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États-Unis : hausse du chômage

États-Unis : hausse du chômage

 

Entre le 11 et le 18 juillet, 419.000 nouvelles demandes d’allocations-chômage ont été enregistrées, selon les données publiées jeudi par le département du Travail. C’est 51.000 de plus que la semaine précédente, pour laquelle les données ont été révisées en hausse à 368.000. Les analystes s’attendaient eux à 360.000 nouvelles demandes seulement. Pourtant,le nombre total de personnes touchant encore des prestations chômage sous une forme ou une autre a fortement baissé au cours de la première semaine de juillet en raison de la suppression, par la moitié des États du pays, des allocations-chômage exceptionnelles qui avaient été mises en place pour les dizaines de millions de personnes qui avaient perdu leur emploi à cause de la pandémie.

Baisse de l’espérance de vie aux États-Unis

Baisse de l’espérance de vie aux États-Unis

 

Conséquence surtout du Covid  mais aussi de la drogue et des inégalités croissantes, l’espérance de vie des Américains à la naissance est passée de 78,8 ans en 2019 à 77,3 ans en 2020. Cette durée de 77,3 années est la plus courte depuis 2003. Pour les Afro-Américains, l’espérance de vie chute de 2,9 ans, de 74,7 ans en 2019 à 71,8 ans en 2020. Pour les Latinos, elle chute de trois ans, de 81,8 ans en 2019 à 78,8 ans en 2020. Le plus fort déclin concerne les hommes d’origine hispanique, qui perdent 3,7 années d’espérance de vie à la naissance, une situation qui s’explique à 90% par les ravages du Covid-19.

L’enjeu politique de l’inflation aux États-Unis

L’enjeu politique de l’inflation aux États-Unis

 

L’inflation constitue de plus en plus un enjeu politique entre républicains et démocrates. (Un article du Wall Street Journal, extrait)

 

 

Grâce au dynamisme de la croissance au premier trimestre 2021, le niveau de la production américaine n’est plus qu’à 1 % de son pic prépandémie, atteint fin 2019. Cependant, l’inflation progresse également, affichant son rythme le plus rapide en treize ans, et les responsables de la Réserve fédérale tentent de déterminer à quel moment il conviendra de retirer les mesures de soutien à l’économie. Si les économistes prévoient que l’inflation restera élevée durant plusieurs années, ils s’attendent à ce qu’elle décélère par rapport à ses niveaux actuels.

La Maison Blanche et de nombreux économistes attribuent la hausse des prix à différents facteurs, notamment à des goulots d’étranglement affectant l’offre à cause de la pandémie, à la pénurie de certains produits et à une augmentation de la demande après un an de mesures de confinement. Les responsables de l’administration Biden font valoir des statistiques montrant que le marché du travail est en train de se rétablir et que la confiance des ménages s’améliore, affirmant qu’un retour de l’inflation galopante observée durant les années 1970 n’était pas à l’ordre du jour et que l’actuelle hausse des prix était temporaire.

La secrétaire au Trésor Janet Yellen a récemment déclaré devant une commission de la Chambre des représentants : « J’ai vécu ma jeunesse et étudié l’économie durant les années 1970, et je me souviens de cette période terrible que personne ne veut voir se reproduire. »

La relance massive approuvée par le Congrès pour aider l’économie à se remettre de la pandémie, et qui comporte un plan de 1 900 milliards de dollars annoncé au tout début du mandat de M. Biden, contribue elle aussi à l’augmentation de la demande et des prix, expliquent de nombreux économistes. Les républicains s’emparent de cet argument pour affirmer que les prochaines propositions de loi du Président — qui prévoient des milliers de milliards de dollars de dépenses supplémentaires en faveur des infrastructures et de mesures contre la pauvreté — exacerberont l’inflation et conduiront à une surchauffe de l’économie.

« Cette question s’invitera dans les débats des élections de mi-mandat, elle ne va pas disparaître, estime Tom Emmer, représentant républicain du Minnesota et président du Comité national républicain au Congrès (NRCC), lequel soutient les candidats du Grand Old Party à la Chambre des représentants. Ils continuent d’inonder l’économie de liquidités. »

Les républicains espèrent miner les arguments des démocrates à propos d’une reprise économique par ailleurs vigoureuse, en perspective des élections de mi-mandat de 2022. Ce scrutin devrait remettre en jeu le contrôle du Congrès, alors que les démocrates disposent d’une faible majorité à la Chambre des représentants et que le Sénat est divisé à 50/50 entre les deux partis. Les élections de mi-mandat sont souvent favorables au parti qui se trouve dans l’opposition.

A l’approche du week-end du 4 juillet, jour de la fête nationale américaine, le NRCC a lancé une campagne publicitaire ciblant onze membres démocrates du Congrès qu’il jugeait vulnérables aux élections de mi-mandat. Cette campagne soutenait qu’avec « les politiques économiques des démocrates, les biens de consommation courante deviennent plus chers ».

Vicente Gonzalez, l’un des représentants démocrates du Texas à la Chambre visés par cette campagne, a souligné que l’économie se portait bien, le taux de chômage ayant reculé en mai par rapport au mois précédent. « Au bout du compte, les Américains verront qu’ils vivent mieux aujourd’hui qu’il y a deux ans, et c’est là-dessus qu’ils se prononceront lors des prochaines élections », assure-t-il.

De son côté, Sean Patrick Maloney, élu démocrate de New York à la Chambre des Représentants et président du Comité national démocrate au Congrès, a déclaré que les républicains avaient voté contre le plan d’aide face à la Covid-19 de M. Biden — des mesures qui, selon lui, ont concouru au rebond de l’économie — et qu’ils cherchaient « maintenant désespérément à changer de sujet ».

« Cette inflation galopante est due en partie aux dépenses incontrôlées du président Biden et de la présidente de la Chambre des Représentants Nancy Pelosi »

Certains démocrates ont tenu à faire savoir qu’ils surveillaient eux aussi la hausse des prix. Ainsi, le sénateur de Virginie-Occidentale Joe Manchin a indiqué mercredi, lors d’un débat sur un projet des sénateurs démocrates prévoyant de dépenser 3 500 milliards de dollars pour lutter contre la pauvreté, que « l’inflation devrait être un sujet de préoccupation pour tout le monde ».

Des responsables de l’administration Biden ont souligné que la hausse des prix de l’essence (imputable à l’augmentation des cours du pétrole brut et à la demande croissante de carburant de la part d’employés reprenant le travail en entreprise) était conforme à la tendance habituelle observée durant l’été. Avant le week-end du 4 juillet, la Maison Blanche s’était félicitée de la baisse des prix de certains produits traditionnellement consommés à l’occasion des repas en plein air, comme le porc, les haricots ou la glace à la vanille.

M. Biden a récemment affirmé à propos de l’inflation que « selon un consensus quasi unanime, elle [allait] augmenter un peu puis redescendre ».

Le département du Travail a fait état d’une hausse de l’indice des prix à la consommation de 5,4 % le mois dernier en glissement annuel, soit le taux d’inflation sur un an le plus élevé depuis août 2008. L’indice mesure les prix des biens et services achetés par les consommateurs — vêtements, produits alimentaires, repas au restaurant, loisirs et véhicules.

Mardi dernier, des figures de premier plan du Parti républicain ont réagi à ces chiffres. Le chef de la minorité républicaine à la Chambre des représentants, l’élu de Californie Kevin McCarthy, a affirmé sur Twitter : « Cette inflation galopante est due en partie aux dépenses incontrôlées du président Biden et de la présidente de la Chambre des Représentants Nancy Pelosi. » Selon Ronna McDaniel, la présidente du Comité national républicain, « sous Joe Biden, l’impôt caché que constitue la hausse des prix n’arrête pas d’augmenter ». De son côté, le chef de la minorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, a affirmé que les familles américaines subissaient la hausse des prix « dans tous les domaines, des courses aux supermarchés jusqu’aux stations essence, en passant par le logement et les véhicules d’occasion ».

La Maison Blanche a souligné que l’accélération récente de l’inflation s’expliquait par la hausse des prix d’un petit nombre de biens, notamment les voitures, en raison de tensions mondiales telles que celle qu’exerce la pénurie de semi-conducteurs.

David Kamin, directeur adjoint du Conseil économique national de la Maison Blanche, a observé lors d’un entretien que l’embellie économique était la preuve que les efforts du président portaient leurs fruits. « Notre projet était de veiller à ce que les Américains ne voient pas leurs revenus diminuer, qu’ils bénéficient du soutien dont ils avaient besoin pour surmonter la pandémie », a-t-il déclaré en référence aux chèques de relance et autres mesures d’aide à destination des familles et des entreprises.

Selon un récent sondage de l’université Monmouth, 71 % des personnes interrogées craignent que les projets de dépenses de M. Biden puissent alimenter l’inflation, 28 % des sondés déclarant ne pas être particulièrement inquiets.

Cependant, ces dépenses ne semblent pas constituer un problème pour les personnes interrogées. Le sondage, réalisé auprès de 830 adultes, montre aussi qu’une majorité des personnes interrogées soutiennent les propositions de M. Biden concernant des milliers de milliards de dollars d’investissements en infrastructures, dans les ponts et les routes par exemple, et de mesures contre la pauvreté dans des domaines comme la garde d’enfant, l’éducation et les congés payés.

Les démocrates de la Commission du budget au Sénat se sont accordés sur un vaste plan d’environ 3 500 milliards de dollars destiné à la santé et à la lutte contre la pauvreté

En juin, la Maison Blanche est parvenue à un accord avec un groupe de sénateurs démocrates et républicains sur un plan d’infrastructures de 1 000 milliards de dollars. Cet accord doit maintenant être approuvé par le Congrès où aucun des deux partis ne dispose d’une franche majorité. Les démocrates de la Commission du budget au Sénat se sont accordés sur un vaste plan d’environ 3 500 milliards de dollars destiné à la santé et à la lutte contre la pauvreté, qu’ils espèrent faire passer grâce au soutien des démocrates à la ligne du parti, en recourant à une procédure spéciale permettant de contourner la probable opposition républicaine au Sénat. Les législateurs républicains ont critiqué cet accord, le sénateur du Montana Steve Daines y voyant « un projet terrible pour les contribuables », à la lumière des statistiques sur l’inflation parues la semaine dernière.

L’ancien secrétaire au Trésor Larry Summers compte parmi les économistes qui se sont alarmés qu’une explosion des dépenses fédérales cette année puisse produire une inflation inopportune. M. Summers s’est rendu à la Maison Blanche mardi dernier pour y rencontrer Brian Deese, le chef du conseil économique national de la Maison Blanche, ainsi que Cecilia Rouse, la présidente du Comité des conseillers économiques, a indiqué un responsable de la Maison Blanche, précisant que les discussions avaient porté sur le plan d’infrastructures et le programme économique du président, dans le cadre d’une réunion présentée comme prévue depuis longtemps.

Mercredi, M. Summers a déclaré que les statistiques disponibles suscitaient des inquiétudes en termes d’inflation. Il a cependant affirmé qu’il soutenait globalement les propositions de dépenses de M. Biden en matière d’infrastructures, lesquelles « visaient le long terme, comportaient des éléments positifs en termes d’offre et, telles que prévues par le Président, seraient financées par des hausses d’impôt ou des retours sur investissement ».

Des électeurs interrogés ont déclaré percevoir l’impact de la hausse des prix sur leur pouvoir d’achat. Certains ont indiqué qu’ils ne pensaient pas encore aux élections de mi-mandat de 2022, et leur opinion à l’égard de la gestion de l’économie par M. Biden était généralement conforme au choix qu’ils avaient fait lors des élections de 2020.

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Économie : les États-Unis souhaitent faire sauter le pacte de stabilité européen

Économie : les États-Unis souhaitent faire sauter le pacte de stabilité européen

les États-Unis viennent de soutenir la nouvelle réforme fiscale concernant les multinationales. Une réforme qui globalement devrait se traduire par un renchérissement du prix des biens et des services. Du coup, les États-Unis demandent un moratoire sur les autres réformes envisagées à savoir la taxe spécifique sur les grands du numérique ou la taxe sur les transactions financières.

 

Les États-Unis en profitent pour conseiller à l’Europe de mettre un peu la pédale douce sur les nouvelles fiscalités et au contraire d’ encourager des politiques budgétaires encore plus accommodantes. La secrétaire au Trésor des États-Unis « invite(les pays à accepter de démanteler les taxes numériques existantes que les États-Unis considèrent comme discriminatoires et à s’abstenir d’instaurer des mesures similaires à l’avenir », .

 « Nous avons décidé de mettre en attente notre travail sur notre nouvelle taxe numérique en tant que nouvelle ressource de l’UE », a dit Daniel Ferrie, porte-parole de la Commission européenne, lors d’une conférence de presse à Bruxelles.

Exit donc la taxe notamment sur les transactions financières proposées par la France.

La secrétaire au Trésor américain conseil à l’Europe d’être beaucoup plus ambitieuse en matière de dépenses budgétaires. Rappelons que les États-Unis ont prévu un plan de soutien de leur de 3000 milliards quand l’Europe s’est contentée de 750 milliards.

Les Etats-Unis recommandent donc de modifier le pacte de stabilité

Janet Yellen va même plus loin lundi. Elle a demandé à l’UE d’envisager « des mesures budgétaires supplémentaires », notamment un assouplissement de ses règles de déficit qui permette plus d’investissements, pour consolider la reprise économique mondiale après la pandémie.

Pour l’heure, alors que les règles ont été exceptionnellement suspendues jusqu’en 2023, les Etats membres rendent des comptes au Pacte de stabilité et de croissance (PSC). Il est censé limiter les déficits excessifs des Etats (3% du PIB par an) et de la dette publique (60% du PIB).

