Archive pour le Tag 'européens'

Numérique : des champions européens d’ici 5 à 10 ans ?

Numérique : des champions européens d’ici 5 à 10 ans

Thierry Breton, le commissaire européen au marché intérieur rêve tout haut : « D’ici 5 à 10 ans, il y aura des champions européens du numérique ». Dans la réalité il en sera sans doute malheureusement autrement. Au cours de la période de douze mois qui s’est terminée en juin 2023, les géants technologiques Alphabet, Apple, Microsoft et Amazon ont généré ensemble 1 544 milliards de dollars de chiffre d’affaires (soit presque l’équivalent du PIB du Brésil) – pour un bénéfice net cumulé de 264 milliards de dollars. Par ailleurs la plupart des nouvelles société de haute technologie sont rapidement rachetées par les Gafam. Enfin concernant les investissements relatifs à l’intelligence artificielle, les sommes investies ou à investir se chiffre en centaines de milliards.Des enjeux financiers bien loin des initiatives pour l’instant surtout confinées  au sein de chaque État de l’union européenne contrairement à ce que dit Thierry Breton dans « la tribune » (extrait):

Y a-t-il, aujourd’hui, un réarmement numérique de l’Europe face aux grandes compagnies technologiques américaines ? Avons-nous mis en place les premières conditions pour organiser une contre-attaque ?

THIERRY BRETON- Nous n’avons pas fait l’IA Act contre, nous l’avons fait pour. Nous avions un espace informationnel fragmenté avec 27 régulations différentes, 27 régulateurs, 27 façons d’appréhender notre espace numérique. Nous avions un marché intérieur pour les personnes et les services mais pas de marché intérieur numérique. Or, ce qui fait la force des Etats-Unis mais aussi de la Chine c’est que, lorsque des jeunes, il y a une vingtaine d’années, ont décidé d’abandonner leurs études après une première année d’université pour aller monter un annuaire appelé Facebook, ils ont pu le faire car il y avait un marché intérieur numérique immédiat et que la profondeur était là, ce qui ne retire en rien la qualité entrepreneuriale ou de marketeur.

Mais nous, alors que nous avons un marché numérique une fois et demie supérieur au marché américain, c’est-à-dire 450 millions de consommateurs contre 330 millions, nous avons raté cette première vague de la révolution numérique, de l’évolution des données personnelles qui a permis la création des Gafam.

N’avez-vous pas l’impression malgré tout, dans la mise en œuvre de ces nouvelles règles, que ces géants numériques ne sont pas toujours de bonne foi ? Il y a des enquêtes qui viennent d’être annoncées par la Commission sur ces grandes entreprises pour dire : « Attention, maintenant, on ne rigole plus, il va falloir vous mettre en conformité ». Qu’en pensez-vous ?

D’abord ce n’est pas « on ne rigole plus ». Nous sommes dans un État de droit. Tout ça prend énormément de temps. C’est le temps de notre démocratie. La Commission a beaucoup consulté avant d’abord de proposer ces règlements, lesquels ont ensuite été votés par nos co-législateurs, le Parlement européen et le Conseil. Par rapport à la démocratie américaine dont le système bicaméral orthogonal bloque toute évolution, la nôtre fonctionne.

Est-ce qu’on cherche à vous contourner ?

Non, personne ne cherche à nous contourner. Nous avons des équipes extrêmement performantes. Nous avons passé beaucoup de temps en amont pour expliquer le DMA et le DSA à l’ensemble des grandes plateformes qui allaient être régulées. C’est vrai qu’il y a eu de la résistance au début. On nous a dit que notre démarche allait contre l’innovation, qu’elle allait isoler l’Europe, que les plateformes n’allaient pas venir. Bien sûr, c’est compliqué d’adapter ses règles, ça coûte un peu d’argent, mais à la fin, toutes les plateformes le feront.

Prenons l’exemple de Google Maps qui n’est plus accessible aujourd’hui directement quand on recherche une adresse sur Google et que d’autres services de localisation ne sont pas proposés, ces réglementations nous contraignent un peu la vie.

Certaines plateformes représentées par un fruit ont eu pendant un moment ce type de réaction. Et puis finalement, récemment, elles ont évolué.

C’est la peur des sanctions ?

Au-delà des sanctions, toutes ces entreprises respectent la loi parce qu’elles n’ont pas envie justement de se mettre en contradiction avec cette loi. Alors bien sûr qu’il y a des sanctions, 10% du chiffre d’affaires, 20% si jamais l’infraction continue. Cela peut même aller jusqu’au démantèlement puisque cette sanction existe. Evidemment, elle est ultime et je souhaite vivement qu’elle ne soit jamais appliquée. A partir du moment où les dommages à l’économie, les dommages aux entreprises, les dommages à nos concitoyens peuvent être très importants voire considérables, si jamais cette loi n’est pas respectée, il faut avoir les moyens de la faire appliquer.

