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Hausses des marchés financiers : Des profits excessifs

Hausses des marchés financiers : Des profits excessifs

Vincent Chailley, cofondateur et directeur des investissements de H2O AM, société de gestion spécialisée dans la gestion « global macro » à fort effet de levier, livre son analyse sur l’évolution récente des marchés, notamment cette succession de records sur les Bourses mondiales, et dévoile ses principaux choix en matière d’investissement pour 2024.intreview dans La Tribune ( extrait)

  Les Bourses volent de record en record. Comment expliquez-vous cette bonne tenue des marchés ?

VINCENT CHAILLEY- Les actions sont chères, à l’exception peut-être des actions européennes qui attirent toujours aussi peu les investisseurs internationaux. Les obligations sont également chères. Tout est finalement un peu cher. C’est une forme d’héritage des injections de liquidités massives de ces quinze dernières années. Nous sommes toujours dans ce monde où tout est globalement cher. Un début de purge a eu lieu en 2022 mais il reste un excès de liquidités qui disparaîtra que progressivement. Ceci dit, il n’est pas anormal que les actions se comportent bien dans un monde inflationniste, surtout dans un contexte d’inflation par la demande. Les entreprises peuvent augmenter leurs prix, tenir leurs marges. Les actions sont donc mieux placées que les obligations. Les grands allocataires, comme les fonds de pension, ou les fonds souverains, qui avaient une forte exposition aux obligations, se sont tournés vers les actions quand l’inflation a commencé à grimper. Et ce sont les marchés américains qui ont le plus profité de cette réallocation en 2023.

Quel est votre scénario pour 2024 ?

Le scénario macroéconomique qui nous semble le plus probable, c’est celui d’un ralentissement de la croissance, modéré et progressif. Le risque de récession est faible, voire très faible. Je ne vois pas de force qui pourrait provoquer aujourd’hui une accélération du ralentissement en cours. L’économie ralentit car les taux sont élevés, notamment les taux réels au-dessus de 2%, mais l’emploi reste globalement très solide et surtout nous constatons aucun déséquilibre dans le secteur privé, aucun excès de dette à la fois chez les ménages et dans les entreprises. C’est très important. Nous ne sommes pas du tout dans une situation similaire à 2008. Il n’y a pas de problème bancaire, il n’y a pas de bulle de marché, même si quelques valorisations de la tech peuvent paraître excessives. En un mot, le secteur privé est sain. S’il devait y avoir un excès, il est dans le secteur public. Ce sont finalement les États qui payent les additions de tous chocs passés, et qui garantissent ainsi la bonne tenue de l’économie.

Cette résistance de l’économie américaine n’est-elle pas quelque peu artificielle ?

Les salaires réels continuent de progresser et la productivité semble repartir à la hausse. On pourrait même être au milieu d’un choc de productivité, à la sauce des années 90, ce qui ne serait pas surprenant compte tenu des investissements massifs dans l’innovation réalisés pendant ce long cycle d’argent gratuit. Et, puis, nous pouvons avancer une troisième source potentielle de soutien à l’économie, ce sont les marchés eux-mêmes. Dans un scénario où la Réserve fédérale redevient accommodante, nous pouvons toujours imaginer que les actions continuent de monter, que les primes de crédit se compriment, et dans une économie très sensible aux marchés, cela alimenterait la croissance. Tous ces éléments mis bout à bout, salaires réels, productivité, marchés favorables, pourraient finalement constituer le seul vrai risque pour les marchés, celui d’une économie américaine qui serait toujours très résistante en 2024, trop résistante aux yeux des banquiers centraux, avec un risque de retour de l’inflation. Le risque d’emballement, voire d’euphorie sur les marchés ne doit pas être ignoré, surtout s’il se concentre sur quelques actifs. A ce stade, cela reste un risque.

 

Marchés financiers : Des profits excessifs

Marchés financiers : Des profits excessifs

Vincent Chailley, cofondateur et directeur des investissements de H2O AM, société de gestion spécialisée dans la gestion « global macro » à fort effet de levier, livre son analyse sur l’évolution récente des marchés, notamment cette succession de records sur les Bourses mondiales, et dévoile ses principaux choix en matière d’investissement pour 2024.intreview dans La Tribune ( extrait)

 

  Les Bourses volent de record en record. Comment expliquez-vous cette bonne tenue des marchés ?

VINCENT CHAILLEY- Les actions sont chères, à l’exception peut-être des actions européennes qui attirent toujours aussi peu les investisseurs internationaux. Les obligations sont également chères. Tout est finalement un peu cher. C’est une forme d’héritage des injections de liquidités massives de ces quinze dernières années. Nous sommes toujours dans ce monde où tout est globalement cher. Un début de purge a eu lieu en 2022 mais il reste un excès de liquidités qui disparaîtra que progressivement. Ceci dit, il n’est pas anormal que les actions se comportent bien dans un monde inflationniste, surtout dans un contexte d’inflation par la demande. Les entreprises peuvent augmenter leurs prix, tenir leurs marges. Les actions sont donc mieux placées que les obligations. Les grands allocataires, comme les fonds de pension, ou les fonds souverains, qui avaient une forte exposition aux obligations, se sont tournés vers les actions quand l’inflation a commencé à grimper. Et ce sont les marchés américains qui ont le plus profité de cette réallocation en 2023.

Quel est votre scénario pour 2024 ?

Le scénario macroéconomique qui nous semble le plus probable, c’est celui d’un ralentissement de la croissance, modéré et progressif. Le risque de récession est faible, voire très faible. Je ne vois pas de force qui pourrait provoquer aujourd’hui une accélération du ralentissement en cours. L’économie ralentit car les taux sont élevés, notamment les taux réels au-dessus de 2%, mais l’emploi reste globalement très solide et surtout nous constatons aucun déséquilibre dans le secteur privé, aucun excès de dette à la fois chez les ménages et dans les entreprises. C’est très important. Nous ne sommes pas du tout dans une situation similaire à 2008. Il n’y a pas de problème bancaire, il n’y a pas de bulle de marché, même si quelques valorisations de la tech peuvent paraître excessives. En un mot, le secteur privé est sain. S’il devait y avoir un excès, il est dans le secteur public. Ce sont finalement les États qui payent les additions de tous chocs passés, et qui garantissent ainsi la bonne tenue de l’économie.

Cette résistance de l’économie américaine n’est-elle pas quelque peu artificielle ?

