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Foot : bientôt une SUPER LEAGUE européenne

Foot : bientôt une SUPER LEAGUE européenne

Les instances officielles du football international condamnent avec fermeté cet accord d’une douzaine de grands clubs de foot internationaux de vouloir créer une Supercoupe européenne. Une sorte de super championnat qui pourrait hausser l’intérêt du spectacle et à l’occasion aussi s’assurer de ressources financières nouvelles.

 

En France les clubs français sont encore en retrait par rapport à cette proposition mais ne pourront pas se mettre à l’écart. Surtout en France où le championnat est devenu assez insipide compte tenu de la faiblesse du niveau moyen; seul deux ou trois clubs disposent des moyens nécessaires pour offrir un spectacle à la hauteur des attentes de spectateurs habitués par ailleurs à regarder les championnats anglais, espagnol, italien ou allemand.

 

Douze clubs européens ont décidé de s’organiser pour créer une Super League semi-fermée. Le Real Madrid, le Barça, l’Atlético de Madrid, l’Inter, l’AC Milan, la Juventus, Manchester City, Manchester United, Arsenal, Liverpool, Chelsea et Tottenham se sont entendus afin de lancer une nouvelle compétition, comme ils l’ont fait savoir ce dimanche soir. Trois clubs seront invités à les rejoindre, avec l’idée de débuter « aussitôt que possible ».

L’objectif? Engranger plus de revenus en faisant concurrence à la Ligue des champions et à la Ligue Europa. Aucun club français ni allemand ne fait partie de ce premier casting. Le PSG a pour l’instant refusé d’en faire partie, tout comme le Bayern Munich.

« Les clubs participant à cette Super League seront soumis à « un cadre de dépenses régulé ». En contrepartie, ils recevront « un versement en une fois de l’ordre de 3,5 milliards d’euros destinés uniquement à des investissements en infrastructures et compenser l’impact de la crise du Covid. »

Florentino Perez, le patron du Real, a été désigné comme le premier président de cette Super League. « Nous allons aider le football à tous les niveaux pour l’amener à occuper la place qu’il mérite, estime-t-il. Le football est le seul sport global et le seul à compter 4 milliards de fans et notre responsabilité, en tant que grands clubs, est de satisfaire les attentes des supporters. » Joel Glazer, co-président de Manchester United et vice-président de la Super League précise: « En réunissant les plus grands clubs et les plus grands joueurs du monde pour qu’ils s’affrontent tout au long de la saison, la Super League ouvre un nouveau chapitre du football européen, qui garantira une compétition et des stades de niveau mondial et un soutien financier accru pour la pyramide du football dans son ensemble. »

Aux côtés du Real Madrid se trouveraient donc onze autres clubs. Deux autres viendraient d’Espagne (FC Barcelone, Atlético de Madrid), six d’Angleterre (Arsenal, Chelsea, Liverpool, Manchester United, Manchester City, Tottenham) et trois d’Italie (AC Milan, Inter Milan et Juventus de Turin). Côté Real et Barcelone, un vote devrait être organisé auprès des socios pour obtenir l’accord d’une participation à cette compétition. Aucun club ne provient donc ni d’Allemagne, ni de France. Le Bayern Munich, le Borussia Dortmund et le Paris Saint-Germain semblent vouloir rester pour le moment en retrait, alors que huit autres places seront à pourvoir. 

Veolia : en attendant les décisions de l’union européenne !

Veolia : en attendant les décisions de l’union européenne !

 

Frérot, le patron de Veolia, se réjouit d’avoir absorbé Suez et annonce la création ainsi d’un pôle international beaucoup plus performant. Après ce petit mécano capitaliste franco-français se pose cependant la question de la réaction des autorités européennes qui ne vont pas manquer de soulever la question de situation de quasi-monopole et d’exiger sans doute que le groupe se sépare de certaines activités pourraient être reprises pour certaines par des fonds y compris spéculatifs en tout cas qui recherche surtout la rentabilité à court terme.

On voit mal par exemple ce qui peut être  est gagné la France si les deux sociétés devaient se séparer d’activités très juteuses de l’eau d’autant plus qu’il s’agit d’un actif stratégique du point de vue de l’intérêt général. Dans l’attente de cette décision le patron de Veolia se réjouit peut-être de manière un peu précipitée.

Le patron de Veolia dans le JDD se réjouit du regroupement, le projet industriel ambitieux qui va donner à la France, il en est persuadé, un champion mondial de la transition écologique, opérationnel dans moins de trois ans.

Vous avez enfin trouvé un accord avec Suez dimanche dernier. Votre week-end, cette semaine, doit vous paraître bien calme?
Comme il n’était évidemment pas question que les négociations se fassent au détriment de la gestion de Veolia, nous y avons consacré nos week-ends et nos soirées, en plus du travail de la semaine. D’ailleurs, pendant ces sept mois, Veolia a continué à tourner à plein régime, a enregistré une belle croissance sur le premier trimestre et a effacé les effets de la crise. Mais nous ne sommes que mi-avril et l’opération ne sera pas définitivement bouclée avant octobre. Nous avons encore du travail pour nos week-ends. C’est tant mieux car, quand on est passionné, on mesure combien l’objectif dépasse chacune de nos petites personnes.

Quelles sont les prochaines étapes de l’OPA?
Nous attendons le feu vert des autorités de la concurrence, essentiellement en Europe. Elles doivent nous faire un premier retour vers la fin du mois de juin. Il est très probable que nous puissions alors accepter leurs demandes puisque le nouveau Suez règle tous les problèmes de concurrence en France, qui était le principal point d’attention. Cela me permettrait ensuite de lever la condition suspensive sur l’OPA, qui devrait donc être terminée au début de l’automne.

Pour les fameux cent premiers jours du rapprochement, qu’avez-vous imaginé?
La rapidité de l’intégration va être très importante. Ensemble, les managements de Suez et de Veolia vont mandater un cabinet extérieur pour mener une évaluation indépendante afin d’identifier le futur responsable des opérations dans chaque pays. Elle désignera le meilleur à chaque poste. Ces nominations devront être proportionnelles à la taille des entités de Suez et de Veolia dans chaque pays. Cette mixité des équipes va donc être menée avec objectivité, intégrité et rapidité. (Le problème c’est que cet audit pourrait bien révéler de nombreux doubles emplois avec à la clé des plans de licenciement NDLR).

 

Et au sein du comité exécutif du nouveau Veolia?
Nous allons commencer par là. Sur les treize à quatorze membres qu’il compte, il serait naturel que quatre, cinq, voire six managers de Suez l’intègrent.

Bertrand Camus, le directeur général de Suez, en fera-t-il partie?
Il fera ce qu’il souhaite. Je lui ai très régulièrement et même publiquement proposé de rejoindre notre magnifique projet. Je pense qu’il n’en a pas envie et qu’il fera donc autre chose.

Pensez-vous avoir levé tous les doutes sur l’hostilité qu’on vous prêtait?
Je n’ai jamais été hostile, mais toujours déterminé. Comme je l’ai fait cette semaine, notamment en interne chez Veolia, je vais continuer à présenter l’accord trouvé avec Suez, à en expliquer les grandes lignes et la logique industrielle. Je vais également poursuivre mes réunions avec les élus français, Région par Région. Pendant ce temps, bien sûr, nous aurons déjà commencé à travailler à sa mise en œuvre.

Combien de temps faudra-t-il pour que l’intégration soit aboutie?
De deux à trois ans, je pense. Elle sera totalement opérationnelle lorsque nos clients, collectivités et industriels, nous diront percevoir un « avant » et un « après » notre opération, grâce aux solutions qu’on leur proposera et qu’ils adopteront. Là, ça sera gagné.

