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« Les loyers sont trop chers, même pour les HLM » (Louis Gallois)

« Les loyers sont trop chers, même pour les HLM » (Louis Gallois)

Europe 1 rend compte d’uen interview de Louis Gallois, le président de la Fédération des Acteurs de la Solidarité qui dénonce des loyers toujours trop chers, même dans le secteur du logement social. Et qui met le doigt sans doute sur la bulle financière et sociale qui risque d’éclater.

« Pourquoi y a-t-il autant d’expulsions ? Parce que les loyers sont trop chers et que les habitants ne peuvent plus les payer, même pour les HLM », explique l’ancien PDG de la SNCF et d’Airbus. En 2017, 126.000 décisions d’expulsion ont été prononcées, dont plus de 120.000 pour impayés locatifs (+49% depuis 2001), selon le dernier bilan annuel de la Fondation Abbé Pierre (FAP). La même année, 15.547 ménages ont été expulsés avec le concours de la force publique, dernière étape si aucune solution n’est trouvée. 

Pour le président de la FAS, le problème vient avant tout du parc locatif de logements sociaux. « Le gouvernement s’était engagé à construire 40.000 logements très sociaux en 2018. Or on est à 32.000. Et nous sommes inquiets parce que les lancements de programmes [de construction] ne sont pas très bons. Nous pensons donc que cette cible de 40.000 logements est difficile à atteindre et pourtant, c’est un minimum. Nous en demandons 60.000 pour faire face à cette crise d’hébergement. »

Cette crise du logement concerne en outre toute la France bien qu’elle soit encore plus marquée dans les « zones tendues comme Paris, Toulouse, Lyon, Bordeaux, Nantes… ». 

Louis Gallois dénonce également un certain désengagement de l’État dans le secteur des logements sociaux. Et cela s’illustre en particulier dans la décision de 2017 de baisser le montant de l’Aide personnalisée au Logement (APL) de 5 euros.  »Nous sommes opposés à cette baisse qui s’est traduite par une baisse des loyers des HLM. Cela les a privé de 800 millions d’euros en 2018 et 900 millions en 2019. C’est autant d’argent en moins pour la rénovation des HLM et la construction de logements très sociaux. » S’agit-il d’un désintérêt de l’État pour la question du logement ?  »Le logement très social n’est peut-être pas au niveau de priorité où il devrait être », répond Louis Gallois.

Autre revendication de la FAS : une meilleure dotation du fonds d’indemnisation des bailleurs, qui a diminué de près de deux tiers depuis 2005, passant de 78 millions à 24 millions en 2018. Ces sommes servent à indemniser les bailleurs lorsque les locataires ne peuvent plus payer leur loyer. « L’une des solutions pour lutter contre les expulsions locatives, c’est que pendant que les personnes recherchent un logement moins coûteux, ils puissent rester dans leur logement actuel. L’idéal étant qu’il n’y ait pas d’expulsion sans relogement. »

L’Industrie du futur (Louis Gallois)

L’Industrie du futur (Louis Gallois)

Quelle industrie du futur, quelle modernisation notamment des PME, quelles conséquences sociales ? Dans un interview à Challenges Louis Gallois Coprésident de La Fabrique de l’industrie et président du conseil de surveillance de  PSA-Peugeot Citroën pose la problématique.

 

LA TRIBUNE - L’industrie du futur est un sujet à la mode : devient-elle une réalité pour les entreprises françaises ?

LOUIS GALLOIS - Elles n’ont pas le choix, car elles sont au pied du mur. Si elles veulent récupérer le terrain perdu après plusieurs années de sous-investissement, les entreprises françaises doivent à tout prix moderniser, et en particulier numériser leur appareil productif. La question ne se pose pas tellement pour les entreprises du CAC 40 et les ETI qui ont su s’armer pour conquérir des marchés à l’export. En revanche, ce chantier doit être une priorité pour les TPE et les PME, qui accusent un retard certain. Grâce à la numérisation, les petites et moyennes entreprises industrielles ont une chance, peut-être unique, de se mettre à niveau sur le plan technologique. D’une certaine façon, on peut dire que l’industrie du futur est une occasion de rebattre les cartes et de revenir dans la course, à condition, bien sûr, d’investir. Même si les TPE et les PME allemandes ont un temps d’avance sur nous dans ce domaine, l’ouvrage Industrie 4.0 de Dorothée Kohler et Jean-Daniel Weisz, coédité par la Fabrique de l’industrie et BPI France, indique qu’il existe également outre-Rhin des freins, notamment psychologiques, qui entravent la modernisation et la numérisation de l’industrie. C’est à cela qu’il faut s’attaquer.

Les PME ont-elles les moyens de mener ce rattrapage ?

Actuellement, de l’argent il y en a. Le taux de marge des entreprises industrielles est remonté à plus de 35 %. La politique de la BCE conduit à des conditions de crédit très attractives. Le coût des matières premières et de l’énergie est bas. En prolongeant la mesure de suramortissement de l’investissement industriel, le gouvernement a pris une bonne décision. Il faut accompagner la reprise de l’investissement en cours.

Qui doit impulser ce chantier ? L’État ou les industriels ?

Tout le monde est concerné. L’État doit créer la confiance et réunir les conditions, notamment fiscales et réglementaires, pour que les investissements soient engagés. Mais il ne faut pas, bien sûr, tout en attendre. Les branches professionnelles, les réseaux consulaires, les industriels et en particulier les donneurs d’ordre ont leur rôle à jouer. Au sein des entreprises et en particulier des PME et des sous-traitants, il faut aussi un changement de culture. Les entrepreneurs doivent se saisir de ces questions liées à la modernisation de leur entreprise. Sinon, le choc sera rude, car la concurrence va vite.

Chez PSA, par exemple, c’est un élément structurant du plan stratégique push to pass lancé par Carlos Tavares : les grandes entreprises qui ne prendraient pas ce sujet au sérieux encourent un risque vital. C’est tout aussi vrai dans les PME. Je comprends bien la crainte de certains chefs d’entreprise face à ces changements : jouer l’industrie du futur, c’est souvent accepter de changer de modèle économique. Là aussi, il y a un risque. Mais rien ne serait pire que de rester dans sa zone de confort en pensant que rien ne va changer.

