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BAC: Un changement assez fondamental

BAC: Un changement assez fondamental 

Directeur de Sciences-Po Lille, Pierre Mathiot avait été missionné dès 2017 par Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale, pour réformer lycée et bac. La première édition de cet examen intervient cette année. Y est maintenue la traditionnelle épreuve de philosophie qui a lieu ce jeudi. Pierre Mathiot copilote désormais le comité de suivi de la réforme.(Interview dans l’Opinion)

En présentant la réforme du lycée en 2018, vous vouliez « restaurer la crédibilité » du bac. L’édition 2021, certes touchée par la Covid, n’est-elle pas dévalorisée ? Notes et appréciations surévaluées, épreuves de philo et du grand oral allégées : le taux de réussite va s’approcher des 100 %…

Le bac cette année ne correspond effectivement pas à ce qui était prévu par la réforme, mais il n’est pas dévalorisé. Il faudra cependant attendre 2023 (année du bac pour les élèves en première à la prochaine rentrée) pour avoir une vision plus complète. Il faut comprendre que le bac n’est plus cet examen qui a longtemps mis fin à un cursus. En 1985, 30 % d’une génération avait le niveau bac, avec un taux de réussite de 66 %. Aujourd’hui, c’est 80 % d’une classe d’âge et 95 % de réussite en 2020. La place du bac a changé, il faut l’accepter.

Le bac arrive après Parcoursup. Beaucoup de lycéens sont admis dans le supérieur avant même de passer l’examen. N’est-il pas en voie de marginalisation ?

Parcoursup a effectivement de plus en plus d’importance en terminale. Le moment clé de l’année, ce n’est plus la philo en juin mais la mi-mars, moment où les lycéens déposent leurs vœux sur la plateforme. La réforme a justement pour but qu’au moment de ces vœux, deux tiers des notes entrant dans le calcul du bac soient déjà prises en compte dans l’application. Avec Jean-Michel Blanquer, nous pensons que c’est le meilleur moyen de restaurer la centralité du bac dans le cursus du lycée. Cursus qui doit s’inscrire dans un continuum : de bac – 3 à bac +3, voire bac + 5, au moins pour les bacheliers généraux.

Parmi les objectifs de la réforme du lycée, il y avait la volonté d’élargir l’éventail des cursus ouverts aux élèves, de sortir des couloirs tracés par les filières S (maths, physique-chimie), ES (sciences éco + maths), L (littéraire)… Est-ce atteint ?

Le « nouveau » lycée offre effectivement une plus grande liberté de choix avec des enseignements de spécialité (trois à choisir en première, deux à conserver en terminale) qui s’ajoutent au tronc commun. Déjà, plus de la moitié des « triplettes » formées par les élèves ne correspondent pas aux anciennes séries. La discipline privilégiée reste les maths, mais ensuite les choix sont équilibrés entre plusieurs matières. Et c’est la spécialité Sciences économiques et sociales qui est la plus conservée en terminale. La spécialité Humanités, littérature et philosophie est suivie par 23 % des lycéens alors qu’ils n’étaient que 15 % à faire L. Un rééquilibrage est donc en train de s’opérer.

Mais la spécialité « Maths » semble rester la voie royale…

Elle est choisie par 62 % des lycéens mais, auparavant, la filière S était suivie par 52 % d’entre eux, dont une grande partie ne poursuivaient pas leur cursus par des études scientifiques. S et ES regroupaient 85 % des élèves. Le vrai enjeu sera celui des critères appliqués par les formations de l’enseignement supérieur pour choisir leurs élèves. Il faut que le supérieur joue le jeu et valorise la diversité des parcours lycéens.

Quelles réticences se manifestent ?

On va regarder lors des résultats de Parcoursup. Mais il est vrai que les prépas scientifiques ont l’habitude de privilégier trois matières scientifiques. Les études de santé aussi. Il sera intéressant de voir si à l’avenir, elles préfèrent récupérer de très bons élèves ou des scientifiques moyens. C’est vraiment l’enseignement supérieur qui va façonner la réforme.

Quelles améliorations sont envisagées ?

Il faut tirer les leçons du contrôle continu quasi intégral imposé par la Covid. Il convient de savoir ce que l’on doit entendre par contrôle continu, quelles règles collectives on doit instaurer, quels effets celui-ci a sur l’organisation des lycées, quels effets aussi sur les relations professeurs/élèves/familles, quel rôle donner à l’harmonisation académique… Donner plus de place au contrôle continu, aujourd’hui fixée à 40 %, peut être une piste de réflexion.

Au risque de braquer les enseignants qui y sont souvent hostiles ?

