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Politique- Déstabiliser les deux Etats voyous que sont la Russie et la Chine

Politique- Déstabiliser les deux Etats voyous que sont  la Russie et la Chine

Non contents d’imposer un régime de fer particulièrement antidémocratique, la Russie et la Chine ne cessent de développer leur influence au plan international par des méthodes de voyous (ingérence, corruption, conflits, assassinats, guerre etc.). Certes, il n’est pas dans la tradition des démocraties occidentales de s’immiscer dans le fonctionnement interne des dictatures. Pour autant, on ne peut rester sans réagir face aux actions de déstabilisation de la Russie et de la Chine. Le pire, c’est que l’intoxication parvient à renforcer l’esprit munichois qui gagne des élites occidentales résignées, usées et parfois complices.

Les démocraties occidentales n’ont sans doute pas répondre par des actions armées et des provocations sournoises. Par contre, elles peuvent saper le développement économique de ces deux pays criminels pour lesquels la vie n’a aucune valeur (des centaines de milliers de morts à leur actif parmi leurs populations);  sans parler des victimes étrangères bien entendu.

Il se trouve que les économies de ces deux pays sont sous la coupe de  clans qui paralysent  une partie du dynamisme économique et se répartissent les richesses du pays. Il est temps  les combattre en réduisant le plus possible nos relations commerciales. Par exemple au lieu de taxer à 15 % des importations chinoises on peut imposer un taux allant jusqu’à 100 % vis-à-vis des voitures électriques en particulier. Et de la même manière, il faut réduire et réduire encore les échanges avec la Russie. Il serait temps que les pays occidentaux sortent de leur posture de bisounours vis-à-vis de ces deux Etats criminels qui déstabilisent l’ensemble de la planète et au surplus veulent imposer leur conception totalitaire  et criminelle à l’ensemble du monde

Politique-Il faut déstabiliser les deux Etats voyous que sont la Russie et la Chine

Politique-Il faut déstabiliser les deux Etats voyous que sont  la Russie et la Chine

Non contents d’imposer un régime de fer particulièrement antidémocratique, la Russie mais aussi la Chine ne cessent de développer leur influence au plan international par des méthodes de voyous (ingérence, corruption, conflits, assassinats, guerre etc.). Certes, il n’est pas dans la tradition des démocraties occidentales de s’immiscer dans le fonctionnement interne des dictatures. Pour autant, on ne peut rester sans réagir face aux actions de déstabilisation de la Russie et de la Chine. Le pire, c’est que l’intoxication parvient à renforcer l’esprit munichois qui gagne des élites occidentales résignées, usées et parfois complices.

Les démocraties occidentales n’ont sans doute pas répondre par des actions armées et des provocations sournoises. Par contre, elles peuvent saper le développement économique de ces deux pays criminels pour lesquels la vie n’a aucune valeur (des centaines de milliers de morts à leur actif parmi leurs populations);  sans parler des victimes étrangères bien entendu.

Il se trouve que les économies de ces deux pays sont sous la coupe de  clans qui paralysent  une partie du dynamisme économique et se répartissent les richesses du pays. Il est temps  les combattre en réduisant le plus possible nos relations commerciales. Par exemple au lieu de taxer à 15 % des importations chinoises on peut imposer un taux allant jusqu’à 100 % vis-à-vis des voitures électriques en particulier. Et de la même manière, il faut réduire et réduire encore les échanges avec la Russie. Il serait temps que les pays occidentaux sortent de leur posture de bisounours vis-à-vis de ces deux Etats criminels qui déstabilisent l’ensemble de la planète et au surplus veulent imposer leur conception totalitaire  et criminelle à l’ensemble du monde

Il faut déstabiliser les deux Etats voyous que sont la Russie et la Chine

Il faut déstabiliser les deux Etats voyous que sont  la Russie et la Chine

Non contents d’imposer un régime de fer particulièrement antidémocratique, la Russie mais aussi la Chine ne cessent de développer leur influence au plan international par des méthodes de voyous (ingérence, corruption, conflits, assassinats, guerre etc.). Certes, il n’est pas dans la tradition des démocraties occidentales de s’immiscer dans le fonctionnement interne des dictatures. Pour autant, on ne peut rester sans réagir face aux actions de déstabilisation de la Russie et de la Chine. Le pire, c’est que l’intoxication parvient à renforcer l’esprit munichois qui gagnent des élites occidentales résignées, usées et parfois complices.

Les démocraties occidentales n’ont sans doute pas répondre par des actions armées et des provocations sournoises. Par contre, elles peuvent saper le développement économique de ces deux pays criminels pour lesquels la vie n’a aucune valeur (des centaines de milliers de morts à leur actif parmi leurs populations);  sans parler des victimes étrangères bien entendu.

Il se trouve que les économies de ces deux pays sont sous la coupe de  clans qui paralysent  une partie du dynamisme économique et se répartissent les richesses du pays. Il est temps  les combattre en réduisant le plus possible nos relations commerciales. Par exemple au lieu de taxer à 15 % des importations chinoises on peut imposer un taux allant jusqu’à 100 % vis-à-vis des voitures électriques en particulier. Et de la même manière, il faut réduire et réduire encore les échanges avec la Russie. Il serait temps que les pays occidentaux sortent de leur posture de bisounours vis-à-vis de ces deux Etats criminels qui déstabilisent l’ensemble de la planète et au surplus veulent imposer leur conception totalitaire  et criminelle à l’ensemble du monde

Déstabiliser les deux Etats voyous: la Russie et la Chine

Déstabiliser les deux Etats voyous: la Russie et la Chine

Non contents d’imposer un régime de fer particulièrement antidémocratique, la Russie mais aussi la Chine ne cessent de développer leur influence au plan international par des méthodes de voyous (ingérence, corruption, conflits, guerre etc.). Certes, il n’est pas dans la tradition des démocraties occidentales de s’immiscer dans le fonctionnement interne des dictatures. Pour autant, on ne peut rester sans réagir face aux actions de déstabilisation de la Russie et de la Chine. Le pire c’est que l’intoxication parvient à renforcer l’esprit munichois qui gagnent des élites occidentales usées et parfois complices.

