Archive pour le Tag 'favorable'

Emploi : amélioration au second trimestre mais tendance moins favorable pour l’avenir

Emploi : amélioration au second trimestre mais tendance moins favorable pour l’avenir

Les créations d’emplois dans le privé ont accéléré au deuxième trimestre soutenues par le tourisme

Le secteur privé a enregistré 102.500 créations nettes d’emplois entre fin mars et fin juin 2022. Une « surprise » pour les économistes au regard du contexte économique difficile que traverse la France. Cette performance est, en partie, due au rebond du tourisme qui favorise l’activité du secteur tertiaire marchand.

Selon l’Insee  secteur privé a enregistré 102.500 créations nettes d’emplois entre fin mars et fin juin 2022. Cette augmentation de 0,5% est supérieure à celle du premier trimestre 2022 (+0,3%, soit 69.500 emplois en plus). L’emploi privé dépasse son niveau d’avant-crise, fin 2019, avec 754.200 emplois en plus (+3,8%).

.Cette progression peut s’expliquer par le rebond de l’activité touristique en France. Le tertiaire marchand affiche ainsi une hausse de 0,8% du nombre d’emplois supplémentaires (+97.300 emplois), après une hausse de 77.300 emplois au premier trimestre (+0,6%). « Ce dynamisme explique l’essentiel de la hausse totale de l’emploi salarié privé », note l’Insee. À noter toutefois la tendance baissière dans l’intérim qui constitue un indicateur global de l’évolution de l’emploi

L’intérim, en effet,  poursuit sa baisse amorcée au premier trimestre 2022. Alors qu’il connaissait une forte hausse au sortir du confinement du printemps 2020, il recule de 2,1% au deuxième trimestre 2022 (-17.400) bien qu’il « demeure supérieur à son niveau d’avant-crise », rappelle l’Insee. «

L’emploi industriel augmente légèrement avec la création de 3.100 emplois (+0,1%). Une hausse insuffisante pour rattraper le niveau d’avant crise sanitaire. Le secteur de la construction est stable, avec un niveau de l’emploi salarié privé identique au début de l’année 2022, et largement supérieur à celui atteint fin 2019 (+6,2%, soit 91.600 emplois en plus). Enfin, l’emploi salarié privé dans le tertiaire non-marchand augmente plus nettement, de 0,7% (+19.500 emplois), confirmant là aussi la hausse constatée lors du premier trimestre (de +7.600 emplois, soit 0,3%).

Malgré les difficultés liées à la crise sanitaire et désormais à la guerre en Ukraine qui a provoqué une forte inflation, l’emploi continue donc de se maintenir en France. Parallèlement à l’emploi privé qui grimpe, le taux de chômage poursuit sa baisse. Il a, ainsi, légèrement diminué au deuxième trimestre. Le nombre de chômeurs de catégorie A a enregistré un recul de 0,8% en France (hors Mayotte) au deuxième trimestre, soit 26.900 inscrits en moins, à 3,165 millions, soit une baisse sur un an de 15,1%, selon les chiffres publiés mercredi par la Direction des statistiques du ministère du Travail (Dares). La décrue semble toutefois ralentir, si l’on compare ces derniers chiffres à la forte diminution enregistrée lors de précédents trimestres. En cause évidemment le ralentissement de la croissance notamment à partir de 2023.

 

Un contexte favorable à une relance de l’Europe

Un contexte favorable à une relance de l’Europe

Pour l’Union européenne, la pandémie et la guerre en Ukraine actent un changement d’époque qui pourrait la transformer. Un changement qui est le fruit d’un contexte politique européen propice aux réformes et de l’apparition de nombreux défis géopolitiques et macroéconomiques auxquels l’Europe est la mieux à même d’apporter une réponse. Par Simon-Pierre Sohier et Victor Warhem, Centre de Politique Européenne (cep) Paris (1).( La Tribune)

 

« L’Union européenne, au même titre que l’Allemagne, vit un changement d’époque. C’est pourquoi nous allons la réformer », assurait Olaf Scholz, le 15 mai 2022, devant le Bundestag.

Pour l’Union, la pandémie et, plus encore, la guerre en Ukraine actent une « Zeitenwende » – un changement d’époque – qui pourrait la changer de fond en comble. Ce changement est le fruit d’un contexte politique européen propice aux réformes et de l’apparition de nombreux défis géopolitiques et macroéconomiques auxquels l’Europe est la mieux à même d’apporter une réponse.

Politiquement, l’année 2022 offre une constellation réformiste inédite, avec des gouvernements favorables à une réforme de l’Union dans ses pays les plus puissants : l’Allemagne, l’Italie et la France.

Cette constellation s’appuie tout d’abord sur la nouvelle coalition au pouvoir en Allemagne, regroupant socio-démocrates, verts et libéraux, et dont le « Koalitionsvertrag » (contrat de coalition) de novembre 2021 s’intitule « Mehr Fortschritt wagen » (Oser plus de progrès), un contraste saisissant après 16 ans de politiques à dominante conservatrice. Dans ce programme, il est fait état du souhait de la coalition de soutenir une fédéralisation européenne accrue, pour faire de l’Union une entité « stratégiquement » plus souveraine, et dont les missions premières seraient la digitalisation, la transition écologique, et la préservation de la démocratie.

La coalition réformiste européenne s’appuie également sur le maintien de Mario Draghi au poste de Premier ministre, alors qu’il fut un temps pressenti pour devenir président de la République italienne en début d’année. Son rôle international s’est affirmé ces derniers mois, s’agissant tant des réponses à apporter à l’invasion russe en Ukraine – il a été l’instigateur du gel des avoirs européens et américains de la banque centrale russe – que celles à apporter au projet européen, avec notamment un soutien aux proposition de réformes de l’Union ainsi qu’un soutien à la candidature ukrainienne.

Enfin, la coalition réformiste peut exister dans la durée grâce à la réélection du Président Emmanuel Macron, dont l’agenda européen, axé sur l’idée de « souveraineté » depuis ses débuts avec le discours de la Sorbonne de 2017, devrait être au cœur de son deuxième mandat, comme il l’a précisé le 9 mai dernier au Parlement européen de Strasbourg dans ce qu’il a lui-même appelé le « Serment de Strasbourg ». Au cours de ce discours, il a fait deux annonces importances : il a tout d’abord soutenu la création d’un nouvel échelon d’intégration moins exigeant que l’Union elle-même, qu’il a voulu nommer « Communauté politique européenne ». Cette communauté permettrait aux futurs prétendants de se préparer à l’adhésion à l’Union (Ukraine, Géorgie, Moldavie, etc.) mais aussi aux sortants de maintenir des liens forts avec elle (Royaume-Uni, Groenland). Cette proposition rejoint le souhait de la coalition allemande de protéger les démocraties européennes face aux autoritarismes, notamment russe et chinois. Deuxièmement, le Président Macron a aussi défendu la tenue d’une nouvelle convention européenne afin de négocier une réforme des traités européens et ainsi accroitre la flexibilité des institutions. Néanmoins, la défense de ce programme sur la scène européenne tient à l’obtention d’une majorité en sa faveur à l’Assemblée nationale le 19 juin prochain, ce qui pour l’heure est plus que jamais incertain.

Dans quel contexte économique cette constellation politique s’installe-t-elle ? Compte tenu de l’inflation persistante du prix des matières premières, ainsi que des effets récessifs des sanctions contre la Russie dans le contexte de la guerre en Ukraine, la Commission européenne a réduit ses prévisions de croissance de 4 % à 2,7 % pour 2022. Cet affaiblissement de l’économie européenne, associé à un resserrement attendu de la politique de la Banque centrale européenne (BCE), pourrait créer de nouvelles tensions sur les taux souverains, et donc sur la soutenabilité des dettes publiques, du sud de la zone euro – en plus d’engendrer de nouvelles difficultés pour les États membres qui doivent se détourner de l’approvisionnement énergétique russe.

