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Défaite Russie: la faute aux ministres d’après Poutine

Défaite Russie: la faute aux ministres d’après Poutine

 

Devant la faillite de l’armée russe Poutine met en scène la responsabilité de ses ministres en les traitant d’imbéciles !

«Vous avez tout de prêt mais pas de contrats. Je vous le dis : mettons un terme à cette réunion, pourquoi nous prenons-nous la tête ?», se demande-t-il, dans des propos traduits par BFMTV. «Je sais qu’il n’y a pas de contrats pour les entreprises et les directeurs me l’ont dit. Pourquoi jouez-vous l’imbécile ?» a-t-il ajouté. Et de conclure : «Quand aurons-nous les contrats ? Les chefs d’entreprise me disent qu’il n’y a pas de contrat et vous me dites que tout est prêt».

 

Quoi qu’il en soit, cette séquence a immédiatement déchaîné les passions sur les plateaux de télévision et les réseaux sociaux. Certains ont vu dans la colère du président russe de la «nervosité» vis-à-vis de la situation militaire en Ukraine, et même une perte de contrôle. Mais Vladimir Poutine est un habitué de ce genre de scène, et l’a prouvé à de multiples reprises.

C’est aussi une manière de sse défausser de toute responsabilité devant sa propre opinion.

 

Consommation de vin en baisse : la faute aussi à la filière

Consommation de vin en baisse : la faute aussi à la filière

La filière s’inquiète à juste titre de la baisse de la consommation qui pourrait même diminuer de moitié en France d’ici une dizaine d’années. La France est le 2ème pays consommateur de vin au monde derrière les Etats-Unis et devant l’Italie. Plus de 3,5 milliards de bouteilles y ont été consommées en 2019. Cette consommation française, en baisse depuis 30 ans, est passée de 100 litres par habitant et par an en 1975 à 40 litres aujourd’hui. Covid France 3 janvier 2023 : +172 morts supplémentaires en 24h, soit 162.214 morts au total et +2.246 nouveaux cas confirmés en 24h., soit au total 1.358.208 cas confirmés.

En fait, il y a plusieurs facteurs explicatifs à la baisse de consommation, une évolution des goûts liés sans doute à la perte des connaissances œnologiques. L’augmentation des risques d’insécurité pour la conduite des engins et en particulier de l’automobile. Aussi et surtout, la montée en puissance de la bière dans les jeunes générations.

Chaque Français en moyenne ( toutes populations confondues) consomment encore 40 l de vins parents mais 38l de bière ( parfois arrosée d’alcool fort)
ce changement de goût et de mode a aussi été favorisé par une augmentation inconsidérée des prix du vin devenu en réalité une boisson de riches. Il faut en effet compter entre 15 et 20 euros pour les premiers prix d’une boisson assez correcte.

C’est évidemment très excessif et certains dans la filière se sont gavés pendant des années pas seulement dans les grandes régions viticoles mais même ailleurs. Les prix de l’hectare de vigne se sont envolés. Aujourd’hui la tendance est à la baisse et le phénomène semble durable.C’est souvent devenu un objet de relation avec l’achat de vignobles par exemple par les Chinois, les Russes et autres Américains

La filière n’a pas su démocratiser le vin devenu presque un objet de luxe ( ne parlons pas du champagne des grands Bordeaux, des grands Bourgogne. Du coup, mécaniquement, la cible des acheteurs s’est notoirement réduite autour de couches moyennes assez aisées et de couches moyennes supérieures. Il y a aussi la vague montante de vins étrangers qui d’ailleurs possèdent les mêmes cépages souvent et les mêmes méthodes de vinification mais à des prix inférieurs de moitié.

Guerre en Ukraine: La faute à Poutine ou à la Russie ?

Guerre en Ukraine: La faute à Poutine ou à la Russie?

Le débat qui s’est ouvert en Ukraine, en Pologne et dans les pays baltes, sur les conséquences que pourrait avoir une défaite de la Russie après son agression du 24 février, pose la difficile question de la responsabilité collective, estime, dans sa chronique, Sylvie Kauffman, éditorialiste au « Monde ».

 

Il y a eu un moment difficile, samedi 10 septembre, à Kiev, à la fin d’une conférence de haut niveau sur l’Ukraine, Yalta European Strategy, organisée par la Fondation Pinchuk. Le ministre de la défense, Oleksii Reznikov, était à la tribune, presque exubérant ; la contre-offensive des forces ukrainiennes commençait à progresser de manière spectaculaire sur le front et l’on débattait de la forme que pourrait prendre une victoire sur la Russie. L’ancien ambassadeur allemand Wolfgang Ischinger, longtemps président de la Conférence de Munich sur la sécurité, s’est levé et a suggéré que l’on pense, au-delà de la victoire, à organiser la paix. Il a cité l’exemple de son pays, vaincu en 1945, mais invité, à peine quelques années après, à rejoindre ceux qui sont aujourd’hui ses alliés. Réfléchissons aussi, a-t-il avancé, « à la réconciliation ».

