Archive pour le Tag 'française'

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Avenir industrie automobile française : une crise qui va durer 10 ans

Avenir industrie automobile française : une crise qui va durer 10 ans

 

Selon les consultants du cabinet AlixPartners., près un pic des ventes à 2,7 millions de véhicules en 2019, celles-ci vont tomber à 1,8 million en 2020. Elles retrouveraient en 2022 leur niveau de 2016, soit 2,4 millions d’unités vendues. Le retour de la croissance n’étant pas attendu avant 2030. Le marché «ne devrait pas être en croissance malgré le maintien des lancements de nouveaux véhicules», estime Laurent Petizon, le directeur associé d’AlixPartners.

La France ne se relèvera pas au même rythme que l’Europe, dont les ventes devraient croître de 7,7 % par an de 2020 à 2025. D’après les prévisions d’AlixPartners, le marché sera soutenu par les ventes de SUV – électrifiés pour la plupart – qui devraient en 2030 représenter 43 % du marché, contre 21 % en 2015. Autre effet de la crise du Covid-19, le volume de production dans l’Hexagone va plonger à 1,5 million d’unités (2,2 millions en 2019) et se stabiliser à 1,8

 

Plusieurs concertations ont lieu avec les partenaires pour soutenir l’emploi, dont une sur les modalités d’un dispositif d’activité partielle, qui sera mis en place par un accord collectif d’entreprise ou de branche. Il donnerait lieu à une indemnisation en contrepartie du maintien dans l’emploi.

En avril, 8,6 millions de salariés étaient au chômage partiel, a rappelé la ministre, qui n’a pas encore les chiffres de mai.

Depuis le début de la crise en mars, le gouvernement a mis en place un régime exceptionnel de chômage partiel pour éviter les licenciements.

Depuis le 1e juin, la prise en charge par l’État et l’Unedic a baissé de 100% à 85% de l’indemnité versée au salarié, à l’exception des secteurs faisant l’objet de restrictions en raison de la crise sanitaire comme le tourisme ou la restauration.

« Ce dispositif permettra de garder son emploi, à l’entreprise de garder ses compétences », a expliqué la ministre.

 

Parmi les contreparties pour l’entreprise, le maintien dans l’emploi mais aussi,  »s’il y a une baisse de salaire pendant la crise (à l’issue de la crise, NDLR), on fait plus d’intéressement. Ce sera négocié dans l’entreprise ».

 

 

Avenir filière automobile française : une crise qui va durer 10 ans

Avenir filière automobile française : une crise qui va durer 10 ans

 

Selon les consultants du cabinet AlixPartners., près un pic des ventes à 2,7 millions de véhicules en 2019, celles-ci vont tomber à 1,8 million en 2020. Elles retrouveraient en 2022 leur niveau de 2016, soit 2,4 millions d’unités vendues. Le retour de la croissance n’étant pas attendu avant 2030. Le marché «ne devrait pas être en croissance malgré le maintien des lancements de nouveaux véhicules», estime Laurent Petizon, le directeur associé d’AlixPartners.

La France ne se relèvera pas au même rythme que l’Europe, dont les ventes devraient croître de 7,7 % par an de 2020 à 2025. D’après les prévisions d’AlixPartners, le marché sera soutenu par les ventes de SUV – électrifiés pour la plupart – qui devraient en 2030 représenter 43 % du marché, contre 21 % en 2015. Autre effet de la crise du Covid-19, le volume de production dans l’Hexagone va plonger à 1,5 million d’unités (2,2 millions en 2019) et se stabiliser à 1,8

 

Plusieurs concertations ont lieu avec les partenaires pour soutenir l’emploi, dont une sur les modalités d’un dispositif d’activité partielle, qui sera mis en place par un accord collectif d’entreprise ou de branche. Il donnerait lieu à une indemnisation en contrepartie du maintien dans l’emploi.

En avril, 8,6 millions de salariés étaient au chômage partiel, a rappelé la ministre, qui n’a pas encore les chiffres de mai.

Depuis le début de la crise en mars, le gouvernement a mis en place un régime exceptionnel de chômage partiel pour éviter les licenciements.

Depuis le 1e juin, la prise en charge par l’État et l’Unedic a baissé de 100% à 85% de l’indemnité versée au salarié, à l’exception des secteurs faisant l’objet de restrictions en raison de la crise sanitaire comme le tourisme ou la restauration.

« Ce dispositif permettra de garder son emploi, à l’entreprise de garder ses compétences », a expliqué la ministre.

 

Parmi les contreparties pour l’entreprise, le maintien dans l’emploi mais aussi,  »s’il y a une baisse de salaire pendant la crise (à l’issue de la crise, NDLR), on fait plus d’intéressement. Ce sera négocié dans l’entreprise ».

 

 

L’automobile française : 10 ans avant d’amortir la crise

L’automobile  française : 10 ans avant d’amortir la crise

Selon les consultants du cabinet AlixPartners., près un pic des ventes à 2,7 millions de véhicules en 2019, celles-ci vont tomber à 1,8 million en 2020. Elles retrouveraient en 2022 leur niveau de 2016, soit 2,4 millions d’unités vendues. Le retour de la croissance n’étant pas attendu avant 2030. Le marché «ne devrait pas être en croissance malgré le maintien des lancements de nouveaux véhicules», estime Laurent Petizon, le directeur associé d’AlixPartners.

La France ne se relèvera pas au même rythme que l’Europe, dont les ventes devraient croître de 7,7 % par an de 2020 à 2025. D’après les prévisions d’AlixPartners, le marché sera soutenu par les ventes de SUV – électrifiés pour la plupart – qui devraient en 2030 représenter 43 % du marché, contre 21 % en 2015. Autre effet de la crise du Covid-19, le volume de production dans l’Hexagone va plonger à 1,5 million d’unités (2,2 millions en 2019) et se stabiliser à 1,8

La suradministration française qui tue l’efficacité

La suradministration française qui tue l’efficacité

Une histoire bien connue qui courre dans les ministères : » mettez un bureaucrate, seul dans un bureau sans aucune affectation, ni tâche. Au bout de trois mois il va demander une secrétaire et trois mois après il demandera un adjoint etc. » Le processus même de reproduction de l’usine administrative française. Pourtant la France détient le record de prélèvements obligatoires, le record de dépenses sur le PIB  et pour des résultats souvent insuffisants y compris en matière de rémunération du personnel. La cause est connue les superstructures et services inutiles absorbent une grande partie des fonds qui seraient nécessaires à financer les investissements et le personnel utile et qualifié. Ceci vaut évidemment au plan de l’État mais se répercute à tous les échelons administratifs y compris au niveau local.

Lors de la décentralisation, la première démarche des élus a en effet été se construire des hôtels, avec une administration d’y adjoindre des services qui finissent par tourner pour eux-mêmes en oubliant l’objet social pour lequel ils ont été créés. ( denier exemple en date les agglos entre villes, départements et Etat). On objectera que tout cela crée de l’emploi mais des emplois mal rémunérés et dont l’utilité sociale et souvent douteuse. Et pour meubler leur vide existentiel certains s’évertuent à complexifier encore les procédures voire à en inventer

Même dans les plus petites communes l’une des premières mesures des élus locaux est de recruter ici un administratif, ici un cantonnier, ici un technicien. Ainsi est-on surpris dans  de très petites communes de disposer d’une véritable troupe de fonctionnaires, à plus grande échelle on peut parler d’armées.  La France ne manque pas nécessairement de moyens sauf dans des secteurs très tendus, elle, manque  surtout d’une juste affectation des moyens, d’une évaluation des performances et d’une décentralisation des responsabilités.

 

Crise économie française plus profonde et plus rapide que prévue

Crise économie française plus profonde et  plus rapide que prévue

Plusieurs facteurs explicatifs permettent de comprendre le rythme et l’ampleur de la crise. D’abord plus de la moitié des salariés du privé ont été couverts par le chômage partiel ce qui a complètement masqué la réalité sous-emploi. Pendant presque deux mois l’économie a tourné à moins de 60 % de ses capacités. Certes la reprise s’amorce mais il y a encore de nombreuses difficultés d’approvisionnement tant dans l’industrie que dans les commerces. Une conséquence de la crise de l’offre qui a paralysé en grande partie la production. Maintenant c’est fort logiquement que la crise du chômage s’envole car l’heure n’est pas évidemment aux embauches sauf dans quelques secteurs très tendus mais plutôt au plan d’ajustement des effectifs ne serait-ce que pour amortir des coûts fixes alors que les recettes étaient très affaiblies voire nulles. Le pire des défaillances devrait être connu au cours du dernier trimestre 2020

Pour résumer , on pourrait connaître du deuxième trimestre une récession de 20 % et au total sur d’année une baisse de près de 10 % du PIB. Pendant presque deux mois l’économie a été en grande partie paralysée tout cas fonctionnait en mode réduit. La reprise aura forcément lieu mais elle sera sans doute plus progressive qu’on ne l’espérait. Comme indiqué un certain nombre d’experts notamment des États-Unis,  il faudra attendre au-delà de 2021 pour retrouver les niveaux de 2019.