L’enjeu, c’est aussi le changement du travail, la place de l’homme dans ce monde numérique…

Oui, et il va nous falloir investir dans l’élévation des qualifications lorsqu’on passe, par exemple, d’un travail d’exécution à des tâches de maintenance. Le numérique va permettre d’autonomiser des ateliers et de mettre les personnels en mesure de prendre plus de responsabilités dans les processus de production. Cela pose d’ailleurs un problème pour l’avenir des emplois peu qualifiés, et c’est l’une des raisons pour lesquelles j’ai plaidé, avec un succès limité jusqu’ici, pour que les allégements de charges ne soient pas concentrés seulement sur les bas salaires, mais s’étendent jusqu’à 3,5 Smic. Les allégements de charges sur les bas salaires ont un effet immédiat contre le chômage, mais ils tirent les qualifications vers le bas ; alors que l’emploi non qualifié est le plus menacé par l’automatisation et le numérique.

L’Industrie 4.0 allemande associe les partenaires sociaux. Cela ne devrait-il pas être aussi le cas en France ?

Le gouvernement a confié l’Alliance pour l’industrie du futur aux industriels, c’est une bonne idée pour ajuster l’action aux besoins des entreprises et motiver les acteurs de terrain. Je suis favorable à ce que les syndicats de salariés qui le souhaitent soient également parties prenantes comme en Allemagne. Ils doivent avoir une vision claire des mutations en cours et s’y préparer. Car nous devons nous attendre à des changements profonds sur la nature des emplois et sur la structure même du travail. Personne ne sait encore dire quel sera l’impact global du numérique sur l’emploi. On pressent que beaucoup d’emplois peu qualifiés ou intermédiaires peuvent disparaître. Mais je ne suis pas pessimiste à terme, car les gains de productivité créent de la croissance et donc de nouveaux emplois, certes différents de ceux que nous connaissons aujourd’hui. La grande difficulté, ce sera de gérer la transition d’une structure d’emploi vers une autre. Là encore, tout le monde doit être sur le pont. L’Éducation nationale, l’Enseignement supérieur, l’apprentissage, la formation professionnelle et donc les branches professionnelles. Les mutations en cours nécessitent de nouvelles compétences : traitement des données, programmeurs, designers Internet… Les formations correspondantes n’existent pas, ou pas suffisamment. D’où des initiatives heureuses, comme celle de Xavier Niel, avec l’école 42. Heureusement, nos écoles d’ingénieurs sont excellentes. Mais il faut veiller à ce que nos talents ne soient pas chassés par les entreprises étrangères. Il faudra investir dans la formation, mais aussi inventer de nouvelles formes de sécurité sociale adaptées à une plus grande mobilité et diversité. Le compte personnel d’activité (CPA) créé dans la loi El Khomri en est une ébauche, qu’il faudra enrichir. Tout ce qui permettra de dédramatiser les changements d’emplois sera crucial dans la période à venir. Le salariat ne va pas disparaître, mais on va voir émerger une plus grande diversité de situations professionnelles avec l’économie numérique. Le développement du travail indépendant, et de nouvelles formes d’activité, plus souples, ne devront pas réduire le niveau de protection sociale.

Avec le tout-connecté, l’ère de Big Brother est-elle advenue aussi dans les usines?

Qui n’est pas surveillé ? C’est un peu effrayant, je l’avoue ; cela suppose de la vigilance et des garde-fous. Plus globalement, pour l’industrie automobile, l’enjeu est comme pour beaucoup de secteurs de l’économie « traditionnelle » de se battre pour conserver la relation avec les clients, et ne pas la laisser à Google ou à d’autres. Je ne crois pas que les opérateurs Internet vont se lancer dans la production de voitures, mais ils vont chercher à gérer l’interface entre les producteurs et leurs clients. On a vu comment l’industrie automobile allemande s’est regroupée pour empêcher Google de racheter la géolocalisation de Nokia.

Quel sera l’impact de la fabrication additive et des imprimantes 3D ?

L’impression 3D ouvre des perspectives nouvelles : personnalisation des produits, économie de matières, complexité des formes… mais elle présente encore des limites. Il faudra voir comment les pièces vieillissent, assurer le traitement de surface, diversifier les matériaux : du plastique au métal ou à la céramique. Ce n’est qu’une partie de l’industrie du futur. Le grand changement industriel, pour moi, c’est le mouvement rapide vers une intégration complète de toutes les fonctions de l’entreprise et des relations avec les fournisseurs et les clients pour optimiser le processus productif. Avant, on faisait en masse des produits identiques ; désormais on va fabriquer en masse des produits personnalisés avec une efficacité accrue.

L’industrie du Futur est-elle de nature à renforcer la coopération européenne, et notamment avec l’Allemagne, comme le souhaitent Emmanuel Macron et Sigmar Gabriel, qui ont signé à Hanovre un accord en ce sens ?

Nos problématiques sont différentes. La France insiste sur la demande qu’entraîne la modernisation de notre appareil productif : nous devons acheter de nouvelles machines que, hélas, souvent nous ne produisons plus chez nous. En Allemagne, l’enjeu majeur est de permettre aux entreprises de conserver leur leadership dans l’offre de biens d’équipement, contributeur massif à l’excédent commercial allemand. Mais il y a de nombreux domaines où nous pouvons travailler ensemble : les compétences, la formation, les normes… et pourquoi pas la sensibilisation et le coaching des PME !

