Archive pour le Tag 'Evolution'

Quelle évolution alimentaire ?

Quelle évolution  alimentaire ?

 

En 1966 sortait un classique de la littérature de Science-Fiction : Soleil Vert, une dystopie qui imaginait les conséquences pour les habitants de New York d’une surpopulation et d’une surexploitation des ressources mondiale en 2022. Par Alison Imbert, Directrice d’Investissement à Partech ( dans la Tribune)

Tribune

 

Dans une ville surpeuplée où la température ne descend jamais sous les 33°C, les habitants souffrent de la faim et la nourriture issue de l’agriculture devenue rare n’est réservée qu’à une élite riche. Nous sommes en 2022 et heureusement pour les habitants de New York, la situation n’est pas aussi sombre. Cependant, les effets du réchauffement climatique, l’accroissement démographique et plus récemment la guerre en Ukraine remettent en avant le sujet de l’exploitation des ressources naturelles et ravivent les craintes de pénuries alimentaires.

Partech, en tant que fonds de capital risque, cherche à identifier des tendances de fond au sein de la Foodtech qui pourraient permettre de nourrir une population mondiale grandissante en étant plus respectueux de nos ressources sans avoir à recourir au fameux Soleil Vert de Soylent Industries.

Des applications au service de la chasse au gaspillage alimentaire

Aujourd’hui on estime que 30% de la nourriture produite chaque année est jetée. Ce gaspillage a lieu à tous les niveaux, de la production à la distribution mais aussi au sein des ménages, et serait même responsable de 10% des émissions de gaz à effet de serre dans les pays développés.

Face à ce constat des startups se sont créées : en Europe, Too Good to Go lancée à Copenhague dès 2015 est devenue une référence auprès de nombreux consommateurs européens en permettant via son application l’accès à des invendus de grandes surfaces à prix cassés. En France, Phénix s’est spécialisé dans la mise en relation entre des associations (les Resto du Cœur, etc.) et des Grandes Surfaces. Ces start-ups permettent ainsi de sauver des dizaines de millions de repas chaque année rien qu’en France et continue à innover pour offrir de nouvelles solutions contre le gaspillage alimentaire. Plus en amont, Hors Normes, lancé en 2020, propose par exemple des paniers de légumes et fruits hors format qui ne peuvent être vendus en Grande Surface.

Une nouvelle vague dans les alternatives végétales à la viande

Depuis 50 ans, la consommation mondiale de viande a été multipliée par trois. Or, cette source de protéine majeure pour nombre de Français est très gourmande en ressources : selon le Programme des Nations Unies pour l’Environnement, trois à dix kilos de protéines végétales seraient nécessaires pour produire un seul kilo de protéine animale, et c’est ainsi que plus de 70% des céréales produites dans le monde sont utilisées pour l’élevage.

Conscient de ces enjeux, 30% des Européens ont fait le choix de diminuer volontairement leur consommation de viande sans pour autant se déclarer végétariens. Pour ces consommateurs, ce changement de régime n’est pas aisé et des startups proposent des alternatives à la viande, produites à base de protéines végétales.

Apparues à la fin du XIXe aux Etats-Unis - l’un des précurseurs ne fut autre que le Dr John Harvey Kellogg lui-même, végétarien et créateur de la fameuse marque de corn-flakes - la production d’alternatives à la viande n’a réellement pris son essor que dans les années hippie 1960-70 en lien avec l’apparition des mouvements végétariens en Californie. On a ainsi vu apparaître les premiers « steaks végétaux » fabriqués à base de soja, de pois ou de champignons. Longtemps réservé à un marché de niche, ces produits - souvent loin d’imiter la saveur de la viande – ont connu récemment des progrès importants, afin de satisfaire un public plus large et moins disposés à transiger sur le goût et la texture.

En 2021, ce sont près de 5 milliards de dollars qui ont été investis dans le secteur afin de développer des recettes innovantes et de se rapprocher de saveurs bien connues ; on retrouve ainsi aujourd’hui des équivalents végétaux de steak de bœuf, de nuggets de poulet ou même de lardons.

L’américain Beyond Meat a été précurseur de cette nouvelle vague et ses steaks végétaux sont désormais bien connus aux USA. En France, la marque Garden Gourmet de Nestlé se retrouve de plus en plus dans nos rayons au côté de belles startups françaises comme LaVie, ou HappyVore.

Mais au-delà du goût, une question se pose souvent aux consommateurs tentés par ces alternatives à la viande : quand est-il de la qualité nutritionnelle de produits par nature transformés ? La question est légitime quand on regarde la longueur de certaines listes d’ingrédients, mais les progrès sont notables. Par exemple, une marque comme LaVie et son bacon végétal (qui a fait le buzz récemment avec sa campagne de pub et son partenariat avec Burger King), contient seulement 6 ingrédients, tous d’origine naturelle, et est sans graisse saturée ni nitrite, et avec la même teneur en protéine que du bacon, les fibres en plus. De plus, LaVie s’engage à acheter 90% de ses ingrédients en Europe et produit en Vendée.

Demain, une viande sans élevage ?

Les substituts à la viande sont un bon moyen de consommer des protéines en limitant l’impact sur les ressources. Mais, même si des progrès importants ont été réalisés sur le goût et les qualités nutritives, celles-ci ne pourront jamais complétement imiter le goût de la viande ou son apport en protéines, notamment pour les produits à base de « fibres musculaires » comme un blanc de poulet, une côte de bœuf ou un filet de saumon.

La prochaine vague qui se profile semble être celle de la viande cultivée ou dite de cultures cellulaires. La méthode est simple, au moins sur le papier : il s’agit de prélever des cellules animales (dîtes souches), de leur procurer des nutriments au sein d’une cuve spéciale (bioréacteur) pour en favoriser la multiplication et ainsi obtenir des fibres musculaires. Cela permettrait par exemple, à partir de prélèvements de cellules d’un oeuf de produire des millions de blanc de poulet.

Ces techniques, à l’origine développées pour la médecine notamment dans le cas de greffes, sont désormais testées par différentes start-ups à travers le monde comme Upside et BlueNalu aux Etats-Unis, Mosa Meat et Meatable au Pays-Bas, ou encore Gourmey en France, et sont aujourd’hui en mesure de produire des steaks, du saumon ou encore du foie gras en tout point similaires aux produits traditionnels.

A grande échelle, cette viande sans élevage présente de très nombreux avantages : elle permettrait d’économiser les ressources naturelles (notamment en eau et en terres agricoles), de diminuer l’émission de gaz à effet de serre liée à l’élevage, de mettre fin à la souffrance animale, de favoriser la souveraineté alimentaire via une production locale limitant le recours aux importations étrangères (46% du poulet consommé en France est importé d’Ukraine ou du Brésil), de diminuer les risques sanitaires (épidémies, etc.), d’améliorer la traçabilité des produits et de supprimer l’usage des hormones et des antibiotiques.

L’enjeu pour cette filière naissante est désormais d’investir pour arriver à passer de petites productions à une production industrielle à grande échelle, pour être en mesure de commercialiser cette viande à un prix comparable à la viande d’élevage. En parallèle les cadres réglementaires doivent s’adapter à cette nouvelle offre ; Singapour a été précurseur en permettant à Eat Just de commercialiser des nuggets fabriqués à partir de viande cultivée, alors que les Etats-Unis et l’Europe continuent à travailler sur le sujet.

Quelles perspectives pour la souveraineté européenne ?

Partout dans le monde, les initiatives se multiplient dans la Foodtech afin de répondre aux enjeux de l’agriculture de demain. Aucune solution miracle n’existe pour faire face aux défis qui nous attendent mais ce sont l’ensemble de ces initiatives en plus de celles des filières agricoles traditionnelles qui permettront en combinant savoir-faire et technologie de relever ces défis. Et si 5 milliards de dollars ont été investis en 2021 pour développer des protéines alternatives (végétales ou de culture) dans le monde, on déplore que la majeure partie de ces investissements soient américains.

Si nous voulons garantir notre souveraineté alimentaire, il est nécessaire que les fonds d’investissement européens soutiennent financièrement les startups qui s’attèlent à relever cet enjeu, en France comme en Europe.

Remontée des taux : quelle évolution ?

Remontée des taux : quelle évolution ?

Karl Eychenne, stratégiste et économiste explique la course perdue de la remontée des taux derrière l’inflation dans la Tribune.

Un article intéressant mais qui ne souligne pas assez le fait que l’inflation constitue un excellent moyen pour opérer un transfert de charges de l’endettement de certaines entreprises, des Etats et de certains particuliers sur les ménages. Une sorte d’impôt transparent mais pas indolore. NDLR

 

Ils ont bien essayé. Mais non. Les taux d’intérêt se sont ravisés, après avoir tenté de s’élever un peu. Le pompon de l’inflation sembla inaccessible. Trop haut, trop tard. Et après tout, pourquoi faire ? L’inflation est tellement loin maintenant : « il ne sert à rien de semer dans le sable », ont pu se dire les investisseurs, comme Alain le philosophe lucide. Aux États-Unis, en Europe, en France en particulier : l’OAT 10 ans a d’abord monté de 0 % à près de 2,5 % de janvier à mi-juin, avant de reculer à 1,7 % aujourd’hui. Grotesque ou exubérant, au choix.

En langage de marché, cela donne des investisseurs ayant d’abord anticipé des remontées de taux d’intérêt directeurs agressives des Banques Centrales. Puis pschitt. Aujourd’hui, les marchés anticipent toujours des hausses de taux pour 2022, mais presque 0,5 % de moins que ce qui était prévu il y a quelques semaines encore. D’après la finance qui voit loin, les taux directeurs américains devraient finalement remonter de 1,75 à 3%, contre 3,5% anticipé il y a peu. Les taux de dépôt de la Banque Centrale européenne devraient monter de – 0,5 à 0,5 %, contre 1% anticipé il y a quelques jours à peine.

La rechute a 3 causes possibles, de la plus tordue à la plus recevable.

« C’est au pied du mur que nécessité fait vertu », c’est beau, mais c’est faux. Les taux aussi étaient au pied du mur de l’inflation, mais le mur était trop haut. Après quelques tentatives, les taux ont capitulé. Ils se sont finalement rangés sur le côté, comme un sportif à cours de compétition, s’essoufflant au bout de quelques accélérations. Il est tout à fait envisageable que cette défaite des taux s’explique par l’abus de produits dopants des années durant. Il s’agit des politiques monétaires dites non – conventionnelles, un genre d’EPO qui fut administré à l’investisseur en manque d’inspiration.

Condamné à l’ivresse des taux bas, l’investisseur serait désormais inapte au krach obligataire. Pire qu’un lâcher prise, l’investisseur « laisse tomber » la lutte contre l’inflation. Il fait comme s’il ne savait pas :  « ce que tu ne sais pas ne peut pas t’angoisser » se dit l’investisseur ayant lu Epicure.

L’investisseur raffole des raisonnements, il en trouve toujours un pour donner un sens à ses choix, et un autre pour justifier ses choix de la vieille. Mais il y a un souci quand même, l’investisseur ne fait pas trop la différence entre le raisonnement rigoureux et le foireux. Or, il semblerait bien que l’on soit du côté foireux depuis le début de l’année. Comment justifier des taux qui s’envolent puis s’écrasent ? Rien de tel qu’une foireuse utilisation de la transitivité de l’implication pour vous faire gober n’importe quelle ânerie :

  • Toute hausse des taux provoque une récession
  • Or toute récession provoque une baisse des taux
  • Donc toute hausse des taux provoque une baisse des taux

La baisse des taux d’hier est donc la conséquence de la hausse des taux d’avant-hier. Nous voilà éclairés.