 

Si nous nous projetons, il va y avoir des élections, une nouvelle commission, un nouveau parlement. Que reste-t-il à faire ?

Le marché intérieur devient vraiment un instrument extrêmement important y compris en matière de régulation et de concurrence. Il va devenir plus opérationnel et plus compétitif. Il y a ensuite les infrastructures. Pour pouvoir supporter et bénéficier de tout ce que je viens de décrire, évidemment les données, l’usage des données, il faut avoir les infrastructures. Or celles de télécommunications ne suffisent plus aujourd’hui. L’UE est en retard sur ses réseaux et ses infrastructures.

Ça se dégrade ?

Non seulement ça se dégrade, mais elles ne sont pas adaptées. Maintenant, il faut du « edge computing » partout dans les réseaux. C’est évidemment de l’investissement, du software, de l’intelligence… Or, la régulation des infrastructures datent de la directive de 2000, qui avait été faite pour que les acteurs traditionnels puissent ouvrir leur réseau de cuivre. Tout ça est un peu daté. On a travaillé sur le DNA, Digital Network Act. J’ai fait une large consultation et nous avons commencé à proposer ce qu’il conviendrait de faire. J’espère que ce sera pris en compte par mon successeur. Ce sera peut-être moi, on ne sait jamais. Ou un autre, on verra.

Comment faire pour mettre en place un marché intérieur des capitaux ? Tout le monde dit que nous n’y arrivons pas. Pourrions-nous le faire avec un petit groupe de pays ?

Il se disait aussi qu’il serait impossible de parvenir à une régulation globale sur le numérique. Rien n’est impossible. Il faut de l’énergie. Et vous avez compris qu’il n’est pas obligé d’avoir un président français à la tête de la commission pour le faire.

Impossible n’est pas Breton ?

Quelle que soit place où nous sommes, à partir du moment où l’on a un petit peu de vision, qu’on essaie de mettre un peu d’énergie et peut-être un peu de leadership, on peut y arriver.

Dernier mot sur ce marché européen. Si vous vous projetez à 5-10 ans, vous pensez que des champions européens pourraient émerger ?

Mais évidemment. Nous avons des compétences absolument extraordinaires en Europe, nous avons des infrastructures qui vont être extraordinaires. Je parle en particulier, par exemple, de la mise à disposition de nos puissances de calcul. Ce qui nous manque, je le dis, c’est d’avoir un marché des capitaux qui accompagne les startups, les scale-up, les licornes, et c’est ça qui nous manque. C’est vraiment là-dessus qu’il va falloir aussi mettre le paquet pour le prochain mandat.

Droits de douane européens sur les céréales russes ?

Droits de douane européens sur les céréales russes ?

L’Union européenne cherche à « étouffer » les revenus que la Russie utilise pour sa guerre contre l’Ukraine en imposant des « droits de douane prohibitifs » sur les importations de céréales et autres produits connexes dans l’Union européenne. 

Valdis Dombrovskis a déclaré ce vendredi : « La proposition d’aujourd’hui privera le gouvernement russe d’une autre source importante de revenus pour financer sa guerre d’agression illégale contre l’Ukraine. Les droits de douane devaient également s’appliquer aux produits en provenance de la Biélorussie, qui a servi de base à l’invasion totale de l’Ukraine par la Russie. La proposition fait suite à une augmentation des importations agricoles russes dans l’UE en 2023, selon la Commission. Les droits de douane cibleraient les importations de céréales, d’oléagineux et de produits dérivés en provenance de Russie et de la Biélorussie et s’appliqueraient à un niveau de 95 euros par tonne ou de 50 % de la valeur, selon le produit.

Pour des moyens européens contre le projet impérialiste de Poutine

Pour des moyens européens contre  le projet impérialiste de  Poutine 

 

Au-delà du soutien à l’Ukraine, les pays européens doivent renforcer leur poids au sein de l’OTAN et mener une politique militaro-industrielle ambitieuse face à la guerre hybride que mène la Russie, estime Philippe Sabuco, membre du Collectif Télémaque, dans une tribune au « Monde ».

 

La guerre en Ukraine entre dans sa troisième année. Ce conflit, que le maître du Kremlin présentait comme une « opération spéciale » dont la durée ne devait pas excéder trois jours, s’est mué en une guerre de positions. Un camouflet qui n’est pourtant pas une défaite pour la Russie, qui a les moyens politiques, militaires et humains de mener une guerre d’usure quand, de son côté, l’armée ukrainienne reste largement tributaire des aides occidentales pour son matériel militaire et compte un nombre de soldats mobilisables très largement inférieur.

