Archive pour le Tag 'financier'

Contribution des Gafa aux télécoms : les collectivités veulent aussi un retour financier

Contribution des Gafa aux télécoms : les collectivités veulent aussi un retour financier

Alors que l’Europe étudie un mécanisme visant à faire contribuer les géants américains du Net au financement du déploiement de la fibre ou de la 5G, les collectivités françaises estiment qu’une partie de cette manne doit leur revenir. Et pour cause, elle pourrait atteindre 20 milliards d’euros par an, dont deux milliards pour la France.

l’Union européenne souhaite que les géants américains du Net contribuent au déploiement des réseaux télécoms sur le Vieux Continent et les collectivités françaises veulent mettre la main sur une partie de la contribution financière éventuelle. Pas question, en clair, que les opérateurs comme Orange, SFR, Bouygues Telecom ou Free, en soient les seuls bénéficiaires. C’est le message qu’a fait passer ce mardi Patrick Chaize, le sénateur de l’Ain (LR) et président de l’Avicca, qui regroupe les collectivités impliquées dans le numérique.

Les montants évoqués d’une possible contribution des Gafa au secteur des télécoms sont faramineux. Le lobby européen du secteur (ETNO), qui a été en première ligne pour faire avancer ce dossier à Bruxelles, milite pour un chèque de 20 milliards d’euros par an ! Les opérateurs français, eux, espèrent une contribution de 2 milliards d’euros pour l’Hexagone.

Les collectivités locales estiment *que les opérateurs ne sont pas les seuls à investir dans les réseaux. Dans les campagnes, le déploiement de la fibre, très avancé, n’a pu voir le jour que parce que les collectivités et l’Etat ont mis la main au portefeuille. C’est grâce à leurs investissements que les Réseaux d’initiative publique (RIP), qui permettent aux habitants des zones rurales et peu peuplées de disposer d’une connexion Internet fixe à très haut débit, ont vu le jour.
L’appétit croissant des Gafa en bande passante pour écouler leurs services oblige depuis des années les opérateurs télécoms à déployer, à grands frais, des tuyaux toujours plus gros. Ils n’ont pas le choix, puisque la neutralité du Net interdit aux Orange, Bouygues Telecom, SFR ou Free de discriminer le trafic de tel ou tel fournisseur de contenus. Dans ce contexte, et sachant que le trafic des Gafam engloutit jusqu’à 80% de la bande passante, la Commission européenne estime normal que ces mastodontes finance les réseaux d’infrastructures.

Total victime de son exhibitionnisme financier

Total victime de son exhibitionnisme financier

D’une certaine manière Total est victime de son exhibitionnisme financier. En effet, comment comprendre que le groupe puisse afficher avec force battages médiatiques un résultat positif de 10 milliards sur six mois et en même temps attendre pour mettre en place des discussions sur les salaires.Plus globalement, un résultat qui repose la question du partage entre actionnaires, salariés et investissements

Comme d’habitude les experts proches de Total soutiendront que ces 10 milliards sont le résultat de l’ensemble du groupe à l’échelle mondiale mais on notera que les salariés de Total à l’étranger ne sont pas mieux traités que ceux de France en moyenne.

Il n’est donc pas étonnant que face à ce bénéfice surtout dû à la spéculation sur les cours du pétrole, les syndicats réclament leur part du gâteau. Le problème évidemment c’est que les grèves dans ce secteur stratégique sont particulièrement pénalisantes pour nombre de salariés contraints d’utiliser leur voiture pour se rendre à leur travail.

L’État dans ce contexte porte une certaine responsabilité du blocage. En effet jusque-là le gouvernement s’est opposé- contrairement à d’autres pays- à une imposition des supers bénéfices ; il n’a pas non plus favorisé et incité la reprise de négociations entre les partenaires sociaux. Au contraire, il a plutôt contrarié ces partenaires avec les projets de réforme un peu bâclé concernant la retraite.

Jusque-là Total renvoyé les discussions sur les salaires jusqu’en novembre. Mais compte tenu des blocages et de l’intervention un peu tardive du gouvernement les négociations pourraient commencer assez rapidement.

« Si on entame des négociations, ce sera sur la base de nos revendications : on demande 10% d’augmentation sur les salaires », et que ce soit « appliqué au 1er janvier et rétroactif sur l’année 2022 », Indique la CGT. De son côté, la direction rappelait jusqu’ici qu’elle avait octroyé des mesures salariales représentant une augmentation moyenne de 3,5% en 2022.
Les blocages des grévistes entraînent une baisse des livraisons de carburant, les stations-service sont donc plus souvent en rupture de stocks d’essence ou de diesel. TotalEnergies gère près du tiers des stations françaises. Mais le groupe met aussi les perturbations sur le compte du succès de la remise à la pompe de 20 centimes qu’il accorde depuis le 1er septembre, en sus de la ristourne de l’Etat de 30 centimes.

Politique- « La Provence » : encore un journal racheté par un grand financier

Politique- « La Provence » : encore un journal racheté par un grand financier

En rachetant « La Provence », le PDG du troisième armateur mondial se place dans la lignée de Gaston Defferre et de Bernard Tapie, anciens propriétaires du journal et hommes d’influence. M. Saadé dit vouloir « participer au rayonnement » de Marseille, mais ses intentions restent floues.

Une sorte de continuité de nature politique. Le patron de la CMA avait considérablement grossi en rachetant à bon compte la CGM grâce aux décisions de Juppé et à ses relations particulières avec le RPR. Aujourd’hui 80 % de la grande presse est détenue par des financiers sans doute pas pour des motifs philanthropiques ou démocratiques mais évidemment pour peser sur l’opinion. Pas étonnant si la plupart des grands médias se ressemblent et se caractérisent par des lignes électorales globalement proches du pouvoir et des grands intérêts NDLR

« Je ne veux ni racheter l’OM ni devenir maire de Marseille. » Les propos datent de janvier 2022, tenus au détour d’un entretien accordé au Monde par Rodolphe Saadé, dans son bureau au 30e étage de la tour CMA CGM, vue imprenable sur le port. Depuis, le président-directeur général du troisième armateur mondial a livré un duel acharné et arraché à un autre milliardaire, Xavier Niel [actionnaire à titre individuel du Monde], le journal La Provence, principal quotidien du Sud-Est. Pour 81 millions d’euros – une goutte dans l’océan des bénéfices vertigineux de plus de 15 milliards d’euros que réalisera son groupe en 2022 pour la deuxième année d’affilée – « Citizen Saadé », 52 ans, fait ses premiers pas dans le monde des médias. Et figurait dans la liste des candidats au rachat de la chaîne de télévision M6, que Bertlesmann a renoncée à vendre, lundi 3 octobre.

Rodolphe Saadé ne rêve ni de l’Olympique de Marseille ni de l’hôtel de ville. Mais en reprenant La Provence, il se place, qu’il le veuille ou non, dans les traces d’un ex-président du club de football, Bernard Tapie, et d’un ancien maire, le socialiste Gaston Defferre. Si ce dernier, historique propriétaire du Provençal et du Méridional, fusionnés en 1997 dans le titre actuel, utilisait les journaux pour contrôler l’expression politique dans sa ville et faire écho à sa propagande de campagne, l’homme d’affaires, lui, n’aura finalement pas mis son média au soutien d’un come-back électoral. La maladie l’a emporté le 3 octobre 2021.

A l’aune de ce passé récent, le rachat du grand quotidien marseillais par le premier employeur privé de Marseille – 2 900 des 150 000 salariés mondiaux de la CMA CGM y travaillent – pose la question du rôle de ce nouveau mastodonte dans les rapports de force politiques de la ville. En 2022, La Provence ne tire plus qu’à 70 000 exemplaires et a perdu près de 15 millions d’euros en deux ans. Sa stratégie numérique est confuse. Mais, même exsangue financièrement, forcé de vendre son siège historique début 2021 pour se renflouer, le quotidien reste un lieu de pouvoir.
Incontournable puissance locale

Si le plan de relance imaginé par Rodolphe Saadé, qui prévoit d’y injecter 50 millions d’euros, porte ses fruits, il peut récupérer rapidement une partie de son influence. Pour quel usage ? Difficile de le pronostiquer aujourd’hui. Le patron balaye tout objectif politique. Les « chicayas » marseillaises, stigmatisées par Emmanuel Macron dans son discours du 2 septembre 2021, semblent loin des préoccupations quotidiennes d’un entrepreneur qui, ces derniers mois, a finalisé l’acquisition d’un terminal maritime dans le port de Los Angeles, de 9 % du capital d’Air France-KLM et racheté le leader européen de la logistique automobile Gefco.

Placement financier : influenceur ou arnaqueur ?

 

 

 

Placement financier : influenceur ou arnaqueur ?

