Archive pour le Tag 'française'

Croissance française : une baisse de 9% en 2020

Croissance française : une baisse de 9% en 2020

Cela  pourrait est pire essayent  de se assurer nombre  d’institutions qui tentent d’insuffler un peu d’optimisme dans ce climat de grande incertitude. Ainsi par exemple l’INSEE annonce une hausse du PIB de 6 % environ en 2021 puis de 3 % en 2022 sans doute pour compenser la prévision d’une baisse de 9 % de la croissance pour l’ensemble de l’année 2020.

Rien n’est sûr évidemment dans ses prévisions pour 2021 et 2022 car la tendances pour partie imputable à la crise sanitaire est très mauvaise en cette fin 2020.  Selon le dernier point de conjoncture de l’Insee publié ce mercredi 2 décembre, le produit intérieur brut (PIB) devrait reculer de 9% en 2020, soit un niveau inédit depuis la Seconde Guerre mondiale. Après la catastrophe du printemps et une saison estivale au beau fixe, le dernier trimestre s’annonce morose. En effet, la recrudescence du virus et la saturation des hôpitaux ont obligé le gouvernement à mettre en œuvre de nouvelles mesures de restriction pour endiguer la propagation de cette maladie.

Si la baisse du nombre de contaminations et les annonces relatives au vaccin ont apporté des lueurs d’espoir dans les milieux économiques et ont fait frémir les marchés boursiers, la dégradation des indicateurs au dernier trimestre et la montée du chômage vont certainement peser sur les capacités de rebond de l’économie tricolore en 2021. Le gouvernement, qui avait prévu de mettre en œuvre rapidement son plan de relance, a dû annoncer une nouvelle salve de mesures d’urgence. Il y a fort à parier que la période la plus difficile à passer sera le premier semestre 2021.

Une DS4 « française » construite en Allemagne

Une DS4 « française » construite en Allemagne

Cette nouvelle berline de luxe, sera fabriquée à Russelsheim (Allemagne) dans l’usine historique d’Opel rachetée il y a trois ans par PSA et viendra rejoindre la grande DS9, commercialisée également à partir de 2021, et les SUV DS7 Crossback et DS3 Crossback, lancés respectivement en 2018 et 2019, a annoncé mercredi la directrice générale de la marque Béatrice Foucher au cours d’une conférence organisée en ligne pour cause de coronavirus.

La DS9 est importée de Chine tandis que les DS7 et DS3 sont fabriquées en France.

“Espérons que la DS4 va naître sous une bonne étoile, l’activité économique sera j’espère plus florissante en 2021 qu’elle ne l’a été en 2020”, a dit Béatrice Foucher.

“D’une manière générale, l’industrie automobile ne peut pas s’arrêter de lancer des voitures (…) on n’arrête pas un projet véhicule en toute fin de conception à cause de la Covid.”

À raison d’un nouveau lancement par an, DS vise toujours un plan produit à six modèles pour asseoir son existence sur un segment ultra-dominé par les Allemands.

Lancée en 2009 comme une déclinaison haut de gamme de Citroën, puis devenue une marque à part entière en 2015, DS a connu un démarrage en fanfare suivi de cinq années de baisse d’affilée.

Coronavirus: la folie bureaucratique française

  • Covid : la folie bureaucratique française

David Lisnard , maire (LR) de Cannes dénonce dans le Figaro la folie bureaucratique française à propos du Covid.

  • David Lisnard est maire de Cannes, président du conseil de surveillance du centre hospitalier Simone Veil de Cannes et vice-président et porte-parole de l’AMF.

Tribune

· 

  • La route de la servitude est pavée de bonnes intentions étatistes. Et jalonnée des décisions bureaucratiques qui réussissent à être à la fois contradictoires, inefficaces et aliénantes.
  • Ce n’est pas nouveau, Tocqueville, Bastiat, Aron et tant d’autres de nos penseurs français – souvent de génie – de la liberté, qu’il est urgent de faire (re)lire dans toutes les classes, nous ont toujours alertés sur les dérives potentielles de l’administration moderne. L’État est la condition de notre protection, mais à sa juste place.
  • Alors que la prospérité et la sécurité collectives se sont accompagnées historiquement dans nos sociétés occidentales par l’accomplissement du couple vertueux des valeurs de la liberté et de la responsabilité, tout est fait dans notre époque d’«État nounou» pour infantiliser les individus, entraver les initiatives, enkyster la société. Le civisme en meurt, la dynamique du groupe en pâtit et l’efficacité des politiques publique s’y perd.
  • L’État obèse perd l’autorité régalienne pour laquelle il a été inventé.
    • Car à force de s’éloigner de l’essentiel du rôle de l’État et de produire des normes absconses, les lois et les règlements reculent dans leur légitimité, sont inapplicables ou prennent un caractère arbitraire dans leur exécution, et l’État obèse perd l’autorité régalienne pour laquelle il a été inventé, et qui nous fait tant défaut aujourd’hui.
    • Ce phénomène peut se manifester ailleurs dans le monde mais il est poussé à son paroxysme en France. Les prélèvements obligatoires (impôts et charges) avec 45 % de la richesse produite et la dépense publique – de 56% du PIB avant la situation actuelle et son «quoi qu’il coûte» – y sont les plus élevés de la planète, et les normes édictées s’empilent et dépassent depuis longtemps en nombre celui des sortes de fromages que compte le pays, le rendant encore plus ingouvernable à force de vouloir le diriger dans tous ses tréfonds et recoins.
    • Cette spirale infernale administrative n’est propre ni à ce gouvernement ni à cette période mais féconde avec ce pouvoir particulièrement énarchique dont la crise Covid révèle l’absurde matrice. Si pour Eugène Delacroix, la liberté guide le peuple, la crise sanitaire que nous traversons donne l’occasion aux gouvernants de guider notre liberté à travers ce qu’ils considèrent être «bon pour le peuple», selon des procédures et mesures sorties de quelques esprits ingénieux d’une haute administration jamais aussi productive que lorsqu’il s’agit de pondre des normes et des règlements contraignants.
    • Le roi Ubu technocratique s’en donne à cœur joie en ce moment, nous privant de liberté, donc de responsabilité, au détriment d’une lutte efficace contre l’épidémie de covid 19, et détruisant une part importante de l’économie, des centaines de milliers d’emplois, et au-delà ce qui fait que la vie n’est pas que biologique mais aussi sociale, spirituelle, humaine.
    • Cette dérive administrative se révèle au grand jour pendant la crise sanitaire à travers les pénuries de ce qui est essentiel et les excès de ce qui est bureaucratique.
      • On ne parvient pas, contrairement à nombre de pays plus performants face à l’épidémie, à tester, dépister, diagnostiquer de façon méthodique? Isoler les contagieux de façon rigoureuse? Faire un back-tracing de façon systématique sur la semaine précédant l’apparition des symptômes pour casser les chaines de contamination? Doter l’hôpital en moyens humains et matériels suffisants? Contrôler les gestes barrière dans les sites clos recevant du public, dont les grandes surfaces commerciales? Sanctionner les établissements qui ne respectent pas les règles de protection (pendant tout l’été j’en ai signalé en vain un petit nombre à l’État, qui seul en France est habilité à sanctionner)? Définir des scenarii d’évolution potentielle de la maladie, qui depuis juin avaient été exposés, en plusieurs niveaux de risques, pour anticiper des règles et protocoles par métiers, gradués selon les hypothèses épidémiologiques? Alors le Léviathan étatique, aussi omnipotent qu’impuissant, prend chaque semaine mesures sur mesures, aussi générales qu’impossibles à faire rigoureusement appliquer, générant la confusion, suscitant incompréhension et injustices, restreignant libertés et paralysant la responsabilité qui ne peut être qu’individuelle.
      • Cette dérive administrative se révèle au grand jour pendant la crise sanitaire à travers les pénuries de ce qui est essentiel et les excès de ce qui est bureaucratique, dont la valse des attestations et auto-attestations permettant de se déplacer qui singularisent notre pays, faisant de chacun de nous un Monsieur K au pied du château, mais aussi par l’impuissance de l’État face à ceux qui ne respectent pas les règles essentielles.
      • Comme trop souvent, incapable de réprimer la minorité de ceux qui trichent et nuisent, l’État pénalise l’immense majorité de ceux qui se soucient de respecter les règles, jusqu’à la folie des mesures contre l’activité commerciale durant le «reconfinement» qui par égalitarisme ont conduit à fermer des rayons de supermarchés pour qu’ils ne vendent pas les produits des commerces eux-mêmes empêchés d’ouvrir en dépit du bon sens sanitaire et économique… «Tout ce qui augmente la liberté, augmente la responsabilité» écrivait Victor Hugo. Donner aux commerçants la liberté d’ouvrir leurs commerces, c’est aussi les responsabiliser et les contrôler si besoin est pour s’assurer que cette responsabilité est bien comprise et que la sécurité de tous est bel et bien assurée. Mais comment décemment estimer qu’il est dangereux d’aller se faire couper les cheveux ou acheter une paire de chaussures, une chemise ou un livre dans un magasin qui ne ferait entrer qu’un nombre limité de clients avec des jauges adaptées à la surface et contrôlées, qui respecterait la distanciation physique et le port du masque, etc. et dans le même temps considérer que faire ses courses dans une grande surface bondée ou prendre le métro ne présente aucun danger de contamination? Nous connaissons aujourd’hui les lieux à fort risque de contamination. Des travaux de l’université de Stanford publiée dans la revue Nature les confirment. Logiquement, ils sont ceux qui accueillent les publics les plus denses, durant le plus de temps, et avec moins de possibilités faire appliquer les mesures barrières, comme lorsqu’il faut enlever le masque pour consommer. Cette connaissance fine de la maladie et des conditions de propagation du virus permet d’établir des protocoles et d’exiger des matériels sanitaires adaptés aux activités et aux circonstances. À chaque secteur et chaque niveau d’alerte peut et doit correspondre un niveau de règles prédéfinies et anticipées, avec en dernier recours seulement l’interdiction d’ouvrir les établissements les plus à risque. C’est ainsi qu’on responsabilise et réduit l’incertitude des chefs d’entreprise, protège mieux de la contagion et défend l’économie et l’emploi.