Gagné pour qui?
Ce que l’on construit est un groupe d’après pour le monde d’après. Grâce à nos 37 milliards d’euros de chiffre d’affaires, nous allons changer la donne en matière environnementale. Nous doterons la France d’un outil industriel de référence dans l’écologie pour qu’elle ne rate pas le coche, comme cela a pu être le cas dans le numérique par exemple. C’est avec cet outil que la France va pouvoir rayonner et proposer d’abord aux Français, puis dans le monde entier, les solutions que l’on utilisera dans vingt ans pour réaliser la transformation écologique, et dont la moitié n’existe même pas aujourd’hui.

 

Estimez-vous avoir payé le juste prix?
Le juste prix, ça n’existe pas. J’ai offert un très bon prix, pas excessif. Entre les 18 euros que j’avais proposés en septembre et les 20,50 d’aujourd’hui, la différence sera financée par les cessions supplémentaires que j’ai accepté de faire en ne gardant pas certaines activités de Suez qui à l’origine m’intéressaient. C’est pour cela que notre équation économique n’a pas été fondamentalement perturbée. Ce qu’ont confirmé les agences de notation, et la Bourse, qui a salué le projet d’accord.

Si c’était une question de prix depuis le début, le chaos médiatique, les épisodes devant les tribunaux auraient-ils pu être évités?
On peut toujours faire l’économie de difficultés, mais les salariés de Suez demandaient que j’apporte des garanties à l’emploi et c’est ce que j’ai fait. Ils souhaitaient conserver des activités à l’international, et j’ai accepté cette revendication. Aujourd’hui les syndicats souhaitent connaître l’accord. Nous n’avons rien à cacher et je suis très favorable à ce qu’il leur soit communiqué. Qu’ils aient eu besoin de ces sept mois pour digérer ce changement me paraît légitime. Les inquiétudes vont progressivement disparaître : je vous rappelle que le nouveau Suez va rester le numéro 4 ou 5 mondial. Ce ne sera pas une petite entreprise. Elle sera six fois plus grosse que ses autres plus gros concurrents français, Paprec, Saur, Séché.

Pendant sept mois, vous avez incarné le personnage du méchant, avez-vous trouvé cela injuste?
Oui, c’était agaçant de voir qualifier d’inamical un projet à ce point structurant et bénéfique pour l’ensemble des parties. Je n’ai jamais été hostile à Suez. Je n’ai jamais voulu détruire un concurrent, sinon je n’aurais jamais accepté cet accord. Mais j’étais convaincu que le sens industriel de ce rapprochement finirait par s’imposer, que la raison l’emporterait. C’est pourquoi j’étais prêt à passer par toutes les difficultés. J’étais déterminé à construire quelque chose qui nous dépasse, pour les nouvelles générations.

Avec le recul, auriez-vous pu faire différemment?
J’ai cherché pendant sept mois à convaincre le maximum de gens. Ce qui m’a servi de boussole était justement et uniquement le sens industriel évident de ce rapprochement. C’est une opportunité historique créée par la décision d’Engie de vendre sa participation dans Suez. J’ai toujours pensé que cela apparaîtrait et finirait par surmonter les réticences. C’est la recherche d’impact, plus que la finance, qui a justifié ce projet.

Quand pourrez-vous dire que le Veolia que vous imaginiez est enfin bâti?
Jamais l’urgence écologique n’a été aussi forte. Jamais les populations dans le monde n’ont attendu, espéré des solutions concrètes pour l’environnement. Jamais les pouvoirs publics n’ont bâti de politiques aussi ambitieuses, notamment avec les plans de relance. Avec l’opération que nous venons de faire, Veolia va être en capacité d’imaginer et de généraliser les solutions dont nous aurons besoin pour améliorer la qualité de l’air, le recyclage du plastique ou des batteries électriques, la capture du carbone, nourrir des milliards de personnes, avec moins d’eau, moins d’énergie et moins de sol. La moitié de ces solutions n’existe pas aujourd’hui. Au fur et à mesure que Veolia les inventera, on pourra dire, Frérot avait raison.( La modestie de l’intéressé ! NDLR)

Il peut donc y avoir des rencontres entre socialistes et écologistes qui se terminent par des sourires. Peu après 13 heures, samedi, à la sortie d’une longue réunion dans un hôtel parisien, la maire de Paris, Anne Hidalgo, l’eurodéputé écologiste Yannick Jadot, le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, et son homologue vert, Julien Bayou, se prêtent à une photo de famille, faisant quelques pas de concert comme s’ils cheminaient vers ce « contrat de gouvernement » dont ils viennent de parler.

Derrière eux, d’autres dirigeants suivent. Tous se massent près de l’eau scintillante du bassin de la Villette, et il faut s’y reprendre à plusieurs fois pour immortaliser ce moment devenu si rare. Hidalgo se félicite de cette « réunion importante ». « Face au risque de l’extrême droite, nous avons besoin de construire une offre politique pour la rentrée prochaine », dit-elle avant d’en appeler à une « coalition commune » et à un « candidat commun » pour 2022. Jadot ne demande pas mieux, même s’il aurait préféré un « contrat de gouvernement » dès les régionales, comme il l’avait susurré un peu plus tôt dans le huis clos de la réunion.

Politique–Charles Michel : l’exemple de la nullité européenne

Politique–Charles Michel : l’exemple de la nullité européenne

 

L’Europe ne s’est pas grandie évidemment avec l’incident prix diplomatique qui a permis à Erdogan d’humilier l’union européenne.  D’abord on se demande ce qui a justifié le double déplacement de la présidente de la commission européenne et du président du conseil européen. Une opération dont a tiré profit surtout Erdogan pour redorer son image diplomatique internationale. Le scandale de l’humiliation imputable à Erdogan doit aussi au président du conseil européen Charles Michel.

Un président du conseil européen qui est en opposition régulièrement avec la présidente de la commission et pas seulement sur le plan protocolaire. Il est clair que Charles Michel ne tolère pas les velléités de la présidente de la commission européenne pour intervenir de plus en plus les champs de responsabilité y compris au plan international. Charles Michel qui n’a pas inventé la poudre a donc accepté en tout cas cautionner l’humiliation d’Erdogan.

Il faut dire que l’Europe comme souvent n’a pas choisi les meilleurs à la tête des institutions européennes. En général ,on se met plutôt d’accord sur le minimum commun et on préfère choisir des personnalités de second rang voire médiocre pour préserver la souveraineté des états . De ce point de vue le belge Charles Michel ne marquera sans doute pas l’Europe de son empreinte, c’est un politicien de métier qui sait slalomer à l’intérieur des tendances européennes mais qui n’a jamais apporté à l’Europe la moindre perspective un peu significative d’innovation et de dynamisme.

 

Ses explications relatives à l’humiliation d’Erdogan paraissent assez insignifiantes et fastidieuses sans parler de sa posture très faux-cul.

 

La visite des institutions européennes en Turquie a été marquée par l’incident protocolaire subi par Ursula von der Leyen, privée de fauteuil aux côtés du président Erdogan et de vous-même. Que s’est-il passé ? Pourquoi n’avez-vous pas réagi sur le moment ?

Je le dis et le redis : je déplore profondément ce qui s’est produit. Une interprétation trop stricte du protocole par les services turcs a mené à ce regrettable incident. Je ne vous le cache pas, je ne dors pas bien depuis. J’ai refait 150 fois le film dans ma tête. Sur le moment, cela a été très vite. Mon attitude a été motivée par le sentiment que si j’avais alors eu une réaction plus marquée, cela aurait donné lieu à un incident non plus protocolaire mais diplomatique qui aurait détruit des mois de travail intense et d’espoir de pouvoir réengager un dialogue nécessaire avec la Turquie. Les enjeux sont très importants. En mer Méditerranée, nous sommes passés proches ces derniers mois d’incidents militaires graves. En outre, Ursula a exprimé sa désapprobation sur le moment. J’ai pensé que cela aurait été vu comme du paternalisme déplacé si j’avais posé un acte additionnel.