 

 

 

Parmi les nouveaux métiers à la mode on trouve désormais un nombre incalculable d’influenceurs  qui jouent  sur leur image moderne pour inciter à vendre des produits souvent inutiles voire dangereux mais qui rapportent  gros à ceux qui en font la promotion. Ces derniers touchent d’ailleurs en général une commission sur les ventes réalisées. En général, les influenceurs  sont jeunes, beaux, riches et souvent  » cons » à la fois  Ils agissent à peu près dans tous les secteurs d’activité pour encourager les naïfs à des dépenses inutiles. Désormais, ils sévissent aussi dans le milieu financier en promettant par exemple de devenir très riches en quelques semaines ou quelques mois en particulier grâce à la spéculation sur les cryptos ( par parenthèse qui s’écroulent en ce moment).

 

« Je vais vous expliquer comment je suis devenu riche en quelques mois grâce au trading ». Il n’est pas rare de lire ou d’entendre ces discours prononcés par des influenceurs sur les réseaux sociaux . Robot-trading, cryptomonnaies et autres investissements faciles qui rapporteraient gros… Les profils qui promeuvent ces nouvelles pratiques financières – parfois trompeuses -, sur des posts et des vidéos sur Instagram, Snapchat, TikTok ou Twitter se sont multipliés avec le boom des cryptomonnaies lors de la crise sanitaire.

. L’Autorité des marchés financiers (AMF) et l’Autorité de régulation de la publicité professionnelle (ARPP) ont annoncé étendre leur partenariat pour se pencher sur la responsabilité des influenceurs financiers, avec une attention particulière sur les cryptomonnaies et la publicité autour de ces produits.

Ce projet spécifique sera mené courant 2022 et en 2023 et servira à « prôner les bonnes pratiques et créer des formations pour les influenceurs sur ce type de produits », explique l’AMF.

Quel placement financier dans un environnement de stagflation ?

Quel placement financier dans  un environnement de stagflation ?

Les marchés évoluent actuellement dans un environnement en complète mutation. Exacerbées par le contexte géopolitique, les tensions inflationnistes font craindre que le ralentissement actuel de la croissance ne se transforme en récession globale. Pourtant, les opportunités existent sur les marchés actions et obligataires ainsi que dans l’univers du Private Equity. Par Vincent Manuel, Chief Investment Officer chez Indosuez Wealth Management et Gilles de Foucault, Directeur des Investissements Private Equity chez Indosuez Gestion.(la Tribune)

 

La donne a changé sur les marchés alors que le contexte économique se dégrade. La hausse de l’inflation pousse les grandes banques centrales à réviser en profondeur leur politique monétaire. En Chine, le maintien d’une politique zéro Covid contribue à prolonger les tensions sur les chaînes d’approvisionnement. Les sanctions prises contre la Russie amplifient la hausse des prix du pétrole, sans que la décision de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), début juin, de relever les quotas de production ne parvienne à rétablir les équilibres antérieurs.

Or, si cette augmentation du prix du baril devait se poursuivre, elle devrait conduire à un ralentissement plus prononcé de la croissance au cours des prochains mois. Si les prévisions de croissance mondiale en 2022 restent très incertaines (estimé à 3,1% au niveau mondial, et en particulier entre 2 et 2,5% en zone euro et aux Etats-Unis et inférieure à 4% en Chine*), elles cachent néanmoins une quasi-stagnation des trimestres à venir, après un premier trimestre bénéficiant d’un effet de base qui a été très important par rapport au T1 2021.

« La tendance des dernières semaines confirme l’hypothèse d’un choc significatif, déjà constaté depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine et qui est visible dans les statistiques relatives à la confiance des ménages au Royaume-Uni, aux Etats-Unis et en zone euro. Ce choc inflationniste est surtout supporté par les ménages.

Cette baisse déjà visible du pouvoir d’achat conduit à une contraction des ventes de détail. Ceci contraste avec le moral des entreprises, dont les indicateurs d’activité (PMI composite**) restent encore en expansion (au-dessus de 50) malgré une décélération qui fait jour.

Celle-ci pourrait s’amplifier en écho à la baisse inquiétante du sentiment de confiance des CEO américains revenu aux niveaux de mars 2020 », prévient Vincent Manuel, Chief Investment Officer, Indosuez Wealth Management.

Inflation structurelle

Conjuguée à des perspectives de ralentissement économique, l’inflation ressort à des niveaux inédits, qui n’avaient plus été atteints depuis quarante ans (8,6% aux Etats-Unis en mai en glissement annuel, 8,1% en zone euro**) compliquant la donne pour des banques centrales et des gouvernements, qui ont perdu l’habitude d’évoluer dans un tel environnement de stagflation. En 2023, l’inflation devrait rester à des niveaux élevés (+4,6% aux Etats-Unis, +4,9% en zone euro***), s’installant dans le paysage économique et demeurant à des niveaux largement supérieurs aux objectifs des banques centrales.

« Ce choc d’inflation revêt une composante cyclique importante, liée à des déséquilibres offre / demande, aux matières premières, aux tensions salariales actuelles, qui peuvent s’inverser en cas de ralentissement.

Cependant, les facteurs de déflation structurelle observés au cours des dernières années (mondialisation des échanges, coûts modérés de l’énergie et des transports, digitalisation de l’économie, etc.) laissent une place grandissante aux facteurs inflationnistes comme l’aspiration à plus d’autonomie dans un certain nombre de secteurs stratégiques qui pourrait conduire à une régionalisation croissante de l’économie mondiale.

On peut aussi citer un consensus social plus fort pour un rééquilibrage du poids des salaires dans le partage de la valeur ajoutée dans les pays matures, et en parallèle la hausse des coûts salariaux dans le monde émergent, notamment en Chine. Enfin, la transition climatique requiert des investissements considérables et devrait à ce titre alimenter durablement les pressions inflationnistes », analyse Vincent Manuel.

Après la hausse de 75 points de base annoncée mercredi 15 juin, la Réserve Fédérale (Fed) devrait avoir remonté ses taux directeurs au-delà de 3% d’ici la fin de l’année alors que la Banque centrale européenne (BCE) s’orientera vers une sortie des taux négatifs avec une première hausse programmée début juillet. Pour autant, les taux réels restent en territoire encore négatif étant donné le niveau de l’inflation. A ce titre, il est difficile de parler de resserrement monétaire. Le terme « normalisation » convient davantage. La réduction du bilan de la Fed contribue toutefois à la remontée des taux longs (le 10 ans américain atteint 3,5%). La question est désormais de savoir jusqu’à quel point les banques centrales mèneront leurs programmes de hausse des taux tandis que le risque de récession grandit.

« Les craintes de récession et le niveau d’endettement des économies occidentales finira probablement par limiter la capacité des banques centrales à poursuivre la remontée les taux d’intérêt au-delà du début d’année 2023 », note Vincent Manuel.

L’ajustement actuel des marchés prend en compte cette hausse des taux qui affecte comme prévu les valorisations alors que les entreprises n’ont pas encore révisé à la baisse leurs prévisions de résultat, après des publications trimestrielles très satisfaisantes. On estime qu’une hausse de 100 points de base du taux 10 ans américain correspond historiquement à une baisse de 3,5 points du ratio cours/bénéfices de l’indice S&P 500**.

« La normalisation monétaire en cours conduit les investisseurs à accélérer leur désendettement. Ceci contribue à amplifier la baisse du prix des actifs », explique Vincent Manuel.

Toutefois, le momentum est propice aux titres Value, aux valeurs de rendement et aux défensives. Au niveau sectoriel, les matières premières, les banques, l’énergie ainsi que la santé, les télécommunications, les services aux collectivités permettent de construire des portefeuilles générant du rendement. Enfin, les valeurs offrant des cash-flows élevés et du pricing power restent à privilégier.

A la faveur du ralentissement économique en cours, les taux de défaut pourraient remonter au cours des prochains mois. Mais dans un contexte favorable aux valeurs de rendement, il est préférable de privilégier les obligations d’entreprises.

« Le rendement moyen des obligations d’entreprises est de l’ordre de 3% en zone euro et de 4,5% aux Etats-Unis alors qu’il peut atteindre 6% pour les obligations à haut rendement de la zone euro et 8% aux Etats-Unis** », constate Vincent Manuel.

Dans cet environnement difficile pour les marchés financiers, le marché des actifs non cotés conserve tout son attrait au sortir d’une année record en 2021. Les taux de croissance et de rentabilité sont restés à des niveaux très élevés. Plus de 1.000 milliards de dollars ont été investis l’an dernier sur les marchés du Private Equity et de la dette privée, renforçant la confiance des investisseurs sur ces classes d’actifs. Ces marchés ne se limitent plus à financer des entreprises technologiques ou évoluant dans l’univers de la santé mais s’étendent aux secteurs plus traditionnels (industrie, consommation, etc.).

« Depuis le début de l’année, les multiples de valorisation ont peu évolué. L’enjeu à plus long terme réside dans la capacité des entreprises à préserver leur croissance et leurs marges dans un contexte de ralentissement. Or, les sociétés capables d’offrir du « pricing power » et d’imposer des barrières à l’entrée devraient faire la différence », estime Gilles de Foucault, Directeur des Investissements Private Equity, Indosuez Gestion.

D’autant que la baisse du nombre d’entreprises s’introduisant en Bourse va de pair avec l’augmentation du nombre d’opérations de Private Equity, mettant en lumière un phénomène a priori durable.

