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Politique étrangère de Macron: les échecs

Politique étrangère de Macron:  les échecs 

 

 Pour Thomas Gomart, directeur de l’Institut français des relations internationales, Emmanuel Macron  n’a pas su éviter les revers diplomatiques face à Poutine, à l’alliance Aukus, et au Mali. (Interview dans le Figaro)

Thomas Gomart est directeur de l’Institut français des relations internationales. Son dernier ouvrage est Guerres invisibles, éd. Tallandier, 2021.


Emmanuel Macron s’est-il inscrit dans la continuité de ses prédécesseurs, ou a-t-il fait prendre une direction nouvelle à la diplomatie française ?

Thomas GOMART. - Emmanuel Macron a essayé de faire preuve d’un classicisme agile. Il s’est inscrit à la fois dans la continuité de ses prédécesseurs, tout en tentant d’apporter des éléments de disruption. Il a pris des risques plus ou moins payants. La continuation par rapport à ses prédécesseurs de la Vème République s’observe dès ses premiers pas en tant que président. Tout d’abord, le volet occidental à travers la relation très spécifique entre Washington, Londres et Paris, par l’invitation faite à Donald Trump d’assister au défilé du 14 juillet 2017. Il sait que l’embryon d’alliance atlantique apparaît à la fin de la Première Guerre mondiale. Ensuite, la relation franco-allemande par le conseil des ministres franco-allemands, qui a décidé d’un certain nombre de programmes d’armement structurants. Enfin, l’importance accordée à la relation avec Moscou, notamment par l’invitation de Vladimir Poutine à Versailles. En ce sens, il réalise des figures imposées, tout en cherchant à imposer son style.

Puis, l’aspect disruptif, l’ «agilité» pour reprendre un terme qu’il affectionne, c’est d’avoir beaucoup investi sur des rendez-vous censés nourrir le multilatéralisme. Cette tendance a été accentuée après les décisions de Donald Trump de sortir de l’accord de Paris, et de l’accord sur le nucléaire iranien. Elle s’est traduite par une multiplication d’événements multilatéraux et multifacteurs qui correspondent au souci d’Emmanuel Macron d’apparaître comme agile. Il a aussi multiplié les prises de parole dans différents formats avec une volonté évidente de moderniser l’image de la France.

Cette stratégie a-t-elle permis d’affirmer la France comme un acteur influent et crédible sur la scène internationale, ou au contraire doit-on lire, par exemple l’incapacité à s’imposer face aux États-Unis dans la crise des sous-marins, ou comme un médiateur face à Poutine dans le conflit ukrainien, comme une baisse de l’influence française ?

Si l’on essaye de faire le bilan de ce que sa diplomatie a produit, il y a plusieurs déceptions profondes. La plus importante est sans doute l’issue de son dialogue continu avec Vladimir Poutine qui n’a pas empêché l’agression russe en Ukraine. La deuxième déception est la découverte de l’alliance Aukus nouée par les « trois démocraties maritimes » ainsi que ces pays se définissent, alors que l’Australie était considérée comme un des principaux points d’appui dans tout le discours français sur l’Indopacifique. Il y a également des déceptions liées à sa tentative de modifier la situation politique au Liban, et une très grande question sur la politique française au Sahel avec la décision d’arrêter l’opération Barkhane. Ce sont des éléments qui montrent les difficultés, les revers rencontrés par la diplomatie française.

Si on regarde les réussites, Emmanuel Macron est le seul en 2017 à être élu sur un discours pro-européen. À la différence de tous ses autres compétiteurs, il n’a jamais varié sur cet engagement. De ce point de vue, il a obtenu un certain nombre de transformations au sein de l’Union européenne. La mutualisation de la dette, le fait que la notion de souveraineté européenne ou souveraineté technologique soit devenue plus centrale, et le fait que l’Union européenne ait réussi à participer à la crise sanitaire dans sa gestion à la fois sanitaire, vaccinale et économique font partie des réussites diplomatiques.

La deuxième réussite est d’avoir construit un discours sur le multilatéralisme à l’attention des acteurs désireux de ne pas être piégés par la rivalité sino-américaine, tout en étant parfaitement clair sur son système d’alliance. C’est un discours qui s’est adressé à des pays comme l’Inde, à une volonté de renouveler les termes des échanges avec des pays africains, les pays du Golfe ou encore l’Indonésie. La France a joué un rôle moteur pour les enjeux liés aux biens communs, comme la lutte contre le réchauffement climatique ou la perte de la biodiversité. Elle s’est montrée active dans la mise en œuvre des ODD (objectifs de développement durable).

Le troisième aspect, le plus important, est sa lucidité sur de la rapidité de dégradation de l’environnement stratégique. C’est le premier président qui assume ouvertement le réarmement. Il a clairement rompu avec l’héritage de ses prédécesseurs, qui avait négligé le budget de la défense, tout en décidant d’interventions extérieures. Parallèlement, il s’est employé à convaincre ses alliés européens de la nécessité de réarmer.

Au final, pour produire des effets à moyen et long termes, une politique étrangère dépend de la solidité économique du pays. Le problème fondamental de la France est le suivant : son positionnement diplomatique connaît un rendement décroissant au moment où sa sécurité exige des coûts croissants. L’effet ciseaux est prévisible : une propension plus élevée à prendre des coups et une capacité plus limitée à en porter.

La fin du quinquennat a été marquée par la fin de la présence française au Mali commencée sous François Hollande, quel bilan tirer de ces 9 ans de présence et de ce départ poussé par le nouveau pouvoir malien ?

Il faut commencer par noter qu’Emmanuel Macron a résisté à la tentation des interventions militaires extérieures. Le Mali est un héritage de la présidence Hollande, comme vous l’avez rappelé. Sur le plan militaire, cela a été une opération qui a régulièrement permis de « neutraliser » des djihadistes, et donc de limiter leur progression. Ces opérations se sont accompagnées d’efforts pour encourager le « 3D » c’est-à-dire des actions combinées de défense, de diplomatie et de développement. Cela a eu aussi pour vertu de faire comprendre aux Européens que la situation au Sahel concernait leur propre sécurité, ce qui a entraîné un certain nombre d’européens à participer de manière modeste à l’effort.

Le bilan négatif est qu’évidemment en dépit d’une présence sur le terrain, Paris n’a pas vu venir les deux coups d’État, a sous-estimé le sentiment anti-français qui s’est développé dans la sphère informationnelle, l’a négligé et a dû faire face à une activité informationnelle qui s’est retournée contre Paris. De plus, ces opérations ont abouti à une usure de l’outil militaire puisqu’elles ont mobilisé plus de cinq mille hommes, sans parvenir à distinguer entre une mission qui, initialement était de stopper les djihadistes (donc qui relevait d’éléments uniquement militaires et qui était réussie), et l’ambition trop importante de contribuer à la reconstruction de l’État malien, ce qu’une opération militaire ne peut pas faire, surtout de cette taille.

La réflexion qui devrait guider l’indispensable retour d’expérience est de comprendre comment nous sommes passés d’une logique de contre-terrorisme à une logique de reconstruction d’État.

La France a-t-elle redéfini son rôle au sein de l’Europe, notamment depuis le départ d’Angela Merkel ?

Oui et non. Oui, dans la mesure où Paris est une des rares capitales européennes où on est encore capable d’avoir une pensée globale sur le monde. C’est de plus en plus rare au sein de l’Union européenne. Paris conserve une capacité d’initiative, malgré les difficultés que nous connaissons. Son positionnement est sans doute meilleur au sein de l’Union européenne en 2022 qu’il ne l’était en 2017, mais le Brexit a entraîné une dégradation préjudiciable de la relation de la France avec Londres.

Non, dans la mesure où il y a un sous-investissement français, qui s’explique par une culture administrative, une absence de mobilisation de moyens, et une difficulté à exercer de l’influence. Exercer de l’influence est un métier, qui demande une vision, des moyens et surtout de la constance. Il ne suffit pas d’avoir des idées et de penser que tout le monde va s’y ranger tellement elles sont intelligentes. Il y a un sous-investissement structurel dans les institutions européennes, dans le jeu européen de la France, par rapport à d’autres acteurs qui maîtrisent beaucoup mieux les rouages bruxellois en particulier parlementaires. Le problème de la France est d’avoir envoyé à Bruxelles des parlementaires qui, pour une large partie d’entre eux, sont contre le projet européen. De ce point de vue, il y a une grande difficulté de la France: d’un côté Emmanuel Macron assume un positionnement européen, affirme qu’il faut aller plus loin dans la construction européenne et, de l’autre, il fait face à des forces politiques très hostiles à l’Union européenne.

Pensez-vous que la suppression du corps diplomatique par la réforme de la haute fonction publique risque d’influer sur cette capacité à « avoir une pensée globale sur le monde » que vous décrivez ?

Dans les atouts de la France, il y a incontestablement une forte culture militaire et une forte culture diplomatique. Les deux vont de pair. Est-ce que cette réforme va altérer ce savoir-faire, ou permettre d’accélérer une adaptation, une modernisation de l’outil diplomatique français ? Très franchement, il y a une spécificité du métier de diplomate qui porte notamment sur la maîtrise de langues rares, l’art de la négociation, la capacité à naviguer dans différents milieux, de vivre dans des pays difficiles. Les diplomates doivent conserver ces traits spécifiques au cœur de leur identité, tout en se formant au cours de leur carrière. Une réforme est toujours difficile.

Pour conclure quels enjeux principaux en politique étrangère attendent le vainqueur du scrutin de dimanche ?

Ce sont clairement la suite et les conséquences de la guerre d’Ukraine. C’est le sujet systémique. Le prochain président ou la prochaine présidente va devoir très vite agir pour la sécurité européenne au sens dur du terme. Et n’aura pas droit à l’erreur.

 

Politique « Emmerder » : Macron fait dans le populisme vulgaire (presse étrangère)

Politique « Emmerder » : Macron  fait dans le populisme vulgaire (presse étrangère)

 

 

La plupart des organes de presse étrangers considèrent qu’ avec son expression « emmerder les Français », Macron à délibérément choisi de provoquer avec ce populisme vulgaire qui n’est qu’un élitisme condescendant et méprisant.