Louis Gallois : non aux mini-jobs

Louis Gallois : non aux mini-jobs

 

Louis Gallois, le président du Conseil de Surveillance de PSA Peugeot-Citroën, n’a pas tort de critiquer les mini-jobs, en fait de vrais postes de travail mais sous rémunérés comme le réclame certains au  Medef. Par contre il tort car   on doit prendre en compte le poids des charges de toutes natures qui   plombent la compétitivité, la croissance  et donc  l’emploi.     »Il y a une dignité du travail, il doit être rémunéré. Moi je suis contre les ‘mini-jobs’ à l’allemande ou à la britannique », a expliqué Louis Gallois sur France Inter. « Ce qui me pose problème c’est la remise en cause constante du Smic. Quand on est payé au Smic, on n’arrive pas à faire les fins de mois », a souligné l’ancien patron de la SNCF et d’EADS (aujourd’hui Airbus).  « Payer des gens quatre euros de l’heure  et dire ensuite, ce sera à l’Etat ou aux collectivités locales de faire le complément, ce n’est pas ce que je souhaite », a-t-il affirmé. Plus de 2,4 millions de salariés allemands occupaient en 2013 un « mini-job », ces contrats dispensés de charges sociales dont la rémunération est plafonnée à 450 euros par mois. La mise en place sur le marché français de l’emploi d’un dispositif similaire à celui conçu par l’Ancien responsable de Volkswagen Peter Hartz en Allemagne, a régulièrement été évoquée par le Medef ces dernières années dans le cadre d’une refonte du Code du Travail. Le patron des patrons, Pierre Gattaz, a par ailleurs proposé jeudi aux entreprises d’embaucher, à 80% du Smic, des adultes qu’elles formeraient pendant 18 à 24 mois, une rémunération qui devrait être complétée par d’autres dispositifs pour atteindre le salaire minimum. Pour Louis Gallois, le retour d’un « climat favorable à la reprise de l’emploi » passe avant tout par « un véritable dialogue entre les partenaires sociaux », qui pour l’instant ne parviennent pas à s’entendre. « Ce qui me frappe c’est qu’on ne sent pas une véritable confiance entre les partenaires sociaux, or c’est ce qui fait la force de l’Allemagne », selon lui. « Le coût du travail est un élément mais ce qui est décisif pour les chefs d’entreprise, c’est qu’ils aient une perspective de croissance parce qu’il y a des capacités de production inutilisées actuellement », juge Louis Gallois. A cet égard, « la reprise de l’emploi ne sera que progressive, elle sera plus nette en 2016 qu’en 2015″, estime-t-il.

 

Gallois : futur président du conseil de PSA

Gallois : futur président du conseil de PSA

Finalement l’Etat a choisi un ancien fonctionnaire pour diriger PSA. Le conseil de surveillance de PSA Peugeot Citroën a choisi mardi Louis Gallois pour succéder à Thierry Peugeot comme futur président du constructeur automobile qui aura prochainement l’Etat français et le chinois Dongfeng à son tour de table. « L’Etat se félicite du choix du comité et du conseil de surveillance qui recueille le soutien des trois futurs actionnaires du groupe dont l’Etat », ont indiqué à Reuters les services du Premier ministre. « La personnalité et l’expérience de Louis Gallois vont constituer un atout pour PSA qui aura besoin dans les prochaines années d’une gouvernance exemplaire. » Selon une source interne au conseil, le candidat défendu par l’Etat français a été désigné à l’unanimité à la tête du conseil de surveillance. Il formera un tandem inédit dans l’histoire du groupe avec le nouveau président du directoire, Carlos Tavares. L’ancien numéro deux de Renault prendra officiellement ses fonctions à la fin du mois et les deux hommes auront pour tâche de piloter le redressement d’une entreprise qui cherche sa place dans un monde automobile plus concurrentiel que jamais. Un porte-parole de PSA a refusé de faire un commentaire. La nomination de l’ancien PDG d’EADS (aujourd’hui rebaptisé Airbus Group) sera soumise au vote des actionnaires et devrait être formalisée lors d’une première réunion du nouveau conseil de surveillance programmée le 29 avril, ont ajouté les deux sources. Selon l’une d’elles, l’assemblée générale, prévue jusqu’ici le 30 avril, pourrait être avancée au 25 avril. « Le conseil a choisi Louis Gallois à l’unanimité, et les différentes branches de la famille se sont entendues », a indiqué la source.

 

Sondage : Aubry et Gallois préférés pour Bercy

Sondage : Aubry et Gallois préférés pour Bercy

Les Français sont aussi sévères que Laurent Fabius à l’égard des locataires de Bercy. Selon un sondage Ifop pour le JDD de ce 19 mai, 30% seulement des personnes interrogées se déclarent satisfaites de l’action du ministre de l’Economie et des Finances. Celle d’Arnaud Montebourg, l’autre personnalité de Bercy, au Redressement productif, fait un tout petit peu mieux avec 38% de satisfaits.  Même si François Hollande, lors de sa conférence de presse du 16 mai, a affirmé qu’aucun remaniement ministériel n’était envisagé à court terme, les Français, selon l’Ifop, verraient pourtant bien Martine Aubry devenir la vraie patronne de Bercy à la tête d’un grand ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie. L’ancienne leader du PS recueille ainsi 23% d’opinions en ce sens.  Elle est suivie de peu par Louis Gallois. L’ancien patron d’EADS et actuel commisaire général à l’investissement dont le nom revient souvent depuis quelques semaines pour un poste à Bercy, Economie ou Industrie, obtient, lui, 20%.  Derrière, Laurent Fabius, qui a dirigé le ministère de l’Economie et des Finances de 2000 à 2002, recueille 15%, et Arnaud Montebourg a 10% de supporters pour le voir passer de l’industrie à l’Economie.  Michel Sapin, l’actuel ministre de l’Emploi qui a été à l’Economie sous Pierre Bérégovoy, récolte 12%. Enfin, Pascal Lamy, le directeur général sortant de l’OMC dont le nom circule aussi ces derniers temps, n’est choisi que par 4% des sondés.

Gallois : il faut des stages dans les PME pour les patrons du CAC 40 !

Gallois : il faut des stages dans les PME pour les patrons du CAC 40 !

