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Environnement–Déforestation : pour une vraie évaluation globale

Environnement–Déforestation : pour une vraie évaluation globale

 

Pour l’économiste Alain Karsenty, l’évaluation de la qualité des politiques publiques de lutte contre la déforestation doit primer sur la rémunération des Etats.

 

Tribune.

 

Dans les pays du Sud, la croissance démographique conjuguée à la faible croissance des rendements agricoles crée des pressions sur les écosystèmes. L’augmentation de la demande internationale de produits agricoles et celle, émergente, de biocarburants, se rajoutent aux dynamiques internes pour engendrer une déforestation massive. Avec en moyenne 10 millions d’hectares perdus chaque année, soit quelque 14 % des émissions de CO2 liées aux activités humaines, la déforestation est principalement concentrée dans les pays en développement. Si elle tend à se ralentir en Asie, elle s’accroît en Afrique et augmente à nouveau depuis 2015 en Amazonie brésilienne, après une décennie de baisse sensible.

Environ un tiers de la déforestation est lié au commerce international, ce qui montre toute l’importance de réduire la déforestation importée dans les biens que nous consommons. Mais la population s’accroît dans les pays tropicaux et les modèles de consommation se rapprochent de ceux des pays industrialisés. Les politiques qui seront adoptées par ces pays seront donc décisives pour parvenir, à terme, à arrêter la déforestation.

 

Les forêts ne sont pas des biens publics mondiaux ou des communs globaux. On doit distinguer les ressources qu’elles abritent (bois, foncier, ressources génétiques, etc.) des services écosystémiques qu’elles fournissent (puits et stock de carbone, réservoir de biodiversité, régulation hydrique, cycle des pluies, etc.). Les ressources relèvent de la souveraineté des Etats et les acteurs publics ou privés − dont des communautés − disposent sur celles-ci de divers droits de propriété. Seuls les services peuvent être considérés comme des biens publics mondiaux, dont le maintien dépend des modes de gestion de ces ressources.

Dès lors, faut-il que la « communauté internationale » rémunère les pays forestiers tropicaux pour les services que les écosystèmes rendent à l’humanité ? Cette demande est souvent formulée par des responsables politiques des pays concernés, qui mettent en avant le manque à gagner que représenterait la conservation des forêts au lieu d’organiser leur conversion à des activités agricoles et minières. Le mécanisme international REDD+ (pour réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation), potentiellement lié à un marché international des réductions d’émissions de gaz à effet de serre − le « marché carbone » − a été instauré sous l’égide de l’Organisationn des Nations unies en écho à ces demandes. Il se veut être un programme de « paiement aux résultats ». Les rémunérations prévues ne visent toutefois pas à « payer pour les services rendus par les écosystèmes », mais à rémunérer les pays pour leurs efforts de conservation des forêts par des politiques et des mesures débouchant sur des résultats − essentiellement la baisse de la déforestation.

La différence n’est pas mince. La prendre au sérieux suppose que les payeurs potentiels (les pays industrialisés) ne se contentent pas d’un « résultat », qui peut parfois n’être qu’une hausse de la déforestation moindre qu’anticipée, mais qu’ils établissent les relations de cause à effet entre le résultat constaté et les politiques publiques mises en œuvre pour l’obtenir. Si la baisse de la déforestation est liée à la baisse du prix de l’huile de palme ou du soja, est-il judicieux de « récompenser » un pays ? Il est pour le moins singulier que le Fonds vert pour le climat ait rémunéré en 2019 le Brésil pour une déforestation moindre qu’en 2014-2015, alors que la politique vis-à-vis de la forêt a radicalement changé depuis l’avènement de Bolsonaro.

 

S’interroger sur la façon dont les résultats sont produits veut dire aussi ne pas se contenter de laisser les pays « faire le job » pour pouvoir les payer ensuite, mais investir massivement à leurs côtés afin de pouvoir maîtriser les causes directes et indirectes de la déforestation.

La priorité est de construire un agenda commun entre lutte contre la déforestation et sécurité alimentaire. Sans cela, non seulement les gouvernements du Sud n’entreront pas dans des logiques de coconstruction, mais les politiques environnementales et agricoles continueront d’être antagonistes.

Qualité et cohérence

Une intensification écologique passant par de l’agroécologie, des associations cultures-élevage et de l’agroforesterie, devrait devenir la priorité des politiques publiques.

L’investissement doit aussi viser la clarification et la sécurisation des droits fonciers, non seulement pour protéger les communautés contre les accaparements de terres, mais aussi pour créer les conditions de long terme propices à la plantation d’arbres. Il est également essentiel de financer des politiques favorisant la transition démographique, notamment en Afrique, en mettant l’accent sur l’éducation des filles et l’autonomie économique des femmes.

Déforestation : pour une vraie évaluation globale

Déforestation : pour une vraie évaluation globale

 

Pour l’économiste Alain Karsenty, l’évaluation de la qualité des politiques publiques de lutte contre la déforestation doit primer sur la rémunération des Etats.

 

Tribune.

 

Dans les pays du Sud, la croissance démographique conjuguée à la faible croissance des rendements agricoles crée des pressions sur les écosystèmes. L’augmentation de la demande internationale de produits agricoles et celle, émergente, de biocarburants, se rajoutent aux dynamiques internes pour engendrer une déforestation massive. Avec en moyenne 10 millions d’hectares perdus chaque année, soit quelque 14 % des émissions de CO2 liées aux activités humaines, la déforestation est principalement concentrée dans les pays en développement. Si elle tend à se ralentir en Asie, elle s’accroît en Afrique et augmente à nouveau depuis 2015 en Amazonie brésilienne, après une décennie de baisse sensible.

Environ un tiers de la déforestation est lié au commerce international, ce qui montre toute l’importance de réduire la déforestation importée dans les biens que nous consommons. Mais la population s’accroît dans les pays tropicaux et les modèles de consommation se rapprochent de ceux des pays industrialisés. Les politiques qui seront adoptées par ces pays seront donc décisives pour parvenir, à terme, à arrêter la déforestation.

 

Les forêts ne sont pas des biens publics mondiaux ou des communs globaux. On doit distinguer les ressources qu’elles abritent (bois, foncier, ressources génétiques, etc.) des services écosystémiques qu’elles fournissent (puits et stock de carbone, réservoir de biodiversité, régulation hydrique, cycle des pluies, etc.). Les ressources relèvent de la souveraineté des Etats et les acteurs publics ou privés − dont des communautés − disposent sur celles-ci de divers droits de propriété. Seuls les services peuvent être considérés comme des biens publics mondiaux, dont le maintien dépend des modes de gestion de ces ressources.

Dès lors, faut-il que la « communauté internationale » rémunère les pays forestiers tropicaux pour les services que les écosystèmes rendent à l’humanité ? Cette demande est souvent formulée par des responsables politiques des pays concernés, qui mettent en avant le manque à gagner que représenterait la conservation des forêts au lieu d’organiser leur conversion à des activités agricoles et minières. Le mécanisme international REDD+ (pour réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation), potentiellement lié à un marché international des réductions d’émissions de gaz à effet de serre − le « marché carbone » − a été instauré sous l’égide de l’Organisationn des Nations unies en écho à ces demandes. Il se veut être un programme de « paiement aux résultats ». Les rémunérations prévues ne visent toutefois pas à « payer pour les services rendus par les écosystèmes », mais à rémunérer les pays pour leurs efforts de conservation des forêts par des politiques et des mesures débouchant sur des résultats − essentiellement la baisse de la déforestation.

