Archive pour le Tag 'Etats-Unis'

Amazon aux États-Unis : action militante de l’entreprise pour empêcher l’implantation d’un syndicat

Amazon aux États-Unis : action militante de l’entreprise pour empêcher l’implantation d’un syndicat

 

La direction d’Amazon a engagé une vague une campagne contre la constitution d’un syndicat dans ses établissements d’Alabama  et au-delà dans tous les États-Unis

Sur le terrain, Amazon a fait valoir ses arguments contre la syndicalisation à coups de textos, d’affiches et de réunions d’information hebdomadaires dans l’entrepôt depuis des mois, tandis que les syndicalistes démarchaient les employés à l’entrée de l’entrepôt jour et nuit.

 «Ne vous y méprenez pas. Cela reste un moment important pour les travailleurs. Leurs voix seront entendues», a insisté Stuart Appelbaum, un responsable syndical . Les salariés pro-syndicats se plaignent de cadences infernales, du manque de temps pour aller aux toilettes ou pour manger, du manque de protections en matière de sécurité (notamment contre le Covid-19) et de salaires insuffisants par rapport au travail demandé. De son côté, Amazon se défend en rappelant que les salaires démarrent à 15 dollars de l’heure (plus du double du salaire minimum dans l’Alabama) et qu’il fournit des avantages sociaux, comme la couverture santé. Le groupe assure que ses employés disposent des pauses nécessaires.

J.O. de Pékin en 2022 : boycott des États-Unis ?

J.O. de Pékin en 2022 : boycott des États-Unis ?

 

Pour l’instant, la question n’est pas officiellement leur du jour mais compte tenu de la dégradation des relations entre les États-Unis et la Chine, le problème de la présence occidentale aux JO de Pékin en 2022 pourrait se poser. En effet Les États-Unis ont annoncé envisager une discussion avec leurs alliés sur la question d’un boycott des Jeux Olympiques d’hiver de Pékin en 2022, au moment où la pression monte de la part d’associations de défense des droits de l’Homme et de politiciens. «C’est quelque chose dont nous souhaitons certainement discuter», a déclaré mardi 6 avril le porte-parole du département d’État américain Ned Price, interrogé pour savoir si les États-Unis envisageaient un boycott conjoint avec leurs alliés.

 

L’opposition entre les États-Unis et la Chine porte évidemment sur les questions économiques mais aussi politiques et démocratiques.

Plusieurs groupes militants ainsi que des hommes politiques républicains ont multiplié récemment leur appel à un boycott américain des JO de Pékin. Ils s’appuient en partie sur plusieurs ONG et pays qui accusent la Chine de persécuter les musulmans ouïghours, notamment en les plaçant dans des camps d’internement où les membres de cette minorité sont soumis, selon les témoignages de rescapés, à divers sévices.

 

Les États-Unis veulent un taux minimum mondial d’imposition des sociétés

Les États-Unis veulent un taux minimum mondial d’imposition des sociétés

 

les États-Unis souhaiteraient un minimum mondial d’imposition sur les sociétés. L’objectif est louable, reste la question du niveau. En effet un taux trop bas risquerait en fait d’institutionnaliser les distorsions de concurrence entre pays. Un dispositif qui pourrait aussi être utilisé par les GAFA pour limiter l’imposition envisagée au plan international. La secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, a plaidé lundi en faveur l’instauration d’un taux minimum mondial d’imposition des sociétés et a appelé les pays du G20 à oeuvre dans ce sens afin, a-t-elle dit, de mettre un terme au nivellement par le bas de l’impôt sur les entreprises.

Dans ce discours, tenu devant le Chicago Council on Global Affairs, l’ancienne présidente de la Réserve fédérale a également annoncé qu’elle profiterait des réunions prévues cette semaine avec le Fonds monétaire international et avec la Banque mondiale pour faire avancer le dossier du dérèglement climatique, celui de l’accès aux vaccins et celui de la reprise économique mondiale.

Selon Janet Yellen, les gouvernements doivent pouvoir de doter de systèmes fiscaux stables capables de fournir des ressources suffisantes pour financer les services publics essentiels et réagir aux crises et que « tous les citoyens contribuent équitablement au financement » de la puissance publique.

États-Unis : le pari économique et social de Biden

États-Unis : le pari économique et social de Biden

Les plans de relance massifs du président Biden constituent une véritable révolution économique et sociale non seulement par ce qu’elle vise à soutenir la croissance mais qu’elle s’adresse aussi aux classes moyennes et populaires

 

Editorial du « Monde ».

 

Joe Biden veut transformer l’Amérique, et il veut le faire vite. Celui que Donald Trump surnommait « Sleepy Joe » (« Joe l’endormi ») pendant la campagne électorale surprend aujourd’hui par l’audace et la rapidité avec lesquelles il enchaîne les plans de dépenses colossales. Après les 1 900 milliards de dollars (1 615 milliards d’euros) annoncés en mars pour relancer l’économie, il envisage d’en investir 2 250 milliards de plus pour rénover les infrastructures et, dans la foulée, quelque 1 000 milliards de dollars supplémentaires pour aider les familles. Le nouveau président démocrate n’a pas peur d’en faire trop ; il jouit du soutien des Américains, satisfaits de la campagne de vaccination menée tambour battant.

Si ces dépenses sont censées être colorées d’une préoccupation environnementale, le volet consacré à la transition énergétique manque néanmoins d’ambition. Le plan Biden n’est pas le « Green New Deal » promis : il ne propose ni un prix haut du carbone ni une taxe sur les carburants susceptible d’accélérer sensiblement la révolution verte. 

En réalité, la révolution est ailleurs : les classes populaires et moyennes sont remises au cœur des préoccupations publiques. Ce sont elles qui, depuis vingt ans, ont subi les conséquences de la désindustrialisation et de l’automatisation des emplois. Donald Trump a voulu répondre à leur détresse par le protectionnisme. Joe Biden, lui, met à profit l’urgence résultant des dégâts de la pandémie de Covid-19 pour tisser les filets de protection sociale qui font défaut à son pays.

 

Outre les chèques de 1 400 dollars distribués aux adultes gagnant moins de 75 000 dollars par an, il compte investir dans le logement et la santé des plus fragiles, améliorer la couverture numérique des régions rurales, repenser les crédits d’impôt pour gardes d’enfants afin qu’ils profitent surtout aux plus modestes, ou encore réduire le coût de l’assurance-maladie pour les moins aisés. D’autres mesures sociales seront dévoilées dans les semaines à venir. S’il réussit son pari, Joe Biden aura bel et bien tourné la page économique du reaganisme. Et, sans doute plus important pour lui, celle du trumpisme. 

