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Le danger de la politique étrangère du RN

Le danger de la politique étrangère du RN

 

Le projet électoral du Rassemblement national (RN), en position de force aux élections législatives anticipées de 2024, reste marqué par des positions autoritaires et nationalistes qui soulèvent de nombreuses controverses et inquiètent quant aux possibles conséquences de l’arrivée au pouvoir de ce parti d’extrême droite. Cependant, au cours de cet entre-deux tours, il est surprenant de constater la relative absence de débat autour des positions du parti dans le domaine de la politique étrangère et de sécurité. Comment interpréter ce vide relatif ? Il semble moins résulter d’un consensus réel entre le RN et les autres partis politiques dans le domaine de la politique étrangère que de stratégies électorales concomitantes. Le RN cherche actuellement à se donner une image de parti capable de gouverner afin de convaincre les électeurs de la droite conservatrice et libérale qu’aucun changement radical ne sera mis en œuvre en matière de politique étrangère. De son côté, le camp présidentiel se présente comme garant d’une politique pro-européenne et libérale.

 

par 

Maître de conférences en science politique, Sciences Po Lille dans The Conversation 

L’une des idées reçues sur la politique étrangère française s’appuie sur la présomption de son caractère dépolitisé et consensuel. Selon la coutume constitutionnelle, elle ferait partie du « domaine réservé » de la présidence et serait placée en dehors des jeux électoraux. C’est ce qui aurait permis une grande continuité dans les politiques menées par les différents présidents, de Charles de Gaulle jusqu’à Emmanuel Macron en passant par François Mitterrand.

Dans les années 1970, le ralliement du Parti socialiste et du Parti communiste à la doctrine de la « force de frappe » établie par Charles de Gaulle aurait permis d’établir un « consensus nucléaire » qui transcenderait les clivages idéologiques et sociaux de la vie politique française. Cette doctrine donne au président l’autorité d’autoriser le recours aux armes nucléaires en cas de menace directe contre les intérêts vitaux de la France.

Les changements opérés par rapport aux lignes politiques du président de Gaulle, avant tout le retour dans le commandement intégré de l’OTAN en 2009 et le soutien à une supranationalisation lente au sein de l’Union européenne, autrement dit un partage sélectif et progressif de compétences politiques au niveau européen, sont interprétés plutôt comme un résultat des changements structurels – la fin de la guerre froide et la perte de puissance relative de la France dans le système international – que comme une conséquence de l’évolution des rapports de force électoraux.

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Cependant, même une analyse superficielle des débats politiques en France depuis 1990 révèle que les enjeux de la politique étrangère sont loin d’être entièrement dépolitisés.

Les référendums sur les traités européens ont mobilisé et divisé les différents camps politiques, facilitant ainsi en 2005 le rejet du projet de traité constitutionnel pour l’Europe. Les prises de position concernant les relations avec les anciennes colonies françaises, notamment avec l’Algérie, provoquent régulièrement des controverses.

Enfin, un effet secondaire des décisions présidentielles relatives à la participation à des interventions militaires a souvent été un changement dans leur cote de popularité électorale, par exemple lors du rejet d’une participation française à l’invasion états-unienne de l’Irak en 2003 mais aussi après la décision du président Hollande de « sauver » le Mali d’une offensive djihadiste en 2013.

Dans le passé, le FN/RN a souvent participé à cette politisation de la politique étrangère pour mobiliser son électorat, notamment sur les questions européennes et transatlantiques. Dans les années 1980, le parti se présentait ainsi comme fervent défenseur d’une fédéralisation de l’espace politique européen comme rempart contre le marxisme.

Cette position s’est transformée en opposition contre l’intégration européenne dans les années 1990, à une époque où la plupart des autres partis soutenaient le Traité de Maastricht et l’introduction de la monnaie unique.

Durant les années 2000, le parti se positionnait encore plus comme défenseur d’une conception de la souveraineté nationale en soutenant que les capacités d’action nationales devraient primer sur la coopération bilatérale et multilatérale (à travers les organisations internationales). Cette conception a été symbolisée en 2012 par la proposition d’un « ministère des Souverainetés »).

Prônant une sortie de la monnaie européenne et de l’espace Schengen, mais aussi une potentielle sortie de l’énergie nucléaire qui aurait provoqué un coup d’arrêt à l’ambition de développer des capacités de dissuasion nucléaire françaises indépendantes, le FN cherchait ainsi à faire appel à la fois au nationalisme suprématiste de l’extrême droite « traditionnelle », et aux idées souverainistes de certains représentants gaullistes opposés au Traité de Maastricht.

Au lieu de la continuité de l’alliance transatlantique, le Front national se prononçait en faveur d’un rapprochement avec la Russie. De plus, encore en 2009, Jean-Marie Le Pen était l’un des plus fervents critiques de la politique israélienne envers les territoires palestiniens, jugeant que la bande de Gaza était « un véritable ghetto, un camp de concentration ».

Vingt ans plus tard, la plupart de ces positionnements se sont effacés dans les discours du programme et des leaders du RN.

Dans la période parlementaire qui se termine avec les élections anticipées de 2024, le groupe du RN n’a déposé qu’une seule proposition de loi, celle d’une constitutionnalisation de l’armé nucléaire, mesure largement symbolique et peu discutée dans les médias.

Ni la sortie de l’euro, ni celle de l’espace Schengen, ni même celle du commandement intégré de l’OTAN ne sont plus revendiquées. Le RN condamne publiquement l’invasion russe de l’Ukraine et approuve les mesures de soutien à Kiev, rejetant seulement l’envoi éventuel de troupes françaises sur le sol ukrainien et de missiles de longue portée.

Enfin, dans le conflit à Gaza, Marine Le Pen a positionné son parti en soutien inconditionnel au gouvernement d’Israël, argumentant que « la lutte contre l’hydre islamiste, que ce soit en Israël ou en France, est un enjeu majeur pour notre époque ».

Ces changements de position peuvent être perçus comme une conséquence de la politisation de la politique étrangère par Emmanuel Macron. En effet, le camp présidentiel se focalise justement sur une stratégie de communication électorale mettant l’accent sur l’importance de préserver la politique étrangère française contre la montée « des extrêmes », identifiée à la fois à gauche avec La France insoumise et à droite avec le Rassemblement national.

Plus que la nature raciste et autoritaire du parti, la communication du camp présidentiel met en avant les dangers que ferait peser l’accession du RN au pouvoir sur la stabilité économique et l’influence politique de la France au sein de l’UE.

L’objectif du Rassemblement national est désormais l’unification de deux électorats traditionnellement séparés par le « cordon sanitaire », à savoir celui des soutiens à l’extrême droite et celui de la droite traditionnelle, toujours en faveur d’une politique étrangère pro-occidentale et pro-européenne, mais de plus en plus séduite par le RN par les questions « identitaires ».

Gagner les voix de ce dernier électorat, généralement à l’aise avec les principes du libéralisme commercial et des traités européens, semble ainsi passer par l’effacement des positions radicales en matière de politique étrangère, notamment dans les domaines européen et transatlantique.

Le seul « survivant » des positions radicales du RN est une orientation déjà défendue par d’autres partis de la droite : la volonté de refonder les relations avec l’Algérie en mettant l’accent sur la fin de la « repentance » et la diminution de l’immigration.

Face au constat du caractère opportuniste de l’évolution des positions du FN/RN en matière de politique étrangère, il semble difficile de prédire ses orientations futures. En cas d’accession au pouvoir, on peut s’attendre à ce que son discours superficiellement souverainiste laisse la place à des coalitions, tant que celles-ci permettent de stabiliser sa mainmise politique et médiatique sur la société. Les dirigeants du RN suivraient ainsi les exemples déjà pratiqués en Turquie, en Hongrie ou plus récemment en Italie par le gouvernement Meloni.

Politique étrangère de la France: vers le chaos

Politique étrangère de la France: vers le chaos

À l’heure où ces lignes sont écrites, la dissolution de l’Assemblée nationale par le président de la République au soir du résultat des élections européennes peut déboucher sur de multiples scénarios. Les trois plus probables sont une majorité absolue pour le Rassemblement national (RN), une majorité relative pour ce même parti, ou une avance du Nouveau Front populaire (NFP) sans majorité absolue. Les sondages peuvent se tromper. Mais dans les trois cas évoqués ci-dessus, le président devra travailler avec un nouveau premier ministre, dans des conditions nouvelles par rapport à ce qu’il a connu depuis son arrivée à l’Élysée en 2017. Une quatrième cohabitation est donc possible. Une crise politique faute de majorité dans une Assemblée introuvable, aussi. Et même un refus du camp arrivé en tête d’assumer le pouvoir et d’occuper l’Hôtel Matignon (Jordan Bardella, président du RN, l’a laissé entendre au cours de la campagne électorale). Dans un monde marqué par une insécurité croissante (guerre ukrainienne, situation au Proche-Orient, menaces sur Taïwan…) et par des urgences globales (réchauffement climatique, craintes financières, dossiers environnementaux ou migratoires…), le risque de paralysie française – car il s’agit bien de cela – tombe au mauvais moment.

 

par , professeur de science politique, Université Clermont Auvergne (UCA) dans The Conversation

La Ve République a déjà connu trois cohabitations : quelles leçons en tirer ? D’autres pays ont continué d’exister sur la scène mondiale en dépit de longs blocages institutionnels : comment ont-ils traversé cette épreuve ? Les drames du monde n’attendront pas la France pour continuer leur trajectoire : comment les prochains dirigeants français les aborderont-ils ?