La différence n’est pas mince. La prendre au sérieux suppose que les payeurs potentiels (les pays industrialisés) ne se contentent pas d’un « résultat », qui peut parfois n’être qu’une hausse de la déforestation moindre qu’anticipée, mais qu’ils établissent les relations de cause à effet entre le résultat constaté et les politiques publiques mises en œuvre pour l’obtenir. Si la baisse de la déforestation est liée à la baisse du prix de l’huile de palme ou du soja, est-il judicieux de « récompenser » un pays ? Il est pour le moins singulier que le Fonds vert pour le climat ait rémunéré en 2019 le Brésil pour une déforestation moindre qu’en 2014-2015, alors que la politique vis-à-vis de la forêt a radicalement changé depuis l’avènement de Bolsonaro.

 

S’interroger sur la façon dont les résultats sont produits veut dire aussi ne pas se contenter de laisser les pays « faire le job » pour pouvoir les payer ensuite, mais investir massivement à leurs côtés afin de pouvoir maîtriser les causes directes et indirectes de la déforestation.

La priorité est de construire un agenda commun entre lutte contre la déforestation et sécurité alimentaire. Sans cela, non seulement les gouvernements du Sud n’entreront pas dans des logiques de coconstruction, mais les politiques environnementales et agricoles continueront d’être antagonistes.

Qualité et cohérence

Une intensification écologique passant par de l’agroécologie, des associations cultures-élevage et de l’agroforesterie, devrait devenir la priorité des politiques publiques.

L’investissement doit aussi viser la clarification et la sécurisation des droits fonciers, non seulement pour protéger les communautés contre les accaparements de terres, mais aussi pour créer les conditions de long terme propices à la plantation d’arbres. Il est également essentiel de financer des politiques favorisant la transition démographique, notamment en Afrique, en mettant l’accent sur l’éducation des filles et l’autonomie économique des femmes.

Finances -Quoi qu’il en coûte : une évaluation approximative

Finances -Quoi qu’il en coûte : une évaluation approximative

 

 

. Par Eric Séverin, Université de Lille et David Veganzones, ESCE International Business School estime Dansla « Tribune » qu’il est trop tôt pour procéder à une évaluation précise du quoi qu’il en coûte.

 

Face à la crise économique liée aux mesures sanitaires, le gouvernement a mis en place différents dispositifs d’aides, dont l’objectif est de permettre aux entreprises (viables ou non) de faire face à leurs échéances. Un an demi après leur instauration, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a annoncé la levée de ces aides. « Le « quoi qu’il en coûte », c’est fini », a-t-il déclaré à l’occasion de la Rencontre des entrepreneurs de France du Medef, le 25 août.

La fin des aides de l’État laisse donc craindre une recrudescence des faillites qui avaient été jusqu’alors limitées. En effet, selon le rapport Altares 2021, celles-ci ont augmenté de 14,2 %, mais ce chiffre reste en recul de 48 % par rapport à la période 2017-2019.

Certes, il est difficile de prévoir le nombre de défaillances qui surviendront après la levée des mesures d’aides. Pour l’année 2021, le président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) s’attend à un chiffre de 60 000 à 100 000 alors qu’Altares prévoit entre 33000 et 35000 défaillances.

Quoi qu’il en soit, il ne fait guère de doute que ces défaillances vont être coûteuses. Mais quels sont ces coûts ? Et sommes-nous réellement capables de les mesurer ?

Les coûts sont à la fois directs et indirects. En ce qui concerne les coûts directs, ils sont constitués par les frais des mandataires de justice. D’autres éléments sont à incorporer à ces coûts tels que ceux perçus par le commissaire à l’exécution du plan. Quel est l’ordre de grandeur de ces coûts ? Plusieurs études apportent des éléments de réponse.

Premièrement, leur étendue est variable selon les pays et représente entre 1 et 10 % de la valeur de la firme. Deuxièmement, ils sont inversement proportionnels à la taille de l’entreprise (plus lourds pour les PME comparativement aux grandes entreprises). Troisièmement, ils ne sont pas supportés de façon identique par tous les acteurs en fonction de la règle de priorité et de la législation en vigueur.

En revanche, contrairement aux coûts directs, les coûts indirects restent d’une extrême complexité, non pas à définir mais à mesurer. On peut circonscrire cinq types de coûts indirects.

Le premier est celui de la perte du chiffre d’affaires faisant suite à la perte de clients. Devant l’incertitude d’être approvisionné et de ne pas bénéficier d’un service après vente, un client se détournera d’une entreprise en redressement judiciaire, augmentant conséquemment ses difficultés.

Le deuxième se porte de l’autre côté du spectre avec les fournisseurs. Percevant la difficulté d’un client, les fournisseurs infèrent la possibilité de perdre leurs créances en raison de l’ordre de priorité des créanciers dans le redressement judiciaire. Par conséquent, ils vont exiger des délais de paiement plus rapides.

Le troisième tient dans l’attitude du personnel. En effet, dans un redressement judiciaire, on assiste très souvent à des licenciements qui traduisent un double coût : celui d’une perte de compétence et de formation financée par l’entreprise et celui de la démotivation des salariés restants qui sont dans la crainte de perdre leurs emplois si la situation venait à empirer encore. Le coût pour la firme est d’autant plus important que les meilleurs de ses salariés partent car ces derniers sont les plus employables et recherchés par les compétiteurs.

Le quatrième coût est appelé par les Américains fire sale (vente précipitée). Pour résoudre leurs problèmes de cash, les firmes vont chercher à désinvestir de façon sous optimale en vendant leurs actifs à vil prix.

 

Le cinquième coût est lié à l’asymétrie d’information et au risque. En effet, les dirigeants, qui ont un meilleur accès à l’information que les actionnaires, peuvent soit retarder la faillite pour préserver leurs avantages, soit extraire des avantages importants avant leur mise à l’écart. Un exemple célèbre met en évidence que plus de 50 % de la valeur de la compagnie aérienne Eastern Airline a été détruite pendant le redressement judiciaire en raison du comportement opportuniste du dirigeant dans les années 1990.

Qu’y a-t-il derrière le « quoiqu’il en coûte » ?

Dans les années 1980, une étude avait tenté d’évaluer plus précisément ces coûts indirects en mesurant d’une part, le différentiel de la baisse du chiffre d’affaires des entreprises ayant fait faillite comparativement à la moyenne des ventes du secteur et d’autre part, l’écart entre le montant réel des ventes et les prévisions réalisées trois ans avant la faillite. Ces coûts pourraient ainsi représenter de 6,6 à 8,1 % de la valeur de la firme. La difficulté d’une telle approche reste toutefois l’accès aux données.

Une seconde méthode consiste à mesurer les coûts indirects en utilisant les données boursières au travers des coûts de réputation et des effets de contagion. On mesure les variations de cours boursier des clients et fournisseurs des sociétés ayant fait faillite. On capte ainsi la perte de valeur subie par les partenaires des entreprises ayant fait faillite (effet contagion). Les résultats font ressortir des pertes de l’ordre de 1 à 3 % de la valeur boursière des fournisseurs et des clients.

S’il reste difficile de prévoir le nombre exact des faillites en 2021, il n’en reste pas moins vrai qu’il serait très utile de pouvoir mesurer les coûts de ces faillites pour l’ensemble des acteurs. Cela aurait deux mérites. Le premier serait de savoir ce qu’il convient de mettre derrière le « quoiqu’il en coûte ». Le second serait de permettre des comparaisons avec nos partenaires pour savoir où nous situer au sein de cette crise mondiale.

______

(*) Par Eric Séverin, Professeur des Universités Finance – Comptabilité, Université de Lille et David Veganzones, Assistant professor, management & finance, ESCE International Business School.

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Finances- Quoi qu’il en coûte : une évaluation approximative

Finances- Quoi qu’il en coûte : une évaluation approximative

 

 

. Par Eric Séverin, Université de Lille et David Veganzones, ESCE International Business School estime Dansla « Tribune » qu’il est trop tôt pour procéder à une évaluation précise du quoi qu’il en coûte.

