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La crise en vue va-t-elle favoriser la grande restructuration

La crise en vue va-t-elle favoriser la grande restructuration

 

 Les facteurs de crise ne se comptent plus. Pire, ils s’entraînent mutuellement : c’est le fameux cercle vicieux de Nurkse. Pandémie, niveaux d’endettement élevés, guerre en Ukraine, pénuries de matières premières, inflation, hausse des taux d’intérêt… Par Noam Ankri, Avocat associé, Ashurst ; Président de la commission Retournement de Paris Europlace et Chargé d’enseignement à l’université.( dans la Tribune)

 

Pourtant, grâce aux nombreuses aides gouvernementales (prêts garantis par l’Etat (PGE), chômage partiel, assouplissement des réglementations…), on a rarement vu aussi peu de procédures collectives, autrement dit de faillites, que ces deux dernières années. A l’inverse, sur la même période, le marché des fusions-acquisitions a été très dynamique, notamment dans le private equity et y compris encore pendant ce premier semestre 2022 qui a compté plus de 150 LBO réalisés.

Ce sont généralement les indicateurs d’une économie qui se porte bien. Alors, où est cette fameuse crise que tous les analystes ne cessent d’annoncer ?

Certes, les marchés boursiers ont commencé à tousser, avec une baisse généralisée des indices européens sur les six derniers mois. Mais le CAC 40 reste encore au-dessus de son niveau de 2019. De la même façon, on voit le niveau des faillites repartir à la hausse. Encore ici, leur nombre au premier trimestre (près de 10.000, soit +35% par rapport à 2020) restait inférieur à celui constaté en 2019 (environ 14.000).

La tendance négative est néanmoins bien installée et elle pourrait durer, ce qui inquiète profondément les investisseurs. Conséquence directe de cette inquiétude, le marché des financements internationaux est quasiment à l’arrêt : depuis le début de la guerre en Ukraine, on a observé un nombre très faible de nouveaux CLOs et les émissions d’obligations high yield ont été largement inexistantes. Or, de nombreuses entreprises dont la dette financière arrive bientôt à maturité comptaient sur ces outils pour se refinancer.

Des dossiers de cette nature arrivent déjà. Pour les plus chanceuses, ce refinancement pourra se faire, mais à des taux d’intérêts bien plus élevés qu’auparavant. Pour les autres, une restructuration de leur dette s’imposera.

Parmi cette dette figurera souvent un ou plusieurs PGE, ce qui entraînera pour les PGE les plus importants une discussion avec l’Etat quant aux termes de cette restructuration, notamment à travers le Comité Interministériel de Restructuration Industrielle (CIRI). Ce dernier vient d’ailleurs de fêter ses 40 ans et Bruno Le Maire y a rappelé à cette occasion que la politique du « quoi qu’il en coûte » était bien derrière nous. Traduction si besoin était : il n’y aura plus d’aides financières de l’Etat.

Il faut enfin et surtout s’inquiéter de l’inflation.

S’agissant de l’énergie d’abord, les prix atteignent des sommets. Par exemple, le mégawatt-heure (MWh) d’électricité est passé d’environ 35€ il y a deux ans, à 90€ il y a un an, pour atteindre environ 555€ aujourd’hui, soit une augmentation de plus de 500% sur la dernière année et de plus de 1400% en deux ans ! Les praticiens constatent déjà un nombre significatif de dossiers d’entreprises qui sont étranglées par le coût de l’électricité et qui entendent renégocier celui-ci. Aucun secteur n’est épargné.

D’autres secteurs subissent une inflation plus ciblée, notamment les céréaliers, exposés à la pénurie de blé, ou encore le secteur de l’automobile, exposé à la pénurie des composants, sans compter les entreprises exposées au marché russe qui ne peuvent plus faire grand-chose sans encourir de sanctions.

Les entreprises commencent donc bien à souffrir de difficultés profondes. Si la description qui précède n’est que le résultat de nos observations de praticien, la question reste de savoir si nous sommes juridiquement bien équipés pour traiter ces difficultés.

Les outils juridiques pour accompagner les restructurations sont nombreux, qu’il s’agisse de procédures de prévention, comme la conciliation ou le mandat ad hoc, ou de procédures collectives, comme la sauvegarde, la sauvegarde accélérée, le redressement judiciaire, etc.