Les démocraties occidentales n’ont sans doute pas répondre par des actions armées et des provocations sournoises. Par contre, elles peuvent saper le développement économique de ces deux pays criminels pour lesquels la vie n’a aucune valeur (des centaines de milliers de morts à leur actif parmi leurs populations);  sans parler des victimes étrangères bien entendu.

Il se trouve que les économies de ces deux pays sont sous la coupe de  clans qui paralysent  une partie du dynamisme économique et se répartissent les richesses du pays. Il est temps  les combattre en réduisant le plus possible nos relations commerciales. Par exemple au lieu de taxer à 15 % des importations chinoises on peut imposer un taux allant jusqu’à 100 % vis-à-vis des voitures électriques en particulier. Et de la même manière, il faut réduire et réduire encore les échanges avec la Russie. Il serait temps que les pays occidentaux sortent de leur posture de bisounours vis-à-vis de ces deux Etats criminels qui déstabilisent l’ensemble de la planète et au surplus veulent imposer leur conception totalitaire  et criminelle à l’ensemble du monde

 

La politique étrangère des États africains face aux génocides

La politique étrangère des États africains face aux génocides

Aux yeux du grand public des années 1990, le génocide des Tutsi perpétré au Rwanda d’avril à juillet 1994 a d’une certaine manière consacré l’entrée tragique des sociétés africaines dans la modernité. L’historien spécialiste des Grands Lacs n’aura pas ménagé sa peine pour œuvrer à disqualifier le soupçon d’archaïsme et d’irrédentisme ethnique qui pouvait poindre chez certains à l’évocation de ce drame. Le Mal, la négation politiquement organisée de l’Humanité, pouvait également prendre place dans ces contextes, comme ailleurs. La tragédie rwandaise aura aussi imprimé sa marque sur la politique étrangère des États africains, en les encourageant à assurer un rôle nouveau dans les institutions internationales et dans le maintien de la paix. Rappelons d’abord les répercussions internationales du génocide rwandais, à l’ONU en particulier, pour mieux comprendre ensuite ce nouveau rôle, avec ses ambiguïtés.

 

Par , Politiste, chargé de recherche au CNRS, directeur du laboratoire Les Afriques dans le Monde (LAM), Université Bordeaux Montaigne, Sciences Po Bordeaux dans The Conversation 

Sur la scène politique internationale, le génocide rwandais fut une source d’apprentissage. À Paris, d’abord : un sujet africain passé quasiment inaperçu (une rébellion armée partie en octobre 1990 à la conquête du pouvoir à Kigali), relevant du « domaine réservé » du président français et de ses conseillers, pouvait se conclure par une mise en cause de « responsabilités accablantes » de la France. Le Rwanda est alors devenu un objet d’attention devant une nouvelle audience mondialisée, à la fois diplomatique, médiatique, juridictionnelle et militante, ce qui a contribué, un temps, à ébranler la politique de clientèle postcoloniale pilotée depuis l’Élysée, bien au-delà des faibles intérêts bilatéraux liant le Rwanda à la France.

À l’ONU également, l’onde de choc dépasse la région africaine des Grands Lacs. Car les Casques bleus étaient présents à Kigali durant le génocide, forcés à l’inaction. Comment imaginer un tel fiasco de la « communauté internationale », alors au faîte de sa gloire au sortir de la guerre froide ?

Kofi Annan, secrétaire général de l’ONU de 1997 à 2004, doit trouver une réponse. Il était aux premières loges de ce funeste printemps rwandais, lui qui dirigeait alors le maintien de la paix à l’ONU. Le diplomate algérien Lakhdar Brahimi y contribuera, par son rapport publié par l’ONU en 2000. De même que Samantha Power, l’actuelle cheffe de l’USAID, l’agence américaine en charge de l’aide internationale, qui éclaira les dilemmes dans lesquels l’administration Clinton et le secrétariat général des Nations unies étaient alors empêtrés.

Un refrain s’impose alors dans les cercles des praticiens de la paix et la sécurité : « African Solutions to African Problems ». Les partenaires des organisations régionales du continent veulent voir celles-ci prendre en charge leurs défis sécuritaires. Les chefs d’État africains acceptent une posture plus volontariste face aux conflits armés et aux violences de masse contre les civils. Adopté en 2000, l’Acte constitutif de la nouvelle Union africaine (UA), qui naît en juillet 2002 sur les cendres de l’Organisation de l’Unité africaine, prévoit dans son article 4 la compétence de l’UA face aux crimes contre l’humanité et de génocide.

Autre marqueur de leur volontarisme, les États africains deviennent au même moment des contributeurs de troupes incontournables pour les opérations de paix sur le continent, à l’ONU et à l’UA. Le président rwandais, Paul Kagamé, ancien rebelle qui a conquis le pouvoir en juillet 1994, mettant fin au génocide, fait partie de ces « bons élèves ». En 2007, il a su saisir la portée symbolique d’un engagement des troupes rwandaises dans l’opération de paix déployée conjointement par l’Union africaine et l’ONU au Darfour en vue de faire cesser des violences de masse constituant un possible génocide. Le paradoxe fut de voir des accusations de crimes de guerre et crimes contre l’humanité émises par la suite à l’encontre des généraux rwandais nommés à la tête de cette mission, tel Patrick Nyamvumba, pour son rôle durant la guerre au Zaïre/République démocratique du Congo (RDC) en 1996-1997. Paul Kagamé a alors su faire un bon usage de son nouveau rôle de premier plan à l’ONU, en menaçant de retirer ses troupes si l’ONU venait à poursuivre ses investigations et ses accusations publiques contre le Rwanda, notamment sur son rôle dans la déstabilisation de l’Est de la RDC.

De même, la Cour pénale internationale (CPI) créée à La Haye pour punir les responsables des principaux crimes internationaux suscite une relative adhésion : 19 États africains (mais pas le Rwanda) sont signataires du statut de Rome au moment où naît la nouvelle Cour en juillet 2002 (sur un total de 76 États parties dans le monde à cette date). Et lorsque l’administration de George W. Bush tente de faire barrage à la CPI au Conseil de sécurité, les États africains suivent les positions européennes pour défendre l’institution pénale.