Dès lors, où ce « moment européen » peut-il nous mener ? Après deux années de pandémie, qui ont entraîné une forte augmentation des ratios d’endettement public européens, alors que la croissance économique semble encore s’éloigner en 2022, et que la guerre en Ukraine se poursuit, le moment est venu de réfléchir à une nouvelle « consolidation » européenne, notamment en termes fiscaux, énergétiques et militaires.

Une consolidation fiscale européenne pourrait prendre corps dans la création d’une nouvelle Agence européenne de la dette – instrument proposé par les experts chargés de réfléchir à la réforme du Pacte de Stabilité et de Croissance pour les gouvernements italiens et français -, qui gérerait notamment celle contractée par les États membres pendant la pandémie et la grande crise financière. Elle pourrait également correspondre à l’adoption de ressources fiscales supplémentaires, comme un fonds de relance « NGEU 2.0 » – faisant suite à celui négocié dans le cadre du covid-19 -, financé par les États-Membres, de nouvelles ressources propres européennes, et de la dette commune. Dans les deux cas, il s’agit d’accroitre la mutualisation des ressources fiscales, rapprochant l’Union du « moment hamiltonien », saut fédéral fiscal qui équivaudrait à faire de l’Union un véritable État fédéral, comme pour les États-Unis en 1789.

S’agissant de la consolidation énergétique, la Commission appelle aujourd’hui les États membres à puiser dans les fonds obtenus via le NGEU pour mettre en œuvre leur plan d’indépendance vis-à-vis de l’énergie russe, REPowerEU. Néanmoins, pour accélérer la transition énergétique et participer à la mise sur pied d’une véritable résilience énergétique européenne, la Commission espère de nouveaux investissements publics – c’est-à-dire de nouvelles ressources qu’il reste à négocier – et privés. Pour éviter d’alourdir encore le fardeau de la dette qui pèse sur les États membres, un NGEU 2.0 pourrait se charger de réduire les coûts en mutualisant certaines ressources destinées à ces investissements. Il convient de penser en parallèle une nouvelle organisation européenne de production et d’approvisionnement énergétique, alors que la guerre en Ukraine a montré que cela été possible. La Commission, chargée de négocier les contrats d’approvisionnement en gaz pour les 27 – elle a déjà négocié un accord avec les États-Unis pour des livraisons de gaz naturel liquéfié (GNL) et continue ses négociations avec les fournisseurs de gaz moyen-orientaux -, pourrait en parallèle instaurer une institution dont l’objectif serait de maximiser l’interopérabilité des systèmes énergétiques européens.

S’agissant de la consolidation sur le volet militaire, elle est plus que jamais possible, compte tenu tout d’abord de l’engagement pris par le Chancelier allemand Olaf Scholz à élever à 2% du PIB durablement les dépenses de défense, mais aussi de la révocation de l’exemption danoise de participation aux politiques de défense européennes suite au référendum sur le sujet (66,9% des voix en faveur de la révocation), et de la volonté finnoise et suédoise de finalement rejoindre l’Otan. En parallèle du respect de la cible otanienne des 2% du PIB, les 27 devraient saisir cette conjonction pour approfondir leurs programmes industriels militaires communs, alors qu’une réélection de Donald Trump en 2024 pourrait de nouveau affaiblir le lien transatlantique. Lors de son « Serment de Strasbourg », le président Macron a aussi affirmé défendre un rapprochement des politiques de défense nationale dans l’Union, en concordance avec les objectifs de l’OTAN, mais dans un cadre différent.

Néanmoins, si ces sujets sont prioritaires, il ne faut pas oublier que de nombreux autres domaines d’intégration européenne sont largement ouverts à approfondissement : établissement d’un « modèle de croissance européen » fondé sur des champions industriels communs, une croissance du marché intérieur à l’heure où le monde se fragmente, et une orientation des investissements vers la transition écologique et le digital ; approfondissement de l’Union européenne de la santé avec l’établissement d’une plateforme d’échange de données de santé entre les États membres ; réforme de l’espace Schengen ; finalisation de l’Union bancaire et des marchés de capitaux ; etc.

Après le 19 juin, si le gouvernement français obtient une majorité de plus de 289 sièges à l’Assemblée nationale, nous pourrons pleinement prendre la mesure du moment européen. L’été sera à la réflexion, mais l’automne sera très certainement à l’action. L’Union pourrait accélérer, et s’affirmer de plus en plus comme puissance dans un monde dominé par la confrontation entre les États-Unis et la Chine.

____

Le Centre for European Policy Network, basé à Berlin, Fribourg, Paris et Rome, participe aux débats européens.

Simon-Pierre Sohier, Victor Warhem et Marc Uzan

Entrée de l’Ukraine dans l’union économique : Von der Leyen favorable

Entrée de l’Ukraine dans l’union économique : Von der Leyen favorable

 

La réponse favorable de la présidente de la commission européenne à l’entrée de l’Ukraine dans l’union européenne répond à des objectifs économiques mais aussi politiques.

 

L’union économique européenne a en effet un devoir de solidarité entre les membres. On peut d’ailleurs le vérifier actuellement avec le plan de soutien militaire de l’union à l’Ukraine.

Par ailleurs,  cette adhésion pourrait juridiquement être nettement moins contestée par Poutine. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a donc déclaré qu’elle était favorable à une adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne (UE).

« À long terme, ils sont avec nous en fait. Ils sont des nôtres et nous les voulons avec nous », a déclaré von der Leyen dans une interview à Euronews dimanche, rapporte le service allemand de l’agence Reuters.

Von der Leyen s’est exprimé après que l’UE et ses 27 États membres ont décidé de fournir des armes à l’Ukraine – une première dans l’histoire de la communauté internationale.

Le rattachement immédiat va cependant se heurter à un certain nombre d’obstacles à commencer par l’organisation interne ukrainienne, ensuite par la situation de guerre enfin par la différence de niveau économique. Des étapes intermédiaires seront nécessaires avant l’adhésion. Du coup la clause de défense mutuelle de l’union économique ne pourra être déclenchée.

Et de fait, cette Clause de défense mutuelle, inscrite à l’article 42 paragraphe 7 du Traité de l’Union européenne (TUE), a été introduite en 2009 avec le traité de Lisbonne. Elle stipule que les pays de l’Union européenne sont obligés d’aider un État-membre si celui-ci est l’objet « d’une agression armée sur son territoire ». 

Il faudra sans doute plusieurs années pour que l’Ukraine puisse bénéficier de cette clause de défense et parvenir à adhérer à l’union européenne. En attendant, l’union européenne peut décider d’un soutien significatif notamment militaire, ce qu’elle fait actuellement . Des armes de toute nature sont en effet en cours d’acheminement vers l’Ukraine y compris des avions de combat.

Éoliennes : une majorité favorable mais chez les autres !

Éoliennes : une majorité favorable mais chez les autres !

D’après un sondage de  l’Ifop et Le Journal du Dimanche  54% Sont favorables aux éoliennes, contre 46% qui ne se déclarent pas favorables à une telle démarche.

 Il est d’ailleurs remarquable de constater que l’opinion des habitants de l’agglomération parisienne et des communes urbaines est majoritairement acquise au déploiement d’éoliennes (57 à 60%), contrairement à celle des personnes vivant dans les communes rurales (43%).

Mais selon un sondage Odoxa-Backbone Consulting, réalisé pour Le Figaro,  ce sont 17 points d’opinion positive qui ont été perdus par l’éolien tandis que parallèlement le nucléaire a gagné 17 points. Pour la première fois, une majorité de Français (51 %) a une vision positive du nucléaire.

Non seulement l’éolien ne plaît pas à tout le monde, mais son image s’est nettement dégradée en quelques années, contrairement à celle du nucléaire qui ne cesse de s’améliorer. En décembre 2019, seuls 39% des Français approuvaient cette énergie aujourd’hui fortement contestée. Ils sont désormais 51%.

Le nucléaire est notamment perçu par la population comme étant plus efficace sur le plan énergétique. Ce serait également une source d’énergie sur laquelle la France est le plus en avance sur ses voisins. Enfin, l’impact du nucléaire sur la beauté des paysages est perçu comme moindre que celui des éoliennes.