La défaite du Parti socialiste du président François Mitterrand aux élections législatives de 1986 fut une première pour la Constitution imaginée par le général de Gaulle. En installant Jacques Chirac à Matignon, et avec lui un gouvernement de droite pour travailler avec un président de gauche, les électeurs ont mis les deux hommes comme les institutions à l’épreuve.

Les escarmouches furent nombreuses. La double présence du président et du premier ministre au sommet du G7 à Tokyo en mai 1986 donna lieu à un casse-tête protocolaire, et accessoirement à une photo baroque, sur laquelle Jacques Chirac figurait, mais légèrement à l’écart des autres chefs d’État et de gouvernement. La France affichait sa singularité, pas nécessairement pour le meilleur. La guerre de la course à l’information entre le Palais de l’Élysée et le quai d’Orsay fit rage, chacun souhaitant obtenir les éléments d’actualité internationale avant l’autre.

On retient plusieurs leçons de cette première cohabitation. En premier lieu, malgré les obstacles, la France ne disparut pas du monde. Un ministre de consensus, Jean-Bernard Raymond, proche de Jacques Chirac mais peu politique et surtout diplomate chevronné, pilota la diplomatie française pendant deux ans, avec des dossiers difficiles, comme les suites de l’affaire du Rainbow Warrior (sabotage d’un navire écologiste par les services français en 1985 dans un port néo-zélandais).

Ensuite, les institutions ne tranchent pas sur la conduite à suivre en matière de politique extérieure. Le président et le premier ministre ont des prérogatives propres. Le président assure le fonctionnement des pouvoirs publics, il est garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire et du respect des traités (article 5), il accrédite les ambassadeurs (article 14). Il est le chef des armées (article 15). Mais le premier ministre et son gouvernement déterminent et conduisent la politique de la nation (article 20). Il n’y a donc pas de « domaine réservé » qui tienne. Tout se joue dans la pratique, et dans la volonté des protagonistes de protéger les intérêts du pays, ou au contraire de s’entredéchirer au vu et au su du reste du monde.

Second septennat, seconde défaite législative du président Mitterrand, et deuxième cohabitation, de 1993 à 1995. L’affrontement ne se déroule plus entre le président, malade et qui ne se représentera pas, et son premier ministre. Mais entre ce dernier, Édouard Balladur, et son rival du même parti, Jacques Chirac. Le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, doit être loyal envers le premier ministre, envers le président et envers l’intérêt national, tout en restant fidèle à Jacques Chirac. Exercice difficile.

La bataille à droite génère rivalités, coups bas et interventions d’autres ministres dans le champ international en vue de l’élection présidentielle (comme Charles Pasqua, ministre de l’Intérieur et passé au camp balladurien, lors de la prise d’otages de l’Airbus d’Air France en décembre 1994). Une nouvelle fois, le bateau France reste à la surface, mais tangue plusieurs fois en raison des rivalités politiciennes. Des discussions lourdes ont lieu sur des dossiers difficiles, comme l’opération française Turquoise au Rwanda (juin-août1994), mais le public ne le saura que bien plus tard. Le couple exécutif a fonctionné ; la retenue des ministres et des appareils avant l’élection présidentielle, un peu moins.

1997 : Jacques Chirac décide de dissoudre après deux ans à l’Élysée, et quatre ans d’exercice pour l’Assemblée. Il perd les élections et, disposant encore d’un septennat, doit se résoudre à cinq années de cohabitation avec un gouvernement de gauche mené par Lionel Jospin.

Comme en 1986, les deux hommes sont les futurs rivaux pour la prochaine élection présidentielle. Comme en 2024, l’élection ne se déroule pas à la date prévue, mais sur initiative présidentielle. Une fois de plus, la France tient sa place dans le monde, malgré des anicroches : en 2000, le premier ministre juge publiquement que le discours du président sur l’avenir de l’Europe n’engage que lui, et le président tance publiquement le premier ministre sur sa position à propos du Hezbollah libanais. Mais le ministre des Affaires étrangères, Hubert Védrine, a la confiance des deux hommes, de l’appareil diplomatique, et de l’opinion. Il tient la barre. Avec Alain Juppé, il reste l’un des ministres les plus respectés de la période contemporaine.

Dix jours après les attentats du 11 Septembre, Lionel Jospin, Jacques Chirac et Hubert Védrine ont su parler d’une seule voix pour apporter le soutien de la France aux États-Unis. Christian Lambiotte/Communauté européenne, CC BY-NC

Chaque fois, la France a tenu son rang dans le monde, malgré des dissensions internes. Chaque fois, les acteurs partageaient plus ou moins la même conception du rôle du pays dans le monde, des alliances et des intérêts nationaux. Chaque fois, le ministre nommé aux Affaires étrangères a accompli sa mission dans le sens de ces intérêts nationaux. Chaque fois, le président est resté omniprésent sur la scène internationale. Chaque fois, le premier ministre de cohabitation fut battu aux élections suivantes.

Mais peut-être est-ce autre chose qu’une cohabitation qui nous attend.

Si aucune majorité ne se dégage, si aucun gouvernement possible n’obtient la confiance ou ne survit aux motions de censure, si le parti arrivé en tête refuse d’assumer le pouvoir en raison de calculs politiques, alors la question posée sera non plus de savoir si les acteurs peuvent s’entendre (ils ne se seront pas entendus), mais si le pays peut encore naviguer à l’international dans ces conditions.

Cette situation est arrivée à plusieurs États. Écartons les cas extrêmes : pays en guerre ou en période post-révolutionnaire (l’Iran de 1979 par exemple), forte instabilité (guerre civile, sécession, tensions récurrentes comme au Liban, ou en Irak, sans gouvernement pendant 290 jours en 2011). Excluons aussi le cas des gouvernements locaux (l’Irlande du Nord, restée sans gouvernement en 2018).

Parmi les démocraties contemporaines, deux exemples viennent à l’esprit. Celui de la Belgique, qui connut presque 200 jours sans gouvernement après les élections de juin 2007, puis à nouveau entre 2008 et 2011. L’autre exemple, différent, est celui du blocage politique provoqué aux États-Unis par la procédure du « shutdown », ou « arrêt des activités gouvernementales » de l’administration en cas d’absence d’accord sur le budget au Congrès. Une situation fréquente, vécue 21 fois depuis 1976, notamment en 2018 sous l’administration Trump.

Si le pays a survécu, son influence à l’extérieur s’en est trouvée diminuée. En premier lieu, l’image d’un pays en crise politique nuit à la crédibilité.

Fonctionnant (comme en Belgique) avec des gouvernements qui traitent les affaires courantes, il est difficile pour l’État de se projeter dans l’avenir et de préparer les grandes échéances. Les dirigeants sont considérés comme provisoires, ce qui ne renforce pas leur parole. Faute de projet clairement identifié, les arrière-pensées politiciennes prennent le pas sur les considérations d’intérêt national dans une gestion au jour le jour. Le processus décisionnel lui-même se trouve entravé par des guerres de tranchées entre acteurs rivaux, jusqu’à interrompre l’activité stratégique. Après le refus américain de frapper le régime de Damas en 2013, le président Obama souhaitait entamer une tournée en Asie pour rassurer les alliés des États-Unis, inquiets d’un manque apparent de détermination à Washington. Son voyage, prévu à un moment crucial des tensions internationales, a dû être annulé par le shutdown.

La France de 2024 court-elle les mêmes risques ? En principe, oui.

Dans une cohabitation dure, un gouvernement qui voudrait couper les crédits à l’Élysée, ou simplement proclamer systématiquement que la position du président n’engage que lui, aurait les moyens de le faire. Dans une crise gouvernementale (qui pourrait durer un an puisqu’aucune nouvelle dissolution ne peut être engagée dans cet intervalle), le président resterait le seul point de repère en tant qu’interlocuteur pour l’étranger… mais sans aucun moyen de faire suivre ses déclarations d’effets, puisque sans gouvernement durable ni majorité pour voter quoi que ce soit. La seule planche de salut résiderait dans le sens des responsabilités des acteurs, et dans leur souci de l’image du pays à l’étranger. Au vu du spectacle de ces dernières semaines, rien n’est acquis.

Quittons enfin la question du processus décisionnel pour aborder le contenu de la politique étrangère. Et commençons par un rappel. Depuis 1958 prévaut, tant bien que mal, ce que Hubert Védrine qualifie de « consensus gaullo-mitterrandien », c’est-à-dire une politique étrangère française partagée par la droite modérée comme par la gauche sociale-démocrate, toujours européenne, fidèle à l’Alliance atlantique même si elle sait se montrer critique, ouverte sur le Sud, et respectueuse d’une posture calquée sur le droit international au Proche-Orient : « Israël doit pouvoir vivre en sécurité, les Palestiniens ont le droit à un État ».

Pourtant, en 2017 comme en 2022, au premier tour des élections présidentielles, les candidats remettant en cause ces postures ont totalisé entre 55 % (2022) et 67 % (2017) des voix. Les deux tenants principaux de cette contestation de la doctrine, le RN et La France insoumise (LFI) sont aujourd’hui face à face, sinon seuls en piste du moins en passe de constituer les groupes parlementaires les plus importants.

Tous deux ont remis en question le fonctionnement actuel de l’Union européenne et l’appartenance française au commandement intégré de l’OTAN (voire à l’Alliance atlantique elle-même). Tous deux sont notoirement proches de Moscou, ont exprimé par le passé leur admiration pour Vladimir Poutine, et leur refus de s’engager aux côtés de l’Ukraine (et même, entre les lignes pour certains de leurs membres, leur souhait d’une victoire russe en Ukraine). La perspective d’une victoire de l’extrême droite a d’ailleurs récemment incité un collectif de diplomates à publier une tribune alertant sur les dangers liés à une éventuelle accession du RN aux responsabilités.

