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« Gilets jaunes » : « ne pas réduire à l’extrême droite »

« Gilets jaunes » : « ne pas réduire  à l’extrême droite »

Eric Charmes, chercheur en études urbaines à l’université de Lyon. Estime que réduire le mouvement des gilets jaunes à l’extrême droite est une caricature. (Interview France info)

 

 

Après la mobilisation du 17 novembre, est-il possible de dresser un portrait-type du « gilet jaune » ?

Eric Charmes : C’est un mouvement hétérogène. Il y a des profils divers et des motivations diverses. Ce sont surtout des personnes qui vivent dans les périphéries des métropoles qui se sont mobilisées. Sur Slate.fr, le journaliste Jean-Laurent Cassely soulignait – à juste titre – que les lieux de rassemblement sont des ronds-points, des parkings de supermarchés et non des places de centre-villes, à la différence d’un mouvement comme Nuit debout, par exemple. Cela dit quelque chose de la sociologie et de la géographie du mouvement.

C’est un mouvement d’habitants des territoires périurbains, des petites villes éloignées des métropoles, là où on n’a pas d’autre choix que d’utiliser la voiture pour se déplacer. Autre observation : ce n’est pas la population la plus pauvre au sein de la population française qui s’est mobilisée. A La Tour-du-Pin, qui est une ville plutôt pauvre, les gens sont venus des villages alentour. Il s’agissait de personnes souvent propriétaires d’une maison, ou train de la rembourser, et qui possèdent au moins une voiture…

Est-ce un mouvement des campagnes contre les villes ?

En parlant avec les participants, on ne remarque pas de discours anti-villes. A La Tour-du-Pin, les gens ne s’expriment pas contre Lyon ou contre les Lyonnais. Ce n’est pas la France périphérique contre la France des métropoles. Paris est la seule ville qui est citée de façon péjorative, parce que Paris incarne l’élite nationale, les riches…

Par ailleurs, il n’y a pas non plus de sentiment anti-écologique. Les gens ne réclament pas l’autorisation de continuer à polluer avec leur diesel. En revanche, ils soulignent le fait que l’Etat disait dans les années 90 et pendant des années que le diesel était meilleur pour l’environnement. Aujourd’hui, on dit que ce n’est plus le cas. Sauf qu’ils n’ont pas forcément les moyens de changer de véhicule…

Quelle place occupe le prix des carburants dans la colère des « gilets jaunes » ? 

Les revendications sont difficiles à saisir car nous ne sommes pas face à un mouvement structuré, porté par des représentations comme des syndicats ou un parti… Ils le disent tous, d’ailleurs : l’augmentation du carburant est finalement un prétexte, la goutte d’eau qui fait déborder le vase, pour exprimer une colère plus générale.

Les discours sont marqués par le sentiment d’injustice. Ce sont des gens qui ont des budgets extrêmement contraints et des fins de mois difficiles, qui peuvent entendre le fait de devoir se serrer la ceinture, mais il faut que la charge soit équitablement répartie. Clairement, il y a le sentiment que ce n’est pas le cas actuellement.

Lorsqu’on parle avec eux, ils disent qu’ils peuvent faire face à quelques centimes d’augmentation sur les carburants, mais ils parlent du coût de la carte grise, de la CSG dans le cas des retraités… Dans ce contexte, ils refusent par exemple de contribuer au renouvellement de la porcelaine de l’Elysée. Cela peut être poujadiste mais ils ont le sentiment réel qu’ils payent pour que les riches s’enrichissent et que les classes moyennes, elles, ne voient rien venir.

Cette révolte semble aussi l’occasion de défendre un mode de vie…

Oui, les « gilets jaunes » se sentent mal perçus ou pas respectés parce que leur mode de vie serait polluant. Dans les commentaires sous les articles des sites d’information, j’ai pu lire l’expression d’un mépris pour une France moche, peuplée de beaufs qui roulent dans des diesels polluants et qui s’enferment dans leurs pavillons pour regarder la télé tous les soirs… Ce mépris-là, il est ressenti et évidemment mal perçu. Cela me rappelle les débats qui ont suivi un dossier sur la « France moche », publié en 2010 par Télérama.