 

Bref une légère majorité en faveur des éoliennes mais une même majorité pour qu’elles soient chez les autres notamment chez les « bouseux ».

Éoliennes : une majorité favorable mais pas chez les autres !

Éoliennes : une majorité favorable mais chez les autres !

D’après un sondage de  l’Ifop et Le Journal du Dimanche  54% Sont favorables aux éoliennes, contre 46% qui ne se déclarent pas favorables à une telle démarche.

 Il est d’ailleurs remarquable de constater que l’opinion des habitants de l’agglomération parisienne et des communes urbaines est majoritairement acquise au déploiement d’éoliennes (57 à 60%), contrairement à celle des personnes vivant dans les communes rurales (43%).

Mais selon un sondage Odoxa-Backbone Consulting, réalisé pour Le Figaro,  ce sont 17 points d’opinion positive qui ont été perdus par l’éolien tandis que parallèlement le nucléaire a gagné 17 points. Pour la première fois, une majorité de Français (51 %) a une vision positive du nucléaire.

Non seulement l’éolien ne plaît pas à tout le monde, mais son image s’est nettement dégradée en quelques années, contrairement à celle du nucléaire qui ne cesse de s’améliorer. En décembre 2019, seuls 39% des Français approuvaient cette énergie aujourd’hui fortement contestée. Ils sont désormais 51%.

Le nucléaire est notamment perçu par la population comme étant plus efficace sur le plan énergétique. Ce serait également une source d’énergie sur laquelle la France est le plus en avance sur ses voisins. Enfin, l’impact du nucléaire sur la beauté des paysages est perçu comme moindre que celui des éoliennes.

 

Bref une légère majorité en faveur des éoliennes mais une même majorité pour qu’elles soient chez les autres notamment chez les « bouseux ».

Une politique climatique est favorable à l’emploi

 Une politique climatique est favorable à l’emploi

 

La sociologue Dominique Méda montre, dans une tribune au « Monde », que le changement de modèle économique qu’exigent les crises environnementale et sociale actuelles créera plus d’emplois qu’il n’en détruira.(extrait)

 

 

 

Tribune.
 Le XIXe siècle avait produit une condition ouvrière misérable, mais aussi son antidote : une profusion d’utopies sur le travail, dont témoignent les innombrables projets de phalanstères, d’ateliers sociaux ou de communautés de « producteurs associés ». Depuis, les conditions de travail se sont considérablement améliorées – même si, en France, la moitié des actifs associent travail et mal-être. En revanche, toute trace d’utopie a disparu. Au contraire, l’espace public est saturé de prédictions anxiogènes et d’annonces glaçantes : disparition de l’emploi sous les coups de l’automatisation, fin des professions, polarisation accrue… Tout se passe comme si nous n’avions pas notre mot à dire et comme si toutes les innovations technologiques susceptibles d’augmenter le profit de quelques-uns et de détruire l’emploi de tous devaient être adoptées coûte que coûte. 

Cette doxa occulte surtout l’absolue priorité qui devrait désormais être la nôtre : engager au plus vite nos sociétés dans la reconversion écologique et reconstruire de fond en comble notre économie. Les guerres, rétorquera-t-on, ont été les seuls moments où des restructurations massives ont pu être engagées. Certes, mais nous sommes bien en guerre contre le réchauffement climatique et nous avons peu de temps pour reconvertir notre économie. Prendre cette menace au sérieux et s’engager dans cette voie dessine paradoxalement un tout autre paysage pour l’avenir du travail.

La mise en œuvre d’un tel scénario exige un certain nombre de conditions : rompre avec l’obsession de la croissance (mais pas avec les activités utiles mises au service de la satisfaction des besoins essentiels de tous) ; encadrer notre production dans des limites sociales et environnementales strictes traduites dans quelques indicateurs (empreinte carbone, indice de bio-diversité, indice de santé sociale) ; investir massivement pendant au moins vingt ans dans la rénovation thermique des bâtiments, les infrastructures ferroviaires, cyclables et fluviales, mais aussi la santé, l’éducation et la recherche ; faire de l’Etat le chef d’orchestre intelligent d’une planification souple intégrant les territoires ; développer la dimension emploi des scénarios issus de la Stratégie nationale bas carbone.

A toutes les étapes et dans toutes les variantes de ce scénario, nous aurons besoin de plus de travail humain : d’une part parce que les secteurs dont la production doit être réduite emploient moins de main-d’œuvre que ceux qui doivent être développés, mais aussi parce que nous devrons réduire le recours à des adjuvants chimiques et mécaniques générateurs de pollution et consommateurs d’énergie. Certes, il y aura des suppressions d’emplois – dont l’ampleur et les conséquences dépendront des choix collectifs que nous ferons. Mais dans tous les cas, nous assisterons de façon quasi certaine à une forme d’« d’antidéversement » – Alfred Sauvy parlait de « déversement » des emplois du secteur primaire dans le secondaire puis le tertiaire à mesure de l’augmentation des gains de productivité – et à de nombreuses créations d’emplois dans l’agriculture, le bâtiment, les travaux publics et l’énergie.

Nucléaire : au bord de l’asphyxie, l’Iran favorable à la reprise des négociations

Nucléaire : au bord de l’asphyxie, l’Iran favorable à la reprise des négociations

 

Il est clair que l’Iran est au bord de l’asphyxie économique qui s’ajoute à une crise économique majeure sur fond de dictature islamiste.

L’Iran a un urgent besoin de redonner du souffle à une économie complètement affaiblie et qui ne parvient même pas à tirer profit de ses ressources pétrolières. L’Iran va demander en priorité la suppression des sanctions économiques décidées par les États-Unis qui bloquent son développement et crée de nombreux troubles sociaux. Sans parler d’une crise sanitaire non maîtrisée.

Il faut vraiment que l’économie se trouve dans un piteux état pour que le nouveau président très radical de l’Iran en vienne presque à quémander une reprise des négociations.

«Nous examinons actuellement les paramètres des négociations de Vienne et très bientôt les négociations de l’Iran» avec les autres pays encore membres de l’accord (Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) «reprendront», a-t-il dit lors d’une conférence de presse à New York en marge de l’Assemblée générale de l’ONU. Téhéran est en faveur d’une «négociation constructive qui conduise à des résultats tangibles et vérifiables», a-t-il assuré. La grande question qui se pose pour l’Iran et le savoir quelles sont exactement ses intentions en matière de développement nucléaire et de ce point de vue en dépit des affirmations ira mienne les interrogations demeurent.

 

Interrogé sur la raison pour laquelle l’Iran, dans sa rupture d’engagements, a décidé d’enrichir de l’uranium à 60%, le rapprochant du seuil permettant de fabriquer une bombe nucléaire (90%), ce responsable a souligné que son pays en avait besoin pour la «propulsion nucléaire» et cité en exemple le récent accord conclu entre les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie pour doter ce dernier pays de sous-marins à propulsion nucléaire. «Notre programme nucléaire est complètement pacifique», a répété ce responsable.

Vaccination obligatoire : la Fédération hospitalière de France favorable

Vaccination obligatoire : la Fédération hospitalière de France favorable

Après la Haute autorité pour la santé (HAS), c’est la fédération hospitalière de France qui se prononce pour la vaccination obligatoire dont la compréhension et la lisibilité sont nettement supérieures à celles du pass. Face au variant Delta, le président de la Fédération hospitalière de France (FHF), qui porte la voix des hôpitaux et des Ehpad publics, appelle donc à passer à la vitesse supérieure et à décréter l’obligation vaccinale générale contre le Covid-19. « Partout, les indicateurs repartent à la hausse : le contexte épidémique nous montre les limites des mesures intermédiaires. »

Pointant « la rapidité inédite de cette quatrième vague », celui qui est également maire (Agir) de Fontainebleau enjoint le gouvernement à « assumer ce cap de l’obligation avec volontarisme ».