Plusieurs médias soulèvent la contradiction entre ces propos jugés « insultants » et les récentes promesses d’apaisement de la part du chef de l’Etat français. « Drôle de discours pour quelqu’un qui, il y a trois semaines, faisait ce mea culpa : “Il y a des mots qui peuvent blesser et je pense que ce n’est jamais bon, c’est même inacceptable, car le respect fait partie de la vie politique” », s’étonne ainsi le journal belge L’Echo. « Mi-décembre, Emmanuel Macron reconnaissait, dans un entretien diffusé par TF1 (…), avoir pu heurter des personnes avec ses saillies », rappelle également Le Temps. A ce moment-là, « il a cherché à projeter plus d’empathie »estime le Financial Times, selon lequel le quasi-candidat à sa réélection veut ainsi se montrer plus « combatif » aux yeux de l’électorat.

Le journal suisse, Le Temps , remarque également que l’actuel locataire de l’Elysée est « coutumier des déclarations cinglantes, au risque de déclencher une vive polémique ». Le Financial Times se souvient de ces multiples remarques jugées « arrogantes » et « méprisantes » :

« Comme lorsqu’il a dit à un jardinier au chômage qu’il pouvait facilement lui trouver un emploi en traversant la rue ou lorsqu’il a critiqué le “pognon de dingue” dépensé par l’Etat pour des programmes de lutte contre la pauvreté. »

 « Même si le langage est grossier et peut provoquer une réaction extrême, voire violente, de la part des anti-vaccins, les remarques du président semblent refléter un calcul politique prudent »juge pour sa part Jon Henley, correspondant du Guardian à Paris, traduisant « emmerder » par « to piss off » (« faire chier »), comme la plupart de ses confères anglophones.

La déclaration de M. Macron semble viser « à politiser encore plus le débat sur la vaccination, trois mois avant l’élection présidentielle française »juge également Euronews,

« Emmerder » : Macron fait dans le populisme vulgaire (presse étrangère)

« Emmerder » : Macron  fait dans le populisme vulgaire (presse étrangère)

 

 

La plupart des organes de presse étrangers considèrent qu’ avec son expression « emmerder les Français », Macron à délibérément choisi de provoquer avec ce populisme vulgaire qui n’est qu’un élitisme condescendant et méprisant.

Plusieurs médias soulèvent la contradiction entre ces propos jugés « insultants » et les récentes promesses d’apaisement de la part du chef de l’Etat français. « Drôle de discours pour quelqu’un qui, il y a trois semaines, faisait ce mea culpa : “Il y a des mots qui peuvent blesser et je pense que ce n’est jamais bon, c’est même inacceptable, car le respect fait partie de la vie politique” », s’étonne ainsi le journal belge L’Echo. « Mi-décembre, Emmanuel Macron reconnaissait, dans un entretien diffusé par TF1 (…), avoir pu heurter des personnes avec ses saillies », rappelle également Le Temps. A ce moment-là, « il a cherché à projeter plus d’empathie »estime le Financial Times, selon lequel le quasi-candidat à sa réélection veut ainsi se montrer plus « combatif » aux yeux de l’électorat.

Le journal suisse, Le Temps , remarque également que l’actuel locataire de l’Elysée est « coutumier des déclarations cinglantes, au risque de déclencher une vive polémique ». Le Financial Times se souvient de ces multiples remarques jugées « arrogantes » et « méprisantes » :

« Comme lorsqu’il a dit à un jardinier au chômage qu’il pouvait facilement lui trouver un emploi en traversant la rue ou lorsqu’il a critiqué le “pognon de dingue” dépensé par l’Etat pour des programmes de lutte contre la pauvreté. »

 « Même si le langage est grossier et peut provoquer une réaction extrême, voire violente, de la part des anti-vaccins, les remarques du président semblent refléter un calcul politique prudent »juge pour sa part Jon Henley, correspondant du Guardian à Paris, traduisant « emmerder » par « to piss off » (« faire chier »), comme la plupart de ses confères anglophones.

La déclaration de M. Macron semble viser « à politiser encore plus le débat sur la vaccination, trois mois avant l’élection présidentielle française »juge également Euronews,

Une politique étrangère et de défense écologiste ? ( Sandrine Rousseau)

Une politique étrangère et de défense écologiste ? ( Sandrine Rousseau)

 

Candidate à la candidature chez Europe écologie les Verts exposent sa vision d’une politique étrangère de défense qui serait écologiste.

Un article intéressant dans la mesure où il fait l’impasse sur les enjeux géopolitiques ( menaces chinoises, menaces des dictatures et menaces islamistes notamment) et montre assez clairement les trous dans la raquette de l’analyse qui évitent de parler des sujets qui fâchent.

 Tribune dans l’Opinion

 

La campagne présidentielle qui s’ouvre semble se concentrer sur les petites phrases et un débat sociétal dont les termes sont largement fixés par l’extrême droite. C’est regrettable car les bouleversements mondiaux appellent à de véritables débats de fond. La déroute en Afghanistan doit nous interroger sur l’avenir de la politique étrangère qui fait depuis trop longtemps l’objet d’un consensus transpartisan mou et dangereux. Les écologistes français, longtemps éloignés du pouvoir exécutif national, ont jusqu’à présent été timides sur ces questions ; je souhaite que cela change.

En France, puissance nucléaire et normative à l’ambition mondiale, une politique étrangère écologiste se distinguerait et pourrait s’articuler autour de trois piliers fondamentaux : 1) l’engagement dans un nouveau multilatéralisme écologique et des droits fondamentaux ; 2) la poursuite d’une souveraineté européenne au-delà de la simple instrumentalisation de l’Union européenne ; 3) une nouvelle approche de la place de l’outil militaire dans la conduite de la politique étrangère.

La crise écologique mondiale dépasse la question climatique, incluant celles de la biodiversité, de la gestion des déchets, de la dépollution, du démantèlement nucléaire. Cette crise exige chaque jour plus de coopération dans un monde où les institutions internationales ont été progressivement affaiblies et délégitimées. La conférence de Paris a été certes un pas important dans ce sens, mais sans aucun pouvoir de contrôle ou de sanction, elle reste un mécanisme fragile. La France et l’UE se doivent d’inventer de nouveaux espaces et de nouvelles pratiques d’action dans les domaines climatiques.

Ceci impose d’être en mesure, quand c’est nécessaire, de contraindre nos partenaires à l’action climatique – la Chine dans sa taxation du carbone, le Brésil dans sa protection de l’Amazonie –, y compris par des mesures de rétorsion commerciales si nécessaires (le caractère contraignant), mais aussi et surtout de nous engager dans une solidarité nord-sud forte qui permette une transition juste (la politique d’encouragement) en multipliant et en ciblant mieux notre aide publique au développement.

« La construction d’une défense réellement européenne est une entreprise urgente. Elle impose in fine que nous acceptions que la politique étrangère européenne ne soit plus prisonnière de l’unanimité paralysante »

Par ailleurs, il nous faut dessiner un universalisme qui ne serait pas un nouvel occidentalisme. Cet universalisme n’est pas imposable par la force mais par le droit. Je souhaite donc que se renforcent les capacités de poursuivre et de condamner les violations des droits et libertés fondamentales partout dans le monde pour mettre fin à l’impunité. Nous pouvons ici jouer un rôle clef via les juridictions internationales (TPI) mais aussi par le pouvoir extraterritorial en renforçant la compétence universelle de nos tribunaux en matière de tortures, crimes de guerre, violences sexuelles…

Si je partage le constat du président Macron sur la « mort cérébrale » de l’Otan et la nécessité de jeter les bases d’une souveraineté européenne, je déplore sa méthode naïve qui consiste à espérer faire mener la même politique étrangère verticale et militariste de la France par nos partenaires de l’UE. J’assume pleinement que nous ne pouvons maintenir beaucoup plus longtemps le mythe national selon lequel, seuls, nous resterions une grande puissance militaire.

Il n’y plus à tergiverser : la construction d’une défense réellement européenne est une entreprise urgente, même si certainement de longue haleine qui impliquera certaines concessions (industrielles, militaires et stratégiques) envers nos partenaires. Elle exige d’œuvrer à une culture stratégique partagée, et la construction de capacités militaires communes. Elle impose in fine que nous acceptions que la politique étrangère européenne ne soit plus prisonnière de l’unanimité paralysante et de douteux intérêts nationaux.

« La question de la dissuasion nucléaire française est délicate pour les écologistes européens. L’objectif est un désarmement »

Quant à la place de la force armée et de la dissuasion, je plaide pour de profonds changements. La question de la dissuasion nucléaire française est délicate pour les écologistes européens. L’objectif est un désarmement. Aujourd’hui, la « force de frappe » reste un pilier de notre défense nationale. Nous devons la faire évoluer en profondeur et dans trois directions.

D’abord, en la démocratisant : je souhaite que le président de la République partage l’autorité sur le feu nucléaire avec le Premier ministre pour renforcer le contrôle démocratique sur l’arme atomique. Ensuite, en engageant un dialogue approfondi et patient, avec l’Allemagne d’abord, mais aussi l’Italie et le reste de nos partenaires européens, pour envisager une dissuasion nucléaire continentale concertée, considérant qu’une menace sur le territoire de l’un porterait atteinte aux intérêts stratégiques de l’autre.

Cela posé, comme une majorité de Français, je ne me résignerai jamais à un monde gouverné par l’équilibre de la terreur et j’engagerai la France sur la voie d’un désarmement en lien avec toutes les puissances nucléaires dans le cadre du traité sur l’interdiction des armes nucléaires, que je souhaite voir progresser au côté du traité de non-prolifération.

Pour ce qui est de la militarisation de notre politique étrangère, nous ne pouvons plus faire l’économie d’un bilan de nos opérations extérieures, à commencer par la débâcle libyenne. Si nous ne changeons rien, nous quitterons le Sahel, comme les Etats-Unis l’Irak ou l’Afghanistan, en laissant derrière nous un champ de ruines économique, politique et social qui sera le terreau d’un nouvel embrasement. Si la force armée se révèle parfois nécessaire, elle ne peut se substituer à une politique de pacification et de déradicalisation qui doit passer par la négociation avec des forces politiques sur lesquelles s’appuient les milices terroristes – dont beaucoup sont d’abord des guérillas locales.