 

Un froid poli a accueilli sa proposition. Puis l’ex-présidente d’Estonie Kersti Kaljulaid s’est levée à son tour et l’a, gentiment mais fermement, recadré. « Ce que vous décrivez, a-t-elle dit, s’est passé après que l’Allemagne a été jugée. C’est l’erreur qui a été commise avec l’Union soviétique : les Soviétiques n’ont jamais eu à répondre de ce qu’ils ont fait – et c’est pour ça que l’on se trouve aujourd’hui dans cette situation. L’Allemagne a fait ce qu’il fallait, et j’espère vraiment que la Russie suivra ce chemin. » Tonnerre d’applaudissements dans la salle.

En quelques phrases, Mme Kaljulaid, 52 ans, venait de résumer un sentiment qui monte au sein des élites ukrainiennes, mais aussi polonaises et baltes : dans cette guerre lancée le 24 février par la Russie contre l’Ukraine, une victoire militaire sur l’agresseur ne suffira pas. Il faudra, bien sûr, imposer des réparations. Il faudra aussi que la justice internationale fasse son œuvre, puisque le droit international a été violé ; le débat déjà fait rage, entre le recours au Tribunal pénal international, que les Etats-Unis ne reconnaissent pas, et la création d’un tribunal spécial chargé de juger le crime d’agression. Mais, au-delà de la procédure, la question posée dans ces pays qui ont été victimes de l’URSS ou de son héritière, la Russie – voire des deux, comme l’Ukraine –, est celle de l’accusé.

Est-ce Vladimir Poutine qui dirige la Russie d’une main ferme depuis vingt-deux ans ? Est-ce son équipe ? Est-ce le système ? Est-ce la Russie ? Ou bien est-ce la population qui, pour autant que l’on puisse croire les études d’opinion, soutient majoritairement cette guerre ? Cette guerre, d’ailleurs, souvent qualifiée de coloniale ou d’impériale, est-elle la guerre de Poutine ou la guerre de la Russie ?

Conflit Ukraine : « La faute à Zelinsky  » (Ségolène Royal s’excuse) !

Conflit  Ukraine  : « La faute à Zelinsky  » (Ségolène Royal s’excuse) !

Ségolène Royal, la folle du Poitou, ne sait plus quoi faire pour se singulariser et exister politiquement. Malheureusement pour elle , elle n’a pu décrocher le moindre poste au plan national et international en dépit de ces démarches très appuyées y compris auprès de Macron. L’ancienne ministre, invitée ce jeudi sur le plateau de BFMTV, a dénoncé une « propagande de guerre par la peur » de la part du président Volodymyr Zelensky. En clair elle a imputé au président ukrainien la responsabilité de la guerre et même des horreurs. Des propos qui ont soulevé de nombreuses protestations dans l’opinion. Du coup Ségolène s’excuse maintenant considérant qu’elle a été mal comprise. Pourtant c’est après de nombreuses questions de l’animateur de BFM qu’elle a considéré le président ukrainien comme le responsable du conflit en cours.

Une attitude qui ne surprend pas les observateurs qui connaissent Ségolène Royal.

 « On ne peut pas lui faire confiance », Estime un conseiller ministériel. Avant qu’un membre du gouvernement ajoute : « Elle souffle le chaud et le froid en fonction des postes qu’elle vise. Tout est calculé en fonction de son propre intérêt. » Aujourd’hui, entre Ségolène et Macron « le lien est totalement rompu. »Du coup, elle multiplie les prises de position anachroniques voire fantaisistes et même scandaleuses. Elle considère en effet que la guerre en Ukraine est imputable aux provocations du président ukrainien. En clair ,elle se situe du côté de Poutine.

L’ancienne ministre, invitée ce jeudi sur le plateau de BFMTV, a dénoncé une « propagande de guerre par la peur » de la part du président Volodymyr Zelensky.

« La paix en Ukraine n’est pas rendue impossible par les victimes de l’invasion, mais par la volonté de conquête de Poutine! », a réagi sur Twitter le Premier secrétaire du PS Olivier Faure.

« Les crimes de guerre sont documentés, le nier est une insulte aux assassinés, aux violées, aux torturés ! Dire le contraire est de la propagande ! », a-t-il poursuivi.

Dans un autre tweet, il a ajouté: « Elle dit que la dénonciation des crimes (dont elle doute) a un objet: entraver le processus de paix. Les agressés deviennent les bellicistes. Jusqu’à preuve du contraire les Ukrainiens sont les résistants dans une guerre qu’ils n’ont pas choisie », a-t-il critiqué.

Le député européen Raphaël Glucksmann (Place publique), a lui aussi dénoncé un « naufrage. Total ».

Guerre en Ukraine : La faute à Zelinsky (Ségolène, la folle du Poitou) !

Guerre en  Ukraine  : La faute à Zelinsky  (Ségolène, la folle du Poitou) !

Ségolène Royal, la folle du Poitou, ne sait plus quoi faire pour se singulariser et exister politiquement. Malheureusement pour elle elle n’a pu décrocher le moindre poste au plan national et international en dépit de ces démarches très appuyées y compris auprès de Macron.

