Archive pour le Tag 'Florange'

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Florange : lettre d’E. Martin à François Hollande

Florange : lettre d’E. Martin à François Hollande

 

Edouard Martin, chef de file de la CFDT à l’usine ArcelorMittal de Florange, dénonce « tous les mensonges et toutes les absurdités » sur ce dossier dans une lettre ouverte adressée à François Hollande. Le feuilleton du projet de nationalisation du site ArcelorMittal de Florange, défendue par le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, est clos, a déclaré le 19 décembre la porte-parole du gouvernement. Mais dans sa lettre, le syndicaliste lui demande de reconsidérer le plan de nationalisation temporaire. « Monsieur le président, après vos promesses, nous laissez-vous être sacrifiés sans comprendre, et arrêter cette mécanique à nous broyer ? », écrit Edouard Martin, figure emblématique de la lutte des salariés de Florange. En fonction de l’accord signé par le gouvernement et le sidérurgiste, ArcelorMittal s’est engagé à annuler son projet de plan social à Florange et à y investir 180 millions d’euros durant cinq ans. Il assure être toujours prêt à soutenir Ulcos, projet européen de production d’acier à faible émission de CO2, qu’il a toutefois retiré au dernier moment de l’appel d’offres européen qui venait à échéance début décembre.  Mais Edouard Martin estime que « les Français se font berner par Mittal » qui va en réalité « supprimer 800 emplois si on englobe la filiale GEPOR ». Parmi les mensonges, le syndicaliste cite l’affirmation selon laquelle l’usine de Florange serait trop petite pour être rentable. « La plupart des usines continentales sont d’une taille voisine »,affirme-t-il. « Dire qu’on fera Ulcos, c’est faux. On nous dira dans deux ans ce qu’on nous dit aujourd’hui: que les chercheurs n’ont pas trouvé », ajoute-t-il. De même, Edouard Martin dit ne pas croire aux 180 millions d’investissements annoncés. « Ce montant contient les dépenses opérationnelles et de maintenance. Ce qui reste pour les investissements stratégiques est insuffisant », assure-t-il. Pour le syndicaliste, « la vérité, c’est que l’usine de Florange est compétitive, y compris sa filière chaude, ses hauts fourneaux, son aciérie ».

 

Florange-Arcelor Mittal: Montebourg toujours pour la nationalisation

Florange-Arcelor Mittal: Montebourg toujours pour la nationalisation

 

La nouvelle prise de position de Montebourg va certainement créer la polémique et affaiblir le gouvernement. Cette nationalisation approuvée par une très large majorité de français constitue une épine dans le pied pour Hollande ; cette affaire à travers la symbolique qu’elle représente explique le nouvel effondrement dans les sondages. De toute évidence Montebourg ménage ainsi son avenir politique et en même temps confirme le peu d’autorité du président et du Premier ministre.  . Une nationalisation temporaire « ne coûte rien » et « est admise dans notre droit », juge à nouveau  le ministre, qui répond ainsi aux critiques sur le coût pour les finances publiques et les aspects juridiques émanant du Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, sur l’hypothèse de nationalisation du site de Florange.  ArcelorMittal et le gouvernement ont mené des négociations pendant deux mois sur l’avenir du site, lors desquelles la menace d’une nationalisation temporaire du site mosellan a été brandie par M. Montebourg dans l’hypothèse où le groupe n’accepterait pas de céder le site dans son entier, et non les seuls hauts-fourneaux.  M. Ayrault a finalement préféré un accord avec le sidérurgiste, qui acte l’arrêt des hauts-fourneaux voulue par ArcelorMittal, contre la promesse de pérennisation et d’investissement sur le reste du site ainsi que l’absence de plan social et la poursuite de son engagement dans le projet Ulcos de captage-stockage de CO2.  Une source à Matignon avait qualifié de « juridiquement hasardeux » et « économiquement instable », un scénario de nationalisation.  L’entourage de Matignon avait également fait état du coût considérable d’une telle solution pour les finances publiques.  Autant d’arguments contestés mardi par le ministre du Redressement productif. « La nationalisation temporaire ne coûte rien, précisément parce qu’elle est temporaire: c’est donc un investissement ou un placement pour les contribuables », dit-il.  Il cite également le rapport de l’expert gouvernemental Pascal Faure, qui avait estimé que le site, pris dans son ensemble, était « rentable ». « Il s’agissait d’un investissement avisé et non d’une subvention à fonds perdus », souligne M. Montebourg.   »Elle est admise dans notre Etat de droit, comme l’ont écrit les services juridiques de Bercy, et acceptée par l’Union européenne », affirme-t-il également.  Le Canard Enchaîné a révélé la semaine dernière une note du service juridique du ministère de l’Economie qui semble valider la faisabilité juridique de la nationalisation.

 

Popularité : Hollande paye l’inaction sur Florange et le chômage

Popularité : Hollande paye l’inaction sur  Florange et le chômage

Florange n’est pas la France mais c’est un symbole de la situation sociale. Florange avait déjà couté cher à Sarkozy, il risque d’en être de même pour Hollande. La réalité c’est que le gouvernement est désarmé devant le chômage en général et certaines fermetures de sites emblématiques.  Les politiques ne mâchent pas leurs mots. « L’analyse de la baisse de popularité est simple, c’est l’effet Florange. C’est clair, on le voit partout, confie un ministre, dépité. Les Français peuvent consentir à beaucoup d’efforts si et seulement si ils ont le sentiment qu’il y a une justice sociale. Florange a porté symboliquement un coup d’arrêt à cet idéal-là. » Guillaume Bachelay, député PS de Seine-Maritime, qui a passé sa semaine à essayer de sauver la raffinerie Petroplus, le reconnaît : « La désindustrialisation est le rendez-vous de la politique avec elle-même. Dans la mondialisation, les lieux de pouvoir sont-ils encore des lieux de puissance ? Nous avons cinq ans pour montrer que oui. Mais nous avons besoin d’un résultat qui donnerait de l’espoir. »La facture c’est  – 4 pour le Président et – 8 pour le Premier ministre), L’exécutif finit l’année très mal en point. Il n’y a plus que 37 % des Français qui sont satisfaits de François Hollande. Hollande ne pense pas payer Florange, même s’il reconnaît que certains se sont demandés si l’exécutif était capable de résister à un grand patron. Pour lui, les catégories populaires sont celles qui souffrent le plus. « Je n’arriverai à redonner confiance aux catégories populaires qu’en obtenant des résultats sur le chômage et le pouvoir d’achat », a-t-il confié à un proche, ajoutant « les réformes de société sont emblématiques pour la gauche, et tenir ses engagements sur ces sujets est important, mais pour les catégories populaires, l’urgence, c’est de manger le soir et de se chauffer l’hiver. »