Nucléaire Corée-du-Nord : alliance États-Unis–Japon–Corée-du-Sud

Nucléaire Corée-du-Nord : alliance États-Unis–Japon–Corée-du-Sud

 

Les trois pays ont décidé de mettre en place une coopération trilatérale concertée en vue de la dénucléarisation », ont-ils annoncé vendredi 2 avril, dans une déclaration commune.

Les trois pays sont également convenus de la nécessité d’une mise en oeuvre complète, par la communauté internationale, des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies sur la Corée du Nord.

« Combine ». Le Premier ministre japonais, Yoshihide Suga, sera reçu le 16 avril à la Maison Blanche, devenant le premier dirigeant étranger à rencontrer en personne le nouveau président démocrate, ont aussi annoncé vendredi soir les gouvernements américain et nippon.

Le président américain a déclaré, la semaine dernière, que les États-Unis restaient ouverts à la diplomatie avec la Corée du Nord malgré ses essais de missiles balistiques. Mais il a prévenu qu’il y aurait des réactions si la Corée du Nord provoquait une escalade de la situation. Il s’est dit prêt « à une certaine forme de diplomatie, mais soumise à la condition de la dénucléarisation ».

États-Unis : sanctions de Trump levées contre la CPI

États-Unis : sanctions de Trump levées contre la CPI

Les États-Unis ont enlevé les sanctions contre la CPI a particulier sa procureur et un autre haut fonctionnaire. Sanctions prises par Trump suite à l’enquête de la CPI sur l’action criminelle des États-Unis en Afghanistan. Cette décision, annoncée par le secrétaire d’État américain Antony Blinken, lève les sanctions imposées à Bensouda suite à son enquête sur la question de savoir si les forces américaines ont commis des crimes de guerre en Afghanistan.

«Nous pensons, cependant, que nos préoccupations concernant ces affaires seraient mieux traitées par l’engagement avec toutes les parties prenantes dans le processus de la CPI plutôt que par l’imposition de sanctions», a déclaré son communiqué.

Blinken a déclaré que Washington était encouragé par le fait qu’un large éventail de réformes était envisagé pour aider la CPI à «hiérarchiser ses ressources et à accomplir sa mission fondamentale de servir de tribunal de dernier ressort pour punir et dissuader les crimes d’atrocité».

Un porte-parole de la CPI a déclaré que la Cour et son organe directeur des États membres se sont félicités de la décision des États-Unis.

La CPI a déclaré que les sanctions étaient une attaque contre la justice internationale et l’état de droit.

Le secrétaire d’État américain de l’époque, Mike Pompeo, s’est également opposé à une enquête ouverte en 2019 sur des crimes de guerre présumés dans les Territoires palestiniens, y compris par les forces israéliennes.

Nucléaire iranien : retour des États-Unis dans les négociations ?

Nucléaire iranien : retour des États-Unis dans les négociations ?

Des responsables d’Iran, de Chine, de Russie, de France, d’Allemagne et de Grande-Bretagne se réuniront virtuellement vendredi pour discuter d’un éventuel retour des États-Unis à l’accord nucléaire de 2015, a annoncé jeudi l’Union européenne dans un communiqué.

Deux sources diplomatiques ont déclaré que la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne avaient déjà eu des entretiens avec l’Iran lundi et une a déclaré qu’il y avait eu des discussions sur une proposition iranienne. Les sources ont parlé sous couvert d’anonymat.

La porte-parole du ministère français des Affaires étrangères a déclaré aux journalistes lors d’un briefing quotidien que les puissances européennes travaillaient en étroite collaboration avec la Russie et la Chine – les autres parties restantes à l’accord – pour trouver une solution à l’impasse et s’étaient entretenues avec Téhéran et Washington.

« Ces échanges sont plus que nécessaires car l’Iran n’a pas accepté de prendre part à des contacts directs entre les autres participants du JCPOA et les États-Unis … ce qui aurait facilité les discussions », a déclaré la porte-parole Agnes von der Muhll.

Le porte-parole du département d’État américain, Ned Price, a déclaré que les États-Unis ont accueilli la réunion comme «une étape positive».

États-Unis : un plan de 2000 milliards stratégique pour les infrastructures et l’emploi

États-Unis : un plan de 2000 milliards stratégique pour les infrastructures et l’emploi

 

 

Pour l’économiste John Plassard, le plan Biden est l’occasion de reconstruire le pays, de créer de l’emploi et de ramener la croissance (interview dans l’Opinion)

 

Le plan pour les infrastructures et l’emploi que le président américain Joe Biden devait présenter mercredi comporte des dispositions visant à réduire la dépendance des Etats-Unis aux énergies fossiles et à contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique. D’un montant d’environ 2 000 milliards de dollars, son objectif est de rénover les infrastructures et de soutenir l’emploi aux Etats-Unis pendant huit ans.

John Plassard est spécialiste des investissements pour le groupe bancaire et financier Mirabaud.

Les Etats-Unis ont-ils besoin d’un méga-plan d’investissement dans les infrastructures comme celui présenté par Joe Biden ?

Oui, car elles sont dans un état catastrophique. Chaque année, la société américaine du génie civile, l’American Society of Civil Engineers (ASCE), dresse l’état des lieux des infrastructures nationales. Ses notes vont de A à F. Or, depuis 1998, la note moyenne ne dépasse pas le D. Aucun secteur n’a jamais eu de A aux Etats-Unis. C’est un vrai problème structurel. La meilleure note du dernier rapport a été accordée au transport ferroviaire et cela a été un B. Globalement, les réseaux routiers et électriques, l’eau, les aéroports, les établissements scolaires etc. sont dans un état déplorable. Dans la foulée de sa grande réforme fiscale, Donald Trump avait essayé de faire voter un plan d’investissement de 1 000 milliards de dollars qui n’était pas aussi « vert » et aussi tourné vers les énergies renouvelables que celui de Joe Biden. Mais entretemps, Trump a perdu les élections de mi-mandat de 2018 et ne disposait donc plus de majorité au Congrès. L’ambition, aujourd’hui, est de refaire les routes, de mettre en place des réseaux électriques intelligents, de généraliser la 5G et d’installer des bornes pour les véhicules électriques, quasiment inexistantes actuellement. Il faut vraiment le faire. C’est l’occasion de reconstruire le pays, de créer de l’emploi et de ramener la croissance.

Quel en sera l’impact ?