En cas d’Assemblée introuvable, les engagements internationaux de la France (y compris l’aide à l’Ukraine) seront remis en cause par l’incapacité de financer des actions ou de s’accorder sur elles. C’est le scénario dangereux de l’immobilisme. En cas de cohabitation, avec un Jordan Bardella à Matignon ou bien un membre de LFI, trois autres scénarios peuvent survenir.

Le premier est celui du compromis. Le nouveau gouvernement, sur le fond, est en désaccord avec la politique étrangère menée, mais préfère démontrer sa capacité à gouverner plutôt qu’ouvrir une crise ouverte avec le président sur les questions internationales, remettant éventuellement à plus tard un aggiornamento plus profond de notre politique étrangère, s’il parvient en 2027 à conquérir l’Élysée. Sans enthousiasme, et parce que les pesanteurs sont encore fortes, les nouveaux dirigeants se résignent à rester un allié des États-Unis, à jouer le jeu de l’UE (avec un ton plus critique) et renoncent à remettre en cause un minimum d’aide à l’Ukraine. Un gouvernement RN soutiendra plus fortement le premier ministre israélien ultranationaliste Bényamin Nétanyahou, mais sans provocations inutiles. Un premier ministre de gauche (qui ne sera pas forcément issu de LFI) insistera sur la nécessité d’un État palestinien (ce que bien d’autres prônent) et sur la situation humanitaire à Gaza, sans provocations non plus. De part et d’autre, il sera difficile d’éviter les déclarations intempestives au sein du parti, mais le gouvernement se tient à une ligne modérée.

Deuxième possibilité : l’affrontement. D’entrée de jeu, les nouveaux ministres croisent le fer avec le président sur les enjeux stratégiques. Le risque pour eux est grand, car ces sujets sont conflictuels, avec peu de gain électoral à attendre. Mais, soit pour montrer à certains électeurs qu’ils sont fidèles à leurs convictions à défaut de pouvoir tenir financièrement leurs autres promesses, soit parce que leur proximité avec des puissances étrangères les oblige (on pense notamment à la Russie), ils décident de multiplier les déclarations indiquant un changement de politique étrangère. Ce n’est pas l’option la plus probable.

Troisième possibilité, plus réaliste : le discours ne change pas, mais les coups de canif aux positions antérieures se multiplient. On ne remet pas en cause officiellement le soutien à l’Ukraine, mais on fait tout pour l’étouffer progressivement. On ne prend pas parti ouvertement au Proche-Orient, mais on agit à coups de rencontres informelles, de changements de vocabulaire, de nominations de diplomates. On ne remet pas en cause explicitement le fonctionnement de l’UE ni de l’OTAN, mais on rechigne, on bloque, on retarde. C’est le scénario de l’agenda caché, qui évite d’effrayer l’opinion, mais lance des messages explicites à l’étranger, en espérant des marges de manœuvre plus fortes à l’avenir.

Reste la question des personnels. Une politique étrangère, ce sont aussi des équipes, des entourages, des nominations d’ambassadeurs (et avant cela, d’un Commissaire européen français), de directeurs de service au quai d’Orsay ou ailleurs, de membres de cabinets. La guerre, sur ces enjeux aussi, peut avoir lieu.

Il n’est pas exclu qu’après le 7 juillet, le domaine en réalité partagé de la politique étrangère, qui n’est plus « régalien » et qui n’a jamais été « réservé » en cas de cohabitation, soit préservé de la crise politique que nous traversons. Mais les risques de comportements irresponsables sont grands.

Nouvelle-Calédonie: sous influence étrangère

Nouvelle-Calédonie: sous  influence étrangère

Une situation proche de l’insurrection a conduit le gouvernement à décréter l’état d’urgence en Nouvelle-Calédonie. Les violences ont été initiées par la branche la plus dure des indépendantistes qui ont réagi à la réforme constitutionnelle qui modifie le corps électoral dans l’île. D’une certaine manière, le pouvoir n’est pas sans responsabilité pour avoir dérogé à l’accord de Nouméa qui depuis presque 30 ans privilégie la concertation. Une concertation qui devient désormais l’objectif pour mettre fin au trouble qui secoue la nouvelle Calédonie. Finalement il n’y aura  sans doute pas d’autres solutions que de décaler le calendrier des réformes envisagées.

La violence et la contestation est aussi alimentée par des influences étrangères pas mécontentes de secouer la France en Nouvelle-Calédonie comme en Afrique. Avec aussi la perspective de mettre la main sur le nickel extrait localement. Des émeutes aussi favorisées par une situation très détériorée sur le plan social avec plus de 25 % de chômeurs chez les jeunes.

Des jeunes, qui pour la plupart kanaks, provenant des quartiers défavorisés de l’agglomération, dévalisent magasins et centres commerciaux. Des pillages en règle que tentent d’empêcher les forces de l’ordre en sécurisant les lieux et en procédant à des interpellations .

Dès mercredi matin, le chef de l’État a convoqué un Conseil de défense et de sécurité nationale. Au palais présidentiel, entouré notamment de ses ministres Gérald Darmanin, Sébastien Lecornu (Armées) et Bruno Le Maire (Économie), il a écouté à distance Louis Le Franc, depuis Nouméa. « La situation est insurrectionnelle, a prévenu le haut-commissaire quelques heures plus tôt, devant la presse. On s’engage tout droit dans une guerre civile. »

L’état d’urgence, demandé par la droite, le Rassemblement national (RN) et la présidente de la province sud de l’archipel, Sonia Backès, est annoncé dans la foulée de cette réunion de crise et entériné en conseil des ministres. Prévu pour une durée de douze jours – une loi sera nécessaire au-delà -, il est entré en vigueur quand où les Calédoniens commençaient à se réveiller, jeudi matin à 5 heures, heure locale.

Avec ce dispositif exceptionnel, les autorités peuvent interdire des lieux de réunions, prohiber des manifestations, dissoudre des associations, mener des perquisitions et exiger des mesures d’armes, au terme de procédures simplifiées. Sans attendre, Gérald Darmanin a assigné à résidence cinq indépendantistes «radicaux et violents», a-t-il fait savoir. « La priorité, c’est de retrouver l’ordre, le calme et la sérénité », a rappelé Gabriel Attal devant les députés, désireux de faire tomber cette brutale poussée de fièvre dans l’archipel.

Depuis juillet 2023 le “Groupe d’initiative de Bakou”, groupe de réflexion et d’influence s’est rapproché des indépendantistes, une amitié qui va jusqu’à inquiéter Gérald Darmanin qui dénonce le 29 avril : “une ingérence extrêmes néfaste” suite au déplacement à Bakou d’une élue du Congrès de Nouvelle Calédonie le 18 avril dernier. Les discours contre le colonialisme et le néocolonialisme fleurissent et viennent encourager des revendications existantes pour déstabiliser la France et plus largement l’Occident.

Pendant que les campagnes russes anti-français redoublent d’intensité sur les réseaux, la Chine cherche à mettre la main sur les exploitations de nickel et provoque des mobilisations importantes contre sa stratégie d’entrisme. Diviser pour mieux régner.

Sommé par la gauche de reporter sa réforme de la Constitution, Emmanuel Macron a de nouveau proposé aux élus calédoniens de se réunir à Paris, sans doute à Matignon, pour trouver un accord.  Un objectif qu’il aurait été bon de viser avant le déclenchement de cette crise..

La politique étrangère des États africains face aux génocides

La politique étrangère des États africains face aux génocides

Aux yeux du grand public des années 1990, le génocide des Tutsi perpétré au Rwanda d’avril à juillet 1994 a d’une certaine manière consacré l’entrée tragique des sociétés africaines dans la modernité. L’historien spécialiste des Grands Lacs n’aura pas ménagé sa peine pour œuvrer à disqualifier le soupçon d’archaïsme et d’irrédentisme ethnique qui pouvait poindre chez certains à l’évocation de ce drame. Le Mal, la négation politiquement organisée de l’Humanité, pouvait également prendre place dans ces contextes, comme ailleurs. La tragédie rwandaise aura aussi imprimé sa marque sur la politique étrangère des États africains, en les encourageant à assurer un rôle nouveau dans les institutions internationales et dans le maintien de la paix. Rappelons d’abord les répercussions internationales du génocide rwandais, à l’ONU en particulier, pour mieux comprendre ensuite ce nouveau rôle, avec ses ambiguïtés.

 

Par , Politiste, chargé de recherche au CNRS, directeur du laboratoire Les Afriques dans le Monde (LAM), Université Bordeaux Montaigne, Sciences Po Bordeaux dans The Conversation 

Sur la scène politique internationale, le génocide rwandais fut une source d’apprentissage. À Paris, d’abord : un sujet africain passé quasiment inaperçu (une rébellion armée partie en octobre 1990 à la conquête du pouvoir à Kigali), relevant du « domaine réservé » du président français et de ses conseillers, pouvait se conclure par une mise en cause de « responsabilités accablantes » de la France. Le Rwanda est alors devenu un objet d’attention devant une nouvelle audience mondialisée, à la fois diplomatique, médiatique, juridictionnelle et militante, ce qui a contribué, un temps, à ébranler la politique de clientèle postcoloniale pilotée depuis l’Élysée, bien au-delà des faibles intérêts bilatéraux liant le Rwanda à la France.

À l’ONU également, l’onde de choc dépasse la région africaine des Grands Lacs. Car les Casques bleus étaient présents à Kigali durant le génocide, forcés à l’inaction. Comment imaginer un tel fiasco de la « communauté internationale », alors au faîte de sa gloire au sortir de la guerre froide ?