 

Bonne idée de Gallois, des stages dans les PME pour les patrons du CAC afin qu’ils se rendent compte des réalités économiques et sociales. « J’ai l’honneur de vous proposer d’effectuer un stage dans notre société, pour la durée de votre choix, aux dates de votre choix ». C’est ainsi que commence l’offre de stage de ce patron de PME breton, Christophe Angus, qui dirige une petite entreprise spécialisée dans le développement d’outil internet, Sopixi. Une offre qui s’adresse aux grands décideurs français, dirigeants de grands groupes ou politiciens. Ce patron de 11 employés dit avoir été inspiré dans cette démarche par Louis Gallois. « Ce serait une excellente thérapie pour les patrons de grandes entreprises que d’affronter la vie concrète d’une PME, la vraie vie sans doute », a déclaré le commissaire général à l’investissement, que Christophe Angus cite dans son offre de stage, publiée le 11 avril.  Louis Gallois s’exprime ainsi dans le dernier ouvrage d’Hervé Hamon, « Ceux d’en haut », dans lequel l’auteur interviewe les décideurs. L’ex-patron du géant de l’aéronautique EADS explique que « le patron de PME est en première ligne sur tous les sujets il est directeur financier, il est DRH, il est évidemment directeur de la stratégie, il est tout, et c’est son patrimoine qu’il a engagé. Moi, je les admire, ces gens-là, je suis dans une position infiniment plus confortable, j’ai des amortisseurs dans tous les coins. » Le petit patron breton rappelle que « les petites entreprises représentent 37 % de l’emploi en France. Plus que les grandes entreprises ». Un coup de comm’ destiné à donner plus de visibilité aux PME françaises, à parler de leurs contraintes et de leur manière de travailler « sur un mode gagnant-gagnant, car aucun de nous n’a les moyens de perdre, pas même un euro », explique Christophe Angus.

 

Gallois : pour un euro plus faible

Gallois : pour un euro plus faible

 

L’ancien PDG de la SNCF et d’EADS estime que le redressement de la compétitivité des pays européens les plus exposés à la concurrence par les prix, dont la France, passe par « un niveau plus acceptable de l’euro ». « Le niveau élevé de l’euro, par rapport aux autres monnaies mondiales entre 2005 et 2012 (…) a joué un rôle – très souvent sous-estimé – dans la divergence des économies européennes », écrit le Commissaire général à l’investissement. Les pays qui ont su échapper à la concurrence par les prix en créant des « avantages différenciants » ont bénéficié de l’euro fort, qui réduisait le coût de leurs importations sans faire souffrir leurs exportations, explique-t-il. En revanche, les pays exposés à la compétition par les prix comme la France ont vu leur compétitivité durement atteinte : l’euro fort a pesé sur leurs prix à l’exportation, qui sont devenus de moins en moins générateurs de marges, et stimulé les importations de produits manufacturés concurrents. « Pour faire simple, l’euro fort renforce les forts et affaiblit les faibles », écrit Louis Gallois. Les économistes estiment qu’un niveau « acceptable » de l’euro se situe entre 1,15 et 1,2 dollar, rappelle-t-il. Son taux de change s’établissait à 1,27 dollar lundi soir. « Il importe que l’Eurogroupe, qui en a la responsabilité, appuyé par la BCE qui en a les clés, s’exprime clairement », ajoute le commissaire à l’Investissement. « Les marchés fixent la valeur des monnaies mais l’expérience montre qu’ils écoutent ce que disent les responsables politiques et ils mesurent ce que font les Banques Centrales. » Il assure cependant ne pas sous-estimer la difficulté de dégager un consensus sur ce point au sein de l’Eurogroupe.

 

Liste des 22 propositions Gallois

Liste des 22 PROPOSITIONS DU RAPPORT Gallois

 

1re proposition :

l’État s’engage à ne pas modifier cinq dispositifs, au moins, au cours du Quinquennat :

- le crédit impôt recherche

- les dispositifs dits « Dutreil » favorisant la détention et les transmissions d’entreprises

- la contribution économique territoriale (68 modifications de la taxe professionnelle en 35 ans !)

- les incitations « sociales » aux jeunes entreprises innovantes, rétablies à leur niveau de 2010.

- les dispositifs en faveur de l’investissement dans les PME, notamment « l’IR PME » et « l’ISF

PME » (annonce du Président de la République à la Remise des Prix de l’Audace Créative –

le 20/09/2012).

2e proposition :

introduire dans les Conseils d’Administration ou de Surveillance des entreprises de plus

de 5000 salariés, au moins 4 représentants des salariés, sans dépasser le tiers des membres,

avec voix délibérative, y compris dans les comités des conseils.

3e proposition :

créer un Commissariat à la Prospective, lieu d’expertise et de dialogue social. Accompagner

chaque Loi de Finances d’un rapport sur la situation de l’appareil productif fondé sur les

travaux du Commissariat.

4e proposition :

créer un choc de compétitivité en transférant une partie significative des charges sociales

jusqu’à 3,5 SMIC – de l’ordre de 30 milliards d’euros, soit 1,5 % du PIB – vers la fiscalité et la

réduction de la dépense publique.

Ce transfert concernerait pour 2/3 les charges patronales, et pour 1/3 les charges salariales.

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5e proposition :

mener les recherches sur les techniques d’exploitation des gaz de schiste.

6e proposition :

aligner les conditions de crédit et des garanties export, en volume, quotité et taux

sur le meilleur niveau constaté dans les pays avancés et créer un « prêteur direct » public.

7e proposition :

sanctuariser le budget de la recherche publique et celui du soutien à l’innovation sur la durée

du quinquennat.

8e proposition :

créer un mécanisme d’orientation de la commande publique vers des innovations

et des prototypes élaborés par des PME : objectif de 2 % des achats courants de l’État.

9e proposition :

créer, au sein de la BPI, un produit constitué d’actions de préférence sans droit de vote

(bénéficiant en contrepartie d’une rémunération privilégiée).

10e proposition :

élaborer un équivalent du « Small Business Act », comme cadre de cohérence des dispositifs

en faveur de la croissance des PME.