 

« On ne peut pas lui faire confiance », Estime un conseiller ministériel. Avant qu’un membre du gouvernement ajoute : « Elle souffle le chaud et le froid en fonction des postes qu’elle vise. Tout est calculé en fonction de son propre intérêt. » Aujourd’hui, entre Ségolène et Macron « le lien est totalement rompu. »Du coup, elle multiplie les prises de position anachroniques voire fantaisistes et même scandaleuses. Elle considère en effet que la guerre en Ukraine est imputable aux provocations du président ukrainien. En clair elle se situe du côté de Poutine.

L’ancienne ministre, invitée ce jeudi sur le plateau de BFMTV, a dénoncé une « propagande de guerre par la peur » de la part du président Volodymyr Zelensky.

« La paix en Ukraine n’est pas rendue impossible par les victimes de l’invasion, mais par la volonté de conquête de Poutine! », a réagi sur Twitter le Premier secrétaire du PS Olivier Faure.

« Les crimes de guerre sont documentés, le nier est une insulte aux assassinés, aux violées, aux torturés ! Dire le contraire est de la propagande ! », a-t-il poursuivi.

Dans un autre tweet, il a ajouté: « Elle dit que la dénonciation des crimes (dont elle doute) a un objet: entraver le processus de paix. Les agressés deviennent les bellicistes. Jusqu’à preuve du contraire les Ukrainiens sont les résistants dans une guerre qu’ils n’ont pas choisie », a-t-il critiqué.

Le député européen Raphaël Glucksmann (Place publique), a lui aussi dénoncé un « naufrage. Total ».

Crise de recrutement dans le public : la faute à l’absence de marché du travail

Crise de recrutement dans le public : la faute à l’absence de marché du travail

 

 

Le spécialiste des relations sociales et du marché du travail, Charles de Froment observe, dans une tribune au « Monde », que l’absence d’un véritable marché du travail nuit gravement à l’accomplissement des missions de service public, et propose des pistes d’amélioration.

En clair ne se pose  pas une crise de vocation mais une crise de rémunération des compétences  NDLR

l ’hôpital, mais plus largement dans l’ensemble du système de soins, les mêmes mots reviennent, comme dans une mauvaise antienne : manque de personnel, manque de reconnaissance, épuisement physique et psychique ; perte de chance pour les patients, actes de négligence, voire maltraitance, auprès de personnes fragiles.

Au sein de l’école républicaine, ce n’est guère mieux : 30 % de candidats en moins en quinze ans aux concours d’enseignement et mille admissibles pour deux mille cinq cents postes à pourvoir au concours de professeurs des écoles dans deux des académies concentrant les élèves avec le plus de difficultés socioculturelles, celles de Créteil et de Versailles ; les démissions d’enseignants en poste, certes rares, ont en outre plus que triplé depuis 2012.

Comment un pays passionné d’égalité en est-il arrivé à construire de fait, contre toutes ses valeurs et en dépit de ses institutions, un système de santé et un système éducatif à deux vitesses ?

Le fil rouge qui unit ces dysfonctionnements en apparence autonomes, puisque présents dans des institutions de nature très différentes, publiques et privées notamment, est en réalité une faille de marché, au sens littéral : dans les hôpitaux, les cliniques, les écoles, les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), les crèches, c’est le marché du travail qui fait défaut depuis des années.

Son absence fait l’objet d’un consensus paradoxal entre deux acteurs pourtant antagonistes : d’un côté, Bercy, qui pilote année après année le point d’indice et les niveaux de dotation en cherchant à minimiser les dépenses, et en se gardant de convoquer trop d’éléments de « benchmark » ; de l’autre, les enseignants, les soignants et leurs syndicats, qui, attachés à la notion de service public et fiers de leur choix de carrière altruiste au service de l’intérêt général, écartent d’emblée toute référence à l’univers privé marchand.

Mais, faute de boussole pour rendre ces métiers stratégiques attractifs, le système prend l’eau. En fixant, directement ou indirectement (avec les dotations soins et dépendances pour les Ehpad, par exemple), des grilles de rémunération déconnectées des réalités, l’Etat attire toujours davantage d’agents économiques « irrationnels » – et héroïques –, qui acceptent de sacrifier leur propre intérêt sur l’autel du bien commun ou du service public.

Ce recrutement de personnels sur une logique de vocation est à l’origine d’autres dérives, que l’on retrouve parfois dans le secteur de l’entrepreneuriat social et solidaire : oubli du droit du travail, effacement des frontières entre vie professionnelle et vie privée, burn-out, etc.

Crise alimentaire , la faute d’un système industrialisé et de la spéculation

 Crise alimentaire , la faute  d’un système industrialisé et de la spéculation

 

Le chercheur en agronomie Nicolas Bricas estime, dans une tribune au « Monde » ,que le G7 peut contribuer à éviter des famines, en obtenant plus de transparence sur les stocks alimentaires et en réprimant la spéculation excessive sur les marchés à terme.