 

Face à la crise économique liée aux mesures sanitaires, le gouvernement a mis en place différents dispositifs d’aides, dont l’objectif est de permettre aux entreprises (viables ou non) de faire face à leurs échéances. Un an demi après leur instauration, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a annoncé la levée de ces aides. « Le « quoi qu’il en coûte », c’est fini », a-t-il déclaré à l’occasion de la Rencontre des entrepreneurs de France du Medef, le 25 août.

La fin des aides de l’État laisse donc craindre une recrudescence des faillites qui avaient été jusqu’alors limitées. En effet, selon le rapport Altares 2021, celles-ci ont augmenté de 14,2 %, mais ce chiffre reste en recul de 48 % par rapport à la période 2017-2019.

Certes, il est difficile de prévoir le nombre de défaillances qui surviendront après la levée des mesures d’aides. Pour l’année 2021, le président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) s’attend à un chiffre de 60 000 à 100 000 alors qu’Altares prévoit entre 33000 et 35000 défaillances.

Quoi qu’il en soit, il ne fait guère de doute que ces défaillances vont être coûteuses. Mais quels sont ces coûts ? Et sommes-nous réellement capables de les mesurer ?

Les coûts sont à la fois directs et indirects. En ce qui concerne les coûts directs, ils sont constitués par les frais des mandataires de justice. D’autres éléments sont à incorporer à ces coûts tels que ceux perçus par le commissaire à l’exécution du plan. Quel est l’ordre de grandeur de ces coûts ? Plusieurs études apportent des éléments de réponse.

Premièrement, leur étendue est variable selon les pays et représente entre 1 et 10 % de la valeur de la firme. Deuxièmement, ils sont inversement proportionnels à la taille de l’entreprise (plus lourds pour les PME comparativement aux grandes entreprises). Troisièmement, ils ne sont pas supportés de façon identique par tous les acteurs en fonction de la règle de priorité et de la législation en vigueur.

En revanche, contrairement aux coûts directs, les coûts indirects restent d’une extrême complexité, non pas à définir mais à mesurer. On peut circonscrire cinq types de coûts indirects.

Le premier est celui de la perte du chiffre d’affaires faisant suite à la perte de clients. Devant l’incertitude d’être approvisionné et de ne pas bénéficier d’un service après vente, un client se détournera d’une entreprise en redressement judiciaire, augmentant conséquemment ses difficultés.

Le deuxième se porte de l’autre côté du spectre avec les fournisseurs. Percevant la difficulté d’un client, les fournisseurs infèrent la possibilité de perdre leurs créances en raison de l’ordre de priorité des créanciers dans le redressement judiciaire. Par conséquent, ils vont exiger des délais de paiement plus rapides.

Le troisième tient dans l’attitude du personnel. En effet, dans un redressement judiciaire, on assiste très souvent à des licenciements qui traduisent un double coût : celui d’une perte de compétence et de formation financée par l’entreprise et celui de la démotivation des salariés restants qui sont dans la crainte de perdre leurs emplois si la situation venait à empirer encore. Le coût pour la firme est d’autant plus important que les meilleurs de ses salariés partent car ces derniers sont les plus employables et recherchés par les compétiteurs.

Le quatrième coût est appelé par les Américains fire sale (vente précipitée). Pour résoudre leurs problèmes de cash, les firmes vont chercher à désinvestir de façon sous optimale en vendant leurs actifs à vil prix.

 

Le cinquième coût est lié à l’asymétrie d’information et au risque. En effet, les dirigeants, qui ont un meilleur accès à l’information que les actionnaires, peuvent soit retarder la faillite pour préserver leurs avantages, soit extraire des avantages importants avant leur mise à l’écart. Un exemple célèbre met en évidence que plus de 50 % de la valeur de la compagnie aérienne Eastern Airline a été détruite pendant le redressement judiciaire en raison du comportement opportuniste du dirigeant dans les années 1990.

Qu’y a-t-il derrière le « quoiqu’il en coûte » ?

Dans les années 1980, une étude avait tenté d’évaluer plus précisément ces coûts indirects en mesurant d’une part, le différentiel de la baisse du chiffre d’affaires des entreprises ayant fait faillite comparativement à la moyenne des ventes du secteur et d’autre part, l’écart entre le montant réel des ventes et les prévisions réalisées trois ans avant la faillite. Ces coûts pourraient ainsi représenter de 6,6 à 8,1 % de la valeur de la firme. La difficulté d’une telle approche reste toutefois l’accès aux données.

Une seconde méthode consiste à mesurer les coûts indirects en utilisant les données boursières au travers des coûts de réputation et des effets de contagion. On mesure les variations de cours boursier des clients et fournisseurs des sociétés ayant fait faillite. On capte ainsi la perte de valeur subie par les partenaires des entreprises ayant fait faillite (effet contagion). Les résultats font ressortir des pertes de l’ordre de 1 à 3 % de la valeur boursière des fournisseurs et des clients.

S’il reste difficile de prévoir le nombre exact des faillites en 2021, il n’en reste pas moins vrai qu’il serait très utile de pouvoir mesurer les coûts de ces faillites pour l’ensemble des acteurs. Cela aurait deux mérites. Le premier serait de savoir ce qu’il convient de mettre derrière le « quoiqu’il en coûte ». Le second serait de permettre des comparaisons avec nos partenaires pour savoir où nous situer au sein de cette crise mondiale.

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(*) Par Eric Séverin, Professeur des Universités Finance – Comptabilité, Université de Lille et David Veganzones, Assistant professor, management & finance, ESCE International Business School.

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Quoi qu’il en coûte : une évaluation approximative

Quoi qu’il en coûte : une évaluation approximative

 

 

. Par Eric Séverin, Université de Lille et David Veganzones, ESCE International Business School estime Dansla « Tribune » qu’il est trop tôt pour procéder à une évaluation précise du quoi qu’il en coûte.

 

Face à la crise économique liée aux mesures sanitaires, le gouvernement a mis en place différents dispositifs d’aides, dont l’objectif est de permettre aux entreprises (viables ou non) de faire face à leurs échéances. Un an demi après leur instauration, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a annoncé la levée de ces aides. « Le « quoi qu’il en coûte », c’est fini », a-t-il déclaré à l’occasion de la Rencontre des entrepreneurs de France du Medef, le 25 août.

La fin des aides de l’État laisse donc craindre une recrudescence des faillites qui avaient été jusqu’alors limitées. En effet, selon le rapport Altares 2021, celles-ci ont augmenté de 14,2 %, mais ce chiffre reste en recul de 48 % par rapport à la période 2017-2019.

Certes, il est difficile de prévoir le nombre de défaillances qui surviendront après la levée des mesures d’aides. Pour l’année 2021, le président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) s’attend à un chiffre de 60 000 à 100 000 alors qu’Altares prévoit entre 33000 et 35000 défaillances.

Quoi qu’il en soit, il ne fait guère de doute que ces défaillances vont être coûteuses. Mais quels sont ces coûts ? Et sommes-nous réellement capables de les mesurer ?

Les coûts sont à la fois directs et indirects. En ce qui concerne les coûts directs, ils sont constitués par les frais des mandataires de justice. D’autres éléments sont à incorporer à ces coûts tels que ceux perçus par le commissaire à l’exécution du plan. Quel est l’ordre de grandeur de ces coûts ? Plusieurs études apportent des éléments de réponse.

Premièrement, leur étendue est variable selon les pays et représente entre 1 et 10 % de la valeur de la firme. Deuxièmement, ils sont inversement proportionnels à la taille de l’entreprise (plus lourds pour les PME comparativement aux grandes entreprises). Troisièmement, ils ne sont pas supportés de façon identique par tous les acteurs en fonction de la règle de priorité et de la législation en vigueur.