Dans le désordre, il est relevé les fulgurances suivantes :

  • « L’inflation têtue obligera finalement les Banques Centrales à jeter le bébé avec l’eau du bain… je veux dire casser la croissance si c’est le prix à payer pour briser l’inflation.
  • De toute façon, le mal est fait. Le pouvoir d’achat a déjà mu en pouvoir déchu… regardez la confiance des consommateurs s’effondrer, celle des entreprises trembler.
  • Avec ou sans le durcissement des politiques monétaires, la croissance économique devrait sérieusement ralentir dans le meilleur des cas, passer en territoire négatif probablement. »

Cette lecture pas très jouasse de l’actualité économique peut aider à comprendre les exubérances des taux. D’abord ce furent les craintes de course à l’échalote des Banques Centrales derrière l’inflation hystérique qui provoquèrent les tensions sur les taux. Puis vint le temps des cerises gâtées, celles annonçant que le remède des politiques monétaires restrictives serait pire que le mal. Et les taux se remirent donc à baisser.

Cette 3e explication est probablement la plus élégante pour justifier la spectaculaire trajectoire des taux. Les termes du langage employé sont bien compris par ceux qu’on appelle les initiés. Une explication probablement plus élégante donc, mais certainement aussi douteuse que les deux autres explications. Finalement, le profane sera autorisé de tiquer un peu. Il pourra même se permettre de penser que de tels mouvements de taux sont quand même un peu troublants, un terme poli pour signifier autre chose.

Crise énergétique : Des solutions mais à long terme

 Crise énergétique : Des solutions mais à long terme

Michel Noiry, CEO de Origa Consulting, cabinet de conseil en FinanceEstime que des solutions existe mais à long terme (dans la Tribune)

 

Dans une tribune en date du 25 juin, les patron(e)s d’Engie, EDF et Total, interpellent la population( de manière un peu hypocrite NDLR)  et nous engagent à faire preuve de sobriété en matière de consommation d’énergie. 

Le système énergétique est actuellement sous tension du fait de la baisse des livraisons de gaz russe par pipeline. Bien qu’en augmentation, les importations de gaz naturel liquéfié sont encore trop limitées pour compenser. Le niveau d’alerte sur les stocks de gaz est élevé et des mesures de rationnement, déjà effectives dans certains pays, doivent être mises en œuvre en France.

S’en suivent des considérations sur les mesures à court terme déjà prises, surtout destinées à faire valoir le caractère sociétal de l’action de nos grands énergéticiens nationaux.

Pour conclure, « ​Nous appelons à une prise de conscience et à une action collective et individuelle pour que chacun d’entre nous – chaque consommateur, chaque entreprise – change ses comportements et limite immédiatement ses consommations énergétiques, électriques, gazières et de produits pétroliers.

Nos objectifs de long terme en faveur de la neutralité carbone seront plus vite atteints par cette mobilisation. Nous poursuivons nos engagements et actions pour accélérer la transition énergétique. Elle n’est plus seulement un impératif face à l’urgence climatique, mais une réponse aux enjeux de souveraineté énergétique ».

Cet étalage de bons sentiments semble révélateur d’un état d’extrême anxiété de la part des auteurs de cette tribune. Le système, principalement le stockage, n’est pas prêt et ne le sera pas d’ici l’hiver pour absorber la reprise de la demande. Les mesures actuelles n’y changeront rien et il faut s’attendre à des pénuries ponctuelles. Même si la France peut paraître relativement protégée par son parc nucléaire, l’interconnexion européenne nous met à égalité avec les maillons les plus faibles de la chaîne. On ne peut, non plus, totalement écarter l’objectif pour ces grands pollueurs de profiter de l’opportunité pour redorer leur blason et de faire valoir que les Français leur doivent en grande partie le confort énergétique dans lequel ils vivent. Une préoccupation n’éliminant pas l’autre.

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Ces injonctions nous font remonter le temps et nous ramènent au premier choc pétrolier de 1973. Le monde allait devoir vivre sans pétrole et devenir énergétiquement sobre. On a vu ce qui en a suivi. Une flambée des prix, une inflexion momentanée de la demande, mais rien de fondamentalement différent. La consommation et la production ont repris avec plusieurs autres chocs en cascade et une adaptation de l’appareil productif. 50 ans plus tard, nous en sommes pratiquement au même point. Les automobiles commencent tout juste à intégrer une part de consommation électrique, plus pour diminuer la pollution urbaine que pour réduire la consommation énergétique. La Russie s’étant aujourd’hui substituée à l’OPEP dans le bras de fer avec l’occident.

Quant est-il exactement ?

En fait, la Russie détient 19% des réserves de gaz naturel mondiales devant l’Iran (16,1%) et les sixièmes réserves de pétrole (6,2%). Son impact au niveau mondial est donc surtout sensible sur le gaz. Le mix énergétique de la France se compose de 40% de nucléaire, 28% de pétrole, 16% de gaz, 14% d’énergies renouvelables et 2% de charbon. Elle importe la quasi-totalité du gaz qu’elle consomme. En 2015, ses approvisionnements émanaient de quatre principaux fournisseurs : Norvège (42%), Russie (11%), Pays-Bas (11%) et Algérie (9%). Aujourd’hui, la Russie a complètement interrompu ses livraisons par pipeline vers la France, mais, si le problème se limitait à ses frontières, celle-ci devrait aisément trouver d’autres sources d’approvisionnement. En réalité, la crise est européenne. Le choix de plusieurs pays de privilégier le gaz fossile, au motif de la faiblesse de son prix, nous met collectivement dans une situation difficile. En effet, avant la crise, le gaz représentait 26% de l’énergie consommée en Allemagne (dont 55% en provenance de Russie) et 42% pour l’Italie (dont 40% d’origine russe).

Les pays occidentaux, qui, il y a peu, tablaient encore jusqu’en 2030 pour sortir de la dépendance au gaz russe, vont devoir aller beaucoup plus vite que prévu, Gazprom coupant progressivement les approvisionnements des pays qui soutiennent l’Ukraine. Ce n’est l’hiver prochain que tout risque de se jouer. En fonction du niveau des stocks et de la température, la saison froide risque d’être difficile à passer en 2022-2023. Il apparaît donc essentiel de remplir au maximum les stocks de gaz dans les mois d’été tout en jouant sur le niveau de consommation grâce à des économies d’énergie.

On peut cependant avoir une lecture différente de l’issue de cette crise. En effet, le marché mondial des énergies fossiles s’apparente à un jeu à somme nulle. Modulo le niveau des stocks, les flux s’équilibrent, les intérêts des producteurs et des consommateurs sont étroitement liés. L’offre étant relativement rigide, ce qui n’est pas consommé dans une zone le sera forcément dans une autre zone de la planète. En d’autres termes, ce que les occidentaux n’achèteront pas se retrouvera forcément sur le marché et sera finalement acheté par d’autres. Le prix devenant le facteur d’ajustement. Paradoxalement, la crise actuelle et l’interruption des approvisionnements européens par la Russie pourraient indirectement peser à la baisse sur l’envolée des cours et redonner des marges de manœuvre aux économies occidentales.

Un tel raisonnement qui va à l’encontre du discours ambiant n’est évidemment valable qu’à court terme. À plus long terme, les pays producteurs peuvent agir sur l’offre en limitant leurs investissements et en ralentissant leur production comme cela s’est passé pour le pétrole depuis les années 70. Pour sortir de la situation actuelle et échapper à la dépendance de la Russie, il y a donc effectivement urgence à promouvoir les politiques d’économies d’énergie. Mais c’est sur le long terme qu’il faut essentiellement jouer notamment en favorisant les techniques de construction et de transport de l’énergie qui permettent de baisser durablement le niveau de consommation à confort égal.

Pouvoir d’achat et évolution de la consommation

 

Pouvoir d’achat et  évolution de la consommation

 

L’inflation galope dans la plupart du monde comme en France où son taux a récemment bondi de presque un point en rythme annuel pour passer de 3,6 % à 4,8 % en à peine deux mois. Cette situation grignote le pouvoir d’achat des ménages, un enjeu qui a constitué l’un des grands thèmes de la dernière campagne présidentielle et qui reste au cœur des préoccupations des Français.Par Philippe Mouillot, IAE de Poitiers.

Certes, les dépenses de consommation augmentent régulièrement depuis les années 1970, tout comme leur pouvoir d’achat qui, en 2020 et 2021, a encore enregistré en moyenne des hausses respectivement de 0,4 % et 2,2 %. Cependant, la part des dépenses contraintes (logement, transport, énergie, télécommunications, assurances, etc.) a en parallèle doublé depuis 60 ans dans les budgets, ce qui peut expliquer les inquiétudes, notamment chez les moins aisés. Ces derniers n’ont en effet pas d’autre choix que d’y faire face pour la simple raison que celles-ci leur sont vitales.

 

Comme nous l’avons montré dans notre livre Le comportement du consommateur (éditions Gualino, 2007), les consommateurs passent par deux phases pour compenser les pertes que les mécanismes économiques leur imposent. La première phase consiste à consommer différemment, ce qui a été prégnant avec la récente crise sanitaire. Autrement dit, avant de renoncer à l’achat, ils essayent de trouver des solutions alternatives. En ce sens, face aux poussées inflationnistes, les ménages deviennent plus attentifs aux prix au kilogramme ou au litre. Plutôt que de ne comparer que le montant de l’achat en valeur absolue, ils développent ainsi une très forte sensibilité aux promotions.

 

Le consommateur peut ainsi trouver des alternatives et séquencer ses dépenses, par exemple en optimisant ses déplacements grâce au covoiturage ou aux transports en commun, en attendant les soldes, en choisissant des marques plus modestes ou en explorant le marché de l’occasion, des comportements que nous avons analysés dans une récente recherche.

Cependant, cette première phase s’avère parfois insuffisante ; le consommateur va alors entamer la seconde phase de sa stratégie de gestion de la diminution de ses ressources : le renoncement. Certes, le consommateur ne renonce pas aux fondamentaux de ses besoins, nous l’avions évoqué là aussi dans un article précédent. En revanche, si la pression inflationniste persiste, puisque sa gestion de ses besoins est déjà optimisée, il doit alors sacrifier d’autres postes de dépenses car la baisse de son pouvoir d’achat est une forme de perte de revenu.

Il doit donc impérativement faire des choix de consommation car le capital disponible n’est plus à la hauteur de ses besoins et de ses envies. Lorsque la perte de revenu survient, on observe alors la plupart du temps une répartition des dépenses qui adopte la forme d’une taille de guêpe ou d’un sablier, forme que l’on emprunte d’ailleurs souvent pour expliquer des phénomènes sociaux.

Si l’on imagine cette représentation, on constate la présence de trois grands domaines économiques de possibles dépenses. Le premier concerne les produits essentiels à la vie et au travail, la nourriture, le logement, le chauffage, les assurances, le carburant pour les déplacements, etc. Le deuxième concerne les loisirs, les vacances, les échappées, les moments entre amis, le cinéma, les discothèques, les bars et les restaurants. Et le troisième concerne les produits de luxe, autrement dit les marques dont la valeur traverse le temps en restant stable ou en augmentant. (Précisons qu’il s’agit bien ici de produits de luxe et non pas de services de luxe).

Dans le cas de produits de luxe, une montre par exemple, l’objet cristallise en effet un investissement, donc la possibilité d’une revente avec bénéfice. Car le luxe a deux particularités remarquables : l’occasion peut coûter plus cher que le neuf, on le voit avec de vieux modèles réhabilités ou lorsque l’offre ne parvient pas à satisfaire la demande ; et la valeur de l’objet reste constante là où celle d’une devise peut fortement fluctuer du jour au lendemain, en témoigne la chute rouble depuis le 24 février 2022 et l’invasion de l’Ukraine par les forces russes.