 

La fulgurante ascension des prix du blé et du maïs depuis un an sur les marchés internationaux provoque une nouvelle crise alimentaire. Les premières victimes : les ménages pauvres des pays où ces céréales sont la base de leur alimentation et qui les importent massivement du marché international. Ils sont déjà fragilisés par les conséquences de la crise du Covid-19 et par la hausse des prix de l’énergie.

La hausse des prix en 2008 et 2011 avait déjà révélé la fragilité des systèmes alimentaires. Mais ces sonnettes d’alarme n’ont pas déclenché la prise de mesures pour éviter de nouvelles crises. Le G7, qui se réunissait du 26 au 28 juin, prendra-t-il cette fois ses responsabilités ? Car, comme l’a montré un récent rapport d’IPES-Food, l’origine de cette crise n’est pas la guerre en Ukraine, mais bien la fragilité d’un système alimentaire industrialisé lancé et promu par les entreprises et les pays du G7.

Depuis des décennies, les politiques agricoles avaient pour objectif de nourrir la population au moindre coût, à l’aide de monocultures et d’élevages à échelle industrielle. Le blé, le maïs et le riz ont été particulièrement choisis pour assurer cette production, et ils fournissent aujourd’hui plus de 40 % des calories consommées dans le monde. Les semences sont sélectionnées pour bien répondre aux engrais chimiques, fortement dépendants du gaz et des ressources minières en phosphate. Les cultures et leurs systèmes d’irrigation sont ultra-mécanisés, et donc très dépendants du pétrole. Une poignée de puissantes entreprises ont aujourd’hui la main sur ce paquet technique. La performance productive a encouragé quelques pays dotés d’« avantages comparatifs » à se spécialiser dans ces productions pour le marché international – notamment l’Ukraine et la Russie. La production agricole mondiale a augmenté plus vite que la population et, depuis la fin du XXsiècle, la planète produit nettement plus que ses besoins caloriques.

Et pourtant, depuis cinq ans, la courbe montrant la lente réduction du nombre de personnes en insécurité alimentaire dans le monde, que l’on observait depuis les années 1960, s’est inversée. Et ce sont les ruraux et les agriculteurs en particulier qui restent les premières victimes de la faim.

Ce constat est connu, rabâché depuis des années dans toutes les institutions politiques. L’enjeu n’est pas tant de produire encore et toujours plus, mais bien de réduire les inégalités. Pourtant, certains acteurs et certains pays qui ont tiré leur richesse et leur puissance de ce modèle agricole et alimentaire proposent d’accélérer encore cette fuite en avant. Au prétexte que les prix montent, il faudrait produire plus, cela semble de bon sens. Sauf que l’on peut faire baisser les prix autrement, que l’on peut rendre les pays vulnérables plus résilients, et que l’on peut construire de nouveaux modèles agricoles et alimentaires moins fragiles. Et la crise peut être l’occasion de changer de trajectoire.

Environnement : La faute aux 30 glorieuses ?

Environnement : La faute aux 30 glorieuses ?

 

Les deux historiens Yann Brunet et Stéphane Frioux montrent, dans une tribune au « Monde », la simultanéité entre une croissance porteuse de bouleversements des paysages urbains et la naissance d’une contestation qui se transformera en prise de conscience écologiste.

 

Un article intéressant mais qui procède un peu par amalgame un peu grossier pour discréditer la croissance par rapport à l’environnement. L’histoire de la naissance de l’écologie est sans doute plus ancienne et démarre des la fins de la seconde guerre mondiale avec le développement des machines et notamment dans l’agriculture où  les ouvriers agricoles ont été chassés vers la ville.. Finalement ce n’est pas tellement la croissance qui est en cause mais plutôt son contenu et la manière de la produire. NDLR

 

Plus haut, plus loin, plus vite : c’est dans cet esprit qu’on a pu se représenter les progrès techniques de la France du général de Gaulle et de ses successeurs : le pays du Concorde, du TGV, ou bien encore du programme électronucléaire censé apporter l’indépendance énergétique.

Cette France s’urbanise et se périurbanise à grande vitesse et participe à ce que l’historien américain John McNeill a qualifié de « grande accélération » de l’emprise environnementale des économies et sociétés contemporaines (Du nouveau sous le soleil. Une histoire de l’environnement mondial au XXe siècle, Champ Vallon, 2010).

En trente ans, l’Hexagone accueille près de vingt millions d’urbains pendant que la population du pays s’accroît de douze millions : autrement dit, comme le chante Jean Ferrat dans La Montagne, les jeunes partent gagner leur vie dans les villes, et habiter en HLM ou en immeuble locatif avant de s’acheter, pour beaucoup, un pavillon individuel.

La croissance économique exceptionnelle de ces années d’après-guerre, qui a inspiré, en plus du progrès matériel des conditions de vie symbolisé par les biens électroménagers, la formule de l’économiste Jean Fourastié (1907-1990) les « trente glorieuses », a cependant eu son revers de la médaille, en particulier au plan environnemental.

C’est dans ce contexte d’inquiétude intellectuelle face au gigantisme de certaines cités, comme la tentaculaire agglomération parisienne que l’on essaye de maîtriser au moyen de « villes nouvelles », que naît également un mouvement écologiste, composite, mais qui va s’ancrer dans les villes au point de percer dès les élections municipales de 1977.