      • Le millefeuille continue de s’alourdir de façon indigeste, hélas avec nos impôts.
        • Dans le même registre de le folie politico-administrative constatée ces dernières semaines, nous attendons avec dépit les «sous-préfets à la relance», fraichement sortis des écoles de la fonction publique d’État, que le Premier ministre a décidé de déployer sur «les territoires» dès janvier pour expliquer aux chefs d’entreprise comment il faut travailler (enfin ceux qui en auront le droit et seront rescapés, notamment chez les commerçants et dans le secteur du tourisme et de l’évènementiel, premier créateur de richesses et d’emplois en France et grand sacrifié de la période). Ces fonctionnaires supplémentaires vont de surcroît soit être inutiles, soit court-circuiter les travail des préfets et sous-préfets en place, déjà bien complexifié toute l’année par l’action des DREAL, ARS et autres entités régionales de l’État. Le millefeuille continue de s’alourdir de façon indigeste, hélas avec nos impôts.
        • Quelques exemples parmi tant d’autres des absurdités constatées permettent de saisir le chaos qui nous gouverne. En mars dernier, il ressort de premières études, à la suite notamment du cas du restaurant de Canton, que le virus peut se transmettre par aérosols. Il en résulte la pertinence de porter un masque dans les lieux clos collectifs ; nous distribuons alors des masques à tous les habitants de la commune et le pouvoir central, arc bouté sur la gestion de la pénurie et sa suffisance morale proportionnelle à ses insuffisances matérielles, dénonce, ironise, parfois attaque même au tribunal les initiatives locales qui toutes se sont avérées pertinentes. Dans quelle autre démocratie un maire est-il à ce point entravé dans l’exercice de ses responsabilités raisonnables par l’Etat? Toujours au printemps, face aux incapacités de l’appareil bureaucratique du ministère de la santé, et en réponse aux appels aux secours des soignants du secteur public comme des professionnels libéraux (méprisés par les ministres et hauts fonctionnaires puisque seul l’hôpital, par ailleurs délaissé depuis des années, et le fameux numéro 15, étaient proposés aux malades), nous fournissons les médecins et établissements de santé (hôpitaux et cliniques) en masques, blouses, charlottes, surchaussures, lunettes de protection, thermomètres même. Dans un premier temps – avant de le faire publiquement pour interpeller l’opinion et faire bouger les choses – nous le faisons en cachette! Avec des scènes dignes de Twist again à Moscou. Car il ne fallait surtout pas le dire, pour que les hôpitaux ravitaillés par nos soins (établissements, rappelons-le, du ressort ministère de la santé) ne se voient pas punis par cet État qui était défaillant dans sa mission, là où nos cellules municipales d’achat parvenaient à se procurer du matériel.
        • Je ne reviens pas ici sur les pérégrinations des protocoles sanitaires s’appliquant aux établissements scolaires, et aux grands moments de solitude ressentis avec les membres de l’Inspection d’académie et des services municipaux en charge des cantines et du périscolaire. Tous les décrets et arrêtés d’application des mesures nationales erratiques nous parviennent après leur supposée date d’application: c’est vrai à chaque fois pour les dispositions concernant les marchés, les commerces, et toutes les restrictions accompagnant les différentes phases réglementaires dites de confinement, déconfinement, reconfinement, dans un stop and go pratiqué dans l’urgence, qui d’une part révèle l’impréparation totale depuis la fin de la première vague du gouvernement, d’autre part génère une incertitude permanente avilissante, anxiogène et plus destructrice pour l’économie que le risque affronté.
        • Le couple « maire-préfet », dont on nous a rabattu les oreilles, est une fiction dans la gestion de cette crise.
          • Les Français savent-ils que le couple «maire-préfet», dont on nous a rabattu les oreilles, est une fiction dans la gestion de cette crise? Que les préfets eux-mêmes découvrent les mesures gouvernementales à la télévision? Que les maires ne sont toujours pas informés par l’État des clusters sur leurs communes! La transmission des données est quasi nulle et aléatoire selon les départements, les arrondissements, les personnes. C’est comme président du conseil de surveillance de l’hôpital, grâce aussi à la veille scientifique municipale et au groupe de travail transversal que j’ai mis en place le 24 février dernier réunissant représentants de la médecine de ville, de l’hôpital public, des cliniques, des laboratoires, que je peux constituer un tableau de bord international, national et surtout local de l’évolution de l’épidémie, avec des indicateurs qui s’avèrent plus fiables et surtout plus rapides, ce qui est essentiel, que ce que nous apprenons par les communications officielles.
          • Mais que personne ne se méprenne. Le mal n’est pas conjoncturel, lié à la sidération que continue de produire la pandémie chez nos gouvernants. Cette absurdité bureaucratique qui entrave et ralentit, freine et décourage, parfois jusqu’à empêcher l’action créatrice, nous la subissons dans nos mairies ou entreprises tout le temps, et de façon croissante ces dernières décennies. Le travers n’est pas dû à la crise sanitaire, il en est simplement plus apparent dans des circonstances qui exigent rapidité, simplicité, clarté, sérénité, autorité.
          • On oppose souvent à tort l’autorité et la liberté. Dans la France d’aujourd’hui, c’est le manque d’autorité de l’État sur les règles nécessaires qui l’amène à nous priver de liberté avec des interdits superflus. Montesquieu l’avait si bien formulé: «les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires». Les premières nous infantilisent, nous aliènent et nous appauvrissent quand les secondes nous protègent, nous libèrent et nous émancipent.
          • L’État protège de moins en moins et interdit de plus en plus.
            • Or, l’État protège de moins en moins et interdit de plus en plus. Il décourage les honnêtes citoyens et par sa faiblesse régalienne laisse involontairement la place à des bandes, des groupes, parfois des mafias.
            • Cette spirale infernale qui nous prive de liberté est la cause et la conséquence d’un recul civique, puisque le civisme est précisément l’exercice de la responsabilité de chacun, donc de sa liberté qui en est la condition symétrique, dans l’espace public. Les indignations tonitruantes et souvent victimaires sur les réseaux sociaux ou dans les médias remplacent la participation mature à la vie de la cité, le bruit remplace la praxis comme l’hystérie manichéenne la raison critique, les humeurs de confort se substituent aux interpellations exigeantes et argumentées de nos dirigeants. Eux-mêmes, gouvernants nationaux et hauts fonctionnaires, pourtant très souvent intègres et compétents, s’avèrent les premiers agents de la chute de l’indispensable pilier civique de notre société. Les causes en sont la fonctionnarisation des principaux responsable de l’Exécutif et leur connivence intellectuelle et comportementale avec la haute administration, aucun n’ayant vécu dans l’économie du risque, la judiciarisation perverse de leur action qui les conduit à se protéger par un parapluie de mesures maximalistes, le manque d’imagination qui les caractérise, la pratique du pouvoir fondée sur le couple communication politique et pratique administrative centralisée, qui éloigne de l’action constante, évaluée et ajustée.
            • Il va falloir nous en sortir, tant ces politiques conduisent le pays à l’échec, y compris démocratique, en ouvrant la voie aux marchands d’aventures démagogiques des extrémistes de tous bords. Car le conformisme alimente ce que Raymond Aron appelait le «révolutionnarisme», qui s’exprime partout aujourd’hui et sous plusieurs formes.
            • Il nous faut vite prendre conscience de cette grave réalité et retrouver le sens commun, par une nouvelle décentralisation, un renouvellement politique au sommet de l’exécutif avec des personnalités plus à même de s’occuper de l’exécution des choses, une profonde réforme de l’État, de son périmètre, de ses objectifs, de ses ressources humaines, son évaluation, sa direction, son contrôle. Cette approche est indispensable à la meilleure performance de nos politiques publiques, mais au-delà pour oxygéner la société, permettre aux forces créatrices de mieux s’exprimer, pour mieux réprimer aussi ceux qui détruisent, enfin pour responsabiliser et libérer.
            • Pour un gouvernement, garantir la liberté c’est aussi savoir faire preuve de courage. Or, il semble que sous couvert de protection sanitaire des Français, nos dirigeants cherchent à se protéger eux-mêmes en ne prenant plus la moindre décision qui nécessiterait de considérer que l’art de gouverner, c’est autre chose que l’art d’interdire.
            • Il faut que l’État retrouve le sens de la mesure et de la justesse pour concilier la nécessaire protection sanitaire et l’indispensable liberté économique et sociale qui nous relie les uns aux autres. Il en va de notre conception de la société et de notre cohésion nationale. En perdant de vue cette exigence, nos dirigeants suscitent la défiance. Jusqu’à quelles conséquences?