Déjà lors de la première crise ukrainienne en 2014, la dépréciation du rouble avait provoqué l’achat massif de produits de luxe de la part des Russes. En 2020, la pandémie de Covid-19 avait déclenché l’apparition du phénomène dit d’achat « revanche », notamment en Chine où les produits de luxe ont été les premiers à être choisis comme antidote à la frustration de l’enfermement. Aujourd’hui, avec la seconde crise ukrainienne accompagnée de l’interdiction d’exporter des produits de luxe européens en Russie comme l’une des sanctions économiques imposées à Moscou, là encore la demande a fortement augmenté. En effet, l’avenir étant plus qu’incertain pour ces populations, mieux vaut avoir son argent transformé en marque de luxe que déposé en banque.

 

En situation de crise, les premiers postes sacrifiés sont donc les dépenses intermédiaires que l’on pourrait qualifier d’hédonistes ou de socialisantes car elles sont injustifiables à la fois en termes de besoins et en termes de rationalité.

Cinémas, restaurants, glaces sur la plage ou marrons chauds dans la rue sont ainsi abandonnés car ils ne sont pas des besoins mais des envies. En outre, ils représentent des dépenses « sèches », c’est-à-dire sans contrepartie tangible. A contrario, dans le cas du produit de luxe, le consommateur a le sentiment d’un investissement intelligent et rationnel puisqu’il échange une monnaie dont personne ne connaîtra la valeur demain contre un produit dont tout le monde connaîtra la valeur après-demain.

Dans « Les origines du totalitarisme - Eichmann à Jérusalem » (éditions Quarto Gallimard), la philosophe allemande naturalisée américaine Hannah Arendt l’écrivait en 1951 :

« La richesse sans fonction apparente est beaucoup plus intolérable parce que personne ne comprend pourquoi on devrait la tolérer. »

Dans le cas d’une perte de revenu, la richesse a incontestablement une fonction, celle de permettre un investissement de protection économique.

Quant aux ménages plus modestes, pour peu que leurs membres aient la culture de la valeur dans le luxe, ils adopteront le même comportement en choisissant l’investissement dans le haut de gamme tout en conservant les dépenses pour leurs besoins de vie. Mais ils renonceront à « tout le reste », quitte à limiter leurs interactions sociales et les « petits plaisirs de tous les jours » donnant ainsi du sens à leur taille de guêpe dans toutes ses acceptions à renoncer à une partie de leur consommation.

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Par Philippe Mouillot, Maître de Conférences HDR en Sciences de Gestion, IAE de Poitiers.

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Quelle évolution du droit du travail depuis Macron ?

Quelle évolution du droit du travail depuis Macron  ?

 

Les ordonnances votées en début de quinquennat ont ouvert la voie à une individualisation de la négociation, affaiblissant ainsi le rôle des syndicats. Par David Sanson, ENS de Lyon

 

Les ordonnances Macron de 2017 ont profondément modifié le droit du travail en renforçant le « dialogue social » à l’échelle de l’entreprise, faisant de celle-ci le lieu central de la production des normes d’emploi.

Ce texte entérinait ainsi un changement inédit de hiérarchie des normes dans le droit du travail, en instaurant la primauté des accords d’entreprise sur les accords collectifs de branche professionnelle. Cette transformation radicale permet de faire de la loi non plus un outil de protection des travailleurs, mais, avant tout, un moyen de sécuriser la compétitivité des entreprises.

Cinq ans plus tard, nous vous proposons de revenir sur l’esprit, les raisons et les répercussions inédites de ces mesures phares qui ont fortement marqué le début du quinquennat du président Emmanuel Macron.

 

Rappelons tout d’abord que si ces trente dernières années ont été marquées en France par la consécration du « dialogue social » comme forme légitime des relations sociales en entreprise, la pratique de la négociation collective à l’échelle des organisations a été, pendant très longtemps, quasi inexistante en France.

En effet, ce sont seulement les lois Auroux de 1982 qui ont, pour la première fois, rendu obligatoires les négociations collectives en entreprise. Depuis, de nombreuses réformes législatives se sont succédé, toutes animées par une volonté d’étendre le périmètre et le contenu de ces négociations décentralisées.

Le développement d’un dialogue local est, depuis lors, présenté par le législateur comme une solution privilégiée pour désamorcer les velléités contestataires des syndicats et des salariés, qui reposeraient avant tout sur une incompréhension des réalités économiques et des contraintes managériales auxquelles sont confrontées leurs directions.

Derrière cette promotion d’un idéal démocratique de coopération entre les salariés et leur management, ces transformations de la législation attestent d’une réalité plus sombre. Notamment, ces mesures ont commencé récemment à remettre en question le « principe de faveur » sur lequel le droit du travail français est fondé afin de mieux protéger les travailleurs.

Selon ce principe historiquement ancré, un accord d’entreprise ne pouvait exister que s’il était plus favorable, pour les salariés, aux règles négociées dans la convention collective ou les accords de branche, afin d’éviter une course au « moins-disant » social.

La succession des lois Fillon de 2004 et Bertrand de 2008 sont les premières brèches symboliques qui ont ouvert progressivement des possibilités de dérogation aux conventions collectives pour les accords d’entreprise, mais seulement sur certains critères et dans certaines conditions. Plus récemment, les lois Rebsamen de 2015El Khomri de 2016 puis, surtout, les ordonnances Macron, en 2017, parachèvent cette (r)évolution discrète.

Les ordonnances Macron, tout particulièrement, ont des implications d’une ampleur sans précédent : elles permettent désormais de renégocier complètement les clauses des conventions collectives dans tous les domaines, en actant la primauté aux accords d’entreprise sur les accords collectifs de branche, y compris en cas d’accords moins favorables pour les travailleurs.

En inversant ainsi la hiérarchie des normes, ces décrets ont alors ouvert, pour la première fois, la possibilité d’une individualisation des négociations collectives à l’échelle des entreprises.

Si les ordonnances Macron ne défendent donc pas des idées nouvelles, elles actent cependant l’aboutissement concret de plus de trente ans de « tournant entrepreneurial » du droit du travail : en déconsidérant les notions de classes et de subordination qui en constituaient le fondement, elles interprètent ce droit non plus comme un outil de protection des travailleurs, mais comme un moyen de sécuriser la compétitivité des entreprises.

En ce sens, ces multiples réformes ont surtout permis de relayer les doléances patronales, fidèlement reprises dans les ordonnances Macron, qui, en plus de déplafonnement des indemnités prud’homales en cas de licenciements abusifs (hors cas de harcèlement), facilitent par exemple les procédures de licenciements économiques tout en flexibilisant davantage les accords de maintien dans l’emploi.

C’est également dans cette perspective que ces ordonnances viennent bouleverser les modalités des négociations collectives dans de multiples domaines. En particulier, le fonctionnement des instances de représentation du personnel (IRP) a été profondément remanié.

La fusion des trois instances traditionnelles (CE, CHSCT, DP) en une seule (le Comité social et économique, ou « CSE ») est l’une des mesures les plus emblématiques de ces décrets : présentée comme une manière de simplifier le dialogue dans l’entreprise, cette refonte contraint en réalité fortement les représentants des salariés, en diminuant leurs ressources, et en limitant la portée réelle de leur prérogatives.

Soulignons en ce sens la réduction du nombre de représentants du personnel - jusqu’à 50 % - pour une charge de travail plus importante, ou bien encore le délai raccourci pour les possibilités de recours à des experts extérieurs (dont le financement, jusqu’alors aux frais de l’employeur, doit désormais être pour partie pris en charge sur le budget du CSE).

Notons que la suppression des CHSCT ôte d’ailleurs aux représentants des salariés l’un des dispositifs qui leur était le plus favorable dans le jeu des négociations. Enfin, les modalités même de fonctionnement du CSE peuvent être directement négociées au cas par cas, laissant ainsi toute latitude aux entreprises de définir leurs propres modalités de négociations et faisant dès lors des droits syndicaux eux-mêmes un enjeu (central) de la négociation d’entreprise. C’est ainsi aux représentants des salariés de négocier… leurs propres ressources pour négocier.

Cette vision contractuelle des relations professionnelles, qui passe complètement sous silence la nature asymétrique des liens de subordination propre aux relations hiérarchiques, se trouve en décalage complet avec la réalité des rapports de force que les salariés et leurs représentants peuvent aujourd’hui construire face à leur direction.

La fragilisation des protections collectives confère alors au patronat une position particulièrement favorable pour imposer sans contreparties le contenu et l’issue des négociations. Avec le renversement du « principe de faveur » qui fragilise le droit des salariés, les ordonnances Macron offrent en effet aux équipes de direction des outils supplémentaires d’individualisation et de flexibilisation du travail et des rémunérations, comme l’ont récemment illustré plusieurs enquêtes approfondies.

De façon plus subtile que les anciennes pratiques de répression directe, ces outils du dialogue social peuvent aussi être investis comme des moyens habiles de sélectionner les « bons » représentants des salariés et les « bonnes formes » de contestation, en encourageant notamment un syndicalisme de concertation, plus consensuel et conciliant. À ce titre, les ordonnances Macron consacrent les efforts des représentants du patronat et du législateur pour, comme le soulignait le sociologue Étienne Penissat, « institutionnaliser, légitimer et soutenir un syndicalisme « gestionnaire » compatible avec les exigences du capitalisme contemporain », tout en marginalisant, de fait, les postures syndicales contestataires.

Alors que l’esprit de ces réformes tend à discréditer toute notion de conflits et de subordination, ces évolutions nous invitent ainsi, au contraire, à réfléchir aux manières dont les représentants des salariés peuvent continuer à bâtir un rapport de force favorable à la défense des travailleurs, dans un contexte où l’asymétrie sociale avec leur employeur se trouve renforcée par les nouvelles règles de négociations collectives d’entreprise.

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Par David Sanson, Professeur régulier (eq. MCF), Université du Québec à Montréal (UQAM), ENS de Lyon.

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Marchés financiers: La crainte d’une évolution baissière

Marchés financiers: La crainte d’une évolution baissière

 

Les marchés financiers ont évidemment accusé le coup de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Mais le pire est sans doute à venir dans la mesure où cette crise aura nécessairement des ses conséquences néfastes sur le commerce international et sur la croissance mondiale.

Les premiers bouleversements pourraient se faire sentir sur l’envolée en cours des prix de l’énergie et des matières premières. De quoi alimenter encore une inflation déjà inquiétante qui pourrait porter atteint aux capacités d’investissement des entreprises et au pouvoir d’achat des ménages. Bref c’est la croissance mondiale qui est sans doute à revoir en baisse.

En outre et surtout la bourse craint par-dessus tout des incertitudes sur l’évolution du conflit qui pourrait prendre d’autres formes et s’étendre éventuellement géographiquement. Une inquiétude qui se mesure avec l’indice de la peur

Cet « indice de la peur » (indice VIX de la volatilité) a bondi à près de 40 ce jeudi. Pour l’heure, l’aversion au risque ne se matérialise pas vraiment sur les taux de la dette souveraine américaine ou allemande, valeurs de refuge par excellence. Du coup, les taux du 10 ans américain (2%) ou allemand (0,23%) n’ont finalement pratiquement pas bougé. De même,  l’or reste étrangement stable. Et comme pour se rassurer, une floraison de graphiques ont été publiés pour montrer que la Bourse se jouait finalement des crises géopolitiques aigües. Reste que l’annonce par Poutine d’un éventuel recours à la force de dissuasion incluant le nucléaire devrait peser lourdement sur les indices en ce début de semaine

Évolution démographique : tassement de la croissance en Europe

Évolution démographique : tassement de la croissance en Europe

Au 1er janvier 2021, la population de l’Union européenne à 27 États membres comptait 447 millions d’habitants selon Eurostat, soit une baisse de 312 000 personnes par rapport au 1er janvier 2020. Cinq pays – l’Allemagne, la France, l’Italie, l’Espagne et la Pologne – représentent les deux tiers de la population de l’UE.