Ces dernières ont récemment évolué de façon très significative avec la transposition en droit français de la directive européenne 2019/1023 du 20 juin 2019 par l’ordonnance 2021-1193 du 15 septembre 2021, entrée en vigueur le 1er octobre de la même année.

Avec cette transposition, un certain équilibre entre créanciers et débiteurs a été restauré dans les procédures collectives, avec une approche plus financière et plus conforme à celle de nos voisins européens et anglo-saxons. Par exemple, au-dessus d’un certain seuil de chiffre d’affaires et/ou d’employés (apprécié au niveau consolidé), il n’est plus possible pour une société d’imposer en sauvegarde un rééchelonnement de ses créances à 10 ans sans le consentement de ses créanciers. Avant la transposition, cette possibilité était l’épouvantail des investisseurs, tant décriée à l’occasion des récentes sauvegardes des sociétés Rallye ou Comexposium. A l’inverse, le droit de véto dont disposaient les créanciers obligataires qui leur permettait de refuser un plan de restructuration qui ne leur était pas favorable, alors même qu’il serait voulu par l’ensemble des autres partenaires de l’entreprise, a été supprimé. En effet, les créanciers sont désormais classés en fonction de la séniorité de leur créance, ce qui n’était pas le cas avant. Par ailleurs, il faut citer l’instauration de la désormais célèbre application forcée interclasses, qui permet au débiteur et à ses créanciers seniors d’effacer, sous certaines conditions, une dette qui aurait perdu sa valeur, voire de diluer ses actionnaires. La première illustration significative de ce nouveau régime est en cours dans le dossier Pierre & Vacances où, entre autres, un PGE a été intégralement converti en actions. Nul doute que cet exemple sera utilisé dans d’autres restructurations à venir.

Les procédures françaises de prévention, devenues des modèles du genre au niveau européen, ont quant à elles un fonctionnement qui n’a quasiment pas été touché par l’ordonnance de transposition. Elles demeurent néanmoins l’outil privilégié des restructurations, mettant en avant une approche amiable et négociée, sous l’égide d’un professionnel compétent nommé par le tribunal et, pour les dossiers les plus importants, l’égide également du CIRI. Ces procédures permettent dans une grande majorité des cas de trouver une sortie satisfaisante pour tous. Protégée par une obligation de confidentialité, l’activité des entreprises concernées souffre moins que lors d’une procédure collective, publique par nature. De plus, en conciliation (et désormais également en sauvegarde et en redressement judiciaire), l’accès à de nouveaux financements est aidé par la mise en place d’un privilège dit d’argent frais qui permet au nouveau prêteur d’être protégé en cas de nouvelle défaillance. L’ordonnance de transposition a néanmoins eu un effet indirect, voulu, sur ces procédures car elle en a profondément bouleversé la dynamique de négociation. En effet, la perspective, en cas d’échec de la négociation, d’une application forcée interclasses ou de l’impossibilité d’imposer, ou à l’inverse de bloquer, un plan ont modifié les équilibres.

Il est ainsi indispensable de parfaitement comprendre et anticiper les subtilités du nouveau régime (même en l’absence de jurisprudence à ce stade) pour correctement négocier les dossiers de restructuration qui commencent déjà à arriver.

À l’occasion de la guerre en Ukraine, favoriser une Europe puissance

À l’occasion de la guerre en Ukraine, favoriser une Europe puissance

Une réflexion sur les causes de l’échec de la Communauté européenne de défense en 1954 peut aider à définir les conditions qui rendront possible une « Europe puissance », explique, dans une tribune au « Monde », Jean-Marc Lieberherr, le président de l’Institut Jean-Monnet.

 

L’élection présidentielle, marquée par un score historique des partis eurosceptiques, a révélé l’abîme qui sépare encore les Français de l’Europe. Malgré les avancées historiques réalisées au cours des cinq dernières années, l’Union européenne demeure en France un objet de défiance, y compris pour une partie de sa jeunesse. Ignorer ce rejet serait une faute ; mais considérer ce rejet comme une fatalité le serait tout autant.