 

Florange : Mittal menace et ridiculise le gouvernement

Florange : Mittal menace et ridiculise le gouvernement

Mittal doit confondre la France avec un petit pays en voie de développement. Il menace tout simplement en mettant en cause la souveraineté du pays en matière de nationalisation qui dit-il va faire fuir les investissements étrangers. Au passage, il ne se prive pas de souligner les contradictions entre Ayrault, Hollande et Montebourg. Bref il faiat la leçon économique et politique. Il n’a pas de complexe le fils du petit marchand de ferraille indien et pas trop d’état d’âme non plus puisqu’il affirme que la fermeture des hauts fourneaux de  Florange est incontournable. Il peut évidemment se prévaloir de l’accord de Ayrault et Hollande qui sur ces questions économiques n’ont jamais rien compris et qui après avoir monté le ton pendant la campagne se couche devant l’industriel. Au cœur de l’actualité depuis sa décision de fermer les hauts-fourneaux de Florange, Lakshmi Mittal a pourtant été jusqu’à présent d’une grande discrétion médiatique. Une fois la polémique sur la nationalisation retombée, le PDG du groupe ArcelorMittal a accepté de sortir de son silence jeudi dans les colonnes du Figaro. Avenir du site mosellan, teneur des négociations avec le gouvernement Ayrault, critiques d’Arnaud Montebourg : Lakshmi Mittal a fait le tour de la question. Sur l’avenir de Florange. Le PDG d’ArcelorMittal l’assure, « pour le groupe, conserver ces hauts-fourneaux, c’était mettre en risque l’avenir de toutes ses activités françaises ». « La fermeture des hauts-fourneaux n’aurait dû être une surprise pour personne. Les salariés eux-mêmes en étaient conscients », poursuit Lakshmi Mittal, avant d’avancer que cette fermeture « donne un avenir à Florange ». Sur le bras de fer avec le gouvernement. Le ton est solennel et les mots visiblement pesés : « les discussions ont été rudes (…) J’ai bien conscience de la gravité du sujet pour la France. J’ai constaté la tempête politique que ce dossier a provoquée. Et j’ai aussi constaté la résonance que cela a eue à travers le monde. Mais, à la fin, nous sommes parvenus à un bon compromis avec le président de la République et le premier ministre ». Sur la menace d’une nationalisation. « C’est le monde entier qui a été surpris », s’indigne le capitaine d’industrie : « si aujourd’hui, un pays comme la France, la cinquième économie du monde, parle de nationalisation, mais quel bond en arrière! Ce genre de menaces sont de nature à faire qu’un investisseur y réfléchira peut-être deux fois avant d’investir en France ». Sur les piques d’Arnaud Montebourg. Lakshmi Mittal se déclare « choqué, triste même » par la sortie du ministre du Redressement, qui a martelé ne « plus vouloir de Mittal en France ». « Jamais je n’aurais attendu de tels propos, aussi irrationnels, d’un ministre ! », s’agace-t-il, avant d’estimer que la page est tournée.  Sur les accusations de promesses non tenues. Le PDG l’assure, « nous respectons nos engagements, nous nous y tenons ». « Qu’avions-nous dit lors de l’acquisition d’Arcelor? Que nous mettrions en œuvre le plan Apollo élaboré par la direction d’Arcelor avant l’OPA. Et ce plan prévoyait la fermeture des hauts-fourneaux de Florange au plus tard en 2010. En fait nous les avons fait fonctionner plus longtemps que cela », se défend-il.

 

Florange : rentable selon la CFDT

Florange : rentable selon la CFDT

La CFDT affirme s’appuyer sur un document interne d’ArcelorMittal, qui compare les coûts de production à la tonne de l’acier produit par les sites du groupe à Florange, Gand, Dunkerque, Liège et Brême.  »On voit effectivement sur les courbes que Florange fait partie des sites les plus rentables, aussi rentable que Gand et Dunkerque« , affirme mercredi soir Edouard Martin, délégué syndical CFDT..  »En mai 2011, juste avant l’arrêt du haut-fourneau (de Florange) le coût de la bobine à chaud est équivalent à celle de Dunkerque« , indique le Républicain lorrain. Déduction faite d’un surcoût lié au transport, « Florange est au même niveau que Gand, le meilleur élève de la classe ArcelorMittal« , ajoute le quotidien, précisant que le document était « une simple feuille A4« . « L’excuse invoquée par Monsieur Mittal du manque de compétitivité de Florange ne tient pas« , conclut Edouard Martin. Début octobre, ArcelorMittal avait estimé qu’il fallait « se résoudre à l’idée que la phase liquide de Florange ainsi que sa production de brames ne sont plus compétitives dans le contexte de fortes surcapacités européennes« .  « On a voulu présenter Florange uniquement par un surcoût au niveau transport« , explique Gilbert Krausener, vice président du Conseil Economique et Social de Lorraine. Mais dans le coût d’un produit global, d’autres éléments entrent en compte : « l’énergie, le coût des matières premières, la maîtrise qualité, la proximité de l’utilisateur« . Et là, l’équation s’inverse. Gilbert Krausener n’est qu’à moitié surpris.  Jeudi, la direction présentera aux représentants de salariés une  »décomposition détaillée » des engagements pris auprès du gouvernement, notamment pour le site de Florange, lors d’un Comité central d’entreprise extraordinaire.

