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Sahel: l’enlisement de l’armée française ?

Sahel: l’enlisement de l’armée française ?

 

La question que pose Serge Michailof, chercheur à l’Iris et enseignant à Sciences Po, ancien  directeur des opérations à l’Agence française de développement (AFD). Ce spécialiste de l’Afrique, et plus précisément du Sahel, s’ expliquait  dans une interview à France info

L’armée française risque-t-elle un enlisement au Sahel ?

Serge Michailof : L’armée française se trouve dans une impasse. Elle a brillamment arrêté le rezzou (l’attaque NDLR) inorganisé lancé en janvier 2013, par trois groupements armés qui ont alors menacé le sud du pays et en particulier Bamako; elle a alors détruit une série de bases logistiques des djihadistes au nord du Mali. L’armée française a empêché la constitution de katibas (cellule armée NDLR) structurées susceptibles de menacer les centres urbains.

Mais la guerre s’est déplacée, comme on pouvait le craindre, vers le centre, puis le sud du pays, régions très peuplées. A cet égard, le terme de « terroriste » pour désigner l’ennemi est parfaitement inapproprié, puisque nous n’avons pas en face de nous des fous de Dieu exclusivement soucieux de semer le chaos, mais des hommes réfléchis qui ont arrêté une stratégie asymétrique classique assez proche de celle adoptée en Afghanistan par les Taliban. Or il suffit de regarder les cartes des incidents et actions conduites par les jihadistes de 2017 à 2019, pour constater l’expansion géographique et la multiplication de ces actions.

Nous constatons ainsi que l’ennemi déroule sa stratégie et que Barkhane, quelles que soient les victoires tactiques qu’elle remporte, n’a pas pu arrêter la dégradation de la situation sécuritaire. En outre, l’armée malienne subit défaite sur défaite. Elle a perdu 150 hommes en deux mois. Les jihadistes ont récemment fait une démonstration de leurs capacités en prenant le poste de Indelimane, à proximité de la frontière avec le Niger et en tuant 40 soldats. Défendant un pays très fragile, aux institutions gangrénées par le népotisme et la corruption, nous sommes en train de perdre la guerre même si Barkhane gagne toutes les batailles.

Comme en Afghanistan, la géographie du Sahel est-elle un obstacle au rétablissement de la sécurité ?

C’est plus l’immensité de l’espace et le mauvais état des routes qui pose problème, plutôt que la géographie par elle-même. Les pays du G5 Sahel représentent environ 6 à 7 fois la superficie de la France. Il n’y a pas de zones montagneuses comparables réellement à l’Indu Kush d’Afghanistan, même si l’Aïr, que j’ai souvent parcouru et l’Adrar des Ifoghas, sont des zones difficiles. Ceci dit maintenant que la guerre s’est aussi déplacée au Burkina et y prend une coloration ethnique : agriculteurs Mossis contre pasteurs Peuls, elle devient extrêmement difficile, car l’enjeu est le contrôle des populations dans un contexte où les deux Etats sont défaillants. La guerre se déplace donc vers les villages dans un contexte de mosaïque ethnique très complexe, de crise environnementale, de tensions et conflits anciens qui sont ravivés délibérément par les jihadistes.

 

Pourquoi les armées africaines ne semblent-elles pas à la hauteur du défi ?

 

Il y a de grandes différences entre les armées du G5-Sahel. La Mauritanie a découragé les jihadistes qui ont pris la peignée à chaque fois qu’ils sont intervenus dans ce pays, qui se rouvre même au tourisme (!). L’armée tchadienne a considérablement aidé Serval en 2013 et est d’ailleurs très redoutée dans la sous-région. Mais elle est au four et au moulin, combattant les jihadistes de Boko Haram repliés dans le bassin du Lac Tchad, intervenant en Centrafrique, et répondant aux menaces multiples provenant du Darfour et de Libye.

L’armée nigérienne bien commandée “fait le boulot” et tient le coup pour l’instant, mais elle manque cruellement de moyens. Il suffirait que la France ou l’Union Européenne acceptent de mettre le paquet en formation, équipement, financement etc. pour en faire une armée capable de tenir le pays, Si le Niger recevait le tiers du milliard de dollars que coûte la force des Nations unies, la Minusma, en dotation annuelle pour sa sécurité, le Niger serait fort capable de se défendre.

Le vrai problème, ce sont les armées du Mali et du Burkina. Le problème est ici avant tout politique. Vous connaissez le dicton chinois ”le poisson pourrit par la tête”. En fait, il ne sert à rien d’entraîner ces deux armées et de les équiper si en particulier une gestion des ressources humaine rénovée ne permet pas de réintroduire un système méritocratique dans les chaînes de commandement et de sortir du népotisme.

 

Comme l’Afghanistan, le Sahel est-il gangréné par les trafics en tous genres et notamment armes et drogue ?

 

De tout temps le Sahel et le Sahara ont été des zones de trafic historiquement d’esclaves, d’or, d’ivoire et de sel. Aujourd’hui c’est plutôt la cocaïne, les armes et les migrants avec aussi un peu de gasoil et de produits alimentaires pour profiter des différences de prix avec l’Algérie. Ces trafics ont eu un impact désastreux au Mali en gangrénant une partie des élites dirigeantes dès la fin des années 1990 et le début des années 2000.

Maintenant ces trafics sont pour partie entre les mains des différents groupes djihadistes et contribuent à leur financement. Les ressources financières de ces groupes viennent aussi du contrôle des mines d’or artisanales, qui sont très importantes au Mali et au Burkina et de la taxation du coton, qui est l’une des richesses de ces pays et le racket sur les marchandises et les voyageurs sur les routes qu’ils contrôlent.

Comment expliquer la montée du jihad et la force de l’islam politique dans cette région autrefois réputée pour une certaine tolérance ?

 

L’islam soufi, historiquement propre à cette région, était extrêmement tolérant. Le salafisme n’est toutefois pas arrivé hier. Son implantation méthodique est l’œuvre de l’Arabie Saoudite, qui est très active au Sahel depuis la fin des années 70 et l’enrichissement des pays pétroliers. Depuis cette époque, on a vu surgir dans tout le Sahel francophone des mosquées financées par des fondations saoudiennes et cet effort méthodique sur plus de 40 ans a entraîné une modification radicale des comportements religieux. Pour ceux qui, comme moi, suivent le Sahel depuis 50 ans, on a vu apparaître les voiles des femmes depuis la fin des années 1990.

A ceci s’est conjugué un effondrement des systèmes d’éducation publique en zone rurale, ceci pour des raisons multiples : crises budgétaires, programme économique du FMI mal construit, mais surtout le choc démographique et la focalisation des donateurs sur les constructions d’écoles, alors que la formation et l’encadrement des enseignants ont été largement oubliés. Résultat, les écoles coraniques ont fréquemment été le seul lieu d’apprentissage des enfants et ces écoles ont été tenues par des convertis au salafisme. Ce n’est pas sans rappeler le rôle des madrassas du Pakistan dans la formation du mouvement Taliban.

Pourquoi ces états n’arrivent-ils pas à répondre aux besoins sociaux, éducatifs, de leur population ?

 

Ces pays sahéliens ont une population extrêmement pauvre et le taux de fiscalisation qui est de l’ordre de 20 % du PIB ne leur laisse pas de marges budgétaires bien conséquentes. Or ils sont soumis à un double choc : un choc démographique colossal avec des taux de croissance de la population supérieurs à 3%, 4% pour le Niger dont la population est passée de 3 millions à l’indépendance à 20 millions actuellement et dépassera 60 millions en 2050. Le deuxième choc est un choc sécuritaire, car les dépenses de sécurité qui atteignent ou dépassent 6% des PIB sont en train d’évincer les dépenses de développement et les dépenses sociales. Ces pays ne peuvent pas acheter des hélicoptères de combat et apporter une éducation de qualité à leurs enfants.

L’après Covid 19 pour l’agriculture française

L’après Covid 19 pour  l’agriculture française

Denis Fumery, agriculteur, et président de l’association Villes-Campagnes explique les conséquences du CIvid 19 pour l’agriculture française et considère qu’on ne peut pas déléguer notre alimentation à d’autres.

 

 

« L’agriculture française est confrontée à une crise d’ampleur inédite qui, combinée aux difficultés auxquelles l’exposent ses vieux démons, la mettent à genoux. En effet, c’est un tableau sombre qui s’offre à Julien Denormandie, nouveau ministre de l’Agriculture de notre pays. La filière vitivinicole se retrouve avec un milliard de litres de vin en excédent. Les ventes des boulangeries ont plongé de 30 %, la production laitière ne trouve plus de débouchés à l’export, 450.000 tonnes de pommes de terre n’ont pas été consommées entre mars et juillet. L’horticulture affiche 1,4 milliard d’euros de pertes sèches. On se retrouve face à un inventaire à la Prévert où tout semble crier : catastrophe !

Mais il est à noter que l’exécutif français n’est pas resté inactif face à cette situation. Des mesures ont été prises : 145 millions d’euros ont été alloués à la mise en place d’une distillation de crise pour transformer le vin en bioéthanol ou en gel hydroalcoolique. La filière pomme de terre, qui s’attend à un manque à gagner de 200 millions d’euros en raison de la crise, a reçu l’assurance d’être accompagnée par le ministère de l’Agriculture.

Toute crise porte en elle les germes de lendemains meilleurs. Et celle-ci n’échappe pas à la règle. Outre l’élan de sympathie et de curiosité qu’elle a suscité en direction du monde agricole, la pandémie du Covid-19 pourrait donner à la France l’occasion de repenser son agriculture et de lui redonner des couleurs. On n’en attendrait pas moins de la nation de Sully.

Par où pourrait-on commencer une entreprise aussi ambitieuse ? Une première option consisterait à amoindrir les coûts de production afin de permettre à l’agriculteur de mieux vivre de son métier et d’être compétitif sur un marché mondial en perpétuel changement.