Dans ces conditions, l’Europe doit poursuivre sa contribution à l’effort de guerre ukrainien dans la durée. Car de deux choses l’une : soit l’Europe réduit son soutien et la Russie finira par gagner la guerre ; soit l’Europe l’accélère et la guerre se poursuivra – possiblement sous la forme d’un conflit gelé – jusqu’à ce que le rapport de force permette enfin des discussions sérieuses avec Moscou. Dans ce cas de figure, le seul raisonnable, l’aide de l’Europe à l’Ukraine devra s’inscrire dans le temps long.

Au-delà de la guerre en Ukraine, l’Europe doit également répondre de manière énergique à la guerre hybride que mène la Russie contre ses intérêts directs, en particulier dans le cyberespace, qu’il s’agisse d’attaques visant ses entreprises et ses administrations ou de manœuvres de désinformation. Cette guerre, qui ne dit pas son nom mais qui menace les démocraties occidentales en leur cœur, nécessite également des moyens technologiques et humains pour mener la contre-offensive. Au fond, l’Europe doit se donner les moyens de lutter contre le projet impérialiste et anti-occidental de la Russie de Vladimir Poutine.

se pose immédiatement à tout responsable européen est la suivante : dans quel cadre l’Europe peut-elle assurer le plus efficacement sa sécurité ? Si les sensibilités varient d’un pays à l’autre, il ne fait aucun doute que l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), seule alliance militaire occidentale opérationnelle, reste le cadre de référence et la meilleure garantie de sécurité à ce jour. La Finlande et la Suède l’ont bien compris, qui viennent d’intégrer l’Alliance (respectivement en 2023 et 2024), rompant ainsi avec une longue tradition de neutralité.

Des vélos européens pour contrer la Chine

Des vélos européens pour contrer la Chine !

Pour contrer les machines hégémoniques dans de nombreux secteurs économiques du fait notamment des délocalisations volontaires de l’Europe, le parlement européen envisage de créer une filière européenne du vélo. Une initiative sans doute intéressante mais qui en même temps montre le caractère désuet de la république européenne face à l’usine du monde que représente la Chine. Aussi la vision très urbaine de certains parlementaires. L’Europe envisage donc à la fois de doubler l’usage du vélo en Europe d’ici 2030, mais aussi de développer fortement la production de vélos au sein de l’Union alors que les importations venues principalement d’Asie occupent une large place du marché.

L’initiative du Parlement européenne est intéressante évidemment mais elle dénote en même temps la vision très urbaine des parlementaires ; on voit mal en effet les vélos, même électriques, remplaçer en interurbain et en zone peu dense les autres modes de transport.

Selon Karima Delli, présidente de la commission Transports et tourisme du Parlement européen (écolo, membre d’EELV), il s’agirait d’une « révolution » et d’un « tour de force car tous les partis politiques sont d’accord », avec pour la première fois la reconnaissance du vélo comme « un mode de transport à part entière » et « surtout la volonté de refaire des vélos Made in Europe ».

Si la Commission se reconnaît dans les bases posées par le Parlement, le processus législatif pourrait aller vite, son objectif étant de boucler les sujets en cours avant les prochaines élections européennes de 2024. D’autant qu’un processus de « trilogue » (négociations entre la Commission, le Conseil de l’Union européenne et le Parlement) sera nécessaire pour valider les modalités de cette stratégie et de son application, notamment le volet financier qui n’a pas encore été défini.

Le Parlement européen demande « d’élaborer une stratégie européenne dédiée au vélo dans le but de doubler le nombre de kilomètres parcourus à vélo en Europe d’ici 2030 », en l’intégrant par exemple dans le réseau transeuropéen de transport (RTE-T, programme de développement chargé d’interconnecter les grands axes européens) au même titre que les autres modes de déplacements. On imagine évidemment que la parlementaire se déplacera désormais en vélo de Paris à Strasbourg !

Sur le volet production, la commission des transports du Parlement appelle à intégrer pleinement le vélo, « y compris la fabrication de batteries pour les vélos électriques et l’économie circulaire », dans la stratégie industrielle de l’Union pour les mobilités.

Sondage croissance mondiale : Les patrons européens pessimistes pour 2023

Sondage  croissance mondiale : Les patrons européens pessimistes pour 2023

 

 

Selon un sondage du cabinet PwC,  les patrons européens sont plus pessimiste que les autres concernant la croissance 2023

Globalement, la grande majorité des 4500 patrons issus de 105 pays qui ont été interrogés par le cabinet PwC voient la croissance mondiale ralentir dans les douze prochains mois. Les patrons européens sont les plus pessimistes et placent l’inflation en tête de leurs inquiétudes. Les Allemands, les Britanniques et les Français estiment même que l’activité décélérera plus vite dans leur pays qu’ailleurs dans le monde. Un résultat logique, le Vieux Continent subissant plus durement la crise énergétique et la guerre en Ukraine.

