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Régime universel des retraites : enfumage conceptuel sur l’âge et le montant

 

 Régime universel des  retraites : enfumage conceptuel sur l’âge et le montant 

 

On a promis un régime universel pour des motifs louables d’égalité, un régime à point où chaque euro aura la même valeur. Le problème justement, c’est la valeur de cette retraite au delà des slogans de marketing politique. De toute manière,  ce régime ne pourra être totalement universel et le plus grand doute plane sur l’âge de départ. Le premier enfumage concerne en effet l’âge de départ à la retraite. Certes l’âge légal à 62 ans n’est pas modifié  mais on baisse en fait le montant pour inciter à partir à 64 ans et plus. Un malus de 5 % par année d’écart sera instauré, par contre un bonus de 5 % par rapport à cet âge pivot devrait être aussi décidé. Le problème c’est que par définition l’âge d’équilibre devrait évoluer avec le temps en fonction des évolutions démographiques, du rapport actif retraité et du montant des retraites. Aujourd’hui l’âge pivot est fixé à 64 ans mais il pourrait rapidement être fixé à 65 ans et l’avantage en fonction des paramètres évoqués ci-dessus. Conclusion,  il n’y a plus d’âge de départ à la retraite assuré. Parmi les autres préconisations, le rapport Delevoye propose de garantir dans le futur « système universel » un minimum de retraite égal à 85% du Smic net, contre 81% pour les salariés et 75% pour les agriculteurs actuellement. Il envisage que les pensions de réversion versées aux conjoints survivants, le plus souvent des femmes, leur assurent 70% du total des retraites perçues par le couple. Il suggère en outre de majorer les droits à la retraite de 5% par enfant dès la première naissance, contre 10% actuellement pour les parents de trois enfants et plus, afin d’adapter les droits familiaux « aux évolutions de la société » et de favoriser les femmes, dont la pension moyenne est aujourd’hui « inférieure de 42% » à celle des hommes. Ces préconisations devraient servir de base à un projet de loi maintes fois repoussé et attendu en Conseil des ministres à l’automne, avant un examen au Parlement probablement après les municipales de mars. L’autre grande interrogation concerne ce concept de retraite à points. Jusque-là on parlait en euros et en pourcentage par rapport aux six derniers mois pour la fonction publique et aux 25 meilleures années pour le privé. Maintenant on parle en points. Une référence qui n’a pas beaucoup de sens sans rapport à la valeur du point. Justement le gouvernement pourrait bien se servir de ce nouveau concept pour peser sur cette valeur, par exemple pour geler voir diminuer les retraites. A la CFDT, Laurent Berger souligne que  « Ce rapport est un point d’étape, il y a encore des dizaines et des dizaines de questions à se poser (…) la CFDT se prononcera sur ce projet de loi lorsqu’il y aura un projet de loi (…) nous jugerons sur pièces à l’issue du processus. » « Si nous notons positivement dans ce rapport un certain nombre d’avancées – je pense notamment au fait que ce soit un système plus redistributif qui privilégiera d’abord ceux qui ont des carrières hachées ou encore à l’extension des droits familiaux dès le premier enfant -, il y a aussi des mesures qu’il faudra continuer à pousser, comme la question de la pénibilité, l’extension aux agents du public. » Du côté de la CGT, le secrétaire général Philippe Martinez a déclaré que  ce système, c’est d’abord beaucoup d’enfumage avec des titres pompeux – système universel des retraites – qui ne règle en rien un certain nombre de problèmes qui sont liés au manque d’emploi, à la précarité, etc. »

« Qui va définir la valeur du point? M. Delevoye est très optimiste, il nous assure qu’il ne baissera jamais, mais quand on entend le discours ambiant où il faut réduire les dépenses publiques, on peut tout à fait imaginer que la valeur du point sera définie par le ministère de l’Economie et, quand on se fera tirer les oreilles par Bruxelles, c’est vers ce genre de choses qu’on fera des économies. »

 

Les propositions de Jean-Paul Delevoye visent à guider la future réforme des retraites promise par Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle, en 2017. Rien ne dit toutefois que le gouvernement ne reprendra toutes les pistes proposées par le haut-commissaire. Une concertation avec les partenaires sociaux s’ouvre afin de définir le projet de loi à proprement parler. Le projet final devrait être présenté en conseil des ministres d’ici la fin de l’année, pour un examen au Parlement après les élections municipales de mars 2020.

Accord CETA : risques pour l’agriculture et l’environnement

Accord CETA : risques pour l’agriculture et l’environnement

 

 

Le Ceta constitue d’abord une bizarrerie juridique. Il a d’abord été négocié dans le plus grand secret par l’UE avec le Canada. Ensuite, il a immédiatement été appliqué et cela avant la ratification. Cet accord commercial présente un double danger : un danger pour l’agriculture et un danger pour l’environnement. D’une certaine manière, l’agriculture constitue la variable d’ajustement de ce traité destiné à accélérer les échanges de produits manufacturés surtout sur le dos de l’agriculture française ; une agriculture  qui ne peut être compétitive vis-à-vis du Canada en raison des normes aussi en raison du caractère encore artisanal de nombre d’exploitations françaises. (Même si l’industrialisation est en cours). Il n’y aura pour la France aucune disposition et forcément aucun moyen pour s’opposer notamment aux OGM, aux hormones, aux farines animales, aux pesticides et autres produits chimiques autorisés au Canada. Sans parler du fait que le Canada pourra aussi servir de porte discrète pour des productions des États-Unis. (Où on trouve par exemple des les élevages de 100 000 têtes). ’ Pour le ministère de l’Agriculture, cette crainte «n’est pas fondée»: «Quand on parle de farines animales, on fait référence aux farines de ruminants, qui ont été à l’origine de la maladie de la vache folle», estime le ministère, faisant valoir que ces produits sont interdits au Canada. Les éleveurs français s’inquiètent aussi de l’utilisation, outre-Atlantique, d’antibiotiques comme activateurs de croissance. Une pratique qui concerne, selon le ministère «l’ensemble des pays tiers qui fournissent l’UE en viande». A moyen terme (pourquoi attendre !  NDLR), l’Europe pourrait légiférer sur le sujet: un règlement décidé par le Parlement européen et le Conseil, publié début 2019, «demande à la Commission de prendre des dispositions visant à interdire l’importation à partir de pays tiers qui continuent à autoriser les antibiotiques comme promoteurs de croissance», selon le ministère, qui table sur une entrée en vigueur en janvier 2022. Enfin les éleveurs bovins n’ont de cesse de dénoncer des conséquences économiques désastreuses pour leur filière, compte tenu des contingents de bœuf que pourront exporter les Canadiens, des contingents en provenance du Canada voire des États-Unis. Le second risque et pas le moindre, c’est celui du développement de flux parasites. Une contradiction totale avec les préoccupations environnementales. En effet l’accélération des échanges va permettre à des produits d’effectuer des milliers de kilomètres inutiles et dont le bilan carbone viendra poser sur la qualité du climat et les émissions polluantes. Dans une problématique écologique,  c’est au contraire l’économie circulaire qu’il convient de favoriser.

Réforme des Retraites : enfumage conceptuel sur l’âge et le montant

 

 