Une intervention ferme dans le domaine du prix des engrais pourrait à la fois offrir cette bouffée d’air dont a besoin l’agriculture française, mais aussi envoyer un signal fort en direction du monde agricole. En effet, l’an dernier, l’Union européenne a adopté un taxe anti-dumping qui a affecté le secteur des engrais. La mesure qui ciblait trois pays (USA, Russie et Trinidad et Tobago) intervenait suite à une plainte de Fertilizers Europe. Cette volonté affichée de protéger les producteurs d’engrais du vieux continent à eu un contrecoup pour les agriculteurs. Désormais, les prix des engrais sont maintenus à des niveaux artificiellement élevés, ce qui grève notre compétitivité. Étrange situation que celle où les 27 se retrouvent à protéger l’industrie des fertilisants au détriment de sa propre agriculture. Déjà pour le compte de l’année 2019, l’Insee estime que les prix des engrais ont progressé de 9,4 %. Cette hausse a entraîné mécaniquement une baisse des volumes de l’ordre de 15,3 %. Cette situation s’est traduite par des contre-performances pour des filières comme l’horticulture, la pomme de terre ou encore la vitiviniculture. Quant à la filière céréalière, ses bons résultats sont masqués par la chute des cours mondiaux, une lutte âpre dans la conquête des marchés à l’export. Dans ce contexte, un renchérissement du prix des engrais contribue à plomber les marges des producteurs.

Difficile donc de comprendre le silence de la France devant l’adoption de cette taxe par le Comité des instruments de défense commerciale (IDC), surtout quand on sait que l’Hexagone importe 95,1 % des minéraux utilisés comme engrais. Premier consommateur de phosphate et leader de la consommation d’azote sur le vieux continent, le silence de la France lors de l’adoption des lois anti-dumping sur les engrais coûtera 2,8 milliards d’euros aux producteurs céréaliers. Il faut croire que c’est ce qu’a compris l’exécutif quand le président Macron déclarait au soir du 12 mars 2020 : « Déléguer notre alimentation [...] à d’autres est une folie.

La crise offre aujourd’hui l’opportunité aux dirigeants de jeter un regard neuf sur ces décisions et de repenser la politique agricole commune afin de la rapprocher de son esprit original et d’en faire le lieu où s’unissent toutes les forces agricoles du continent, plutôt qu’un outil de blocage qui paralyse et sclérose le monde agricole.

Face à la crise, l’heure doit être à l’audace. Il faudra innover pour survivre et regagner les parts de marché que l’agriculture perd chaque année à l’exportation. Le savoir-faire du terroir français doit retrouver le lustre qui est le sien. Mais cette reconquête ne passera pas par la frilosité et le recroquevillement du « c’était mieux avant », mais par une adoption responsable de l’apport des technologies afin de développer des avantages compétitifs.

Néanmoins, la plus grande des victoires du monde agricole français ne viendra pas de son internationalisation, mais de sa redécouverte et de sa compréhension par un acteur si proche, mais à la fois si lointain : le citoyen français lui-même. À cet égard, le Covid-19 a créé un momentum dont il convient de tirer le meilleur. Les villes et les campagnes doivent se redécouvrir. Les citoyens doivent se rapprocher de ceux qui les nourrissent et comprendre comment le repas qui se retrouve dans leurs assiettes est produit et quels sont les choix qui ont motivé telle ou telle option.

Dans un pays qui a récemment connu le triomphe d’un dynamique écologiste lors des dernières municipales, cette démarche ne serait pas dénuée de sens. Mais pour que ce vœu s’accomplisse, il faudra également que le monde rural aille à la rencontre des villes, fasse preuve de pédagogie, et explique inlassablement sa démarche. Dans cette démarche, le rôle des pouvoirs publics est également capital.

Ce qui est attendu aujourd’hui de Julien Denormandie est de participer à cette dynamique qui aidera la France à redevenir la nation dont labourage et pâturage sont les deux mamelles.

Quel avenir pour l’industrie française ?

Quel  avenir pour l’industrie française ?

C’est l’interrogation d’Olivier Minaud, Directeur des opérations chez Wilo France dans une chronique de la tribune.

 

La part de l’industrie manufacturière dans l’économie française a diminué de moitié, de 22,3 % à 11,2 %, alors que sur la même période le secteur tertiaire a, à l’inverse, pris davantage de poids dans l’économie française. La diminution de la part de l’industrie dans le PIB a surtout été marquée entre 2000 et 2007 en raison notamment de la baisse des prix des biens de l’industrie qui nécessitent de moins en moins de travail humain, et entre 2007 et 2014 car l’industrie manufacturière, en particulier traditionnelle comme la sidérurgie, les chantiers navals, a été durement touchée par la crise économique.

« En tant qu’industriels, nous figurons parmi les professionnels les mieux préparés à une crise sanitaire. La gestion des risques et la protection des équipes font partie intégrante du quotidien. C’est pourquoi il a été possible de rapidement mettre en œuvre des mesures sanitaires pour assurer la santé des collaborateurs, puis s’adapter pour maintenir une activité. Ce fut le cas de l’ensemble des industries de première nécessité, mais aussi de nombreuses industries de « seconde ligne », celles produisant des biens d’utilité publique et qui ont décidé de maintenir leur usine ouverte pour continuer de respecter leurs engagements sociétaux et économiques.

Dans la gestion de cette crise, la confiance apparaît comme le premier facteur clé de réussite pour de nombreux industriels. La confiance dans un réseau de partenaires d’abord, qu’il s’agisse de fournisseurs de composants ou bien de sociétés de services et de maintenance, qui a permis d’adapter intelligemment et de concert les niveaux d’activité. Mais aussi, la relation de confiance nouée avec les collaborateurs, les partenaires sociaux et les instances représentatives du personnel, sans laquelle il aurait été difficile de faire respecter des mesures, parfois strictes, dans le but de préserver la santé tout en maintenant l’activité. C’est cette même confiance qui permet la bonne gestion des cas personnels de chaque collaborateur lorsque nécessaire et la mise en place d’organisation du travail plus flexible. Enfin, la confiance accordée par les clients en l’entreprise, ses valeurs et ses capacités de production et livraison, est cruciale pour sécuriser les carnets de commandes.

Cette confiance est issue d’une culture d’entreprise qui se bâtit dans le temps et s’appuie sur la cohérence économique, sociale et environnementale du projet. Elle constitue une base stable et solide et semble être un facteur sine qua non pour traverser les possibles crises.

Le deuxième facteur clé de réussite, mis en exergue par cette nouvelle crise, est l’agilité. Les méthodes de travail doivent être repensées en ce sens. Dans des marchés si tendus, l’hyperréactivité est de mise et elle ne se fera pas sans polyvalence. D’un côté, les directions doivent être en mesure d’adapter les organisations de travail aux conditions en temps réel et, de l’autre, les collaborateurs doivent être formés et acquérir les compétences nécessaires afin de pouvoir s’adapter à un environnement de travail plus flexible mais aussi afin de préserver leur employabilité dans une industrie en pleine transformation.

 

L’agilité, c’est également ce qui a permis à de nombreuses entreprises non-familières avec le télétravail de déployer des accès distants robustes et sécurisés en un temps record. Il a souvent été dit que le monde du travail, tel que nous le connaissions jusqu’ici, est d’ailleurs devenu obsolète depuis l’instauration massive du télétravail. Mais cela mériterait d’être nuancé. Penser que le télétravail fonctionnera forcément sur le long terme, car il a su le faire pendant un trimestre ne reflète pas la complexité du monde du travail. Pour éviter un possible décrochage, nous devons à présent nous mettre autour de la table pour savoir comment utiliser l’expérience de ces derniers mois afin de mieux travailler et collaborer à l’avenir. Notre économie est déconfinée peu à peu, il faut à présent déconfiner le travail de manière progressive, en prenant du recul sur la situation pour allier technologie, collaboration et lien social.

La régionalisation des productions est depuis plusieurs années déjà une tendance importante, pour des raisons aussi bien économiques qu’écologiques. La crise que nous connaissons est venue accentuer cette tendance via une prise de conscience forte des citoyens quant aux enjeux environnementaux et aux enjeux de sécurité d’approvisionnement national et européen. Pour relever ce défi et respecter ses responsabilités, l’industrie française, et plus largement européenne, doit s’adapter afin d’éviter une récession.

Le secteur industriel français est marqué par la présence de grands groupes renommés, mais il est également porté par une multitude d’entreprises de tailles intermédiaires, ainsi qu’un maillage de petites entreprises spécialisées dans le secteur des services industriels (laverie, entretien, etc.). Et c’est précisément ce maillage que nous avons la responsabilité de préserver aujourd’hui. En temps de crise, les industriels tendent à réduire, voire annuler, certains contrats auprès de partenaires externes afin de se concentrer sur leur cœur de métier. Une récession pourrait venir mettre à mal temporairement cet écosystème d’emplois et causer la fermeture de certaines entreprises de petites tailles.

Pour éviter cela, la vie industrielle doit reprendre son cours au plus tôt, en respectant les mesures de gestion du risque sanitaire. À ce titre, reprendre dès à présent les recrutements est primordial, y compris les contrats d’apprentissage. L’attrait pour une industrie plus responsable est un facteur clé pour le recrutement des nouvelles générations. Pour faire prospérer l’industrie française, la formation est donc l’un des enjeux majeurs. Pourtant, elle risque d’être mise à mal par les difficultés financières des industriels. Toute une génération d’apprentis ne pourrait, potentiellement, pas être formée dans de bonnes conditions.

Cette crise a entraîné une prise de conscience face à la nécessité d’apporter plus de cohérence dans nos politiques et nos projets industriels. De nouvelles vocations vont naître de ce terreau fertile. Les métiers industriels sont des métiers d’avenir. Animés par des enjeux en matière d’amélioration de conditions de travail, d’impact environnemental ou encore de sécurité d’approvisionnement, ils sont porteurs de sens.

