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« La société française malade de son dialogue social bloqué »

« La société française malade de son dialogue social bloqué »

Matthieu Rosy Matthieu Rosy, Président du Centre d’Etudes des Directeurs d’Associations Professionnelles (CEDAP) estime que « Si le dialogue avec la société se porte si mal en France, c’est parce que le dialogue avec les corps intermédiaires n’est plus respecté » (Tribune dans l’opinion).

 

 

Replongés dans notre pays, les deux voyageurs des Lettres persanes poseraient d’emblée le diagnostic que beaucoup de nos gouvernants refusent de faire : si le dialogue avec la société se porte si mal en France, c’est parce que le dialogue avec les corps intermédiaires n’est plus respecté.

Parmi ces derniers figurent, bien sûr, les 756 associations professionnelles françaises qui représentent tous les secteurs et les activités de leurs membres (santé, environnement, industrie, technologies, services, professions libérales…). Elles valorisent auprès du grand public des enjeux économiques et d’emplois. Elles travaillent résolument à concilier leur intérêt sectoriel et l’intérêt général. Elles contribuent à inscrire leurs adhérents dans des démarches RSE volontaires. Celles qui gèrent une convention collective œuvrent aussi à la qualité du dialogue social dans leur branche.

Pour ces structures représentatives, indispensables au bon fonctionnement de la démocratie française, 2019 aura marqué un tournant symbolique. Après l’épisode de l’échec annoncé d’une réforme de l’assurance-chômage menée sous contrôle gouvernemental, la réforme des retraites a marqué une nouvelle étape dans la dégradation des relations des pouvoirs publics avec les corps intermédiaires ; ceux que Pierre Rosanvallon appelle à juste titre les « institutions de l’interaction ».

Conférences citoyennes. En tant que représentants d’associations professionnelles, nous observons, par exemple, la montée récente des conférences citoyennes. Si ces formats originaux constituent un moyen de renouveler les relations entre les décideurs publics et les Français, ces procédures directes tendent néanmoins à se substituer à l’échange des pouvoirs avec les associations professionnelles dont les expertises techniques, sectorielles et économiques, souvent parmi les plus pointues, restent un atout pour construire le consensus et élaborer la décision.

Pour que cohabitent démocratie participative et démocratie représentative, il est important pour les associations professionnelles que soient respectées deux conditions très liées.

La première est de refuser l’affaiblissement insidieux des corps intermédiaires par leur éviction rampante des processus de discussions législatives, réglementaires et administratives. Cet affaiblissement serait une extension du domaine de la lutte libérale sur le terrain des associations professionnelles. Ne perdons pas de vue qu’une logique de désintermédiation est à l’œuvre depuis quelques années dans plusieurs secteurs de l’économie et qu’elle pourrait viser les corps intermédiaires. A ce stade, il n’est pas inutile de réaffirmer qu’ils ne sont pas un simple raffinement de l’histoire mais sont au contraire indispensables au bon équilibre social et économique de notre pays.

De par leurs capacités de médiation et de négociation, nos structures peuvent éviter des confrontations directes et dangereuses entre une partie de la population et les pouvoirs publics. Certains observateurs notent d’ailleurs que le mouvement des Gilets jaunes n’aurait sans doute pas pris cette ampleur si le dialogue avec les corps intermédiaires n’avait pas été malmené.

Cadre d’action. Dès lors que la première condition est remplie, la deuxième est de redonner aux associations et syndicats professionnels un nouveau cadre d’action pour mieux interagir avec les pouvoirs publics et avec les Français.

Ainsi, la consultation de nos structures sectorielles en amont des processus législatifs et réglementaires reste trop rare, trop aléatoire et trop informelle. Nous appelons donc à la rendre systématique et à la normaliser, à la fois au niveau de l’Exécutif, du Législatif et de l’Administration.

Ces nouvelles procédures seraient de nature à réactiver le dialogue avec les représentants de la société civile en reconnaissant pleinement leur rôle et leur apport de valeur, à éviter des mesures techniquement « hors sol » ou économiquement dangereuses… Bref, à gagner beaucoup de temps, à rationaliser la décision publique et à la rendre plus compréhensible pour tous.

Le Centre d’Etudes des Directeurs d’Associations Professionnelles (CEDAP) est prêt, avec la vocation d’expertise qui est la sienne, à apporter sa pierre à des réflexions et travaux qui seraient lancés par les pouvoirs publics pour étudier la mise en œuvre de telles procédures, en plein accord bien sûr avec les exigences croissantes de transparence et de traçabilité de notre époque. Parmi d’autres, ces procédures seraient une avancée pour notre démocratie représentative.

Il ne s’agit pas là du combat de lobbies cherchant à mieux défendre leurs intérêts. Ce qui se joue ici est d’une tout autre ampleur : c’est la capacité de l’Etat à renouer le dialogue sociétal avec ses corps intermédiaires, à revivifier le lien indispensable avec les représentants de secteurs et de professions, qui sont des acteurs clefs de la dynamique sociale, économique et territoriale de notre pays. Pour in fine conforter notre démocratie et son efficacité collective.

Matthieu Rosy, Président du Centre d’Etudes des Directeurs d’Associations Professionnelles (CEDAP).

Economie française: une chute de 15 à 20 % du PIB si la pandémie dure jusqu’en été

Economie française: une chute de 15 à 20 % du PIB si la pandémie dure jusqu’en été

Il n’est pas besoin d’être un très grand économiste pour envisager les dégâts de la crise sanitaire sur l’économie. Aujourd’hui la production  est ralentie de l’ordre de 30 à 40 % du fait du confinement et de tous les problèmes d’approvisionnement. Si la crise devait durer jusqu’à l’été la chute du PIB pourrait alors atteindre 15 à 20 %. Le calcul est assez simple puisqu’un mois de confinement dans les conditions actuelles représente une chute de près de 3 % du PIB. La chute de l’économie provient bien entendu du confinement qui provoque le relativement voir l’arrêt de nombre d’entreprises mais à cette crise de la s’ajoute aussi une crise de la demande. En effet la consommation des ménages est sur une tendance de baisse de 35 %. Or la  consommation des ménages constitue pour la France des ressorts essentiels du dynamisme économique. Les ménages ont tendance à se recentrer sur les dépenses essentielles et diffèrent ou annulent  tout ce qui peut paraître accessoire, ils reportent e dans le temps les investissements d’équipement.

« La perte d’activité en heures travaillées est de l’ordre d’un tiers pendant la durée du confinement, ce qui correspond à un coût de trois points de PIB annuel pour un mois de confinement. Si le confinement se poursuit au delà d’un mois, la récession sera pire que celle de 2009.  Un mois de confinement entrainerait une récession de 2,6%, alors que nous avions prévu +1,2% de croissance avant la crise sanitaire ». Pour l’économiste de COE-Rexecode, Emmanuel Jessua, interrogé par La Tribune

L’ensemble de l’économie française est frappée de plein fouet par cette crise sanitaire. La propagation du virus sur l’ensemble du territoire, le durcissement et la reconduction probable des mesures de confinement, la fermeture administrative d’un grand nombre d’établissements ont mis un coup d’arrêt brutal à des pans entiers de l’économie française.

Si les mesures de confinement se prolongent encore pendant des semaines et que la situation sanitaire ne s’améliore pas rapidement, la pandémie pourrait faire des ravages avec des faillites d’entreprises en cascade et des destructions d’emplois par milliers.

Coronavirus : la stratégie sanitaire française critiquée

Coronavirus : la stratégie sanitaire française critiquée

Un papier du monde synthétise les interrogations et les critiques de la stratégie sanitaire française.

« Sur quelles bases scientifiques, médicales, épidémiologiques, la stratégie actuelle de lutte contre l’épidémie de coronavirus a-t-elle été mise en œuvre en France et, plus généralement, en Europe ? Pourquoi les autorités sanitaires ont-elles, dans ces pays, décidé de ne suivre ni les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ni l’exemple chinois de lutte contre l’épidémie ? En décidant de laisser l’épidémie suivre son cours et d’attendre samedi 14 mars pour tenter de l’arrêter en fermant tous les lieux publics non indispensables, les pouvoirs publics français ont, sans le dire, accepté l’idée qu’une part importante de la population va être, dans les prochains mois, infectée par le coronavirus. Avec à la clé, à tout le moins, probablement, des dizaines de milliers de personnes décédées dans l’Hexagone. Une telle stratégie, encore une fois non avouée mais de facto mise en œuvre, ne devrait-elle pas être au minimum discutée ?

On sait aujourd’hui pas mal de choses sur la maladie à coronavirus 2019 (Covid-19), maladie infectieuse causée par le coronavirus SARS-CoV-2. Son taux de mortalité est de 20 à 30 fois supérieur à celui de la grippe saisonnière. Très contagieux, le SARS-CoV-2 est sensible aux désinfectants usuels. En France, le diagnostic spécifique de la Covid-19 est réalisé actuellement par une méthode de biologie moléculaire (RT-PCR spécifique) sur un écouvillonnage nasopharyngé dont le résultat est obtenu en 24 heures. Aucun test commercial simple n’est actuellement disponible.

Le SARS-CoV-2 infecte toutes les classes d’âge, mais de façon différenciée. 87 % des patients ont entre 30 et 79 ans, alors que moins de 1 % sont dans la classe d’âge inférieure à 10 ans. La fréquence des formes sévères et le taux de mortalité augmentent avec l’âge (15 % chez les patients de plus de 80 ans et 8 % chez les patients entre 70 et 79 ans). »

Le vieillissement la population française s’accélère

Le vieillissement la population française s’accélère

 

Les plus de 60 ans représentent 60% de la population sur la tendance ils seront 30% en 2070. Si la population française a augmenté entre 2018 et 2019 de seulement 0,3%, passant de 66,88 à 67,98 millions d’habitants, le rythme de la hausse a tendance a marqué le pas. Entre 2008 et 2013 par exemple, la variation annuelle était de 0,5% en moyenne. Cette progression est essentiellement due au solde naturel, c’est à dire la différence entre les naissances et les décès. Il s’est établi à +141.000 en 2019. Concernant le solde migratoire, c’est à dire la différence entre les arrivées et les départs, est estimé de son côté à 46.000 personnes.