Réforme des Retraites : enfumage conceptuel sur l’âge et le montant 

On a promis un régime universel pour des motifs louables d’égalité, un régime à point où chaque euro aura la même valeur. Le problème justement, c’est la valeur de cette retraite au delà des slogans de marketing politique. De toute manière,  ce régime ne pourra être totalement universel et le plus grand doute plane sur l’âge de départ. Le premier enfumage concerne en effet l’âge de départ à la retraite. Certes l’âge légal à 62 ans n’est pas modifié  mais on baisse en fait le montant pour inciter à partir à 64 ans et plus. Un malus de 5 % par année d’écart sera instauré, par contre un bonus de 5 % par rapport à cet âge pivot devrait être aussi décidé. Le problème c’est que par définition l’âge d’équilibre devrait évoluer avec le temps en fonction des évolutions démographiques, du rapport actif retraité et du montant des retraites. Aujourd’hui l’âge pivot est fixé à 64 ans mais il pourrait rapidement être fixé à 65 ans et l’avantage en fonction des paramètres évoqués ci-dessus. Conclusion,  il n’y a plus d’âge de départ à la retraite assuré. Parmi les autres préconisations, le rapport Delevoye propose de garantir dans le futur « système universel » un minimum de retraite égal à 85% du Smic net, contre 81% pour les salariés et 75% pour les agriculteurs actuellement. Il envisage que les pensions de réversion versées aux conjoints survivants, le plus souvent des femmes, leur assurent 70% du total des retraites perçues par le couple. Il suggère en outre de majorer les droits à la retraite de 5% par enfant dès la première naissance, contre 10% actuellement pour les parents de trois enfants et plus, afin d’adapter les droits familiaux « aux évolutions de la société » et de favoriser les femmes, dont la pension moyenne est aujourd’hui « inférieure de 42% » à celle des hommes. Ces préconisations devraient servir de base à un projet de loi maintes fois repoussé et attendu en Conseil des ministres à l’automne, avant un examen au Parlement probablement après les municipales de mars. L’autre grande interrogation concerne ce concept de retraite à points. Jusque-là on parlait en euros et en pourcentage par rapport aux six derniers mois pour la fonction publique et aux 25 meilleures années pour le privé. Maintenant on parle en points. Une référence qui n’a pas beaucoup de sens sans rapport à la valeur du point. Justement le gouvernement pourrait bien se servir de ce nouveau concept pour peser sur cette valeur, par exemple pour geler voir diminuer les retraites. A la CFDT, Laurent Berger souligne que  « Ce rapport est un point d’étape, il y a encore des dizaines et des dizaines de questions à se poser (…) la CFDT se prononcera sur ce projet de loi lorsqu’il y aura un projet de loi (…) nous jugerons sur pièces à l’issue du processus. » « Si nous notons positivement dans ce rapport un certain nombre d’avancées – je pense notamment au fait que ce soit un système plus redistributif qui privilégiera d’abord ceux qui ont des carrières hachées ou encore à l’extension des droits familiaux dès le premier enfant -, il y a aussi des mesures qu’il faudra continuer à pousser, comme la question de la pénibilité, l’extension aux agents du public. » Du côté de la CGT, le secrétaire général Philippe Martinez a déclaré que  ce système, c’est d’abord beaucoup d’enfumage avec des titres pompeux – système universel des retraites – qui ne règle en rien un certain nombre de problèmes qui sont liés au manque d’emploi, à la précarité, etc. »

« Qui va définir la valeur du point? M. Delevoye est très optimiste, il nous assure qu’il ne baissera jamais, mais quand on entend le discours ambiant où il faut réduire les dépenses publiques, on peut tout à fait imaginer que la valeur du point sera définie par le ministère de l’Economie et, quand on se fera tirer les oreilles par Bruxelles, c’est vers ce genre de choses qu’on fera des économies. »

 

Les propositions de Jean-Paul Delevoye visent à guider la future réforme des retraites promise par Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle, en 2017. Rien ne dit toutefois que le gouvernement ne reprendra toutes les pistes proposées par le haut-commissaire. Une concertation avec les partenaires sociaux s’ouvre afin de définir le projet de loi à proprement parler. Le projet final devrait être présenté en conseil des ministres d’ici la fin de l’année, pour un examen au Parlement après les élections municipales de mars 2020.

CETA : mortel pour l’agriculture et environnement

CETA : mortel pour l’agriculture et environnement

 

 

 

Le Ceta constitue d’abord une bizarrerie juridique. Il a d’abord été négocié dans le plus grand secret par l’UE avec le Canada. Ensuite, il a immédiatement été appliqué et cela avant la ratification. Cet accord commercial présente un double danger : un danger pour l’agriculture et un danger pour l’environnement. D’une certaine manière, l’agriculture constitue la variable d’ajustement de ce traité destiné à accélérer les échanges de produits manufacturés surtout sur le dos de l’agriculture française qui ne peut être compétitive vis-à-vis du Canada en raison des normes aussi en raison du caractère encore artisanal de nombre d’exploitations françaises. (Même si l’industrialisation est en cours). Il n’y aura pour la France aucune disposition et forcément aucun moyen pour s’opposer notamment aux OGM, aux hormones, aux farines animales, aux pesticides et autres produits chimiques autorisés au Canada. Sans parler du fait que le Canada pourra aussi servir de porte discrète pour des productions des États-Unis. (Où on trouve par exemple des les élevages de 100 000 têtes). ’ Pour le ministère de l’Agriculture, cette crainte «n’est pas fondée»: «Quand on parle de farines animales, on fait référence aux farines de ruminants, qui ont été à l’origine de la maladie de la vache folle», estime le ministère, faisant valoir que ces produits sont interdits au Canada. Les éleveurs français s’inquiètent aussi de l’utilisation, outre-Atlantique, d’antibiotiques comme activateurs de croissance. Une pratique qui concerne, selon le ministère «l’ensemble des pays tiers qui fournissent l’UE en viande». A moyen terme (pourquoi attendre !  NDLR), l’Europe pourrait légiférer sur le sujet: un règlement décidé par le Parlement européen et le Conseil, publié début 2019, «demande à la Commission de prendre des dispositions visant à interdire l’importation à partir de pays tiers qui continuent à autoriser les antibiotiques comme promoteurs de croissance», selon le ministère, qui table sur une entrée en vigueur en janvier 2022. Enfin les éleveurs bovins n’ont de cesse de dénoncer des conséquences économiques désastreuses pour leur filière, compte tenu des contingents de bœuf que pourront exporter les Canadiens, des contingents en provenance du Canada voire des États-Unis. Le second risque et pas le moindre, c’est celui du développement de flux parasites. Une contradiction totale avec les préoccupations environnementales. En effet l’accélération des échanges va permettre à des produits d’effectuer des milliers de kilomètres inutiles et dont le bilan carbone viendra poser sur la qualité du climat et les émissions polluantes. Dans une problématique écologique,  c’est au contraire l’économie circulaire qu’il convient de favoriser.

Drame de Nantes- Castaner : dilettante, provocateur et irresponsable

Drame de  Nantes-  Castaner : dilettante, provocateur et irresponsable

 

 

Comme d’habitude, Castaner réfugie derrière l’hystérie sémantique pour masquer son incompétence. Il a par exemple considéré que le fait de murer les permanences des députés LREM constituait des attentats.  Inutile de tourner autour du pot, Christophe Castaner n’a pas les épaules  pour assumer son rôle de ministre de l’intérieur. Comme beaucoup d’autres ministres (ou de députés) de la majorité, Castaner manque cruellement de compétences et expériences. Il a été nommé à ce poste un peu par hasard (Gérard Collomb, brusquement démissionnaire). Il a fallu du temps pour trouver un remplaçant.  Macron n’a pas recherché le profil le plus compétent mais le profil le plus courtisan. Ce qu’il a fait aussi quand Hulot lui aussi démissionnaire et qui  a été remplacé par le très transparent et obéissant de Rugy. Un incompétent qui en outre a confondu la démocratie avec la monarchie en faisant payer aux contribuables des dîners d’amis. Christophe Castaner par son inconséquence a été responsable de graves lacunes en matière de maintien de l’ordre lors à l’occasion des manifestations des gilets jaunes. En certaines circonstances, il s’est montré beaucoup trop laxiste vis-à-vis des casseurs. En d’autres circonstances,  il s’est monté beaucoup trop brutal avec un nombre de blessés voire de morts  inadmissible. Quand on examine le CV de Christophe Castaner, on constate que sa qualité principale est d’être un courtisan de Macron. C’est en effet un ancien second couteau, voire un troisième couteau du parti socialiste qui n’a jamais assumé de responsabilité nationale au plan politique encore moins au niveau gouvernemental. Le choix de Macon de privilégier des collaborateurs sans grande compétence, sans grande expérience et sans vraie légitimité comporte des risques. On ne nomme  pas à ce poste très délicat un novice. L’affaire du mort  de Nantes n’est pas admissible car il ne s’agissait pas d’une manifestation politique menaçant  la république  mais d’une fête de la musique qui en aucun cas ne justifiait l’utilisation de moyens de répression comme les grenades de désencerclement  par exemple ou les charges de la police.