« Il est important que les États membres envisagent sérieusement des mesures budgétaires supplémentaires pour assurer une reprise robuste au niveau national et mondial », a déclaré Mme Yellen à l’Eurogroupe.

Une position d’ailleurs également soutenue par Christine Lagarde à la tête de la BCE.

 

Taxe numérique : pédale douce des États-Unis

Taxe numérique : pédale douce des États-Unis

 

Si les États-Unis ont apporté leur soutien à la nouvelle réforme de l’imposition minimale mondiale de 15 % pour les multinationales par contre ils sont beaucoup plus réticents à la proposition européenne de taxer le numérique. En effet pour les États-Unis cette mesure vise particulièrement les entreprises américaines et ils considèrent que la réforme fiscale concernant l’impôt minimum de 15 % répond déjà à la préoccupation.

En outre la justification de l’Europe de cette taxe ne paraît pas évidente pour les États-Unis. En effet Bruxelles s’attaque ce numérique par la nécessité de financer son plan de 750 milliards soutien à l’économie. Notons que dans le même temps les États-Unis, eux, auront dépensé 3000 milliards et sans taxes supplémentaires en tout cas pour l’instant.

Les États-Unis freinent d’autant plus sur cette perspective d’imposition du numérique une troisième taxe est aussi envisagée concernant les transactions financières. Or trois taxes en même temps c’est peut-être un peu beaucoup à faire avaler aux superstructures américaines traditionnellement assez opposées à l’accroissement des différentes formes de fiscalité.

En outre la réforme fiscale mondiale va demander des modalités et des délais spécifiques. En particulier sur le volet 1 qui concerne les plus grandes multinationales et qui vise à répartir l’impôt entre le pays du siège et le pays de l’activité. Conséquence l’impôt minimum de 15 % pour tous pourrait s’appliquer bien plus vite pour toutes les entreprises pénalisants ainsi davantage les PME PMI que les GAFA.

Interrogée sur le sujet, Janet Yellen a indiqué dimanche que la réaffectation des droits d’imposition prévue par le pilier 1 de la réforme était sur une « voie légèrement plus lente » que l’impôt minimum mondial. La secrétaire au Trésor espère inclure des dispositions du pilier 2 dans un projet de loi de « réconciliation » budgétaire, cette année, que le Congrès pourrait approuver à la majorité simple.

États-Unis : l’économie et les patrons s’envoient en l’air

États-Unis : l’économie et les patrons s’envoient en l’air

Le voyage dans l’espace du très médiatique Richard Branson, 70 ans, constitue évidemment une prouesse technique ( mais dont on avait vérifié déjà la fiabilité). D’autres patrons tout aussi connus comme Jeff bezos ou Emon Musk doivent suivre en utilisant leur propre technique de lancement. Au-delà de la dimension technique, c’est aussi l’occasion de montrer le dynamisme des États-Unis et l’optimisme économique du pays et de ses dirigeants.

Sur le plan strictement technique, la France voire même l’Europe n’a pas les moyens de développer une politique de l’espace aussi ambitieuse et surtout aussi démocratique. En effet, les voyages inauguraux réalisés par les patrons américains ont aussi pour objectif de banaliser les promenades dans l’espace tout en réalisant de substantiels profits. L’entreprise de Richard Branson envisage à terme de réaliser 400 vols par an.

Sur le plan économique cela traduit une sorte de totale confiance des États-Unis dans les perspectives d’avenir. De fait, les États-Unis seront sortis de la crise sanitaire bien avant l’Europe. Cela surtout grâce à un volontarisme planificateur qui étonne dans un pays traditionnellement aussi libéral. Le gouvernement n’a pas hésité à lancer dimanche plan de développement en s’affranchissant à nouveau de toute contrainte budgétaire. Les États-Unis auront  engager autour de 3000 milliards soutenir l’économie quand péniblement l’Europe n’aura engagé que 750 milliards. Résultat la croissance américaine risque d’être presque le double de celle de l’Europe pour l’année en cours. Au mieux l’Europe retrouvera le niveau économique de 2019 vers 2023 alors que les États-Unis ont déjà absorbé la crise sanitaire.

Il manque notamment à l’Europe un vaste plan de remise à niveau des infrastructures et de la recherche formation. Pire l’Europe  se met des boulets aux pieds avec par exemple des contraintes ingérables pour l’industrie automobile. Une contrainte qui va permettre aux techniques chinoises notamment des batteries d’envahir le marché.

Il y a aussi une différence de taille sur le plan sociologique entre les patrons français et américains. Les Américains ont rarement de patrons formatés par l’ENA. Eux sont de vrais entrepreneurs et non des pantouflards qui profitent de leur passage dans les ministères pour faire joujou avec l’argent des autres quand ils rejoignent le privé.

 

 

Etats-Unis: L’enjeu économique du transfert de patrimoine

Etats-Unis: L’enjeu économique du transfert de patrimoine

 

Un article du Wall Street Journal éclaire l’enjeu économique du transfert de patrimoine aux États-Unis ( Extrait)

En 2019, aux Etats-Unis, l’héritage moyen s’établissait à 212 854 dollars, soit une hausse de 45 %, en données corrigées de l’inflation, par rapport à 1998 (146 844 dollars), selon une analyse des données de la Fed par les économistes d’une division de Capital One Financial.

 

C’est le plus grand transfert de patrimoine de l’histoire moderne.

Aux Etats-Unis, la génération du baby-boom et la précédente commencent à se délester de l’épargne considérable qu’elles ont accumulée durant des décennies. A la fin du premier trimestre 2021, l’ensemble des avoirs nets des Américains de 70 ans et plus s’élevaient à près de 35 000 milliards de dollars, selon les chiffres de la Réserve fédérale. Ce montant équivaut à 27 % de la richesse totale des Etats-Unis, contre 20 % il y a trente ans, et à 157 % du produit intérieur brut américain, soit plus du double de ce qu’il représentait il y a trois décennies, selon les données fédérales.

A présent, les seniors américains commencent à partager leur fortune entre leurs héritiers et d’autres bénéficiaires, entraînant un boom de l’activité économique alimenté par des achats immobiliers, la création d’entreprises et les dons aux œuvres caritatives. Et de nombreux donataires sont mus par d’autres priorités et considérations politiques que les donateurs.

Selon le cabinet de recherche et de conseil Cerulli Associates, quelque 70 000 milliards de dollars seront transférés par les Américains les plus âgés entre 2018 et 2042. Environ 61 000 milliards seront destinés aux héritiers (des générations X et Y, de plus en plus souvent) et, le reste, à des organisations philanthropiques. Ce transfert constituera une nouvelle preuve de l’influence économique démesurée dont jouissent les baby-boomers, qui ont grandi durant la période de prospérité qui a fait suite à la Seconde Guerre mondiale et ont tiré l’activité économique à maintes étapes de leur vie.

Les donations annuelles déclarées par les contribuables au fisc américain (Internal Revenue Service, IRS) – qui ne représentent qu’une fraction du montant transféré hors du système fiscal – atteignaient 75 milliards de dollars en 2016, contre 45 milliards en données corrigées de l’inflation en 2010

En 2019, l’héritage moyen s’établissait à 212 854 dollars, soit une hausse de 45 %, en données corrigées de l’inflation, par rapport à 1998 (146 844 dollars), selon une analyse des données de la Fed par les économistes d’une division de Capital One Financial.

Mais le transfert de patrimoine n’attend plus le passage de vie à trépas des plus âgés. Les donations annuelles déclarées par les contribuables au fisc américain (Internal Revenue Service, IRS) – qui ne représentent qu’une fraction du montant transféré hors du système fiscal – atteignaient 75 milliards de dollars en 2016, contre 45 milliards en données corrigées de l’inflation en 2010. Sur cette période, les montants susceptibles d’être donnés de manière défiscalisée sont passés de 1 million de dollars à plus de 5 millions pour une personne seule, et de 2 millions à plus de 10 millions pour un couple.

Cette exonération d’impôt sur les donations a encore augmenté en 2018 et s’élève aujourd’hui à 11,7 millions de dollars pour les individus et à 23,4 millions pour les couples. En 2026, les donations défiscalisées devraient retrouver leur niveau de 2017, soit 5,49 millions de dollars par personne, corrigés de l’inflation.

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Les donations déclarées à l’IRS sont probablement très inférieures aux montants croissants qui sont transmis en dehors du système fiscal, estime John Sabelhaus, économiste à la Brookings Institution et ancien chercheur de la Fed. Ces montants incluent les dons des parents et grands-parents à leurs enfants et petits-enfants adultes en vue de payer des frais de scolarité, d’acheter une voiture, de s’acquitter de leur loyer ou de constituer une mise de fonds pour l’acquisition d’un logement.

Les Américains d’une vingtaine d’années sont généralement les principaux bénéficiaires de ces dons, selon M. Sabelhaus.

La question du transfert de richesse a attiré l’attention de l’administration Biden, qui a récemment proposé de réduire les 40 milliards de dollars d’allégements fiscaux annuels qui constituent la pierre angulaire de la planification successorale depuis des générations aux Etats-Unis

Les agents immobiliers affirment que les jeunes accédants à la propriété ont été plus nombreux ces dernières années à être aidés par leurs parents pour verser l’apport initial ou faire face à d’autres frais. Le pourcentage de primo-accédants de moins de 35 ans dont le prêt hypothécaire mentionne un cosignataire de 55 ans ou plus a grimpé à 3,2 % en 2018, contre 1,3 % en 2014, selon le géant du crédit hypothécaire Freddie Mac.

La question du transfert de richesse a attiré l’attention de l’administration Biden, qui a récemment proposé de réduire les 40 milliards de dollars d’allégements fiscaux annuels qui constituent la pierre angulaire de la planification successorale depuis des générations aux Etats-Unis. Aujourd’hui, ceux qui héritent d’actifs dont la valeur a augmenté, comme des actions détenues en dehors de plans de retraite, une maison familiale ou une entreprise de production en activité depuis trois générations, ne paient pas d’impôt sur les plus-values tant qu’ils ne vendent pas ces actifs. En cas de vente, ils peuvent exclure les plus-values accumulées du vivant du propriétaire précédent.

La proposition de l’administration Biden prévoit que les plus-values latentes du détenteur d’actifs deviendraient imposables l’année de son décès, même si chaque individu bénéficierait d’une exonération d’un million de dollars, plus 250 000 dollars par résidence. Par ailleurs, le taux d’imposition maximal à long terme sur les plus-values passerait de 23,8 % à 43,4 %.

Cette proposition sera probablement revue à la baisse par le Congrès, en raison notamment de son impact potentiel sur les entreprises familiales. Certains parlementaires affirment que les dispositions proposées pourraient contraindre des familles à vendre leur exploitation agricole ou d’autres types d’entreprise pour pouvoir payer les impôts de succession.

A aucune autre période de l’histoire moderne les générations les plus âgées n’ont détenu un patrimoine aussi élevé. Aux Etats-Unis, elles ont profité de l’expansion économique de l’après-guerre, de la baisse des taux d’imposition des foyers à haut revenu et de l’augmentation de la valeur des actions et de l’immobilier. Parallèlement, la dégradation du système des retraites et une décennie de faibles taux d’intérêt ont dissuadé beaucoup d’Américains de dépenser leurs économies, de peur que leur épargne retraite ne fonde trop rapidement, observe Matt Fellowes, directeur de Capital One Investing, une filiale de Capital One spécialisée dans le conseil.

Compte tenu des montants en jeu pour de nombreuses familles, il n’est pas surprenant de voir se multiplier les situations épineuses où les priorités des parents, des enfants, des petits-enfants et des anciens conjoints se font concurrence. La justice new-yorkaise indique ainsi que le nombre de procédures pour contestation de succession (catégorie allant de l’opposition à une succession jusqu’aux procès) est passé de 1 005 en 2016 à 3 500 en 2019. Il a reculé en 2020 en raison de la fermeture des tribunaux durant la pandémie.

« Pour moi, il est important de faire en sorte que tout le monde communique correctement, indique Lee J. Brodsky, qui dirige une société spécialisée dans l’immobilier commercial également gestionnaire du patrimoine familial. Une partie de mon travail, l’une des principales raisons pour lesquelles je suis là, est de veiller à cela. »

Le père de M. Brodsky, Bert, a 78 ans. Entrepreneur dans la santé et les soins à domicile, il a vendu l’essentiel de son entreprise il y a des années, mais en a conservé les actifs immobiliers. Tous deux ont décidé de réunir ces actifs au sein d’une société nommée BEB Capital, que Lee Brodsky a rejointe à temps plein en 2017.

Lee Brodsky, qui s’est toujours considéré comme le médiateur de la famille, doit maintenant gérer les divergences de points de vue entre ses parents, ses trois frères et sœurs et leurs familles. La tâche s’avère particulièrement ardue lorsqu’il s’agit de s’accorder sur le niveau de risque des placements immobiliers dans lesquelles sont investies leurs économies.

En 2019, la société a décidé de distribuer une partie des bénéfices à chaque membre de la famille. Chacun pouvait ainsi faire ses propres choix concernant l’utilisation de l’argent gagné. Lee Brodsky explique que ses proches ont investi l’essentiel des fonds au travers de la société, en étendant leurs propres emprunts immobiliers à d’autres entreprises, même si certains ont préféré des prêts plus risqués que d’autres.

Brianna Leavitt, qui a 27 ans et vit dans la région de Salt Lake City, a reçu environ 93 000 dollars à la mort de son père en 2017.