« Les opportunités sont là. Le ralentissement de l’économie devrait inciter certains grands groupes à se recentrer sur leurs activités les plus rentables, leur cœur de métier. En outre, de nombreux chefs d’entreprises pourraient accélérer les processus de transmission en faisant appel à des managers ou à des partenaires extérieurs (LBO primaires).

Le contexte se prête également à l’intervention des investisseurs en quête de liquidités sur le marché secondaire. Pour les investissements en infrastructures ou en immobilier, le financement de la transition énergétique constitue un thème d’investissement attractif et pérenne », conclut Gilles de Foucault.

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* Indosuez Wealth Management sur la base des mises à jour d’Amundi et de Crédit Agricole SA
** Bloomberg, Indosuez Wealth Management
*** Prévisions CACIB, Juin 2022 (sous l’hypothèse d’un prix du pétrole à 123$)

Bourses et marchés financiers : vers un cycle baissier en douceur ou un krach

Bourses et marchés financiers : vers un cycle baissier ou un krach

 

Un très gros coup de mou lundi sur les marchés financiers qui confirme non seulement la tendance baissière depuis des semaines mais qui fait émerger l’hypothèse d’un krach au cours de l’été avec l’écroulement de la croissance et l’envolée de l’inflation. Finalement rien de surprenant, en effet on est passé brutalement de taux de croissance très élevée provenant essentiellement de la période post sanitaire a maintenant un risque de croissance zéro et même de récession.

L’année en cours sera encore positive du faite notamment des effets mécaniques des hausses d’activités en 2021. Par contre 2023 risque d’être catastrophique pour plusieurs raisons. Le risque de famine qui fait monter les prix et encourage l’inflation des matières premières industrielles ou non. La situation géopolitique particulièrement dangereuse et qui pèse aussi sur l’activité. Enfin un phénomène plus ancien de hausse qui a nourri en premier l’inflation. Le pire c’est effectivement cette perspective maintenant de stagflation voire de récession. Du coup, les marchés financiers plongent anticipent cette sombre perspective de 2023. Certains prévoient même un Krach au cours de l’été. À tout le moins les marchés s’inscrivent dans un cycle baissier.Cela d’autant plus que les Banques centrales sont maintenant engagées dans un resserrement monétaire se caractérisant notamment par le relèvement des taux d’intérêt.

Les investisseurs anticipent un sérieux tour de vis de la banque centrale américaine (Fed) qui doit réunir, mercredi et jeudi, son comité de politique monétaire (FOMC), au risque de provoquer une récession. Le scénario d’une prochaine hausse de 75 points de base des taux directeurs, au lieu des 50 points de base initialement prévus, commence à s’imposer sur le marché. Un « pas » de plus dans la hausse des taux inégalée depuis 1994. Désormais, les marchés intègrent une hausse de 175 points de base des taux d’ici la fin septembre, sans compter les deux hausses de 50 points de base déjà réalisées.

La Banque centrale européenne préfère de son côté la politique des « petits pas » – 25 points de base prévus en juillet et 50 points de base anticipés en septembre – mais les anticipations misent sur une troisième hausse de 50 points de base en octobre.

Peu de secteurs échappent à la correction en cours. Même les banques, qui profitent pourtant mécaniquement de la hausse des taux, dévissent sur des anticipations de dégradation de la conjoncture économique génératrice de faillites et de provisions dans les bilans bancaires. Pourtant, la BCE estime que la zone euro devrait échapper à une récession cette année. Mais pour l’année 2023 rien n’est écrit en dépit des déclarations du ministre des finances de la France qui déclare que le pic d’inflation a été atteint.

 

Retraites : L’avenir financier est-il vraiment question ?

Retraites : L’avenir financier est-il vraiment question ?

Le projet d’Emmanuel Macron de repousser l’âge de départ à la retraite à 65 ans se fonde en partie sur la volonté de résorber le déficit du système, mais ses détracteurs s’appuient sur le fait que le dispositif actuel reste sur une « trajectoire maîtrisée ». Par Bertrand Bissuel dans le Monde. 

 

Les régimes de retraites font-ils face à des difficultés budgétaires qui nécessitent des mesures correctrices ? Cette question, en apparence simple, n’a pas reçu de réponse évidente depuis qu’Emmanuel Macron l’a relancée en proposant de repousser à 65 ans l’âge d’ouverture des droits à une pension. Son initiative a été à l’origine d’un débat qui a très vite tourné à la foire d’empoigne, rendant encore plus obscur un dossier déjà ardu à appréhender.

Le fait qu’il y ait une controverse est logique compte tenu de l’objet de la réforme. Le chef de l’Etat considère qu’il faut « travailler plus longtemps », ce qui implique des efforts supplémentaires largement désapprouvés. Mais l’un des aspects intrigants de la polémique tient à l’impossibilité de parvenir à une expression commune sur l’état du système, alors même que les protagonistes se fondent sur les mêmes données : en particulier celles fournies par le Conseil d’orientation des retraites (COR). Associant parlementaires, responsables syndicaux et patronaux, personnalités qualifiées et représentants de l’administration, cette instance, créée en 2000, livre « les éléments d’un diagnostic partagé », dans un rapport réalisé, chaque année, par un groupe permanent d’experts, auquel elle donne son imprimatur après discussions.

Si les « éléments » en question font globalement consensus, leur interprétation, elle, diverge. Durant le débat de l’entre-deux-tours, M. Macron a déclaré, le 20 avril, que le système sera déficitaire durant un peu plus de dix ans, en citant les projections de « l’organisme indépendant qui s’appelle le COR ». Quelques jours auparavant, Anne Hidalgo, sa rivale socialiste en lice dans la course à l’Elysée, s’était également prévalue des travaux de cet organe, mais pour développer une thèse diamétralement opposée : « Il n’y a pas de problème de financement », avait-elle assuré.

Ni l’un ni l’autre ne peuvent être accusés de manipuler ce qu’écrit le COR. Celui-ci explique, dans son dernier rapport, qu’il y avait un « trou » de 13 milliards d’euros en 2020 dans les caisses de retraite. D’après lui, le retour à l’équilibre n’interviendrait pas avant la première moitié des années 2030, dans le scénario le plus favorable. C’est sur la base de ces pronostics que le président de la République juge indispensable d’agir et de faire des économies, en repoussant l’âge légal de départ à la retraite.

Les contradicteurs du chef de l’Etat plaident pour une approche différente justifiée, selon eux, par le COR lui-même. Ce dernier explique, en effet, que pour procéder à « une lecture économique de la situation financière des retraites » il vaut mieux regarder non pas le solde entre dépenses et recettes, mais un autre indicateur : la part des pensions dans la richesse nationale. Après avoir culminé à 14,7 % du PIB en 2020, ce ratio devrait refluer, pour osciller entre 11,3 % et 13 % « à l’horizon 2070 », selon les hypothèses retenues. Le COR en conclut que le dispositif resterait « sur une trajectoire maîtrisée ». Une appréciation sur laquelle s’appuie Anne Hidalgo, pour prétendre – avec d’autres (syndicats, économistes…) – qu’il n’y a pas péril en la demeure.

L’opacité du système bancaire et financier

L’opacité du système bancaire et financier

 

Par Michel Santi, économiste (*) ( La Tribune)

 

C’est le principe de la loi de Gresham, du nom du conseiller financier d’Elizabeth Ière au XVIe siècle. À l’époque, en Angleterre et ailleurs, des pièces d’argent étaient en circulation présentant une pureté inégale. Les consommateurs et commerçants d’alors conservaient jalousement celles qui contenaient une proportion supérieure d’argent pour se dessaisir en priorité de celles au titre moins favorable.

Ce rouleau compresseur des escroqueries et des malversations fut récemment décrit par George Akerlof :

«Les transactions malhonnêtes tendent à faire disparaître du marché les transactions honnêtes. Voilà pourquoi le coût lié à la malhonnêteté est supérieur au montant de la tricherie».

Cette contre-dynamique de Gresham – devenue aujourd’hui une constante sur les marchés financiers – a donc pour conséquence une volatilisation de l’éthique au profit de la fraude, qui devient dès lors endémique. Ceux qui respectent la loi et la morale sont appelés à disparaître – en tout cas à perdre en compétitivité – tandis que leurs rivaux peu scrupuleux se maintiennent grâce à des artifices et à des manipulations qui compriment leurs coûts, qui gonflent leurs bénéfices. En d’autres termes, aujourd’hui, il devient trop cher d’être honnête ou, pour s’interroger avec Amartya Sen:

«Comment est-il possible qu’une activité aussi utile, comme la finance, soit devenue si immorale ?»

Il est vrai aussi que les gagnants ne sont rien sans les perdants : les gagnants dépendent toujours de l’existence des perdants. Amazon n’aurait, par exemple, jamais joui de sa réussite spectaculaire sans la croissance et sans la faillite de nombre d’entreprises ayant jalonné son parcours. Dans le monde réel, entreprendre est dangereux et nombre d’individus ne se lancent par conséquent jamais dans ce type d’aventure. En outre, l’action d’investir ne peut être totalement transparente, car les risques et les coûts inhérents à toute entreprise doivent être, en partie au moins, masqués.