 

Lundi, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, avait aussi affirmé que la période de déconfinement coûterait au moins trois points de PIB cette année.  »J’ai toujours indiqué que les 8% de chute de croissance étaient un chiffre provisoire (…) Il faut nous attendre à des chiffres de récession très dégradés pour 2020 en France », a commenté mercredi le ministre de l’Economie Bruno Le Maire sur Radio Classique.

 

« Il y a évidemment des secteurs qui sont particulièrement touchés puisque pratiquement interdit d’activité par exemple tout ce qui touche au tourisme, à l’hôtellerie, à la restauration , événementiel, voir un certains secteurs du transport. Dans les entreprises ,  stocks sont à reconstituer , encore que la production des fournisseurs reprenne. Certains achats ont pu être reportés, donc décalés dans le temps mais d’autres seront purement et simplement annulées entre parenthèses ( tourisme, restauration, événementiel) ou encore certains investissements aussi bien des entreprises que des particuliers. La crise sanitaire à évidemment provoqué une paralysie de l’offre une grande partie.

 

 La crainte c’est que maintenant excède une crise de la demande, en tout cas une réduction du fait des incertitudes qui tournent autour de l’avenir quant à la bague de défaillance d’entreprise et au licenciement qui vont l’accompagner. Les Français sont aussi inquiets de la détérioration de la situation financière globale dont il perçoit mal encore et pour cause les modalités d’amortissement mais qui pourrait d’une manière ou d’une autre se traduire par une diminution du pouvoir d’achat immédiat et où de l’épargne. D’où des records sur le livret A

( ou équivalent) de 500 milliards et autant sur les comptes courants. Les mesures d’encouragement du gouvernement à la consommation pourraient débloquer en partie la situation mais peut-être pas suffisamment créer une dynamique suffisante de la reprise. Il ne faut pas s’attendre à ce que les investissements prennent le relais.

 

. La formation brute de capitale fixe (FCBF/investissements) a plongé de 10,5% entre janvier et mars après +0,1% au dernier trimestre 2019. Les administrations publiques et les entreprises ont mis un coup d’arrêt à leurs investissements pendant cette première période de confinement, sachant que les dépenses des collectivités locales avaient déjà marqué le pas à l’approche des élections municipales.

Chez les ménages, la consommation, moteur très important de l’économie hexagonale, a également lourdement baissé (-5,3%) au cours du premier trimestre contre +0,3% au trimestre précédent. La baisse d’achats…

Crise économie française pire et plus rapide que prévue

Crise économie française pire et plus rapide que prévue

Plusieurs facteurs explicatifs permettent de comprendre le rythme et l’ampleur de la crise. D’abord plus de la moitié des salariés du privé ont été couverts par le chômage partiel ce qui a complètement masqué la réalité sous-emploi. Pendant presque deux mois l’économie a tourné à moins de 60 % de ses capacités. Certes la reprise s’amorce mais il y a encore de nombreuses difficultés d’approvisionnement tant dans l’industrie que dans les commerces. Une conséquence de la crise de l’offre qui a paralysé en grande partie la production. Maintenant c’est fort logiquement que la crise du chômage s’envole car l’heure n’est pas évidemment aux embauches sauf dans quelques secteurs très tendus mais plutôt au plan d’ajustement des effectifs ne serait-ce que pour amortir des coûts fixes alors que les recettes étaient très affaiblies voire nulles. Le pire des défaillances devrait être connu au cours du dernier trimestre 2020

Pour résumer , on pourrait connaître du deuxième trimestre une récession de 20 % et au total sur d’année une baisse de près de 10 % du PIB. Pendant presque deux mois l’économie a été en grande partie paralysée tout cas fonctionnait en mode réduit. La reprise aura forcément lieu mais elle sera sans doute plus progressive qu’on ne l’espérait. Comme indiqué un certain nombre d’experts notamment des États-Unis,  il faudra attendre au-delà de 2021 pour retrouver les niveaux de 2019.

 

Lundi, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, avait aussi affirmé que la période de déconfinement coûterait au moins trois points de PIB cette année.  »J’ai toujours indiqué que les 8% de chute de croissance étaient un chiffre provisoire (…) Il faut nous attendre à des chiffres de récession très dégradés pour 2020 en France », a commenté mercredi le ministre de l’Economie Bruno Le Maire sur Radio Classique.

 

« Il y a évidemment des secteurs qui sont particulièrement touchés puisque pratiquement interdit d’activité par exemple tout ce qui touche au tourisme, à l’hôtellerie, à la restauration , événementiel, voir un certains secteurs du transport. Dans les entreprises ,  stocks sont à reconstituer , encore que la production des fournisseurs reprenne. Certains achats ont pu être reportés, donc décalés dans le temps mais d’autres seront purement et simplement annulées entre parenthèses ( tourisme, restauration, événementiel) ou encore certains investissements aussi bien des entreprises que des particuliers. La crise sanitaire à évidemment provoqué une paralysie de l’offre une grande partie.

 

 La crainte c’est que maintenant excède une crise de la demande, en tout cas une réduction du fait des incertitudes qui tournent autour de l’avenir quant à la bague de défaillance d’entreprise et au licenciement qui vont l’accompagner. Les Français sont aussi inquiets de la détérioration de la situation financière globale dont il perçoit mal encore et pour cause les modalités d’amortissement mais qui pourrait d’une manière ou d’une autre se traduire par une diminution du pouvoir d’achat immédiat et où de l’épargne. D’où des records sur le livret A

( ou équivalent) de 500 milliards et autant sur les comptes courants. Les mesures d’encouragement du gouvernement à la consommation pourraient débloquer en partie la situation mais peut-être pas suffisamment créer une dynamique suffisante de la reprise. Il ne faut pas s’attendre à ce que les investissements prennent le relais.

 

. La formation brute de capitale fixe (FCBF/investissements) a plongé de 10,5% entre janvier et mars après +0,1% au dernier trimestre 2019. Les administrations publiques et les entreprises ont mis un coup d’arrêt à leurs investissements pendant cette première période de confinement, sachant que les dépenses des collectivités locales avaient déjà marqué le pas à l’approche des élections municipales.

Chez les ménages, la consommation, moteur très important de l’économie hexagonale, a également lourdement baissé (-5,3%) au cours du premier trimestre contre +0,3% au trimestre précédent. La baisse d’achats…

 

Bureaucratie: La suradministration française qui tue l’efficacité

Bureaucratie:  La suradministration française qui tue l’efficacité

 

Une histoire bien connue qui courre dans les ministères : » mettez un bureaucrate, seul dans un bureau, sans aucune affectation, ni tâche. Au bout de trois mois il va demander une secrétaire et trois mois après il demandera un adjoint etc. » Le processus même de reproduction de l’usine administrative française. Pourtant la France détient le record de prélèvements obligatoires, le record de dépenses sur le PIB  et pour des résultats souvent insuffisants y compris en matière de rémunération du personnel. La cause est connue, les superstructures et services inutiles absorbent une grande partie des fonds qui seraient nécessaires à financer les investissements et le personnel utile et qualifié. Ceci vaut évidemment au plan de l’État mais se répercute à tous les échelons administratifs y compris au niveau local.

 

Lors de la décentralisation, la première démarche des élus a en effet été se construire des hôtels, avec une administration d’y adjoindre des services qui finissent par tourner pour eux-mêmes en oubliant l’objet social pour lequel ils ont été créés. ( denier exemple en date: les agglos entre villes, départements et Etat). On objectera que tout cela crée de l’emploi mais des emplois mal rémunérés et dont l’utilité sociale est souvent douteuse. Et pour meubler leur vide existentiel ,certains s’évertuent à complexifier encore les procédures voire à en inventer

 

Même dans les plus petites communes l’une des premières mesures des élus locaux est de recruter ici un administratif, ici un cantonnier, ici un technicien. Ainsi est-on surpris dans  de très petites communes de disposer d’une véritable troupe de fonctionnaires, à plus grande échelle on peut parler d’armées.  La France ne manque pas nécessairement de moyens sauf dans des secteurs très tendus, elle, manque  surtout d’une juste affectation des moyens, d’une évaluation des performances et d’une décentralisation des responsabilités.

 

La dette publique française sans limite ?

La dette publique française sans limite ?