Les salaires réels continuent de progresser et la productivité semble repartir à la hausse. On pourrait même être au milieu d’un choc de productivité, à la sauce des années 90, ce qui ne serait pas surprenant compte tenu des investissements massifs dans l’innovation réalisés pendant ce long cycle d’argent gratuit. Et, puis, nous pouvons avancer une troisième source potentielle de soutien à l’économie, ce sont les marchés eux-mêmes. Dans un scénario où la Réserve fédérale redevient accommodante, nous pouvons toujours imaginer que les actions continuent de monter, que les primes de crédit se compriment, et dans une économie très sensible aux marchés, cela alimenterait la croissance. Tous ces éléments mis bout à bout, salaires réels, productivité, marchés favorables, pourraient finalement constituer le seul vrai risque pour les marchés, celui d’une économie américaine qui serait toujours très résistante en 2024, trop résistante aux yeux des banquiers centraux, avec un risque de retour de l’inflation. Le risque d’emballement, voire d’euphorie sur les marchés ne doit pas être ignoré, surtout s’il se concentre sur quelques actifs. A ce stade, cela reste un risque.

 

Marchés financiers : le plongeon des bourses jusqu’à quand

Marchés financiers : le plongeon des bourses jusqu’à quand

Le CAC 40 plonge et est tombé autour des 7.000 points ( 6997 hier à la clôture)


Les marchés Financiers sont tendanciellement orientés vers la baisse. Mécaniquement les capitaux se réorientent vers les marchés obligataires avec la hausse des taux. Une tendance qui va durer tant que les taux se maintiendront à des niveaux records. Au moins une bonne partie de l’année 2024 car les banques centrales n’envisagent pas de relâcher leur politique restrictive avant. Le problème c’est que ce relèvement des taux pourrait parallèlement tuer la croissanceSur la tendance à Paris et au plan mondial, le « malade économie » pourrait mourir mais guéri de l’inflation. En effet avec une hausse historique des taux, les banques centrales assomment la croissance qui pourrait plonger elle aussi en 2024. Non seulement le pouvoir d’achat des ménages est fortement impacté mais aussi les investissements devenus trop chers à amortir. Il faut évidemment lutter contre l’inflation mais pas au point d’affecter l’activité économique et c’est tout ce savant dosage qui est en cause.

Avec des taux obligataires de très haut niveau les capitaux vont s’orienter vers les placements prudents et déserter la bourse. Une bourse qui pourra aussi être affectée justement par la baisse de croissance et donc de profit. Bref comme les taux vont se maintenir à ce niveau pendant toute l’année 2024, la bourse risque d’être malade pendant au moins la nouvelle année. Le CAC 40 est passé ce mardi sous la barre des 7.000, à 6.997,05 points (-1,01 %). A l’ouverture de la journée, l’indice phare de la Bourse de Paris avait démarré à 7 031,59 points.

Marché plombé par la hausse des taux obligataires
En cause, un marché plombé depuis une dizaine de jours par la montée des taux d’intérêt sur le marché obligataire, qui atteignent des plus hauts depuis 2007 pour les échéances à deux, dix et trente ans. Lors de sa dernière réunion de septembre, la Réserve fédérale américaine s’est, en effet, montrée plus ferme que ce qu’anticipaient les investisseurs. Elle a laissé présager que ses taux directeurs resteraient à des niveaux élevés en 2024, tandis que les marchés les voyaient descendre dans un avenir proche.

De même, la Banque centrale européenne (BCE) a relevé ses taux pour la dixième fois consécutive le 14 septembre dernier pour continuer à baisser les prix. Poursuivant son resserrement monétaire, l’institution a augmenté son taux de référence de 25 points de base. Désormais à 4%, il se situe au plus haut niveau de son histoire. Le taux de refinancement et le taux de facilité de prêt marginal se situent, eux, à 4,50% et 4,75%.

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Au total, ce dernier relèvement porte à 450 points de base la hausse des taux dans la zone euro depuis plus d’un an. De quoi peser sur l’activité économique. D’autant plus qu’en juin dernier, la zone euro (les 20 pays à avoir adopté la monnaie unique) se trouvait techniquement en récession avec le recul du produit intérieur brut (PIB) sur deux trimestres consécutifs, de -0,1% d’octobre à décembre et à nouveau de -0,1% entre janvier et mars, d’après les données d’Eurostat, révisées et publiées ce jeudi 8 juin.

Même tendance observée chez d’autres places boursières ces derniers mois
Depuis le 20 septembre, le CAC 40 a perdu plus de 4,5%, tandis que dans le même temps le taux d’intérêt de la dette de l’Etat français à dix ans est passé de 3,23% à 3,48% et a signé un nouveau plus haut depuis novembre 2011. Le rendement des emprunts d’Etat américains à dix ans ne cesse de grimper également et évolue au plus haut depuis près de 16 ans, à 4,74%.

Les investisseurs craignent que les taux élevés pèsent sur l’activité économique.

Quelles tendances des marchés financiers ?

Quelles tendances des marchés financiers ?


Il semblerait que les marchés ne nous disent pas tout. En effet, leurs performances très optimistes sont difficilement compatibles avec le scénario très conservateur des « experts ». Par Karl Eychenne, chercheur chez Oblomov & Bartleby
dans la Tribune

Commençons par une hypothèse qui en impose : les marchés pensent. Pourquoi pas. Et puisque les marchés pensent, peut être même qu’ils sont capables de « penser tout bas ». Comme le font les gens qui pensent des choses qu’ils ne disent pas. Admettons. Si l’on retient cette possibilité, alors il devient possible d’interpréter les niveaux de marché d’une toute autre manière que celle traditionnellement retenue. L’interprétation devient moins exubérante, mais plus stimulante.

Par exemple, d’ordinaire lorsque les marchés d’actions s’envolent alors que l’économie touche le fond, on diagnostique un excès d’optimisme de la finance de marché. Voire un éthylisme monétaire de l’investisseur qui attend sa dose de politique ultra-accommodante. Le langage ordinaire de la finance utilise un terme précis : l’irrationnalité. Tout a déjà été dit sur le sujet. Mais il existerait une autre lecture, moins irrationnaliste, plus complotiste. Le marché sait des choses qu’il ne nous dit pas…

Laissons-nous embarquer par ce thème fumeux, et alors tout s’éclaire. Si les marchés sont en décalage avec ce que dit le réel, c’est parce que les marchés pensent des choses tout bas, mais ne nous les disent pas. Les niveaux qu’ils nous donnent à lire ne racontent pas le fond de leur pensée. Nous pensons lire une certaine forme d’exubérance dans les prix des actifs, et c’est bien normal puisque l’investisseur un irrationnel indécrottable. Mais en fait, l’investisseur aurait une tout autre version de l’histoire. Une version en opposition quasi-frontale avec celle proposée par ceux qu’on appelle les « experts » : le consensus des économistes, les autorités monétaires, FMI, OCDE… , et les analystes financiers.

Les « experts » pensent que l’activité économique va décélérer significativement de 3,5 à 0,6 % en 2023, que l’inflation sous – jacente (hors prix de l’énergie et de l’alimentaire) va rester trop élevée à près de 5 %, et que la Banque centrale européenne va maintenir la pression en montant ses taux d’intérêt directeurs jusqu’à 4 %. Dans ces conditions, les bénéfices des entreprises connaitraient une année blanche sans croissance, après les 20 % de hausse de 2022. Même lecture ou presque pour les Etats – Unis avec en prime une récession envisagée pour la toute fin d’année.