 

Sondage- Florange :70% des français mécontents de Ayrault et de Hollande

Sondage- Florange 70% des français mécontents de Ayrault et de Hollande

 

L’affaire Florange va coûter cher politiquement à Ayrault et Hollande selon un sondage BVA/iTélé publié  vendredi soir. Aux yeux des Français, les grands perdants de l’ »affaire Florange » sont Jean-Marc Ayrault et François Hollande: plus de sept sur dix se disent mécontents du Premier ministre comme du président. Ils se montrent en revanche moins sévères à l’égard d’Arnaud Montebourg puisque seule la moitié des Français se dit mécontente du ministre du Redressement productif.   »Je pense à eux », a déclaré à l’AFP le ministre du Redressement productif, après une visite de l’usine de jouets en plastique Smoby d’Arinthod dans le Jura sur le thème du « Made in France ». Il a refusé d’en dire plus sur ce dossier qui a mis au jour des divergences entre lui et le Premier ministre Jean-Marc Ayrault. De son coté, Mittal noie le poisson. « Nous sommes convenus avec le gouvernement de l’arrêt provisoire et du non-démantèlement des hauts fourneaux pendant six ans. Nous avons accepté d’investir 180 millions d’euros dans le site au cours des cinq prochaines années. Nous avons accepté de maintenir l’activité emballage à Florange pendant au moins cinq ans. Et nous avons accepté de ne pas mettre en place de plan social, et de chercher une solution pour les aspects sociaux de la fermeture sur une base individuelle et volontaire ». Selon Europe 1, le projet Ulcos n’est pas évoqué dans ce résumé de l’accord fait par le PDG d’ArcelorMittal.

Sondage-Florange: 76% des français ne font pas confiance au gouvernement

Sondage-Florange: 76% des français ne font pas confiance au gouvernement

Un sentiment de trahison chez les salariés de Florange renforcé par le fait que 76% des français n’ont pas confiance dans le gouvernement pour régler le conflit. « On est tous écœurés, on a été trahis », a réagi les larmes aux yeux Edouard Martin (CFDT), fer de lance de la lutte syndicale à Florange. « On a deux ennemis: on va se battre contre Mittal et contre le gouvernement », a-t-il poursuivi, appelant le président François Hollande à reprendre « le dossier en main ».  Prototype de haut fourneau innovant, Ulcos est censé faire de Florange une vitrine de nouvelles technologies de production de l’acier moins polluantes. Il est aussi l’une des clés d’un maintien d’activité pour la production d’acier brut sur le site mosellan.  Matignon comme l’industriel ont immédiatement tenté de déminer le terrain, affirmant qu’il ne s’agissait que d’un contretemps, prévu dans leur accord passé la semaine dernière sur l’avenir de Florange.  Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a assuré que « Mittal n’a pas porté de coup de grâce ». Le projet « va être repris et le gouvernement y est associé », a-t-il affirmé, précisant que 150 millions d’euros affectés aux investissements d’avenir « sont réservés » pour ce projet.  Le compromis avec ArcelorMittal prévoit que les installations de la filière liquide, dont les hauts fourneaux font partie, ne soient pas démontées pendant six ans et mises « sous cocon », notamment dans la perspective d’Ulcos. Il prévoit en outre que les sites de Fos-sur-Mer et Dunkerque soient préservés pendant cinq ans.   »L’objectif reste de réaliser un démonstrateur industriel » à Florange, ont précisé les services du Premier ministre, tandis qu’ArcelorMittal a réitéré « sa volonté de poursuivre le projet de recherche et de validation technologique ».  Ces déclarations n’ont pas suffi à calmer la colère des syndicats du site, où les métallos CFDT menés par Edouard Martin ont menacé d’occuper les hauts fourneaux.  Le responsable syndical et une quinzaine de militants se sont rendus au pied des installations. « On a pris le contrôle de l’alimentation en gaz », a-t-il affirmé, expliquant que les militants occuperaient les lieux dès qu’ils seront alertés d’une consigne de la direction de couper le gaz permettant le maintien en veille des installations.  Pour les syndicats, l’arrêt des hauts fourneaux rendrait impossible de revenir à l’option d’un repreneur pour le site, à laquelle ils veulent encore croire.   »C’est un sacré coup de canif dans le contrat +inconditionnel+ passé entre le gouvernement et Mittal », a estimé Frédéric Souillot, de la fédération métaux FO. L’annonce de Bruxelles « ne veut pas dire que Mittal arrête Ulcos », a nuancé Xavier Le Coq, en charge de l’industrie à la CFE-CGC.  La colère des salariés d’ArcelorMittal s’est également manifestée jeudi sur d’aures sites du groupe.  A Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), des salariés ont décidé de bloquer l’entrée des camions approvisionnant le site, en solidarité avec leurs collègues de Florange, tandis qu’une partie des effectifs s’est mise en grève.  A l’autre bout de la France, à Basse-Indre, près de Nantes, les syndicats ont appelé à une grève d’une journée lundi pour protester contre le transfert d’une partie de leur activités vers Florange, prévu dans le cadre de l’accord entre la direction du groupe et le gouvernement.  Politiquement, ce nouveau flou autour du devenir de Florange intervient alors que Jean-Marc Ayrault, qui a publiquement désavoué son ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg partisan d’une nationalisation du site, s’emploie à panser les blessures au sein de son gouvernement.  Interrogé jeudi matin sur RTL, il a dit « assumer la décision qui a été prise » dans ce dossier, et assuré qu’il n’y avait « pas de problème de personnes » dans son équipe.  A droite, Jean-François Copé a taclé « le pauvre » Jean-Marc Ayrault, « totalement dépassé par les événements », jugeant cependant que le « grand responsable » était le président François Hollande.  Quant à la présidente du Front national Marine Le Pen, elle a dénoncé « un énième soufflet au gouvernement ».  Des voix à gauche ont aussi fait part jeudi de leur exaspération.  Le député PS de Moselle Michel Liebgott a dit avoir le sentiment de se « faire entuber » par ArcelorMittal. Le leader du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon a de son côté évoqué une « trahison prévisible » de l’industriel.  Selon un sondage Tilder – LCI – OpinionWay rendu public jeudi, 76% des Français ne font pas confiance au gouvernement pour obtenir que les engagements pris par ArcelorMittal sur le site de Florange soient tenus.