 

Charles Michel : l’exemple de la nullité européenne

Charles Michel : l’exemple de la nullité européenne

 

L’Europe ne s’est pas grandie évidemment avec l’incident prix diplomatique qui a permis à Erdogan d’humilier l’union européenne.  D’abord on se demande ce qui a justifié le double déplacement de la présidente de la commission européenne et du président du conseil européen. Une opération dont a tiré profit surtout Erdogan pour redorer son image diplomatique internationale. Le scandale de l’humiliation imputable à Erdogan doit aussi au président du conseil européen Charles Michel.

Un président du conseil européen qui est en opposition régulièrement avec la présidente de la commission et pas seulement sur le plan protocolaire. Il est clair que Charles Michel ne tolère pas les velléités de la présidente de la commission européenne pour intervenir de plus en plus les champs de responsabilité y compris au plan international. Charles Michel qui n’a pas inventé la poudre a donc accepté en tout cas cautionner l’humiliation d’Erdogan.

Il faut dire que l’Europe comme souvent n’a pas choisi les meilleurs à la tête des institutions européennes. En général ,on se met plutôt d’accord sur le minimum commun et on préfère choisir des personnalités de second rang voire médiocre pour préserver la souveraineté des états . De ce point de vue le belge Charles Michel ne marquera sans doute pas l’Europe de son empreinte, c’est un politicien de métier qui sait slalomer à l’intérieur des tendances européennes mais qui n’a jamais apporté à l’Europe la moindre perspective un peu significative d’innovation et de dynamisme.

 

Ses explications relatives à l’humiliation d’Erdogan paraissent assez insignifiantes et fastidieuses sans parler de sa posture très faux-cul.

 

La visite des institutions européennes en Turquie a été marquée par l’incident protocolaire subi par Ursula von der Leyen, privée de fauteuil aux côtés du président Erdogan et de vous-même. Que s’est-il passé ? Pourquoi n’avez-vous pas réagi sur le moment ?

Je le dis et le redis : je déplore profondément ce qui s’est produit. Une interprétation trop stricte du protocole par les services turcs a mené à ce regrettable incident. Je ne vous le cache pas, je ne dors pas bien depuis. J’ai refait 150 fois le film dans ma tête. Sur le moment, cela a été très vite. Mon attitude a été motivée par le sentiment que si j’avais alors eu une réaction plus marquée, cela aurait donné lieu à un incident non plus protocolaire mais diplomatique qui aurait détruit des mois de travail intense et d’espoir de pouvoir réengager un dialogue nécessaire avec la Turquie. Les enjeux sont très importants. En mer Méditerranée, nous sommes passés proches ces derniers mois d’incidents militaires graves. En outre, Ursula a exprimé sa désapprobation sur le moment. J’ai pensé que cela aurait été vu comme du paternalisme déplacé si j’avais posé un acte additionnel.

 

Incident diplomatique avec Erdogan : Une intentionnalité turque mais aussi une confusion européenne

Incident diplomatique avec Erdogan : Une intentionnalité turque mais aussi une confusion européenne  

 

Pour le Professeur de science politique, François Foret,  les habitudes protocolaires européennes ont plus d’une fois suscité la perplexité et l’embarras des pays tiers. Mais dans le cas de l’incident entre Recep Tayyip Erdogan et Ursula von der Leyen, l’intentionnalité laisse peu de doute, estime le professeur de science politique François Foret.

 

Tribune.

 

Un incident a défrayé la chronique lors de la rencontre entre le président turc Recep Tayyip Erdogan, le président du Conseil européen, Charles Michel, et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le 6 avril 2021 à Ankara. Cette dernière ne s’est pas vue offrir de chaise identique à celles des deux autres dirigeants et, après quelques instants d’embarras, s’est vue reléguer sur un canapé à quelque distance au même titre que le ministre turc des affaires étrangères.

Il est commun d’ignorer – voire de se moquer ouvertement – de tels détails cérémoniels renvoyant à un formalisme jugé superficiel et obsolète. Les démocraties basées sur la croyance en un gouvernement rationnel plaçant les passions politiques (et notamment les susceptibilités nationales) sous contrôle font profession d’indifférence en la matière.

L’Union européenne (UE), en tant que système politique réaliste se justifiant par la conciliation des intérêts, l’efficacité de ses politiques et les biens publics (paix, prospérité) offerts aux citoyens, a poussé à son acmé le refus de la ritualisation. Elle a misé sur un « laisser-faire » reposant sur l’autorégulation des acteurs et évitant autant que possible de devoir trancher d’épineuses questions de préséances.

Enfin, à l’heure des réseaux sociaux, la communication politique contemporaine, dominée par la recherche de proximité et d’accessibilité, contribue à rendre dérisoire toute notion d’étiquette. L’histoire longue nous rappelle cependant que le protocole opère la mise en forme symbolique de l’ordre politique. Il exprime et exacerbe les rapports de pouvoir et les hiérarchies. S’il n’est qu’apparence, il donne à voir des logiques beaucoup plus profondes.

Cette fonction de révélateur est particulièrement sensible concernant une entité aussi récente et faiblement ancrée dans les imaginaires collectifs que l’UE. Les batailles protocolaires ont jalonné les controverses sur la nature du projet politique communautaire et sur le statut de ses institutions. Dès les années 1960, De Gaulle s’insurge contre les prétentions de Walter Hallstein de se voir réserver les mêmes prérogatives qu’un chef d’Etat en tant que président de la Commission et d’avoir droit à un tapis rouge, avec comme enjeu sous-jacent l’autonomie de son institution.

 

La codification progressive du Conseil européen à partir des années 1970, les élargissements successifs puis la multiplication des figures d’autorité et de notoriété (présidents du Parlement européen, du Conseil européen, de la Banque centrale européenne, Haut Représentant, etc.) entraînent de nombreuses querelles symboliques qui sont autant d’affrontements interinstitutionnels où chaque acteur défend ses prérogatives autant que son rang.

Union européenne : une collision avec la Chine incontournable

Union européenne : une collision avec la Chine incontournable

Le consultant Laurent Malvezin passe en revue, dans une tribune au « Monde » les différentes options pour les entreprises européennes, confrontées à la coercition économique grandissante de la Chine.

Tribune. Les récentes difficultés de positionnement de grandes marques étrangères en Chine face aux pressions de leurs hôtes concernant le coton du Xinjiang illustrent en réalité une problématique structurelle : celle des relations entre le pouvoir politique et l’économie. Les conceptions divergent entre, notamment, l’Europe et la Chine.

La Chine se définit comme une « économie de marché socialiste », dans laquelle les acteurs économiques sont subordonnés au pouvoir politique, c’est-à-dire aux prescriptions idéologiques et aux orientations planificatrices du parti-Etat chinois. Elles s’appliquent dans ses entreprises d’Etat, mais aussi dans les sociétés à capitaux non exclusivement d’Etat, ainsi que dans les filiales des sociétés étrangères.

Afin d’assurer son monopole politique, le parti-Etat exige des sociétés étrangères sur son sol de lui déléguer tout le champ social. Cette exigence implique pour les autres seulement d’opérer une stricte séparation des affaires avec la conduite politique des affaires, la gouvernance, dont il réclame l’apanage.

C’est pourquoi, le 25 mars, le ministère du commerce, par la voix de son porte-parole, rejetait les accusations de travail forcé au Xinjiang, enjoignant aux marques occidentales de ne pas « politiser les questions de business ». Cette volonté du Parti communiste d’exclure tout droit politique et social à ses partenaires étrangers, qu’il assimile à une remise en cause de son autorité, nécessairement sans partage, s’était exprimée, en 2020, lors du déploiement de sa « stratégie diplomatique des masques ».

De nombreux diplomates chinois avaient exhorté à « ne pas faire de politique, mais à sauver des vies », provoquant de la part des pays européens une dénonciation quasi unanime pour récupération politique d’un enjeu de santé publique majeur.