Il existe une lecture des marchés qui dit un peu cela aujourd’hui, et qui d’ailleurs vampirise toutes les autres interprétations possibles. Cette lecture insiste sur ce que nous raconte la courbe des taux d’intérêt : l’écart entre le taux 10 ans et le taux 2 ans. Et pour cause, la pente de la courbe des taux est probablement l’indicateur avancé de la croissance économique le plus populaire et le plus efficace au cours des 50 dernières années. Concrètement, le fait que les taux d’intérêt à 10 ans se retrouvent aujourd’hui sous les taux d’intérêt à 2 ans serait mauvais signe pour l’activité économique. On pourrait se dire alors que les marchés racontent finalement la même histoire que les experts, une histoire qui se finit mal. Mais, il ne s’agit que d’une version, celle de la courbe des taux.

Or, si l’on s’intéresse maintenant à ce que nous racontent les marchés d’actions et les marchés du crédit, la lecture pessimiste proposée par la courbe des taux ne colle plus. La hausse de 15 % des marchés d’actions depuis le début de l’année, celle de près de 3 % du marché du crédit (obligations les plus mal notées), voire les performances sectorielles très à l’avantage des valeurs dites de croissance (technologie…) au détriment des valeurs de rendement (bancaires, matières premières…), nous livrent un message fort et surtout homogène.

« La croissance économique va être bien plus robuste qu’attendue, les bénéfices des entreprises en croissance positive, et les Banques centrales pourraient même baisser les taux directeurs, non pas en raison d’une récession économique, mais parce que l’inflation décélère plus fortement qu’attendu. »

Pas mal d’angélisme probablement dans cette version. Mais on ne pourra pas reprocher aux marchés de manquer de cohérence entre eux. Soit ils se trompent tous, soit ils ont tous raison. C’est d’ailleurs cette forme d’univocité du message livré par l’ensemble des marchés qui en fait un argument troublant, comme un faisceau d’indices qui ne prouve rien mais incline à penser que : les marchés pensent tout bas que les « experts » ont complètement foiré leurs prévisions.

Certes, il est aussi possible que l’on fasse dire aux marchés ce qu’ils n’ont jamais pensé. Ce que les marchés « pensent tout bas » n’est peut-être pas pensé du tout. On voudrait tellement faire parler les marchés. Comme si le non-dit en disait long. Sauf que parfois, il n’a vraiment rien à dire du tout.

« Il ne parle pas, mais on sait qu’il pense des bêtises », comme disait Jules Renard, Monsieur Poil de Carotte.

Marchés financiers : CAC au plus haut……….. Avant la chute ?

Marchés financiers : CAC au plus haut……….. Avant la chute ?

Nouveau record historique du CAC curieusement au moment où le fonds monétaire international révise encore à la baisse les perspectives de croissance pour 2023; En particulier aux États-Unis ou le scénario de récession n’est plus exclu compte tenu de la politique monétaire très restrictive. Au moment aussi où l’inflation s’envole partout pour plomber le pouvoir d’achat des ménages, la consommation et la croissance. Après la hausse de mardi, les bourses internationales ont d’ailleurs commencé à enregistrer mercredi une baisse qui pourrait s’amplifier. La Bourse de New York, qui avait d’abord bien accueilli un ralentissement de l’inflation américaine, a finalement terminé dans le rouge alors que le compte rendu de la dernière réunion de la Fed a remis sur la table la possibilité d’une légère récession aux Etats-Unis. Le Dow Jones a cédé 0,11 %, le Nasdaq a perdu 0,85 % et le S&P 500 0,41 %. Le cac enregistre mercredi +0,09% vers les 7.397 points nouveau record ).

En fait pour le record de hausse, il s’agit surtout d’un pari sur l’arrêt de la hausse des taux d’intérêt des banques centrales. Un pari risqué. Un record qui s’explique aussi par de bizarres mouvements de yo-yo provoqués par des prises de bénéfices ou inversement des placements massifs sur des valeurs dites porteuses. Bref un jeu qui ressemble un peu au casino. En effet il se pourrait bien que dans les semaines qui viennent la chute soit d’autant plus douloureuse car les fondamentaux économiques ne peuvent expliquer ce nouveau record.

Le CAC 40, indice phare de la place parisienne, a donc touché ce mardi 11 avril un nouveau plus haut historique en séance, à 7.403, 67 points, battant ainsi son précédent record du 6 mars dernier. Le gain est ainsi de plus de 14 % depuis janvier, contre 9% pour l’indice Stoxx 600 (600 premières capitalisations européennes).

A la clôture, le CAC 40 a clôturé en hausse de 0,89% à 7.390,28 points, son plus haut depuis début janvier 202

Manifestation : l’instrumentalisation de la violence par la presse des financiers commence

Manifestation : l’instrumentalisation de la violence par la presse des financiers commence !

D’une certaine façon il fallait s’y attendre, depuis quelques jours la grande presse détenue essentiellement par les financiers et les chaînes info appartenant aux mêmes financiers commencent à détourner l’essence de la protestation contre la réforme. Ainsi par exemple Le Figaro mais d’autres titrent sur la violence dans toute la France avec évidemment des photos de poubelles en feu. Certes il y a eu quelques débordements et des violences mais globalement encore compte tenu de l’immensité de la foule, il faut surtout retenir la bonne tenue des manifestations.

Sitôt qu’une ou deux poubelles sont brûlées la presse de droite en fait des tonnes et les médias d’infos encore davantage. Il y a quelquefois quelques blessés aussi bien dans les forces de l’ordre que chez les manifestants, du mobilier urbain détruit et surtout des feux poubelles par les extrémistes de droite et de gauche. C’est regrettable et les auteurs sont condamnables.

Mais est clair maintenant que les médias progressivement militent pour qu’on tourne la page définitivement sur une réforme qu’ils ont toujours considérée comme indispensable. Comme le gouvernement ils s’abritent sur la légitimité institutionnelle mais minimise la légitimité politique des protestataires qui a près de 70 % de la population condamnent toujours une réforme injuste, autoritaire et inefficace.

La politique de Macron favorable aux secteurs banquiers et financiers.

La politique de Macron favorable aux secteurs banquiers et financiers.