Une enquête menée sur l’agglomération lyonnaise a révélé la multiplicité des terrains de contestation d’une croissance économique et urbaine dont les habitants ont souligné, très vite, les nuisances pour leur mode de vie, voire pour l’environnement en général (Une France en transition. Urbanisation, risques environnementaux et horizon écologique dans le second XXe siècle, sous la direction de Stéphane Frioux, Champ Vallon, 2021).

Ce sont tout d’abord les nombreuses voies autoroutières, planifiées parfois depuis les années 1930, et destinées à absorber un flux toujours plus considérable de véhicules individuels et de poids lourds. Des transformations massives sont opérées au nom d’une mécanique des fluides : abattage d’arbres, rabotage de trottoirs, destruction d’immeubles frappés d’alignement. Viennent ensuite les grands ensembles et leurs nombreuses nuisances environnementales : mauvaise isolation phonique, problèmes de chauffage, remplacement des espaces collectifs prévus à l’origine par des parkings, etc.

Grande démission: La faute au manque de participation

 

L’économiste Olivier Favereau observe, dans une tribune au « Monde », que la progression sans précédent de personnes ayant quitté leur travail depuis la crise sanitaire a lieu dans les pays où les entreprises ne prévoient aucun espace institutionnel de décision partagée sur le « consentement au travail ».

 

On a parlé de « grande démission » pour caractériser la progression sans précédent des démissions aux Etats-Unis depuis la sortie de la crise sanitaire : chaque mois, plus de 4 millions de travailleurs en moyenne quittent volontairement leur emploi. Ce qui, en cumulé sur un an, correspondrait à un salarié sur trois. Cette image vaut-elle aussi pour l’Europe ? On n’y constate pas une explosion des démissions ; néanmoins l’accélération est perceptible en Grande-Bretagne, en Italie, en France, et apparaît même en Espagne (où le taux de chômage reste pourtant élevé). Etonnant rapprochement entre pays anglo-saxons et latins ! Si l’on passe des démissions aux difficultés de recrutement, notamment dans les secteurs où rémunérations et conditions de travail sont notoirement médiocres, le phénomène s’observe partout.

 

Trente-huit millions de salariés américains ont quitté leur emploi, en 2021. Cela a donné naissance au concept de « grande démission », qui désigne le désenchantement des salariés postérieur à la pandémie. Le confinement et le télétravail ayant « révélé », par contraste, la médiocrité des conditions de travail, voire sa « perte de sens ». Le phé­nomène n’épargne pas la France, avec 400 000 démissions d’un CDI au troisième trimestre 2021. Les entreprises et la fonction publique peinent à attirer des candidats. S’agit-il, en période de reprise économique, du banal rééquilibrage d’un marché jusqu’alors favorable aux employeurs ? Ou d’une véritable « crise du consentement », explorée par les sociologues, gestionnaires, juristes, médecins, économistes et psychologues réunis à l’ESCP Business School, les 9 et 10 juin, pour un colloque intitulé « Consentir ? Pourquoi, comment et à quoi ? »

A première vue, il n’est rien de plus classique : le rapport de force entre employeurs et salariés s’est modifié en faveur de ces derniers. C’est l’heure de la revanche. Après des décennies difficiles, le débat se rouvre sur les augmentations de salaires et l’amélioration des conditions de travail.

Ce serait pourtant une grave erreur d’en rester à ce diagnostic. D’abord, le recours aux remèdes logiques (relèvement des salaires, allègement des aspects les plus pénibles des conditions de travail) se heurte déjà aux menaces qui pèsent sur la pérennité de la reprise. Ensuite, ces remèdes agissent sur les symptômes, plus que sur les causes. Il faut donc se placer en amont des phénomènes évoqués. N’est-ce pas ce que font, plus ou moins consciemment, les salariés démissionnaires ? Comment ne pas être intrigué par les multiples indices et témoignages, suggérant que la réticence des salariés à se contenter des emplois existants dépasse de beaucoup l’insuffisance du pouvoir d’achat ?

Ces mouvements de retrait peuvent, en effet, être observés aux deux extrémités de l’échelle des qualifications. D’un côté, les serveurs et cuisiniers désertent la restauration, les saisonniers les emplois touristiques, les infirmières l’hôpital, etc. De l’autre, de jeunes cadres bien payés désertent leur job dans la finance, le marketing ou la gestion pour se reconvertir dans des activités manuelles, tandis que des étudiants de grandes écoles font savoir collectivement qu’ils déserteront les belles carrières traditionnelles, dénuées de sens et/ou indifférentes à la transition écologique.

Certes, l’ordre de grandeur quantitatif est encore limité – mais pas l’ordre de grandeur qualitatif. Cette simultanéité révèle l’entrée en crise de ce que la philosophe Simone Weil [1909-1943] avait dénommé le « consentement au travail ». Précisons : le consentement au travail dans les entreprises (et les organisations publiques qui s’en rapprochent, comme les hôpitaux) telles qu’elles sont gouvernées.