 

 

Aujourd’hui on aligne les milliards comme s’il en pleuvait. D’après le ministre de l’économie, les premières mesures prises pour soutenir la crise sanitaire représenteraient autour de 500 milliards. Il faudra y ajouter les 250 milliards de recettes fiscales qui vont manquer avec la baisse du PIB qui va diminuer de l’ordre de 10 %. Parallèlement la dette va augmenter de 20 %. L’addition est encore loin d’être terminée, elle le  sera en partie lorsqu’on aura examiné secteur par secteur les différents soutiens qui vont permettre de limiter les défaillances et les plans de licenciement. En tout état de cause ,ce sont des centaines et des centaines de milliards qu’il va falloir emprunter et qui vont venir s’ajouter à la charge de la dette, en outre qu’il faudra bien rembourser un jour ou l’autre. À moins d’être partisan d’une dette perpétuelle, illimitée voire non remboursable. Une possibilité évidemment à condition de n’avoir pas besoin à emprunter de nouveau car les prêteurs intégreront les nouvelles primes de risque dans les prêts accordés. Or la France ne peut pas vivre sans emprunt non seulement pour les investissements mais aussi pour son fonctionnement.

On peut aussi imaginer qu’on sollicite encore davantage la planche à billets augmenter la masse monétaire mais une masse monétaire complètement décalée de la richesse nationale et qui un jour ou l’autre se traduit par une inflation monstre qui se traduit concrètement par une baisse du pouvoir d’achat notamment des plus modestes, c’est-à-dire de ce qui consacre l’essentiel de leurs revenus à la consommation immédiate.Aujourd’hui la demande n’est pas assez forte pour  alimenter toute suite une inflation mais mécaniquement avec un réajustement des parités monétaires les coûts auront tendance à augmenter et les prix avec entraînant une dévalorisation de fête des pouvoir d’achat.

 

La suradministration française qui tue l’efficacité

La suradministration française qui tue l’efficacité

 

Une histoire bien connue qui courre dans les ministères : » mettez un bureaucrate, seul dans un bureau sans aucune affectation, ni tâche. Au bout de trois mois il va demander une secrétaire et trois mois après il demandera un adjoint etc. » Le processus même de reproduction de l’usine administrative française. Pourtant la France détient le record de prélèvements obligatoires, le record de dépenses sur le PIB  et pour des résultats souvent insuffisants y compris en matière de rémunération du personnel. La cause est connue les superstructures et services inutiles absorbent une grande partie des fonds qui seraient nécessaires à financer les investissements et le personnel utile et qualifié. Ceci vaut évidemment au plan de l’État mais se répercute à tous les échelons administratifs y compris au niveau local.

Lors de la décentralisation, la première démarche des élus a en effet été se construire des hôtels, avec une administration d’y adjoindre des services qui finissent par tourner pour eux-mêmes en oubliant l’objet social pour lequel ils ont été créés. ( denier exemple en date les agglos entre villes, départements et Etat). On objectera que tout cela crée de l’emploi mais des emplois mal rémunérés et dont l’utilité sociale et souvent douteuse. Et pour meubler leur vide existentiel certains s’évertuent à complexifier encore les procédures voire à en inventer

Même dans les plus petites communes l’une des premières mesures des élus locaux est de recruter ici un administratif, ici un cantonnier, ici un technicien. Ainsi est-on surpris dans  de très petites communes de disposer d’une véritable troupe de fonctionnaires, à plus grande échelle on peut parler d’armées.  La France ne manque pas nécessairement de moyens sauf dans des secteurs très tendus, elle, manque  surtout d’une juste affectation des moyens, d’une évaluation des performances et d’une décentralisation des responsabilités.

 

La dette française : autour de 120 %

La dette française : autour de 120 %

 

 

La dette d’un pays se calcule en valeur absolue mais surtout en pourcentage du PIB pour permettre des comparaisons avec les pays voisins. En faite,  on était proche avant la crise d’une dette ramenée à près de 100 % du PIB. Après le Coronavirus,  cette dette pourrait passer tour de 120 % du PIB . Deux raisons à cela. La première, c’est que les ressources fiscales auront tendance à se tasser nettement sous l’effet de la baisse de la croissance (autour 10 pour cent pour le ), la seconde c’est qu’il faudra dépenser bien davantage pour  financer la crise sanitaire , soutenir des entreprises et le pouvoir d’achat des ménages. Dans les hypothèses les plus optimistes on va perdre au moins 100 milliards de recettes fiscales, tandis que les mesures -dont beaucoup encore à l’étude –vont coûté 100 à 300 milliards pour  soutenir les entreprises et le pouvoir d’achat. La dette publique de la France devrait dépasser 115% du produit intérieur brut (PIB) à la fin de l’année en raison du poids des mesures pour faire face à la crise provoquée par l’épidémie de coronavirus, a dit le ministre de l’Action et des Comptes publics Gérald Darmanin dimanche sur RTL en gros il va falloir emprunter plusieurs centaines de milliards. Il s’agit de dette publique auquel il faudra ajouter des dettes privées dont certaines sont d’ailleurs garanties par l’État.

“La dette, c’est à la fois les dépenses que l’on fait, et on en fait beaucoup, et les recettes qu’on n’a pas. Dans cette crise il y a une sorte d’effet ciseau, vous dépensez plus et vous avez moins de recettes fiscales parce qu’il y a moins d’activité”, a-t-il déclaré au Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI.

“Ce sera plus que les 115% très certainement”, a-t-il ajouté, tout en répétant que le gouvernement n’avait pas l’intention d’augmenter les impôts pour réduire la dette. L’Insee a indiqué fin mars que la dette publique était ressortie à 98,1% du PIB en 2019, comme en 2018, mais que le déficit public était passé dans l’intervalle de 2,3% à 3%.

En avril, le gouvernement français a dit s’attendre à ce que les aides anti-crise coûtent 100 milliards d’euros, soit plus de 4% du PIB.

L’accès à un vaccin non négociable : la réaction française relève de la démagogie

  • L’accès à un vaccin non négociable :  la réaction française relève de la démagogie

La réaction française affirmant que l’accès à un vaccin contre le Coronavirus est non négociable relève purement et simplement de la démagogie . La plupart des traitements et des vaccins sont en effet soumis aux règles du marché organisé par les grandes firmes pharmaceutiques. Quelques progrès être fait pour  rendre plus accessible certaines thérapies (variole, sida etc.) reste cependant que les traitements sont soumis aux règles du marché. De toute manière, il n’existe que cinq ou six grandes firmes internationales capables de commercialiser à grande échelle traitements et vaccins ( et une cinquantaine d’usines capables de les produire dans le monde). Les pressions exercées sur Sanofi qui avait laissé entendre que le marché américain serait servi en priorité ne sert pas à grand-chose. D’abord Sanofi n’est pas vraiment une entreprise française, la majorité des capitaux ( comme ceux du CAC 40) appartient des investisseurs étrangers. Deuxièmement, Sanofi réalise un chiffre d’affaires aux États-Unis au moins cinq supérieur à celui de l’Europe. Dernière observation, les industries pharmaceutiques  se battent déjà sur les conditions de diffusion d’un vaccin alors que celui-ci est encore loin d’exister.

Certains le promettent pour fin 2020, d’autres pensent que la date de 2021 est plus raisonnable et l’OMS a même laissé entendre qu’on pourrait même ne jamais trouver de vaccin. La querelle engagée d’une part entre les industries pharmaceutiques, d’autre repart avec des gouvernements revêt donc un caractère assez surréaliste. Si l’on voulait réellement rendre un accès égalitaire aux traitement et vaccins fondamentaux, il conviendrait de remettre en cause la totalité  fonctionnement du marché des produits pharmaceutiques sachant que pour la plupart des consortiums internationaux sont indispensables pour disposer de la force de frappe tant en matière de recherche que de fabrication et de diffusion. Le concept de bien commun mondial concernant les thérapies évoquées par le premier ministre est illusoire en l’état actuel des conditions d’échanges.. La stratégie des grandes industries pharmaceutiques consiste à obtenir le maximum de subventions publiques sans contrepartie. Avec ses subventions et les investissements d’origine privée, les grandes industries agissent comme n’importe quelle autre entreprise ,  à savoir tirer maximum de profit et satisfaire les actionnaires

Dans une interview publiée mercredi par l’agence Bloomberg, Paul Hudson, directeur général du laboratoire français, a déclaré que les Etats-Unis seraient prioritaires dans la fourniture d’un éventuel vaccin. “Le gouvernement américain a le droit de prendre les plus grandes précommandes car il s’est investi dans la prise de risque” liée à la recherche et au développement de ce vaccin, a-t-il dit selon Bloomberg.