Au 1er janvier 2021, l’Union européenne comptait plus de 447 millions d’habitants. Avec le départ du Royaume-Uni, qui avait un taux d’accroissement naturel parmi les plus élevés de l’UE et la troisième population européenne, l’Union est passée sous la barre des 500 millions d’habitants

La carte ci-dessus présente la démographie des États membres de l’Union européenne. La population résidant à Malte (516 100 habitants) est la plus faible, suivie du Luxembourg, de Chypre, de l’Estonie et de la Lettonie. À l’inverse, l’Allemagne est l’Etat membre le plus peuplé (83,16 millions d’habitants), devant la France (67,44 millions), l’Italie (59,28 millions), l’Espagne (47,39 millions) et la Pologne (37,84 millions). Ces cinq pays représentent à eux-seuls les deux tiers de la population européenne. A titre de comparaison, le nombre de personnes habitant à Malte correspond à 0,1 % de la population de l’UE.

L’année 2020 a marqué une interruption dans la croissance de la population européenne. Toutefois, entre 2001 et 2020, la population de l’UE27 a connu une croissance de 4 %, passant de 429 millions à 447 millions d’habitants.

La population française, elle  s’est accrue de 0,4% chaque année entre 2013 et 2019, contre 0,5% entre 2008 et 2013, selon cette étude. «C’est encore le solde naturel qui fait la croissance démographique en France, mais il est de moins en moins élevé», explique l’institut de la statistique. Le solde migratoire contribue encore pour 0,1% de croissance, mais le solde naturel a perdu 0,1 point pour s’établir à 0,3% par an entre 2013 et 2019. D’une manière générale, toutes les régions ont vu leur croissance démographique ralentir entre 2013 et 2019, «aux exceptions notables de la Guyane et de PACA. C’est la seule région de métropole dont la croissance se renforce, portée par le Var», a détaillé auprès de l’AFP Valérie Roux, cheffe du département de la démographie à l’Insee.

 

Evolution des prix: : augmentation des consommations courantes

Evolution des prix:  :  augmentation des consommations courantes

 

Les consommateurs ont évidemment constaté l’augmentation importante du carburant mais plus généralement de l’énergie. Ceci vaut aussi pour d’autres consommations courantes comme les produits alimentaires la plupart des produits alimentaires ont augmenté. L’INSEE vient d’ailleurs de constater une augmentation de 2,6% sur 1 an en octobre. Si on prend par exemple le prix des pâtes, certaines marques – particulièrement les marques des distributeurs – affichent une hausse de 10% par rapport à avant l’été. Mais cette forte hausse ne concerne pas tous les produits. D’ailleurs, si on regarde sur l’ensemble des produits alimentaires, l’inflation n’est que de 1% depuis le 1er janvier. « Il faut s’attendre à une augmentation du panier » d’ici la fin de l’année, confirme le spécialiste de la grande distribution, Olivier Dauvers. Il faudrait aussi ajouter les augmentations discrètes mais réelles des autres dépenses contraintes qui plombent de plus en plus les ménages moyens

Et d’ajouter : « Dès lors que vous avez des matières premières aussi importantes que des céréales ou du café pour ce qui est du contenu, et des matières premières aussi importantes que le carton ou le plastique, pour ce qui est du contenant, c’est impossible de passer à travers les gouttes. » Aucun doute pour le spécialiste, « nous paierons bien évidemment plus cher nos produits alimentaires en grande distribution ».Autre facteur qui pourrait venir impacter les prix : les négociations commerciales entre les producteurs, les industriels et les distributeurs. Elles viennent tout juste de démarrer et s’achèveront le 1er mars prochain. Au ministère de l’Agriculture, on affirme surveiller de près la situation, pour limiter la flambée des prix.

Évolution des prix : un modèle obsolète

Évolution des  prix : un modèle obsolète

 

Depuis le milieu du XXe siècle, l’explication de la formation des prix par la théorie de l’équilibre des marchés se délite face aux réalités psychologiques et institutionnelles du comportement des agents économiques, constate Pierre-Noël Giraud dans une tribune au « Monde ».

 

Tribune.

 

 A la fin du XIXe siècle, l’ambition de la théorie microéconomique néoclassique fut de construire un système rigoureux des prix, fondé sur l’hypothèse que le prix de marché des facteurs de production, le travail et le capital, doit être égal à leur « productivité marginale », c’est-à-dire au prix du produit que l’usage d’une unité supplémentaire de travail ou de capital permet d’obtenir. En effet, tant que la vente de cette production supplémentaire rapporte plus que le coût des facteurs, tout producteur continue à embaucher ou à acheter de nouvelles machines jusqu’au moment où les marchés s’équilibrent. Or, toute l’histoire de la pensée économique ultérieure a été l’érosion, puis la destruction complète, de la prétention de ce modèle à atteindre son objectif.

Au cours du XXe siècle, cette entreprise de démolition s’est déroulée sur deux plans.

D’abord sur le plan théorique, avec une critique des hypothèses fondamentales du modèle. La productivité marginale de chaque travailleur n’est en effet généralement pas mesurable : quelle était celle de Bill Gates chez Microsoft ? Si la productivité d’une équipe peut dans certains cas être mesurée, quelle est la contribution de chacun au résultat de l’équipe ? Plus grave, le calcul de la productivité marginale du capital suppose déjà connus les prix des différents éléments du capital, et donc ne peut contribuer à… les déterminer. Cette objection fut soulevée dans les années 1950, elle n’a toujours pas reçu de réponse satisfaisante.

Corriger les imperfections des marchés

Ensuite sur le plan empirique. Le modèle néoclassique suppose que tous les marchés soient « parfaits », c’est-à-dire qu’il n’y a, par exemple, ni monopoles, ni pollutions, ni ressources naturelles faisant l’objet d’une surexploitation parce qu’elles sont en accès libre, ni biens publics. Dans ce cas, les néoclassiques « démontrent » que le système de prix que délivrent ces marchés parfaits permet à l’économie d’atteindre une efficacité maximale. Or, en réalité, tous les marchés ou presque sont imparfaits. On a certes dérivé du modèle général toute une série de modèles d’équilibre « partiel », qui tiennent compte de diverses imperfections des marchés. Et on a, sur la base de ces modèles, préconisé des solutions pour les corriger – en témoigne la vigueur du débat sur la taxe carbone. Mais si les marchés sont imparfaits, alors la prétention normative du modèle à conférer aux seuls marchés les clefs de l’efficacité productive s’effondre.

Terrorisme–Sahel : une évolution comme en Afghanistan d’après l’ONU

TerrorismeSahel : une évolution comme en Afghanistan d’après l’ONU

Dans une interview publiée jeudi 9 septembre, Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, redoute la désintégration des armées étatiques de la région face à la menace djihadiste. Il plaide pour une force africaine pouvant avoir recours à la force. Une initiative bloquée par les Etats-Unis.

 

Antonio Guterres redoute le pire au Sahel. « Il y a un vrai danger. Ces groupes terroristes [au Sahel] peuvent se sentir enthousiasmés par [la prise de pouvoir des talibans] et avoir des ambitions au-delà de ce qu’ils pensaient il y a quelques mois », a précisé le secrétaire général de l’ONU dans une interview, jeudi 9 septembre, rapporte Le Monde.

La menace est notamment un blitzkrieg dans un Etat failli, où les institutions sont frêles. « On voit des armées qui se désintègrent face à eux », indique Antonio Guterres, en précisant : « On a vu cela à Mossoul en Irak, au Mali lors de la première poussée vers Bamako, on a vu cela au Mozambique ». Au Sahel, pour contrer le risque, il est, selon lui, « essentiel de renforcer les mécanismes de sécurité ». « Le Sahel est le point faible le plus important, qu’il faut soigner. Ce n’est pas seulement le Mali, le Burkina ou le Niger, maintenant il y a des infiltrations en Côte d’Ivoire, au Ghana », précise le secrétaire général de l’ONU.

Antonio Guterres propose donc la mise en place d’« une force africaine de lutte antiterroriste, avec un mandat sous chapitre sept (prévoyant le recours à la force) du Conseil de sécurité et avec des fonds affectés, qui puissent garantir une réponse au niveau de la menace », rapporte Le Monde. Mais, pour l’heure, Washington refuse cette mise en œuvre, pourtant défendue par Paris.

Ce qui crée une situation de blocage, alors que les Etats-Unis restent le premier contributeur financier de l’ONU. « Il faut que ce blocage se termine. C’est absolument essentiel », estime le secrétaire général de l’ONU, qui tient un ton alarmiste : « Je crains aujourd’hui que la capacité de réponse de la communauté internationale et des pays de la région ne soit pas suffisante face à la menace. »

Pour autant, dans une interview à l’Opinion, Serge Michaïlof, chercheur à l’Iris, assurait que « la sécurité des pays fragiles ne peut être durablement confiée à des forces étrangères. » « Les priorités sont de reconstruire l’armée, la gendarmerie et la police dans les pays sahéliens », ajoutait-il. Un combat de longue haleine.

Politique–Sahel : une évolution comme en Afghanistan d’après l’ONU

PolitiqueSahel : une évolution comme en Afghanistan d’après l’ONU

 

Dans une interview publiée jeudi 9 septembre, Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, redoute la désintégration des armées étatiques de la région face à la menace djihadiste. Il plaide pour une force africaine pouvant avoir recours à la force. Une initiative bloquée par les Etats-Unis.

 

 

Antonio Guterres redoute le pire au Sahel. « Il y a un vrai danger. Ces groupes terroristes [au Sahel] peuvent se sentir enthousiasmés par [la prise de pouvoir des talibans] et avoir des ambitions au-delà de ce qu’ils pensaient il y a quelques mois », a précisé le secrétaire général de l’ONU dans une interview, jeudi 9 septembre, rapporte Le Monde.

La menace est notamment un blitzkrieg dans un Etat failli, où les institutions sont frêles. « On voit des armées qui se désintègrent face à eux », indique Antonio Guterres, en précisant : « On a vu cela à Mossoul en Irak, au Mali lors de la première poussée vers Bamako, on a vu cela au Mozambique ». Au Sahel, pour contrer le risque, il est, selon lui, « essentiel de renforcer les mécanismes de sécurité ». « Le Sahel est le point faible le plus important, qu’il faut soigner. Ce n’est pas seulement le Mali, le Burkina ou le Niger, maintenant il y a des infiltrations en Côte d’Ivoire, au Ghana », précise le secrétaire général de l’ONU.

Antonio Guterres propose donc la mise en place d’« une force africaine de lutte antiterroriste, avec un mandat sous chapitre sept (prévoyant le recours à la force) du Conseil de sécurité et avec des fonds affectés, qui puissent garantir une réponse au niveau de la menace », rapporte Le Monde. Mais, pour l’heure, Washington refuse cette mise en œuvre, pourtant défendue par Paris.

Ce qui crée une situation de blocage, alors que les Etats-Unis restent le premier contributeur financier de l’ONU. « Il faut que ce blocage se termine. C’est absolument essentiel », estime le secrétaire général de l’ONU, qui tient un ton alarmiste : « Je crains aujourd’hui que la capacité de réponse de la communauté internationale et des pays de la région ne soit pas suffisante face à la menace. »

Pour autant, dans une interview à l’Opinion, Serge Michaïlof, chercheur à l’Iris, assurait que « la sécurité des pays fragiles ne peut être durablement confiée à des forces étrangères. » « Les priorités sont de reconstruire l’armée, la gendarmerie et la police dans les pays sahéliens », ajoutait-il. Un combat de longue haleine.

Sahel : une évolution comme en Afghanistan d’après l’ONU

Sahel : une évolution comme en Afghanistan d’après l’ONU

 

Dans une interview publiée jeudi 9 septembre, Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, redoute la désintégration des armées étatiques de la région face à la menace djihadiste. Il plaide pour une force africaine pouvant avoir recours à la force. Une initiative bloquée par les Etats-Unis.