 

Attali : « Florange, c’est fini »

Attali : « Florange, c’est fini »

Le propos est direct, technocratique un  peu méprisant, Jacques Attali, économiste et ancien conseiller de François Mitterrand, s’est exprimé sur la situation des hauts fourneaux de Florange. Il a assuré, mercredi soir sur BFMTV, que « Florange, ça n’a aucune importance. Il y a 50.000 chômeurs de plus tous les mois. Ces gens [les salariés de Florange] ne sont pas du tout menacés, ni par le chômage, ni par quoi que ce soit ».   »Tout le monde sait que les hauts fourneaux ne redémarront pas, a-t-il poursuivi. « Tout le monde sait que la sidérurgie, quand on la regarde globalement, n’a un avenir que sur les ports. Cela ne peut plus être là, tout le monde le sait depuis longtemps. C’est fini », a-t-il conclu. Les syndicats ont été reçus mercredi par Jean-Marc Ayrault pour évoquer l’accord passé par l’Etat avec Lakhsmi Mittal sur les hauts fourneaux de Florange. Ils en sont sortis en colère et se sont dit « trahis », surtout depuis l’annonce de Mittal de se retirer du projet Ulcos..

 

Florange : Ayrault ridiculisé par Mittal

Florange : Ayrault ridiculisé par Mittal

 

Hier encore Ayrault vantait les mérites de l’accord passé entre le gouvernement Mittal, aujourd’hui, on annonce que Mittal refuse de inscrire dans le projet ULCOS qui devait sauver Florange. Un désaveu cinglant pour Ayrault qui traduit d’une part une incompétence notoire d’autre part une mauvaise foi pathétique ; Il est clair que ce gouvernement n’a aucune compétence en économie, ce qui peut à la limite se comprendre  de  la part de politiciens professionnels (pour l’essentiel d’anciens fonctionnaires) ;  la mauvaise foi est encore plus grave quand on sait que pendant la campagne électorale on a promis monts et merveille aux sidérurgistes de Florange.  Le feuilleton Florange a rebondi jeudi avec l’annonce du retrait par ArcelorMittal du projet européen Ulcos pour le captage et le stockage du CO2, sur lequel le gouvernement fonde ses espoirs de salut du site sidérurgique de Moselle. Dune certaine manière Mittal, mis à l’index en France, se venge du gouvernement français. Pas étonnant qu’à propos du fameux accord  «  arraché » par Ayrault , Mittal n’ait voulu faire aucune référence à ULCOS. Un beau gâchis qui coûtera très cher politiquement, d’abord à Ayrault et sans doute  à Hollande lui-même.  Jeudi, la Commission européenne a annoncé qu’ArcelorMittal avait retiré une première version d’Ulcos d’un appel d’offres pour obtenir des financements communautaires.  Le groupe « a parlé de problèmes techniques, j’espère qu’on pourra les résoudre dans les semaines qui viennent », a déclaré le commissaire européen à l’Industrie, Antonio Tajani.  Prototype de haut fourneau innovant, Ulcos est censé faire de Florange une vitrine de nouvelles technologies de production de l’acier beaucoup moins polluantes   »C’est un sacré coup de canif dans le contrat +inconditionnel+ passé entre le gouvernement et Mittal. C’est une douche froide pour le gouvernement », a par contre tranché Frédéric Souillot, de la fédération métaux FO. Selon lui, rien ne garantir que le démonstrateur industriel sera bien implanté à Florange.  ArcelorMittal « a enfumé tout le monde (…) on a signé l’arrêt de mort de la filière liquide », a déclaré de son côté Edouard Martin, leader de la CFDT. « Merci à Ayrault, c’est la signature de la trahison », a-t-il ajouté. Politiquement, ce nouveau flou autour du devenir de Florange intervient alors que Jean-Marc Ayrault, qui a publiquement désavoué son ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg partisan d’une nationalisation du site, s’emploie à panser les blessures au sein de son gouvernement.

 

Florange : Ayrault s’enfonce dans le mensonge

Florange : Ayrault s’enfonce dans le mensonge  

Mercredi soir, les représentants syndicaux de Florange ont rencontré pendant deux heures Jean-Marc Ayrault au sujet de l’accord signé avec ArcelorMittal. Le texte, qui prévoit la fermeture d’un des hauts fourneaux ainsi que des investissements stratégiques très limités ne satisfait pas les délégués du personnel.  La réunion n’a pas permis de dissiper les doutes des syndicats. « On sort de Matignon avec des questions sans réponses », a ainsi souligné Edouard Martin, de la CFDT. « Cet accord ne coûte pas cher à Mittal. Le compte n’y est pas, les investissements portent sur la partie froide de Florange, mais la question de la viabilité des hauts fourneaux reste entière », ajoute-t-il. Même constat pour Norbert Cima, de Force Ouvrière :  » Cet accord, c’est une coquille vide. (…) Le premier ministre portera la responsabilité de la fin de la sidérurgie lorraine. » Yves Fabbri, de la CGT, regrette lui que « le gouvernement n’(aie) pas le courage politique d’aller plus loin ». Les représentants syndicaux ne comptent pas baisser les bras.  » La résistance continue, ce n’est pas terminé », affirme ainsi Edouard Martin. L’intersyndicale de Florange doit se réunir jeudi pour décider des nouvelles actions à mener. « La CGT n’accompagnera jamais un démantèlement d’usine », ajoute Yves Fabbri. Interrogé dans le 20H de France 2 , le Premier ministre a lui mis l’accent sur les emplois sauvés grâce à l’accord. « Les décisions prises ont permis de sauver l’emploi à Florange. Il n’y aura pas de licenciements, pas de plan social. » Une victoire selon lui, à l’heure où « beaucoup de Français qui connaissent des difficultés aimeraient voir un tel résultat ». Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a par ailleurs annoncé la mise en place d’un « comité de suivi » qui aura pour mission de vérifier que l’accord sur Florange « soit respecté ». Le chef du gouvernement a précisé que ce comité de suivi serait dirigé par « François Marzorati, sous-préfet de Thionville (Moselle) bientôt à la retraite ». Jean-Marc Ayrault a également rejeté l’idée d’un repreneur pour le site :  » On avait dit qu’il y avait un repreneur. Il a fait des propositions, non pas pour les hauts fourneaux mais pour la partie froide du site, le laminage. Pour donner une suite, il aurait fallu exproprier Mittal, ce qui aurait couté un milliards d’euros