Cette déclaration a suscité l’émoi, notamment en France où le Premier ministre, Edouard Philippe, a indiqué sur Twitter que les vaccins qui seront trouvés contre le COVID-19 relèveront d’un “bien public mondial”. “L’égal accès de tous au vaccin n’est pas négociable”, a-t-il ajouté. “Je viens de le rappeler à Serge Weinberg qui préside Sanofi, cette grande entreprise profondément française. Il m’a donné toutes les assurances nécessaires quant à la distribution en France d’un éventuel vaccin Sanofi.”

Emmanuel Macron s’est quant à lui “ému” des déclarations de Paul Hudson, a fait savoir l’Elysée. Le chef de l’Etat recevra mardi à l’Elysée le directeur général de Sanofi, a par la suite annoncé la présidence de la République.

Interrogé dans la soirée sur France 2, Serge Weinberg a assuré que les propos de Paul Hudson avaient été déformés et que les Etats-Unis ne seraient prioritaires que pour un éventuel vaccin fabriqué dans les usines de Sanofi sur le territoire américain. “Je vais être extrêmement clair: il n’y aura aucune avance particulière d’aucun pays”, a dit le président de Sanofi, en assurant que la priorité accordée aux Etats-Unis concernerait uniquement “nos usines américaines, en aucun cas (…) nos usines françaises et européennes”.

“Nous mettons tout en œuvre (…) pour que l’ensemble des pays, pas uniquement les Etats-Unis, (…) soient servis en même temps”, a-t-il ajouté, en soulignant que les capacités de production de Sanofi étaient “beaucoup plus importantes en dehors des Etats-Unis qu’aux Etats-Unis”.

Interrogé sur l’éventuelle gratuité d’un tel vaccin en tant que bien commun, Serge Weinberg a répondu qu’il s’agissait d’un sujet “compliqué” en raison des investissements nécessaires mais qu’un éventuel vaccin, dont il envisage la production à partir de fin 2020 ou début 2021, serait “extrêmement accessible”.

Réagissant auparavant à la polémique, Paul Hudson s’est pour sa part déclaré jeudi convaincu que des progrès seraient accomplis dans la recherche d’un vaccin en collaboration avec la France, l’Allemagne et l’Europe, qu’il a néanmoins appelées à renforcer leurs capacités.

“Je fais campagne depuis des mois pour que l’Europe se prépare à affronter le COVID 19 (…) à renforcer ses capacités, à nous assurer que nous sommes prêts”, a-t-il déclaré, se disant désolé que ses remarques aient soulevé une telle polémique mais jugeant le débat nécessaire. “Ce que j’essaie de dire partout où je vais, c’est que les Etats-Unis ont la BARDA (l’Autorité américaine de recherche et de développement en biologie médicale avancée, NDLR), un organisme prenant de l’avance sur ces choses et qui collabore en amont avec le secteur pour s’assurer que tout soit prêt et que les capacités nécessaires sont renforcées”, a-t-il ajouté. Sanofi travaille actuellement à deux programmes de développement d’un vaccin contre le COVID-19, dont l’un en partenariat avec le britannique GlaxoSmithKline qui bénéficie du soutien financier de la BARDA, qui est rattachée au département américain de la Santé.

D’après un document consulté par Reuters, la Commission européenne réfléchit à mobiliser un fonds d’urgence de 2,4 milliards d’euros pour renforcer la capacité des laboratoires pharmaceutiques en Europe afin d’éviter que le bloc ne se retrouve démuni lorsqu’un vaccin contre le coronavirus aura été trouvé.

L’accès à un vaccin non négociable : la réaction française relève de la démagogie

L’accès à un vaccin non négociable :  la réaction française relève de la démagogie

La réaction française affirmant que l’accès à un vaccin contre le Coronavirus est non négociable relève purement et simplement de la démagogie . La plupart des traitements et des vaccins sont en effet soumis aux règles du marché organisé par les grandes firmes pharmaceutiques. Quelques progrès être fait pour  rendre plus accessible certaines thérapies (variole, sida etc.) reste cependant que les traitements sont soumis aux règles du marché. De toute manière, il n’existe que cinq ou six grandes firmes internationales capables de commercialiser à grande échelle traitements et vaccins ( et une cinquantaine d’usines capables de les produire dans le monde). Les pressions exercées sur Sanofi qui avait laissé entendre que le marché américain serait servi en priorité ne sert pas à grand-chose. D’abord Sanofi n’est pas vraiment une entreprise française, la majorité des capitaux ( comme ceux du CAC 40) appartient des investisseurs étrangers. Deuxièmement, Sanofi réalise un chiffre d’affaires aux États-Unis au moins cinq supérieur à celui de l’Europe. Dernière observation, les industries pharmaceutiques  se battent déjà sur les conditions de diffusion d’un vaccin alors que celui-ci est encore loin d’exister. Certains le promettent pour fin 2020, d’autres pensent que la date de 2021 est plus raisonnable et l’OMS a même laissé entendre qu’on pourrait même ne jamais trouver de vaccin. La querelle engagée d’une part entre les industries pharmaceutiques, d’autre repart avec des gouvernements revêt donc un caractère assez surréaliste. Si l’on voulait réellement rendre un accès égalitaire aux traitement et vaccins fondamentaux, il conviendrait de remettre en cause la totalité  fonctionnement du marché des produits pharmaceutiques sachant que pour la plupart des consortiums internationaux sont indispensables pour disposer de la force de frappe tant en matière de recherche que de fabrication et de diffusion. Le concept de bien commun mondial concernant les thérapies évoquées par le premier ministre est illusoire en l’état actuel des conditions d’échanges.. La stratégie des grandes industries pharmaceutiques consiste à obtenir le maximum de subventions publiques sans contrepartie. Avec ses subventions et les investissements d’origine privée, les grandes industries agissent comme n’importe quelle autre entreprise ,  à savoir tirer maximum de profit et satisfaire les actionnaires

Dans une interview publiée mercredi par l’agence Bloomberg, Paul Hudson, directeur général du laboratoire français, a déclaré que les Etats-Unis seraient prioritaires dans la fourniture d’un éventuel vaccin. “Le gouvernement américain a le droit de prendre les plus grandes précommandes car il s’est investi dans la prise de risque” liée à la recherche et au développement de ce vaccin, a-t-il dit selon Bloomberg.

Cette déclaration a suscité l’émoi, notamment en France où le Premier ministre, Edouard Philippe, a indiqué sur Twitter que les vaccins qui seront trouvés contre le COVID-19 relèveront d’un “bien public mondial”. “L’égal accès de tous au vaccin n’est pas négociable”, a-t-il ajouté. “Je viens de le rappeler à Serge Weinberg qui préside Sanofi, cette grande entreprise profondément française. Il m’a donné toutes les assurances nécessaires quant à la distribution en France d’un éventuel vaccin Sanofi.”

Emmanuel Macron s’est quant à lui “ému” des déclarations de Paul Hudson, a fait savoir l’Elysée. Le chef de l’Etat recevra mardi à l’Elysée le directeur général de Sanofi, a par la suite annoncé la présidence de la République.

Interrogé dans la soirée sur France 2, Serge Weinberg a assuré que les propos de Paul Hudson avaient été déformés et que les Etats-Unis ne seraient prioritaires que pour un éventuel vaccin fabriqué dans les usines de Sanofi sur le territoire américain. “Je vais être extrêmement clair: il n’y aura aucune avance particulière d’aucun pays”, a dit le président de Sanofi, en assurant que la priorité accordée aux Etats-Unis concernerait uniquement “nos usines américaines, en aucun cas (…) nos usines françaises et européennes”.

“Nous mettons tout en œuvre (…) pour que l’ensemble des pays, pas uniquement les Etats-Unis, (…) soient servis en même temps”, a-t-il ajouté, en soulignant que les capacités de production de Sanofi étaient “beaucoup plus importantes en dehors des Etats-Unis qu’aux Etats-Unis”.

Interrogé sur l’éventuelle gratuité d’un tel vaccin en tant que bien commun, Serge Weinberg a répondu qu’il s’agissait d’un sujet “compliqué” en raison des investissements nécessaires mais qu’un éventuel vaccin, dont il envisage la production à partir de fin 2020 ou début 2021, serait “extrêmement accessible”.

Réagissant auparavant à la polémique, Paul Hudson s’est pour sa part déclaré jeudi convaincu que des progrès seraient accomplis dans la recherche d’un vaccin en collaboration avec la France, l’Allemagne et l’Europe, qu’il a néanmoins appelées à renforcer leurs capacités.