Les enseignants expriment des craintes qu’il faut entendre sur un contrôle continu « intégral » car la note en France est une sorte d’institution et comme le contrôle continu est pris en compte dans le calcul du bac et dans Parcoursup, les réactions des élèves et de leurs familles face à des notes moyennes ou médiocres peuvent rendre leur métier difficile.

Pour les enseignants, le contrôle continu est source d’inégalités. Et les harmonisations de notes sont souvent vues comme des « magouilles »…

Il est faux de parler de magouilles. Il est tout à fait normal de regarder au niveau académique les écarts aberrants à la moyenne dans la notation d’un lycée ou d’un professeur. Il faut donc travailler le sujet de l’harmonisation. En fait, il faut dépassionner le débat et rendre routinier le contrôle continu !

Combien de temps faudra-t-il à la réforme pour s’installer ?

Il faudra sans doute cinq ans pour qu’elle se déploie, prendre de nouvelles habitudes, permettre aussi à l’enseignement supérieur de se l’approprier afin de diversifier ses profils de recrutement. Un gros effort doit aussi être mené sur l’orientation pour mieux accompagner les élèves, depuis le choix de leurs spécialités dès la fin de la seconde jusqu’à l’expression de leurs vœux sur Parcoursup, en terminale.

La biodiversité: L’enjeu le plus fondamental

 La “biodiversité: L’enjeu le plus fondamental

 

 

La relativisation et le déni de l’effondrement de la biodiversité se construisent aujourd’hui dans les revues scientifiques les plus cotées, observe avec inquiétude Stéphane Foucart, journaliste au « Monde », dans sa chronique.

 

Souvenez-vous, c’était il y a dix ans. Aussitôt publié, chaque article de presse, chaque reportage, chaque entretien détaillant les effets en cours et à venir du changement climatique était relativisé, attaqué, suspecté d’alarmisme, de militantisme, etc. Chacun se positionnait de part et d’autre de ce qui semblait une authentique controverse savante. En réalité, de réelle dispute scientifique, il n’a jamais existé : ce n’est qu’en faisant le siège des plateaux de télévision, des rayonnages des librairies et des couvertures des hebdomadaires, qu’une dizaine de bateleurs sont parvenus, en France, à implanter le climatoscepticisme dans l’opinion.

Un nouveau « scepticisme » voit le jour. Il s’attaque à l’autre grande crise environnementale, celle de la biodiversité ; il est sans doute déjà à l’œuvre dans le choix du gouvernement de réduire fortement son soutien à l’agriculture biologique. Plus discret que son jumeau climatique, ce « biodiversité-scepticisme » est en un sens bien plus inquiétant. Car il s’enracine dans la littérature savante elle-même. Ce n’est pas dans les talk-shows des chaînes d’information en continu qu’il se construit, mais dans les revues scientifiques les plus cotées.

En novembre 2020, Nature publiait par exemple une étude relativisant l’indice Planète vivante, développé par des chercheurs en partenariat avec le WWF, et selon lequel 68 % des populations de vertébrés ont disparu de la surface de la Terre en un demi-siècle. Les auteurs avançaient qu’il s’agissait là d’une présentation alarmiste, la tendance n’étant tirée vers le bas que par une petite proportion d’espèces en fort déclin, de l’ordre de 3 % des espèces de vertébrés. En retirant de l’analyse ces espèces au seuil de la disparition, la baisse catastrophique disparaissait !

On est peut-être là, en réalité, aux confins de la science et du jeu de bonneteau. Car, comme l’a noté ma collègue Perrine Mouterde dans l’article qu’elle a consacré au débat, les auteurs de l’étude étaient bien plus discrets sur le fait que, si l’on retire aussi de l’analyse les espèces qui prolifèrent au contact des humains, on voit que la chute des populations de vertébrés demeure très forte, supérieure à 40 % en un demi-siècle. Doit-on vraiment relativiser la disparition de la bécassine des marais, du verdier d’Europe ou du traquet rieur au motif que les pigeons et les corneilles prolifèrent, en prospérant sur nos déchets ?

Islamisme : le combat culturel est fondamental (Bruno Le Maire)

Islamisme : le combat culturel est fondamental (Bruno Le Maire)

 

 

Pour le ministre de l’Économie, le combat culturel contre l’islamisme est fondamental.

 

Interview dans LE FIGARO. -Le président de la République a rendu un hommage mercredi à Samuel Paty. Il était important que la nation exprime sa reconnaissance à ce professeur?