C’est un champ énorme qui répond au programme électoral de Joe Biden. C’est aussi un moyen assez « facile » de faire revenir la croissance, même si ce n’est pas pour demain, vu les délais d’application que cela va nécessiter. Mais pour les entreprises, les carnets de commandes qui se remplissent sont un facteur très important. Sachant que politiquement, l’administration actuelle doit faire voter ce paquet avant les élections de mi-mandat de 2022 qu’elle risque de perdre. Ce sera sans doute plus compliqué si le parti républicain reprend le contrôle du Sénat ou de la Chambre des représentants, même s’il est d’accord sur quelques points du plan.

« Si le mot “impôt” n’est pas prononcé, le plan a des chances de passer, car tout le monde est d’accord sur la nécessité de moderniser les infrastructures »

Le débat va porter sur le financement avec notamment l’idée de relever l’impôt sur les sociétés…

Il y a la piste de partenariat public-privé ou l’introduction en Bourse de certains actifs comme des aéroports… Le plus simple serait d’augmenter les impôts sur les entreprises et d’effacer les réductions de 28 % à 21 % réalisées par Donald Trump. Certains à gauche, comme Bernie Sanders, poussent Joe Biden à utiliser cette arme. Mais ce serait mal venu dans une période de récession et de graves difficultés. S’il y a une quatrième vague pandémique malgré la campagne de vaccination, cela pourrait être dramatique, tant politiquement qu’économiquement. Cela peut se faire dans un deuxième temps quand la situation se sera améliorée et qu’il faudra rembourser les dettes. On peut envisager d’ailleurs deux paquets. Dans un premier temps, un plan classique portant sur les infrastructures classiques et, dans un second temps, un plan dit d’infrastructure humaine d’un même montant de 2 000 milliards de dollars visant les étudiants ainsi que tous les travailleurs et chômeurs durement touchés par la crise. Il y a quand même une dizaine de millions d’Américains qui ont perdu leur emploi du fait de la Covid. C’est là qu’il serait possible d’évoquer des hausses d’impôt si les démocrates conservaient la majorité des sièges dans les deux chambres du Congrès.

Le premier volet a-t-il des chances d’être adopté durant cette législature ?

Cela va se négocier en sous-main avec les républicains. Ce sera du donnant-donnant sur des sujets n’ayant pas forcément à voir avec le plan. Si le mot « impôt » n’est pas prononcé, il a des chances de passer, car tout le monde est d’accord sur la nécessité de moderniser les infrastructures. C’est la promesse de créations d’emploi et d’un retour à un taux de croissance autour de 3 % à 4 %, histoire de pouvoir concurrencer la Chine.

N’y a-t-il pas un risque supplémentaire de réveiller l’inflation ?

Non. C’est une menace déjà évoquée après l’adoption du dernier plan de relance de 1 900 milliards de dollars. Or, je n’y crois pas du tout. Car sur cette somme, 405 milliards sont destinés à abonder les chèques envoyés aux ménages américains. Or, très peu de cette enveloppe sera dévolue à la consommation réelle. On l’a vu avec le précédent chèque envoyé par l’administration Trump. Une bonne partie ira au remboursement des dettes et une autre à l’épargne. Ce qui est compréhensible tant que la confiance ne sera pas totalement rétablie et le retour à la normale acquis. Et l’inflation est surtout entraînée par la hausse des salaires, ce qui n’est pas le cas actuellement aux Etats-Unis. On pourrait éventuellement assister à une baisse du dollar du fait d’un nouveau dérapage des déficits publics, mais cela n’ira pas au-delà.

Birmanie: condamnations des tueries par les Etats-Unis et l’UE

 

L’armée birmane a réprimé dans le sang les manifestations quotidiennes réclamant le retour de la démocratie et la libération des anciens leaders, tuant au total plusieurs centaines de civils. Le nombre de morts est passé à au moins 459, selon l’AAPP, une ONG locale qui recense le nombre des morts depuis le putsch. Les Nations unies ont estimé le nombre de morts de samedi à 107 personnes – dont sept enfants – mais s’attendent à ce que ce bilan augmente encore. Les médias locaux font état de 114 morts.

L’Union européenne, par la voix de son chef de la diplomatie, a de son côté condamné dimanche soir « une escalade de la violence inacceptable », « une voie insensée » choisie par la junte militaire birmane. Dans un communiqué, le Haut représentant de l’UE Josep Borrell a qualifié cette journée de samedi de « jour d’horreur et de honte ».

Relance économique : L’Europe en retard sur les Etats-Unis

 

Relance économique : L’Europe en retard sur les Etats-Unis

 

Nicolas Goetzmann , responsable de la recherche et de la stratégie macroéconomique à la Financière de la Cité l’Europe est en retard par rapport aux Etats-Unis en matière de soutien à l’économie -intreview Le Figaro)


Quelles sont les différences entre les plans de relance européen et américain?

Nicolas GOETZMANN. - Les prévisions de croissance dont nous disposons aujourd’hui permettent de mesurer les effets de ces plans de relance, que cela soit en Europe, aux États-Unis, et même en France. La Banque centrale européenne considère que le PIB de la zone euro reviendra à son niveau de 2019 au cours du second trimestre 2022, la Banque de France fait la même prévision pour la France. À l’inverse, selon les estimations faites par la banque Goldman Sachs, le PIB américain pourrait revenir à son niveau d’avant crise dès le second trimestre 2021, ce qui montre un décalage d’une année en faveur des États-Unis.

Selon ces mêmes prévisions, la croissance de la zone euro, entre 2019 et 2022, sera de 1.7 %, de 0.7 % pour la France, et de 8.4 % pour les États-Unis. C’est donc un gouffre qui sépare les deux continents pour ces prochains mois et années, et ce résultat est principalement le fruit des différences entre les plans de relance.

Il est évident que les États-Unis – ne bénéficiant pas de filets de sécurité sociaux suffisants – ont été amenés à dépenser davantage pendant la crise pour soutenir sa population.Au cours des 12 derniers mois, les États-Unis ont modifié leur stratégie de politique monétaire et ont mis en place une succession de plans de relance budgétaire pour un total de 5500 milliards de dollars, soit 26 % de leur PIB. Au niveau français, notre soutien budgétaire «de crise» a été de 86 milliards d’euros, soit 3.5 % du PIB, tandis que le plan de relance européen représente 750 milliards, soit un total de 6 % de PIB à dépenser au cours d’une période comprise entre 2021 et 2026, soit environ 1 point de PIB par an.

Il est évident que les États-Unis – ne bénéficiant pas de filets de sécurité sociaux suffisants – ont été amenés à dépenser davantage pendant la crise pour soutenir sa population. Mais cette «justification» ne suffit pas à expliquer le sous dimensionnement européen, parce que les chèques qui ont été envoyés à la population américaine ont permis d’expérimenter une nouvelle approche. Au lendemain des crises de 2000 et 2008, les équipes de la Réserve fédérale des États-Unis s’étaient penchées sur l’efficacité des mesures budgétaires en période de crise et en ont conclu que le simple envoi de chèques était très efficace.