En revanche, contrairement aux coûts directs, les coûts indirects restent d’une extrême complexité, non pas à définir mais à mesurer. On peut circonscrire cinq types de coûts indirects.

Le premier est celui de la perte du chiffre d’affaires faisant suite à la perte de clients. Devant l’incertitude d’être approvisionné et de ne pas bénéficier d’un service après vente, un client se détournera d’une entreprise en redressement judiciaire, augmentant conséquemment ses difficultés.

Le deuxième se porte de l’autre côté du spectre avec les fournisseurs. Percevant la difficulté d’un client, les fournisseurs infèrent la possibilité de perdre leurs créances en raison de l’ordre de priorité des créanciers dans le redressement judiciaire. Par conséquent, ils vont exiger des délais de paiement plus rapides.

Le troisième tient dans l’attitude du personnel. En effet, dans un redressement judiciaire, on assiste très souvent à des licenciements qui traduisent un double coût : celui d’une perte de compétence et de formation financée par l’entreprise et celui de la démotivation des salariés restants qui sont dans la crainte de perdre leurs emplois si la situation venait à empirer encore. Le coût pour la firme est d’autant plus important que les meilleurs de ses salariés partent car ces derniers sont les plus employables et recherchés par les compétiteurs.

Le quatrième coût est appelé par les Américains fire sale (vente précipitée). Pour résoudre leurs problèmes de cash, les firmes vont chercher à désinvestir de façon sous optimale en vendant leurs actifs à vil prix.

 

Le cinquième coût est lié à l’asymétrie d’information et au risque. En effet, les dirigeants, qui ont un meilleur accès à l’information que les actionnaires, peuvent soit retarder la faillite pour préserver leurs avantages, soit extraire des avantages importants avant leur mise à l’écart. Un exemple célèbre met en évidence que plus de 50 % de la valeur de la compagnie aérienne Eastern Airline a été détruite pendant le redressement judiciaire en raison du comportement opportuniste du dirigeant dans les années 1990.

Qu’y a-t-il derrière le « quoiqu’il en coûte » ?

Dans les années 1980, une étude avait tenté d’évaluer plus précisément ces coûts indirects en mesurant d’une part, le différentiel de la baisse du chiffre d’affaires des entreprises ayant fait faillite comparativement à la moyenne des ventes du secteur et d’autre part, l’écart entre le montant réel des ventes et les prévisions réalisées trois ans avant la faillite. Ces coûts pourraient ainsi représenter de 6,6 à 8,1 % de la valeur de la firme. La difficulté d’une telle approche reste toutefois l’accès aux données.

Une seconde méthode consiste à mesurer les coûts indirects en utilisant les données boursières au travers des coûts de réputation et des effets de contagion. On mesure les variations de cours boursier des clients et fournisseurs des sociétés ayant fait faillite. On capte ainsi la perte de valeur subie par les partenaires des entreprises ayant fait faillite (effet contagion). Les résultats font ressortir des pertes de l’ordre de 1 à 3 % de la valeur boursière des fournisseurs et des clients.

S’il reste difficile de prévoir le nombre exact des faillites en 2021, il n’en reste pas moins vrai qu’il serait très utile de pouvoir mesurer les coûts de ces faillites pour l’ensemble des acteurs. Cela aurait deux mérites. Le premier serait de savoir ce qu’il convient de mettre derrière le « quoiqu’il en coûte ». Le second serait de permettre des comparaisons avec nos partenaires pour savoir où nous situer au sein de cette crise mondiale.

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(*) Par Eric Séverin, Professeur des Universités Finance – Comptabilité, Université de Lille et David Veganzones, Assistant professor, management & finance, ESCE International Business School.

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Parcoursup : «La mise en cause d’une évaluation par un unique algorithme

Parcoursup : «La mise en cause d’une évaluation par un unique algorithme 

 

Outre le caractère injuste et déshumanisant de voir confier à l’intelligence artificielle l’orientation des bacheliers, Virginie Calmels, présidente de Futurae, souligne, dans une tribune au « Monde », le danger d’une fuite des talents à l’étranger. Aussi préconise-t-elle d’introduire un entretien afin d’évaluer les qualités et les motivations des élèves. (extrait)

 

Tribune.

Parcoursup laisse-t-il vraiment le choix de leur avenir aux milliers de jeunes inscrits sur la plate-forme ? « Dans la liste d’appel »« dans la liste d’attente »« oui si »« oui – en attente d’une place » … Voici quelques-unes des réponses reçues par les lycéens lors du rendu des premières propositions d’orientation. Elles ont de quoi décourager… même les plus motivés.

En effet, comment expliquer à un lycéen que ce n’est pas sa motivation, ses qualités ou ses aptitudes, mais plutôt un algorithme qui décidera de son avenir ? Aurions-nous l’idée d’appliquer le même système dans un quelconque autre segment de notre vie ? Laisserions-nous une intelligence artificielle décider des entreprises où candidater, de la ville où déménager, du talent à embaucher ? C’est peu probable. D’autant que cette méthode de sélection est considérée comme particulièrement injuste, car ayant introduit des biais permettant de privilégier certaines catégories d’élèves au détriment d’autres.


Les étudiants eux-mêmes élèvent leurs voix contre les iniquités constatées : comment expliquer que des élèves avec d’excellents résultats se retrouvent refusés dans tous leurs vœux favoris, à l’instar de Samuel Dana refusé de toutes les classes préparatoires dans Parcoursup alors qu’il affichait une moyenne en maths en terminale de 18,5/20 et un QI de 152 lui ayant permis de sauter la classe de 1re, mais consécutivement et malheureusement ne lui ayant donc pas permis de fournir les bulletins de 1re exigés par le système ?

 

Les implications d’une telle faille sont évidentes : elles éloignent de l’objectif d’orientation et de méritocratie, fondements de notre système éducatif. Mais alors, pourquoi faire subir ce système de sélection aléatoire à des centaines de milliers de jeunes ? Jamais, que ce soit dans leur vie personnelle ou professionnelle, ils ne seront à nouveau confrontés à une telle loterie.

Et pour cause… Dans le monde professionnel, par exemple, quelle entreprise oserait recruter un talent sans jamais l’avoir rencontré ? La sélection passe quasi systématiquement par un entretien, seule étape vraiment à même d’évaluer de manière équitable les aptitudes et qualités d’un candidat dans leur ensemble. Car, au-delà des résultats scolaires, n’est-ce pas aussi la motivation, le savoir être, les passions, la personnalité qui sont pris en compte dans la vie réelle ?


En persévérant dans un tel système déshumanisé, l’enseignement s’expose à un autre risque : celui de la fuite des talents. Devant des résultats aléatoires, un algorithme peut décourager les élèves, même les meilleurs. Ces derniers font parfois le choix de se tourner directement vers l’étranger, exposant ainsi la France à une fuite regrettable de ses jeunes les plus motivés.

Evaluation de l’usages du numérique

Evaluation de l’usages du numérique 

 

Pour mieux comprendre l’impact auprès des plus jeunes, Le Monde a interrogé Vanessa Lalo, psychologue clinicienne spécialiste des pratiques numériques. Le 4 février, elle intervenait lors d’une table ronde sur le thème « Covid-19 et usages numériques » organisée par la plate-forme TikTok et l’association e-Enfance. Selon Vanessa Lalo, le problème ne vient pas du temps d’écran mais de la qualité de ce que l’on regarde.

L’explosion du temps d’écran, en particulier chez les plus jeunes, est-elle un problème ?

Vanessa Lalo : C’est une question qui revient en permanence lors de mes consultations. De nombreux parents en souffrance viennent me voir pour savoir comment faire pour éloigner leurs enfants des écrans. Souvent, parce qu’ils ne savent pas quoi faire face à des enfants qui préfèrent passer des heures sur les réseaux ou jouer aux jeux vidéo plutôt que de sortir et voir leurs copains.