 

 

Antonio Guterres redoute le pire au Sahel. « Il y a un vrai danger. Ces groupes terroristes [au Sahel] peuvent se sentir enthousiasmés par [la prise de pouvoir des talibans] et avoir des ambitions au-delà de ce qu’ils pensaient il y a quelques mois », a précisé le secrétaire général de l’ONU dans une interview, jeudi 9 septembre, rapporte Le Monde.

La menace est notamment un blitzkrieg dans un Etat failli, où les institutions sont frêles. « On voit des armées qui se désintègrent face à eux », indique Antonio Guterres, en précisant : « On a vu cela à Mossoul en Irak, au Mali lors de la première poussée vers Bamako, on a vu cela au Mozambique ». Au Sahel, pour contrer le risque, il est, selon lui, « essentiel de renforcer les mécanismes de sécurité ». « Le Sahel est le point faible le plus important, qu’il faut soigner. Ce n’est pas seulement le Mali, le Burkina ou le Niger, maintenant il y a des infiltrations en Côte d’Ivoire, au Ghana », précise le secrétaire général de l’ONU.

Antonio Guterres propose donc la mise en place d’« une force africaine de lutte antiterroriste, avec un mandat sous chapitre sept (prévoyant le recours à la force) du Conseil de sécurité et avec des fonds affectés, qui puissent garantir une réponse au niveau de la menace », rapporte Le Monde. Mais, pour l’heure, Washington refuse cette mise en œuvre, pourtant défendue par Paris.

Ce qui crée une situation de blocage, alors que les Etats-Unis restent le premier contributeur financier de l’ONU. « Il faut que ce blocage se termine. C’est absolument essentiel », estime le secrétaire général de l’ONU, qui tient un ton alarmiste : « Je crains aujourd’hui que la capacité de réponse de la communauté internationale et des pays de la région ne soit pas suffisante face à la menace. »

Pour autant, dans une interview à l’Opinion, Serge Michaïlof, chercheur à l’Iris, assurait que « la sécurité des pays fragiles ne peut être durablement confiée à des forces étrangères. » « Les priorités sont de reconstruire l’armée, la gendarmerie et la police dans les pays sahéliens », ajoutait-il. Un combat de longue haleine.

Évolution comparée des dettes publique en Europe

Un article de Raphaël Legendre, journaliste au service économie de l’Opinion Fait le point sur l’endettement comparé en Europe ( Extrait)

 

Que l’on parle des aides ou des résultats macro-économiques, la France se trouve en réalité dans une position plutôt médiane en Europe. C’est en tout cas ce que nous explique le comité de suivi et d’évaluation des mesures d’urgence pendant la crise, présidé par Benoît Cœuré et qui a remis son rapport au gouvernement avant l’été.

Par exemple sur l’activité partielle : on a mis 35 milliards d’euros sur la table en France, c’est 1,4 point de PIB. C’est peu ou prou ce qu’ont fait l’Espagne et l’Italie mais c’est deux fois moins que l’argent mis en place par le Royaume-Uni et deux fois plus que l’Allemagne. Si on prend le fonds de solidarité qui est venu en aide aux entreprises depuis dix-huit mois. La France a mis 1,3 point de PIB, c’est ce qu’a fait à peu près l’Allemagne et c’est également ce qu’a fait l’Italie, par contre on est bien au-dessus de l’Espagne : 0,4 point de PIB, mais en deçà du Royaume-Uni : 1,6 point.

Et quant aux prêts garantis par l’Etat, c’est pareil, la France a mis à peu près 6 points de PIB, on est bien au-dessus du Royaume-Uni et de l’Allemagne, mais en dessous de l’Italie et de l’Espagne. »

Les mesures d’urgence et les plans de relance combinés à la réduction des recettes ont creusé les déficits et les dettes publiques des pays européens ont bondi. A tel point que l’endettement public de la zone euro a franchi pour la première fois de son histoire la barre des 100% du PIB. Il existe cependant d’importantes disparités entre les pays de l’Union européenne.

R. L. : « La dette a augmenté de partout en Europe mais tous ne sont pas partis du même niveau. Comme un révélateur, la crise a accentué l’écart entre les pays rigoureux et les pays plus dépensiers.

Beaucoup de pays de l’Europe du nord et de l’est affichaient toujours au premier trimestre 2021 un niveau de dette publique maintenu sous les 60 % du PIB, 13 pays sur 27 au total (en bleu).  Des dettes tqui évoluent aujourd’hui entre 115 % et 160 % pour l’Italie, voire près de 210 points de PIB pour la Grèce, c’est dix fois plus que l’endettement de l’Estonie par exemple. On le voit donc, c’est une situation très disparate en Europe.

Est-ce grave, docteur ?

R.L. : « Pour l’instant tout va bien, le pacte de stabilité a été mis entre parenthèses jusqu’à la fin 2022 et la Banque centrale européenne continue d’acheter la dette des Etats par milliards chaque mois. Mais la parenthèse enchantée du « quoi qu’il en coûte » arrive à sa fin et un jour ou l’autre il faudra bien rembourser.

Il y a quelques jours, la banque centrale américaine, la Fed, a annoncé qu’elle se dirigeait vers un «tapering», ça veut dire fermer le robinet des liquidités. Elle va donc engager une régulation de sa politique monétaire et la Banque centrale européenne devra tôt ou tard s’inscrire dans les pas de la Fed. D’autant plus que l’inflation repart, menaçant d’une hausse des taux. A partir de 2023, on pourrait donc observer un alourdissement de la charge de la dette qui, il est vrai, est tombée à des niveaux historiquement bas l’année dernière. A titre d’exemple, on a payé à peu près 35 milliards de charges d’intérêts sur la dette, c’est le même niveau qu’en 2000, quand notre dette était à 60 % et surtout trois fois inférieure à ce qu’elle est aujourd’hui.

Mais le plus inquiétant en réalité, ce sont ces écarts de dette entre les trois premières économies de la zone euro. L’Allemagne qui est aujourd’hui à environ 70 % et qui très vite va revenir sous les 60 % de dette d’un côté, et de l’autre, la France et l’Italie à 120 % et 160 %. L’Italie qui a une dette deux fois supérieure à celle de l’Allemagne, ces écarts pourront être pointés du doigt par les marchés financiers un jour ou l’autre. On se souvient, en 2010, les attaques sur la Grèce qui ne représentait que 2 % du PIB européen.

L’Italie, troisième économie de la zone euro, est un danger bien plus important que ce qu’on a connu il y a dix ans. »

En France, la dette publique ne manquera pas d’animer les débats à quelques mois de la présidentielle. En Allemagne, Olaf Scholz (SPD) et Annalena Baerbock (Grünen), candidats à la succession d’Angela Merkel, prônent une hausse de la fiscalité pour équilibrer le budget. Le Royaume-Uni et l’Espagne ont d’ores et déjà décidé d’augmenter certains impôts.

Le gouvernement britannique a annoncé début mars une hausse de l’impôt sur les sociétés qui passera de 19 à 25% en 2023. Pedro Sanchez a lui annoncé dès juillet 2020 une hausse des impôts pour les «grandes corporations» pour faire face à la crise en Espagne.

R.L. : « Le débat va forcément être relancé dans la zone euro au moment où il faudra normaliser la gouvernance des finances publiques. Il a commencé au Royaume-Uni, en Espagne, mais pas uniquement dans les pays les plus endettés. En Allemagne, par exemple, où le candidat socialiste Olaf Scholz est désormais le mieux placé pour être désigné chancelier, on assiste au retour de ce débat sur l’impôt sur la fortune qui a été supprimé outre-Rhin il y a 25 ans et qui pourrait donc faire sa réapparition post-crise.

En France, Bruno Le Maire n’arrête pas de répéter que les impôts n’augmenteront pas mais jusqu’en 2022. Qu’en sera-t-il au-delà ? Personne ne peut le dire. Le problème c’est que la France n’a pas les marges de manœuvre des autres pays pour augmenter ses impôts puisque nous sommes déjà le pays le plus taxé au monde et qu’on l’a vu avec les Gilets jaunes par exemple, toute hausse d’impôt est désormais extrêmement difficile à faire passer
dans l’opinion publique. Reste qu’avec près de 120 points de dette, il faudra très probablement faire des efforts, mais pas avant 2023. »

Quelles solutions vont alors se présenter aux gouvernements des pays européens pour tenter de résorber les dettes Covid ?

R.L. : « Il y a trois voies pour réduire la dette publique : la première c’est la croissance et tous les Etats vont faire en sorte d’augmenter leur croissance potentielle. Ensuite il y a deux voies : on peut rétablir les finances publiques soit par l’augmentation des impôts et certains pays ont des marges de manœuvre, ce n’est pas le cas de la France.

Ou on peut passer par une baisse des dépenses. Là encore, certains pays et certaines opinions publiques acceptent mieux ce chemin que d’autres. Ce n’est pas vraiment le cas en France, c’est pourquoi Bruno Le Maire a proposé pour le prochain quinquennat, une forme de règle d’or, c’est-à-dire un plafonnement des dépenses publiques .

Crise climatique : une évolution des comportements en marche

Crise climatique : Une évolution des comportements

 

Les sociologues Chantal Aspe et Marie Jacqué analysent, dans une tribune au « Monde », la mobilisation des jeunes pour le climat, par les manifestations mais aussi par la promotion militante de modes de consommation alternatifs.

 

Tribune. Les mobilisations pour le climat les plus médiatisées sont sans aucun doute les manifestations de jeunes brandissant le slogan « Changeons le système, pas le climat ». Pour certains d’entre eux, cet engagement se prolonge par leur participation à des organisations militantes récemment créées, comme Alternatiba/Action non violente COP21, Youth for Climate ou Extinction Rebellion. Dans le cadre d’un programme de recherche sur les nouvelles formes d’action pour le climat, nous avons réalisé une enquête qualitative basée sur 30 entretiens semi-directifs auprès de militants parisiens et marseillais, et participé en tant qu’observatrices à leurs manifestations et actions.


Ces jeunes engagés pour le climat partagent une socialisation commune aux enjeux environnementaux. En effet, ils appartiennent à une génération d’écocitoyens sensibilisée aux enjeux climatiques par les programmes d’éducation au développement durable enseignés en milieu scolaire et portés massivement par le tissu associatif. Cet aspect, souvent sous-estimé dans la compréhension de leur mobilisation, explique leur capacité à assimiler et diffuser les analyses et alertes scientifiques.

Armés de ces nouvelles connaissances, ils se projettent dans leur futur et redonnent sens à leur engagement politique à travers la solidarité et les luttes environnementales. Pour les deux tiers d’entre eux, « l’urgence d’agir » structure leur discours. Ils militent dans des organisations « horizontales » et revendiquent des prises de paroles libres, égalitaires, sans représentants, c’est-à-dire une forme de démocratie directe. Ils réactualisent les modes d’actions contestataires et visent directement les acteurs du pouvoir économique et politique : décrochage des portraits du président Macron, occupation des sièges sociaux des multinationales, happenings, « flashmobs » devant l’Assemblée nationale ou les mairies, actions artistiques, sabotages de panneaux publicitaires, etc.

Ces mobilisations générationnelles témoignent d’un renouvellement de l’action politique. Elles viennent renforcer et relayer d’autres formes de lutte (procès climatiques, tribunes et appels des scientifiques, etc.). Leur point commun est d’interpeller l’Etat dans son rôle protecteur hérité de la période de l’« Etat-providence ». En effet, à l’instar d’autres démarches juridiques engagées par des maires (comme celui de Grande-Synthe), ces mobilisations dénoncent les liens d’intérêts entre les représentants de la puissance publique et les lobbies pollueurs ; elles condamnent l’inaction de l’Etat pour le contraindre à mettre réellement en œuvre une politique climatique.