Kofi Annan, secrétaire général de l’ONU de 1997 à 2004, doit trouver une réponse. Il était aux premières loges de ce funeste printemps rwandais, lui qui dirigeait alors le maintien de la paix à l’ONU. Le diplomate algérien Lakhdar Brahimi y contribuera, par son rapport publié par l’ONU en 2000. De même que Samantha Power, l’actuelle cheffe de l’USAID, l’agence américaine en charge de l’aide internationale, qui éclaira les dilemmes dans lesquels l’administration Clinton et le secrétariat général des Nations unies étaient alors empêtrés.

Un refrain s’impose alors dans les cercles des praticiens de la paix et la sécurité : « African Solutions to African Problems ». Les partenaires des organisations régionales du continent veulent voir celles-ci prendre en charge leurs défis sécuritaires. Les chefs d’État africains acceptent une posture plus volontariste face aux conflits armés et aux violences de masse contre les civils. Adopté en 2000, l’Acte constitutif de la nouvelle Union africaine (UA), qui naît en juillet 2002 sur les cendres de l’Organisation de l’Unité africaine, prévoit dans son article 4 la compétence de l’UA face aux crimes contre l’humanité et de génocide.

Autre marqueur de leur volontarisme, les États africains deviennent au même moment des contributeurs de troupes incontournables pour les opérations de paix sur le continent, à l’ONU et à l’UA. Le président rwandais, Paul Kagamé, ancien rebelle qui a conquis le pouvoir en juillet 1994, mettant fin au génocide, fait partie de ces « bons élèves ». En 2007, il a su saisir la portée symbolique d’un engagement des troupes rwandaises dans l’opération de paix déployée conjointement par l’Union africaine et l’ONU au Darfour en vue de faire cesser des violences de masse constituant un possible génocide. Le paradoxe fut de voir des accusations de crimes de guerre et crimes contre l’humanité émises par la suite à l’encontre des généraux rwandais nommés à la tête de cette mission, tel Patrick Nyamvumba, pour son rôle durant la guerre au Zaïre/République démocratique du Congo (RDC) en 1996-1997. Paul Kagamé a alors su faire un bon usage de son nouveau rôle de premier plan à l’ONU, en menaçant de retirer ses troupes si l’ONU venait à poursuivre ses investigations et ses accusations publiques contre le Rwanda, notamment sur son rôle dans la déstabilisation de l’Est de la RDC.

De même, la Cour pénale internationale (CPI) créée à La Haye pour punir les responsables des principaux crimes internationaux suscite une relative adhésion : 19 États africains (mais pas le Rwanda) sont signataires du statut de Rome au moment où naît la nouvelle Cour en juillet 2002 (sur un total de 76 États parties dans le monde à cette date). Et lorsque l’administration de George W. Bush tente de faire barrage à la CPI au Conseil de sécurité, les États africains suivent les positions européennes pour défendre l’institution pénale.

Le climat change néanmoins au tournant des années 2010. Le conflit au Darfour, dès 2003, joue ici un rôle pivot. En 2004, des accusations de génocide se multiplient aux États-Unis et à l’ONU à l’encontre du régime militaire soudanais de Khartoum, en lutte contre les rebelles darfouriens. En 2005, et pour la première fois, le Conseil de sécurité saisit la CPI. Bien que réticente, l’Union africaine se résigne en 2006 à déployer une force de paix conjointe avec l’ONU. À cette date, l’ONU entend assumer une nouvelle « Responsabilité de Protéger ». La CPI émet en 2009 un mandat d’arrêt contre le président soudanais en exercice, Omar el Béchir. Sur place, au Soudan, on entend dire que les agents de la mission internationale de paix fourniraient des informations à la Cour.

Cette inculpation aura progressivement un effet délétère sur le soutien des État africains à la Cour. D’autres poursuites, au Kenya notamment, creusent davantage le fossé. En juin 2015, la CPI et des organisations occidentales accuseront le président sud-africain Jacob Zuma de ne pas avoir fait arrêter Omar el Béchir lors de sa participation au 25e sommet de l’UA organisé par l’Afrique du Sud. En réaction, Zuma tente en 2016 de quitter officiellement la CPI. Les institutions parlementaires et judiciaires du pays l’en empêchent finalement. Mais d’autres pays suivent. Le Burundi devient en 2017 le premier État à quitter effectivement le statut de Rome, au moment où la CPI s’intéresse aux allégations de crimes contre l’humanité à l’encontre d’opposants au régime de Pierre Nkurunziza.

La Cour est accusée de ne cibler que des dirigeants africains pour mettre en scène une justice incapable de juger des dirigeants autrement plus puissants. Le fait que la Procureure d’alors, Fatou Bensouda, soit de nationalité gambienne n’y change rien. Fatou Bensouda plaidera également pour des poursuites contre les auteurs de crimes de guerre en Afghanistan, en incluant dans son périmètre les troupes américaines, ce qui lui vaudra en 2020 de faire l’objet de sanctions décidées par l’administration Trump, abandonnées ensuite par Joe Biden.

Cette période correspond à une nouvelle posture revendicative, au Conseil de sécurité de l’ONU, de la Russie et la Chine qui accentuent alors leur présence sur le continent africain. Un regard chiffré sur l’utilisation des veto par ces deux membres permanents en témoigne.

Depuis 2007, la Russie a usé 32 fois de son droit de veto (1,8 par an en moyenne), contre seulement trois fois de 1985 à 2006 (0,1 par an), et 88 fois de 1945 à 1984 (2,2 par an). Par comparaison, dans cette période 2007-2024, les États-Unis en ont usé sept fois (0,4 par an, dont trois depuis octobre 2023 à propos du conflit israélo-palestinien), contre 39 fois de 1985 à 2006 (1,8 par an), et 48 fois de 1945 à 1984 (1,2 par an). Quant à la Chine, elle qui avait opposé son veto seulement deux fois entre 1985 et 2006 (0,1 par an), et une seule avant 1985, comptabilise seize veto depuis 2007 (0,9 par an). Et l’élément le plus marquant est le suivant : ces seize veto chinois ont toujours été combinés à des veto russes. S’ils ne portaient que rarement sur les opérations de paix en Afrique, ces veto ont convaincu le reste du monde que les membres occidentaux du Conseil ne disposaient plus des mêmes marges d’action pour imposer les mesures interventionnistes de leur choix au Conseil de sécurité.

Bien des dirigeants africains adhèrent à l’objectif d’un rééquilibrage mondial de la puissance. Il y a cependant une dimension supplémentaire dans leurs réactions : une quête résolue de reconnaissance internationale, une révolte constante face aux stigmates du passé, qui se traduit par une hypersensibilité aux situations de ségrégation et d’apartheid pétries de racisme (racisme dont les Occidentaux n’ont certes pas le monopole). À cet égard, la plainte déposée en décembre 2023 par le gouvernement sud-africain devant la Cour internationale de justice à l’encontre du gouvernement israélien sur le chef d’accusation de génocide contre les Palestiniens de la bande de Gaza projette sur la scène mondiale un rôle d’avant-garde dans la condamnation de l’occupation et de la colonisation. Déjà, à la conférence internationale contre le racisme, organisée à Durban en 2001, Pretoria avait mené la bataille pour la reconnaissance des crimes contre l’humanité du passé (esclavage et colonisation) et leur réparation. Dans l’échelle de l’intolérable, l’urgence humanitaire n’est pas toujours lue de la même façon.

Rappelons que l’histoire des génocides est également une histoire africaine. Le premier génocide du XXe siècle prend place dans la colonie allemande du Sud-Ouest africain conquise par les troupes impériales de Guillaume II (avec, comme premier gouverneur colonial civil, un certain Heinrich Göring, père de Hermann, le Reichsmarschall et criminel de guerre nazi). Dirigés par Lothar von Trotha, les colonisateurs recourent aux camps de concentration visant à l’extermination des populations Herero et Nama, dont les chefs militaires leur opposent une résistance féroce. Depuis maintenant plusieurs années, les autorités de la Namibie demandent à ce titre réparation au gouvernement allemand.

Entre 2020 et 2022, un nouveau conflit armé sévit au nord de l’Éthiopie, dans un Tigré coupé du monde par les autorités du pays. Les bilans sont effrayants : missionné par l’UA, l’ancien président nigérian, Olusegun Obasanjo, évoque entre 300 à 600 000 décès dus à la guerre.

Aux États-Unis, des manifestations dénoncent un génocide en cours. Des organisations de droits de l’homme alertent. Des sanctions bilatérales sont prises. Mais les trois gouvernements africains siégeant au Conseil de sécurité de l’ONU (qu’on appelle le « A3 ») s’opposent à toute délibération du Conseil, au motif qu’il appartiendrait aux Africains de répondre à la crise, hors de toute ingérence étrangère. Des voix dénonceront pourtant l’inaction de l’UA, voire sa complicité à l’égard du gouvernement fédéral éthiopien, et trouveront ici une explication aux réticences du « A3 ». Les vieux réflexes de retrait et d’attentisme jadis visibles à l’OUA n’ont donc pas totalement disparu.

Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU est tout de même saisi, et crée fin 2021 une Commission internationale d’experts pour enquêter sur ces violations massives du droit humanitaire par toutes les parties au conflit. Fatou Bensouda en fera partie, pour un temps. Ces experts voient néanmoins leurs efforts interrompus en novembre 2023, un an après l’accord de paix signé par les belligérants à Pretoria, et ce au nom de la nécessaire protection de ce fragile processus de paix. Les indices collectés confirmaient pourtant l’existence de crimes internationaux commis à grande échelle…

Manouchian: Entrée au Panthéon, un hommage aux héros d’origine étrangère

Manouchian: Entrée au Panthéon, un hommage aux héros d’origine étrangère

Missak Manouchian va entrer au Panthéon. Le président doit officialiser sa décision ce dimanche, à l’occasion du 83e anniversaire de l’Appel du 18-Juin, indique Jean-Pierre Sakoun, à l’origine du comité de soutien « Manouchian au Panthéon ». La panthéonisation aura lieu le 21 février 2024, 80 ans après l’exécution de Missak Manouchian. Il sera accompagné de son épouse Mélinée, elle aussi résistante.