Cependant, les dirigeants français, qu’ils pilotent une PME ou un grand groupe (l’étude PwC est large), sont plus confiants (93 % de modérément à extrêmement confiants) quant aux perspectives de leur entreprise à trois ans que leurs homologues mondiaux (86 %) et européens (85 %).  Des opinions qui pourrait être largement modifié à échéance de trois ans.

Sondage Croissance Internationale: Les patrons européens pessimistes pour 2023

Sondage  Croissance Internationale: Les patrons européens pessimistes pour 2023

 

 

Selon un sondage du cabinet PwC,  les patrons européens sont plus pessimiste que les autres concernant la croissance 2023

Globalement, la grande majorité des 4500 patrons issus de 105 pays qui ont été interrogés par le cabinet PwC voient la croissance mondiale ralentir dans les douze prochains mois. Les patrons européens sont les plus pessimistes et placent l’inflation en tête de leurs inquiétudes. Les Allemands, les Britanniques et les Français estiment même que l’activité décélérera plus vite dans leur pays qu’ailleurs dans le monde. Un résultat logique, le Vieux Continent subissant plus durement la crise énergétique et la guerre en Ukraine.

Cependant, les dirigeants français, qu’ils pilotent une PME ou un grand groupe (l’étude PwC est large), sont plus confiants (93 % de modérément à extrêmement confiants) quant aux perspectives de leur entreprise à trois ans que leurs homologues mondiaux (86 %) et européens (85 %).  Des opinions qui pourrait être largement modifié à échéance de trois ans.

Sondage–La confiance dans les gouvernements européens s’écroule

Un facteur explicatif sans doute de la montée des populismes en Europe, la confiance des citoyens européens dans leur gouvernement s’écroule de 25% en deux ans. 

D’après une étude de la fondation européenne Eurofound , less Européens accordent de moins en moins de confiance aux grandes institutions qui régissent leur vie : le gouvernement, la police et le système de santé. Sollicitées pour donner une note de 1 à 10 sur leur confiance dans les institutions, les 200.000 personnes interrogées ont donné une note moyenne de 5 au printemps 2022 contre une note 5,8 au printemps 2020, soit un recul de 14%.

Au niveau des Etats, la note de confiance accordée au gouvernement baisse brutalement de 4,8 à 3,6 (-25%). Celles accordées à la police et aux systèmes de santé reculent aussi mais plus modestement, respectivement de 6,2 à 5,7 (-8%) pour la santé et de 6,4 à 5,7 (-10%) pour la police. Le niveau de confiance dont bénéficient la police et les systèmes de santé restent donc positifs, bien supérieurs à ceux des gouvernements.

Les auteurs de l’étude soulignent le lien de corrélation entre les difficultés économiques des personnes interrogées et leur faible confiance dans les institutions. Dans tous les pays européens, les gens qui ont du mal à « joindre les deux bouts » (selon l’expression du sondage), de plus en plus nombreux d’après l’étude, expriment moins de confiance que les classes sociales plus aisées.

« Le coût de la vie dans l’Union européenne s’envole à un rythme jamais vu jusqu’ici. (…) Le sondage prouve que la hausse du coût de la vie affecte la confiance des gens dans les institutions », notent les auteurs.  Plus intéressant encore, l’étude montre que les citoyens qui s’informent sur les réseaux sociaux font moins confiance aux institutions en général tandis que ceux qui ont recours aux médias traditionnels leur font davantage confiance.

« Avec l’envolée du coût de la vie et les conséquences dévastatrices de la guerre en Ukraine qui aggrave l’incertitude sur le continent, il sera extrêmement difficile de revenir au niveau de confiance d’avant-pandémie », prédit l’agence Eurofound. Ses travaux font écho à une précédente étude de l’OCDE publiée mi-juillet qui fait état des mêmes niveaux de défiance, notamment dans le gouvernement en qui une minorité (40%) de citoyens de l’OCDE disent avoir confiance.

Guerre en Ukraine : Américains et européens trop timorés

Guerre en Ukraine : Américains et européens trop timorés

 

Le diplomate Michel Duclos invite, dans une tribune au « Monde », la France et l’Union européenne à rapidement durcir leur stratégie à l’encontre de la Russie, car l’enlisement du conflit en Ukraine joue en faveur de Vladimir Poutine.

 

Tribune.