Mais le temps d’écran ne sera jamais une bonne valeur pour jauger nos pratiques numériques. C’est le degré zéro de l’analyse. Une fois qu’on a lu ce chiffre, qu’est-ce qu’on en fait ? Une personne peut tout à fait passer quatorze heures par jour à regarder des vidéos de pandas qui pètent, une autre passera quatorze heures à lire des pages Wikipédia ou à regarder des vidéos pédagogiques sur YouTube… Ils passeront le même temps mais leurs pratiques sont différentes.

Ce qu’il s’est passé lors du confinement, c’est que les enfants ont passé plus de temps devant les écrans parce que l’école était fermée. Ils suivaient donc les cours en ligne et passaient du temps à discuter avec leurs amis sur les réseaux sociaux. Mais est-ce que c’était une mauvaise chose ? Non.

Ce qui a été délétère, ce sont tous les enfants qui n’avaient pas accès aux écrans, ceux qui ne pouvaient pas faire l’école à la maison. Ce sont ceux qui ont passé le moins de temps devant les écrans qui ont le plus décroché de l’école. Donc il serait peut-être temps de se demander si on ne s’est pas trompé dans notre analyse par rapport aux temps d’écran.

Pourquoi la gestion du temps d’écran est-elle un tel sujet d’inquiétudes ?

La première raison, c’est sans aucun doute l’écart générationnel entre parents et enfants. Beaucoup d’adultes ont du mal à comprendre que leurs enfants soient entièrement greffés au numérique alors qu’eux ont été élevés sans le numérique. Du coup, les adultes ont parfois cette impression que les écrans sont en train de créer une génération de « débiles ». Un peu comme les précédentes générations allaient taper sur le rock, les jeux de rôle ou les mangas par exemple.

Une deuxième raison vient aussi d’un certain nombre de chercheurs qui veulent absolument taper sur le numérique et nous prouver à quel point ça peut être mauvais pour notre cerveau. Ça fait quand même quelques années que ça dure avec des travaux comme L’Autisme virtuel d’Anne-Lise Ducanda ou La Fabrique du crétin digital de Michel Desmurget. Ce sont des discours très conservateurs qui font peur aux parents, diabolisent les outils numériques et n’apportent absolument aucun élément de prévention ou conseil pour les parents.

Pourquoi est-ce un problème pour les parents de se focaliser sur cette question du temps d’écran ?

Le problème avec ce genre de discours qui diabolise les écrans et les pratiques numériques c’est que les parents manquent cruellement d’exemples de prévention positive. Bien sûr, je ne dis pas que tout est profitable et que tout est bon dans les réseaux sociaux ou les écrans et qu’il n’y a pas de risques. Mais pour pouvoir faire une bonne prévention, il faut savoir accompagner, s’intéresser aux pratiques numériques et ne pas en avoir peur.

Que ce soit sur les questions des outils numériques, des jeux vidéo ou les réseaux sociaux, les parents ont tendance à attendre que les réponses viennent d’un expert sur le sujet. Ils n’ont pas assez confiance en eux pour prendre ce sujet en main. Pourtant, lorsqu’ils choisissent au quotidien quels aliments ils vont donner à leurs enfants ou quels vêtements leur donner, personne ne va leur dire qu’ils ne sont pas légitimes.

Pour moi, il est nécessaire de ne pas considérer ces outils comme décorrélés de notre société. Au même titre que tout ce qu’on va mettre entre les mains de ses enfants, on doit aussi s’y pencher, réfléchir à ce qu’on souhaite pour eux et leur proposer des contenus intéressants. Je dis souvent que si on veut qu’un enfant lise Stendhal, il faut avoir Stendhal dans sa bibliothèque.

Cette question du temps d’écran est-elle uniquement une préoccupation qui concerne les enfants ? Qu’en est-il des adultes ?

C’est assez amusant de regarder le rapport entre les adultes et les enfants autour de cette « consommation » des écrans. Les adultes vont consommer beaucoup plus de contenus numériques que les enfants. Mais ils vont quand même juger les pratiques numériques des plus jeunes, comme si c’était forcément excessif ou idiot.

Certains adultes viennent aussi me voir pour réduire leur temps d’écran. Pour eux, les écrans sont devenus un refuge pour arrêter de penser – quand on « scrolle » à l’infini les plates-formes sur les réseaux sociaux par exemple, dans le seul objectif de se remplir de contenus en permanence. C’est quelque chose qui existait déjà avant le confinement et ça peut arriver à tout le monde. Lorsqu’on a eu une sale journée, on peut avoir envie de se perdre plusieurs heures dans les écrans. Le problème, c’est quand on le fait pour éviter de se confronter à la réalité de manière durable.

Ce qu’il faut absolument faire dans le numérique, qu’on parle des enfants, des seniors, des adultes, ou peu importe, c’est reprendre la maîtrise de nos outils. C’est pour ça que j’insiste sur le fait que le temps d’écran n’a pas de valeur. Ce n’est pas pour dire qu’on a le droit de passer vingt-quatre heures sur vingt-quatre devant des écrans et que ça n’aura pas d’impacts négatifs. Mais on ne peut pas continuer à taper dessus en considérant que le numérique serait une sorte de bulle à part qui est venue empiéter sur nos vies. Quand on comprendra ça, on aura fait un pas de géant dans l’accompagnement et la prévention du numérique.

« Pour une évaluation pertinente du plan de relance»

« Pour une évaluation pertinente du plan de relance»

Pour Jean-Hervé Lorenzi président du Cercle des économistes., « Ce plan doit être non pas commenté ou critiqué en fonction d’une quelconque opinion politique mais évalué de manière non biaisée ». Tribune dans le Monde

 

Des plans de relance en France, il y en a eu pléthore. Chaque fois que notre économie a été soumise à un choc, nous ne nous sommes pas privés de vouloir relancer la machine avec plus ou moins de bonheur. Rappelons-nous, pour la période récente, de ceux de 1975, 1981 ou de 2008 sans oublier l’illustre prédécesseur en 1879 avec Charles de Freycinet.

Mais celui qui nous a été présenté jeudi est unique en son genre. Pourquoi ? Parce qu’il correspond à une situation que le monde n’a jamais connue d’arrêt de l’économie brutal sans origine ni financière ni de l’économie réelle. Et puis surtout, la volonté sous jacente des pouvoirs publics n’est pas que de redonner quelque vigueur à l’activité mais d’en profiter pour sortir notre économie du cercle vicieux dans lequel nous nous sommes mis depuis vingt ans et dont les résultats sont à la hauteur des erreurs politiques qui furent commises sur le travail, sur le fonctionnement des services publics, sur la dérive des comptes publics…

Ce plan doit être non pas commenté ou critiqué en fonction d’une quelconque opinion politique mais évalué de manière non biaisée. Pour cela il nous faut répondre à cinq questions. Est-il suffisant ? Est-il équilibré entre une politique de l’offre et de la demande ? Prend-il assez en compte les transformations technologiques dans les investissements prévus ? Est-il susceptible d’être mis efficacement en œuvre. Enfin sera-t-il porté par la majorité des acteurs économiques et sociaux au-delà des discours de circonstance des uns et des autres ?