Les limites de la politique étrangère jupitérienne échappant à tout contrôle et tout débat sont évidentes. La souveraineté européenne n’a que faire de ce bonapartisme ancré au plus profond de nos institutions et de nos pratiques. A continuer d’avancer dans cette impasse, nous risquons l’isolement et l’impuissance. Une présidence écologiste, c’est aussi une autre forme de puissance française.

Sandrine Rousseau est candidate à la primaire écologiste en vue de la présidentielle 2022.

G7 : encore un sommet vain (Presse étrangère)

G7 : encore un sommet vain  (Presse  étrangère)

Si les médias en France se félicitent de la réunion du G7 ,il n’en est pas de même dans la presse étrangère indique un article du Monde

Le sommet de Biarritz a certes permis aux dirigeants d’« aplanir certaines de leurs divergences », note le service international de diffusion allemand Deutsche WelleIl a aussi permis au chef de l’Etat français de « briller par son talent diplomatique », estime la Süddeutsche Zeitung, mais guère plus.

« Dans l’ensemble, ce fut un week-end plutôt agréable à Biarritz, ironise le quotidien britannique The Guardian en attaquant son compte rendu du sommet. Certains dirigeants étaient peut-être un peu indifférents, et il est toujours déconcertant de se retrouver face à quelqu’un qui présente un trouble de la personnalité encore plus grand que le vôtre, mais globalement tout le monde s’est bien entendu. »

Dans une autre analyse intitulée « Derniers rites de l’ancien monde alors que le théâtre de Trump se profile l’an prochain », le quotidien britannique souligne « la vanité du G7 », ce « cirque » ou « club ou famille de nations partageant les mêmes idées ». Même le décor choisi pour l’occasion exhale, à ses yeux, « un parfum de fin d’époque » « Biarritz, c’est le glamour du vieux monde, surplombant le golfe de Gascogne, avec de douces brises et une lumière dorée du soir sur ses plages. Il évoque une grandeur d’une autre époque où l’Europe était le centre du monde. »

Le quotidien enfonce le clou : « Le sentiment d’importance [des dirigeants participant au G7], combiné à leur impuissance évidente, rappelait les dynasties dirigeantes de l’Europe à la veille de la première guerre mondiale, complètement inconscientes du fait que leur monde allait s’achever », sur fond de Brexit, de montée des populismes, d’affaiblissement des démocraties libérales et de crise environnementale.

D’ailleurs, « peu de choses ont été accomplies » à l’issue du sommet. L’absence de communiqué final était stratégique, rappelle le Financial Times : il fallait à tout prix éviter de répéter le fiasco du G7 de 2018 au Canada, quand Donald Trump avait retiré son soutien au document.

Cette année, le président français a donc eu « l’habileté de ne pas publier de communiqué final ». Or, « s’il n’y avait pas de document, il n’y avait rien à refuser de signer ». Rien à refuser de signer, mais, du même coup, « aucune obligation » ni engagement à tenir non plus.

La réunion n’a ainsi donné lieu, note le Guardian, qu’à une simple « “déclaration” […] plus mince que la page sur laquelle elle était imprimée »« des propos bien intentionnés sur la nécessité d’empêcher l’Iran d’acquérir des armes nucléaires » ou encore le « vœu de faire quelque chose contre l’Amazonie en flammes, avec un acompte de 20 millions d’euros », soit une somme « nettement inférieure au coût du sommet, et particulièrement dérisoire au regard de ce qui était globalement considéré comme une menace existentielle pour la planète ». L’aide a finalement été refusée par le président brésilien, Jair Bolsonaro.

Le Washington Post dresse le même constat : le sommet s’est achevé « sans qu’aucun progrès significatif n’ait été réalisé sur les questions les plus urgentes, mettant à nu le fossé grandissant entre les Etats-Unis et d’autres nations dans leur lutte pour résoudre des problèmes, comme le commerce et le changement climatique ».

Finalement, ce « sommet restera comme celui du storytelling, du récit politique », tranche Politico ; chaque participant étant « libre de donner sa version de ce qui a été conclu », et d’imposer sa propre « vérité »« sans que rien d’écrit noir sur blanc ne puisse les contredire ».

En témoignent les comptes rendus très contrastés faits de part et d’autre de l’Atlantique. Si Emmanuel Macron est décrit en France comme un « dresseur d’ours », dont les « mille gestes rassurants et précautionneux » ont réussi à « ne pas réveiller le prédateur » Trump, la chaîne américaine conservatrice Fox News, notoirement partisane, est formelle : le président américain a « dominé » le G7 « comme aucun autre président depuis des années ».

Changement de décor l’année prochaine. Ce sera au tour de Donald Trump d’accueillir le G7 à Miami, en Floride. Il sera alors en pleine campagne électorale pour sa réélection à la présidentielle de 2020. Et, de ce fait, « encore moins engagé ou prêt à faire des compromis qu’il ne l’était à Biarritz », avertit le Guardian.

Politique étrangère européenne : développer l’arme des sanctions

Politique étrangère européenne : développer l’arme des sanctions

Pour Ramona Bloj, auteur d’une étude sur le sujet, les Etats membres de l’UE affichent un embryon de politique étrangère commune avec les sanctions

 

Interview dans l’Opinion

La Russie défendra la Biélorussie et la soutiendra si l’Union européenne impose des sanctions économiques contre Minsk, selon l’agence de presse russe RIA, en citant un responsable du ministère russe des Affaires étrangères. Bon nombre de pays européens ont imposé des restrictions d’accès aux aéroports et à leur espace aérien aux compagnies biélorusses, après l’atterrissage forcé d’un avion de ligne à Minsk et l’arrestation d’un opposant au président biélorusse qui se trouvait à bord de l’appareil, le 23 mai. L’Union européenne réfléchit par ailleurs à des sanctions économiques supplémentaires.

Responsable des études de la Fondation Robert Schuman, Ramona Bloj est l’auteur d’une étude intitulée « Les sanctions, instrument privilégié de la politique européenne ».

Plus de trente Etats ou entités non étatiques sont visés, aujourd’hui, par des sanctions européennes. Pour quelle efficacité ?

On peut analyser leur impact d’une manière classique, à savoir évaluer si elles ont atteint leur objectif en influençant un changement de comportement ou de politique. A partir de là, c’est du cas par cas pour juger leur efficacité. Pour ce qui est de la Russie, cela n’est d’évident car la guerre dans l’est de l’Ukraine continue et la Crimée a été annexée. A contrario, dans le cas de l’Iran, on peut estimer que les sanctions ont amené Téhéran à la table des négociations pour adopter l’accord sur le nucléaire. Même si c’est plus difficile, on peut aussi les jauger en fonction des conditions créées, à savoir un environnement propice au changement. Le cas classique est celui de l’Afrique du Sud à l’époque de l’apartheid, même si certains peuvent se demander si ce sont les sanctions qui ont eu l’impact le plus marquant ou si d’autres facteurs ont pesé plus lourdement. Les sanctions peuvent avoir aussi des effets secondaires utiles comme dissuader d’autres acteurs d’adopter des comportements similaires ou limiter les acteurs sanctionnés à causer plus de dommages. Dans le cas de la Russie, on peut estimer que cela a peut-être empêché Moscou d’aller jusqu’à reconnaître les provinces sécessionnistes de l’est de l’Ukraine.

« La sanction cherche à cibler le plus possible les coupables pour éviter un impact négatif sur les populations »

Quels sont généralement les objectifs cherchés par l’UE ?

La sanction est un moyen d’indiquer clairement une réprobation, une prise de position de politique étrangère plus modérée qu’un embargo, moins dangereuse que des mesures de rétorsion militaire. Elle se situe à mi-chemin entre l’inaction et la surréaction violente. Elle cherche à cibler le plus possible les coupables pour éviter un impact négatif sur les populations. Pour l’Union européenne, c’est aussi le seul outil coercitif dont elle dispose parce qu’elle n’a pas de capacité militaire en tant que tel. C’est un exercice qui amène aussi les Etats membres à adopter de plus en plus des positions communes sur la scène internationale alors que la politique étrangère reste de la compétence des Etats. C’est un outil de plus en plus utilisé. On est passé de six sanctions en 1991 à plus de trente actuellement. Ses motivations lorsqu’elle y a recours visent généralement à protéger la démocratie et les droits de l’homme comme on l’a vu avec la Chine, à dénoncer la gestion d’un conflit comme c’est le cas avec la Syrie ou à défendre la non-prolifération d’armes de destruction massive comme en Iran ou en Corée du Nord. La lutte contre le terrorisme est une autre motivation.

L’UE a encore pas mal de leviers non utilisés, notamment contre les dirigeants et proches du régime biélorusse ainsi que dans certains secteurs économiques clef. Les opposants réfugiés à l’étranger vont sans doute l’aider à mieux cibler ses sanctions.

Et vis-à-vis de la Russie ?

Il faudra voir ce qu’il y aura dans le rapport présenté en juin lors du conseil européen avec la présentation d’options supplémentaires pour répondre aux provocations russes. Estimant que les sanctions n’ont pas eu les effets escomptés jusque-là, Emmanuel Macron pousse notamment à une approche nouvelle alors que doit être décidé le renouvellement ou non des sanctions liées à l’annexion de la Crimée.

Politique étrangère : l’ambiguïté permanente de l’Allemagne

Politique étrangère : l’ambiguïté permanente de l’Allemagne 

 Jean-Sylvestre Mongrenier (Institut Thomas-More)  pose la question de l’ambiguïté permanente de l’Allemagne en matière de politique étrangère (l’Opinion)

 

 

Au seuil de l’année nouvelle, la présidence allemande de l’Union européenne (juillet-décembre 2020) s’était achevée, disait-on, sur un succès d’ensemble. A son actif, un accord de libre-échange entre Bruxelles et Londres ainsi qu’un « accord global » avec Pékin sur les investissements. Ce « grand chelem » était présenté comme celui de l’Union européenne et de ses Etats membres.

