Archive pour le Tag 'féminisme'

Une autre approche du féminisme

Une autre approche du féminisme

En près d’un demi-siècle, la philosophe Geneviève Fraisse , spécialiste de la pensée féministe, n’a jamais craint d’être à contretemps. La nouvelle édition de « La Fabrique du féminisme » en témoigne à nouveau. (dans le Monde)

 

En voyant passer devant elle, en 2021, le mot « féminisme » dans le slogan d’une publicité placardée sur un autobus, Geneviève Fraisse a été saisie d’étonnement. La philosophe, chercheuse émérite au CNRS, a traversé des périodes « tellement désertiques », dit-elle pour décrire le champ des études féministes de ses débuts, que voir ainsi le « mot maudit » devenir presque à la mode ne pouvait que la frapper, comme elle le raconte en nous recevant chez elle, près de la gare de l’Est, à Paris.

Depuis près de cinquante ans, la spécialiste de la pensée féministe a l’habitude de pratiquer cette forme d’étonnement pour analyser ce qui se passe dans le mouvement des idées touchant le rapport entre les sexes, le droit des femmes ou la politique des sexualités. Comme le montrent la réédition augmentée de La Fabrique du féminisme et sa lumineuse préface inédite, sa pensée détonne, car elle n’est pas embarquée dans les véhi­cules les plus courants de l’opinion ni même entraînée sur les lignes les plus empruntées de la théorie féministe.

Elle vise en effet depuis les débuts de sa vie de chercheuse à produire des « généalogies » ou, mieux, à établir des « provenances », dit-elle en reprenant un terme de Michel Foucault. Ou encore à tracer des « lignées » dans lesquelles la geste féministe prend sens au-delà des surgissements soudains, des vagues limitées dans le temps, ou encore du catalogue des femmes d’exception où puiser éventuellement l’inspiration pour baptiser une station d’autobus. Voilà pourquoi, tandis qu’elle entre au CNRS, en 1983, elle choisit d’écrire sur une philosophe inconnue du XIXe siècle, Clémence Royer (La Découverte, 1985), autodidacte mais non moins traductrice et critique de Darwin, qui n’eut jamais la chance de pouvoir vivre de sa recherche.

L’autrice des Femmes et leur histoire (Folio, 1998) nomme cette attention aux liens diffractés dans le temps « l’historicité ». « Mon seul combat », dit-elle en guise de synthèse au sujet de ce concept faussement simple. « “Historicité” ne ­signifie pas seulement qu’il y a une histoire des femmes », précise celle qui dirigea, avec l’historienne Michelle Perrot, le quatrième volume, consacré au XIXe siècle, de l’Histoire des femmes en Occident (Plon, 1991), cette série d’ouvrages qui marqua une évolution historiographique majeure dans le domaine.

Se plaçant sous l’angle de l’épistémologie, cette branche de la philosophie qui réfléchit aux conditions rendant une connaissance possible, Fraisse explique : « “Historicité” signifie que, pour comprendre ce qui a trait à la différence des sexes, il faut l’inscrire dans l’histoire et non la renvoyer à des invariants qui existeraient “de tout temps”. Mais cela signifie aussi, à l’inverse, que, pour comprendre l’histoire, il faut l’inscrire dans la différence des sexes, car les sexes, aussi, font l’histoire. » Par exemple, on comprend mieux l’histoire de la démocratie si, derrière tout « contrat social », on met au jour le « contrat sexuel » implicite, selon un terme de la politologue britannique Carole Pateman, que Geneviève Fraisse a fait traduire en français.

Caroline De Haas: quand le féminisme devient un business

Caroline De Haas: quand le féminisme devient un business

Caroline De Haas,  l’une des grandes prêtresses du féminisme très radical n’en oublie pas pour autant les contingences du bifteck. Ainsi tout en continuant à divulguer la cancel culture et autre Woke, elle développe parallèlement une activité marchande fondée justement sur sa lutte féministe .