En effet, les chances de succès d’un projet sont intimement corrélées au degré d’avancement d’autres projets qui évoluent – ou pas – au même moment. Ainsi, investir, concrétiser, placer, agir sont autant d’actes couronnés de succès par des vagues successives suscitées et portées par des optimistes accomplissant de grandes choses pour eux et pour l’Humanité, lesquelles vagues charrient en même temps leurs lots de ceux qui se sont plantés.

Voilà précisément pourquoi les systèmes et les marchés financiers existent : afin d’assurer à tous que la dynamique des investissements est favorable, afin d’aider à surmonter ces appréhensions légitimes de l’échec. Telle est donc la mission première de la finance : penser collectif, car chaque projet considéré isolément serait peu susceptible de réussir.

Le mimétisme est un sentiment fondamental en finance et dans l’entreprise, car on ne réussit jamais seul, quel que soit le profil de risque de notre plan, si nous ne sommes pas accompagnés -de près ou de loin – par d’autres investisseurs. Intuitivement, tous se disent que leur propre projet aura nettement plus de chances d’aboutir si plus de monde s’y met simultanément. Sachant que, à l’inverse, le déséquilibre apparaît dès lors que peu d’individus osent, que l’écrasante majorité thésaurise du fait d’un contexte pessimiste. Voilà également pourquoi les banques existent, car elles ont pu et su régler dans les grandes lignes cette problématique en proposant une alternative favorable à tous, aussi bien à ceux enclins aux risques qu’aux plus conservateurs.

Pour qui sait se montrer lucide, le système bancaire est un amalgame de fraude et d’ingéniosité, qui sert de tampon entre le monde de l’entreprise et le monde de l’investissement. Les banquiers nous promettent un monde prospère alors même qu’ils ont conscience de ne pas toujours être en mesure de tenir leurs engagements. De leur côté, les investisseurs savent bien que les banquiers n’ont pas la science infuse et qu’ils font bien souvent des promesses qu’ils ne pourront pas honorer. Ils se laissent néanmoins abuser par leurs banquiers qui les assurent – et les rassurent – que ce n’est pas eux qui subiront (toutes) les pertes en cas de pépin, mais les actionnaires, la maison mère, l’État, les fonds de garantie…

Que la récupération de leur placement, de leur investissement, de leur épargne est certaine, car c’est d’autres qui trinqueront. Les angoisses épisodiques des actionnaires eux-mêmes, en théorie aux premières loges pour essuyer les pertes, sont également tranquillisés, car ils sont assurés par les banquiers de bénéficier de la protection et du parapluie d’un organisme quelconque qui les couvrira en cas de besoin. L’innovation financière, l’interdépendance des banques, la réassurance, les swaps, les hedge, les garanties agiront tous dans un sens et vers un objectif communs consistant à ce que – le jour fatidique venu – nul ne sache vraiment qui a perdu ni combien il a perdu.

Voilà pourquoi l’opacité inhérente au monde de la banque lui est vitale ainsi qu’à toute la chaîne alimentaire qui gravite autour. Voilà pourquoi cet univers nébuleux ne pourra jamais être vraiment réformé, encore moins éradiqué. Son opacité autorise précisément de faire porter le risque à ceux qui ne l’auraient jamais toléré, si bien sûr ils en avaient été informés… Dit autrement – brutalement – les entreprises qui n’entretiennent pas une certaine dose d’opacité voire de comportements frauduleux, ne peuvent se développer ni prospérer. En finance, la complexité n’est donc pas le fruit de l’intelligence évolutive des banquiers, et les financiers ne représentent pas une caste plus intelligente qui brille par un niveau intellectuel qui se démarquerait du commun des mortels. Cette complexité et cette opacité sont cruciales à la finance moderne qui excelle à persuader toute la chaîne des intervenants à une prise de risques que nombre d’entre eux n’auraient jamais toléré. Quoi que l’on dise, quoique l’on fasse, il n’y a pas d’alternative à un monde de la banque et de la finance semi-frauduleux.

Les abus de la finance sont donc passés dans nos mœurs, car les banquiers et financiers honnêtes ne sont pas de taille à entrer en compétition avec leurs collègues fraudeurs. C’est simple : une banque qui ne chercherait pas à masquer des pertes, à vendre des actifs pourris, à blanchir de l’argent, à influencer le cours d’un produit dérivé… ne serait plus compétitive et serait vouée à terme à faire faillite, ou à voir son titre sévèrement décroché en bourse. Dans la nature, la sélection darwinienne nous apprend que les plus forts survivent aux plus faibles. Dans l’univers de la finance et de l’investissement, ce sont les malhonnêtes qui ont tendance à rester et à prospérer quand sont damnés ceux qui se conforment aux règles du jeu.

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(*) Michel Santi est macro-économiste, spécialiste des marchés financiers et des banques centrales. Il est fondateur et directeur général d’Art Trading & Finance.
Il vient de publier « Fauteuil 37 » préfacé par Edgar Morin. Il est également l’auteur d’un nouvel ouvrage : « Le testament d’un économiste désabusé ».
Sa page Facebook et son fil Twitter.

Le système financier chinois en danger

Le système financier chinois en danger

 

A Wall Street, Washington a remporté un bras de fer discret mais essentiel contre Pékin, en contraignant les entreprises chinoises cotées aux Etats-Unis à faire certifier leurs comptes par les auditeurs de la SEC, le « gendarme » américain de la Bourse, explique la juriste Isabelle Feng, dans une tribune au « Monde ».

 

 

La China Securities Regulatory Commission (CSRC) a abandonné une réglementation qui interdisait aux entreprises chinoises de divulguer leurs données comptables aux auditeurs étrangers, par un communiqué publié le 2 avril.

L’annonce du régulateur boursier chinois a fait sursauter le petit monde boursier transpacifique, qui avait prédit la radiation massive desdites entreprises dont les comptes étaient fermés, jusqu’alors, aux auditeurs américains. Si la CSRC justifie son « ouverture » par le souci de mieux protéger les investisseurs, personne n’est dupe que, menacé par le législateur de Washington, Pékin a bel et bien déposé les armes pour éviter le « découplage » financier avec son rival idéologique.

L’origine de l’histoire s’apparente à un simple conflit de lois : selon la loi fédérale Sarbanes-Oxley votée en 2002 à la suite des crashs financiers d’Enron, une entreprise cotée aux Etats-Unis, quelle que soit sa nationalité, doit faire certifier ses comptes par les auditeurs de la SEC (Securities and Exchange Commission), le « gendarme » de Wall Street ; or, les entreprises chinoises cotées à New York ne peuvent pas respecter cette loi américaine sans violer la loi de sécurité nationale de Pékin, qui estampille de telles données « secrets d’Etat ».

Il s’ensuit alors un bras de fer sino-américain qui, depuis une bonne décennie, tient en haleine le milieu capitalistique par de nombreux rebondissements liés au degré de priorité accordé par Washington dans son duel avec Pékin.

On est loin de l’époque où un Wall Street exsangue, en convalescence de la crise de 2008, accueille à bras ouverts les entreprises chinoises qui ont traversé le Pacifique pour puiser dans les liquidités de la Bourse new-yorkaise – 55 % de la capitalisation mondiale – pour se doter des moyens de prospérer, et ce, avec la bénédiction de l’Etat-parti qui voit en ces cotations chinoises – dont le nombre s’élève à 281 à ce jour – le reflet de sa propre puissance sur la scène mondiale.

Et la victoire ne se serait pas produite sans l’indulgence de la SEC, qui les exonère des obligations légales de leur pays hôte en prenant en considération la loi de leur pays d’origine, ni sans le très cher concours des cabinets d’audit et des grandes banques qui ne craignent pas les eaux troubles d’un capitalisme planifié méthodiquement par un régime totalitaire et y nagent joyeusement.

Certes, la SEC a tenté d’éradiquer cette « exception chinoise » qui finit par discréditer l’institution fédérale elle-même. Mais, des années durant, les pourparlers avec son homologue chinois ont eu l’air d’un interminable dialogue de sourds : quand l’un réclamait la transparence des comptes et la protection des actionnaires, l’autre y opposait la vertu du dialogue et la souveraineté nationale.

Le scandale l’affaire McKinsey devant le parquet national financier

Le scandale l’affaire McKinsey  devant le parquet national financier

Désormais le scandale de l’affaire McKinsey va aussi être géré par le Parti national financier pour deux motifs essentiels à savoir la pertinence d’un recours excessif à des cabinets conseils puisque 1 milliard a été dépensé en 2021 par exemple mais aussi la fraude fiscale puisque McKinsey n’ aurait payé aucun impôt en France. En outre McKinsey aurait travaillé « gratuitement » pour  les campagnes électorales de Macron. 