Le climat change néanmoins au tournant des années 2010. Le conflit au Darfour, dès 2003, joue ici un rôle pivot. En 2004, des accusations de génocide se multiplient aux États-Unis et à l’ONU à l’encontre du régime militaire soudanais de Khartoum, en lutte contre les rebelles darfouriens. En 2005, et pour la première fois, le Conseil de sécurité saisit la CPI. Bien que réticente, l’Union africaine se résigne en 2006 à déployer une force de paix conjointe avec l’ONU. À cette date, l’ONU entend assumer une nouvelle « Responsabilité de Protéger ». La CPI émet en 2009 un mandat d’arrêt contre le président soudanais en exercice, Omar el Béchir. Sur place, au Soudan, on entend dire que les agents de la mission internationale de paix fourniraient des informations à la Cour.

Cette inculpation aura progressivement un effet délétère sur le soutien des État africains à la Cour. D’autres poursuites, au Kenya notamment, creusent davantage le fossé. En juin 2015, la CPI et des organisations occidentales accuseront le président sud-africain Jacob Zuma de ne pas avoir fait arrêter Omar el Béchir lors de sa participation au 25e sommet de l’UA organisé par l’Afrique du Sud. En réaction, Zuma tente en 2016 de quitter officiellement la CPI. Les institutions parlementaires et judiciaires du pays l’en empêchent finalement. Mais d’autres pays suivent. Le Burundi devient en 2017 le premier État à quitter effectivement le statut de Rome, au moment où la CPI s’intéresse aux allégations de crimes contre l’humanité à l’encontre d’opposants au régime de Pierre Nkurunziza.

La Cour est accusée de ne cibler que des dirigeants africains pour mettre en scène une justice incapable de juger des dirigeants autrement plus puissants. Le fait que la Procureure d’alors, Fatou Bensouda, soit de nationalité gambienne n’y change rien. Fatou Bensouda plaidera également pour des poursuites contre les auteurs de crimes de guerre en Afghanistan, en incluant dans son périmètre les troupes américaines, ce qui lui vaudra en 2020 de faire l’objet de sanctions décidées par l’administration Trump, abandonnées ensuite par Joe Biden.

Cette période correspond à une nouvelle posture revendicative, au Conseil de sécurité de l’ONU, de la Russie et la Chine qui accentuent alors leur présence sur le continent africain. Un regard chiffré sur l’utilisation des veto par ces deux membres permanents en témoigne.

Depuis 2007, la Russie a usé 32 fois de son droit de veto (1,8 par an en moyenne), contre seulement trois fois de 1985 à 2006 (0,1 par an), et 88 fois de 1945 à 1984 (2,2 par an). Par comparaison, dans cette période 2007-2024, les États-Unis en ont usé sept fois (0,4 par an, dont trois depuis octobre 2023 à propos du conflit israélo-palestinien), contre 39 fois de 1985 à 2006 (1,8 par an), et 48 fois de 1945 à 1984 (1,2 par an). Quant à la Chine, elle qui avait opposé son veto seulement deux fois entre 1985 et 2006 (0,1 par an), et une seule avant 1985, comptabilise seize veto depuis 2007 (0,9 par an). Et l’élément le plus marquant est le suivant : ces seize veto chinois ont toujours été combinés à des veto russes. S’ils ne portaient que rarement sur les opérations de paix en Afrique, ces veto ont convaincu le reste du monde que les membres occidentaux du Conseil ne disposaient plus des mêmes marges d’action pour imposer les mesures interventionnistes de leur choix au Conseil de sécurité.

Bien des dirigeants africains adhèrent à l’objectif d’un rééquilibrage mondial de la puissance. Il y a cependant une dimension supplémentaire dans leurs réactions : une quête résolue de reconnaissance internationale, une révolte constante face aux stigmates du passé, qui se traduit par une hypersensibilité aux situations de ségrégation et d’apartheid pétries de racisme (racisme dont les Occidentaux n’ont certes pas le monopole). À cet égard, la plainte déposée en décembre 2023 par le gouvernement sud-africain devant la Cour internationale de justice à l’encontre du gouvernement israélien sur le chef d’accusation de génocide contre les Palestiniens de la bande de Gaza projette sur la scène mondiale un rôle d’avant-garde dans la condamnation de l’occupation et de la colonisation. Déjà, à la conférence internationale contre le racisme, organisée à Durban en 2001, Pretoria avait mené la bataille pour la reconnaissance des crimes contre l’humanité du passé (esclavage et colonisation) et leur réparation. Dans l’échelle de l’intolérable, l’urgence humanitaire n’est pas toujours lue de la même façon.

Rappelons que l’histoire des génocides est également une histoire africaine. Le premier génocide du XXe siècle prend place dans la colonie allemande du Sud-Ouest africain conquise par les troupes impériales de Guillaume II (avec, comme premier gouverneur colonial civil, un certain Heinrich Göring, père de Hermann, le Reichsmarschall et criminel de guerre nazi). Dirigés par Lothar von Trotha, les colonisateurs recourent aux camps de concentration visant à l’extermination des populations Herero et Nama, dont les chefs militaires leur opposent une résistance féroce. Depuis maintenant plusieurs années, les autorités de la Namibie demandent à ce titre réparation au gouvernement allemand.

Entre 2020 et 2022, un nouveau conflit armé sévit au nord de l’Éthiopie, dans un Tigré coupé du monde par les autorités du pays. Les bilans sont effrayants : missionné par l’UA, l’ancien président nigérian, Olusegun Obasanjo, évoque entre 300 à 600 000 décès dus à la guerre.

Aux États-Unis, des manifestations dénoncent un génocide en cours. Des organisations de droits de l’homme alertent. Des sanctions bilatérales sont prises. Mais les trois gouvernements africains siégeant au Conseil de sécurité de l’ONU (qu’on appelle le « A3 ») s’opposent à toute délibération du Conseil, au motif qu’il appartiendrait aux Africains de répondre à la crise, hors de toute ingérence étrangère. Des voix dénonceront pourtant l’inaction de l’UA, voire sa complicité à l’égard du gouvernement fédéral éthiopien, et trouveront ici une explication aux réticences du « A3 ». Les vieux réflexes de retrait et d’attentisme jadis visibles à l’OUA n’ont donc pas totalement disparu.

Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU est tout de même saisi, et crée fin 2021 une Commission internationale d’experts pour enquêter sur ces violations massives du droit humanitaire par toutes les parties au conflit. Fatou Bensouda en fera partie, pour un temps. Ces experts voient néanmoins leurs efforts interrompus en novembre 2023, un an après l’accord de paix signé par les belligérants à Pretoria, et ce au nom de la nécessaire protection de ce fragile processus de paix. Les indices collectés confirmaient pourtant l’existence de crimes internationaux commis à grande échelle…

Politique-Hamas–Israël : la chimère de deux Etats ?

Politique-Hamas–Israël : la chimère de deux Etats ?

Soudain sous l’éclairage du terrible conflit qui se déroule entre les terroristes du Hamas et Israël, responsables politiques des différents pays, experts et médias redécouvrent la solution magique de la création de deux Etats en Palestine. Une solution miracle en quelque sorte pourtant mise sous le boisseau pendant plus de 50 ans. Cette solution consiste de façon simpliste à donner une indépendance complète à un nouvel Etat composé de Gaza et de la Cisjordanie. Et évidemment à confirmer l’indépendance d’Israël.

Certes cette vision n’est pas sans fondement mais elle oublie l’essentiel à savoir : est-ce que ces deux Etats seraient viables sur le plan politique et économique. La vérité c’est que cette zone déjà minuscule serait donc coupée en deux. On voit mal comment pour exister un État palestinien regroupant la microscopique parcelle de Gaza avec une Cisjordanie réduite du fait des implantations israéliennes.

En vérité, personne n’a le courage de dire que ces deux Etats ne seraient pas viables et que cela n’apporterait pas de garantie contre les violences et la paix.

Sur le plan économique et géographique il faudrait sans doute rattacher Gaza à Israël et compenser la perte de de ce territoire par un autre territoire israélien proche de la Cisjordanie. Et cela passe également par le retrait des implantations israéliennes.

Pour les palestiniens même indépendants se posent la question de la fiabilité économique et politique. Sur le territoire envisagé traditionnellement, les richesses sont particulièrement rares et la zone serait condamnée sans doute à une autre pauvreté. On objectera que Israël en 48 a bien réussi son développement économique sur des régions en grande partie désertique mais les Israéliens ne sont pas les palestiniens. Ce n’est pas le même niveau technologique, le même niveau culturel. Pas non plus évidemment le même niveau démocratique qui garantit le dynamisme d’une société.

La solution la plus crédible serait de mettre en tutelle le nouveau pays redécoupé de façon fiable en tout cas davantage. Une double tutelle à la fois économique grâce notamment à l’appui des pays arabes mais aussi une tutelle politique pour empêcher la dictature et la violence. Et cela pour une longue période au minimum de 20 ans car le traumatisme de la guerre actuelle va demeurer sans doute pour au moins 50 ans.

Bref responsables politiques, ONU et experts doivent sortir du slogan simpliste de deux Etats surtout quand l’un des objectifs central de l’un est de détruire l’autre et ses habitants. Surtout quand la zone sert d’expérimentation et de conflit d’influence des différents courants politiques musulmans mais aussi occidentaux.

Hamas–Israël : la chimère de deux Etats

Hamas–Israël : la chimère de deux Etats

Soudain sous l’éclairage du terrible conflit qui se déroule entre les terroristes du Hamas et Israël, responsables politiques des différents pays, experts et médias redécouvrent la solution magique de la création de deux Etats en Palestine. Une solution miracle en quelque sorte pourtant mise sous le boisseau pendant plus de 50 ans. Cette solution consiste de façon simpliste à donner une indépendance complète à un nouvel Etat composé de Gaza et de la Cisjordanie. Et évidemment à confirmer l’indépendance d’Israël.

Certes cette vision n’est pas sans fondement mais elle oublie l’essentiel à savoir : est-ce que ces deux Etats seraient viables sur le plan politique et économique. La vérité c’est que cette zone déjà minuscule serait donc coupée en deux. On voit mal comment pour exister un État palestinien regroupant la minuscule parcelle de Gaza avec une Cisjordanie réduite du fait des implantations israéliennes.

En vérité, personne n’a le courage de dire que ces deux Etats ne seraient pas viables et que cela n’apporterait pas de garantie contre les violences et la paix.

Sur le plan économique et géographique il faudrait sans doute rattacher Gaza à Israël et compenser la perte de de ce territoire par un autre territoire israélien proche de la Cisjordanie. Et cela passe également par le retrait des implantations israéliennes.

Pour les palestiniens même indépendants se posent la question de la fiabilité économique et politique. Sur le territoire envisagé traditionnellement, les richesses sont particulièrement rares et la zone serait condamnée sans doute à une autre pauvreté. On objectera que Israël en 48 a bien réussi son développement économique sur des régions en grande partie désertique mais les Israéliens ne sont pas les palestiniens. Ce n’est pas le même niveau technologique, le même niveau culturel. Pas non plus évidemment le même niveau démocratique qui garantit le dynamisme d’une société.

La solution la plus crédible serait de mettre en tutelle le nouveau pays redécoupé de façon fiable en tout cas davantage. Une double tutelle à la fois économique grâce notamment à l’appui des pays arabes mais aussi une tutelle politique pour empêcher la dictature et la violence. Et cela pour une longue période au minimum de 20 ans car le traumatisme de la guerre actuelle va demeurer sans doute pour au moins 50 ans.

Bref responsables politiques, ONU et experts doivent sortir du slogan simpliste de deux Etats surtout quand l’un des objectifs central de l’un est de détruire l’autre et ses habitants. Surtout quand la zone sert d’expérimentation et de conflit d’influence des différents courants politiques musulmans mais aussi occidentaux.

Pour des États généraux-du paysage ?

Pour des États généraux-du paysage ?