Il ne s’agit pas ici d’un simple filet de sécurité comme ceux dont nous disposons en Europe, il s’agit de submerger le niveau de revenu de la population pour que celle-ci consomme fortement, rapidement, et que l’économie américaine retrouve son niveau d’avant crise au plus vite. Sur les douze derniers mois, les revenus des ménages américains ont progressé de près de 6 % (en ajustant de l’inflation) soit la plus forte progression observée depuis 1999, qui était une année de forte croissance.

Comment expliquer une telle différence?

La différence d’approche est fondamentale. Nous assistons à un véritable bouleversement structurel aux États-Unis dont l’objectif est de corriger, non pas seulement la crise liée à l’épidémie, mais également des années – des décennies – d’une croissance considérée comme sous optimale. L’enjeu économique se résume en une phrase ; ce qui était autrefois considéré comme une période de «surchauffe économique» doit aujourd’hui être considéré comme l’état normal de l’économie. L’objectif des autorités américaines est de placer l’économie dans une situation de plein régime, et ce, de façon durable. Même si ce mot n’a pas de réelle signification, il s’agit de rompre avec ce qui a été appelé «néolibéralisme» depuis 40 ans.

Ce bouleversement est en gestation depuis plusieurs années, il a même été bi partisan sur le terrain politique. Les innovations monétaires en cours ont été portées par des hommes nommés par l’administration républicaine ; Richard Clarida et Jerome Powell, qui sont aujourd’hui soutenus dans leur approche par l’administration Biden. De la même façon, les plans de relance budgétaire ont débuté dès le mois de mars 2020, sur proposition démocrate, mais avec l’appui de l’administration républicaine. Nous avons parfois l’impression que cette «révolution» est le fruit de la dernière élection, mais elle est en réalité le résultat d’un aggiornamento économique qui s’est opéré au sein même de la «technocratie» américaine.

Nous sommes en train de changer d’ère économique et il semble que les capitales européennes, en France et en Allemagne notamment, ne parviennent pas à s’en rendre compte.Ce sont des hommes du cœur du système qui sont en train de tout changer. Paradoxalement, c’est donc la capacité de la technocratie à se réinventer, à abandonner ses anciens totems, et à s’emparer de la vivacité du débat académique existant aux États-Unis depuis la Grande crise financière qui est le moteur de cette transformation. Le politique ne s’est saisi de ces questions que dans un second temps.

Cette transformation a pour enjeu d’en finir avec l’idée d’un déclin économique perçu comme une fatalité occidentale. La Banque Goldman Sachs anticipe désormais un taux de chômage de 3.2 % à horizon 2023 pour les États-Unis, ce qui serait le plus bas niveau atteint depuis 1953. Nous sommes en train de changer d’ère économique et il semble que les capitales européennes, en France et en Allemagne notamment, ne parviennent pas à s’en rendre compte. Que cela soit sur la question monétaire ou budgétaire, nos représentants nationaux et européens restent encore attachés à d’anciens totems économiques, malgré la faiblesse des résultats obtenus au cours de ces dernières années.

L’Europe et l’Amérique connaissent-elles une crise de même ampleur?

La chute du PIB 2020 n’a été que de 3.5 % aux États-Unis, contre – 6.9 % au sein de la zone euro et -8.3 % pour la France. Mais ce résultat était déjà le fruit des plans de relance. Au mois de juin 2020, les estimations de chute du PIB américain dépassait les 6 %, mais l’intervention des autorités a permis de neutraliser une part substantielle de cette perte. Pour l’année 2021 et la reprise, il faut évidemment prendre en compte l’impact de la campagne de vaccination américaine, mais celle-ci a été réfléchie et construite dès le mois de mars 2020, alors que les Européens ne semblaient pas y croire, ce n’est donc pas une question de chance mais bien d’une capacité de gestion de crise.

De part et d’autre de l’Atlantique, faut-il s’inquiéter pour la dette?

Les taux d’intérêts restent à des plus bas historiques, les investisseurs sont toujours prêts à accepter une rémunération minimale – si ce n’est négative – pour prêter leur épargne aux États. Mais la question relative à la dette est mal posée dans le débat public. La cause de nos déficits est à chercher dans la trop faible croissance que nous connaissons ; nous compensons cette faible croissance par le recours aux déficits. Puis, l’accumulation de ces déficits produit une augmentation de la taille de la dette. La cause est donc la croissance, mais nous cherchons à lutter contre ce phénomène en baissant les dépenses, ce qui va conduire à une nouvelle baisse de la croissance qui va aboutir à plus de déficits et de dette. Cette approche est un cercle vicieux.

Si la Banque centrale européenne soutenait l’économie de la zone euro avec la même force le font les États-Unis, notre croissance serait bien plus forte, et nos besoins en déficits seraient alors considérablement diminués, et permettraient une réduction de l’endettement.La question est donc celle du soutien à la croissance, et là nous revenons à la question des Banques centrales. Si la Banque centrale européenne soutenait l’économie de la zone euro avec la même force le font les États-Unis, notre croissance serait bien plus forte, et nos besoins en déficits seraient alors considérablement diminués, et permettraient une réduction de l’endettement.

D’un point de vue plus large, cette différence stratégique entre États-Unis et Europe aura pour conséquence de voir les États-Unis résister à la volonté de la Chine de dépasser le PIB américain d’ici 2030. En s’appuyant sur un nouveau corpus économique, il devient probable que ce scénario de dépassement des États-Unis par la Chine ne se réalise jamais. Pour le PIB de l’Union européenne, par contre, le dépassement par la Chine pourrait intervenir dès ce premier trimestre 2021, et en l’absence de prise de conscience de la nécessité de changer d’approche, l’écart entre Chine et États-Unis d’un côté, et Europe de l’autre, continuera de croître année après année.

Relance économique : suivre l’exemple des États-Unis (Jean Pisani-Ferry )

Relance économique : suivre l’exemple des États-Unis  (Jean Pisani-Ferry )

 

L’économiste, Jean Pisani-Ferry ,  observe, dans sa chronique au Monde , la conversion de l’administration Biden à une politique résolument expansionniste et suggère à l’Europe de suivre cette même voie

Chronique.

 

 Nonobstant des controverses bruyantes sur l’ampleur du plan Biden, un consensus émerge aujourd’hui aux Etats-Unis : la meilleure stratégie pour effacer les séquelles de la crise sanitaire et atténuer les lourds problèmes sociaux du pays, c’est de placer l’économie en régime de haute pression.