Covid : la folie bureaucratique française

  • Covid : la folie bureaucratique française

David Lisnard , maire (LR) de Cannes dénonce dans le Figaro la folie bureaucratique française à propos du Covid.

  • David Lisnard est maire de Cannes, président du conseil de surveillance du centre hospitalier Simone Veil de Cannes et vice-président et porte-parole de l’AMF.

Tribune

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  • La route de la servitude est pavée de bonnes intentions étatistes. Et jalonnée des décisions bureaucratiques qui réussissent à être à la fois contradictoires, inefficaces et aliénantes.
  • Ce n’est pas nouveau, Tocqueville, Bastiat, Aron et tant d’autres de nos penseurs français – souvent de génie – de la liberté, qu’il est urgent de faire (re)lire dans toutes les classes, nous ont toujours alertés sur les dérives potentielles de l’administration moderne. L’État est la condition de notre protection, mais à sa juste place.
  • Alors que la prospérité et la sécurité collectives se sont accompagnées historiquement dans nos sociétés occidentales par l’accomplissement du couple vertueux des valeurs de la liberté et de la responsabilité, tout est fait dans notre époque d’«État nounou» pour infantiliser les individus, entraver les initiatives, enkyster la société. Le civisme en meurt, la dynamique du groupe en pâtit et l’efficacité des politiques publique s’y perd.
  • L’État obèse perd l’autorité régalienne pour laquelle il a été inventé.
    • Car à force de s’éloigner de l’essentiel du rôle de l’État et de produire des normes absconses, les lois et les règlements reculent dans leur légitimité, sont inapplicables ou prennent un caractère arbitraire dans leur exécution, et l’État obèse perd l’autorité régalienne pour laquelle il a été inventé, et qui nous fait tant défaut aujourd’hui.
    • Ce phénomène peut se manifester ailleurs dans le monde mais il est poussé à son paroxysme en France. Les prélèvements obligatoires (impôts et charges) avec 45 % de la richesse produite et la dépense publique – de 56% du PIB avant la situation actuelle et son «quoi qu’il coûte» – y sont les plus élevés de la planète, et les normes édictées s’empilent et dépassent depuis longtemps en nombre celui des sortes de fromages que compte le pays, le rendant encore plus ingouvernable à force de vouloir le diriger dans tous ses tréfonds et recoins.
    • Cette spirale infernale administrative n’est propre ni à ce gouvernement ni à cette période mais féconde avec ce pouvoir particulièrement énarchique dont la crise Covid révèle l’absurde matrice. Si pour Eugène Delacroix, la liberté guide le peuple, la crise sanitaire que nous traversons donne l’occasion aux gouvernants de guider notre liberté à travers ce qu’ils considèrent être «bon pour le peuple», selon des procédures et mesures sorties de quelques esprits ingénieux d’une haute administration jamais aussi productive que lorsqu’il s’agit de pondre des normes et des règlements contraignants.
    • Le roi Ubu technocratique s’en donne à cœur joie en ce moment, nous privant de liberté, donc de responsabilité, au détriment d’une lutte efficace contre l’épidémie de covid 19, et détruisant une part importante de l’économie, des centaines de milliers d’emplois, et au-delà ce qui fait que la vie n’est pas que biologique mais aussi sociale, spirituelle, humaine.
    • Cette dérive administrative se révèle au grand jour pendant la crise sanitaire à travers les pénuries de ce qui est essentiel et les excès de ce qui est bureaucratique.
      • On ne parvient pas, contrairement à nombre de pays plus performants face à l’épidémie, à tester, dépister, diagnostiquer de façon méthodique? Isoler les contagieux de façon rigoureuse? Faire un back-tracing de façon systématique sur la semaine précédant l’apparition des symptômes pour casser les chaines de contamination? Doter l’hôpital en moyens humains et matériels suffisants? Contrôler les gestes barrière dans les sites clos recevant du public, dont les grandes surfaces commerciales? Sanctionner les établissements qui ne respectent pas les règles de protection (pendant tout l’été j’en ai signalé en vain un petit nombre à l’État, qui seul en France est habilité à sanctionner)? Définir des scenarii d’évolution potentielle de la maladie, qui depuis juin avaient été exposés, en plusieurs niveaux de risques, pour anticiper des règles et protocoles par métiers, gradués selon les hypothèses épidémiologiques? Alors le Léviathan étatique, aussi omnipotent qu’impuissant, prend chaque semaine mesures sur mesures, aussi générales qu’impossibles à faire rigoureusement appliquer, générant la confusion, suscitant incompréhension et injustices, restreignant libertés et paralysant la responsabilité qui ne peut être qu’individuelle.
      • Cette dérive administrative se révèle au grand jour pendant la crise sanitaire à travers les pénuries de ce qui est essentiel et les excès de ce qui est bureaucratique, dont la valse des attestations et auto-attestations permettant de se déplacer qui singularisent notre pays, faisant de chacun de nous un Monsieur K au pied du château, mais aussi par l’impuissance de l’État face à ceux qui ne respectent pas les règles essentielles.
      • Comme trop souvent, incapable de réprimer la minorité de ceux qui trichent et nuisent, l’État pénalise l’immense majorité de ceux qui se soucient de respecter les règles, jusqu’à la folie des mesures contre l’activité commerciale durant le «reconfinement» qui par égalitarisme ont conduit à fermer des rayons de supermarchés pour qu’ils ne vendent pas les produits des commerces eux-mêmes empêchés d’ouvrir en dépit du bon sens sanitaire et économique… «Tout ce qui augmente la liberté, augmente la responsabilité» écrivait Victor Hugo. Donner aux commerçants la liberté d’ouvrir leurs commerces, c’est aussi les responsabiliser et les contrôler si besoin est pour s’assurer que cette responsabilité est bien comprise et que la sécurité de tous est bel et bien assurée. Mais comment décemment estimer qu’il est dangereux d’aller se faire couper les cheveux ou acheter une paire de chaussures, une chemise ou un livre dans un magasin qui ne ferait entrer qu’un nombre limité de clients avec des jauges adaptées à la surface et contrôlées, qui respecterait la distanciation physique et le port du masque, etc. et dans le même temps considérer que faire ses courses dans une grande surface bondée ou prendre le métro ne présente aucun danger de contamination? Nous connaissons aujourd’hui les lieux à fort risque de contamination. Des travaux de l’université de Stanford publiée dans la revue Nature les confirment. Logiquement, ils sont ceux qui accueillent les publics les plus denses, durant le plus de temps, et avec moins de possibilités faire appliquer les mesures barrières, comme lorsqu’il faut enlever le masque pour consommer. Cette connaissance fine de la maladie et des conditions de propagation du virus permet d’établir des protocoles et d’exiger des matériels sanitaires adaptés aux activités et aux circonstances. À chaque secteur et chaque niveau d’alerte peut et doit correspondre un niveau de règles prédéfinies et anticipées, avec en dernier recours seulement l’interdiction d’ouvrir les établissements les plus à risque. C’est ainsi qu’on responsabilise et réduit l’incertitude des chefs d’entreprise, protège mieux de la contagion et défend l’économie et l’emploi.
      • Le millefeuille continue de s’alourdir de façon indigeste, hélas avec nos impôts.
        • Dans le même registre de le folie politico-administrative constatée ces dernières semaines, nous attendons avec dépit les «sous-préfets à la relance», fraichement sortis des écoles de la fonction publique d’État, que le Premier ministre a décidé de déployer sur «les territoires» dès janvier pour expliquer aux chefs d’entreprise comment il faut travailler (enfin ceux qui en auront le droit et seront rescapés, notamment chez les commerçants et dans le secteur du tourisme et de l’évènementiel, premier créateur de richesses et d’emplois en France et grand sacrifié de la période). Ces fonctionnaires supplémentaires vont de surcroît soit être inutiles, soit court-circuiter les travail des préfets et sous-préfets en place, déjà bien complexifié toute l’année par l’action des DREAL, ARS et autres entités régionales de l’État. Le millefeuille continue de s’alourdir de façon indigeste, hélas avec nos impôts.
        • Quelques exemples parmi tant d’autres des absurdités constatées permettent de saisir le chaos qui nous gouverne. En mars dernier, il ressort de premières études, à la suite notamment du cas du restaurant de Canton, que le virus peut se transmettre par aérosols. Il en résulte la pertinence de porter un masque dans les lieux clos collectifs ; nous distribuons alors des masques à tous les habitants de la commune et le pouvoir central, arc bouté sur la gestion de la pénurie et sa suffisance morale proportionnelle à ses insuffisances matérielles, dénonce, ironise, parfois attaque même au tribunal les initiatives locales qui toutes se sont avérées pertinentes. Dans quelle autre démocratie un maire est-il à ce point entravé dans l’exercice de ses responsabilités raisonnables par l’Etat? Toujours au printemps, face aux incapacités de l’appareil bureaucratique du ministère de la santé, et en réponse aux appels aux secours des soignants du secteur public comme des professionnels libéraux (méprisés par les ministres et hauts fonctionnaires puisque seul l’hôpital, par ailleurs délaissé depuis des années, et le fameux numéro 15, étaient proposés aux malades), nous fournissons les médecins et établissements de santé (hôpitaux et cliniques) en masques, blouses, charlottes, surchaussures, lunettes de protection, thermomètres même. Dans un premier temps – avant de le faire publiquement pour interpeller l’opinion et faire bouger les choses – nous le faisons en cachette! Avec des scènes dignes de Twist again à Moscou. Car il ne fallait surtout pas le dire, pour que les hôpitaux ravitaillés par nos soins (établissements, rappelons-le, du ressort ministère de la santé) ne se voient pas punis par cet État qui était défaillant dans sa mission, là où nos cellules municipales d’achat parvenaient à se procurer du matériel.
        • Je ne reviens pas ici sur les pérégrinations des protocoles sanitaires s’appliquant aux établissements scolaires, et aux grands moments de solitude ressentis avec les membres de l’Inspection d’académie et des services municipaux en charge des cantines et du périscolaire. Tous les décrets et arrêtés d’application des mesures nationales erratiques nous parviennent après leur supposée date d’application: c’est vrai à chaque fois pour les dispositions concernant les marchés, les commerces, et toutes les restrictions accompagnant les différentes phases réglementaires dites de confinement, déconfinement, reconfinement, dans un stop and go pratiqué dans l’urgence, qui d’une part révèle l’impréparation totale depuis la fin de la première vague du gouvernement, d’autre part génère une incertitude permanente avilissante, anxiogène et plus destructrice pour l’économie que le risque affronté.
        • Le couple « maire-préfet », dont on nous a rabattu les oreilles, est une fiction dans la gestion de cette crise.
          • Les Français savent-ils que le couple «maire-préfet», dont on nous a rabattu les oreilles, est une fiction dans la gestion de cette crise? Que les préfets eux-mêmes découvrent les mesures gouvernementales à la télévision? Que les maires ne sont toujours pas informés par l’État des clusters sur leurs communes! La transmission des données est quasi nulle et aléatoire selon les départements, les arrondissements, les personnes. C’est comme président du conseil de surveillance de l’hôpital, grâce aussi à la veille scientifique municipale et au groupe de travail transversal que j’ai mis en place le 24 février dernier réunissant représentants de la médecine de ville, de l’hôpital public, des cliniques, des laboratoires, que je peux constituer un tableau de bord international, national et surtout local de l’évolution de l’épidémie, avec des indicateurs qui s’avèrent plus fiables et surtout plus rapides, ce qui est essentiel, que ce que nous apprenons par les communications officielles.
          • Mais que personne ne se méprenne. Le mal n’est pas conjoncturel, lié à la sidération que continue de produire la pandémie chez nos gouvernants. Cette absurdité bureaucratique qui entrave et ralentit, freine et décourage, parfois jusqu’à empêcher l’action créatrice, nous la subissons dans nos mairies ou entreprises tout le temps, et de façon croissante ces dernières décennies. Le travers n’est pas dû à la crise sanitaire, il en est simplement plus apparent dans des circonstances qui exigent rapidité, simplicité, clarté, sérénité, autorité.
          • On oppose souvent à tort l’autorité et la liberté. Dans la France d’aujourd’hui, c’est le manque d’autorité de l’État sur les règles nécessaires qui l’amène à nous priver de liberté avec des interdits superflus. Montesquieu l’avait si bien formulé: «les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires». Les premières nous infantilisent, nous aliènent et nous appauvrissent quand les secondes nous protègent, nous libèrent et nous émancipent.
          • L’État protège de moins en moins et interdit de plus en plus.
            • Or, l’État protège de moins en moins et interdit de plus en plus. Il décourage les honnêtes citoyens et par sa faiblesse régalienne laisse involontairement la place à des bandes, des groupes, parfois des mafias.
            • Cette spirale infernale qui nous prive de liberté est la cause et la conséquence d’un recul civique, puisque le civisme est précisément l’exercice de la responsabilité de chacun, donc de sa liberté qui en est la condition symétrique, dans l’espace public. Les indignations tonitruantes et souvent victimaires sur les réseaux sociaux ou dans les médias remplacent la participation mature à la vie de la cité, le bruit remplace la praxis comme l’hystérie manichéenne la raison critique, les humeurs de confort se substituent aux interpellations exigeantes et argumentées de nos dirigeants. Eux-mêmes, gouvernants nationaux et hauts fonctionnaires, pourtant très souvent intègres et compétents, s’avèrent les premiers agents de la chute de l’indispensable pilier civique de notre société. Les causes en sont la fonctionnarisation des principaux responsable de l’Exécutif et leur connivence intellectuelle et comportementale avec la haute administration, aucun n’ayant vécu dans l’économie du risque, la judiciarisation perverse de leur action qui les conduit à se protéger par un parapluie de mesures maximalistes, le manque d’imagination qui les caractérise, la pratique du pouvoir fondée sur le couple communication politique et pratique administrative centralisée, qui éloigne de l’action constante, évaluée et ajustée.
            • Il va falloir nous en sortir, tant ces politiques conduisent le pays à l’échec, y compris démocratique, en ouvrant la voie aux marchands d’aventures démagogiques des extrémistes de tous bords. Car le conformisme alimente ce que Raymond Aron appelait le «révolutionnarisme», qui s’exprime partout aujourd’hui et sous plusieurs formes.
            • Il nous faut vite prendre conscience de cette grave réalité et retrouver le sens commun, par une nouvelle décentralisation, un renouvellement politique au sommet de l’exécutif avec des personnalités plus à même de s’occuper de l’exécution des choses, une profonde réforme de l’État, de son périmètre, de ses objectifs, de ses ressources humaines, son évaluation, sa direction, son contrôle. Cette approche est indispensable à la meilleure performance de nos politiques publiques, mais au-delà pour oxygéner la société, permettre aux forces créatrices de mieux s’exprimer, pour mieux réprimer aussi ceux qui détruisent, enfin pour responsabiliser et libérer.
            • Pour un gouvernement, garantir la liberté c’est aussi savoir faire preuve de courage. Or, il semble que sous couvert de protection sanitaire des Français, nos dirigeants cherchent à se protéger eux-mêmes en ne prenant plus la moindre décision qui nécessiterait de considérer que l’art de gouverner, c’est autre chose que l’art d’interdire.
            • Il faut que l’État retrouve le sens de la mesure et de la justesse pour concilier la nécessaire protection sanitaire et l’indispensable liberté économique et sociale qui nous relie les uns aux autres. Il en va de notre conception de la société et de notre cohésion nationale. En perdant de vue cette exigence, nos dirigeants suscitent la défiance. Jusqu’à quelles conséquences?

Amazon : la responsabilité d’un manque de compétitivité française

Amazon : la responsabilité d’un manque de compétitivité française 

Nicolas Marques, de l’Institut économique Molinari considère que le succès d’Amazon est aussi la conséquence en France d’un manque structurel de compétitivité de l’économie locale. ( Chronique dans la Tribune)

 

Tribune

Amazon se gave ? La réalité est bien plus complexe que ce propos à l’emporte-pièce. Si Amazon est une grande entreprise, ses marges sont loin d’être mirobolantes. Elles étaient de 4 % l’an passé dans le monde, en intégrant les activités de commerce à faible rentabilité et des activités bien plus rémunératrices dans la gestion des données et le cloud. Dans l’Hexagone, les marges d’Amazon France Logistique étaient de 3,25 %. Si elles sont supérieures à celles de nombre de petits commerçants, cela ne ressemble pas à un gavage.

Amazon logistique a fait dans l’Hexagone 19 millions d’euros de profits après avoir réglé 237 millions d’euros de rémunérations, 13 millions d’impôts de production et 17 millions d’euros sur les bénéfices. En moyenne, chacun des 5.700 salariés d’Amazon a bénéficié de 42.000 euros sous la forme de salaires, cotisations sociales et autres avantages sociaux comme la participation aux bénéfices. Il a rapporté 5.400 euros à l’Etat et aux collectivités locales sous la forme d’impôts calculés en fonction de l’outil de production et des bénéfices, Amazon touchant 3.300 euros de bénéfice par collaborateur. Au global, 83 % de la création de la valeur française est allée aux salariés, 11 % à l’Etat et 7 % à Amazon sous la forme de bénéfices. Prétendre que « Amazon se gave » n’est donc ni factuel, ni légitime. Notre ministre de la Culture devrait savoir que dans beaucoup de secteurs d’activités en France, les administrations publiques sont les premières à bénéficier de l’activité économique, devant les actionnaires.