 

Prévisions de croissance Zone euro en baisse en 2019 et 2020

Prévisions de croissance Zone euro en baisse  en 2019 et 2020

 

 

De toute évidence, la croissance se tasse encore en zone euro au point que la prévision à 1,2 % paraisse maintenant hypothétique. Pour autant, la commission européenne, pour des raisons pédagogiques, ne veut pas changer sa prévision. Or c’est ce tassement en 2019 qui justifie la nouvelle baisse de croissance pour 2020.  Les experts de l’institution basée à Bruxelles ont révisé à la baisse leurs projections passant de 1,5% à 1,4%. Les difficultés de la zone euro se nourrissent notamment des graves problèmes que connaît l’Allemagne qui ne prévoit que 0,5 % d’augmentation de croissance en 2019. Notons que la France atteindra péniblement 1,2 % en 2019 et que l’Italie devrait tutoyer la récession. Seule parmi les grands  pays, l’Espagne ne s’en tire pas mal (autour de 2% en 2019 et 2020). Sur la tendance, il est clair que la croissance de l’activité s’inscrit dans une tendance baissière dont il faut tenir compte en 2020. Ces prévisions de la commission économique paraissent encore un peu optimistes. La commission espère en effet un net redressement de l’Allemagne en 2020 (autour de 1.4%), ce qui est loin d’être évident. Encore une fois, ces prévisions pêchent  un peu par excès d’optimisme. Pour preuve, la commission s’aligne sur les perspectives du gouvernement français  Pour 2019 et 2020, à savoir 1,3% et 1,4% alors comme déjà indiqué, on aura du mal à faire 1,2 % en 2019.  » En moyenne, les indicateurs relatifs au climat des affaires et les indices PMI sont relativement bien orientés au second trimestre 2019, et la confiance des consommateurs devrait s’améliorer. « .dit la commission.  Mais ’argumentaire de la commission est déjà obsolète avec la constatation récente du tassement très net du climat des affaires

Macron : le bilan d’un président liquidateur de l’industrie, de l’économie et du patrimoine

Macron : le bilan  d’un liquidateur de l’industrie, de l’économie et du patrimoine

Il y a plus   de deux ans que Macron assume les responsabilités présidentielles. Un délai suffisant pour commencer à faire un bilan d’autant plus que Macron occupait déjà des fonctions importantes dès 2014 auprès de Hollande. D’un point de vue macro économique, l’échec est patent. Si on relève un petit rebond de la croissance en 2018, on le doit surtout à la politique de Hollande. Pour 2019, la croissance ne devrait pas dépasser beaucoup 1 %. Le nombre de chômeurs évoluera très peu, les comptes de public sont encore plus dégradés. Dans l’opinion publique, ils sont 70 % à ne pas croire à l’efficacité de la politique menée. On objectera que certaines réformes ont été engagées mais souvent des réformes qui ne vont pas jusqu’au bout ou même auxquelles on renonce. Voir par exemple le nombre de fonctionnaires. Macron avait annoncé la suppression de 50 000 postes pendant son quinquennat or en 2020, on  ne prévoit que la suppression de 2. 000. Un renoncement évidemment à la réforme de l’État. Un État plombé par ses couts de fonctionnement notamment ses couts salariaux mais aussi par la technocratie qui pour des motifs existentiels ne cesse de paralyser l’initiative. Macron de ce point de vue est prisonnier de ses origines de technocrate comme il est aussi dépendant des intérêts financiers qui ont soutenu sa campagne. Macron est un libéral étatiste, une curiosité politique.   Il a ainsi accordé 40 milliards d’allègements fiscaux peut-être nécessaires mais sans aucune contrepartie et sans aucune évaluation. La plus grande insuffisance de Macron est son manque de vision économique en particulier dans le domaine de l’industrie 5Macron est un littéraire,  pas un économiste).  Pour Macron,  la stratégie se résume à des affaires d’achat et de vente comme on les mène dans les banques d’affaires sans tenir compte des perspectives à long terme. L’exemple le plus catastrophique est sans doute celui d’Alstom. On notera d’ailleurs qu’il n’y a pas de ministre responsable de l’industrie, tout simplement parce qu’on considère qu’il n’y a pas besoin de vision et que seul le marché se chargera de définir le futur paysage. Avec de tels raisonnements on aurait jamais créé et vendu les produits phares que sont les TGV, les centrales électriques  et l’aéronautique. Faute de réflexion, on est par exemple passé à côté de la technologie 5G  totalement aux mains des Américains et des Chinois. La vision de Macron est uniquement à court terme et embrasse seulement des startups qui naissent et se vendent dans les cinq ans. Des délais bien insuffisants pour des enjeux stratégiques qui exigent des dizaines d’années ; par exemple,  la filière hydrogène, la filière des batteries électriques, l’intelligence artificielle etc. il n’y a guère que dans le domaine de l’armement qu’on tente  de voir un peu plus loin que son nez ; peut-être pour la bonne raison que la France n’a plus les moyens financiers d’une grande puissance. Une partie de l’économie est aussi en voie de liquidation du fait de la multiplication d’accords commerciaux qui vont favoriser des pays beaucoup plus concurrentiels et qui s’assoient notamment sur les normes sociales, environnementales et sanitaires. Une économie qu’on laisse se placer sous la tutelle des géants du numérique américain notamment alors que la France a été pendant longtemps un des leaders de l’innovation en matière de grande distribution. La liquidation concerne aussi le patrimoine avec par exemple la vente des aéroports, infrastructures stratégiques s’il en est, la vente de la très lucrative activité des jeux. Enfin parallèlement la démocratie n’aura guère progressé puisqu’à la république monarchique on aura substitué une forme de monarchie absolue où seul le président décide de tout, partout  et tout le temps. Y compris pour la désignation des candidats aux municipales comme lorsque les anciens souverains distribuaient les charges aux courtisans.

 

Chine: Trump, la stratégie de la carotte et du bâton

Chine: Trump, la stratégie de la carotte et du bâton 

 

Récemment Trump  s’est félicité de l’avancée des négociations commerciales avec la Chine mais hier il a brutalement décidé de surtaxe de  10 % sur les 300 milliards de dollars d’importations chinoises jusque-là épargnées. La vérité c’est que les discussions progressent mais de manière particulièrement lente. Pékin ne lâche qu’au compte-gouttes dans tous les domaines. Au plan économique, c’est une stratégie d’envahissement progressive aux États-Unis bien sûr mais aussi en Europe ou en Afrique. La Chine investit partout dans l’industrie, dans les services et dans l’agriculture. Elle investit aussi dans les infrastructures en Italie par exemple mais aussi en France. Au plan politique et idéologique, le président Xi Jinping agit de plus en plus comme un dictateur nationaliste. Il a réussi à devenir comme Mao président  à vie. Comme Mao, il est en train de resiniser la Chine par exemple en débaptisant le nom de rue, en accentuant la répression à Hong Kong, en interdisant la religion chrétienne ou musulmane. Sans parler du scandale des camps de réinsertion pour les nombreux dissidents. Trump  n’a pas d’état d’âme vis-à-vis de la Chine, il sait que seule la force peut l’emporter sur des régimes de dictature insensible aux arguments de l’Occident.

Avec ces nouvelles taxes, ce sont près de la quasi-totalité des importations chinoises qui se retrouvent concernées, après les 25% de taxes imposés déjà sur 250 milliards de produits. Mais cette fois, les droits de douane supplémentaires concernent des biens de consommation courante, tels que l’électroménager et les produits agroalimentaires, laissant ainsi présager une hausse des prix dans les mois à venir.

 

Pour autant, Donald Trump a aussi déclaré  que les négociations commerciales entre les deux pays reprendraient comme convenu à Washington en septembre, ajoutant « pressentir que le futur entre les deux pays sera radieux ».

. Donald Trump a également assuré qu’il pourrait augmenter «bien plus encore» les tarifs douaniers si Pékin n’acceptait pas les exigences américaines. Il a notamment évoqué la possibilité d’aller «bien au-delà de 25%».

Brexit: Johnson et le nouveau gouvernement déjà en campagne électorale

Brexit: Johnson et le nouveau gouvernement déjà en campagne électorale

 

 

 

Vu de l’union européenne, on ne comprend pas bien la stratégie de Boris Jonson qui ne cesse de promouvoir  un Brexit  dur mais qui en même temps fait semblant de rechercher un accord avec l’union européenne. La vérité c’est que Boris Johnson- comme son gouvernement- ne se situe nullement dans la perspective d’une négociation avec l’union européenne, pas même dans la gestion du Brexit  mais seulement dans l’objectif de nouvelles élections au Royaume-Uni. Boris Johnson et son gouvernement sont en campagne électorale. Ils doivent donc conforter leur image auprès des électeurs quitte à saboter par avance de négociations avec l’union européenne. La totalité de l’argumentaire électoral de Boris Johnson et de son gouvernement est fondé sur le même thème : l’économie britannique est forte, elle peut supporter un Brexit  dur et en sortira encore plus forte. Le nouveau ministre britannique des Finances Sajid Javid a conforté ce message jeudi que l’économie britannique était suffisamment solide pour supporter les conséquences d’un Brexit sans accord.

“Notre économie est fondamentalement solide, et nous pouvons aujourd’hui faire différents choix”, a estimé le chancelier de l’Échiquier.