 

 

Contacté par nos soins, le PNF confirme que «cette enquête vise bien et uniquement la société McKinsey sur la question de son statut fiscal en France». En outre, précise-t-on, les peines encourues, si les faits sont avérés, sont de dix ans de prison et une amende de 750.000 euros, «qui peut être portée jusqu’à la moitié de la valeur des biens ou des fonds sur lesquels ont porté les opérations de blanchiment».

De son côté, le cabinet indique au Figaro qu’il «se tiendra à la disposition des administrations et autorités compétentes». «Chaque fois que le cabinet a fait l’objet de demandes d’informations de la part des autorités publiques, il a évidemment toujours répondu et pleinement collaboré, y compris sur les questions techniques de fiscalité. Cela a été le cas lors des précédents contrôles fiscaux des différentes entités de McKinsey en France», ajoute-t-on. En outre, McKinsey assure de nouveau respecter «les règles fiscales et sociales françaises qui lui sont applicables», et répète que son approche fiscale française est «similaire dans les pays où il est présent et constante depuis des années». Elle est aussi connue du fisc. Enfin, «McKinsey s’étonne de la focalisation sur le cabinet, qui ne représente que 1% des achats de conseil des administrations publiques, comme l’a mentionné le rapport de la commission sénatoriale».

Dans son rapport, la commission d’enquête du Sénat a accusé les entités françaises du cabinet McKinsey d’optimisation fiscale, de telle sorte qu’elles n’auraient versé aucun impôt sur les sociétés entre 2011 et 2020. «Le cabinet McKinsey est bien assujetti à l’impôt sur les sociétés (IS) en France mais ses versements s’établissent à zéro euro depuis au moins 10 ans», concluait le rapport, contredisant des propos «tenus sous serment» devant les sénateurs par un directeur associé du cabinet en France.

Ainsi, selon la commission d’enquête menée par le président Arnaud Bazin (LR) et la rapporteure la sénatrice Éliane Assassi (CRCE), l’entreprise aurait échappé à l’impôt sur les sociétés malgré un chiffre d’affaires «sur le territoire national» qui a atteint «329 millions d’euros en 2020, dont environ 5% dans le secteur public» et le fait qu’«il emploie environ 600 salariés» en France. Les sénateurs avaient alors qualifié cette pratique d’«exemple caricatural d’optimisation fiscale», grâce à des «prix de transfert» facturés par la maison mère, basée au Delaware, aux filiales françaises.

 

L’affaire McKinsey devant le parquet national financier

L’affaire McKinsey  devant le parquet national financier

Désormais le scandale de l’affaire McKinsey va aussi être géré par le Parti national financier pour deux motifs essentiels à savoir la pertinence d’un recours excessif à des cabinets conseils puisque 1 milliard a été dépensé en 2021 par exemple mais aussi la fraude fiscale puisque McKinsey n’ aurait payé aucun impôt en France. En outre McKinsey aurait travaillé « gratuitement » pour  les campagnes électorales de Macron. 

 

 

Contacté par nos soins, le PNF confirme que «cette enquête vise bien et uniquement la société McKinsey sur la question de son statut fiscal en France». En outre, précise-t-on, les peines encourues, si les faits sont avérés, sont de dix ans de prison et une amende de 750.000 euros, «qui peut être portée jusqu’à la moitié de la valeur des biens ou des fonds sur lesquels ont porté les opérations de blanchiment».

De son côté, le cabinet indique au Figaro qu’il «se tiendra à la disposition des administrations et autorités compétentes». «Chaque fois que le cabinet a fait l’objet de demandes d’informations de la part des autorités publiques, il a évidemment toujours répondu et pleinement collaboré, y compris sur les questions techniques de fiscalité. Cela a été le cas lors des précédents contrôles fiscaux des différentes entités de McKinsey en France», ajoute-t-on. En outre, McKinsey assure de nouveau respecter «les règles fiscales et sociales françaises qui lui sont applicables», et répète que son approche fiscale française est «similaire dans les pays où il est présent et constante depuis des années». Elle est aussi connue du fisc. Enfin, «McKinsey s’étonne de la focalisation sur le cabinet, qui ne représente que 1% des achats de conseil des administrations publiques, comme l’a mentionné le rapport de la commission sénatoriale».

Dans son rapport, la commission d’enquête du Sénat a accusé les entités françaises du cabinet McKinsey d’optimisation fiscale, de telle sorte qu’elles n’auraient versé aucun impôt sur les sociétés entre 2011 et 2020. «Le cabinet McKinsey est bien assujetti à l’impôt sur les sociétés (IS) en France mais ses versements s’établissent à zéro euro depuis au moins 10 ans», concluait le rapport, contredisant des propos «tenus sous serment» devant les sénateurs par un directeur associé du cabinet en France.

Ainsi, selon la commission d’enquête menée par le président Arnaud Bazin (LR) et la rapporteure la sénatrice Éliane Assassi (CRCE), l’entreprise aurait échappé à l’impôt sur les sociétés malgré un chiffre d’affaires «sur le territoire national» qui a atteint «329 millions d’euros en 2020, dont environ 5% dans le secteur public» et le fait qu’«il emploie environ 600 salariés» en France. Les sénateurs avaient alors qualifié cette pratique d’«exemple caricatural d’optimisation fiscale», grâce à des «prix de transfert» facturés par la maison mère, basée au Delaware, aux filiales françaises.

 

Un plan financier d’urgence pour l’Afrique

  Un plan financier d’urgence pour l’Afrique 

 

Le banquier Jean-Claude Meyer appelle, dans une tribune au « Monde », à un allègement massif de la dette des pays africains, dont la stabilité économique, déjà mise à mal par la pandémie, va subir le choc de l’inflation et de la hausse des taux d’intérêt

 

Tribune. 

 

Le fossé entre les pays développés et les pays en voie de développement et émergents s’est creusé avec la pandémie. Il va certainement s’amplifier, à cause de nos deux « virus » que nous allons exporter chez eux : l’inflation et la hausse des taux d’intérêt. Notre inflation va naturellement réduire le pouvoir d’achat des pays les plus pauvres (en particulier à cause de la hausse des denrées alimentaires) et l’épargne des classes moyennes.

L’inflation est un accélérateur de pauvreté, et l’on sait que, contrairement à ce que les banquiers centraux ont dit pour nous « endormir » ou par manque de lucidité, elle ne sera pas transitoire, mais durable. En même temps, la hausse des taux, déjà amorcée sur les bons du Trésor à 10 ans, va durement frapper ces pays, grevés pour la plupart par leurs déficits budgétaires et le risque de surendettement.

 

Même si les taux d’intérêt réels resteront faibles, cette hausse, annoncée en mars par la Réserve fédérale américaine et sans doute bientôt par la Banque centrale européenne, rendra plus difficile et plus onéreux leur appel aux marchés internationaux pour se refinancer, boucler leur budget, et financer leurs projets de développement.

Elle accroîtra la volatilité et l’incertitude de leurs flux de capitaux ; le dollar se renforçant, leurs monnaies vont être dévaluées, entraînant de sorties massives de capitaux : déjà 50 milliards de dollars viennent de sortir du Chili, 15 milliards de dollars du Pérou. « En 2022, les pays les plus pauvres devront payer 80 milliards de dollars au titre du service de leur dette. Compte tenu de cette charge, les pays vulnérables auront plus de mal à affecter des ressources à la santé, à l’éducation, à la protection sociale et au climat », s’est inquiété David Malpass, président de la Banque mondiale, dans son dernier rapport (janvier 2022).

 

En outre, le « gap d’infrastructures » est estimé à 100 milliards de dollars par an en Afrique ; en Côte d’Ivoire, le plan national de développement 2021-2025 requiert près de 90 milliards d’euros d’investissement, dont deux tiers sont attendus du secteur privé. Depuis mars 2020, le Fonds monétaire international (FMI) a approuvé une aide totale de 170 milliards de dollars à 90 pays, outre des droits de tirage spéciaux (DTS) de 21 milliards.

 

L’initiative de suspension de la dette (ISSD) lancée par le G20 et le Club de Paris a permis à 48 pays les plus fragiles de suspendre le remboursement de 13 milliards de dollars, mais il a pris fin en décembre 2020. Le Sri Lanka, le Ghana, le Salvador et la Tunisie sont au bord du défaut de paiement ; l’Argentine vient de restructurer avec le FMI sa dette de 44,5 milliards de dollars ; le Tchad, l’Ethiopie et la Zambie sont engagés dans une restructuration de leur dette au sein du cadre commun mis en place par le G20.

Revoir le système financier mondial

Revoir le système financier mondial

Les pays en développement qui ont de bonnes perspectives de croissance devraient pouvoir emprunter de manière fiable à des conditions de marché décentes. Ce qui leur permettrait en particulier d’investir dans les solutions de développement durable, estime Jeffrey Sachs. (économiste, chroniqueur aux « Echos ») (extraits )

Lors de la COP26, des centaines d’institutions financières ont déclaré qu’elles allaient consacrer des milliards de dollars au financement de solutions destinées au changement climatique. Un obstacle important s’y oppose toutefois : le système financier mondial entrave le flux de financement vers les pays en développement, ce qui crée un piège financier mortel pour eux.