Faiblesse structurelle de la rentabilité en France

Le vrai sujet n’est en fait pas chez Amazon, mais dans la faiblesse structurelle de la rentabilité de nombreuses activités françaises. Selon l’Insee, la rentabilité moyenne est d’à peine 6 % dans le commerce, le transport, la restauration ou la construction, voire de 5 % dans l’industrie. On s’accommode plus ou moins de ces mauvaises performances en temps normal, même si elles freinent le développement économique et expliquent notre incapacité à résorber le chômage. Avant même que la crise ne commence, nous avions 1,7 point de chômage de plus que nos voisins représentant 500.000 chômeurs en trop fin décembre 2019. Avec la crise, on redécouvre bien tard que nos entreprises sont mortelles. Or, la faiblesse de la rentabilité en France découle de deux problèmes structurels qui n’ont pas été traités correctement : le poids disproportionné des charges sociales et de la fiscalité de production, facteurs jouant contre la production et l’emploi.

 

D’une part, nous avons fait le choix de financer les retraites quasiment exclusivement par les prélèvements obligatoires, là où nos voisins les financent aussi grâce au rendement du capital, avec des fonds de pensions. Dans un contexte de vieillissement, ce choix est problématique pour les finances publiques, les retraites expliquant 59 % de la progression des dépenses et des déficits depuis 1959. Dans toute une série d’activités, les charges sociales obèrent anormalement les coûts. Si les pouvoirs publics multiplient les programmes de réduction de charges sociales pour limiter cet effet, ce qui creuse les déficits, le choix français reste problématique à long terme. Si nous avions eu la sagesse d’épargner en vue de la retraite comme nos voisins, nous aurions l’équivalent de 2 à 3 % du PIB en recettes supplémentaires chaque année, ce qui permettrait d’équilibrer nos comptes publics déficitaires structurellement.

La fiscalité de production surdimensionnée

D’autre part, la fiscalité de production, surdimensionnée en France, affecte particulièrement les activités à marges faibles, telles le commerce ou l’industrie. Elle nuit à leur développement en temps normal et s’avère redoutable en période de crise. Contrairement à la fiscalité sur les bénéfices, la fiscalité de production ne se dégonfle pas lorsque les entreprises font des pertes. Pour des centaines de milliers de petits commerçants, comme pour des dizaines de sites industriels tels Bridgestone Béthune, la fiscalité de production est synonyme de surmortalité. Il faudrait avoir le courage de dire aux Français que nos activités à faibles marges ne sont pas les victimes d’une concurrence « déloyale » de certains acteurs, mais d’un code des impôts destructeur de richesses et d’emplois. Madame la ministre, la culture passe aussi par l’économie et la pédagogie.

L’économie française ira plus mal au quatrième trimestre déclare l inutile Banque de France

L’économie française ira plus mal au quatrième trimestre déclare l’inutile Banque de France

On pourrait sans doute utilement remplacer  les avis de la Banque de France par ceux d’un concierge d’ immeuble qui permettrait par parenthèses de sérieuses économies compte tenu des rémunérations faramineuses des cadres de l’établissement public financier.

On peut légitimement se demander pourquoi subsistent des banques nationales alors que c’est la banque centrale européenne qui désormais gère la monnaie. La Banque de France veut aussi traditionnellement un rôle de prévisions économiques. Et la dernière sortie du gouverneur de l’établissement, c’est d’annoncer que le dernier trimestre enregistrera une croissance moins forte qu’espéré. En clair qu’il y aura  une récession. Ce que tout le monde sait évidemment depuis toutes les enquêtes menées depuis un mois au moins.

“Le Covid a provoqué une chute sans précédent du PIB français aux premier et deuxième trimestres et sa deuxième vague déclenchera une nouvelle contraction au quatrième trimestre, moins grave espérons-le”, a dit le gouverneur de la Banque de France .

Merci madame soleil !

La Française Odile Renaud-Basso élue présidente de la BERD

La Française Odile Renaud-Basso élue présidente de la BERD

Une française, Odile Renaud-Basso a été élue à la tête de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) pour une durée de quatre ans renouvelable.

Basée à Londres, la BERD a vu le jour après la chute du mur de Berlin pour aider les ex-pays de l’Est dans leur transition vers l’économie de marché. Mais depuis la crise financière de 2007-2008, elle a fortement étendu ses activités, toujours en faveur du développement économique, mais aussi plus récemment de la lutte contre le réchauffement climatique. En 2019, la BERD a investi 10,1 milliards d’euros (+6% par rapport à 2018) dans 38 économies réparties entre l’Europe, le bassin méditerranéen et l’Asie centrale.

Odile Renaud-Basso, 55 ans, est une ancienne énarque passée par Science Po et diplômée de l’université américaine d’Harvard. Une partie de sa carrière s’est déroulée au Trésor, une des principales directions du ministère de l’Économie et des Finances, souvent considérée comme le cerveau de Bercy. Elle en était la directrice générale depuis juin 2016, s’imposant d’ailleurs là aussi comme première femme à prendre les rênes de cette institution.

 

Élection fédération Française de rugby : Laporte réélu

Élection fédération Française de rugby : Laporte réélu

 

 

Après une campagne très dure et une envolée réciproque de noms d’oiseaux, Laporte  est réélu comme président de la fédération de rugby avec un score très serré de. 51,47% des voix, contre 48,53% à son opposant, Florian Grill. Le tout avec une très forte mobilisation des clubs amateurs votants puisque le taux de participation s’est élevé à 95,21 % (représentant 96,77 % du total des voix). Bernard Laporte s’est félicité évidemment et a appelé à l’unité entre la fédération et la ligue des professionnels. Mais il y aura  quand même des règlements de compte car la ligue des professionnels pour réélire Paul Goze, opposant systématique lui aussi de Laporte devra changer ses statuts. Le problème c’est que le changement impose l’accord de la fédération qui s’y opposera.

De toute manière l’ambiance sera chaude aussi à l’intérieur de la ligue des professionnels car le rugby se situe avec la crise sanitaire dans un environnement économique de plus en plus fragile qui pourrait même conduire certains clubs professionnels à faire faillite.

 

À noter un grand rendez-vous : la coupe du monde 2023 en France. «Un événement extraordinaire derrière lequel tous les passionnés doivent se rassembler. La priorité, en plus de continuer nos réformes déjà mises en place, est de retrouver un XV de France, masculin et féminin, qui gagne. C’est la vitrine de notre sport. Ce sont eux qui donnent envie à un maximum de jeunes filles et de jeunes garçons de pratiquer notre sport.»

Un XV de France qui disputera bien six tests en octobre-novembre. « Il y aura six matches, oui», a confirmé Laporte. Peu importe si la billetterie se retrouve réduite à la jauge de 1.000 spectateurs. «Ce serait nuisible pour nos finances. Mais la FFR a les reins solides pour absorber ça. On n’est pas du tout dans l’ornière, contrairement à ce que certains ont affirmé. On a 70 M€ de trésorerie, 32 M€ de fonds propre et un actif, avec le CNR de Marcoussis, qui pèse 50 M€.» Il n’y aura donc aucune inflexion de la politique mise en place depuis quatre ans. Reste que l’ensemble des trésoreries de tous les clubs présente une grande fragilité.

Economie-Encore un avenir pour l’industrie française ?

Economie-Encore un avenir pour l’industrie française ?

C’est l’interrogation d’Olivier Minaud, Directeur des opérations chez Wilo France dans une chronique de la Tribune.

 

La part de l’industrie manufacturière dans l’économie française a diminué de moitié, de 22,3 % à 11,2 %, alors que sur la même période le secteur tertiaire a, à l’inverse, pris davantage de poids dans l’économie française. La diminution de la part de l’industrie dans le PIB a surtout été marquée entre 2000 et 2007 en raison notamment de la baisse des prix des biens de l’industrie qui nécessitent de moins en moins de travail humain, et entre 2007 et 2014 car l’industrie manufacturière, en particulier traditionnelle comme la sidérurgie, les chantiers navals, a été durement touchée par la crise économique.

« En tant qu’industriels, nous figurons parmi les professionnels les mieux préparés à une crise sanitaire. La gestion des risques et la protection des équipes font partie intégrante du quotidien. C’est pourquoi il a été possible de rapidement mettre en œuvre des mesures sanitaires pour assurer la santé des collaborateurs, puis s’adapter pour maintenir une activité. Ce fut le cas de l’ensemble des industries de première nécessité, mais aussi de nombreuses industries de « seconde ligne », celles produisant des biens d’utilité publique et qui ont décidé de maintenir leur usine ouverte pour continuer de respecter leurs engagements sociétaux et économiques.

Dans la gestion de cette crise, la confiance apparaît comme le premier facteur clé de réussite pour de nombreux industriels. La confiance dans un réseau de partenaires d’abord, qu’il s’agisse de fournisseurs de composants ou bien de sociétés de services et de maintenance, qui a permis d’adapter intelligemment et de concert les niveaux d’activité. Mais aussi, la relation de confiance nouée avec les collaborateurs, les partenaires sociaux et les instances représentatives du personnel, sans laquelle il aurait été difficile de faire respecter des mesures, parfois strictes, dans le but de préserver la santé tout en maintenant l’activité. C’est cette même confiance qui permet la bonne gestion des cas personnels de chaque collaborateur lorsque nécessaire et la mise en place d’organisation du travail plus flexible. Enfin, la confiance accordée par les clients en l’entreprise, ses valeurs et ses capacités de production et livraison, est cruciale pour sécuriser les carnets de commandes.

Cette confiance est issue d’une culture d’entreprise qui se bâtit dans le temps et s’appuie sur la cohérence économique, sociale et environnementale du projet. Elle constitue une base stable et solide et semble être un facteur sine qua non pour traverser les possibles crises.

Le deuxième facteur clé de réussite, mis en exergue par cette nouvelle crise, est l’agilité. Les méthodes de travail doivent être repensées en ce sens. Dans des marchés si tendus, l’hyperréactivité est de mise et elle ne se fera pas sans polyvalence. D’un côté, les directions doivent être en mesure d’adapter les organisations de travail aux conditions en temps réel et, de l’autre, les collaborateurs doivent être formés et acquérir les compétences nécessaires afin de pouvoir s’adapter à un environnement de travail plus flexible mais aussi afin de préserver leur employabilité dans une industrie en pleine transformation.

 

L’agilité, c’est également ce qui a permis à de nombreuses entreprises non-familières avec le télétravail de déployer des accès distants robustes et sécurisés en un temps record. Il a souvent été dit que le monde du travail, tel que nous le connaissions jusqu’ici, est d’ailleurs devenu obsolète depuis l’instauration massive du télétravail. Mais cela mériterait d’être nuancé. Penser que le télétravail fonctionnera forcément sur le long terme, car il a su le faire pendant un trimestre ne reflète pas la complexité du monde du travail. Pour éviter un possible décrochage, nous devons à présent nous mettre autour de la table pour savoir comment utiliser l’expérience de ces derniers mois afin de mieux travailler et collaborer à l’avenir. Notre économie est déconfinée peu à peu, il faut à présent déconfiner le travail de manière progressive, en prenant du recul sur la situation pour allier technologie, collaboration et lien social.

La régionalisation des productions est depuis plusieurs années déjà une tendance importante, pour des raisons aussi bien économiques qu’écologiques. La crise que nous connaissons est venue accentuer cette tendance via une prise de conscience forte des citoyens quant aux enjeux environnementaux et aux enjeux de sécurité d’approvisionnement national et européen. Pour relever ce défi et respecter ses responsabilités, l’industrie française, et plus largement européenne, doit s’adapter afin d’éviter une récession.

Le secteur industriel français est marqué par la présence de grands groupes renommés, mais il est également porté par une multitude d’entreprises de tailles intermédiaires, ainsi qu’un maillage de petites entreprises spécialisées dans le secteur des services industriels (laverie, entretien, etc.). Et c’est précisément ce maillage que nous avons la responsabilité de préserver aujourd’hui. En temps de crise, les industriels tendent à réduire, voire annuler, certains contrats auprès de partenaires externes afin de se concentrer sur leur cœur de métier. Une récession pourrait venir mettre à mal temporairement cet écosystème d’emplois et causer la fermeture de certaines entreprises de petites tailles.