“Je fais campagne depuis des mois pour que l’Europe se prépare à affronter le COVID 19 (…) à renforcer ses capacités, à nous assurer que nous sommes prêts”, a-t-il déclaré, se disant désolé que ses remarques aient soulevé une telle polémique mais jugeant le débat nécessaire.

“Ce que j’essaie de dire partout où je vais, c’est que les Etats-Unis ont la BARDA (l’Autorité américaine de recherche et de développement en biologie médicale avancée, NDLR), un organisme prenant de l’avance sur ces choses et qui collabore en amont avec le secteur pour s’assurer que tout soit prêt et que les capacités nécessaires sont renforcées”, a-t-il ajouté.

Sanofi travaille actuellement à deux programmes de développement d’un vaccin contre le COVID-19, dont l’un en partenariat avec le britannique GlaxoSmithKline qui bénéficie du soutien financier de la BARDA, qui est rattachée au département américain de la Santé.

D’après un document consulté par Reuters, la Commission européenne réfléchit à mobiliser un fonds d’urgence de 2,4 milliards d’euros pour renforcer la capacité des laboratoires pharmaceutiques en Europe afin d’éviter que le bloc ne se retrouve démuni lorsqu’un vaccin contre le coronavirus aura été trouvé.

Sauver l’industrie française

 

Sauver  l’industrie française

L’organisation professionnelle de l’industrie se saisit du coronavirus pour reposer la problématique du sauvetage de l’industrie ou ce ce qu’il en reste. France Industrie, l’organisation professionnelle représentative de l’industrie en France, tente d’anticiper au mieux l’après-crise pour l’industrie française en partenariat avec l’État, notamment avec la direction générale des entreprises (DGE). Elle réfléchit évidemment sur au moins trois étages de la fusée : l’un sur les enjeux de très court terme liés à la survie même des entreprises, l’autre sur les enjeux de moyen et long terme pour relancer l’industrie. Il serait temps tellement cette industrie est dans un état de délabrement comme en témoigne Sébastien Laye, entrepreneur dans le domaine des services financiers qui  souligne le sérieux retard que la France accuse sur le plan industriel. Un retard qui n’est pas lié au Coronavirus.

 

«La politique la plus ruineuse, la plus coûteuse, c’est celle d’être petit». Nous avons tous en mémoire cet adage gaullien alors que l’annonce de licenciements sur l’ancien site d’Alstom devenu General Electric – à la faveur d’un rachat controversé de la branche énergie par un géant américain lui-même en difficulté désormais – s’ajoute à la litanie de mauvaises nouvelles industrielles ce printemps: Ascoval avec un repreneur British Steel lui-même en difficulté, Whirlpool….

Car pour comprendre le désastre industriel français, il convient de revenir sur les erreurs stratégiques des pouvoirs publics français et de nos grands patrons, eux-mêmes issus du moule techno-politique via les grands corps. Nous devons à Serge Tchuruk dans les années 90, le patron de ce qui était alors Alcatel (depuis démantelé en de nombreuses entités), d’avoir théorisé chez nous le concept d’industrie sans usines, sans actifs, «asset-light»: une hérésie stratégique vite abandonnée par les Américains mais qui a perduré en France jusque dans les années 2000. Or notre monde économique actuel, loin d’avoir vu la disparition de la vieille industrie au profit d’une économie purement tertiaire et de services, est beaucoup plus complexe. En réalité nos économies sont devenues hyper industrielles, avec le logiciel ou les services à valeur ajoutée qui sont venus transformer l’usine d’antan. Les smart factories embarquent des compétences en informatique, robotique et automatisation en brouillant la frontière avec l’univers de la technologie et des GAFA. Ainsi, d’une certaine manière, l’industrie n’existe peut-être plus en tant que secteur autonome mais paradoxalement elle est omniprésente: même les acteurs des nouvelles technologies doivent déployer des plateformes industrielles et logistiques colossales, que ce soit Amazon ou Google avec ses data centers.

Alors que la puissance économique est avant tout une puissance industrielle, la France et victime d’un vrai décrochage industriel.

Les États-Unis ont compris depuis une dizaine d’années qu’un modèle économique uniquement orienté vers la consommation domestique est voué à l’échec: ce mouvement s’est accéléré sous le mandat Trump, qui a vu la création de 400 000 emplois manufacturiers. Par un subtil équilibre de baisses massives d’impôts (alors que les impôts sur la production obèrent toute rentabilité de nos usines.) et de menaces, Trump a obtenu de Softbank/Sprint, de GoPro ou encore d’Apple une relocalisation aux États-Unis de leur base manufacturière. Pfizer, Comcast, Boeing, notamment en rapatriant les profits offshores, investissent à nouveau dans leurs usines américaines. Les Américains ont supprimé en deux ans la moitié du code des réglementations pour créer de nouvelles usines ; les Chinois, avec un modèle moins libéral mais un État visionnaire, développent non seulement leur base industrielle mais sont aussi en train de réindustrialiser toute l’Asie par leur projet de nouvelle route de la soie, qui se traduit par de colossales infrastructures de transport.

Alors que la puissance économique est avant tout une puissance industrielle, comme en attestent la réindustrialisation de l’Amérique de Donald Trump ou les grandes réalisations chinoises, la France est victime d’un vrai décrochage industriel. Or développer la seule économie de services (petits boulots en chaîne) ou des start-up (peu intense en capital humain) ne permettra pas à la France de juguler le fléau du chômage et de la croissance molle. On ne peut qu’être sidéré par le manque de volontarisme des pouvoirs publics français en la matière, alors que notre génie industriel était la marque de fabrique de la France encore dans les années 1990 (il suffit de noter le rayonnement des produits de Schneider, Airbus, Alstom, Dassault, à cette époque) et que le complexe militaire, comme aux États-Unis, fournissait un excellent levier public pour le développement de l’industrie privée.

En 2018, la part de l’industrie dans la richesse nationale en France n’était plus que de 11 %, contre 17 % à la fin des années 1990, ce qui est le niveau actuel de la plupart des autres économies développées. À l’origine du déclin de l’industrie, on peut noter la détérioration générale de la compétitivité des entreprises françaises. Face à la concurrence mondiale, l’industrie française ne fait plus le poids dans certains secteurs. D’autre part, en quinze ans, alors que les ventes de biens ont augmenté de plus de 50 % sur nos territoires, notre production manufacturière… est restée au même niveau. Sans compter qu’au-delà des ventes de biens, les services à haute valeur ajoutée ont accru leur part dans notre PIB, et à ce niveau la domination des GAFA et autres entreprises technologiques étrangères a signifié d’irrémédiables pertes de marché: elles sont visibles dans les chiffres du déficit du commerce international, qui se creuse depuis notre plus haut point en 2004 ; non seulement nos entreprises ne produisent plus ce que les Français consomment, mais elles ne disposent pas des compétences et technologies clefs dont nos concitoyens ont besoin. Enfin, l’absence de fonds de pension entrave le développement de nos entreprises, empêchant le financement de l’innovation de long terme et poussant les plus grandes d’entre elles à abandonner leur base hexagonale.

Les conséquences de ces défaillances sont visibles: notre industrie est l’une des moins robotisées (126 robots pour 10 000 salariés contre 270 en Allemagne), les investissements dans les NTIC sont deux fois moins nombreux que dans le reste de la zone euro et trois fois moins nombreux qu’aux USA. Le très poussif basculement du CICE en baisse de charges, l’hypothétique baisse de l’IS promise à l’horizon 2022 et l’absence de baisse des impôts sur la production ne laissent pas augurer un redressement rapide de l’investissement privé. Il faut donc rapidement changer de braquet et promouvoir des partenariats publics-privés ancrés sur des dépenses d’investissement public (que Bruxelles doit mieux distinguer des dépenses de fonctionnement).

On est en droit de douter de la volonté du gouvernement actuel de redresser notre industrie.

Il convient en premier lieu de favoriser la montée en gamme de nos industries informatique, robotique et d’intelligence artificielle: cela passe par le redéploiement des interventions de la BPI trop centrées sur l’internet grand public, et par plus de précisions sur le plan d’investissement promis par Macron sur le quinquennat, qui pour l’instant inclut essentiellement des dépenses de fonctionnement dans l’éducation. La robotisation est aussi une opportunité pour notre industrie et souvenons-nous que les pays les plus robotisés sont aussi ceux où le chômage est le plus faible. Elle doit être couplée par un plan massif d’équipement 5G sur notre territoire, car ces nouveaux robots et objets doivent pouvoir communiquer, seul moyen de révéler le vrai potentiel de nos territoires.