En 2070, la France devrait compter 22 millions de personnes de 65 ans et plus contre 13 millions aujourd’hui, selon l’Insee .  Dans les années qui viennent, c’est surtout la tranche des 75 ans et plus qui va occuper une part croissante de la population.

 Il faudrait, pour inverser la tendance, soit une catastrophe sanitaire touchant les plus âgés, soit une forte poussée d’immigration et de naissances. Aucun de ces éléments ne paraissent être au programme. L’espérance de vie donne des signes de moindre croissance : si elle se stabilisait, ce n’est qu’en 2040 que le processus de vieillissement s’arrêterait.

L’enjeu des décennies à venir est double. Il y a d’abord la question du financement des retraites, mais elle a déjà été pour une bonne part anticipée en élevant l’âge de départ. La question qui demeure est surtout la possibilité de vieillir dans de bonnes conditions, notamment pour ceux qui ont des revenus modestes.

Le vieillissement démographique n’est pas prêt de s’enrayer.  En Europe, la part des personnes âgées de plus de 65 ans a également augmenté dans l’ensemble des pays de l’Union européenne depuis une quinzaine d’années. La population des personnes âgées de 65 ans et plus est passée ainsi de 16,2% en 2003 à 19,7% en 2018.

 

 Les derniers chiffres de l’organisme de statistiques montre que l’espérance de vie a augmenté  en France de 2 ans pour les hommes et de 1,2 an pour les femmes sur les dix dernières années. L’espérance de vie pour les hommes à la naissance est ainsi passé de 77,7 ans en 2009 à 79,7 ans en 2019. Chez les femmes, elle est passée de 83,7 ans à 84,9 ans. « Ces cinq dernières années, ils ont gagné 0,5 an d’espérance de vie et les femmes 0,2 an. L’espérance de vie continue donc de progresser mais les gains ont ralenti » rappellent les experts.

Pour les individus âgés de plus de 60 ans, la progression des gains d’espérance de vie est moins forte sur la même période. Chez les hommes, le gain est de 1,2 an, passant de 22,2 ans à 23,4 ans. Du côté des femmes, la hausse est de seulement 0,8 année.

Le nombre d’enfants par femme a légèrement diminué entre 2018 et 2019 passant de 1,88 à 1,87. Après quatre années de recul, l’indicateur s’est stabilisé. Malgré ce coup d’arrêt, ces récents chiffres sont loin d’être réjouissants. En effet, le ratio d’enfants par femme oscillait autour de 2 entre 2006 et 2014. En parallèle, l’âge moyen des femmes pour le premier enfant a tendance à reculer. En 2019, cet âge moyen s’est établi à 30,7 ans contre 29,3 ans il y a 20 ans. En 2017, l’hexagone demeurait le pays avec la fécondité la plus haute. En 2016, la Suède est passée devant l’Irlande pour la seconde marche du podium, le taux de fertilité était de 1,78 en 2018 contre 1,77 pour l’Irlande.

Ghosn: victime du nationalisme japonais …..et de l’ambigüité française

Ghosn: victime du nationalisme japonais …..et de l’ambigüité  française 

 

Rappel d’un article de janvier 2019 sur ce site

 

« L’attitude réactionnaire et nationaliste du Japon mérite évidemment d’être dénoncée et mériterait un boycott pour son non respect des règles internationales. En particulier dans le domaine judiciaire où les mis en examen sont contraints de se reconnaître coupable ou de rester en prison. Notons que le système judiciaire archaïque du Japon comprend aussi le maintien de la peine de mort ! Sans parler de l’affaire scandaleuse de la reprise de la chasse à la baleine au mépris de toutes les conventions internationales. Bref la dérive droitière, nationaliste et agressive du Japon mériterait le boycott. Le Japon empile les accusations de Carlos Ghosn pour le maintenir en prison et parallèlement intervient auprès de Nissan pour l’empêcher de réunir l’assemblée générale qui permettrait de désigner le nouveau conseil d’administration. Et pour continuer d’enfoncer Carlos Ghosn et surtout pour écarter Renault, Nissan a mis en place un comité spécial pour juger de la gouvernance de son entreprise. Le résultat est sans appel, le comité interne de Nissan juge que la gouvernance de l’entreprise est médiocre. Une manière de mettre en cause évidemment l’ancien président Carlos Ghosn. Au-delà ce comité a surtout pour objet de définir les conditions de choix du futur président. Or on sait que Renault est l’actionnaire dominant. Nissan cherche donc le moyen d’empêcher que Renault ne désigne un président représentant de cet actionnaire. En clair, il faut japoniser et Nissan mais aussi l’alliance Renault. Il est évident que la gouvernance de Nissan n’était peut-être pas idéale pour contrôler les rémunérations excessives de ses dirigeants. Reste que cette gouvernance a quand même permis de sauver Nissan grâce à l’intervention de Renault et de Carlos Ghosn…. »

Notons que depuis, le directeur général Nissan principal accusateur de Carlos Ghosn a été pris aussi la main dans le sac des combines financières pour améliorer sa rémunération. N’empêche qu’il a été longtemps soutenu par le gouvernement japonais pour exclure Ghosn  de Nissan et même le mettre en prison. Dans l’affaire il y a deux dimensions sans doute indiscutablement de la part de l’ancien président une confusion entre son portefeuille et les finances de son entreprise ( à sa décharge il n’est pas le seul ! Par exemple à s’attribuer des stock-options injustifiés, des rémunérations excessives ou des retraites chapeaux).

 

. Mais l’enjeu principal était autour de l’évolution capitalistique du groupe Renault ce à quoi s’opposait  le Japon qui voulait au contraire rôle rejaponiser Nissan. Le plus curieux dans l’affaire ,  c’est que la France ( actionnaire à hauteur de 20 %)  était aussi opposé à cette évolution capitalistique et que la mollesse de la France pour soutenir Ghosn en prison s’explique aussi par cette autre opposition.

L’ E-commerce va tuer l’économie française

L’ E-commerce  va tuer    l’économie française  

Comme c’était prévisible,  le e-commerce risque de tuer le commerce traditionnel mais au-delà toute l’économie française. Une récente enquête de Bercy le confirme de manière éclatante en constatant que 98 % des vendeurs des places de marché ne sont pas enregistrés et ne payent pas la TVA. Un différentiel de compétitivité immédiat de 20 %. A cela, s’ajoutent bien entendu d’autres facteurs car on substitue le plus souvent aux produits français des marchandises et des services produits dans des conditions particulièrement inégalitaires du point de vue économique, social, sanitaire et environnemental. C’est en particulier la stratégie d’Amazon au départ qui passent  des accords avec des  entreprises et des distributeurs français pour progressivement leur substituer  des produits venant d’autres pays; des pays qui évidemment qui pratiquent le dumping social et environnemental. Le moindre producteur français qui s’affranchit du paiement de la TVA est immédiatement sanctionné et peut même souvent fermer ses portes. Pour les grandes distributeurs  informatiques, on supporte l’insupportable. Pour preuve, cette information de 98 % de vendeurs des plateformes qui s’affranchissent  du paiement de la TVA est pratiquement passé inaperçue. De manière plus ou moins hypocrite, certains vont objecter que des discussions sont en cours pour taxer les grandes plates-formes mais la question de cette taxation ne concerne nullement la TVA mais surtout l’impôt sur le chiffre d’affaires. On comprend évidemment que les consommateurs en tirent avantage par contre si cette  situation perdure, c’est la mort assurée de l’économie française non seulement pour les produits manufacturés mais demain sans doute aussi pour l’alimentaire. Selon une enquête des Echos publiée lundi matin, basée sur un rapport de l’Inspection générale des Finances, 98% des vendeurs, enregistrés sur les places de marché de sites comme Amazon ou Cdiscount, ne sont pas immatriculés à la TVA en France. Très précisément, sur 24.459 vendeurs contrôlés par Bercy et enregistrés sur ces sites marchands, seuls 538 étaient en règle.

Beaucoup de ces vendeurs fraudeurs sont basés en Chine. Ils ne déclarent aucune TVA. Et les consommateurs y trouvent leur compte. Quand on achète un produit sur une place de marché en ligne, on se demande rarement qui est le vendeur, on fait confiance à l’intermédiaire, Amazon par exemple, pour être livré.

Le rapport de Bercy pointe bien le problème. Ces vendeurs qui fraudent la TVA « bénéficient d’un avantage prix de 20% par rapport aux sociétés qui remplissent leurs obligations fiscales, créant une distorsion de concurrence majeure ». Le rapport ajoute que « les montants en jeu sont considérables ». Combien ? Le fisc ne donne pas d’estimation. Mais quand on sait que le marché français de l’e-commerce frôle les 100 milliards d’euros, on imagine l’ampleur de la fraude. mais le plus important encore c’est la destruction d’emploi par les Gafa et Amazon zen particulier. Une étude a montré que chaque emploi crée par Amazon provoquait la suppression de deux autres emplois en France.