L’actualité la plus récente des relations euro-chinoises, alors que les équilibres de richesse et de puissance se déplacent vers l’Asie, invite pourtant à revenir sur une politique allemande qui pose question. S’agit-il pour Berlin d’œuvrer à l’édification d’une « Europe géopolitique », selon le vœu de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, ou de privilégier la défense de ses intérêts économiques et commerciaux ?

Laissons de côté les développements guère heureux des rapports entre Bruxelles et Londres. Il fallait redouter que cet accord de libre-échange, certes souhaitable, ne débouche sur des querelles d’interprétation doublées d’une guérilla quant aux normes qui régissent le commerce, et ce au péril de la stabilité et de la paix civile en Irlande. Comme Michel Barnier (« M. Brexit »), la présidence allemande ne visait qu’à éviter le pire et préserver l’avenir.

« Ventre mou ». Le forcing d’Angela Merkel, afin que l’Union européenne et la Chine populaire concluent un « accord global », suscite en revanche bien des doutes sur le fond. Rappelons que ces négociations furent ouvertes voici plusieurs années, bien avant que la Commission européenne n’en arrive à la conclusion que la Chine populaire constituait un « rival systémique ». Alors qu’il fut précédemment reproché à Donald Trump d’écarter toute coordination euro-atlantique afin de contrebalancer les ambitions de Pékin, l’Allemagne ne daigna pas explorer la voie d’une concertation avec Joe Biden.

Au terme de cette négociation, le parti-Etat chinois ne s’est pas même engagé à respecter les normes de l’Organisation internationale du travail et, par voie de conséquence, à bannir le travail forcé. La question des Ouïghours, celle des Tibétains et des Mongols, le principe de la liberté religieuse aussi ont été balayés de l’esprit. Dans cette affaire, il est regrettable que la France ait plié, quand il eût fallu faire plier Pékin. Assurément, cela aura renforcé la perception chinoise de l’Europe comme « ventre mou » de l’Occident : l’insolente diplomatie des « loups combattants» en témoigne. Il reviendra aux députés européens ainsi qu’aux parlements nationaux de réparer la faute en refusant de ratifier un accord scélérat.

Au vrai, l’importance que Berlin confère à l’achèvement du gazoduc Nord Stream 2, préjudiciable à l’autonomie énergétique de l’Europe ainsi qu’à la sécurité nationale de l’Ukraine et des pays de la région, n’est pas plus rassurante. Soucieuse de compenser l’erreur d’une fermeture précipitée des centrales nucléaires allemandes après l’accident de Fukushima, Berlin renforce sa dépendance au gaz russe, et ce en contradiction avec la politique de fermeté sur laquelle les Alliés se sont entendus après l’agression de l’Ukraine.

Révisionnisme géopolitique. Depuis, le retour de Moscou dans l’Eurasie post-soviétique, de la Biélorussie au Caucase du Sud, la projection de sa puissance en Méditerranée ainsi qu’en Afrique, ont confirmé le diagnostic : l’Occident doit faire face au révisionnisme géopolitique de la Russie, alliée à la Chine populaire, un front capable de rompre les équilibres. La Turquie pourrait basculer.

Aussi la primauté accordée par Berlin à des intérêts énergétiques de court terme pourrait-elle laisser croire que l’Allemagne renoue avec les délices et poisons d’une malhabile politique de balancier entre Est et Ouest. Au risque d’activer à nouveau, du côté français, le « complexe de Rapallo », par référence à l’accord germano-soviétique de 1922.

De telles ambiguïtés obèrent la prétention de Paris à édifier une Europe plus intégrée – sur les plans politique, diplomatique et militaire –, avec pour socle un improbable « couple franco-allemand », expression plus française qu’allemande. Les dirigeants allemands s’avèrent en quelque sorte plus lucides que leurs homologues français sur la possibilité d’un tel projet et, en contrepartie, sur l’importance de l’Otan dans la vitalité d’une Europe une et libre.

De fait, le projet de défense européenne porté par Emmanuel Macron constitue pour l’essentiel une « Europe des capacités » centrée sur la coopération militaro-industrielle. Encore importe-t-il d’être conscient des obstacles auxquels se heurtent les deux grands programmes franco-allemands, le système de combat aérien du futur et le main ground combat system (le « char du futur »). La volonté de l’Allemagne de se poser en leader dans l’industrie européenne d’armement terrestre, au détriment de Nexter, et de combler son retard en matière d’aéronautique militaire, menace les savants équilibres censés régir les rapports entre Paris et Berlin.

Contrées réfractaires. Les enjeux vont au-delà des rivalités technico-industrielles. En termes de capacités militaires et de spécificités techniques des armements, le calcul allemand est d’abord continental et marchand : la seule défense de l’Europe (nécessaire) et la conquête des marchés au sein de l’Otan. Pour sa part, la France, engagée dans la « plus grande Méditerranée », en Afrique et jusque dans la zone Indo-Pacifique, maintient un effort global. Il lui faut projeter au loin ses forces et affirmer sa présence sur des marchés extérieurs, dans des contrées réfractaires aux critères de la démocratie libérale. Les ordres de grandeur, les impératifs diplomatiques et les besoins des armées ne sont pas les mêmes.

In fine, là réside l’essentiel. D’étroits rapports franco-allemands sont certes essentiels à la stabilité du continent. Mais, face aux défis d’envergure mondiale d’une grande Eurasie sino-russe et de nouvelles routes de la soie centrées sur Pékin, l’Europe ne suffira pas. On imagine difficilement la marine allemande venir porter secours aux territoires français de la zone Indo-Pacifique…

Dans ce vaste ensemble spatial, nouveau barycentre de la politique mondiale, la politique étrangère française reposera sur l’alliance américaine, des convergences régionales avec la « Global Britain », voire sur le ralliement au Quad indopacifique, aux côtés de l’Inde, de l’Australie et du Japon. Les solidarités géopolitiques qu’il importe d’amplifier et d’élargir sont pan-occidentales, de l’Atlantique à l’Indo-Pacifique, très au-delà donc du tandem Paris-Berlin.

Jean-Sylvestre Mongrenier, chercheur à l’Institut Thomas More, vient de publier une note intitulée « Les ambiguïtés de la politique étrangère allemande et les angles morts du tandem Paris-Berlin ». Il est également l’auteur de Géopolitique de l’Europe (PUF, Que-sais-je ?, 2020).

La question environnementale hypothéquée par dans la politique étrangère de l’Europe

La question environnementale hypothéquée par dans la politique étrangère de l’Europe 

 

Cinq experts observent, dans une tribune au « Monde », que l’objectif européen de neutralité carbone pour 2050 va modifier profondément les relations de l’Union avec les pays étrangers fournisseurs d’énergie, dont certains devront céder la place à de nouveaux venus.

 

Tribune.

 

L’objectif de neutralité climatique de l’Union européenne (UE) d’ici à 2050, le « Green Deal » [« pacte vert »], n’est pas seulement un exercice révolutionnaire de modification des habitudes du continent en matière d’énergie, de consommation et de voyage. Il implique également des changements majeurs dans la politique étrangère et les relations diplomatiques de l’Europe.

Aujourd’hui, environ 70 % du bouquet énergétique de l’UE continuent de reposer sur les combustibles fossiles, tandis que les énergies renouvelables représentent moins de 15 %. Cette situation va complètement changer au cours des trente prochaines années si le Green Deal européen est couronné de succès.

Une baisse massive de la consommation de combustibles fossiles restructurera les relations de l’UE avec ses principaux fournisseurs, notamment la Russie, l’Algérie, l’Azerbaïdjan, le Kazakhstan et la Libye, dont les économies dépendent fortement des exportations d’énergie vers l’Europe. La fin de la dépendance de l’Europe à l’égard des combustibles fossiles leur porterait préjudice et pourrait même déstabiliser leurs gouvernements.

 

Comme l’Europe représente environ 20 % des importations mondiales de pétrole brut, une forte baisse de la demande européenne affecterait aussi le marché mondial du pétrole en faisant baisser les prix, ce qui nuirait même aux producteurs qui exportent relativement peu d’énergie vers l’Europe, comme l’Arabie saoudite. 

Dans une étude récente, nous avons décrit comment les effets géopolitiques du Green Deal européen se feront sentir au-delà des marchés de l’énergie (« The geopolitics of the European Green Deal », Bruegel, 2 février 2021). Les industries européennes s’inquiètent de leur compétitivité par rapport à leurs homologues étrangères, car elles devront payer des prix plus élevés pour le carbone et se conformer à des lois environnementales plus strictes.

Le Green Deal européen protégerait ces entreprises en introduisant un mécanisme dit « d’ajustement aux frontières », ou un tarif sur les biens importés basé sur leur contenu en carbone, équivalent au prix du carbone national. Une telle mesure aura inévitablement des répercussions sur les flux commerciaux et la politique mondiale.

 

Si certains pays seront désavantagés par le Green Deal européen, d’autres en bénéficieront. Une Europe plus verte devrait importer davantage de produits et d’intrants énergétiques propres. La Chine en bénéficierait, car elle domine le marché des minéraux dits de terres rares, qui sont essentiels pour les éoliennes, les moteurs de véhicules électriques et les applications dans d’autres domaines des technologies propres. 

Vaccination : La PRESSE ÉTRANGÈRE CRITIQUE LA FRANCE

Vaccination : La  PRESSE ÉTRANGÈRE CRITIQUE LA FRANCE

 

La France d’après la presse étrangère souffre d’un double handicap. Le premier c’est la lenteur de la stratégie vaccinale, le deuxième l’importance des anti vaccins Cette défiance a fait réagir le grand quotidien espagnol, El Pais décrivant « une France qui est l’un des pays les plus antivaccins d’Europe et du monde ». Plus loin, le média n’hésite d’ailleurs pas à nous couronner « champions du monde » de la spécialité. Le journal ibérique y voit l’origine de la lenteur d’une campagne de vaccination qui, au bout d’une semaine, plafonnait à 500 personnes vaccinées:

 

« La France est le seul pays insistant pour que les gens concernés par la vaccination donnent leur consentement après avoir été informés de possibles contre-indications », peut-on lire dans le Guardian.

.Aux États-Unis, où la chaîne NBC émet même l’idée d’un « fiasco » français, le propos prend parfois un tour plus polémique. Le magazine économique libéral Fortune, concurrent du célèbre Forbes, titre par exemple avec un brin de jubilation: « Le système de santé français si vanté rate son test le plus important depuis des générations: le déploiement de son vaccin anti-Covid-19″.