“Nous pouvons choisir d’investir dans l’école, dans nos hôpitaux, dans notre formidable police, par exemple, mais nous pouvons aussi nous préparer à sortir de l’UE et si cela signifie une absence d’accord c’est exactement ce que nous ferons”, a-t-il dit. “Nous avons clairement dit que nous souhaitions un accord, mais cela doit être un accord différent, un bon accord, un qui abolit le backstop antidémocratique”, a-t-il poursuivi.

“Si nous ne pouvons pas supprimer ce backstop, alors nous devrons partir sans accord et nous serons prêts à le faire”, a promis le ministre des Finances.

Le Royaume-Uni va investir 2,1 milliards de livres supplémentaires (2,3 milliards d’euros) pour stockage de médicaments, embauche de douaniers et autres campagnes d’information dans l’éventualité d’un Brexit sans accord.

On ne peut pas comprendre l’hostilité de Boris Johnson à l’égard de l’union européenne si on ne prend pas en compte le fait que ces préoccupations sont toutes orientées dans la préparation d’une campagne électoral. Et pour cela il lui faut absolument apparaître comme l’homme fort indiscutable du Royaume-Uni. En réalité un ultra libérale qui veut ce liberté libérée de toute régulation sociale, environnementale et sanitaire et imiter Trump. Le seul problème c’est que la Grande-Bretagne est économiquement plus petite que les États-Unis et que son économie est surtout liée à celle de l’union européenne.

Macron : le bilan d’un liquidateur de l’industrie, de l’économie et du patrimoine

Macron : le bilan  d’un liquidateur de l’industrie, de l’économie et du patrimoine

Il y a plus   de deux ans que Macron assume les responsabilités présidentielles. Un délai suffisant pour commencer à faire un bilan d’autant plus que Macron occupait déjà des fonctions importantes dès 2014 auprès de Hollande. D’un point de vue macro économique, l’échec est patent. Si on relève un petit rebond de la croissance en 2018, on le doit surtout à la politique de Hollande. Pour 2019, la croissance ne devrait pas dépasser beaucoup 1 %. Le nombre de chômeurs évoluera très peu, les comptes de public sont encore plus dégradés. Dans l’opinion publique, ils sont 70 % à ne pas croire à l’efficacité de la politique menée. On objectera que certaines réformes ont été engagées mais souvent des réformes qui ne vont pas jusqu’au bout ou même auxquelles on renonce. Voir par exemple le nombre de fonctionnaires. Macron avait annoncé la suppression de 50 000 postes pendant son quinquennat or en 2020, on  ne prévoit que la suppression de 2. 000. Un renoncement évidemment à la réforme de l’État. Un État plombé par ses couts de fonctionnement notamment ses couts salariaux mais aussi par la technocratie qui pour des motifs existentiels ne cesse de paralyser l’initiative. Macron de ce point de vue est prisonnier de ses origines de technocrate comme il est aussi dépendant des intérêts financiers qui ont soutenu sa campagne. Macron est un libéral étatiste, une curiosité politique.   Il a ainsi accordé 40 milliards d’allègements fiscaux peut-être nécessaires mais sans aucune contrepartie et sans aucune évaluation. La plus grande insuffisance de Macron est son manque de vision économique en particulier dans le domaine de l’industrie 5Macron est un littéraire,  pas un économiste).  Pour Macron,  la stratégie se résume à des affaires d’achat et de vente comme on les mène dans les banques d’affaires sans tenir compte des perspectives à long terme. L’exemple le plus catastrophique est sans doute celui d’Alstom. On notera d’ailleurs qu’il n’y a pas de ministre responsable de l’industrie, tout simplement parce qu’on considère qu’il n’y a pas besoin de vision et que seul le marché se chargera de définir le futur paysage. Avec de tels raisonnements on aurait jamais créé et vendu les produits phares que sont les TGV, les centrales électriques  et l’aéronautique. Faute de réflexion, on est par exemple passé à côté de la technologie 5G  totalement aux mains des Américains et des Chinois. La vision de Macron est uniquement à court terme et embrasse seulement des startups qui naissent et se vendent dans les cinq ans. Des délais bien insuffisants pour des enjeux stratégiques qui exigent des dizaines d’années ; par exemple,  la filière hydrogène, la filière des batteries électriques, l’intelligence artificielle etc. il n’y a guère que dans le domaine de l’armement qu’on tente  de voir un peu plus loin que son nez ; peut-être pour la bonne raison que la France n’a plus les moyens financiers d’une grande puissance. Une partie de l’économie est aussi en voie de liquidation du fait de la multiplication d’accords commerciaux qui vont favoriser des pays beaucoup plus concurrentiels et qui s’assoient notamment sur les normes sociales, environnementales et sanitaires. Une économie qu’on laisse se placer sous la tutelle des géants du numérique américain notamment alors que la France a été pendant longtemps un des leaders de l’innovation en matière de grande distribution. La liquidation concerne aussi le patrimoine avec par exemple la vente des aéroports, infrastructures stratégiques s’il en est, la vente de la très lucrative activité des jeux. Enfin parallèlement la démocratie n’aura guère progressé puisqu’à la république monarchique on aura substitué une forme de monarchie absolue où seul le président décide de tout, partout  et tout le temps. Y compris pour la désignation des candidats aux municipales comme lorsque les anciens souverains distribuaient les charges aux courtisans.

 

Mort à Nantes-Castaner : dilettante et irresponsable

Mort à Nantes-  Castaner : dilettante et irresponsable

Inutile de tourner autour du pot, Christophe Castaner n’a pas les épaules  pour assumer son rôle de ministre de l’intérieur. Comme beaucoup d’autres ministres (ou de députés) de la majorité, Castaner manque cruellement de compétences et expériences. Il a été nommé à ce poste un peu par hasard (Gérard Collomb, brusquement démissionnaire). Il a fallu du temps pour trouver un remplaçant. Comme d’habitude, Macron n’a pas recherché le profil le plus compétent mais le profil le plus courtisan. Ce qu’il a fait aussi quand Hulot lui aussi démissionnaire a été remplacé par le très transparent et obéissant de Rugy. Un incompétent qui en outre a confondu la démocratie avec la monarchie en faisant payer aux contribuables des dîners d’amis. Christophe Castaner par son inconséquence a été responsable de graves lacunes en matière de maintien de l’ordre lors à l’occasion des manifestations des gilets jaunes. En certaines circonstances il s’est montré beaucoup trop laxiste vis-à-vis des casseurs. En d’autres circonstances,  il s’est monté beaucoup trop brutal avec un nombre de blessés voire de mort inadmissible. Quand on examine le CV de Christophe Castaner, on constate que sa qualité principale est d’être un courtisan de Macron. C’est en effet un ancien second couteau, voire un troisième couteau du parti socialiste qui n’a jamais assumé de responsabilité nationale au plan politique encore moins au niveau gouvernemental. Le choix de Macon de privilégier des collaborateurs sans grande compétence, sa grande expérience et sans vraie légitimité comporte des risques. On ne nomme  pas à ce poste très délicat un novice. L’affaire du mort  de Nantes n’est pas admissible car il ne s’agissait pas d’une manifestation politique mais d’une fête de la musique qui en aucun cas ne justifiait l’utilisation de moyens de répression.

 

Pris pour cible, le ministre de l’Intérieur suscite des doutes dans la majorité mais reste soutenu par l’exécutif. Il y a des images qui parlent d’elles-mêmes. Mardi après-midi, puis mercredi matin, Édouard Philippe et Christophe Castaner se sont ostensiblement affichés côte à côte. Dans la cour de Matignon, d’abord, pour faire un point sur le rapport de l’IGPN après la mort de Steve Maia Caniço. En Essonne, ensuite, pour improviser une visite surprise au commissariat des Ulis avant d’arpenter les rues de Palaiseau. Chaque fois, le chef du gouvernement et son ministre de l’Intérieur ont adopté la même scénographie: le premier s’exprime et répond aux questions ; le second l’observe et prend peu la parole.Une chose est sûre: il existe un «sujet» Christophe Castaner dans la majorité. Défendu par l’Élysée et par Matignon, ce Marcheur de la première heure peine à s’imposer et à convaincre depuis qu’il a remplacé Gérard Collomb à l’automne dernier. Déjà affaibli par sa gestion de la crise des «gilets jaunes» et par la publication de photos d’une soirée arrosée dans un restaurant parisien, l’élu du Sud-Est doit affronter un nouveau tourbillon.  En coulisses, certains proches d’Emmanuel Macron s’étonnent d’ailleurs de constater que Christophe Castaner n’a pas été inquiété outre mesure par cette affaire - seule une partie de l’opposition, emmenée par La France insoumise et le Parti socialiste, réclame une commission d’enquête parlementaire. «Le Parlement, s’il le souhaite, est libre de le faire. Il faut respecter la séparation des pouvoirs. Mais aussi le pouvoir judiciaire: une telle commission ne peut pas porter sur des faits faisant l’objet d’une enquête judiciaire», répond l’entourage du ministre. Idem sur les appels à la démission.«Le bilan de son passage à LREM était déjà transparent, mais il s’en sortait grâce à la com. Là, ça ne suffit plus. Il faut bosser et obtenir des résultats. Point», martèle-t-on y compris dans la majorité.