À la crise sanitaire va probablement se succéder une crise économique et, à terme, une crise écologique. L’industrie pourrait cascader de crises en crises si nous n’agissons pas. Les plans nationaux de relance sont, sans nul doute, nécessaires sur le court terme, mais ils ne sont pas suffisants ou fiables sur le long terme. Pour faire face à de grandes puissances industrielles étrangères ayant établi des stratégies claires, les gouvernements européens doivent s’engager sur des plans d’investissement visant à résoudre les problématiques actuelles tout en dessinant l’industrie de demain. Un véritable projet industriel européen doit naître, axé sur la sécurité, la réduction de l’impact climatique et le respect des valeurs humanistes qui nous définissent.

Encore un avenir pour l’industrie française ?

Encore un avenir pour l’industrie française ?

C’est l’interrogation d’Olivier Minaud, Directeur des opérations chez Wilo France dans une chronique de la tribune.

La part de l’industrie manufacturière dans l’économie française a diminué de moitié, de 22,3 % à 11,2 %, alors que sur la même période le secteur tertiaire a, à l’inverse, pris davantage de poids dans l’économie française. La diminution de la part de l’industrie dans le PIB a surtout été marquée entre 2000 et 2007 en raison notamment de la baisse des prix des biens de l’industrie qui nécessitent de moins en moins de travail humain, et entre 2007 et 2014 car l’industrie manufacturière, en particulier traditionnelle comme la sidérurgie, les chantiers navals, a été durement touchée par la crise économique.

« En tant qu’industriels, nous figurons parmi les professionnels les mieux préparés à une crise sanitaire. La gestion des risques et la protection des équipes font partie intégrante du quotidien. C’est pourquoi il a été possible de rapidement mettre en œuvre des mesures sanitaires pour assurer la santé des collaborateurs, puis s’adapter pour maintenir une activité. Ce fut le cas de l’ensemble des industries de première nécessité, mais aussi de nombreuses industries de « seconde ligne », celles produisant des biens d’utilité publique et qui ont décidé de maintenir leur usine ouverte pour continuer de respecter leurs engagements sociétaux et économiques.

Dans la gestion de cette crise, la confiance apparaît comme le premier facteur clé de réussite pour de nombreux industriels. La confiance dans un réseau de partenaires d’abord, qu’il s’agisse de fournisseurs de composants ou bien de sociétés de services et de maintenance, qui a permis d’adapter intelligemment et de concert les niveaux d’activité. Mais aussi, la relation de confiance nouée avec les collaborateurs, les partenaires sociaux et les instances représentatives du personnel, sans laquelle il aurait été difficile de faire respecter des mesures, parfois strictes, dans le but de préserver la santé tout en maintenant l’activité. C’est cette même confiance qui permet la bonne gestion des cas personnels de chaque collaborateur lorsque nécessaire et la mise en place d’organisation du travail plus flexible. Enfin, la confiance accordée par les clients en l’entreprise, ses valeurs et ses capacités de production et livraison, est cruciale pour sécuriser les carnets de commandes.

Cette confiance est issue d’une culture d’entreprise qui se bâtit dans le temps et s’appuie sur la cohérence économique, sociale et environnementale du projet. Elle constitue une base stable et solide et semble être un facteur sine qua non pour traverser les possibles crises.

Le deuxième facteur clé de réussite, mis en exergue par cette nouvelle crise, est l’agilité. Les méthodes de travail doivent être repensées en ce sens. Dans des marchés si tendus, l’hyperréactivité est de mise et elle ne se fera pas sans polyvalence. D’un côté, les directions doivent être en mesure d’adapter les organisations de travail aux conditions en temps réel et, de l’autre, les collaborateurs doivent être formés et acquérir les compétences nécessaires afin de pouvoir s’adapter à un environnement de travail plus flexible mais aussi afin de préserver leur employabilité dans une industrie en pleine transformation.

 

L’agilité, c’est également ce qui a permis à de nombreuses entreprises non-familières avec le télétravail de déployer des accès distants robustes et sécurisés en un temps record. Il a souvent été dit que le monde du travail, tel que nous le connaissions jusqu’ici, est d’ailleurs devenu obsolète depuis l’instauration massive du télétravail. Mais cela mériterait d’être nuancé. Penser que le télétravail fonctionnera forcément sur le long terme, car il a su le faire pendant un trimestre ne reflète pas la complexité du monde du travail. Pour éviter un possible décrochage, nous devons à présent nous mettre autour de la table pour savoir comment utiliser l’expérience de ces derniers mois afin de mieux travailler et collaborer à l’avenir. Notre économie est déconfinée peu à peu, il faut à présent déconfiner le travail de manière progressive, en prenant du recul sur la situation pour allier technologie, collaboration et lien social.

La régionalisation des productions est depuis plusieurs années déjà une tendance importante, pour des raisons aussi bien économiques qu’écologiques. La crise que nous connaissons est venue accentuer cette tendance via une prise de conscience forte des citoyens quant aux enjeux environnementaux et aux enjeux de sécurité d’approvisionnement national et européen. Pour relever ce défi et respecter ses responsabilités, l’industrie française, et plus largement européenne, doit s’adapter afin d’éviter une récession.

Le secteur industriel français est marqué par la présence de grands groupes renommés, mais il est également porté par une multitude d’entreprises de tailles intermédiaires, ainsi qu’un maillage de petites entreprises spécialisées dans le secteur des services industriels (laverie, entretien, etc.). Et c’est précisément ce maillage que nous avons la responsabilité de préserver aujourd’hui. En temps de crise, les industriels tendent à réduire, voire annuler, certains contrats auprès de partenaires externes afin de se concentrer sur leur cœur de métier. Une récession pourrait venir mettre à mal temporairement cet écosystème d’emplois et causer la fermeture de certaines entreprises de petites tailles.

Pour éviter cela, la vie industrielle doit reprendre son cours au plus tôt, en respectant les mesures de gestion du risque sanitaire. À ce titre, reprendre dès à présent les recrutements est primordial, y compris les contrats d’apprentissage. L’attrait pour une industrie plus responsable est un facteur clé pour le recrutement des nouvelles générations. Pour faire prospérer l’industrie française, la formation est donc l’un des enjeux majeurs. Pourtant, elle risque d’être mise à mal par les difficultés financières des industriels. Toute une génération d’apprentis ne pourrait, potentiellement, pas être formée dans de bonnes conditions.

Cette crise a entraîné une prise de conscience face à la nécessité d’apporter plus de cohérence dans nos politiques et nos projets industriels. De nouvelles vocations vont naître de ce terreau fertile. Les métiers industriels sont des métiers d’avenir. Animés par des enjeux en matière d’amélioration de conditions de travail, d’impact environnemental ou encore de sécurité d’approvisionnement, ils sont porteurs de sens.

À la crise sanitaire va probablement se succéder une crise économique et, à terme, une crise écologique. L’industrie pourrait cascader de crises en crises si nous n’agissons pas. Les plans nationaux de relance sont, sans nul doute, nécessaires sur le court terme, mais ils ne sont pas suffisants ou fiables sur le long terme. Pour faire face à de grandes puissances industrielles étrangères ayant établi des stratégies claires, les gouvernements européens doivent s’engager sur des plans d’investissement visant à résoudre les problématiques actuelles tout en dessinant l’industrie de demain. Un véritable projet industriel européen doit naître, axé sur la sécurité, la réduction de l’impact climatique et le respect des valeurs humanistes qui nous définissent.

L’économie française rebondit probablement plus vite ? (BDF)

L’économie française rebondit probablement plus vite ? (BDF)

La Banque de France essaye de corriger le tir car ses prévisions étaient  inférieures aux nouvelles projections du gouvernement. Un gouvernement qui pense que la croissance pourra atteindre 8 % en 2021 et  permettant presque  d’annuler le trou de 2020. L’écart entre Bercy et la Banque de France est faible entre 1 et 2 %.

Pour autant la Banque de France va sans doute vouloir participer à ce moment d’euphorie que constitue le redressement du mois dernier. Un redressement plus important qu’attendu mais qu’il faut sans doute aussi savoir relativiser. En effet la crise sociale débute à peine, et c’est à l’automne qu’on va en mesurer les effets désastreux du point de vue social bien sûr mais aussi économique.

La Banque de France a estimé le mois dernier que la deuxième économie de la zone euro tournerait 12% en dessous de ses capacités d’ici la fin juin, quand la perte d’activité sur les quinze premiers jours du confinement, fin mars, avait atteint 32% et était encore de 17% fin mai, après la levée du confinement.

La banque centrale doit publier de nouvelles estimations ce mardi matin.

“La reprise se passe au moins aussi bien que nous l’avions prévu et peut-être même un peu mieux”, a indiqué François Villeroy de Galhau.

En prenant en compte les estimations de la perte d’activité sur les mois d’avril, mai et juin, la Banque de France estimait “autour de -15%” la contraction du PIB au 2e trimestre. Pour redonner confiance aux acteurs économiques les institutions et les gouvernements soulignent la vigueur de la reprise du mois dernier. Ils ont un peu tendance évidemment à exagérer pour le futur( en particulier par rapport à 2021 ou les incertitudes trop grandes faire des prévisions précises) la question est un effet de savoir si le redressement de juin correspond un phénomène conjoncturel notamment à une compensation de la paralysie systèmes de production et de distribution pendant plusieurs mois à un phénomène plus culturel. Or ce n’est pas à partir des résultats d’un mois on peut imaginer la tendance culturelle

François Villeroy de Galhau, sans minimiser la gravité de la crise économique, a déclaré dimanche que la situation pourrait de même être un peu meilleure.

