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Eléments de problématique de la crise économique et sociétale (G. Bessay, expert en prospective)

Eléments de problématique de la crise économique et sociétale  (G. Bessay, expert en prospective)

Rien de fondamental ne pourra être résolu sans adhésion  à la complexité de la crise qui est à la fois .une crise, économique, sociétale, environnementale et culturelle. Les aspects socio-économiques sont les plus visibles (processus de production, marché du travail, technologie etc.) mais la crise est tout autant sociétale dans la mesure où elle affecte le rapport des citoyens à la démocratie et plus généralement aux valeurs notamment collectives.  Cette crise est systémique car  les transformations internes interagissent les unes sur les autres. Un des problèmes réside dans le fait qu’il n’existe pas de formation scientifique de type généraliste pour tenter de comprendre et d’expliquer les évolutions du système global dans lequel nous évoluons. D’une certaine façon au contraire,  nous assistons à un éclatement des connaissances qui certes s’approfondissent de façon spectaculaire mais de manière de plus en plus éclatée ; même si certaines découvertes d’un champ peuvent indiscutablement profiter à un autre. Ce qui est en cause, c’est  la nature des changements et aussi leur rythme. Jamais sans doute dans l’histoire humaine les transformations n’ont été aussi importantes et aussi rapides. Les changements ont été plus importants en quelques dizaines d’années que pendant des siècles et des millénaires, ils ont été encore plus rapides au cours de la dernière dizaine d’années. Les changements les plus médiatisées et les mieux connus du grand public concernent les domaines économiques et technologiques  avec leurs conséquences sociales. Les processus de production sont aujourd’hui complètement éclatés dans plusieurs pays qui se spécialisent sur un des éléments de la chaîne. Les grandes marques  se contentent  surtout du montage final voire  seulement du pilotage numérique de l’ensemble du système de production. C’est  valable d’abord évidemment pour l’industrie, mais cela affecte progressivement l’agriculture et surtout les services. Finalement,  le concept de nationalité d’un produit n’a plus beaucoup de sens. Le made in France par exemple est une fiction puisqu’il peut se limiter à l’apposition d’une étiquette ou d’un couverte pour que le produit importé devienne français. Il en est de même par exemple pour l’industrie automobile française  dans la plus grande partie vient de l’étranger. Cet éclatement est surtout le fruit de distorsions de concurrence relatives aux coûts sociaux, à la fiscalité et aux normes environnementales et sanitaires. La recomposition du produit final et sa distribution génèrent évidemment des gaspillages incalculables qui affectent l’environnement. Un simple yaourt peut nécessiter par exemple 1000 km de transport. On ne peut nier cependant certains aspects indiscutables du progrès matériel qui a permis à de plus en plus de populations de mieux se nourrir, se vêtir, s’instruire ,  se loger et vivre plus dignement. Par contre si le niveau moyen de satisfaction matérielle a augmenté, on ne peut contester l’augmentation des inégalités. Avec d’un côté des géants industriels, financiers ou des géants du numérique qui non seulement brassent  des milliards de profits   mais surtout imposent  une domination économique et culturelle. Dans l’agriculture,  l’industrialisation a permis de multiplier par 5 ou par 10 les rendements grâce à la mécanisation mais aussi à l’utilisation de cocktails chimiques dont  on ne pourra mesurer les effets sur la santé que dans des dizaines d’années par exemple concernant le développement des affections neurovégétatives ou des cancers. Concernant les inégalités,  il faut citer l’accès au logement de plus en plus difficile dans les grandes métropoles qui rejette dans les banlieues lointaines ou les zones rurales les catégories les moins favorisés. En France par exemple,  les couches moyennes sont progressivement chassées de Paris où il faut en moyenne 1 million d’euros pour un appartement à peu près décent. C’est un peu le même phénomène dans le monde entier ou dans des métropoles françaises de province. Les inégalités se développent aussi en matière de formation même si globalement les effectifs scolarisés augmentent et vont de plus en plus loin dans les études. Des études très approfondies pour certains ( notamment les écoles d’ingénieurs et certaines disciplines universitaires)  mais des études qui débouchent sur des diplômes fictifs pour d’autres condamnés à des emplois de faible qualification ou au chômage, un phénomène particulièrement français qui culturellement pointe l’apprentissage comme une sorte de tare sociale. D’un point de vue social, il n’est pas admissible que des pays développés comptent autant d’inégalités voire de pauvreté sans parler des gens dans la rue. Le domaine culturel est aussi affecté  avec d’un côté des productions de grande qualité mais de l’autre des productions de masse de type industriel faites  pour abêtir, endoctriner ou endormir. Pour s’en persuader, il suffit  d’analyser le contenu des 200 ou 300 chaînes de télévision disponibles en France. La complexité qui mériterait d’être bien davantage appropriée   crée une sorte de refuge vers  l’individualisme. Faute de réassurance identitaire, nombre de personnes se réfugient  dans le mirage d’un passé illusoire avec le fol espoir qu’il  prendra la place du  futur. Ce qui explique aussi les nouvelles résistances face aux flux migratoires considérés comme des facteurs anxiogènes économiques mais aussi culturels. Cela d’autant plus que les capacités d’intégration se sont considérablement affaiblies pour ne pas dire parfois écroulées dans certaines zones   D’où le développement de formes  de populisme  voire de néopoujadisme  et de nationalisme. Une sorte de reflexe  face à la peur des changements. Ce repli réactionnaire et individualiste remet en cause le ciment et le dynamisme qui fonde uen nation ; une  nation dont l’unité est mise en cause également  par le refuge dans des groupes identitaires religieux autant que civils. Un refuge qui peut se même se réduire à la cellule familiale voire encore moins. En bref,  la dimension collective fout le camp sauf dans quelques cercles très restreints. Ceci étant, tout cela se nourrit aussi de l’injustice,  des dysfonctionnements de l’anarchie des marchés et des flux  qui souffrent d’un manque évident de régulation et d’équité ;   Non seulement à  l’échelle européenne mais mondiale. Les facteurs explicatifs de cette crise sont nombreux et complexes, on ne saurait les résumer dans un court papier. Mais la première démarche pour mieux comprendre consisterait d’abord à admettre cette complexité. Cela pour éviter le piège du simplisme qui ne peut conduite qu’à la caricature. Les responsables chacun à leur échelle, tentent  bien de résoudre certains des effets de la crise mais ce sont le plus souvent des actes trop partiels et de court terme là ou il faudrait des orientations plus globales qui s’inscrivent dans le temps. De ce point de vue,  la démocratie en est sans doute encore au stade néandertalien concernant le mode d’élection et les conditions d’exercice du mandat. D’où l’insatisfaction générale et souvent partout dans le monde trop de contradictions entre les intentions affichées et les réalités pouvoir : De quoi nourrir un peu plus le populisme et l’incompréhension de la crise.