Dans une tribune au « Monde », le Collège des enseignants des écoles supérieures de paysage alerte les pouvoirs publics sur la forte dégradation des conditions dans lesquelles les professionnels de ce secteur sont aujourd’hui formés.Cela d’autant plus que par exemple la mode des éoliennes a souvent pris le pas sur la beauté et la cohérence NDLR

La loi « sur la protection et la mise en valeur des paysages », premier texte législatif dédié à la qualité des paysages ordinaires – et non plus des seuls sites remarquables – a 30 ans. A l’heure où l’on célèbre cet anniversaire, les conditions dans lesquelles les professionnels du paysage et du projet de paysage sont aujourd’hui formés se trouvent pourtant fortement dégradées.

La situation est d’autant plus alarmante qu’elle s’inscrit dans un contexte de bouleversements écologiques, climatiques et sociaux à propos desquels ces professionnels ont démontré au cours des dernières décennies, en lien étroit avec les acteurs locaux, leur capacité d’innovation. Ils ont ainsi contribué à formuler des réponses locales intégrant les spécificités écologiques, sociales et culturelles des territoires, mais aussi la dimension sensible du rapport des populations à leurs milieux de vie.

Afin de mettre en œuvre des réponses rapides et coordonnées, le Collège des enseignants des écoles supérieures de paysage (CEESP) en appelle à des Etats généraux de l’enseignement du paysage rassemblant l’ensemble des acteurs concernés : ministères, collectivités et institutions territoriales, associations professionnelles, enseignants et chercheurs.

L’enseignement du paysage et du projet de paysage ne se porte pas bien en France. Formations et établissements sont depuis trop longtemps soumis à rude épreuve, fragilisés qu’ils sont par les mêmes processus : autonomie pédagogique remise en question, non-accès à la décision et perte de visibilité en lien avec des regroupements et/ou des changements de gouvernance, diminution des moyens financiers, absence de recrutement et/ou de reconduction de postes, précarisation accrue, faiblesse structurelle de la formation continue, etc.

Cette fragilisation est largement accentuée par une dispersion inhérente à la diversité des tutelles ministérielles impliquées dans la formation des paysagistes et dans la gestion des établissements les accueillant. Au nombre de cinq, ces établissements relèvent de trois ministères distincts – ceux en charge de l’agriculture, de la culture, de l’enseignement supérieur et de la recherche –, aux intérêts souvent divergents.

Quant aux politiques publiques du paysage, elles sont portées par un quatrième ministère, celui en charge de la transition écologique qui, depuis 2016, maîtrise la délivrance du titre de paysagiste-concepteur, octroyé de droit aux diplômés de niveau master de ces cinq établissements.

Ukraine : les contradictions Etats africains

Ukraine : les contradictions Etats africains 

 

Daouda Thiam , lecteur du « Monde » regrette dans une tribune qu’alors que « les pays africains sans exception n’hésitent pas à clamer devant la face du monde et de manière bruyante leur souveraineté », un grand nombre d’entre eux aient refusé de condamner le non-respect de ce même principe par la Russie dans le cadre du conflit ukrainien.

 

Lors de la dernière session des Nations Unies sur la guerre menée par la Russie en Ukraine à laquelle les pays africains étaient appelés à voter, j’ai été – en tant qu’Africain – choqué de voir que nos Etats ont adopté des positions différentes les unes des autres, notamment ceux qui ont soutenu la Russie et ceux qui n’ont pas voulu s’exprimer.

Aussi un constat est à faire : tous les pays africains sans exception n’hésitent pas à clamer devant la face du monde et de manière bruyante leur souveraineté chaque fois qu’ils ont des divergences d’opinions portant sur leurs intérêts soit avec l’ancienne puissance coloniale soit avec un tout autre pays, alors que le conflit en Ukraine met en exergue le principe de souveraineté qui, là, n’a pas été respecté par la Russie.

De cette attitude controversée des Africains, devrait-on comprendre que nous avons oublié notre histoire alors que nous pourfendons chaque fois que l’occasion nous est donnée les affres de l’esclavage et de la colonisation ? L’occasion a été donnée aux Africains en tant qu’entités souveraines de rentrer dans l’histoire en étant attachés à des valeurs humaines, à savoir le respect de la dignité humaine, le droit inaliénable de disposer de soi-même et le respect de l’intégrité territoriale.

Les Africains se sont piètrement illustrés devant une situation en Ukraine qui a l’allure d’une troisième guerre mondiale, sur laquelle les Africains ont un avis cette fois à donner ! Honte à nous ! Lors de la deuxième guerre mondiale, notre avis n’était pas demandé, nous étions de simples sujets qu’on a pris et jetés dans les combats pour servir de chair à canon. Aujourd’hui nous avons à donner notre opinion, mais – hélas – les Africains, une fois de plus, ne sont pas entrés dans l’histoire. Bien au contraire : nous allons à reculons, car nous ne pouvons pas distinguer le bien du mal, la guerre.

Le président en exercice de l’Union africaine, dont le pays n’a pas souhaité donner une position sur l’invasion russe en Ukraine, s’insurge actuellement contre la flambée des prix de certaines matières sur le marché international, qui a naturellement une incidence sur les économies des pays africains qui importent notamment des denrées céréalières et des produits manufacturés des pays développés… Cette guerre pourrait être arrêtée si tous les pays faisaient bloc contre M. Poutine.

Daouda Thiam, Abidjan (Côte-d’Ivoire)

L’évolution des guerres d’influence des Etats

L’évolution des guerres d’influence 

Dans un ouvrage accessible et truffé d’exemples, le spécialiste des relations internationales Frédéric Charillon analyse la façon dont les pays séduisent, attirent et rémunèrent des cibles qu’ils souhaitent influencer. (Analyse du livre de Frédéric Charillon par le » Monde »

 

 

 

Plus le monde se complexifie, plus les conflits sont illisibles. A partir de cette équation, Frédéric Charillon, spécialiste des relations internationales, s’empare de la thématique de la guerre pour alerter sur la nuance entre « soft power » et « influence ». Si la première expression signifie « la capacité d’influencer les autres afin d’obtenir d’eux les résultats souhaités, par l’attraction et la persuasion, plutôt que par la coercition », il en va autrement de la seconde.