11e proposition :

conditionner les soutiens de l’État aux actions des grandes entreprises à leur capacité

à y associer leurs fournisseurs et sous-traitants.

12e proposition :

renforcer la gouvernance et les moyens des comités de filières de la CNI.

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13e proposition :

donner aux Régions la responsabilité de coordonner l’action des différentes structures

régionales en charge de promouvoir l’innovation et le développement de l’industrie, ainsi que

d’animer le dialogue social.

14e proposition :

systématiser la présence des entreprises dans la gouvernance de l’enseignement technique

et professionnel au niveau des établissements (Conseils d’administration), des Régions

(établissement des cartes de formation) et au niveau national.

15e proposition :

doubler le nombre de formations en alternance sur la durée du quinquennat.

16e proposition :

demander aux partenaires sociaux de négocier les modalités de mise en oeuvre d’un compte

individuel de formation, « crédité » soit au début de la vie active, soit chaque année,

et attaché non au statut, mais à la personne.

17e proposition :

confirmer aux Commissaires aux comptes qu’ils doivent obligatoirement joindre à leur avis

sur les comptes de l’entreprise, un rapport sur le crédit interentreprises. Prévoir des sanctions

administratives (DGCCRF) en cas de manquement aux règles sur les délais de paiement.

18e proposition :

allonger la « durée » des contrats d’assurance vie par une adaptation de leur régime fiscal ;

avantager fiscalement les contrats en unités de compte (c’est-à-dire investis en actions)

et les « contrats diversifiés » par rapport aux contrats dits en euros (placements

essentiellement obligataires).

19e proposition :

doubler en cinq ans la capacité de France Investissement (BPI) à développer des partenariats

public-privé dans le domaine du capital-investissement pour soutenir les entreprises ayant de

forts besoins d’investissement au moment de l’industrialisation de leurs innovations.

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20e proposition :

donner au CGI la mission de porter trois priorités techniques et industrielles :

(1) les technologies génériques, (2) la santé et l’économie du vivant et (3) la transition

énergétique.

21e proposition :

accompagner toutes les décisions européennes concernant la concurrence d’un avis d’experts

économiques et industriels extérieurs à la Commission ; cet avis serait public.

22e proposition :

autoriser les entreprises qui le souhaitent à faire présider le Comité d’Entreprise par un

représentant des salariés.

Louis Gallois : 22 mesures pour la compétitivité

 

Louis Gallois : 22 mesures pour la compétitivité Fin du suspens. Le très attendu rapport Gallois a été remis lundi matin au Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Ses propositions pour relancer la compétitivité française seront annoncées en détails dans l’après-midi, mais Louis Gallois a déjà confirmé les grandes lignes du rapport parues dans la presse.

L’essentiel. « Je propose 22 mesures principales », a annoncé Louis Gallois à la sortie de Matignon. Elles visent à « arrêter le décrochage de l’industrie française » qui s’est aggravé « depuis une dizaine d’années », estime l’auteur du rapport.

La principale proposition. Louis Gallois préconise une baisse des cotisations des entreprises de l’ordre de 30 milliards d’euros, dont 20 milliards concernent les charges patronales et 10 milliards les charges salariales.

Un « choc de confiance ». Le rapport devait parler d’un « choc de compétitivité », mais François Hollande a banni l’expression, lui préférant un « pacte de compétitivité » qui s’inscrirait dans la durée. Louis Gallois opte finalement pour le « compromis » : son rapport plaide pour un « choc de compétitivité qui est en fait un choc de confiance ».

Un « pacte social » et un « véritable patriotisme ». La relance de la compétitivité française nécessite un « dialogue social à tous les niveaux » avec « un nouveau dynamisme », précise Louis Gallois, « parce que nous avons besoin que se noue une sorte de pacte social entre tous les partenaires ». L’ancien patron va plus loin : pour mener la « reconquête industrielle », nous avons « besoin d’un véritable patriotisme. Il faut que le club France travaille de manière solidaire. »

La feuille de route. Jean-Marc Ayrault avait confié en juillet « une mission sur la compétitivité de nos entreprises » à Louis Gallois, ancien patron de la SNCF et d’EADS, avec pour objectif de « préparer la mise en œuvre d’actions concrètes, d’ici la fin de l’année ». L’exécutif, qui a pris ses distances avec le rapport dès les premières fuites dans la presse, a assuré qu’il s’en inspirera pour décider des mesures pour relancer la compétitivité du pays. Celles-ci seront annoncées mardi.

Compétitivité- François Bayrou « d’accord avec le gouvernement, pas de choc mais remise en cause des 35 heures »

Compétitivité- François Bayrou «  d’accord avec le gouvernement, pas de choc mais remise en cause des 35 heures  »

Charismatique comme une planche à repasser, égocentrique comme un dindon, Bayrou ne manque cependant pas de lucidité ; une lucidité sans doute incompatible avec une campagne électorale ; le drame de la démocratie. Invité du Grand Jury, le président du MoDem a expliqué que la remise lundi du rapport de Louis Gallois sur la compétitivité et la conférence de presse du chef de l’Etat mi-novembre étaient deux événements centraux dans le mandant de François Hollande. Il s’est par ailleurs déclaré opposé à « l’utilisation du mot ‘mariage’ pour désigner une union entre homosexuels ». Selon lui, « c’est là qu’il est devant sa responsabilité de chef d’Etat, c’est le moment où il doit prendre le drapeau du combat majeur qu’est le combat du pays ». « C’est là que va se jouer de savoir si la France a une chance de se redresser, si ce quinquennat sera celui du redressement du pays », a expliqué l’ancien ministre de l’Education.  « J’espère qu’il (M. Hollande) aura ce courage-là, cette audace-là », a-t-il ajouté, à deux jours d’un séminaire gouvernemental à Matignon à l’issue duquel seront annoncées de premières mesures sur la compétitivité. « Je ne crois pas que ce soit une question qui doive être uniquement laissée aux mains du gouvernement, c’est une question si importante que c’est pour moi une question de compétence présidentielle ».Avec la question de la compétitivité de l’économie française, « nous avons là devant nous la cause même de la dégradation de la situation de notre pays depuis 10 ou 12 ans au moins », a fait valoir François Bayrou. « Je pense que François Hollande a l’intuition de ce qu’il va falloir faire (…) Mais il y a une contradiction entre la politique qu’il faut suivre pour le pays et le programme que le Parti socialiste a défendu devant les Français », durant la campagne », a relevé le président du MoDem, arrivé 5e à la dernière présidentielle.  Il s’est dit d’accord avec le gouvernement qui semble écarter tout « choc de compétitivité » qui passerait par une baisse massive des charges patronales. Selon François Bayrou, une des solutions réside dans une nouvelle organisation du travail, avec une remise en cause des 35 heures.