Le résistant d’origine arménienne a été arrêté le 16 novembre 1943 et exécuté le 21 février 1944 avec 21 autres résistants au Mont-Valérien, à Suresnes (Hauts-de-Seine). Réfugié en France après le génocide arménien en 1915, Missak Manouchian a formé le « groupe Manouchian ». Ce groupe de résistants étrangers proche du Parti communiste français (PCF) est l’un des mouvements armés les plus actifs de la Résistance.

La femme de Missak Manouchian, Mélinée, est enterrée au cimetière d’Ivry près de Paris. Elle aussi rescapée du génocide arménien, elle avait rejoint la France avec lui en 1925 puis la résistance. Juste avant d’être exécuté, son époux lui a écrit une lettre bouleversante : « Bonheur à ceux qui vont nous suivre et goûter la douceur de la liberté et de la paix de demain. Je suis sûr que le peuple français et tous les combattants de la liberté sauront honorer notre mémoire dignement. »

Retraites et Macron: La presse étrangère très critique

Retraites et Macron: La presse étrangère très critique

Les médias internationaux dénoncent la «faiblesse» du président français qui a préféré faire passer la réforme par le 49.3 plutôt que de laisser les députés voter à l’Assemblée.

Les Français ne sont pas les seuls à critiquer le passage en force du gouvernement. Les journaux étrangers n’ont pas hésité à s’attaquer à l’image d’Emmanuel Macron. Pour El País, le choix du 49.3 met en avant le «caractère hautain et déconnecté de la rue» du président français, dont la popularité est au plus bas.

Le quotidien espagnol juge également le texte de la réforme de «décaféiné», «moins ambitieux qu’à l’initial», à force des révisions apportées par le Sénat et la commission mixte paritaire. Le Telegraph, quotidien britannique, se demande même si cette réforme n’a pas fait d’Emmanuel Macron «un canard boiteux».

Plusieurs journaux s’accordent à dire que le chef de l’État sort déchu de cet épisode politique. Quand le quotidien russe Komsomolskaïa Pravda titre sur «Macron a montré sa faiblesse», le Telegraph évoque la «pire crise depuis sa réélection» en 2022. De son côté, le Corriere della Sera italien écrit simplement : «Le recours au 49.3 est une défaite.»

Le Wall Street Journal se veut, lui, plus positif et défend le chef d’État, «pris en étau entre les courants démographiques et géopolitiques». D’après le quotidien américain, Macron est revenu sur les retraites afin «d’augmenter les dépenses militaires» dans un contexte de guerre en Ukraine. Il n’avait pas le choix.

Die Welt compare l’hémicycle durant les mois consacrés aux débats à «une arène de cirque, où il s’agissait de savoir qui crierait le plus fort ou ferait les meilleures cabrioles». Bras d’honneur d’Éric Dupond-Moretti, députée Renaissance partie en pleurs de l’Assemblée, montages photos… Tout est passé en revue par le quotidien allemand.

Mais alors, quel avenir se profile pour le président de la République et son gouvernement ? Le Guardian et El País se demandent si Macron n’a pas «gaspillé tout son capital politique» en contournant le Parlement pour faire passer sa réforme. Pour El Mundo, l’utilisation de l’article 49.3 ouvre «une crise politique et sociale aux conséquences inconnues» car «elle est vécue comme un acte de force de la part du gouvernement»

Macron: La presse étrangère très critique

Macron: La presse étrangère très critique

Les médias internationaux dénoncent la «faiblesse» du président français qui a préféré faire passer la réforme par le 49.3 plutôt que de laisser les députés voter à l’Assemblée.

Les Français ne sont pas les seuls à critiquer le passage en force du gouvernement. Les journaux étrangers n’ont pas hésité à s’attaquer à l’image d’Emmanuel Macron. Pour El País, le choix du 49.3 met en avant le «caractère hautain et déconnecté de la rue» du président français, dont la popularité est au plus bas.

Le quotidien espagnol juge également le texte de la réforme de «décaféiné», «moins ambitieux qu’à l’initial», à force des révisions apportées par le Sénat et la commission mixte paritaire. Le Telegraph, quotidien britannique, se demande même si cette réforme n’a pas fait d’Emmanuel Macron «un canard boiteux».

Plusieurs journaux s’accordent à dire que le chef de l’État sort déchu de cet épisode politique. Quand le quotidien russe Komsomolskaïa Pravda titre sur «Macron a montré sa faiblesse», le Telegraph évoque la «pire crise depuis sa réélection» en 2022. De son côté, le Corriere della Sera italien écrit simplement : «Le recours au 49.3 est une défaite.»

Le Wall Street Journal se veut, lui, plus positif et défend le chef d’État, «pris en étau entre les courants démographiques et géopolitiques». D’après le quotidien américain, Macron est revenu sur les retraites afin «d’augmenter les dépenses militaires» dans un contexte de guerre en Ukraine. Il n’avait pas le choix.

Die Welt compare l’hémicycle durant les mois consacrés aux débats à «une arène de cirque, où il s’agissait de savoir qui crierait le plus fort ou ferait les meilleures cabrioles». Bras d’honneur d’Éric Dupond-Moretti, députée Renaissance partie en pleurs de l’Assemblée, montages photos… Tout est passé en revue par le quotidien allemand.

Mais alors, quel avenir se profile pour le président de la République et son gouvernement ? Le Guardian et El País se demandent si Macron n’a pas «gaspillé tout son capital politique» en contournant le Parlement pour faire passer sa réforme. Pour El Mundo, l’utilisation de l’article 49.3 ouvre «une crise politique et sociale aux conséquences inconnues» car «elle est vécue comme un acte de force de la part du gouvernement»

Prisons : 25 % des détenus d’origine étrangère

Prisons : 25 % des détenus d’origine étrangère

La France compte environ 10 % d’étrangers en France. Par contre, le pourcentage est notoirement supérieur en prison ou 25 % des détenus sont d’origine étrangère ( réellement étrangers). On pourrait y ajouter les détenus français d’origine étrangère ( la loi interdit d’effectuer des statistiques de ce type) et là on aboutirait à un pourcentage ainsi dépassant les 50 %.Une grande partie des incarcérations concerne les délits de trafic de drogue et les atteintes à la personne.

Répartition des infraction à la législation: stupéfiants : 18,2 % (9 034 personnes), Atteinte à l’autorité de l’État : 4,7 % (2 333 personnes), Infraction routière (autre que homicide et blessure involontaire) : 6,7 % (3 328 personnes) Violence contre les personnes : 15,6 % (7 723 personnes).( Ces infractions ne donnent pas toute lieue à incarcération mais permettent d’éclairer la question délictuelle)

Au 1er juillet, sur 72.020 détenus, l’administration pénitentiaire comptait 53.952 Français et donc 18.068 détenus étrangers. Le tout pour 60.709 places de prison opérationnelles.

En tête des nationalités les plus représentées en détention, on retrouve celles d’Afrique du nord, avec 3974 Algériens, 2093 Marocains et 1254 Tunisiens. Si ces deux derniers chiffres sont stables, le nombre d’Algériens est en nette progression par rapport à 2021 : ils étaient alors 2750 dans nos prisons. Si l’on rapporte ces données à l’ensemble de la communauté algérienne en France, soit 569.000 ressortissants sans compter les détenus bénéficiant de la double nationalité, leur délinquance est plus de 5 fois supérieure à celle de la communauté portugaise, quasiment aussi nombreuse et qui compte 497 détenus.

Cela démontre à l’évidence les très grandes difficultés d’intégration des valeurs notamment républicaines par certaines populations.

On est loin de l’objectif final qui devrait être l’assimilation progressive. Au contraire on assiste plutôt à une sorte de balkanisation avec l’existence de plusieurs modes de civilisation. Refuser ce constat, c’est en même temps renoncer au projet républicain et à ses valeurs.

Après l’Ukraine,revoir complètement la politique étrangère française

Après l’Ukraine,revoir complètement la politique étrangère française 

 

Le projet de souveraineté européenne doit être repensé en fonction d’une menace russe qui va perdurer, analyse l’ancien diplomate, Michel Duclos, ancien diplomate et conseiller spécial à l’Institut Montaigne dans une tribune au « Monde » Une vision qui évidemment va à l’encontre du courant pro-russe d’une grande partie de la diplomatie française.

C’est de nouveau « par le fer et le sang », du fait de l’agression russe en Ukraine, que se modifie la carte politique de l’Europe. Les conséquences pour la France sont évidemment profondes, au point que des pans entiers de sa politique étrangère apparaissent désormais à reconstruire. Nous en donnerons trois illustrations.

D’abord en Europe même. Les Français souhaitaient une Europe plus souveraine pour la mettre en mesure de se protéger des turbulences du monde et lui permettre de jouer un rôle face au binôme sino-américain en gestation. Ils pensaient que le problème russe devait être traité par la fermeté, certes, mais aussi par un dialogue stratégique tenant compte des intérêts légitimes de Moscou.

