la neutralité carbone à Rio Grande.

NextDecade a reporté à 2021 sa décision finale d’investissement sur Rio Grande initialement prévue cette année, les confinements dus à l’épidémie liée au nouveau coronavirus ayant réduit la demande de gaz naturel.

Le gouvernement français s’est quant à lui refusé à tout commentaire.

Selon la source proche du dossier, le projet “ne correspond pas à notre projet environnemental ni à notre vision environnementale”.

 

 

“Il ne s’agit pas de seulement reporter la décision mais de reconnaître les impacts climatiques et environnementaux de ce contrat, acter le refus de le signer et porter ce message-là en tant qu’actionnaire d’Engie au conseil d’administration”, a dit à Reuters Lorette Philippot, chargée de campagne aux Amis de la Terre.

Gaz en Turquie : une découverte historique ?

Gaz en Turquie : une découverte historique ?

Intox  ou réalité, en tous cas Erdogan annonce que la Turquie a découvert l’un des plus grands gisements de gaz en mer Noire. La Turquie consomme chaque année entre 45 et 50 milliards de mètres cubes de gaz naturel, presque entièrement importé. Cela représente environ 11 milliards d’euros, selon l’autorité régulatrice des marchés énergétiques (EPDK). La découverte annoncée vendredi «n’est pas mal du tout, mais cela ne change pas la donne non plus», a relativisé sur Twitter Ozgur Unluhisarcikli, directeur du bureau à Ankara de l’institut américain German Marshall Fund.

«Bien que relativement modeste par rapport à d’autres gisements de gaz naturel dans le monde, celui-ci va aider la Turquie à réduire sa facture énergétique», a souligné le cabinet Capital Economics dans une note. «Cela dit, il y a des raisons d’être prudent. Il faudra du temps pour installer les infrastructures nécessaires à l’extraction du gaz», a-t-il ajouté.

Le président Erdogan avait suscité l’attente en affirmant mercredi qu’il annoncerait vendredi une «grande nouvelle». Les marchés ont cependant semblé quelque peu déçus, certaines fuites dans la presse jeudi ayant mentionné un volume de gaz plus de deux fois supérieur à celui annoncé vendredi.

L’hydrogène pour relancer le gaz !!

L’hydrogène pour relancer le gaz !!

Pour l’ONG Transport & Environnement, « l’UE a raison de donner la priorité à l’hydrogène dans les transports où il n’y a pas d’alternative pour décarboner ». Mais comme d’autres défenseurs de l’environnement, elle s’inquiète du rôle conservé par le gaz.( Qui semble privilégier la fabrication d’un hydrogène plus compétitif que celui découlant de l’utilisation d’énergies propres)

La Commission européenne estime en effet que dans les premières années, une « période de transition » sera nécessaire pour assurer une production stable et des prix compétitifs, au cours de laquelle d’autres processus de production d’hydrogène, émetteurs de carbone, seront maintenus mais atténués par des techniques de capture de carbone.

« La Commission est tombée dans le panneau de l’industrie des combustibles fossiles. [...] Elle offre une nouvelle bouée de sauvetage à cette industrie en faillite », a déploré Tara Connolly de Friends of the Earth.

Fin juin, une large coalition d’industriels – ExxonMobil, GE, ENI, Equinor ou Erdgas – a plaidé pour une production d’hydrogène au gaz naturel, accompagnée de technologies de capture de carbone, « nécessaire pour rendre les utilisations de l’hydrogène compétitives en termes de coût ».

« Aujourd’hui, il est 2 à 5 fois moins cher que l’hydrogène renouvelable et son déploiement contribuera à réduire le coût de ce dernier », avançaient-ils.

Pour Lisa Fischer du think tank E3G, la Commission oublie que « si nous voulons de l’hydrogène vert, nous allons avoir besoin d’énergie renouvelable bien plus que ce que nous produisons à l’heure actuelle », estime-t-elle.

 

Réforme EDF : une usine à gaz !

Réforme EDF : une usine à gaz !