 

L’influence, pour Frédéric Charillon, « consiste pour un acteur A à faire faire par un acteur B ce qu’il n’aurait pas fait autrement, et ce sans recourir à la contrainte ». Or, au fil du temps, le concept s’est épaissi : l’influence suppose, désormais, un processus de fabrication et surtout de rémunération, contrairement au soft power. Elle ne s’oppose pas à la puissance. Et n’a rien à voir avec la propagande ni avec le lobby. Mais elle peut être aussi menaçante en dernier recours, corruptible à tout instant et cohabite avec les guerres hybrides. Selon cette lecture, la crise ukrainienne serait le théâtre d’une opposition entre un soft power américain et une guerre d’influence russe.

Légitimer le concept d’influence à l’aune du pivot de la géopolitique mondiale vers l’Indo-Pacifique, telle est l’ambition de Frédéric Charillon, qui décrypte les nouveaux usages des Etats en termes de séduction, d’attraction et surtout de rémunération des cibles à influencer. Mission accomplie et démonstration convaincante quand on referme ce livre accessible, truffé d’exemples et de références. Selon lui, parler aujourd’hui de « guerres d’influence » s’impose, car le passage du transatlantique vers l’Indo-Pacifique induit un changement d’échelle dans le débat géopolitique. Il consacre, en effet, l’avènement des stratégies indirectes propres à l’Asie, au moment où l’Occident sort laborieusement de deux décennies de stratégies directes et frontales.

 

Ainsi, les relations internationales seraient, au XXIe siècle, soumises à trois modèles d’influence : le modèle occidental, démocratique et libéral, en plein doute cependant sur ses capacités à séduire. Le modèle impérial et autoritaire (Russie, Turquie, Chine), dont les diplomaties de nuisance ne visent qu’à sauver des régimes tout en déstabilisant leur proie. Enfin, le modèle confessionnel fondé sur les croyances (Etats de la péninsule arabe), handicapé par une réputation sulfureuse.

Cette rencontre des modèles déboucherait, selon l’universitaire, sur trois types de stratégies : le retour aux sphères d’influence défendu par les régimes autoritaires adeptes d’un monde multipolaire ; l’émergence de « joint-ventures » entre Etats, où la logique du partenariat l’emporterait sur celle des alliances ; enfin, les rivalités entre les Etats et les géants du Net (Gafam), avatar des tensions entre le monde réel et le monde virtuel. Autrement dit, une nouvelle forme de batailles des valeurs dans un monde toujours aussi fidèle aux logiques de domination et de prédation.

Politique Les Français de plus en plus à droite ?

Politique Les Français de plus en plus à droite ?

 

Ce qui est évident, c’est que les Français votent de plus en plus pour la droite et l’extrême droite. De là à conclure que les français se situent idéologiquement à droite y a un pas à franchir. En effet ce qui explique d’abord le vote très majoritaire à droite c’est la défaillance complète des partis de gauche complètement éclatés dans un nombre de familles incalculables et qui ont tellement déçu depuis plus de 20 ans avec un discours très radical lors des campagnes électorales et une gestion finalement assez semblable aux partis qui les ont précédés.

C’est parce que la gauche est complètement discréditée en ce moment que la droite progresse. Pour preuve la majorité des Français n’adhère pas au libéralisme économique. C’est pourtant ce qui d’un point de vue idéologique caractérise une adhésion politique à la droite ( avec le libéralisme politique). La vérité sans doute c’est que les Français sont très partagés sur de nombreux sujets et qu’il est difficile de les identifier à travers une case politique bien précise.

Après une crise sanitaire et un quinquennat mené par un président de la République ayant fait ses gammes à gauche, les Français se positionnent de plus en plus à droite politiquement. C’est le constat que dresse une étude menée par OpinionWay pour le Cevipof, centre de recherches politiques rattaché à Sciences Po, réalisée entre le 23 décembre 2021 et le 10 janvier 2022 et dévoilée  dans le Figaro.

Ce « baromètre de la confiance politique », mené depuis 2009, établit qu’actuellement, 32% des Français se classent politiquement à droite, et 11% à l’extrême droite. De l’autre côté de l’échiquier politique, 17% se disent de gauche et 6% se placent à l’extrême gauche. Enfin, 14% s’estiment au centre, quand 20% ne se prononcent pas.

Des résultats, qui ramenés à ceux de 2017, viennent témoigner du basculement à droite d’une partie des Français. Il y a cinq ans, 26% d’entre eux se disaient de droite. Soit six points de moins qu’actuellement.

De même, la part de Français se situant à l’extrême droite a grimpé de quatre points sur la même période, passant de 7% en 2017 à 11% aujourd’hui. Le phénomène s’est accru ces derniers mois. Alors que la part se plaçant à l’extrême droite était retombée à 7% en février 2021, elle a connu une importante remontée en un an. Les résultats de l’étude sont toutefois contradictoires.

En effet, les résultats de l’enquête menée par OpinionWay pour le Cevipof témoignent d’un paradoxe. Bien qu’ils se positionnent plus à droite qu’il y a cinq ans, les Français sont en parallèle plus que jamais hostile au libéralisme économique.

73% d’entre eux pensent que « l’économie actuelle profite aux patrons aux dépens de ceux qui travaillent », et 57% jugent que « pour établir la justice sociale, il faudrait prendre aux riches pour donner aux pauvres ».

De même, concernant les questions de société, 61% des Français estiment que « la procréation médicalement assistée (PMA) est une bonne chose pour les femmes seules ou homosexuelles ». Tout en étant 63% à juger qu’ »il y a trop d’immigrés en France ».

Difficile donc d’y voir clair, d’autant que 39% des sondés disent souhaiter voir à la tête du pays « un homme fort qui n’a pas à se préoccuper du Parlement ou des élections », soit une dictature, et 27% une junte militaire.