L’idée n’est pas neuve. Elle remonte à Arthur Okun (1928-1980), un économiste keynésien, ancien conseiller de Lyndon Johnson. Mais elle a été évoquée par Janet Yellen, peu avant sa nomination comme secrétaire au Trésor, et inspire visiblement Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale (Fed).

De quoi s’agit-il ? Depuis une célèbre conférence prononcée par Milton Friedman en 1968, les politiques macroéconomiques s’articulent généralement autour de l’idée qu’il existe un taux de chômage d’équilibre en dessous duquel on ne peut descendre qu’au prix d’une inflation croissante. A l’approche de ce seuil, il faut freiner la croissance pour éviter une surchauffe. C’est ce qu’on a fait régulièrement depuis les années 1980, au point d’aboutir à une inflation trop basse dont on n’arrive pas à se dépêtrer.

La thèse d’Okun, formulée en 1973, est au contraire qu’il faut tester les limites à la baisse du chômage pour tenter de faire fonctionner l’économie en régime de rareté des ressources en travail. Cela demande un peu plus d’efforts de recrutement et de formation aux entreprises, mais ramène vers l’emploi celles et ceux qui en sont le plus loin : chômeurs de longue durée, personnes tombées dans l’inactivité, salariés à faibles qualifications, minorités. En cas de succès, le bénéfice est double : un potentiel de production plus élevé (de 2 à 3 points pour chaque point de baisse du chômage, selon Okun) et une amélioration sensible de la situation des plus défavorisés.

Jamais complètement oubliée outre-Atlantique, l’idée est à nouveau en vogue. En août 2020, la Fed a révisé sa stratégie monétaire. Elle vise maintenant à minimiser le déficit d’emploi par rapport au maximum atteignable. Cette formulation signifie que les risques inflationnistes associés à un niveau d’emploi trop élevé sont tenus pour moins graves que ceux induits par un niveau d’emploi trop faible. Et Jerome Powell, dans l’explication de texte qu’il en a donné le même jour, souligne les bienfaits qu’un marché du travail tendu apporte aux « communautés à faible revenu », notamment aux minorités ethniques.

Début 2020, avant le choc du Covid-19, ces bienfaits étaient visibles. Alors que le taux de chômage des Noirs et des non-diplômés était, en 2009, supérieur de cinq points au chômage moyen, l’écart n’était plus que de deux points et demi début 2020. Parallèlement, les taux d’activité augmentaient et les salaires du bas de l’échelle progressaient sensiblement plus vite que la moyenne. L’expansion à tout-va de Donald Trump avait produit les effets annoncés par Okun.

 

Energie : l’envolée des prix aux États-Unis

Energie : l’envolée des prix aux États-Unis ?

Le professeur Robert Bell et le consultant Patrick Mathieu estiment, dans une tribune au « Monde », que la non-rentabilité des centrales à charbon va faire basculer les énergéticiens du côté des énergies propres… au prix d’une envolée de la facture pour le consommateur.

Tribune.

 

 Le nouveau président américain semble vouloir incarner la figure du « souverain juste », réparant les torts de l’administration précédente et ramenant la paix civile. Alors que l’attention s’est récemment portée sur Robinhood, cette société de courtage en ligne utilisée par de très jeunes investisseurs contre les géants du marché boursier américain, c’est justement le style de leadership attribué au « bon roi Richard » dans le mythe de Robin des Bois. En réalité, il fut un roi terrible… Mais, dans le mythe, Richard Cœur de Lion revient de croisade pour remettre les choses en ordre après les déprédations de son frère, le prince Jean.

La croisade du « bon roi Joe » est de sauver la terre du réchauffement climatique – le pape lui-même a lancé un appel à l’action. Mais le méchant prince Donald lui a laissé un grand fléau, le Covid-19. 1 900 milliards de dollars ne seront pas de trop pour le combattre. Alors où trouver 2 000 milliards de plus pour financer la croisade du pape ?

Si Joe Biden chargeait les collecteurs d’impôts fédéraux d’obtenir cette somme auprès des contribuables américains, on le prendrait rapidement pour… le shérif de Nottingham. Mais M. Biden possède un autre atout : l’Agence de protection de l’environnement. Une pression réglementaire bien appliquée pourrait accélérer la fin des centrales à charbon.

La capacité de production d’électricité américaine à base de charbon s’élevait officiellement à 229 gigawatts (GW) fin 2019, près d’un quart du total de la production d’électricité. Or, un rapport Bloomberg révélait, en 2018, que la moitié des centrales à charbon américaines, soit 135 GW de capacité, avait subi des pertes nettes en 2018.

Le même rapport précise que la grande majorité des unités non rentables sont réglementées, soit 130 GW. Il s’agit souvent de monopoles locaux. Or, les régulateurs des Etats (Californie, New York, etc.) autorisent ces énergéticiens à transférer leurs pertes à leurs clients, selon le principe du « coût majoré ». Ces entreprises ajoutent simplement une marge, d’environ 9 % actuellement, à leurs coûts.

Si l’administration Biden tient ses engagements et s’attaque sérieusement au problème du charbon, ces énergéticiens fermeront probablement leurs centrales et installeront à la place des parcs éoliens ou solaires, rentables et moins onéreux. Ils emprunteront l’argent nécessaire sur les marchés obligataires ; l’intérêt payé entrera dans la base de coûts de leurs contrats facturés au « coût majoré ». Les obligations d’énergéticiens réglementés, considérées comme sûres, seront achetées par de nombreux fonds de pension américains.

 

Risques inflationnistes aux États-Unis ?

Risques inflationnistes aux États-Unis ?

 

Le financier Karl Eychenne estime, dans une tribune au « Monde », que les craintes de surchauffe reposent sur des hypothèses et des modèles qui ne sont plus compatibles avec l’évolution des politiques monétaire et budgétaire. (Une appréciation qui peut se discuter NDLR)

Tribune. 

 

Le plan de relance américain est-il surdimensionné ? Oui, d’après Lawrence Summers et Olivier Blanchard, deux experts dont la voix porte et qui craignent une surchauffe économique. Dans un tel scénario, l’inflation menacerait d’accélérer de manière incontrôlable, obligeant la Réserve fédérale américaine (Fed) à mettre fin à sa politique monétaire ultra-accommodante.

On imagine alors les marchés d’actions et d’obligations connaître une violente correction, pris en étau entre la hausse des taux et la baisse de l’appétit pour le risque. Ce scénario du pire est possible, mais il est loin d’être certain. « Tout peut arriver dans la vie, et surtout rien », disait Michel Houellebecq.