Cette somme est arrivée à point nommé, explique la jeune femme, qui terminait sa licence, avait un prêt étudiant de 32 000 dollars à rembourser, ainsi que des dettes de 15 000 dollars en carte de crédit et un crédit automobile de 8 000 dollars. Rembourser ses dettes lui a permis de prendre un nouveau départ et l’a encouragée à préparer un Master en action sociale. A l’époque, elle venait de rencontrer celui qui est devenu son mari et se félicitait de ne pas entamer cette relation en étant endettée.

Peter, le fils de Warren Buffett, explique que sa mère, qui est décédée en 2004, avait laissé en héritage direct 10 millions de dollars à chacun de ses enfants. Son père, dont le patrimoine est estimé à 100 milliards de dollars environ par Forbes, a annoncé que la quasi-totalité de sa fortune irait à des œuvres philanthropiques avant ou au moment de son décès

Bien qu’elle n’ait pas beaucoup réfléchi aux questions de finances personnelles par le passé, Mme Leavitt détient aujourd’hui un compte chez Wealthfront, une société basée à Palo Alto en Californie au travers de laquelle elle investit une partie de son salaire dans un portefeuille de fonds à bas coût.

« J’avais une relation compliquée avec mon père, raconte-t-elle. Le fait qu’il ait décidé de m’aider ainsi signifie beaucoup pour moi. »

Peter, le fils de Warren Buffett, explique que sa mère, qui est décédée en 2004, avait laissé en héritage direct 10 millions de dollars à chacun de ses enfants. Son père, dont le patrimoine est estimé à 100 milliards de dollars environ par Forbes, a annoncé que la quasi-totalité de sa fortune irait à des œuvres philanthropiques avant ou au moment de son décès. La semaine dernière, il a donné 4,1 milliards de dollars supplémentaires à cinq organisations caritatives, dont la fondation de son fils, et a démissionné du conseil d’administration de la Bill & Melinda Gates Foundation.

Au total, Peter Buffett a reçu plus d’un milliard de dollars de Berkshire Hathaway, en vue de faire les dons qui lui semblaient judicieux. Le second fils de M. Buffett, Howard, supervise une exploitation agricole dans l’Illinois et dirige une fondation spécialisée dans la sécurité alimentaire, entre autres. La fille de l’investisseur, Susan, vit dans le Nebraska et dirige elle aussi une fondation, dédiée à l’éducation des enfants, notamment dans la région d’Omaha.

Peter Buffett parle ouvertement des failles du capitalisme et défend les droits des travailleurs et le fait de donner aux petites communautés. Il fait montre d’un profond respect pour le travail de son père et affirme que sa propre trajectoire a été façonnée par la réussite de son père dans une activité qui lui plaisait. Il précise que sa jeunesse à Omaha « n’était pas dénuée de radicalisme ».

Peter Buffet indique que son père n’est pas d’accord avec certaines de ses vues concernant le capitalisme mais qu’il respecte son opinion. Warren Buffett a déclaré qu’il n’était pas en faveur d’un « capitalisme débridé » et qu’il était « sur la même longueur d’onde [que son fils] en ce qui concerne les choses importantes ».

La NoVo Foundation de Peter Buffett défend des causes telles que les droits des populations autochtones et la lutte contre les violences envers les femmes. Ces dernières années, elle a développé ses activités à Kingston.

Le prix de l’immobilier est le nouveau sujet de préoccupation de Peter Buffett. Kingston est l’un des endroits aux Etats-Unis où les prix des logements augmentent le plus rapidement, selon l’Association nationale des agents immobiliers. Peter Buffett travaille avec la Kingston City Land Bank, une organisation à but non lucratif qui rénove et vend des logements qui ont été saisis, afin d’encourager la primo-accession à la propriété.

M. Buffett affirme que le développement de ses activités dans la ville a suscité des craintes chez certains résidents concernant ses intentions. Il a donc tenté d’être plus transparent, expliquant qu’un Kingston revitalisé pourrait servir de modèle pour un capitalisme plus bienveillant.

« Il y a beaucoup d’endroits comme celui-ci aux Etats-Unis, observe-t-il. Ce n’est pas une jolie petite cité-dortoir new yorkaise. Quand j’ai commencé à connaître Kingston, je me suis dit, “c’est comme une petite ville de l’Ohio”. »

 

Reprise Économique mondiale : impulsée par la consommation des États-Unis

Reprise Économique mondiale : impulsée par la consommation des États-Unis

 

La relance fédérale et l’épargne accumulée durant la pandémie stimulent la consommation aux Etats-Unis et la croissance dans le reste du monde d’après Tom Fairless et Stella Yifan Xie  du Wall Street Journal (Extrait)

 

 

 

Stimulée par une relance de près de 6 000 milliards de dollars et avide de produits fabriqués dans le monde entier, l’économie américaine endosse aujourd’hui le rôle qu’avait joué la Chine au lendemain de la crise financière de 2008, observent les économistes.

Si le reste du monde se félicite largement de l’explosion de la demande dans la première économie mondiale, l’ampleur de l’expansion américaine produit un effet ricochet sur les marchés financiers et entraîne des perturbations à travers la planète – goulots d’étranglement dans le transport maritime en Asie orientale, impacts sur les devises et envolée des prix des matières premières.

« Nous nous attendons à voir déferler une vague d’inflation, déclare Angelo Trocchia, directeur général du lunetier italien Safilo, dont l’usine chinoise tourne à plein régime et fait face à l’augmentation des prix de matériaux comme le plastique. Nous avons besoin de savoir comment les banques centrales vont réagir. »

Jusqu’au milieu des années 2000, la croissance mondiale avait été tirée principalement par les Etats-Unis, jusqu’à ce que l’expansion spectaculaire de l’économie chinoise lui fournisse un second moteur, qui s’est souvent révélé plus puissant. A présent, la croissance chinoise, bien qu’encore vigoureuse, devrait décélérer dans le courant de l’année après s’être rapidement remise de la pandémie de Covid-19, le gouvernement cherchant à juguler l’activité de crédit. L’économie européenne, dont la reprise est plus lente et pâtit de la faiblesse des dépenses de consommation, contribue aussi à atténuer l’inflation et la demande mondiales.

A lui seul, le dernier plan de dépenses des Etats-Unis devrait accroître la production dans des proportions pouvant atteindre 0,5 point de pourcentage au Japon, en Chine et dans la zone euro au cours des douze prochains mois

Rapporté au PIB mondial, le plan de relance budgétaire américain est environ sept fois plus important que ne l’était celui de la Chine au lendemain de la crise financière de 2008.

A lui seul, le dernier plan de dépenses des Etats-Unis devrait accroître la production dans des proportions pouvant atteindre 0,5 point de pourcentage au Japon, en Chine et dans la zone euro au cours des douze prochains mois, et un point de pourcentage au Canada et au Mexique, selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). En mai, l’OCDE a relevé sa prévision de croissance de l’économie mondiale à 5,8 % pour 2021, ce qui en ferait l’expansion la plus rapide depuis 1973.

« Ce sont des chiffres considérables, souligne Adam Posen, ancien membre du comité monétaire de la Banque d’Angleterre. La politique budgétaire américaine atteint des proportions inédites en temps de paix. » Le Japon et l’Europe ne peuvent probablement pas dépasser un taux de croissance d’environ 1 % par an, au mieux, dans la durée, estime-t-il. « Dans une certaine mesure, l’Europe, la Chine et le Japon profiteront à bon compte des largesses de la relance budgétaire américaine. »

L’effet ricochet de la vigoureuse croissance américaine sur le système financier mondial dépasse de loin celui de la Chine après 2008 ou aujourd’hui, car les marchés financiers chinois demeurent relativement isolés, tandis que le dollar domine les marchés internationaux de la dette ainsi que les réserves de change.

Mais ce que l’économie américaine florissante donne d’une main, elle le reprend d’une autre. Le reste du monde peut profiter de la forte augmentation des échanges commerciaux mais de nombreux pays risquent de pâtir d’une accélération de l’inflation, d’une appréciation du dollar et de la hausse des rendements obligataires, autant de facteurs susceptibles de limiter leur reprise.

Le billet vert s’est renchéri face aux autres monnaies depuis que les banquiers centraux de la Réserve fédérale ont indiqué mi-juin qu’ils comptaient relever les taux d’intérêt d’ici à la fin 2023. Pour contrecarrer la dépréciation de leurs propres monnaies et contrôler l’inflation, les banques centrales russe, brésilienne et turque ont augmenté leurs propres taux d’intérêt à plusieurs reprises ces dernières semaines.

La politique monétaire ultra-accommodante de la Fed a permis jusqu’ici de contrôler les flux financiers à destination des Etats-Unis, mais tout changement créerait un risque pour de nombreux marchés émergents

La dernière chose dont ont besoin les marchés émergents en ce moment est une hausse des coûts d’emprunt, note Tamara Basic Vasiljev, économiste chez Oxford Economics à Londres. « Mais si votre économie est dollarisée, vous êtes contraint de relever vos taux même si vous pensez que cela ne résoudra aucun problème », ajoute-t-elle.

La politique monétaire ultra-accommodante de la Fed a permis jusqu’ici de contrôler les flux financiers à destination des Etats-Unis, mais tout changement créerait un risque pour de nombreux marchés émergents, notamment ceux qui accusent d’importants déficits des comptes courants.

Un mouvement mondial de hausse des taux d’intérêt, avec la Fed à sa tête, pourrait freiner la reprise dans certaines régions, au moment même où la dette des pays émergents atteint un niveau record de plus de 86 000 milliards de dollars, selon l’Institut de la finance internationale.

Si la Fed maintient ses taux bas, néanmoins, elle risque de favoriser la création de bulles sur les marchés mondiaux d’actifs. Les banques centrales des pays scandinaves ainsi que celle de la Corée du Sud ont annoncé leur intention de resserrer leur politique monétaire en partie pour contrer le développement potentiel de bulles, notamment dans l’immobilier.

Le boom de la demande américaine pourrait aider les Etats-Unis à renforcer leurs relations économiques avec leurs alliés à l’heure où la Chine se replie de plus en plus sur son marché intérieur et où ses autorités suscitent une méfiance croissante dans le monde.

Si les Etats-Unis restent la première économie mondiale, leur influence économique et politique en Asie a souffert de l’essor chinois durant la décennie passée. Des pays comme l’Australie ou Taïwan sont plus vulnérables aux pressions économiques chinoises lorsque Pékin décide de limiter ou de suspendre les échanges de certains biens en vue d’atteindre ses objectifs politiques.

L’économie chinoise devrait croître de 8,5 % cette année, selon l’OCDE, et son expansion jusqu’en 2026 devrait représenter l’équivalent du PIB de l’Australie chaque année.

L’économie américaine de son côté devrait connaître sa plus forte reprise depuis le début des années 1980, forte d’un taux de croissance de 6,9 % cette année, d’après l’OCDE. Ce dynamisme est crucial pour l’économie mondiale car les consommateurs américains sont la pierre angulaire du commerce mondial. Les Etats-Unis représentent environ 27 % des dépenses mondiales de consommation finale, contre seulement 11 % pour la Chine, selon des chiffres de 2017 de Deloitte.

Une grande partie de la production économique des autres pays est tributaire des dépenses des consommateurs américains, lesquelles sont attendues en hausse d’environ 10 % en 2021 par rapport à 2020, une fois corrigées de l’inflation – soit leur plus forte augmentation depuis 1946, selon Oxford Economics.

Les revenus des Américains ont continué de progresser durant la pandémie. Les ménages américains ont accumulé 2 600 milliards de dollars d’« épargne excédentaire », selon les calculs de Moody’s, qui a comparé leur comportement en 2020 à celui de 2019, et leurs dépenses sont très fortement orientées vers des biens fabriqués à l’étranger.

Les Etats-Unis devraient enregistrer environ 170 milliards de dollars d’importations supplémentaires chaque année jusqu’en 2026, contre 140 milliards pour la Chine, selon HSBC.

Ils dépenseront cette année en importations 876 milliards de dollars de plus que ce qu’ils tirent de leurs exportations – soit un déficit record des comptes courants – tandis que la Chine verra ses exportations dépasser de 274 milliards de dollars ses importations, selon le Fonds monétaire international. La Chine, qui affichait déjà l’année dernière l’excédent des comptes courant le plus élevé du monde, a enregistré une augmentation de près de 40 % de ses exportations au premier trimestre 2021 en glissement annuel.

L’ampleur de la demande américaine d’importations contraste nettement avec la situation observée au lendemain de la crise financière de 2008, lorsque de nombreux ménages cherchaient avant tout à rembourser leurs dettes.

La perspective de plusieurs années d’expansion aux Etats-Unis incite de nombreuses entreprises dans le monde à investir dans de nouvelles capacités de production. Morgan Stanley anticipe une hausse des investissements mondiaux, en données corrigées de l’inflation, de plus d’un cinquième d’ici à la fin 2022 par rapport aux niveaux de l’avant-pandémie, après plusieurs années de croissance médiocre.

Cette évolution est particulièrement importante pour la Chine, où l’augmentation des investissements et la vigueur de la demande d’exportations permettront de contrebalancer une reprise beaucoup plus lente de la consommation intérieure, selon l’OCDE.

 

Les entreprises allemandes de construction mécanique observent une envolée de la demande d’équipements à destination des usines asiatiques exportant leurs produits aux Etats-Unis. Taiwan Semiconductor Manufacturing a annoncé de vastes projets d’investissement visant à augmenter la production de semi-conducteurs, destinés pour l’essentiel aux Etats-Unis. Les exploitants agricoles de pays comme le Brésil commandent des machines pour pouvoir satisfaire la demande américaine croissante en huiles, entre autres.