Pourquoi la présidence d’Emmanuel Macron a été plutôt favorable pour les secteurs banquier et financier ( papier du Monde)

Taxe sur les échanges en Bourse allégée, fiscalité douce pour les gros salaires de la finance… les grandes réformes et mesures mises en œuvre entre 2017 et 2022 sont largement à l’avantage des deux secteurs.A contexte exceptionnel, mesures exceptionnelles ? Avec le Brexit, la France a ouvert les bras aux banques et entreprises du secteur financier qui n’avaient plus intérêt à garder leur siège européen à Londres. …

Face à sa rivale allemande, Francfort, Paris s’est positionnée : « La finance n’est pas un ennemi », assurait en juin le ministre de l’économie, des finances et de la relance, Bruno Le Maire, lors du forum de Paris Europlace, qui fait la promotion de la capitale comme place financière, tandis qu’Emmanuel Macron inaugurait le nouveau siège européen du géant bancaire américain JPMorgan, près du musée du Louvre, au cœur de la capitale.

Le passage du chef de l’Etat par la banque Rothschild lui avait été reproché par ses opposants, qui craignaient une attitude trop conciliante envers les secteurs banquier et financier. Cinq ans après son élection, qu’en est-il ? Nous avons recensé les réformes et mesures les plus importantes initiées ou soutenues par l’exécutif.

2017, une taxe sur les échanges en Bourse allégée

C’est l’une des premières mesures prises par Emmanuel Macron : alléger la taxe sur les transactions réalisées en Bourse en exonérant toute la partie « intraday », c’est-à-dire les ventes et les achats engagés et dénoués au cours d’une seule et même journée.

Instaurée lors du mandat de François Hollande, la taxe française sur les transactions financières (TTF) consiste en un prélèvement de 0,3 % sur les ventes d’actions par des entreprises ayant une capitalisation boursière supérieure à 1 milliard d’euros et dont le siège social se situe en France ; elle comprenait, depuis 2016, l’intraday.

« Si la TTF fonctionne bien (…), la taxe intraday ne fonctionnera pas car il y a des difficultés techniques et nous serions le seul pays européen à l’appliquer au moment où nous sommes en train de faire revenir des emplois [de la finance] à Paris », a justifié M. Le Maire, lors du débat sur le projet de budget 2018.

Cette TTF rapporte aujourd’hui près de 1,7 milliard d’euros par an. Il n’existe pas de mesure exacte de ce que représente l’intraday dans les échanges, mais elle est estimée à 40 % du volume total des transactions. Le manque à gagner lié à l’abandon de cette taxation peut donc être estimé à plusieurs centaines de millions d’euros par an.

2018, une fiscalité douce pour les gros salaires de la finance
Plusieurs mesures d’allègement, fiscal et social, prises par l’exécutif ont eu un effet attractif sur les entreprises du secteur financier et bancaire.

Depuis 2018, les métiers très bien rémunérés, au premier rang desquels figurent ceux de la finance, bénéficient d’un allègement de la taxe sur les salaires : la quatrième tranche (20 %) a été supprimée pour les rémunérations annuelles supérieures à 150 000 euros, qui sont désormais taxées à 13 %. « Cette mesure peut s’interpréter comme un renforcement de l’attractivité de la place financière de Paris dans le contexte post-Brexit », soulignait le rapport d’information sur le budget de l’Assemblée nationale, présenté par le député du Parti radical de gauche (PRG) Joël Giraud. Le coût de sa suppression était estimé à 137 millions d’euros, selon un rapport sénatorial.

Autre avantage pour les banques : non seulement la rémunération variable d’un trader peut désormais être baissée sans crainte de se retrouver devant les prud’hommes, mais il devient également possible de l’exclure du calcul de l’indemnité de licenciement grâce à la loi Pacte. Se séparer d’un banquier expérimenté et bien payé ne coûtera plus si cher à son employeur.

Troisième mesure, séduisante tant pour l’employeur que pour l’employé, l’avantageuse dispense d’affiliation au régime de retraite. Cette autre disposition de la loi Pacte, entrée en vigueur en 2019, est accordée pour trois ans, renouvelable une fois. Elle concerne les impatriés – c’est-à-dire les salariés expatriés dans le cadre de leur parcours professionnel et rentrés dans leur pays d’origine –, comme l’extension des conditions de l’exonération de la rémunération liée à cette impatriation (les indemnités ou compléments de salaire liés au fait de venir travailler en France).

Les employés de la finance ne sont pas les seuls concernés par ces mesures, mais elles leur profitent tout particulièrement : la plupart des emplois délocalisés hors de Londres sont liés à ce secteur, où se concentrent de très hauts salaires pour lesquels la France souhaite redevenir compétitive, assume Bercy.

2020, la bataille pour protéger les banques européennes
En renforçant le poids de la finance dans l’économie pour faire de Paris une nouvelle City, l’exécutif prend toutefois le risque de s’exposer à une crise financière en raison du poids des mastodontes bancaires. En effet, la France a l’un des secteurs financiers les plus concentrés d’Europe : elle compte peu de banques mais celles-ci sont « systémiques », susceptibles de faire chavirer le système financier, entraînant de larges pans de l’économie « réelle » (services publics, entreprises, épargne des particuliers, etc.). C’est l’une des raisons pour laquelle M. Macron a pesé de tout son poids dans la négociation avec les autres chefs d’Etats européens pour qu’un filet de sécurité public soit offert aux banques.

« Notre volonté [est] de finaliser l’union bancaire, de mettre en place ce mécanisme commun de solidarité et de protection », déclarait déjà en 2018 le président de la République. De fait, la centaine de banques européennes jugées « systémiques » n’ont pas la garantie d’être sauvées par leur propre fonds commun. Ce dernier, imposé suite à la crise de 2009, n’a que des réserves limitées.

Résultat, les 27 ministres des finances de la zone euro ont décidé, fin 2020, que si le fonds des banques s’avérait insuffisant, le mécanisme européen de stabilité (MES) prendrait le relais en endossant le rôle de « prêteur en dernier recours » pour les établissements européens en détresse. Ce pompier du secteur bancaire, auparavant mobilisé pour aider des Etats (il détient la moitié de la dette grecque), pourra dès 2022, soit deux ans plus tôt que prévu initialement, lever des centaines de milliards d’euros en cas de besoin.

« Veut-on avoir un soutien public au secteur bancaire privé ? C’est à nouveau la question de la privation des profits et de la socialisation des pertes qui se pose, déplore Thierry Philipponnat, le directeur de la recherche et du plaidoyer de l’ONG Finance Watch. Un cercle vicieux existe entre les banques et les Etats, par lequel les banques financent les Etats [via la dette levée par les pays] et seront potentiellement sauvées par les Etats. »

2021, le détricotage souhaité des « ratios prudentiels » et des règles internationales
Depuis la crise financière de 2008, la réglementation bancaire s’est considérablement renforcée et oblige les banques à avoir davantage de capital dans leurs caisses par rapport à ce qu’elles risquent. Elles doivent mettre de côté une partie de l’argent apporté par les actionnaires ou les sociétaires des banques, ainsi que leurs profits pour consolider leur assise financière en cas de difficulté. C’est ce que l’on appelle les « ratios prudentiels » : le niveau de capital réellement détenu par la banque par rapport à ses engagements, prêts, etc. Contrariées de laisser « dormir » ce « coussin de sécurité », les banques reviennent régulièrement à la charge pour l’alléger, souvent avec succès.