 

La réponse occidentale à l’agression russe en Ukraine a surpris par sa cohésion et sa force. Il faut se défier cependant d’une autocélébration qui risque de se révéler trompeuse. Ainsi, sur le plan militaire, les transferts d’armes opérés vers l’Ukraine s’accompagnent d’une retenue certaine. Le mantra reste d’éviter tout risque d’escalade et donc tout engagement direct sur le terrain. L’idée de « no fly zone » [zone d’exclusion aérienne] révulse toujours les stratèges occidentaux comme c’était le cas en Syrie. S’agissant des sanctions, on assiste à un crescendo impressionnant, mais les décisions les plus susceptibles d’impact sur la Russie (embargo sur le gaz et le pétrole) restent à prendre. Ce sont aussi les plus difficiles du fait de leurs conséquences pour nos sociétés.

Vu de Moscou, cela signifie que la plupart des gouvernements occidentaux ne sont pas prêts à demander des sacrifices à leurs populations pour la défense de leurs principes et la sauvegarde de la sécurité de leurs pays. Une autre limite à l’action des Occidentaux tient à la réaction dans le reste du monde : les résolutions des Nations unis blâmant la Russie sont votées à de larges majorités mais des puissances émergentes au poids important – l’Inde, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis entre autres – se refusent à contribuer à la politique occidentale d’isolement de la Russie.

Dans ces conditions, le dirigeant russe, soutenu de surcroît par son allié chinois, peut considérer que le temps joue en sa faveur. Plus le conflit se prolonge, en effet, plus les difficultés de mise en œuvre des mesures adoptées à l’Ouest vont se faire sentir, qu’il s’agisse de hausses des prix, de pénurie d’énergie, de ralentissement de l’économie. Plus aussi les germes de division vont se développer, comme on le voit déjà avec les tensions liées au refus allemand d’aller plus loin à ce stade dans l’embargo sur les hydrocarbures ou avec les critiques des Polonais à l’égard de Paris et Berlin. On peut objecter à cela que les coups portés par l’Occident ont un effet dévastateur sur l’économie russe. La Banque européenne pour la reconstruction et le développement prévoit par exemple un PIB de la Russie en baisse de 10 % en 2022. Il est à craindre toutefois que ce ne soit pas un critère pour Poutine, qui n’hésitera pas à imposer à son peuple tenu d’une main de fer les plus lourds sacrifices.

Ajoutons que dans l’état actuel des choses aucun scénario plausible de sortie de crise n’apparaît favorable aux intérêts occidentaux : un conflit prolongé sans vraie conclusion, une défaite ukrainienne confirmant le bien-fondé des calculs de Poutine, ou une forme de partition du pays dans laquelle les Russes s’assureraient au moins du contrôle des terres de l’Est les plus fertiles et du rivage de la mer d’Azov. Dans toutes ces hypothèses, il incombera aux Européens en particulier de reconstruire une Ukraine en ruine dans un environnement instable où la Russie restera menaçante.

 

Après l’Afghanistan… Européens, réveillons-nous !

Après l’Afghanistan… Européens, réveillons-nous ! 

 

Bernard Guetta, Député européen (groupe Renaissance), estime qu’après la débâcle américaines en Afghanistan que les Européens doivent rapidement prendre en main leur sécurité face aux menaces russes ou chinoises dans une tribune au « Monde ».

 

Tribune.

 

Disons-le, froidement, mais tant pis. La fuite éperdue des Français d’Algérie avait été autrement plus atroce que ces moments d’horreur à Kaboul. A Saïgon, c’est devant le bloc communiste que les Etats-Unis perdaient la bataille et on ne compte plus les attentats comme ceux de jeudi depuis le 11-Septembre. Il n’y a rien de vraiment neuf dans la capitale afghane, sauf que le monde voit soudain là ce qu’il savait déjà sans avoir voulu le réaliser.

 

Chacun savait que les temps de la toute-puissance américaine s’étaient achevés, qu’ils n’avaient sans doute été qu’illusion et qu’au regard du défi chinois, tout semblait désormais secondaire aux Etats-Unis. On le savait depuis que Barack Obama avait fermé les yeux sur les crimes de Bachar Al-Assad. On avait eu du mal à ne pas l’entendre dans l’« America first » de Donald Trump, mais c’était Trump, voulait-on se dire, alors que là c’est un vieux routier des affaires du monde, Joe Biden, un homme formé dans la guerre froide, qui met officiellement fin au siècle américain en abandonnant l’Afghanistan à l’obscurantisme des talibans et au djihadisme de Daech.

 

Alors oui, devant ces foules de Kaboul déchiquetées par les bombes et ravagées par le désespoir, devant la détermination avec laquelle la première puissance du monde se retire d’un pays qu’elle avait prétendu rebâtir depuis vingt ans, le monde est pris de vertige, car il ne peut pas ne pas entendre le message que lui envoie ce moment.