 

Les syndicats de Florange chez Ayrault pour dénoncer un accord d’amateurs

Les syndicats de Florange chez Ayrault pour dénoncer un accord d’amateurs

 

« Un accord d’amateurs entre Mittal et le gouvernement » que dénonce les syndicats notamment la CFDT. De fait, comme sur beaucoup d’autres dossiers le gouvernement révèle son incompétence économique qui s’ajoute au cynisme. Pas étonnant dans ce gouvernement de fonctionnaires qui n’ont qu’un rapport très approximatif avec les réalités économiques. Le contenu de l’accord conclu avec le gouvernement, tel qu’il a été dévoilé mardi par Le Monde, a confirmé leur scepticisme sur les investissements prévus par ArcelorMittal. Sur les 180 millions d’euros promis pour le site lorrain, moins d’un tiers concernerait des investissements stratégiques.  Le reste se décompose notamment entre « le flux d’investissements courants » et « la maintenance exceptionnelle ».  Le document consulté par le quotidien confirme également « la mise sous cocon » des installations de la phase à chaud (production d’acier brut, qui comprend les hauts-fourneaux), qui seront arrêtées « en toute sécurité à l’issue de la procédure légale ».  Cet arrêt programmé des installations est combattu par les syndicats qui estiment, qu’il rendra impossible de remettre sur la table l’option d’un repreneur pour Florange.  Enfin, l’accord confirme que des activités de « packaging » (acier destiné à l’emballage alimentaire) seront transférées du site de Basse-Indre (Loire-Atlantique) vers celui de Florange. Le Premier ministre avait lui-même confirmé cette information, tout en démentant tout accord secret avec ArcelorMittal privilégiant le site de Basse-Indre.  Les syndicalistes de Florange, interrogés par l’AFP, n’ont pas semblé surpris par ces nouvelles informations.   »Nous depuis le début on sait que c’est un marché de dupes, nos inquiétudes sont confirmées », a expliqué Jean Mangin (CGT). « C’est ce qu’on avait déduit » vendredi, a également déclaré Walter Broccoli (FO), estimant que Mittal « continue à détruire l’outil de travail ».   »Le gouvernement a fait une grosse erreur », et la rencontre de mercredi avec M. Ayrault, « c’est l’occasion de le lui dire », a poursuivi M. Broccoli.  Edouard Martin, délégue CFDT, a quant à lui estimé sur France Info que l’accord était « d’un amateurisme à rougir ».  Quant aux salariés du site de Basse-Indre, dans la région de Nantes, ils ont fait part de leur inquiétude pour leur avenir après la confirmation d’un transfert d’activité vers Florange, même si ce dernier est prévu sans suppressions d’emplois.  Sur la question des investissements promis par ArcelorMittal, le chef de file des députés PS Bruno Le Roux a annoncé qu’un « comité de suivi » verrait le jour au sein de l’Assemblée nationale.  Ce comité sera « ouvert à tous les groupes politiques » et devra « vérifier que les engagements qui ont été pris soient tenus », a-t-il précisé, à l’issue d’une réunion de son groupe à laquelle assistait le Premier ministre.  Depuis vendredi, syndicats et responsables politiques – y compris au sein du gouvernement – ne cachent pas leurs doutes face à l’accord annoncé par Matignon, qui avait mis l’accent sur le fait qu’il n’y aurait pas de plan social à Florange.  La ministre de la Culture Aurélie Filippetti, élue de Moselle, a ainsi estimé mardi qu’il n’y avait « pas de confiance » dans la parole de l’industriel Lakshmi Mittal, ajoutant qu’il faudrait en revenir à une solution de reprise si « les engagements n’étaient pas tenus ».  Le Front de gauche (FG) a dénoncé mardi « un marché de dupes avec Mittal », qu’il a qualifié de « diable de l’acier » et a réaffirmé « la nécessité d’une nationalisation » du site.  Ce scénario avait été envisagé par le gouvernement, et défendu par Arnaud Montebourg, dans la perspective de la recherche d’un repreneur, avant d’être écarté.  Plusieurs médias ont fait état du nom du repreneur qu’avait évoqué le ministre du Redressement productif avant l’annonce de l’accord avec Mittal. Il s’agirait selon eux de Bernard Serin, le président du FC Metz (National de football), et surtout président de CMI, un groupe notamment spécialisé dans la sidérurgie et basé à Seraing en Belgique.

Florange : Montebourg menace de démissionner

Florange : Montebourg menace de démissionner

Montebourg est évidemment le grand perdant du pseudo accord avec Mittal (et avec lui les salariés et les sous-traitants) ; Il a donc bien menacé de démissionner mais Hollande préfère pour l’instant le garder au chaud, même discrédité, au gouvernement, c’est moins dangereux que de le laisser s’agiter à l’extérieur. Selon Libération, le ministre du Redressement productif, désavoué par Jean-Marc Ayrault, a menacé François Hollande de quitter le gouvernement. Journée houleuse samedi à l’Elysée. Désavoué la veille au soir sur le dossier des hauts-fourneaux Florange, Arnaud Montebourg a menacé de démissionner du gouvernement, lors d’une rencontre avec François Hollande. Le ministre du Redressement productif a eu du mal à digérer les propos de Jean-Marc Ayrault, qui avait écarté sans ménagement sa proposition de nationalisation du site mosellan d’Arcelor Mittal. «J’ai dit [à François Hollande] que si rien n’était fait avant ce soir (samedi, ndlr) pour réparer les dégâts sur cette question de nationalisation, je ne resterai pas au gouvernement, et la dislocation va commencer. Il m’a demandé de n’en rien faire», a déclaré Arnaud Montebourg à Libération . Selon le quotidien, la colère du ministre éclate samedi matin, lorsqu’il prend conscience du désaveu qu’il vient subir de la part du premier ministre. Dans son allocution télévisée, vendredi soir, Jean-Marc Ayrault avait assuré, contrairement à Arnaud Montebourg, qu’il n’y avait pas de «repreneur sérieux» et balayé d’un revers de la main «la menace de nationalisation». Dans le bureau de François Hollande, Arnaud Montebourg exige que «le repreneur» et le principe de nationalisation soient réhabilités. «Ce n’était pas une question personnelle. Derrière ce dossier, il y a des gens», explique le ministre à Libération.