Pour éviter cela, la vie industrielle doit reprendre son cours au plus tôt, en respectant les mesures de gestion du risque sanitaire. À ce titre, reprendre dès à présent les recrutements est primordial, y compris les contrats d’apprentissage. L’attrait pour une industrie plus responsable est un facteur clé pour le recrutement des nouvelles générations. Pour faire prospérer l’industrie française, la formation est donc l’un des enjeux majeurs. Pourtant, elle risque d’être mise à mal par les difficultés financières des industriels. Toute une génération d’apprentis ne pourrait, potentiellement, pas être formée dans de bonnes conditions.

Cette crise a entraîné une prise de conscience face à la nécessité d’apporter plus de cohérence dans nos politiques et nos projets industriels. De nouvelles vocations vont naître de ce terreau fertile. Les métiers industriels sont des métiers d’avenir. Animés par des enjeux en matière d’amélioration de conditions de travail, d’impact environnemental ou encore de sécurité d’approvisionnement, ils sont porteurs de sens.

À la crise sanitaire va probablement se succéder une crise économique et, à terme, une crise écologique. L’industrie pourrait cascader de crises en crises si nous n’agissons pas. Les plans nationaux de relance sont, sans nul doute, nécessaires sur le court terme, mais ils ne sont pas suffisants ou fiables sur le long terme. Pour faire face à de grandes puissances industrielles étrangères ayant établi des stratégies claires, les gouvernements européens doivent s’engager sur des plans d’investissement visant à résoudre les problématiques actuelles tout en dessinant l’industrie de demain. Un véritable projet industriel européen doit naître, axé sur la sécurité, la réduction de l’impact climatique et le respect des valeurs humanistes qui nous définissent.

La reprise économique française sous la menace sanitaire

La reprise économique française sous la menace sanitaire

La France a été l’un des pays les plus touchés par la première vague du Coronavirus en raison d’une impréparation totale et d’une valse hésitation quant aux mesures sanitaires  à prendre. Dans la précipitation, la France a été contrainte de se soumettre à un confinement prolongé avec une quasi paralysie de l’économie.

 

La conséquence est une chute de la croissance récemment évaluée autour de 11 %. Le problème c’est que le pays est loin d’être sorti de l’auberge. En effet se multiplient les formes de résurgence du virus. Une contamination sans doute moins forte que lors de la première vague mais une remontée suffisante pour apporter des conséquences dramatiques à l’économie.

 

Les derniers scénarios avec cette réapparition des contaminations font apparaître une baisse supplémentaire de 3 % du PIB, soit au total 14 % de baisse sur l’ensemble de l’année 2020. Un nouveau choc sanitaire serait très dur à supporter pour l’économie. Ce nouveau choc enfoncerait l’activité dans une récession encore plus violente, estimée à -16% selon la Banque de France et -14% selon l’OCDE pour 2020.

 

Danger de l’enlisement de l’armée française au Sahel

danger de  l’enlisement de l’armée française  au Sahel

 

La question que pose Serge Michailof, chercheur à l’Iris et enseignant à Sciences Po, ancien  directeur des opérations à l’Agence française de développement (AFD). Ce spécialiste de l’Afrique, et plus précisément du Sahel, s’ explique  dans une interview à France info

L’armée française risque-t-elle un enlisement au Sahel ?

Serge Michailof : L’armée française se trouve dans une impasse. Elle a brillamment arrêté le rezzou (l’attaque NDLR) inorganisé lancé en janvier 2013, par trois groupements armés qui ont alors menacé le sud du pays et en particulier Bamako; elle a alors détruit une série de bases logistiques des djihadistes au nord du Mali. L’armée française a empêché la constitution de katibas (cellule armée NDLR) structurées susceptibles de menacer les centres urbains.

Mais la guerre s’est déplacée, comme on pouvait le craindre, vers le centre, puis le sud du pays, régions très peuplées. A cet égard, le terme de « terroriste » pour désigner l’ennemi est parfaitement inapproprié, puisque nous n’avons pas en face de nous des fous de Dieu exclusivement soucieux de semer le chaos, mais des hommes réfléchis qui ont arrêté une stratégie asymétrique classique assez proche de celle adoptée en Afghanistan par les Taliban. Or il suffit de regarder les cartes des incidents et actions conduites par les jihadistes de 2017 à 2019, pour constater l’expansion géographique et la multiplication de ces actions.

Nous constatons ainsi que l’ennemi déroule sa stratégie et que Barkhane, quelles que soient les victoires tactiques qu’elle remporte, n’a pas pu arrêter la dégradation de la situation sécuritaire. En outre, l’armée malienne subit défaite sur défaite. Elle a perdu 150 hommes en deux mois. Les jihadistes ont récemment fait une démonstration de leurs capacités en prenant le poste de Indelimane, à proximité de la frontière avec le Niger et en tuant 40 soldats. Défendant un pays très fragile, aux institutions gangrénées par le népotisme et la corruption, nous sommes en train de perdre la guerre même si Barkhane gagne toutes les batailles.

Comme en Afghanistan, la géographie du Sahel est-elle un obstacle au rétablissement de la sécurité ?

C’est plus l’immensité de l’espace et le mauvais état des routes qui pose problème, plutôt que la géographie par elle-même. Les pays du G5 Sahel représentent environ 6 à 7 fois la superficie de la France. Il n’y a pas de zones montagneuses comparables réellement à l’Indu Kush d’Afghanistan, même si l’Aïr, que j’ai souvent parcouru et l’Adrar des Ifoghas, sont des zones difficiles. Ceci dit maintenant que la guerre s’est aussi déplacée au Burkina et y prend une coloration ethnique : agriculteurs Mossis contre pasteurs Peuls, elle devient extrêmement difficile, car l’enjeu est le contrôle des populations dans un contexte où les deux Etats sont défaillants. La guerre se déplace donc vers les villages dans un contexte de mosaïque ethnique très complexe, de crise environnementale, de tensions et conflits anciens qui sont ravivés délibérément par les jihadistes.

 

Pourquoi les armées africaines ne semblent-elles pas à la hauteur du défi ?

 

Il y a de grandes différences entre les armées du G5-Sahel. La Mauritanie a découragé les jihadistes qui ont pris la peignée à chaque fois qu’ils sont intervenus dans ce pays, qui se rouvre même au tourisme (!). L’armée tchadienne a considérablement aidé Serval en 2013 et est d’ailleurs très redoutée dans la sous-région. Mais elle est au four et au moulin, combattant les jihadistes de Boko Haram repliés dans le bassin du Lac Tchad, intervenant en Centrafrique, et répondant aux menaces multiples provenant du Darfour et de Libye.

L’armée nigérienne bien commandée “fait le boulot” et tient le coup pour l’instant, mais elle manque cruellement de moyens. Il suffirait que la France ou l’Union Européenne acceptent de mettre le paquet en formation, équipement, financement etc. pour en faire une armée capable de tenir le pays, Si le Niger recevait le tiers du milliard de dollars que coûte la force des Nations unies, la Minusma, en dotation annuelle pour sa sécurité, le Niger serait fort capable de se défendre.

Le vrai problème, ce sont les armées du Mali et du Burkina. Le problème est ici avant tout politique. Vous connaissez le dicton chinois ”le poisson pourrit par la tête”. En fait, il ne sert à rien d’entraîner ces deux armées et de les équiper si en particulier une gestion des ressources humaine rénovée ne permet pas de réintroduire un système méritocratique dans les chaînes de commandement et de sortir du népotisme.

 

Comme l’Afghanistan, le Sahel est-il gangréné par les trafics en tous genres et notamment armes et drogue ?

 

De tout temps le Sahel et le Sahara ont été des zones de trafic historiquement d’esclaves, d’or, d’ivoire et de sel. Aujourd’hui c’est plutôt la cocaïne, les armes et les migrants avec aussi un peu de gasoil et de produits alimentaires pour profiter des différences de prix avec l’Algérie. Ces trafics ont eu un impact désastreux au Mali en gangrénant une partie des élites dirigeantes dès la fin des années 1990 et le début des années 2000.

Maintenant ces trafics sont pour partie entre les mains des différents groupes djihadistes et contribuent à leur financement. Les ressources financières de ces groupes viennent aussi du contrôle des mines d’or artisanales, qui sont très importantes au Mali et au Burkina et de la taxation du coton, qui est l’une des richesses de ces pays et le racket sur les marchandises et les voyageurs sur les routes qu’ils contrôlent.

Comment expliquer la montée du jihad et la force de l’islam politique dans cette région autrefois réputée pour une certaine tolérance ?

 

L’islam soufi, historiquement propre à cette région, était extrêmement tolérant. Le salafisme n’est toutefois pas arrivé hier. Son implantation méthodique est l’œuvre de l’Arabie Saoudite, qui est très active au Sahel depuis la fin des années 70 et l’enrichissement des pays pétroliers. Depuis cette époque, on a vu surgir dans tout le Sahel francophone des mosquées financées par des fondations saoudiennes et cet effort méthodique sur plus de 40 ans a entraîné une modification radicale des comportements religieux. Pour ceux qui, comme moi, suivent le Sahel depuis 50 ans, on a vu apparaître les voiles des femmes depuis la fin des années 1990.

A ceci s’est conjugué un effondrement des systèmes d’éducation publique en zone rurale, ceci pour des raisons multiples : crises budgétaires, programme économique du FMI mal construit, mais surtout le choc démographique et la focalisation des donateurs sur les constructions d’écoles, alors que la formation et l’encadrement des enseignants ont été largement oubliés. Résultat, les écoles coraniques ont fréquemment été le seul lieu d’apprentissage des enfants et ces écoles ont été tenues par des convertis au salafisme. Ce n’est pas sans rappeler le rôle des madrassas du Pakistan dans la formation du mouvement Taliban.

Pourquoi ces états n’arrivent-ils pas à répondre aux besoins sociaux, éducatifs, de leur population ?

 

Ces pays sahéliens ont une population extrêmement pauvre et le taux de fiscalisation qui est de l’ordre de 20 % du PIB ne leur laisse pas de marges budgétaires bien conséquentes. Or ils sont soumis à un double choc : un choc démographique colossal avec des taux de croissance de la population supérieurs à 3%, 4% pour le Niger dont la population est passée de 3 millions à l’indépendance à 20 millions actuellement et dépassera 60 millions en 2050. Le deuxième choc est un choc sécuritaire, car les dépenses de sécurité qui atteignent ou dépassent 6% des PIB sont en train d’évincer les dépenses de développement et les dépenses sociales. Ces pays ne peuvent pas acheter des hélicoptères de combat et apporter une éducation de qualité à leurs enfants.

La remontée de l’économie française plus lente , pourquoi ? :

La remontée de l’économie française plus lente , pourquoi ? :

La banque de France constate le redressement de l’activité économique en juillet mais à un rythme plus ralenti qu’en juin . Cette activité s’établit 7 % en dessous de ses niveaux habituels, contre – 9 % en juin, selon les derniers chiffres de la Banque de France.  Pour certains secteurs, les affaires sont presque au niveau habituel quand il s’agit des biens essentiels des consommateurs comme par exemple l’alimentaire. Par contre pour certains services (tourisme, restauration etc.) et pour certains biens (automobiles par exemple) la conjoncture est marquée par un attentisme certain. Les ménages continuent d’ailleurs d’épargner au détriment de la consommation qui plus que jamais en France soutient la croissance du fait  de la dégradation du commerce extérieur et des investissements.

 

L’activité économique a donc continué de se redresser en juillet en France mais à un rythme moins rapide qu’en juin, pour s’établir 7% en dessous de ses niveaux habituels, observe la Banque de France (BdF) dans son enquête mensuelle de conjoncture pour juillet, publiée lundi 10 août.

A titre de comparaison, la perte d’activité par rapport à la normale sur fond d’épidémie de COVID-19 s’établissait à 9% en juin et à environ 32% au début du confinement en mars.

Les témoignages recueillis auprès de 8 500 entreprises suggèrent que le mois d’août devrait être marqué par une stabilisation ou une très légère amélioration de l’activité, mais ces perspectives sont « à prendre avec prudence en ce milieu d’été », souligne la BdF.