FED : Une baisse de taux contagieuse et dangereuse

FED : Une baisse de taux contagieuse et dangereuse

D’une certaine manière, la décision de la banque centrale américaine est paradoxale et dangereuse. Certes,  la baisse des taux limités à un quart et non  reconductible ne va pas bouleverser le paysage financier. Ceci étant, il s’agit d’un acte de supplémentaire pour  faire tourner la planche à billets. En clair,  faire de la fausse monnaie comme en font d’ailleurs toutes les banques centrales qui inondent le marché de liquidités avec lesquels les investisseurs entretiennent la spéculation notamment sur le marché des actions. Un marché qui s’écroulerait sans doute sans cette masse de liquidités tellement maintenant le décalage est grand entre le résultat des entreprises et le cours des actions. En faite, le marché les actions est sous perfusion comme l’est  d’une façon générale l’endettement (endettement des Etats, des entreprises mais aussi des particuliers avec le risque d’un éclatement de la bulle immobilière. Cette baisse des taux d’un point de vue orthodoxe n’avait pas lieu d’être car si le tassement économique est constaté au États-Unis, la croissance est encore très satisfaisante (autour de 2 % en 2019). Par ailleurs on est loin de l’objectif des 2 % d’inflation. Ce qui se joue en fait aujourd’hui, c’est une guerre monétaire qui ne dit pas son nom et provoquera un jour une flambée d’inflation et sans doute une crise financière générale. Le geste de la banque centrale n’a d’ailleurs  pas satisfait non plus le président américain Donald Trump qui avait plaidé pour une baisse d’une toute autre ampleur.

Donald Trump a critiqué à de nombreuses reprises le président de la Fed Jerome Powell, lui reprochant de ne pas faire assez pour accompagner les efforts déployés par son administration pour soutenir la croissance. La Fed “nous a laissés tomber”, a réagi Donald Trump mercredi. Le marché voulait un signal montrant qu’un “cycle de réduction des taux prolongé et énergique” était en cours, a-t-il ajouté.Un cycle “nous mettant au diapason de la Chine, de l’Union européenne et d’autres pays de par le monde”, a poursuivi Trump. “Au moins, il (Powell) met un terme à un durcissement quantitatif qui de toute façon n’aurait jamais dû avoir lieu”. Les traders du marché monétaire évaluent à 76% environ la probabilité que la Fed abaisse à nouveau les taux au terme de sa réunion des 17 et 18 septembre, selon le baromètre FedWatch de CME Group. Cette probabilité implicite était de 83% peu de temps après l’annonce de la baisse de taux.

Powell et d’autres banquiers de la Fed ont ménagé la chèvre et le chou ces dernières semaines, mettant en avant les risques liés aux tensions commerciales internationales, à une inflation faible et à une conjoncture mondiale morose, tout en rappelant néanmoins que les Etats-Unis étaient fondamentalement en bonne santé économique. La Fed considère ainsi que le marché du travail reste “vigoureux” et observe que les dépenses des ménages se sont accélérées. Mais elle dit aussi que l’investissement des entreprises est terne et que les mesures de compensation de l’inflation restent basses. La banque centrale estime que la baisse des taux intervenue aujourd’hui doit favoriser le retour de l’inflation vers l’objectif de 2% mais que les incertitudes entourant cette perspective restent bien présentes.

La Fed a enfin fait savoir qu’elle arrêterait de dégonfler ses avoirs obligataires de 3.600 milliards de dollars à partir du 1er août, soit deux mois avant la date prévue. En clair, la politique accommodante de la Fed n’est pas stoppée. Au contraire, elle ce développe et sera sans doute contagieuse. D’autres banques centrales devraient suivre à terme le même exemple. La planche à billets déjà entraînant la planche à billets des autres.

Moral, Croissance et consommation : des contradictions

Moral, Croissance et consommation : des contradictions

Il faudra sans doute une nouvelle fois réviser à la baisse les perspectives de croissance pour l’année 2019. On pourrait en effet atteindre autour de 1% seulement au lieu des 1.4% espérés. Récemment, on annonçait une amélioration du moral des ménages. Or on ne retrouve pas cette hausse dans la consommation et bien sûr dans la croissance.

. Par ailleurs, on  a appris ces derniers jours que la confiance des milieux d’affaires, se dégradait et que les instituts de prévisions prévoyaient un tassement économique pour le second semestre.  L’indice de confiance des ménages en France, lui,  aurait  donc  continué de progresser en juillet pour le septième mois consécutif, en raison notamment de moindres craintes concernant le chômage, a annoncé vendredi l’Insee dans un communiqué. L’indicateur, calculé sur la base de soldes d’opinion (différences entre proportion de réponses positives et négatives), s’est établi à 102 points, soit un point de plus qu’en juin et 15 points de plus qu’en décembre, quand il avait atteint son plus bas niveau depuis 2014.Pourtant  la croissance est médiocre pour le second trimestre. Selon la première estimation publiée mardi par l’Insee, le produit intérieur brut de la deuxième économie de la zone euro a augmenté de 0,2% sur la période avril-juin. Sa progression s’inscrit en baisse par rapport au premier trimestre, dont l’Insee a confirmé la marque à +0,3%, et au dernier trimestre 2018, où elle avait atteint 0,4%.

Les économistes attendaient un PIB en hausse de 0,3% pour le deuxième trimestre, tout comme l’Insee dans sa note de conjoncture de juin. Mais la Banque de France avait abaissé sa propre projection à 0,2% début juillet en raison d’une dégradation du climat des affaires constaté à la fin du printemps dans l’industrie.

Avec le 0,2% du 2e trimestre, l’acquis de croissance pour 2019, à savoir l’évolution du PIB si l’activité stagnait au cours des deux prochains trimestres, se situait à 1,0% au 30 juin. À ce niveau, une croissance de 0,5% sera nécessaire au cours des deux prochains trimestres pour atteindre l’objectif de 1,4% du gouvernement, alors que l’Insee ne la voit pas dépasser 0,3% sur chaque période.

La croissance française a été soutenue ces derniers mois par une demande intérieure qui reste solide, contribuant positivement à hauteur de 0,4 point au PIB de la période. Mais la production manufacturière s’est davantage repliée que prévu et le déstockage des entreprises a été plus important, celui-ci contribuant négativement pour 0,2 point au PIB, souligne Julien Pouget, chef du département conjoncture de l’Insee, sur son compte Twitter.

La consommation des ménages a elle aussi été inférieure aux attentes et ne doit, comme au premier trimestre, son évolution positive qu’aux dépenses en services, qui représentent un peu plus de la moitié du total. L’utilisation des gains de pouvoir d’achat (avec une hausse attendue de 2,5% en 2019) liés notamment aux mesures de soutien décidées fin décembre par le gouvernement en réponse au mouvement des « Gilets jaunes » reste une question en suspens.