Déserts médicaux :La faute à l’ordre des médecins

Déserts médicaux :La faute à l’ordre des médecins

 

Face à l’avancée des déserts médicaux, Michel Debout, professeur émérite de médecine légale et de droit de la santé, s’indigne dans une tribune au « Monde » du fait que l’ordre des médecins n’ait rien fait pour alerter les pouvoirs publics. Cette institution de droit privé a pourtant une connaissance exacte de la démographie médicale.

 

La santé des Français est la première victime de l’installation, partout sur le territoire national, zones rurales et urbaines comprises, des déserts médicaux. Alors que l’on s’interroge sur les responsabilités des ministres de la santé successifs, de droite et de gauche, depuis 1971, date de l’instauration du numerus clausus limitant drastiquement, chaque année, le nombre d’étudiants en médecine (donc celui des médecins en exercice dans le futur !), le rôle négatif de l’ordre des médecins n’est jamais évoqué : il est, pour moi, essentiel.

Cette institution de droit privé, chargée d’une mission de service publique, devait être supprimée après l’élection de François Mitterrand, selon la 85e proposition du programme qu’il avait présenté aux Français, mais rien n’en a été. Il a été maintenu, avec quelques modifications devant rendre son organisation plus démocratique et plus proche des praticiens.

Le premier rôle de l’ordre est d’être le gardien de la déontologie médicale qui dispose dans le 1er article de son code : « Le médecin exerce sa mission dans l’intérêt de ses patients et de la santé publique. » Comment ne pas admettre que le premier intérêt de la santé publique est que notre pays dispose d’un nombre suffisant de médecins, dans chaque spécialité d’exercice, et répartis équitablement sur le territoire national ?

 

Bien plus, lorsque l’on se rend sur le site officiel de l’ordre, on peut lire, dans la rubrique démographie médicale, l’affirmation suivante : « L’ordre des médecins dispose d’une expertise unique pour analyser la démographie médicale française grâce aux données des tableaux de l’ordre. » S’il est un organisme qui avait une connaissance précise, depuis des décennies, sur ce qui allait advenir en termes de démographie médicale, département par département, avec les données expertes sur les modes et le type d’exercice (influence de la féminisation de la profession), de l’âge de départ à la retraite, des spécialités en tension, c’est bien l’ordre !

Les résultats décevants de l’écologie politique : La faute à la croissance ?

 Les résultats décevants de l’écologie politique : La faute à la croissance ?

 

Le politiste Luc Semal  analyse dans une tribune au « Monde » la « situation inextricable » à laquelle ont mené cinquante ans de déni politique depuis la publication du rapport Meadows, en 1972.

 

Un article intéressant pour comprendre la prise en compte de la problématique écologique mais la mise en cause de la croissance paraît peu convaincante d’abord parce que démocratiquement elle n’a pas été retenue par les électeurs ensuite parce que le contenu même de cette croissance- qui mérite cependant d’être redéfinie–a considérablement évolué en 50 ans avec un particulier davantage de services que de biens matériels proprement dits. L’écologie politique gagnerait à mieux articuler réalité économique et préoccupations environnementales NDLR

 

Tribune.

 

 Cinquante ans après la publication du rapport Meadows sur les limites à la croissance, les résultats du premier tour de l’élection présidentielle peuvent donner une pénible impression de surplace. Impression fausse, car en réalité la situation a bien empiré depuis.

Avril 1972 : dans le cadre d’un référendum décidé par Georges Pompidou, les Français s’apprêtent à voter pour ou contre l’élargissement des Communautés européennes à quatre nouveaux pays, dont le Royaume-Uni. Le président en exercice de la Commission européenne, le socialiste néerlandais Sicco Mansholt, vient d’écrire que les conclusions générales du tout récent rapport Meadows – pas encore traduit en français – sont « si évidentes » qu’elles devraient désormais guider les décisions des instances européennes. Il s’attire ainsi les foudres de Georges Marchais qui, au nom du PCF, dénonce le « programme monstrueux » de Mansholt, lequel conduirait à un net recul du bien-être des Français. Puis, d’autres personnalités de premier plan, dont Valéry Giscard d’Estaing et Raymond Barre, critiquent à leur tour Mansholt en assurant, entre autres, que le nucléaire permettra bientôt de repousser toutes les limites énergétiques. D’autres au contraire, dont l’agronome René Dumont et le philosophe André Gorz, saluent l’initiative de Mansholt, tout en ajoutant que la thèse des limites à la croissance mériterait d’être mieux articulée avec la question des inégalités – car ce sont d’abord et surtout les plus riches qui doivent réduire leur train de vie et leurs aspirations matérielles.

L’épisode n’a pas duré longtemps mais, pour la première fois, le débat politique a brièvement porté sur ce thème nouveau : pour ou contre la croissance ? Pour ou contre l’expansion ? Alors que l’écologie politique française émerge comme une force politique nouvelle, la « controverse Mansholt-Marchais » est un épisode à la fois fondateur et frustrant pour les écologistes. Oui, on a enfin parlé des limites à la croissance ; oui, le thème trouve un écho inattendu et la dynamique du mouvement antinucléaire semble prometteuse pour les écologistes ; mais la virulence des critiques adressées de toutes parts à Mansholt montre que le monde politique et économique est vent debout contre toute remise en cause de la croissance et de l’expansion.