On est en droit de douter de la volonté du gouvernement actuel de redresser notre industrie: clientélisme à l’égard d’autres secteurs, manichéisme économique simpliste (l’industrie c’est l’ancien monde, la start-up le nouveau qui doit aller de l’avant.), remise aux calendes grecques des mesures pour favoriser l’investissement et la modernisation: la survie politique plus que la vision stratégique semble servir de cap aux décisions économiques. À Bercy, nous avions déjà testé le manque de détermination, voire l’ambiguïté d’Emmanuel Macron sur ces sujets, lorsqu’il avait écarté hâtivement toutes les alternatives, notamment françaises, au rachat par General Electric. L’amateurisme actuel est si évident que Bercy version Lemaire n’a jamais lu les comptes du repreneur d’Ascoval, British Steel, en état de faillite théorique dès le rachat du site français….

Il est plus qu’urgent de rééquiper notre secteur industriel, afin de monter en gamme, de produire à nouveau sur notre territoire, de redevenir une machine à exporter et à créer des emplois. À défaut, toutes les réformes lancées par le pouvoir actuel, ne viendront jamais à bout de notre chômage structurel.

Economie française: une crise durable

Economie française: une crise durable

 

L’INSEE existe estime actuellement que l’économie est à moitié paralysée. Ce que confirme le nombre de chômeurs partiels qui dépassent maintenant 10 millions, soi t à peu près la moitié du nombre de salariés du privé. Il y a de toute évidence une crise de l’offre  puisque la production et la commercialisation est arrêtée dans de nombreux secteurs. Mais à cette crise de l’offre pourrait succéder une crise de la demande même après le déconfinement. On sait en effet que l’économie française repose essentiellement sur la consommation des ménages ; actuellement cette consommation des ménages et amputer de plus de 30 %. Les consommateurs se recentent sur les besoins vitaux . Sont notamment différées des dépenses relatives à des biens d’équipement et à des services .

La reprise sera forcément très progressive et exigera sans doute plusieurs mois. En effet après la crise sanitaire, viendra une énorme crise sociale découlant de la défaillance de nombre d’entreprises notamment des PME. Une situation susceptible d’affecter de manière sensible le pouvoir moyen d’achat des ménages et surtout de créer un climat d’incertitudes qui rendra les consommateurs très prudents en matière de dépenses.

Pour l’Insee, dans la mesure où la reprise de l’activité “ne sera a priori pas immédiate et sera probablement d’autant plus lente que la durée du confinement aura été importante”, l’impact global de cette quasi-paralysie de l’économie française sera “certainement supérieur” à l’estimation d’une perte de richesse nationale de trois points de produit intérieur brut (PIB) annuel par mois de confinement. En clair, la baisse de croissance pourrait dépasser notoirement les prévisions du gouvernement

Dans ses dernières prévisions – toujours susceptibles d’être revues – le gouvernement table sur une contraction de 8% de l’économie française cette année, une récession sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale.

Les enquêtes de conjoncture réalisées au mois d’avril confirment le décrochage de l’activité, ainsi que de la confiance des entreprises.

L’Insee signale une chute mensuelle record du climat des affaires, qui a atteint en avril un plus bas depuis le début de cette série statistique en 1980 et constate que les entreprises sont “unanimement pessimistes (…) en particulier (dans le secteur) de

pour redonner confiance aux acteurs économiques, les gouvernements et les institutions comptent sur une reprise en 2021. Mais une reprise qui pourrait ne pas être à la hauteur des espérances si l’ampleur des défaillance pèse sur le moral des acteurs économiques Pour l’Insee, malgré des pertes de revenus, le taux d’épargne global des ménages devrait grimper ponctuellement du fait de la baisse de la consommation pendant le confinement.

“Il y a une perspective (de rebond) dès lors que nous aurons ancré la confiance des ménages pour qu’ils utilisent cette épargne supplémentaire et (…) que nous saurons accompagner les entreprises” de façon plus sélective une fois la phase de choc passée, a observé François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France

Mais une inversion de l’arbitrage entre épargne et consommation – traditionnel moteur de la croissance de l’économie française – nécessitera une amélioration de la confiance des ménages à l’égard de la situation économique, fortement dépendante de la situation sanitaire.

“A l’incertitude sur le scénario sanitaire, qui n’augure pas d’un rebond économique rapide, s’ajoute donc l’incertitude sur le comportement des ménages et des entreprises dans ce contexte inédit”, note l’Insee.

Retour à la planification à la Française

 

 Retour à la planification à la Française ?

 

L’historien Philippe Mioche rappelle, dans une tribune au « Monde », que la planification mise en œuvre par Jean Monnet est un outil qui a bien fonctionné pour relancer l’économie après la seconde guerre mondiale.

Tribune.

 Des nationalisations sont envisagées par les pouvoirs publics. Afin de préparer l’après-crise, pourquoi ne pas penser aussi à la planification à la française ?

C’est dans une situation de grande urgence que Jean Monnet (1888-1979) a proposé au général de Gaulle, en décembre 1945, de créer ce qui va devenir le Commissariat général du Plan. Le général signe le décret quelques jours avant de quitter le gouvernement. Jean Monnet et sa petite équipe veulent établir des priorités en matière d’approvisionnements de matières premières, de biens alimentaires et d’importations d’équipements, essentiellement des Etats-Unis.

Dans un second temps, il s’agit de hiérarchiser les investissements à venir. L’ambition du plan de modernisation et de reconstruction de la France (1946-1952) est venue progressivement.

Le vocabulaire utilisé, Commissariat général du Plan, est une concession à l’ambiance de l’époque où le système soviétique est encore auréolé de la victoire. Mais le plan qui deviendra le « plan Monnet », n’est pas coercitif, il est indicatif. Il propose des directions pour engager la reconstruction et en même temps la modernisation du pays. Le plan n’a pas de bâton.

Mieux encore, l’adoption par les acteurs professionnels des mesures préconisées par le plan les abrite de la vague de nationalisations en cours. Le cas le plus flagrant est la sidérurgie qui, en adoptant le plan, n’est pas alors nationalisée. Sans bâton, le plan dispose d’une carotte avec les dollars du plan Marshall qui viendront financer les objectifs du plan.

« Le retour de la planification à la française ? « 

« Le retour de la planification à la française ? « 

L’historien Philippe Mioche rappelle, dans une tribune au « Monde », que la planification mise en œuvre par Jean Monnet est un outil qui a bien fonctionné pour relancer l’économie après la seconde guerre mondiale.

Tribune. Des nationalisations sont envisagées par les pouvoirs publics. Afin de préparer l’après-crise, pourquoi ne pas penser aussi à la planification à la française ?

C’est dans une situation de grande urgence que Jean Monnet (1888-1979) a proposé au général de Gaulle, en décembre 1945, de créer ce qui va devenir le Commissariat général du Plan. Le général signe le décret quelques jours avant de quitter le gouvernement. Jean Monnet et sa petite équipe veulent établir des priorités en matière d’approvisionnements de matières premières, de biens alimentaires et d’importations d’équipements, essentiellement des Etats-Unis.

Dans un second temps, il s’agit de hiérarchiser les investissements à venir. L’ambition du plan de modernisation et de reconstruction de la France (1946-1952) est venue progressivement.

Le vocabulaire utilisé, Commissariat général du Plan, est une concession à l’ambiance de l’époque où le système soviétique est encore auréolé de la victoire. Mais le plan qui deviendra le « plan Monnet », n’est pas coercitif, il est indicatif. Il propose des directions pour engager la reconstruction et en même temps la modernisation du pays. Le plan n’a pas de bâton.

Mieux encore, l’adoption par les acteurs professionnels des mesures préconisées par le plan les abrite de la vague de nationalisations en cours. Le cas le plus flagrant est la sidérurgie qui, en adoptant le plan, n’est pas alors nationalisée. Sans bâton, le plan dispose d’une carotte avec les dollars du plan Marshall qui viendront financer les objectifs du plan.

En janvier 1946, avec le soutien de la majorité tripartite (Parti communiste, SFIO et Mouvement républicain populaire), Jean Monnet met en place les commissions de modernisation en s’inspirant d’expériences antérieures au Royaume-Uni et aux Etats-Unis du New Deal. Les commissions de modernisation regroupent des représentants des syndicats de salariés (la CGT est alors prépondérante), du patronat (le CNPF est en cours d’organisation) et de l’administration avec des hauts fonctionnaires.

En février-mars 1946, les huit premières commissions portent sur les secteurs suivant : houillères, électricité, productions végétale et animale, équipement rural, BTP, matériaux de construction et sidérurgie. D’autres viendront ensuite, soit vingt-quatre commissions au total.

