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Le clivage droite-gauche est dépassé pour 66% des Français

Le clivage droite-gauche est dépassé pour 66% des Français

 

Selon un sondage Viavoice pour Libération le clivage gauche droite est dépassé. Une manière sans doute de condamner les politiques qui ont été menées au cours des 30 dernières années alternativement par les partis soit de la gauche, soit de la droite. Pas sûr cependant que cette condamnation soit fondée sur les mêmes motifs. En nouveau en effet un nouveau clivage pourrait apparaître entre patriotes ouverts au monde et nationaliste partisan du repli économique mais aussi identitaire. Autrement dit entre progressistes et réactionnaires. En cause sans doute le niveau culturel des intéressés mais aussi le niveau d’intégration dans la modernité et de développement économique. Selon cette enquête,  45% se déclarent  proches des idées « progressistes », et 50% proches des idées « pro-européennes », deux valeurs essentielles dans le positionnement d’Emmanuel Macron tout au long de cette campagne. Pour 66%, le clivage gauche-droite n’est plus pertinent et doit être dépassé, un sentiment partagé par 83% des électeurs d’Emmanuel Macron, et 70% des électeurs de Marine Le Pen. Les valeurs patriotiques (52%) sont aussi fortes dans l’électorat, à l’inverse des idées « nationalistes » (28%). Marine Le Pen voit dans le scrutin une opposition des « patriotes » contre les « mondialistes » et Emmanuel Macron une opposition des « patriotes » contre les « nationalistes » représentés selon lui par la candidate du FN. Si beaucoup parient aujourd’hui sur une large victoire du leader d’En Marche !, seuls 55% des Français estiment que le second tour « est joué d’avance ».

«Le franc est la monnaie des Africains» ? (Sapin)

«Le franc est la monnaie des Africains» ? (Sapin)

«Le franc malgré son nom est la monnaie des Africains, ce n’est plus la monnaie de la France, a expliqué Michel Sapin  à Abidjan, en Côte d’Ivoire, à l’issue d’une réunion avec ses homologues d’Afrique de l’Ouest et centrale de la «zone franc». Indiscutablement le franc CFA joue un rôle de stabilisation dans l’économie africaine qui utilise cette monnaie.  Cette monnaie qui bénéficie du parapluie du Trésor public de la France. Résultat le CFA est largement surévalué sans doute de l’ordre de 50 %. Un avantage cependant pour le pouvoir d’achat car le CFA est à l’abri de secousses monétaires puisque protégé par l’euro. Par contre si effectivement le pouvoir d’achat des ménages est protégé le niveau du CFA trop surévalué constitue un  handicap pour la compétitivité des exportations. La France évidemment soutient le CFA (avec l’Europe derrière) pour des raisons économiques mais surtout politiques. Les pays d’Afrique concernée demeurant toujours le pré carré politique de la France. Du coup le  gouvernement justifie l’existence et le niveau du CFA. En guise d’argumentaire le patron de la banque de France avait sorti une explication à caractère intemporel qui pourrait d’ailleurs s’appliquer à d’autres pays comme la France   »Nous menons régulièrement des études économiques pour voir si le franc CFA est surévalué ou sous-évalué par rapport à son niveau économique de très long terme. Aujourd’hui notre réponse est très claire, le franc CFA n’est ni sous-évalué, ni surévalué », avait  déclaré le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau. Il a ajouté que le franc CFA, devise partagée par 14 pays d’Afrique subsaharienne plus les Comores, agissait comme un « mécanisme de protection contra-cyclique », qui évite que son taux de change s’apprécie trop quand les cours des matières premières flambent ou qu’il périclite quand ils sont faibles, comme c’est le cas aujourd’hui, avec pour conséquence des poussées inflationnistes. La vraie question est moins l’existence du CFA que son niveau qui protège d’un côté mais handicape d’un autre. Témoin l’envahissement de produits-y compris alimentaires- notamment chinois qui tuent aussi certaines économies locales.