Pour Frédéric Valletoux, il y a là un enjeu de lisibilité : « C’est une mesure simple, claire et efficace, quand la mise en œuvre du passe s’annonce, elle, d’une complexité rare, notamment dans les hôpitaux pour tracer une frontière entre les patients pour lesquels il sera demandé à l’entrée, et les autres. »

Accord de Paris : un retour des Etats-Unis pas forcément favorable au climat

Accord de Paris : un retour des Etats-Unis pas forcément favorable au climat

François Gemenne, chercheur en science politique, spécialiste du climat et des migrations, à l’université de Liège explique dans le JDD pourquoi le retour des Etats-Unis dans l’Accord de Paris sur le climat pourrait aussi compliquer la donne.

 

Tribune :

En juin 2017, Donald Trump annonçait la sortie des Etats-Unis de l’Accord de Paris. La nouvelle, attendue par la plupart des observateurs, inaugurait une longue liste de processus multilatéraux dont Washington allait progressivement se retirer. Le 4 novembre 2020, au terme du délai légal de trois ans nécessaire à leur sortie, les Etats-Unis se retiraient formellement de l’Accord. Dès le lendemain, Joe Biden annonçait que sa première décision en tant que président serait d’y faire revenir son pays.

La nouvelle était accueillie avec enthousiasme partout dans le monde – l’ancienne secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations unies sur le Changement climatique (CCNUCC), Christiana Figueres, en fonction au moment de la signature de l’Accord de Paris, se filmait même en train de faire des bonds de joie dans son salon.

L’élection de Joe Biden est indéniablement une excellente nouvelle pour la coopération internationale contre le changement climatique. Sous Barack Obama, les Etats-Unis s’étaient engagés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 26 à 28% sous leur niveau de 2005 d’ici 2025 : la présidence de Donald Trump, marquée par quatre années de déni du changement climatique et de soutien aux énergies fossiles, les a considérablement éloignés de cet objectif, qui semble aujourd’hui hors d’atteinte.

Joe Biden a quant à lui proposé un plan de 2.000 milliards de dollars d’investissements dans les énergies renouvelables et les infrastructures peu carbonées, avec un objectif de neutralité carbone d’ici 2050. Au-delà des actions engagées sur le plan domestique, on peut également s’attendre à un soutien financier renouvelé à la recherche sur le climat, que ce soit à la NASA ou au GIEC, dont les financements avaient été sérieusement amputés par l’administration Trump.

Et la décision de revenir dans l’Accord de Paris au premier jour de la présidence de Joe Biden, qui pourrait prendre effet dès le 20 février 2021, serait évidemment un signal très fort en faveur du multilatéralisme, qui avait été balayé par le précédent président. Le retour des Etats-Unis permettrait à l’Accord de Paris de retrouver son caractère universel, qui constituait la pierre angulaire de celui-ci – seuls les Etats-Unis, sur les quelque 200 pays qui avaient signé l’Accord, s’en étaient retirés.

Surtout, on peut imaginer que le retour américain incite d’autres pays à revoir à la hausse leurs ambitions dans la lutte pour le changement climatique : la COP26 – qui doit se tenir à Glasgow en novembre 2021 suite à un report d’un an en raison de la pandémie de Covid-19 – devra précisément enregistrer de nouveaux engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour 2030, et seuls 14 pays ont annoncé de tels engagements à ce jour.

Un retour pas forcément gagnant

Mais l’enthousiasme général déclenché par la victoire de Joe Biden nous rend aussi aveugles à des risques liés au retour des Etats-Unis dans l’Accord de Paris. Ce sont ces risques que je voudrais mettre en lumière ici.

Rappelons tout d’abord que le but principal de l’Accord de Paris est de fixer un cadre clair et durable à la coopération internationale dans la lutte contre le changement climatique. C’est aussi un signal clair de stabilité qui est envoyé aux marchés et aux entreprises. Les atermoiements liés à la mise en œuvre du protocole de Kyoto, entre 1997 et 2005, avaient considérablement atteint la crédibilité de celui-ci, et retardé les investissements dans l’économie à bas carbone. Il est donc essentiel que l’Accord de Paris bénéficie de la stabilité et de la crédibilité qui avaient tant manqué au protocole de Kyoto.

Avant que Donald Trump ne mette à exécution sa menace de sortir de l’Accord de Paris, une centaine de chefs d’entreprises américaines, y compris certaines parmi les plus polluantes comme Exxon Mobil ou DuPont, avaient écrit au président pour l’exhorter d’y rester : ce que ces entreprises craignaient encore davantage que la contrainte de réduire leurs émissions, c’était l’incertitude et l’instabilité qu’une sortie américaine de l’Accord allait immanquablement générer. C’est ainsi qu’un retour des Etats-Unis, paradoxalement, pourrait aussi affaiblir l’Accord de Paris, en accréditant l’idée que la participation du deuxième émetteur mondial de gaz à effet de serre dépend du résultat de ses élections présidentielles. Une telle dépendance du processus de coopération internationale aux aléas de la politique américaine serait un signal désastreux envoyé aux marchés et aux entreprises.

Ensuite, il est important de souligner que la participation à l’Accord de Paris n’est en rien nécessaire pour décarboner son économie. Aux Etats-Unis, de très nombreux leviers de la lutte contre le changement climatique se trouvent d’ailleurs dans les mains des maires et des gouverneurs – les villes et les Etats fédérés avaient d’ailleurs redoublé d’efforts pour compenser le déficit d’action climatique sous la présidence Trump. Il ne faudrait pas qu’un retour américain dans la coopération internationale soit un trompe-l’œil pour camoufler les faiblesses de l’action fédérale, ce qui risque d’être le cas si les républicains conservent la majorité au Sénat ; d’autant plus que l’Accord de Paris ne prévoit aucune obligation contraignante de réduction des émissions.

 

Il faut enfin rappeler, au risque de passer pour un rabat-joie, que les Etats-Unis n’ont jamais été un moteur des négociations internationales sur le climat – ils n’ont jamais accueilli aucune conférence des parties (COP), par exemple.

Pis encore, l’administration américaine – qu’elle soit démocrate ou républicaine – a souvent tenté de réduire la voilure de l’ambition collective. Ce sont les Etats-Unis, sous administration Clinton, qui ont imposé dans le protocole de Kyoto les mécanismes de marché dont personne ne voulait. Ce sont encore les Etats-Unis, sous administration Obama, qui ont pris la tête du groupe de pays qui ont poussé pour que l’Accord de Paris ne contienne aucune obligation substantielle pour les Etats signataires.

 

La COP26 de Glasgow devra faire montre d’une ambition décuplée pour aligner les engagements des différents pays avec les objectifs de l’Accord de Paris. En septembre de cette année, la Chine a surpris tous les observateurs avec l’annonce unilatérale d’une ambition renouvelée, qui verrait ses émissions de gaz à effet de serre atteindre leur pic en 2030 au plus tard, pour atteindre la neutralité carbone en 2060. Le relèvement des ambitions sera au cœur des négociations pour les prochains mois. Un retour des États-Unis à la table des négociations pourrait brider ces ambitions, une fois dissipé l’enthousiasme de l’élection de Joe Biden.

Il sera difficile, en tout cas, de faire comme si rien ne s’était passé au cours des quatre dernières années.

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

 

Crise sanitaire : un plan de relance surtout favorable aux grandes entreprises

Crise  sanitaire : un plan de relance surtout favorable aux grandes entreprises

Selon une étude de l’Institut des politiques publiques (IPP), publiée lundi et diffusée par le Figaro, le plan de relance va surtout aider les grandes entreprises notamment industrielles.

Ce plan profitera dans une moindre mesure aux commerces, et beaucoup moins aux entreprises de l’hôtellerie-restauration ou des services.

Les auteurs jugent donc «optimiste» la prévision du gouvernement sur l’impact positif de cette mesure sur la croissance à moyen terme, d’autant plus que son financement «n’a pas été pris en compte».

En revanche, l’étude constate que les mesures d’urgence prises depuis mars (chômage partiel, prêt garanti, exonérations de charges, fonds de solidarité) ont bien rempli leur rôle, en ciblant les entreprises les plus fragiles financièrement, celles qui ont pu le moins maintenir leurs salariés en emploi et qui ont subi les plus fortes baisses de chiffre d’affaires.