Bon ou mauvais, il n’y a plus de gendarme. Il n’y a plus de parapluie, plus de protection assurée, plus d’alliances en béton, mais une Amérique qui se détourne du monde pour se tourner sur elle-même, investir à tour de bras dans sa modernisation, économiser les dollars et les hommes dont elle aura besoin pour ne pas céder la première place à la Chine et laisse l’Europe, l’Afrique et le Proche-Orient à l’incertitude d’équilibres et de rapports de force à repenser entièrement.

Alors, réveillons-nous !

Plutôt que de perdre notre temps à nous disputer sur l’accueil des réfugiés afghans, demandons-nous, nous les Européens, si nous sommes vraiment certains de la réaction des Etats-Unis au cas où Vladimir Poutine marcherait sur Kiev ou annexerait l’Ukraine orientale dans l’espoir de se refaire une popularité.

 

Interrogeons-nous et nous devrons nous avouer que nous ne sommes certains de rien après que George W. Bush se fut mis aux abonnés absents, en 2008, lorsque la Russie envahissait la Géorgie, que Barack Obama n’eut pas bougé, en 2013, face à l’emploi d’armes chimiques par le régime syrien et que Joe Biden brave maintenant l’humiliation nationale pour se retirer de Kaboul à tout prix.

Afghanistan : les 400 collaborateurs européens abandonnés par les pays occidentaux

Afghanistan : les 400 collaborateurs européens abandonnés par les pays occidentaux

 

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a jugé « impossible » d’évacuer tous les collaborateurs afghans pour la fin du mois d’août, dans un entretien accordé à l’AFP, samedi 21 août. »Les mesures de contrôle et de sécurité des Américains sont très fortes. Nous nous sommes plaints. Nous leur avons demandé de montrer plus de flexibilité. Nous n’arrivons pas à faire passer nos collaborateurs », a-t-il confié lors de cet entretien par téléphone.

La seule délégation de l’UE a Kaboul compte environ 400 collaborateurs afghans et leurs familles.

Santé-Covid : en un an, seulement la moitié des Européens complètement vaccinés

Santé-Covid : en un an, seulement la moitié des Européens complètement vaccinés

Il n’est même pas certain que l’Europe sera parvenue à vacciner 70 % de la population d’ici septembre et encore moins d’arriver à 90 % qui garantit une humanité collective.  L’Europe a  pourtant disposé d’un an pour vacciner sa population.

La France se situe dans la moyenne des pays de l’UE, avec 70,9 % des adultes ayant reçu au moins une dose de vaccins, et 53 % de sa population complètement vaccinés. Selon le Premier ministre Jean Castex, l’objectif de 40 millions de primo-vaccinés devrait être atteint d’ici à la fin du mois de juillet.

Devant le péril mortel du Covid,  la communauté internationale a fait preuve de son incompétence tout autant que de son hypocrisie. On remarquera que dans les périodes de guerre, il faut  moins de temps pour mettre au point les armements nécessaires. Dans ce cas, personne n’hésite à réquisitionner des entreprises pour atteindre les objectifs.

La situation est d’autant plus grave que les chiffres évoqués concernent les pays développés. Cela signifie qu’il faudra sur le rythme actuel des années avant de vacciner la population mondiale. Autant dire qu’on laisse tout le temps nécessaire aux variants de se développer et de revenir même dans les pays développés avec le risque que les vaccins actuellement disponibles deviennent inopérants.

Selon des données officielles compilées par l’AFP, un peu plus de 440 millions de doses de vaccins ont été administrées dans l’Union européenne. Cela donne une moyenne de 98,4 doses injectées pour 100 Européens, tandis que les Etats-Unis en sont à 102,4 pour 100 habitants. Toutefois, les Européens étaient 55,5 % à avoir reçu une première dose au 18 juillet, contre 55,4 % des Américains .

Covid : en un an, seulement la moitié des Européens complètement vaccinés

Covid : en un an, seulement la moitié des Européens complètement vaccinés

Il n’est même pas certain que l’Europe sera parvenue à vacciner 70 % de la population d’ici septembre et encore moins d’arriver à 90 % qui garantit une humanité collective.  L’Europe a  pourtant disposé d’un an pour vacciner sa population.

 

La France se situe dans la moyenne des pays de l’UE, avec 70,9 % des adultes ayant reçu au moins une dose de vaccins, et 53 % de sa population complètement vaccinées. Selon le Premier ministre Jean Castex, l’objectif de 40 millions de primo-vaccinés devrait être atteint d’ici à la fin du mois de juillet.

Devant le péril mortel du vide la communauté internationale a fait preuve de son incompétence tout autant que de son hypocrisie. On remarquera que dans les périodes de guerre, il faut  moins de temps pour mettre au point les armements nécessaires. Dans ce cas, personne n’hésite à réquisitionner des entreprises pour atteindre les objectifs.