Or, le projet géopolitique de la Commission Ursula von der Leyen, centré sur les valeurs d’une Europe qui recouvre sa souveraineté et protège ses entreprises et ses citoyens, ne peut qu’entrer en collision frontale avec le modèle chinois « d’économie de marché socialiste ». Les deux projets s’arment, en effet, d’un arsenal de normes prescriptives antagonistes, pour la Chine, l’étatisation de l’économie et, pour l’Europe, l’affirmation de ses standards éthiques et sociétaux.

L’exemplarité de l’idéal européen des Lumières versus l’infaillibilité du Parti communiste chinois, chacun voyant dans l’autre un cheval de Troie : Pékin voit les valeurs occidentales le subvertir de toutes parts et l’Occident redoute la soldatesque du parti dans le ventre de ses entreprises pour mieux le vider du dedans.

Covid: la croissance européenne menacée par la troisième vague

Covid: la croissance européenne menacée par la troisième vague

 

En raison en particulier de l’échec du rythme de vaccination en Europe, la croissance pourrait bien être affectée en 2021. Ainsi la perspective d’une augmentation du PIB de 4 % pourrait être remise en cause. Le premier semestre pourrait bien enregistrer une relative stabilisation de l’activité.

Lors d’une récente intervention de la Commission des finances de l’Assemblée nationale, le directeur général de l’Insee, Jean-Luc Tavernier, a dressé un état des lieux de la conjoncture.

« Du côté des signe de lassitude, il y a une détérioration des perspectives d’emploi. L’irruption du variant anglais et la détérioration des perspectives sanitaires ont été décevantes dans les secteurs les plus vulnérables. 3 entreprises sur 10 considèrent que les mesures de protection sanitaire affectent leur productivité et donc la croissance potentielle. Dans les signes de résistance, les revenus ont été protégés et la consommation a résisté [...] Il y a une économie qui s’adapte à la demande. »

 

« Le plan de relance européen a présenté des avancées mais il peut paraître insuffisant par rapport aux Etats-Unis entre le plan de relance de 1.900 milliards et celui de 3.000 milliards de dollars dédié aux infrastructures. L’écart entre les deux zones économiques risque de se creuser. Surtout que l’Europe accuse un fort retard dans la vaccination » a indiqué l’économiste et directeur des études à l’IESEG School of Management, Eric Dor, interrogé par La Tribune.

Dans une étude rendue publique ce mercredi 31 mars, les économistes du Trésor français tablent sur de fortes disparités au sein de la zone euro.  »L’activité de la zone euro retrouverait son niveau d’avant-crise en 2022 et la reprise serait hétérogène. L’activité en Allemagne se redresserait rapidement (+1,8% en 2022 par rapport à 2019) tandis que l’Espagne et l’Italie ne retrouveraient pas leurs niveaux d’avant-crise à cet horizon (resp. -0,9 % et -1,6 %) » indiquent les services de Bercy.

Turquie : mise en observation de l’union européenne

Turquie : mise en observation de l’union européenne

Le sommet européen qui débute aujourd’hui devrait aboutir à une mise en observation de la Turquie qui ne cesse de manifester les gestes d’hostilité vis-à-vis de l’Europe et en particulier de la France. D’une certaine façon, c’est le bon moment de rappeler à la raison Erdogan dont la situation économique et catastrophique et qui mène son pays dans le mur non seulement du point de vue économique mais aussi démocratique.

Avec les États-Unis, message commun de fermeté sera adressé au président turc. «Ce n’est un secret pour personne que nous avons des différends avec la Turquie», a affirmé le secrétaire d’État Antony Blinken lors de ses entretiens mardi et mercredi à l’Otan. Mais les Américains comme les Européens refusent de couper les ponts avec Ankara. «La Turquie est un allié de longue date et apprécié, que nous avons un grand intérêt à garder ancré à l’Otan», a rappelé Antony Blinken.

Le chef du gouvernement italien Mario Draghi a résumé la position européenne en insistant sur «l’importance d’éviter les initiatives qui divisent et la nécessité de respecter les droits de l’Homme». La décision du président turc de quitter la convention d’Istanbul contre les violences sexistes, au lendemain d’un entretien avec Charles Michel et la présidente de la Commission Ursula von der Leyen, a été vécue comme un camouflet. En l’espace de quelques jours, Erdogan a également lancé une procédure d’interdiction du parti d’opposition prokurde HDP et limogé le gouverneur de sa Banque centrale.

 

Depuis le début de l’année Erdogan a quand même mis une certaine sourdine à ses attaques vis-à-vis de l’Europe. «Nous observons une absence de signaux négatifs depuis le début de l’année, mais personne n’est naïf, car plusieurs facteurs expliquent ce comportement: le changement de président aux États-Unis, la fragilité de l’économie turque et les conséquences des possibles sanctions européennes», a expliqué un diplomate européen à l’AFP. «Le bilan est en demi-teinte. On ne peut pas dire que la Turquie facilite à l’Union européenne l’engagement dans le fameux agenda positif dont on a parlé. Nous sommes en position d’attente», a commenté un autre diplomate de haut rang.

Vaccin AstraZeneca : la confiance européenne plonge

Vaccin AstraZeneca : la confiance européenne plonge

 

Le sondage de YouGov – qui a concerné environ 8000 personnes interrogées dans sept pays européens entre le 12 et le 18 mars – a révélé qu’en France, en Allemagne, en Espagne et en Italie, les gens étaient désormais plus susceptibles de considérer le vaccin AstraZeneca comme dangereux que comme sûr.

Quelque 55% des Allemands disent que c’est dangereux, tandis que moins d’un tiers pensent que c’est sûr, selon le sondage. En France, où le vaccin COVID d’AstraZeneca était déjà impopulaire, 61% des personnes interrogées déclarent désormais le considérer comme dangereux.

En Italie et en Espagne, la plupart des gens pensaient auparavant que le vaccin AstraZeneca était sûr – à 54% et 59% respectivement – mais ces taux sont tombés à 36% et 38% respectivement, dans le dernier sondage.

L’enquête a montré que ce n’est qu’en Grande-Bretagne, où le vaccin AstraZeneca COVID-19 a été utilisé dans un déploiement national depuis janvier, que les problèmes de caillot sanguin ont eu peu ou pas d’impact sur la confiance du public. La majorité des personnes interrogées au Royaume-Uni – 77% – disent toujours que le coup est sûr. Leur confiance est à égalité avec la cote de sécurité perçue de Pfizer de 79%.

YouGov a également déclaré qu’il ne semblait y avoir aucun problème de contagion dans les sept pays européens interrogés pour les vaccins Pfizer et Moderna COVID-19, qui étaient tous deux considérés comme aussi sûrs que dans un sondage il y a trois semaines.

Union européenne : menace d’interdiction des exportations de vaccins

Union européenne : menace d’interdiction des exportations de vaccins

 

Il est temps que l’union européenne réagisse car les laboratoires dans l’union européenne préfèrent exporter leur production plutôt que de satisfaire les demandes européennes conclues à  un moindre prix. La faute évidemment sans doute à l’union européenne qui a chipoté sur le prix dans le contrat passé avec les labos. À la différence des États-Unis ou encore de la Grande-Bretagne qui ont mis de l’argent sur la table immédiatement alors que les vaccins n’étaient même pas encore élaborés.

Du coup la commission européenne se rebiffe un peu et menace de bloquer les doses produites en Europe notamment celle d’Astra Zeneca qui ne fournira pendant des mois qu’un tiers de la production promise.

«Tout cela est dû à une frustration croissante avec AstraZeneca et à une pression accrue pour faire quelque chose à ce sujet. Nous n’avons pas assez de vaccins, nous exportons comme des fous sans rien obtenir », a déclaré l’un des diplomates qui a participé aux discussions.