 

Les marchés obligataires mondiaux et les systèmes bancaires devraient fournir des fonds suffisants pour la phase de « rattrapage » du développement durable à forte croissance, mais ce n’est pas le cas aujourd’hui. Le flux de fonds des marchés obligataires mondiaux et des banques vers les pays en développement reste faible, coûteux pour les emprunteurs et instable. Les emprunteurs des pays en développement ont des taux d’intérêt souvent de 5 à 10 % plus élevés que ceux des pays riches.

Les pays en développement emprunteurs en tant que groupe sont considérés comme présentant un risque élevé. Les agences de notation leur attribuent des notes inférieures par défaut simplement parce qu’ils sont pauvres. Pourtant, les risques perçus sont exagérés et ont souvent un effet Pygmalion.

Lorsqu’un gouvernement émet des obligations pour financer des investissements publics, il compte généralement sur la capacité de refinancer une partie ou la totalité des obligations à mesure qu’elles arrivent à échéance, à condition que la trajectoire à long terme de sa dette par rapport aux revenus soit acceptable. Si le gouvernement a soudain du mal à refinancer les dettes qui arrivent à échéance, il peut être mis en défaut de paiement – non pas en raison d’une insolvabilité à long terme, mais par manque de liquidités.

C’est ce qui arrive à beaucoup de pays en développement. Les prêteurs ou les agences en viennent à croire, souvent arbitrairement, que le pays X est devenu insolvable. Ce qui entraîne un « arrêt soudain » des nouveaux prêts au gouvernement. Sans accès au refinancement, ce dernier est contraint de se mettre en défaut de paiement, ce qui « justifie » les craintes précédentes. Il se tourne alors vers le Fonds monétaire international pour un financement d’urgence. Mais le rétablissement de sa réputation prendra des années.

Les gouvernements des pays riches qui empruntent au niveau international dans leur propre monnaie ne sont pas confrontés au même risque, parce que leurs banques centrales agissent comme prêteurs de dernier recours. Ils empruntent donc à faible coût et avec peu de risque d’illiquidité, sauf dans les moments de mauvaise gestion politique exceptionnelle, comme en 2008. En revanche, les pays à revenu faible et moyen empruntent en devises étrangères, paient des taux d’intérêt très élevés et subissent des arrêts soudains.

Une refonte du système financier mondial est donc urgente. Les pays en développement qui ont de bonnes perspectives de croissance devraient pouvoir emprunter de manière fiable à des conditions de marché décentes. A cette fin, le G20 et le FMI devraient concevoir un système de notation du crédit amélioré qui tienne compte des perspectives de croissance de chaque pays et de la viabilité de sa dette. La réglementation bancaire devrait ensuite être révisée en fonction du système amélioré de notation de crédit afin de faciliter les prêts bancaires à ces pays.

Pour mettre fin aux arrêts soudains, le G20 et le FMI devraient utiliser leur puissance de feu financière pour soutenir un marché secondaire liquide des obligations souveraines des pays en développement. La Fed, la BCE et d’autres banques centrales clés devraient établir des accords de crédit croisé avec les banques centrales des pays à revenu faible et intermédiaire inférieur.

 La Banque mondiale et d’autres institutions de financement du développement devraient également augmenter leurs subventions et leurs prêts « bonifiés » aux pays les plus pauvres. Enfin, et surtout, si les pays et les régions riches, dont plusieurs Etats américains, cessaient de parrainer le blanchiment d’argent et les paradis fiscaux, les pays en développement auraient davantage de revenus pour financer leurs investissements dans le développement durable.

Jeffrey D. Sachs est économiste. Il dirige et enseigne à l’Institut de la Terre de l’université Columbia.

 

Marchés Financier: le bitcoin s’écroule encore

Marchés Financier: le bitcoin s’écroule encore

 

Le bitcoin a perdu 10.000 dollars en moins d’une heure dans la nuit de vendredi à samedi, soit près de 20 % à 42.296 dollars.  Dimanche, la devise virtuelle s’échangeait contre 49.300 dollars, selon les données de Coindesk.

 

« Les cryptomonnaies ont été bousculées par les conditions de risque plus larges liées [au variant] Omicron et aux attentes d’une [politique monétaire aux Etats-Unis] plus agressive, mais elles ont vraiment commencé à piquer de nez vendredi, dans le sillage de la baisse sur les marchés des actions », a commenté Martha Reyes, qui dirige la recherche de la plateforme d’échanges de cryptomonnaies Bequant. Les principaux indices de Wall Street ont, de fait, terminé dans le rouge vendredi, tirés par la faiblesse des valeurs technologiques. Le repli du bitcoin, habitué aux mouvements violents, n’est pas complètement surprenant dans la mesure où la devise évolue depuis fin novembre dans une fourchette d’échanges limitée et que certains investisseurs ont pu vouloir dénouer certaines positions, estime encore Martha Reyes

 

Assurance-chômage : retour à l’équilibre financier grâce à la croissance

Assurance-chômage : retour à l’équilibre financier grâce à la croissance

Il est vrai que l’assurance-chômage retrouvera un équilibre des 2022 du fait en particulier de la hausse sensible des cotisations assises sur l’emploi et la croissance. La barre des 500 000 postes créés est en effet anticipée pour 2021, avant un net ralentissement : +23.000 emplois en 2022 et + 96.000 en 2023. Selon l’Urssaf, qui collecte les cotisations sociales auprès des employeurs, les recrutements ont atteint des sommets en septembre, à près de 840.000.

Il y a aussi la récente réforme des conditions d’attribution des indemnités chômage suspendues  pendant un temps par le conseil d’État mais qui viennent d’être validées.

L’assurance-chômage a aussi supporté la charge très lourde des aides sur le chômage partiel pendant la crise sanitaire. Du coup le rétablissement des comptes devrait se réaliser plus tôt que prévu. La situation n’est cependant pas encore totalement florissante sur le plan financier loin s’en faut. Il faut en effet tenir compte de l’ampleur de la dette qui atteindra près de 65 milliards à la fin de l’année. Elle commencera à ­diminuer en 2022 pour s’établir à 60,9 milliards fin 2023.  À ce rythme, le désendettement total n’interviendra qu’en 2055 ou 2057 .

 

Placement financier des particuliers : un changement de comportement

Placement financier des particuliers : un changement de comportement

 Le directeur de BNP Paribas Banque Privée France explique dans l’Opinion comment il est en train de compléter l’offre de la banque pour répondre aux nouvelles tendances. Son objectif : accompagner la demande croissante pour les titres vifs et le non coté, spécialiser des banquiers sur la clientèle des entrepreneurs qui est en plein renouvellement de générations.

Vous avez pris vos fonctions en juillet 2020 en pleine année Covid. Qu’est-ce qui a changé sur le marché de la banque privée ?

La crise sanitaire a accéléré la digitalisation. Organiser une réunion en visioconférence entre un client, son banquier privé et un expert est devenu une habitude. Cela nous permet d’être bien plus réactifs qu’auparavant. C’est une transformation profonde qui ne s’inversera pas. L’une des conséquences est que nous avons davantage d’interactions qu’avant avec nos clients. Les échanges n’ont jamais été aussi nombreux qu’aujourd’hui ! C’est une période passionnante pour faire évoluer les choses : l’envie de changer est forte, la reprise est là, le monde retrouve de la croissance… Nous avons, dans ce contexte, beaucoup de conseils à donner pour transformer l’épargne de nos clients, et ils sont très réceptifs.

Les particuliers sont-ils plus exigeants ?

Les clients patrimoniaux le sont et c’est normal. Ils ont largement augmenté leur utilisation de nos interfaces digitales et demandent davantage de services. Ils souhaitent, par exemple, avoir accès au panorama global de leurs actifs en permanence et non plus deux fois par an comme il y a quelques années. Ils veulent disposer à tout moment d’une vision complète de leur patrimoine auquel ils portent un intérêt croissant. L’importante volatilité des marchés, l’an dernier, a incité les clients patrimoniaux à devenir plus actifs. Les volumes d’opérations réalisées atteignent des niveaux inédits.

Comment voyez-vous le marché évoluer ?

Le marché de la banque privée est en pleine évolution. Parmi les nouvelles tendances, la principale concerne l’investissement socialement responsable (ISR). L’engouement des détenteurs de patrimoine est réel. Nous avons interrogé plus de 10 000 entrepreneurs dans le monde sur le sujet et sept sur dix nous ont dit vouloir investir responsable. Une proportion qui est encore plus élevée chez les jeunes. Notre mandat ISR atteint plus de 5 milliards d’euros, et nous avons collecté 2 milliards d’euros depuis le début de l’année.

La deuxième nouvelle tendance est liée au regain d’intérêt pour les opérations sur les titres vifs. Nous comptons désormais 100 000 nouveaux investisseurs qui achètent des actions, à la fois parmi les clients de notre réseau d’agences retail et dans la banque privée. C’est un record. Je pense que là aussi, c’est une tendance de fond qui va durer. Les particuliers ont envie d’investir directement dans des entreprises.