Au plus fort de la crise due au Covid-19, le produit intérieur brut (PIB) américain a chuté lourdement. Depuis, il a repris des couleurs, mais accuserait toujours un retard de près de 4 % par rapport à son niveau potentiel, d’après les estimations du Congressional Budget Office, du Fonds monétaire international et de l’Organisation de coopération et de développement économiques.

Or, les montants promis par le plan de relance de Joe Biden permettraient non seulement de rattraper ce retard, mais aussi, potentiellement, de le dépasser de près de 5 %, du jamais-vu depuis la seconde guerre mondiale – d’où les craintes de surchauffe, accentuées encore par l’éventualité des 3 000 milliards de dollars aujourd’hui discutés, qui s’ajouteraient, dans l’année, aux 1 900 milliards tout juste votés et aux 900 votés fin 2020…

Mais trois bémols doivent être apportés. D’une part, les montants engagés ne seront pas forcément tous dépensés. Une partie sera épargnée, et même une grande partie si les ménages restent frileux. Tout dépendra du « multiplicateur », un concept qui divise les économistes : un multiplicateur de 1 signifierait que toute la relance se retrouve dans le PIB. Mais l’incertitude est grande autour de sa valeur, et il n’est pas exclu que le multiplicateur soit juste suffisant pour que le PIB rattrape seulement son retard.

D’autre part, le retard du PIB serait peut-être sous-estimé. En effet, les 4 % sont une moyenne, mais certains organismes vont jusqu’à 6 %, la différence se jouant dans la méthode d’estimation du PIB potentiel. Avec un tel retard du PIB, le plan de relance serait alors tout juste suffisant.

Quant aux 3 000 milliards, il s’agirait d’investissements dans les infrastructures du pays, qui doperont donc parallèlement le PIB réel et le PIB potentiel, sans grand risque donc d’accroître un écart d’où jaillirait une surchauffe de l’économie.

 

Relance économique : suivre l’exemple des États-Unis (Jean Pisani-Ferry )

Relance économique : suivre l’exemple des États-Unis  (Jean Pisani-Ferry )

 

L’économiste, Jean Pisani-Ferry ,  observe, dans sa chronique au Monde , la conversion de l’administration Biden à une politique résolument expansionniste et suggère à l’Europe de suivre cette même voie

Chronique.

 

 Nonobstant des controverses bruyantes sur l’ampleur du plan Biden, un consensus émerge aujourd’hui aux Etats-Unis : la meilleure stratégie pour effacer les séquelles de la crise sanitaire et atténuer les lourds problèmes sociaux du pays, c’est de placer l’économie en régime de haute pression.

L’idée n’est pas neuve. Elle remonte à Arthur Okun (1928-1980), un économiste keynésien, ancien conseiller de Lyndon Johnson. Mais elle a été évoquée par Janet Yellen, peu avant sa nomination comme secrétaire au Trésor, et inspire visiblement Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale (Fed).

De quoi s’agit-il ? Depuis une célèbre conférence prononcée par Milton Friedman en 1968, les politiques macroéconomiques s’articulent généralement autour de l’idée qu’il existe un taux de chômage d’équilibre en dessous duquel on ne peut descendre qu’au prix d’une inflation croissante. A l’approche de ce seuil, il faut freiner la croissance pour éviter une surchauffe. C’est ce qu’on a fait régulièrement depuis les années 1980, au point d’aboutir à une inflation trop basse dont on n’arrive pas à se dépêtrer.

La thèse d’Okun, formulée en 1973, est au contraire qu’il faut tester les limites à la baisse du chômage pour tenter de faire fonctionner l’économie en régime de rareté des ressources en travail. Cela demande un peu plus d’efforts de recrutement et de formation aux entreprises, mais ramène vers l’emploi celles et ceux qui en sont le plus loin : chômeurs de longue durée, personnes tombées dans l’inactivité, salariés à faibles qualifications, minorités. En cas de succès, le bénéfice est double : un potentiel de production plus élevé (de 2 à 3 points pour chaque point de baisse du chômage, selon Okun) et une amélioration sensible de la situation des plus défavorisés.

Jamais complètement oubliée outre-Atlantique, l’idée est à nouveau en vogue. En août 2020, la Fed a révisé sa stratégie monétaire. Elle vise maintenant à minimiser le déficit d’emploi par rapport au maximum atteignable. Cette formulation signifie que les risques inflationnistes associés à un niveau d’emploi trop élevé sont tenus pour moins graves que ceux induits par un niveau d’emploi trop faible. Et Jerome Powell, dans l’explication de texte qu’il en a donné le même jour, souligne les bienfaits qu’un marché du travail tendu apporte aux « communautés à faible revenu », notamment aux minorités ethniques.

Début 2020, avant le choc du Covid-19, ces bienfaits étaient visibles. Alors que le taux de chômage des Noirs et des non-diplômés était, en 2009, supérieur de cinq points au chômage moyen, l’écart n’était plus que de deux points et demi début 2020. Parallèlement, les taux d’activité augmentaient et les salaires du bas de l’échelle progressaient sensiblement plus vite que la moyenne. L’expansion à tout-va de Donald Trump avait produit les effets annoncés par Okun.

 

Energie : l’envolée des prix aux États-Unis ?

Energie : l’envolée des prix aux États-Unis ?

Le professeur Robert Bell et le consultant Patrick Mathieu estiment, dans une tribune au « Monde », que la non-rentabilité des centrales à charbon va faire basculer les énergéticiens du côté des énergies propres… au prix d’une envolée de la facture pour le consommateur.

Tribune.

 

 Le nouveau président américain semble vouloir incarner la figure du « souverain juste », réparant les torts de l’administration précédente et ramenant la paix civile. Alors que l’attention s’est récemment portée sur Robinhood, cette société de courtage en ligne utilisée par de très jeunes investisseurs contre les géants du marché boursier américain, c’est justement le style de leadership attribué au « bon roi Richard » dans le mythe de Robin des Bois. En réalité, il fut un roi terrible… Mais, dans le mythe, Richard Cœur de Lion revient de croisade pour remettre les choses en ordre après les déprédations de son frère, le prince Jean.

La croisade du « bon roi Joe » est de sauver la terre du réchauffement climatique – le pape lui-même a lancé un appel à l’action. Mais le méchant prince Donald lui a laissé un grand fléau, le Covid-19. 1 900 milliards de dollars ne seront pas de trop pour le combattre. Alors où trouver 2 000 milliards de plus pour financer la croisade du pape ?

Si Joe Biden chargeait les collecteurs d’impôts fédéraux d’obtenir cette somme auprès des contribuables américains, on le prendrait rapidement pour… le shérif de Nottingham. Mais M. Biden possède un autre atout : l’Agence de protection de l’environnement. Une pression réglementaire bien appliquée pourrait accélérer la fin des centrales à charbon.