 

Florange: les hauts fourneaux définitivement éteints ?

Florange: les hauts fourneaux définitivement éteints ?

A Florange la possible extinction des hauts fourneaux pourrait bien être la goute qui fait déborder le vase de la clère. Surtout après un accord considéré comme une trahison. Le délégué CFDT de Florange Edouard Martin a affirmé ce soir qu’ArcelorMittal s’apprêtait à couper l’alimentation en gaz des hauts fourneaux et menacé de ne pas se rendre à Matignon avec l’intersyndicale mercredi. « Je viens d’apprendre qu’apparemment Mittal va procéder dans les prochains jours à l’arrêt de l’alimentation en gaz des hauts fourneaux qui sont toujours en chauffe, ce qui veut dire que c’est la mort définitive des hauts fourneaux, l’outil est cassé et je ne comprends pas que l’Etat puisse accepter ça », a affirmé le leader syndical sur France 3. Il a assuré tenir cette information d’une « source haut placée à la direction » du groupe sidérurgique. « Si jamais l’information est confirmée par le gouvernement que la chauffe des hauts fourneaux sera bien arrêtée, je considère ça comme une très haute trahison d’Etat et moi, personnellement, je n’irai pas à Matignon mercredi », a-t-il poursuivi. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, qui avait annoncé vendredi soir un accord avec ArcelorMittal évitant un plan social, a invité l’intersyndicale de Florange à le rencontrer mercredi à Matignon.  »Nous avons réussi depuis 14 mois à exiger de Mittal qu’il garde les hauts fourneaux en chauffe et le politique s’en mêle et il nous poignarde dans le dos », a lancé, furieux, le syndicaliste.  Quand on lui a fait remarquer que l’emploi était préservé par l’accord obtenu avec ArcelorMittal, M. Martin a répondu qu’il ne l’était pas car tous les sous-traitants notamment n’étaient pas concernés, ce qui représente plusieurs centaines d’emplois.  »Jean-Marc Ayrault est le Premier ministre de tous les Français, pas seulement des salariés d’ArcelorMittal », a-t-il estimé.

Florange: les salariés trahis ; le gouvernement plombé

Florange: les salariés trahis ; le gouvernement plombé

Cette affaire de Florange est encore trop chaude, les médias hésitent encore à en faire le bilan. Surtout un dimanche où il faut parler d’autre chose : du sport et des faits divers. « Les grandes plumes » sont en vacances, il faudra attendre la semaine prochaine pour faire une analyse u peu pertinente et mesurer les dégâts.  Ce qui est certain c’est que Florange présentait de graves problèmes de compétitivité et que ce site demandait à être modernisé ; donc des investissements. Contrairement à ce qu’affirme Ayrault Mittal ne s’est nullement engagé sur l’éventuel projet Ulcos, du coup l’avenir des hauts fourneaux est plus qu’hypothétique. Le géant de l’acier ArcelorMittal s’est dit samedi satisfait du compromis qu’il a trouvé avec le gouvernement sur Florange mais pas  les syndicats qui se sentent trahis.  Comme d’habitude Hollande s’est montré incapable de trancher ; comme le pense la CFDT, ce dossier risque de plomber la popularité du gouvernement qui avait déjà plombé Sarkozy. Les syndicats n’ont pas apprécié  l’arbitrage de M. Ayrault, au terme duquel les 629 salariés menacés du site mosellan échappent à un plan social pour l’instant, mais qui n’infléchit pas réellement la position d’ArcelorMittal, qui fait des concessions financières mais pas stratégiques. . Dans le cadre de l’environnement économique actuel, il s’agit d’un bon accord qui permet à l’aval de Florange de pouvoir continuer à se développer et à fournir des aciers à très haute valeur ajoutée », a commenté samedi dans un communiqué le vice-président des aciers plats pour l’Europe Henri Blaffard.  Mais la vérité c’est que  toutes ces tractations n’ont pas fait varier d’un iota un des points essentiels de la stratégie de Lakshmi Mittal: les hauts-fourneaux de Florange ne devraient plus cracher de brames d’acier brut. La négociation a abouti à des investissements sur « l’aval », c’est-à-dire la transformation de l’acier en produits industriels élaborés et non sur « l’amont », la production d’acier proprement dite.  Le gouvernement s’abrite derrière le projet européen Ulcos qui est supposé à terme permettre à un des haut-fourneaux de Florange de produire de l’acier en émettant beaucoup moins de CO2 pour faire meilleure figure, car il affirme qu’ArcelorMittal s’est engagé sur ce dossier.  Et c’est peut être là qu’il y a un loup: ArcelorMittal ne faisait samedi dans son communiqué aucun commentaire sur le projet Ulcos, malgré les questions de l’AFP sur ce point précis, tandis que dans un communiqué publié quelques minutes après, Jean-Marc Ayrault inscrivait « le projet Ulcos » dans les engagements pris par le groupe.  Interrogé, M. Montebourg a rappelé que le projet n’était pas abouti, que Mittal s’était simplement « engagé à étudier le projet », et a renvoyé la balle à Jean-Marc Ayrault. En conclusion un dossier économiquement mal ficelé dès le départ et politiquement maintenant pourri. Le gouvernement va payer très cher cette affaire emblématique du flou de la politique industrielle actuelle.

 

La nationalisation de Florange toujours possible ? Du pipeau !

La nationalisation de Florange  toujours possible ? Du pipeau !