Enfin, nous constatons parmi les tendances récentes un vif intérêt pour le non coté, le private equity, qui est est à un niveau record de souscriptions, et l’immobilier. France Invest a récemment fait état d’une hausse de 57 % des souscriptions des particuliers et des family offices au premier semestre : ils ont investi 1,7 milliard d’euros dans des entreprises non cotées.

Allez-vous innover pour répondre à ces nouvelles demandes ?

Nous nous adaptons en permanence aux évolutions du marché et de la demande. Nous réfléchissons à la création d’un service dédié d’accompagnement sur les titres vifs afin d’améliorer l’expérience client en termes de conseil et de pédagogie.

Un autre axe de développement concerne le private equity. Nous allons doubler les capitaux levés cette année et nous allons renforcer nos équipes. La demande est forte, et il faut pouvoir proposer des solutions performantes. Un particulier, même s’il dispose d’un patrimoine important, peut avoir de la difficulté à accéder aux meilleurs fonds de private equity. Pour faciliter les investissements et aider nos clients à diversifier leurs portefeuilles, nous avons signé un partenariat de distribution exclusive d’un fonds de BlackRock spécialisé sur les infrastructures privées. Cette nouvelle offre non cotée premium est ouverte jusqu’à fin octobre. Nous offrons à nos clients la possibilité d’investir directement dans les grands fonds de private equity, les plus performants. Le ticket d’entrée de BlackRock Private Infrastructure Opportunities, qui est un fonds européen d’investissement à long terme (ELTIF), est de 125 000 euros et la durée de placement de dix ans. Le niveau de risque est de 7, le niveau maximal, il faut donc accepter la possibilité d’une perte en capital. En contrepartie, l’objectif de performance est supérieur à 10 % annualisé.

Je peux également vous annoncer une autre nouveauté : BNP Paribas Cardif et BNP Paribas Banque Privée lancent une unité de compte en immobilier non coté, gérée par Blackstone et proposée en exclusivité à nos clients. Ce produit, Bepimmo, offre aux investisseurs privés un accès à l’immobilier européen générateur de rendement et de qualité institutionnelle dans la logistique, le bureau et le résidentiel, en bénéficiant de l’expertise de Blackstone. Le ticket d’entrée est de 100 000 euros.

« Pour ceux qui ne sont pas prêts à accepter le risque actions, il existe des produits structurés qui permettent actuellement de protéger 90 % du capital si le marché ou l’indice de référence ne chute pas de plus de 50 %. Ce sont de bons instruments pour quitter une partie du fonds en euros, par exemple »

Le patrimoine des Français est-il sain ?

Nos clients, comme les Français, sont encore majoritairement positionnés sur des produits de court terme : des livrets, des comptes courants et des fonds en euros. L’enjeu de diversification des portefeuilles est encore devant nous. Aujourd’hui, tous les actifs sont chers, que ce soit les obligations ou l’immobilier. Dans ce contexte, on peut se demander si les actions le sont tant que ça ! Se positionner aujourd’hui sur les actions est cohérent. Elles offrent des dividendes qui ont de plus en plus d’intérêt dans un contexte de taux bas, voire négatifs. Il faudra se renforcer en cas de correction, la plupart des banques de gestion privée et d’asset managers s’accordent sur ce point. Il ne faut pas être figé sur le prix d’entrée et savoir accepter les corrections, les actions sont des placements de long terme qui offrent du rendement. Pour ceux qui ne sont pas prêts à accepter le risque actions, il existe des produits structurés qui permettent actuellement de protéger 90 % du capital si le marché ou l’indice de référence ne chute pas de plus de 50 %. Ce sont de bons instruments pour quitter une partie du fonds en euros, par exemple.

Notre recommandation est de diversifier son patrimoine. Nous restons positifs sur les actifs risqués, les actions et le private equity à condition d’être sélectifs. En termes de secteurs, nous privilégions, par exemple, la santé et les semi-conducteurs.

« L’inflation que l’on voit aujourd’hui est modérée et n’est pas inquiétante, elle est essentiellement due à des tensions sur la chaîne d’approvisionnement et devrait se lisser dans le temps. Il n’y a pas pour l’instant de boucle prix/salaires, qui pourrait entraîner une hausse durable des prix. Il y a aujourd’hui des excès de valorisation de certains actifs, par exemple sur le secteur de la tech américaine, sur le secteur de l’hydrogène, sur les obligations et sur l’immobilier. Mais nous ne pouvons pas parler de bulles »

L’année 2022 pourrait-elle être celle de tous les dangers avec la fin des politiques monétaires accommodantes, la résurgence de l’inflation ? Y a-t-il des bulles ?

La Fed a été très habile en séparant la fin du programme de « tapering », c’est-à-dire la réduction progressive du programme d’achat d’actifs, de la hausse des taux directeurs. L’inflation que l’on voit aujourd’hui est modérée et n’est pas inquiétante, elle est essentiellement due à des tensions sur la chaîne d’approvisionnement et devrait se lisser dans le temps. Il n’y a pas pour l’instant de boucle prix/salaires, qui pourrait entraîner une hausse durable des prix. Il y a aujourd’hui des excès de valorisation de certains actifs, par exemple sur le secteur de la tech américaine, sur le secteur de l’hydrogène, sur les obligations et sur l’immobilier. Mais nous ne pouvons pas parler de bulles.

Quel est l’état d’esprit de vos clients à quelques mois de l’élection présidentielle ?

Bien sûr, ils sont attentifs aux évolutions possibles de la fiscalité patrimoniale, mais nous avons surtout des questions sur la reprise, sa solidité, l’inflation, la remontée des taux, la pénurie de matières premières. Les fonds d’infrastructures et l’immobilier constituent d’ailleurs une bonne protection contre l’inflation à long terme. Les préoccupations de nos clients portent plutôt sur le niveau des marchés et les perspectives d’investissement que sur la fiscalité.

La philanthropie est-elle toujours prisée? La Covid, l’ISR, l’impact ont-ils changé la donne ?

BNP Paribas Wealth Management a été la première banque privée en France à se positionner en 2008 comme conseil en philanthropie. L’appétit pour l’investissement ISR et à impact n’a pas ralenti les projets philanthropiques, bien au contraire. Les montants alloués à ces projets sont cinq à sept fois plus importants qu’avant la Covid-19. Auparavant, un client qui créait une fondation y consacrait environ 5 % de son patrimoine, aujourd’hui c’est plutôt 10 %. Depuis la crise sanitaire, nos clients ont réévalué leurs priorités, le temps qu’ils consacrent à leurs projets philanthropiques est nettement plus important. Les secteurs les plus prisés sont toujours l’éducation, la réduction des inégalités, la culture, la santé et la recherche. De nouveaux thèmes intéressent les jeunes entrepreneurs, comme la biodiversité, la protection des océans, la transition énergétique aussi.

La France veut faire grandir ses entreprises, développer l’entrepreneuriat. Comment accompagnez-vous les entrepreneurs ?

Nous avons spécialisé certains de nos banquiers privés dans l’accompagnement des entrepreneurs. C’est un monde en pleine évolution. La France compte désormais une quarantaine de licornes. D’un autre côté, les transmissions d’entreprises s’accélèrent depuis la Covid-19. Accompagner le patrimoine privé et le patrimoine professionnel demande un savoir-faire particulier, qui va être de plus en plus précieux.

Messi au PSG: Entorse au fair-play financier ?

Messi au PSG:  Entorse au fair-play financier ?

Le recrutement de l’attaquant argentin par le club de la capitale montre la faible capacité de l’UEFA à réguler les clubs, selon l’économiste Jean-François Brocard.

 

 


Le recrutement de Lionel Messi par le PSG, en plus d’autres embauches réalisées ces dernières semaines, conduit à s’interroger sur l’efficacité des règles de bonne gestion dans le football. Le fair-play financier, institué par l’Union des associations européennes de football (UEFA) sert-il encore à quelque chose ?

Le fair-play financier était une évolution, voire une révolution, dans le cadre de la gestion des clubs. Il est aujourd’hui mis à mal, à la fois par la décision des instances judiciaires en Europe – il est souvent remis en cause, soit par le Tribunal arbitral du sport, soit par la Cour européenne de justice –, mais aussi par la réticence de certains clubs.

Le Covid-19 a porté un coup supplémentaire à la capacité et à la volonté de réguler les clubs. Le fair-play financier a été assoupli, et on se demande même s’il existe encore. Dans quelle mesure, demain, l’UEFA pourra dire : « On revient aux règles de départ » ? Les différentes instances ont envie de sauver les clubs en se disant que, finalement, on verra plus tard comment en développer une gestion pérenne.

C’est tout le problème du fair-play financier. La volonté de l’UEFA à l’époque [en 2010] était d’assurer une « bonne gestion » financière – même si l’on ne sait pas vraiment ce à quoi l’expression fait référence, si ce n’est éviter des déficits réguliers d’exploitation sans empêcher des investisseurs de mettre de l’argent dans le football. L’UEFA avait trouvé plus ou moins une manière de viser ces deux objectifs.