 

 

 

Mais pour rien au monde, les personnes qui se sont mobilisées iraient habiter dans le centre d’une grande ville qui leur semble bien plus pollué que là où elles vivent. « Pourquoi habiter à la campagne nuirait-il à l’environnement ? » se demandent-elles.

Au delà de l’aspect rural, on évoque le concept de « France périphérique »…

L’auteur de cette notion, le géographe Christophe Guilluy, estime que c’est un mouvement qui incarne la « France périphérique ». On peut le constater aussi avec certaines nuances. Christophe Guilluy insiste beaucoup sur la question identitaire. Il assimile la France périphérique à une France blanche, où la pauvreté de Blancs s’opposerait à d’autres. Or, il est question ici de revendications sociales et de pouvoir d’achat. Même si des dérives racistes ont été constatées, ou même si le Rassemblement national est bien ancré dans le mouvement, les « gilets jaunes » ne sont pas une mobilisation identitaire.

Autre réserve, ce n’est pas toute la  »France périphérique » qui était dans la rue. Il s’agit d’une mobilisation de classes moyennes inférieures et de classes populaires. Les gens vous donnent facilement le montant de leur salaire, souvent de l’ordre de 1 400 à 1 500 euros, avec deux enfants …  Les personnes les plus pauvres au sein de la population française n’étaient pas « gilets jaunes ». Mais c’est indéniablement un mouvement qui donne forme à quelque chose au sein de cette France périurbaine.

Quel est le poids des sympathisants du Rassemblement national dans ce mouvement ?

Si je prends l’exemple de La Tour-du-Pin, il s’agit d’une commune qui vote plutôt dans la moyenne nationale. Mais dans les villages alentour, Marine Le Pen a fait plus de 45% au premier tour de la présidentielle en 2017. Donc c’est un contexte, dans les revendications comme dans les populations mobilisées, favorable au RN. Toutefois, il s’agit de zones où l’abstention représente parfois une part très importante. On peut arriver à des ratios où trois personnes sur quatre n’ont pas voté Rassemblement national.

D’autre part, les « gilets jaunes » se disent très apolitiques. Ce qui est peut-être le plus inquiétant, au sens où beaucoup n’y croient plus et n’ont plus confiance dans la politique. Mais on aurait tort de réduire ce mouvement à l’extrême droite. Il est question d’injustice, de difficultés à boucler les fins de mois : leurs voix ne me semblent pas susceptibles d’être exclusivement portées par l’extrême droite et ça ne devrait pas être étranger à la gauche par exemple… Dans les discours, on entend une remise en cause d’un système global. Aujourd’hui, il est incarné par Macron mais finalement aussi par Hollande et Sarkozy avant lui.

Comment expliquez-vous le bilan sécuritaire très lourd de la journée du 17 novembre ? 

Ces violences sont importantes mais on aurait tort de réduire le mouvement les « gilets jaunes » à ces incidents. C’est une mobilisation où des gens se mettent autour de ronds-points, sur la route en tout cas, avec des voitures. En face, d’autres gens peuvent être énervés parce qu’ils perdent du temps ou tout simplement parce qu’ils ne partagent pas les revendications du mouvement… Mais la voiture, c’est dangereux et ça peut tuer…

Par ailleurs, de nombreux rassemblements n’étaient pas encadrés. Leur spontanéité a pu créer des situations qui sont objectivement dangereuses. Tout cela est à prendre en compte, indépendamment du fait qu’il y ait aussi eu des éléments radicaux prêts à en découdre.

Vauquiez offre LR à l’extrême droite l’(UDI)

Vauquiez offre LR à l’extrême droite l’(UDI)

 

 