 

L’ E-commerce qui tue l’économie française

L’ E-commerce  qui tue   l’économie française  

Comme c’était prévisible,  le e-commerce risque de tuer le commerce traditionnel mais au-delà toute l’économie française. Une récente enquête de Bercy le confirme de manière éclatante en constatant que 98 % des vendeurs des places de marché ne sont pas enregistrés et ne payent pas la TVA. Un différentiel de compétitivité immédiat de 20 %. A cela, s’ajoutent bien entendu d’autres facteurs car on substitue le plus souvent aux produits français des marchandises et des services produits dans des conditions particulièrement inégalitaires du point de vue économique, social, sanitaire et environnemental. C’est en particulier la stratégie d’Amazon au départ qui passent  des accords avec des  entreprises et des distributeurs français pour progressivement leur substituer  des produits venant d’autres pays; des pays qui évidemment qui pratiquent le dumping social et environnemental. Le moindre producteur français qui s’affranchit du paiement de la TVA est immédiatement sanctionné et peut même souvent fermer ses portes. Pour les grandes distributeurs  informatiques, on supporte l’insupportable. Pour preuve, cette information de 98 % de vendeurs des plateformes qui s’affranchissent  du paiement de la TVA est pratiquement passé inaperçue. De manière plus ou moins hypocrite, certains vont objecter que des discussions sont en cours pour taxer les grandes plates-formes mais la question de cette taxation ne concerne nullement la TVA mais surtout l’impôt sur le chiffre d’affaires. On comprend évidemment que les consommateurs en tirent avantage par contre si cette  situation perdure, c’est la mort assurée de l’économie française non seulement pour les produits manufacturés mais demain sans doute aussi pour l’alimentaire. Selon une enquête des Echos publiée lundi matin, basée sur un rapport de l’Inspection générale des Finances, 98% des vendeurs, enregistrés sur les places de marché de sites comme Amazon ou Cdiscount, ne sont pas immatriculés à la TVA en France. Très précisément, sur 24.459 vendeurs contrôlés par Bercy et enregistrés sur ces sites marchands, seuls 538 étaient en règle.

Beaucoup de ces vendeurs fraudeurs sont basés en Chine. Ils ne déclarent aucune TVA. Et les consommateurs y trouvent leur compte. Quand on achète un produit sur une place de marché en ligne, on se demande rarement qui est le vendeur, on fait confiance à l’intermédiaire, Amazon par exemple, pour être livré.

Le rapport de Bercy pointe bien le problème. Ces vendeurs qui fraudent la TVA « bénéficient d’un avantage prix de 20% par rapport aux sociétés qui remplissent leurs obligations fiscales, créant une distorsion de concurrence majeure ». Le rapport ajoute que « les montants en jeu sont considérables ». Combien ? Le fisc ne donne pas d’estimation. Mais quand on sait que le marché français de l’e-commerce frôle les 100 milliards d’euros, on imagine l’ampleur de la fraude. mais le plus important encore c’est la destruction d’emploi par les Gafa et Amazon zen particulier. Une étude a montré que chaque emploi crée par Amazon provoquait la suppression de deux autres emplois en France.

 

L’ E-commerce va tuer l’économie française

L’ E-commerce  va tuer l’économie française  

Comme c’était prévisible le e-commerce risque de tuer le commerce traditionnel mais au-delà toute l’économie française. Une récente enquête de Bercy le confirme de manière éclatante en constatant que 98 % des vendeurs des places de marché ne sont pas enregistrés et ne payent pas la TVA. Un différentiel de compétitivité immédiat de 20 %. A cela, s’ajoutent bien entendu d’autres facteurs car on substitue le plus souvent aux produits français des marchandises et des services produits dans des conditions particulièrement inégalitaires du point de vue économique, social, sanitaire et environnemental. C’est en particulier la stratégie d’Amazon au départ qui passent  des accords avec des  entreprises et des distributeurs français pour progressivement leur substituer  des produits venant d’autres pays; des pays qui évidemment qui pratiquent le dumping social et environnemental. Le moindre producteur français qui s’affranchit du paiement de la TVA est immédiatement sanctionné et peut même souvent fermer ses portes. Pour les grandes distributeurs  informatiques, on supporte l’insupportable. Pour preuve cette information de 98 % de vendeurs qui s’affranchit du paiement de la TVA est pratiquement passé inaperçue. De manière plus ou moins hypocrite, certains vont objecter que des discussions sont en cours pour taxer les grandes plates-formes mais la question de cette taxation ne concerne nullement la TVA mais surtout l’impôt sur le chiffre d’affaires. On comprend évidemment que les consommateurs en tirent avantage par contre si cette  situation perdure, c’est la mort assurée de l’économie française non seulement pour les produits manufacturés mais demain sans doute aussi pour l’alimentaire. Selon une enquête des Echos publiée lundi matin, basée sur un rapport de l’Inspection générale des Finances, 98% des vendeurs, enregistrés sur les places de marché de sites comme Amazon ou Cdiscount, ne sont pas immatriculés à la TVA en France. Très précisément, sur 24.459 vendeurs contrôlés par Bercy et enregistrés sur ces sites marchands, seuls 538 étaient en règle.

Beaucoup de ces vendeurs fraudeurs sont basés en Chine. Ils ne déclarent aucune TVA. Et les consommateurs y trouvent leur compte. Quand on achète un produit sur une place de marché en ligne, on se demande rarement qui est le vendeur, on fait confiance à l’intermédiaire, Amazon par exemple, pour être livré.

Le rapport de Bercy pointe bien le problème. Ces vendeurs qui fraudent la TVA « bénéficient d’un avantage prix de 20% par rapport aux sociétés qui remplissent leurs obligations fiscales, créant une distorsion de concurrence majeure ». Le rapport ajoute que « les montants en jeu sont considérables ». Combien ? Le fisc ne donne pas d’estimation. Mais quand on sait que le marché français de l’e-commerce frôle les 100 milliards d’euros, on imagine l’ampleur de la fraude. mais le plus important encore c’est la destruction d’emploi par les Gafa et Amazon zen particulier. Une étude a montré que chaque emploi crée par Amazon provoquait la suppression de deux autres emplois en France.

Chine: tassement économique et inflation

Les marchés ont de raison de s’inquiéter de la situation de la Chine qui  plombe les indices. D’une par, il y a ce recul inquiétant des exportations le quatrième mois successif , d’autre part il y a une montée l’inflation liée en particulier à la croissance des importations. Bref, une dynamique à laquelle la Chine n’est pas à habituée mais qui révèle peut-être aussi l’ampleur de la crise de l’endettement. L’inflation en Chine a atteint 4,5% en novembre en rythme annuel, soit son niveau le plus élevé depuis 2012, sous l’impulsion notamment des prix du porc, selon des statistiques officielles publiées mardi. Les prix de la viande la plus consommée du pays ont plus que doublé le mois dernier (+110,2% sur un an), le cheptel en Chine étant décimé par une épidémie de peste porcine africaine. Apparu en août 2018 dans le nord-est du pays, le virus s’est propagé dans la plupart de la Chine.

Officiellement, plus d’un million de porcs sont morts ou ont été abattus depuis le début de l’épidémie mais ce chiffre serait largement sous-estimé, selon plusieurs analystes. La flambée des prix du porc a entraîné un repli des consommateurs sur d’autres viandes. Le prix du boeuf a ainsi bondi de 22,2% sur un an le mois dernier et celui de l’agneau de 14,3%.

De leur côté, les prix à la production se sont de nouveau inscrits le mois dernier à la baisse, un nouveau signe inquiétant pour la deuxième économie mondiale, en pleine guerre commerciale avec les Etats-Unis. L’indice des prix sortie d’usine est tombé en novembre à -1,4% sur un an (contre -1,6% en octobre). Les prévisions d’un groupe d’analystes interrogés par Bloomberg tablaient toutefois sur une baisse plus prononcée (-1,5%).

 

 

La politique française de défense à remettre en cause ?

La politique   française de   défense  à remettre en cause  ?

 

Il est légitime de s’interroger sur la nature de la politique de défense, ses objectifs et ses modalités. Une interrogation qui doit d’ailleurs être permanente  car la nature des dangers et des risques évolue. En général, la problématique militaire reste du  domaine réservé des spécialistes , surtout depuis la professionnalisation de l’armée. Elle est aussi surtout orientée par les industries de la défense qui représentent  en France un poids économique non négligeable. La France fait partie, certes loin derrière les États-Unis et la Russie, des plus grands exportateurs au monde d’armements. L’industrie de l’armement représente donc un poids incontestable dans l’économie française.  En 2017, l’industrie de l’armement réalise 6,9 milliards d’euros de vente à l’international et emploie 200 000 personnes. La dissuasion nucléaire représente l’axe central de la politique de défense mais elle est forcément complétée par des forces opérationnelles qui interviennent  dans les territoires extérieurs ou en France.  L’effort de la France en matière de défense est assez considérable même s’il est en recul régulier par rapport au PIB. La question qui se pose est de savoir si cette stratégie militaire est bien adaptée aux enjeux  du moment. Ce qui caractérise les conflits en cours, c’est en quelque sorte leur délocalisation dans les pays en développement d’où l’importance donnée aux opérations extérieures comme au Sahel ou Levant. Avec la professionnalisation, les armes et la logistique se sont considérablement sophistiqués  utilisant notamment toutes les technologies de pointe; le  problème c’est que la plupart des opérations extérieures se caractérisent  le plus souvent par des luttes contre le terrorisme. Et la suprématie technologique devient illusoire. En fait, il s’agit de lutter contre un ennemi difficilement identifiable qui se mêle à la population locale. On a bien vu en Syrie que les satellites, drones, chasseurs et autres moyens d’artillerie étaient loin d’être suffisants pour anéantir Daesh. Ceux  qui se sont montrés les plus efficaces par exemple en Syrie, ce sont  les kurdes qui maison par maison ont nettoyé le terrain de la présence islamiste. Par parenthèse, ce qui n’a pas empêché les occidentaux de les abandonner ensuite! Au Sahel  la situation est encore plus complexe car les territoires en cause  sont immenses. Dès lors  se pose la question de savoir si les effectifs de l’armée, environ 200 000 militaires d’active, sont bien adaptés aux missions qu’  on leur demande aujourd’hui. Par exemple, on peut sérieusement s’interroger sur la mobilisation militaire  qui peut atteindre 10 000 hommes dans l’opération Vigipirate Sentinelle en France dans la mesure il s’agit essentiellement d’une mission de police. D’une certaine façon, les forces de dissuasion des grandes puissances se neutralisent et les grands pays conduisent leurs conflits par procuration dans des pays pauvres vulnérables à la propagande terroriste et où des différents groupes armés. On peut se demander  quelle peut être l’efficacité par exemple de l’opération Barkhane qui repose sur l’intervention d’environ 3000 hommes pour contrôler un territoire cinq à sept  fois grand comme la France qui va de la Mauritanie au Tchad. C’est un peu comme si sur un territoire comme la France,  on ne disposait que de cinq  hommes par département ! On objectera que cette opération Barkhane  va maintenant être soutenue par certains pays européens toutefois les effectifs risquent d’être encore très insuffisants par rapport à l’enjeu. Si la France voulait vraiment faire face avec efficacité à ses engagements, il faudrait au moins cinq à dix  fois plus de militaires et la question du service militaire obligatoire se poserait. Pour l’avenir les prochains conflits se caractériseront  surtout par des opérations de surveillance, de maintien de l’ordre et d’affrontement sporadique avec des troupes terrestres et des groupes ou individus terroristes.  La suprématie technologique ne suffira pas !