En janvier 2020, des députés, notamment Les Républicains (LR) et La République en marche (LRM), soutenus par le gouvernement, ont présenté une résolution destinée à assouplir les contraintes pourtant décidées dans le cadre de l’accord international de Bâle III entre les superviseurs bancaires du monde entier.

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Ces engagements internationaux devant être transposés au niveau européen, la bataille se joue désormais à Bruxelles et à Strasbourg. La Commission européenne a proposé, en octobre 2021, que le durcissement des règles soit bien mis œuvre. Mais il n’est pas certain que cette option l’emporte. La position du Parlement et des Etats membres est désormais attendue, en premier lieu de la France, qui a pris la présidence du Conseil de l’Union européenne (UE) le 1er janvier. « C’est une grosse bataille. La France est contre un encadrement exigeant : elle fait tout ce qu’elle peut pour donner la parole au lobby bancaire », rapporte Thierry Philipponnat, qui suit de près ces négociations.

Emmanuel Macron est aussi favorable à un autre détricotage de ces règles internationales : il a proposé, à plusieurs reprises, que le contrôle des ratios prudentiels se fasse par la voie politique, >en l’occurrence les ministres des finances des Vingt-Sept, plutôt que par des régulateurs indépendants. « Cette proposition créerait de nouveaux risques de capture des instances décisionnaires par les banques », alerte la plate-forme française d’experts Changer la finance. Pointant le risque de conflits d’intérêts, ils rappellent la grande porosité entre la haute fonction publique et les instances dirigeantes des banques. Deux exemples récents l’illustrent pour ce quinquennat : Marie-Anne Barbat-Layani, passée en 2019 de la Fédération bancaire française (FBF) au secrétariat général de Bercy, alors qu’un an plus tard, Maya Atig faisait le chemin inverse, de la direction du Trésor à la tête de la FBF.

Finances–marchés financiers : cycle baissier ou krach

Finances–marchés financiers : cycle baissier ou krach ?

Un très gros coup de mou mercredi sur les marchés financiers qui confirme l’hypothèse dune baisse avec l’écroulement de la croissance et l’envolée de l’inflation. Finalement rien de surprenant, en effet on est passé brutalement de taux de croissance très élevée provenant essentiellement de la période post sanitaire a maintenant un risque de croissance zéro et même de récession.

2023 risque d’être catastrophique pour plusieurs raisons. Le risque de famine qui fait monter les prix et encourage l’inflation des matières premières industrielles ou non. La situation géopolitique particulièrement dangereuse et qui pèse aussi sur l’activité. Enfin un phénomène plus ancien de hausse qui a nourri en premier l’inflation. Le pire c’est effectivement cette perspective maintenant de stagflation voire de récession. Du coup, les marchés financiers plongent anticipent cette sombre perspective de 2023. Certains prévoient même un Krach . À tout le moins les marchés s’inscrivent dans un cycle baissier. Cela d’autant plus que les Banques centrales sont maintenant engagées dans un resserrement monétaire se caractérisant notamment par le relèvement des taux d’intérêt.

Les investisseurs anticipent de nouveaux tours de vis de la banque centrale américaine (Fed) au risque de provoquer une récession.

Peu de secteurs échappent à la correction en cours. Même les banques, qui profitent pourtant mécaniquement de la hausse des taux, dévissent sur des anticipations de dégradation de la conjoncture économique génératrice de faillites et de provisions dans les bilans bancaires. Pourtant, la BCE estime que la zone euro devrait échapper à une récession cette année. Mais pour l’année 2023 rien n’est écrit en dépit des déclarations du ministre des finances de la France qui déclare que le pic d’inflation a été atteint.

En réalité l’inflation va continuer tout au long de l’année 2023 car alimentée par les taux d’intérêt mais aussi par les superprofits d’ entreprises que ne justifie nullement la hausse des coûts.

Enfin on parle peu des conséquences de la politique monétaire accommodante qui a consisté à faire tourner la machine à billets (non équilibrée par de véritables actifs=. L’inflation est le moyens aujourd’hui de rétablir l’équilibre entre la masse monétaire et la richesse réelle. Une inflation qui pèse essentiellement sur les consommateurs.

Les banques sont aujourd’hui atteintes comme les consommateurs du fait de la dévalorisation d’une partie de leurs actifs. Le manque de confiance est générale un peu partout concernant l’économie un peu partout et particulièrement en France où 80 % de l’opinion condamnent la politique économique et sociale du gouvernement.

La période qui s’ouvre va sans doute provoquer une crise politique après le vote à l’arraché de la réforme des retraites, il pourrant s’y ajouter une panique en tout cas des craintes dans le domaine financier.

Marchés financiers : cycle baissier ou un krach

Marchés financiers : cycle baissier ou un krach

Un très gros coup de mou mercredi sur les marchés financiers qui confirme l’hypothèse dune baisse avec l’écroulement de la croissance et l’envolée de l’inflation. Finalement rien de surprenant, en effet on est passé brutalement de taux de croissance très élevée provenant essentiellement de la période post sanitaire a maintenant un risque de croissance zéro et même de récession.

2023 risque d’être catastrophique pour plusieurs raisons. Le risque de famine qui fait monter les prix et encourage l’inflation des matières premières industrielles ou non. La situation géopolitique particulièrement dangereuse et qui pèse aussi sur l’activité. Enfin un phénomène plus ancien de hausse qui a nourri en premier l’inflation. Le pire c’est effectivement cette perspective maintenant de stagflation voire de récession. Du coup, les marchés financiers plongent anticipent cette sombre perspective de 2023. Certains prévoient même un Krach . À tout le moins les marchés s’inscrivent dans un cycle baissier. Cela d’autant plus que les Banques centrales sont maintenant engagées dans un resserrement monétaire se caractérisant notamment par le relèvement des taux d’intérêt.

Les investisseurs anticipent de nouveaux tours de vis de la banque centrale américaine (Fed) au risque de provoquer une récession.

Peu de secteurs échappent à la correction en cours. Même les banques, qui profitent pourtant mécaniquement de la hausse des taux, dévissent sur des anticipations de dégradation de la conjoncture économique génératrice de faillites et de provisions dans les bilans bancaires. Pourtant, la BCE estime que la zone euro devrait échapper à une récession cette année. Mais pour l’année 2023 rien n’est écrit en dépit des déclarations du ministre des finances de la France qui déclare que le pic d’inflation a été atteint.

En réalité l’inflation va continuer tout au long de l’année 2023 car alimentée par les taux d’intérêt mais aussi par les superprofits d’ entreprises que ne justifie nullement la hausse des coûts.