« Les entreprises procèdent actuellement aux investissements qu’elles avaient reportés », explique Ayumi Hayashida, responsable des relations publiques et des relations avec les investisseurs du fabricant de robots industriels Yaskawa Electric. Celui-ci a vu ses commandes à destination de l’Amérique du Nord bondir de 26 % entre décembre et février par rapport au trimestre précédent.

L’expansion du marché immobilier américain a conduit Uponor Oyj, spécialiste finlandais de la tuyauterie dont les produits équipent environ un tiers des nouveaux logements aux Etats-Unis, à accroître le nombre de ses lignes de production « aussi rapidement que nos ingénieurs pouvaient les commander » sur un site de fabrication récemment acheté dans le Minnesota, explique le directeur général de l’entreprise, Jyri Luomakoski. Les ventes d’Uponor Oyj en Amérique du Nord ont progressé de 22 % au premier trimestre en glissement annuel, contre 8 % environ en Europe.

L’ampleur des bénéfices réalisés par des spécialistes du transport maritime comme A.P. Moller-Maersk, CMA CGM et Hapag-Lloyd incite ces entreprises à étoffer leurs flottes. Sur les cinq premiers mois de 2021, les commandes de nouveaux porte-conteneurs ont été presque deux fois plus importantes que le total de celles de 2019 et 2020, selon le fournisseur de données spécialisé VesselsValue.

 

La politique d’argent facile de la Fed a servi de couverture aux gouvernements et banques centrales dans le monde entier – y compris dans des pays émergents déjà très endettés comme le Brésil – pour ouvrir eux aussi généreusement les vannes du crédit bon marché et des dépenses publiques.

« Le fait que la Réserve fédérale ait l’intention de laisser ses taux d’intérêt inchangés pendant deux ans nous permet de respirer, a déclaré Jonathan Heath, gouverneur adjoint de la banque centrale mexicaine, lors d’un entretien le 31 mai. En temps normal, nous serions clairement en train de relever nos taux. »

L’ampleur du rebond américain n’est pas sans causer des tensions à travers le monde, cependant. Là où le boom tiré par la Chine avait entraîné une hausse des prix des matières premières, la reprise américaine provoque le renchérissement d’un très grand nombre de biens de consommation.

La forte demande d’appareils électroniques comme les ordinateurs portables, les téléphones mobiles et les téléviseurs durant la pandémie s’est traduite par une pénurie d’étain, dont les cours se sont approchés de niveaux record. La demande mondiale a toutefois été freinée par la faiblesse de la consommation des ménages dans l’Union européenne et dans les grands pays d’Amérique latine comme le Mexique et le Brésil.

Certains constructeurs navals demandent à leurs clients de payer un supplément pour la livraison de nouveaux navires parce que les prix de l’acier ont augmenté. Wildlife World, entreprise britannique qui fournit de la nourriture et des équipements pour animaux ainsi que des caméras pour observer la vie sauvage, a vu les coûts d’envoi de ses produits quasiment sextupler, indique Vanessa McDonald, directrice des ventes.

Une partie de cette hausse est répercutée sur la clientèle. « Tout le monde accepte des hausses de prix importantes, observe Mme McDonald. Je n’ai jamais vu une telle demande. » L’entreprise a enregistré une augmentation de 90 % de ses ventes aux Etats-Unis durant l’exercice financier qui vient de s’achever.

Les centaines de milliers d’usines chinoises subissent la hausse rapide des coûts des matières premières. Pétrole, minerai de fer et métaux sont à l’origine d’une augmentation de 9 % des prix de sortie d’usine en mai en glissement annuel, soit la plus forte en près de 13 ans.

La hausse des prix constitue un casse-tête pour les banquiers centraux d’économies émergentes comme le Brésil et la Russie, où l’inflation atteint ses niveaux les plus élevés depuis des années. Ces deux pays ont déjà relevé leur taux directeur trois fois cette année afin de soutenir leur monnaie, entraînant un renchérissement des coûts d’emprunt alors même qu’ils continuent de lutter contre la pandémie. La moindre poussée d’inflation peut déstabiliser les investisseurs et causer une dépréciation des monnaies, réduisant la capacité des entreprises et des ménages à assurer le service de leur dette, laquelle est souvent libellée en dollars ou en euros.

 

Au Canada, la vigueur de la croissance américaine stimule les exportations, tirant à la hausse les prix du pétrole et soutenant le dollar canadien, dont la valeur atteint son niveau le plus élevé en six ans face au billet vert. L’inflation canadienne a grimpé à 3,6 %, un plus-haut en dix ans, poussant la banque centrale à relâcher ses mesures extraordinaires de relance malgré une troisième vague de Covid-19 qui devrait peser sur la croissance. La banque centrale a ralenti son programme d’achats d’actifs en avril, devenant la première du G7 à prendre une telle décision.

De son côté, la Banque centrale européenne a renforcé ses achats d’obligations en mars, dans le but de faire baisser les rendements des emprunts d’Etat, invoquant une hausse mondiale des coûts d’emprunt en partie imputable « aux anticipations d’inflation et aux prévisions de croissance du PIB aux Etats-Unis ». La relance monétaire de la BCE permet de contenir les coûts d’emprunt tout en maintenant le taux de change de l’euro face au dollar à un niveau bas, paramètre essentiel pour une région très dépendante des exportations.

Deux mois plus tard, la BCE a lancé une mise en garde contre les risques accrus de correction sur le marché immobilier résidentiel de la zone euro, sur fond de signes de surévaluation

Anthony Harrup, Juan Carlos Rivera et Megumi Fujikawa ont contribué à cet article

Économie–Reprise mondiale : impulsée par la consommation des États-Unis

Économie–Reprise mondiale : impulsée par la consommation des États-Unis

 

La relance fédérale et l’épargne accumulée durant la pandémie stimulent la consommation aux Etats-Unis et la croissance dans le reste du monde d’après Tom Fairless et Stella Yifan Xie  du Wall Street Journal (Extrait)

 

 

Stimulée par une relance de près de 6 000 milliards de dollars et avide de produits fabriqués dans le monde entier, l’économie américaine endosse aujourd’hui le rôle qu’avait joué la Chine au lendemain de la crise financière de 2008, observent les économistes.

Si le reste du monde se félicite largement de l’explosion de la demande dans la première économie mondiale, l’ampleur de l’expansion américaine produit un effet ricochet sur les marchés financiers et entraîne des perturbations à travers la planète – goulots d’étranglement dans le transport maritime en Asie orientale, impacts sur les devises et envolée des prix des matières premières.

«

Rapporté au PIB mondial, le plan de relance budgétaire américain est environ sept fois plus important que ne l’était celui de la Chine au lendemain de la crise financière de 2008.

A lui seul, le dernier plan de dépenses des Etats-Unis devrait accroître la production dans des proportions pouvant atteindre 0,5 point de pourcentage au Japon, en Chine et dans la zone euro au cours des douze prochains mois, et un point de pourcentage au Canada et au Mexique, selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). En mai, l’OCDE a relevé sa prévision de croissance de l’économie mondiale à 5,8 % pour 2021, ce qui en ferait l’expansion la plus rapide depuis 1973.

 

L’effet ricochet de la vigoureuse croissance américaine sur le système financier mondial dépasse de loin celui de la Chine après 2008 ou aujourd’hui, car les marchés financiers chinois demeurent relativement isolés, tandis que le dollar domine les marchés internationaux de la dette ainsi que les réserves de change.

Mais ce que l’économie américaine florissante donne d’une main, elle le reprend d’une autre. Le reste du monde peut profiter de la forte augmentation des échanges commerciaux mais de nombreux pays risquent de pâtir d’une accélération de l’inflation, d’une appréciation du dollar et de la hausse des rendements obligataires, autant de facteurs susceptibles de limiter leur reprise.

Le billet vert s’est renchéri face aux autres monnaies depuis que les banquiers centraux de la Réserve fédérale ont indiqué mi-juin qu’ils comptaient relever les taux d’intérêt d’ici à la fin 2023. Pour contrecarrer la dépréciation de leurs propres monnaies et contrôler l’inflation, les banques centrales russe, brésilienne et turque ont augmenté leurs propres taux d’intérêt à plusieurs reprises ces dernières semaines.

La politique monétaire ultra-accommodante de la Fed a permis jusqu’ici de contrôler les flux financiers à destination des Etats-Unis, mais tout changement créerait un risque pour de nombreux marchés émergents

La dernière chose dont ont besoin les marchés émergents en ce moment est une hausse des coûts d’emprunt, note Tamara Basic Vasiljev, économiste chez Oxford Economics à Londres. « Mais si votre économie est dollarisée, vous êtes contraint de relever vos taux même si vous pensez que cela ne résoudra aucun problème », ajoute-t-elle.

La politique monétaire ultra-accommodante de la Fed a permis jusqu’ici de contrôler les flux financiers à destination des Etats-Unis, mais tout changement créerait un risque pour de nombreux marchés émergents, notamment ceux qui accusent d’importants déficits des comptes courants.

Un mouvement mondial de hausse des taux d’intérêt, avec la Fed à sa tête, pourrait freiner la reprise dans certaines régions, au moment même où la dette des pays émergents atteint un niveau record de plus de 86 000 milliards de dollars, selon l’Institut de la finance internationale.

Si la Fed maintient ses taux bas, néanmoins, elle risque de favoriser la création de bulles sur les marchés mondiaux d’actifs. Les banques centrales des pays scandinaves ainsi que celle de la Corée du Sud ont annoncé leur intention de resserrer leur politique monétaire en partie pour contrer le développement potentiel de bulles, notamment dans l’immobilier.

Le boom de la demande américaine pourrait aider les Etats-Unis à renforcer leurs relations économiques avec leurs alliés à l’heure où la Chine se replie de plus en plus sur son marché intérieur et où ses autorités suscitent une méfiance croissante dans le monde.

Si les Etats-Unis restent la première économie mondiale, leur influence économique et politique en Asie a souffert de l’essor chinois durant la décennie passée. Des pays comme l’Australie ou Taïwan sont plus vulnérables aux pressions économiques chinoises lorsque Pékin décide de limiter ou de suspendre les échanges de certains biens en vue d’atteindre ses objectifs politiques.

L’économie chinoise devrait croître de 8,5 % cette année, selon l’OCDE, et son expansion jusqu’en 2026 devrait représenter l’équivalent du PIB de l’Australie chaque année.

L’économie américaine de son côté devrait connaître sa plus forte reprise depuis le début des années 1980, forte d’un taux de croissance de 6,9 % cette année, d’après l’OCDE. Ce dynamisme est crucial pour l’économie mondiale car les consommateurs américains sont la pierre angulaire du commerce mondial. Les Etats-Unis représentent environ 27 % des dépenses mondiales de consommation finale, contre seulement 11 % pour la Chine, selon des chiffres de 2017 de Deloitte.

Une grande partie de la production économique des autres pays est tributaire des dépenses des consommateurs américains, lesquelles sont attendues en hausse d’environ 10 % en 2021 par rapport à 2020, une fois corrigées de l’inflation – soit leur plus forte augmentation depuis 1946, selon Oxford Economics.

Les revenus des Américains ont continué de progresser durant la pandémie. Les ménages américains ont accumulé 2 600 milliards de dollars d’« épargne excédentaire », selon les calculs de Moody’s, qui a comparé leur comportement en 2020 à celui de 2019, et leurs dépenses sont très fortement orientées vers des biens fabriqués à l’étranger.

Les Etats-Unis devraient enregistrer environ 170 milliards de dollars d’importations supplémentaires chaque année jusqu’en 2026, contre 140 milliards pour la Chine, selon HSBC.

Ils dépenseront cette année en importations 876 milliards de dollars de plus que ce qu’ils tirent de leurs exportations – soit un déficit record des comptes courants – tandis que la Chine verra ses exportations dépasser de 274 milliards de dollars ses importations, selon le Fonds monétaire international. La Chine, qui affichait déjà l’année dernière l’excédent des comptes courant le plus élevé du monde, a enregistré une augmentation de près de 40 % de ses exportations au premier trimestre 2021 en glissement annuel.

L’ampleur de la demande américaine d’importations contraste nettement avec la situation observée au lendemain de la crise financière de 2008, lorsque de nombreux ménages cherchaient avant tout à rembourser leurs dettes.

La perspective de plusieurs années d’expansion aux Etats-Unis incite de nombreuses entreprises dans le monde à investir dans de nouvelles capacités de production. Morgan Stanley anticipe une hausse des investissements mondiaux, en données corrigées de l’inflation, de plus d’un cinquième d’ici à la fin 2022 par rapport aux niveaux de l’avant-pandémie, après plusieurs années de croissance médiocre.

Cette évolution est particulièrement importante pour la Chine, où l’augmentation des investissements et la vigueur de la demande d’exportations permettront de contrebalancer une reprise beaucoup plus lente de la consommation intérieure, selon l’OCDE.

 

 

L’ampleur du rebond américain n’est pas sans causer des tensions à travers le monde, cependant. Là où le boom tiré par la Chine avait entraîné une hausse des prix des matières premières, la reprise américaine provoque le renchérissement d’un très grand nombre de biens de consommation.

La forte demande d’appareils électroniques comme les ordinateurs portables, les téléphones mobiles et les téléviseurs durant la pandémie s’est traduite par une pénurie d’étain, dont les cours se sont approchés de niveaux record. La demande mondiale a toutefois été freinée par la faiblesse de la consommation des ménages dans l’Union européenne et dans les grands pays d’Amérique latine comme le Mexique et le Brésil.