 

Un conflit d’intérêts qui ne semble pas gêner une activiste aux méthodes de «cancel culture» qui adopte les slogans de l’intersectionnalité. C’est sans doute ce qui caractérise les courants de pensée éphémères. C’est déjà ainsi que les gauchistes les plus radicaux de 68 voire plus tard sont devenus ensuite les capitalistes les plus plus efficaces ( où les politiques les plus molassons). Le gauchisme mène décidément à tout mais à condition d’en sortir. C’est un peu comme si un syndicaliste utilisait  image médiatique pour monter parallèlement à ses activités syndicales un business de conseil juridique destiné aux salariés voire aux employeurs.

Zemmour: un polémiste compulsif hanté par le féminisme et l’étranger

Zemmour: un polémiste compulsif hanté par le féminisme  et l’étranger

 

 

On peut sans doute difficilement nier que Zemmour possède une solide culture littéraire et de fortes connaissances historiques. D’un certain point de vue, il se différencie de nombre de personnages politiques qui pour toute culture se contentent simplement des éléments de langage de la l’oligarchie dominante qui n’a d’autre idéologie que la conquête du pouvoir. Sans connaissance vraiment du réel socio- économique et culturel pas plus que des fondements théoriques. D’ailleurs ils ont été formatés dans ces instituts de formation politique- dont le Graal est l’ENA -qui n’apprennent que les procédures administratives et l’art  de la prise pouvoir. Parvenus à leurs fins, beaucoup ne savent guère quoi faire de ce pouvoir. Zemmour, lui , ne connaît visiblement non plus pas grand-chose de ces réalités mais il a l’avantage d’en parler avec éloquence, conviction et démagogie. Pas vraiment étonnant non plus, lui aussi a été formé politiquement dans un institut d’études politiques.  La méthode Zemmour est  assez simple. Il laisse parler son interlocuteur pour ensuite fondre sur lui en mettant en exergue ses contradictions et en profite pour dénoncer ses deux hantises compulsives relatives au féminisme et à l’étranger. D’un certain point de vue, il utilise les vieilles méthodes marxistes de dialectique au service d’une vision ultra réactionnaire. Il ne cache pas d’ailleurs son admiration béate pour  un passé idéalisé soigneusement choisi (Napoléon, l’ancien régime etc.). Sa grande force, un peu comme le comédien Lucchini, est d’entrelarder  tous les 30 secondes son discours avec une citation littéraire ou une référence historique dont la relation peut être discutée mais qui donne sa brillance donc l’illusion de la  pertinence du propos. Zemmour est hanté par ce qu’il considère comme les deux dangers majeurs de la société : le féminisme et l’autre. En conclusion, Zemmour ramène tout à ces deux fantasmes démoniaques. Tous les désordres, de toutes natures dans le champ social, économique, culturel plus globalement sociétal sont imputables aux valeurs que portent le féminisme et l’altérité. Il n’y a pas de place chez  Zemmour comme chez la plupart des chercheurs à l’interrogation, au doute ou aux hypothèses . Tout n’est que certitude, axiome, postulat. Zemmour ne débat pas, il pérore comme une sorte de prédicateur évangéliste. Il Simplifie , caricature tout , intervient sur tout -même quand il n’y connait rien- et ramène toujours à ce qui le hante:  le féminisme et l’autre. Le brio du propos et la conviction militante qu’il utilise peuvent séduire. En tout cas, on ne peut plus y être indifférent car c’est un véritable numéro de magie  intellectuelle. Aussi malheureusement en raison de la faiblesse de nombre de ses interlocuteurs, pas de tous mais de beaucoup . Sur les chaines d’info continue Zemmour réussit à séduire certains, à en intéresser d’autres surtout du fait aussi de la nullité de beaucoup des autres intervenants. Zémour ne laisse personne indifférent mais il est davantage taillé pour le one man show politique caricatural que pour le débat démocratique encore moins pour la recherche.  




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