Enfin on parle peu des conséquences de la politique monétaire accommodante qui a consisté à faire tourner la machine à billets (non équilibrée par de véritables actifs=. L’inflation est le moyens aujourd’hui de rétablir l’équilibre entre la masse monétaire et la richesse réelle. Une inflation qui pèse essentiellement sur les consommateurs.

Les banques sont aujourd’hui atteintes comme les consommateurs du fait de la dévalorisation d’une partie de leurs actifs. Le manque de confiance est générale un peu partout concernant l’économie un peu partout et particulièrement en France où 80 % de l’opinion condamnent la politique économique et sociale du gouvernement.

La période qui s’ouvre va sans doute provoquer une crise politique après le vote à l’arraché de la réforme des retraites, il pourrant s’y ajouter une panique en tout cas des craintes dans le domaine financier.

Marchés financiers-CAC 40 : grosse prise de bénéfices

Marchés financiers-CAC 40 : grosse prise de bénéfices

Comme c’était prévu après les records de début d’année, le marchés parisiens ont subi un revers cette semaine. L’indice CAC 40 a reculé de 1,78 % vendredi, sa plus forte baisse quotidienne depuis le 19 janvier.

Sur la semaine, il a cédé 2,18 %, sa pire performance hebdomadaire depuis mi-décembre, les marchés s’inquiétant de l’inflation plus élevée qu’attendu aux Etats-Unis. Le combat des banques centrales face à la hausse des prix semble loin d’être terminé.

Le CAC 40 a ainsi retrouvé son niveau du 10 février dernier. Ailleurs en Europe, le Dax allemand a perdu 1,72 % et le Footsie britannique a limité la casse, en recul de 0,37 %.

La publication de l’indicateur d’inflation aux Etats-Unis a jeté un froid sur le moral des investisseurs. Outre-Atlantique, l’inflation globale, de 5,4 %, et l’inflation sous-jacente, à 4,7 %, ont toutes les deux accéléré en janvier sur un an, alors qu’une baisse était attendue. Les chiffres de décembre ont aussi été revus à la hausse. La Réserve fédérale américaine (Fed) pourrait alors opter pour une nouvelle hausse des taux pour freiner l’inflation.

Marchés financiers–après les records CAC 40 …..la chute ?

Marchés financiers–après les records CAC 40 …..la chute ?

rappel d’un article du 19 février

Un nouveau record pour le CAC 40 qui progresse ainsi de près de 14 % depuis le 1er janvier. En cause, sans doute les excellents résultats financiers de la plupart des grandes entreprises concernées. Des entreprises qui ont profité de la bonne croissance de 2022 mais aussi de la manne financière déversée sans compter par la Banque centrale européenne. Une bonne performance en attendant une grande prise de bénéfices ? Cela d’autant plus que les Banques centrales considèrent la hausse des marchés financiers comme excessive du fait en particulier de la persistance de l’inflation.

D’une certaine manière la Bourse de Paris fait un peu exception et sans doute sur une reprise alors que la plupart des experts envisage une croissance particulièrement modeste voir une récession pour certains pays. La problématique pour la Chine en particulier demeure entière car c’est elle qui pourrait éventuellement tirer vers le haut la croissance qui mollit partout dans le monde.

On peut aussi penser que certains gestionnaires avisés ne sont pas mécontents de ce nouveau pic atteint par le CAC qui pourrait être suivi d’ici quelques temps d’une forte prise de bénéfices avec une des dégringolades en dessous des 7000 points. Bref le jeu habituel des initiés contre les boursicoteurs amateurs.

En tout cas, une hausse qui veut sans doute ignorer le resserrement monétaire qui va continuer et qui veut peut-être d’ailleurs l’influencer. Pas sûr que cet optimisme des marchés financiers influence réellement les Banques centrales .

Dans un entretien accordé à La Tribune, Pierre-Olivier Gourinchas, économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI) prévient que « la bataille contre l’inflation n’est pas encore gagnée. Il y a de bonnes nouvelles, mais les taux sont quand même à 5 % hors énergie et alimentation. On est très loin de la cible des 2 %. Certains pays, notamment les Etats-Unis, sont sur la voie de la désinflation, mais en Europe, ce n’est pas le cas ». Même aux Etats-Unis, quelques indicateurs ont (un peu) battu froid, comme une inflation supérieure aux prévisions en janvier et un marché de l’emploi toujours aussi solide. Bref, le message est clair : les marchés sont trop optimistes !

Marchés financiers–Nouveau record du CAC 40 …..Avant chute ?

Marchés financiers–Nouveau record du CAC 40 …..Avant chute ?


Un nouveau record pour le CAC 40 qui progresse ainsi de près de 14 % depuis le 1er janvier. En cause,sans doute les excellents résultats financiers de la plupart des grandes entreprises concernées. Des entreprises qui ont profité de la bonne croissance de 2022 mais aussi de la manne financière déversée sans compter par la Banque centrale européenne. Une bonne performance en attendant une grande prise de bénéfices ? Cela d’autant plus que les Banques centrales considèrent la hausse des marchés financiers comme excessive du fait en particulier de la persistance de l’inflation.

D’une certaine manière la Bourse de Paris fait un peu exception et sans doute sur une reprise alors que la plupart des experts envisage une croissance particulièrement modeste voir une récession pour certains pays. La problématique pour la Chine en particulier demeure entière car c’est elle qui pourrait éventuellement tirer vers le haut la croissance qui mollit partout dans le monde.

On peut aussi penser que certains gestionnaires avisés ne sont pas mécontents de ce nouveau pic atteint par le CAC qui pourrait être suivi d’ici quelques temps d’une forte prise de bénéfices avec une des dégringolades en dessous des 7000 points. Bref le jeu habituel des initiés contre les boursicoteurs amateurs.

En tout cas, une hausse qui veut sans doute ignorer le resserrement monétaire qui va continuer et qui veut peut-être d’ailleurs l’influencer. Pas sûr que cet optimisme des marchés financiers influence réellement les Banques centrales .

Dans un entretien accordé à La Tribune, Pierre-Olivier Gourinchas, économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI) prévient que « la bataille contre l’inflation n’est pas encore gagnée. Il y a de bonnes nouvelles, mais les taux sont quand même à 5 % hors énergie et alimentation. On est très loin de la cible des 2 %. Certains pays, notamment les Etats-Unis, sont sur la voie de la désinflation, mais en Europe, ce n’est pas le cas ». Même aux Etats-Unis, quelques indicateurs ont (un peu) battu froid, comme une inflation supérieure aux prévisions en janvier et un marché de l’emploi toujours aussi solide. Bref, le message est clair : les marchés sont trop optimistes !

