Crise financière: un pays ingérable
Face à la crise financière d’une France ingérable le pays se retrouvera un jour ou l’autre comme la Grèce en situation de faillite( on dit « défaut » pour ne pas affoler l’opinion). Quand les experts parlent d’un déficit égal à 6 % du PIB ou d’une dette cumulée de 114 % du PIB , soit 3300 milliards, les propos paraissent complètement abstraits à la plupart des Français. Des Français par ailleurs fâchés avec les chiffres en général et les connaissances économiques et financières d’autre part.
Ainsi une enquête d’Allianz avait démontré que sur 19 pays la France se situait au au dernier rang européen en matière de connaissances sur le terrain économique et financier. On peut régulièrement rappeler les 30 ou 40 chiffres qui caractérisent la dramatique situation du pays. De quoi noyer encore un peu plus la plupart des Français dans leur incurie. Pourtant la dette publique ramenée à l’échelle d’un ménage c’est de l’ordre de 100 000 € ! Pourtant le déficit annuel actuellement est autour de 150 milliards. Pourtant le plan d’économies de 40 milliards de Bayrou est rejeté par une très large majorité ( alors qu’il manque 150 milliards ). Pourtant le poids de la dette( charges financières) va passer de 50 à 100 milliards en quelques années et devenir le premier poste de dépenses.
Faute d’équilibre la France est condamnée à l’emprunt et à la dette perpétuelle. Jusqu’au jour où les prêteurs exigeront des taux d’emprunt usuriers qui détruiront tous les équilibres économiques à commencer par celui des entreprises. Cela se traduira aussi par une envolée de l’inflation qui est une manière plus discrète de réajuster les ressources fiscales à la richesse réelle du pays. Une richesse qui correspond surtout à la valeur de la production et au travail qui la rend possible.
Or les salariés à temps complet en France travaillent 1673h par an soit beaucoup moins que la plupart des autres pays européens. La France produit 15 % de moins de richesses que ses voisins faute de croissance, faute de travail.
Pour résumer trop peu de travail pour trop peu de populations et donc trop peu de richesses mais des déficits abyssaux comte tenu des dépenses publiques complètement incontrôlées.
Les responsabilités sont évidemment complexes et multiples. En premier on pense évidemment à la classe politique sorte de club de professionnels qui ont transformé la fonction électorale en job très rémunérateur eu égard à leur production réelle. Et de s’appuyer pour cela sur des analyses et des projets politiques complètement démagogiques et surréalistes à gauche comme à droite.
Les Français ont tellement peu de mémoire qu’ils ne se rappellent même pas que le parti socialiste a dû faire trois dévaluations après les dérives financières de Mitterrand. De la même manière, la France a perdu en compétitivité avec les 35 heures d’Aubry. À gauche, c’est l’idéologie marxiste qui domine les analyses ( PC bien sûr mais aussi chez les écolos, les Insoumis clownesques, une grande partie du PS et des syndicats comme Sud ou la CGT). À droite on patauge entre libéralisme et étatisme.( Cela vaut aussi pour le Rassemblement National). Globalement la classe politique est hors sol et a surtout pour but de se reproduire de manière lucrative.
L’autre handicap majeur du pays, c’est le poids des fonctionnaires et de l’intervention omnipotente de l’État y compris sur des sujets qui n’ont rien de régalien. Au bas mot il y a au moins 1 million de fonctionnaires en trop qui non seulement plombent les comptes avec leur masse salariale mais qui en plus et surtout provoquent des surcoûts bureaucratiques que doivent avaler les entreprises.
La fonction publique est-elle aussi devenue incontrôlable, elle se reproduit toute seule et sans contrôle politique et démocratique. C’est vrai au plan national mais c’est peut-être encore pire au plan local avec ses hordes de fonctionnaires qui progressent partout. Une situation qu’on masque en attirant l’attention sur quelques situations effectivement critiques pour légitimer les sureffectifs inutiles dans la plupart des activités.
La troisième responsabilité incombe directement aux Français vraiment fâchés avec toute rationalité économique et qui à 80 % refusent de supprimer par exemple deux jours de fête par année alors que le pays est celui qui travaille le moins en Europe quand on intègre tous les paramètres. Le résultat aussi de la dégradation de la valeur travail, de l’individualisme et de la baisse générale du niveau de formation en moyenne.
En attendant la France tente de se rassurer mais en réalité vit sur le dos de pays plus vertueux comme l’Allemagne qui grâce à sa compétitivité et à sa production assure la solidité de l’Euro. Sans l’euro une éventuelle monnaie nationale serait sans doute dévaluée de 15 à 20 %.
Faute de prise de conscience sur l’ampleur de la crise, de démagogie et d’incompétence d’ici quelques années la France remettra son sort dans les mains du FMI et des investisseurs prêteurs.
En attendant le pays se focalise autour de la question de la suppression du lundi de Pentecôte !