 

Compétitivité- Montebourg : 20 milliards d’euros d’allégements fiscaux ; question pour qui et comment on finance ?

Compétitivité- Montebourg : 20 milliards d’euros d’allégements fiscaux ; question pour qui et comment on finance ?

 

Allégement des charges sociales pour les entreprise qui investissent dans le « nouveau » et dans les processus ; tiens on croyait qu’il n’y avait pas de problème de coût du travail ? Mais pour les seules entreprises qui créent des produits nouveaux ou dans les processus. Drôle de formule car à peu près tous les investissements peuvent justifier de la nouveauté et du changement de méthode. Exemple en transport public, quand on achète un camion, on monte nécessairement en gamme en matière de normes euro (pour des questions économiques et aussi réglementaires), c’est donc nouveau et cela participe d’une modification du processus de production de la prestation transport ; idem pour les machines outils. . La définition est donc très vasouillarde. Surtout la grande question, on les prend où ces 20 milliards, dans la poche de Montebourg avec la montée en puissance de la vente des marinières ? Ah oui dans la restauration, les banques et l’immobilier. Pas de chance, la crise immobilière est en train d’éclater avec des conséquences sur les actifs des banques. Reste le vin rouge et la tête de veau du bistrot du coin.  Dernière question, c’est pour quand, pas en 2012, pas en 2013 (budget voté).  Alors en 2014 ou à la saint glin-glin ? Des centaines de milliers d’emplis seront créés ; ça c’est une évaluation qui ne vient pas d’un organisme économique d’évaluation mais sans doute d’un prétoire ou d’un café du commerce. Bref, un plan vite faiat bien fait. Écrit en vitesse par un ministre qui est à l’industrie ce que Poivre d’Arvor est à la littérature. Ou quand l’ésotérisme tient lieu de stratégie industrielle.  Les Echos se sont procuré un «mémorandum en faveur d’un dispositif de relance productive» rédigé en octobre par le ministre. Il y avance ses propositions, qui seront «soumises à l’arbitrage du gouvernement». Pour mémoire, le Premier ministre recevra lundi le rapport de Louis Gallois sur le même sujet. Les préconisations d’Arnaud Montebourg impliquent des réformes de grande ampleur, poursuit le quotidien. Le ministre proposerait de réduire les charges sociales patronales de 20 milliards d’euros. Cet allégement concernerait les salaires compris entre 1,6 et 2,5 fois le smic, soit de 2.281 à 3.465 euros bruts par mois. Quelque 3,1 millions de personnes seraient concernées, un peu plus d’un salarié sur cinq. Sur ce total, «un million environ travaillent dans l’industrie», précise la note ministérielle. Les entreprises ne bénéficieraient pas systématiquement de cette baisse d’environ 8% du coût du travail, explique le journal. Les allégements seraient réservés à celles qui investissent -le ministère parle de «donnant-donnant»-, la réduction de charges s’élevant à la moitié de l’investissement. Seuls les investissements «créateurs de nouveaux produits ou processus» seraient éligibles, par opposition aux «investissements de construction, d’entretien et de maintenance qui n’ont pour but que le maintien du stock de capital». Pour le ministère, ce dispositif représenterait «une évolution de compétitivité du même ordre de grandeur que celui réalisé par l’Allemagne dans les années 2000». Il favoriserait «une hausse massive de l’investissement dans les entreprises». Et permettrait de créer «plusieurs centaines de milliers d’emplois». Arnaud Montebourg a tout prévu. Pour compenser cette perte de 20 milliards pour la Sécurité sociale, il entend aller solliciter «les secteurs protégés de l’économie » comme « la restauration, le secteur bancaire et l’immobilier». Il propose aussi «une baisse des dotations de l’Etat aux collectivités locales», des prélèvements accrus sur «les retraités les plus fortunés», une « plus grande progressivité des allocations familiales » grâce à leur « fiscalisation ». Enfin la fiscalité environnementale serait sollicitée, avec la création d’une «taxe carbone aux frontières» ou la mise en enchère des quotas d’émission de CO2.

Hollande-Compétitivité: « on a pris du retard depuis 10 ans » ; on va perdre encore 5 ans pour appliquer un plan

Hollande-Compétitivité: « on a pris du retard depuis 10 ans » ; on va perdre encore 5 ans pour appliquer un plan   