Pierre Gattaz (candidat au Medef) : trop d’économie financière et spéculative

Pierre Gattaz (candidat au Medef) : trop d’économie financière et spéculative

Dans une interview au Figaro, Gattaz candidat à la présidence du Medef critique indirectement Laurence Parisot  qui a sans doute délaissé l’industrie pour les seules entreprise du CAC 40 et les services ;

 

LE FIGARO. - Pourquoi vous opposez-vous à ce que Laurence Parisot reste deux ans de plus?

Pierre GATTAZ. - Encore une fois, je n’ai rien contre Laurence Parisot qui a fait le job. Mais elle le fait depuis huit ans et a connu trois présidents de la République. Le Medef a besoin de respirer et se doit de montrer l’exemple en ne modifiant pas les règles du jeu six mois avant une élection. Avec cette proposition de modification des statuts, nous ne parlons plus des entreprises, de la situation économique. Il faudrait que Laurence Parisot dise que toute modification de gouvernance, si elle est décidée, ne s’appliquera pas à elle. Et surtout changer les statuts, pour quoi faire? Pour moi, ce serait pour raccourcir les mandats afin de permettre à des entrepreneurs de terrain de présider le Medef et de ne pas délaisser longtemps leur entreprise.

Le Medef peut-il changer de capitaine en pleine tempête?

Avec de tels arguments, on ne changera jamais de président car il n’y a jamais de bon moment. Il y a des statuts et ils doivent s’appliquer. Quant à l’atout de l’expérience, Laurence n’en avait pas quand elle a été élue en 2005. Pour ma part, j’ai quinze ans d’implication dans les instances et de direction d’organisation. Je connais autant les missions et les enjeux du Medef que la machine de l’intérieur.

Pourquoi vous présentez-vous?