Avenir industrie automobile française : une crise qui va durer 10 ans

Avenir industrie automobile française : une crise qui va durer 10 ans

 

Selon les consultants du cabinet AlixPartners., près un pic des ventes à 2,7 millions de véhicules en 2019, celles-ci vont tomber à 1,8 million en 2020. Elles retrouveraient en 2022 leur niveau de 2016, soit 2,4 millions d’unités vendues. Le retour de la croissance n’étant pas attendu avant 2030. Le marché «ne devrait pas être en croissance malgré le maintien des lancements de nouveaux véhicules», estime Laurent Petizon, le directeur associé d’AlixPartners.

La France ne se relèvera pas au même rythme que l’Europe, dont les ventes devraient croître de 7,7 % par an de 2020 à 2025. D’après les prévisions d’AlixPartners, le marché sera soutenu par les ventes de SUV – électrifiés pour la plupart – qui devraient en 2030 représenter 43 % du marché, contre 21 % en 2015. Autre effet de la crise du Covid-19, le volume de production dans l’Hexagone va plonger à 1,5 million d’unités (2,2 millions en 2019) et se stabiliser à 1,8

 

Plusieurs concertations ont lieu avec les partenaires pour soutenir l’emploi, dont une sur les modalités d’un dispositif d’activité partielle, qui sera mis en place par un accord collectif d’entreprise ou de branche. Il donnerait lieu à une indemnisation en contrepartie du maintien dans l’emploi.

En avril, 8,6 millions de salariés étaient au chômage partiel, a rappelé la ministre, qui n’a pas encore les chiffres de mai.

Depuis le début de la crise en mars, le gouvernement a mis en place un régime exceptionnel de chômage partiel pour éviter les licenciements.

Depuis le 1e juin, la prise en charge par l’État et l’Unedic a baissé de 100% à 85% de l’indemnité versée au salarié, à l’exception des secteurs faisant l’objet de restrictions en raison de la crise sanitaire comme le tourisme ou la restauration.

« Ce dispositif permettra de garder son emploi, à l’entreprise de garder ses compétences », a expliqué la ministre.

 

Parmi les contreparties pour l’entreprise, le maintien dans l’emploi mais aussi,  »s’il y a une baisse de salaire pendant la crise (à l’issue de la crise, NDLR), on fait plus d’intéressement. Ce sera négocié dans l’entreprise ».

 

 

Avenir filière automobile française : une crise qui va durer 10 ans

Avenir filière automobile française : une crise qui va durer 10 ans

 

Selon les consultants du cabinet AlixPartners., près un pic des ventes à 2,7 millions de véhicules en 2019, celles-ci vont tomber à 1,8 million en 2020. Elles retrouveraient en 2022 leur niveau de 2016, soit 2,4 millions d’unités vendues. Le retour de la croissance n’étant pas attendu avant 2030. Le marché «ne devrait pas être en croissance malgré le maintien des lancements de nouveaux véhicules», estime Laurent Petizon, le directeur associé d’AlixPartners.

La France ne se relèvera pas au même rythme que l’Europe, dont les ventes devraient croître de 7,7 % par an de 2020 à 2025. D’après les prévisions d’AlixPartners, le marché sera soutenu par les ventes de SUV – électrifiés pour la plupart – qui devraient en 2030 représenter 43 % du marché, contre 21 % en 2015. Autre effet de la crise du Covid-19, le volume de production dans l’Hexagone va plonger à 1,5 million d’unités (2,2 millions en 2019) et se stabiliser à 1,8

 

Plusieurs concertations ont lieu avec les partenaires pour soutenir l’emploi, dont une sur les modalités d’un dispositif d’activité partielle, qui sera mis en place par un accord collectif d’entreprise ou de branche. Il donnerait lieu à une indemnisation en contrepartie du maintien dans l’emploi.

En avril, 8,6 millions de salariés étaient au chômage partiel, a rappelé la ministre, qui n’a pas encore les chiffres de mai.

Depuis le début de la crise en mars, le gouvernement a mis en place un régime exceptionnel de chômage partiel pour éviter les licenciements.

Depuis le 1e juin, la prise en charge par l’État et l’Unedic a baissé de 100% à 85% de l’indemnité versée au salarié, à l’exception des secteurs faisant l’objet de restrictions en raison de la crise sanitaire comme le tourisme ou la restauration.

« Ce dispositif permettra de garder son emploi, à l’entreprise de garder ses compétences », a expliqué la ministre.

 

Parmi les contreparties pour l’entreprise, le maintien dans l’emploi mais aussi,  »s’il y a une baisse de salaire pendant la crise (à l’issue de la crise, NDLR), on fait plus d’intéressement. Ce sera négocié dans l’entreprise ».

 

 

L’automobile française : 10 ans avant d’amortir la crise

L’automobile  française : 10 ans avant d’amortir la crise

Selon les consultants du cabinet AlixPartners., près un pic des ventes à 2,7 millions de véhicules en 2019, celles-ci vont tomber à 1,8 million en 2020. Elles retrouveraient en 2022 leur niveau de 2016, soit 2,4 millions d’unités vendues. Le retour de la croissance n’étant pas attendu avant 2030. Le marché «ne devrait pas être en croissance malgré le maintien des lancements de nouveaux véhicules», estime Laurent Petizon, le directeur associé d’AlixPartners.

La France ne se relèvera pas au même rythme que l’Europe, dont les ventes devraient croître de 7,7 % par an de 2020 à 2025. D’après les prévisions d’AlixPartners, le marché sera soutenu par les ventes de SUV – électrifiés pour la plupart – qui devraient en 2030 représenter 43 % du marché, contre 21 % en 2015. Autre effet de la crise du Covid-19, le volume de production dans l’Hexagone va plonger à 1,5 million d’unités (2,2 millions en 2019) et se stabiliser à 1,8

La suradministration française qui tue l’efficacité

La suradministration française qui tue l’efficacité

Une histoire bien connue qui courre dans les ministères : » mettez un bureaucrate, seul dans un bureau sans aucune affectation, ni tâche. Au bout de trois mois il va demander une secrétaire et trois mois après il demandera un adjoint etc. » Le processus même de reproduction de l’usine administrative française. Pourtant la France détient le record de prélèvements obligatoires, le record de dépenses sur le PIB  et pour des résultats souvent insuffisants y compris en matière de rémunération du personnel. La cause est connue les superstructures et services inutiles absorbent une grande partie des fonds qui seraient nécessaires à financer les investissements et le personnel utile et qualifié. Ceci vaut évidemment au plan de l’État mais se répercute à tous les échelons administratifs y compris au niveau local.

Lors de la décentralisation, la première démarche des élus a en effet été se construire des hôtels, avec une administration d’y adjoindre des services qui finissent par tourner pour eux-mêmes en oubliant l’objet social pour lequel ils ont été créés. ( denier exemple en date les agglos entre villes, départements et Etat). On objectera que tout cela crée de l’emploi mais des emplois mal rémunérés et dont l’utilité sociale et souvent douteuse. Et pour meubler leur vide existentiel certains s’évertuent à complexifier encore les procédures voire à en inventer

Même dans les plus petites communes l’une des premières mesures des élus locaux est de recruter ici un administratif, ici un cantonnier, ici un technicien. Ainsi est-on surpris dans  de très petites communes de disposer d’une véritable troupe de fonctionnaires, à plus grande échelle on peut parler d’armées.  La France ne manque pas nécessairement de moyens sauf dans des secteurs très tendus, elle, manque  surtout d’une juste affectation des moyens, d’une évaluation des performances et d’une décentralisation des responsabilités.

 

Crise économie française plus profonde et plus rapide que prévue

Crise économie française plus profonde et  plus rapide que prévue

Plusieurs facteurs explicatifs permettent de comprendre le rythme et l’ampleur de la crise. D’abord plus de la moitié des salariés du privé ont été couverts par le chômage partiel ce qui a complètement masqué la réalité sous-emploi. Pendant presque deux mois l’économie a tourné à moins de 60 % de ses capacités. Certes la reprise s’amorce mais il y a encore de nombreuses difficultés d’approvisionnement tant dans l’industrie que dans les commerces. Une conséquence de la crise de l’offre qui a paralysé en grande partie la production. Maintenant c’est fort logiquement que la crise du chômage s’envole car l’heure n’est pas évidemment aux embauches sauf dans quelques secteurs très tendus mais plutôt au plan d’ajustement des effectifs ne serait-ce que pour amortir des coûts fixes alors que les recettes étaient très affaiblies voire nulles. Le pire des défaillances devrait être connu au cours du dernier trimestre 2020

Pour résumer , on pourrait connaître du deuxième trimestre une récession de 20 % et au total sur d’année une baisse de près de 10 % du PIB. Pendant presque deux mois l’économie a été en grande partie paralysée tout cas fonctionnait en mode réduit. La reprise aura forcément lieu mais elle sera sans doute plus progressive qu’on ne l’espérait. Comme indiqué un certain nombre d’experts notamment des États-Unis,  il faudra attendre au-delà de 2021 pour retrouver les niveaux de 2019.

 

Lundi, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, avait aussi affirmé que la période de déconfinement coûterait au moins trois points de PIB cette année.  »J’ai toujours indiqué que les 8% de chute de croissance étaient un chiffre provisoire (…) Il faut nous attendre à des chiffres de récession très dégradés pour 2020 en France », a commenté mercredi le ministre de l’Economie Bruno Le Maire sur Radio Classique.

 

« Il y a évidemment des secteurs qui sont particulièrement touchés puisque pratiquement interdit d’activité par exemple tout ce qui touche au tourisme, à l’hôtellerie, à la restauration , événementiel, voir un certains secteurs du transport. Dans les entreprises ,  stocks sont à reconstituer , encore que la production des fournisseurs reprenne. Certains achats ont pu être reportés, donc décalés dans le temps mais d’autres seront purement et simplement annulées entre parenthèses ( tourisme, restauration, événementiel) ou encore certains investissements aussi bien des entreprises que des particuliers. La crise sanitaire à évidemment provoqué une paralysie de l’offre une grande partie.