 

Fortune avance même: « L’échec de la France pour organiser un programme de vaccination crédible a dévoilé les carences profondes de ses systèmes politique et sanitaire – des défauts susceptibles de prolonger la pandémie, de causer des milliers de morts évitables, et de menacer les chances de réélection d’Emmanuel Macron dans à peine plus d’un an ».

Le journal télévisé allemand Tagesschau  a aussi critiqué la stratégie vaccinale de la France

Macron au Mont-Blanc: revêtu d’une doudoune étrangère !

Macron  au Mont-Blanc: revêtu d’une  doudoune étrangère !

 

Le chef de l’État en visite Mont-Blanc était bien revêtu d’une doudoune aux couleurs de la France  de la marque Rossignol. Une manière de rendre hommage à cette marque fondée en 1907 par Albert Rossignol à Voiron (Isère). Le problème c’est que cette doudoune n’est nullement tricolore  risque le tissu provient d’Italie et que la production est réalisée en Slovaquie. En outre, il ne s’agit pas d’un produit très bon marché,  en particulier pour son modèle « Supercorde » affiché au prix de 1000 euros pour la doudoune et 280 euros pour le pantalon. Les chaussures « Chamonix », également de marque Rossignol, sont quant à elles vendues au prix de 395 euros.

Bref pour Macon qui veut donner un coup de peinture verte à la campagne en vue des municipales un affichage écolo un peu trop bobo.

. L’entreprise spécialisée dans les équipements de ski dont le siège est basé à Saint-Jean-de-Moirans (Isère) a été rachetée en 2005 par le groupe australien Quiksilver, puis par le consortium Macquarie en 2008. Depuis 2013, elle est propriété de la société d’investissements scandinave Altor Equity Partners.

 

 

Politique étrangère : Macron discrédité

Politique étrangère : Macron discrédité

Comme d’habitude, Macron devrait faire un discours fleuve sur sa politique diplomatique lors de la conférence annuelle des ambassadeurs. Et pour masquer les échecs et l’impuissance on utilisera les anglicismes comme  reporting et de l’assessment pour  rendre compte et modifier le cap en fonction de la conjoncture. Bref pour expliquer le slalom de la politique diplomatique et ses échecs. Échec d’abord vis-à-vis des États-Unis ou Macron en dépit d’une attitude particulièrement conciliante à la limite du ridicule n’a strictement rien obtenu des États-Unis : ni sur les droits de douane, ni sur l’Iran et ni sur le climat. Même chose sur l’Europe que Macron comme ses prédécesseurs voulait  bouleverser. Aucune des propositions de macro n’est soutenue par les autres pays européens y compris l’Allemagne qui se méfie évidemment comme la peste d’un processus de solidarité financière que cela pourrait entraîner. L’Allemagne ne veut surtout pas payer pour la France ou d’autres pays mal gérés. Cela d’autant plus que la France replonge dans ses travers habituels avec une croissance en net tassement, des déficits  toujours en dérive est une dette qui s’accroît l. Le président de la république est redescendu de son piédestal, en outre il s’est mis à dos un certain nombre de pays européens. Pas  budget unique, pas de ministre des finances européen et il n’y aura pas de relance des investissements encore moins une  refonte des institutions. Macron mettra aussi l’accent sur  un énième plan de soutien au développement Emmanuel Macron fera le lien entre la nécessité de protéger les intérêts de l’Europe et celle de participer de front au développement de l’Afrique. Face aux ambassadeurs et une nouvelle fois à l’ONU, il annoncera le déblocage par la France d’un milliard d’euros en 2019 en faveur de l’aide publique au développement (APD). Une somme versée aux deux tiers sous forme de dons à une quinzaine de pays incluant ceux de la zone Sahel. Des dons qui finiront dans les sables du désert pour l’essentiel en tout cas dans le fonctionnement bureaucratique des grandes institutions de coopération et dans la poche des dirigeants africains. Et d’affirmer, ce qui ne mange pas de pain mais qui paraît tout à fait illusoire, que la France soutient le projet ambitieux de créer 450 millions d’emplois en Afrique à l’horizon de 2050, chiffres qui correspond à l’évolution démographique. Ce serait évidemment souhaitable et même indispensable mais encore faudrait-il mettre un sérieux coup de balai dans la politique actuelle de développement qui profite surtout aux grandes institutions de coopération et à la corruption. Heureusement il y a les concepts de reporting ,  l’assessment et de crowdfunding pour faire moderne et masqué l’inefficacité

Iran : l’Allemagne découvre l’intérêt de la politique étrangère européenne

Iran : l’Allemagne découvre l’intérêt de la politique étrangère européenne

 

 

D’une  certaine manière, c’est un peu une surprise d’entendre Merkel plaider pour une politique étrangère commune au sein de l’Europe. Il faut dire que ses intérêts économiques sont malmenés par les décisions de Trump qui justement se plaint en particulier des exportations allemandes. L’affaire de l’Iran est en quelque sorte la goutte d’eau qui fait déborder le vase des risques commerciaux pour l’Europe et l’Allemagne en  particulier. Jusque là pourtant on peut dire que l’Allemagne avait adopté uen position de relative neutralité vis-à-vis de la politique étrangère. Pour ne pas dire un certain mépris. Témoin encore récemment sa position très ambiguë sur les frappes en Syrie pour ne pas déplaire à la Russie.  Merkel découvre aussi les risques de guerre alors qu’elle ne s’est pas impliquée jusque-là dans les conflits en cours. Mais les nouveaux conflits pourraient menacer son businesse d’où la déclaration de Merkel sur la nécessité d’une politique diplomatique commune. Politique diplomatique qui implique aussi une politique commune de défense car il apparait évident que l’OTAN protège les Etats-Unis mais pas forcément l’Europe. Trump souhaite d’ailleurs se désengager de l’OTAN (en particulier au moyen Orient), il souhaite aussi  faire payer davantage l’Europe. Merkel rejoint la position française. Selon le ministre français des Affaires étrangères, les pays européens devront se montrer “très unis et très solidaires sur les choix” dans la période qui s’ouvre, marquée par les échanges de tirs entre Israël et forces iraniennes stationnées en Syrie. “Les événements qui se produisent en ce moment donnent la preuve de cette nécessité”, a-t-il déclaré sur BFM TV. Le chef de la diplomatie française a fait donc écho à des déclarations d’Angela Merkel, pour qui “l’Europe en est toujours à ses balbutiements en matière de politique étrangère commune”. “Et c’est une nécessité existentielle de faire des progrès dans cette voie parce que les conflits ont complètement changé de nature depuis la fin de la Guerre Froide”, a déclaré la chancelière allemande lors d’un discours prononcé à Aix-la-Chapelle, en présence d’Emmanuel Macron.

Partant du constat que l’alliance avec les Etats-Unis n’avait plus valeur d’assurance tous risques, elle a insisté sur l’impératif pour les Européens de “prendre leur destin en main”. “C’est la tâche à accomplir dans le futur.”“Cela a beaucoup bougé dans ce domaine-là depuis quelques mois. La prise de conscience (…) de la nécessité pour les Européens d’avoir leur capacité de décision stratégique est devenue essentielle et que l’Allemagne le dise est encore un élément supplémentaire”, a-t-il poursuivi.

Macron salué par la presse étrangère.

Macron salué par la presse étrangère.

Rarement une élection présidentielle française aura été aussi commentée et saluée par la presse étrangère. D’une certaine manière l’enthousiasme est plus important à l’étranger qu’en France où le scepticisme voir le pessimisme caractérise le climat général. Un doute largement alimenté par les gestions publiques depuis plus de 30 ans. L’enjeu principal pour le nouveau président de la république est évidemment de rétablir une confiance disparue. « Le plus jeune leader de l’après-guerre a promis de redonner confiance en soi à son pays », affirme au sujet d’Emmanuel Macron le quotidien anglais The Guardian, dans un article sobrement titré « Macron souhaite rendre son destin à la France ». »Il a promis de réinventer la nation française, fracturée et divisée, et de rétablir la confiance en soi dans un pays qui, ces dernières années, est devenu morose et est tombé dans ‘le doute et la peur’ », explique la correspondante du quotidien à Paris. Die Zeit, qui a mis le nouveau président à sa Une. Sur un fond jaune, Emmanuel Macron a les yeux fermés, le visage apaisé. Sur cette illustration, l’hebdomadaire a titré « Der heiland ». Littéralement : « Le sauveur ». selon le Wall Street Journal, Emmanuel Macron, par sa victoire contre Marine Le Pen et sa carrure présidentielle est « la promesse d’un renforcement de l’Europe ». Et les Suisses du Temps de renchérir :  »Rupture? Non. Confiance, comme en témoigne le choix musical. A l’ouverture d’Orphée aux enfers d’Offenbach succède l’air du champagne de Don Giovanni, l’opéra de Mozart. «Le monde et l’Europe ont besoin de la France» a très vite asséné Emmanuel Macron qui se rend ce lundi à Berlin » peut-on lire dans les colonnes du quotidien francophone. Selon le quotidien espagnol El Pais, le président élu est le « seul pouvant amener la France à se refaire confiance, à libérer sa force créatrice et sa capacité d’innovation, à briser les cadenas pour réformer une économie stagnante et lui permettre de croître et de créer des emplois à nouveau ».  dans El pais, de l’intellectuel espagnol Antonio Navalón, déclare   »Les responsables européens, du moins ceux qui ne sont pas eurosceptiques, ont applaudi des deux mains l’arrivée d’un jeune président à l’Elysée », qui permettra, selon lui, de « réconcilier la pensée européenne ». La presse étrangère a donc moins de réserve que les médias français. Elle s’enthousiasme pour l’homme qui a pris ses fonctions, dimanche 14 mai, à l’Elysée. Cela n’était pas arrivé depuis très longtemps. D’un point à l’autre du globe, le président Emmanuel Macron fait la « une » des journaux et des actualités télévisées. C’est bon pour l’ego des Français et l’image de la France à l’étranger. Finalement les étrangers renvoie uen image positive que les Français eux mêmes ont du mal à s’approprier. Une sorte d’encouragement pour reprendre le chemin de la confiance