Evolution climat : décarboner en urgence et radicalement

Evolution climat : décarboner en urgence et radicalement

Réagissant aux dernières conclusions du GIEC, le scientifique suédois Johan Rockström estime qu’il y a des « raisons d’espérer » même si « nous ne voyons, jusqu’à présent, aucun signe crédible que nous allons parvenir » à limiter le réchauffement à 1,5 °C. (Le monde, extrait)

 

Après la publication du rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), lundi 9 août, le directeur de l’Institut de recherche de Potsdam sur les effets du changement climatique (Allemagne), Johan Rockström, prévient que nous nous rapprochons de points de basculement majeurs. Il a identifié, en 2009, neuf seuils limites qui ne peuvent être dépassés sans mettre l’humanité en danger. Quatre de ces limites planétaires sont désormais franchies (le climat, la biosphère, la biodiversité et les nutriments), et deux sont sur le point de l’être : l’eau douce et l’acidification des océans.

Quelles sont les principales conclusions de ce nouveau rapport du GIEC ?

C’est le rapport du GIEC le plus robuste scientifiquement : il va très loin dans la confirmation de l’aspect global du changement climatique. Il avance des preuves irréfutables de la gravité de la situation, en confirmant non seulement, sans équivoque, que nous réchauffons la planète, mais aussi de manière indiscutable que la fréquence et la gravité des événements climatiques extrêmes augmentent. Les vagues de chaleur, les sécheresses, les inondations sont désormais attribuées au changement climatique d’origine humaine avec un degré de certitude très élevé. Il s’agit donc de véritables munitions scientifiques en faveur d’une action urgente.

Il s’agit aussi du premier rapport du GIEC à ne pas exclure des points de basculement, qu’il s’agisse de l’instabilité de la calotte glaciaire en Antarctique ou de la déstabilisation de l’AMOC, la circulation méridienne de retournement Atlantique [la circulation des courants océaniques de l’Atlantique, parmi lesquels le Gulf Stream]. Il montre aussi que la capacité des forêts, des sols et des océans à absorber les émissions de COrisque de s’affaiblir. Ces puits ont jusqu’à présent absorbé 56 % de nos émissions anthropiques.

Avons-nous déjà passé des points de rupture ?

Le rapport du GIEC ne le conclut pas. Mon évaluation est également que nous n’avons pas encore franchi un point de basculement majeur. Malheureusement, nous disposons de plus en plus de preuves scientifiques que nous nous en rapprochons, qu’il s’agisse de la déstabilisation de l’ouest de la calotte antarctique, de l’AMOC, de l’Arctique ou des récifs coralliens. Cela signifie-t-il que la planète entière a franchi une sorte de point de non-retour ? La réponse est non.

 

La fenêtre est encore ouverte, mais à peine ouverte, pour être en mesure de limiter le réchauffement à une température globale gérable sur Terre. Un réchauffement de 1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle [l’un des objectifs de l’accord de Paris de 2015] entraînerait de nombreux événements extrêmes, des défis majeurs pour de nombreuses économies et sociétés humaines, pour les récifs coralliens et les océans, mais serait très probablement gérable. C’est si nous dépassons 2 °C de réchauffement que nous risquons de franchir des points de basculement.

Evolution du Climat : des ruptures irréversibles

Evolution du Climat : des ruptures irréversibles 

 

La climatologue suisse, Sonia Seneviratne, explique à la Tribune que des ruptures sont irréversibles

 

 

Considérée comme l’une des climatologues les plus influentes au monde, Sonia Seneviratne enseigne à l’École polytechnique fédérale de Zurich, en Suisse.

 Quels nouveaux éléments cette publication fournit-elle, que l’on ignorait au moment du dernier rapport de 2014 ?

SONIA SENEVIRATNE - Globalement, ce rapport confirme les pires prévisions sur le réchauffement climatique déjà formulées il y a plusieurs années par le Giec. La principale nouveauté, c’est qu’il s’appuie sur des bases scientifiques encore plus solides : depuis 2014, la science du climat a évolué, la littérature sur le sujet s’est étoffée, et nous arrivons donc mieux à montrer l’effet du changement des températures sur l’apparition d’événements extrêmes. Certes, cela avait déjà été observé par des tendances claires, avec une multiplication des canicules et des précipitations extrêmes dans plusieurs régions du monde. Mais nous avons aujourd’hui des preuves formelles du lien de l’augmentation de ces événements avec le dérèglement. Ces avancées permettent d’établir de meilleures projections sur les implications concrètes d’un monde à +1,5°C ou +2°C par rapport à l’ère pré-industrielle.

Cette meilleure compréhension est en grande partie due au développement important de ce qu’on appelle la science de l’attribution, qui permet d’affilier des événements isolés au changement climatique induit par les activités humaines. Ainsi, nous pouvons être sûrs que des événements très extrêmes, comme les records de chaleur au Canada cet été, auraient eu une chance quasi-nulle d’avoir lieu en l’absence de réchauffement du climat. Pour ce faire, nous comparons des données multiples, celles-ci faisant apparaître des tendances. Si toutes les études délivrent le même signal, nous pouvons alors nous appuyer sur un taux de confiance très élevé quant à l’implication de l’homme dans les événements passés au crible. C’est très clair pour les vagues de chaleur, mais ça l’est moins pour les sècheresses dans certaines zones, faute à un manque de données disponibles sur ce sujet dans plusieurs régions.


Ces études d’attribution permettent aussi de consacrer un fait scientifique : on sait aujourd’hui que le réchauffement climatique est à 100% dû aux émissions humaines. On peut identifier ce rôle des émissions humaines non seulement à l’échelle globale, mais aussi dans différentes régions du globe, avec des effets clairement identifiables.

Est-il toujours possible de respecter l’objectif de l’accord de Paris, de maintien des températures en-deçà de 2°C, si possible +1,5°C par rapport à l’ère pré-industrielle ?

La possibilité de limiter le réchauffement climatique à +1,5°C s’éloigne de plus en plus. Dans le meilleur scénario retenu par le GIEC, on parviendrait peut-être à le limiter autour de cette valeur mais on aurait quand même un léger dépassement à +1,6°C – avant de revenir peu à peu à +1,5°C à la fin du siècle. Mais c’est l’hypothèse la plus ambitieuse : il faut réaliser qu’il n’y a eu vraiment aucun progrès réalisé dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre ces dernières années, qui continuent à augmenter en même temps que la hausse de la concentration de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère, malgré les nombreuses alertes.

C’est pour ça qu’on se trouve à un moment charnière : si on continue comme ça, ce sera vraiment trop tard d’ici à un ou deux ans. Il faut une réelle prise de conscience, et la mise en place d’une action immédiate. Et les technologies de captage du CO2 ne nous sauveront pas : elles sont déjà incluses dans le « meilleur » scénario du GIEC pour diminuer un peu la température d’ici à 2100, mais cela reste très hypothétique puisque ces techniques n’existent pas aujourd’hui.

Quel serait l’impact d’un réchauffement à +1,5°C et à +2°C sur la survenue des événements extrêmes ?

Dans les deux cas, les conséquences seront nombreuses, mais chaque fraction de degré compte pour limiter ces crises : à +2°C, il est sûr que beaucoup plus de régions subiront des événements extrêmes qu’à +1,5°C. Dans ce dernier cas de figure, on n’aurait pas encore de signal clair pour les sècheresses en Europe, par exemple, alors que ce serait le cas à +2°C. Concernant les précipitations extrêmes, le GIEC a identifié que leur intensité a augmenté de 7% à chaque degré supplémentaire. Alors que les températures ont déjà augmenté d’environ 1°C depuis l’ère pré-industrielle, 7% d’augmentation a déjà eu lieu. A +1,5°C, on serait plus près des 10-11%, et à +2°C des 14%.

Quant aux températures en tant que telles, leurs augmentations seront aussi plus élevées sur les continents en cas de réchauffement global de la planète. Dans un monde à +1,5°C, on aurait en moyenne des canicules de 2°C de plus sur les continents, tandis qu’à +2°C au global, ces canicules seraient de l’ordre de +2,5° ou 2,6°C. L’explication est simple : le réchauffement des continents est de l’ordre de 50% plus élevé qu’à l’échelle globale. C’est pour ça que dans certaines régions, comme en Méditerranée, on a en fait déjà dépassé les +1,5°C.

Surtout, les événements extrêmes combinés vont se multiplier : pour les inondations côtières, par exemple, il y aura une combinaison entre augmentation des précipitations extrêmes et hausse du niveau des mers, ce qui augmentera encore les périls. Il ne faut pas regarder les changements de manière isolée, mais comprendre qu’ils se combineront pour induire plus de risque.

Quelles régions seront particulièrement touchées ?

Ces phénomènes toucheront toutes les régions du monde : on voit d’ailleurs déjà des catastrophes climatiques se déclencher partout sur le globe. Mais ce sera particulièrement important dans certaines zones sensibles. En France, la région méditerranéenne sera plus affectée que d’autres : la hausse des températures, plus forte qu’à l’échelle mondiale, et la récurrence des sècheresses vont encore s’accentuer à mesure que le réchauffement s’amplifie, et aggraver le risque de feux de forêts. Sans compter que la région sera directement touchée par l’augmentation du niveau de la mer.

Ces changements auront des conséquences sur la biodiversité, sur la santé humaine, mais aussi sur l’agriculture : si des événements extrêmes ont lieu en même temps dans plusieurs régions agricoles, cela affectera forcément la production mondiale. Or, à +2°C, la probabilité d’une concomitance d’événements dans plusieurs zones sera plus forte.


Y a-t-il des phénomènes sur lesquels il est désormais trop tard pour agir ?

En fait, la plupart des changements qui ont déjà eu lieu sont irréversibles, en tout cas à l’échelle humaine, dans la mesure où le CO2 reste dans l’atmosphère pendant très longtemps – des centaines à des milliers d’année. Ainsi, si on arrêtait demain toutes les émissions de CO2, sa concentration diminuerait progressivement mais resterait bien plus élevé qu’en temps « normal » pendant tout ce temps.

D’autres phénomènes sont aussi impossibles à enrayer sur un très très long terme. Comme l’augmentation du niveau des mers, à cause de la quantité de CO2 déjà émises et de réactions en chaîne, liées à la fonte entamée des masses de glace. On a mis en route des processus qui vont continuer d’avoir lieu, peu importe les mesures qu’on mettra en place. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas agir : toute réduction supplémentaire peut, au moins, limiter l’augmentation supplémentaire du réchauffement et d’autres conséquences qui deviendraient elles aussi irréversibles. Mais c’est notre dernière chance pour rester dans la fourchette prévue des 1,5 à +2°C maximum.

Evolution Climat : des ruptures irréversibles

Evolution Climat : des ruptures irréversibles 

 

La climatologue suisse, Sonia Seneviratne, explique à la Tribune que des ruptures sont irréversibles

 

 

Considérée comme l’une des climatologues les plus influentes au monde, Sonia Seneviratne enseigne à l’École polytechnique fédérale de Zurich, en Suisse.

 Quels nouveaux éléments cette publication fournit-elle, que l’on ignorait au moment du dernier rapport de 2014 ?

SONIA SENEVIRATNE - Globalement, ce rapport confirme les pires prévisions sur le réchauffement climatique déjà formulées il y a plusieurs années par le Giec. La principale nouveauté, c’est qu’il s’appuie sur des bases scientifiques encore plus solides : depuis 2014, la science du climat a évolué, la littérature sur le sujet s’est étoffée, et nous arrivons donc mieux à montrer l’effet du changement des températures sur l’apparition d’événements extrêmes. Certes, cela avait déjà été observé par des tendances claires, avec une multiplication des canicules et des précipitations extrêmes dans plusieurs régions du monde. Mais nous avons aujourd’hui des preuves formelles du lien de l’augmentation de ces événements avec le dérèglement. Ces avancées permettent d’établir de meilleures projections sur les implications concrètes d’un monde à +1,5°C ou +2°C par rapport à l’ère pré-industrielle.