Rien ne va plus entre les alliés historiques l’UDI d’une part, LR d’autre part depuis l’élection de Vauquiez comme patron des Républicains. En cause la dérive droitière de Vauquiez qui offre en quelque sorte ce qui reste des Républicains au FN en reprenant la plupart des thèses extrémistes.  - Le centriste Jean-Christophe Lagarde, réélu samedi à la présidence de l’UDI, a fustigé l’orientation prise par Les Républicains (LR), qu’il accuse de dériver vers l’extrême droite sous la direction de Laurent Wauquiez. “La droite est en train de renier sous l’impulsion de Laurent Wauquiez le gaullisme, le chiraquisme; elle est en train de trahir ses propres valeurs dans une dérive vers l’extrême droite dont elle adopte les mots”, a déclaré Jean-Christophe Lagarde lors du congrès de son parti, à Paris. En tentant de conquérir une partie de l’électorat du Front national, “Laurent Wauquiez est en train d’offrir la droite, ou en tout cas une partie de la droite, à Marion Maréchal-Le Pen”, a poursuivi le député de Seine-Saint-Denis. Près de sept Français sur dix (68%) jugent Marion Maréchal-Le Pen plus capable que sa tante, Marine Le Pen, de représenter le Front national à la présidentielle de 2022, selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting paru jeudi. L’ex-maire de Drancy a pris en exemple l’appel de Marine Le Pen à voter en faveur d’un candidat LR lors d’une législative partielle à Mayotte, une initiative qui est selon lui appelée à se reproduire. “Quand on a les mêmes idées, quand on professe les mêmes discours, on finit par se retrouver sur les mêmes listes électorales”, a encore dit Jean-Christophe Lagarde, qui a offert au passage d’être un refuge pour “la droite de progrès”.

Fondée en 2012 par Jean-Louis Borloo, l’UDI se cherche un avenir après la rupture avec son allié traditionnel et le départ de plusieurs de ses composantes, dont le Parti radical valoisien désormais réunifié avec son vis-à-vis de gauche. La formation centriste n’appartient pas à la majorité mais se dit disposée à collaborer avec l’exécutif au coup par coup.

Les Républicains : un glissement vers l’extrême droite (Darmanin)

Les  Républicains : un glissement vers l’extrême droite (Darmanin)

 

Darmanin(LR), accuse une partie de la droite de dériver « vers l’extrême droite » dans un entretien au Monde publié jeudi, en prenant Laurent Wauquiez pour cible prioritaire. Les déclarations du ministre des Comptes publics, qui a grandi en politique aux côtés de Xavier Bertrand, font écho à celles de l’ex-sarkozyste Frédéric Lefebvre, en partance de son parti d’origine tenu, selon lui, par un « un quarteron de généraux sectaires ». Depuis un mois, la nouvelle donne créée par l’élection d’Emmanuel Macron a ravivé les divisions à droite, les uns jugeant possible de travailler avec le chef de l’Etat, les autres estimant qu’il faut maintenir avec le pouvoir une séparation étanche. « Ceux qui ont choisi d’être ministres d’un chef de gouvernement de droite (Edouard Philippe-NDLR) sont vus comme des traîtres », regrette Gérald Darmanin dans le Monde. « Mais quand M. Wauquiez annonce un meeting avec Sens commun, quand Marion Maréchal-Le Pen dit qu’elle peut travailler avec lui, quand une partie de la droite dérive vers l’extrême droite, il n’y aurait aucun problème. Moi je reste fidèle à mes convictions », ajoute-t-il. « M. Wauquiez a manifestement des accointances avec des thèses qui ne sont pas celles du gaullisme et de la démocratie chrétienne », poursuit le ministre, qui avait soutenu – comme Laurent Wauquiez – Nicolas Sarkozy durant la primaire de la droite, l’an dernier. Ce réquisitoire donne un avant-goût de la lutte pour la reprise en main de LR qui se prépare. Les dirigeants du parti prêtent à Laurent Wauquiez, tenant de la ligne droitière, l’intention de prendre l’appareil pour servir de futures ambitions élyséennes. Mais le président du conseil régional d’Auvergne-Rhône-Alpes pourrait ne pas être seul sur les rangs. L’ex-Premier ministre Jean-Pierre Raffarin avance, dans L’Express de cette semaine, les noms de Xavier Bertrand et Valérie Pécresse, qui dirigeant respectivement les régions Hauts-de-France et Île-de-France.