La situation est d’autant plus grave que les chiffres évoqués concernent les pays développés. Cela signifie qu’il faudra sur le rythme actuel des années avant de vacciner la population mondiale. Autant dire qu’on laisse tout le temps nécessaire aux variants de se développer et de revenir même dans les pays développés avec le risque que les vaccins actuellement disponibles deviennent inopérants.

Selon des données officielles compilées par l’AFP, un peu plus de 440 millions de doses de vaccins ont été administrées dans l’Union européenne. Cela donne une moyenne de 98,4 doses injectées pour 100 Européens, tandis que les Etats-Unis en sont à 102,4 pour 100 habitants. Toutefois, les Européens étaient 55,5 % à avoir reçu une première dose au 18 juillet, contre 55,4 % des Américains .

 

Défense: Les renoncements européens

Défense: Les renoncements européens

 

Pour Cedric Perrin , sénateur LR, vice-président de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat« Il ne sert à rien de proposer depuis 2017 quantités d’initiatives toutes plus ou moins rejetées par nos partenaires européens et de n’en tirer aucune conséquence » ( l’Opinion)

Tribune

 

 

 

La taxonomie européenne est dans l’actualité. Ainsi, la question de l’inclusion ou non de l’énergie d’origine nucléaire parmi les énergies permettant de lutter contre le réchauffement climatique est très fortement débattue à l’Union européenne (UE). Pour la France, l’enjeu est crucial.

Mais la question de la taxonomie ne concerne pas seulement le domaine civil. Elle concerne également notre base industrielle et technologique de défense, dont le renforcement au niveau européen est, rappelons-le, l’une des pierres angulaires de la volonté d’affirmation d’une souveraineté européenne affichée par le Président de la République depuis 2017.

Sur ce dernier aspect, qu’il soit permis de s’attarder sur les projets actuels de taxonomie porté par l’Union européenne (UE). Deux initiatives sont à souligner. D’abord dans la lignée du règlement du 18 juin 2020 sur l’établissement d’un cadre visant à favoriser les investissements durables — usuellement appelé règlement sur la taxonomie — la Commission européenne semble vouloir étendre les critères dits « ESG » à une série de nouveaux critères sociaux, parmi lesquels les droits de l’homme. Ensuite, la Commission travaille à la définition d’un écolabel de la finance durable, qui exclurait les entreprises réalisant plus de 5 % de leur chiffre d’affaires dans le domaine de la production ou du commerce d’armes conventionnelles et/ou de produits militaires utilisés pour le combat. De telles initiatives, à l’égard desquelles les Etats membres sont largement marginalisés, sont graves, pour au moins deux raisons.

« Personne d’autre que notre gouvernement ne défendra nos armées et nos industries de défense. Il est urgent de s’en rendre enfin compte »

Litanie de renoncements. Graves pour l’UE, d’abord. De deux choses l’une. Soit l’UE persévère à méconnaître la dangerosité du monde, se confit dans la facilité d’un parapluie otanien dont elle fait mine de ne pas comprendre le prix, enfin pense que les seuls combats à mener se situent sur le terrain de ce qu’elle appelle les valeurs, sans arriver à créer d’ailleurs de consensus en son sein sur ce qu’elle entend par-là. C’est son droit, et les peuples et les Etats qui la composent sont souverains. Mais, elle sera alors condamnée à être le terrain de jeu de prédateurs qui ont compris que le soft power, pour être crédible, doit être solidement construit sur du hard power. Soit, comme la France y pousse notamment depuis 2017, elle fait de la recherche d’une plus grande autonomie stratégique et donc capacitaire, une priorité. Il y a lieu d’être inquiet quand l’on considère à quel point les projets de taxonomie visés supra paraissent bien constituer le énième avatar d’une litanie de renoncements et de blocages européens (difficultés du SCAF, réduction à la portion congrue du fonds européen de défense, achat systématique par de nombreux États européens de matériel américain etc.).

Graves pour notre pays ensuite, car elles témoignent de la part de nos autorités d’un désintérêt inquiétant. La France, à cet égard, doit faire montre de cohérence. Il ne sert à rien de proposer depuis 2017 quantités d’initiatives toutes plus ou moins rejetées par nos partenaires européens et de n’en tirer aucune conséquence. Il est facile de taper du poing sur la table en fustigeant il y a quelques jours le refus de nos partenaires européens de débattre avec la Russie, et, là encore, de n’en tirer aucune leçon, notamment vis-à-vis de Berlin, qui n’a pas les mêmes intérêts que nous, et s’en cache de moins en moins. Il est plus difficile d’expliquer l’ampleur et la continuité des renoncements des plus hautes autorités françaises dès lors qu’il s’agirait, au nom de nos intérêts, de fâcher Berlin ou Bruxelles.