Par secteur, l’hôtellerie-restauration, les services, les transports et les commerces sont ainsi les plus aidés. En revanche, les auteurs soulignent que ces dispositifs ont aussi «surtout aidé les entreprises petites, peu capitalistiques et peu productives dès avant la crise».

Enfin, selon l’étude, le choc de l’épidémie a eu un impact très inégal sur les revenus des ménages: les plus modestes, parce qu’ils sont notamment les plus susceptibles de travailler dans des secteurs touchés par le Covid-19, ont ainsi été les plus pénalisés. Ils sont aussi moins susceptibles de faire du télétravail et ont les contrats de travail les moins protecteurs (CDD, intérim, etc.)

De ce point de vue, les aides exceptionnelles aux bénéficiaires d’aide sociale et l’allocation de rentrée scolaire, qui ont atteint 173 euros pour les 20% de ménages les plus modestes, ou encore celles pour les indépendants et les petits entrepreneurs, ont permis de compenser en partie leurs baisses de revenus, note l’étude.

Les ménages du milieu de la distribution des revenus ont eux enregistré les pertes les plus importantes (jusqu’à 0,4%), l’indemnité de chômage partiel ne couvrant pas l’intégralité de leur salaire habituel. À l’inverse, les ménages les plus aisés, plus susceptibles de faire du télétravail et donc de conserver leur salaire complet, ont été moins pénalisés par la crise.

Le gouvernement favorable à la limitation à 110 km/h , pourquoi pas à 25 km/h !

Le gouvernement favorable à la limitation à 110 km/h , pourquoi pas à 25 km/h !

Plusieurs ministres se sont prononcés pour cette mesure «à titre personnel»… Mais aucun n’oublie la très vive polémique liée aux 80km/h sur les départementales en 2018.

Après les 80km/h sur les départementales, les 110km/h sur les autoroutes ? La mesure choc fait partie des 150 propositions soumises au gouvernement par les citoyens tirés au sort qui composent la Convention citoyenne pour le climat. Interrogés ce lundi matin sur cette mesure, les ministres concernés sont presque tous allés dans le sens de cette proposition. Sur BFMTV, Élisabeth Borne s’y est par exemple dite favorable «à titre personnel».

«Si on baisse la vitesse, on réduit de 20% l’émission de gaz à effet de serre, c’est donc une mesure efficace pour le climat», a souligné la ministre de la Transition écologique et solidaire. «Mais moi, je ne prends pas tous les matins ma voiture pour faire trente kilomètres», s’est-elle pressée d’ajouter. «Je pense que c’est important de vérifier qu’il y a une adhésion des Français et de ceux qui sont concernés, ce n’est pas mon cas», a-t-elle rappelé.

 «J’ai entendu ce qu’ont dit les Français sur les 80 km/h», a quant à elle prévenu sur Europe 1 Agnès Pannier-Runacher, la secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie. «D’un point de vue personnel, ça ne me pose pas de problème», a-t-elle abondé, tout en rappelant que ces «150 citoyens ne définissent pas la norme». «Ils font des propositions, puis les renvoient aux responsables politiques», a-t-elle souligné, agitant le spectre de 2018. Et pour cause : à l’époque, la limitation sur les départementales avait suscité une vive polémique, et semé les premières graines du mouvement des «gilets jaunes».

D’où la crainte d’une nouvelle limitation qui pourrait remettre le feu aux poudres… Ce qui serait un comble, sachant que la Convention citoyenne avait justement été créée pour répondre aux «gilets jaunes».

Pour apaiser un débat qui s’annonce déjà explosif, le secrétaire d’État aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, a vanté sur RTL «un beau sujet politique» qui «n’est pas une mesure administrative»«Cette restriction de vitesse a trait à l’écologie évidemment, à la sécurité routière, au rapport qu’ont les Français vis-à-vis de leur liberté et donc, de ce point de vue là, ce sont des beaux sujets de démocratie», a-t-il sans rire alors que toute la réglementation française dépend de l’administration et du politique.

 

Rehn (BCE) favorable à la création d’une institution d’actifs pourris

Rehn (BCE) favorable à la création d’une institution d’actifs pourris

Un pas important a été franchi par un représentant du camp des durs du conseil des gouverneurs de la banque centrale européenne qui admet aujourd’hui la possibilité pour la BCE de créer une institution qui recueillerait les actifs pourris(‘high yield’ en langage techno). – Ce changement de position tient au fait de la prise de conscience du danger que représenteraient ces actifs dangereux qui pourraient mettre en péril des banques classiques fragilisées. Tout dépend en définitive de l’importance de la dépression économique et de ses conséquences en termes de défaillance entraînant de fait la croissance d’actifs très dangereux ( bulle immobilière par exemple). Olli Rehn, membre du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, dit avoir un esprit ouvert concernant la possibilité pour l’institution d’étendre ses achats à des obligations d’entreprises récemment tombées en catégorie spéculative.

“En ce qui concerne la possibilité d’acheter des obligations ‘high yield’, c’est quelque chose que l’on peut envisager et je regarde les différentes options avec un esprit ouvert”, a déclaré mardi le gouverneur de la Banque de Finlande.

“Mais nous n’avons pas eu de discussion sérieuse là-dessus et je préfère attendre une première discussion en interne avant de me prononcer publiquement sur le sujet”, a-t-il ajouté.

La BCE a reconnu que les dégradations d’obligations d’entreprise qui se profilent présentaient un risque pour le marché du crédit et pour la stabilité financière, le marché du “high yield”, relativement petit, pouvant avoir du mal à absorber un flot important de nouveaux venus. Le risque serait celui d’une contagion à des banques dont les fondamentaux sont aujourd’hui satisfaisants mais qui pourraient être menacées par des achats excessifs d’actifs douteux.

 

Total : une résolution favorable au climat recueille 17 %

Total : une résolution favorable au climat recueille 17 %

Ce n’est pas encore la grande révolution écologique chez Total mais les idées progressent entre parenthèses exemple l’association de Total à des constructeurs automobiles concernant les piles). « 16,8 % des actionnaires du géant pétrolier ont voté en faveur de la première résolution climat jamais déposée en France, marquant enfin un réveil des actionnaires sur leur responsabilité à pousser un grand groupe pétrolier vers une profonde transformation », fait valoir Lucie Pinson de l’ONG Reclaim Finance.

Fait notable pour l’ONG : estimant que Total a fait des progrès mais qu’il lui faudra de la souplesse pour atteindre les objectifs de l’accord de Paris, BNP Paribas Asset Management s’est abstenue de voter. « Cela fait trois ans que BNP Paribas est supposé engager Total sur les questions climatiques. Pourtant, en s’abstenant, BNP Paribas affirme aujourd’hui que ces engagements ne sont pas suffisants », interprète Lucie Pinson.

Même satisfecit chez Meeschaert qui a porté cette résolution avec la Banque Postale et le Crédit Mutuel. « Le conseil d’administration de Total ne pourra pas faire fi de ce vote qui atteste d’une préoccupation forte d’un cinquième de l’actionnariat. Le score de 16,8 % dépasse ceux obtenus par des résolutions similaires présentées par les actionnaires de BP ou d’Equinor. Pour Total le signal est d’autant plus fort que l’entreprise a publié une nouvelle ambition climat début mai qui aurait pu convaincre », estime Aurélie Baudhuin, directeur de la recherche ISR chez Meeschaert AM.

Émeutes États-Unis : un contexte économique, racial et politique favorable

Émeutes États-Unis : un contexte économique, racial et politique favorable

 

Depuis l’arrivée de Trump  aux États-Unis il y a une sorte d’hystérisation  des différents sujets de division qu’il s’agisse d’aspects économiques, de sécurité de politique ou même de sujets raciaux. Des événements utilisés aussi à des fins électoraux dans la perspective des élections présidentielles.