La Commission a annoncé jeudi qu’elle envoyait une lettre à AstraZeneca dans ce qui pourrait être la première étape d’un combat juridique contre la société anglo-suédoise.

Quelle sorte d’union européenne ?

Quelle sorte d’union européenne ?

Adriaan Schout (1961) professeur à la Radboud University et un expert européen au Clingendael Institute pose la problématique de la nature de l’union européenne dans le journal lOpinion.

 

 

L’Union européenne est clairement une fédération et c’est une bonne chose. Mais quel type de fédération? Evolue-t-elle dans la bonne direction au vu du contexte européen actuel ? Est-ce le genre d’Union voulue par les Pays-Bas ? Le fait que Bruxelles parle d’intégration européenne et Amsterdam de coopération souligne les tensions auxquelles fait face l’UE. Cela accentue les différences entre les Pays-Bas et le président Macron qui pousse à une plus grande intégration alors que le général de Gaulle était le champion de la coopération.

L’UE a montré qu’elle était susceptible de connaître des crises profondes et variées. Celle de la zone euro est latente, il y a une crise en matière d’Etat de droit, les pays d’Europe de l’Est ne respectent pas les accords en matière migratoire et la coopération dans le domaine de la santé bafouille. Il y a aussi un fort mécontentement à l’égard de petits Etats membres, dont les Pays-Bas, qui favorisent l’évasion fiscale.

L’UE est tellement sujette aux crises que l’ancien président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, se targuait de faire face à des «polycrises». Dans des termes alarmants, il décrivait la Commission qu’il présidait comme celle de la dernière chance. Ursula von der Leyen qui lui a succédé sent elle aussi la pression pour faire avancer la protection des citoyens face aux crises économiques, à un monde imprévisible et aux menaces sur la santé publique. Mais les Etats membres s’opposant à une plus grande intégration, elle essaie de passer par-dessus les chefs d’Etat et de gouvernement, via de larges consultations, pour impliquer plus étroitement les citoyens aux ambitions européennes.

« La majorité des pays de la zone ne connaissent pas de croissance suffisante. S’ils sont capables de réduire leurs dépenses, il leur est plus difficile de procéder à des réformes structurelles pour améliorer leur productivité »

Réformes structurelles. Le financement des plans européens, y compris le récent plan de redressement lié à la Covid-19, est encore en débat. Il oppose les Etats membres sur la question de savoir s’il doit être remboursé et si des taxes spécifiques pourraient être utilisées. Sachant que ce plan a été établi pour calmer certains pays comme l’Italie et la Grèce qui estimaient que l’UE ne faisait rien pour eux et réclamaient plus de solidarité. Ce sont les différences fondamentales qui existent entre Etats membres, en termes d’histoire, de traditions, de valeurs etc. qui rendent l’Europe sujette aux crises.

Il y a d’énormes différences en matière économique. Quand a surgi la pandémie, l’an dernier, seuls sept des dix-neuf pays de la zone euro avaient le contrôle de leur endettement. La combinaison avec un chômage persistant explique les difficultés de l’euro. La majorité des pays de la zone ne connaissent pas de croissance suffisante. S’ils sont capables de réduire leurs dépenses, il leur est plus difficile de procéder à des réformes structurelles pour améliorer leur productivité. Les plus faibles d’entre eux n’ont pas la force pour adopter un cadre législatif et des politiques en faveur du marché du travail, de l’éducation et des infrastructures.

C’est la raison pour laquelle le ministre néerlandais des affaires étrangères, Stef Blok, a récemment demandé à un groupe d’experts comment encourager les Etats membres à se réformer. Ce qui témoigne du sérieux de la situation. L’euro est arrivé à tel un point que le gouvernement de La Haye, d’habitude toujours prompt à amender la politique européenne, ne sait plus comment procéder. Ce ne sont pas les tentatives qui ont manqué pour renforcer l’euro. Ces trente dernières années, les règles ont été constamment réduites, resserrées, voire simplement abandonnées. Le complexe dispositif de contrôle et de pénalités figurant sur le site web de la Commission ressemble à une sorte d’arbre de Noël. D’autres décrivent l’édifice comme une cathédrale médiévale avec ses niches, ses ailes et ses chapelles.

En dépit de toutes les tentatives, les Etats membres ont divergé. Dès lors qu’une intégration étroite ne semble pas marcher, nous sommes clairement sur la mauvaise voie. Il faut donc se poser la question suivante : quelle sorte d’Union européenne construisons-nous ? Les politiques préfèrent éviter la question de la finalité de l’Europe parce qu’elle implique une confrontation. La politique des petits pas est moins transparente et n’amène pas à un référendum. Cela n’empêche que nous avons besoin de savoir quel modèle fédéral nos dirigeants ont en tête. Dans le Sud de l’Europe une fédération centralisée ne pose pas de problèmes. Mais les pays du Nord aiment agir d’une manière pragmatique, ce qui crée des solutions parcellaires.

« Il y a deux problèmes avec le modèle d’intégration. Une trop grande intégration verticale ne marche pas et les Etats membres tiennent à garder leurs fonctions »

Narratif. Jean-Claude Juncker disait qu’il ne voulait pas d’un super-Etat européen même si ses propositions tendaient dans cette direction. Les Pays-Bas veulent une coopération horizontale (entre Etats membres), mais expliquent en même temps qu’un accord est un accord, ce qui implique une forte autorité européenne. Il y a d’autres exemples de confusion de ce genre: la Commission européenne veut être un superviseur indépendant et un organe politique en même temps. Mais on ne peut être le juge et le politique… Il n’y a pas de cohérence entre stratégies (ambitions) et capacités administratives (structures). Dans le monde des affaires, ce manque de vision serait considéré comme de la mauvaise gestion.

Dans le parler européen, la finalité européenne se retrouve dans le mot intégration utilisé par la Commission et la plupart des Etats membres. Mais côté néerlandais, tous les documents se réfèrent à la coopération européenne, c’est-à-dire pour le Premier ministre Mark Rutte une coopération entre pays financièrement indépendants. Ce sont des visions totalement différentes.

Il y a deux problèmes avec le modèle d’intégration. Une trop grande intégration verticale ne marche pas et les Etats membres tiennent à garder leurs fonctions. Reste aux Pays-Bas à convaincre qu’une coopération offre une meilleure base d’interconnections entre les diverses nations européennes. Une centralisation des activités ne fonctionne pas dans une organisation complexe comme l’UE. Les grandes organisations doivent recourir à la décentralisation. Au bout du compte, c’est la force de chacun qui détermine la force de l’ensemble, intérieurement comme extérieurement en termes géopolitiques. La coopération amène au succès.

La faiblesse néerlandaise tient à son absence de narratif sur la manière de réformer les Etats membres. Il n’y a pas assez de confiance entre chacun. Pire, la plupart des Etats membres n’ont pas confiance en eux-mêmes et attendent de ce fait beaucoup de l’UE. Il est éloquent de voir que 21 des 27 Etats membres ont plus confiance dans l’UE qu’en eux-mêmes.

« Il faut responsabiliser les gens, les politiques et les fonctionnaires. C’est la raison pour laquelle il est dangereux de tout centraliser au niveau de la Commission »

Vision managériale. La seconde raison pour prendre au sérieux l’idée néerlandaise de coopération c’est que cela va amener à un renforcement des Etats membres. C’est la coopération qui a permis de résoudre les crises au sein de l’UE et de donner naissance à des « success stories » européennes. Les secteurs dans lesquels l’intégration européenne a débouché sur des succès sont l’aéronautique, les médicaments ou la politique de la concurrence. C’étaient des secteurs dans lesquels les Etats membres se sont affrontés des décennies durant pour des raisons économiques, politiques et culturelles. Moyennant quoi, la maladie de la vache folle a menacé la santé publique, la confiance dans l’industrie agroalimentaire est tombée au plus bas, des barrières douanières ont été érigés et des Etats membres ont refusé l’inspection de leurs abattoirs. Aujourd’hui, la réputation alimentaire de l’Europe est reconnue partout dans le monde. Les choses peuvent marcher en Europe.