Cette prudence s’impose d’autant plus que la France fait actuellement face à une résurgence des cas de contamination par le nouveau coronavirus.

Pour le mois de juillet, la reprise progressive et ralentie de l’activité s’est manifestée à la fois dans l’industrie, les services et le bâtiment, dans un contexte de levée progressive des mesures de restrictions liées à la crise sanitaire.

Le niveau d’activité apparaît très hétérogène selon les secteurs. Si dans le bâtiment, l’activité se rapproche désormais de son niveau d’avant-crise, la situation est différente dans l’industrie et les services, où la reprise n’a pas encore permis de compenser le déficit d’activité accumulé pendant le confinement entre la mi-mars et la mi-mai, note la BdF.

Par exemple, l’agroalimentaire et la pharmacie évoluent désormais à des niveaux d’activité proches de ceux d’avant-crise alors que l’activité reste très dégradée dans la métallurgie et l’automobile.

Et dans les services, l’activité reste très inférieure à la normale dans l’hébergement-restauration, la location (matériel, automobiles) ou encore la publicité et les études de marché.

Pour la Banque de France, ces différents constats confirment « le scénario d’une reprise ‘en aile d’oiseau’ (…) avec une première phase de rebond marqué de l’activité à la faveur du déconfinement, suivie d’une deuxième phase de reprise plus lente ».

 

Sahel: l’enlisement de l’armée française ?

Sahel: l’enlisement de l’armée française ?

 

La question que pose Serge Michailof, chercheur à l’Iris et enseignant à Sciences Po, ancien  directeur des opérations à l’Agence française de développement (AFD). Ce spécialiste de l’Afrique, et plus précisément du Sahel, s’ expliquait  dans une interview à France info

L’armée française risque-t-elle un enlisement au Sahel ?

Serge Michailof : L’armée française se trouve dans une impasse. Elle a brillamment arrêté le rezzou (l’attaque NDLR) inorganisé lancé en janvier 2013, par trois groupements armés qui ont alors menacé le sud du pays et en particulier Bamako; elle a alors détruit une série de bases logistiques des djihadistes au nord du Mali. L’armée française a empêché la constitution de katibas (cellule armée NDLR) structurées susceptibles de menacer les centres urbains.

Mais la guerre s’est déplacée, comme on pouvait le craindre, vers le centre, puis le sud du pays, régions très peuplées. A cet égard, le terme de « terroriste » pour désigner l’ennemi est parfaitement inapproprié, puisque nous n’avons pas en face de nous des fous de Dieu exclusivement soucieux de semer le chaos, mais des hommes réfléchis qui ont arrêté une stratégie asymétrique classique assez proche de celle adoptée en Afghanistan par les Taliban. Or il suffit de regarder les cartes des incidents et actions conduites par les jihadistes de 2017 à 2019, pour constater l’expansion géographique et la multiplication de ces actions.

Nous constatons ainsi que l’ennemi déroule sa stratégie et que Barkhane, quelles que soient les victoires tactiques qu’elle remporte, n’a pas pu arrêter la dégradation de la situation sécuritaire. En outre, l’armée malienne subit défaite sur défaite. Elle a perdu 150 hommes en deux mois. Les jihadistes ont récemment fait une démonstration de leurs capacités en prenant le poste de Indelimane, à proximité de la frontière avec le Niger et en tuant 40 soldats. Défendant un pays très fragile, aux institutions gangrénées par le népotisme et la corruption, nous sommes en train de perdre la guerre même si Barkhane gagne toutes les batailles.

Comme en Afghanistan, la géographie du Sahel est-elle un obstacle au rétablissement de la sécurité ?

C’est plus l’immensité de l’espace et le mauvais état des routes qui pose problème, plutôt que la géographie par elle-même. Les pays du G5 Sahel représentent environ 6 à 7 fois la superficie de la France. Il n’y a pas de zones montagneuses comparables réellement à l’Indu Kush d’Afghanistan, même si l’Aïr, que j’ai souvent parcouru et l’Adrar des Ifoghas, sont des zones difficiles. Ceci dit maintenant que la guerre s’est aussi déplacée au Burkina et y prend une coloration ethnique : agriculteurs Mossis contre pasteurs Peuls, elle devient extrêmement difficile, car l’enjeu est le contrôle des populations dans un contexte où les deux Etats sont défaillants. La guerre se déplace donc vers les villages dans un contexte de mosaïque ethnique très complexe, de crise environnementale, de tensions et conflits anciens qui sont ravivés délibérément par les jihadistes.

 

Pourquoi les armées africaines ne semblent-elles pas à la hauteur du défi ?

 

Il y a de grandes différences entre les armées du G5-Sahel. La Mauritanie a découragé les jihadistes qui ont pris la peignée à chaque fois qu’ils sont intervenus dans ce pays, qui se rouvre même au tourisme (!). L’armée tchadienne a considérablement aidé Serval en 2013 et est d’ailleurs très redoutée dans la sous-région. Mais elle est au four et au moulin, combattant les jihadistes de Boko Haram repliés dans le bassin du Lac Tchad, intervenant en Centrafrique, et répondant aux menaces multiples provenant du Darfour et de Libye.

L’armée nigérienne bien commandée “fait le boulot” et tient le coup pour l’instant, mais elle manque cruellement de moyens. Il suffirait que la France ou l’Union Européenne acceptent de mettre le paquet en formation, équipement, financement etc. pour en faire une armée capable de tenir le pays, Si le Niger recevait le tiers du milliard de dollars que coûte la force des Nations unies, la Minusma, en dotation annuelle pour sa sécurité, le Niger serait fort capable de se défendre.

Le vrai problème, ce sont les armées du Mali et du Burkina. Le problème est ici avant tout politique. Vous connaissez le dicton chinois ”le poisson pourrit par la tête”. En fait, il ne sert à rien d’entraîner ces deux armées et de les équiper si en particulier une gestion des ressources humaine rénovée ne permet pas de réintroduire un système méritocratique dans les chaînes de commandement et de sortir du népotisme.

 

Comme l’Afghanistan, le Sahel est-il gangréné par les trafics en tous genres et notamment armes et drogue ?

 

De tout temps le Sahel et le Sahara ont été des zones de trafic historiquement d’esclaves, d’or, d’ivoire et de sel. Aujourd’hui c’est plutôt la cocaïne, les armes et les migrants avec aussi un peu de gasoil et de produits alimentaires pour profiter des différences de prix avec l’Algérie. Ces trafics ont eu un impact désastreux au Mali en gangrénant une partie des élites dirigeantes dès la fin des années 1990 et le début des années 2000.

Maintenant ces trafics sont pour partie entre les mains des différents groupes djihadistes et contribuent à leur financement. Les ressources financières de ces groupes viennent aussi du contrôle des mines d’or artisanales, qui sont très importantes au Mali et au Burkina et de la taxation du coton, qui est l’une des richesses de ces pays et le racket sur les marchandises et les voyageurs sur les routes qu’ils contrôlent.

Comment expliquer la montée du jihad et la force de l’islam politique dans cette région autrefois réputée pour une certaine tolérance ?

 

L’islam soufi, historiquement propre à cette région, était extrêmement tolérant. Le salafisme n’est toutefois pas arrivé hier. Son implantation méthodique est l’œuvre de l’Arabie Saoudite, qui est très active au Sahel depuis la fin des années 70 et l’enrichissement des pays pétroliers. Depuis cette époque, on a vu surgir dans tout le Sahel francophone des mosquées financées par des fondations saoudiennes et cet effort méthodique sur plus de 40 ans a entraîné une modification radicale des comportements religieux. Pour ceux qui, comme moi, suivent le Sahel depuis 50 ans, on a vu apparaître les voiles des femmes depuis la fin des années 1990.

A ceci s’est conjugué un effondrement des systèmes d’éducation publique en zone rurale, ceci pour des raisons multiples : crises budgétaires, programme économique du FMI mal construit, mais surtout le choc démographique et la focalisation des donateurs sur les constructions d’écoles, alors que la formation et l’encadrement des enseignants ont été largement oubliés. Résultat, les écoles coraniques ont fréquemment été le seul lieu d’apprentissage des enfants et ces écoles ont été tenues par des convertis au salafisme. Ce n’est pas sans rappeler le rôle des madrassas du Pakistan dans la formation du mouvement Taliban.

Pourquoi ces états n’arrivent-ils pas à répondre aux besoins sociaux, éducatifs, de leur population ?

 

Ces pays sahéliens ont une population extrêmement pauvre et le taux de fiscalisation qui est de l’ordre de 20 % du PIB ne leur laisse pas de marges budgétaires bien conséquentes. Or ils sont soumis à un double choc : un choc démographique colossal avec des taux de croissance de la population supérieurs à 3%, 4% pour le Niger dont la population est passée de 3 millions à l’indépendance à 20 millions actuellement et dépassera 60 millions en 2050. Le deuxième choc est un choc sécuritaire, car les dépenses de sécurité qui atteignent ou dépassent 6% des PIB sont en train d’évincer les dépenses de développement et les dépenses sociales. Ces pays ne peuvent pas acheter des hélicoptères de combat et apporter une éducation de qualité à leurs enfants.

L’après Covid 19 pour l’agriculture française

L’après Covid 19 pour  l’agriculture française

Denis Fumery, agriculteur, et président de l’association Villes-Campagnes explique les conséquences du CIvid 19 pour l’agriculture française et considère qu’on ne peut pas déléguer notre alimentation à d’autres.

 

 

« L’agriculture française est confrontée à une crise d’ampleur inédite qui, combinée aux difficultés auxquelles l’exposent ses vieux démons, la mettent à genoux. En effet, c’est un tableau sombre qui s’offre à Julien Denormandie, nouveau ministre de l’Agriculture de notre pays. La filière vitivinicole se retrouve avec un milliard de litres de vin en excédent. Les ventes des boulangeries ont plongé de 30 %, la production laitière ne trouve plus de débouchés à l’export, 450.000 tonnes de pommes de terre n’ont pas été consommées entre mars et juillet. L’horticulture affiche 1,4 milliard d’euros de pertes sèches. On se retrouve face à un inventaire à la Prévert où tout semble crier : catastrophe !

Mais il est à noter que l’exécutif français n’est pas resté inactif face à cette situation. Des mesures ont été prises : 145 millions d’euros ont été alloués à la mise en place d’une distillation de crise pour transformer le vin en bioéthanol ou en gel hydroalcoolique. La filière pomme de terre, qui s’attend à un manque à gagner de 200 millions d’euros en raison de la crise, a reçu l’assurance d’être accompagnée par le ministère de l’Agriculture.

Toute crise porte en elle les germes de lendemains meilleurs. Et celle-ci n’échappe pas à la règle. Outre l’élan de sympathie et de curiosité qu’elle a suscité en direction du monde agricole, la pandémie du Covid-19 pourrait donner à la France l’occasion de repenser son agriculture et de lui redonner des couleurs. On n’en attendrait pas moins de la nation de Sully.

Par où pourrait-on commencer une entreprise aussi ambitieuse ? Une première option consisterait à amoindrir les coûts de production afin de permettre à l’agriculteur de mieux vivre de son métier et d’être compétitif sur un marché mondial en perpétuel changement.

Une intervention ferme dans le domaine du prix des engrais pourrait à la fois offrir cette bouffée d’air dont a besoin l’agriculture française, mais aussi envoyer un signal fort en direction du monde agricole. En effet, l’an dernier, l’Union européenne a adopté un taxe anti-dumping qui a affecté le secteur des engrais. La mesure qui ciblait trois pays (USA, Russie et Trinidad et Tobago) intervenait suite à une plainte de Fertilizers Europe. Cette volonté affichée de protéger les producteurs d’engrais du vieux continent à eu un contrecoup pour les agriculteurs. Désormais, les prix des engrais sont maintenus à des niveaux artificiellement élevés, ce qui grève notre compétitivité. Étrange situation que celle où les 27 se retrouvent à protéger l’industrie des fertilisants au détriment de sa propre agriculture. Déjà pour le compte de l’année 2019, l’Insee estime que les prix des engrais ont progressé de 9,4 %. Cette hausse a entraîné mécaniquement une baisse des volumes de l’ordre de 15,3 %. Cette situation s’est traduite par des contre-performances pour des filières comme l’horticulture, la pomme de terre ou encore la vitiviniculture. Quant à la filière céréalière, ses bons résultats sont masqués par la chute des cours mondiaux, une lutte âpre dans la conquête des marchés à l’export. Dans ce contexte, un renchérissement du prix des engrais contribue à plomber les marges des producteurs.