La 4G en retard chez les ploucs et la 5 G pour dans 30 ans

La 4G en retard chez les ploucs et la 5 G pour dans 30 ans

 

Au moment où on annonce à grand renfort de com.  Le développement généralisé de la 5g  -et par ailleurs du câble-, on s’aperçoit en fait que certaines zones ne sont pas couvertes par la 4G (certains ne reçoivent même pas la 3G dans des conditions satisfaisantes). Exemple quand on revoit un SMS le lendemenain de son émission ! Les opérateurs ne respectent pas leurs engagements . La couverture des zones blanches et des axes de transports, prévue dans le cadre de l’accord passé entre l’État et les opérateurs début 2018, ne va pas suffisamment vite et risque de ne pas être à la hauteur des engagements pris par les opérateurs en échange du renouvellement à titre gracieux de plusieurs fréquences accordées il y a 20 ans, selon l’ARCEP. Les mêmes retards seront constatés pour la 5G. Une 5G qui pourraiat même ne jamais atteindre les zones peu denses au profit dune technologie moins puissante ou d’une 4G améliorée ;

En effet y aura-t-il une technologie 5G  pour les villes et une autre pour les ploucs ? C’est la question qu’on peut se poser en raison du passé mais aussi du futur. Pour le passé, on sait que nombre de zones ne sont pas encore couvertes par la 3G, la 4G ou  ne sont pas couvertes du tout ou alors de temps en temps. Pour le futur, il n’est pas certain que la 5G couvre  rapidement l’ensemble du territoire. On pourrait se contenter pour certaines zones de la 4G améliorée. De toute manière la 5G à très, très  haut débit, celle des 26 GHz, sera réservé aux villes L’attribution va concerner la bande de fréquences des 3,4 à 3,6 GHz. qui permet d’offrir un bon débit couplé à une portée correcte pour couvrir le pays. Mais  autre bande, celle des 26 GHz, sera plus tard attribuée aux opérateurs. Ces fréquences seront essentiellement utilisées dans les villes, car si elles permettent des débits très puissants, leur portée, elle, s’avère faible. Lors de l’attribution de cette bande « cœur », 310 MHz seront proposés aux opérateurs. Une quantité jugée « significative » par l’Arcep.  Pour cette attribution, l’Arcep propose une procédure en deux temps. Le premier permettra aux quatre opérateurs nationaux (Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free) d’acquérir chacun un bloc d’une taille de 40 à 60 MHz, à prix fixe, lequel sera déterminé par le gouvernement. Des engagements spécifiques seront liés à ces blocs. Les opérateurs devront notamment répondre aux demandes jugées « raisonnables » des industriels désireux de bénéficier de la 5G à certains endroits. Ou encore lancer des offres 5G à usage fixe dans certains territoires peu peuplés. Dans un second temps, les fréquences restantes seront mises aux enchères. Les opérateurs pourront cette fois acquérir plusieurs blocs de 10 MHz, avec un prix de réserve fixé ici aussi par le gouvernement. Tous les opérateurs qui remporteront des fréquences seront soumis à des obligations. Chacun devra notamment déployer 12.000 sites en 5G d’ici à la fin 2025 – ce qui correspond, selon l’Arcep, à une couverture des deux tiers de la population. Pour ne pas réserver la 5G aux grandes villes et éviter une nouvelle fracture numérique, des obligations concernent les territoires ruraux. Ainsi, en 2025, 90% des sites mobiles d’un opérateur devront proposer un débit au moins égal à 240 mégabits par seconde – lequel pourra être atteint soit via la 5G, soit par le biais d’une 4G boostée.  Il faudra au final attendre 2030 pour que tous les sites mobiles des opérateurs proposent a minima un débit de 240 mégabits par seconde.

 

Le « numérique », quelles définitions et quelles conséquences ?

Le « numérique », quelles définitions et quelles conséquences ?

 

Marcello Vitali-Rosati, Professeur agrégé au département des littératures de langue française, Université de Montréal  s’interroge dans la tribune sur la définition générale du numérique et surtout sur ses usages. Une analyse intéressante mais qui est loin d’être exhaustive. «

 

« Nous  parlons de plus en plus de « numérique » en substantivant un adjectif qui – initialement – comporte une signification technique précise et qui devient désormais davantage un phénomène culturel qu’une notion liée à des outils technologiques particuliers. Cette universalisation du numérique nous permet de comprendre des changements qui affectent l’ensemble de notre société et notre façon de penser, comme l’a bien expliqué notamment Milad Doueihi par son concept de « culture numérique ».

Cet usage pose pourtant un problème majeur : nous avons de plus en plus tendance à penser « le numérique » comme un phénomène uniforme et homogène (sur ce sujet, il est intéressant de lire le débat entre Morozov et Johnson) alors que, de toute évidence, il ne l’est pas. « Le » numérique n’existe pas en tant que tel. Il existe de nombreuses pratiques, usages, outils et environnements différents, chacun fondé sur des principes particuliers, chacun promouvant des valeurs spécifiques et entraînant des conséquences caractéristiques.

Le fait de penser « le numérique » comme un tout nous amène souvent à exprimer des jugements de valeur qui font abstraction des caractéristiques propres à des outils ou pratiques distincts : inévitablement donc, le jugement se radicalise, s’uniformise, se généralise en perdant tout son sens et sa cohérence vis-à-vis du particulier. « Le numérique » devient ainsi tantôt synonyme d’émancipation et de liberté, tantôt synonyme de contrôle et d’assujettissement : en somme, le numérique est bien ou le numérique est mal. D’un côté les technoptimistes, de l’autre les technophobes.

Les modes changent : nous sommes passés d’un technoptimisme généralisé à une technophobie universelle. Dans les années 1990, le discours des optimistes semblait prévaloir : de la déclaration de l’indépendance du cyberespace de John Perry Barlow aux discours d’émancipation transhumanistes, en passant pas les merveilles de la virtualisation.

Depuis quelques années, il semblerait que la mode ait changé : il faut être critique vis-à-vis du numérique. Les grands gourous du numérique sont les premiers à le blâmer : de Bill Gates à Tim Berners-Lee, en passant par Jimmy Wales… Le discours critique est aussi porté par les intellectuels - Morozov est devenu le porte-drapeau de ce mouvement, avec des arguments que je partage dans l’ensemble – ou des universitaires. Des critiques philosophiques approfondies ont été développées, consacrées à des phénomènes particuliers – je pense en premier lieu à la fine analyse que Gérard Wormser propose de Facebook.

Il me semble cependant nécessaire de différencier – et ainsi d’identifier – les aspects du « fait numérique » qui peuvent et doivent nous faire peur. Bien que j’ai toujours rejeté cette opposition entre optimistes et technophobes, je conserve néanmoins une préférence pour les optimistes – encore aujourd’hui alors que cette posture est passée de mode. J’ai tendance à être en accord avec les analyses de Pierre Lévy qui soulignent le fait toujours d’actualité que plusieurs idéaux utopistes, qui portaient le développement informatique dans les années 1990, sont encore présents et en vigueur. Cependant, dans les dernières années – probablement aussi du fait que je suis devenu le père de deux enfants -, je suis de plus en plus angoissé, non pas par « le numérique » en général, mais par la place dans nos vies à laquelle accède – notamment via certaines technologies numériques – un nombre très restreint de sociétés privées : celles qu’on a commencé à appeler les GAFAM pour se référer à Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft, sachant que cet acronyme est devenu une métonymie pour inclure également les nouveaux acteurs comme Netflix, Airbnb, Uber, etc.

Cette influence ne dépend pas « du numérique », mais de certains usages spécifiques : plus précisément des usages de logiciels et de matériels propriétaires. Et, plus important, ces usages ne sont pas inévitables, mais on fait, hélas, trop peu – ou presque rien – pour les contrer, alors qu’il serait facile de mettre en place des mécanismes et dispositifs de protection de l’espace public.

Concrètement, le fléau dont nous sommes victimes est représenté par le fait que dans tous les domaines, de la vie privée à la vie publique en passant par l’activité professionnelle, nous sommes encouragés à utiliser des solutions propriétaires : MacOs, iOS, Windows, Word, Adobe, Facebook, WhatsApp, Skype, Gmail, Outlook… Ce problème n’émane pas, à mon sens, des entreprises – dont l’objectif principal est, évidemment, de vendre leurs produits -, mais du manque quasi total de sensibilité des institutions publiques et privées et de l’absence de littéracie numérique pour les usagers.

Quelques exemples :

  • nous utilisons des systèmes d’exploitation propriétaires – MacOS et Windows – alors que nous pourrions utiliser des systèmes d’exploitation libres ;
  • nous utilisons des dispositifs portables propriétaires sans nous soucier des conséquences ;
  • nous utilisons des applications mobiles alors que nous pourrions utiliser des services web ;
  • nous utilisons des logiciels propriétaires alors que nous pourrions utiliser des solutions libres ;
  • nous ne nous posons pas de questions sur les pilotes qui font fonctionner les dispositifs de nos ordinateurs alors que nous pourrions choisir les dispositifs en fonction de la transparence de leur conception.

Ce sont fondamentalement les revendications de la Free Software Foundation qui n’ont malheureusement que trop peu d’impact sur les pratiques.

Or deux considérations :

  • ces pratiques sont très dangereuses ;
  • il serait très facile de les changer.