La capacité de production d’électricité américaine à base de charbon s’élevait officiellement à 229 gigawatts (GW) fin 2019, près d’un quart du total de la production d’électricité. Or, un rapport Bloomberg révélait, en 2018, que la moitié des centrales à charbon américaines, soit 135 GW de capacité, avait subi des pertes nettes en 2018.

Le même rapport précise que la grande majorité des unités non rentables sont réglementées, soit 130 GW. Il s’agit souvent de monopoles locaux. Or, les régulateurs des Etats (Californie, New York, etc.) autorisent ces énergéticiens à transférer leurs pertes à leurs clients, selon le principe du « coût majoré ». Ces entreprises ajoutent simplement une marge, d’environ 9 % actuellement, à leurs coûts.

Si l’administration Biden tient ses engagements et s’attaque sérieusement au problème du charbon, ces énergéticiens fermeront probablement leurs centrales et installeront à la place des parcs éoliens ou solaires, rentables et moins onéreux. Ils emprunteront l’argent nécessaire sur les marchés obligataires ; l’intérêt payé entrera dans la base de coûts de leurs contrats facturés au « coût majoré ». Les obligations d’énergéticiens réglementés, considérées comme sûres, seront achetées par de nombreux fonds de pension américains.

 

États-Unis : 20 millions de doses par jour pour 60 000 en France !

États-Unis : 20 millions de doses par jour pour 60 000 en France !

 

Il se confirme tous les jours que la campagne de vaccination en Europe et particulièrement France est catastrophique. Quand on compare la situation avec les États-Unis, il n’y a pas photo. En effet, le président Biden avait décidé 100 millions de vaccinations en 100 jours, un objectif déjà réalisé. Le président américain entend doubler ce chiffre pour passer à 200 millions pendant les trois premiers mois de son mandat. Un chiffre évidemment à comparer avec les 10 millions de vaccinés en France mais en trois mois. Soit autour de 60 à 70 000 vaccinations par jour. L’incurie est imputable à l’Europe qui n’a pas su négocier les vaccins mais aussi à l’immobilisme de l’administration de la santé puisque 30 % de ses vaccins sont immobilisés faute de logistique adaptée.

États-Unis : un plan de rénovation des infrastructures

États-Unis : un plan de rénovation des infrastructures

 

Dans le plan de près de 3000 milliards décidé par Biden pour soutenir l’économie figure en bonne place la rénovation des infrastructures dont il faut dire qu’elles sont parfois dans un état assez lamentable. La proposition, sur laquelle les principaux conseillers du président délibèrent depuis des semaines, serait articulée en deux parties distinctes, la première partie du plan sera axée sur les infrastructures et l’énergie propre, et la seconde sur «l’économie des soins» avec un accent mis sur les principaux problèmes économiques, selon CNN.

L’Allemagne aussi de ce côté entend soutenir son économie avec également un plan de remise à niveau des les infrastructures. En France par contre, ce n’est pas à l’ordre du jour. Certes les infrastructures sont globalement en meilleur état que dans les pays cités mais les besoins sont importants aussi bien dans le transport, que dans l’énergie,  la rénovation des bâtiments ou encore la recherche.

Etats-Unis: conséquences d’un salaire mini à 15 dollars l’heure

Etats-Unis: conséquences  d’un salaire  mini à 15 dollars l’heure

Le relèvement du salaire minimum à 15 dollars de l’heure d’ici 2025 bénéficierait à 27 millions de travailleurs et permettrait à 900 000 Américains de sortir de la pauvreté, mais coûterait aussi 1,4 million d’emplois sur les quatre prochaines années : telle est la conclusion d’une étude réalisée par le bureau du budget du Congrès (CBO), une entité non partisane.(Article du Wall Street Journal)

Affirmant qu’il aiderait les salariés les moins bien rémunérés à mieux vivre et doperait la fiche de paie de ceux qui ont été en première ligne pendant la pandémie (les salariés des commerces alimentaires et des entrepôts et les livreurs), le président Biden et de nombreux démocrates militent pour un quasi-doublement du salaire minimum, actuellement à 7,25 dollars de l’heure. Mais pour les républicains, une partie des entreprises et certains économistes, la mesure pourrait être néfaste pour l’emploi au moment où les Etats-Unis tournent la page des licenciements provoqués par la crise sanitaire.

Si le rapport du CBO confirme l’effet sur la réduction de la pauvreté, il risque aussi de compliquer la tâche de ceux qui veulent convaincre les démocrates modérés et les républicains de voter la première hausse du salaire minimum fédéral pour la première fois depuis 2009.

Une hausse des salaires entraînerait une augmentation des coûts de production que les entreprises répercuteraient sur les consommateurs en relevant leurs prix, ce qui pénaliserait la demande

En effet, le document réaffirme qu’un salaire minimum à 15 dollars serait préjudiciable pour le marché du travail et revoit à la hausse l’estimation réalisée en 2019. Si le coup de pouce bénéficierait à de nombreux Américains, il entraînerait, selon l’étude, une augmentation des prix, un creusement du déficit fédéral et une légère dégradation de l’activité économique sur la prochaine décennie.

Inclure ou pas la mesure au programme d’aide de 1 900 milliards de dollars : telle est la question pour les démocrates qui, dans un Sénat où les deux partis sont à égalité parfaite, ne peuvent pas se permettre de perdre la moindre voix. Joe Manchin, sénateur démocrate de Virginie-Occidentale, a ainsi déclaré qu’il était contre une augmentation du salaire minimum à 15 dollars de l’heure, tandis que d’autres parlementaires plus progressistes s’y sont dits favorables.

De fait, une hausse des salaires entraînerait une augmentation des coûts de production que les entreprises répercuteraient sur les consommateurs en relevant leurs prix, ce qui pénaliserait la demande, explique le CBO.

« Les employeurs réduiraient donc la production de biens et de services et, par conséquent, le nombre de salariés qu’ils font travailler, tous niveaux de salaire confondus, ajoute le rapport. Les jeunes et les personnes moins diplômées seraient les principales concernées par ces suppressions de postes. »

Plus d’un million d’Américains pourraient ainsi perdre leur emploi, souligne le document, qui précise néanmoins qu’environ 17 millions de salariés, soit quelque 10 % de la main-d’œuvre, verraient leur salaire augmenter. Dix millions de salariés qui gagnent un peu plus de 15 dollars de l’heure pourraient aussi voir leurs fins de mois s’améliorer.

L’étude part de l’hypothèse d’une première augmentation à 9,50 dollars de l’heure au 1er juin, suivie de hausses annuelles permettant au salaire minimum d’atteindre ces fameux 15 dollars de l’heure en 2025. Par la suite, il serait ajusté en fonction de l’évolution du salaire médian.