Autriche Présidentielle : l’extrême droite largement battue

Autriche Présidentielle : l’extrême droite largement battue

Alexander Van der Bellen, 72 ans, Le candidat indépendant, ex-dirigeant écologiste a recueilli 53,6% des voix, contre 46,4% pour Norbert Hofer , candidat de l’extr^me droite. . Ce dernier, âgé de 45 ans, avait été battu de justesse (avec un peu moins de 31.000 voix d’écart) le 22 mai dernier par Alexander Van der Bellen, 72 ans, qui l’avait emporté avec 50,3% des suffrages, mais le résultat du scrutin avait été annulé par la Cour constitutionnelle en raison d’irrégularités dans le dépouillement des votes par correspondance. Cette élection visait à trouver un successeur au social-démocrate Heinz Fischer, président depuis 2004 et qui ne pouvait briguer un troisième mandat. Bien que le rôle du chef de l’Etat autrichien soit essentiellement protocolaire, Norbert Hofer et le FPÖ voulaient faire de ce scrutin un symbole en prévisosn des législatives et engranger une nouvelle victoire pour le camp populiste, six mois après le Brexit et un mois après la victoire de Donald Trump aux Etats-Unis. Le parti d’extrême droite entendait conforter son implantation dans le paysage politique autrichien et transformer ce scrutin en tremplin vers la Chancellerie, le coeur du pouvoir exécutif, lors des législatives prévues au plus tard en 2018.

Montée de l’extrême droite, pourquoi ? (François Lafond)

Montée de l’extrême droite, pourquoi ? (François Lafond)

 

Interview de François Lafond, directeur général du think-tank européen EuropaNova. (Interview  de Challenges)

 

Les bons scores obtenus par le Front National aux régionales s’inscrivent-ils dans une montée générale des extrêmes droites en Europe?

Partout en Europe, il y a un rejet des partis traditionnels de gouvernement et de la mondialisation. L’intégration européenne du fait de sa complexité est perçue comme une contrainte imposée aux Etats. On voit donc une montée des partis antisystème, qui n’ont pas encore exercé le pouvoir. Mais cela ne se traduit pas partout par un vote à l’extrême droite. L’extrême gauche tire aussi son épingle du jeu, que ce soit Syriza en Grèce ou Podemos en Espagne. Au Royaume-Uni, le UKip milite pour l’indépendance vis-à-vis de l’Europe mais ne se considère pas comme un parti d’extrême droite semblable au FN. Le point commun de ces partis est de lutter contre la mondialisation et de reprendre de la souveraineté. Leurs programmes économiques sont d’ailleurs assez proches, qu’ils se situent à gauche ou à droite.

Comment expliquer qu’en France ce soit l’extrême droite qui profite de la situation et pas chez nos voisins?

Il y a des raisons historiques qui font que l’Espagne, le Portugal ou la Grèce n’ont pas basculé à l’extrême droite. Ces pays restent traumatisés par les dictatures de droite des années 1970. De même, le parti anti-européen a eu du mal à percer en Allemagne car il est difficile d’aller à l’extrême droite depuis la seconde guerre mondiale. En France, le parti communiste a déjà été au pouvoir dans les années 1980 et 1990 avec le parti socialiste et a perdu sa capacité à constituer une alternative. Il y aussi un phénomène de rajeunissement propre à l’extrême droite française: si Jean-Marie Le Pen était resté au Front National, le parti n’aurait pas fait le même score. Désormais, le FN est dirigé par sa fille Marine et a la plus jeune députée de France avec sa nièce Marion Maréchal-Le Pen. A l’inverse, les partis traditionnels n’ont pas su faire de place aux jeunes et aux femmes. Ainsi, Jean-Pierre Masseret, le candidat socialiste dans l’Est, a 71 ans et apparaît comme celui qui ne veut pas lâcher son poste.

Comment les partis traditionnels peuvent-ils reprendre la main?

En fait, on n’a pas fait assez d’Europe, les Etats membres ne sont pas allés au bout de la logique qu’ils souhaitaient instaurer. On a fait l’euro mais cela ne marche pas s’il n’y a pas de coordination fiscale et budgétaire. On a fait l’espace Schengen mais on n’a pas renforcé les frontières extérieures de l’Union, comme cela était prévu, notamment en Italie et en Grèce. Les dirigeants ont souvent tendance à rejeter la faute sur l’Europe mais ce sont les Etats-membres et le Conseil qui prennent les décisions. En France, le Quai d’Orsay et Bercy doivent accepter d’aller vers davantage de régulation supranationale, de transférer des pouvoirs à une démocratie européenne qui fonctionnerait mieux. Un seul Etat ne pourra pas apporter de réponse pertinente sur des sujets comme le terrorisme ou l’environnement.