Cette meilleure compréhension est en grande partie due au développement important de ce qu’on appelle la science de l’attribution, qui permet d’affilier des événements isolés au changement climatique induit par les activités humaines. Ainsi, nous pouvons être sûrs que des événements très extrêmes, comme les records de chaleur au Canada cet été, auraient eu une chance quasi-nulle d’avoir lieu en l’absence de réchauffement du climat. Pour ce faire, nous comparons des données multiples, celles-ci faisant apparaître des tendances. Si toutes les études délivrent le même signal, nous pouvons alors nous appuyer sur un taux de confiance très élevé quant à l’implication de l’homme dans les événements passés au crible. C’est très clair pour les vagues de chaleur, mais ça l’est moins pour les sècheresses dans certaines zones, faute à un manque de données disponibles sur ce sujet dans plusieurs régions.


Ces études d’attribution permettent aussi de consacrer un fait scientifique : on sait aujourd’hui que le réchauffement climatique est à 100% dû aux émissions humaines. On peut identifier ce rôle des émissions humaines non seulement à l’échelle globale, mais aussi dans différentes régions du globe, avec des effets clairement identifiables.

Est-il toujours possible de respecter l’objectif de l’accord de Paris, de maintien des températures en-deçà de 2°C, si possible +1,5°C par rapport à l’ère pré-industrielle ?

La possibilité de limiter le réchauffement climatique à +1,5°C s’éloigne de plus en plus. Dans le meilleur scénario retenu par le GIEC, on parviendrait peut-être à le limiter autour de cette valeur mais on aurait quand même un léger dépassement à +1,6°C – avant de revenir peu à peu à +1,5°C à la fin du siècle. Mais c’est l’hypothèse la plus ambitieuse : il faut réaliser qu’il n’y a eu vraiment aucun progrès réalisé dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre ces dernières années, qui continuent à augmenter en même temps que la hausse de la concentration de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère, malgré les nombreuses alertes.

C’est pour ça qu’on se trouve à un moment charnière : si on continue comme ça, ce sera vraiment trop tard d’ici à un ou deux ans. Il faut une réelle prise de conscience, et la mise en place d’une action immédiate. Et les technologies de captage du CO2 ne nous sauveront pas : elles sont déjà incluses dans le « meilleur » scénario du GIEC pour diminuer un peu la température d’ici à 2100, mais cela reste très hypothétique puisque ces techniques n’existent pas aujourd’hui.

Quel serait l’impact d’un réchauffement à +1,5°C et à +2°C sur la survenue des événements extrêmes ?

Dans les deux cas, les conséquences seront nombreuses, mais chaque fraction de degré compte pour limiter ces crises : à +2°C, il est sûr que beaucoup plus de régions subiront des événements extrêmes qu’à +1,5°C. Dans ce dernier cas de figure, on n’aurait pas encore de signal clair pour les sècheresses en Europe, par exemple, alors que ce serait le cas à +2°C. Concernant les précipitations extrêmes, le GIEC a identifié que leur intensité a augmenté de 7% à chaque degré supplémentaire. Alors que les températures ont déjà augmenté d’environ 1°C depuis l’ère pré-industrielle, 7% d’augmentation a déjà eu lieu. A +1,5°C, on serait plus près des 10-11%, et à +2°C des 14%.

Quant aux températures en tant que telles, leurs augmentations seront aussi plus élevées sur les continents en cas de réchauffement global de la planète. Dans un monde à +1,5°C, on aurait en moyenne des canicules de 2°C de plus sur les continents, tandis qu’à +2°C au global, ces canicules seraient de l’ordre de +2,5° ou 2,6°C. L’explication est simple : le réchauffement des continents est de l’ordre de 50% plus élevé qu’à l’échelle globale. C’est pour ça que dans certaines régions, comme en Méditerranée, on a en fait déjà dépassé les +1,5°C.

Surtout, les événements extrêmes combinés vont se multiplier : pour les inondations côtières, par exemple, il y aura une combinaison entre augmentation des précipitations extrêmes et hausse du niveau des mers, ce qui augmentera encore les périls. Il ne faut pas regarder les changements de manière isolée, mais comprendre qu’ils se combineront pour induire plus de risque.

Quelles régions seront particulièrement touchées ?

Ces phénomènes toucheront toutes les régions du monde : on voit d’ailleurs déjà des catastrophes climatiques se déclencher partout sur le globe. Mais ce sera particulièrement important dans certaines zones sensibles. En France, la région méditerranéenne sera plus affectée que d’autres : la hausse des températures, plus forte qu’à l’échelle mondiale, et la récurrence des sècheresses vont encore s’accentuer à mesure que le réchauffement s’amplifie, et aggraver le risque de feux de forêts. Sans compter que la région sera directement touchée par l’augmentation du niveau de la mer.

Ces changements auront des conséquences sur la biodiversité, sur la santé humaine, mais aussi sur l’agriculture : si des événements extrêmes ont lieu en même temps dans plusieurs régions agricoles, cela affectera forcément la production mondiale. Or, à +2°C, la probabilité d’une concomitance d’événements dans plusieurs zones sera plus forte.


Y a-t-il des phénomènes sur lesquels il est désormais trop tard pour agir ?

En fait, la plupart des changements qui ont déjà eu lieu sont irréversibles, en tout cas à l’échelle humaine, dans la mesure où le CO2 reste dans l’atmosphère pendant très longtemps – des centaines à des milliers d’année. Ainsi, si on arrêtait demain toutes les émissions de CO2, sa concentration diminuerait progressivement mais resterait bien plus élevé qu’en temps « normal » pendant tout ce temps.

D’autres phénomènes sont aussi impossibles à enrayer sur un très très long terme. Comme l’augmentation du niveau des mers, à cause de la quantité de CO2 déjà émises et de réactions en chaîne, liées à la fonte entamée des masses de glace. On a mis en route des processus qui vont continuer d’avoir lieu, peu importe les mesures qu’on mettra en place. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas agir : toute réduction supplémentaire peut, au moins, limiter l’augmentation supplémentaire du réchauffement et d’autres conséquences qui deviendraient elles aussi irréversibles. Mais c’est notre dernière chance pour rester dans la fourchette prévue des 1,5 à +2°C maximum.

Sommet alimentaire : Le contraire d’une évolution sociale et écologique

Sommet  alimentaire : Le contraire d’une évolution sociale et écologique

A quatre mois du prochain sommet des Nations unies, six syndicats et organisations de la société civile française dénoncent dans une tribune au « Monde » une rencontre qui fait fi du multilatéralisme et de l’environnement, et demandent officiellement au gouvernement français de se retirer.

 

Tribune.

 

 Le nouveau Sommet des Nations unies sur les systèmes alimentaires qui se tiendra en septembre 2021 aurait pu être porteur d’avancées cruciales et grandement nécessaires dans le contexte sanitaire, économique et environnemental actuel. Pourtant, de nombreuses et profondes inquiétudes assombrissent cette initiative.

Annoncé en 2019, ce sommet est le fruit d’une nouvelle collaboration entre le Forum économique mondial et le secrétaire général des Nations unies. Les Etats membres des Nations unies, traditionnels garants de ce type d’initiative, n’ont jamais vraiment été consultés et l’Assemblée générale de l’ONU n’a même pas eu à se prononcer sur le sujet. C’est pourtant son rôle : c’est elle qui a validé par le passé la tenue des sommets alimentaires mondiaux de 1996 et de 2009.

 

Dès son annonce, ce sommet a donc fait fi d’un multilatéralisme pourtant indispensable et a progressivement marginalisé l’ensemble des acteurs souhaitant une réelle transformation sociale et écologique des systèmes agricoles et alimentaires. Un grand nombre d’Etats, de chercheurs et d’organisations de la société civile se sont ainsi retrouvés exclus des mécanismes de gouvernance du sommet ou n’ont été impliqués qu’a minima dans un faux-semblant de consultation.

En parallèle, les organisateurs ont déroulé le tapis rouge aux principaux promoteurs d’une « révolution verte agricole » – OGM, digitalisation de l’agriculture, utilisation massive de pesticides et d’engrais de synthèse – dont on connaît les impacts dévastateurs partout dans le monde. Ces « solutions technologiques » seules capables, selon les organisateurs du sommet, de « changer la donne », renforcent toutes le système agro-industriel dominant et se font au détriment d’une vraie transformation agroécologique.

Pourtant, l’impératif d’assurer la souveraineté alimentaire et le droit à l’alimentation des populations, et l’urgence de répondre aux crises climatiques environnementales nécessitent au contraire de repenser nos pratiques agricoles et alimentaires, de renforcer un tissu dense de fermes à dimension humaine, et de permettre aux agricultrices et aux agriculteurs de vivre dignement, partout dans le monde.

Procès Sarkozy : une évolution juridique vis-à-vis des politiques ?

Procès Sarkozy : une évolution juridique vis-à-vis des politiques ?

Fabien Bottini Professeur des Universités en droit public, Université Le Havre Normandie, évoque dans la Tribune la portée du procès Sarkozy.

 

Le 1er mars dernier, le Tribunal correctionnel de Paris a condamné Nicolas Sarkozy à trois ans de détention, dont un ferme, pour corruption et trafic d’influence. À l’appui de cette sanction, les juges ont souligné que ces infractions avaient porté « gravement atteinte à la confiance publique en instillant dans l’opinion publique l’idée selon laquelle » la justice pouvait « faire l’objet d’arrangements occultes destinés à satisfaire des intérêts privés ».

La sévérité de cette sanction est à mettre en rapport avec le caractère inédit du dossier. Ce serait la première fois dans l’histoire de la Ve République qu’un jugement fondé sur des écoutes téléphoniques établirait qu’un ancien chef de l’État a promis à un magistrat de la Cour de cassation de jouer de son influence pour lui permettre d’être nommé à un poste prestigieux en échange de son aide pour mettre un terme à des procédures judiciaires le visant, et ce afin d’obtenir une décision plus favorable.

Nicolas Sarkozy ayant fait appel de son jugement qui pose à ses yeux « la question de la partialité de certains magistrats », sa condamnation n’est toutefois pas définitive et aucun rebondissement n’est à exclure puisqu’il a déjà bénéficié de deux non-lieux dans des procédures dirigées contre lui.

Son procès a toutefois le mérite de mettre en lumière une conséquence de la mondialisation qui n’est pas toujours bien perçue par le grand public et les responsables politiques eux-mêmes.

Le jugement s’inscrit dans une évolution d’ensemble dont la finalité est d’assurer la neutralité de l’action publique dans le champ économique, de façon à ne pas perturber le bon fonctionnement du marché dont dépend désormais la prospérité du pays et, à travers elle, le progrès social.

Le rapport qu’entretient le personnel politique avec la justice n’a en effet évolué ces dernières années que parce qu’une certaine rationalité économique a rejoint les critiques de l’opinion publique contre l’immunité-impunité supposée de ceux qu’il est convenu d’appeler les décideurs publics par comparaison avec les décideurs du secteur privé : les chefs d’entreprise.

Parce qu’ils ont « la passion de l’égalité » comme l’écrivait Tocqueville, les Français ont régulièrement exprimé à travers l’histoire leur aspiration à une responsabilité effective des gouvernants. Déjà au IXe siècle la théorie du gouvernement « spéculaire » – entendu comme un gouvernement miroir de la société - soutenait que le chef de l’État se devait d’être exemplaire et vertueux pour mériter son titre et être obéi de tous.