 

Les OPEX

se déroulent dans le cadre  :

  • de l’ONU : Liban (opération Daman menée dans le cadre de la Finul), Côte d’Ivoire (Onuci), Sahara occidental (Minurso), Liberia (Minufil), République démocratique du Congo (Monusco) ;
  • de l’Union européenne : mandat de la Mission de sécurité européenne pour l’assistance à réforme de la sécurité en République démocratique du Congo (EUSEC) achevé en juin 2016 ; opération Atalanta (2008) de lutte contre la piraterie maritime au large de la Corne de l’Afrique ;
  • de forces multinationales, comme la Force multinationale d’observation (FMO) dans le Sinaï ;
  • et dans un cadre national (équipes de protection embarquées sur des bateaux thoniers-seniers de sociétés d’armateurs privés français).

La décision d’engagement des armées est prise par le président de la République en Conseil de défense sur le fondement des prérogatives qu’il tient de l’article 15 de la Constitution du 4 octobre 1958 et de l’article 5, alinéa 2, qui fait de lui le “garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire et du respect des traités”.

Les ordres d’opération et la directive administrative et logistique sont produits par l’état-major des armées. La directive précise le périmètre géographique du théâtre d’opérations et ses modalités de soutien, dont le soutien financier (affectation des dépenses aux budgets opérationnels de programmes OPEX et versement de l’indemnité de sujétion pour service à l’étranger, notamment).

Le contrôle parlementaire des OPEX

Avec la modification des dispositions de l’article 35 de la Constitution, la réforme constitutionnelle du 23 juillet 2008 a renforcé le contrôle parlementaire.

Si le gouvernement décide d’engager une intervention armée, il doit informer le Parlement dans les trois jours. Un débat parlementaire sans vote peut être organisé, comme ce fut le cas le 24 septembre 2014 lors de l’intervention de la France en Irak avec l’opération Chammal ou le 25 septembre 2015 lors de l’engagement des forces aériennes en Syrie. Si l’intervention extérieure se prolonge au-delà de quatre mois, le gouvernement soumet cette prolongation à l’autorisation du Parlement. Il peut demander à l’Assemblée nationale de décider en dernier ressort.

Depuis l’entrée en vigueur de cette disposition, le gouvernement a demandé à sept reprises la prolongation d’une intervention extérieure :

  • le 22 septembre 2008 demande de prolongation de l’intervention en Afghanistan ;
  • le 28 janvier 2009 demande de prolongation de cinq interventions (Côte d’Ivoire, Tchad, Liban, Kosovo, République Centrafricaine) ;
  • le 12 juillet 2011 demande de prolongation de l’intervention en Libye ;
  • le 22 avril 2013, demande de prolongation de l’opération Serval au Mali ;
  • le 25 février 2014 demande de prolongation de l’opération Sangaris en République Centrafricaine ;
  • le 13 janvier 2015, demande de prolongation de l’opération Chammal en Irak ;
  • le 25 novembre 2015, demande de prolongation de l’engagement des forces aériennes au-dessus du territoire syrien.

 

L’enlisement de l’armée française au Sahel ?

L’enlisement de l’armée française au Sahel ?

 

La question que pose Serge Michailof, chercheur à l’Iris et enseignant à Sciences Po, ancien  directeur des opérations à l’Agence française de développement (AFD). Ce spécialiste de l’Afrique, et plus précisément du Sahel, s’ explique dans une inewiew à France info

L’armée française risque-t-elle un enlisement au Sahel ?

Serge Michailof : L’armée française se trouve dans une impasse. Elle a brillamment arrêté le rezzou (l’attaque NDLR) inorganisé lancé en janvier 2013, par trois groupements armés qui ont alors menacé le sud du pays et en particulier Bamako; elle a alors détruit une série de bases logistiques des jihadistes au nord du Mali. L’armée française a empêché la constitution de katibas (cellule armée NDLR) structurées susceptibles de menacer les centres urbains.

Mais la guerre s’est déplacée, comme on pouvait le craindre, vers le centre, puis le sud du pays, régions très peuplées. A cet égard, le terme de « terroriste » pour désigner l’ennemi est parfaitement inapproprié, puisque nous n’avons pas en face de nous des fous de Dieu exclusivement soucieux de semer le chaos, mais des hommes réfléchis qui ont arrêté une stratégie asymétrique classique assez proche de celle adoptée en Afghanistan par les Taliban. Or il suffit de regarder les cartes des incidents et actions conduites par les jihadistes de 2017 à 2019, pour constater l’expansion géographique et la multiplication de ces actions.

Nous constatons ainsi que l’ennemi déroule sa stratégie et que Barkhane, quelles que soient les victoires tactiques qu’elle remporte, n’a pas pu arrêter la dégradation de la situation sécuritaire. En outre, l’armée malienne subit défaite sur défaite. Elle a perdu 150 hommes en deux mois. Les jihadistes ont récemment fait une démonstration de leurs capacités en prenant le poste de Indelimane, à proximité de la frontière avec le Niger et en tuant 40 soldats. Défendant un pays très fragile, aux institutions gangrénées par le népotisme et la corruption, nous sommes en train de perdre la guerre même si Barkhane gagne toutes les batailles.

Comme en Afghanistan, la géographie du Sahel est-elle un obstacle au rétablissement de la sécurité ?

C’est plus l’immensité de l’espace et le mauvais état des routes qui pose problème, plutôt que la géographie par elle-même. Les pays du G5 Sahel représentent environ 6 à 7 fois la superficie de la France. Il n’y a pas de zones montagneuses comparables réellement à l’Indu Kush d’Afghanistan, même si l’Aïr, que j’ai souvent parcouru et l’Adrar des Ifoghas, sont des zones difficiles. Ceci dit maintenant que la guerre s’est aussi déplacée au Burkina et y prend une coloration ethnique : agriculteurs Mossis contre pasteurs Peuls, elle devient extrêmement difficile, car l’enjeu est le contrôle des populations dans un contexte où les deux Etats sont défaillants. La guerre se déplace donc vers les villages dans un contexte de mosaïque ethnique très complexe, de crise environnementale, de tensions et conflits anciens qui sont ravivés délibérément par les jihadistes.

Pourquoi les armées africaines ne semblent-elles pas à la hauteur du défi ?

 

Il y a de grandes différences entre les armées du G5-Sahel. La Mauritanie a découragé les jihadistes qui ont pris la peignée à chaque fois qu’ils sont intervenus dans ce pays, qui se rouvre même au tourisme (!). L’armée tchadienne a considérablement aidé Serval en 2013 et est d’ailleurs très redoutée dans la sous-région. Mais elle est au four et au moulin, combattant les jihadistes de Boko Haram repliés dans le bassin du Lac Tchad, intervenant en Centrafrique, et répondant aux menaces multiples provenant du Darfour et de Libye.

L’armée nigérienne bien commandée “fait le boulot” et tient le coup pour l’instant, mais elle manque cruellement de moyens. Il suffirait que la France ou l’Union Europénne acceptent de mettre le paquet en formation, équipement, financement etc. pour en faire une armée capable de tenir le pays, Si le Niger recevait le tiers du milliard de dollars que coûte la force des Nations unies, la Minusma, en dotation annuelle pour sa sécurité, le Niger serait fort capable de se défendre.

Le vrai problème, ce sont les armées du Mali et du Burkina. Le problème est ici avant tout politique. Vous connaissez le dicton chinois ”le poisson pourrit par la tête”. En fait, il ne sert à rien d’entraîner ces deux armées et de les équiper si en particulier une gestion des ressources humaine rénovée ne permet pas de réintroduire un système méritocratique dans les chaînes de commandement et de sortir du népotisme.

 

Comme l’Afghanistan, le Sahel est-il gangréné par les trafics en tous genres et notamment armes et drogue ?

 

De tout temps le Sahel et le Sahara ont été des zones de trafic historiquement d’esclaves, d’or, d’ivoire et de sel. Aujourd’hui c’est plutôt la cocaïne, les armes et les migrants avec aussi un peu de gasoil et de produits alimentaires pour profiter des différences de prix avec l’Algérie. Ces trafics ont eu un impact désastreux au Mali en gangrénant une partie des élites dirigeantes dès la fin des années 1990 et le début des années 2000.

Maintenant ces trafics sont pour partie entre les mains des différents groupes djihadistes et contribuent à leur financement. Les ressources financières de ces groupes viennent aussi du contrôle des mines d’or artisanales, qui sont très importantes au Mali et au Burkina et de la taxation du coton, qui est l’une des richesses de ces pays et le racket sur les marchandises et les voyageurs sur les routes qu’ils contrôlent.