 

 La crainte c’est que maintenant excède une crise de la demande, en tout cas une réduction du fait des incertitudes qui tournent autour de l’avenir quant à la bague de défaillance d’entreprise et au licenciement qui vont l’accompagner. Les Français sont aussi inquiets de la détérioration de la situation financière globale dont il perçoit mal encore et pour cause les modalités d’amortissement mais qui pourrait d’une manière ou d’une autre se traduire par une diminution du pouvoir d’achat immédiat et où de l’épargne. D’où des records sur le livret A

( ou équivalent) de 500 milliards et autant sur les comptes courants. Les mesures d’encouragement du gouvernement à la consommation pourraient débloquer en partie la situation mais peut-être pas suffisamment créer une dynamique suffisante de la reprise. Il ne faut pas s’attendre à ce que les investissements prennent le relais.

 

. La formation brute de capitale fixe (FCBF/investissements) a plongé de 10,5% entre janvier et mars après +0,1% au dernier trimestre 2019. Les administrations publiques et les entreprises ont mis un coup d’arrêt à leurs investissements pendant cette première période de confinement, sachant que les dépenses des collectivités locales avaient déjà marqué le pas à l’approche des élections municipales.

Chez les ménages, la consommation, moteur très important de l’économie hexagonale, a également lourdement baissé (-5,3%) au cours du premier trimestre contre +0,3% au trimestre précédent. La baisse d’achats…

Crise économie française pire et plus rapide que prévue

Crise économie française pire et plus rapide que prévue

Plusieurs facteurs explicatifs permettent de comprendre le rythme et l’ampleur de la crise. D’abord plus de la moitié des salariés du privé ont été couverts par le chômage partiel ce qui a complètement masqué la réalité sous-emploi. Pendant presque deux mois l’économie a tourné à moins de 60 % de ses capacités. Certes la reprise s’amorce mais il y a encore de nombreuses difficultés d’approvisionnement tant dans l’industrie que dans les commerces. Une conséquence de la crise de l’offre qui a paralysé en grande partie la production. Maintenant c’est fort logiquement que la crise du chômage s’envole car l’heure n’est pas évidemment aux embauches sauf dans quelques secteurs très tendus mais plutôt au plan d’ajustement des effectifs ne serait-ce que pour amortir des coûts fixes alors que les recettes étaient très affaiblies voire nulles. Le pire des défaillances devrait être connu au cours du dernier trimestre 2020

Pour résumer , on pourrait connaître du deuxième trimestre une récession de 20 % et au total sur d’année une baisse de près de 10 % du PIB. Pendant presque deux mois l’économie a été en grande partie paralysée tout cas fonctionnait en mode réduit. La reprise aura forcément lieu mais elle sera sans doute plus progressive qu’on ne l’espérait. Comme indiqué un certain nombre d’experts notamment des États-Unis,  il faudra attendre au-delà de 2021 pour retrouver les niveaux de 2019.

 

Lundi, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, avait aussi affirmé que la période de déconfinement coûterait au moins trois points de PIB cette année.  »J’ai toujours indiqué que les 8% de chute de croissance étaient un chiffre provisoire (…) Il faut nous attendre à des chiffres de récession très dégradés pour 2020 en France », a commenté mercredi le ministre de l’Economie Bruno Le Maire sur Radio Classique.

 

« Il y a évidemment des secteurs qui sont particulièrement touchés puisque pratiquement interdit d’activité par exemple tout ce qui touche au tourisme, à l’hôtellerie, à la restauration , événementiel, voir un certains secteurs du transport. Dans les entreprises ,  stocks sont à reconstituer , encore que la production des fournisseurs reprenne. Certains achats ont pu être reportés, donc décalés dans le temps mais d’autres seront purement et simplement annulées entre parenthèses ( tourisme, restauration, événementiel) ou encore certains investissements aussi bien des entreprises que des particuliers. La crise sanitaire à évidemment provoqué une paralysie de l’offre une grande partie.

 

 La crainte c’est que maintenant excède une crise de la demande, en tout cas une réduction du fait des incertitudes qui tournent autour de l’avenir quant à la bague de défaillance d’entreprise et au licenciement qui vont l’accompagner. Les Français sont aussi inquiets de la détérioration de la situation financière globale dont il perçoit mal encore et pour cause les modalités d’amortissement mais qui pourrait d’une manière ou d’une autre se traduire par une diminution du pouvoir d’achat immédiat et où de l’épargne. D’où des records sur le livret A

( ou équivalent) de 500 milliards et autant sur les comptes courants. Les mesures d’encouragement du gouvernement à la consommation pourraient débloquer en partie la situation mais peut-être pas suffisamment créer une dynamique suffisante de la reprise. Il ne faut pas s’attendre à ce que les investissements prennent le relais.

 

. La formation brute de capitale fixe (FCBF/investissements) a plongé de 10,5% entre janvier et mars après +0,1% au dernier trimestre 2019. Les administrations publiques et les entreprises ont mis un coup d’arrêt à leurs investissements pendant cette première période de confinement, sachant que les dépenses des collectivités locales avaient déjà marqué le pas à l’approche des élections municipales.

Chez les ménages, la consommation, moteur très important de l’économie hexagonale, a également lourdement baissé (-5,3%) au cours du premier trimestre contre +0,3% au trimestre précédent. La baisse d’achats…

 

Bureaucratie: La suradministration française qui tue l’efficacité

Bureaucratie:  La suradministration française qui tue l’efficacité

 

Une histoire bien connue qui courre dans les ministères : » mettez un bureaucrate, seul dans un bureau, sans aucune affectation, ni tâche. Au bout de trois mois il va demander une secrétaire et trois mois après il demandera un adjoint etc. » Le processus même de reproduction de l’usine administrative française. Pourtant la France détient le record de prélèvements obligatoires, le record de dépenses sur le PIB  et pour des résultats souvent insuffisants y compris en matière de rémunération du personnel. La cause est connue, les superstructures et services inutiles absorbent une grande partie des fonds qui seraient nécessaires à financer les investissements et le personnel utile et qualifié. Ceci vaut évidemment au plan de l’État mais se répercute à tous les échelons administratifs y compris au niveau local.

 

Lors de la décentralisation, la première démarche des élus a en effet été se construire des hôtels, avec une administration d’y adjoindre des services qui finissent par tourner pour eux-mêmes en oubliant l’objet social pour lequel ils ont été créés. ( denier exemple en date: les agglos entre villes, départements et Etat). On objectera que tout cela crée de l’emploi mais des emplois mal rémunérés et dont l’utilité sociale est souvent douteuse. Et pour meubler leur vide existentiel ,certains s’évertuent à complexifier encore les procédures voire à en inventer

 

Même dans les plus petites communes l’une des premières mesures des élus locaux est de recruter ici un administratif, ici un cantonnier, ici un technicien. Ainsi est-on surpris dans  de très petites communes de disposer d’une véritable troupe de fonctionnaires, à plus grande échelle on peut parler d’armées.  La France ne manque pas nécessairement de moyens sauf dans des secteurs très tendus, elle, manque  surtout d’une juste affectation des moyens, d’une évaluation des performances et d’une décentralisation des responsabilités.

 

La dette publique française sans limite ?

La dette publique française sans limite ?

 

 

Aujourd’hui on aligne les milliards comme s’il en pleuvait. D’après le ministre de l’économie, les premières mesures prises pour soutenir la crise sanitaire représenteraient autour de 500 milliards. Il faudra y ajouter les 250 milliards de recettes fiscales qui vont manquer avec la baisse du PIB qui va diminuer de l’ordre de 10 %. Parallèlement la dette va augmenter de 20 %. L’addition est encore loin d’être terminée, elle le  sera en partie lorsqu’on aura examiné secteur par secteur les différents soutiens qui vont permettre de limiter les défaillances et les plans de licenciement. En tout état de cause ,ce sont des centaines et des centaines de milliards qu’il va falloir emprunter et qui vont venir s’ajouter à la charge de la dette, en outre qu’il faudra bien rembourser un jour ou l’autre. À moins d’être partisan d’une dette perpétuelle, illimitée voire non remboursable. Une possibilité évidemment à condition de n’avoir pas besoin à emprunter de nouveau car les prêteurs intégreront les nouvelles primes de risque dans les prêts accordés. Or la France ne peut pas vivre sans emprunt non seulement pour les investissements mais aussi pour son fonctionnement.

On peut aussi imaginer qu’on sollicite encore davantage la planche à billets augmenter la masse monétaire mais une masse monétaire complètement décalée de la richesse nationale et qui un jour ou l’autre se traduit par une inflation monstre qui se traduit concrètement par une baisse du pouvoir d’achat notamment des plus modestes, c’est-à-dire de ce qui consacre l’essentiel de leurs revenus à la consommation immédiate.Aujourd’hui la demande n’est pas assez forte pour  alimenter toute suite une inflation mais mécaniquement avec un réajustement des parités monétaires les coûts auront tendance à augmenter et les prix avec entraînant une dévalorisation de fête des pouvoir d’achat.

 

La suradministration française qui tue l’efficacité

La suradministration française qui tue l’efficacité

 

Une histoire bien connue qui courre dans les ministères : » mettez un bureaucrate, seul dans un bureau sans aucune affectation, ni tâche. Au bout de trois mois il va demander une secrétaire et trois mois après il demandera un adjoint etc. » Le processus même de reproduction de l’usine administrative française. Pourtant la France détient le record de prélèvements obligatoires, le record de dépenses sur le PIB  et pour des résultats souvent insuffisants y compris en matière de rémunération du personnel. La cause est connue les superstructures et services inutiles absorbent une grande partie des fonds qui seraient nécessaires à financer les investissements et le personnel utile et qualifié. Ceci vaut évidemment au plan de l’État mais se répercute à tous les échelons administratifs y compris au niveau local.