Curieux le raisonnement de Hollande qui constate qu’on a pris un retard de 10 ans en matière de compétitivité mais qui s’apprête à étaler son plan sur 5 ans. Une manière d’enterrer le rapport Gallois. Du coup, c’est de 15 ans de retard dont il faudra parler. Des décisions seront « prises dès le mois de novembre dans tous les domaines de la compétitivité », y compris le coût du travail, a-t-il confirmé.  Selon le président Hollande, « une politique de compétitivité suppose une action dans la durée mais avec de la visibilité pour les acteurs économiques », notamment les chefs d’entreprise, les contribuables et les épargnants. Il a donc promis que lorsque son « pacte de compétitivité » sera annoncé, « chacun saura exactement ce qui sera fait » au cours des cinq prochaines années, au nom de la « stabilité ». Aucun sujet ne sera occulté, tout sera traité, tout est mis sur la table », a-t-il poursuivi, lors d’une conférence de presse organisée après avoir rencontré les dirigeants du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde, de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) Angel Gurria, de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) Pascal Lamy, de la Banque mondiale Jim Yong Kim et de l’Organisation internationale du travail (OIT) Guy Rider. Interrogé sur l’appel des patrons du CAC 40 en faveur d’une baisse drastique du coût du travail, le chef de l’Etat a assuré ne pas croire que ses auteurs souhaitaient « le mettre sous le terme d’ultimatum », contrairement au titre du Journal du Dimanche qui l’a publié la veille.   »Nous sommes dans un moment où seul doit compter l’intérêt général », a-t-il ajouté, « il est aussi demandé un certain nombre de responsabilités aux hauts dirigeants ».  François Hollande s’est toutefois engagé à faire en sorte que les mesures qui seront prises n’affectent pas le pouvoir d’achat et la demande intérieure.   »Tous les indicateurs montrent que nous ne sommes pas dans la meilleure des situations », « parce que nous avons pris du retard depuis 10 ans », a-t-il insisté.  Pour lui, « la France est devant un triple défi »: l’endettement, la faible croissance conjuguée à un chômage élevé et la compétitivité.   »Les trois défis d’ailleurs sont liés les uns aux autres », a-t-il estimé.  Le directeur général de l’OMC a aussi fait un « lien entre croissance, compétitivité et emploi ». « C’est le problème majeur de la France et d’un certain point de vue de l’Europe en ce moment », a dit Pascal Lamy.   »Dans les cinq ans qui viennent, le moyen de créer des emplois en Europe, c’est d’aller chercher la croissance là où elle est », c’est-à-dire dans les pays émergents, a-t-il plaidé.   »Cela veut dire que l’attitude à l’égard de l’économie internationale doit être offensive et pas défensive », « c’est vrai d’une manière générale » mais « particulièrement » dans le cas de la France, a ajouté Pascal Lamy, issu comme François Hollande des rangs du Parti socialiste.

Gallois : un grand serviteur de l’Etat, un grand patron mais rapport enterré

Gallois : un grand serviteur de l’Etat, un grand patron mais  rapport enterré

 

Il faut s’attendre à un concert de louanges de la part du gouvernement pour Louis Gallois afin de compenser l’enterrement de son rapport. Un grand serviteur de l’Etat, un grand patron, un homme exceptionnel etc. Et son rapport ? D’abord on l’a contraint de le réécrire à plusieurs reprises afin d’arrondir ce qui fâche (exemple 35 heures). Ensuite, ce n’est qu’un rapport, c’est le gouvernement qui gouverne. Plus de choc de compétitivité mais un pacte. On va étaler dans le temps, renvoyer aussi à une concertation patrons syndicat qui n’aboutira pas. Bref une gestion gouvernementale qui ressemble aux motions de synthèse du PS, du bric à brac.   Le rapport devant être remis lundi par Louis Gallois au Premier ministre sur la compétitivité proposera de réduire les cotisations des entreprises de 30 milliards d’euros, mais aussi des mesures en faveur de l’exportation, des filières ou du gaz de schiste, selon le quotidien Les Echos. Ce rapport très attendu doit être remis par l’ancien patron d’EADS à Jean-Marc Ayrault à la mi-journée.  Selon le site internet des Echos, qui ne cite pas ses sources, il devrait préconiser un allègement des charges sociales de 30 milliards d’euros pour faire baisser le coût du travail. Il s’agirait d’une baisse de 20 milliards des charges patronales et de 10 milliards des charges salariales, selon le site du quotidien. D’autres médias avaient déjà évoqué ces hypothèses. Cette mesure concernerait « une très grande majorité des emplois, puisqu’elle toucherait tous les niveaux de salaires jusqu’à 3,5 fois le SMIC, soit près de 5.000 euros par mois », croit savoir le quotidien économique.

 

Rapport Gallois : une réécriture qui discrédite le rapport

Rapport Gallois : une réécriture qui discrédite le rapport

 

Gallois devrait démissionner car son rapport officiel ressemblera peu à sa version première. En fait après les fuites, la récriture est permanente sur demande du gouvernement. La sortie de ce rapport a d’abord été différée pour ne pas gêner le la discussion dur le budget 2013 qui va en l’encontre de la logique initiale du rapport gallois. Ensuite, dès dimanche derbier, nombre de ministres sont montés au créneau pour condamner le choc de compétitivité souhaité par Gallois. Gallois est un grand serviteur de l’Etat, il avalera son chapeau ; son rapport sera enterré et il ne protestera pas. On va sûrement en plus affirmer que pas une ligne n’a été changée dans cette expertise. Ceux qui ont l’expérience de ce genre d’exercice savent très bien qu’aucun rapport ne peut sortir officiellement sans lecture préalable du gouvernement.  François Hollande a bien  tenté, ce jeudi, de calmer le jeu – tout en repartant à la charge - sur la question de la compétitivité, objet depuis plusieurs semaines de conjectures en tous sens, d’indiscrétions plus ou moins organisées dans la presse sur les réflexions menées par l’Élysée ou encore de sorties intempestives de ministres réjouis de donner leur avis. Mais aussi, et surtout, d’un vif débat sur la pertinence d’augmenter CSG ou TVA pour financer une baisse des charges des entreprises. «Avant de chercher des solutions, sachons quel problème nous voulons régler!» martèle-t-on au sommet de l’Etat. Alors que le premier ministre Jean-Marc Ayrault s’était agacé dans la matinée des fuites incessantes depuis plusieurs jours à propos des conclusions du rapport sur la compétitivité préparé par Louis Gallois, rapport qui doit être remis le 5 novembre – «vous pourrez continuer tous les jours votre petit feuilleton, ça ne m’intéresse pas», a-t-il lâché -, c’est le chef de l’État en personne qui a repris la main sur le sujet dans la soirée. S’exprimant devant la communauté «Oséo excellence», François Hollande a tenu à mettre au clair sa méthode et son calendrier d’action. La méthode d’abord. «Elle consiste à poser et à partager le diagnostic de la situation», souligne-t-on à l’Élysée. Il tiendrait en quelques mots: les entreprises en France ont un problème de marge.  Selon l’exécutif, elles ont baissé de 30% à 20% dans l’industrie depuis 2000. Pendant ce temps, les parts de marché de la France dans le monde sont passées de 5,1% à 3,3%. Et la part de l’industrie dans la valeur ajoutée est de 13% – contre 28% en Allemagne. «C’est un constat lucide et sévère… et pas une partie de plaisir», insiste l’entourage du chef de l’État. L’explication? Elle tient surtout à «un effort insuffisant d’innovation». Et donc une mauvaise spécialisation à l’international. Ce à quoi il faut ajouter «le coût du travail – une des dimensions mais pas la seule -, l’accès aux capitaux, le prix de l’immobilier, de l’énergie, la complexité administrative, la rigidité du marché du travail, le