Pour simplifier ,le projet du gouvernement vise à séparer la production qui resterait maîtrise de l’État de la distribution qui ,elle, pourrait être privatisée. Le projet repose sur le principe d’une meilleure couverture des coûts de production avec l’illusion que les consommateurs seront protégés.  Le gouvernement veut réformer la régulation du parc nucléaire français afin de garantir la couverture des coûts d’EDF tout en préservant les consommateurs de hausses de prix trop élevé. L’hypothèse d’un éclatement d’EDF n’est pas impossible t. Il s’agirait d’isoler l’activité nucléaire dans une structure à part avec une régulation des prix qui permettrait de couvrir les coûts et de faire face notamment à la facture du Grand carénage qui doit permettre de prolonger les réacteurs d’au moins 10 ans. Une facture de 40 à 50 milliards. L’électricité produite par cette entité juridique autonome serait vendue ensuite aux sociétés qui commercialisent l’électricité. Au final ,évidemment c’est le consommateur qui paiera la facture. Ce scénario circule depuis de longs mois consistant à séparer les activités nucléaires d’EDF du reste du groupe que sont les énergies renouvelables, les services énergétiques et les 27 millions de clients. Sans aller jusqu’à un démantèlement qui soulèverait une fronde des syndicats, l’idée consiste à isoler les 58 réacteurs nucléaires dans une structure à part, qui resterait détenue par EDF. L’objectif serait ensuite de réguler la production électrique nucléaire. Concrètement, il s’agirait de garantir au parc nucléaire un prix qui évoluerait en fonction de ses coûts. Ce système existe déjà pour le réseau de lignes à haute tension RTE et pour Enedis qui distribue l’électricité jusqu’aux compteurs. Le régulateur de l’énergie contrôlerait ainsi les coûts et investissements du parc nucléaire pour fixer l’évolution de son tarif de vente. Il serait ensuite directement répercuter sur la facture des clients comme l’est le tarif de transport de l’électricité. Le problème c’est évidemment l’ampleur de l’endettement d’EDF et ses besoins de financement futurs qui d’une manière ou d’une autre conduiront le prix de l’électricité à un doublement d’ici 10 ans.

 

Brice Lalonde : «la priorité est la réduction des gaz à effet de serre.

Brice Lalonde : «la priorité est la réduction des gaz à effet de serre. 

Brice Lalonde, défend un mix énergétique ou le nucléaire à sa place (par parenthèse, il considère aussi dans une autre interview que le développement des éolienne en France va surtout profiter taux chinois).  Nouveau président de l’association Équilibre des énergies, il entend peser dans les débats de la PPE discutée dans les prochains mois. Interview de l’ancien ministre de l’Environnement. (Interview le Monde)

Vous avez succédé fin janvier à Serge Lepeltier à la présidence d’ Équilibre des énergies. Pourquoi avoir accepté de devenir le président de cette association ? 
En tant qu’ambassadeur français chargé des négociations internationales sur le changement climatique en 2007 et coordonnateur exécutif de la Conférence des Nations unies sur le développement durable Rio+20 de 2010 à 2012, j’ai été amené à travailler énormément avec les entreprises.
Le fait de collaborer avec les entreprises était formateur car elles sont beaucoup plus réactives, capables d’avoir une vision, un budget. J’ai organisé le premier Business and Climate summit en 2015 avant la COP21 justement dans l’idée que sans les entreprises nous arrivions à rien.
Avec elles, on peut réussir à rassurer et mettre dans le coup la sphère politique et les décideurs. Je pense, modestement, avoir réussi à amorcer la pompe du côté des entreprises. Aujourd’hui, j’ai accepté cette présidence car il me semble que les contours de la transition énergétique, un peu floue et contradictoire, doivent être précisés.
Il y a donc un vrai travail à faire avec les entreprises et c’est l’essence même d’ Équilibre des énergies.

Qu’attendez-vous de la PPE, la fameuse Programmation pluriannuelle de l’énergie ? 
J’attends de cette PPE qu’elle serve et qu’elle soit simple. Nous sommes dans une société où le consommateur devient consomm’acteur. Nous avons les compteurs Linky, le digital et ce que certains appellent les 3D, la décentralisation, la décarbonation et la digitalisation.
Dans la vision idéale de ce que la transition énergétique doit apporter, les Français ont non seulement leur mot à dire mais aussi à mener. Actuellement, il me semble qu’il y a une très grande complexité, parfois excessive, dans laquelle les techniciens et les lobbys font leur délice.
Cela aboutit à des décisions qui sont, à mon avis, contraires à l’objectif de la loi. Je pense que si nous devons travailler sur la PPE, il faut simplifier et que le gouvernement nous dise que la priorité est la réduction des gaz à effet de serre. Si vous avez une priorité comme celle là, les autres objectifs s’ordonnent derrière elle. Pour l’heure, vous avez des objectifs qui sont contradictoires ou qui finissent par se contrecarrer. Cela me paraît dommageable.