Cette vision de la relation avec le Kremlin, peu partagée par nos partenaires, a été démentie par les événements. Depuis le 24 février, la France a d’ailleurs rejoint les autres Européens, parfois les a devancés, dans la politique de sanctions contre la Russie et d’aide militaire, économique et politique à l’Ukraine. Toutefois, la longue patience des autorités françaises à l’égard de Vladimir Poutine – jointe à des positions hétérodoxes sur l’OTAN – a entamé notre crédit auprès des Européens de l’Est et du Nord. Ceux-ci considèrent qu’ils avaient mieux compris le sens de l’histoire. La même décote s’applique à l’Allemagne. Le risque est qu’une majorité d’Européens estiment qu’il y ait lieu d’abandonner tout agenda d’autonomie de l’Union européenne (UE) pour mieux pérenniser la protection américaine.

Comment renverser cette tendance ? Sur le plan intellectuel, nos dirigeants doivent se convaincre que la Russie de Poutine sortira diminuée de sa folle entreprise mais encore plus agressive dans son approche de l’Europe. Elle conservera des capacités de déstabilisation considérables vis-à-vis de ses anciennes terres d’empire, mais aussi – par des pressions économiques et politiques – à l’égard de l’Europe de l’Ouest. Elle a démontré qu’elle n’éprouve aucune inhibition devant le recours à la force – appuyé sur son statut de puissance nucléaire.

UE: L’Allemagne veut une politique étrangère unique

UE: L’Allemagne veut une politique étrangère unique face à la Russie 

Après avoir adopté pendant de longs mois d’une position assez ambiguë vis-à-vis de la Russie, l’Allemagne se réveille et souhaite maintenant une politique étrangère européenne unique qui ne soit plus entravée par les intérêts nationaux égoïstes. Ce changement net de posture signifie sans doute que l’Allemagne se prépare à une rupture totale de l’approvisionnement en gaz en provenance de la Russie et qu’elle va s’associer de manière plus dynamique aux sanctions contre Poutine. L’Union européenne ne peut plus se permettre des veto nationaux en matière de politique étrangère et de sécurité de l’Union si elle veut conserver un rôle de premier plan sur la scène mondiale, a déclaré le chancelier allemand Olaf Scholz. ( d’après Reuters)

La guerre menée par la Russie en Ukraine rend encore plus urgente l’unité des Européens et appelle la fin des « blocages égoïstes » des décisions européennes par certains États membres de manière individuelle, a déclaré Olaf Scholz dans un article publié dimanche par le journal Frankfürter Allgemeine.

« Nous ne pouvons tout simplement plus nous permettre des veto nationaux, par exemple en matière de politique étrangère, si nous voulons continuer à être entendus dans un monde de grandes puissances concurrentes », a-t-il ajouté.

Olaf Scholz a été critiqué par Kyiv et d’autres alliés occidentaux, qui reprochent à l’Allemagne de ne pas avoir joué un rôle de premier plan dans la crise ukrainienne, une accusation que le chancelier repousse.

L’invasion de l’Ukraine, que Moscou qualifie d’ »opération militaire spéciale », a provoqué un changement de la politique de défense de l’Allemagne après des décennies de pondération sur le plan militaire.

Le conflit a également poussé Berlin à jouer un rôle plus actif en matière de politique étrangère, notamment dans le cadre de sa présidence du G7, qui rassemble les sept pays les plus industrialisés.

De l’avis du dirigeant allemand, le G7 et d’autres pays pourraient travailler ensemble pour trouver des solutions à la crise alimentaire mondiale, au changement climatique et à la pandémie liée au coronavirus.

Il a déclaré que l’Allemagne ferait dans les mois à venir des propositions en faveur d’une politique migratoire européenne commune, en matière de défense européenne, de souveraineté technologique et de résilience démocratique.

Politique étrangère de Macron: les échecs

Politique étrangère de Macron:  les échecs 

 

 Pour Thomas Gomart, directeur de l’Institut français des relations internationales, Emmanuel Macron  n’a pas su éviter les revers diplomatiques face à Poutine, à l’alliance Aukus, et au Mali. (Interview dans le Figaro)

Thomas Gomart est directeur de l’Institut français des relations internationales. Son dernier ouvrage est Guerres invisibles, éd. Tallandier, 2021.


Emmanuel Macron s’est-il inscrit dans la continuité de ses prédécesseurs, ou a-t-il fait prendre une direction nouvelle à la diplomatie française ?

Thomas GOMART. - Emmanuel Macron a essayé de faire preuve d’un classicisme agile. Il s’est inscrit à la fois dans la continuité de ses prédécesseurs, tout en tentant d’apporter des éléments de disruption. Il a pris des risques plus ou moins payants. La continuation par rapport à ses prédécesseurs de la Vème République s’observe dès ses premiers pas en tant que président. Tout d’abord, le volet occidental à travers la relation très spécifique entre Washington, Londres et Paris, par l’invitation faite à Donald Trump d’assister au défilé du 14 juillet 2017. Il sait que l’embryon d’alliance atlantique apparaît à la fin de la Première Guerre mondiale. Ensuite, la relation franco-allemande par le conseil des ministres franco-allemands, qui a décidé d’un certain nombre de programmes d’armement structurants. Enfin, l’importance accordée à la relation avec Moscou, notamment par l’invitation de Vladimir Poutine à Versailles. En ce sens, il réalise des figures imposées, tout en cherchant à imposer son style.

Puis, l’aspect disruptif, l’ «agilité» pour reprendre un terme qu’il affectionne, c’est d’avoir beaucoup investi sur des rendez-vous censés nourrir le multilatéralisme. Cette tendance a été accentuée après les décisions de Donald Trump de sortir de l’accord de Paris, et de l’accord sur le nucléaire iranien. Elle s’est traduite par une multiplication d’événements multilatéraux et multifacteurs qui correspondent au souci d’Emmanuel Macron d’apparaître comme agile. Il a aussi multiplié les prises de parole dans différents formats avec une volonté évidente de moderniser l’image de la France.

Cette stratégie a-t-elle permis d’affirmer la France comme un acteur influent et crédible sur la scène internationale, ou au contraire doit-on lire, par exemple l’incapacité à s’imposer face aux États-Unis dans la crise des sous-marins, ou comme un médiateur face à Poutine dans le conflit ukrainien, comme une baisse de l’influence française ?

Si l’on essaye de faire le bilan de ce que sa diplomatie a produit, il y a plusieurs déceptions profondes. La plus importante est sans doute l’issue de son dialogue continu avec Vladimir Poutine qui n’a pas empêché l’agression russe en Ukraine. La deuxième déception est la découverte de l’alliance Aukus nouée par les « trois démocraties maritimes » ainsi que ces pays se définissent, alors que l’Australie était considérée comme un des principaux points d’appui dans tout le discours français sur l’Indopacifique. Il y a également des déceptions liées à sa tentative de modifier la situation politique au Liban, et une très grande question sur la politique française au Sahel avec la décision d’arrêter l’opération Barkhane. Ce sont des éléments qui montrent les difficultés, les revers rencontrés par la diplomatie française.

Si on regarde les réussites, Emmanuel Macron est le seul en 2017 à être élu sur un discours pro-européen. À la différence de tous ses autres compétiteurs, il n’a jamais varié sur cet engagement. De ce point de vue, il a obtenu un certain nombre de transformations au sein de l’Union européenne. La mutualisation de la dette, le fait que la notion de souveraineté européenne ou souveraineté technologique soit devenue plus centrale, et le fait que l’Union européenne ait réussi à participer à la crise sanitaire dans sa gestion à la fois sanitaire, vaccinale et économique font partie des réussites diplomatiques.

La deuxième réussite est d’avoir construit un discours sur le multilatéralisme à l’attention des acteurs désireux de ne pas être piégés par la rivalité sino-américaine, tout en étant parfaitement clair sur son système d’alliance. C’est un discours qui s’est adressé à des pays comme l’Inde, à une volonté de renouveler les termes des échanges avec des pays africains, les pays du Golfe ou encore l’Indonésie. La France a joué un rôle moteur pour les enjeux liés aux biens communs, comme la lutte contre le réchauffement climatique ou la perte de la biodiversité. Elle s’est montrée active dans la mise en œuvre des ODD (objectifs de développement durable).

Le troisième aspect, le plus important, est sa lucidité sur de la rapidité de dégradation de l’environnement stratégique. C’est le premier président qui assume ouvertement le réarmement. Il a clairement rompu avec l’héritage de ses prédécesseurs, qui avait négligé le budget de la défense, tout en décidant d’interventions extérieures. Parallèlement, il s’est employé à convaincre ses alliés européens de la nécessité de réarmer.

Au final, pour produire des effets à moyen et long termes, une politique étrangère dépend de la solidité économique du pays. Le problème fondamental de la France est le suivant : son positionnement diplomatique connaît un rendement décroissant au moment où sa sécurité exige des coûts croissants. L’effet ciseaux est prévisible : une propension plus élevée à prendre des coups et une capacité plus limitée à en porter.

La fin du quinquennat a été marquée par la fin de la présence française au Mali commencée sous François Hollande, quel bilan tirer de ces 9 ans de présence et de ce départ poussé par le nouveau pouvoir malien ?

Il faut commencer par noter qu’Emmanuel Macron a résisté à la tentation des interventions militaires extérieures. Le Mali est un héritage de la présidence Hollande, comme vous l’avez rappelé. Sur le plan militaire, cela a été une opération qui a régulièrement permis de « neutraliser » des djihadistes, et donc de limiter leur progression. Ces opérations se sont accompagnées d’efforts pour encourager le « 3D » c’est-à-dire des actions combinées de défense, de diplomatie et de développement. Cela a eu aussi pour vertu de faire comprendre aux Européens que la situation au Sahel concernait leur propre sécurité, ce qui a entraîné un certain nombre d’européens à participer de manière modeste à l’effort.