Difficile donc de comprendre le silence de la France devant l’adoption de cette taxe par le Comité des instruments de défense commerciale (IDC), surtout quand on sait que l’Hexagone importe 95,1 % des minéraux utilisés comme engrais. Premier consommateur de phosphate et leader de la consommation d’azote sur le vieux continent, le silence de la France lors de l’adoption des lois anti-dumping sur les engrais coûtera 2,8 milliards d’euros aux producteurs céréaliers. Il faut croire que c’est ce qu’a compris l’exécutif quand le président Macron déclarait au soir du 12 mars 2020 : « Déléguer notre alimentation [...] à d’autres est une folie.

La crise offre aujourd’hui l’opportunité aux dirigeants de jeter un regard neuf sur ces décisions et de repenser la politique agricole commune afin de la rapprocher de son esprit original et d’en faire le lieu où s’unissent toutes les forces agricoles du continent, plutôt qu’un outil de blocage qui paralyse et sclérose le monde agricole.

Face à la crise, l’heure doit être à l’audace. Il faudra innover pour survivre et regagner les parts de marché que l’agriculture perd chaque année à l’exportation. Le savoir-faire du terroir français doit retrouver le lustre qui est le sien. Mais cette reconquête ne passera pas par la frilosité et le recroquevillement du « c’était mieux avant », mais par une adoption responsable de l’apport des technologies afin de développer des avantages compétitifs.

Néanmoins, la plus grande des victoires du monde agricole français ne viendra pas de son internationalisation, mais de sa redécouverte et de sa compréhension par un acteur si proche, mais à la fois si lointain : le citoyen français lui-même. À cet égard, le Covid-19 a créé un momentum dont il convient de tirer le meilleur. Les villes et les campagnes doivent se redécouvrir. Les citoyens doivent se rapprocher de ceux qui les nourrissent et comprendre comment le repas qui se retrouve dans leurs assiettes est produit et quels sont les choix qui ont motivé telle ou telle option.

Dans un pays qui a récemment connu le triomphe d’un dynamique écologiste lors des dernières municipales, cette démarche ne serait pas dénuée de sens. Mais pour que ce vœu s’accomplisse, il faudra également que le monde rural aille à la rencontre des villes, fasse preuve de pédagogie, et explique inlassablement sa démarche. Dans cette démarche, le rôle des pouvoirs publics est également capital.

Ce qui est attendu aujourd’hui de Julien Denormandie est de participer à cette dynamique qui aidera la France à redevenir la nation dont labourage et pâturage sont les deux mamelles.

Quel avenir pour l’industrie française ?

Quel  avenir pour l’industrie française ?

C’est l’interrogation d’Olivier Minaud, Directeur des opérations chez Wilo France dans une chronique de la tribune.

 

La part de l’industrie manufacturière dans l’économie française a diminué de moitié, de 22,3 % à 11,2 %, alors que sur la même période le secteur tertiaire a, à l’inverse, pris davantage de poids dans l’économie française. La diminution de la part de l’industrie dans le PIB a surtout été marquée entre 2000 et 2007 en raison notamment de la baisse des prix des biens de l’industrie qui nécessitent de moins en moins de travail humain, et entre 2007 et 2014 car l’industrie manufacturière, en particulier traditionnelle comme la sidérurgie, les chantiers navals, a été durement touchée par la crise économique.

« En tant qu’industriels, nous figurons parmi les professionnels les mieux préparés à une crise sanitaire. La gestion des risques et la protection des équipes font partie intégrante du quotidien. C’est pourquoi il a été possible de rapidement mettre en œuvre des mesures sanitaires pour assurer la santé des collaborateurs, puis s’adapter pour maintenir une activité. Ce fut le cas de l’ensemble des industries de première nécessité, mais aussi de nombreuses industries de « seconde ligne », celles produisant des biens d’utilité publique et qui ont décidé de maintenir leur usine ouverte pour continuer de respecter leurs engagements sociétaux et économiques.

Dans la gestion de cette crise, la confiance apparaît comme le premier facteur clé de réussite pour de nombreux industriels. La confiance dans un réseau de partenaires d’abord, qu’il s’agisse de fournisseurs de composants ou bien de sociétés de services et de maintenance, qui a permis d’adapter intelligemment et de concert les niveaux d’activité. Mais aussi, la relation de confiance nouée avec les collaborateurs, les partenaires sociaux et les instances représentatives du personnel, sans laquelle il aurait été difficile de faire respecter des mesures, parfois strictes, dans le but de préserver la santé tout en maintenant l’activité. C’est cette même confiance qui permet la bonne gestion des cas personnels de chaque collaborateur lorsque nécessaire et la mise en place d’organisation du travail plus flexible. Enfin, la confiance accordée par les clients en l’entreprise, ses valeurs et ses capacités de production et livraison, est cruciale pour sécuriser les carnets de commandes.

Cette confiance est issue d’une culture d’entreprise qui se bâtit dans le temps et s’appuie sur la cohérence économique, sociale et environnementale du projet. Elle constitue une base stable et solide et semble être un facteur sine qua non pour traverser les possibles crises.

Le deuxième facteur clé de réussite, mis en exergue par cette nouvelle crise, est l’agilité. Les méthodes de travail doivent être repensées en ce sens. Dans des marchés si tendus, l’hyperréactivité est de mise et elle ne se fera pas sans polyvalence. D’un côté, les directions doivent être en mesure d’adapter les organisations de travail aux conditions en temps réel et, de l’autre, les collaborateurs doivent être formés et acquérir les compétences nécessaires afin de pouvoir s’adapter à un environnement de travail plus flexible mais aussi afin de préserver leur employabilité dans une industrie en pleine transformation.

 

L’agilité, c’est également ce qui a permis à de nombreuses entreprises non-familières avec le télétravail de déployer des accès distants robustes et sécurisés en un temps record. Il a souvent été dit que le monde du travail, tel que nous le connaissions jusqu’ici, est d’ailleurs devenu obsolète depuis l’instauration massive du télétravail. Mais cela mériterait d’être nuancé. Penser que le télétravail fonctionnera forcément sur le long terme, car il a su le faire pendant un trimestre ne reflète pas la complexité du monde du travail. Pour éviter un possible décrochage, nous devons à présent nous mettre autour de la table pour savoir comment utiliser l’expérience de ces derniers mois afin de mieux travailler et collaborer à l’avenir. Notre économie est déconfinée peu à peu, il faut à présent déconfiner le travail de manière progressive, en prenant du recul sur la situation pour allier technologie, collaboration et lien social.

La régionalisation des productions est depuis plusieurs années déjà une tendance importante, pour des raisons aussi bien économiques qu’écologiques. La crise que nous connaissons est venue accentuer cette tendance via une prise de conscience forte des citoyens quant aux enjeux environnementaux et aux enjeux de sécurité d’approvisionnement national et européen. Pour relever ce défi et respecter ses responsabilités, l’industrie française, et plus largement européenne, doit s’adapter afin d’éviter une récession.

Le secteur industriel français est marqué par la présence de grands groupes renommés, mais il est également porté par une multitude d’entreprises de tailles intermédiaires, ainsi qu’un maillage de petites entreprises spécialisées dans le secteur des services industriels (laverie, entretien, etc.). Et c’est précisément ce maillage que nous avons la responsabilité de préserver aujourd’hui. En temps de crise, les industriels tendent à réduire, voire annuler, certains contrats auprès de partenaires externes afin de se concentrer sur leur cœur de métier. Une récession pourrait venir mettre à mal temporairement cet écosystème d’emplois et causer la fermeture de certaines entreprises de petites tailles.

Pour éviter cela, la vie industrielle doit reprendre son cours au plus tôt, en respectant les mesures de gestion du risque sanitaire. À ce titre, reprendre dès à présent les recrutements est primordial, y compris les contrats d’apprentissage. L’attrait pour une industrie plus responsable est un facteur clé pour le recrutement des nouvelles générations. Pour faire prospérer l’industrie française, la formation est donc l’un des enjeux majeurs. Pourtant, elle risque d’être mise à mal par les difficultés financières des industriels. Toute une génération d’apprentis ne pourrait, potentiellement, pas être formée dans de bonnes conditions.

Cette crise a entraîné une prise de conscience face à la nécessité d’apporter plus de cohérence dans nos politiques et nos projets industriels. De nouvelles vocations vont naître de ce terreau fertile. Les métiers industriels sont des métiers d’avenir. Animés par des enjeux en matière d’amélioration de conditions de travail, d’impact environnemental ou encore de sécurité d’approvisionnement, ils sont porteurs de sens.

À la crise sanitaire va probablement se succéder une crise économique et, à terme, une crise écologique. L’industrie pourrait cascader de crises en crises si nous n’agissons pas. Les plans nationaux de relance sont, sans nul doute, nécessaires sur le court terme, mais ils ne sont pas suffisants ou fiables sur le long terme. Pour faire face à de grandes puissances industrielles étrangères ayant établi des stratégies claires, les gouvernements européens doivent s’engager sur des plans d’investissement visant à résoudre les problématiques actuelles tout en dessinant l’industrie de demain. Un véritable projet industriel européen doit naître, axé sur la sécurité, la réduction de l’impact climatique et le respect des valeurs humanistes qui nous définissent.

Encore un avenir pour l’industrie française ?

Encore un avenir pour l’industrie française ?

C’est l’interrogation d’Olivier Minaud, Directeur des opérations chez Wilo France dans une chronique de la tribune.

La part de l’industrie manufacturière dans l’économie française a diminué de moitié, de 22,3 % à 11,2 %, alors que sur la même période le secteur tertiaire a, à l’inverse, pris davantage de poids dans l’économie française. La diminution de la part de l’industrie dans le PIB a surtout été marquée entre 2000 et 2007 en raison notamment de la baisse des prix des biens de l’industrie qui nécessitent de moins en moins de travail humain, et entre 2007 et 2014 car l’industrie manufacturière, en particulier traditionnelle comme la sidérurgie, les chantiers navals, a été durement touchée par la crise économique.

« En tant qu’industriels, nous figurons parmi les professionnels les mieux préparés à une crise sanitaire. La gestion des risques et la protection des équipes font partie intégrante du quotidien. C’est pourquoi il a été possible de rapidement mettre en œuvre des mesures sanitaires pour assurer la santé des collaborateurs, puis s’adapter pour maintenir une activité. Ce fut le cas de l’ensemble des industries de première nécessité, mais aussi de nombreuses industries de « seconde ligne », celles produisant des biens d’utilité publique et qui ont décidé de maintenir leur usine ouverte pour continuer de respecter leurs engagements sociétaux et économiques.

Dans la gestion de cette crise, la confiance apparaît comme le premier facteur clé de réussite pour de nombreux industriels. La confiance dans un réseau de partenaires d’abord, qu’il s’agisse de fournisseurs de composants ou bien de sociétés de services et de maintenance, qui a permis d’adapter intelligemment et de concert les niveaux d’activité. Mais aussi, la relation de confiance nouée avec les collaborateurs, les partenaires sociaux et les instances représentatives du personnel, sans laquelle il aurait été difficile de faire respecter des mesures, parfois strictes, dans le but de préserver la santé tout en maintenant l’activité. C’est cette même confiance qui permet la bonne gestion des cas personnels de chaque collaborateur lorsque nécessaire et la mise en place d’organisation du travail plus flexible. Enfin, la confiance accordée par les clients en l’entreprise, ses valeurs et ses capacités de production et livraison, est cruciale pour sécuriser les carnets de commandes.

Cette confiance est issue d’une culture d’entreprise qui se bâtit dans le temps et s’appuie sur la cohérence économique, sociale et environnementale du projet. Elle constitue une base stable et solide et semble être un facteur sine qua non pour traverser les possibles crises.