« Là où manque l’imagination les peuples périssent », disait Jean Monnet (1888-1979). Il est grand temps de puiser dans la pensée et l’action des pères fondateurs les voies d’un renouveau susceptible de convaincre les Français de la nécessité de l’Union. C’est souvent en revenant à l’origine et à l’essence d’une idée que l’on peut imaginer ses développements futurs.

Les Mémoires de Jean Monnet sont à cet égard un texte fondateur d’une étonnante actualité. Il y tire notamment les leçons de l’échec de la Communauté européenne de défense (CED), en 1954, et propose une méthode pour transformer les crises successives en opportunités pour l’Europe.

Le 3 septembre 1950, alors que la guerre de Corée menace d’embraser le reste du monde, Jean Monnet adresse à René Pleven (1901-1993) [président du Conseil en juillet 1950] une lettre qui porte en elle les prémices du projet d’armée européenne : « Je vous propose d’apporter à nos associés la contribution d’une pensée forte, constructive, déterminée à créer notre défense extérieure en Europe. »

De l’aveu même de Monnet, le projet de CED venait trop tôt. La perspective d’une renaissance militaire de l’Allemagne avait précipité sa création, mais les esprits n’y étaient pas préparés. Le Parlement français devait, en 1954, rejeter ce projet. Malgré cet échec, Monnet reste convaincu que l’Europe « n’aura de conscience et de force que dans l’unité », condition d’une véritable souveraineté européenne fondée sur une capacité d’action indépendante des Etats-Unis.

En 2022, l’irruption de la guerre en Europe est venue nous rappeler que la paix, ce trésor que les Européens ont considéré comme acquis, procède d’un équilibre fragile. Le fait que l’Europe ne soit pas capable de la garantir de manière autonome est en soi une source d’instabilité. Il est donc nécessaire de se pencher sur les causes de l’échec de la CED pour définir les conditions qui rendront peut-être possible, demain, l’avènement d’une Europe puissance.

La première cause, et peut-être la plus importante, est que le projet impliquait – pour que cette défense soit indépendante – un saut politique auquel la France n’était pas prête. La dimension politique de la CED allait à l’encontre de la méthode dite « des petits pas » lancée par Monnet avec la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA).

 

Grand âge : favoriser le maintien à domicile

Grand âge :  favoriser le maintien à domicile 

 

Sébastien Guérard, président de la Fédération française de masseurs-kinésithérapeutes rééducateurs propose, dans une tribune au « Monde », d’inscrire la prévention des chutes – responsables de 12 000 décès prématurés par an –, dans les grandes priorités nationales de santé.

 

Tribune. 

 

Au-delà des révélations sur les méthodes de certains établissements pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), le livre choc Les Fossoyeurs (Fayard), du journaliste Victor Castanet, interroge notre société et nos consciences sur le grand âge. Notre pays, à l’instar d’autres pays européens, a vieilli avec l’arrivée des baby-boomers dans le grand âge.

Selon l’Insee, au 1er janvier 2022, 21 % des personnes en France ont 65 ans ou plus, et près de 10 % ont 75 ans ou plus. Il s’agit d’âges cruciaux pour la santé et l’autonomie. Or, notre pays accumule les retards dans la mise en œuvre de modalités innovantes d’accompagnement et de prise en charge de la dépendance.

Le manque de temps et l’obstacle du coût sont invoqués pour justifier les renoncements politiques. Pourtant, des leviers existent qui permettraient de conjuguer la qualité de vie de nos aînés ainsi que les conditions de travail des soignants et des aides à domiciles, avec les exigences budgétaires. Parmi eux, la prévention est probablement celui qui procurera des effets rapides et concrets sur l’autonomie et sur les coûts.

Préserver l’autonomie et repousser la survenue du déclin cognitif pour favoriser le maintien à domicile sont deux objectifs parfaitement atteignables en mobilisant les kinésithérapeutes. L’épisode du premier confinement a douloureusement démontré l’importance du maintien de la mobilité des personnes âgées.

Pendant près de cinq semaines, le confinement des Ehpad avait suspendu l’intervention des kinésithérapeutes, privant les résidents de soins de kinésithérapie. Quatre résidents sur cinq ne sont pas sortis de leur chambre. Après le confinement, le nombre de patients devant être accompagnés pour marcher a doublé (deux patients sur trois) et, parmi les plus fragiles, un sur quatre avait perdu cette capacité, rentrant dans la dépendance.