A chaque fois que des crises ont été résolues, l’effort a porté sur la coopération. Les Etats membres étaient contraints de partager leurs expertises, de mener les contrôles conjointement et de mettre sur pied des structures de gouvernance pour permettre aux Etats les plus faibles de participer. Cela crée une culture professionnelle dont l’UE a besoin. Cela crée une nouvelle base de pouvoir, horizontale. Via des politiques, des standards et une coopération organisée, vous créez les bons environnements organisationnels. La coopération, c’est l’intégration européenne par la base. Regardez les réformes fiscales pour voir comment cela marche. La coopération renvoie les Etats membres à leurs responsabilités et c’est alors aux innombrables représentants nationaux de prouver qu’ils sont fiables. C’est en renforçant les coopérations que l’UE a été capable de travailler au renforcement des secteurs nationaux et à créer de la confiance.

Il faut responsabiliser les gens, les politiques et les fonctionnaires. C’est la raison pour laquelle il est dangereux de tout centraliser au niveau de la Commission. La crise de l’euro persiste parce que Bruxelles contrôle les politiques économiques des Etat membres plutôt que de laisser ces derniers se contrôler les uns les autres d’une manière transparente et professionnelle. Ce dont l’UE a besoin c’est d’une vision managériale pas intégrationnelle. En corollaire, la subsidiarité ne devrait pas être interprétée verticalement en termes légaux, mais horizontalement d’une manière administrative. C’est le début d’un nouveau paradigme européen qui offre plus de perspectives qu’un plaidoyer pour une plus profonde intégration. Espérons que le président Macron écoutera ces arguments.

Adriaan Schout (1961) est professeur à la Radboud University et un expert européen au Clingendael Institute. Ce texte est une adaptation de sa lecture inaugurale comme professeur à l’European Public Administration (Nijmegen, 25 février 2021).

La Commission européenne veut faire éclater EDF

La Commission européenne veut faire éclater EDF

 

 

Pour résumer il y a deux plans qui s’affrontent, celui de la France et celui de la commission européenne. Pour la France, le projet hercule vise à séparer la fonction de production de la fonction de distribution mais en gardant une certaine cohérence globale. Pour la commission, il s’agit de faire éclater complètement EDF en confinant l’entreprise sur la seule production et le reste serait livré à la concurrence.

Notons que la commission n’est pas sans arrière-pensée économique dans la mesure où le nucléaire constitue un atout technologique et économique fondamental pour la France. Un atout contesté par d’autres pays qui instrumentalisent l’argument écologique pour affaiblir le nucléaire français. En réponse à la direction EDF insiste pour que le nucléaire soit reconnu comme une arme privilégiée contre le réchauffement climatique et le carbone

. « Si ce dossier devait ne pas se concrétiser, je présenterais de nouvelles perspectives stratégiques et financières, qui hélas ne seraient pas à la hauteur des enjeux », ajoute-t-il.

« L’enjeu pour EDF est que l’atome soit reconnu comme une filière contribuant à la lutte contre le réchauffement climatique, ce qui sécuriserait le financement des projets de centrale. Là encore, les choses semblent coincer… », dit Jean-Bernard Lévy à L’Express.

Le président français Emmanuel Macron et EDF ont fait du maintien de l’intégrité du groupe – avec en particulier une stratégie et une direction uniques – une condition sine qua non à sa réorganisation.

 

Politique-L’inexistence de la diplomatie européenne

Politique-L’inexistence de la diplomatie européenne

Après le fiasco de la visite de Josep Borrell à Moscou, le 5 février, la question se pose pour l’Union européenne de trouver une volonté politique et une vision stratégique commune face à la Russie ou la Chine. Par Jean-Pierre Stroobants correspondant du Monde à Bruxelles. (Extraits)

 

Analyse. 

 

En février 2020, Josep Borrell, le haut représentant (HR) de l’Union européenne (UE) pour la politique étrangère, insistait sur « l’urgence » de « trouver sa place dans un monde de plus en plus marqué par des politiques axées sur la force brute ». Celle que l’ancien ministre espagnol a rencontrée, le 5 février, lors de son voyage à Moscou, où le ministre russe des affaires étrangères Sergueï Lavrov a parfaitement incarné la force en question, en se moquant littéralement de lui et en refusant tout dialogue.

Estimant qu’il est temps, pour les Vingt-Sept, d’adapter leurs schémas afin d’« aborder le monde tel qu’il est, et non tel que nous aimerions qu’il soit », M. Borrell voulait, dans le cas présent, mieux comprendre l’état d’esprit de son hôte et protester contre le sort réservé à Alexeï Navalny. Un projet qui a échoué mais qui, surtout, ramène le camp européen à une position assez habituelle pour lui : l’expression unanime d’une condamnation, la division quant aux solutions politiques à trouver.

La France condamne l’attitude de la Russie mais veut maintenir un « canal de dialogue ». L’Allemagne condamne mais ne veut pas renoncer au projet de gazoduc Nord Stream 2. La Grèce et l’Italie ne veulent pas aller trop loin, mais la Pologne veut aller… plus loin. Quant à la Hongrie elle envoyait, cinq jours après la visite de M. Borrell, le chef de sa diplomatie à Moscou, où il n’a pas eu un mot pour Navalny mais a signé un contrat en vue de l’acquisition du vaccin Spoutnik V.

Outre qu’elle reste soumise à des intérêts particuliers, commerciaux, énergétiques ou, désormais, sanitaires, la relation avec la Russie reste surtout influencée par une appréciation totalement différente de la menace que représente, ou non, le régime de Vladimir Poutine.

Pas simple, dès lors, pour celui qui est censé incarner une diplomatie « commune », de proposer autre chose qu’un consensus sur un nouveau projet de sanctions, dont le principe devrait être approuvé le 22 février. C’est, en fait, le seul outil dont dispose un camp européen qui reste en quête d’une identité de vues et d’une capacité d’action.

Pour défendre son voyage à Moscou, le haut représentant a souligné devant les eurodéputés qu’il aurait été plus simple pour lui de « publier des communiqués à partir de [son] bureau ». Il relevait aussi que, depuis deux ans, dix-neuf ministres européens s’étaient rendus en Russie. « Tout le monde pourrait donc y aller, sauf le haut représentant ? A quoi sert-il, alors ? », interrogeait-il.

L’inexistence de la diplomatie européenne

L’inexistence de la diplomatie européenne

Après le fiasco de la visite de Josep Borrell à Moscou, le 5 février, la question se pose pour l’Union européenne de trouver une volonté politique et une vision stratégique commune face à la Russie ou la Chine. Par Jean-Pierre Stroobants correspondant du Monde à Bruxelles. (Extraits)

 

Analyse. 

 

En février 2020, Josep Borrell, le haut représentant (HR) de l’Union européenne (UE) pour la politique étrangère, insistait sur « l’urgence » de « trouver sa place dans un monde de plus en plus marqué par des politiques axées sur la force brute ». Celle que l’ancien ministre espagnol a rencontrée, le 5 février, lors de son voyage à Moscou, où le ministre russe des affaires étrangères Sergueï Lavrov a parfaitement incarné la force en question, en se moquant littéralement de lui et en refusant tout dialogue.

Estimant qu’il est temps, pour les Vingt-Sept, d’adapter leurs schémas afin d’« aborder le monde tel qu’il est, et non tel que nous aimerions qu’il soit », M. Borrell voulait, dans le cas présent, mieux comprendre l’état d’esprit de son hôte et protester contre le sort réservé à Alexeï Navalny. Un projet qui a échoué mais qui, surtout, ramène le camp européen à une position assez habituelle pour lui : l’expression unanime d’une condamnation, la division quant aux solutions politiques à trouver.