Justice : des états généraux réduits à des réunions de chapeaux à plumes

Justice : des états généraux réduits à des  réunion de chapeaux  à plumes

Le chef d’État a décidé d’États généraux de la justice considérée par beaucoup comme trop laxiste. Le concept d’États généraux est d’abord très critiqué car il va se concrétiser et se réduire à une réunion de chapeau à plumes (juge, avocat et deux ou trois citoyens pour donner le change. En outre, pour éviter tout dérapage on placera à la tête un haut fonctionnaire. De toute façon, on connaît le sort de ce genre d’exercice qui se termine par un rapport vite classé dans un tiroir. ( Exemple le grand débat).

Il est clair que la justice n’appartient pas aux juges,  ni aux avocats et plus généralement aux professionnels de justice mais aux citoyens. Or en l’occurrence il s’agit de redéfinir les principes et les modalités d’application de la justice. Aussi ses champs d’activité, car nombre de procédures judiciaires pourrait être traitées de manière plus qu’efficaces , plus équitables et moins coûteuses qu’en sollicitant les grandes institutions. Sans parler de la contrainte de passer par un avocat qui rend la justice inabordable pour nombre de justiciables.

La question se pose aussi de l’opportunité du moment de ces fameux Etats généraux décidés en fin de mandat par Emmanuel Macron. Logiquement une telle orientation doit être prise en début de mandat aux fins de trouver une application. Là, il s’agira essentiellement d’agit prop  pour nourrir les promesses des candidats. Pas vraiment un concept d’État généraux.

Blanchiment d’argent: Les Etats complices

Blanchiment d’argent: Les Etats complices 

Le professeur en gestion du risque Charles Cuvelliez et son homologue en cryptographie Jean-Jacques Quisquater décrivent, dans une tribune au « Monde », les règles que l’Autorité bancaire européenne entend suivre pour mieux identifier les risques de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme avant leur matérialisation.

 

Tribune. 

 

Les centaines de millions d’euros de Danske Bank blanchis par sa filiale en Estonie des années durant, le casse-tête des néobanques qui permettent le cas échéant d’ouvrir des comptes à distance dans d’autres pays plus facilement que chez eux pour y faire transiter de l’argent sale, sans avoir besoin de mules à cash : voilà deux exemples qu’on aimerait comprendre et surtout éviter.

C’est le « chacun chez soi » au niveau des Etats en ces matières qui en est la cause. C’est aussi ce à quoi s’attaquent les lignes directrices de l’Autorité bancaire européenne (EBA) publiées pour consultation, le 27 mai.

Les institutions financières sont soumises à deux formes de supervision : il y a le contrôle des autorités qui luttent contre le blanchiment d’argent (LCB, ou en anglais, « money laundering », ML) et le financement du terrorisme (« financing terrorism », ou FT) et il y a la supervision globale (prudentielle) qu’on attend des institutions financières.

 

En France, par exemple, le régulateur des établissements financiers (l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, l’ACPR) a récemment sanctionné Carrefour Banque, Cardif, filiale d’assurances du groupe BNP Paribas, et ING Bank pour manquement dans leur dispositif de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme (LCB-FT).

Chaque forme de contrôle met au jour des indices de blanchiment d’argent que l’autre n’aura pas vu. Les contrôles imposés par l’un ne sont pas ceux de l’autre, leurs résultats non plus et, ne parlons même pas des contrôles qui varient entre Etats, car leur législation aussi.

Quand une même institution gère le LCB et le FT, il faut bien structurer comment les départements en charge de l’un et de l’autre communiquent entre eux : pas devant la machine à café !

 

L’EBA aimerait pouvoir vite identifier des risques LCB et FT dans une institution avant qu’ils ne se cristallisent : elle a raison. Quand un scandale est mis au jour, on est toujours sidéré de voir les années pendant lesquelles il a perduré.

Dans dix-huit juridictions nationales sur les vingt-deux (y compris la Banque centrale européenne) qui ont répondu à l’EBA sur les pratiques en cours, la supervision du blanchiment d’argent et du financement du terrorisme et la supervision prudentielle font partie de la même autorité, mais seules quatre ont un accord de coopération interne et deux sont en train de le développer. Ailleurs, c’est le règne de l’informel sur la base de la pratique. Mais est-ce assez robuste ?

«Etats généraux de la laïcité» trop tardifs et très critiqués

«Etats généraux de la laïcité» trop tardifs et très critiqués

 

Nombreux sont ceux qui considèrent que les Etats généraux de la laïcité sont trop tardifs et trop marqués électoralement. Trop tardifs car ils viennent après la loi sur le séparatisme. Le débat la nature, les principes et la mise en œuvre de la laïcité aurait dû évidemment précéder le vote de cette loi et non l’inverse.

 

Certains considèrent que le lancement de cette discussion ressemble surtout à une opération de communication. Pour preuve des débats de responsables et d’organisation surtout nationale.

 

A  peine annoncés, ces états généraux étaient déjà sous le feu des critiques. «On ne fait pas un débat après une loi», a ainsi dénoncé lundi sur France Info l’eurodéputé EELV Yannick Jadot, en référence au projet de loi luttant contre le «séparatisme», adopté en première lecture la semaine dernière par le Sénat et voulu comme un marqueur du quinquennat Macron. Alors que Marlène Schiappa a annoncé vouloir «sortir de la tenaille entre d’un côté les identitaires d’extrême droite et de l’autre les indigénistes et Europe Écologie-Les Verts», l’élu écologiste a demandé sur twitter que cessent «les insultes» de la ministre.

 

. La CFDT a demandé d’«arrêter de faire de la laïcité un objet d’agitation médiatique permanent». Le syndicat de Laurent Berger, invité par la ministre, lui a fait savoir que «ce genre d’initiative était mal choisie alors que la loi» contre le séparatisme «est encore dans les tuyaux (et pose bien des problèmes)».

 

«On prépare le terrain pour remplacer l’Observatoire de la laïcité, qui faisait un excellent travail (…) par un nouvel organe à la solde du gouvernement», a jugé Aurélien Taché, député ex-LREM, présentant ces États généraux comme «une opération de communication grotesque». Interrogé par l’AFP, le président de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), Mario Stasi, qui y participera, s’est placé, lui, sur le terrain de l’apaisement.