La moitié des patients qui marchaient avec une simple canne marchaient avec un déambulateur après le confinement. Le nombre de patients nécessitant un déambulateur pour marcher a augmenté de 60 %. L’aggravation du niveau de dépendance dans les Ehpad lors du confinement illustre concrètement le rôle stratégique des soins de kinésithérapie. Cette épidémie de grabatisation a eu pour conséquence directe une augmentation de la charge de travail des soignants, déjà fortement sollicités !

Préserver l’autonomie est la mère des batailles, et des initiatives peuvent être prises sans attendre. Par exemple, en permettant aux kinésithérapeutes de proposer à tous les Français, au moment de leur départ en retraite, un bilan kinésithérapique avec un dépistage des risques de fragilité. L’activité physique adaptée doit pouvoir être prescrite par les kinésithérapeutes, et l’accès direct aux soins de rééducation de l’équilibre et de la force musculaire autorisé, pour permettre de prévenir les chutes des personnes âgées, et maintenir ainsi pleinement leur autonomie.

Contre les poisons de l’idéologie : Favoriser la découverte

Contre les poisons de l’idéologie : Favoriser la découverte

Catherine Bréchignac, secrétaire perpétuelle honoraire de l’Académie des sciences, ambassadrice déléguée à la science, à la technologie et à l’innovation et présidente du comité scientifique de la Revue politique et parlementaire estime que la découverte peut être le contre-poison de l’idéologie et de l’intoxication intellectuelle (dans la Tribune)

 

Avec la pandémie qui s’est installée sur le monde, la science n’a jamais été aussi présente dans nos vies. Près de 8 Français sur 10 (79%) estiment que la science est porteuse d’espoir pour l’avenir, rapporte 3M, une entreprise internationale d’innovation. Mais la fraude, la théorie du complot, les faux experts mettent à mal l’intégrité scientifique. Pourquoi ce comportement ambivalent de la société vis-à-vis de la science ? Parce que les scientifiques sont sortis des murs de leurs laboratoires, et s’ils poursuivent toujours les débats entre spécialistes au sein de cénacles adaptés pour que progresse la connaissance, ces chercheurs, avec leurs qualités et leurs défauts, dans leur dialogue avec la société, enjolivent ou noircissent les enjeux de leur recherche. Leurs propos sont alors déformés par le tam-tam numérique, amplifiés par les médias, ils provoquent du trouble dans les esprits.

Pour progresser deux conditions sont nécessaires : la découverte, et la création. La création consiste à produire quelque chose de nouveau à partir de données préexistantes. L’homme seul ne crée pas ex nihilo l’impensable, il ne fait pas sortir du néant ce qui n’existe pas. Il transfère une idée d’un domaine à un autre, et pour ce faire, utilise son intuition qui balaye avec fulgurance les savoirs acquis. Dans le domaine de l’art, ce transfert d’idées surprend lorsqu’il n’a pas été mis en relation auparavant, il surprend, il dérange souvent par son caractère insolite, comme dans le mouvement surréaliste. Gilles Deleuze, lors d’une conférence sur qu’est-ce que l’acte de création ? explique devant les étudiants de la FEMIS que le créateur est celui qui sait agencer « une série de petits morceaux dont la connexion n’est pas prédéterminée ». C’est ce nouvel agencement qui crée l’œuvre, et cet agencement lorsqu’il est régit par la combinatoire peut engendrer une infinité d’œuvres. Tel est le cas de ce groupe français littéraire qui créa au début du XXème siècle l’Oulipo et la littérature combinatoire, qui permit à Raymond Queneau d’écrire Cent mille milliards de poèmes. Dans le domaine des sciences, le transfert de concept d’un domaine vers un autre est souvent très productif. C’est le cas du biomimétisme, un processus créatif entre la biologie et la technique, par le transfert de connaissances issues de modèles biologiques pour créer de nouveaux objets, ou de nouveaux procédés. Structuration, déstructuration pour permettre une reconstruction, l’homme, avec son intuition, son imagination, sa mémoire, ses connaissances, remodèle la substance matérielle ou intellectuelle pour engendrer une invention aux conséquences parfois dangereuses, avec ou sans préméditation, qui sont un terreau favorable pour infiltrer la peur.