« Tant que les Français n’auront pas confiance dans la reprise réelle de l’activité, tant qu’ils auront peur pour leur emploi, cette épargne servira de garantie pour le pouvoir d’achat qui pourrait être malmené »

Epargne. C’est à ces questions que les Rencontres économiques d’Aix du 12 et 13 septembre vont tenter de répondre et la conclusion de ces journées de travail sera sûrement claire et précise dans son jugement. On peut déjà répondre partiellement à ces questions. Ce plan est évidemment suffisant, d’une ampleur inégalée. Mais il faudra l’accompagner d’une autre action forte. Les Français auront épargné 100 milliards d’euros et s’ils ne se sentent pas en confiance, ils ne modifieront pas leur stratégie d’épargne de précaution. Il s’agit en fait du volet nécessaire de la demande car ne nous y trompons pas, le plan de relance proprement dit est fondamentalement tourné vers l’offre, à juste titre.

Cette transformation partielle ou totale de l’épargne est une condition nécessaire pour deux raisons. C’est de fait une épargne à court terme mais il faut qu’une partie corresponde à l’investissement. Or, aujourd’hui rien n’est prévu pour canaliser des fonds vers le financement de l’économie. Notamment, rien n’est fait sur le logement dont on sait qu’au-delà même de la Covid, le trend de construction est très insuffisant par rapport aux besoins. Mais il faut aussi penser à la consommation dont on voit qu’elle stabilise à un niveau insuffisant. Tant que les Français n’auront pas confiance dans la reprise réelle de l’activité, tant qu’ils auront peur pour leur emploi, cette épargne servira de garantie pour le pouvoir d’achat qui pourrait être malmené. C’est là la partie la plus difficile que le gouvernement aura à traiter dans les semaines qui viennent. Il n’y aura pas de miracle mais la prise de parole publique sera dans ce domaine, déterminante.

Jean-Hervé Lorenzi est président du Cercle des économistes.

Mercosur: une évaluation tardive par 10 experts

Mercosur: une évaluation tardive par 10 experts

 

 

Mieux vaut tard que jamais mais il paraît curieux que le gouvernement français mette seulement en place maintenant un groupe d’évaluation concernant l’accord commercial appelé Mercosur conclu avec  quatre pays d’Amérique latine (Brésil, Argentine, Paraguay et Uruguay). En effet il aurait sans doute été préférable d’évaluer ce projet avant qu’il ne soit bouclé par l’union européenne. Certes contrairement au CETA, le Mercosur n’entrera pas en vigueur avant d’avoir été ratifié. Le CETA,  accord commercial passé avec le Canada, constitue à cet égard une bizarrerie juridique puisse qu’il a été t mis en application avant d’être ratifié par les Etats. Pour le Mercosur, l’union économique aura la décence d’attendre la ratification avant la mise en œuvre. On sait que le Mercosur comme d’ailleurs le CETA  utilise le secteur agricole comme une variable d’ajustement pour faciliter les exportations européennes. Alors la grande question qui se pose est celle du différentiel en matière de concurrence. En effet encore plus que pour le Canada, les conditions sociales, sanitaires et environnementales sont notoirement moins contraignantes en Amérique latine par rapport à l’Europe. Il est curieux que la France s’interroge seulement aujourd’hui sur la possibilité qu’elle aura d’appliquer des normes européennes aux produits importés grâce aux Mercosur. Le gouvernement a toutefois tenté de rassurer verbalement le milieu agricole En affirmant qu’il ne le signera pas à n’importe quel prix. Pour entrer en vigueur, l’accord doit être ratifié par chacun des Etats européens et par le Parlement européen. Le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, a déclaré mercredi que le texte n’était «pas ratifiable en l’état».

 

La commission d’évaluation, présidée par Stefan Ambec, économiste de l’environnement à la Toulouse School of Economics et directeur de recherche à l’Inra, remettra ses conclusions en novembre, précisent les services du Premier ministre, Edouard Philippe, dans un communiqué. Elle «s’attachera en particulier à évaluer les effets de l’accord en termes d’émission de gaz à effet de serre, de déforestation et de biodiversité. Elle appréciera les conséquences du projet d’accord sur la capacité des Etats et de l’Union européenne à réguler et à appliquer leurs normes aux produits consommés sur le marché européen», écrivent-ils.

«La commission formulera des recommandations pour répondre aux risques qu’elle identifiera» et ses conclusions «ont vocation à apporter un éclairage objectif sur les enjeux de l’accord pour nourrir le débat public et préparer le positionnement de la France», poursuivent-ils. Une étude d’impact quantitative et de travaux sur les filières agricoles sensibles seront également menés.

Evaluation des ministres : encore un gadget de start-up

Evaluation des ministres : encore un gadget de start-up

 Faire jeune, moderne, l’obsession de Macron qui sacrifie souvent le fond à la forme. Ainsi annonce-t-on à grand renfort de com., la fameuse évaluation des ministres de la Start up nationale que serait la France. Première observation,  une startup n’est pas la France, pas même l’économie française. Ces entreprises souvent innovantes dans le domaine informatique ne sont pas représentatives du tissu économique. Elles sont nécessaires, indispensables même mais il faut arrêter d’imaginer que le modèle entrepreneurial est celui une petite société dirigé par un trentenaire qui réalise plusieurs centaines de millions de profits nets en quelques années en revendant son affaire à des géants américains ; Ensuite et surtout une entreprise ne se dirige pas comme uen nation. L’objectif central d’une société est de réaliser du profit, celui d’un pays de servir au mieux l’intérêt général. Dès lors,  on se demande sur quelle méthodologie va s’appuyer le Premier ministre pour « noter ses ministres ». Tout cela est évidemment du cirque pour surjouer la rigueur et la cohérence du gouvernement.    ». Sur demande d’Emmanuel Macron, Édouard Philippe se chargera donc de  réaliser ces entretiens. Le président de la République avait martelé lors de la campagne présidentielle de 2017, que « tous les six mois », un « point sur la mise en œuvre du programme » sera fait avec les ministres.

Pour la généralisation de structures d’évaluation des dépenses publiques

Pour la généralisation de structures d’évaluation des dépenses publiques

Il est clair que le niveau d’endettement exceptionnel du pays, conjugué un niveau record de fiscalité, justifie un exercice généralisé d’évaluation de toute les dépenses publiques. Ces deux éléments plombent la compétitivité et l’emploi et génèrent  une sorte de cercle non vertueux de moins en moins contrôlable. Cette problématique concerne bien entendu l’État mais aussi toutes les collectivités et structures publiques. On objectera que les élus  qui engagent nombreux de dépenses d’investissement ou de fonctionnement détiennent une légitimité. Mais le fait d’être élu ne confère pas pour autant un droit à l’irresponsabilité dont les conséquences d’ailleurs se reportent  sur les mandatures suivantes. Certes il existe des procédures obligatoires pour engager les fonds publics mais le plus souvent il s’agit d’approches davantage administratives qu’économiques. Conscient de la gravité de la situation, le président de la république a décidé de réaliser 80 milliards d’économies d’ici la fin de son mandat. L’effort parait considérable  aux yeux de certains voire impossible à réaliser si on se place dans un scénario de poursuite des habitudes prises c’est-à-dire avec les mêmes champs d’activité, le même type de  fonctionnement et la même logique de financement. Normalement existent  des dispositifs de d’approbation et de contrôle de ces dépenses mais ces dispositifs sont souvent formels faute là aussi de culture économique.  On confond d’ailleurs souvent en France dans les structures publiques l’approche comptable et l’approche de gestion.  Certains feront observer qu’on ne gère pas la sphère publique comme on gère une entreprise. Les deux sphères se distinguent par la différence de nature d’objet social. Pour le public,  il s’agit de servir l’intérêt général obligation à laquelle ne sont pas forcément soumises les entreprises ; par contre  les modalités d’exécution des activités doivent s’inspirer de la même rigueur. Pour parler simplement on doit viser partout l’équilibre financier sans recourir systématiquement à l’augmentation de la fiscalité et à l’emprunt surtout quand il s’agit de projets dont la rentabilité socioéconomique et douteuse. Dans toutes les structures étatiques ou les structures locales des organismes indépendants d’évaluation devraient être mis en place pour éclairer les décisions politiques. Des organismes d’évaluation composée d’experts, de représentants des administrations et d’acteurs économiques. Pour réaliser les 80 milliards d’économies envisagées, le gouvernement, il conviendra de passer au crible la totalité des dépenses aussi bien d’investissement que de fonctionnement.  D’une certaine manière, il s’agira  de désintoxiquer les élus notamment locaux de leur accoutumance aux dépenses inutiles notamment d’investissement. Bien entendu certains feront remarquer que ces réductions de dépenses particulières d’investissement seront à court terme de nature à nuire à la croissance et à l’emploi. Mais les trous financiers des dépenses inutiles provoquent des dommages autrement plus importants et plus durable  sur l’ensemble de l’économie et le nombre d’emplois. Il ne s’agit pas de créer une nouvelle cathédrale administrative mais de contraindre chaque composante publique à mettre en son sein une structure indépendante chargée de l’évaluation des principales dépenses (par exemple sur le modèle juridique des conseils de développement des communautés de commune. 