De fait,  les résultats économiques de l’année en cours et même de 2021 risquent de ne n’être pas très favorable à Trump qui d’où l’intérêt intérêt à déplacer les sujets de mécontentement . on objectera que cela se pratique dans de nombreux autres pays mais sans doute pas avec une telle hystérie qu’aux États-Unis.Des émeutes ont été signalées dans presque toutes les grandes villes du pays, cette nuit. Des quartiers entiers de Los Angeles ont flambé, des pillages ont eu lieu et des voitures ont été brûlées à Chicago, des coups de feu ont été entendus dans le centre-ville d’Indianapolis. A New York, police et manifestants se sont affrontés.

Au total, ce sont au moins 75 villes qui auraient été plongées dans le chaos. Et une vingtaine d’entre elles ont imposé un couvre-feu, notamment Miami, Atlanta et Los Angeles. La Garde nationale a été déployée dans une dizaine d’Etats.

Les protestations contre la mort de George Floyd et le ras-le-bol face aux violences policières qui visent les minorités s’accompagnent d’une tension sociale exacerbée alors que la crise du Covid-19 a tué plus de 100.000 Américains et précipité 40 millions d’entre eux vers le chômage.

L’administration Trump, elle, rejette la faute sur des « groupes d’extrême gauche ». Selon le secrétaire à la Justice William Barr, ces violences ont été « organisées et planifiées par des groupes anarchistes et d’extrême gauche, qui utilisent des méthodes similaires à celles des antifas ». Il a promis de poursuivre en justice tous ceux qui se rendraient dans un autre Etat pour manifester et participer aux violences. « Les Etats-Unis vont désigner les antifas comme organisation terroriste », a annoncé pour sa part Donald Trump sur Twitter, désignant aussi les médias comme responsables des violences.

 

Retraites : Les Français favorables à la réforme ? (sondage)

Retraites : Les Français favorables à la réforme ? (sondage)

 

S’appuyant sur un sondage de l’IFOP, le très macroniste  journal du JDD titre que les Français sont  favorables à la réforme. Pourtant le même sondage montre que 66 % des Français ne font pas confiance au gouvernement dans ce domaine. Cependant ils sont également 66 % à se prononcer pour l’harmonisation des régimes. De là à dire que les Français sont favorables à toute la réforme il y a un pas que le JDD franchit un peu vite !

 

Selon ce sondage, 36% des Français considèrent qu’il faut allonger la durée de cotisation des actifs, le levier traditionnellement utilisé par les politiques en la matière. Parmi les autres options proposées, 16% des Français optent pour une augmentation des cotisations des actifs et 7% pour une baisse des pensions des retraités, selon ce sondage. Seulement 2% des retraités sont favorables à cette dernière option.

Plus engageant pour le gouvernement, les deux tiers des Français (66%) sont favorables à une harmonisation des différents régimes « au nom de l’égalité entre les cotisants », alors que 34% des Français veulent conserver des régimes de retraites différents compte tenu des spécificités de certains métiers ou professeurs, selon ce sondage.

*Enquête réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 29 au 30 août 2019 auprès d’un échantillon de 1.010 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d’agglomération. La marge d’erreur pour ce sondage est +/- 1,4 point pour un résultat de 5 ou 95% ; +/- 1,8 point pour un résultat de 10 ou 90% ; +/- 2,5 points pour un résultat de 20 ou 80% ; +/- 2,8 points pour un résultat de 30 ou 70% ; +/- 3 points pour un résultat de 40 ou 60% ; +/- 3,1 points pour un résultat de 50%.

 

Christine Lagarde (FMI) : « Une reprise favorable aux réformes »

  • Constatant que progressivement l’économie mondiale retrouve ses niveaux d’avant crise, la directrice du fonds monétaire international recommande d’en profiter pour réaliser les réformes structurelles  qui s’imposent. Un discours qui s’adresse particulièrement à la France à la fois en termes de félicitations mais aussi d’ avertissement. Si effectivement la France a engagé un certain nombre d’évolutions, il lui reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour revenir dans les clous des équilibres financiers et de la compétitivité. Ainsi jusqu’alors  la France affiche toujours une balance commerciale déficitaires de 50 milliards quand les Allemands enregistrent un excédent de 200 milliards. Cette balance commerciale est le meilleur indicateur de la compétitivité internationale. De même en matière d’équilibre financier, la France n’a pas encore réussi à réduire  le niveau de ses dépenses et l’amélioration des déficits est essentiellement due à une meilleure conjoncture .  La reprise de l’économie « est propice, soit à poursuivre les réformes structurelles lorsqu’elles ont été engagées, soit à décider de les mener », analyse l’ancienne ministre de l’Economie et des Finances dans leJDD. « Avec une croissance de 3,6%, l’économie mondiale reviendra au taux moyen des deux décennies qui ont précédé la grande crise financière de 2007-2008″, ajoute-t-elle. La patronne du FMI donne également son avis sur les réformes mises en place en France. « La réalisation de réformes structurelles importantes doit constituer pour la France un gage de crédibilité afin d’engager ensuite un dialogue de fond sur la modification des institutions européennes », déclare-t-elle. « Je crois que le président Macron a un train de réformes successives en tête avec un calendrier. » Christine Lagarde ajoute qu’à ses yeux, les réformes « qui sont engagés en France sont dans la ligne de ce que le FMI recommande depuis plusieurs années. » Dans cette longue interview, la directrice du Fonds monétaire international offre un panorama complet de la situation économique internationale, de la zone euro à l’Afrique en passant par la Chine et les Etats-Unis. Elle revient notamment sur la politique protectionniste entreprise par Donald Trump depuis son arrivée au pouvoir il y a un an : « Comme souvent avec les hommes politiques, Trump est motivé par des enjeux intérieurs. »

Conjoncture économique: favorable à Macron et réciproquement

Conjoncture : favorable à Macron et réciproquement

 

Dans un environnement économique caractérisé par la faiblesse de la croissance, la confiance joue un rôle déterminant. Elle peut contribuer à augmenter l’évolution du PIB de l’ordre de  1 %. Ce qui précisément est de nature à recréer des emplois. Pour l’instant les prévisionnistes envisageaient au mieux 1,3% % de croissance mais avec l’arrivée de Macron l’évolution pourrait être amplifiée.  Le nombre de défaillances d’entreprises est en forte baisse. Il a reculé de 8 % l’an passé et, au premier trimestre, les ouvertures de procédures judiciaires ont baissé de 3,9 %, selon la société Altares. Et le nombre d’emplois menacés est, lui, tombé sous 44.500, loin des 73.700 emplois comptabilisés au premier trimestre 2009, au plus fort de la crise. Sur le front de l’emploi, l’amélioration est plus contrastée. Le nombre de chômeurs inscrits à Pole emploi est remonté depuis le début de l’année. Mais d’autres signaux sont plus positifs. Le secteur salarié marchand non agricole a créé 192.000 emplois en 2016. Il s’agit d’une embellie par rapport à 2015 puisque, cette année-là, l’économie française n’avait créé que 99.000 emplois. Ainsi, le rythme de créations nettes d’emplois atteint en 2016 est en fait le plus élevé depuis 2007. Le taux de chômage a ainsi reculé de 0,2 point l’an dernier pour atteindre 9,7 % en France métropolitaine. Les économistes de l’OFCE tablent sur un chômage qui toucherait 9,4 % de la population active à la fin de l’année 2017. Un chiffre toujours élevé mais en baisse. Car les prochains mois s’annoncent plutôt bien. Même si la production industrielle a tendance à patiner depuis quelques mois, les économistes s’attendent à une croissance du PIB comprise entre 1,3 et 1,5 % cette année. Pour faire cette prévision, ils s’appuient notamment sur l’indice du climat des affaires. Celui-ci est au plus haut dans l’industrie depuis juin 2011. Quant au moral des patrons tous secteurs d’activité confondus, il est quatre points au-dessus de sa moyenne de long terme. Les patrons français sont donc optimistes. Parallèlement, les marges des entreprises sont aussi mieux orientées depuis trois ans. Grâce à la baisse du prix du pétrole entre l’été 2014 et l’été 2016, mais surtout à cause de la mise en place du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) ainsi que du pacte de responsabilité, les marges des industriels ont retrouvé leur niveau d’avant-crise. « La situation financière des entreprises est désormais favorable », selon Mathieu Plane. « Les efforts faits pendant le quinquennat précédent, que ce soit en termes de compétitivité des entreprises ou d’assainissement des finances publiques, pourraient porter leurs fruits au cours des cinq prochaines années », juge-t-il.