Avril 2022 : cinquante ans ont passé. Les Français viennent de voter pour le premier tour de l’élection présidentielle. La campagne a pu sembler agitée par des thèmes potentiellement porteurs pour l’écologie politique : un nouveau rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) plus alarmant que jamais, une guerre en Ukraine qui fait craindre pour la sûreté des centrales nucléaires, une hausse des prix de l’énergie comparable à un choc pétrolier et gazier, etc. Mais non. Le second tour se jouera entre un président sortant, dont le bilan écologique n’est pas à la hauteur des enjeux, et une candidate d’extrême droite dont le programme montre qu’elle ferait encore pire. Tous deux ont la conviction que la réponse à la crise écologique passe moins par la sobriété que par la relance de la croissance et du nucléaire. Depuis cinquante ans, la promesse de solutions techniques est restée un argument récurrent de relativisation des limites écologiques, qui transcende les différences partisanes et prétend que nous n’aurions pas à choisir entre transition écologique et abondance matérielle.

 

Déficit commercial : La faute des multinationales françaises

Déficit commercial : La faute des multinationales françaises 

Pour Vincent Vicard, directeur adjoint du Centre d’études prospectives et d’informations internationales, les politiques centrées sur la baisse des coûts de production n’ont pas permis d’améliorer la compétitivité de la France. (intreview le « Monde »)

Faut-il voir dans le creusement du déficit commercial français l’échec des politiques de réindustrialisation ?

La période actuelle [de pandémie de Covid-19] est vraiment particulière. Le secteur aéronautique, qui est plutôt résilient en temps normal, a été touché par la baisse du transport aérien, du tourisme. Et dans le même temps, les importations, notamment en provenance de Chine, ont augmenté dans les secteurs de la santé ou de l’électronique, avec l’explosion du télétravail.

Mais cela ne change pas la tendance de fond : la France enregistre un déficit de sa balance commerciale de biens depuis bientôt deux décennies. Il s’est surtout creusé au début des années 2000, jusqu’en 2012, avant de se stabiliser. Cela correspond en partie à une spécialisation de la France dans les services, dont elle est exportatrice.

Comment expliquer cette difficulté à réindustrialiser la France ?

Les gouvernements successifs ont avant tout misé sur des baisses générales d’impôt et de cotisation pour réindustrialiser le pays et donc réduire le déficit commercial. Il y a eu le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi [CICE, entré en vigueur en janvier 2013], le pacte de responsabilité en 2014, la baisse de l’impôt sur les sociétés à partir de 2017, qui est passé de 33 % à 25 %, soit un gain de 11 milliards d’euros par an pour les entreprises et, enfin, celle des impôts de production en 2020.

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Sur les 100 milliards d’euros du dernier plan de relance [France Relance, lancé en septembre 2020], 34 milliards ont été consacrés à la réindustrialisation, dont 20 milliards pour la baisse des impôts de production. Mais aucune étude ne permet d’affirmer que toutes ces mesures ont eu un impact sur la réindustrialisation. Depuis dix ans, les politiques ont privilégié la réduction des coûts de production – l’écart avec l’Allemagne, qui avait augmenté, est revenu au même niveau qu’en 2001 – sans vraiment améliorer la compétitivité du pays.

Quelles sont les solutions à la baisse des coûts de production ?

Parmi les différentes pistes, il y a le rôle des multinationales. La dégradation du déficit commercial français au début des années 2000 correspond en grande partie à la dégradation du solde commercial des multinationales françaises. Pendant cette période, les délocalisations s’accélèrent, tout comme les embauches à l’étranger. Elles emploient aujourd’hui 6,1 millions de personnes à l’étranger, soit beaucoup plus que leurs homologues allemandes ou japonaises par exemple. Elles n’ont pas hésité à déplacer des pans entiers de leur production.

 

« Emmerder » «Le président de la République a commis une faute» ( président du sénat

« Emmerder »  «Le président de la République a commis une faute» ( président du sénat)

 

Déclare dans le Figaro que le président de la république a commis faute en déclarant vouloir « emmerder des Français ».

Une faute d’autant plus grave qu’elle a été faite consciemment pour s’allier un certain courant populiste ambiant alors qu’il ne s’agit que d’un élitisme condescendant et insultant. La preuve supplémentaire que le niveau de la campagne électorale ( la déclaration est davantage celle d’un candidat que d’un président) n’est guère à la hauteur des enjeux. Gérard Larcher, président du Sénat rappelle à l’ordre le président comme le candidat dans le Figaro:

«  L’élection présidentielle est la clé de voûte de nos institutions. C’est le chef de l’État que nous allons élire au mois d’avril prochain. Doit-on accepter, et finalement se satisfaire, d’un tel abaissement du débat démocratique? Emmanuel Macron ne peut sciemment utiliser la provocation pour hystériser le débat politique. La fonction présidentielle impose de la retenue et de la mesure. La campagne électorale doit obéir à quelques exigences indispensables aux enjeux de cette élection. Cette surenchère verbale n’est pas digne de la crise que vivent les Françaises et les Français depuis deux ans. Je dis au président de la République: votre fonction vous oblige, vous devez rassembler une nation archipélisée et profondément fracturée qui n’a nul besoin de crispations supplémentaires. Je dis au désormais candidat… »

Meetings LREM: jauge faute de participants ?