Renforcement des services de renseignement : l’extrême droite et extrême gauche contre !

Renforcement des  services de renseignement : l’extrême droite et extrême gauche contre !

Curieux une nouvelle fois cette alliance objective entre l’extrême droite, l’extrême gauche , aussi les corpo ;  une alliance pas nouvelle en fait très réactionnaire car elle ne tient pas compte de la nécessaire adaptation à la situation de guerre contre le terrorisme. Oui, c’est une  atteinte à certaines libertés individuelles mais c’est le prix à payer pour assurer la paix et la sécurité du collectif national. Ou alors il faudra attendre combien d’attentats pour réagir ?  Ce projet au contraire ne va pas assez loin. Par ailleurs c’est une mobilisation aussi de la société civile qu’il fauta décréter. Le gouvernement a présenté jeudi un projet de loi qui renforce les services de renseignement, qui n’auront désormais plus à solliciter l’autorisation d’un juge pour des missions de surveillance et d’infiltration contre le terrorisme. Deux mois après les attentats djihadistes qui ont fait 17 morts en France, le Premier ministre Manuel Valls a estimé que ce texte donnait des moyens appropriés à la lutte antiterroriste tout en respectant les libertés individuelles, un avis que ne partagent pas nombre d’associations et d’avocats.   »Face à l’accroissement de la menace djihadiste, il faut renforcer encore l’efficacité de la surveillance des terroristes », a-t-il dit lors d’une conférence de presse.   »Aujourd’hui, seul un individu sur deux qui arrive en Syrie a été préalablement détecté avant son départ, nous devons donc encore (….) resserrer les mailles du filet de la surveillance des individus radicalisés et dangereux », a-t-il ajouté en insistant sur l’attentat de mercredi en Tunisie.  En pratique, les services pourront effectuer des « interceptions de sécurité » sur les emails et les conversations téléphoniques, poser des balises sur les voitures des suspects, des micros ou des caméras à leur domicile, ou encore installer des « keyloggers », des logiciels permettant de lire et d’enregistrer en temps réel ce qu’une personne tape sur le clavier de son ordinateur. Le projet de loi prévoit en outre d’autoriser le recours à des appareils espions tels que l’ »Imsi Catcher », une forme de relais de téléphone mobile qui permet d’intercepter sans distinction la totalité des communications téléphoniques, SMS, trafic internet dans un large rayon. Le texte contient aussi des dispositions visant à imposer aux fournisseurs d’accès à Internet de mettre en oeuvre des systèmes de détection automatique des comportements suspects.  Le chef du gouvernement a récusé les accusations selon lesquelles cette nouvelle loi aurait été élaborée dans l’urgence et a rappelé que la décision de légiférer avait été prise par François Hollande en juillet 2014. « Ce n’est pas un ‘Patriot Act’ à la française », a assuré Manuel Valls en référence aux lois antiterroristes adoptées par les Etats-Unis après les attentats du 11 septembre 2011. La création d’une nouvelle autorité administrative, la Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement, garantira selon lui le respect de la vie privée. Ce texte encadre des pratiques déjà largement utilisées par les services mais, pour le gouvernement, la nouvelle loi donne un cadre légal à toutes ces activités.   »Il n’y aura plus de zone grise », a déclaré Manuel Valls, qui prévoit une adoption du projet de loi avant l’été. Des associations, avocats et acteurs du numérique s’inquiètent de ce projet de loi qu’ils jugent « dévastateur » pour les libertés individuelles. « Ce projet légaliserait des pratiques de surveillance extrêmement intrusives sans autorisation préalable ni contrôle du juge, pourtant gardien des libertés individuelles », déclare Amnesty international. « Ce projet de loi est dévastateur pour les libertés individuelles », estime le Syndicat des avocats de France (SAF), deuxième force syndicale au Conseil national des barreaux. L’Ordre des avocats de Paris exprime également ses inquiétudes face « à un texte lacunaire réalisé sans aucune concertation préalable du monde judiciaire ». La Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) émet de sérieuses réserves, selon Le Monde, qui dit avoir consulté le futur avis. Pour la Cnil, les dispositifs de surveillance opèrent un changement « aux conséquences particulièrement graves sur la protection de la vie privée et des données personnelles. » La Quadrature du Net, association de défense des libertés sur internet, appelle les citoyens à résister à une « incroyable dérive du gouvernement en matière de surveillance des citoyens ». « Je m’inquiète de l’approche strictement sécuritaire qui caractérise les discussions et les textes de loi visant à renforcer la lutte contre le terrorisme », a dit Nils Muiznieks, commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe. Pour le Parti de gauche, « on ne peut tolérer que des pratiques s’inspirant du Patriot Act américain soient ainsi reconnues ».

