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Cahuzac : du compte caché au conte fantastique

Cahuzac : du  compte caché au conte fantastique

 

 

Merveilleuse et lamentable affaire Cahuzac  qui risque de faire  l’actualité pendant des semaines et des mois tellement l’histoire qu’il raconte est romanesque. Voilà maintenant qu’après avoir dissimulé et menti,  il attribue à Michel Rocard les raisons de ces détournements financiers. Une histoire évidemment incroyable d’autant qu’il ajoute immédiatement que Michel Rocard n’était pas au courant. Au moins préserve-t-il la mémoire d’un des rares hommes exemplaires du système politique ;  ceci étant cette affaire est significative des modes de fonctionnement du système politique, des pratiques des apparatchiks et de la collusion entre l’argent et la politique. Certes on ne peut accuser tout les responsables de malversations surtout de ce type mais tous ou presque sont prisonniers en quelque sorte du mode de financement des organisations politiques et des combines des personnages troubles  de leur entourage qui en profitent pour s’enrichir. Le plus pitoyable dans l’argumentation de Cahuzac  c’est  qu’il refuse de donner les noms de ses donateurs et de ceux des proches de Michel Rocard pour lesquels soi-disant il travaillait. Il y a quelque chose de merveilleux tout autant que pitoyable dans les différents versions de Cahuzac  que qui pourrait maintenant sans doute se reconvertir dans le roman. Cet homme sait nous tenir en haleine dans un environnement de bas-fonds il y a quelque chose d’Eugène Sue. De Machiavel et d’Arsène Lupin aussi.  Le premier compte bancaire en Suisse ouvert par Jérôme Cahuzac n’a pas servi à cacher ses avoirs mais à financer de manière occulte l’activité politique de l’ancien Premier ministre Michel Rocard en 1992-1993, après sa démission, a déclaré lundi l’ancien ministre du Budget devant le tribunal correctionnel de Paris. Ces révélations de l’homme au centre du plus gros scandale du quinquennat de François Hollande, jugé à Paris pour fraude fiscale et blanchiment, ont surpris le tribunal, qui l’a assailli de questions. Devant les juges, il avait en effet reconnu l’existence de son compte caché à l’étranger, tout en assurant l’avoir approvisionné exclusivement avec des revenus tirés de ses activités de chirurgien et d’une mission de conseil auprès d’un laboratoire pharmaceutique. « Après mes aveux, j’ai décidé de tout prendre sur moi, pour ne pas faire de mal » à Michel Rocard notamment, a déclaré lundi Jérôme Cahuzac à la barre. « J’ai beaucoup hésité à dire ce qu’il en était ou à m’en tenir à la version de l’instruction. Si je me suis décidé à vous en parler, c’est qu’en conscience, je ne crois pas que ça nuira à son héritage politique. Ses amis ont fait comme tout le monde, parce qu’on ne pouvait pas faire autrement », a-t-il ajouté, se disant persuadé que l’ex-Premier ministre « ignorait tout ». Ce financement occulte provenait de laboratoires pharmaceutiques, a indiqué l’ancien ministre. Jérôme Cahuzac dit s’être vu confier pour mission, au printemps 1992, de trouver de l’argent auprès de dirigeants de l’industrie pharmaceutique pour financer l’activité de son mentor, qu’il avait suivi au pouvoir en intégrant le cabinet de son ministre de la Santé, Claude Evin, puis hors du pouvoir, après sa démission. « Il m’est alors dit que la seule façon d’aider ne peut être que de manière occulte et parallèle », a-t-il expliqué lundi. De retour dans les bureaux de Michel Rocard, où il rapporte les propos des industriels, Jérôme Cahuzac raconte qu’on lui répond, en substance, « pourquoi pas, mais pas en France. » « Puisque ça ne doit pas se faire en France, je demande à (l’avocat) Philippe Péninque d’ouvrir un compte en Suisse », poursuit Jérôme Cahuzac, ajoutant qu’à l’époque, le financement occulte était la règle, dans tous les partis. L’ouverture de ce compte, auprès de la banque suisse UBS, « c’était du financement politique pour un homme dont j’espérais qu’il aurait un destin national », explique encore l’ancien ministre, qui dit l’avoir fait par « militantisme sincère ». Interrogé par le président du tribunal sur les hommes politiques, proches de Michel Rocard, qui lui ont donné le feu vert pour se lancer dans ce financement occulte, Jérôme Cahuzac a refusé de donner des noms, riant parfois devant l’insistance du président, qui lui a demandé s’ils avaient toujours des responsabilités politiques. Certaines de ces « personnalités politiques » ont « progressé », s’est-il contenté d’indiquer. Y avait-il un commanditaire qui coordonnait tout cela, lui demande le président ? Pas vraiment, sous-entend l’ancien ministre : « C’était un bazar dont vous n’avez pas idée ». Ce financement de l’ex-Premier ministre (1988 à 1991), décédé le 2 juillet dernier, a duré sept mois, de novembre 1992 à mai 1993, assure Jérôme Cahuzac. Puis il a pris fin en 1993, après la « déroute des législatives », raconte-t-il à la barre. Jérôme Cahuzac dit s’être alors tourné vers « la ou les personnes » qui lui avaient demandé de gérer ce financement occulte, pour savoir que faire de ces fonds, qui « ne lui appartiennent pas ». « Tu ne bouges pas, on te dira », lui répondent-elles. « On ne m’a jamais dit ». (Avec Reuters)




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