Les différentes commissions n’ont pas exactement le même profil, mais la répartition générale des participants aux premières commissions est la suivante : syndicalistes 20 %, patronat 31 %, administration (représentants des ministères) 29 % et experts et divers 20 %. Elles réunissent ce que l’on appelait alors « les forces vives » du pays. … »

Renforcer l’industrie française

Renforcer l’industrie française

Le député LR Olivier Marleix estime très insuffisant le plan envisagé pour sauver ce qui reste de l’industrie française et propose un plan de soutien plus significatif.  Comparant les plans français et allemand, Marleix anticipe des «dégâts» plus importants en France. «Les Allemands viennent de mettre 200 milliards pour la capitalisation des grandes entreprises quand nous en prévoyons 20 milliards», souligne-t-il en jugeant la France «beaucoup plus faible» qu’en 2008,

Sébastien Laye, entrepreneur dans le domaine des services financiers, soulignait il y a peu de temps le sérieux retard que la France accuse sur le plan industriel. »

«  Pomprendre le désastre industriel français, il convient de revenir sur les erreurs stratégiques des pouvoirs publics français et de nos grands patrons, eux-mêmes issus du moule techno-politique via les grands corps. Nous devons à Serge Tchuruk dans les années 90, le patron de ce qui était alors Alcatel (depuis démantelé en de nombreuses entités), d’avoir théorisé chez nous le concept d’industrie sans usines, sans actifs, «asset-light»: une hérésie stratégique vite abandonnée par les Américains mais qui a perduré en France jusque dans les années 2000. Or notre monde économique actuel, loin d’avoir vu la disparition de la vieille industrie au profit d’une économie purement tertiaire et de services, est beaucoup plus complexe. En réalité nos économies sont devenues hyper industrielles, avec le logiciel ou les services à valeur ajoutée qui sont venus transformer l’usine d’antan. Les smart factories embarquent des compétences en informatique, robotique et automatisation en brouillant la frontière avec l’univers de la technologie et des GAFA. Ainsi, d’une certaine manière, l’industrie n’existe peut-être plus en tant que secteur autonome mais paradoxalement elle est omniprésente: même les acteurs des nouvelles technologies doivent déployer des plateformes industrielles et logistiques colossales, que ce soit Amazon ou Google avec ses data centers.

Alors que la puissance économique est avant tout une puissance industrielle, la France et victime d’un vrai décrochage industriel.

Les États-Unis ont compris depuis une dizaine d’années qu’un modèle économique uniquement orienté vers la consommation domestique est voué à l’échec: ce mouvement s’est accéléré sous le mandat Trump, qui a vu la création de 400 000 emplois manufacturiers. Par un subtil équilibre de baisses massives d’impôts (alors que les impôts sur la production obèrent toute rentabilité de nos usines.) et de menaces, Trump a obtenu de Softbank/Sprint, de GoPro ou encore d’Apple une relocalisation aux États-Unis de leur base manufacturière. Pfizer, Comcast, Boeing, notamment en rapatriant les profits offshores, investissent à nouveau dans leurs usines américaines. Les Américains ont supprimé en deux ans la moitié du code des réglementations pour créer de nouvelles usines ; les Chinois, avec un modèle moins libéral mais un État visionnaire, développent non seulement leur base industrielle mais sont aussi en train de réindustrialiser toute l’Asie par leur projet de nouvelle route de la soie, qui se traduit par de colossales infrastructures de transport.

Alors que la puissance économique est avant tout une puissance industrielle, comme en attestent la réindustrialisation de l’Amérique de Donald Trump ou les grandes réalisations chinoises, la France est victime d’un vrai décrochage industriel. Or développer la seule économie de services (petits boulots en chaîne) ou des start-up (peu intense en capital humain) ne permettra pas à la France de juguler le fléau du chômage et de la croissance molle. On ne peut qu’être sidéré par le manque de volontarisme des pouvoirs publics français en la matière, alors que notre génie industriel était la marque de fabrique de la France encore dans les années 1990 (il suffit de noter le rayonnement des produits de Schneider, Airbus, Alstom, Dassault, à cette époque) et que le complexe militaire, comme aux États-Unis, fournissait un excellent levier public pour le développement de l’industrie privée.

En 2018, la part de l’industrie dans la richesse nationale en France n’était plus que de 11 %, contre 17 % à la fin des années 1990, ce qui est le niveau actuel de la plupart des autres économies développées. À l’origine du déclin de l’industrie, on peut noter la détérioration générale de la compétitivité des entreprises françaises. Face à la concurrence mondiale, l’industrie française ne fait plus le poids dans certains secteurs. D’autre part, en quinze ans, alors que les ventes de biens ont augmenté de plus de 50 % sur nos territoires, notre production manufacturière… est restée au même niveau. Sans compter qu’au-delà des ventes de biens, les services à haute valeur ajoutée ont accru leur part dans notre PIB, et à ce niveau la domination des GAFA et autres entreprises technologiques étrangères a signifié d’irrémédiables pertes de marché: elles sont visibles dans les chiffres du déficit du commerce international, qui se creuse depuis notre plus haut point en 2004 ; non seulement nos entreprises ne produisent plus ce que les Français consomment, mais elles ne disposent pas des compétences et technologies clefs dont nos concitoyens ont besoin. Enfin, l’absence de fonds de pension entrave le développement de nos entreprises, empêchant le financement de l’innovation de long terme et poussant les plus grandes d’entre elles à abandonner leur base hexagonale.

Les conséquences de ces défaillances sont visibles: notre industrie est l’une des moins robotisées (126 robots pour 10 000 salariés contre 270 en Allemagne), les investissements dans les NTIC sont deux fois moins nombreux que dans le reste de la zone euro et trois fois moins nombreux qu’aux USA. Le très poussif basculement du CICE en baisse de charges, l’hypothétique baisse de l’IS promise à l’horizon 2022 et l’absence de baisse des impôts sur la production ne laissent pas augurer un redressement rapide de l’investissement privé. Il faut donc rapidement changer de braquet et promouvoir des partenariats publics-privés ancrés sur des dépenses d’investissement public (que Bruxelles doit mieux distinguer des dépenses de fonctionnement).

On est en droit de douter de la volonté du gouvernement actuel de redresser notre industrie.

Il convient en premier lieu de favoriser la montée en gamme de nos industries informatique, robotique et d’intelligence artificielle: cela passe par le redéploiement des interventions de la BPI trop centrées sur l’internet grand public, et par plus de précisions sur le plan d’investissement promis par Macron sur le quinquennat, qui pour l’instant inclut essentiellement des dépenses de fonctionnement dans l’éducation. La robotisation est aussi une opportunité pour notre industrie et souvenons-nous que les pays les plus robotisés sont aussi ceux où le chômage est le plus faible. Elle doit être couplée par un plan massif d’équipement 5G sur notre territoire, car ces nouveaux robots et objets doivent pouvoir communiquer, seul moyen de révéler le vrai potentiel de nos territoires.

On est en droit de douter de la volonté du gouvernement actuel de redresser notre industrie: clientélisme à l’égard d’autres secteurs, manichéisme économique simpliste (l’industrie c’est l’ancien monde, la start-up le nouveau qui doit aller de l’avant.), remise aux calendes grecques des mesures pour favoriser l’investissement et la modernisation: la survie politique plus que la vision stratégique semble servir de cap aux décisions économiques. À Bercy, nous avions déjà testé le manque de détermination, voire l’ambiguïté d’Emmanuel Macron sur ces sujets, lorsqu’il avait écarté hâtivement toutes les alternatives, notamment françaises, au rachat par General Electric. L’amateurisme actuel est si évident que Bercy version Lemaire n’a jamais lu les comptes du repreneur d’Ascoval, British Steel, en état de faillite théorique dès le rachat du site français….

Il est plus qu’urgent de rééquiper notre secteur industriel, afin de monter en gamme, de produire à nouveau sur notre territoire, de redevenir une machine à exporter et à créer des emplois. À défaut, toutes les réformes lancées par le pouvoir actuel, ne viendront jamais à bout de notre chômage structurel. »

« La société française malade de son dialogue social bloqué »

« La société française malade de son dialogue social bloqué »

Matthieu Rosy Matthieu Rosy, Président du Centre d’Etudes des Directeurs d’Associations Professionnelles (CEDAP) estime que « Si le dialogue avec la société se porte si mal en France, c’est parce que le dialogue avec les corps intermédiaires n’est plus respecté » (Tribune dans l’opinion).

 

 

Replongés dans notre pays, les deux voyageurs des Lettres persanes poseraient d’emblée le diagnostic que beaucoup de nos gouvernants refusent de faire : si le dialogue avec la société se porte si mal en France, c’est parce que le dialogue avec les corps intermédiaires n’est plus respecté.