Lors de la décentralisation, la première démarche des élus a en effet été se construire des hôtels, avec une administration d’y adjoindre des services qui finissent par tourner pour eux-mêmes en oubliant l’objet social pour lequel ils ont été créés. ( denier exemple en date les agglos entre villes, départements et Etat). On objectera que tout cela crée de l’emploi mais des emplois mal rémunérés et dont l’utilité sociale et souvent douteuse. Et pour meubler leur vide existentiel certains s’évertuent à complexifier encore les procédures voire à en inventer

Même dans les plus petites communes l’une des premières mesures des élus locaux est de recruter ici un administratif, ici un cantonnier, ici un technicien. Ainsi est-on surpris dans  de très petites communes de disposer d’une véritable troupe de fonctionnaires, à plus grande échelle on peut parler d’armées.  La France ne manque pas nécessairement de moyens sauf dans des secteurs très tendus, elle, manque  surtout d’une juste affectation des moyens, d’une évaluation des performances et d’une décentralisation des responsabilités.

 

La dette française : autour de 120 %

La dette française : autour de 120 %

 

 

La dette d’un pays se calcule en valeur absolue mais surtout en pourcentage du PIB pour permettre des comparaisons avec les pays voisins. En faite,  on était proche avant la crise d’une dette ramenée à près de 100 % du PIB. Après le Coronavirus,  cette dette pourrait passer tour de 120 % du PIB . Deux raisons à cela. La première, c’est que les ressources fiscales auront tendance à se tasser nettement sous l’effet de la baisse de la croissance (autour 10 pour cent pour le ), la seconde c’est qu’il faudra dépenser bien davantage pour  financer la crise sanitaire , soutenir des entreprises et le pouvoir d’achat des ménages. Dans les hypothèses les plus optimistes on va perdre au moins 100 milliards de recettes fiscales, tandis que les mesures -dont beaucoup encore à l’étude –vont coûté 100 à 300 milliards pour  soutenir les entreprises et le pouvoir d’achat. La dette publique de la France devrait dépasser 115% du produit intérieur brut (PIB) à la fin de l’année en raison du poids des mesures pour faire face à la crise provoquée par l’épidémie de coronavirus, a dit le ministre de l’Action et des Comptes publics Gérald Darmanin dimanche sur RTL en gros il va falloir emprunter plusieurs centaines de milliards. Il s’agit de dette publique auquel il faudra ajouter des dettes privées dont certaines sont d’ailleurs garanties par l’État.

“La dette, c’est à la fois les dépenses que l’on fait, et on en fait beaucoup, et les recettes qu’on n’a pas. Dans cette crise il y a une sorte d’effet ciseau, vous dépensez plus et vous avez moins de recettes fiscales parce qu’il y a moins d’activité”, a-t-il déclaré au Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI.

“Ce sera plus que les 115% très certainement”, a-t-il ajouté, tout en répétant que le gouvernement n’avait pas l’intention d’augmenter les impôts pour réduire la dette. L’Insee a indiqué fin mars que la dette publique était ressortie à 98,1% du PIB en 2019, comme en 2018, mais que le déficit public était passé dans l’intervalle de 2,3% à 3%.

En avril, le gouvernement français a dit s’attendre à ce que les aides anti-crise coûtent 100 milliards d’euros, soit plus de 4% du PIB.

L’accès à un vaccin non négociable : la réaction française relève de la démagogie

  • L’accès à un vaccin non négociable :  la réaction française relève de la démagogie

La réaction française affirmant que l’accès à un vaccin contre le Coronavirus est non négociable relève purement et simplement de la démagogie . La plupart des traitements et des vaccins sont en effet soumis aux règles du marché organisé par les grandes firmes pharmaceutiques. Quelques progrès être fait pour  rendre plus accessible certaines thérapies (variole, sida etc.) reste cependant que les traitements sont soumis aux règles du marché. De toute manière, il n’existe que cinq ou six grandes firmes internationales capables de commercialiser à grande échelle traitements et vaccins ( et une cinquantaine d’usines capables de les produire dans le monde). Les pressions exercées sur Sanofi qui avait laissé entendre que le marché américain serait servi en priorité ne sert pas à grand-chose. D’abord Sanofi n’est pas vraiment une entreprise française, la majorité des capitaux ( comme ceux du CAC 40) appartient des investisseurs étrangers. Deuxièmement, Sanofi réalise un chiffre d’affaires aux États-Unis au moins cinq supérieur à celui de l’Europe. Dernière observation, les industries pharmaceutiques  se battent déjà sur les conditions de diffusion d’un vaccin alors que celui-ci est encore loin d’exister.

Certains le promettent pour fin 2020, d’autres pensent que la date de 2021 est plus raisonnable et l’OMS a même laissé entendre qu’on pourrait même ne jamais trouver de vaccin. La querelle engagée d’une part entre les industries pharmaceutiques, d’autre repart avec des gouvernements revêt donc un caractère assez surréaliste. Si l’on voulait réellement rendre un accès égalitaire aux traitement et vaccins fondamentaux, il conviendrait de remettre en cause la totalité  fonctionnement du marché des produits pharmaceutiques sachant que pour la plupart des consortiums internationaux sont indispensables pour disposer de la force de frappe tant en matière de recherche que de fabrication et de diffusion. Le concept de bien commun mondial concernant les thérapies évoquées par le premier ministre est illusoire en l’état actuel des conditions d’échanges.. La stratégie des grandes industries pharmaceutiques consiste à obtenir le maximum de subventions publiques sans contrepartie. Avec ses subventions et les investissements d’origine privée, les grandes industries agissent comme n’importe quelle autre entreprise ,  à savoir tirer maximum de profit et satisfaire les actionnaires

Dans une interview publiée mercredi par l’agence Bloomberg, Paul Hudson, directeur général du laboratoire français, a déclaré que les Etats-Unis seraient prioritaires dans la fourniture d’un éventuel vaccin. “Le gouvernement américain a le droit de prendre les plus grandes précommandes car il s’est investi dans la prise de risque” liée à la recherche et au développement de ce vaccin, a-t-il dit selon Bloomberg.

Cette déclaration a suscité l’émoi, notamment en France où le Premier ministre, Edouard Philippe, a indiqué sur Twitter que les vaccins qui seront trouvés contre le COVID-19 relèveront d’un “bien public mondial”. “L’égal accès de tous au vaccin n’est pas négociable”, a-t-il ajouté. “Je viens de le rappeler à Serge Weinberg qui préside Sanofi, cette grande entreprise profondément française. Il m’a donné toutes les assurances nécessaires quant à la distribution en France d’un éventuel vaccin Sanofi.”

Emmanuel Macron s’est quant à lui “ému” des déclarations de Paul Hudson, a fait savoir l’Elysée. Le chef de l’Etat recevra mardi à l’Elysée le directeur général de Sanofi, a par la suite annoncé la présidence de la République.

Interrogé dans la soirée sur France 2, Serge Weinberg a assuré que les propos de Paul Hudson avaient été déformés et que les Etats-Unis ne seraient prioritaires que pour un éventuel vaccin fabriqué dans les usines de Sanofi sur le territoire américain. “Je vais être extrêmement clair: il n’y aura aucune avance particulière d’aucun pays”, a dit le président de Sanofi, en assurant que la priorité accordée aux Etats-Unis concernerait uniquement “nos usines américaines, en aucun cas (…) nos usines françaises et européennes”.

“Nous mettons tout en œuvre (…) pour que l’ensemble des pays, pas uniquement les Etats-Unis, (…) soient servis en même temps”, a-t-il ajouté, en soulignant que les capacités de production de Sanofi étaient “beaucoup plus importantes en dehors des Etats-Unis qu’aux Etats-Unis”.

Interrogé sur l’éventuelle gratuité d’un tel vaccin en tant que bien commun, Serge Weinberg a répondu qu’il s’agissait d’un sujet “compliqué” en raison des investissements nécessaires mais qu’un éventuel vaccin, dont il envisage la production à partir de fin 2020 ou début 2021, serait “extrêmement accessible”.

Réagissant auparavant à la polémique, Paul Hudson s’est pour sa part déclaré jeudi convaincu que des progrès seraient accomplis dans la recherche d’un vaccin en collaboration avec la France, l’Allemagne et l’Europe, qu’il a néanmoins appelées à renforcer leurs capacités.

“Je fais campagne depuis des mois pour que l’Europe se prépare à affronter le COVID 19 (…) à renforcer ses capacités, à nous assurer que nous sommes prêts”, a-t-il déclaré, se disant désolé que ses remarques aient soulevé une telle polémique mais jugeant le débat nécessaire. “Ce que j’essaie de dire partout où je vais, c’est que les Etats-Unis ont la BARDA (l’Autorité américaine de recherche et de développement en biologie médicale avancée, NDLR), un organisme prenant de l’avance sur ces choses et qui collabore en amont avec le secteur pour s’assurer que tout soit prêt et que les capacités nécessaires sont renforcées”, a-t-il ajouté. Sanofi travaille actuellement à deux programmes de développement d’un vaccin contre le COVID-19, dont l’un en partenariat avec le britannique GlaxoSmithKline qui bénéficie du soutien financier de la BARDA, qui est rattachée au département américain de la Santé.

D’après un document consulté par Reuters, la Commission européenne réfléchit à mobiliser un fonds d’urgence de 2,4 milliards d’euros pour renforcer la capacité des laboratoires pharmaceutiques en Europe afin d’éviter que le bloc ne se retrouve démuni lorsqu’un vaccin contre le coronavirus aura été trouvé.