Evaluation du temps de travail dans la fonction publique

Evaluation du temps de travail dans la fonction publique

 

Des surprises à attendre d’uen évaluation officielle du temps de travail des fonctionnaires. Si Certaisn effectuent bien temps et mission, d’autres entretiennent des relations approximatives avec la pendule et la productivité. Il s’agit d’évaluer la réglementation mais aussi les pratques. Pour ne trop se mouiller par rapport à des conclusions forcément savoureuses, courageusement la mission a été confiée à un député UDF .Une mission dont les conclusions seront rendues d’ici février 2016, annonce vendredi le ministère de la Fonction publique. La ministre, Marylise Lebranchu, souligne dans un communiqué que l’organisation du travail a « profondément évolué » depuis l’instauration des 35 heures notamment et qu’une « vue d’ensemble sur le temps de travail » des fonctionnaires, aux missions très hétéroclites, est nécessaire. Elle visera à évaluer « la réglementation, mais aussi [les] pratiques effectives (…) dans les services de l’Etat et de ses établissements, dans les collectivités territoriales et leurs établissements, ainsi que dans les établissements publics hospitaliers et médico-sociaux. » Cette mission intervient notamment alors qu’un conflit oppose la direction de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris à quelque 75.000 agents au sujet d’un projet de réaménagement du temps de travail. La ministre assure que Philippe Laurent, président du Conseil supérieur de la fonction publique territoriale, chargé de la mission, pourra faire des propositions pour faire évoluer la réglementation « sans toutefois que le principe d’un temps de travail annuel de 1.607 heures ne soit remis en cause ».

 

Dictée à l’école : « une évaluation positive » pour améliorer les notes…. On rêve !

Dictée à l’école : « une évaluation positive » pour améliorer les notes…. On rêve !

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Il fallait y penser. Pour améliorer les notes en orthographe on va changer le barème : « l’évaluation positive » ; Encore une idée « pédagogique » géniale pour masquer la situation catastrophique dans le domaine de l’écriture. En bref, on change le thermomètre. À peine installé, le nouveau ministre de l’Education nationale Benoît Hamon devra s’attaquer à un chantier de taille : l’orthographe. François Hollande en a fait une priorité pour l’Ecole, inscrite dans la loi pour sa refondation : faire évoluer les évaluations.  Pour ce faire, le gouvernement souhaite bouleverser la méthode éducative. « Privilégier une évaluation positive, simple et lisible, valorisant les progrès, encourageant les initiatives et compréhensible par les familles », dit l’article de la loi du 8 juillet 2013. Selon nos informations, un pas vient d’être fait en ce sens pour un exercice emblématique : la dictée. L’Education vient de mettre à disposition des professeurs un outil pour revoir la notation de cet exercice si cher à Bernard Pivot. Il s’agit d’un barème, pour une « évaluation positive ». Le ministère écrit que « la dictée fait le plus souvent l’objet d’une évaluation descendante : par rapport au texte source, l’enseignant décompte, en négatif, les erreurs commises. Cette pratique, décourageante pour l’élève, ne permet pas pour autant de bien cerner quelles sont ses difficultés orthographiques et quels remèdes y apporter. » Ce barème graduel a déjà été expérimenté sur 1.500 copies du dernier brevet des collèges, dans les académies de Poitiers et Créteil. Trois groupes d’erreurs ont été constitués : accord groupe nominal, accord groupe verbal, et orthographe lexicale.  En corrigeant, le professeur repère les réussites comme les erreurs, et peut ainsi mieux cibler les difficultés de l’élève. Les enfants pourront ainsi être encouragés sur certains points positifs de leur copie.  L’expérimentation n’a pas – pour l’instant – vocation à être généralisée et imposée mais les professeurs du primaire et du collège sont incités à utiliser ce barème. Les premiers résultats ont par ailleurs montré que l’augmentation des notes était toute relative.

 

Action publique : l’évaluation au pas d’escargot

Action publique : l’évaluation au pas d’escargot

 

 

L’évaluation de l’action publique avance mais au pas d’escargot ; première observation, on peut être étonné que cette évaluation n’ait pas existé précédemment, second remarque qu’elle ne soit pas régulière et systématique pour tous les champs de l’intervention publique (comme dans les entreprises). Enfin l’objectif d’économiser 3 à 4 milliards par an est ridicule  quand on sait que l’endettement est de l’ordre de 2000 milliards. Et que le déficit annuel sera encore de l’ordre de 80 milliards soit 4.1% du PIB. Le gouvernement français réuni en comité de modernisation de l’action publique (Map) lancera donc mercredi une douzaine d’évaluations destinées à faire économiser des milliards d’euros, tout en optimisant les politiques engagées. Ce chantier s’inscrit dans la trajectoire financière du gouvernement, qui veut faire reposer la totalité des économies sur la réduction des dépenses publiques à partir de 2015, sans nouveau recours à l’impôt. « La modernisation monte en puissance et va continuer à contribuer de manière significative au redressement des finances publiques dans les prochaines années », souligne-t-on dans l’entourage du Premier ministre, Jean-Marc Ayrault. L’objectif global des nouvelles évaluations lancées mercredi est de faire économiser à l’Etat entre trois et quatre milliards d’euros par an à l’horizon 2017. A quoi s’ajoutent deux à trois milliards de gains programmés en matière de bonne gestion publique (achats de l’Etat, systèmes informatiques, etc). Sur la douzaine de procédures lancées cette semaine, l’une concerne la gestion locale des déchets, qui représente huit milliards d’euros par an, et une autre la mutualisation des services dans les collectivités locales. Dans un rapport paru en octobre, la Cour des comptes appelait ces dernières à freiner leurs dépenses de fonctionnement, en particulier pour les communes et intercommunalités, sans que soit remise en cause la qualité des services publics. En matière de santé, des évaluations concerneront la chirurgie ambulatoire, qui consiste à faire rentrer chez lui un patient le jour de son opération plutôt que de l’hospitaliser, et le renforcement du recours aux médicaments génériques. Sur ces deux points, l’économie pour l’Etat est évaluée à au moins 500 millions d’euros d’ici trois ans. Dans le domaine de l’entreprise, le gouvernement veut s’attaquer au « mille-feuille d’appuis et d’accompagnements des sociétés sur les territoires ». Ces évaluations s’ajoutent aux 49 études déjà lancées l’été dernier, dont la moitié « sont finalisées et arrivées au niveau des décisions », dit-on à Matignon. Des évaluations ont notamment été lancées sur l’éducation prioritaire, qui concerne 20% des élèves et coûte 1,1 milliard d’euros par an pour des résultats jugés insuffisants, ou encore le décrochage scolaire. « Toutes les évaluations ne sont pas faites pour faire des économies, mais l’idée est que chaque euro dépensé doit être un euro utile », explique-t-on dans l’entourage de Jean-Marc Ayrault. Le « choc de simplification », dont la mise en place s’échelonne jusqu’à l’été prochain, sera aussi abordé. Deux projets de loi destinés à simplifier la vie des entreprises doivent voir le jour d’ici le printemps. Au 1er janvier 2014, plusieurs dispositions déjà votées entreront en vigueur telles que l’allongement de 10 à 15 ans de la durée de validité de la carte d’identité, la dématérialisation des timbres fiscaux ou le principe du « silence de l’administration vaut consentement ».