Bruno LE MAIRE.- Oui, il était essentiel que la nation tout entière rende hommage à Samuel Paty. La cérémonie d’hier était digne, juste, éminemment française. Le président de la République a su trouver les mots pour parler à la nation. Cet hommage était essentiel, mais il ne suffira pas. Chacun se demande désormais jusqu’où ira l’islam politique et jusqu’où iront les terroristes. Depuis des années en France, ils ont assassiné des enfants, tué des policiers, tué des militaires, assassiné un prêtre dans son église et maintenant décapité un enseignant sur le chemin de son école. Tout cela, en 2020, en France, dans une grande démocratie.

 

Le ministre considère que le combat culturel est fondamental et qu’il convient de défendre la civilisation et le mode de vie français

Réforme Retraites: Ce n’est pas le sujet fondamental

Réforme Retraites: Ce n’est pas le sujet fondamental

 

 

 

Macron vient de commettre une erreur stratégique fondamentale en se trompant de réforme. L’urgence n’est pas  de définir ce que seront les retraites de ceux qui aujourd’hui ont 47 ou 57 ans et moins ( donc avec application en 2025 ou 2035). Ce n’est pas l’âge de la retraite qu’il faut reculer mais le temps de travail qu’il faut augmenter. Notons que la France a la durée de travail annuelle la plus faible de l’Europe.  1646 heures travaillées, soit 434 heures de moins que la Roumanie !

 La solution, c’est de travailler plus longtemps tout au long de sa vie pour partir plus tôt, à 62 ans. Au lieu de travailler 35 heures, il faut travailler 37 heures et ça équilibrera les retraites et la balance commerciale qui accuse régulièrement un déficit de 50 à 60 milliards par an.

 Pour des questions démographiques et de justice, une réforme des retraites est indiscutablement nécessaire. Mais l’urgence n’est sans doute pas de retarder de manière uniforme l’âge de la retraite mais de travailler davantage tout au long de sa vie en tenant compte des spécificités du métier.  Le problème, c’est que la France a pris l’habitude d’enfiler les réformettes tous les cinq ans en moyenne sans s’attaquer aux questions de fond. Il y a forcément l’équilibre financier à trouver entre les actifs et les retraités.

 

 De ce point de vue, la France souffre d’un taux d’inactivité trop important ( 6 à 8 millions de personnes ) comparé aux autres pays . Ce sont en effet  les cotisations d’actifs qui permettent d’assurer le financement des pensions. Jusqu’alors,  on a surtout raisonné en termes de catégories professionnelles, d’entreprises et de secteurs. De sorte qu’on a fait l’amalgame entre les conditions de vie d’un employé dont le travail ne comporte pas de sujétion particulière avec celui d’un autre  salarié soumis à des conditions de travail difficiles ( charge physique, charge mentale, cadence, horaires, travail des dimanches et jours de fête etc.).

 Si une véritable réforme égalitaire devait intervenir, elle devrait prendre en compte les conditions individuelles de chaque salarié et non son appartenance à un secteur à une entreprise. À l’hôpital, tous les salariés sont loin d’être soumis aux contraintes d’un service d’urgence; à la SNCF nombre de postes ne justifient nullement une retraite anticipée par rapport à la norme;  chez les fonctionnaire en général s’ajoutent des conditions de travail généreuses à des sureffectifs. Certes certains métiers, dans certaines fonctions et dans certaines circonstances subissent des contraintes qui justifient un départ en retraite anticipé. Cette réalité ne doit toutefois pas servir d’alibi pour justifier la généralisation de cet avantage a la masse des autres salariés concernés. On objectera qu’un salarié peut au  cours de sa carrière changer de poste, certains plus difficiles que d’autres. Ce sont précisément ces sujétions particulières qui doivent être évaluées, prises en compte pour justifier un niveau de retraite particulier.

 C’est l’approche globale qui rend la réforme actuelle complètement confuse en même temps qu’injuste. Pour preuve , il y a une différence d’espérance de vie de 10 ans environ  entre certains ouvriers et des cadres. C’est la philosophie même du régime des retraites qui doit être mise en cause. L’approche méthodologique par secteur, statut, grande entreprise est complètement obsolète et nourrit l’inefficacité et la justice. Enfin pour éviter d’avoir à engager une réforme tous les cinq ans, il convient de prendre le temps d’organiser les inévitables transitions car on ne passe pas d’un système aujourd’hui particulièrement incohérent et inégalitaire à un système universel.

 

Bref comme sur beaucoup d’autres sujets, l’approche du gouvernement se caractérise par une grande incompétence technique et sociale. Enfin et peut-être surtout l’ urgence n’est sans doute pas le report uniforme de l’âge de la retraite mais l’augmentation du temps de travail tout au long de la vie. Ce qui permettrait de maintenir un âge de départ réel autour de 62 ans.

 




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