Le bilan négatif est qu’évidemment en dépit d’une présence sur le terrain, Paris n’a pas vu venir les deux coups d’État, a sous-estimé le sentiment anti-français qui s’est développé dans la sphère informationnelle, l’a négligé et a dû faire face à une activité informationnelle qui s’est retournée contre Paris. De plus, ces opérations ont abouti à une usure de l’outil militaire puisqu’elles ont mobilisé plus de cinq mille hommes, sans parvenir à distinguer entre une mission qui, initialement était de stopper les djihadistes (donc qui relevait d’éléments uniquement militaires et qui était réussie), et l’ambition trop importante de contribuer à la reconstruction de l’État malien, ce qu’une opération militaire ne peut pas faire, surtout de cette taille.

La réflexion qui devrait guider l’indispensable retour d’expérience est de comprendre comment nous sommes passés d’une logique de contre-terrorisme à une logique de reconstruction d’État.

La France a-t-elle redéfini son rôle au sein de l’Europe, notamment depuis le départ d’Angela Merkel ?

Oui et non. Oui, dans la mesure où Paris est une des rares capitales européennes où on est encore capable d’avoir une pensée globale sur le monde. C’est de plus en plus rare au sein de l’Union européenne. Paris conserve une capacité d’initiative, malgré les difficultés que nous connaissons. Son positionnement est sans doute meilleur au sein de l’Union européenne en 2022 qu’il ne l’était en 2017, mais le Brexit a entraîné une dégradation préjudiciable de la relation de la France avec Londres.

Non, dans la mesure où il y a un sous-investissement français, qui s’explique par une culture administrative, une absence de mobilisation de moyens, et une difficulté à exercer de l’influence. Exercer de l’influence est un métier, qui demande une vision, des moyens et surtout de la constance. Il ne suffit pas d’avoir des idées et de penser que tout le monde va s’y ranger tellement elles sont intelligentes. Il y a un sous-investissement structurel dans les institutions européennes, dans le jeu européen de la France, par rapport à d’autres acteurs qui maîtrisent beaucoup mieux les rouages bruxellois en particulier parlementaires. Le problème de la France est d’avoir envoyé à Bruxelles des parlementaires qui, pour une large partie d’entre eux, sont contre le projet européen. De ce point de vue, il y a une grande difficulté de la France: d’un côté Emmanuel Macron assume un positionnement européen, affirme qu’il faut aller plus loin dans la construction européenne et, de l’autre, il fait face à des forces politiques très hostiles à l’Union européenne.

Pensez-vous que la suppression du corps diplomatique par la réforme de la haute fonction publique risque d’influer sur cette capacité à « avoir une pensée globale sur le monde » que vous décrivez ?

Dans les atouts de la France, il y a incontestablement une forte culture militaire et une forte culture diplomatique. Les deux vont de pair. Est-ce que cette réforme va altérer ce savoir-faire, ou permettre d’accélérer une adaptation, une modernisation de l’outil diplomatique français ? Très franchement, il y a une spécificité du métier de diplomate qui porte notamment sur la maîtrise de langues rares, l’art de la négociation, la capacité à naviguer dans différents milieux, de vivre dans des pays difficiles. Les diplomates doivent conserver ces traits spécifiques au cœur de leur identité, tout en se formant au cours de leur carrière. Une réforme est toujours difficile.

Pour conclure quels enjeux principaux en politique étrangère attendent le vainqueur du scrutin de dimanche ?

Ce sont clairement la suite et les conséquences de la guerre d’Ukraine. C’est le sujet systémique. Le prochain président ou la prochaine présidente va devoir très vite agir pour la sécurité européenne au sens dur du terme. Et n’aura pas droit à l’erreur.

 

Politique « Emmerder » : Macron fait dans le populisme vulgaire (presse étrangère)

Politique « Emmerder » : Macron  fait dans le populisme vulgaire (presse étrangère)

 

 

La plupart des organes de presse étrangers considèrent qu’ avec son expression « emmerder les Français », Macron à délibérément choisi de provoquer avec ce populisme vulgaire qui n’est qu’un élitisme condescendant et méprisant.

Plusieurs médias soulèvent la contradiction entre ces propos jugés « insultants » et les récentes promesses d’apaisement de la part du chef de l’Etat français. « Drôle de discours pour quelqu’un qui, il y a trois semaines, faisait ce mea culpa : “Il y a des mots qui peuvent blesser et je pense que ce n’est jamais bon, c’est même inacceptable, car le respect fait partie de la vie politique” », s’étonne ainsi le journal belge L’Echo. « Mi-décembre, Emmanuel Macron reconnaissait, dans un entretien diffusé par TF1 (…), avoir pu heurter des personnes avec ses saillies », rappelle également Le Temps. A ce moment-là, « il a cherché à projeter plus d’empathie »estime le Financial Times, selon lequel le quasi-candidat à sa réélection veut ainsi se montrer plus « combatif » aux yeux de l’électorat.

Le journal suisse, Le Temps , remarque également que l’actuel locataire de l’Elysée est « coutumier des déclarations cinglantes, au risque de déclencher une vive polémique ». Le Financial Times se souvient de ces multiples remarques jugées « arrogantes » et « méprisantes » :

« Comme lorsqu’il a dit à un jardinier au chômage qu’il pouvait facilement lui trouver un emploi en traversant la rue ou lorsqu’il a critiqué le “pognon de dingue” dépensé par l’Etat pour des programmes de lutte contre la pauvreté. »

 « Même si le langage est grossier et peut provoquer une réaction extrême, voire violente, de la part des anti-vaccins, les remarques du président semblent refléter un calcul politique prudent »juge pour sa part Jon Henley, correspondant du Guardian à Paris, traduisant « emmerder » par « to piss off » (« faire chier »), comme la plupart de ses confères anglophones.

La déclaration de M. Macron semble viser « à politiser encore plus le débat sur la vaccination, trois mois avant l’élection présidentielle française »juge également Euronews,

« Emmerder » : Macron fait dans le populisme vulgaire (presse étrangère)

« Emmerder » : Macron  fait dans le populisme vulgaire (presse étrangère)

 

 

La plupart des organes de presse étrangers considèrent qu’ avec son expression « emmerder les Français », Macron à délibérément choisi de provoquer avec ce populisme vulgaire qui n’est qu’un élitisme condescendant et méprisant.

Plusieurs médias soulèvent la contradiction entre ces propos jugés « insultants » et les récentes promesses d’apaisement de la part du chef de l’Etat français. « Drôle de discours pour quelqu’un qui, il y a trois semaines, faisait ce mea culpa : “Il y a des mots qui peuvent blesser et je pense que ce n’est jamais bon, c’est même inacceptable, car le respect fait partie de la vie politique” », s’étonne ainsi le journal belge L’Echo. « Mi-décembre, Emmanuel Macron reconnaissait, dans un entretien diffusé par TF1 (…), avoir pu heurter des personnes avec ses saillies », rappelle également Le Temps. A ce moment-là, « il a cherché à projeter plus d’empathie »estime le Financial Times, selon lequel le quasi-candidat à sa réélection veut ainsi se montrer plus « combatif » aux yeux de l’électorat.

Le journal suisse, Le Temps , remarque également que l’actuel locataire de l’Elysée est « coutumier des déclarations cinglantes, au risque de déclencher une vive polémique ». Le Financial Times se souvient de ces multiples remarques jugées « arrogantes » et « méprisantes » :

« Comme lorsqu’il a dit à un jardinier au chômage qu’il pouvait facilement lui trouver un emploi en traversant la rue ou lorsqu’il a critiqué le “pognon de dingue” dépensé par l’Etat pour des programmes de lutte contre la pauvreté. »

 « Même si le langage est grossier et peut provoquer une réaction extrême, voire violente, de la part des anti-vaccins, les remarques du président semblent refléter un calcul politique prudent »juge pour sa part Jon Henley, correspondant du Guardian à Paris, traduisant « emmerder » par « to piss off » (« faire chier »), comme la plupart de ses confères anglophones.

La déclaration de M. Macron semble viser « à politiser encore plus le débat sur la vaccination, trois mois avant l’élection présidentielle française »juge également Euronews,

Une politique étrangère et de défense écologiste ? ( Sandrine Rousseau)

Une politique étrangère et de défense écologiste ? ( Sandrine Rousseau)

 

Candidate à la candidature chez Europe écologie les Verts exposent sa vision d’une politique étrangère de défense qui serait écologiste.

Un article intéressant dans la mesure où il fait l’impasse sur les enjeux géopolitiques ( menaces chinoises, menaces des dictatures et menaces islamistes notamment) et montre assez clairement les trous dans la raquette de l’analyse qui évitent de parler des sujets qui fâchent.

 Tribune dans l’Opinion

 

La campagne présidentielle qui s’ouvre semble se concentrer sur les petites phrases et un débat sociétal dont les termes sont largement fixés par l’extrême droite. C’est regrettable car les bouleversements mondiaux appellent à de véritables débats de fond. La déroute en Afghanistan doit nous interroger sur l’avenir de la politique étrangère qui fait depuis trop longtemps l’objet d’un consensus transpartisan mou et dangereux. Les écologistes français, longtemps éloignés du pouvoir exécutif national, ont jusqu’à présent été timides sur ces questions ; je souhaite que cela change.

En France, puissance nucléaire et normative à l’ambition mondiale, une politique étrangère écologiste se distinguerait et pourrait s’articuler autour de trois piliers fondamentaux : 1) l’engagement dans un nouveau multilatéralisme écologique et des droits fondamentaux ; 2) la poursuite d’une souveraineté européenne au-delà de la simple instrumentalisation de l’Union européenne ; 3) une nouvelle approche de la place de l’outil militaire dans la conduite de la politique étrangère.