Comment expliquer la montée du jihad et la force de l’islam politique dans cette région autrefois réputée pour une certaine tolérance ?

 

L’islam soufi, historiquement propre à cette région, était extrêmement tolérant. Le salafisme n’est toutefois pas arrivé hier. Son implantation méthodique est l’œuvre de l’Arabie Saoudite, qui est très active au Sahel depuis la fin des années 70 et l’enrichissement des pays pétroliers. Depuis cette époque, on a vu surgir dans tout le Sahel francophone des mosquées financées par des fondations saoudiennes et cet effort méthodique sur plus de 40 ans a entraîné une modification radicale des comportements religieux. Pour ceux qui, comme moi, suivent le Sahel depuis 50 ans, on a vu apparaître les voiles des femmes depuis la fin des années 1990.

A ceci s’est conjugué un effondrement des systèmes d’éducation publique en zone rurale, ceci pour des raisons multiples : crises budgétaires, programme économique du FMI mal construit, mais surtout le choc démographique et la focalisation des donateurs sur les constructions d’écoles, alors que la formation et l’encadrement des enseignants ont été largement oubliés. Résultat, les écoles coraniques ont fréquemment été le seul lieu d’apprentissage des enfants et ces écoles ont été tenues par des convertis au salafisme. Ce n’est pas sans rappeler le rôle des madrassas du Pakistan dans la formation du mouvement Taliban.

Pourquoi ces états n’arrivent-ils pas à répondre aux besoins sociaux, éducatifs, de leur population ?

 

Ces pays sahéliens ont une population extrêmement pauvre et le taux de fiscalisation qui est de l’ordre de 20 % du PIB ne leur laisse pas de marges budgétaires bien conséquentes. Or ils sont soumis à un double choc : un choc démographique colossal avec des taux de croissance de la population supérieurs à 3%, 4% pour le Niger dont la population est passée de 3 millions à l’indépendance à 20 millions actuellement et dépassera 60 millions en 2050. Le deuxième choc est un choc sécuritaire, car les dépenses de sécurité qui atteignent ou dépassent 6% des PIB sont en train d’évincer les dépenses de développement et les dépenses sociales. Ces pays ne peuvent pas acheter des hélicoptères de combat et apporter une éducation de qualité à leurs enfants.

 

Remettre en cause la politique française de défense?

Remettre en cause la politique   française de   défense?

 

Il est légitime de s’interroger sur la nature de la politique de défense, ses objectifs et ses modalités. Une interrogation qui doit d’ailleurs être permanente  car la nature des dangers et des risques évolue. En général, la problématique militaire reste du  domaine réservé des spécialistes , surtout depuis la professionnalisation de l’armée. Elle est aussi surtout orientée par les industries de la défense qui représentent  en France un poids économique non négligeable. La France fait partie, certes loin derrière les États-Unis et la Russie, des plus grands exportateurs au monde d’armements. L’industrie de l’armement représente donc un poids incontestable dans l’économie française.  En 2017, l’industrie de l’armement réalise 6,9 milliards d’euros de vente à l’international et emploie 200 000 personnes. La dissuasion nucléaire représente l’axe central de la politique de défense mais elle est forcément complétée par des forces opérationnelles qui interviennent  dans les territoires extérieurs ou en France.  L’effort de la France en matière de défense est assez considérable même s’il est en recul régulier par rapport au PIB. La question qui se pose est de savoir si cette stratégie militaire est bien adaptée aux enjeux  du moment. Ce qui caractérise les conflits en cours, c’est en quelque sorte leur délocalisation dans les pays en développement d’où l’importance donnée aux opérations extérieures comme au Sahel ou Levant. Avec la professionnalisation, les armes et la logistique se sont considérablement sophistiqués  utilisant notamment toutes les technologies de pointe; le  problème c’est que la plupart des opérations extérieures se caractérisent  le plus souvent par des luttes contre le terrorisme. Et la suprématie technologique devient illusoire. En fait, il s’agit de lutter contre un ennemi difficilement identifiable qui se mêle à la population locale. On a bien vu en Syrie que les satellites, drones, chasseurs et autres moyens d’artillerie étaient loin d’être suffisants pour anéantir Daesh. Ceux  qui se sont montrés les plus efficaces par exemple en Syrie, ce sont  les kurdes qui maison par maison ont nettoyé le terrain de la présence islamiste. Par parenthèse, ce qui n’a pas empêché les occidentaux de les abandonner ensuite! Au sahel  la situation est encore plus complexe car les territoires en cause  sont immenses. Dès lors  se pose la question de savoir si les effectifs de l’armée, environ 200 000 militaires d’active, sont bien adaptés aux missions qu’  on leur demande aujourd’hui. Par exemple, on peut sérieusement s’interroger sur la mobilisation militaire  qui peut atteindre 10 000 hommes dans l’opération Vigipirate Sentinelle en France dans la mesure il s’agit essentiellement d’une mission de police. D’une certaine façon, les forces de dissuasion des grandes puissances se neutralisent et les grands pays conduisent leurs conflits par procuration dans des pays pauvres vulnérables à la propagande terroriste et où des différents groupes armés. On peut se demander  quelle peut être l’efficacité par exemple de l’opération Barkhane qui repose sur l’intervention d’environ 3000 hommes pour contrôler un territoire cinq à sept  fois grand comme la France qui va de la Mauritanie au Tchad. C’est un peu comme si sur un territoire comme la France,  on ne disposait que de cinq  hommes par département ! Objectera que cette opération Barkhane  va maintenant être soutenue par certains pays européens toutefois les effectifs risquent d’être encore très insuffisants par rapport à l’enjeu. Si la France voulait vraiment faire face avec efficacité à ses engagements, il faudrait au moins cinq fois plus de militaires et la question du service militaire obligatoire se poserait. Pour l’avenir les prochains conflits se caractériseront  surtout par des opérations de surveillance, de maintien de l’ordre et d’affrontement sporadique avec des troupes terrestres et des groupes ou individus terroristes.  La suprématie technologique ne suffira pas !

 

Les OPEX

se déroulent dans le cadre  :

  • de l’ONU : Liban (opération Daman menée dans le cadre de la Finul), Côte d’Ivoire (Onuci), Sahara occidental (Minurso), Liberia (Minufil), République démocratique du Congo (Monusco) ;
  • de l’Union européenne : mandat de la Mission de sécurité européenne pour l’assistance à réforme de la sécurité en République démocratique du Congo (EUSEC) achevé en juin 2016 ; opération Atalanta (2008) de lutte contre la piraterie maritime au large de la Corne de l’Afrique ;
  • de forces multinationales, comme la Force multinationale d’observation (FMO) dans le Sinaï ;
  • et dans un cadre national (équipes de protection embarquées sur des bateaux thoniers-seniers de sociétés d’armateurs privés français).

La décision d’engagement des armées est prise par le président de la République en Conseil de défense sur le fondement des prérogatives qu’il tient de l’article 15 de la Constitution du 4 octobre 1958 et de l’article 5, alinéa 2, qui fait de lui le “garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire et du respect des traités”.

Les ordres d’opération et la directive administrative et logistique sont produits par l’état-major des armées. La directive précise le périmètre géographique du théâtre d’opérations et ses modalités de soutien, dont le soutien financier (affectation des dépenses aux budgets opérationnels de programmes OPEX et versement de l’indemnité de sujétion pour service à l’étranger, notamment).

Le contrôle parlementaire des OPEX

Avec la modification des dispositions de l’article 35 de la Constitution, la réforme constitutionnelle du 23 juillet 2008 a renforcé le contrôle parlementaire.

Si le gouvernement décide d’engager une intervention armée, il doit informer le Parlement dans les trois jours. Un débat parlementaire sans vote peut être organisé, comme ce fut le cas le 24 septembre 2014 lors de l’intervention de la France en Irak avec l’opération Chammal ou le 25 septembre 2015 lors de l’engagement des forces aériennes en Syrie. Si l’intervention extérieure se prolonge au-delà de quatre mois, le gouvernement soumet cette prolongation à l’autorisation du Parlement. Il peut demander à l’Assemblée nationale de décider en dernier ressort.

Depuis l’entrée en vigueur de cette disposition, le gouvernement a demandé à sept reprises la prolongation d’une intervention extérieure :

  • le 22 septembre 2008 demande de prolongation de l’intervention en Afghanistan ;
  • le 28 janvier 2009 demande de prolongation de cinq interventions (Côte d’Ivoire, Tchad, Liban, Kosovo, République Centrafricaine) ;
  • le 12 juillet 2011 demande de prolongation de l’intervention en Libye ;
  • le 22 avril 2013, demande de prolongation de l’opération Serval au Mali ;
  • le 25 février 2014 demande de prolongation de l’opération Sangaris en République Centrafricaine ;
  • le 13 janvier 2015, demande de prolongation de l’opération Chammal en Irak ;
  • le 25 novembre 2015, demande de prolongation de l’engagement des forces aériennes au-dessus du territoire syrien.

La budgétisation et le financement des OPEX

Dans son rapport de novembre 2016 sur les OPEX(nouvelle fenêtre), la Cour des comptes constate une modification de la nature et du coût des OPEX entre 2012 et 2015. Ces engagements armés se déploient selon des formats, intensités et durées variables, avec des répercussions quant à l’affectation des dépenses : sur quels budgets affecter les dépenses d’entraînement de l’armée afghane ou la protection des navires au large de la Somalie ?

La Cour des comptes souligne que les dépenses supplémentaires dues aux OPEX ont représenté, au cours des trois derniers exercices, plus de 1,1 milliard d’euros chaque année. Le coût unitaire, par militaire projeté, d’une opération extérieure a plus que doublé depuis une décennie, pour atteindre plus de 100 000 d’euros par soldat déployé par an.