Il me semble, en d’autres termes, que, le fait de penser « le numérique » comme quelque chose d’uniforme nous empêche de cerner le véritable problème et de chercher des solutions. Être génériquement technophobes est une posture qui n’amène à rien : cela revient à un nostalgique « o tempora o mores » qui plonge dans une inactivité abrupte. Des positions du type : « le numérique doit/ne doit pas être utilisé par les enfants » me semblent juste stupides. Elles réunissent des réalités hétérogènes qui n’ont aucun rapport entre elles : « le numérique » ? Quels outils ? Quelles plates-formes ? Quels environnements ? Quels dispositifs ? Identifier des problèmes spécifiques est sans doute plus complexes : cela demande une étude et une compréhension du fait numérique dans sa diversité, une analyse des enjeux liés à un logiciel, à un format, à un protocole qui demandent du temps et de l’expertise. Mais cela permet de trouver des alternatives et des solutions concrètes.

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Par Marcello Vitali-Rosati, Professeur agrégé au département des littératures de langue française, Université de Montréal

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation

Ouvriers et employés chassés de Paris

Ouvriers et employés chassés de Paris

Une enquête des notaires démontre que les ouvriers comme les employés ne cessent de régresser dans la population de propriétaires de logements. Mais c’est évidemment la même tendance concernant la location compte tenu de leur niveau ; des niveaux forcément liés à l’amortissement des investissements sauf  dans le logement social est encore. . Rien de surprenant quand il faut compter 300 à 400 000 € pour un très petite appartement et autour d’un million pour un logement classique. La proportion d’employés d’ouvriers a été divisée par trois dans la capitale, passant de 15% à 5% alors qu’elle fondait de 27% à 19% sur l’ensemble de l’Île-de-France. La couronne elle-même suit la même tendance, puisque la part des acquéreurs de maisons employés et ouvriers est passée de 34% à 28%, en 20 ans, pendant que celle des acquéreurs d’appartements passait de 33% à 26%. Et tout ce terrain perdu est gagné par les CSP+. «Dans le détail au sein des CSP+, c’est la part des cadres qui a le plus évolué en Ile-de-France, passant de 27% en 1998 à 37% en 2018, précisent les notaires, alors que le poids des acquéreurs issus des professions intermédiaires est resté assez stable autour de 30%.»

Brexit: Boris Johnson ne manque pas d’air et veut un vaste accord commercial avec l’UE

Brexit: Boris Johnson ne manque pas d’air et veut  un vaste accord commercial avec l’UE

 

La force de Boris Johnson, mais aussi sa faiblesse, c’est d’être capable de dire tout et le contraire en 24 heures. Ainsi hier il affirmait que le Brexit dur c’est-à-dire sans accord commercial était incontournable. Aujourd’hui il indique qu’il est prêt à négocier un accord commercial avec l’union européenne. Le problème c’est que l’union européenne refuse de négocier à nouveau et considère que l’accord de transition passé avec Teresa May  n’est pas négociable. En fait il est difficile de connaître quelles perspectives exactes se donne Boris Johnson. Veut-il réellement un Brexit  dur sans concession voire même sans remboursement des sommes dues à l’union européenne. Au contraire veut-il faire semblant de renégocier l’accord de transition en se contentant d’une modification des termes de l’avant-propos qui accompagne l’accord. Boris Johnson utilise la stratégie de Trump en soumettant la sémantique à l’hystérie davantage pour satisfaire ses électeurs que pour atteindre un objet précis. La difficulté que rencontre Boris Johnson ne se trouve pas seulement avec l’union européenne mais aussi avec son parlement interne qui d’une certaine façon a voté  des dispositions pour cadenasser les espaces de liberté du Premier ministre britannique. «Ce que nous voulons faire, c’est établir un nouveau partenariat pour tout ce qui est important pour nous, collaborer sur la défense, la sécurité, le renseignement, la culture, la science, tout ce à quoi pour pouvez vous attendre», a ajouté Boris Johnson.

«Au cœur de tout cela, (il faut) un nouvel accord de libre-échange qui nous permette de reprendre le contrôle de nos droits de douane et de nos règlements, et d’agir différemment là où nous voulons le faire.» L’Union européenne a exclu de renégocier l’accord de Brexit conclu avec le gouvernement de Theresa May. De toute façon, assure Boris Johnson, le Royaume-Uni quittera l’UE le 31 octobre, avec ou sans accord.

Le Premier ministre britannique a par ailleurs exclu tout nouveau référendum sur l’indépendance de l’Ecosse, après celui de 2014 qui s’est conclu par une victoire du «non».

 

Les théories économiques et monétaires mises en question ?

Les   théories économiques et monétaires mises en question ?

Olivier Passet, Xerfi   dans la Tribune estime que nombre de théories économiques sont  remises en question par les réalités. Un questionnement intéressant mais qui n’évacue pas l’hypothèse cependant d’un éclatement de bulle financière à moins  d’imaginer l’obsolescence totale de la théorie ;  un pari intellectuel (et financier) qu’il vaut mieux ne pas prendre.

«  La déroute paraît totale. C’est tout l’appareillage théorique des économistes qui sombre tel le Titanic après l’impact de la crise de 2007-2008. L’orchestre des experts continue à jouer durant le naufrage. Mais quel que soit le marché vers lequel on se tourne, les anomalies, les paradoxes s’accumulent. Un à un, chacun de ces phénomènes peut trouver éventuellement une explication a posteriori. Mais mises bout à bout, ces explications partielles forment un puzzle qui défie les cohérences doctrinales habituelles.

En numéro un des bizarreries : les taux longs négatifs. Ce régime de taux très bas dans lequel s’installent les économies développées bouscule bien des préconçus. Il se produit alors même que l’endettement des États a bondi avec la crise. Il s’amplifie en France au moment même où le gouvernement annonce une nouvelle dérive du déficit. Au moment même aussi où a volé en éclat l’idée selon laquelle les États étaient à l’abri du risque de défaut. Où est donc cette fameuse remontée des taux que pronostiquaient tant d’économistes, la pointant comme un risque majeur en sortie de crise. Un retour à la normale inévitable, puisque l’économie a vocation à revenir sur ses valeurs centrales à long terme. Une vision de la normalité qui oublie au passage qu’historiquement des taux d’intérêt inférieurs au taux de croissance nominale sont la normalité. Et que la fameuse règle d’or, qui veut qu’à l’équilibre le taux d’intérêt s’égalise au taux de croissance, n’est qu’un mythe.

Ces taux historiquement faibles ne seraient que le reflet d’un déséquilibre plus profond entre l’épargne mondiale et le besoin d’investissement. La loi de l’offre et de la demande vient toujours à la rescousse des économistes. Et les raisons d’imaginer les sources d’un tel déséquilibre ne manquent pas. Ben Bernanke les a énumérées dans son célèbre discours global saving glut de 2005, pointant notamment la prégnance du vieillissement et du ralentissement démographique.

Certes, mais comment se fait-il que le régime devienne permanent. La baisse des taux aurait dû modérer la propension à épargner des agents. Rétablissant l’équilibre à terme. Sauf à imaginer que le rendement du capital productif est tellement faible en face, que la baisse des taux ne crée aucune opportunité d’investissement. Panne du progrès technique, baisse de la productivité marginale du capital, ce sont les tentatives d’explications avancées par les tenants de la stagnation séculaire. Mais, il y a deux gros hic à cette version des choses. Si tel est le cas, comment se fait-il que le rendement moyen du capital soit aussi élevé ? Autrement dit, les bénéfices rapportés aux immobilisations des entreprises ? Comment expliquer aussi le ralentissement de la productivité, alors même que la robotisation et la digitalisation créent tant d’opportunités d’automatisation.

Face à cela, les tombereaux de monnaie injectés par les banques centrales n’ont réanimé ni la croissance ni l’inflation. L’équation de Fisher et la doxa monétariste sont à ranger au magasin des antiquités. Trappe à liquidité nous répondent les keynésiens. L’activisme des banques centrales a fait baisser les taux à un plancher. À ce niveau, plus personne ne prend le risque de s’exposer sur des titres dont la valeur dégringolera inévitablement dès que les taux remonteront. L’interprétation est séduisante. Et la préférence pour les encaisses liquides est forte aujourd’hui. À cela près que cette liquidité n’est pas thésaurisée. Elle alimente les marchés d’actifs, mobiliers et immobiliers, sur lesquels les perspectives de plus-values demeurent l’aiguillon de l’activisme des acteurs financiers. Et au final, l’environnement de taux zéro produit un rendement des actifs financiers et mobiliers élevé, par le truchement des plus-values. Bref, les bribes d’explication sont soit non démontrables, soit partiellement convaincantes.