Dans cette PPE, vous prônez donc un Équilibre des énergies ?! 

Oui, mais un équilibres des énergies décarbonées ! Ou en tout cas à des systèmes énergétiques qui contribuent à la décarbonation. On ne peut pas promouvoir le charbon, sinon il y a un déséquilibre !

La question climatique est au cœur du combat de votre association. C’est un travail de longue haleine. Le combat peut-il être gagné ? 
Nous avons une situation de départ qui est quand même plutôt favorable avec la France qui est un pays avec un système de consommation et de production d’énergie relativement décarboné. Il va falloir cependant travailler la question de nos importations.

Vous avez déclaré que, jeune, vous étiez anti-nucléaire et qu’aujourd’hui vous ne l’étiez plus. C’est à dire que vous êtes pro-nucléaire ? 
Je ne suis pas contre. En France, il y a une litanie anti-nucléaire qui interdit de penser. Si on n’est pas anti-nucléaire, il faut travailler à la transition, à la sécurité des centrales, à la relève, à l’ EPR…  On ne peut s’interdire de mettre les mains dans le cambouis. Le nucléaire a un avantage, c’est qu’il produit extrêmement peu de gaz à effet de serre. C’est par conséquent un atout important qu’il ne faut pas balayer d’un revers de la main.  Le nucléaire rentre d’autant plus naturellement dans le mix énergétique qu’il produit de l’électricité. Et la question de l’électricité est une question très importante puisqu’il semble qu’elle soit le vecteur principal de la transition énergétique.
Elle permet de faire le lien entre le bâtiment, la mobilité et la production décarbonée. Il faut que la PPE cesse clairement de mettre des bâtons dans les roues de l’électricité, je pense notamment au coefficient de conversion. Il faut que les énergies soient en compétition à niveau égal.

A vous écouter, vous allez vouloir peser dans les débats qui vont alimenter la PPE… 

Oui, naturellement. Nous allons essayer de peser sans négliger la dimension européenne. C’est essentiel. Quand vous discutez avec RTE, la question de l’intégration des énergies intermittentes dans le réseau électrique trouve une partie de sa réponse dans la dimension européenne.
À ce jour, il faut dire que la politique énergétique européenne reste relativement boiteuse car nous avons toujours cette difficulté entre l’Allemagne et la France qui ont des mix différents, des conceptions peu convergentes… 

L’Europe de l’énergie n’est donc pas efficace ? 
L’Europe de l’énergie a été surtout pour l’instant de voir comment on pouvait aider les pays baltes et l’Est de l’Europe à avoir du gaz et de l’électricité sans être forcément connectés à la Russie.

Revenons à la PPE. Allez-vous participer à des débats en tant que lobbyiste ? 
Oui, nous sommes des lobbyistes de la décarbonation ! La réalité du système énergétique français, c’est que le pétrole est la source d’énergie la plus importante. Et c’est elle qui est responsable de la majorité des émissions.
Donc, si vous travaillez sur la décarbonation, vous essayez de réduire la consommation de pétrole et d’autres combustions fossiles.

 

Gaz : encore une hausse

Gaz : encore une hausse

 

Après de nombreux produits et surtout de nombreux services, le gaz lui aussi va subir une augmentation qui fait d’ailleurs douter de la pertinence méthodologique de l’observation des prix par l’INSEE. En effet les dépenses contraintes ne cessent d’augmenter tandis que les dépenses ajustables se réduisent de plus en plus dans le budget des ménages. Il s’agit des tarifs réglementés du gaz  qui par ailleurs vont disparaître d’ici 2024. Il faudra s’attendre pour ce type d’énergie à des fluctuations très importantes des prix comme on n’en constate les tarifs non réglementés. Pour le chauffage, on  constate par exemple des évolutions des niveaux tarifaires qui varient du simple au double. On comprend que le prix du gaz doive suivre l’indicateur majeur que constitue les prix du pétrole qui s’envole depuis plusieurs mois. Reste une augmentation de 3 % des tarifs réglementés va encore peser sur le pouvoir d’achat des ménages d’autant qu’il a été décidé de limiter l’augmentation par exemple des pensions de seulement 0,3 % en 2009 et 2020 alors qu’actuellement l’inflation annuelle de croissance de 2,3 %.  Cette majoration de 3% au 1er octobre va concerner un peu moins de 4,5 millions de foyers. Il s’agit de la frange de la population qui est encore abonnée aux tarifs réglementés du gaz.

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