 

 

Rapport Gallois : suppression des 35h

Rapport Gallois : suppression des 35h

 

Incontournable cette question des 35 heures sera abordée dans le rapport Gallois. Une question évidemment fondamentale puisqu’elle a brutalement augmenté les coûts sociaux de 5 à 10%. Au-delà de la compétitivité immédiate, elle a surtout porté atteinte au  pouvoir d’achat de 4 millions de salariés modestes depuis la défiscalisation des heures supplémentaires. Surtout elle à porté une atteinte fatale à la valeur travail. La culture RTT s’est installée partout y compris chez les cadres. La question des 35 heures sera donc « abordée » par Gallois avec  possible suppression des 35 heures », affirme Le Parisien. Le document, qui est déjà largement commenté mais qui n’a pas encore été remis à François Hollande, pourrait ainsi d’après le journal, prôner la fin de la durée légale de travail. « Le temps de travail serait négocié, entreprise par entreprise, par les syndicats et le patronat », poursuit le Parisien. Contacté l’entourage de l’ancien patron d’EADS dément ces affirmations. La question ne sera pas abordée aussi brutalement mais cependant posée.

 

Rapport Gallois: en contradiction avec le gouvernement

Rapport Gallois: en contradiction avec le gouvernement

 

 Le rapport Gallois constitue une bombe à retardement pour le gouvernement. Ce document propose exactement l’inverse de ce qu’a décidé le budget. Gallois s’appuie sur un constat clair, la perte de compétitivité. Ses conclusions sont guettées avec impatience, la France ayant perdu du terrain sur le plan économique face à d’autres pays, notamment l’Allemagne. Son déficit commercial a atteint un niveau record de plus de 70 milliards d’euros en 2011 et sa part du marché mondial est tombée depuis 1990 de 6,2% à 3,6%. Pour y remédier, M. Gallois préconise, selon Le Figaro, « un choc de compétitivité sur deux ou trois ans de 30 milliards » d’euros. Vingt milliards seraient dégagés par une baisse des cotisations patronales, les dix autres par une réduction des cotisations salariales. Les réductions de cotisations concerneraient les salaires jusqu’à 3,5 fois le Smic, selon le quotidien qui ne cite pas ses sources. Pour financer ces baisses, M. Gallois proposerait d’une part une « réduction massive de la dépense publique », au delà des 10 milliards déjà prévus dans le projet de loi de finance débattu au Parlement. Et d’autre part, une hausse modérée de la CSG et de la TVA. Le rapport souhaiterait également « une nouvelle fiscalité écologique sur le diesel ». Pour s’assurer le soutien des syndicats, M. Gallois proposerait « que les représentants des salariés aient une voix délibérative dans les conseils d’administration des entreprises ». L’un des grands patrons français, Carlos Ghosn, en a immédiatement profité pour redemander au gouvernement de s’attaquer à la question de la compétitivité. « Il faut traiter ce problème, on n’a pas besoin d’un rapport de plus », a averti samedi le PDG du constructeur automobile Renault. « Si nous voulons créer des emplois en France et si nous voulons que l’industrie n’émigre pas de manière massive hors de France, nous avons besoin de réduire les charges qui pèsent sur le travail », a-t-il insisté. La CGPME, qui représente les petites et moyennes entreprises, s’est dite de son côté « tout à fait favorable à une baisse importante du coût du travail ». Le gouvernement, pourtant commanditaire du rapport, s’est, semble-t-il, efforcé d’en atténuer la portée, via le ministre de l’Economie et des Finances Pierre Moscovici.

Louis Gallois, commissaire général à l’investissement

Louis Gallois,  commissaire général à l’investissement

M. Gallois succède à ce poste à René Ricol, qui avait donné sa démission le 10 mai après la défaite de Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle.  Ce commissariat à l’investissement doit gérer les 35 milliards d’euros du « Grand emprunt » lancé durant le quinquennat de M. Sarkozy, après la crise financière de 2008.  Louis Gallois, haut-fonctionnaire et grand patron qui a fait la plus grande partie de sa carrière dans l’aéronautique, avait quitté EADS le 31 mai.  Ancien élève des prestigieuses écoles de commerce HEC et de la haute administration ENA, il a d’abord été haut fonctionnaire au Trésor, puis directeur de cabinet du ministre socialiste Jean-Pierre Chevènement en 1981 à la Recherche puis à la Défense en 1988.  Nommé président de la SNCF en 1996, ce « patron de gauche », proche du Parti socialiste et soucieux du dialogue social, a, en dix ans, redressé les comptes d’une entreprise en déclin, ramené les clients et lancé un douloureux plan de restructuration du fret, sans trop de heurts.  En juillet 2006, il avait été appelé à la coprésidence exécutive d’EADS pour remplacer Noël Forgeard, contraint de céder la place en raison des retards industriels répétés de l’Airbus A380 et soupçonné de délit d’initié.  Avant cela, Louis Gallois avait longtemps baigné dans l’aéronautique, d’abord comme président de la Snecma (moteurs d’avions) en 1989 puis de l’Aérospatiale, ancêtre d’EADS, en 1992.

 




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