Montebourg tente de se racheter sur les médias en affirmant que la nationalisation est toujours possible pour Florange, c’est évidemment du pipeau. Ayrault a tranché sous la pression de l’administration de Bercy qui ne voulait pas payer, sous la pression du Medef qui craignait un phénomène de contagion. ? Ayrault a tranché aussi parce que Hollande comme d’habitude s’est montré incapable de décider entre deux solutions, soit celle d’un repreneur, soit celle d’une nationalisation temporaire. Du coup, on s’en remet à Mittal qui n’a jamais tenu aucune promesse. Le président François Hollande, qui a reçu « longuement » M. Montebourg samedi matin, lui « a déclaré que la question de la nationalisation temporaire restait sur la table car c’est une arme dissuasive. Si M. Mittal ne tient pas ses engagements, l’Etat prendra ses responsabilités », a déclaré M. Montebourg sur TF1.  Arnaud Montebourg, dont c’était la première intervention médiatique depuis l’annonce du compromis passé entre le Premier ministre Jean-Marc Ayrault et le géant mondial de l’acier, a déclaré ne pas se sentir désavoué par le fait que sa proposition de nationalisation n’a pas été retenue.   »Si j’avais dû me sentir désavoué je n’aurais pas été seul car plus de 63% des Français soutenaient cette proposition qui est une forme d’arme pour la puissance publique pour se faire respecter », a-t-il déclaré. « J’ai décidé de rester à mon poste de travail et de combat », a déclaré M. Montebourg en réfutant toute idée de démission.  M. Montebourg s’était beaucoup engagé dans le bras de fer entre le gouvernement et ArcelorMittal, plaidant pour une nationalisation temporaire du site avant sa revente à un investisseur privé. Sa proposition a suscité de l’adhésion bien au-delà de sa famille politique et l’espoir de certains syndicalistes.  Cette option n’a pas finalement été retenue et les services du Premier ministre ont eu des mots peu amènes pour le travail de M. Montebourg, affirmant que ce n’était « pas solide » et « pas bordé ». Le Premier ministre s’est fendu samedi d’un communiqué d’hommage à M. Montebourg, mais il avait auparavant estimé que le repreneur présenté par le bouillant ministre n’était pas « crédible ». Un repreneur peut-être pas crédible mais pas davantage que le projet ULcos sur lequel compte Ayrault.  D’ailleurs  Sur le dossier Ulcos, possible point d’achoppement entre le gouvernement et le groupe, M. Montebourg a renvoyé la balle à Jean-Marc Ayrault.  Ulcos est un projet européen destiné à produire de l’acier en émettant beaucoup moins de CO2, et pour lequel un des haut-fourneaux de Florange pourrait être utilisé.  Selon Jean-Marc Ayrault, ArcelorMittal s’est engagé vendredi dans cette voie, mais le groupe s’est bien gardé samedi de confirmer cette partie de l’accord.

 

Montebourg : fusillé politiquement avec Florange

Montebourg : fusillé politiquement avec Florange

 

Il fallait s’y attendre, ce poste de redressement productif n’a pas été crée pour rien, uniquement par cadenasser le bouillant Montebourg ; en réalité il n’a jamais eu de pouvoir. C’est d’abord un règlement de comptes politiques. Si Montebourg avait réussi son opération temporaire de nationalisation, il serait sorti très grandi de l’épreuve et aurait pu faire alors de l’ombre à Ayrault lui aussi très discrédité dans les sondages. Montebourg a désormais tout le monde contre lui, les salariés de Florange et plus généralement les syndicats qui ne croient plus dans ses promesses de sauveur de l’industrie. Il a contre lui le gouvernement mais aussi l’opinion publique qui ne peut comprendre qu’il reste au gouvernement après ce désaveu. La seule solution honorable pour lui serait en effet de démissionner au lieu de continuer à se discréditer. Le ministre du redressement productif avait fait de Florange, le dossier emblématique de sa mission au sein du gouvernement. Il n’avait pas hésité à tenir des propos volontaristes et particulièrement forts envers Lakshmi Mittal et à défendre l’idée d’une nationalisation du site. Il avait aussi annoncé haut et fort un repreneur «patriote»
Jean-Marc Ayrault, a eu beau dire qu’il n’a pas ménagé sa peine pour chercher toutes les solutions possibles contribuant ainsi «à créer un rapport de force favorable à la conclusion de l’accord», le Premier ministre n’en a pas moins désavoué son ministre en retenant une toute autre solution que celle qu’il défendait. Au gouvernement, on ne sait péquet-être pas traiter les problèmes économiques mais on sait gérer les conflits politiques en fusillant un adversaire  peu trop remuant. C’est la politique à la française, à gauche comme à droite.

Florange : Montebourg ridiculisé

Florange : Montebourg ridiculisé

Arnaud Montebourg est ridiculisé car Florange ne sera pas nationalisé pour être revendu ensuite. ArcelorMittal a négocié dans le dos de Montebourg avec Matignon afin de ne pas trop réduire l’emploi et de maintenir fonctionnels les hauts-fourneaux. C’est évidemment un échec pour Montebourg renvoyé à son rôle d’agité sans réel pouvoir. : Montebourg est désavoué par le Premier Ministre lui-même qui a considéré que l’éventuel repreneur n’était pas crédible. Pourtant tout était réuni pour faire des hauts-fourneaux de Florange l’emblème de la mission de Redressement productif d’Arnaud Montebourg, mais le ministre, lâché par Matignon qui n’a pas retenu son plan de nationalisation, se retrouve isolé au sein du gouvernement.  « S’il perd la bataille de Florange, il va être réduit au ministre qui va jeter quelques bouées de secours », estimait récemment un des proches d’Arnaud Montebourg, le député socialiste de l’Essone Malek Boutih. Car Florange concentrait l’essence du Redressement productif, une industrie historique à la splendeur fanée (la sidérurgie et les hauts-fourneaux), un bassin d’emploi sinistré et une incarnation du capitalisme transnational dont le ministre dénonce les méfaits : ArcelorMittal. Pour faire passer la pullule, Matignon a salué l’action du ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, « qui n’a pas ménagé sa peine » pour tenter de trouver une solution pour le site sidérurgique de Florange, « comme il le fait sur de nombreux dossiers ». En réalité Quelques heures avant cet épilogue, Arnaud Montebourg disait encore que la nationalisation, idée à laquelle s’étaient ralliés de nombreux responsables politiques de tous bords, n’était « pas un faux espoir » mais une « solution qui est sérieuse, crédible, durable ». L’action qu’il a menée depuis des semaines pour trouver un repreneur industriel auquel revendre Florange a été balayée sans trop de ménagement par Matignon. »Absurde de discréditer son ministre », a pesté sur le réseau social Twitter la sénatrice PS Marie-Noëlle Lienemann.