Meetings LREM: jauge faute de participants ? 

 

 

D’une certaine manière le parti pouvoir de la république en marche s’autocensure en décidant de lui-même d’appliquer la jauge de 2000 personnes imposé à la participation dans des lieux clos. On ne dépassera donc pas ce chiffre pour les meetings de la république en marche.

Un chiffre qui pourrait bien arranger la majorité présidentielle qui éprouve quelques difficultés à mobiliser des militants locaux dont beaucoup ont été déçus par la politique de Macron.

Certes ici ou là on pourra organiser des réunions avec une certaine participation mais de toute évidence il ne sera pas possible de les multiplier en l’absence d’implantation réelle du parti du président de la république.

Il se pourrait que cette autocensure de la république en marche puisse inspirer les orientations qui seront décidées après la concertation avec les autres forces politiques. En effet fin d’encadrer les meetings politiques, une commission sur l’organisation de l’élection présidentielle pourrait être réunie par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin. L’ensemble des formations devraient y être invitées. Et ce, afin de « nous accorder sur des règles qui soient évidemment protectrices par rapport à la situation sanitaire mais qui tiennent compte de la spécificité de cette activité fondamentale.

Énergie renouvelable : la faute à EDF !

Énergie renouvelable : la faute à EDF !

 

L’économiste Emmanuel Buisson-Fenet et l’entrepreneur Pierre-Emmanuel Martin (du lobby du renouvelable) estiment, dans une tribune au « Monde », que c’est l’ouverture du marché de l’électricité et la pression des nouveaux acteurs qui ont permis l’émergence d’un éolien et d’un solaire « compétitifs ».Une vision évidemment très libérale et très contestable sur le plan énergétique puisque le solaire et surtout l’éolien sont très subventionnés.

 

Tribune.

 

La gauche, fragmentée et affaiblie, peu à même d’offrir à ses électeurs potentiels un horizon partagé, se serait-elle trouvé un nouveau mantra : transformer tout problème en « bien commun » sauvé par l’Etat central ? C’est ce que laisse croire une tribune consacrée au marché de l’électricité publiée le 31 mai dans Le Monde, qui semble réconcilier Thomas Piketty, Jean-Luc Mélenchon, Arnaud Montebourg, Eric Piolle et Benoît Hamon.

Le texte ne propose rien de moins que de faire de l’électricité un « bien commun » sorti du marché, ce qui signifie pour les auteurs de confier sa production, sa distribution et sa fourniture à un opérateur public qui serait le seul à investir dans la transition énergétique, avec le retour à un tarif réglementé, et une dose de « contrôle citoyen » pour faire bonne mesure.

Cette tribune a de quoi désespérer ceux qui appellent de leurs vœux une transition énergétique efficace et juste, mais s’intéressent à l’économie de l’énergie, à l’histoire du marché de l’électricité, et aux expériences menées dans le reste de l’Europe.

D’abord, cette tribune semble ignorer les caractéristiques de base du marché de l’électricité. Elle affirme que le prix de l’électricité a augmenté à cause de la seule libéralisation du marché, en l’imputant aux frais de gestion et aux profits des opérateurs, ce qu’aucune statistique ne confirme. La hausse du prix de l’électricité au moment de l’ouverture à la concurrence ne doit pas être imputée naïvement à cette dernière, en confondant corrélation et causalité.

La hausse du prix s’explique par de multiples facteurs, comme la baisse du facteur de charge des centrales nucléaires d’EDF, la demande sociale d’une sécurité accrue des moyens de production et de distribution – l’enfouissement, ça coûte cher –, ou encore la hausse des prix des énergies fossiles, dont dépend le coût du kWh supplémentaire, le « coût marginal », nécessaire pour fournir de l’électricité lorsque la demande augmente. C’est un problème structurel sur ce marché : le prix de l’électricité dépend de celui du gaz et du pétrole, et le retour au monopole n’y changerait rien.

Autre vieille lune, la croyance dans le fait qu’un monopole public adossé à l’Etat investirait plus massivement et plus efficacement que tout autre acteur. C’est refuser d’abord de voir que tous les pays qui sont en avance dans la transition énergétique aujourd’hui font le choix inverse, parce que les acteurs privés sont plus à même d’apporter des solutions innovantes, et que les projets sont le plus souvent portés par une combinaison complexe entre investisseurs publics et privés, initiatives des collectivités territoriales et acteurs de l’économie sociale et solidaire, solutions impossibles en refermant le secteur public sur lui-même.

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