Recapitalisation d’EDF : contexte pas assez favorable ! Un euphémisme

Recapitalisation d’EDF : contexte pas assez favorable ! Un euphémisme

 

D’après le patron d’EDF Jean-Bernard Lévy le contexte n’aurait pas été assez favorable pour envisager la recapitalisation prévue de l’entreprise. Une formule très vague qui masque mal la situation financière catastrophique de l’électricien.  L’entreprise est sans doute au bord de la rupture financière en tout cas à moyen et long terme.  du coup ;  il faudra sans doute envisager pour les prochaines années une augmentation de l’ordre de 50 % du prix de l’électricité. D’une manière générale,  le coût de l’électricité d’origine nucléaire a été complètement sous-estimé en France comme dans le monde. La situation financière d’EDF est intenable. Il faut d’abord apurer une énorme dette de 40 milliards, ensuite trouver 50 milliards (100 milliards pour la Cour des comptes)  pour les travaux permettant de prolonger la durée de vie du parc nucléaire actuel. Financer aussi au moins en partie les 25 à 50 milliards du site d’enfouissement des déchets nucléaires de Bure en Moselle ; un site d’enfouissement qui va permettre de participer au démantèlement du parc nucléaire actuel. Un démantèlement dont le coût est fixé autour de 15 milliards et qui pourrait être plus proche de 100 milliards. On objectera que la question du démantèlement permettra à EDF (et a à Areva) d’acquérir un savoir-faire pour intervenir sur l’énorme marché du démantèlement des centrales le monde. Enfin il faudra faire face à un besoin de financement de 200 milliards à terme pour le renouvellement du parc nucléaire. En clair EDF ne pourra  affronter  seule  ces défis même avec une augmentation régulière du prix de l’électricité  (il est prévu une augmentation moyenne de 2,5 % par an  pendant plusieurs années) ou par des seules suppressions d’effectifs. Ce que confirmait le patron d’EDF dans une interview du JDD.  « . En France, nos parts de marché reculent, donc on ne doit pas prendre de retard. Notre dette est élevée et nous devons faire des arbitrages sur nos activités futures. Nous n’avons plus les moyens de tout garder à l’étranger, ou de tout construire seuls ». En clair EDF attend une recapitalisation rapide de l’Etat qui tarde (3  milliards) et un appui d’investisseurs pour l’instant très dubitatifs sur la rentabilité de l’entreprise.  Le groupe a toutefois précisé mercredi que l’opération serait réalisée d’ici à la fin du premier trimestre 2017, si les conditions de marché le permettent. « Elle n’a pas pour l’instant été réalisée parce que nous n’avions pas un contexte permettant de la réaliser », a dit Jean-Bernard Lévy lors d’une conférence de presse organisée à l’issue d’un Comité stratégique de filière nucléaire présidé par le secrétaire d’Etat à l’Industrie Christophe Sirugue. « Pour qu’une augmentation de capital fonctionne bien, il faut qu’un certain nombre de feux soient au vert (…), que nous ayons rempli une certain nombre de conditions. Pour l’instant ces conditions n’ont pas été remplies », a-t-il ajouté, sans plus de précisions.

La CFDT favorable au référendum d’entreprise

La CFDT favorable au référendum d’entreprise

 

Avec un certain courage, aussi quelques conditions voire quelques contradictions, la CFDT constatant l’état délétère du dialogue social se prononce en faveur du référendum d’entreprise. Il s’agit là d’une prise de position majeure qui s’appuie sans doute sur le constat de la baisse de crédibilité des syndicats dans l’opinion publique. (Interview RTL de Laurent Berger-CFDT)

Comment jugez-vous l’état du dialogue social ?

Force est de constater que les acteurs – syndicats, patronat, gouvernement – ne jouent pas tous le jeu. Une partie du Medef est violemment hostile au dialogue social et cela empêche d’avancer. Il faut remonter loin en arrière pour retrouver un tel climat au sein du patronat ! Les progressistes en son sein doivent mener un combat pour affirmer la nécessité d’un vrai dialogue économique et social avec les syndicats. Côté syndicats, aucun acteur majeur autre que la CFDT et la CFTC ne considère que le dialogue social est la voie pour avancer. Je constate qu’en Allemagne, patronat et syndicats ont une constance sur le sujet. Chez nous, ce n’est pas le cas. Quant au gouvernement, il n’affiche pas une volonté pleine et entière de dialogue social non plus. J’en veux pour preuve sa manière de pointer le sujet de la dégressivité des allocations chômage alors même que la négociation débute et que les partenaires sociaux n’en veulent pas… Le gouvernement aurait mieux à faire que de se mobiliser sur des sujets stériles comme la déchéance de nationalité…

Vous semblez bien pessimiste sur vos interlocuteurs. Pourquoi vous accrocher alors au dialogue social?

D’abord la CFDT n’est pas seule. Nous nous retrouvons avec la CFTC, l’Unsa et parfois, la CGC. Ensuite, il n’est pas question pour nous de changer notre fusil d’épaule car la négociation produit des résultats positifs pour les salariés. Mais pour cela, les syndicats doivent regarder la réalité en face, s’engager dans les négociations et être en proximité avec les salariés, ce que fait la CFDT. Notre problème n’est pas de changer notre conception du syndicalisme, mais de faire savoir qu’il existe et produit des résultats. On a créé depuis 2008 de nouveaux dispositifs assurant à la fois la sécurité pour les salariés et la souplesse pour les entreprises, comme la rupture conventionnelle du CDI ou la négociation des plans sociaux. Cela marche. Maintenant il faut absolument parler stratégie, instaurer un véritable dialogue économique et social dans les entreprises. Celles qui jouent ce jeu sont plus performantes mais le patronat n’a pas le courage de partager un peu son pouvoir.

 

La lutte contre le chômage étant un échec collectif, quelle est la part de responsabilité des syndicats ?

Nous pouvons sans doute faire plus pour l’accès à l’emploi de ceux qui en sont exclus, en particulier les jeunes. Par exemple, sur l’apprentissage, nous pouvons davantage revendiquer d’embauches dans les entreprises. Mais la CFDT ne peut pas être accusée d’avoir entretenu la frontière entre insiders et outsiders, au contraire.

La ministre du Travail veut faire valider les accords minoritaires par un référendum auprès des salariés. Qu’en pensez-vous ?

La CFDT revendique l’accord majoritaire. Ce n’est donc pas notre idée mais nous sommes favorables à la consultation des salariés. Derrière cette idée, il y a la prise en compte d’une évolution fondamentale de la société. Nous vivons une crise de la représentativité et une crise de la démocratie qui imposent de changer nos modes de pensée. Qui peut avoir peur de consulter les salariés ? Pas nous. C’est même une démarche utile pour re-légitimer les organisations syndicales. Nous devons prendre des risques. Lorsqu’un accord est validé par des syndicats représentant 30 % des salariés, je ne suis pas hostile à ce que l’on consulte les salariés au contraire. Mais cette proposition n’est acceptable qu’à la condition que la consultation ne soit pas une mesure au service des patrons. Il faut qu’elle ne puisse intervenir qu’à l’issue de la négociation et à la seule initiative des syndicats signataires.

L’échec de certaines négociations sur le travail du dimanche (grands magasins, Fnac) montre-t-il les limites du seul dialogue social ?

Les négociations vont se faire magasin par magasin. A la Fnac, nous avons signé l’accord mais les syndicats majoritaires ont fait valoir leur droit d’opposition. Je vous donne rendez-vous aux prochaines élections professionnelles. Nous verrons ce qu’en ont pensé les salariés…

 

La négociation sur l’avenir de l’assurance-chômage va bientôt s’ouvrir. Le déficit financier impose-t-il des économies ?