Imagination, intuition, création ne suffisent pas pour sortir des savoirs acquis. Seule la découverte provoque une rupture de pensée. Les grandes découvertes sont très rares. Elles provoquent des séismes dans la réflexion. La grande découverte du 20ème siècle fut celle de l’atome entrainant avec elle celle du monde quantique, au comportement souvent contre intuitif. Mais ces découvertes resteraient stériles si l’homme ne créaient pas des concepts pour les comprendre, c’est cet ensemble découvertes-créations qui nous permet de dialoguer avec le monde qui nous entoure comme le langage permet le dialogue entre les humains. La démarche scientifique devient alors l’outil indispensable qui permet de faire progresser la science au sens de la confrontation entre l’expérience ou l’observation et la théorie créée par l’homme. La démarche scientifique mise à jour pour la physique par Galilée a permis aussi à la chimie de devenir ce que nous appelons aujourd’hui une science exacte. C’est Lavoisier dans « Méthode de nomenclature chimique » publié en 1787 qui devant le nombre de substances connues qui ne cessaient d’être découvertes à l’époque, établit la première classification méthodique des éléments. Observer, accumuler des données, faire des synthèses, créer des langages et établir des lois pour expliquer les faits expérimentaux tout en cherchant s’il n’existe pas un contre-exemple qui contredit la loi, fut la méthode qui nous permit d’appréhender le monde qui nous entoure d’une manière conceptuelle et synthétique. Ceci présente en outre l’avantage de minimiser la place qu’occuperait la mémorisation d’un grand nombre d’observations dans notre cerveau.

Mais aujourd’hui, il semble que le chaos s’installe dans la pensée collective de nos sociétés. Quelques cohortes de personnes refusent cet équipage fécond entre découverte et création, revendiquant l’arrêt du progrès. Serait-ce le retour à l’obscurantisme, où l’émotionnel l’emporte sur le rationnel, où les peurs bondissent de l’ombre pour inhiber l’action, où l’esprit critique est étouffé, où les gourous surgissent d’on ne sait où pour donner des explications qui n’en sont pas. Idéologie, harcèlement intellectuel, sont les fléaux qui nous menacent aujourd’hui contre lesquels il faut raison garder.

Formation : comme en Allemagne favoriser l’apprentissage et l’alternance

Formation : comme en Allemagne favoriser l’apprentissage et l’alternance

Il est plus urgent que jamais d’attirer l’attention des entreprises, des jeunes et de leurs familles sur les opportunités de la formation professionnelle, surtout à un stade précoce. (Par Patrick Brandmaier, directeur général de la Chambre franco-allemande de commerce et d’industrie) ( dans l’Opinion)

 

Au deuxième trimestre de cette année, la France comptait 264 000 emplois vacants, selon les chiffres du ministère du Travail. En Allemagne, 158 000 offres d’emplois n’étaient pas pourvues à fin juin dernier, selon l’Agence fédérale pour l’emploi et 43 % des chefs d’entreprise s’estimaient sous la menace d’un manque de compétences. Cette crise de l’emploi, qui se reproduit dans de nombreux pays de l’Union européenne, trouve son origine dans un élément conjoncturel : la puissance de la reprise de l’activité dans un certain nombre de branches. Mais elle a aussi des raisons structurelles : le manque de main-d’œuvre qualifiée dans les activités concernées au plus près par la transition numérique et énergétique. Les entreprises doivent embaucher des profils nouveaux pour s’adapter à une économie en pleine transformation.

Il existe une réponse à la crise de l’emploi : l’apprentissage et la formation en alternance. C’est un élément clé dans la période que nous traversons, particulièrement en France et en Allemagne, puisque les deux pays mènent, parfois conjointement, des stratégies d’investissement ambitieuses dans l’énergie, les nouvelles technologies, la protection de l’environnement, l’agriculture. Sans l’apprentissage et l’enseignement professionnel, ces investissements ne pourront pas être mis en œuvre. De nombreuses entreprises franco-allemandes se plaignent déjà d’un manque de travailleurs qualifiés et ce problème va s’aggraver dans les années à venir.

Nous devons donc intensifier nos efforts communs pour attirer les jeunes vers la formation professionnelle et la formation duale. La « langue de l’autre » et la compétence interculturelle constituent une condition préalable importante. L’anglais revêt une importance capitale dans le monde professionnel d’aujourd’hui. Mais il ne faut pas oublier que la pratique de l’allemand ou du français constitue des qualifications supplémentaires – et donc un avantage compétitif pour les jeunes qui entrent dans l’entreprise – et ouvre des opportunités de progression salariale et de carrière très concrètes. En Allemagne, de nombreux travailleurs qualifiés gagnent bien plus que 50 000 euros par an dans l’industrie, une rémunération plus élevée que celle procurée par certains diplômes universitaires.

Au moment où la Chambre franco-allemande de Commerce et d’Industrie, qui est un acteur important de la formation en alternance et de l’apprentissage en France et en Allemagne, organise sa huitième Journée de la formation professionnelle et de l’apprentissage, il est plus urgent que jamais d’attirer l’attention des entreprises, des jeunes et de leurs familles sur les opportunités et les possibilités de la formation professionnelle, surtout à un stade précoce.

Dans les lycées en France, de nombreuses offres sont proposées, qui concernent la formation académique dans les universités et les grandes écoles. Malheureusement, l’information proposée en ce qui concerne la formation professionnelle et la formation en alternance est beaucoup trop limitée. Il est important d’insister sur le fait qu’il n’y a pas de cursus meilleur que l’autre entre la formation professionnelle et de l’enseignement académique, même si beaucoup de parents, d’élèves, d’enseignants et de directeurs d’académie croient encore que l’enseignement académique est le seul moyen de réussir une carrière professionnelle et d’obtenir un emploi sûr.

Il existe de nombreux exemples de diplômés qui ne terminent pas leurs études et choisissent la voie de la formation professionnelle. Il est donc important de souligner qu’il n’y a pas de bon chemin et que la formation professionnelle et en alternance peut être parfaitement combinée avec la formation académique. Avec plus de 500 000 contrats d’apprentissage en 2020, la France a réalisé une progression spectaculaire grâce aux nombreuses mesures de soutien de l’État. Ajouter une dimension franco-allemande à ces formations est un plus, dont peuvent attester les nombreux jeunes qui travaillent aujourd’hui dans des entreprises franco-allemandes. La voie est tracée, n’attendons pas pour l’emprunter !

Patrick Brandmaier est directeur général de la Chambre franco-allemande de commerce et d’industrie.

PL : La suppression de l’ avantage fiscal sur le gazole va favoriser les pavillons étrangers

PL : La suppression de l’ avantage fiscal sur le gazole va favoriser les pavillons étrangers

 

 

Les députés avaient déjà voté la suppression de la vente des poids-lourds à énergies fossiles en 2040. Dès 2030 , ils vont supprimer l’avantage fiscal spécifique sur le gasoil. Résultat comme c’est une mesure franco-française, ce sont surtout les pavillons étrangers notamment de l’Est de l’Europe qui seront les grands bénéficiaires de ces mesures. En effet le marché routier est européen et permet notamment à tous les pavillons étrangers via le cabotage d’intervenir massivement sur le marché français. Le pavillon français est tellement en  position délicate qu’il a pratiquement disparu du champ international. Les députés ont donc  programmé samedi 10 avril la suppression d’un avantage fiscal sur le gazole routier à l’horizon 2030, malgré les mises en garde de la droite sur ses conséquences sur le secteur du transport routier, lors de l’examen du projet de loi « climat ».

L’Assemblée nationale a largement adopté cette mesure par 73 votes pour, six contre et neuf abstentions. La majorité souhaite ainsi donner un coup d’accélérateur au renouvellement des flottes de poids lourds au bénéfice de camions roulant à l’hydrogène, au bio-gaz ou au bio-diesel. Avec un horizon: la fin de la vente des poids lourds à « énergie fossile » en 2040 voté dans l’hémicycle.

Pour la droite, cet objectif pour 2030 relève du voeu pieux et risque d’avoir de sérieuses conséquences tant sociales qu’économiques sur un pavillon français déjà fragilisé par le dumping issu très majoritairement des pays de l’Est.

Favoriser l’économie circulaire avec le recyclage (Citéo)

Favoriser l’économie circulaire avec le recyclage (Citéo)

 

Le président de Citéo, JEAN HORMAIN,  entame un tour de France et commence par la région la plus écolo dans ce domaine à savoir la région grand est (notamment Alsace Lorraine) où 25 % des ‘emballages sont  recyclés, et avec 84,6 % des tonnages recyclés localement en 2016, « une performance de recyclage supérieure de 16 % à la moyenne nationale ».

 

JEAN HORMAIN - Quels sont les objectifs de Citéo ?

LA TRIBUNE - Citeo a trois objectifs essentiels : accompagner les industriels au stade de l’éco-conception, inciter le grand public à trier les emballages et le papier, et mettre en œuvre le dispositif qui permet d’installer des structures de collecte et des centres de tri. Il y en a 200 en France. 68 % des emballages sont recyclés en France. Pour le papier, nous sommes à 55 %. Il y reste des progrès à réaliser sur les plastiques et, de manière générale, dans les villes. 30 % des ordures ménagères sont encore mises en décharge. C’est inacceptable.

Quel est l’objectif de vos ateliers régionaux ?

Nous démarrons dans le Grand-Est, vitrine de l’économie circulaire en France. L’éco-conception est déjà en marche dans cette région. Les barquettes de jambon Herta passent au mono-matériau, elles sont réalisées en PET. C’est plus facile à recycler. Les étiquettes sur les bouteilles Heineken (brassées à Schiltigheim, Bas-Rhin, Ndlr.) sont désormais recyclables avec le verre. Ces initiatives doivent être valorisées. Nous voulons porter un message : les entreprises qui pourront prospérer seront celles qui ont une politique de responsabilité sociétale. Les actions dont nous faisons la promotion n’ont rien à voir avec le « Greenwashing« . Les entreprises nous mettent une pression colossale.

Quelle est la cible de vos ateliers ?

Les grandes décisions sont nationales mais l’initiative, l’énergie, la collaboration se situent au niveau des territoires. C’est un jeu totalement collectif : nous nous adressons aux collectivités territoriales, aux entreprises, aux associations, aux recycleurs, aux industriels fabricants d’emballages, aux citoyens. Ils forment un ensemble dont nous sommes le coeur.

Agriculture : variable d’ajustement pour favoriser les échanges d’autres biens et services

Agriculture : variable d’ajustement pour favoriser les échanges d’autres biens et services

 

Comme souvent les intérêts des grands multinationales sont privilégiés dans les négociations commerciales, à la fin vient seulement la question agricole qu’on sacrifie pour vendre les produits phares de la France (Avions, matériel militaire, télécom, BTP, services) « . La profession agricole est par exemple en « désaccord profond » avec Emmanuel Macron à propos des négociations commerciales entre l’UE et les pays du Mercosur, qui menacent 20 à 25.000 exploitations en France, a lancé la présidenet de la FNSEA, Christiane Lambert,  au micro de BFM/RMC. La France « risque de perdre 20 à 25.000 exploitations » si l’Europe signe ces accords, a estimé, Christiane Lambert. Elle compte « redire samedi au président les risques qu’il fait prendre à l’agriculture française » lors de l’inauguration du salon à Paris. « Nous exprimerons jusqu’au bout notre désaccord (.) et nombre sont les consommateurs et les associations qui nous disent qu’ils sont à nos côtés » a-t-elle ajouté. La responsable s’inquiète particulièrement de l’absence de toute « garantie sanitaire » sur les quotas d’importation de viande brésilienne, argentine, uruguayenne ou paraguayenne qui seraient concédés par Bruxelles aux quatre pays de Mercosur afin de parvenir à un accord commercial global comprenant aussi les autres productions agricoles, l’industrie, les services etc. « L’agriculture a vraiment le sentiment d’être la variable d’ajustement d’autre chose » a ajouté la responsable.  Elle dit ne pas comprendre « l’obstination » de l’exécutif de faire entrer en Europe de la viande qui sera « à un prix inférieur de 30% » à celle produite en France, car issue d’animaux qui mangent des farines animales interdites en France, et qui ont grandi avec des accélérateurs de croissance et autres substances non utilisées en Europe. « Ce n’est pas notre choix de faire cet accord (…) Le président a dit qu’il voulait cet accord. C’est sa responsabilité », a-t-elle conclu. Emmanuel Macron est prévenu, les agriculteurs l’attendent de pied ferme.