Certains constructeurs navals demandent à leurs clients de payer un supplément pour la livraison de nouveaux navires parce que les prix de l’acier ont augmenté. Wildlife World, entreprise britannique qui fournit de la nourriture et des équipements pour animaux ainsi que des caméras pour observer la vie sauvage, a vu les coûts d’envoi de ses produits quasiment sextupler, indique Vanessa McDonald, directrice des ventes.

Une partie de cette hausse est répercutée sur la clientèle. « Tout le monde accepte des hausses de prix importantes, observe Mme McDonald. Je n’ai jamais vu une telle demande. » L’entreprise a enregistré une augmentation de 90 % de ses ventes aux Etats-Unis durant l’exercice financier qui vient de s’achever.

Les centaines de milliers d’usines chinoises subissent la hausse rapide des coûts des matières premières. Pétrole, minerai de fer et métaux sont à l’origine d’une augmentation de 9 % des prix de sortie d’usine en mai en glissement annuel, soit la plus forte en près de 13 ans.

La hausse des prix constitue un casse-tête pour les banquiers centraux d’économies émergentes comme le Brésil et la Russie, où l’inflation atteint ses niveaux les plus élevés depuis des années. Ces deux pays ont déjà relevé leur taux directeur trois fois cette année afin de soutenir leur monnaie, entraînant un renchérissement des coûts d’emprunt alors même qu’ils continuent de lutter contre la pandémie. La moindre poussée d’inflation peut déstabiliser les investisseurs et causer une dépréciation des monnaies, réduisant la capacité des entreprises et des ménages à assurer le service de leur dette, laquelle est souvent libellée en dollars ou en euros.

 

Au Canada, la vigueur de la croissance américaine stimule les exportations, tirant à la hausse les prix du pétrole et soutenant le dollar canadien, dont la valeur atteint son niveau le plus élevé en six ans face au billet vert. L’inflation canadienne a grimpé à 3,6 %, un plus-haut en dix ans, poussant la banque centrale à relâcher ses mesures extraordinaires de relance malgré une troisième vague de Covid-19 qui devrait peser sur la croissance. La banque centrale a ralenti son programme d’achats d’actifs en avril, devenant la première du G7 à prendre une telle décision.

De son côté, la Banque centrale européenne a renforcé ses achats d’obligations en mars, dans le but de faire baisser les rendements des emprunts d’Etat, invoquant une hausse mondiale des coûts d’emprunt en partie imputable « aux anticipations d’inflation et aux prévisions de croissance du PIB aux Etats-Unis ». La relance monétaire de la BCE permet de contenir les coûts d’emprunt tout en maintenant le taux de change de l’euro face au dollar à un niveau bas, paramètre essentiel pour une région très dépendante des exportations.

Deux mois plus tard, la BCE a lancé une mise en garde contre les risques accrus de correction sur le marché immobilier résidentiel de la zone euro, sur fond de signes de surévaluation

Reprise mondiale : impulsée par la consommation des États-Unis

Reprise mondiale : impulsée par la consommation des États-Unis

 

La relance fédérale et l’épargne accumulée durant la pandémie stimulent la consommation aux Etats-Unis et la croissance dans le reste du monde d’après Tom Fairless et Stella Yifan Xie  du Wall Street Journal (Extrait)

 

 

 

Stimulée par une relance de près de 6 000 milliards de dollars et avide de produits fabriqués dans le monde entier, l’économie américaine endosse aujourd’hui le rôle qu’avait joué la Chine au lendemain de la crise financière de 2008, observent les économistes.

Si le reste du monde se félicite largement de l’explosion de la demande dans la première économie mondiale, l’ampleur de l’expansion américaine produit un effet ricochet sur les marchés financiers et entraîne des perturbations à travers la planète – goulots d’étranglement dans le transport maritime en Asie orientale, impacts sur les devises et envolée des prix des matières premières.

« Nous nous attendons à voir déferler une vague d’inflation, déclare Angelo Trocchia, directeur général du lunetier italien Safilo, dont l’usine chinoise tourne à plein régime et fait face à l’augmentation des prix de matériaux comme le plastique. Nous avons besoin de savoir comment les banques centrales vont réagir. »

Jusqu’au milieu des années 2000, la croissance mondiale avait été tirée principalement par les Etats-Unis, jusqu’à ce que l’expansion spectaculaire de l’économie chinoise lui fournisse un second moteur, qui s’est souvent révélé plus puissant. A présent, la croissance chinoise, bien qu’encore vigoureuse, devrait décélérer dans le courant de l’année après s’être rapidement remise de la pandémie de Covid-19, le gouvernement cherchant à juguler l’activité de crédit. L’économie européenne, dont la reprise est plus lente et pâtit de la faiblesse des dépenses de consommation, contribue aussi à atténuer l’inflation et la demande mondiales.

A lui seul, le dernier plan de dépenses des Etats-Unis devrait accroître la production dans des proportions pouvant atteindre 0,5 point de pourcentage au Japon, en Chine et dans la zone euro au cours des douze prochains mois

Rapporté au PIB mondial, le plan de relance budgétaire américain est environ sept fois plus important que ne l’était celui de la Chine au lendemain de la crise financière de 2008.

A lui seul, le dernier plan de dépenses des Etats-Unis devrait accroître la production dans des proportions pouvant atteindre 0,5 point de pourcentage au Japon, en Chine et dans la zone euro au cours des douze prochains mois, et un point de pourcentage au Canada et au Mexique, selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). En mai, l’OCDE a relevé sa prévision de croissance de l’économie mondiale à 5,8 % pour 2021, ce qui en ferait l’expansion la plus rapide depuis 1973.

« Ce sont des chiffres considérables, souligne Adam Posen, ancien membre du comité monétaire de la Banque d’Angleterre. La politique budgétaire américaine atteint des proportions inédites en temps de paix. » Le Japon et l’Europe ne peuvent probablement pas dépasser un taux de croissance d’environ 1 % par an, au mieux, dans la durée, estime-t-il. « Dans une certaine mesure, l’Europe, la Chine et le Japon profiteront à bon compte des largesses de la relance budgétaire américaine. »

L’effet ricochet de la vigoureuse croissance américaine sur le système financier mondial dépasse de loin celui de la Chine après 2008 ou aujourd’hui, car les marchés financiers chinois demeurent relativement isolés, tandis que le dollar domine les marchés internationaux de la dette ainsi que les réserves de change.

Mais ce que l’économie américaine florissante donne d’une main, elle le reprend d’une autre. Le reste du monde peut profiter de la forte augmentation des échanges commerciaux mais de nombreux pays risquent de pâtir d’une accélération de l’inflation, d’une appréciation du dollar et de la hausse des rendements obligataires, autant de facteurs susceptibles de limiter leur reprise.

Le billet vert s’est renchéri face aux autres monnaies depuis que les banquiers centraux de la Réserve fédérale ont indiqué mi-juin qu’ils comptaient relever les taux d’intérêt d’ici à la fin 2023. Pour contrecarrer la dépréciation de leurs propres monnaies et contrôler l’inflation, les banques centrales russe, brésilienne et turque ont augmenté leurs propres taux d’intérêt à plusieurs reprises ces dernières semaines.

La politique monétaire ultra-accommodante de la Fed a permis jusqu’ici de contrôler les flux financiers à destination des Etats-Unis, mais tout changement créerait un risque pour de nombreux marchés émergents

La dernière chose dont ont besoin les marchés émergents en ce moment est une hausse des coûts d’emprunt, note Tamara Basic Vasiljev, économiste chez Oxford Economics à Londres. « Mais si votre économie est dollarisée, vous êtes contraint de relever vos taux même si vous pensez que cela ne résoudra aucun problème », ajoute-t-elle.

La politique monétaire ultra-accommodante de la Fed a permis jusqu’ici de contrôler les flux financiers à destination des Etats-Unis, mais tout changement créerait un risque pour de nombreux marchés émergents, notamment ceux qui accusent d’importants déficits des comptes courants.

Un mouvement mondial de hausse des taux d’intérêt, avec la Fed à sa tête, pourrait freiner la reprise dans certaines régions, au moment même où la dette des pays émergents atteint un niveau record de plus de 86 000 milliards de dollars, selon l’Institut de la finance internationale.

Si la Fed maintient ses taux bas, néanmoins, elle risque de favoriser la création de bulles sur les marchés mondiaux d’actifs. Les banques centrales des pays scandinaves ainsi que celle de la Corée du Sud ont annoncé leur intention de resserrer leur politique monétaire en partie pour contrer le développement potentiel de bulles, notamment dans l’immobilier.

Le boom de la demande américaine pourrait aider les Etats-Unis à renforcer leurs relations économiques avec leurs alliés à l’heure où la Chine se replie de plus en plus sur son marché intérieur et où ses autorités suscitent une méfiance croissante dans le monde.

Si les Etats-Unis restent la première économie mondiale, leur influence économique et politique en Asie a souffert de l’essor chinois durant la décennie passée. Des pays comme l’Australie ou Taïwan sont plus vulnérables aux pressions économiques chinoises lorsque Pékin décide de limiter ou de suspendre les échanges de certains biens en vue d’atteindre ses objectifs politiques.

L’économie chinoise devrait croître de 8,5 % cette année, selon l’OCDE, et son expansion jusqu’en 2026 devrait représenter l’équivalent du PIB de l’Australie chaque année.

L’économie américaine de son côté devrait connaître sa plus forte reprise depuis le début des années 1980, forte d’un taux de croissance de 6,9 % cette année, d’après l’OCDE. Ce dynamisme est crucial pour l’économie mondiale car les consommateurs américains sont la pierre angulaire du commerce mondial. Les Etats-Unis représentent environ 27 % des dépenses mondiales de consommation finale, contre seulement 11 % pour la Chine, selon des chiffres de 2017 de Deloitte.

Une grande partie de la production économique des autres pays est tributaire des dépenses des consommateurs américains, lesquelles sont attendues en hausse d’environ 10 % en 2021 par rapport à 2020, une fois corrigées de l’inflation – soit leur plus forte augmentation depuis 1946, selon Oxford Economics.

Les revenus des Américains ont continué de progresser durant la pandémie. Les ménages américains ont accumulé 2 600 milliards de dollars d’« épargne excédentaire », selon les calculs de Moody’s, qui a comparé leur comportement en 2020 à celui de 2019, et leurs dépenses sont très fortement orientées vers des biens fabriqués à l’étranger.

Les Etats-Unis devraient enregistrer environ 170 milliards de dollars d’importations supplémentaires chaque année jusqu’en 2026, contre 140 milliards pour la Chine, selon HSBC.

Ils dépenseront cette année en importations 876 milliards de dollars de plus que ce qu’ils tirent de leurs exportations – soit un déficit record des comptes courants – tandis que la Chine verra ses exportations dépasser de 274 milliards de dollars ses importations, selon le Fonds monétaire international. La Chine, qui affichait déjà l’année dernière l’excédent des comptes courant le plus élevé du monde, a enregistré une augmentation de près de 40 % de ses exportations au premier trimestre 2021 en glissement annuel.

L’ampleur de la demande américaine d’importations contraste nettement avec la situation observée au lendemain de la crise financière de 2008, lorsque de nombreux ménages cherchaient avant tout à rembourser leurs dettes.

La perspective de plusieurs années d’expansion aux Etats-Unis incite de nombreuses entreprises dans le monde à investir dans de nouvelles capacités de production. Morgan Stanley anticipe une hausse des investissements mondiaux, en données corrigées de l’inflation, de plus d’un cinquième d’ici à la fin 2022 par rapport aux niveaux de l’avant-pandémie, après plusieurs années de croissance médiocre.

Cette évolution est particulièrement importante pour la Chine, où l’augmentation des investissements et la vigueur de la demande d’exportations permettront de contrebalancer une reprise beaucoup plus lente de la consommation intérieure, selon l’OCDE.

 

Les entreprises allemandes de construction mécanique observent une envolée de la demande d’équipements à destination des usines asiatiques exportant leurs produits aux Etats-Unis. Taiwan Semiconductor Manufacturing a annoncé de vastes projets d’investissement visant à augmenter la production de semi-conducteurs, destinés pour l’essentiel aux Etats-Unis. Les exploitants agricoles de pays comme le Brésil commandent des machines pour pouvoir satisfaire la demande américaine croissante en huiles, entre autres.

« Les entreprises procèdent actuellement aux investissements qu’elles avaient reportés », explique Ayumi Hayashida, responsable des relations publiques et des relations avec les investisseurs du fabricant de robots industriels Yaskawa Electric. Celui-ci a vu ses commandes à destination de l’Amérique du Nord bondir de 26 % entre décembre et février par rapport au trimestre précédent.

L’expansion du marché immobilier américain a conduit Uponor Oyj, spécialiste finlandais de la tuyauterie dont les produits équipent environ un tiers des nouveaux logements aux Etats-Unis, à accroître le nombre de ses lignes de production « aussi rapidement que nos ingénieurs pouvaient les commander » sur un site de fabrication récemment acheté dans le Minnesota, explique le directeur général de l’entreprise, Jyri Luomakoski. Les ventes d’Uponor Oyj en Amérique du Nord ont progressé de 22 % au premier trimestre en glissement annuel, contre 8 % environ en Europe.

L’ampleur des bénéfices réalisés par des spécialistes du transport maritime comme A.P. Moller-Maersk, CMA CGM et Hapag-Lloyd incite ces entreprises à étoffer leurs flottes. Sur les cinq premiers mois de 2021, les commandes de nouveaux porte-conteneurs ont été presque deux fois plus importantes que le total de celles de 2019 et 2020, selon le fournisseur de données spécialisé VesselsValue.