Florange : Montebourg, victime de l’accord entre l’Etat et ArcelorMittal ?

Florange : Montebourg, victime de l’accord entre l’Etat et ArcelorMittal ?

Le ministre va devoir défendre un accord avec un interlocuteur qu’il ne jugeait pas digne de confiance. Des hauts fourneaux qui ne ferment pas tout de suite, pas de plan social et l’engagement d’ArcelorMittal d’investir 180 millions d’euros sur cinq ans à Florange… Présenté sous cette, forme, l’accord intervenu vendredi entre l’Etat et le groupe sidérurgiste pourrait apparaître comme une victoire. A l’Elysée, on souligne d’ailleurs «le bon accord » et les « concessions importantes obtenues » par l’exécutif. Vu sous cet angle, on peut aussi se dire que la menace d’une « nationalisation transitoire » du site a rempli son rôle : « Pour nous, cela a toujours été un moyen d’obtenir des résultats », dit encore un conseiller du chef de l’Etat. Pour François Hollande et Jean-Marc Ayrault, sans doute. Mais pour le ministre du redressement productif Arnaud Montebourg, pas sûr.

 

Florange: pas de nationalisation et avenir très incertain

Florange: pas de nationalisation et avenir très incertain

Comme souvent Hollande a choisi de ne pas choisir en se fiant à Mittal pour l’avenir du site. ; Le gouvernement aurait  obtenu d’ArcelorMittal qu’il s’engage à préserver l’emploi à Florange (Moselle) et investisse 180 millions d’euros en cinq ans dans le site, suscitant pourtant des réactions mitigées de la part des syndicats et des politiques.   »Il n’y aura pas de plan social à Florange. Le groupe Mittal s’est engagé à investir au moins 180 millions dans les cinq prochaines années », a déclaré Jean-Marc Ayrault vendredi soir. Il a en outre annoncé que la nationalisation des hauts-fourneaux était écartée.  Le site de Florange emploie 2.700 personnes, dont 629 étaient concernées par une possible fermeture.  Une source à Matignon a précisé qu’il y aurait cependant des suppressions de postes induites par les départs à la retraite, qui se feront « au fur et à mesure » mais a assuré qu’il n’y aura ni licenciements, ni mobilités forcées.  Le groupe, qui souhaitait fermer la filière chaude (production d’acier brut, comprenant les hauts-fourneaux), s’est finalement engagé à « maintenir les hauts-fourneaux » de Florange « en l’état » dans l’attente de la réalisation d’un projet européen de captage et de stockage de CO2, baptisé Ulcos, a expliqué le Premier ministre.  Ulcos(Ultra-Low Carbon Dioxide Steelmaking), proposé pour un des hauts-fourneaux de Florange, est un prototype de captage stockage du CO2 qui doit permettre de réduire considérablement la pollution de l’air par la fabrication de l’acier.  Ce projet, dans lequel l’Etat pourrait augmenter sa participation, est en attente de financements européens prévus d’ici fin décembre.   »Le gouvernement n’a pas retenu l’hypothèse d’une nationalisation transitoire (..) au vu des engagements qu’il a obtenus d’ArcelorMittal », des engagements « inconditionnels », a souligné Jean-Marc Ayrault.   »La nationalisation (…) peut certes être nécessaire dans des circonstances historiques particulières ou pour sauvegarder des intérêts supérieurs de la nation », a dit M. Ayrault. « Mais elle n’est pas efficace face à un problème de débouchés pour une entreprise ou face à un problème de compétitivité », a-t-il ajouté, dans une allusion au marché de l’acier en Europe, très déprimé.  La menace d’une nationalisation temporaire avait été brandie par le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg et avait rallié une part importante de la classe politique, de droite comme de gauche. .A Florange, les syndicats ont accueilli froidement les annonces du gouvernement, la CFDT jugeant même que les salariés étaient « une nouvelle fois trahis » et exigeant une réunion tripartite entre gouvernement, syndicats et direction. « Nous avons été le cauchemar de (Nicolas) Sarkozy, on pourrait être celui de ce gouvernement », a menacé vendredi son représentant Edouard Martin. « Les rénovations et les investissements, c’est maintenant que nous les voulons, pas dans cinq ans. Nous exigeons que les travaux de rénovation démarrent tout de suite », a-t-il ajouté.

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Florange : « le cauchemar de Sarkozy et maintenant celui de ce gouvernement »

Florange : « le cauchemar  de Sarkozy et maintenant celui de ce gouvernement t»

 

« Nous avons été le cauchemar de Sarkozy, on pourrait être celui de ce gouvernement », a  annoncé la CFDT.  Nous avons le sentiment d’avoir été une nouvelle fois trahis, a déclaré vendredi à Florange le porte-parole de la CFDT Edouard Martin, quelques minutes après la déclaration du premier Ministre Jean-Marc Ayrault. « Nous n’avons aucune confiance en Mittal », a-t-il ajouté. « Les rénovations et investissements, c’est maintenant que nous les voulons, pas dans cinq ans ». Edouard Martin a exigé la tenue d’ »une réunion tripartite gouvernement-syndicats-direction ». « Nous exigeons aussi que lorsque Ayrault dit +pas de plan social+, donc pas de licenciements secs, de savoir si c’est pour Arcelor ou pour l’ensemble des salariés qui travaillent sur le site », donc aussi les sous-traitants et les interimaires, a ajouté M. Martin. « 

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