 

Immobilier : évaluation en ligne des biens par Bercy

Immobilier : évaluation en ligne des biens par Bercy

Bercy va proposer « prochainement » un service d’évaluation des biens immobiliers en ligne. Ce service à destination des particuliers, pour les aider à faire leur déclaration d’impôt, sera mis en place « au cours du dernier trimestre 2013″, vient de préciser la Direction générale des finances publiques (DGFiP) sur le site du Minefi. Ce service, baptisé « PATRIM usagers », « répond exclusivement à des finalités fiscales (…) ou à un besoin d’évaluation lié à une procédure d’expropriation », prévient le ministère des Finances. Il nécessitera de s’identifier avec son numéro de télédéclaration de revenu. Concrètement, les particuliers pourront accéder à une évaluation de leur bien immobilier, en fonction des dernières ventes semblables dans leur quartier, et après avoir rempli une batterie de critères concernant leur logement.  Attention, prévient Bercy, les données sont fournies à simple titre indicatif pour le particulier. Elles ne devraient pas servir à des redressements fiscaux…. Pourtant, avant même la mise en ligne, les professionnels de l’immobilier, eux, critiquent un système imprécis, qui ne tient pas compte de l’ensemble des paramètres d’un logement. Selon eux, il est en effet difficile d’estimer une valeur immobilière à partir de biens semblables. Jean-François Buet, le président de la Fnaim, critique ainsi « un réel risque de mauvaise estimation », dans Le Parisien (article payant) de ce mercredi 21 août. « Je crains que le particulier ne puisse à l’avenir bénéficier de remise de pénalités », ajoute le président de la Fédération des agents immobiliers.

 

Venezuela: dévaluation de 30% de la monnaie

Venezuela:  dévaluation de 30% de la monnaie

« La décision a été prise de le faire passer de 4,30 à 6,30″ pour un dollar, a annoncé lors d’une conférence de presse le ministre de la Planification et des finances, Jorge Giordani.  La mesure sera effective mercredi prochain et a été décidée par le président Hugo Chavez, hospitalisé depuis deux mois à Cuba, afin de « minimiser les coûts et obtenir les meilleurs résultats » possibles dans une économie pétrolière ultra-inflationniste et dépendante des importations.  En outre, M. Giordani a annoncé la création de l’Organe supérieur de l’optimisation du système monétaire, composé de la Banque centrale, du ministère des Finances et de celui des Mines et du pétrole, principal pourvoyeur de devises de ce pays disposant des plus importantes réserves de brut au monde.  Cet organisme aura pour fonction de fixer les priorités dans l’assignation des devises par secteurs et a été créé, notamment, pour faire diminuer une inflation de plus de 20% par an, a-t-il expliqué. En ce moment, il y a une poussée inflationniste et spéculative, et c’est là qu’il faut agir », a déclaré le ministre.  Le président de la Banque centrale, Nelson Merentes, également présent à la conférence de presse, a pour sa part officialisé la disparition du Stime, un système qui permettait de changer le bolivar sur un marché secondaire, à 5,30 pour un dollar, et utilisé par de nombreux secteurs économiques.  Cette annonce « va avoir un impact inflationniste très important. Si le gouvernement utilise la dévaluation de façon isolée pour combattre le déficit budgétaire sans soutenir le secteur privé, ce ne sont pas des mesures qui vont résoudre les problèmes de fond du Venezuela », a réagi l’économiste Jesus Cacique, professeur à la Preston University du Venezuela.  L’inflation au Venezuela en janvier s’est établie à 3,3%, plus du double de celle de janvier 2012, et l’indice de pénurie de produits a grimpé à 20,4%, ont indiqué vendredi l’Institut national de statistique (INE) et la Banque centrale.  Sur les 12 derniers mois, l’inflation a toutefois diminué, pour passer de 26% à 22,2%.

 

L’Argentine refuse d’être évaluée par le FMI

L’Argentine refuse d’être évaluée par le FMI

L’Argentine qui ne veut certainement se voir imposer une nouvelle cure d’austérité et  faiat de la résistance depuis 5 ans auprès du FMI. L’Argentine refuse en effet depuis 62 mois  les évaluations économiques que le FMI mène chaque année sur ses 188 Etats-membres, a indiqué le Fonds aujourd’hui, trois jours avant une réunion de l’institution cruciale pour le pays. Vendredi, le FMI doit décider d’éventuelles sanctions contre Buenos Aires, accusée depuis plusieurs mois de tronquer ses statistiques sur la croissance et l’inflation. Le FMI a annoncé avoir eu aujourd’hui un « briefing informel » de ses équipes sur la situation économique en Argentine et précisé que l’évaluation en bonne et due forme du pays accusait « 62 mois de retard ». L’Argentine, qui tient le FMI pour partie responsable de la faillite du pays en 2001, refuse depuis plusieurs années que des équipes du Fonds évaluent sa politique économique.

 

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Notation : S&P condamnée pour évaluation « trompeuse »

Notation : S&P condamnée pour évaluation   »trompeuse »

Sale coup pour l’image de S&P¨ et l’évaluation en général. Pour autant, on ne peut casser les thermomètres ou alors il faut les remplacer par d’autres réellement indépendants . Des juristes vont étudier l’opportunité de lancer des procédures collectives contre l’agence de notation Standard and Poor’s (S&P) en Europe, notamment au nom d’investisseurs français, après sa condamnation en Australie pour l’évaluation « trompeuse » de produits toxiques.  La justice australienne a condamné lundi S&P à indemniser des collectivités locales ayant englouti des millions de dollars dans des titres très bien notés par l’agence américaine et qui s’étaient effondrés à l’approche de la crise financière de 2008.  Le directeur de la société qui a financé la plainte collective, IMF Australia, a annoncé mercredi qu’il se rendrait ce week-end en Europe où deux milliards d’euros de titres CPDO (constant proportion debt obligation) ont été souscrits, selon lui, au cours des trois années ayant précédé la crise.  Une plainte au moins serait déposée aux Pays-Bas – pays de la banque ABN AMRO qui vendait les titres – au nom d’investisseurs en Europe. Les procédures envisagées concernent l’Allemagne, l’Autriche, les Pays-Bas, la Grande-Bretagne et la France, où le principe des plaintes collectives (« class action ») n’est pas reconnu.  Toutes ces juridictions reconnaissent les concepts de +devoir de prudence+ et de +présentation déformée+ » qui ont valu sa condamnation à S&P en Australie, a déclaré John Walker à l’AFP.  Les éléments matériels présentés à la justice australienne, tels que les courriers électroniques d’employés de S&P débattant des notations, peuvent par ailleurs, selon lui, servir devant les tribunaux européens.  Le tribunal fédéral australien a jugé « trompeuse » la note « AAA » attribuée aux CPDO vendus fin 2006 à 13 municipalités, via ABN AMRO, par une société de services financiers, LGFS.  Il a condamné S&P, ABN AMRO et LGFS à payer solidairement les pertes plus intérêts réclamés par les plaignants.  S&P s’est dite « déçue » par le jugement et a annoncé son intention de faire appel, réfutant « toute allégation soutenant que nos avis étaient inappropriés ».

 




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