 

La politique d’argent facile de la Fed a servi de couverture aux gouvernements et banques centrales dans le monde entier – y compris dans des pays émergents déjà très endettés comme le Brésil – pour ouvrir eux aussi généreusement les vannes du crédit bon marché et des dépenses publiques.

« Le fait que la Réserve fédérale ait l’intention de laisser ses taux d’intérêt inchangés pendant deux ans nous permet de respirer, a déclaré Jonathan Heath, gouverneur adjoint de la banque centrale mexicaine, lors d’un entretien le 31 mai. En temps normal, nous serions clairement en train de relever nos taux. »

L’ampleur du rebond américain n’est pas sans causer des tensions à travers le monde, cependant. Là où le boom tiré par la Chine avait entraîné une hausse des prix des matières premières, la reprise américaine provoque le renchérissement d’un très grand nombre de biens de consommation.

La forte demande d’appareils électroniques comme les ordinateurs portables, les téléphones mobiles et les téléviseurs durant la pandémie s’est traduite par une pénurie d’étain, dont les cours se sont approchés de niveaux record. La demande mondiale a toutefois été freinée par la faiblesse de la consommation des ménages dans l’Union européenne et dans les grands pays d’Amérique latine comme le Mexique et le Brésil.

Certains constructeurs navals demandent à leurs clients de payer un supplément pour la livraison de nouveaux navires parce que les prix de l’acier ont augmenté. Wildlife World, entreprise britannique qui fournit de la nourriture et des équipements pour animaux ainsi que des caméras pour observer la vie sauvage, a vu les coûts d’envoi de ses produits quasiment sextupler, indique Vanessa McDonald, directrice des ventes.

Une partie de cette hausse est répercutée sur la clientèle. « Tout le monde accepte des hausses de prix importantes, observe Mme McDonald. Je n’ai jamais vu une telle demande. » L’entreprise a enregistré une augmentation de 90 % de ses ventes aux Etats-Unis durant l’exercice financier qui vient de s’achever.

Les centaines de milliers d’usines chinoises subissent la hausse rapide des coûts des matières premières. Pétrole, minerai de fer et métaux sont à l’origine d’une augmentation de 9 % des prix de sortie d’usine en mai en glissement annuel, soit la plus forte en près de 13 ans.

La hausse des prix constitue un casse-tête pour les banquiers centraux d’économies émergentes comme le Brésil et la Russie, où l’inflation atteint ses niveaux les plus élevés depuis des années. Ces deux pays ont déjà relevé leur taux directeur trois fois cette année afin de soutenir leur monnaie, entraînant un renchérissement des coûts d’emprunt alors même qu’ils continuent de lutter contre la pandémie. La moindre poussée d’inflation peut déstabiliser les investisseurs et causer une dépréciation des monnaies, réduisant la capacité des entreprises et des ménages à assurer le service de leur dette, laquelle est souvent libellée en dollars ou en euros.

 

Au Canada, la vigueur de la croissance américaine stimule les exportations, tirant à la hausse les prix du pétrole et soutenant le dollar canadien, dont la valeur atteint son niveau le plus élevé en six ans face au billet vert. L’inflation canadienne a grimpé à 3,6 %, un plus-haut en dix ans, poussant la banque centrale à relâcher ses mesures extraordinaires de relance malgré une troisième vague de Covid-19 qui devrait peser sur la croissance. La banque centrale a ralenti son programme d’achats d’actifs en avril, devenant la première du G7 à prendre une telle décision.

De son côté, la Banque centrale européenne a renforcé ses achats d’obligations en mars, dans le but de faire baisser les rendements des emprunts d’Etat, invoquant une hausse mondiale des coûts d’emprunt en partie imputable « aux anticipations d’inflation et aux prévisions de croissance du PIB aux Etats-Unis ». La relance monétaire de la BCE permet de contenir les coûts d’emprunt tout en maintenant le taux de change de l’euro face au dollar à un niveau bas, paramètre essentiel pour une région très dépendante des exportations.

Deux mois plus tard, la BCE a lancé une mise en garde contre les risques accrus de correction sur le marché immobilier résidentiel de la zone euro, sur fond de signes de surévaluation

Anthony Harrup, Juan Carlos Rivera et Megumi Fujikawa ont contribué à cet article

Croissance États-Unis : la reprise grâce à l’investissement

Croissance États-Unis : la reprise grâce à l’investissement

Un article de Sarah Chaney Cambon Dans le Wall Street Journal

Aux Etats-Unis, l’investissement s’impose peu à peu comme un élément phare de la reprise.

Ordinateurs, machines, logiciels : de plus en plus confiantes en l’avenir, les entreprises multiplient les achats.

Au premier trimestre, portées par les logiciels et les équipements technologiques, les dépenses non résidentielles en actifs fixes, qui permettent d’apprécier les dépenses des entreprises, ont progressé de 11,7 % sur un an en données corrigées des variations saisonnières, selon le département du Commerce. Après s’être effondré en raison des confinements, l’investissement avait déjà enregistré une hausse à deux chiffres au troisième et au quatrième trimestre 2020. Il a désormais dépassé le niveau qu’il atteignait avant la pandémie.

Les commandes de biens d’équipement hors défense et hors avions, qui permettent aussi de voir comment évolue l’investissement, frôlent leur plus haut niveau depuis le lancement de cette série statistique dans les années 1990, révèle une autre publication du département du Commerce.

« L’investissement des entreprises a été un moteur important de la reprise économique américaine », analyse Robert Rosener, économiste senior spécialiste des Etats-Unis chez Morgan Stanely. Pour nous, c’est sans conteste un point positif pour l’avenir. »

Les dépenses des ménages, qui représentent environ deux tiers de l’activité économique, portent le début de la reprise. Profitant de leur épargne et des aides publiques, les Américains ont acheté des biens et des services, ce qu’ils n’avaient pas réellement pu faire pendant la pandémie.

Pour que cette reprise se poursuive une fois que l’impulsion donnée par la relance budgétaire et la réouverture des magasins s’estompera, il faut que l’investissement prenne le relais, estiment certains économistes.

De fait, plus d’investissement, c’est plus de croissance, mais aussi plus de productivité, c’est-à-dire de production par heure travaillée. Cette variable, qui n’avait connu qu’une hausse poussive lors de la dernière expansion économique, semble cette fois-ci rebondir.

Le rebond de l’investissement semble bien plus net que celui qui avait suivi la récession de 2007-2009. « Les événements, surtout fin 2008 et début 2009, ont beaucoup fait souffrir les entreprises, souligne Phil Suttle, fondateur de Suttle Economics. Pour moi, beaucoup d’entre elles se sont dit qu’il valait mieux être prudentes pendant un certain temps. »

Aujourd’hui, le risque semble leur faire moins peur.

Après la crise financière, les entreprises se sont développées en recrutant des salariés plutôt qu’en investissant dans du matériel : abondante et relativement bon marché, la main-d’œuvre était plus intéressante que le capital fixe. Aujourd’hui, les travailleurs se font plus rares. Les entreprises augmentent les salaires pour attirer les talents et il leur semble donc plus pertinent d’investir.

Selon les économistes de Morgan Stanley, l’investissement devrait atteindre 116 % de son niveau d’avant-récession d’ici trois ans. A titre de comparaison, il lui avait fallu dix ans pour y arriver après la crise de 2007-2009.

De fait, les chefs d’entreprise sont de plus en plus optimistes pour l’économie. L’indice Business Roundtable des perspectives économiques, qui traduit les projets des grandes entreprises en matière de recrutement et de dépenses et leurs prévisions commerciales, a progressé de 9 points au deuxième trimestre, à 116, frôlant son record de 2018, révèle l’enquête réalisée entre le 25 mai et le 9 juin. Au deuxième trimestre, 59 % des entreprises disaient vouloir augmenter leurs investissements, contre 57 % au premier.

« La demande liée à la réouverture est vraiment forte et l’investissement s’inscrit souvent dans cette dynamique », affirme Joe Song, économiste senior spécialiste des Etats-Unis chez BofA Securities.

Selon lui, la confiance et l’investissement devraient aussi profiter d’une moindre incertitude quant aux relations commerciales entre la Chine et les Etats-Unis. « A tout le moins, les entreprises comprendront la stratégie que l’administration Biden essaie de suivre et pourront s’organiser en fonction », explique-t-il.

Une partie du rebond de l’investissement est liée au manque de matières premières auquel beaucoup d’industriels ont été confrontés ces derniers mois.

« Le problème des goulets d’étranglement logistiques que l’on observe aujourd’hui, c’est l’accumulation des commandes », souligne Robert Rosener, qui ajoute que cette accumulation a dopé l’activité industrielle.

La demande en biens manufacturés a augmenté en mai et les stocks sont tombés à un point bas historique, d’après l’enquête de l’Institute for Supply Management (ISM).

Le secteur secondaire est très gourmand en capital : il faut un investissement bien plus important pour fabriquer une voiture que pour servir un repas au restaurant, explique Robert Rosener. D’après lui, la production devrait rester dynamique pendant plusieurs trimestres encore puisque les entreprises reconstituent leurs stocks.

Et, même à plus long terme, les perspectives de l’investissement sont radieuses. Bien que l’incertitude économique ait tendance à dissuader les entreprises d’investir, un événement comme la Covid-19 les encourage à le faire. La pandémie a obligé les entreprises à limiter les contacts entre consommateurs et salariés, ce qui les a poussées à investir dans des technologies numériques qui permettent d’augmenter la productivité, une tendance que beaucoup d’économistes considèrent comme durable.

« Le secteur des services, tous segments confondus, utilise beaucoup la technologie, souligne Phil Suttle. Et c’est forcément difficile à faire sans acheter davantage. »

États-Unis : l’immense plan infrastructures

  • États-Unis : l’immense plan infrastructures
  • le plan massif de 200 milliards de $ d’investissements sur huit ans a reçu le soutien suffisant de démocrates et de républicains aux États-Unis.
  • Le plan de relance s’appuiera notamment sur cette stratégie de développement des infrastructures mais en même temps aussi sur ce que les démocrates appellent les «infrastructures familiales» ou «humaines».
  • .
  • La présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a fermement indiqué jeudi qu’elle n’organiserait pas de vote sur le texte de consensus entre républicains et démocrates sur les infrastructures «à moins» que le Sénat approuve aussi l’autre projet démocrate, qui devrait comprendre les grandes priorités sociales de l’administration Biden – aides aux personnes d’âgées, gardes d’enfant etc. – et ses grandes mesures pour lutter contre le changement climatique.
  •  L’équilibre pour maintenir les accords de part et d’autre s’annonce toutefois très délicat. S’ils veulent que les projets de lois survivent, les chefs démocrates doivent impérativement s’assurer du soutien aussi bien de leurs élus plus conservateurs que des plus progressistes, tout en maintenant celui des républicains centristes sur les infrastructures.

 

États-Unis : le maoïsme de retour , la culture «woke» veut chasser le grec et le latin des universités

États-Unis : le maoïsme de retour , la culture «woke» veut chasser le grec et le latin des universités

 

 

Avec la cultureWoke c’est la purge maoïste qui se développe à nouveau chez les intellectuels aux États-Unis qui désormais militent pour la suppression du grec et du latin !

 

En faite c’est le développement de cultures mortifères qui veulent balayer le passé comme si la suppression du grec ou du latin pouvait changer quelque chose à ce qu’a été l’histoire, en plus une histoire universelle au moins pour les occidentaux.

 

En France, le même mouvement « cancel culture » travaillent  professeur et étudiants de gauche. Sans doute les mêmes qui dans 20 ou 30 ans seront de gras patrons très libéraux comme ont été nombre d’étudiants extrémistes de 1968.

 

Cette culture Woke  traduit le grand désarroi de certains universitaires qui ne savent plus à quelle idéologie se raccrocher. Ces démarches s’appuient aussi sur une grande démagogie vers la jeunesse qu’elle encourage au simplisme et à la condamnation de tout universalisme.

 

En France aussi, mimant le courant américain, certains ont la prétention de déconstruire l’existant  pour lui substituer sans doute une idéologie totalitaire de type néo maoïste.

Nouvelle régulation du secteur de la viande aux États-Unis ?

Nouvelle régulation du secteur de la viande aux États-Unis ?

 

Aux États-Unis est peut-être encore plus qu’ailleurs les producteurs ne sont pas les principaux bénéficiaires de la filière. D’où une réforme envisagée par le département américain de l’agriculture.

(Un article du Wall Street Journal)

Conséquence de plaintes contre l’emprise qu’exerceraient des entreprises de conditionnement de viande sur les marchés et les éleveurs, l’industrie de la viande américaine est soumise à une surveillance de plus en plus stricte à Washington où parlementaires et régulateurs appellent à la réforme d’un secteur qui pèse 213 milliards de dollars.

Le département de l’Agriculture américain (USDA) vient d’annoncer qu’il était en train d’élaborer de nouvelles règles visant à changer le mode de rémunération des éleveurs de volailles par des entreprises comme Tyson Foods et Pilgrim’s Pride, tout en facilitant pour ces éleveurs la possibilité de porter des litiges devant les tribunaux. Au Congrès, élus républicains et démocrates ont proposé une loi qui obligerait les conditionneurs de viande bovine comme Cargill et JBS USA à acheter davantage de bétail dans les marchés ouverts et à instaurer des prix minimums par région.

En juin, le Sénat a mis au point un projet de loi distinct impliquant la nomination d’un enquêteur spécial chargé de veiller au respect des régulations du secteur et d’examiner les éventuels comportements anti-concurrentiels. Le comité sénatorial chargé de l’agriculture doit tenir une séance mercredi 23 juin pour étudier les modes d’achats de bestiaux des entreprises de conditionnement de viande et la manière dont ceux-ci affectent les marchés du bétail et les prix du steak pour les consommateurs.