On peut aussi rentrer dans la discussion en s’interrogeant sur les ressources supplémentaires que l’on pourrait dégager. Nous réfutons une approche qui serait purement économique et une approche qui serait punitive. On n’arrive pas à résorber le chômage et il faudrait le faire payer aux chômeurs. Notre priorité est de conforter l’indemnisation et la simplification des règles engagée depuis 2009 et de renforcer l’accompagnement et la formation. Il faut aussi s’interroger sur le comportement des employeurs, notamment sur l’utilisation des contrats courts. Dans le dernier accord nous avons mis un tout petit pied dans la porte, en taxant plus ces contrats. Il faut aller bien plus loin. Peut-être faudrait-il inciter les entreprises à garder plus longtemps les salariés en instaurant une cotisation dégressive selon la durée des contrats.

 

La dégressivité des allocations chômage est-elle envisageable à certaines conditions ?

C’est totalement exclu. C’est économiquement inutile et socialement injuste Il y a un côté quasi-obsessionnel du gouvernement sur le sujet. En revanche, un sujet comme la refonte de la filière des seniors n’est pas tabou.

Que pensez-vous de la condamnation de salariés de Goodyear à 9 mois de prison ferme pour avoir séquestré leurs patrons ?

Elle est inacceptable. Tout le monde sait que nous ne partageons pas la stratégie qui a été menée par la CGT à Goodyear. Que ce soit là ou à Air France, ma parole n’a jamais tremblé pour condamner ces violences. Mais une peine de prison ferme est complètement inappropriée et je n’ai aucun état d’âme à le dire.

 

Les taxis et les VTC sont en plein conflit. Qui a raison ?

Le nouveau modèle d’économie numérique crée des emplois, et des emplois occupés par une population que le marché du travail a pour certains laissé de côté. La question n’est pas qu’il soit plus vertueux que l’ancien, la question est de réguler et d’organiser la transition pour ne pas sacrifier ceux qui, comme les taxis, voient émerger une nouvelle forme de concurrence. Je ne serai jamais de ceux qui disent qu’il faut défendre mordicus le monde d’hier car rien ne doit bouger. Mais j’ai le souci de préserver l’équilibre économique et social. Ce conflit est typique d’un défaut d’anticipation. Tout le monde l’avait vu venir mais on a laissé pourrir la situation.

 

Service civique : François Chérèque pas favorable à sa généralisation

Service civique : François Chérèque pas favorable à sa généralisation

François Chérèque le président actuel de l’agence du service civique n’est pas favorable à la généralisation de ce service considérant qu’on ne peut imposer par la contrainte l’adhésion aux valeurs républicaines. Une réaction qui pour le moins mérite débat dans la mesure où cette obligation est incontournable pour prétendre faire parti de la communauté française. Pour résumer encore plus brutalement : il n’y a pas d’autre choix,  s’intégrer ou  partir. Une problématique encore taboue ou qu’on aborde sur la pointe  des pieds pour ne pas heurter les susceptibilités de nombreux bobos. Le service civique pourrait constituer un des éléments incontournables pour réellement être admis dans la communauté du pays. De même que l’adhésion à la carte aux valeurs républicaines n’est pas admissible on comprend mal que la contrainte du service civique ne s’exerce que sur certains, ceux qui en ont envie ! La généralisation du service civique évoquée par Hollande ne recueille pas l’adhésion de Chérèque en raison aussi  de réactions possibles d’une partie de la jeunesse. Un argumentaire qui témoigne pour le moins du concept de république molle qui caractérise aujourd’hui le pays aussi du caractère très flou de la finalité du service civique (Interview le FIGARO)°

 

Le service civique est un dispositif relativement récent. Quel est votre bilan auprès des jeunes?

Oui, nous sommes même victimes de notre succès puisque nous n’arrivons pas à répondre à toutes les demandes des jeunes. En 2015, nous avons eu environ 60.000 missions, contre 35.000 en 2014 mais malgré cette progression nous avons toujours une mission pour quatre demandes.

Comment expliquez-vous cet engouement?

Nous avons réalisé deux études en octobre qui montre que nous jouissons d’une grande notoriété et d’une bonne image auprès des jeunes: 96% des 16 à 25 ans connaissent le service civique et 54% sont intéressés pour faire une mission. On constate que les jeunes ont envie de s’investir dans ce contexte post-attentats comme on a pu le constater aussi pour le service militaire ou la Croix Rouge. Plus de 462.000 jeunes se sont inscrits sur le site du Service Civique depuis sa création en 2010, dont près de 150.000 pour la seule année 2015.

Lorsque François Hollande a évoqué une « généralisation » du service civique, il a ravivé le débat sur le service civique obligatoire. Quelle est votre position sur ce sujet?

Je suis favorable au renforcement mais contre l’obligation Par ailleurs, il y a un côté punitif à vouloir le rendre obligatoire alors qu’au contraire, un service civique peut favoriser ensuite une embauche dans une entreprise. Je l’ai dit à François Hollande et je suis content qu’il m’ait écouté. Pour moi, il y avait un risque que les jeunes descendent dans la rue si le service civique devenait obligatoire.

L’enjeu pour arriver à l’objectif de 350.000 jeunes en service civique par an sera donc de trouver davantage de missions. Comment allez-vous vous y prendre? 

Près de 90% des missions sont réalisées actuellement auprès du monde associatif. Pour monter en puissance, en 2015, suite à la volonté déjà affirmée de François Hollande d’augmenter le nombre de missions, nous avons lancé de nouveaux grands programmes ministériels plus ambitieux. L’Education nationale, qui a recruté 5.000 jeunes en 2015, va ainsi faire passer ce chiffre à 15.000 cette année et 37.000 en 2017. Il y aura également 10.000 missions dans la Culture en 2016, contre 6.000 en 2015. Nous venons de signer avec le ministère des Affaires sociales. 17.000 missions vont être proposées en 2016, 25.000 en 2017. En parallèle, nous travaillons de plus en plus avec les grandes fédérations sportives. Mais nous avons encore du chemin à faire avec les collectivités territoriales et les établissements hospitaliers. Elles ne connaissent pas assez le dispositif et considèrent les contraintes d’encadrement et de tutorat trop lourdes. Par ailleurs, nous n’avions pas jusqu’à présent les moyens pour démarcher ni pour proposer plus de missions. Nous allons désormais pouvoir le faire.

Concernant les jeunes, je souhaiterai quand même qu’il y ait davantage de jeunes salariés qui fassent un service civique car c’est un frein actuellement. Nous avons peu de volontaires qui ont un CAP ou BEP car ils s’insèrent directement sur le marché du travail. Il faut réfléchir à un dispositif avec les entreprises qui facilite la prise d’un congé pour réaliser une mission.

Le collectif Génération précaire estime que la montée en puissance du service civique va accentuer la précarisation de la jeunesse et détruire des emplois salariés. Que leur répondez-vous? 

Il ne faut surtout pas transformer le service civique en dispositif d’insertion professionnelle. C’est d’abord un engagement citoyen, un don de soi, même si derrière c’est aussi une expérience que l’on va pouvoir valoriser pour décrocher un emploi. En ce sens, je ne suis pas favorable à une augmentation de l’indemnisation (573 euros par mois ndlr) car, même si les jeunes y sont favorables, elle alimenterait le discours sur l’effet de substitution à l’emploi. Ceci étant dit, je ne suis pas naïf. Mais je tiens à faire remarquer que le chômage des jeunes baisse depuis un an et que nous avons doublé le nombre d’inscrits. Il n’y a donc pas forcément de corrélation.

Le service civique a été créé en 2010 sous le gouvernement Fillon par Martin Hirsch alors Haut-commissaire aux solidarités actives. Il s’agit d’un engagement volontaire au service de l’intérêt général ouvert à tous les jeunes de 16 à 25 ans, sans aucune condition de diplôme. Il s’effectue sur une période de 6 à 12 mois en France ou à l’étranger. Les missions ont trait à la solidarité, l’éducation, l’environnement ou encore le sport et la culture. Chaque mission est indemnisée 573 euros par mois.

12



L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol