Archive pour le Tag 'française'

Politique-Marx noyé dans le Coca-Cola par l’extrême gauche française

Politique-Marx noyé dans le Coca-Cola par l’extrême gauche française

 

 Abandonnant la tradition universaliste et le monde ouvrier, l’extrême gauche française a absorbé les idées d’outre-Atlantique. Si elle a tourné le dos à son antiaméricanisme, elle reste cependant fidèle à la méthode des purges soviétiques, estime l’Ancienne élève de l’École normale supérieure, Anne-Sophie Letac qui enseigne la géopolitique en classes préparatoires au lycée Lavoisier, à Paris dans le Figaro (extrait)

L’antiaméricanisme a servi de plus petit dénominateur commun à la gauche française depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Après les revendications «US go home» pour expulser les bases de l’OTAN, le gauchisme anticapitaliste de la fin des années soixante, l’extrême gauche a prédit la chute de l’empire américain, fustigé la mondialisation libérale impulsée par Reagan, accusé les Gafam de la plupart de nos malheurs.

Le système de valeurs américain a longtemps été perçu par la gauche française comme étranger à notre mode de vie, ultra-consumériste, obsédé par une transparence et un moralisme puritains.

Alors que la démocratie américaine se dissout à grande vitesse dans de puissants acides, débilité inéduquée des masses, sécession efficace des élites à travers les puissants réseaux d’alumni des grandes universités, sidérant recul des droits individuels et en particulier de ceux des femmes, revendications religieuses cherchant à saper la laïcité, Alt-Right contre Black Lives Matter , la gauche radicale française, longtemps hostile à tout ce qui venait d’outre-Atlantique, a adopté en bloc les mots d’ordre et les problématiques sociétales des États-Unis.

La gauche universaliste, en théorie plus proche des idéaux démocratiques américains, s’est progressivement fait dévorer par une extrême gauche qui a abandonné au Rassemblement national le monde ouvrier, sa culture et ses luttes pour se tourner vers les «quartiers populaires», les ghettos selon une expression et une réalité américaines, et pour défendre non plus une classe sociale avec ses valeurs, mais les victimes racisées d’un système, idée étrangère à la tradition de gauche française. C’est cette extrême gauche qui réussit le tour de force de porter un bon nombre de députés à l’Assemblée Nationale grâce à la plateforme Nupes (151 députés), et qui a désormais le pouvoir d’infléchir les débats et de voter des lois.

Comme si cette gauche s’était mondialisée et américanisée sans même s’en apercevoir et qu’elle se comportait comme une Internationale sur le modèle communiste, mais tournée vers une grande lumière à l’Ouest.

L’extrême gauche française calque dans une magistrale inversion de ses valeurs son modèle sur un pays qui a de moins en moins à voir avec le modèle français, ce qui change la tonalité du débat politique.

Il y a quelques semaines, la présidente du groupe Renaissance à l’Assemblée nationale, Aurore Bergé, prend la pose de la statue de la Liberté et demande l’inscription de l’IVG dans la Constitution parce qu’elle est talonnée par une extrême gauche mobilisée après l’arrêt de la Cour Suprême des États-Unis sur l’avortement. On peine à comprendre en quoi cet arrêt concerne la France, en tout cas pas plus que la déscolarisation des filles en Afghanistan qui menace réellement les banlieues françaises travaillées par l’islamisme radical.

Cette gauche s’est donc inscrite directement dans les luttes américaines, abandonnant tout esprit critique et plongeant dans un anachronisme et un anhistorisme débridés. La pensée d’extrême gauche s’aligne littéralement sur celle de la gauche universitaire américaine, réussissant ce que les États-Unis avaient échoué à faire durant la guerre froide, noyer Marx dans le Coca-Cola, comme si cette gauche s’était mondialisée et américanisée sans même s’en apercevoir et qu’elle se comportait comme une Internationale sur le modèle communiste, mais tournée vers une grande lumière à l’Ouest.

Mais la déconstruction déconstruisant in fine les déconstructeurs, un marxiste-léniniste restant fidèle à lui-même, des comités politiques internes et des commissions opaques fleurissent pour s’auto-juger et se purger mutuellement. Rassurons-nous, la méthode soviétique a de beaux restes chez l’extrême gauche noyée dans le soda.

Marx noyé dans le Coca-Cola par l’extrême gauche française

 Marx noyé dans le Coca-Cola par l’extrême gauche française

 

 Abandonnant la tradition universaliste et le monde ouvrier, l’extrême gauche française a absorbé les idées d’outre-Atlantique. Si elle a tourné le dos à son antiaméricanisme, elle reste cependant fidèle à la méthode des purges soviétiques, estime l’Ancienne élève de l’École normale supérieure, Anne-Sophie Letac qui enseigne la géopolitique en classes préparatoires au lycée Lavoisier, à Paris dans le Figaro (extrait)

L’antiaméricanisme a servi de plus petit dénominateur commun à la gauche française depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Après les revendications «US go home» pour expulser les bases de l’OTAN, le gauchisme anticapitaliste de la fin des années soixante, l’extrême gauche a prédit la chute de l’empire américain, fustigé la mondialisation libérale impulsée par Reagan, accusé les Gafam de la plupart de nos malheurs.

Le système de valeurs américain a longtemps été perçu par la gauche française comme étranger à notre mode de vie, ultra-consumériste, obsédé par une transparence et un moralisme puritains.

Alors que la démocratie américaine se dissout à grande vitesse dans de puissants acides, débilité inéduquée des masses, sécession efficace des élites à travers les puissants réseaux d’alumni des grandes universités, sidérant recul des droits individuels et en particulier de ceux des femmes, revendications religieuses cherchant à saper la laïcité, Alt-Right contre Black Lives Matter , la gauche radicale française, longtemps hostile à tout ce qui venait d’outre-Atlantique, a adopté en bloc les mots d’ordre et les problématiques sociétales des États-Unis.

La gauche universaliste, en théorie plus proche des idéaux démocratiques américains, s’est progressivement fait dévorer par une extrême gauche qui a abandonné au Rassemblement national le monde ouvrier, sa culture et ses luttes pour se tourner vers les «quartiers populaires», les ghettos selon une expression et une réalité américaines, et pour défendre non plus une classe sociale avec ses valeurs, mais les victimes racisées d’un système, idée étrangère à la tradition de gauche française. C’est cette extrême gauche qui réussit le tour de force de porter un bon nombre de députés à l’Assemblée Nationale grâce à la plateforme Nupes (151 députés), et qui a désormais le pouvoir d’infléchir les débats et de voter des lois.

Comme si cette gauche s’était mondialisée et américanisée sans même s’en apercevoir et qu’elle se comportait comme une Internationale sur le modèle communiste, mais tournée vers une grande lumière à l’Ouest.

L’extrême gauche française calque dans une magistrale inversion de ses valeurs son modèle sur un pays qui a de moins en moins à voir avec le modèle français, ce qui change la tonalité du débat politique.

Il y a quelques semaines, la présidente du groupe Renaissance à l’Assemblée nationale, Aurore Bergé, prend la pose de la statue de la Liberté et demande l’inscription de l’IVG dans la Constitution parce qu’elle est talonnée par une extrême gauche mobilisée après l’arrêt de la Cour Suprême des États-Unis sur l’avortement. On peine à comprendre en quoi cet arrêt concerne la France, en tout cas pas plus que la déscolarisation des filles en Afghanistan qui menace réellement les banlieues françaises travaillées par l’islamisme radical.

Cette gauche s’est donc inscrite directement dans les luttes américaines, abandonnant tout esprit critique et plongeant dans un anachronisme et un anhistorisme débridés. La pensée d’extrême gauche s’aligne littéralement sur celle de la gauche universitaire américaine, réussissant ce que les États-Unis avaient échoué à faire durant la guerre froide, noyer Marx dans le Coca-Cola, comme si cette gauche s’était mondialisée et américanisée sans même s’en apercevoir et qu’elle se comportait comme une Internationale sur le modèle communiste, mais tournée vers une grande lumière à l’Ouest.

Mais la déconstruction déconstruisant in fine les déconstructeurs, un marxiste-léniniste restant fidèle à lui-même, des comités politiques internes et des commissions opaques fleurissent pour s’auto-juger et se purger mutuellement. Rassurons-nous, la méthode soviétique a de beaux restes chez l’extrême gauche noyée dans le soda.


Croissance française: Léger mieux mais ralentissement en vue

Croissance française: Léger mieux mais ralentissement en vue

 

Vacances obligent la plupart des médias reprenne mot pour mot les propos du gouvernement et des institutions à son service pour parler d’un rebond de la croissance française. En réalité il s’agit d’une plantation de l’ordre de 0,5 % par rapport aux prévisions. Par ailleurs la tendance de la croissance se tasse et on s’attend à une croissance à peine supérieure à 1 % en 2023.

 

L’acquis de croissance, c’est-à-dire la progression du Produit intérieur brut (PIB) si la production se stabilisait au niveau de fin juin, de la France pour 2022 atteint désormais « 2,5 % à la fin du deuxième trimestre, au lieu de 1,9 % à l’issue du premier trimestre », détaille l’Insee. Cette révision vient donc conforter la prévision du gouvernement, qui pouvait sembler jusqu’ici un brin optimiste. Bercy table en effet justement pour cette année sur une croissance de 2,5 %, avant un repli à 1,4 % en 2023.

Cinq mois après l’invasion de la Russie en Ukraine, l’économie française a relativement bien résisté à la dégradation de la conjoncture européenne. Mais l’activité pourrait bien marquer le pas, compte tenu des incertitudes géopolitiques sur le Vieux Continent. En effet, l’enlisement du conflit en Ukraine pourrait bien faire des dégâts sur l’économie européenne déjà fragilisée par les multiples vagues de confinement.

Il y a quelques jours, le Fonds monétaire international (FMI) a révisé à la baisse ses prévisions économiques de 2022 pour l’Europe, passant de 2,8% au printemps à 2,6% actuellement. « L’économie mondiale fait face à des perspectives de plus en plus sombres et incertaines [...] Les trois grandes zones économiques – États-Unis, Chine et zone euro – sont au point mort », a indiqué Pierre-Olivier Gourinchas, l’économiste en chef de l’institution, lors d’un point presse.

La croissance française: Léger rebond mais ralentissement en vue

 

 

La croissance française: Léger rebond mais ralentissement en vue

Vacances obligent la plupart des médias reprenne mot pour mot les propos du gouvernement et des institutions à son service pour parler d’un rebond de la croissance française. En réalité il s’agit d’une plantation de l’ordre de 0,5 % par rapport aux prévisions. Par ailleurs la tendance de la croissance se tasse et on s’attend à une croissance à peine supérieure à 1 % en 2023.

 

L’acquis de croissance, c’est-à-dire la progression du Produit intérieur brut (PIB) si la production se stabilisait au niveau de fin juin, de la France pour 2022 atteint désormais « 2,5 % à la fin du deuxième trimestre, au lieu de 1,9 % à l’issue du premier trimestre », détaille l’Insee. Cette révision vient donc conforter la prévision du gouvernement, qui pouvait sembler jusqu’ici un brin optimiste. Bercy table en effet justement pour cette année sur une croissance de 2,5 %, avant un repli à 1,4 % en 2023.

Cinq mois après l’invasion de la Russie en Ukraine, l’économie française a relativement bien résisté à la dégradation de la conjoncture européenne. Mais l’activité pourrait bien marquer le pas, compte tenu des incertitudes géopolitiques sur le Vieux Continent. En effet, l’enlisement du conflit en Ukraine pourrait bien faire des dégâts sur l’économie européenne déjà fragilisée par les multiples vagues de confinement.

Il y a quelques jours, le Fonds monétaire international (FMI) a révisé à la baisse ses prévisions économiques de 2022 pour l’Europe, passant de 2,8% au printemps à 2,6% actuellement. « L’économie mondiale fait face à des perspectives de plus en plus sombres et incertaines [...] Les trois grandes zones économiques – États-Unis, Chine et zone euro – sont au point mort », a indiqué Pierre-Olivier Gourinchas, l’économiste en chef de l’institution, lors d’un point presse.

Rafle du Vél’d’Hiv :  » la honte française »

 Rafle du Vél’d’Hiv :  » la honte française »

 

Il y a quatre-vingts ans avait lieu la rafle du Vél’d’Hiv. Si plusieurs milliers d’enfants juifs furent arrêtés, certains réussirent de justesse à échapper à la déportation. Souvent grâce au courage exceptionnel de familles françaises quand d’autres, beaucoup d’autres ,se sont résignées voire pire ont participé au génocide en dénonçant leurs voisins. Le légitime souci d’union nationale après la guerre a  notoirement surestimé l’ampleur du mouvement de résistance mais ne peut faire oublier ce qui restera comme l’un des plus grands massacres de l’histoire.« Cet événement a fait d es survivants des sentinelles à vie », observe Nathalie Zajde, maîtresse de conférences en psychologie à l’université Paris-VIII.

 

Ce matin tôt du 16 juillet 1942, 10e arrondissement de Paris, les gendarmes ont frappé à la porte. Avant d’aller ouvrir, la mère d’Henri l’a caché sous le matelas de son lit en lui disant en yiddish : « Ne bouge pas ! Ne fais pas de bruit ! » Henri est resté figé ainsi plusieurs heures, mort de peur, osant à peine respirer, avant de sortir de sa cachette et d’aller frapper à la porte de la voisine, comme sa mère le lui avait recommandé. Il n’a jamais revu sa mère, ni son père d’ailleurs, arrêté quatorze mois plus tôt, en mai 1941. Henri est ce qu’on appelle un orphelin de la Shoah. Le 16 juillet, il avait 8 ans.

Annette, elle, n’avait que 6 ans. Quand la police a commencé à monter les étages, quand le bruit, les cris, les coups sur les portes ont débuté dans l’immeuble du 19e arrondissement, le père de famille a emmené sa femme et leurs deux enfants se glisser dans la cachette qu’il avait confectionnée sous le toit, près de la lucarne, en prévision de son arrestation. De là, ils ont vu les mères et les enfants de l’immeuble se faire embarquer. « C’est une image que je n’oublierai jamais, j’entends encore les cris des mamans et de leurs petits », confie Annette.

Ce jour-là, Marcel avait 5 ans. Quartier du Marais, « le Pletzl ». Il a été arrêté avec sa mère et son frère aîné. Le médecin du camp ayant diagnostiqué une maladie contagieuse, Marcel a été sorti pour être emmené à l’hôpital et, de là, exfiltré par une parente. Il est le rare survivant d’une famille nombreuse de juifs émigrés de Pologne. Comme Henri, Annette, Marcel, ils furent plusieurs milliers d’enfants parisiens à échapper de justesse à la fin tragique qui les attendait lors de la rafle des 16 et 17 juillet 1942.

Comment ces enfants miraculés ont-ils grandi, alors que les premières années de leur existence ont été marquées par des épisodes de frayeur, des scènes d’arrestation de leurs proches et la menace terrifiante liée à leur identité juive ? Qui devient-on quand, durant ses jeunes années de formation, au cours desquelles on apprend habituellement à devenir ce que les parents souhaitent que l’on soit, on est contraint de faire semblant, de devenir un bon chrétien du terroir alors qu’on est l’enfant de juifs émigrés ? Quelle sorte d’enfant est-on lorsque, dans la peur et la menace constantes, on a l’interdiction d’être juif et qu’on devient un étranger à sa propre identité, au point d’oublier la langue et la culture de ses parents ?

 

Et au lendemain de la Shoah, quel adolescent, quel adulte devient-on lorsqu’on apprend que la majorité de sa famille a disparu dans les camps nazis, dans une mort atroce et sans sépulture ? Comment grandit-on dans le pays qui vous a vomi et qui au lendemain de la Shoah fait comme si rien ne vous était arrivé ?

L’édition française dans les mains du réactionnaire Bolloré ?

L’édition française dans les mains du réactionnaire Bolloré ?

 

 

Quand on voit ce que Bolloré a fait de Cnews, une télévision complètement réac proche des thèses de Trump, il y a lieu de s’inquiéter du regroupement de l’ensemble de l’édition française envisagée par l’industriel. Maison mère d’Editis, Vivendi possède désormais plus de la moitié du groupe Lagardère, propriétaire d’Hachette. Cette acquisition annonce la naissance d’un mégagroupe d’édition, contrôlé par l’industriel Vincent Bolloré, qui inquiète au plus haut point un collectif de dirigeantes de maisons d’édition indépendantes.(Le Monde)

 

Il semblerait qu’un grand méchant loup s’apprête à dévorer la plus grosse part de l’édition française : c’est pour mieux nous aimer, nous dit-on, mieux défendre les auteurs, les libraires et tout l’écosystème de l’édition française… Comme chacun sait, Editis, deuxième groupe éditorial français et propriété de Vincent Bolloré, s’apprête à absorber Hachette, premier groupe français. [Depuis le 14 juin, le groupe Vivendi détient 57,35 % du groupe Lagardère, propriétaire notamment de la maison d’édition Hachette. Ce rachat n’a pas encore été approuvé par la Commission européenne.] Son idée ? Construire un mégagroupe, français et international, un géant de l’information capable de concurrencer Amazon et Google.

Si cette fusion avait lieu, qu’adviendrait-il de la diversité de l’édition française ? La situation parfois précaire des auteurs en serait-elle améliorée ? L’excellence de notre réseau de librairies en sortirait-elle renforcée ? Sans même mentionner la liberté de la presse ou l’indépendance éditoriale des maisons qui se trouveraient ainsi réunies dans ce mégagroupe… A ces questions, nous répondons non.

 

Plus encore que l’intuition féminine, notre expérience partagée d’éditrices indépendantes – nous fêtons, cette année, nos 20, 30 et 40 ans de métier – nous autorise à le déclarer haut et fort : une telle fusion affaiblirait considérablement la richesse, la diversité et le dynamisme du paysage éditorial français. Notre métier s’articule entre artisanat et industrie. Ce mégagroupe, tel qu’il se dessine aujourd’hui, romprait totalement l’équilibre du marché et mettrait en péril toute l’édition indépendante, car les répercussions d’une concentration jamais atteinte à ce jour, par sa taille et son ampleur, se feraient sentir sur l’ensemble de la chaîne du livre.Actuellement, les éditeurs indépendants sous-traitent leur diffusion-distribution à des entités tierces qui assurent leur présence sur le marché. Nous avons, aujourd’hui encore, le choix entre des interlocuteurs divers, ce qui nous permet de négocier nos contrats. Le projet d’acquisition réunirait, au sein d’une seule entité, les plates-formes de diffusion et de distribution d’Hachette et d’Editis, qui représenteraient plus de 50 % du marché. Quant à l’accès aux plus petits points de vente, il serait de facto à 100 % entre les mains du nouveau mégagroupe, une situation de monopole néfaste aussi bien pour les éditeurs que pour ces plus petits points de vente.

Côté librairies, ce mégagroupe représenterait 59 % de part de marché en littérature générale, 65 % en poche et 83 % en parascolaire, selon la société d’évaluation GfK, sans parler de son poids dans les meilleures ventes. Les librairies se trouveraient, dès lors, confrontées à une pression considérable de ce géant, qui tenterait forcément de leur dicter ses conditions : des remises moindres, privilégiant le quantitatif au qualitatif. En somme, tout le contraire de la loi Lang [de 1981, relative au prix du livre], qui rémunère d’abord l’aspect qualitatif du travail des libraires, notamment leurs conseils et leurs lectures – un travail chronophage qui permet à la diversité éditoriale d’exister. Cette pression serait délétère.

Croissance française: confirmation de la baisse

Croissance française:  confirmation de  la baisse

 

Du fait des différents chocs  que doit affronter la croissance française, l’acquis de croissance en 2023 sera réduit à peu près à zéro (seulement plus 0,4 % pour l’ensemble de l’année) . L’OFCE, après d’autres instituts,  revoit donc sa prévision de croissance pour cette année, tablant désormais sur +2,7 % contre +4,2 % espéré il y a quelques mois, du fait d’une crise qui ne se limite pas à l’énergie.

 

 

 

L’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) révise nettement à la baisse sa prévision de croissance pour la France cette année , mais note que les différentes mesures prises par l’exécutif pour amortir le choc des différentes crises ont permis d’atténuer ce sévère ralentissement.

Alors qu’il y a six mois l’activité économique était attendue en hausse de +4,2 % en 2022, désormais il ne faut plus tabler que sur +2,7 %, selon le centre de recherche. Dans le détail, la prévision intègre une croissance de +0,2 % au deuxième trimestre après la stagnation du premier trimestre, avant un rythme de +0,3 % pour les deux trimestres suivants. « La différence entre nos deux estimations à six mois de distance montre l’ampleur du choc subi par l’économie française. Par rapport à ce qui s’est passé lors de crises précédentes, on enregistre en réalité une multitude de chocs », souligne Mathieu Plane, économiste à l’OFCE.

Les mauvaises nouvelles n’ont en effet pas manqué ces derniers mois. La vague Omicron subie au début de l’année aurait eu un impact négatif de -0,1 % sur la croissance, selon l’OFCE, qui chiffre également les conséquences de la remontée des taux (-0,1 % de PIB), des ruptures de chaînes d’approvisionnement (-0,4 % de PIB) et des incertitudes et tensions géopolitiques (-0,5 %).

A cela, il faut bien entendu ajouter les effets de la flambée des prix de l’énergie, que ce soit le pétrole (-0,5 point) ou le gaz et l’électricité (-0,8 point). « Si l’on suppose que la situation d’avril 2022 va rester la même jusqu’à la fin de l’année, on s’attend à ce que les prix de l’énergie contribuent à accroître l’inflation au total de 4 points en 2022 (1,9 point en tenant compte des mesures de gouvernement), alors que ces produits représentent moins de 9 % de la consommation totale », souligne Mathieu Plane pour illustrer l’ampleur du problème.

En additionnant tout cela, ces différents chocs pourraient donc amputer la croissance française de 2,3 % de PIB cette année.

Croissance française: Très forte révision à la baisse

Croissance française:  Très forte révision à la baisse

 

Du fait des différents chocs  que doit affronter la croissance française, l’acquis de croissance en 2023 sera réduit à peu près à zéro (seulement plus 0,4 % pour l’ensemble de l’année) . L’OFCE revoit donc sa prévision de croissance pour cette année, tablant désormais sur +2,7 % contre +4,2 % espéré il y a quelques mois, du fait d’une crise qui ne se limite pas à l’énergie.

 

 

 

L’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) révise nettement à la baisse sa prévision de croissance pour la France cette année , mais note que les différentes mesures prises par l’exécutif pour amortir le choc des différentes crises ont permis d’atténuer ce sévère ralentissement.

Alors qu’il y a six mois l’activité économique était attendue en hausse de +4,2 % en 2022, désormais il ne faut plus tabler que sur +2,7 %, selon le centre de recherche. Dans le détail, la prévision intègre une croissance de +0,2 % au deuxième trimestre après la stagnation du premier trimestre, avant un rythme de +0,3 % pour les deux trimestres suivants. « La différence entre nos deux estimations à six mois de distance montre l’ampleur du choc subi par l’économie française. Par rapport à ce qui s’est passé lors de crises précédentes, on enregistre en réalité une multitude de chocs », souligne Mathieu Plane, économiste à l’OFCE.

Les mauvaises nouvelles n’ont en effet pas manqué ces derniers mois. La vague Omicron subie au début de l’année aurait eu un impact négatif de -0,1 % sur la croissance, selon l’OFCE, qui chiffre également les conséquences de la remontée des taux (-0,1 % de PIB), des ruptures de chaînes d’approvisionnement (-0,4 % de PIB) et des incertitudes et tensions géopolitiques (-0,5 %).

A cela, il faut bien entendu ajouter les effets de la flambée des prix de l’énergie, que ce soit le pétrole (-0,5 point) ou le gaz et l’électricité (-0,8 point). « Si l’on suppose que la situation d’avril 2022 va rester la même jusqu’à la fin de l’année, on s’attend à ce que les prix de l’énergie contribuent à accroître l’inflation au total de 4 points en 2022 (1,9 point en tenant compte des mesures de gouvernement), alors que ces produits représentent moins de 9 % de la consommation totale », souligne Mathieu Plane pour illustrer l’ampleur du problème.

En additionnant tout cela, ces différents chocs pourraient donc amputer la croissance française de 2,3 % de PIB cette année.

Retour des vieux crocodiles politiques : la malédiction française

Retour des vieux crocodiles politiques : la malédiction française

 

François Hollande le confie à l’Opinion : « 2027 se prépare dès 2022. » Que l’ancien Président socialiste veuille participer à la recomposition de son camp, « sur le plan des idées et sur celui de l’incarnation », nul ne s’en étonnera. Qu’il soit, à 67 ans, encore animé par un esprit de revanche, vis-à-vis du cambrioleur Macron et du détrousseur Mélenchon, personne ne le niera. Qu’il croie à cette fantasmagorie de « l’homme politique qui ne meurt jamais », qui le lui reprochera ? Tous ses prédécesseurs ont succombé à cette magie de la résurrection – Nicolas Sarkozy aussi, jusqu’à ce que son addiction au pouvoir, instrumentalisée par Emmanuel Macron, ne le pousse à se fâcher avec les militants de LR. Une tradition française…(un papier de l’Opinion)

Une malédiction française aussi, cette tentation du retour. Car dans un pays fracturé de toutes parts, nos chefs de l’Etat en retraite, mais aussi nos ténors fatigués par des combats présidentiels à répétition, devraient œuvrer sans relâche à la concorde nationale (comme aux Etats-Unis avant Donald Trump), s’éclipser pour favoriser la relève (en Grande-Bretagne), s’épanouir dans l’engagement non-partisan. Bref, servir d’une autre manière plutôt que sévir quoi qu’il en coûte. Au lieu de quoi, chez nous, le protocole républicain le dispute à la petite phrase assassine, le surplomb au plomb, la hauteur aux bassesses. Or n’en déplaise aux ex, ce trouble du come-back participe à la décomposition plus qu’il ne prépare la reconstruction : pas d’analyse de l’échec, pas de renouveau idéologique, pas de partage d’expérience…

Depuis la fin de la monarchie, l’histoire française n’offre que deux exemples de retours : Napoléon en 1815 après l’abdication de 1814 et Charles de Gaulle en 1958 après sa démission de 1946. Ces deux références écrasantes devraient suffire à dissuader les plus insistants.

L’économie française plus compétitive en Europe ?

L’économie française plus compétitive en Europe  ?

 

Depuis les politiques économiques mises en place sous François Hollande, nous sommes plus compétitifs que l’Allemagne, mais aussi que la Suède, l’Autriche, le Danemark, affirme  l’économiste Philippe Askenazy, dans sa chronique au « Monde ».

Article intéressant mais assez contradictoire sur la taxation du travail en France. La compétitivité ne dépend pas seulement de la fiscalité mais aussi de la productivité ; une productivité fortement secouée depuis les 35 heures. Sans parler de la productivité globale insuffisante de l’ensemble de la population active. NDLR

Chronique

L’existence dans toute l’Europe de règles complexes et hétérogènes en matière de prélèvements obligatoires rend peu pertinents les exercices de comparaison de cas types. Par ailleurs, les frontières du secteur privé et du secteur public varient selon les pays. D’où l’intérêt de la production par Eurostat (l’office statistique de la Commission européenne) de niveaux agrégés de taxation du travail.

Cet exercice a cependant ses limites. Par exemple, les fonctionnaires statutaires allemands bénéficient d’un régime spécial de retraite entièrement financé par la fiscalité. Ni ces fonctionnaires ni leurs employeurs publics ne payent de cotisation sociale retraite. L’Etat en France construit, lui, la fiction d’un système par répartition pour ses fonctionnaires : impôts et taxes financent des cotisations sociales employeurs et des salaires bruts ; puis l’Etat récupère sur ces salaires des cotisations sociales, et se verse à lui-même ses cotisations employeurs, le tout pour payer les pensions des fonctionnaires retraités. L’opération nette pour l’Etat est la même dans les deux systèmes, mais pour la France, sa fiction crée des contributions sociales salariés et employeurs qui sont alors considérées comme taxation du travail par Eurostat, gonflant le poids des taxes.

 

Restons toutefois sur les chiffres d’Eurostat récemment publiés. La dernière année disponible, 2020, confirme que la France conserve la première place dans la taxation du travail payée par les employeurs privés comme publics, à 12,4 % du produit intérieur brut (PIB). Elle inclut notamment les contributions sociales employeurs, et une kyrielle de dispositifs, taxe sur les salaires, sur les stock-options, ou encore, la contribution à la formation professionnelle. Le gouffre est abyssal avec l’Allemagne qui n’affiche qu’une taxation des employeurs sur le travail de 7,3 % du PIB. Les entreprises françaises trouvent là un argument de poids pour se plaindre de la trop forte taxation qu’elles subissent ainsi que de la perte de compétitivité associée, et pour exiger des réformes.

Toutefois, cet indicateur isolé n’a guère de pertinence. La France se distingue en effet de nombre de ses voisins par une clé de répartition des cotisations sociales relativement élevée pour les employeurs et faible pour les salariés. Nous ne sommes ainsi que quatorzième en matière de taxation du travail (y compris l’impôt sur les salaires) payée par les salariés. Or cette clé ne joue que marginalement sur la compétitivité, les incitations ou le pouvoir d’achat : le salarié regarde son salaire net quand l’employeur regarde le coût total où s’additionnent indistinctement les deux types de cotisations. Il convient également d’intégrer les travailleurs indépendants, car, là aussi, la frontière salarié-indépendant varie à travers l’Europe.

Crise démocratique française : La même qu’en Afrique ?

 Crise démocratique française : La même qu’en Afrique ?

Pour le journaliste béninois Francis Laloupo, « nous sommes entrés dans le cycle des revanches ».( « Le Monde »)

L’euphorie qui a accompagné les transitions démocratiques en Afrique a vécu. La mauvaise gouvernance, les crises économiques, les coups d’Etat militaires et constitutionnels ont mis à mal les fragiles édifices politiques nés il y a trente ans dans la foulée des conférences nationales. Sur le continent comme en Occident, les populismes prospèrent.

Mais, souligne Francis Laloupo, journaliste béninois, enseignant et auteur de Blues démocratique, Afrique 1990-2020 (éd. Karthala), ce malaise se nourrit aussi des crises qui touchent les vieilles démocraties. Un phénomène d’autant plus prégnant que les autocraties russes et chinoises ont, dans leurs échanges avec l’Afrique, également exporté leur modèle politique.

Pour la troisième fois en vingt ans, l’extrême droite se retrouve au second tour de l’élection présidentielle en France. Comment cette montée en puissance est-elle perçue en Afrique francophone ?

Francis Laloupo Les démocraties africaines émergentes ne peuvent que constater la fragilité des démocraties anciennes. La prise du Capitole par les partisans de Donald Trump en a été un bon exemple. La présence de Marine Le Pen au deuxième tour en est un autre. Mais, si le processus n’est jamais complètement achevé, la démocratie a montré qu’elle était aussi un système capable de dépasser les épreuves. Aux Etats-Unis comme en Europe, elle tient malgré les assauts des partis d’extrême droite. Les gens continuent de voter même si l’abstention reste forte.

Néanmoins, cette flambée populiste qui balaie le monde, des Etats-Unis au Brésil en passant par l’Europe, résonne aussi en Afrique. On s’inquiète pour les diasporas confrontées aux discours racistes, en France notamment. Mais il y a aussi, sur le continent, une fascination trouble à l’égard des discours d’extrême droite qui a tendance à renforcer les populismes émergents. On peut se dire que, puisque les Français se défendent contre l’étranger, nous, Africains, sommes également fondés à le faire, en particulier contre la France. Nous sommes entrés dans le cycle des revanches. Le repli sur soi que promeuvent les lepénistes et des zemmouriens légitiment le positionnement nationaliste des autorités maliennes actuelles et leur discours anti-français.

Les complexités de la nouvelle sociologie française

Les complexités de la nouvelle sociologie française

 

Aurélien Delpirou, géographe, maître de conférences à l’École d’urbanisme de Paris, détaché au secrétariat général du Club Ville Aménagement et Frédéric Gilli, statisticien-économiste, associé de l’agence Grand Public et professeur à l’Ecole urbaine de Sciences Po mettent en garde contre les caricatures sociologiques et géographiques de la France, au moment où un vrai déficit démocratique se fait jour avec la montée de l’abstention aux élections.( Le Monde) 

 

Tribune.

 

Après une pandémie mondiale, la guerre en Ukraine rappelle à nouveau l’urgence et l’ampleur des défis qui se posent au pays : crise écologique planétaire, exacerbation des concurrences économiques, accroissement des inégalités de tous ordres.

Face à ces enjeux, alors qu’elle se termine, la campagne pour l’élection présidentielle de 2022 est apparue bien rabougrie. Cette atrophie illustre à la fois la faiblesse des corpus théoriques mobilisés dans les appareils politiques et l’appauvrissement du débat public en France.

Alors que le pays s’enorgueillit d’une tradition d’exigence intellectuelle, alors que les mutations à l’œuvre exigent d’appréhender la France en Europe et dans le monde avec des grilles de lecture nouvelles et complexes, les candidats, gauche et droite confondues, se sont emparés paresseusement de caricatures sociologiques et géographiques pour construire leurs discours et leurs propositions. En écho, à quelques exceptions notables près, une large partie des grands médias se sont contentés de les relayer sans le moindre esprit critique, voire de les alimenter pour organiser des clashs stériles plutôt que de véritables débats contradictoires.

Ces vues d’avion en noir et blanc ont en commun d’envisager la France à travers de grandes catégories sociales, spatiales et culturelles supposées homogènes. D’un côté, la France d’en bas, « périphérique », selon l’expression de Christophe Guilluy, populaire, déclassée par la globalisation, réfractaire à l’écologie, mais enracinée dans un terroir et des valeurs ; de l’autre, la France « d’en haut », soit élitaire et enrichie par la mondialisation, soit cosmopolite et protégée par l’Etat, mais, dans tous les cas, « archipellisée », comme la décrit Jérôme Fourquet, par le nomadisme, la perte des repères et l’influence du wokisme !

Comme pris de mauvaise conscience ou d’une curiosité souvent empreinte de condescendance, certains journalistes parisiens, qui se voient tous appartenir à la seconde France, affluent depuis le début de la campagne vers la première ; on envoie jusqu’aux reporters de guerre pour tenter de voir le pays « en face » (Anne Nivat, La France de face, Fayard, 384 p., 22 euros). En retour, ceux qui osent mettre en doute ces récits sont taxés d’être aveuglés par le « réel » ou déconnectés du « peuple ».

Opposant grossièrement campagnes « oubliées » et banlieues « arrosées », métropoles « barbares » et villes moyennes « revanchardes », la plupart de ces analyses, produites sur la base de sondages ou d’essais vite écrits, sont en effet obsolètes, erronées et délétères. Elles occultent tous les acquis des sciences sociales qui montrent, au contraire, que la fragilité socio-économique traverse les territoires et que la France est désormais une mosaïque tissée serrée d’interdépendances, où villes et campagnes se confondent, où local et global s’entremêlent, où richesse et précarité se juxtaposent. Ce sont précisément ces nouvelles lignes de faille qu’il faudrait analyser avec justesse pour pouvoir les réparer avec délicatesse.

 

L’armée française dépendante d’avion Antonov

L’armée française dépendante d’avion Antonov

L’armée française comme d’autres en Europe est contrainte d’utiliser l’avion géant Antonov 124. En effet l’armée française ne dispose pas d’Airbus béluga précisément destinée à transporter des marchandises de grande taille. Les Airbus béluga sont en effet affecté au transport des pièces de matériel aérien.

Or on a eu en Ukraine la confirmation du rôle très stratégique de la logistique. En effet les Russes se sont empêtrés en territoire ukrainien et ont été privés de ravitaillement et de matériel stratégique.

Faute d’avion de transport militaire de capacité équivalente, l’armée française, comme la plupart des armées européennes, s’est longtemps reposée sur la location d’Antonov russes et ukrainiens pour ses grosses opérations militaires

Il serait sans doute temps remettre à plat la défense française sur le papier très puissant mais qui peine à prouver sur le terrain son efficacité comme au Mali où nous avons dû reculer devant une poignée de terroristes et une armée malienne d’opérette.

Une armée française obsolète (François Cornut-Gentille)

Une armée française obsolète (François Cornut-Gentille)

 

 

Un article intéressant qui attire l’attention sur l’insuffisance des moyens budgétaires. Une critique de nature quantitative qui ne saurait cependant faire l’impasse sur la nature qualitative de notre défense.

Faut-il rappeler que par exemple la puissante armée française a dû se replier assez lamentablement au Mali face à quelques extrémistes et à une armée d’opérettes malienne. Si l’on se réfère au conflit de l’Ukraine, on mesure combien les forces stratégiques traditionnelles sont encore indispensables. Pour preuve l’Ukraine a décidéede réinsérer la totalité des hommes mobilisables. Une question qu’il faudra bien se poser en France et auquel évidemment ne répond pas le farfelu service national qui ne concerne que quelques personnes. NDLR

Faute de débats sur les efforts budgétaires à consentir, mais aussi sur les programmes d’armement et les alliances stratégiques, notre défense est aujourd’hui dans une impasse, alerte dans une tribune au « Monde » le député (LR) de Haute-Marne, rapporteur spécial des crédits de la défense.

 

Tribune. 

Voilà des années que nous esquivons un véritable débat sur notre défense, qui devient de plus en plus nécessaire. Certes, depuis l’attaque menée en Ukraine par Vladimir Poutine, la défense est désormais au cœur de l’actualité. Quelques médias ont pointé les carences de nos armées. De leur côté, les principaux candidats à l’élection présidentielle se sont tous engagés à augmenter le budget des armées. Tout cela peut donner l’illusion d’une prise de conscience, tardive mais salutaire, des défis qui sont devant nous. L’idée rassurante s’impose qu’avec un peu de temps et quelques moyens supplémentaires, nous allons parvenir à remettre à niveau notre outil militaire.

La vérité est malheureusement beaucoup plus cruelle. Notre défense est aujourd’hui dans une triple impasse. Et l’effort que nous avons à fournir dans les années qui viennent n’est pas seulement budgétaire ; il est d’abord d’ordre intellectuel. Nous devons impérativement sortir de notre routine et de notre torpeur pour ouvrir sur notre défense les trois débats majeurs que nous n’avons que trop repoussés.

Le premier est d’ordre budgétaire. Avec 41 milliards d’euros, le budget de la « mission défense » est le second derrière celui de l’éducation nationale (55 milliards). Après des années de rigueur, François Hollande et Emmanuel Macron se félicitent d’avoir entrepris un redressement significatif. Ils disent vrai. Cependant leur discours réconfortant masque l’essentiel, car les difficultés sont devant nous et sont loin d’être négligeables.

Pour atteindre un budget de 50 milliards d’euros en 2025, la loi de programmation militaire a en effet prévu le franchissement de marches budgétaires de 3 milliards d’euros sur les trois prochains budgets. Même en période normale, le respect d’un tel engagement serait tout à fait inédit. Or, dans la situation budgétaire post-Covid, la crédibilité de cette trajectoire financière apparaît désormais extrêmement faible. En outre, la défense va se trouver en concurrence directe avec les besoins sociaux urgents exprimés depuis la crise des « gilets jaunes » et durant la campagne présidentielle (notamment sur l’hôpital). Enfin, pour bien comprendre le mur devant lequel nous nous trouvons, il faut ajouter que cet effort déjà difficilement atteignable est très en dessous de ce qu’il conviendrait de faire pour dissuader (ou combattre) un éventuel agresseur.

Cependant, en matière budgétaire, ce ne sont pas les annonces qui comptent, mais la continuité de l’effort quels que soient les aléas. Or, de ce point de vue, c’est très mal parti : ce sont en effet 300 millions d’euros de crédits militaires qui viennent d’être discrètement annulés pour financer les mesures de soutien à l’économie. Ainsi, au-delà des déclarations ambitieuses, il n’est pas certain que nous soyons réellement déterminés à faire de notre défense une priorité. Telle est la première question désagréable qu’il nous faut regarder en face : concrètement, jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour assurer notre sécurité ?

Vers une nouvelle industrie française ?

Vers une  nouvelle industrie française ?

 

Un article intéressant mais qui fait peut-être un peu vite l’impasse sur l’industrie classique. En effet nos exportations par exemple reposent encore essentiellement sur des industries comme le matériel de transport (Industrie aérienne, navale, ferroviaire et routière) ou les travaux publics.

OPINION.

 

Le constat de la désindustrialisation sur les dernières décennies est sans appel. Près de deux millions d’emplois perdus entre 1980 et 2007, soit 36% des effectifs ! Par Laurent Laporte, CEO et cofondateur de Braincube.

 

La part des emplois industriels baisse logiquement dans l’emploi total, de 23,2% en 1995 à 17,9% en 2013, ce qui accompagne la baisse de la part de production au sein du PIB, de 13,3% en 2005 à 11,3% en 2013. Entreprises françaises et étrangères ont fait le choix, contraint ou encouragé, d’aller chercher ailleurs à l’étranger les possibilités de survivre et dans un environnement de plus en plus concurrentiel avec un enjeu de très forte compétitivité.

Cette mutation appartient déjà au monde d’hier, ce que nous ou nos enfants avons vécu des années 80 jusqu’à la crise de 2008 et ses conséquences est derrière nous pour des raisons structurelles. Et la crise du coronavirus a rappelé la nécessité d’un changement de paradigme radical, tant pour les consommateurs en France que pour nos entreprises. Dans ce contexte macro-économique, pour ne pas dire aussi de plus en plus géopolitique, la transformation industrielle est tributaire de nombreuses idées reçues, qu’elles soient optimistes ou pessimistes, il semble important de proposer une proposition alternative.

Trop souvent le poncif de la disparition définitive de l’industrie française revient comme un leitmotiv, le caractère français si prompt à l’autocritique exagère sans doute cette tendance, les chiffres proposés en guise de contexte témoignent de ce que ce déclassement, s’il est important et indéniable, n’efface pas nos nombreux atouts historiques. Dans le même temps, on entend fanfaronner cette musique certes bien agréable à entendre, sur le retour de l’industrie, avec des élans nostalgiques, fantaisistes.

C’est-à-dire que les bouts d’industrie que l’on retrouve ces dernières années sur le territoire, ne reviennent pas comme ils sont partis. Ce ne sont pas les mêmes industries qui reviennent, d’abord parce que les époques ou industries ne sont pas les mêmes. Quand Trendeo indique qu’il y aurait eu davantage de relocalisations d’usines que de fermeture en 2021, ce ne sont pas des relocalisations comme on pourrait l’entendre, mais le plus souvent des nouvelles structures avec des outils nouveaux, et tant mieux.

En effet l’enjeu de l’industrie française, et c’est ma conviction, de l’économie française dans son ensemble, ce n’est justement pas de réfléchir en termes de relocalisation au sens physique de l’appareil industriel français, mais de considérer que l’avenir sera une consolidation de l’existant et la création ex nihilo d’industries. comment l’internet industriel et la transformation, bien amorcée et qui continue, peuvent renouveler notre industrie et par là même entraîner le reste de l’économie avec elle.

Car si le nombre d’emplois industriels créés peut sembler faible, et si la taille des structures n’a plus rien à voir avec les usines de nos parents et grands-parents, il s’agit d’intégrer sa valeur ajoutée et sa compétitivité par rapport à la rude concurrence : excellence technologique, durabilité, autonomie, efficience énergétique…

Les 10 commandements pour l’industrie de demain

Aux 20% des entreprises du secteur qui envisagent de construire un site de production en France, et surtout à toutes les autres, voici quelques clés quelques clés à intégrer dans sa réflexion pour réussir son projet industriel :

  • réindustrialiser c’est transformer les outils industriels existants et créer ex nihilo ;
  • régionaliser votre industrie pour être au plus près des besoins et infrastructures ;
  • revaloriser les métiers industriels via des projets locaux utiles et harmonieux ;
  • aligner stratégiquement la politique de subvention et une vision à moyen terme ;
  • défendre que les aides tendent vers une intégration industrielle 100% française ;
  • évoluer vers une taille humaine, localement, à proximité des lieux de vie ;
  • augmenter vos équipes grâce à la technologie, l’humain sera toujours au centre ;
  • privilégier la montée en gamme plutôt que la question du simple coût du travail ;
  • mettre un terme aux projets archaïques et superficiels de délocalisation générale ;
  • maintenir le leadership sur nos forces et non se disperser sur tous les combats.

Sortir de l’ancien régime industriel, parler d’une nouvelle révolution industrielle, c’est véritablement intégrer la mort de l’ancienne industrie et la naissance d’une nouvelle. Ce n’est donc pas une renaissance à proprement parler, mais une vie différente, nouvelle. Les discours corporate ou politiques qui négligent ces faits et promettent un retour en arrière ne permettent pas vraiment de projeter notre société là où il faudrait. Car les atouts sont nombreux, la tendance est encourageante, les perspectives sont réalistes et positives. Résolument, sans nostalgie : l’industrie est morte, vive la nouvelle industrie française !

Crise ukrainienne et croissance française : une évaluation au doigt mouillé de l’INSEE

Crise ukrainienne et croissance française : une évaluation au doigt mouillé de l’INSEE

 

La bataille des instituts proches du gouvernement est lancée pour minimiser les conséquences économiques de la crise ukrainienne notamment en matière d’inflation et de croissance. Ainsi c’est au doigt mouillé que l’INSEE, après la Banque de France, s’efforce de convaincre que les conséquences seront assez faibles pour la France et même plus faibles que pour la plupart des autres pays européens. Ainsi initialement le gouvernement avait retenu une prévision de croissance de 4 %. L’INSEE considère que la guerre en Ukraine va abaisser la croissance d’un pour cent.L’enjeu évidemment est de convaincre du contrôle de l’inflation afin de ne pas provoquer un réajustement des revenus, des salaires et autres pensions.

L’Insee maintient ainsi sa prévision d’une croissance de 0,3% du PIB au premier trimestre, malgré le choc de guerre en Ukraine et la hausse des prix. En février, le glissement sur un an des prix à la consommation a atteint 3,6%. «Il aurait été de l’ordre de 5% sans le ‘‘bouclier tarifaire’’ sur les tarifs réglementés de vente du gaz et de l’électricité», précise l’institut statistique. En mars, dans un scénario où le pétrole se stabiliserait autour de 125 dollars le baril, l’inflation dépasserait 4% sur un an, l’explosion des prix de l’énergie expliquant la moitié de la hausse. D’avril à juin, elle pourrait culminer à 4,5%.

L’inflation rogne le pouvoir d’achat des ménages qui baisserait de 1,4% au premier trimestre, mais cela ne provoquera qu’un un recul de 0,5% de la consommation selon l’institut !

Les enquêtes de conjoncture, réalisées entre le 25 février et le 14 mars, dévoilent cependant une baisse de 20 points des soldes d’opinion des patrons sur les perspectives générales et personnelles d’activité dans l’industrie, particulièrement marqué dans le secteur du transport.

La croissance sera, bien sûr, affectée par la guerre en Ukraine. «Si les prix des importations d’énergie se maintiennent au niveau de début mars, un tel renchérissement des matières premières affecterait le PIB français d’environ un point en 2022», a détaillé Olivier Simon, chef de la division synthèse conjoncturelle de l’Insee. Le gouvernement table toujours sur une croissance de 4%. La Banque de France s’est avancée dimanche sur un chiffre de progression du PIB de 2,8% sur l’année, dans un scénario où les prix resteraient durablement élevés.

 

Le coût du retrait de l’économie française en Russie

Le coût du retrait de l’économie française en Russie

 

La France est le troisième investisseur étranger en Russie, derrière l’Allemagne et le Royaume-Uni, rappelle le consultant en stratégie-finance Michel Noiry dans une tribune au « Monde ». Il estime qu’un départ ne pourrait se faire qu’au prix d’une « casse monumentale ».

 

 

Tribune. 

 

 

Depuis la disparition de l’Union soviétique, même si le cadre juridique est instable, la Russie présente les caractéristiques d’une économie libérale, plutôt ouverte aux investissements étrangers. Telle que définie par les lois de 1999 et de 2008, la liberté d’établissement est, en règle générale, garantie. La prise de participation majoritaire au capital d’une entreprise locale est autorisée.

Seules demeurent des obligations de déclaration auprès de la Banque de Russie, ainsi que des demandes d’autorisation spécifiques auprès de la commission de contrôle des investissements étrangers, nécessaires pour les investissements étrangers dans certains secteurs stratégiques comme les ressources naturelles, l’énergie, les transports, les communications et l’industrie de défense.

 

Par ailleurs, une loi de 2015 limite la propriété étrangère des médias russes à 20 %. Les flux d’investissements étrangers en Russie sont très significatifs. Ils ont atteint un sommet de 68 milliards d’euros en 2008 pour se stabiliser autour de 30 milliards d’euros par an (par comparaison, la France attire en moyenne environ 25 milliards d’euros par an). Plombés par la crise sanitaire, ils ont chuté de 95 % en 2020, à 1,4 milliard d’euros, contre 29 milliards d’euros en 2019.

Le stock d’investissements étrangers en Russie était de 441 milliards d’euros en 2017. A cette époque, la France était le troisième investisseur étranger, derrière l’Allemagne et le Royaume-Uni. A noter que les positions s’équilibrent presque si l’on considère que, pour sa part, la Russie investit également à l’étranger (36,8 milliards d’euros en 2017) et détient un stock d’investissements de l’ordre de 380 milliards d’euros (valeur 2017).

Selon le ministère de l’économie, plus de 500 entreprises françaises (dont 35 groupes du CAC 40) opèrent en Russie. En 2020, malgré le COVID, les exportations françaises vers la Russie ont atteint 5,2 milliards d’euros, faisant de la Russie le septième marché extérieur de la France, hors Union européenne.

 

Parmi les grands noms de l’économie française présents en Russie, on note des sociétés comme Auchan (39 000 employés, 277 magasins), Leroy Merlin (35 000 employés, 107 magasins, 1,3 milliard d’euros d’investissements), Danone (9 000 employés, 15 usines, 2,5 milliards d’euros d’investissements), Saint-Gobain (2 000 employés, 9 sites de production, 0,5 milliard d’euros d’investissement), LVMH (4 000 employés, 140 magasins), Société générale (2,1 milliards d’euros d’investissement, une filiale, Rosbank, dont les activités représentent, en 2021, 2,8 % du produit net bancaire et 2,7 % du résultat net de la banque), Schneider Electric (8 000 employés, 5 usines, 1 milliard d’euros d’investissements) et Total (9 milliards d’euros d’investissements, 1 usine de production et plusieurs participations dans des grands projets d’infrastructure).

La guerre d’Ukraine va paralyser la campagne électorale française

La guerre d’Ukraine va paralyser la campagne électorale française

 

La campagne électorale française court le risque d’être complètement étouffée par la situation de guerre en Ukraine. La guerre déclenchée par Poutine est en effet susceptible d’éliminer pratiquement tout autre sujet d’ici le 10 avril. Cette situation conflictuelle dangereuse pour toute l’Europe réclame nécessairement une certaine unité nationale qui va profiter au candidat président. En outre , certains candidats très complaisants vis-à-vis de Poutine pourraient faire les frais de leur prise de position antérieure.

On voit mal dans ce contexte guerrier, quelles perspectives alternatives pourraient être portées par un autre candidat aux présidentielles.

Le scénario possible et inédit pourrait être celui d’une élection présidentielle privée de débat et de campagne.

Dans ces conditions, Emmanuel Macron pourrait largement profiter électoralement de cette situation

 

 

Ukraine: : l’armée française pas prête !

 

Ukraine: : l’armée française pas prête !

Au moment où le conflit en Ukraine s’étend sans qu’on puisse prédire exactement quelles seront les conséquences territoriales en Europe, il est plus que temps de s’interroger sur la capacité de l’armée française à faire face à un éventuel danger du type de celui qu’affronte l’Ukraine. La réponse est claire l’armée française n’est pas prête. C’est un rapport parlementaire récent qui l’affirme , les forces armées françaises, pourtant supérieures à celles des autres pays européens, n’auraient pas les moyens de soutenir dans la durée une guerre conventionnelle de haute intensité, comme celle en cours en Ukraine.

En cause, il y a une in suffisance de financement de la politique de défense depuis des années mais sans doute aussi des erreurs stratégiques. De ce point de vue on a sans doute trop laisser les militaires décider de nos orientations. Le tout technologique a montré ses limites car les guerres récentes se livrent aussi sur le terrain. On aura sans doute d’ailleurs l’occasion de vérifier que l’enjeu de la guerre d’Ukraine concernera surtout la guérilla urbaine notamment dans la capitale .

Autre élément d’appréciation , la reculade honteuse de la force barkhane au Mali où la France n’est capable d’aligner que 5000 militaires dans un territoire grand comme l’Europe. La question est donc à la fois quantitative et qualitative. Elle mérite pour le moins un  débat élargi. Pour preuve les différents experts, les militaires qui défilent sur des chaînes de télévision ne sont guère éclairant sur les scénarios d’avenir en Ukraine et sur les conséquences en matière de défense pour la France et l’Europe. Ces insuffisances ont été en partie relevée dans un rapport parlementaire. Après avoir procédé à plus de 50 auditions en commissions, les députés Jean-Louis Thiériot (LR) et Patricia Mirallès (LREM) ont dressé le 17 février un tableau des forces – et des nombreuses faiblesses -, de l’armée française en cas de guerre conventionnelle de grande ampleur, comme celle en cours en Ukraine .

La conclusion est plutôt préoccupante. « La France et ses voisins européens font face ensemble à un risque de déclassement stratégique », estiment les deux rapporteurs, tout en soulignant « les solides atouts » dont dispose notre pays. Pour éviter cela, un gros effort supplémentaire, de 40 à 60 milliards d’euros sur 12 ans serait nécessaire, estime les députés, sachant que le budget des armées en 2022 est déjà de 41 milliards d’euros.

Le Mali traduit l’impuissance française en Afrique

Le Mali traduit l’impuissance française en Afrique

La succession d’échecs militaires et diplomatiques dans la région devrait conduire à un retrait des troupes françaises du Mali. Ce pourrait être, selon le politiste Marc-Antoine Pérouse de Montclos, l’occasion de relancer une relation avec le continent sur des bases plus saines.(Le Monde)

 

Tribune.

Rien ne va plus au Sahel. Entre deux coups d’Etat et attaques djihadistes, les jeux semblent faits, et l’Elysée pourrait bientôt annoncer son désengagement militaire du Mali ( c’est fait depuis hier NDLR) d’où l’ambassadeur de France vient d’être expulsé sans ménagement. A sa manière, le Sahel s’est ainsi imposé dans la campagne présidentielle en mettant en évidence toute l’impuissance de l’ancienne puissance coloniale en Afrique.

Au départ, pourtant, le président François Hollande avait vu dans la crise malienne un moyen d’affirmer le rôle de la France à l’international en y intervenant en janvier 2013. A l’époque, les soldats de l’opération « Serval » étaient, en effet, partis « sauver le monde » de la barbarie djihadiste et rassurer les partenaires européens qui s’inquiétaient de la pression migratoire contre les rivages de la Méditerranée. Pour une fois, le déploiement de l’armée française avait aussi l’assentiment des Etats africains, car il semblait rompre avec la logique des précédentes interventions visant à soutenir des régimes alliés et autoritaires, telle l’opération « Epervier », au Tchad, de 1986 à 2014.

Après un bref moment d’hésitation, le président Emmanuel Macron s’est vite résolu à poursuivre l’œuvre de son prédécesseur. L’opération « Barkhane », qui avait pris le relais de « Serval » en 2014, devait à son tour lui servir à conforter son statut de chef d’Etat à l’international. De l’aveu même d’une note de son équipe de campagne datant de 2017, diffusée par Wikileaks et rapportée par le chercheur Florent Pouponneau [dans la revue Culture et Conflits n° 118, « Les Territoires du secret », L’Harmattan, 2021], l’idée était notamment d’utiliser l’engagement au Sahel pour développer les capacités de combat de l’armée française : « Une source de prestige par rapport à ses homologues occidentales. »

Mais la dure réalité du terrain est bientôt venue contrecarrer les ambitions de l’ancienne puissance coloniale. Les échecs se sont multipliés, tant au niveau militaire que diplomatique et politique. Dans la zone dite « des trois frontières » [entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger], d’abord, les soldats de l’opération « Barkhane » ne sont pas parvenus à endiguer l’extension des violences vers le sud, en direction de la Côte d’Ivoire, où les intérêts économiques de la France sont autrement plus importants.

L’ancienne puissance coloniale, qui plus est, a beaucoup perdu en influence. Après s’être vantée d’avoir restauré une démocratie parlementaire au Mali en 2013, elle n’a pas réussi à empêcher des coups d’Etat à répétition… tout en étant toujours accusée par les Sahéliens de faire et défaire les gouvernements de la région.

 

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