 

UMP : la secrétaire nationale d’extrême droite virée

 

UMP : la secrétaire nationale d’extrême droite virée

 

Fatima Allaoui, récente secrétaire nationale de l’UMP,  a  admis avoir adhéré il y a un mois, à un parti d’extrême droite. L’information avait déjà été confirmée, dans le courant de la journée, par le président du Siel, Karim Ouchikh, qui a d’ailleurs indiqué avoir entamé «une procédure d’exclusion» de l’élue UMP. La principale intéressée a elle-même décrit à «Libération» son passage au micro-parti allié au FN via le Rassemblement bleu marine comme «une crise d’adolescence politique».  Dans son communiqué de ce lundi, NKM, partisane d’une ligne modérée, revient sur les raisons de cette nomination, désormais caduque. Elle rappelle que Fatima Allaoui, conseillère régionale UMP dans le Languedoc-Roussillon, avait été «nommée secrétaire nationale de l’UMP pour son parcours, ses compétences et son engagement politique». Mais surtout qu’elle «n’avait jamais laissé transparaître la moindre ambiguïté à l’égard du Front National et des partis d’extrême droite».  La députée de l’Essonne, qui avait proposé son nom, estime sa «confiance trahie». Et tient à rappeler qu’«aucun rapprochement avec l’extrême droite ne sera toléré».

 

UMP: à la place de Morano, Sarkozy nomme une secrétaire nationale d’extrême droite

 

UMP: à la place de Morano, Sarkozy nomme une secrétaire nationale d’extrême droite

 

Au moins une qui ne cache ses ambitions  « elle veut être élue ». C’est pour cela qu’elle avait rejoint le FN (via un micro parti extrême droite affilié au rassemblement bleu marine de Marine Lepen). Du coup elle revient au bercail à la place que Morano a refusée.  Nicolas Sarkozy avait promis à sa famille politique le rassemblement, il avait visiblement vu très large. Dans son équipe, le nouveau président de l’UMP a ainsi nommé vendredi Fatima Allaoui, une conseillère régionale du Languedoc-Roussillon transfuge… d’un micro-parti d’extrême droite, révèle Libération. L’élue a hérité du poste de secrétaire nationale à la formation professionnelle, raconte le quotidien ce dimanche. A l’origine, ce poste devait revenir à Nadine Morano, à qui Nicolas Sarkozy l’avait proposé. Devant le refus de l’ancienne ministre, l’ancien chef de l’Etat s’est tourné vers Nathalie Kosciusko-Morizet, qui lui a suggéré un nom: celui de Fatima Allaoui, jusqu’alors membre du Siel (Souveraineté, indépendance et liberté), affilié au Rassemblement Bleu Marine, une sous-formation politique liée au Front national. Ancienne de l’UMP, Allaoui avait claqué la porte du parti il y a quelques mois, déçue de ne pas obtenir l’investiture aux élections départementales. Après avoir rejoint le Siel, elle s’était alors tournée vers Robert Ménard, le maire de Béziers, pour qu’il la soutienne. En vain. Interrogée par Libération, la nouvelle sarkozyste explique avoir «fait une crise d’adolescence politique» et avoir sollicité l’extrême droite «par désespoir de cause et pour augmenter (ses) chances d’être élue». Proche de NKM, elle assure qu’elle a quitté le Siel et qu’elle a repris sa carte à l’UMP.

 




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