>Energies renouvelables : des risques financiers

Energies renouvelables : des risques financiers

La volatilité des marchés ou encore la hausse des coûts de développement a engendré une hausse de la prime de risque ces dernières années. Par Frédéric Blanc-Brude, EDHEC Business School; Laurence Monnier, EDHEC Business School et Leonard Lum, EDHEC Business School

Face à l’impérieuse nécessité de lutter contre le changement climatique et de mettre un terme à l’exploitation des énergies fossiles, les énergies renouvelables paraissent promises à un bel avenir. En croissance régulière depuis plusieurs années, elles ont représenté 19,1 % de la consommation finale brute d’énergie en France en 2020. Outre-Manche, 43 % de l’énergie consommée au Royaume-Uni provient désormais de sources renouvelables comme l’éolien, le solaire, ou encore l’hydroélectrique.

Dans ce contexte, l’investissement dans les valeurs du secteur des énergies renouvelables apparaît comme particulièrement attrayant. Une nette accélération des investissements dans les énergies renouvelables reste en effet essentielle pour soutenir la croissance économique, tout en assurant la transition vers un monde plus vert.
Selon l’Agence internationale de l’énergie, plus de 2 000 milliards de dollars d’investissements annuels dans l’électricité propre seront d’ailleurs nécessaires d’ici 2030 pour espérer atteindre la neutralité carbone.

La guerre en Ukraine a en outre mis en évidence les risques posés par la dépendance des États aux importations d’hydrocarbures. Dans ces conditions, les projets de développement des énergies renouvelables s’imposent comme un impératif aussi bien environnemental que politique.

Pour autant, nous soulignons dans une étude EDHECinfra que ce type d’investissement comporte un certain nombre de risques qui lui sont inhérents. Nos travaux ont porté sur le suivi de 20 ans de transition énergétique au Royaume-Uni, un exemple d’économie qui a réussi à s’éloigner du tout-charbon et à effectuer une transition rapide vers les énergies renouvelables, tout en s’appuyant sur des installations hydroélectriques et nucléaires limitées.

Comme dans la plupart des économies développées, la part croissante des énergies renouvelables intermittentes dans le mix énergétique a créé de nouveaux défis :
• une augmentation des coûts de développement ;
• une plus grande volatilité de production ;
• une volatilité accrue des prix du marché.

Ainsi, alors que les énergies renouvelables enregistrent des bénéfices records (une récente note de recherche de l’EDHECinfra a montré que le rendement des actifs liés aux énergies renouvelables européennes a atteint 16 % en 2020, contre 10 % en 2015), les risques que rencontrent les investisseurs augmentent également.
Et si l’intérêt de ces derniers reste fort, la prime de risque exigée par le marché dans les projets éoliens et solaires non cotés a recommencé à augmenter depuis le début de 2022, après avoir diminué pendant une décennie. Cette prime atteint maintenant 700 points de base pour les projets éoliens dans les économies les plus développées, d’après notre indicateur infraMetrics, fournisseur de données, contre un peu plus de 500 à la fin 2020.

La transition rapide vers une production d’énergies renouvelables intermittentes a donc des conséquences non négligeables sur les investisseurs.
Ces conséquences sont de plusieurs ordres : l’instabilité du système énergétique, tout d’abord, mais aussi l’augmentation de la valeur de la production de gaz qui reste l’une des principales sources d’énergie, une volatilité accrue des prix, et bien sûr un impact négatif sur les rendements attendus par les investisseurs.
Pour rééquilibrer les risques, la mise en place de mécanismes de stabilisation des prix pourrait avoir des conséquences positives, aussi bien pour les investisseurs que pour les consommateurs.

Pour ce qui est des investisseurs, il s’agit là d’une opportunité pour mieux penser et gérer les risques auxquels ils sont exposés. Une partie de ces risques peut être gérée par l’investissement vers les technologies qui semblent aujourd’hui les plus nécessaires, comme celles qui permettent d’augmenter des capacités de stockage. À ce jour, la majorité des nouveaux investissements sont en effet orientés vers la production d’énergie intermittente (comme l’éolien et le photovoltaïque). Or, les capacités de stockage peinent à se développer au même rythme, ce qui fragilise la chaîne d’approvisionnement.

Mais d’autres outils que la stratégie d’investissement sont également mobilisables. À cet égard, on peut citer la diversification. Par exemple : associer des investissements dans plusieurs types d’énergies renouvelables, comme les énergies éoliennes et solaires, ou dans plusieurs pays européens.
Les investisseurs peuvent aussi opter pour un recours à des stratégies de couverture comme le hedging (contrats d’assurance ou de garantie contre le risque). Les Power Purchase Agreement (PPAs) et les Contracts for difference (CfDs), des instruments financiers pensés pour limiter les risques de pertes, peuvent également être mobilisés.

Si les investisseurs disposent de levier pour maîtriser les risques auxquels ils s’exposent, une intervention publique forte reste nécessaire pour accélérer le développement des énergies renouvelables. Il s’agit d’abord de protéger les consommateurs de l’envolée des prix (+65,5 % pour l’électricité au Royaume-Uni sur la période de novembre 2021 à novembre 2022, +15 % en France à partir de janvier 2023 grâce au bouclier tarifaire).
Ainsi, la préservation des mécanismes de stabilisation des prix existants comme le bouclier tarifaire en France, les « contrats de différence », ou encore la fin du couplage des prix entre le gaz et l’électricité apparaît comme essentielle.

Ce type de mesure permettrait en effet de pallier les déficiences d’un marché qui se base de plus en plus sur la production d’énergies renouvelables, mais où le gaz reste, paradoxalement, la mesure de toute chose.
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Par Frédéric Blanc-Brude, Directeur de l’EDHEC Infrastructure Institute, EDHEC Business School ; Laurence Monnier, Research Associate and member of the EDHECinfra Advisory Board, EDHEC Business School et Leonard Lum, Data analyst, EDHECinfra, EDHEC Business School
La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Marchés financiers-Bourses: Des actions encore trop chères

Marchés financiers-Bourses: Des actions encore trop chères

Les bourses ont connu de belles envolées à l’occasion d’une distribution massive de liquidités monétaires par les banques centrales. La machine à billets a certes permis de gérer au mieux la crise sociale, sanitaire et économique mais une grande partie des fonds ont aussi alimenté t de façon artificielle les profits de nombreuses entreprises. Aujourd’hui c’est le retour au réel et le marché des actions se révèle dangereux car les prix sont encore excessifs au regard d’une crise économique qui contrairement à ce qu’affirment certains experts n’est pas temporaire mais va durer plusieurs années. Une crise caractérisée par le problème de l’énergie, de l’inflation, du pouvoir d’achat sans parler des questions géo politiques. En outre le relèvement progressif des taux d’intérêt par les banques centrales vont forcément réorienter les investissements vers les obligations.

Les intentions d’investissement en actions sont retombées à leur niveau de 2019, avant la pandémie : moins d’un Français sur cinq envisage d’acheter des titres dans l’année qui vient, contre 25 % fin 2021.