L’accès à un vaccin non négociable : la réaction française relève de la démagogie

L’accès à un vaccin non négociable :  la réaction française relève de la démagogie

La réaction française affirmant que l’accès à un vaccin contre le Coronavirus est non négociable relève purement et simplement de la démagogie . La plupart des traitements et des vaccins sont en effet soumis aux règles du marché organisé par les grandes firmes pharmaceutiques. Quelques progrès être fait pour  rendre plus accessible certaines thérapies (variole, sida etc.) reste cependant que les traitements sont soumis aux règles du marché. De toute manière, il n’existe que cinq ou six grandes firmes internationales capables de commercialiser à grande échelle traitements et vaccins ( et une cinquantaine d’usines capables de les produire dans le monde). Les pressions exercées sur Sanofi qui avait laissé entendre que le marché américain serait servi en priorité ne sert pas à grand-chose. D’abord Sanofi n’est pas vraiment une entreprise française, la majorité des capitaux ( comme ceux du CAC 40) appartient des investisseurs étrangers. Deuxièmement, Sanofi réalise un chiffre d’affaires aux États-Unis au moins cinq supérieur à celui de l’Europe. Dernière observation, les industries pharmaceutiques  se battent déjà sur les conditions de diffusion d’un vaccin alors que celui-ci est encore loin d’exister. Certains le promettent pour fin 2020, d’autres pensent que la date de 2021 est plus raisonnable et l’OMS a même laissé entendre qu’on pourrait même ne jamais trouver de vaccin. La querelle engagée d’une part entre les industries pharmaceutiques, d’autre repart avec des gouvernements revêt donc un caractère assez surréaliste. Si l’on voulait réellement rendre un accès égalitaire aux traitement et vaccins fondamentaux, il conviendrait de remettre en cause la totalité  fonctionnement du marché des produits pharmaceutiques sachant que pour la plupart des consortiums internationaux sont indispensables pour disposer de la force de frappe tant en matière de recherche que de fabrication et de diffusion. Le concept de bien commun mondial concernant les thérapies évoquées par le premier ministre est illusoire en l’état actuel des conditions d’échanges.. La stratégie des grandes industries pharmaceutiques consiste à obtenir le maximum de subventions publiques sans contrepartie. Avec ses subventions et les investissements d’origine privée, les grandes industries agissent comme n’importe quelle autre entreprise ,  à savoir tirer maximum de profit et satisfaire les actionnaires

Dans une interview publiée mercredi par l’agence Bloomberg, Paul Hudson, directeur général du laboratoire français, a déclaré que les Etats-Unis seraient prioritaires dans la fourniture d’un éventuel vaccin. “Le gouvernement américain a le droit de prendre les plus grandes précommandes car il s’est investi dans la prise de risque” liée à la recherche et au développement de ce vaccin, a-t-il dit selon Bloomberg.

Cette déclaration a suscité l’émoi, notamment en France où le Premier ministre, Edouard Philippe, a indiqué sur Twitter que les vaccins qui seront trouvés contre le COVID-19 relèveront d’un “bien public mondial”. “L’égal accès de tous au vaccin n’est pas négociable”, a-t-il ajouté. “Je viens de le rappeler à Serge Weinberg qui préside Sanofi, cette grande entreprise profondément française. Il m’a donné toutes les assurances nécessaires quant à la distribution en France d’un éventuel vaccin Sanofi.”

Emmanuel Macron s’est quant à lui “ému” des déclarations de Paul Hudson, a fait savoir l’Elysée. Le chef de l’Etat recevra mardi à l’Elysée le directeur général de Sanofi, a par la suite annoncé la présidence de la République.

Interrogé dans la soirée sur France 2, Serge Weinberg a assuré que les propos de Paul Hudson avaient été déformés et que les Etats-Unis ne seraient prioritaires que pour un éventuel vaccin fabriqué dans les usines de Sanofi sur le territoire américain. “Je vais être extrêmement clair: il n’y aura aucune avance particulière d’aucun pays”, a dit le président de Sanofi, en assurant que la priorité accordée aux Etats-Unis concernerait uniquement “nos usines américaines, en aucun cas (…) nos usines françaises et européennes”.

“Nous mettons tout en œuvre (…) pour que l’ensemble des pays, pas uniquement les Etats-Unis, (…) soient servis en même temps”, a-t-il ajouté, en soulignant que les capacités de production de Sanofi étaient “beaucoup plus importantes en dehors des Etats-Unis qu’aux Etats-Unis”.

Interrogé sur l’éventuelle gratuité d’un tel vaccin en tant que bien commun, Serge Weinberg a répondu qu’il s’agissait d’un sujet “compliqué” en raison des investissements nécessaires mais qu’un éventuel vaccin, dont il envisage la production à partir de fin 2020 ou début 2021, serait “extrêmement accessible”.

Réagissant auparavant à la polémique, Paul Hudson s’est pour sa part déclaré jeudi convaincu que des progrès seraient accomplis dans la recherche d’un vaccin en collaboration avec la France, l’Allemagne et l’Europe, qu’il a néanmoins appelées à renforcer leurs capacités.

“Je fais campagne depuis des mois pour que l’Europe se prépare à affronter le COVID 19 (…) à renforcer ses capacités, à nous assurer que nous sommes prêts”, a-t-il déclaré, se disant désolé que ses remarques aient soulevé une telle polémique mais jugeant le débat nécessaire.

“Ce que j’essaie de dire partout où je vais, c’est que les Etats-Unis ont la BARDA (l’Autorité américaine de recherche et de développement en biologie médicale avancée, NDLR), un organisme prenant de l’avance sur ces choses et qui collabore en amont avec le secteur pour s’assurer que tout soit prêt et que les capacités nécessaires sont renforcées”, a-t-il ajouté.

Sanofi travaille actuellement à deux programmes de développement d’un vaccin contre le COVID-19, dont l’un en partenariat avec le britannique GlaxoSmithKline qui bénéficie du soutien financier de la BARDA, qui est rattachée au département américain de la Santé.

D’après un document consulté par Reuters, la Commission européenne réfléchit à mobiliser un fonds d’urgence de 2,4 milliards d’euros pour renforcer la capacité des laboratoires pharmaceutiques en Europe afin d’éviter que le bloc ne se retrouve démuni lorsqu’un vaccin contre le coronavirus aura été trouvé.

Sauver l’industrie française

 

Sauver  l’industrie française

L’organisation professionnelle de l’industrie se saisit du coronavirus pour reposer la problématique du sauvetage de l’industrie ou ce ce qu’il en reste. France Industrie, l’organisation professionnelle représentative de l’industrie en France, tente d’anticiper au mieux l’après-crise pour l’industrie française en partenariat avec l’État, notamment avec la direction générale des entreprises (DGE). Elle réfléchit évidemment sur au moins trois étages de la fusée : l’un sur les enjeux de très court terme liés à la survie même des entreprises, l’autre sur les enjeux de moyen et long terme pour relancer l’industrie. Il serait temps tellement cette industrie est dans un état de délabrement comme en témoigne Sébastien Laye, entrepreneur dans le domaine des services financiers qui  souligne le sérieux retard que la France accuse sur le plan industriel. Un retard qui n’est pas lié au Coronavirus.

 

«La politique la plus ruineuse, la plus coûteuse, c’est celle d’être petit». Nous avons tous en mémoire cet adage gaullien alors que l’annonce de licenciements sur l’ancien site d’Alstom devenu General Electric – à la faveur d’un rachat controversé de la branche énergie par un géant américain lui-même en difficulté désormais – s’ajoute à la litanie de mauvaises nouvelles industrielles ce printemps: Ascoval avec un repreneur British Steel lui-même en difficulté, Whirlpool….

Car pour comprendre le désastre industriel français, il convient de revenir sur les erreurs stratégiques des pouvoirs publics français et de nos grands patrons, eux-mêmes issus du moule techno-politique via les grands corps. Nous devons à Serge Tchuruk dans les années 90, le patron de ce qui était alors Alcatel (depuis démantelé en de nombreuses entités), d’avoir théorisé chez nous le concept d’industrie sans usines, sans actifs, «asset-light»: une hérésie stratégique vite abandonnée par les Américains mais qui a perduré en France jusque dans les années 2000. Or notre monde économique actuel, loin d’avoir vu la disparition de la vieille industrie au profit d’une économie purement tertiaire et de services, est beaucoup plus complexe. En réalité nos économies sont devenues hyper industrielles, avec le logiciel ou les services à valeur ajoutée qui sont venus transformer l’usine d’antan. Les smart factories embarquent des compétences en informatique, robotique et automatisation en brouillant la frontière avec l’univers de la technologie et des GAFA. Ainsi, d’une certaine manière, l’industrie n’existe peut-être plus en tant que secteur autonome mais paradoxalement elle est omniprésente: même les acteurs des nouvelles technologies doivent déployer des plateformes industrielles et logistiques colossales, que ce soit Amazon ou Google avec ses data centers.

Alors que la puissance économique est avant tout une puissance industrielle, la France et victime d’un vrai décrochage industriel.

Les États-Unis ont compris depuis une dizaine d’années qu’un modèle économique uniquement orienté vers la consommation domestique est voué à l’échec: ce mouvement s’est accéléré sous le mandat Trump, qui a vu la création de 400 000 emplois manufacturiers. Par un subtil équilibre de baisses massives d’impôts (alors que les impôts sur la production obèrent toute rentabilité de nos usines.) et de menaces, Trump a obtenu de Softbank/Sprint, de GoPro ou encore d’Apple une relocalisation aux États-Unis de leur base manufacturière. Pfizer, Comcast, Boeing, notamment en rapatriant les profits offshores, investissent à nouveau dans leurs usines américaines. Les Américains ont supprimé en deux ans la moitié du code des réglementations pour créer de nouvelles usines ; les Chinois, avec un modèle moins libéral mais un État visionnaire, développent non seulement leur base industrielle mais sont aussi en train de réindustrialiser toute l’Asie par leur projet de nouvelle route de la soie, qui se traduit par de colossales infrastructures de transport.