Avec le Covid, les instances n’ont plus le choix : elles sont obligées d’accepter l’argent frais qui peut arriver. Or, celui-ci vient essentiellement des pays qui n’ont pas été trop touchés par la pandémie, en l’occurrence ceux du Golfe.

Les clubs sont des entreprises de services, qui utilisent essentiellement la main-d’œuvre pour produire. Le salaire en est la charge principale. Tant qu’il n’y aura pas de règles homogènes au niveau européen – même mondial – sur la masse salariale et qu’il y aura des formations, comme le PSG le fait aujourd’hui, qui pourront dépenser des sommes astronomiques, les clubs se livreront une concurrence effrénée sur les salaires et les transferts.

Liban : un système politique et financier mafieux

Liban : un système politique et financier mafieux 

Le système politique est accro à la corruption et la communauté internationale doit s’attaquer à la force de l’ombre qui empêche tout règlement de la crise : la « bancocratie » libanaise avec, à sa tête, le gouverneur de la banque centrale et les actionnaires des banques privées, souligne, dans une tribune au « Monde », Mounir Corm, né au Liban et dirigeant d’une société de gestion financière, à Paris.(Extrait)

 

Tribune.

 

L’effondrement de la situation économique, financière et sociale au Liban semble sans fin. La catastrophe humanitaire est totale, la misère touche aujourd’hui la majorité de la population, incapable de se nourrir face à l’hyperinflation et qui manque désormais de tout produit importé : médicaments, essence, électricité, etc. Cette situation invraisemblable s’aggrave de jour en jour, couverte et renforcée par l’immobilisme irréaliste d’une classe politique corrompue et criminelle.

Face à cette situation, les gouvernements occidentaux, au premier rang desquels la France, répondent par une position simpliste : nous ne bougerons ni n’aiderons financièrement le Liban tant que la classe politique libanaise ne se réformera pas. Cette position est éthiquement et politiquement condamnable à plusieurs titres.

 

Tout d’abord, elle impose une condition impossible à satisfaire. Demander des réformes à cette classe politique revient à espérer qu’un cancer malin en phase terminale se soignera lui-même – jamais ces anciens chefs de guerre et de familles féodales, prédatrices, mafieuses et au pouvoir depuis trente ans, ne se réformeront d’eux-mêmes.

Deuxièmement, elle est fondamentalement hypocrite. Elle fait mine d’oublier que le système politique et financier frauduleux mis en place par la banque centrale et le secteur bancaire, et dont la famille Hariri a été la clé de voûte pendant plus de vingt ans, a été soutenu, depuis le début des années 1990, par ces mêmes gouvernements occidentaux. Ce système a été renfloué à travers la Conférence économique pour le développement par les réformes et avec les entreprises, organisée par l’Organisation de coopération et de développement économiques.

 

Enfin, cette position laisse au supplice une population civile exsangue et abasourdie, qui se bat au quotidien pour survivre dans une ambiance de fin du monde, entre le manque de liquidités, l’hyperinflation, la crise due au Covid-19 et les ravages de l’explosion du 4 août 2020. Il est urgent d’agir pour stopper cette chute dans le vide. Et d’abord d’un point de vue financier, par devoir humanitaire et moral, avant que le peuple libanais puisse reprendre son destin politique en main. La sortie de crise est possible en trois temps.

Il faut en premier lieu traiter l’urgence. La communauté internationale doit s’attaquer à la force de l’ombre qui empêche tout règlement de la crise financière : à savoir la « bancocratie » libanaise, avec à sa tête le gouverneur de la banque centrale et les actionnaires des banques privées, responsables premiers de cette crise. A la saisie confiscatoire des dépôts bancaires de tous les Libanais par l’Association des banques du Liban doit répondre une pression maximale (sanctions, saisine des avoirs) sur ces gens qui se sont enrichis sur le dos du peuple. Dans le même temps, un programme d’aide internationale doit, le plus rapidement possible, fournir une aide d’urgence pour permettre aux Libanais de retrouver un accès aux biens de première nécessité.

Liban : un système politique et financier frauduleux

Liban : un système politique et financier frauduleux

Le système politique est accro à la corruption et la communauté internationale doit s’attaquer à la force de l’ombre qui empêche tout règlement de la crise : la « bancocratie » libanaise avec, à sa tête, le gouverneur de la banque centrale et les actionnaires des banques privées, souligne, dans une tribune au « Monde », Mounir Corm, né au Liban et dirigeant d’une société de gestion financière, à Paris.(Extrait)

 

Tribune.

 

L’effondrement de la situation économique, financière et sociale au Liban semble sans fin. La catastrophe humanitaire est totale, la misère touche aujourd’hui la majorité de la population, incapable de se nourrir face à l’hyperinflation et qui manque désormais de tout produit importé : médicaments, essence, électricité, etc. Cette situation invraisemblable s’aggrave de jour en jour, couverte et renforcée par l’immobilisme irréaliste d’une classe politique corrompue et criminelle.

Face à cette situation, les gouvernements occidentaux, au premier rang desquels la France, répondent par une position simpliste : nous ne bougerons ni n’aiderons financièrement le Liban tant que la classe politique libanaise ne se réformera pas. Cette position est éthiquement et politiquement condamnable à plusieurs titres.

 

Tout d’abord, elle impose une condition impossible à satisfaire. Demander des réformes à cette classe politique revient à espérer qu’un cancer malin en phase terminale se soignera lui-même – jamais ces anciens chefs de guerre et de familles féodales, prédatrices, mafieuses et au pouvoir depuis trente ans, ne se réformeront d’eux-mêmes.

Deuxièmement, elle est fondamentalement hypocrite. Elle fait mine d’oublier que le système politique et financier frauduleux mis en place par la banque centrale et le secteur bancaire, et dont la famille Hariri a été la clé de voûte pendant plus de vingt ans, a été soutenu, depuis le début des années 1990, par ces mêmes gouvernements occidentaux. Ce système a été renfloué à travers la Conférence économique pour le développement par les réformes et avec les entreprises, organisée par l’Organisation de coopération et de développement économiques.

 

Enfin, cette position laisse au supplice une population civile exsangue et abasourdie, qui se bat au quotidien pour survivre dans une ambiance de fin du monde, entre le manque de liquidités, l’hyperinflation, la crise due au Covid-19 et les ravages de l’explosion du 4 août 2020. Il est urgent d’agir pour stopper cette chute dans le vide. Et d’abord d’un point de vue financier, par devoir humanitaire et moral, avant que le peuple libanais puisse reprendre son destin politique en main. La sortie de crise est possible en trois temps.

Il faut en premier lieu traiter l’urgence. La communauté internationale doit s’attaquer à la force de l’ombre qui empêche tout règlement de la crise financière : à savoir la « bancocratie » libanaise, avec à sa tête le gouverneur de la banque centrale et les actionnaires des banques privées, responsables premiers de cette crise. A la saisie confiscatoire des dépôts bancaires de tous les Libanais par l’Association des banques du Liban doit répondre une pression maximale (sanctions, saisine des avoirs) sur ces gens qui se sont enrichis sur le dos du peuple. Dans le même temps, un programme d’aide internationale doit, le plus rapidement possible, fournir une aide d’urgence pour permettre aux Libanais de retrouver un accès aux biens de première nécessité.

Audiovisuel : Multiplication des chaînes et TNT : gouffre financier et médiocrité

Audiovisuel : Multiplication des chaînes et TNT :  gouffre financier et médiocrité

 

 

La multiplication des chaînes surtout les canaux y compris la TNT génèrent nombre de situations déficitaires pour les chaînes. Cette multiplication était justifiée par un souci de diversité. Or compte tenu de l’éclatement de l’audience et des difficultés financières les chaînes sont contraintes au contraire de ce copier mutuellement et de tirer le niveau vers le bas. Ainsi tous les journaux d’info se ressemblent puisqu’ils ne sont que copie conformes des agences de presse. Les films et séries repassent sans fin. Les jeux se ressemblent tous quant à la production elle est réduite à pas grand-chose étouffé par des productions étrangères à bas prix. Conséquence aussi l’envahissement de la pub partout comme aux États-Unis. Depuis leur lancement, le 12 décembre 2005, les «petites» chaînes censées injecter de la diversité dans le paysage audiovisuel français ont surtout servi à plomber les comptes. Cumulées, leurs pertes d’exploitation atteignaient près d’1,4 milliard d’euros en 2019, selon les chiffres des bilans financiers annuels des chaînes gratuites du CSA.

 

La première génération, composée de BFMTV, C8, CStar, CNews, Gulli, NRJ 12, TMC, TFX et W9, auxquelles s’ajoute LCI, passé en gratuit, a totalisé plus de 1 milliard d’euros de pertes. La seconde vague de chaînes (6ter, Chérie 25, RMC Story, RMC Découverte, TF1 Séries Films et L’Équipe, lancé en 2012), affichent de leur côté 367 millions d’euros de pertes d’exploitation… Durant l’exercice 2019, «sept chaînes de la TNT étaient bénéficiaires» contre trois seulement, quatre ans plus tôt, remarque le CSA. Il y a certes du mieux. De là à crier victoire, on en est loin.

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