Sur le marché du travail, même constat. La courbe de Phillips est à l’agonie. Les salaires restent étrangement inertes. Les tensions sont elles-mêmes de plus en plus difficilement identifiables, tout comme le concept de plein emploi. Les taux de chômage refluent, enfoncent leurs planchers dans certains pays, sans explication convaincante. Les taux d’emplois battent des records, au moment même où se déploie tout le discours sur la fin du travail. La productivité tendancielle ralentit, ce qui devrait augmenter le taux de chômage d’équilibre de long terme, selon les approches les plus orthodoxes… Mais rien de tel n’est observé.

Que dire encore de l’approche ricardienne du commerce international. De ce credo si largement partagé selon lequel l’ouverture des échanges ne peut que déboucher sur un jeu gagnant-gagnant pour toutes les nations. Le credo commençait à être sévèrement écorné avec la prise en compte des phénomènes d’agglomération industrielle. Avec le constat de l’impact des échanges sur les inégalités.

Mais voici que les États passent à l’acte. Un acte de défiance, à la hauteur de la crise de crédibilité des économistes, et du défi qui les attend pour refonder leur science.

 

Macron, le liquidateur de l’industrie, de l’économie et du patrimoine

 

 

Macron,  le liquidateur de l’industrie, de l’économie et du patrimoine

Depuis plus  de deux ans que Macron assume les responsabilités présidentielles. Un délai suffisant pour commencer à faire un bilan d’autant plus que Macron occupait déjà des fonctions importantes dès 2014 auprès de Hollande. D’un point de vue macro économique, l’échec est patent. Si on relève un petit rebond de la croissance en 2018, on le doit surtout à la politique de Hollande. Pour 2019, la croissance ne devrait pas dépasser beaucoup 1 %. Le nombre de chômeurs évoluera très peu, les comptes de public sont encore plus dégradés. Dans l’opinion publique, ils sont 70 % à ne pas croire à l’efficacité de la politique menée. On objectera que certaines réformes ont été engagées mais souvent des réformes qui ne vont pas jusqu’au bout ou même auxquelles on renonce. Voir par exemple le nombre de fonctionnaires. Macron avait annoncé la suppression de 50 000 postes pendant son quinquennat or en 2020 , on  ne prévoit que la suppression de 2000. Un renoncement évidemment à la réforme de l’État. Un État plombé par ses couts de fonctionnement notamment ses couts salariaux mais aussi par la technocratie qui pour des motifs existentiels ne cesse de paralyser l’initiative. Macron de ce point de vue est prisonnier de ses origines de technocrate comme il est aussi dépendant des intérêts financiers qui ont soutenu sa campagne. Il a ainsi accordé 40 milliards d’allègements fiscaux, peut-être nécessaires, mais sans aucune contrepartie et sans aucune évaluation. La plus grande insuffisance de Macron est son manque de vision économique en particulier dans le domaine de l’industrie. Pour Macron, la stratégie se résume à des affaires d’achat et de vente comme on les mène dans les banques d’affaires sans tenir compte des perspectives à long terme. L’exemple le plus catastrophique est sans doute celui d’Alstom. On notera d’ailleurs qu’il n’y a pas de ministre responsable de l’industrie, tout simplement parce qu’on considère qu’il n’y a pas besoin de vision et que seul le marché se chargera de définir le futur paysage. Avec de tels raisonnements on n’aurait jamais créé et vendu les produits phares que sont les TGV, les centrales électriques et les Airbus. Faute de réflexion, on est par exemple passé à côté de la technologie 5G  totalement aux mains des Américains et des Chinois. La vision de Macron est uniquement à court terme et embrasse seulement des startups qui naissent et se vendent dans les cinq ans. Des délais bien insuffisants pour des enjeux stratégiques qui exigent des dizaines d’années ; par exemple,  la filière hydrogène, la filière des batteries électriques, l’intelligence artificielle, la transition écologique,  etc. il n’y a guère que dans le domaine de l’armement qu’on tente de voir un peu plus loin que son nez ; peut-être pour la bonne raison que la France n’a plus les moyens financiers d’une grande puissance. Une partie de l’économie est aussi en voie de liquidation du fait de la multiplication d’accords commerciaux qui vont favoriser des pays beaucoup plus concurrentiels et qui s’assoient notamment sur les normes sociales, environnementales et sanitaires. Une économie qu’on laisse se placer sous la tutelle des géants du numérique américain notamment alors que la France a été pendant longtemps un des leaders de l’innovation en matière de grande distribution. La liquidation concerne aussi le patrimoine avec par exemple la vente des aéroports, infrastructures stratégiques s’il en est, la vente de la très lucrative activité des jeux. Enfin parallèlement la démocratie n’aura guère progressé puisqu’à la république monarchique on aura substitué une forme de monarchie absolue où seul le président décide de tout et tout le temps. Y compris pour la désignation des candidats aux municipales comme lorsque les anciens souverains distribuaient les charges aux courtisans.

 

Macron : liquidateur de l’industrie, de l’économie et du patrimoine

 

 

Depuis plus  de deux ans que Macron assume les responsabilités présidentielles. Un délai suffisant pour commencer à faire un bilan d’autant plus que Macron occupait déjà des fonctions importantes dès 2014 auprès de Hollande. D’un point de vue macro économique, l’échec est patent. Si on relève un petit rebond de la croissance en 2018, on le doit surtout à la politique de Hollande. Pour 2019, la croissance ne devrait pas dépasser beaucoup 1 %. Le nombre de chômeurs évoluera très peu, les comptes de public sont encore plus dégradés. Dans l’opinion publique, ils sont 70 % à ne pas croire à l’efficacité de la politique menée. On objectera que certaines réformes ont été engagées mais souvent des réformes qui ne vont pas jusqu’au bout ou même auxquelles on renonce. Voir par exemple le nombre de fonctionnaires. Macron avait annoncé la suppression de 50 000 postes pendant son quinquennat or en 2020 , on  ne prévoit que la suppression de 2000. Un renoncement évidemment à la réforme de l’État. Un État plombé par ses coups de fonctionnement notamment ses coups salariaux mais aussi par la technocratie qui pour des motifs existentiels ne cesse de paralyser l’initiative. Macron de ce point de vue est prisonnier de ses origines de technocrates comme il est aussi dépendant des intérêts financiers qui ont soutenu sa campagne. Il a ainsi accordé 40 milliards d’allègements fiscaux peut-être nécessaires mais sans aucune contrepartie et sans aucune évaluation. La plus grande insuffisance de Macron et son manque de vision économique en particulier dans le domaine de l’industrie. Pour Macron la stratégie se résume à des affaires d’achat et de vente comme on les mène dans les banques d’affaires sans tenir compte des perspectives à long terme. L’exemple le plus catastrophique est sans doute celui d’Alstom. On notera d’ailleurs qu’il n’y a pas de ministre responsable de l’industrie, tout simplement parce qu’on considère qu’il n’y a pas besoin de vision et que seul le marché se chargera de définir le futur paysage. Avec de tels raisonnements on aurait jamais créé et vendu les produits phares que sont les TGV, les centrales et l’aéronautique. Faute de réflexion, on est par exemple passé à côté de la technologie cinq j’ai totalement aux mains des Américains et des Chinois. La vision de Macron est uniquement à court terme et embrasse seulement des startups qui naissent et se vendent dans les cinq ans. Des délais bien insuffisants pour des enjeux stratégiques qui exigent des dizaines d’années ; par exemple,  la filière hydrogène, la filière des batteries électriques, l’intelligence artificielle etc. il n’y a guère que dans le domaine de l’armement contente de voir un peu plus loin que son nez peut-être pour la bonne raison que la France n’a plus les moyens financiers d’une grande puissance. Une partie de l’économie est aussi en voie de liquidation du fait de la multiplication d’accords commerciaux qui vont favoriser des pays beaucoup plus concurrentiels et qui s’assoient notamment sur les normes sociales, environnementales et sanitaires. Une économie qu’on laisse se placer sous la tutelle des géants du numérique américain notamment alors que la France a été pendant longtemps un des leaders de l’innovation en matière de grande distribution. La liquidation concerne aussi le patrimoine avec par exemple la vente des aéroports, infrastructures stratégiques s’il en est, la vente de la très lucrative activité des jeux. Enfin parallèlement la démocratie n’aura guère progressé puisqu’à la république monarchique on aura substitué une forme de monarchie absolue où seul le président décide de tout et tout le temps. Y compris pour la désignation des candidats aux municipales comme lorsque les anciens souverains distribuaient les charges aux courtisans.

 

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