Débat Macron-Le Pen : un combat de coqs pour la presse étrangère

Débat Macron-Le Pen : un combat de coqs pour la presse étrangère

Pour résumer, la presse étrangère considère que le débat macro Le Pen ressemblait un combat de coq dans un village gaulois, la grande perdante étant  Marine le Pen  victime surtout de son ignorance et de sa vulgarité. Pour le New-York Times, le duel « ressemblait plus à une empoignade que l’on peut trouver dans une émission de télévision américaine qu’à une discussion raisonnée comme les Français ont l’habitude de voir ». Le journal américain ajoute que « c’était un violent combat verbal. Les deux ont été agressifs, se sont coupés la parole… ». Sur le site Politico, le journaliste Nicholas Vinocur constate que Le Pen et Macron  »se sont opposés dans un débat houleux ». Cette émission  »a souligné tous les désaccords allant de l’éducation à l’Union européenne » entre les deux prétendants à la magistrature suprême. Pour le site d’information américain, « même si Macron a marqué des points, apparaissant comme étant plus précis sur ses propositions, cela ne devrait pas suffire à convaincre les indécis ».  Le Financial Times n’a pas manqué de souligner les confusions de Marine Le Pen dans ses attaques à l’encontre du candidat d’En Marche!. « Marine Le Pen est apparue confuse parfois sur les politiques industrielles. Quand elle mélange SFR, un opérateur de téléphonie mobile, et Alstom, un équipementier racheté par Général Electric, M. Macron lui répond : ‘l’un fabrique des téléphones, l’autre fabrique des turbines’ ». En Belgique, le grand quotidien Le Soir a qualifié la soirée de « triste spectacle » sur sa Une rappelant que « le débat présidentiel fût d’une violence inouïe ». Du côté des Suisses, le Temps a insisté sur l’animosité qui régnait sur le plateau en qualifiant le duel de « débat le plus violent de la Ve République ». Pour le quotidien helvétique, Emmanuel Macron a mené le débat « si l’on s’interroge sur la capacité à rassembler ». En revanche, la candidate du Front national « a dominé en matière d’agressivité ». Le journal rappelle enfin que « les codes de ce débat télévisuel ont explosé sous les coups de Marine Le Pen dont les sourires narquois, voire les éclats de rire, trahissaient le mépris de son rival ». la Tribune de Genève, on trouve qu’Emmanuel Macron « n’a pas été excellent ni surdominateur, mais il est apparu outillé et cohérent. Au contraire de Marine Le Pen, très confuse, agressive et qui a montré ses limites ». En Espagne, le grand quotidien El Pais a souligné que ce duel était  »un combat anormal, asymétrique. L’escrime contre la lutte libre, le fleuret contre le marteau, les arguments contre l’émotion ». Pour El Mundo, « Macron a mis à nu Le Pen » en insistant sur ses incohérences. « D’une certaine façon, Le Pen prévoit sa défaite électorale et tente de s’ériger en future cheffe de l’opposition. » Enfin le journal allemand Die Weilt a surtout insisté sur l’attitude des deux journalistes Christophe Jakubyszyn et Nathalie Saint-Cricq qui seraient l’une des causes du mauvais déroulement de l’émission. « Si le débat a déraillé dès la première minute, cela est également dû aux deux présentateurs qui en méritaient à peine le nom, » souligne le journal conservateur.

Mélenchon ou le retour du communisme en France ( presse étrangère)

  • Mélenchon ou le retour du communisme en France ( presse étrangère)
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La presse étrangère. La presse étrangère et notamment anglo saxonne suit avec un certain intérêt et une certaine surprise l’évolution de la campagne électorale française caractérisée en particulier par la montée de Le Pen et Mélenchon. C’est-à-dire de l’extrême droite à peine relookée et du communisme teinté de vert. Cette campagne est un sujet de curiosité en raison des propositions démagogiques et irresponsables qui sont faites par les candidats extrêmes. Des propositions qui promettent auprès à tout le monde en s’affranchissement de  toutes les contraintes internationales et qui conduiront évidemment le pays rapidement vers la ruine. Sur le plan économique comme sur le plan politique,  le choix pour le second tour apparaît pour la presse étrangère à la fois comme burlesque et pathétique si Le Pen et Mélenchon se qualifient. Il faudrait alors choisir en un fascisme banalisé, dédiabolisé et un communisme repeint en vert. Sky News se penche sur la « montée d’un maverick [franc-tireur] d’extrême gauche », décrit comme « un ancien trotskyste soutenu par le parti communiste qui admire d’Hugo Chavez et veut réduire la durée du travail à 32 heures ». Foreign Policy relève que « les socialistes sont en train de perdre face à un communiste », qui « alimente l’intense nostalgie de la gauche d’avant-garde ». « Les socialistes sont attaqués de trois directions : le centre de Macron, l’extrême gauche et l’extrême droite, qui séduit les ouvriers », analyse le site. La percée du leader de la France insoumise inquiète surtout les sites à dominance économique. Financial Review y va carrément et titre sur « le scénario cauchemar : Le Pen vs Mélenchon ». « Les investisseurs feraient face à un choix indigeste : Mme Le Pen veut ressusciter le franc. Mr Mélenchon veut un salaire maximum, une semaine de 32 heures, la retraite à 60 ans, quitter l’Otan et renégocier les traités européens. », « Les risques » pour l’économie « montent » avec une élection « imprévisible » et « ce fan d’Hugo Chavez et Fidel Castro ». L’article cite une note du banquier anglais Bill Blain à ses clients : en cas de second tour Mélenchon-Le Pen, « la France aurait un choix binaire entre un communisme rétrograde et un fascisme décomplexé ».

La presse étrangère condamne Fillon

La presse étrangère condamne Fillon

« François Fillon, le candidat de centre droit, a juré, sur un ton de défi, de rester en course à la présidence de la république, écrit le quotidien américain New York TimesDans n’importe quel autre pays, la menace pesant sur François Fillon aurait probablement mis un terme à sa campagne. Mais en France avoir des problèmes avec la justice, même de sérieux problèmes, est rarement synonyme d’une fin de carrière politique, même si les électeurs semblent – dans les sondages en tout cas – montrer une tolérance moindre que par le passé envers ceux qui aspirent aux plus hautes fonctions. » Le quotidien américain Washington Post emploi sensiblement les mêmes termes, évoquant l’attitude pleine de défi du candidat. Le quotidien le décrit comme le parangon du « catholicisme traditionnel dans un pays confronté à des questionnements identitaires »« Si le népotisme est une pratique commune dans le monde politique français », les accusations concernant le salaire de Penelope Fillon ont « sapé l’autorité morale du candidat »« Le scandale frappe Fillon là où ça fait mal : parmi les électeurs des campagnes et les ruraux qui l’ont soutenu dès les débuts de sa campagne. » Pour le quotidien britannique The Guardian« François Fillon a utilisé sa dernière carte » en accusant l’Etat « d’assassinat politique »« Celui qui se présentait comme un Monsieur Propre intègre, se retrouve au cœur d’une enquête pour détournement de fonds publics. » C’est aussi son style de campagne qui change : « Au cours des derniers jours, il a évité à tout prix d’aller à la rencontre du public, se repliant sur des réunions à huis clos ou des tables rondes avec un public sélectionné, ne voyageant plus en train mais en voiture particulière. » Le Guardian le présente comme un « candidat sur la défensive » et jusque dans sa « circonscription parisienne, ses électeurs considèrent que la campagne est terriblement compliquée ». Pour le quotidien espagnol El Pais« la fuite en avant de mercredi de François Fillon s’est traduite en un suicide collectif dans ses rangs », dû à « l’odeur d’une humiliante défaite électorale de la droite ». Le quotidien espagnol conclut que « sauf miracle, la droite ne sera pas représentée au second tour de l’élection présidentielle. Chose inédite durant la Ve République », après avoir souligné que Les Républicains « n’ont pas de plan B », car « toute alternative ouvrirait une guerre interne à cinquante jours des élections ». Le quotidien de droite espagnol El Mundo, de son côté, tranche : « La droite française implose en pleine campagne. » Il estime qu’une « partie de l’électorat conservateur commence à se rapprocher de Marine Le Pen » et souligne que l’orientation « anti-institutionnelle et populiste » de M. Fillon « épouvante les modérés ». Le quotidien italien Corriere della Sera est à peine plus tendre et place l’élection entre un roman de Balzac et une série télévisée : « Un peu Comédie humaine, un peu “House of Cards”. » Et d’ajouter : « Pour la première fois, les deux forces constitutives de la Ve République sont peu susceptibles d’être représentées sur les bulletins de vote pour l’Elysée. La gauche s’est déjà suicidée en supprimant le président [François] Hollande et le premier ministre Manuel Valls. Elle est divisée entre deux candidats radicaux, MM. Hamon et Mélenchon, actuellement quatrième et cinquième dans les sondages. Mais la droite a franchi une autre étape vers l’abîme : François Fillon, vainqueur surprise de la primaire, déjà considéré comme le président élu, est sur le point d’être mis en examen pour avoir payé un million d’euros de fonds publics pour l’emploi fictif de sa femme. » Pour le quotidien allemand Die Welt, la conférence de presse de mercredi a marqué le moment « trumpien » de M. Fillon, où il a « embrassé la théorie du complot », accusant « pêle-mêle la justice et les médias ». Plus loin le quotidien rappelle que c’est avec son « image de Monsieur Propre » que Fillon a vaincu « l’image de parvenu de Nicolas Sarkozy ». Par ses déclarations, « le candidat conservateur se place au-dessus de la justice » alors que « sa promesse d’intégrité morale était son argument de campagne le plus convaincant ».Pour l’hebdomadaire britannique The Economist, l’élection présidentielle française pourrait « relancer ou mettre à terre l’Union européenne ». Pour l’hebdomadaire, le fait que « l’ancien affrontement entre la gauche et la droite » soit en passe d’être remplacé par le face-à-face entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron est porteur de réelles menaces, entre les tenants « d’un monde ouvert et ceux d’un monde fermé », « la France ouverte ou la France forteresse ».Au Brésil, où la quasi-intégralité de la classe politique est mouillée dans les affaires de corruption, les déboires judiciaires de François Fillon auraient pu paraître banals. Pourtant, ils choquent. Dans le quotidien conservateur Estado de Sao Paulo, l’éditorialiste Gilles Lapouge s’offusque, le 2 mars, de la réaction du candidat de « la droite classique » qui, devant les télévisions dénonce un « assassinat politique »« Mon Dieu, un assassinat ? », raille-t-il, rappelant que M. Fillon ne tient pas sa promesse (retirer sa candidature en cas de mise en examen) et n’expliquant « tant de délires » que par le « tout ou rien » du Sarthois, prêt à risquer l’échec de la droite. Le quotidien O Globo du même jour revient sur les défections des alliés de François Fillon, présenté comme l’une des rares personnes capables de battre le Front national. La Folha de Sao Paulo rappelle, de son côté, que le candidat Les Républicains s’était jusqu’ici présenté comme un politicien honnête, soulignant l’avance dans les sondages de Marine Le Pen, à la campagne marquée par la « xénophobie ».