Réfugiés : « favoriser l’accueil est stupide « (Ephrem Azar)

Réfugiés : « favoriser l’accueil est stupide « (Ephrem Azar)

Une voix un peu discordante, celle d’un Irakien qui considère que favoriser l’accueil des réfugiés est stupide et qui pense que les États-Unis comme l’Europe ont une lourde responsabilité dans la déstabilisation politique des pays en conflit. Dans une interview à France Info un Frère dominicain irakien considère que cette politique des pays occidentaux sert en effet l’opération d’épuration menée par l’État islamique. Il livre son analyse de la situation sur place et des réponses, inadéquates selon lui, de l’Occident face à la crise des migrants.   »Ce que l’Occident propose aujourd’hui est complètement stupide et naïf. Il ne faut pas entrer dans la pitié dangereuse et dans la sensiblerie des gens. C’est vrai, le peuple français est très généreux, j’en suis témoin, et les gens vont ouvrir leurs portes. Mais est-ce une solution ? » « Il faut avoir du discernement et comprendre les causes de cette crise, notamment en Syrie et en Irak. Sur place, nous avons en face de nous Daech et d’autres islamistes qui vont dire : ‘Puisque l’Occident chrétien vous accueille, allez-y. Ils vous ouvrent les bras, allez-y… et ce pays n’est plus le vôtre. Il y a aussi un appauvrissement total de ce pays, parce que ceux qui partent, ce ne sont pas seulement malportants et les pauvres, c’est aussi toute la richesse intellectuelle, sociale, qui avait beaucoup de talent et de qualifications« . Mais alors, comment éviter le départ massif vers l’Occident de milliers de personnes qui sur place vivent l’horreur et la guerre, sans perspective d’avenir ?… Selon Ephrem Azar, il faut d’abord commencer par « favoriser la dignité » là où c’est possible, notamment dans les camps en Jordanie et au Liban voisins, et en Irak. « Il faut créer des écoles, des dispensaires, un orphelinat et des emplois sur place« , explique-t-il. C’est un des objectifs de l’association Entre deux rives, La passerelle France-Orient, association de dialogue interculturel et interreligieux, dont il est le président.   »On est en train de travailler pour construire une école, un orphelinat et un dispensaire au Kurdistan » qui accueille les réfugiés. C’est un moyen d’encourager les populations à rester sur place. Ceux qui ont créé ce chaos, que ce soient les Américains et les Européens, doivent « remanier leur politique aujourd’hui sur le terrain », estime Ephrem Azar. Car cette crise profonde n’est pas nouvelle, souligne l’historien des religions. « Elle remonte à 1979, avec l’échec des idéologies« .

 

Hilary Clinton il fautafavoriser la croissance en Europe

Hilary Clinton il faut favoriser  la croissance en Europe

La secrétaire d’Etat Hillary Clinton a déclaré à Washington devant les membres de la Brookings Institution, un groupe de réflexion, que les Etats-Unis comptaient sur l’Europe.   »La zone euro glisse de nouveau dans la récession alors que des politiques d’austérité se mettent en place. Donc il est vital pour l’économie mondiale dans son ensemble que les dirigeants européens adoptent des politiques qui mettent en avant une croissance suffisante et créent des emplois », a dit Mme Clinton.  On fait tellement de choses à travers le monde qui dépendent de la force de notre économie: fournir des moyens de défense, investir sur des marchés émergents ou offrir des aides au développement », a-t-elle dit.   »Et il ne peut y avoir de plus grande menace pour notre sécurité et notre partenariat transatlantique qu’une économie faible sur un ou des deux côtés de l’Atlantique », a-t-elle encore affirmé.   »Si nous voulons renforcer nos liens économiques, nous devons chacun construire des fondations solides chez nous. Pour les Etats-Unis cela implique de faire des choix politiques difficiles: il faut investir pour notre compétitivité et il faut régler nos problèmes fiscaux », a-t-elle conclu.  Pour la deuxième fois en trois ans, la zone euro est entrée en récession au troisième trimestre, au moment où la contestation monte contre l’austérité, accusée d’être responsable de l’aggravation de la crise.

 




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