La France condamne l’attitude de la Russie mais veut maintenir un « canal de dialogue ». L’Allemagne condamne mais ne veut pas renoncer au projet de gazoduc Nord Stream 2. La Grèce et l’Italie ne veulent pas aller trop loin, mais la Pologne veut aller… plus loin. Quant à la Hongrie elle envoyait, cinq jours après la visite de M. Borrell, le chef de sa diplomatie à Moscou, où il n’a pas eu un mot pour Navalny mais a signé un contrat en vue de l’acquisition du vaccin Spoutnik V.

Outre qu’elle reste soumise à des intérêts particuliers, commerciaux, énergétiques ou, désormais, sanitaires, la relation avec la Russie reste surtout influencée par une appréciation totalement différente de la menace que représente, ou non, le régime de Vladimir Poutine.

Pas simple, dès lors, pour celui qui est censé incarner une diplomatie « commune », de proposer autre chose qu’un consensus sur un nouveau projet de sanctions, dont le principe devrait être approuvé le 22 février. C’est, en fait, le seul outil dont dispose un camp européen qui reste en quête d’une identité de vues et d’une capacité d’action.

Pour défendre son voyage à Moscou, le haut représentant a souligné devant les eurodéputés qu’il aurait été plus simple pour lui de « publier des communiqués à partir de [son] bureau ». Il relevait aussi que, depuis deux ans, dix-neuf ministres européens s’étaient rendus en Russie. « Tout le monde pourrait donc y aller, sauf le haut représentant ? A quoi sert-il, alors ? », interrogeait-il.

Variants: une re-vaccination nécessaire ? (Union européenne)

Variants: une re-vaccination nécessaire ? (Union européenne)

 

 

 

L’ Union européenne qui a raté la première phase de vaccination avec des commandes complètement insuffisantes de vaccins tente de se racheter en essayant de prévoir l’évolution de la crise sanitaire du  fait de la progression des variants. Ainsi un dispositif de synergie de tous les acteurs médicaux et pharmaceutiques va être mis en place avec financements européens avec l’objectif de développer des capacités de production de ces vaccins de deuxième génération.

 

Il se pourrait bien en effet que la nature des nouveaux variants qui ne cesse d’évoluer nécessite une seconde vaccination.

L’optique est donc d’être prêts en cas de nouvelle vague liée aux variants. Malgré une campagne de vaccination implacable, le dérapage de la situation sanitaire au Royaume-Uni a inquiété en haut lieu. Et si la sortie de crise tant espérée en 2021 n’arrivait pas ? « Nous pourrions nous retrouver avec la nécessité de régulièrement revacciner les populations à risque. C’est un processus que nous maîtrisons avec la grippe. Il faut se préparer à le reproduire, si nécessaire, à plus grande échelle avec la Covid-19 », précise Ursula von der Leyen la présidente de la commission européenne.

L’union économique européenne de plus en plus dépendante de la Chine

L’union économique européenne de plus en plus dépendante de la Chine

 

 

 

Comprend mieux l’enthousiasme de l’Union européenne poussée par l’Allemagne à propos de l’accord de principe sur les investissements réciproques entre l’Union économique et la Chine. En effet ,les chiffres récents montrent que pour la première fois l’union économique dépend largement pour ses échanges de la Chine. Malheureusement le déficit commercial de l’union économique ne cesse de s’accroître avec 180 milliards  . Sur l’ensemble de l’année dernière, le commerce de l’UE avec la Chine a totalisé 586 milliards de dollars (en additionnant exportations et importations), contre 555 milliards pour les Etats-Unis, selon des chiffres publiés lundi par l’institut européen des statistiques.

Si l’UE était déjà le premier partenaire commercial de la Chine depuis 2004 – elle avait alors doublé le Japon – c’est la première fois que l’inverse est aussi vrai, c’est-à-dire que la Chine détrône les Etats-Unis vis-à-vis de l’Europe.

Selon Eurostat, ce résultat est dû à une hausse des importations européennes en provenance de Chine (+5,6% en 2020 rapport à 2019) ainsi que des exportations européennes vers la Chine (+2,2%).

Dans le même temps, le commerce avec les États-Unis a enregistré une baisse significative tant pour les importations (-13,2%) que les exportations (-8,2%).

 

Après avoir souffert de l’épidémie de Covid-19 durant le premier trimestre, l’économie chinoise est repartie vigoureusement et la consommation a même dépassé en fin d’année son niveau d’il y a un an, tirant les ventes européennes, notamment dans l’automobile et les produits de luxe.

Les exportations de la Chine vers l’Europe ont bénéficié d’une demande forte pour les équipements médicaux et les produits électroniques.

L’UE a vu son déficit commercial s’aggraver avec la Chine. Il est passé de -164,7 milliards d’euros, en 2019, à -181 milliards l’an dernier. Dans le même temps, l’excédent avec les Etats-Unis est resté stable à environ 151 milliards d’euros.

Le Royaume-Uni, qui ne fait plus partie de l’Union européenne, est désormais son troisième partenaire commercial, derrière la Chine et les Etats-Unis. Cependant, les exportations européennes vers ce pays ont chuté de 13,2% l’an dernier, et les importations de 13,9%.

Au total, l’Union européenne a enregistré en 2020 un excédent commercial en nette hausse vis à vis du reste du monde, à 217,3 milliards d’euros, contre 191,5 milliards en 2019.

Le chiffre est encore plus élevé pour les 19 pays de la zone euro : excédent de 234,5 milliards d’euros l’an dernier, contre 221 milliards l’année précédente.

Climat: c’est aussi le rôle de la banque centrale européenne

Climat: c’est aussi le rôle de la banque centrale européenne

Frank Elderson, membre du directoire de la Banque centrale européenne, affirme dans une tribune au « Monde » que l’action de la BCE en matière environnementale est bien conforme à son mandat.

Tribune. La lutte contre le changement climatique exige des mesures urgentes, le temps nous étant désormais compté. La Banque centrale européenne (BCE) doit s’engager à jouer son rôle.

Mais notre engagement ne va pas sans soulever des questions : pourquoi la BCE devrait-elle se soucier du changement climatique ? Celui-ci entre-t-il dans le cadre de son mandat ? Ce sont là des questions importantes que nous prenons au sérieux : en effet, l’Union européenne (UE) est fondée sur l’Etat de droit, et la BCE ne peut agir que dans les limites fixées par les traités constitutifs.

Au moment de la rédaction du mandat de la BCE, la lutte contre le changement climatique n’avait pas le caractère urgent qu’elle revêt aujourd’hui. Et pourtant, les auteurs de ce mandat ont fait preuve de sagesse en nous fournissant des règles et principes quant à ce que nous devons faire, ce que nous pouvons faire et quant aux limites de notre responsabilité face aux futurs défis à relever, y compris le changement climatique. Une lecture attentive des traités révèle qu’ils définissent une marge de manœuvre vitale à l’intérieur de laquelle nous devons maintenant prendre nos décisions.

Premièrement, l’objectif principal de la BCE est de maintenir la stabilité des prix. Or le changement climatique peut avoir une incidence directe sur l’inflation, notamment lorsque des inondations ou des sécheresses à répétition détruisent les cultures et font augmenter les prix des produits alimentaires.

Les politiques d’atténuation peuvent aussi avoir un effet, direct ou indirect, sur les prix à la consommation tels que ceux de l’électricité et de l’essence, par exemple en accroissant les coûts de production. Ces questions sont clairement au cœur de notre mandat. En outre, l’efficacité de la politique monétaire pourrait être entravée par les conséquences des changements structurels liés au climat ou par des perturbations du système financier.