Après prise en compte des hausses de salaire et des pertes d’emplois, le projet se traduirait par une progression nette des versements aux travailleurs de 333 milliards de dollars entre 2021 et 2031, indique l’étude, ce qui permettrait aux bas salaires de dépenser davantage, mais augmenterait le coût du travail pour les entreprises et engendrerait une augmentation des prix, notamment dans les restaurants. Les pertes d’emplois auraient, elles, un impact négatif modéré sur la croissance économique.

Selon l’étude, les conséquences sur le budget fédéral seraient beaucoup plus limitées : entre 2021 et 2031, le déficit fédéral cumulé augmenterait de 54 milliards de dollars sous l’effet de l’augmentation du prix des biens et des services si le salaire minimum passait à 15 dollars de l’heure, poursuit le rapport. A titre de comparaison, le déficit des Etats-Unis s’est établi à 3 100 milliards de dollars l’an passé, augmentation des dépenses de santé incluses.

L’étude souligne que, d’ici 2025, trois millions de salariés devraient travailler dans les secteurs de la santé à domicile et des maisons de retraite et gagner moins de 15 dollars de l’heure si la loi n’est pas modifiée. Une grande partie de ces salariés sont rémunérés au titre de programmes de type Medicaid et Medicare.

Toujours d’après ce rapport, les dépenses publiques en santé, en assurance chômage et en sécurité sociale devraient augmenter et le nombre de fonctionnaires fédéraux bénéficiant d’une hausse de salaire serait relativement limité. Cet accroissement serait en partie compensé par une réduction des dépenses consacrées aux programmes de nutrition, l’évolution des crédits d’impôt et l’augmentation des impôts payés par les ménages ayant bénéficié des hausses de salaire.

Du côté des entreprises, les avis sont mitigés. Certaines, dont Amazon et Target, ont d’ores et déjà relevé la rémunération minimum à 15 dollars de l’heure. D’autres n’ont pas encore sauté le pas, notamment dans les zones rurales où la main-d’œuvre est souvent moins chère. Chez Walmart, géant de la distribution et premier employeur du pays, le salaire de départ est de 11 dollars de l’heure

Pour les parlementaires qui veulent inclure la mesure au programme d’aide à 1 900 milliards de dollars, les difficultés sont aussi d’ordre technique : les démocrates veulent utiliser la procédure de « réconciliation budgétaire », qui permet de réduire à 51 le nombre de voix nécessaires pour faire passer une loi (contre 60 généralement requises).

Certains démocrates, dont Joe Biden, Nancy Pelosi (la présidente de la Chambre des représentants) et John Yarmuth (le président de la commission budgétaire de la Chambre), ont d’ores et déjà fait savoir que, selon eux, la disposition relative au salaire minimum ne remplissait pas les critères nécessaires pour être adoptée par réconciliation budgétaire, la procédure ne concernant que les mesures ayant un impact direct sur le budget fédéral.

Mais pour Bernie Sanders, chef de la commission budgétaire du Sénat, l’étude du CBO démontre qu’elle pourrait tout à fait relever de la réconciliation budgétaire.

« Le CBO a prouvé que le fait d’augmenter le salaire minimum aurait un impact direct et significatif sur le budget fédéral. Cela signifie que nous pouvons parfaitement porter ce salaire à 15 dollars de l’heure en appliquant les règles de la réconciliation », a-t-il déclaré lundi dans un communiqué.

Du côté des entreprises, les avis sont mitigés. Certaines, dont Amazon et Target, ont d’ores et déjà relevé la rémunération minimum à 15 dollars de l’heure. D’autres n’ont pas encore sauté le pas, notamment dans les zones rurales où la main-d’œuvre est souvent moins chère. Chez Walmart, géant de la distribution et premier employeur du pays, le salaire de départ est de 11 dollars de l’heure.

Des lobbys, dont la Chambre de commerce et Business Roundtable, ont estimé que le salaire minimum actuel est effectivement trop bas, mais qu’il fallait éviter toute augmentation brutale dans une économie dont la reprise reste fragile.

« Les personnes qui seraient les plus directement touchées par une augmentation du salaire minimum sont les petites entreprises, qui sont aussi celles qui ont été le plus durement frappées par la pandémie », a ainsi souligné Joshua Bolten, le président de Business Roundtable, la semaine dernière sur CNBC.

(Traduit à partir de la version originale en anglais par Marion Issard)

Etats-Unis : note S&P confirmée

Etats-Unis : note S&P confirmée

L’agence de notation se montre comme d’habitude très complaisante vis-à-vis des États-Unis qui a l’occasion de la crise aura déversé des liquidités  budgétaires de plusieurs milliers de dollars. L’agence pense cependant que la dette ainsi accumulée qui atteindra bientôt 110 % du PIB est encore largement soutenable. L’agence se fonde surtout pour pérenniser la meilleure note sur les  perspectives de reprise rapide de l’économie américaine (en escompte une croissance du PIB  de l’art de 8 % en 2021 pour moins de 4 % en Europe par exemple).

Elle convient également que le statut de monnaie internationale confère un rôle particulier au dollar qui ne peut donc être évalué de la même manière que les autres monnaies.

. En revanche l’agence Fitch a en revanche abaissé sa perspective en juillet, passée de stable à négative, notant une «détérioration continue des finances publiques». Elle avait cependant maintenu la note «AAA», la meilleure possible.

États-Unis. La bourse doit aussi prendre en compte la responsabilité sociale environnementale

États-Unis. La bourse doit aussi prendre en compte la responsabilité sociale environnementale

 

C’est en tout cas ce qu’affirme l’autorité de régulation des marchés boursiers.

 

La présidente en exercice de l’autorité de régulation des marchés boursiers américains, la SEC, a loué ce lundi les vertus des critères ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance), réfutant l’idée que ces derniers étaient un frein à la bonne santé financière des entreprises.

Parmi les initiatives visant à faire pression sur les compagnies récalcitrantes, la SEC a créé début mars un groupe de travail chargé de «détecter des comportements fautifs liés à la politique climatique et aux normes ESG» ((environnementaux, sociaux et de gouvernance),), a rappelé Allison Herren Lee.

La SEC a multiplié ces derniers mois les annonces soulignant son engagement en faveur d’une finance responsable.

Cette ligne devrait être poursuivie par Garry Gensler, le candidat de la Maison Blanche pour prendre les rênes de cette agence fédérale et dont la nomination doit être approuvée par le Sénat.

Reste que les républicains sont très sceptiques sur ces annonces de l’autorité des marchés boursiers qu’il considèrent davantage comme médiatiques que comme opérationnels.

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