(Le Monde)

Elections 2017 : « le choix entre un corrompu et une démagogue » (presse étrangère)

Elections 2017 : « le choix entre un corrompu et une démagogue » (presse étrangère)

 

 «Choisir entre un corrompu sans charisme et une démagogue charismatique», indique le journal espagnol « El Periódico », selon lequel François Fillon « sent le cadavre politique ». Emmanuel Macron intéresse. « Son programme combine valeurs de gauche et mesures libérales. Un intéressant cocktail pour qui joue le piano comme Sam dans « Casablanca » », relève « La Vanguardia ».  La presse étrangère est toujours aussi sévère vis-à-vis de François Fillon et de la classe politique française. Après la conférence de presse de l’ancien Premier ministre,  beaucoup ont cependant salué la prestation de François Fillon qui a réussi un extraordinaire numéro de claquettes pour écraser toute velléité de contestation dans son camp sans pour autant apporter la moindre preuve susceptible de le disculper. « Chapeau l’artiste » a dit un correspondant étranger. Mais pour la presse étrangère, une affaire Fillon serait impossible dans nombre de pays. «C’est à la fois très amusant et très intéressant, témoigne Nicole, journaliste à la chaîne allemande ARD. Une affaire d’une telle ampleur n’aurait pas été envisageable en Allemagne. Le candidat aurait dû se retirer immédiatement à la demande du parti.» Et la journaliste de citer le cas de l’ancien président, Christian Wulff, qui avait dû démissionner en 2012 pour un prêt de 500.000 euros contracté auprès de la femme d’un homme d’affaires. «En Allemagne, les salaires des hommes politiques sont plus modestes. Là, on parle de près d’un million d’euros quand même», renchérit un concurrent de Nicole, qui travaille pour la chaîne ZDF. En Grande-Bretagne, l’épisode est vu comme étant symptomatique de la classe politique française, régulièrement empêtrée dans des affaires de ce type. «Chez nous, il est interdit depuis quelques années d’employer sa famille en tant que parlementaire. Jusque-là, on n’avait pas traité cette affaire, mais là on attend de voir ce qu’il va dire parce qu’il était quand même le favori. C’est une catastrophe pour lui», témoigne la correspondante à Paris de la chaîne ITV News. La presse anglaise juge régulièrement que ce type de scandale est «totalement normal en France», jugeait The Independant . Pour le Daily Telegraph sept de conférence de Fillon et » un magnifique écran de fumée.”  Comme le quotidien britannique conservateur, nombreux sont les journaux étrangers à s’interroger aussi sur le fond de l’affaire. Ainsi, The Times estime que “sa posture combative a été perçue comme une tentative désespérée pour sauver sa candidature après deux semaines de scandale qui l’ont conduit de grand favori pour la présidentielle à la troisième place”. Le journal suisse Le Temps a, lui, admiré la stratégie mise en place par l’équipe de François Fillon : Le présidentiable du camp conservateur a fait d’une pierre trois coups, éliminant définitivement tous ceux qui auraient pu songer à se présenter à sa place, mettant les médias au pied du mur en répétant qu’il ne sera pas candidat s’il est mis en examen, et affirmant qu’il a ‘la certitude qu’aucune décision de justice ne viendra désormais perturber son parcours’. La posture est béton.” “Fillon se voit comme l’homme chassé, il ne montre aucun signe d’une prise de conscience”, estime de son côté le journal allemand Zeit Online. The New York Times a également remarqué que, “de manière répétée, M. Fillon a exprimé son mépris et sa colère contre les médias”.  Pour le quotidien espagnol La Vanguardia, l’exposé de François Fillon est la preuve qu’en France, “on peut expier ses péchés grâce à la confession, mais cela laisse des traces” The Daily Telegraph  conclut sur un sentiment partagé par de nombreux médias étrangers « Le problème (de Fillon) est qu’il décrit sa campagne comme une rupture avec le passé. Mais ce genre de scandale ne représente en rien cette intention. Au contraire, c’est juste une illustration supplémentaire de ce refrain bien connu : une règle pour l’élite, une autre pour le reste de la population. »” 

Fillon : « chapeau l’artiste ! » (Presse étrangère )

Fillon : « chapeau l’artiste ! » (Presse étrangère )

 

La presse étrangère est toujours aussi sévère vis-à-vis de François Fillon et de la classe politique française. Après la conférence de presse de l’ancien Premier ministre,  beaucoup ont cependant salué la prestation de François Fillon qui a réussi un extraordinaire numéro de claquettes pour écraser toute velléité de contestation dans son camp sans pour autant apporter la moindre preuve susceptible de le disculper. « Chapeau l’artiste » a dit un correspondant étranger. Mais pour la presse étrangère, une affaire Fillon serait impossible dans nombre de pays. «C’est à la fois très amusant et très intéressant, témoigne Nicole, journaliste à la chaîne allemande ARD. Une affaire d’une telle ampleur n’aurait pas été envisageable en Allemagne. Le candidat aurait dû se retirer immédiatement à la demande du parti.» Et la journaliste de citer le cas de l’ancien président, Christian Wulff, qui avait dû démissionner en 2012 pour un prêt de 500.000 euros contracté auprès de la femme d’un homme d’affaires. «En Allemagne, les salaires des hommes politiques sont plus modestes. Là, on parle de près d’un million d’euros quand même», renchérit un concurrent de Nicole, qui travaille pour la chaîne ZDF. En Grande-Bretagne, l’épisode est vu comme étant symptomatique de la classe politique française, régulièrement empêtrée dans des affaires de ce type. «Chez nous, il est interdit depuis quelques années d’employer sa famille en tant que parlementaire. Jusque-là, on n’avait pas traité cette affaire, mais là on attend de voir ce qu’il va dire parce qu’il était quand même le favori. C’est une catastrophe pour lui», témoigne la correspondante à Paris de la chaîne ITV News. La presse anglaise juge régulièrement que ce type de scandale est «totalement normal en France», jugeait The Independant . Pour le Daily Telegraph sept de conférence de Fillon et » un magnifique écran de fumée.”  Comme le quotidien britannique conservateur, nombreux sont les journaux étrangers à s’interroger aussi sur le fond de l’affaire. Ainsi, The Times estime que “sa posture combative a été perçue comme une tentative désespérée pour sauver sa candidature après deux semaines de scandale qui l’ont conduit de grand favori pour la présidentielle à la troisième place”. Le journal suisse Le Temps a, lui, admiré la stratégie mise en place par l’équipe de François Fillon : Le présidentiable du camp conservateur a fait d’une pierre trois coups, éliminant définitivement tous ceux qui auraient pu songer à se présenter à sa place, mettant les médias au pied du mur en répétant qu’il ne sera pas candidat s’il est mis en examen, et affirmant qu’il a ‘la certitude qu’aucune décision de justice ne viendra désormais perturber son parcours’. La posture est béton.” “Fillon se voit comme l’homme chassé, il ne montre aucun signe d’une prise de conscience”, estime de son côté le journal allemand Zeit Online. The New York Times a également remarqué que, “de manière répétée, M. Fillon a exprimé son mépris et sa colère contre les médias”.  Pour le quotidien espagnol La Vanguardia, l’exposé de François Fillon est la preuve qu’en France, “on peut expier ses péchés grâce à la confession, mais cela laisse des traces” The Daily Telegraph  conclut sur un sentiment partagé par de nombreux médias étrangers « Le problème (de Fillon) est qu’il décrit sa campagne comme une rupture avec le passé. Mais ce genre de scandale ne représente en rien cette intention. Au contraire, c’est juste une illustration supplémentaire de ce refrain bien connu : une règle pour l’élite, une autre pour le reste de la population. »” 

 

Fillon «un cadavre politique» (presse étrangère)

Fillon «un cadavre politique» (presse étrangère)