Ce qui me mobilise, c’est de voir que la France ne va pas bien. On parle trop d’économie de façon financière et spéculative. Or, c’est l’économie qui tire le social et le sociétal. Je me présente pour le marteler. Je veux bâtir un Medef de conviction, de propositions et de combat pour lutter contre les idéologies et faire de la pédagogie. Cela fait trente ans que je voyage dans le monde et je suis stupéfait de voir à quelle vitesse les pays émergents ont accepté l’économie de marché. En France, nous avons voté un budget 2013 avec une fiscalité punitive, dogmatique et contre-productive. On ne peut pas passer son temps à taper sur les entreprises, les entrepreneurs et les actionnaires. Si François Hollande nous avait dit que nous, les entrepreneurs, sommes les acteurs clefs de l’économie mais qu’on allait devoir participer au redressement de la France en attendant les réformes de la sphère publique, nous aurions compris. Il ne faut jamais oublier que les déficits d’aujourd’hui sont les impôts de demain et le chômage d’après-demain.

Votre programme est donc offensif, voire politique?

Je veux un Medef de conquête et apolitique. Et au-delà de la bonne marche des entreprises, on doit s’approprier certains thèmes extérieurs, qui ont un impact sur la compétitivité des entreprises, comme le rôle de l’État et de l’Europe, le commerce international, la politique monétaire, l’environnement… et se créer des convictions profondes. Ensuite, nous devons expliquer, convaincre que la France peut gagner, va gagner. On a des argumentaires à porter, une vision à proposer. Nous devons orienter l’avenir si on ne veut pas qu’on le fasse à notre place.

Comment comptez-vous diriger le Medef si vous êtes élu en juillet?

Je propose un Medef de terrain, à l’écoute des entrepreneurs, qui travaille avec et pour eux. Nous devons absolument parvenir à définir, ensemble, un environnement «5 s»: simple, stabilisé, serein fiscalement, souple socialement et sécurisé juridiquement. Chaque loi devrait être précédée d’une étude d’impact sur ses conséquences en termes d’emploi et de croissance. Je veux aussi un Medef de reconnaissance: les entrepreneurs en France ne sont pas considérés. L’entreprise, ce n’est pas la lutte des classes mais avant tout des innovations, des projets de croissance, des technologies qu’on exporte, des hommes et des femmes qui inventent la société de demain, des salariés qui prennent du plaisir à venir travailler. L’entreprise, c’est le risque permanent et l’adaptation en continue. Mais on ne pourra le faire que si nous avons un Medef de rassemblement qui agrège tous les talents, à tous les niveaux. Le patronat doit dépasser ses gauloiseries, chasser en meute, travailler ensemble…

Quel est, selon vous, le problème numéro un à régler d’urgence?

La France a toujours un problème de compétitivité coût. Nous avons été agréablement surpris par le pacte de compétitivité, mais ce n’est qu’un premier pas. Le crédit d’impôt de 20 milliards reste lent et compliqué à mettre en œuvre - il faut dépenser pour être remboursé - et insuffisant. Avec ce pacte, le gouvernement a compensé les hausses de prélèvements des dernières années et on est revenu à la situation de 2008, pas plus.

Il faut donc aller plus loin?

Oui, car les entreprises n’ont pas gagné en compétitivité. Porter le crédit d’impôt à 50 milliards avec des transferts de cotisations sur des assiettes plus larges, type TVA ou CSG, pour baisser le coût du travail, est un préalable. Mais il est fondamental est de tailler dans les dépenses publiques. Et le Medef peut y aider. Nous optimisons nos structures depuis des décennies ; nous passons nos dépenses à la toise tous les jours. Les pouvoirs publics peuvent s’inspirer de la gestion des entreprises et des méthodes de mobilisation de nos salariés pour y arriver.

Vous êtes le fils d’un ancien patron des patrons. C’est un handicap?

Pas du tout. Mon père, Yvon, a été élu président du CNPF en 1981, il y a plus de trente ans. Or, le monde a changé. Ce qui compte n’est pas mon nom mais mon expérience, mon engagement, mes idées. Même si je le voulais, je ne pourrais pas gommer ma filiation. C’est comme ça. C’est une force et j’en suis fier.

Vous irez jusqu’au bout si l’UIMM décide de ne pas vous soutenir?

Le processus de désignation à l’UIMM est transparent. La convention du 6 mars débouchera sur le programme de la métallurgie pour le Medef, puis tous les candidats devront se positionner par rapport à lui. C’est comme une compétition sportive, le meilleur gagnera. Et si l’UIMM, dont je suis membre du bureau, décidait de soutenir un autre candidat que moi, je continuerais.




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