« L’industrie alimentaire américaine a un problème de monopole. Nous projetons de faire beaucoup de choses pour ramener la concurrence dans le marché »

Ces initiatives ont été motivées par la frustration croissante de certains éleveurs face à l’ampleur prise par les plus gros acteurs du conditionnement de viande du pays. Eleveurs et exploitants de ranchs se plaignent que les entreprises de conditionnement aient vu leurs profits grimper de façon conséquente alors que leurs revenus à eux déclinaient, notamment suite à des fermetures d’usines en 2020 à cause de la pandémie et de la cyberattaque dont JBS a été victime au mois de mai dernier. Ces problèmes succèdent à des années de prix des matières premières agricoles au plus bas, ce qui a contribué à pousser de nombreux producteurs à la faillite.

Selon Andy Green, conseiller de l’USDA pour le respect du libre jeu de la concurrence, certains problèmes des éleveurs viennent du fait qu’une seule poignée d’entreprises contrôle l’essentiel du conditionnement de viande aux Etats-Unis.

« L’industrie alimentaire américaine a un problème de monopole » explique M. Green, ancien haut conseiller en politique économique au think tank Center for American Progress, et qui a rejoint le département de l’Agriculture en début d’année. « Nous projetons de faire beaucoup de choses pour ramener la concurrence dans le marché ».

Près des trois-quarts de la viande bovine américaine passent entre les mains de JBS, Tyson, Cargill et National Beef Packing. Pour le porc, ce sont Smithfield Foods, JBS et Tyson qui représentent environ 60 % du marché, et dans le domaine de la volaille, les cinq principaux acteurs — y compris Tyson et Pilgrim’s Pride, filiale de JBS — gèrent 60 % des ailes, du blanc de poulet et autres produits issus de la volaille dans le pays, selon les estimations du secteur.

Les porte-parole de Tyson, Cargill, JBS et Smithfield se sont refusés à tout commentaire. Un porte-parole de National Beef n’a pas répondu à nos sollicitations.

Le North American Meat Institute, qui représente les entreprises de conditionnement de viande, s’oppose à une augmentation des régulations dans le secteur. Mark Dopp, qui dirige le service chargé des réglementations de ce groupe, affirme que les règles envisagées par l’USDA réduiraient les possibilités de vente du cheptel pour les éleveurs, faciliteraient les actions en justice futiles et pourraient avoir pour conséquence une augmentation des prix des steaks hachés et des blancs de poulet pour les consommateurs.

Ce n’est pas la première fois que l’industrie de la viande se voit confrontée à une tentative de remaniement, expose M. Dopp. Sous l’administration Obama, l’USDA avait proposé le même genre de réglementations qui avaient ensuite été bloquées par le Congrès et devant les tribunaux, raconte-t-il : « c’était une mauvaise idée à l’époque, et ça l’est toujours. »

Sur le marché du bétail, la part des quatre grands du secteur de la transformation de viande bovine est restée relativement constante depuis 25 ans, selon les données compilées par le North American Meat Institute, tandis que certains producteurs de bétail enregistraient encore des profits records en 2014. La récente baisse des prix à laquelle sont soumis les propriétaires de ranchs est une manifestation des forces du marché fondamentales, explique M. Dopp, car les perturbations qui ont poussé à la fermeture des usines de viande ont eu pour conséquence une augmentation de l’offre de bétail, tirant les prix vers le bas.

Pour M. Green, de l’USDA, ces épisodes montrent les vulnérabilités qui découlent de la concentration et la nécessité de réduire la dépendance des éleveurs et des consommateurs vis-à-vis d’un petit nombre de grandes entreprises. En juin, l’USDA a annoncé qu’il accorderait des subventions et des prêts afin de soutenir de nouvelles usines de conditionnement de viande plus petites dans le cadre d’un programme de 4 milliards de dollars visant à renforcer le système alimentaire des Etats-Unis.

En Caroline du Nord, Reid Phifer, éleveur de volaille à la retraite, explique avoir fait pression pendant des années sur l’USDA et les élus du Congrès pour renforcer ce qu’il estime être des protections nécessaires pour les fermiers élevant de la volaille à destination des entreprises de conditionnement.

Le système appelé « tournoi », utilisé par certains conditionneurs de volaille pour déterminer le prix payé aux éleveurs de poulets, montre à quel point une réforme est nécessaire, dit-il. Avec ce système, les éleveurs sont en concurrence entre eux pour la rémunération, et c’est celui réussit le mieux qui décroche les meilleurs tarifs tandis que les éleveurs moins productifs reçoivent une rétribution plus basse.

« Le système de tournoi est l’une des pires choses qui puisse arriver à un éleveur de volailles, mais l’une des plus ingénieuses pour une entreprise de conditionnement de poulet » déplore M. Phifer, administrateur de l’association d’éleveurs Owners/Operators of Commercial Poultry Farms in the USA. Comme les grandes entreprises fournissent les poussins et la nourriture, explique-t-il, les éleveurs ont très peu de contrôle sur leurs revenus.

M. Green affirme que l’USDA a l’intention de modifier ce système, mais n’a pas voulu apporter de précision sur la méthode. Le National Chicken Council, qui représente les acteurs du secteur de la volaille aux Etats-Unis, a déclaré envisager d’examiner les propositions et de travailler avec l’USDA et d’autres groupes pour faire évoluer la réglementation.

(Traduit à partir de la version originale en anglais par Bérengère Viennot)

Traduit à partir de la version originale en anglais

Etats-Unis Obamacare : la Cour suprême contre Trump

Etats-Unis Obamacare : la Cour suprême contre Trump

La loi santé phare de l’ancien président démocrate a été confirmée par sept juges sur neuf. Les conservateurs nommés par Trump se sont rangés du côté des progressistes.

La Cour suprême a annoncé jeudi son refus d’invalider l’Affordable Care Act (ACA), surnommée Obamacare, la loi santé emblématique de l’ancien président démocrate. La décision de la plus haute instance judiciaire des Etats-Unis, prise à la majorité de sept juges sur neuf, préserve la couverture maladie de millions d’Américains. «Une victoire historique pour le travail des démocrates […] contre les tentatives acharnées des républicains de démanteler» la protection santé de la population, a célébré dans la foulée la speaker de la Chambre des représentants, la démocrate Nancy Pelosi.

Cette décision est un nouveau camouflet pour certains Etats républicains, comme le Texas, à l’initiative de la procédure, ainsi que pour Donald Trump.

Le maïs biocarburant …. aux États-Unis

Le  maïs biocarburant …. aux États-Unis

 

 

L’incompétence et l’irresponsabilité des écolos bobos qui repeignent tout en vert même les solutions les plus discutables et les plus noirs a conduit les États-Unis à une réglementation qui impose d’introduire du  carburant issu du maïs dans le pétrole et l’essence. Un contresens écologique et économique évidemment qui pourrait être remis en cause aux États-Unis. Du coup, les cours du maïs mais aussi du soja sont nettement orientés à la baisse.

Le maïs, dont une part importante de la production aux Etats-Unis est utilisée pour produire du bioéthanol, a donc accusé des pertes importantes. Le soja a lui été affecté, par ricochet, par la dégringolade des prix de l’huile de soja, dont se servent aussi les raffineurs pour produire du biocarburant.

Extraterritorialité du droit: le Royaume-Uni imite les États-Unis

Extraterritorialité du droit: le Royaume-Uni imite les États-Unis

 

Avec le Brexit, Londres s’est émancipé de la règle d’unanimité qui prévaut dans l’UE en matière de politique étrangèreet t peut désormais sanctionner les succursales européennes d’entreprises britanniques pour des faits qui seraient commis n’importe où dans le monde, analysent les deux avocats Olivier Attias et Manon Krouti  du cabinet August Debouzy (Dans l’Opinion)

 

 

L’adoption récente par le Royaume-Uni du Global anti-corruption sanctions regulations (le « règlement GAC », conçu pour cibler les personnes impliquées dans des affaires de corruption d’agent public) n’en demeure pas moins un nouveau témoignage hautement stratégique de la nouvelle réalité géopolitique suscitée par le Brexit.

En effet, l’adoption de ce régime de sanctions indépendamment de toute décision du conseil de sécurité des Nations Unies marque le franchissement d’une nouvelle étape dans l’arsenal juridique de lutte contre la corruption internationale, mais aussi une nouvelle étape dans l’indépendance diplomatique et juridique des Britanniques vis-à-vis de l’Union européenne.

Ce nouveau programme sanctionne d’une interdiction d’accès au territoire britannique et de mesures de rétorsion économiques, les individus et sociétés désignés par le département du Trésor britannique comme ayant été « impliqués » dans des affaires de corruption graves. Il est ainsi interdit à tout ressortissant ou à toute société britannique ainsi qu’à leurs succursales étrangères, sous peine de sanctions pénales, de fournir des services financiers aux personnes et entités faisant l’objet des sanctions et, plus largement, de réaliser toute opération impliquant des mouvements de fonds envers ou au profit de ces personnes, ou pouvant avoir un quelconque effet sur leurs ressources économiques, sauf à avoir préalablement obtenu une licence les y autorisant.

Parmi les 22 personnes d’ores et déjà désignées par le Royaume-Uni comme faisant l’objet de ces nouvelles sanctions, pour avoir pris part à des schémas corruptifs en Russie, en Amérique latine, au Soudan ou en Afrique du Sud, 13 font également l’objet de programmes de l’Office of foreign asset control (Ofac), le bureau de contrôle de l’application des sanctions économiques internationales du Trésor américain, dans le cadre des sanctions dites Magnitsky – en écho au système frauduleux russe mis en lumière par l’avocat du même nom.

Le programme adopté par le Royaume-Uni témoigne donc de son ambition de se rapprocher des Etats-Unis, considérés comme les acteurs principaux de la lutte contre la corruption et aficionados de la méthode des sanctions économiques internationales pour donner du poids à leur politique étrangère. De là à dire que les Britanniques chercheraient, par contraste, à souligner les difficultés des Vingt-Sept à construire une vraie puissance européenne, capable d’imposer ses normes au reste du monde, il n’y a qu’un pas…

Le secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères britannique a d’ailleurs affirmé de façon non équivoque son désir d’agir de concert avec les Américains, ce dont ces derniers se sont rapidement félicités par la voix de leur secrétaire d’Etat au Trésor, Janet Yellen. Or, fait notable, aucune des personnes visées par les sanctions britanniques et américaines n’est désignée sur les listes de sanctions financières tenues par l’Union européenne.

De fait, pareil usage de la diplomatie coercitive unilatérale paraît presque relever de l’impossible au niveau européen. En application de la règle qui prévaut en matière de politique étrangère, ces mesures ne pourraient être adoptées qu’à l’unanimité des Etats membres. Cela tend à rendre l’exercice du Conseil particulièrement difficile, à l’image du veto-ultimatum imposé par Chypre l’automne dernier lors du vote des sanctions contre la Biélorussie, ou des difficultés récurrentes provoquées par la Hongrie s’agissant des relations de l’Union avec la Chine ou la Russie.

En actant son indépendance vis-à-vis de l’Union, le Royaume-Uni s’est émancipé de cette règle contraignante et peut désormais étendre son imperium de façon extraterritoriale – jusqu’à pouvoir potentiellement sanctionner les succursales européennes d’entreprises britanniques pour des faits qui seraient commis n’importe où dans le monde – démontrant ainsi qu’il n’a pas besoin de l’Europe pour avancer. Voire qu’il s’en sort mieux sans l’Europe pour avancer.

Olivier Attias (counsel, barreaux de Paris et New York) et Manon Krouti (barreau de Paris) sont avocats chez August Debouzy.

Covid: les États-Unis vont distribuer de 80 millions de doses de vaccin

Covid:  les États-Unis vont distribuer de 80 millions de doses de vaccin

Dans le cadre du dispositif Covax destiné à favoriser la solidarité en matière vaccinale, les États-Unis ont annoncé la distribution de 80 millions de doses aux pays pauvres..

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Le système Covax est un groupement international mis en place pour assurer une distribution équitable des vaccins contre le Covid, notamment aux pays à faible revenus. Jusque-là cependant le dispositif Covax  avait montré ses limites les pays développés s’appropriant l’essentiel des vaccins.

 

Or la vaccination dans les pays en voie de développement est essentielle car ce sont dans ces pays que se développent  des variants contagieux. Tant que le monde ne sera pas parvenu à une certaine immunité collective, les variants vont se multiplier et revenir en boomerang dans les pays développés. Exemple en ce moment avec le variants indien qui se développent au Royaume-Uni.(Et même dans le sud-ouest de la France)

Danemark : accusé d’espionnage de Merkel au profit des États-Unis

Danemark : accusé d’espionnage de Merkel au profit des États-Unis

Merkel et d’autres dirigeants européens espionnés par les services de renseignement danois au profit des États-Unis. Selon une enquête de plusieurs mois du groupe de radio-télévision public danois DR, fondée sur neuf sources concordantes ayant eu accès à des documents de renseignement classifiés, la NSA a exploité une coopération avec le Danemark, datant des années 1990, pour espionner des figures politiques en Europe.

Délinquance: Des moyens supplémentaires pour la police….aux États-Unis

Délinquance:  Des moyens supplémentaires pour la police….aux États-Unis

Un article deZusha Elinson, Dan Frosch et Joshua Jamerson dans le Wall Street Journal

 

 

Il y a un an, le mouvement « Defund the police » militait pour une réduction des fonds alloués aux forces de l’ordre. Mais après avoir effectivement modifié leur budget, beaucoup de villes américaines font aujourd’hui marche arrière et veulent rétablir (voire augmenter) leurs moyens.