De tout ceci une conclusion émerge : personne d’autre que notre gouvernement ne défendra nos armées et nos industries de défense. Il est urgent de s’en rendre enfin compte. Ceci ne signifie pas renoncer à toute coopération européenne. Ceci signifie savoir dire « non » quand l’UE, au-delà de toute raison et même parfois du droit, joue contre nous, et croyons-nous encore, contre elle-même, en oubliant que sans la force les valeurs sont désarmées.

Cedric Perrin est sénateur LR, vice-président de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat.

Brexit: les turpitudes de Boris Johnson envers les ressortissants européens

Brexit: les turpitudes de Boris Johnson envers  les ressortissants européens

Dacian Ciolos, député européen ancien premier ministre de Roumanie, dénonce les turpitudes de Boris Johnson à l’égard des ressortissants de l’union européenne dans l’Opinion . (Extrait )

  Le comportement des autorités britanniques vis-à-vis des citoyens de l’Union européenne résidant au Royaume-Uni ou qui y arrivent en vue d’y exercer une activité professionnelle est aussi inacceptable. C’est ainsi que nous avons découvert il y a quelques jours que des citoyens européens avaient été placés en centre de rétention et expulsés. Il aura fallu l’intervention de notre groupe Renew Europe auprès de la Commission européenne afin que le Home Office cesse ces interpellations illégales. On imagine la réaction de Londres si un Etat membre de l’UE avait infligé un tel traitement à un ressortissant britannique ! Cette question est à l’agenda du sommet européen qui se tient ce lundi à Bruxelles. Nous en attendons un message ferme à l’intention du Premier ministre britannique. La situation de nombreux résidents européens au Royaume-Uni est également préoccupante. Alors que le gouvernement de Boris Johnson s’était engagé à n’imposer aucune discrimination aux plus de cinq millions de ressortissants de l’Union européenne installés légalement au Royaume-Uni, nous sommes au regret de constater les trop nombreux dysfonctionnements, à commencer par les 300 000 dossiers de ressortissants européens que le Home Office tarde à traiter. C’est un sentiment de défiance qui prévaut aujourd’hui à l’encontre des autorités britanniques. Selon l’IMA (1), l’organisme de défense des droits des résidents européens, un tiers d’entre eux ne font pas confiance au gouvernement britannique et 10 % annoncent vouloir quitter le Royaume-Uni. Cette situation doit cesser. Nous sommes quant à nous déterminés à demeurer extrêmement vigilants sur les intentions et les actes du Royaume-Uni. Nous appelons le Premier Ministre Boris Johnson à agir avec bonne foi et fair-play. Qui mieux que nos amis britanniques peuvent parfaitement comprendre le sens profond de cette expression ! (1) Independent Monitoring Authority for the Citizens Rights Agreement. Dacian Ciolos est député européen, président du groupe centriste et libéral Renew Europe depuis 2019. Il est ancien Premier ministre de Roumanie. Sa chronique « Europa » est publiée en alternance avec celle de Manfred Weber, président du groupe PPE.

Avion dérouté par la Biélorussie: les Européens prennent des mesures symboliques

Avion dérouté par la Biélorussie: les Européens prennent des mesures symboliques

Les Vingt-Sept ont une nouvelle fois décidé de mesures individuelles assez symboliques contre la piraterie aérienne de la Biélorussie qui ont dérouté un avion de ligne pour arrêter un opposant. C’est la quatrième fois que l’Union économique prend des sanctions à l’égard de la Biélorussie. Avec à peu près toujours le même résultat.

Les nouvelles sanctions pourraient frapper le commerce ou encore les investissements en veillant à ne pas pénaliser la société civile et… les États membres. La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a par ailleurs agité cette masse d’argent -3 milliards d’euros- promise dans le cadre du partenariat oriental et que l’UE avait décidé de bloquer en 2010. près de 2 000 vols commerciaux passent chaque semaine dans l’espace aérien de la Biélorussie, les compagnies aériennes basées en Europe sont priées d’éviter son survol. Certains pays et compagnies avaient d’ores et déjà pris les devants pour d’évidentes questions de sécurité.

Les Vingt-Sept ont demandé au Conseil de prendre des mesures pour éviter le survol de son espace aérien par la compagnie aérienne biélorusse et l’impossibilité pour cette entreprise d’atterrir dans un aéroport de l’UE. Il s’agit bien évidemment d’isoler la Biélorussie. Un pays ne tient que grâce au soutien de Poutine ! Or précisément l’union économique européenne s’interroge actuellement sur ses futures relations avec la Russie.

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