 

 «Si le débat se déplace de ce déversoir de haine, d’invectives que sont les réseaux sociaux, vers un travail approfondi mettant côte à côte différentes approches de la laïcité» et permettant de «sortir avec des propositions concrètes dans le respect de la loi 1905, si c’est cela les États généraux, je n’y vois que des avantages», a dit M. Stasi.

Etats généraux de la laïcité : c’est de la com’ ( Patrick Weil)

Etats généraux de la laïcité : c’est de la com’ ( Patrick Weil)

Patrick Weil, directeur de recherche au CNRS, s’étonne dimanche sur franceinfo du lancement des états généraux de la laïcité annoncés par Marlène Schiappa.

« Je suis un peu surpris » du lancement des états généraux de la laïcité « parce qu’en général on fait des états généraux avant de passer une loi », déclare dimanche 18 avril sur franceinfo Patrick Weil, directeur de recherche au CNRS. Ce spécialiste de la citoyenneté et de la laïcité, qui vient de publier un livre intitulé De la laïcité en France, s’étonne du lancement des états généraux de la laïcité annoncés par Marlène Schiappa. Etant donné qu’une loi concernant les valeurs de la République est déjà en train d’être votée, « la consultation des intellectuels c’est de la com’ », d’après Patrick Weil. Il explique que la loi de 1905 était déjà « d’une modernité incroyable ».

franceinfo : Comment faire en sorte, comme le dit Marlène Schiappa, que la laïcité rassemble aujourd’hui au lieu de diviser ?

Patrick Weil : Déjà, je suis un peu surpris parce qu’en général on fait des états généraux avant de passer une loi. Or, là, il y a une loi qui est en train d’être votée par le Parlement, qui n’a pas fini d’ailleurs d’être discutée, qui va peut-être faire l’objet d’un débat au Conseil constitutionnel. Moi, j’ai le sentiment que là on marche sur la tête, parce qu’au cours des débats au Sénat, monsieur Darmanin et monsieur Dupond-Moretti ont montré qu’ils ne connaissaient pas les dispositions de la loi de 1905. Après le vote de la loi de 1905, le pape l’a rejetée, il y a eu des incidents très graves avec certains cardinaux et curés qui appelaient à la résistance contre la loi, qui s’attaquaient aux instituteurs, qui s’attaquaient aux enfants en les menaçant de ne pas faire leur première communion. Il y avait donc des dispositions qui ont permis de faire condamner des cardinaux, des évêques, des curés, des choses qui seraient très utiles.

Vous parlez d’une police des cultes qui était très active à l’époque, elle existe toujours ?

Cette police existe toujours et je vais vous donner un exemple : après l’assassinat de Samuel Paty, on a découvert qu’avait été mise sur le Facebook de la mosquée de Pantin une vidéo qui a peut-être contribué à la décapitation. Qu’a fait le gouvernement qui ne connaissait pas ce dispositif ? Il a fermé la mosquée, ce qui fait que certains fidèles qui n’avaient rien fait se sont trouvés privés de leur lieu de culte. Et l’homme qui a fait le post de la vidéo n’a pas été poursuivi. Alors on marche sur la tête ! Moi, il me semble qu’il faut qu’une fois que la loi est votée et confirmée par le Conseil constitutionnel, il faut l’appliquer au niveau des préfectures, au niveau des magistrats. La consultation des intellectuels c’est de la com’.

Est-ce que ça veut que la loi de 1905 ne propose plus aujourd’hui les outils nécessaires pour gérer la laïcité ?

C’est justement l’inverse. Elle propose des outils qui sont indispensables, mais que le gouvernement ne connaissait pas. Et il l’a montré parce que quand M. Darmanin et M. Dupond-Moretti ont été interrogés sur ces outils, ils ont déclaré qu’ils n’avaient jamais été utilisés depuis 1905. Je montre dans mon livre qui vient de sortir qu’ils ont été utilisés des centaines de fois par Clemenceau, par Briand, par Poincaré, des grands dirigeants républicains. Eux, ils n’étaient pas d’accord, ils se sont bien engueulés sur la loi de 1905. Mais quand il y a eu les attaques de cet épiscopat radicalisé, ils se sont unis, il y avait dans le même gouvernement Clemenceau et Briand. Eh bien je pense que sur la laïcité, il y a des divergences qu’on connaît, mais ce sont tous des gens attachés à la laïcité. Donc, il faut les réunir pour combattre ensemble ceux qui sont les ennemis de la République et de la laïcité.

Qui sont les ennemis de la laïcité ?

Vous avez deux types d’ennemis. Vous avez des gens qui veulent imposer le pouvoir d’une religion sur la souveraineté de la République, ça c’était très bien vu par les concepteurs de la loi. Et puis d’autres estiment que la loi de 1905 devait exclure, il y a dont une vision raciste ou excluante de la loi. Ca ce sont les deux types d’ennemis, pour moi.

Aujourd’hui, les choses ont changé. Est-ce que la sphère privée et l’espace public ne sont pas devenus très poreux, particulièrement avec les réseaux sociaux ?

Oui vous avez raison. Selon la loi pénale, si vous faite pression sur quelqu’un pour le forcer à porter un signe religieux ou l’en empêcher, cela s’applique dans tous les espaces. Alors ce qu’il faut faire, c’est moderniser la loi parce qu’il faut rajouter Facebook etc. Mais ils avaient tout prévu. La loi de 1905, c’est une loi d’une modernité incroyable. Elle est en avance, même aujourd’hui par rapport à beaucoup d’autres lois à l’étranger. Elle respecte les croyants comme les non-croyants. Elle les protège, chaque liberté est protégée par une disposition pénale contre toute pression. Alors la loi fixe un certain nombre de règles. Ensuite, vous avez des conflits d’interprétation. Moi, j’enseigne le droit de la religion aux États-Unis, il y a tous les ans plusieurs cas à la Cour suprême où on vient présenter différentes opinions, et la justice se prononce. Il faut accepter que cela se passe comme ça, et que ce ne soit pas le Parlement qui fasse la loi sur des petits détails d’interprétation qui me paraissent du domaine de la bataille d’interprétation devant les juges.

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