Le deuxième facteur clé de réussite, mis en exergue par cette nouvelle crise, est l’agilité. Les méthodes de travail doivent être repensées en ce sens. Dans des marchés si tendus, l’hyperréactivité est de mise et elle ne se fera pas sans polyvalence. D’un côté, les directions doivent être en mesure d’adapter les organisations de travail aux conditions en temps réel et, de l’autre, les collaborateurs doivent être formés et acquérir les compétences nécessaires afin de pouvoir s’adapter à un environnement de travail plus flexible mais aussi afin de préserver leur employabilité dans une industrie en pleine transformation.

 

L’agilité, c’est également ce qui a permis à de nombreuses entreprises non-familières avec le télétravail de déployer des accès distants robustes et sécurisés en un temps record. Il a souvent été dit que le monde du travail, tel que nous le connaissions jusqu’ici, est d’ailleurs devenu obsolète depuis l’instauration massive du télétravail. Mais cela mériterait d’être nuancé. Penser que le télétravail fonctionnera forcément sur le long terme, car il a su le faire pendant un trimestre ne reflète pas la complexité du monde du travail. Pour éviter un possible décrochage, nous devons à présent nous mettre autour de la table pour savoir comment utiliser l’expérience de ces derniers mois afin de mieux travailler et collaborer à l’avenir. Notre économie est déconfinée peu à peu, il faut à présent déconfiner le travail de manière progressive, en prenant du recul sur la situation pour allier technologie, collaboration et lien social.

La régionalisation des productions est depuis plusieurs années déjà une tendance importante, pour des raisons aussi bien économiques qu’écologiques. La crise que nous connaissons est venue accentuer cette tendance via une prise de conscience forte des citoyens quant aux enjeux environnementaux et aux enjeux de sécurité d’approvisionnement national et européen. Pour relever ce défi et respecter ses responsabilités, l’industrie française, et plus largement européenne, doit s’adapter afin d’éviter une récession.

Le secteur industriel français est marqué par la présence de grands groupes renommés, mais il est également porté par une multitude d’entreprises de tailles intermédiaires, ainsi qu’un maillage de petites entreprises spécialisées dans le secteur des services industriels (laverie, entretien, etc.). Et c’est précisément ce maillage que nous avons la responsabilité de préserver aujourd’hui. En temps de crise, les industriels tendent à réduire, voire annuler, certains contrats auprès de partenaires externes afin de se concentrer sur leur cœur de métier. Une récession pourrait venir mettre à mal temporairement cet écosystème d’emplois et causer la fermeture de certaines entreprises de petites tailles.

Pour éviter cela, la vie industrielle doit reprendre son cours au plus tôt, en respectant les mesures de gestion du risque sanitaire. À ce titre, reprendre dès à présent les recrutements est primordial, y compris les contrats d’apprentissage. L’attrait pour une industrie plus responsable est un facteur clé pour le recrutement des nouvelles générations. Pour faire prospérer l’industrie française, la formation est donc l’un des enjeux majeurs. Pourtant, elle risque d’être mise à mal par les difficultés financières des industriels. Toute une génération d’apprentis ne pourrait, potentiellement, pas être formée dans de bonnes conditions.

Cette crise a entraîné une prise de conscience face à la nécessité d’apporter plus de cohérence dans nos politiques et nos projets industriels. De nouvelles vocations vont naître de ce terreau fertile. Les métiers industriels sont des métiers d’avenir. Animés par des enjeux en matière d’amélioration de conditions de travail, d’impact environnemental ou encore de sécurité d’approvisionnement, ils sont porteurs de sens.

À la crise sanitaire va probablement se succéder une crise économique et, à terme, une crise écologique. L’industrie pourrait cascader de crises en crises si nous n’agissons pas. Les plans nationaux de relance sont, sans nul doute, nécessaires sur le court terme, mais ils ne sont pas suffisants ou fiables sur le long terme. Pour faire face à de grandes puissances industrielles étrangères ayant établi des stratégies claires, les gouvernements européens doivent s’engager sur des plans d’investissement visant à résoudre les problématiques actuelles tout en dessinant l’industrie de demain. Un véritable projet industriel européen doit naître, axé sur la sécurité, la réduction de l’impact climatique et le respect des valeurs humanistes qui nous définissent.

L’économie française rebondit probablement plus vite ? (BDF)

L’économie française rebondit probablement plus vite ? (BDF)

La Banque de France essaye de corriger le tir car ses prévisions étaient  inférieures aux nouvelles projections du gouvernement. Un gouvernement qui pense que la croissance pourra atteindre 8 % en 2021 et  permettant presque  d’annuler le trou de 2020. L’écart entre Bercy et la Banque de France est faible entre 1 et 2 %.

Pour autant la Banque de France va sans doute vouloir participer à ce moment d’euphorie que constitue le redressement du mois dernier. Un redressement plus important qu’attendu mais qu’il faut sans doute aussi savoir relativiser. En effet la crise sociale débute à peine, et c’est à l’automne qu’on va en mesurer les effets désastreux du point de vue social bien sûr mais aussi économique.

La Banque de France a estimé le mois dernier que la deuxième économie de la zone euro tournerait 12% en dessous de ses capacités d’ici la fin juin, quand la perte d’activité sur les quinze premiers jours du confinement, fin mars, avait atteint 32% et était encore de 17% fin mai, après la levée du confinement.

La banque centrale doit publier de nouvelles estimations ce mardi matin.

“La reprise se passe au moins aussi bien que nous l’avions prévu et peut-être même un peu mieux”, a indiqué François Villeroy de Galhau.

En prenant en compte les estimations de la perte d’activité sur les mois d’avril, mai et juin, la Banque de France estimait “autour de -15%” la contraction du PIB au 2e trimestre. Pour redonner confiance aux acteurs économiques les institutions et les gouvernements soulignent la vigueur de la reprise du mois dernier. Ils ont un peu tendance évidemment à exagérer pour le futur( en particulier par rapport à 2021 ou les incertitudes trop grandes faire des prévisions précises) la question est un effet de savoir si le redressement de juin correspond un phénomène conjoncturel notamment à une compensation de la paralysie systèmes de production et de distribution pendant plusieurs mois à un phénomène plus culturel. Or ce n’est pas à partir des résultats d’un mois on peut imaginer la tendance culturelle

François Villeroy de Galhau, sans minimiser la gravité de la crise économique, a déclaré dimanche que la situation pourrait de même être un peu meilleure.

Avenir industrie automobile française : une crise qui va durer 10 ans

Avenir industrie automobile française : une crise qui va durer 10 ans

 

Selon les consultants du cabinet AlixPartners., près un pic des ventes à 2,7 millions de véhicules en 2019, celles-ci vont tomber à 1,8 million en 2020. Elles retrouveraient en 2022 leur niveau de 2016, soit 2,4 millions d’unités vendues. Le retour de la croissance n’étant pas attendu avant 2030. Le marché «ne devrait pas être en croissance malgré le maintien des lancements de nouveaux véhicules», estime Laurent Petizon, le directeur associé d’AlixPartners.

La France ne se relèvera pas au même rythme que l’Europe, dont les ventes devraient croître de 7,7 % par an de 2020 à 2025. D’après les prévisions d’AlixPartners, le marché sera soutenu par les ventes de SUV – électrifiés pour la plupart – qui devraient en 2030 représenter 43 % du marché, contre 21 % en 2015. Autre effet de la crise du Covid-19, le volume de production dans l’Hexagone va plonger à 1,5 million d’unités (2,2 millions en 2019) et se stabiliser à 1,8

 

Plusieurs concertations ont lieu avec les partenaires pour soutenir l’emploi, dont une sur les modalités d’un dispositif d’activité partielle, qui sera mis en place par un accord collectif d’entreprise ou de branche. Il donnerait lieu à une indemnisation en contrepartie du maintien dans l’emploi.

En avril, 8,6 millions de salariés étaient au chômage partiel, a rappelé la ministre, qui n’a pas encore les chiffres de mai.

Depuis le début de la crise en mars, le gouvernement a mis en place un régime exceptionnel de chômage partiel pour éviter les licenciements.

Depuis le 1e juin, la prise en charge par l’État et l’Unedic a baissé de 100% à 85% de l’indemnité versée au salarié, à l’exception des secteurs faisant l’objet de restrictions en raison de la crise sanitaire comme le tourisme ou la restauration.

« Ce dispositif permettra de garder son emploi, à l’entreprise de garder ses compétences », a expliqué la ministre.

 

Parmi les contreparties pour l’entreprise, le maintien dans l’emploi mais aussi,  »s’il y a une baisse de salaire pendant la crise (à l’issue de la crise, NDLR), on fait plus d’intéressement. Ce sera négocié dans l’entreprise ».

 

 

Avenir filière automobile française : une crise qui va durer 10 ans

Avenir filière automobile française : une crise qui va durer 10 ans

 

Selon les consultants du cabinet AlixPartners., près un pic des ventes à 2,7 millions de véhicules en 2019, celles-ci vont tomber à 1,8 million en 2020. Elles retrouveraient en 2022 leur niveau de 2016, soit 2,4 millions d’unités vendues. Le retour de la croissance n’étant pas attendu avant 2030. Le marché «ne devrait pas être en croissance malgré le maintien des lancements de nouveaux véhicules», estime Laurent Petizon, le directeur associé d’AlixPartners.

La France ne se relèvera pas au même rythme que l’Europe, dont les ventes devraient croître de 7,7 % par an de 2020 à 2025. D’après les prévisions d’AlixPartners, le marché sera soutenu par les ventes de SUV – électrifiés pour la plupart – qui devraient en 2030 représenter 43 % du marché, contre 21 % en 2015. Autre effet de la crise du Covid-19, le volume de production dans l’Hexagone va plonger à 1,5 million d’unités (2,2 millions en 2019) et se stabiliser à 1,8

 

Plusieurs concertations ont lieu avec les partenaires pour soutenir l’emploi, dont une sur les modalités d’un dispositif d’activité partielle, qui sera mis en place par un accord collectif d’entreprise ou de branche. Il donnerait lieu à une indemnisation en contrepartie du maintien dans l’emploi.

En avril, 8,6 millions de salariés étaient au chômage partiel, a rappelé la ministre, qui n’a pas encore les chiffres de mai.

Depuis le début de la crise en mars, le gouvernement a mis en place un régime exceptionnel de chômage partiel pour éviter les licenciements.

Depuis le 1e juin, la prise en charge par l’État et l’Unedic a baissé de 100% à 85% de l’indemnité versée au salarié, à l’exception des secteurs faisant l’objet de restrictions en raison de la crise sanitaire comme le tourisme ou la restauration.

« Ce dispositif permettra de garder son emploi, à l’entreprise de garder ses compétences », a expliqué la ministre.

 

Parmi les contreparties pour l’entreprise, le maintien dans l’emploi mais aussi,  »s’il y a une baisse de salaire pendant la crise (à l’issue de la crise, NDLR), on fait plus d’intéressement. Ce sera négocié dans l’entreprise ».

 

 

L’automobile française : 10 ans avant d’amortir la crise

L’automobile  française : 10 ans avant d’amortir la crise

Selon les consultants du cabinet AlixPartners., près un pic des ventes à 2,7 millions de véhicules en 2019, celles-ci vont tomber à 1,8 million en 2020. Elles retrouveraient en 2022 leur niveau de 2016, soit 2,4 millions d’unités vendues. Le retour de la croissance n’étant pas attendu avant 2030. Le marché «ne devrait pas être en croissance malgré le maintien des lancements de nouveaux véhicules», estime Laurent Petizon, le directeur associé d’AlixPartners.

La France ne se relèvera pas au même rythme que l’Europe, dont les ventes devraient croître de 7,7 % par an de 2020 à 2025. D’après les prévisions d’AlixPartners, le marché sera soutenu par les ventes de SUV – électrifiés pour la plupart – qui devraient en 2030 représenter 43 % du marché, contre 21 % en 2015. Autre effet de la crise du Covid-19, le volume de production dans l’Hexagone va plonger à 1,5 million d’unités (2,2 millions en 2019) et se stabiliser à 1,8

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