Alors que la puissance économique est avant tout une puissance industrielle, comme en attestent la réindustrialisation de l’Amérique de Donald Trump ou les grandes réalisations chinoises, la France est victime d’un vrai décrochage industriel. Or développer la seule économie de services (petits boulots en chaîne) ou des start-up (peu intense en capital humain) ne permettra pas à la France de juguler le fléau du chômage et de la croissance molle. On ne peut qu’être sidéré par le manque de volontarisme des pouvoirs publics français en la matière, alors que notre génie industriel était la marque de fabrique de la France encore dans les années 1990 (il suffit de noter le rayonnement des produits de Schneider, Airbus, Alstom, Dassault, à cette époque) et que le complexe militaire, comme aux États-Unis, fournissait un excellent levier public pour le développement de l’industrie privée.

En 2018, la part de l’industrie dans la richesse nationale en France n’était plus que de 11 %, contre 17 % à la fin des années 1990, ce qui est le niveau actuel de la plupart des autres économies développées. À l’origine du déclin de l’industrie, on peut noter la détérioration générale de la compétitivité des entreprises françaises. Face à la concurrence mondiale, l’industrie française ne fait plus le poids dans certains secteurs. D’autre part, en quinze ans, alors que les ventes de biens ont augmenté de plus de 50 % sur nos territoires, notre production manufacturière… est restée au même niveau. Sans compter qu’au-delà des ventes de biens, les services à haute valeur ajoutée ont accru leur part dans notre PIB, et à ce niveau la domination des GAFA et autres entreprises technologiques étrangères a signifié d’irrémédiables pertes de marché: elles sont visibles dans les chiffres du déficit du commerce international, qui se creuse depuis notre plus haut point en 2004 ; non seulement nos entreprises ne produisent plus ce que les Français consomment, mais elles ne disposent pas des compétences et technologies clefs dont nos concitoyens ont besoin. Enfin, l’absence de fonds de pension entrave le développement de nos entreprises, empêchant le financement de l’innovation de long terme et poussant les plus grandes d’entre elles à abandonner leur base hexagonale.

Les conséquences de ces défaillances sont visibles: notre industrie est l’une des moins robotisées (126 robots pour 10 000 salariés contre 270 en Allemagne), les investissements dans les NTIC sont deux fois moins nombreux que dans le reste de la zone euro et trois fois moins nombreux qu’aux USA. Le très poussif basculement du CICE en baisse de charges, l’hypothétique baisse de l’IS promise à l’horizon 2022 et l’absence de baisse des impôts sur la production ne laissent pas augurer un redressement rapide de l’investissement privé. Il faut donc rapidement changer de braquet et promouvoir des partenariats publics-privés ancrés sur des dépenses d’investissement public (que Bruxelles doit mieux distinguer des dépenses de fonctionnement).

On est en droit de douter de la volonté du gouvernement actuel de redresser notre industrie.

Il convient en premier lieu de favoriser la montée en gamme de nos industries informatique, robotique et d’intelligence artificielle: cela passe par le redéploiement des interventions de la BPI trop centrées sur l’internet grand public, et par plus de précisions sur le plan d’investissement promis par Macron sur le quinquennat, qui pour l’instant inclut essentiellement des dépenses de fonctionnement dans l’éducation. La robotisation est aussi une opportunité pour notre industrie et souvenons-nous que les pays les plus robotisés sont aussi ceux où le chômage est le plus faible. Elle doit être couplée par un plan massif d’équipement 5G sur notre territoire, car ces nouveaux robots et objets doivent pouvoir communiquer, seul moyen de révéler le vrai potentiel de nos territoires.

On est en droit de douter de la volonté du gouvernement actuel de redresser notre industrie: clientélisme à l’égard d’autres secteurs, manichéisme économique simpliste (l’industrie c’est l’ancien monde, la start-up le nouveau qui doit aller de l’avant.), remise aux calendes grecques des mesures pour favoriser l’investissement et la modernisation: la survie politique plus que la vision stratégique semble servir de cap aux décisions économiques. À Bercy, nous avions déjà testé le manque de détermination, voire l’ambiguïté d’Emmanuel Macron sur ces sujets, lorsqu’il avait écarté hâtivement toutes les alternatives, notamment françaises, au rachat par General Electric. L’amateurisme actuel est si évident que Bercy version Lemaire n’a jamais lu les comptes du repreneur d’Ascoval, British Steel, en état de faillite théorique dès le rachat du site français….

Il est plus qu’urgent de rééquiper notre secteur industriel, afin de monter en gamme, de produire à nouveau sur notre territoire, de redevenir une machine à exporter et à créer des emplois. À défaut, toutes les réformes lancées par le pouvoir actuel, ne viendront jamais à bout de notre chômage structurel.

Economie française: une crise durable

Economie française: une crise durable

 

L’INSEE existe estime actuellement que l’économie est à moitié paralysée. Ce que confirme le nombre de chômeurs partiels qui dépassent maintenant 10 millions, soi t à peu près la moitié du nombre de salariés du privé. Il y a de toute évidence une crise de l’offre  puisque la production et la commercialisation est arrêtée dans de nombreux secteurs. Mais à cette crise de l’offre pourrait succéder une crise de la demande même après le déconfinement. On sait en effet que l’économie française repose essentiellement sur la consommation des ménages ; actuellement cette consommation des ménages et amputer de plus de 30 %. Les consommateurs se recentent sur les besoins vitaux . Sont notamment différées des dépenses relatives à des biens d’équipement et à des services .

La reprise sera forcément très progressive et exigera sans doute plusieurs mois. En effet après la crise sanitaire, viendra une énorme crise sociale découlant de la défaillance de nombre d’entreprises notamment des PME. Une situation susceptible d’affecter de manière sensible le pouvoir moyen d’achat des ménages et surtout de créer un climat d’incertitudes qui rendra les consommateurs très prudents en matière de dépenses.

Pour l’Insee, dans la mesure où la reprise de l’activité “ne sera a priori pas immédiate et sera probablement d’autant plus lente que la durée du confinement aura été importante”, l’impact global de cette quasi-paralysie de l’économie française sera “certainement supérieur” à l’estimation d’une perte de richesse nationale de trois points de produit intérieur brut (PIB) annuel par mois de confinement. En clair, la baisse de croissance pourrait dépasser notoirement les prévisions du gouvernement

Dans ses dernières prévisions – toujours susceptibles d’être revues – le gouvernement table sur une contraction de 8% de l’économie française cette année, une récession sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale.

Les enquêtes de conjoncture réalisées au mois d’avril confirment le décrochage de l’activité, ainsi que de la confiance des entreprises.

L’Insee signale une chute mensuelle record du climat des affaires, qui a atteint en avril un plus bas depuis le début de cette série statistique en 1980 et constate que les entreprises sont “unanimement pessimistes (…) en particulier (dans le secteur) de

pour redonner confiance aux acteurs économiques, les gouvernements et les institutions comptent sur une reprise en 2021. Mais une reprise qui pourrait ne pas être à la hauteur des espérances si l’ampleur des défaillance pèse sur le moral des acteurs économiques Pour l’Insee, malgré des pertes de revenus, le taux d’épargne global des ménages devrait grimper ponctuellement du fait de la baisse de la consommation pendant le confinement.

“Il y a une perspective (de rebond) dès lors que nous aurons ancré la confiance des ménages pour qu’ils utilisent cette épargne supplémentaire et (…) que nous saurons accompagner les entreprises” de façon plus sélective une fois la phase de choc passée, a observé François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France

Mais une inversion de l’arbitrage entre épargne et consommation – traditionnel moteur de la croissance de l’économie française – nécessitera une amélioration de la confiance des ménages à l’égard de la situation économique, fortement dépendante de la situation sanitaire.

“A l’incertitude sur le scénario sanitaire, qui n’augure pas d’un rebond économique rapide, s’ajoute donc l’incertitude sur le comportement des ménages et des entreprises dans ce contexte inédit”, note l’Insee.

Retour à la planification à la Française

 

 Retour à la planification à la Française ?

 

L’historien Philippe Mioche rappelle, dans une tribune au « Monde », que la planification mise en œuvre par Jean Monnet est un outil qui a bien fonctionné pour relancer l’économie après la seconde guerre mondiale.

Tribune.

 Des nationalisations sont envisagées par les pouvoirs publics. Afin de préparer l’après-crise, pourquoi ne pas penser aussi à la planification à la française ?

C’est dans une situation de grande urgence que Jean Monnet (1888-1979) a proposé au général de Gaulle, en décembre 1945, de créer ce qui va devenir le Commissariat général du Plan. Le général signe le décret quelques jours avant de quitter le gouvernement. Jean Monnet et sa petite équipe veulent établir des priorités en matière d’approvisionnements de matières premières, de biens alimentaires et d’importations d’équipements, essentiellement des Etats-Unis.

Dans un second temps, il s’agit de hiérarchiser les investissements à venir. L’ambition du plan de modernisation et de reconstruction de la France (1946-1952) est venue progressivement.

Le vocabulaire utilisé, Commissariat général du Plan, est une concession à l’ambiance de l’époque où le système soviétique est encore auréolé de la victoire. Mais le plan qui deviendra le « plan Monnet », n’est pas coercitif, il est indicatif. Il propose des directions pour engager la reconstruction et en même temps la modernisation du pays. Le plan n’a pas de bâton.

Mieux encore, l’adoption par les acteurs professionnels des mesures préconisées par le plan les abrite de la vague de nationalisations en cours. Le cas le plus flagrant est la sidérurgie qui, en adoptant le plan, n’est pas alors nationalisée. Sans bâton, le plan dispose d’une carotte avec les dollars du plan Marshall qui viendront financer les objectifs du plan.

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