Parmi ces derniers figurent, bien sûr, les 756 associations professionnelles françaises qui représentent tous les secteurs et les activités de leurs membres (santé, environnement, industrie, technologies, services, professions libérales…). Elles valorisent auprès du grand public des enjeux économiques et d’emplois. Elles travaillent résolument à concilier leur intérêt sectoriel et l’intérêt général. Elles contribuent à inscrire leurs adhérents dans des démarches RSE volontaires. Celles qui gèrent une convention collective œuvrent aussi à la qualité du dialogue social dans leur branche.

Pour ces structures représentatives, indispensables au bon fonctionnement de la démocratie française, 2019 aura marqué un tournant symbolique. Après l’épisode de l’échec annoncé d’une réforme de l’assurance-chômage menée sous contrôle gouvernemental, la réforme des retraites a marqué une nouvelle étape dans la dégradation des relations des pouvoirs publics avec les corps intermédiaires ; ceux que Pierre Rosanvallon appelle à juste titre les « institutions de l’interaction ».

Conférences citoyennes. En tant que représentants d’associations professionnelles, nous observons, par exemple, la montée récente des conférences citoyennes. Si ces formats originaux constituent un moyen de renouveler les relations entre les décideurs publics et les Français, ces procédures directes tendent néanmoins à se substituer à l’échange des pouvoirs avec les associations professionnelles dont les expertises techniques, sectorielles et économiques, souvent parmi les plus pointues, restent un atout pour construire le consensus et élaborer la décision.

Pour que cohabitent démocratie participative et démocratie représentative, il est important pour les associations professionnelles que soient respectées deux conditions très liées.

La première est de refuser l’affaiblissement insidieux des corps intermédiaires par leur éviction rampante des processus de discussions législatives, réglementaires et administratives. Cet affaiblissement serait une extension du domaine de la lutte libérale sur le terrain des associations professionnelles. Ne perdons pas de vue qu’une logique de désintermédiation est à l’œuvre depuis quelques années dans plusieurs secteurs de l’économie et qu’elle pourrait viser les corps intermédiaires. A ce stade, il n’est pas inutile de réaffirmer qu’ils ne sont pas un simple raffinement de l’histoire mais sont au contraire indispensables au bon équilibre social et économique de notre pays.

De par leurs capacités de médiation et de négociation, nos structures peuvent éviter des confrontations directes et dangereuses entre une partie de la population et les pouvoirs publics. Certains observateurs notent d’ailleurs que le mouvement des Gilets jaunes n’aurait sans doute pas pris cette ampleur si le dialogue avec les corps intermédiaires n’avait pas été malmené.

Cadre d’action. Dès lors que la première condition est remplie, la deuxième est de redonner aux associations et syndicats professionnels un nouveau cadre d’action pour mieux interagir avec les pouvoirs publics et avec les Français.

Ainsi, la consultation de nos structures sectorielles en amont des processus législatifs et réglementaires reste trop rare, trop aléatoire et trop informelle. Nous appelons donc à la rendre systématique et à la normaliser, à la fois au niveau de l’Exécutif, du Législatif et de l’Administration.

Ces nouvelles procédures seraient de nature à réactiver le dialogue avec les représentants de la société civile en reconnaissant pleinement leur rôle et leur apport de valeur, à éviter des mesures techniquement « hors sol » ou économiquement dangereuses… Bref, à gagner beaucoup de temps, à rationaliser la décision publique et à la rendre plus compréhensible pour tous.

Le Centre d’Etudes des Directeurs d’Associations Professionnelles (CEDAP) est prêt, avec la vocation d’expertise qui est la sienne, à apporter sa pierre à des réflexions et travaux qui seraient lancés par les pouvoirs publics pour étudier la mise en œuvre de telles procédures, en plein accord bien sûr avec les exigences croissantes de transparence et de traçabilité de notre époque. Parmi d’autres, ces procédures seraient une avancée pour notre démocratie représentative.

Il ne s’agit pas là du combat de lobbies cherchant à mieux défendre leurs intérêts. Ce qui se joue ici est d’une tout autre ampleur : c’est la capacité de l’Etat à renouer le dialogue sociétal avec ses corps intermédiaires, à revivifier le lien indispensable avec les représentants de secteurs et de professions, qui sont des acteurs clefs de la dynamique sociale, économique et territoriale de notre pays. Pour in fine conforter notre démocratie et son efficacité collective.

Matthieu Rosy, Président du Centre d’Etudes des Directeurs d’Associations Professionnelles (CEDAP).

Economie française: une chute de 15 à 20 % du PIB si la pandémie dure jusqu’en été

Economie française: une chute de 15 à 20 % du PIB si la pandémie dure jusqu’en été

Il n’est pas besoin d’être un très grand économiste pour envisager les dégâts de la crise sanitaire sur l’économie. Aujourd’hui la production  est ralentie de l’ordre de 30 à 40 % du fait du confinement et de tous les problèmes d’approvisionnement. Si la crise devait durer jusqu’à l’été la chute du PIB pourrait alors atteindre 15 à 20 %. Le calcul est assez simple puisqu’un mois de confinement dans les conditions actuelles représente une chute de près de 3 % du PIB. La chute de l’économie provient bien entendu du confinement qui provoque le relativement voir l’arrêt de nombre d’entreprises mais à cette crise de la s’ajoute aussi une crise de la demande. En effet la consommation des ménages est sur une tendance de baisse de 35 %. Or la  consommation des ménages constitue pour la France des ressorts essentiels du dynamisme économique. Les ménages ont tendance à se recentrer sur les dépenses essentielles et diffèrent ou annulent  tout ce qui peut paraître accessoire, ils reportent e dans le temps les investissements d’équipement.

« La perte d’activité en heures travaillées est de l’ordre d’un tiers pendant la durée du confinement, ce qui correspond à un coût de trois points de PIB annuel pour un mois de confinement. Si le confinement se poursuit au delà d’un mois, la récession sera pire que celle de 2009.  Un mois de confinement entrainerait une récession de 2,6%, alors que nous avions prévu +1,2% de croissance avant la crise sanitaire ». Pour l’économiste de COE-Rexecode, Emmanuel Jessua, interrogé par La Tribune

L’ensemble de l’économie française est frappée de plein fouet par cette crise sanitaire. La propagation du virus sur l’ensemble du territoire, le durcissement et la reconduction probable des mesures de confinement, la fermeture administrative d’un grand nombre d’établissements ont mis un coup d’arrêt brutal à des pans entiers de l’économie française.

Si les mesures de confinement se prolongent encore pendant des semaines et que la situation sanitaire ne s’améliore pas rapidement, la pandémie pourrait faire des ravages avec des faillites d’entreprises en cascade et des destructions d’emplois par milliers.

Coronavirus : la stratégie sanitaire française critiquée

Coronavirus : la stratégie sanitaire française critiquée

Un papier du monde synthétise les interrogations et les critiques de la stratégie sanitaire française.

« Sur quelles bases scientifiques, médicales, épidémiologiques, la stratégie actuelle de lutte contre l’épidémie de coronavirus a-t-elle été mise en œuvre en France et, plus généralement, en Europe ? Pourquoi les autorités sanitaires ont-elles, dans ces pays, décidé de ne suivre ni les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ni l’exemple chinois de lutte contre l’épidémie ? En décidant de laisser l’épidémie suivre son cours et d’attendre samedi 14 mars pour tenter de l’arrêter en fermant tous les lieux publics non indispensables, les pouvoirs publics français ont, sans le dire, accepté l’idée qu’une part importante de la population va être, dans les prochains mois, infectée par le coronavirus. Avec à la clé, à tout le moins, probablement, des dizaines de milliers de personnes décédées dans l’Hexagone. Une telle stratégie, encore une fois non avouée mais de facto mise en œuvre, ne devrait-elle pas être au minimum discutée ?

On sait aujourd’hui pas mal de choses sur la maladie à coronavirus 2019 (Covid-19), maladie infectieuse causée par le coronavirus SARS-CoV-2. Son taux de mortalité est de 20 à 30 fois supérieur à celui de la grippe saisonnière. Très contagieux, le SARS-CoV-2 est sensible aux désinfectants usuels. En France, le diagnostic spécifique de la Covid-19 est réalisé actuellement par une méthode de biologie moléculaire (RT-PCR spécifique) sur un écouvillonnage nasopharyngé dont le résultat est obtenu en 24 heures. Aucun test commercial simple n’est actuellement disponible.

Le SARS-CoV-2 infecte toutes les classes d’âge, mais de façon différenciée. 87 % des patients ont entre 30 et 79 ans, alors que moins de 1 % sont dans la classe d’âge inférieure à 10 ans. La fréquence des formes sévères et le taux de mortalité augmentent avec l’âge (15 % chez les patients de plus de 80 ans et 8 % chez les patients entre 70 et 79 ans). »

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