Sous la Révolution, les cahiers de doléances de la noblesse d’Amiens ont assigné aux États généraux le soin de demander que :

« les ministres et tous les administrateurs soient responsables envers la nation de leur gestion et jugés suivant la rigueur des lois ».

Encore en 1870, le décret supprimant la garantie des fonctionnaires – qui interdisait de poursuivre les agents publics sans l’autorisation préalable du Conseil d’État – a été « l’un des mieux accueillis » par « l’opinion publique ». Ces attentes sont à l’origine directe de l’article 15 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen d’après lequel : « La Société a le droit de demander compte à tout Agent public de son administration ».

L’idée a toutefois longtemps prévalu que cette responsabilité devait être davantage politique que pénale : en l’absence d’infractions volontaires ou d’enrichissement personnel, la sanction des contrevenants devait être la perte (ou la non-conquête) du pouvoir, pas la prison.

Derrière cette solution se trouvait le souvenir des abus des cours de justice de l’Ancien droit. Entre les mains de la noblesse de Robe, ces tribunaux étaient hostiles à la Révolution. C’est pourquoi les Révolutionnaires de 1789 s’en étaient davantage remis à la séparation des pouvoirs entre l’Exécutif et le Législatif et à l’éthique des élus de la Nation pour prévenir ou sanctionner l’arbitraire du personnel politique.

La Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen énonce pour cette raison ce que la loi peut faire afin que les gouvernants sachent à tout instant ce qu’ils ne peuvent pas faire :

art. 5 : « La Loi n’a le droit de défendre que les actions nuisibles à la Société » ;

art. 8 : « La Loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires » ;

art. 12 : la force publique est « instituée pour l’avantage de tous, et non pour l’utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée »…

Ces garanties demeurent, la déontologie ayant même fait son grand retour avec le vote des lois organique et ordinaire du 11 octobre 2013, sur la transparence de la vie publique (qui renforcent la prévention des conflits d’intérêts dont les élus pourraient se rendre coupables dans l’exercice de leurs fonctions).

Mais elles ont également montré leurs limites, les élus étant souvent réticents à condamner leurs pairs, par peur de représailles. « Je ne souhaite pas », disait pour cette raison le Premier ministre Lionel Jospin au moment où le député Montebourg proposait de renvoyer le président Chirac devant la Haute cour de justice, « que les affaires soient utilisées dans le débat public ».

Les difficultés qu’ont longtemps eues les victimes à déclencher elles-mêmes les poursuites devant le juge pénal combinées avec le pouvoir du garde des Sceaux de donner des instructions individuelles aux parquets dans les dossiers « sensibles » faisaient qu’en pratique les condamnations restaient rares.

D’où le sentiment d’injustice chez certains citoyens. Celui-ci a fini par nourrir des réformes d’ampleur dans les années 1990 à la suite de différents scandales politico-financiers visant le Parti socialiste (PS) (affaires Urba ou carrefour du développement) ou la droite (affaire de Karachi par exemple).

Mais ces réformes n’ont toutefois pu aboutir que parce que les attentes de l’opinion publique ont conjugué leurs effets avec une certaine rationalité économique avec laquelle on ne fait pas toujours bien le lien.

Cette rationalité, c’est celle qui préconise de faire de l’interdépendance économique des Nations – dont les dirigeants politiques doivent être les artisans autant que les garants – le facteur de la paix dans le monde. Tout comportement déviant doit pour cette raison être prévenu (par la déontologie) et à défaut sanctionné (par le droit pénal) pour ne pas compromettre le bon fonctionnement du marché global.

 

Fondé sur le souvenir de la pax romana qui a duré plus de 1000 ans sous l’Antiquité, le projet d’une paix par le commerce entre États a régulièrement été défendu par d’éminents auteurs depuis les Temps modernes.

En 1623, le moine Emeric de La Croix insistait dans Le Nouveau Cynée sur l’importance d’assurer la « liberté du commerce par tout le monde » avant qu’Emmanuel Kant ne fasse, en 1795, du respect du droit des gens au niveau international un instrument de son Projet de paix perpétuelle et que Victor Hugo ne prédise, dans son célèbre discours du 21 août 1849 au Congrès de la paix, qu’« un jour viendra où il n’y aura plus d’autres champs de bataille que les marchés s’ouvrant au commerce ».

C’est cette finalité qui sous-tend le projet de la Charte de l’Atlantique du 14 août 1941, co-écrite par Roosevelt et Churchill, de faire de « l’accès et la participation », de « tous les États », « au commerce et aux matières premières indispensables à leur prospérité » et de « la plus entière collaboration entre toutes les nations » le moyen de prévenir un nouveau conflit mondial à l’avenir. C’est de ce fait lui qui inspire les accords du GATT en 1947, le lancement de la construction européenne en 1951 et 1957 ou encore la création de l’OMC en 1995.

Or, sa mise en œuvre a franchi une nouvelle étape au tournant des années 1990 lorsque la multiplication des scandales politico-financiers précités a montré combien les personnalités politiques pouvaient, par leur comportement, fausser le bon fonctionnement du marché, en avantageant de façon occulte certains opérateurs économiques.

Il est pour cette raison devenu important à cette date de lutter contre la corruption au moment qui plus est où l’effondrement de l’URSS permettait une libéralisation accrue des échanges entre États. Six conventions pénales internationales adoptées entre 1996 et 2003 sous l’égide de l’OCDE, de l’UE ou encore du Conseil de l’Europe ont ainsi contribué à renforcer en France le rôle de la juridiction pénale contre la corruption et à alimenter, ce faisant, le phénomène de judiciarisation de la vie politique.

Alors que le juge était relégué depuis la Révolution au rang de simple autorité, il s’est depuis le tournant des années 90 imposé comme un véritable contre-pouvoir.

La création en 2013 d’un Parquet national financier (PNF) participe de cette même évolution, puisqu’il vise à protéger les intérêts économiques fondamentaux de la Nation.

Ce n’est ainsi pas par hasard si Jacques Chirac a dans ce contexte été le premier ancien président de la République à avoir fait l’objet de poursuites à raison de faits d’abus de confiance et de détournement de fonds commis lorsqu’il était maire de Paris et président du RPR.

On comprend de même mieux pourquoi les faits contre Nicolas Sarkozy ont été instruits par le PNF et pourquoi le tribunal a considéré que les infractions qui lui étaient reprochées justifiaient à ses yeux de la prison ferme, dès lors qu’elles fragilisaient la confiance de tout un chacun – simple particulier ou opérateur économique – envers le bon fonctionnement de l’institution judiciaire – si importante pour le règlement des litiges commerciaux.

Reste à savoir si le jugement du tribunal est ou non juridiquement fondé. Régulièrement la droite s’estime victime de « juges rouges » réputés proches de la gauche lorsque ses leaders se trouvent condamnés et les magistrats à l’origine du jugement n’échappent pas à ces critiques. Ce reproche n’est toutefois pas propre à la droite puisque certaines personnalités de gauche dénoncent en retour, à l’image de Jean‑Luc Melenchon, tout aussi régulièrement une « justice aux ordres » de la majorité du moment.

 

À chaque fois, il s’agit ainsi de prendre l’opinion publique à témoin pour lui faire constater le caractère injuste de la décision rendue.

Au nom des principes de l’État de droit, la judiciarisation de la vie politique s’accompagne toutefois d’un renforcement des garanties offertes à la personne poursuivie, pour s’assurer que chacun ait droit à ce que son affaire soit tranchée par un tribunal indépendant et impartial (art.6 §1 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme de 1950).

Non seulement le juge est tenu de respecter le droit au respect de la présomption d’innocence des personnes mises en cause, mais il se doit d’instruire à charge ET à décharge les faits qui lui sont soumis. Sans compter que les justiciables bénéficient de plusieurs voies de recours.

Outre que le double degré de juridiction leur permet de faire appel de leur condamnation avant éventuellement de se pourvoir en cassation, il leur est également loisible de saisir la Cour européenne des droits de l’Homme comme Nicolas Sarkozy en a l’intention. Ce sont ces garanties qui lui ont par le passé permis de bénéficier de deux non-lieux.

S’il convient donc de laisser la justice suivre son cours, le jugement rendu n’est qu’une pièce d’un puzzle plus grand dont le but ultime est de rendre confiance aux opérateurs du marché dans le bon fonctionnement des institutions. De ce point de vue les critiques qui l’ont accompagné comme l’appel qui a été interjeté doivent être perçus comme le signe de leur vitalité et non comme celui de la déliquescence de notre démocratie.

_________

(*) Par Fabien Bottini, Qualifié aux fonctions de Professeur des Universités en droit public, Université Le Havre Normandie.

L’auteur a récemment publié « L’action économique des collectivités publiques : ses enjeux, son droit, ses acteurs ».

Évolution de dollar: plutôt une perspective en baisse

Évolution de  dollar: plutôt une perspective en baisse

Beaucoup de stratèges interrogés par Reuters  estiment que l’évolution du dollar devrait s’inscrire dans une tendance baissière.

Après une liquidation qui a commencé l’année dernière, le dollar a augmenté au cours de quatre des cinq dernières semaines et a augmenté de plus de 1% pour l’année, les traders ayant revu les paris lourds contre la devise.

Mais tous les facteurs qui sous-tendent la force du dollar devraient être transitoires, selon le sondage du 1er au 4 février auprès de plus de 70 analystes. Ils ont maintenu leurs prévisions de faiblesse du dollar pour l’année à venir en grande partie inchangées par rapport au sondage de janvier.

Plus de 85%, soit 63 analystes sur 73 ayant répondu à une question supplémentaire, s’attendaient à ce que le dollar reste aux alentours des niveaux actuels ou diminue au cours des trois prochains mois. Seuls 10 s’attendaient à ce qu’il monte d’ici.

«Il y a beaucoup plus d’inconvénients pour le dollar, et notre perspective à plus long terme est pour la faiblesse du dollar, pas pour la force du dollar», a déclaré Steve Englander, responsable de la recherche mondiale sur les devises G10 et de la stratégie macro-américaine de Standard Chartered.

«Les attentes des investisseurs au début de l’année ont fini par quelque peu dérailler, mais dans ce cas, nous pensons temporairement.»

 

L’euro pour sa part, qui a perdu plus de 1,5% pour l’année et s’échangeait près de ses plus bas de neuf semaines contre le dollar jeudi, devrait récupérer toutes ces pertes et gagner plus de 4,0% au cours des 12 prochains mois.

L’euro devrait se raffermir à 1,23 $ en six mois et à 1,25 $ en un an. Il changeait de mains autour de 1,20 $ jeudi.

Cela est largement attribué aux inquiétudes de la Fed quant au rythme de la reprise, mettant encore plus de poids derrière sa promesse de maintenir la politique monétaire dans une position «accommodante» pour les mois, voire les années à venir.

«L’euro / dollar n’a pas atteint 1,24 dollar parce que l’Europe était soudainement merveilleuse. L’euro est passé à 1,24 $ à cause de la Fed », a déclaré Kit Juckes, responsable de la stratégie FX chez Société Générale.

«Environ 90% de cela (le mouvement de l’euro) est du côté américain de l’équation, et cela n’a pas changé. Ce qui a changé, c’est que nous sommes allés trop vite et que c’est une correction.

Et ce n’est pas seulement contre les principales devises – le dollar devrait également s’affaiblir par rapport aux devises des marchés émergents dans l’année à venir. [EMRG / POLL]

«Une grande partie de l’exceptionnalisme du dollar est liée à sa rareté. La perspective est maintenant qu’il n’y aura pas de pénurie de dollars et en fait il y aura une abondance à perte de vue », a déclaré Englander de Standard Chartered.

«La Fed va y être forcée (en fournissant des liquidités en dollars), car elle sait ce qui se passera si elle augmente les taux d’intérêt à long terme ou permet aux taux à long terme de remonter.

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