La presse étrangère condamne avec une grande sévérité les déviances financières de François Fillon tout autant que son système de défense pathétique au point que certains observateurs étrangers considèrent l’ancien ministre comme un cadavre politique. À l’étranger, on s’étonne surtout de l’indulgence des électeurs à l’égard de la corruption des politiciens français. Le journal en ligne espagnol El Confidencial«François Fillon vit des heures d’agonie», les informations dévoilées par les médias ayant «transformé l’ancien favori en boulet pour son camp»El Periódico, publié à Barcelone, note que le «catholique ultralibéral thatchérien» Fillon «sent le cadavre politique». Commentant les déboires du candidat de droite, le correspondant à Paris Ramón Lobo s’étonne : «La situation est si peu française qu’elle paraît espagnole : le concerné refuse de partir, dénonce une conspiration, qualifie les informations de misogynes mais défend à sa femme de s’expliquer.» Dans les journaux italiens, le constat est similaire. L’affaire a ruiné la carrière de Fillon, et Il Corriere della Sera décrit Penelope Fillon comme «la femme emportée par son mari asua insaputa [à son insu].» L’expression est souvent utilisée pour tourner en dérision la ligne de défense adoptée par des politiciens accusés de corruption. A l’opposé, le quotidien d’inspiration conservatrice et libérale Il Foglio juge François Fillon «victime du « giustizialismo »», soit la condamnation par l’opinion publique avant la sentence d’un tribunal. Au Royaume-Uni, le Guardian a donné la parole à Kim Willsher, la journaliste qui a mené la fameuse interview de Penelope Fillon, en 2007, pour le Telegraph. L’assertion «Je n’ai jamais été son assistante ou quoi que ce soit qui y ressemble» est un «smoking gun» pour la rédactrice : un «pistolet fumant», c’est-à-dire une preuve accablante. En Allemagne, l’hebdomadaire Der Spiegel trace un avenir bien sombre à François Fillon : «Leur tentative, avec sa femme, de se présenter comme les victimes d’un complot de la gauche a complètement échoué.» De son côté, Richard Werly, au Temps, en Suisse, s’insurge des attaques du candidat français contre le «tribunal médiatique». L’éditorialiste justifie le traitement accordé par la presse aux frasques financières de Fillon par son «incompréhension […] totale. Incompréhension devant le caractère systématique des emplois familiaux au sein du clan Fillon. Incompréhension devant le fait que ces pratiques – légales – soient si répandues au sein du Parlement français. Incompréhension devant ce flou persistant qui existe en France entre argent et politique.» Dans la revue américaine Foreign Policy, Robert Zaretsky va jusqu’à questionner : «Pourquoi la France est-elle si corrompue ?» Reprenant la phrase du candidat Fillon à la primaire «Qui imagine le général de Gaulle mis en examen ?», l’historien statue : «Maintenant que les enquêteurs financiers ont entamé leurs recherches sur l’affaire Fillon, le général semble plus seul que jamais.» Et d’ajouter qu’«u ne chose apparaît clairement : grâce au Penelopegate, une vieille tradition française semble destinée à se perpétuer». Enfin, la Libre Belgique choisit la dérision : «Le détournement de centaines de milliers d’euros d’argent public n’est pas drôle. […] En revanche, les explications fournies par le futur ancien candidat nous ont fait rire aux larmes.» Au moment où la candidature de l’ancien Premier ministre est remise en cause jusque dans son camp, les médias étrangers soulignent la multiplication des affaires dans l’Hexagone et s’étonnent de l’indulgence des électeurs. L’Orient le Jour (Liban). Pour le quotidien, L’Orient le Jour l’affaire Fillon pourrait «finir façon Dominique Strauss-Kahn en 2012 ou façon Lionel Jospin en 2002». Peu confiant sur l’avenir politique de l’ancien Premier ministre, l’Orient le Jour souligne le climat de défiance dans lequel survient cette affaire. François Fillon s’est distingué de ses adversaires en faisant valoir sa probité. «Son « qui imagine le général de Gaulle mis en examen ? »» avait marqué les esprits et «est resté dans toutes les têtes», écrit le journal, qui ajoute que «sur le plan moral, le PenelopeGate semble difficilement défendable». The Independent (Royaume-Uni). La corruption «is busines as usual» («la routine habituelle») dans la vie politique française. C’est la conclusion que tire The Independent. Le quotidien en ligne britannique rappelle l’affaire des emplois fictifs de Jacques Chirac et s’étonne qu’«Alain Juppé était un candidat extrêmement populaire malgré le fait qu’il ait été condamné». Et de dérouler une liste non exhaustive des politiciens français et d’affaires. «Le fait est que l’enrichissement personnel s’est institutionnalisé», analyse le média. Sans concession. Le Temps (Suisse). Selon le quotidien genevois, l’affaire révèle le rapport difficile qu’entretient «la droite française avec la justice». L’affaire Bygmalion ou l’utilisation des fonds secrets par Claude Guéant alors ministre de l’Intérieur en sont des exemples. Le Temps souligne aussi la solitude dans laquelle se retrouve François Fillon. D’autant que «la plupart des ténors du camp conservateur n’ont pas digéré sa victoire». La tempête médiatique dans laquelle Fillon a «rouvert la foire aux ambitions» à droite. Foreign Policy (Etats-Unis). «Pourquoi la France est-elle si corrompue ?» s’interroge Foreign Policy. Pour y répondre, ils remontent aux fondations de la Ve République et imputent ces dérives à notre système qualifié de «République monarchique». Le magazine américain retrace les grandes affaires qui ont émaillé la vie politique française, des diamants de Bokassa aux soupçons de financement libyen illicite de la campagne présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy. Comme ils le rappellent, «trois quarts des Français croient que les députés sont corrompus», selon un sondage commandé par Transparency International. Un climat de défiance «qui fait le jeu du Front national». Ils relèvent toutefois la création de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, instiguée par loi Sapin II. La Libre Belgique. Pour le quotidien, François Bayrou pourrait remplacer François Fillon, «mais pas encore», titre-t-il. La Libre Belgique s’appuie sur l’interview télévisée du président du Modem, où il déclarait vouloir «faire ce qu’il faut pour que la France s’en sorte». Pour le journal belge, «la porte Fillon est fermée», mais il reste «l’hypothèse Emmanuel Macron»Die Zeit (Allemagne). L’hebdomadaire allemand relate les déboires du «M. Propre» français. Die Zeit continue en assénant entre autres que «pour beaucoup, Penelope Fillon était déjà vue comme la future première dame : elle apparaissait non pas comme une collaboratrice politique mais comme une épouse sage et traditionnelle, qui s’occupe des enfants et des chevaux, sans rapport avec la politique». Pour ce média, c’est une affaire qui ne tombe pas au très bon moment : «Cette semaine, il voulait briller sur la scène internationale, en rendant visite à la chancelière allemande Angela Merkel à Berlin et en demandant la fin des sanctions contre la Russie. Mais soudainement, on ne lui pose plus que cette unique question : qu’a fabriqué son épouse pendant toutes ces années ?» The New York Times (Etats-Unis). Le journal annonce d’entrée la couleur avec son titre : «Le scandale Fillon incrimine avant tout l’ensemble de l’élite politique française». Avant d’attaquer : «Le président de l’Assemblée nationale le fait, le président du Sénat le revendique, des douzaines de parlementaires le font également. Embaucher son épouse, sa sœur ou son enfant au Parlement français est parfaitement légal.» Et de poursuivre en constatant que «beaucoup de politiciens français se demandent donc où est le problème». Selon lui, la réponse qui serait revenue dans un «rugissement populo-médiatique» est tout simplement qu’«ils [les hommes politiques français, ndlr] ne peuvent pas comprendre». De plus, le journaliste considère la volonté de François Fillon de rester en course comme une preuve que «la classe politique française a progressivement été gangrenée et que qu’aucun de ses remplaçants potentiels n’est blanc comme neige».

Fillon : la presse étrangère pour une démission immédiate

Fillon : la presse étrangère pour une démission immédiate

La presse étrangère juge avec une très grande sévérité l’affaire Fillon. Au-delà elle estime que les responsables français jouissent d’une scandaleuse impunité. Pour la presse étrangère, dans la plupart des autres pays la démission aurait été immédiate. D’une certaine manière, cette affaire porte gravement préjudice à l’image de la France et Fillon finira par démissionner. Son programme de redressement n’est plus crédible au regard de ses propres malversations. De nombreux titres de presse s’étonnent que François Fillon maintienne sa candidature à la présidentielle malgré les accusations de fraudes qui l’éclaboussent. « Alors qu’il était jusque-là considéré comme l’homme intègre de la politique française, François Fillon, candidat conservateur et favori pour l’élection présidentielle connaît désormais son premier vrai scandale », explique l’hebdomadaire allemand Die Zeit. Alors que Penelope Fillon est soupçonnée d’avoir bénéficié d’emplois fictifs pour lesquels elle aurait perçu une rémunération de 831 440 euros bruts, le New York Times avance que « ces allégations sont particulièrement préjudiciables à François Fillon étant donné qu’il s’est engagé à réduire les dépenses inutiles et s’est façonné une image de politicien sévère et honnête, et vierge de tout scandales de corruption, contrairement à certains de ses adversaires ». Pour le Guardian, quelle que soit la tournure que prendra l’affaire, la campagne de François Fillon est condamnée : « Même si Fillon prouve que sa femme a effectué le travail pour lequel elle a été rémunérée, le PenelopeGate pourrait se révéler être un long et lent poison pour sa campagne ». Par ailleurs, le quotidien britannique dénonce le manque de « morale » de la classe politique française :  » Pendant des décennies, la politique française est apparue comme un univers moral parallèle où les politiciens poursuivaient leurs mandats et prétendaient à des réélections sans être inquiétés dans les urnes par les enquêtes judiciaires en cours. Avec une défiance croissante vis-à-vis de la classe politique, cette époque pourrait arriver à son terme. » The Independent va encore plus loin, avançant que « la fraude est une habitude dans la politique française » et que « l’aisance avec laquelle des représentants élus peuvent écarter d’un revers de main des accusations bien étayées, selon lesquelles ils remplissent leurs poches avec de l’argent public, est véritablement stupéfiante ». Annastiina Heikkilä, correspondante de la télévision publique Yle, confirme : « Dans le contexte finlandais, le jugement et la sanction des médias et de l’opinion seraient sans doute plus sévères. Et la pression pour que François Fillon se retire de la course présidentielle serait plus grande. Notre culture politique est différente dans les pays nordiques : on est plus strict, les règles sont plus dures. » “Au Danemark, Fillon serait cuit depuis longtemps”, abonde Bjørn Willum, le correspondant à Paris de la Radio-télévision danoise. « C’était le premier candidat en France à promettre du sang, de la sueur et des larmes, et non des rêves. Son programme économique était crédible, avec la vision d’une France en faillite qui doit vite se redresser. Désormais, c’est en contradiction totale avec ses propres actes. Son programme ne tient plus la route. » Alors que François Fillon s’est dit victime d’un coup d’Etat institutionnel, le journal suisse Le Temps se demande « où est le lynchage alors que dans d’autres pays européens, la pression à sa démission aurait été immédiate ? ». Et pointe le flou dans lequel les citoyens français sont plongés : « François Fillon est-il cet homme affable, rassurant, déterminé qui a séduit 4 millions d’électeurs ? Ou ce hobereau de Sablé-sur-Sarthe en son manoir ? Un conservateur proche du peuple ou un profiteur de la République ? Difficile d’être encore audible. »

 

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