La Cour des comptes comme le Sénat (rapport d’octobre 2016) demandent une meilleure connaissance du surcoût croissant des OPEX et recommandent d’inscrire en loi de finances initiale une dotation réaliste et sincère pour les OPEX.

Numérique et handicap des personnes , un atout pour l’économie française ?

Numérique et  handicap des personnes , un atout  pour l’économie française ?

Par (Alain Assouline) , président du réseau des écoles WebForce3 (*), fondateur du programme Handi4Change ( point de vue dans  la Tribune)

 

« Un demi-million de personnes en situation de handicap sont sans emploi car, entre autres raisons, les dispositifs de formation ne sont pas adaptés. Pour elles, le taux de chômage est de 19%, soit deux fois plus que la moyenne nationale. Et leur période d’inactivité est plus longue : 824 jours de chômage en moyenne pour les personnes handicapées inactives, soit près de 200 jours de plus que pour l’ensemble de la population sans emploi[1]. Cette situation, chronique et aberrante, ajoute de l’exclusion économique et sociale au handicap. Peu visible, elle donne le sentiment de ne pas être une priorité politique, alors qu’elle relève d’une injustice grave entre actifs. Pourtant, plutôt que de céder au fatalisme, des opportunités existent pour enrayer ce phénomène.

La question de l’accès des personnes en situation de handicap à la formation et à l’emploi pose la question de leur pleine citoyenneté. Et plus largement du rapport au travail, rémunérateur, émancipateur et créateur de lien social. Même lorsqu’elles travaillent, elles occupent plus souvent un emploi d’ouvrier non qualifié et moins souvent de cadre, travaillent plus souvent à temps partiel et sont plus souvent en situation de sous-emploi[2]. En parallèle, le manque d’accès à la formation des personnes handicapées en France est criant dans les formations traditionnelles. Et pas toujours considéré à sa juste importance dans les formations émergentes qui vont façonner le tissu économique des années avenir.

Les personnes en situation de handicap pourraient pour beaucoup d’entre elles accompagner l’économie française dans sa transformation digitale. Car on a beau crier que le numérique détruit des emplois, la réalité est différente.

Le numérique crée des emplois, et pourrait en créer encore beaucoup plus. Loin de l’eldorado du codeur star vendant sa virtuosité au plus offrant, c’est toute l’économie, TPE, ETI, grands groupes et services publics, qui a besoin aujourd’hui de talents formés à des métiers du digital ou à des fonctions transverses dans ces métiers.

Ceux-ci sont bien plus variés et massifs qu’on veut le croire : développeurs bien sûr, mais aussi chefs de projet digital, techniciens cybersécurité, administrateurs de réseau, ou encore dans le marketing digital. Sans parler des experts analystes de données, blockchain ou intelligence artificielle… Ces fonctions seront demain dans toutes les entreprises. Certaines n’existent pas encore, d’autres existent mais ne sont pas formalisées ou n’obéissent pas à une nomenclature traditionnelle, et manquent de visibilité. Mais c’est une certitude : les entreprises du numérique de toutes tailles se plaignent de manque de main d’œuvre, de niveau Bac + 2 à Bac + 5. Sans parler de toutes les entreprises et services publics qui introduisent toujours plus de numérique dans leur fonctionnement.

Alors que Cédric O, secrétaire d’Etat chargé du Numérique, rappelait récemment que 80.000 emplois étaient à pourvoir en France dans les seuls métiers du numérique, on peut se demander comment le numérique n’a pas encore été l’objet de toutes les attentions pour résoudre le sous-emploi des personnes handicapées.

La France dispose de nombreux savoir-faire et parmi eux l’accompagnement des publics éloignés de l’emploi. Les initiatives pour les décrocheurs, chômeurs longue durée, personnes discriminées ou fragiles, se sont développées, ont été évaluées. Nombreuses sont celles qui ont prouvé leur efficacité. Avec un principe clef : l’adaptabilité.

Pour les personnes en situation de handicap, il est quelquefois difficile de se rendre sur le lieu de formation quand on est en fauteuil, difficile de suivre le rythme lorsqu’on a des troubles de l’attention, difficile de s’intégrer à un groupe quand on a des troubles du comportement.

La digitalisation des processus de formation offre de nombreuses opportunités permettant d’aménager les emplois du temps, de proposer des rediffusions, des exercices en ligne, des échanges avec des professeurs de grande qualité, de s’évaluer dans un groupe de niveau en temps réel… Autant d’outils qui peuvent être réinvestis afin de rendre possible la formation des personnes en situation de handicap ayant simplement besoin d’une gestion du temps et de modalités de formation différentes et adaptées.

Il existe enfin un saut intellectuel à franchir par des personnes en situation de handicap sur leur capacité à évoluer vers des emplois innovants, des emplois qui sont au cœur de l’évolution de l’entreprise de demain. Et en cela de lutter contre leurs croyances limitatives, quelles que soient l’origine de ces dernières. Et au reste de la société, d’y voir une opportunité rare de faire entrer dans l’entreprise toujours plus de diversité. Car embaucher ces personnes, c’est pallier le besoin de main d’œuvre, mais c’est aussi bénéficier de leurs compétences, de leur engagement souvent exceptionnel, de leur parcours et de leur regard singulier au sein du groupe. »

 

 

[1] D’après le bilan au 1er semestre 2018 du marché du travail des personnes handicapées par l’Agefiph

[2] Etude de la Dares, Ministère du Travail, 2015

Syrie: L’armée française détruit de tunnels pour montrer qu’elle existe !

Syrie:  L’armée française détruit de tunnels pour montrer qu’elle existe !

 

 

Macron n’a guère apprécié d’avoir été mis complètement hors jeu par les États-Unis dans l’opération qui a conduit à la neutralisation et à la mort du chef de Daesh. Jusque-là en effet Macron et son ministre de la défense avaient réussi à donner l’illusion que la France joue un rôle fondamental au Levant dans le cadre de l’alliance. Force est de constater que la France n’a toujours joué qu’un rôle très marginal se contentant de quelques frappes. Le grand vide de la stratégie et de la présence française à été révélée lorsque les États-Unis ont décidé brusquement d’abandonner les kurdes alors qu’ils avaient constitué une force, elle réelle est très opérationnelle contre les terroristes islamistes. Macron et son ministre de la défense se sont contentés d’apporter leur soutien moral aux kurdes mais aussitôt indiqué que la France ne disposait d’aucun moyen pour empêcher les Turcs de liquider les kurdes en Syrie. Nous disposons seulement de quelques centaines d’hommes à même indiqué l’autorité militaire comme pour s’excuser du lâchage  des kurdes. Trump a largement exploité médiatiquement et politiquement la mort de l’ancien chef de Daesh. Du coup ,Macon en mal existentiel militairement, vient de demander à l’armée d’effectuer quelques raids sur des tunnels le plus souvent vides et précédemment utilisés par des terroristes. La presse évidemment a repris brut de brut cette information. Une manière pour Macron de montrer qu’au Levant la France est toujours présente, pour faire du vent sans doute mais pas pour soutenir les kurdes abandonnés par les occidentaux. Des Rafale de l’armée française ont donc bombardé et détruit jeudi des caches de Daech dans le nord-est de l’Irak dans le cadre de l’opération “Chammal”, a annoncé vendredi le ministère des Armées.

“L’objectif était de détruire plusieurs tunnels utilisés par Daech comme base arrière pour ses actions et de dégrader ses capacités logistiques et militaires dans cette région”, explique piteusement le ministère dans un communiqué.

La France n’avait plus mené de frappes aériennes en Irak depuis que les Etats-Unis ont annoncé le retrait unilatéral leurs troupes du nord de la Syrie, ébranlant la coalition internationale à laquelle participe la France, les sorties des Rafale étant surtout destinées au renseignement et à l’affichage  politique de Macron.

Française des jeux (FDJ) : un avenir comme le PMU ?

 Française des jeux (FDJ) : un avenir comme le PMU ?

Non seulement la privatisation de la Française des jeux est scandaleux mais en plus elle comporte des risques. Il y a encore quelques années, personne n’aurait mis en doute l’avenir du PMU qui absorbé une bonne partie des paris. Or cette véritable  institution a été mise en cause.  Les paris hippiques ont fortement diminué ces dernières années : une baisse de 19 % entre 2012 et 2016 : un léger rebond a toutefois été enregistré depuis.

 Les raisons de cette situation sont en partie connues. L’ouverture du marché des paris en ligne, en 2010, a rebattu les cartes d’un secteur habitué aux monopoles. Les paris sportifs et ceux liés au poker ont bousculé les paris des hippodromes qui furent en forte progression entre 1999 et 2008. Dans les bars PMU, des courses à « l’image démodée » attirent des parieurs vieillissants. Nombre de joueurs ont par ailleurs préféré se tourner vers des paris plus rémunérateurs : pendant que les enjeux hippiques piétinaient, les mises collectées par la Française des jeux, ont progressé de 43,3 % entre 2009 et 2016. Mais la Française des jeux pourrait elle-même être concurrencée par l’offre sur Internet.

De toute manière, la privatisation de la Française des jeux (FDJ) est au moins aussi scandaleuse que celle des autoroutes  car c’est une activité qui rapporte énormément à l’Etat. Et qu’on s’apprête à vendre au privé.  Bercy est prêt à introduire en Bourse la Française des Jeux. Cette privatisation rapporterait au moins 1 milliard d’euros à l’État. La Française des Jeux redistribue entre 50% et 70% des gains aux joueurs en fonction de jeux (le loto et l’euro-millions ne redistribuent que 50% des mises, alors que le loto-foot 70%), les sommes restantes sont les « bénéfices » de l’entreprise. Toutefois l’Etat se sert allègrement sous forme de taxes, impôts, tva et autres « droit de timbre », ce qui lui permet de prendre 75% de ces sommes restantes dans la caisse de la FDJ. Il y a également des actionnaires privés qui touchent un pourcentage sur les jeux, mais aussi un dividende annuel (qui peut s’élever à plusieurs dizaines de millions d’euros). L’an dernier le C.A de la FDJ : 9,5 milliards d’euros. Revenus de l’état: près de 3 milliards d’euros.