Ainsi, la création de crédit pourrait pâtir de pertes résultant de catastrophes et d’actifs échoués. Tant au cours de la crise de la dette souveraine que pendant la pandémie actuelle, la BCE a mené des actions résolues et mis au point de nouveaux outils de politique monétaire visant à préserver le caractère unique et l’efficacité de celle-ci. La Cour de justice de l’Union européenne a confirmé que la prise en compte des conditions préalables à la poursuite de notre objectif premier relève de notre mandat de maintien de la stabilité des prix.

Croissance européenne : reportée à l’été

Croissance européenne : reportée à l’été

 

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Bruxelles reconnaît que la pandémie va peser lourdement sur la croissance qui était espérée au premier trimestre. En fait l’Europe pourrait connaître une dépression de l’ordre de 1 %. La croissance est donc reportée à l’été.

 

« La situation économique reste difficile cet hiver (…), cependant la lumière apparaît désormais au bout du tunnel », a résumé le commissaire européen à l’Economie, Paolo Gentiloni, lors d’une conférence de presse. Pour l’année en cours, les prévisions de l’exécutif européen présentées jeudi s’avèrent moins positives que celles de l’automne dernier.

Concernant les 19 pays de la zone euro, la Commission table sur 3,8% de croissance économique en 2021 (contre 4,2% anticipé jusqu’ici), après la chute historique de -6,8% en 2020. En 2022, la croissance du Produit intérieur brut (PIB) atteindrait de nouveau 3,8%, soit une nette amélioration par rapport aux 3% pronostiqués en novembre.

L’arrivée des vaccins, notamment, permet d’anticiper un rebond plus fort à partir de l’été et l’année prochaine. Du coup, l’économie de l’UE devrait retrouver son niveau d’avant-crise « au deuxième trimestre 2022, plus rapidement que prévu », a souligné M. Gentiloni.

Bruxelles justifie l’assombrissement conjoncturel des dernières semaines par le renforcement nécessaire des mesures de confinement dans de nombreux États membres pour freiner la circulation de variants plus contagieux du coronavirus.

Les prévisions d’éclaircie à venir sont fondées sur le scénario d’un allégement de ces mesures « vers la fin du deuxième trimestre et de façon plus marquée dans la deuxième moitié de l’année, quand les personnes les plus vulnérables et une part croissante de la population adulte auront été vaccinées », a expliqué Paolo Gentiloni.

Par conséquent, « l’incertitude et les risques restent très élevés » en lien avec l’évolution de la pandémie, a-t-il prévenu, évoquant l’importance des campagnes de vaccination.

Pour l’ensemble de l’UE à 27, les prévisions chiffrées suivent la même tendance. Bruxelles prévoit une croissance de 3,7% en 2021 (contre 4,1% espéré précédemment), puis 3,9% en 2022 (contre 3%).

Cependant, « le rythme de la reprise va varier de façon significative entre les pays », estime la Commission. Certains ont en effet été plus touchés par la pandémie ou ont une économie qui dépend davantage du tourisme comme l’Espagne, le Portugal et la Grèce.

Bruxelles table sur 5,5% (-0,3 point) de croissance en France en 2021, puis 4,4% (+1,3 point) en 2022, après -8,3% l’an dernier. Pour l’Allemagne, première économie européenne, la Commission attend une hausse du PIB de respectivement 3,2% puis 3,1%, après -5%.

Paolo Gentiloni a précisé qu’une bonne surprise n’était pas à exclure dans la mesure où ces chiffres ne tiennent pas compte du fonds de relance massif de 750 milliards d’euros dont les premiers versements sont attendus au deuxième semestre.

Ils intègrent en revanche un impact du Brexit de 0,5 point de croissance d’ici à fin 2022, moindre que prévu, grâce à la conclusion d’un accord commercial entre l’UE et le Royaume-Uni. Autre motif d’espoir, la résurgence de l’inflation. Elle devrait atteindre 1,4% cette année en zone euro, après seulement 0,3% l’an dernier. Les prix à la consommation ont augmenté en janvier, après cinq mois de recul consécutifs qui ont alimenté l’inquiétude sur la santé de l’économie.

Les prévisions de la Commission jouent un rôle essentiel dans l’élaboration des politiques économiques européennes. L’UE a levé l’an dernier les freins à l’endettement imposés aux États membres afin que ces derniers aient les coudées franches pour dépenser et combattre les effets récessifs de la pandémie.

Mais cette mesure est temporaire et sera levée une fois la reprise économique bien installée. A ce sujet, « nous prendrons une décision dans les prochaines semaines, au printemps », a déclaré M. Gentiloni, laissant entrevoir une poursuite des mesures de flexibilité. « Ce que montre clairement nos prévisions est que nos difficultés économiques ne s’arrêteront pas le 31 décembre de cette année », a-t-il dit.

 

Dette : la France en tête avec plus de 300 milliards dans l’union européenne en 2020

Dette : la France en tête avec plus de 300 milliards dans l’union européenne en 2020

 

 

Il est évident que la faiblesse des taux favorise les emprunts d’État. Reste qu’il faudra bien les rembourser d’une manière ou d’une autre. Apparemment la France a fait une bonne affaire en empruntant plus de 300 milliards en 2020 un taux moyens de 0,30 %.

 

Fin 2019 l’endettement français représentait 100 % du PIB environ, au cours de l’année 2021 on devrait rapidement atteindre les 120 %. Face à cette embolie, certains experts inconséquents ont proposé que cette dette soit permanente et illimitée (quand d’autres encore plus irresponsables proposent de ne plus la rembourser !).  Une manière ainsi d’assurer une rente permanente au système bancaire, en tout cas pendant 50 ans voire un  siècle. Pour l’instant ,la question du remboursement de la dette est plutôt mise entre parenthèses mais la problématique reviendra forcément au premier retour de la croissance avec la hausse de l’inflation et des taux d’intérêt.

 

En zone euro, les émissions nettes de dette ont atteint 1 116 milliards d’euros en six mois entre mars et août dernier, «soit le montant des émissions nettes réalisées en un an et demi après la crise financière, entre septembre 2008 et février 2010», note l’économiste Olivier Sirello, dans un billet du blog de la Banque de France.

Dans cet environnement sous haute tension, la France s’est une nouvelle fois distinguée par son goût pour la dette. «Si l’on rapporte au PIB les émissions nettes au cours de cette période, la France occupe la première place dans la zone euro (13,0 %), suivie par les Pays-Bas (12,9%)», avance ainsi l’expert.

Nouvelles taxes américaines sur l’union européenne

Nouvelles taxes américaines sur l’union européenne

 

Il y a maintenant plus de 15 ans que les États-Unis et l’Europe s’affrontent à propos des subventions qui seraient accordées à Boeing et à Airbus. L’organisation mondiale du commerce a été saisie à plusieurs reprises et a autorisé dernièrement l’union européenne a augmenté ses droits de douane en compensation des avantages reçus par Bouygues.

Mais dans une dernière réaction l’administration Trump va imposer des droits de douane supplémentaires sur des produits européens, trois semaines avant la transition présidentielle, estimant que l’Union européenne a prélevé trop de taxes sur des produits américains dans le cadre du litige entre Boeing et Airbus.

Cette nouvelle offensive vise des produits français et allemands, des pièces détachées aéronautiques, vins non pétillants et cognacs, qui se verront appliquer des droits de douane plus élevés pour traverser l’Atlantique, selon un communiqué publié mercredi 30 décembre au soir par le représentant américain au Commerce (USTR), qui ne précise toutefois ni leur montant ni quand ils s’appliqueront.

Par ailleurs, déplore Washington, «l’UE a fait un autre choix qui a injustement augmenté le montant» des droits de douane prélevés, en excluant de son calcul le Royaume-Uni, et estime que «l’UE doit prendre des mesures pour compenser cette injustice».

 

La réaction américaine s’explique aussi par le projet de taxe (taxe en vigueur notamment en France) décidée par certains pays de l’union européenne sur les grands du numérique américains.

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