Le maire de New York, Bill de Blasio, a ainsi relancé le projet de nouveau commissariat, un projet à 92 millions de dollars qui avait été abandonné l’été dernier. Son homologue de Baltimore, qui avait obtenu l’an passé une baisse de 22 millions de dollars du budget de la police, a récemment proposé une hausse de 27 millions de dollars.

Après une série d’attaques contre des habitants d’origine asiatique et une flambée des homicides à Oakland, en Californie, le conseil municipal est revenu sur une partie des coupes budgétaires imposées aux forces de l’ordre (3,3 millions sur 29 millions de dollars) et envisage désormais d’augmenter l’enveloppe allouée à la police de 24 millions de dollars. De son côté, le maire de Los Angeles a proposé une augmentation d’environ 50 millions de dollars du budget de la police, amputé de 150 millions de dollars l’an passé.

Dans les 20 plus grands services de police des Etats-Unis, les élus locaux veulent donner plus de moyens à neuf des douze départements pour lesquels les budgets de l’année prochaine ont déjà été dévoilés, les hausses demandées oscillant entre 1 % et près de 6 %.

Confrontées à une envolée de la criminalité (dans certaines villes, les meurtres ont bondi de plus de 10 %), les municipalités ont finalement eu du mal à réduire le budget de la police

De nombreuses villes américaines sont dirigées par des démocrates qui ont soutenu « Defund the police », un mouvement porté par Black Lives Matter et d’autres groupes au lendemain de l’assassinat de George Floyd par un officier de police à Minneapolis. La formule a été utilisée par les manifestants pour décrire des revendications allant d’une réduction pure et simple du budget des forces de police à une réallocation des fonds en faveur des services sociaux.

Mais, confrontées à une envolée de la criminalité (dans certaines villes, les meurtres ont bondi de plus de 10 %), les municipalités ont finalement eu du mal à réduire le budget de la police. Au quatrième trimestre 2020, les homicides ont ainsi augmenté de 32,2 % dans les villes de plus d’un million d’habitants, selon le rapport trimestriel du FBI sur le sujet. Pour les forces de l’ordre et les criminologues, le stress généré par la pandémie et la mise en retrait de la police ont probablement joué un rôle.

« Difficile de parler sérieusement de réduction du budget de la police quand la délinquance augmente », résume Michael Nutter, ancien maire démocrate de Philadelphie.

L’an passé, le mouvement « Defund the police » a coïncidé avec une baisse des recettes fiscales liée aux confinements. Mais la pandémie de Covid-19 se terminant peu à peu, l’économie repart et les collectivités locales bénéficient aussi de subventions fédérales. Des élus locaux et représentants des forces de l’ordre soulignent également que les réformes envisagées, notamment une meilleure formation des policiers, peuvent s’avérer très coûteuses. Et, dans certains quartiers, les habitants s’inquiètent d’une baisse des effectifs alors que la criminalité a augmenté.

L’été dernier, près de la moitié des 258 services de police interrogés par Police Executive Research Forum, un think tank de Washington, ont déclaré que leur budget avait été réduit ou le serait probablement. Selon cette enquête, ce sont les achats d’équipement qui ont le plus pâti des coupes budgétaires, suivis par la formation, le recrutement et les heures supplémentaires.

D’après Interrupting Criminalization, une initiative du Barnard Center for Research on Women qui milite pour une réduction du budget de la police, les militants ont réussi à obtenir une baisse de 840 millions de dollars à l’échelle nationale, et 160 millions de dollars de réallocation à des programmes sociaux. Le centre ajoute que les villes ont aussi annulé pour 35 millions de dollars de contrats de surveillance des écoles par les services de police.

Mais ces décisions ne représentent qu’une infime partie des quelque 100 milliards de dollars que les Etats-Unis dépensent chaque année pour leurs 18 000 services de police.

Surveillance rapprochée

De Baltimore à Minneapolis et Louisville, les villes épinglées par le département de la Justice pour le comportement de leur police ont besoin d’argent pour financer les changements exigés, notamment la formation des officiers de police ou l’achat de caméras-piéton.

« Pour changer la police, il faut recruter des agents, il faut les former autrement et il faut engager leur responsabilité, explique Chuck Wexler, directeur exécutif du Police Executive Research Forum. Penser qu’en enlevant des ressources à la police, on la rendra meilleure, c’est ridicule. »

A Minneapolis, ville où George Floyd a été tué, le budget de police a été amputé de 8 millions de l’an passé, puis relevé de 6,4 millions de dollars. Devant des départs en retraite en série et une augmentation de la délinquance, il a fallu recruter.

A Baltimore, Brandon Scott a été élu maire en décembre dernier après avoir fait campagne sur une refonte des services de police. L’an passé, alors président du conseil municipal, il avait (avec succès) milité pour une baisse de 22,4 millions de dollars du budget de la police, une somme qu’il voulait transférer aux services sociaux.

Dans les premiers mois de son nouveau mandat, il a proposé 27 millions de dollars… de hausse. Lors d’un entretien, il a déclaré que ce changement de cap s’expliquait par une augmentation des pensions de retraite et de l’assurance-maladie des policiers. Pour lui, l’obligation de réformer la police de Baltimore et de former les policiers (ainsi que le prévoit l’accord conclu en 2017 avec le département de la Justice après la mort de Freddie Gray, décédé après une rupture des cervicales pendant une garde à vue) complique également la mise en place de coupes budgétaires.

China Terrell, habitante de Baltimore, raconte son effroi quand, mercredi matin, son mari a été attaqué en pleine rue. Les voleurs sont partis avec son Apple Watch et son iPhone. Directrice exécutive d’une organisation locale à but non lucratif, elle souligne qu’elle n’avait jamais ressenti d’aussi près la hausse de la criminalité dont elle entendait parler.

« Pour moi, il faut repenser et revoir la façon dont on imagine la police, et pour mettre en place ce qu’on estime être des améliorations, il faudra plus d’argent, pas moins. C’est une réalité qui ne reflète pas du tout “Defund the police” »

Candidate démocrate aux élections législatives de l’Etat, elle estime que la réduction du budget décidée par Brandon Scott n’est pas responsable de l’agression de son mari. Pour lutter contre la délinquance, il faut selon elle réduire les inégalités et le nombre de terrains vagues dans les quartiers, mais pas le budget de la police. Avec davantage de moyens, poursuit-elle, la police pourrait améliorer ses procédures de recrutement et de formation pour que les officiers de police soient plus justes et plus impliqués dans la vie locale.

« Pour moi, il faut repenser et revoir la façon dont on imagine la police, et pour mettre en place ce qu’on estime être des améliorations, il faudra plus d’argent, pas moins, affirme cette femme de 43 ans. C’est une réalité qui ne reflète pas du tout “Defund the police”. »

Toby Ditz a 70 ans. Cette enseignante à la retraite de Baltimore raconte qu’elle a été déçue de savoir que Brandon Scott voulait augmenter le budget de la police alors qu’il s’était présenté comme un réformateur pendant la campagne. Elle comprend les coûts liés aux pensions de retraite et à l’assurance-maladie, mais estime qu’ils auraient pu être compensés par des économies à d’autres niveaux. « Le minimum, ç’aurait quand même été de ne pas augmenter le budget », soupire-t-elle.

Brandon Scott souligne qu’il est favorable à une diminution à terme du budget de la police, mais qu’il redoute que des coupes hâtives n’alimentent les critiques.

« Je pense que les habitants de Baltimore attendent de moi que je fasse les bonnes choses, mais surtout les bonnes choses au bon moment », souligne-t-il.

L’été dernier, Oakland a prélevé 14 millions de dollars sur le budget de sa police pour financer un nouveau programme grâce auquel des spécialistes de la santé gèrent certaines crises à la place de la police ; certaines fonctions ont aussi été transférées à d’autres départements. En décembre, à court d’argent, Libby Schaaf a demandé 15 millions de dollars d’économies supplémentaires.

LeRonne Armstrong, le chef de la police, raconte que son service a décidé de réduire le nombre de policiers à pied, qui patrouillaient dans les quartiers pour empêcher les règlements de comptes entre les gangs, et les effectifs de l’équipe chargée d’empêcher les rodéos urbains.

Mi-avril, 41 homicides avaient été commis : 13 de plus que l’an passé, lorsqu’un confinement strict était en place. Les sideshows s’étaient multipliés, y compris près de la maison de Libby Schaaf. Et plusieurs personnes avaient été agressées dans le quartier chinois d’Oakland, où la police de proximité avait auparavant l’habitude de se rendre.

« Ce que ce mouvement de coupes budgétaires ne prend pas en compte, c’est l’explosion de la criminalité dans notre ville », déplore LeRonne Armstrong.

John Jones III, animateur à East Oakland, quartier où les homicides sont les plus nombreux, explique que les habitants ne veulent pas moins de policiers : ils veulent de meilleurs policiers.

« Un, ils veulent que les policiers arrêtent de nous tuer et de nous faire du mal et deux, ils veulent qu’ils fassent leur boulot. Quand vous entendez les tirs depuis votre salon ou que vous vous faites cambrioler, vous voulez que quelqu’un vienne et fasse quelque chose », souligne-t-il.

Le 12 avril, après un engagement du chef de la police et des plaintes des habitants, le conseil municipal a voté à l’unanimité pour l’annulation d’une partie des coupes budgétaires.

Nikki Fortunato Bas, présidente du conseil municipal, faisait partie des militants qui voulaient à tout prix réduire le budget de la police. Elle a voté en faveur de l’annulation. Le conseil municipal « a tenté de réagir à des problèmes de sécurité bien réels », résume-t-elle.

Services sociaux

A New York, Bill de Blasio et le conseil municipal avaient dans un premier réduit le budget opérationnel de la police de 5,6 à 5,2 milliards de dollars après les manifestations. Une partie des économies réalisées avaient été allouées aux programmes pour les jeunes et aux services sociaux.

Mais entre le 1er janvier et le 23 mai 2021, 531 fusillades ont eu lieu, contre 295 lors de la même période l’an passé. Pour le prochain exercice, le maire veut revenir sur la moitié des coupes budgétaires.

En avril, lors d’une conférence de presse, il a expliqué que les premières coupes budgétaires étaient le résultat « du contexte de l’époque » et de la volonté de la mairie de transférer des fonds vers les populations locales, mais aussi des tensions financières provoquées par la pandémie. Il a précisé que, grâce au plan de relance fédéral, la ville possédait désormais davantage de moyens.

Parmi les coupes les plus emblématiques sur lesquelles la mairie est revenue figure la construction du 116e commissariat du Queens, un projet défendu par les responsables locaux. Les fonds alloués à ce projet proviennent d’une autre ligne budgétaire de la police.

Roberto Williamson, propriétaire du Breezes Island Grill Restaurant and Lounge, un restaurant américano-caribéen dans le Queens, trouve le nouveau commissariat « formidable ».

Ceux qui avaient porté le mouvement « Defund the police » sont déçus, mais soulignent que leurs efforts ont produit d’autres résultats

Il n’avait pas remarqué d’augmentation de la criminalité, mais se dit favorable à un meilleur accès aux services de police dans le quartier. Le plus important, selon lui, c’est d’améliorer les relations entre les habitants et les policiers.

« Le commissariat dont on dépendait était vraiment très loin, donc ce sera forcément bien d’en avoir un plus près, explique-t-il. Je ne suis pas favorable à une baisse du budget de la police si elle fait ce qu’elle doit faire pour la communauté et les gens qui s’en occupent. »

Ceux qui avaient porté le mouvement « Defund the police » sont déçus, mais soulignent que leurs efforts ont produit d’autres résultats. Chivona Newsome, cofondatrice de l’antenne de Black Lives Matter pour l’agglomération new-yorkaise, évoque ainsi une mesure prise en mars par le conseil municipal : la fin de l’immunité accordée aux policiers poursuivis pour violation des droits civiques, immunité qui protégeait les policiers lors de l’essentiel de leurs interventions. « Je sais que [Defund the police] est une formule controversée, mais elle a changé la façon dont les gens considèrent la police », affirme-t-elle.

L’an passé, en raison de l’impact économique de la pandémie, la ville de Denver a réduit le budget de sa police de près de 25 millions de dollars. Un programme pilote lancé l’été dernier prévoyait l’envoi de travailleurs sociaux et d’infirmiers à la place des officiers de police quand les appels au commissariat ne semblaient pas être liés à des problèmes de violence. Le programme STAR a reçu une première enveloppe de 208 000 dollars provenant de recettes fiscales votées en 2018. Il devrait être étendu à toute la ville, pour un coût total de 3 millions de dollars l’an prochain, des fonds issus du budget global de la ville et d’autres sources, mais pas du budget de la police.

Selon un rapport municipal, 68 % des 243 personnes que les travailleurs sociaux ont rencontrées suite à des appels étaient sans abri. Aucune de leurs interventions n’a nécessité l’aide de la police de Denver. D’après les conclusions du rapport, le programme pourrait permettre de réduire de 2,8 % les appels à la police pour des demandes d’aide.

Les finances étant plus stables cette année, Denver pourrait aussi restaurer le budget de la police, a indiqué le porte-parole du maire Michael Hancock, qui ne soutient pas de réduction.

Paul Pazen, le chef de la police de Denver, explique que le programme Star est un excellent exemple de l’approche « holistique » indispensable pour réformer la police et que les coupes budgétaires mineront ces efforts.

« Il est assez rare que quelque chose fonctionne mieux avec moins d’argent », résume-t-il.

Katie Honan a contribué à cet article

(Traduit à partir de la version originale par Marion Issard)

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