Ce pactole va dans le budget général et ne peut être affecté à aucune dépense spécifique (selon la législation). Seuls 250 millions d’euros sont affectés au développement du sport.  L’État vise avant tout une transaction financière de grande ampleur. Il table sur une valorisation de la FDJ supérieure à 3 milliards d’euros dont il souhaite récupérer entre 1 et 1,5 milliard d’euros. Ces montants sont des ordres de grandeur mais ils illustrent bien les ambitions de l’État, qui détient 72% de la FDJ. La fiscalité et le cadre réglementaire devront être fixés à long terme pour rassurer les investisseurs et maximiser la valeur de l’entreprise. Le scénario central étudié par l’administration de Bercy vise donc une véritable privatisation qui verrait l’État descendre sous la barre symbolique de 50% du capital. Selon les valorisations retenues, il pourrait conserver entre 25% et 35% de l’entreprise. À ses côtés, les associations d’anciens combattants (Gueules cassées, Maginot) garderaient leur participation de 20% ou pourraient l’augmenter légèrement.

 

 Toutefois, le gouvernement se heurte à une réglementation européenne contraignante. S’il descend sous le seuil symbolique de 50% du capital, l’État français devra justifier auprès de Bruxelles qu’il garde la main sur la gouvernance de la FDJ. Sinon, le monopole de la loterie saute et devra être ouvert à des concurrents étrangers avec des risques de mainmise d’opérateurs étrangers sur ce lucratif business y compris de la mafia ! Or ce risque ne peut être écarté surtout avec Internet. D’ailleurs on peut s’interroger sur les cris  de victoire du commissariat aux participations de l’État qui déclare un peu précipitamment que l’intérêt des investisseurs institutionnels est considérable. Rien n’est sûr dans ce domaine compte tenu des questions structurelles relatives à l’évolution des paris en général.

 En outre cette privatisation intervient dans un contexte chahuté pour les cotations en Europe face à des investisseurs rendus fébriles par les craintes d’un ralentissement mondial, l’imminence du Brexit et la bataille commerciale entre la Chine et les Etats-Unis. Le fabricant italien de yachts Ferretti est le quatrième groupe à avoir renoncé à ses ambitions en bourse ce mois-ci, faute d’avoir obtenu le prix qu’il souhaitait. Au total, 79 IPO en Europe ont permis de lever 18,7 milliards de dollars (16,8 milliards d’euros) depuis le début de l’année, selon des chiffres de Refinitiv, à comparer à 39,4 milliards pour 146 opérations sur la même période en 2018. la principale interrogation est celle du développement de la concurrence des sociétés de paris internationales comme BetClicUnieBwin et autres, paris sportifs ou non.

Croissance française : tassement confirmé en 2020

Croissance française : tassement confirmé en 2020

 

La croissance n’était déjà pas extraordinaire en 2018 (1,7%) mais elle s‘est encore affaiblie en 2019 avec des prévisions qui tournent autour de 1.3%. Pour 2020, on devra se contenter d’une activité encore plus faiblarde. . Selon les dernières prévisions de l’institut COE rexecode , la croissance du PIB en 2020 devrait atteindre 1,2% contre 1,3% cette année et 1,7% en 2018. Une différence au demeurant de l’épaisseur du trait mais qui montre la tendance baissière. Tendance qui dépendra de l’environnement international aussi du comportement de la consommation et des investissements. Pour les échanges malheureusement le déficit se maintiendra sans doute autour de 50 milliards.  Les projections de COE-Rexecode sont relativement proches de celles de l’Insee. En effet, l’institut en charge des statistiques publiques table également sur un PIB à 1,3% pour cette année. À l’échelle de la planète, les craintes de Rexecode d’un effondrement de l’économie sont modérées. Une modération qui peut s’expliquer aussi par la nécessité d’entretenir le moral des patrons dont certains sont cependant inquiets.

« Nous n’amplifions pas le ralentissement observé depuis un an et demi et nous ne cédons pas aux sirènes qui parlent de récession, a expliqué Denis Ferrand. C’est un ralentissement marqué. A l’échelle mondiale, le PIB devrait progresser d’environ 3%. Ce qui est un atterrissage marqué par rapport à 2017 mais ce n’est jamais que la moyenne tendancielle du passé. Depuis 40 ans, le rythme moyen annuel est de 3,3% ».

Evidemment Rexecode compte sur la consommation intérieure pour soutenir la croissance mais ses commentaires peuvent être discutés :

«  Les dépenses de consommation des ménages devraient accélérer l’année prochaine et pourraient être supérieures à la progression du pouvoir d’achat. « On ne voit pas pourquoi, il y aurait un changement de tendance.

La plupart des indicateurs sur l’épargne mettent en évidence des taux proches de 15% malgré les mesures socio-fiscales annoncées par le gouvernement destinées à soutenir le porte-monnaie des Français. « Il devrait y avoir plus de consommation [...] La distribution de pouvoir d’achat constatée au cours des derniers mois, sous l’effet des mesures fiscales et la progression des salaires, ne s’est pas traduite par une accélération de la consommation des ménages très importante. Il y a eu une fuite vers l’épargne ».

 

 En fait les ménages sont aussi inquiets vis-à-vis de l’environnement économique et les incertitudes sur la réforme des retraites n’est pas de nature à rendre les consommateurs moins prudents. Les commentaires de l’institut patronal relèvent davantage de l’espérance que de la prévision. Sans doute pour que la consommation prenne le relais des exportations et des investissements qui se tassent. Depuis deux ans, il y a une très forte dynamique de l’investissement des entreprises avec 3,9% de croissance en 2018 dans l’investissement productif, 3,3% en 2019. En revanche, il y a des premiers signaux sur des ralentissements de l’investissement. Ce sont les industriels qui ont révisé à la baisse leurs prévisions d’investissement pour 2019.Note Rexocode.  Pour 2020, l’investissement des entreprises devrait chuter de 1,9 point pour atteindre 1,4%.

Du côté des administrations publiques, l’investissement est également soutenu en 2019 dans le contexte pré-électoral. Les collectivités privilégient souvent les dépenses d’investissement à l’approche des scrutins municipaux. En revanche, ces dépenses devraient marquer le pas l’année prochaine passant de 3,6% à 1%.

Pour l’emploi, les économistes de Rexecode sont plus pessimistes. Après plusieurs années favorables en créations d’emplois (226.000 en 2018, 245.000 en 2019), Rexecode anticipe 77.000 créations dans le secteur marchand. Justement un net tassement qui pourrait aussi peser sur le moral des ménages et la consommation.

 

Commission européenne : encore une techno pour la candidature française

Commission européenne : encore une techno pour  la candidature française

 

Nouveau paradoxe de Macron avec la proposition de candidature de Sylvie Goulard à la commission européenne. Macron qui ne cesse de  critiquer  une techno ringarde, sorte d’État profond de la France mais pour autant qui ne cesse de s’entourer de technocrates bien classique. C’est le cas pour Sylvie Goulard, une haute fonctionnaire qui s’est servie un peu de la politique pour accélérer sa carrière. Certes, c’est une convaincue sur le plan européen mais elle n’a jamais fait preuve d’originalité dans les deux postes qui sont visées ; à savoir, le commerce l’environnement. Pire, les convictions de Sylvie Goulard sur l’environnement sont aussi molles  que les montres de Dali. En matière de commerce, son expérience se limite à son passage à la Banque de France sorte de placard de luxe pour assurer de supers revenus à d’anciens responsables de l’administration mais qui est à  l’économie ce que McDo est à la gastronomie. On se demande  même pourquoi demeure encore une banque de France avec une monnaie unique. Pourquoi une telle candidature ? Sans doute pour rassurer Macron et la technostructure française. Avec elle,  on est certain qu’il n’y aura  pas d’initiative intempestive. Hors  dans les deux domaines visés, le commerce l’environnement, il aurait fallu quelqu’un au profil de  Borloo ;  c’est-à-dire en capacité d’impulser un nouveau dynamisme européen. Il y a urgence dans la mesure la croissance française comme la croissance européenne risque de friser la récession vers fin  2020. Il convient aussi d’élaborer une stratégie un peu plus cohérente à propos du commerce international et des accords commerciaux. Pour l’environnement, tout reste à faire car en dehors des discours,  les pratiques notamment françaises sont complètement contradictoires.

Il revient désormais à l’ancienne ministre allemande d’accepter ou non les dossiers soumis par les Etats membres puis d’attribuer aux candidats retenus un portefeuille dans l’équipe qui entrera en fonctions le 1er novembre prochain.

La France a livré le nom de sa candidate avec retard, la date limite étant fixée au 26 août. Ex-députée européenne élue sous les couleurs du MoDem et désormais sous-gouverneure de la Banque de France, Sylvie Goulard, 54 ans, a dirigé le ministère des Armées pendant un mois, en 2017, avant de démissionner en raison des soupçons d’emplois fictifs du MoDem au Parlement européen.

“Elle a fait une grande partie de sa carrière dans les institutions européennes. Elle a une expérience dans l’eurosystème. Le travail qu’elle a fait est largement reconnu pour sa qualité. Elle peut incarner le projet européen de la France”, souligne-t-on à l’Elysée. “On est à un moment européen qui est crucial, on a besoin de gens qui ont l’expérience et la vision pour participer à ce rôle moteur”, fait-on valoir. Macon prend aussi un risque de poursuite judiciaire de l’intéressé en France même si la tendance actuelle est clairement pour le pouvoir d’enterrer toutes les affaires politiques ou financières.