Compte tenu des risques, seul un Français sur quatre se dit intéressé par la Bourse, contre 29 % fin 2021, selon le baromètre annuel réalisé par Audirep pour l’Autorité des marchés financiers (AMF) auprès de 2.000 personnes âgées de 18 ans et plus.

Contrairement à la crise boursière liée au Covid, qui avait été perçue comme une excellente occasion d’investir par de nombreux Français, la chute des cours cette année a plutôt découragé les investisseurs hésitants à franchir le pas. Ils sont bien plus nombreux à penser que ce n’est pas le bon moment d’investir (34 %) qu’il y a un an (26 %). Reflet du pessimisme des épargnants français, près d’un répondant sur deux estime que « la crise économique va durer plusieurs années ».

RER en province : Une annonce sans moyens financiers !

RER en province : Une annonce sans moyens financiers !

OPINION. Les Sénateurs Hervé Maurey et Stéphane Sautarel, rapporteurs spéciaux de la commission des finances du Sénat en charge des crédits des transports terrestres et maritimes et auteurs en mars 2022 d’un rapport sur la situation financière du système ferroviaire français et de la SNCF, réagissent aux annonces du Président de la République relatives au développement du transport ferroviaire du quotidien de type RER dans dix métropoles françaises afin de favoriser la transition écologique.( la Tribune)

« Pour tenir notre ambition écologique, je veux qu’on se dote d’une grande ambition nationale : qu’il y ait dans dix grandes agglomérations, dix grandes métropoles françaises, un réseau de RER, de trains urbains (…) Là où il y a thromboses, où il y a trop de circulation, où les déplacements sont compliqués, on doit se doter d’une vraie stratégie de transports urbains et c’est un super objectif pour l’écologie, l’économie, la qualité de vie », a exposé ce dimanche le Président de la République dans une séquence postée sur YouTube.

Si nous ne pouvons tous que partager l’idée que le RER n’est pas que pour Paris, et que les grandes métropoles françaises, aujourd’hui congestionnées, doivent engager une démarche de décarbonation grâce à des RER métropolitains, nous ne pouvons ignorer que ces annonces s’inscrivent en totale opposition avec les actes du gouvernement depuis des mois, des années, malgré les semonces que nous lui avons adressées.

Tous les acteurs du secteur : Régions, Métropoles, Parlementaires, SNCF, Fédérations de transports et Associations d’usagers… tous ont découvert ce projet, ou plutôt ces annonces ! Alors même que par ailleurs SNCF Réseau est en panne de financement !

Si nous sommes favorables au développement des transports en commun, de tous les modes de transports, et pour tous les territoires, urbains comme ruraux, si nous ne pouvons que souscrire à un « new deal » ferroviaire pour notre pays, que nous avons même sollicité, nous ne pouvons accepter cette posture descendante et ces effets d’annonce déconnectés de toute réalité, qui font perdre à nos concitoyens toute confiance dans la parole publique.

De qui se moque-t-on ?

Alors que nous nous apprêtons à examiner cette fin de semaine au Sénat les budgets transports de la mission « Écologie, développement et mobilité durables » dans le cadre du PLF 2023, les faits, les moyens, sont bien loin de l’ambition affichée :
o investissements dans la régénération notoirement insuffisants : 1 milliard de plus par an a minima sont nécessaires pour seulement remettre à niveau et interrompre la trajectoire de dégradation du réseau,
o un contrat de performance de SNCF réseau que nous avons requalifié de contrat de « contre-performance » puisqu’il ne répond en rien aux enjeux ni de régénération, ni de modernisation, des travaux que le Gouvernement n’entend à ce jour pas achever d’ici 2050 dans l’hypothèse la plus optimiste,
• un renvoi au Conseil d’orientation des infrastructures (COI) dont on sait déjà qu’il ne peut répondre aux enjeux au regard du grand nombre de projets à financer (ferroviaires et routiers),
• un contexte d’inflation qui se traduit par des surcoûts de l’ordre de 500 millions d’euros pour SNCF réseau qui ne connaitrait donc, en fait, aucune hausse de ses moyens mais bien au contraire une baisse de sa capacité d’investissement,
• zéro euro pour la modernisation dans ce budget (comme dans le contrat) alors que les besoins pour la commande centralisée du réseau est de 15 milliards et que ceux pour l’ERTMS sont de 20 milliards.
Après l’annonce des nouvelles lignes LGV dans le sud et le sud-ouest, l’année dernière, toujours sans moyens et en contradiction avec les engagements du début du quinquennat de mettre fin aux investissements sur les lignes à grande vitesse pour se concentrer sur le transport du quotidien, cette nouvelle annonce sur les RER métropolitains (pour 10 métropoles, lesquelles ?), n’est ni concertée, ni financée une fois de plus. Pour le seul RER lyonnais par exemple, les besoins sont estimés à minima à 6 milliards d’euros.
Alors un peu de sérieux, nos concitoyens, sans parler de leurs représentants, nécessitent davantage de considération !
Oui nous avons besoin, enfin, d’investissements sur nos réseaux, faute de quoi non seulement nos lignes d’aménagement du territoire mais toutes nos lignes sous 10 ans, sur tous nos réseaux, vont être en panne.

Nous les avions estimés, comme le Président Farandou après nous, à environ 100 milliards d’euros. Ils sont avec le RER, encore bien supérieurs. Les besoins sont conséquents et nécessitent des engagements forts et concrets dans trois domaines :
• des crédits complémentaires, a minima 1milliard de plus par an, et désormais avec l’inflation, la nécessité d’avancer sur la modernisation et le financement des annonces nouvelles, sans doute plus du double,
• des capacités techniques à faire des travaux, puisque non seulement ceux-ci sont insuffisants, mais pire en 2022 l’Agence de financement des infrastructures de transport de France (l’AFIT-France) n’est pas arrivée à les consommer,
• des études sérieuses, notamment sur le plan juridique, pour imaginer des montages innovants, du type de la Société du Grand paris (SGP) par exemple, permettant une débudgétisation, une pluriannualité, la remise en cause de notre système de péages, une mobilisation de crédits européens et de fonds verts, des moyens affectés, un partenariat public privé renforcé… avec un examen sérieux de la question de l’indépendance de SNCF Réseau pour bénéficier de moyens publics conséquents.
Mais tout cela ne se décide pas un dimanche soir à l’Élysée devant la chaine Youtube ! On ne peut se moquer ainsi des Français. Cela se construit avec le Parlement, avec les partenaires, pour répondre au double objectif que nous poursuivons :

• la décarbonation de la mobilité, et le maillage intermodal,
• le soutien au pouvoir d’achat par un vrai travail sur l’offre de mobilité pour tous, à des tarifs soutenables et lisibles pour chacun.

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