La crise écologique mondiale dépasse la question climatique, incluant celles de la biodiversité, de la gestion des déchets, de la dépollution, du démantèlement nucléaire. Cette crise exige chaque jour plus de coopération dans un monde où les institutions internationales ont été progressivement affaiblies et délégitimées. La conférence de Paris a été certes un pas important dans ce sens, mais sans aucun pouvoir de contrôle ou de sanction, elle reste un mécanisme fragile. La France et l’UE se doivent d’inventer de nouveaux espaces et de nouvelles pratiques d’action dans les domaines climatiques.

Ceci impose d’être en mesure, quand c’est nécessaire, de contraindre nos partenaires à l’action climatique – la Chine dans sa taxation du carbone, le Brésil dans sa protection de l’Amazonie –, y compris par des mesures de rétorsion commerciales si nécessaires (le caractère contraignant), mais aussi et surtout de nous engager dans une solidarité nord-sud forte qui permette une transition juste (la politique d’encouragement) en multipliant et en ciblant mieux notre aide publique au développement.

« La construction d’une défense réellement européenne est une entreprise urgente. Elle impose in fine que nous acceptions que la politique étrangère européenne ne soit plus prisonnière de l’unanimité paralysante »

Par ailleurs, il nous faut dessiner un universalisme qui ne serait pas un nouvel occidentalisme. Cet universalisme n’est pas imposable par la force mais par le droit. Je souhaite donc que se renforcent les capacités de poursuivre et de condamner les violations des droits et libertés fondamentales partout dans le monde pour mettre fin à l’impunité. Nous pouvons ici jouer un rôle clef via les juridictions internationales (TPI) mais aussi par le pouvoir extraterritorial en renforçant la compétence universelle de nos tribunaux en matière de tortures, crimes de guerre, violences sexuelles…

Si je partage le constat du président Macron sur la « mort cérébrale » de l’Otan et la nécessité de jeter les bases d’une souveraineté européenne, je déplore sa méthode naïve qui consiste à espérer faire mener la même politique étrangère verticale et militariste de la France par nos partenaires de l’UE. J’assume pleinement que nous ne pouvons maintenir beaucoup plus longtemps le mythe national selon lequel, seuls, nous resterions une grande puissance militaire.

Il n’y plus à tergiverser : la construction d’une défense réellement européenne est une entreprise urgente, même si certainement de longue haleine qui impliquera certaines concessions (industrielles, militaires et stratégiques) envers nos partenaires. Elle exige d’œuvrer à une culture stratégique partagée, et la construction de capacités militaires communes. Elle impose in fine que nous acceptions que la politique étrangère européenne ne soit plus prisonnière de l’unanimité paralysante et de douteux intérêts nationaux.

« La question de la dissuasion nucléaire française est délicate pour les écologistes européens. L’objectif est un désarmement »

Quant à la place de la force armée et de la dissuasion, je plaide pour de profonds changements. La question de la dissuasion nucléaire française est délicate pour les écologistes européens. L’objectif est un désarmement. Aujourd’hui, la « force de frappe » reste un pilier de notre défense nationale. Nous devons la faire évoluer en profondeur et dans trois directions.

D’abord, en la démocratisant : je souhaite que le président de la République partage l’autorité sur le feu nucléaire avec le Premier ministre pour renforcer le contrôle démocratique sur l’arme atomique. Ensuite, en engageant un dialogue approfondi et patient, avec l’Allemagne d’abord, mais aussi l’Italie et le reste de nos partenaires européens, pour envisager une dissuasion nucléaire continentale concertée, considérant qu’une menace sur le territoire de l’un porterait atteinte aux intérêts stratégiques de l’autre.

Cela posé, comme une majorité de Français, je ne me résignerai jamais à un monde gouverné par l’équilibre de la terreur et j’engagerai la France sur la voie d’un désarmement en lien avec toutes les puissances nucléaires dans le cadre du traité sur l’interdiction des armes nucléaires, que je souhaite voir progresser au côté du traité de non-prolifération.

Pour ce qui est de la militarisation de notre politique étrangère, nous ne pouvons plus faire l’économie d’un bilan de nos opérations extérieures, à commencer par la débâcle libyenne. Si nous ne changeons rien, nous quitterons le Sahel, comme les Etats-Unis l’Irak ou l’Afghanistan, en laissant derrière nous un champ de ruines économique, politique et social qui sera le terreau d’un nouvel embrasement. Si la force armée se révèle parfois nécessaire, elle ne peut se substituer à une politique de pacification et de déradicalisation qui doit passer par la négociation avec des forces politiques sur lesquelles s’appuient les milices terroristes – dont beaucoup sont d’abord des guérillas locales.

Les limites de la politique étrangère jupitérienne échappant à tout contrôle et tout débat sont évidentes. La souveraineté européenne n’a que faire de ce bonapartisme ancré au plus profond de nos institutions et de nos pratiques. A continuer d’avancer dans cette impasse, nous risquons l’isolement et l’impuissance. Une présidence écologiste, c’est aussi une autre forme de puissance française.

Sandrine Rousseau est candidate à la primaire écologiste en vue de la présidentielle 2022.

G7 : encore un sommet vain (Presse étrangère)

G7 : encore un sommet vain  (Presse  étrangère)

Si les médias en France se félicitent de la réunion du G7 ,il n’en est pas de même dans la presse étrangère indique un article du Monde

Le sommet de Biarritz a certes permis aux dirigeants d’« aplanir certaines de leurs divergences », note le service international de diffusion allemand Deutsche WelleIl a aussi permis au chef de l’Etat français de « briller par son talent diplomatique », estime la Süddeutsche Zeitung, mais guère plus.

« Dans l’ensemble, ce fut un week-end plutôt agréable à Biarritz, ironise le quotidien britannique The Guardian en attaquant son compte rendu du sommet. Certains dirigeants étaient peut-être un peu indifférents, et il est toujours déconcertant de se retrouver face à quelqu’un qui présente un trouble de la personnalité encore plus grand que le vôtre, mais globalement tout le monde s’est bien entendu. »

Dans une autre analyse intitulée « Derniers rites de l’ancien monde alors que le théâtre de Trump se profile l’an prochain », le quotidien britannique souligne « la vanité du G7 », ce « cirque » ou « club ou famille de nations partageant les mêmes idées ». Même le décor choisi pour l’occasion exhale, à ses yeux, « un parfum de fin d’époque » « Biarritz, c’est le glamour du vieux monde, surplombant le golfe de Gascogne, avec de douces brises et une lumière dorée du soir sur ses plages. Il évoque une grandeur d’une autre époque où l’Europe était le centre du monde. »

Le quotidien enfonce le clou : « Le sentiment d’importance [des dirigeants participant au G7], combiné à leur impuissance évidente, rappelait les dynasties dirigeantes de l’Europe à la veille de la première guerre mondiale, complètement inconscientes du fait que leur monde allait s’achever », sur fond de Brexit, de montée des populismes, d’affaiblissement des démocraties libérales et de crise environnementale.

D’ailleurs, « peu de choses ont été accomplies » à l’issue du sommet. L’absence de communiqué final était stratégique, rappelle le Financial Times : il fallait à tout prix éviter de répéter le fiasco du G7 de 2018 au Canada, quand Donald Trump avait retiré son soutien au document.

Cette année, le président français a donc eu « l’habileté de ne pas publier de communiqué final ». Or, « s’il n’y avait pas de document, il n’y avait rien à refuser de signer ». Rien à refuser de signer, mais, du même coup, « aucune obligation » ni engagement à tenir non plus.

La réunion n’a ainsi donné lieu, note le Guardian, qu’à une simple « “déclaration” […] plus mince que la page sur laquelle elle était imprimée »« des propos bien intentionnés sur la nécessité d’empêcher l’Iran d’acquérir des armes nucléaires » ou encore le « vœu de faire quelque chose contre l’Amazonie en flammes, avec un acompte de 20 millions d’euros », soit une somme « nettement inférieure au coût du sommet, et particulièrement dérisoire au regard de ce qui était globalement considéré comme une menace existentielle pour la planète ». L’aide a finalement été refusée par le président brésilien, Jair Bolsonaro.

Le Washington Post dresse le même constat : le sommet s’est achevé « sans qu’aucun progrès significatif n’ait été réalisé sur les questions les plus urgentes, mettant à nu le fossé grandissant entre les Etats-Unis et d’autres nations dans leur lutte pour résoudre des problèmes, comme le commerce et le changement climatique ».

Finalement, ce « sommet restera comme celui du storytelling, du récit politique », tranche Politico ; chaque participant étant « libre de donner sa version de ce qui a été conclu », et d’imposer sa propre « vérité »« sans que rien d’écrit noir sur blanc ne puisse les contredire ».

En témoignent les comptes rendus très contrastés faits de part et d’autre de l’Atlantique. Si Emmanuel Macron est décrit en France comme un « dresseur d’ours », dont les « mille gestes rassurants et précautionneux » ont réussi à « ne pas réveiller le prédateur » Trump, la chaîne américaine conservatrice Fox News, notoirement partisane, est formelle : le président américain a « dominé » le G7 « comme aucun autre président depuis des années ».

Changement de décor l’année prochaine. Ce sera au tour de Donald Trump d’accueillir le G7 à Miami, en Floride. Il sera alors en pleine campagne électorale pour sa réélection à la présidentielle de 2020. Et, de ce fait, « encore moins engagé ou prêt à faire des compromis qu’il ne l’était à Biarritz », avertit le Guardian.

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