La présidence française estime que l’enquête préliminaire dans laquelle elle est citée n’est pas un obstacle. “Pour l’instant, ça n’a débouché sur aucune conséquence concrète, ni en France ni au niveau européen”, explique-t-on.

La porte-parole du gouvernement français, Sibeth Ndiaye, a déclaré par ailleurs que la candidate pourrait s’expliquer sur le sujet devant les parlementaires européens dans le cadre des auditions prévues. “Nul doute qu’elle aura à coeur elle-même de s’expliquer sur ce sujet”, a-t-elle dit lors du compte rendu du conseil des ministres.

Brésil : « La diplomatie française a toujours été très pragmatique « comme Le Drian, dit le saumon rose

Brésil : « La diplomatie française a toujours été très pragmatique «  comme Le Drian, dit le saumon rose

Vis-à-vis des régimes autoritaires, Le ministre des Affaires étrangères français Jean-Yves Le Drian sait faire preuve de souplesse d’échine. Ce sera encore le cas lors de la visite au Brésil comme c’est le cas par exemple encore vis-à-vis de la dictature en Chine. Il faut dire que la souplesse d’échine est un peu la spécialité de Jean-Yves le Drian surnommé le saumon rose pour sa grande capacité à naviguer entre tous les courants politiques. Il a commencé sa carrière politique assez à gauche (leader en 68 à Rennes), il s’est rapproché de la plupart des responsables de courant du PS  puis avec le temps  à continué sur des positions plutôt centristes  et maintenant il est clairement à droite. Aux dires des experts,  le Drian a même été un brillant ministre des armées. Pas étonnant, il s’est fait pistonner par son père pour échapper à son incorporation dans les paras pour rejoindre un régiment plus tranquille. Il accomplit son service militaire au 512e régiment du train de Saint-Lô, après avoir initialement été convoqué dans les para. Ce changement d’affectation fait suite à l’intervention de son père auprès du député-maire de Carnac Christian Bonnet. Lors de son service, il apprend à conduire divers véhicules, sans doute aussi le véhicule de sa carrière politique.

On fera observer que Macron, lui, est bien chef des armées sans jamais avoir effectué le moindre service militaire !« 

Pourtant les divergences sont importantes voire inconciliables entre la France et le Brésil Jair Bolsonaro avait annoncé durant sa campagne sa volonté de se retirer de l’accord de Paris« Je pense qu’il y a une volonté de trouver un point d’accord, pas forcément pour convaincre le président brésilien de revenir en arrière sur ses positions ‘trumpiennes’ en matière de climat, mais au moins pour préserver les intérêts français dans ce domaine« , conclut Olivier Compagnon. Vis-à-vis par exemple des enjeux environnementaux, de la démocratie ou des droits de l’homme en clair on sacrifie les valeurs démocratiques sur l’autel du business ; pour preuve cet accord appelé Mercosur avec des pays d’Amérique latine dont le Brésil.

Amazon : la pieuvre qui va tuer l’économie française

Amazon : la pieuvre qui va tuer l’économie française

 

 

Il est clair qu’Amazon  (capitalisation supérieure à 300 milliards !) et d’autres plates-formes du même type ont trouvé la martingale pour réaliser des profits exorbitants. L’idée n’est pas nouvelle. Au lieu de produire,  on se contente de commercialiser la production des autres en écrasant le prix d’achat ces produits (et certains experts de s’extasier devant cette »innovation majeure !). . On sait bien que ce n’est pas le travail de production qui est le plus rémunérateur mais sa commercialisation. Du coup,  de plus en plus de petits malins s’infiltrent  dans le processus de commercialisation avec pour objectif de mettre en place une intermédiation obligatoire et à caractère dominant. On objectera que les professions et les entreprises n’ont sans doute pas été assez attentives aux phénomènes de développement de la vente par Internet. Pour autant cela ne saurait  justifier les abus de domination et d’exploitation des plates-formes de distribution vis-à-vis des fournisseurs. D’une certaine manière,  ces fournisseurs maintenant sont en posture de sous-traitance de ces plates-formes. Un procédé utilisé depuis longtemps par la grande distribution mais cette fois réalisée au plan mondial. Non seulement Amazon écrase ses fournisseurs au plan tarifaire mais transfère sur eux nombreux de charges qui devraient incomber au distributeur. La force d’Amazon c’est évidemment de disposer d’une cible de 3,5 millions de visiteurs par jour. De quoi peser de manière monopolistique sur les vrais créateurs de biens. Plus de 10 000 entreprises françaises sont inscrites comme fournisseurs d’Amazon. Les plus de 10.000 entreprises hexagonales inscrites sur le site sont soumises à plusieurs clauses qui peuvent parfois les pousser à la faillite : modifications de contrat unilatérales, prise en charge de tous les problèmes de livraison et possibilité pour Amazon de suspendre le contrat à tout moment.  En France, Amazon est le leader des plateformes de e-commerce dans presque tous les domaines. Le dernier baromètre Médiamétrie classe le site en tête pour la mode, les produits culturels, l’électronique, l’électroménager, mais aussi les meubles et la décoration. Le pire c’est qu’Amazon est capable de déceler les produits les plus vendus pour leur substituer des produits de sa propre marque (ou de marques concurrentes).

L’économie française : résiliente !

L’économie française : résiliente !

La résilience nouveau mode mot à la mode dans la sémantique médiatique s’applique aussi à l’économie française et à la croissance. Ce qu’affirme en tout cas la Banque de France qui vient de réviser à la baisse ses perspectives pour l’année 2019 concernant le PIB avec un pronostic de +1,3 au lieu de 1,4. L’argumentation de ces brillants économistes s’appuie sur le fait que la France est moins influencée que d’autres par les évolutions d’un commerce international dont on constate le tassement. Donc au lieu de dire que la croissance sera assez insignifiante : un tout petit peu plus que 1 % on qualifie l’activité de résiliente. En clair la croissance recule mais moins que ce qu’on pourrait attendre si l’on tient compte de l’évolution de certains autres pays notamment européens qui auront du mal à atteindre 1 %. La Banque de France affirme que Le pouvoir d’achat par habitant devrait bondir de 2,1% en 2019,  cependant elle n’a sans doute pas intégré l’augmentation sensible de nombre de dépenses contraintes comme par exemple la très forte hausse des prix de l’électricité. Trop d’incertitudes planent sur l’environnement économique et social et il semble bien que les Français soient davantage encouragés à épargner pour faire face à certaines défenses difficilement prévisibles plutôt que de consommer. S’ajoute sans doute aussi un phénomène qui commence à poindre, celui de la des consommations ou plus exactement de la consommation mieux adaptée aux besoins réels. « Les gains de pouvoir d’achat sont consommés plus lentement que ce qui était prévu. Au quatrième trimestre 2018 et durant le premier trimestre 2019, il y a eu des gains de pouvoir d’achat très importants mais la consommation a été en retrait par rapport à ces gains. La consommation des ménages est révisée à la baisse en 2019 mais à la hausse en 2020 et 2021. Les gains de pouvoir d’achat sont consommés mais un peu plus lentement. Ce qui soutient l’activité à l’horizon 2020/2021 », explique la Banque de France.

Le pouvoir d’achat par habitant devrait bondir de 2,1% en 2019. « C’est le plus fort gain de pouvoir d’achat depuis 2007. Ensuite, le pouvoir d’achat devrait évoluer autour de 1,2% en 2020 et 1% en 2021 », poursuit-elle. Des prévisions évidemment très hypothétiques qui relèvent du marc de café davantage dessiné à rassurer certains acteurs du marché car rendre compte des scénarios économiques et sociaux

Amazon : la pieuvre qui va tuer l’économie française

Amazon : la pieuvre qui va tuer l’économie française

 

 

Il est clair qu’Amazon  (capitalisation supérieure à 300 milliards !)e t d’autres plates-formes du même type ont trouvé la martingale pour réaliser des profits exorbitants. L’idée n’est pas nouvelle. Au lieu de produire on se contente de commercialiser la production des autres en écrasant le prix d’achat ces produits. On sait bien que ce n’est pas le travail de production qui est le plus rémunérateur mais sa commercialisation. Du coup,  de plus en plus de petits malins s’infiltrent  dans le processus de commercialisation avec pour objectif de mettre en place une intermédiation obligatoire et à caractère dominant. On objectera que les professions et les entreprises n’ont sans doute pas été assez attentives aux phénomènes de développement de la vente par Internet. Pour autant cela ne saurait  justifier les abus de domination et d’exploitation des plates-formes de distribution vis-à-vis des fournisseurs. D’une certaine manière,  ces fournisseurs maintenant sont en posture de sous-traitance de ces plates-formes. Un procédé utilisé depuis longtemps par la grande distribution mais cette fois réalisée au plan mondial. Non seulement Amazon écrase ses fournisseurs au plan tarifaire mais transfère sur eux nombreux de charges qui devraient incomber au distributeur. La force d’Amazon c’est évidemment de disposer d’une cible de 3,5 millions de visiteurs par jour. De quoi peser de manière monopolistique sur les vrais créateurs de biens. Plus de 10 000 entreprises françaises sont inscrites comme fournisseurs d’Amazon. Les plus de 10.000 entreprises hexagonales inscrites sur le site sont soumises à plusieurs clauses qui peuvent parfois les pousser à la faillite : modifications de contrat unilatérales, prise en charge de tous les problèmes de livraison et possibilité pour Amazon de suspendre le contrat à tout moment.  En France, Amazon est le leader des plateformes de e-commerce dans presque tous les domaines. Le dernier baromètre Médiamétrie classe le site en tête pour la mode, les produits culturels, l’électronique, l’électroménager, mais aussi les meubles et la décoration. Le pire c’est qu’Amazon est capable de déceler les produits les plus vendus pour leur substituer des produits de sa propre marque (ou de marques concurrentes).

 

 

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