 

2017 : Pourquoi la campagne est décevante

2017 : Pourquoi la campagne est décevante

 

Comme le montre une étude d’Harris Interactive, 80 % des Français considèrent que la campagne électorale n’est pas satisfaisante. En cause, évidemment plusieurs facteurs expliquent qui d’ailleurs interagissent entre eux. Il y a d’abord la complexité de la période caractérisée notamment par une crise économique, sociale et sociétale. Concernant l’environnement économique, jamais sans doute les mutations ont été aussi importantes  et rapides depuis des dizaines d’années voir des siècles. La transformation de la nature des productions, de leur mode de production et de commercialisation, les élargissements du champ spatial des échanges bouleversent la donne économique, les qualifications et les emplois. Or c’est phénomène sont insuffisamment expliqués quand ils ne sont pas ignorés par certains candidats. La campagne électorale est évidemment trop franco française. On ne peut raisonner économiquement dans le seul espace national. La complexification des modes de production et d’échange rend d’ailleurs impossible à déterminer la nationalité d’un produit ou d’un service puisque nombreux acteurs nationaux et internationaux interviennent dans le processus de production. La France a évidemment des atouts mais  aussi de nombreuses faiblesses, l’analyse par les candidats reste à faire. Une problématique vient sans doute du mal à entrer dans les programmes électoraux sur des promesses. Des promesses d’ailleurs illusoires car faute notamment de croissance, les petits cadeaux seront récupérés via l’inflation, la fiscalité et la baisse de l’euro. Notons que la thématique européenne a été peu  traitée sauf de manière négative de la même manière que les grands équilibres financiers. La responsabilité de ses insuffisances incombe aux candidats aussi aux Français eux-mêmes. Des candidats trop nombreux et qui  n’ont pas de légitimité suffisante,  sans parler de leur manque de compétence sur le terrain socioéconomique voire sociétale. On se demande en particulier ce que viennent faire au moins la moitié des candidats pour cette échéance électorale. Nombre de petits prétendants à la magistrature suprême ne dépasseront pas 1 % des votes. Des candidatures marginales voire farfelues ou des candidatures de témoignage. Parmi les quatre principaux candidats, 2 sont issus de primaires mais  n’ont jamais réussi à rassembler leur propre camp du fait de leur positionnement extrême. Il y a aussi deux candidats attrape tout surtout là pour récupérer les mécontentements de tous ordres et dont les programmes ne peuvent conduire qu’à la ruine du pays. Dernière responsabilité, celle des Français eux-mêmes qui du fait de leurs contradictions frein  toute évolution structurelle pourtant indispensable à la fois pour moderniser l’économie mais aussi réduire les vraies inégalités. D’une certaine manière,  si les Français en dés raisons de n’être pas satisfaits, ils favorisent  aussi l’émergence de candidats incompétents. Dans une certaine mesure,  la France a les candidats qu’elle mérite sinon comment pourrait-on expliquer que les présidents de la république soient aussi inconséquents depuis De Gaulle et Pompidou.

 

« Fillon est écouté » (Ciotti)… mais de moins en moins !

« Fillon est écouté »  (Ciotti)… mais de moins en moins !

 

L’inénarrable Ciotti qui ne manque pas une occasion de parler- surtout les dimanches et jours de fêtes quand les leaders sont en week-end a solennellement déclaré que Fillon était écouté. Enfin probablement, reprenant ainsi les propos de la voix de son maître ajoutant avec l’enflure de la rhétorique qui le caractérise : « mais dans quelle démocratie est-on ? ». Bref la théorie du complot, pas du complot forcément de l’Élysée mais du complot des électeurs. Effectivement Fillon est de moins en moins écouté par  les électeurs puisqu’il plafonne depuis des semaines à 17 ou 18 % dans les intentions de vote. Fillon a donc tout lieu d’être inquiet car lorsqu’on a des amis comme Ciotti,  il n’est nul besoin de chercher à avoir des ennemis supplémentaires. Notons par ailleurs qu’aucun des grands responsables des républicains n’adhère à cette fameuse théorie du complot, il faut des seconds couteaux comme Ciotti  pour défendre l’indéfendable notamment à propos des costards offerts par un généraux donateur.

« Je crois qu’aujourd’hui, il y a depuis deux mois, une transformation permanente d’un système médiatique en une forme de procureur, qui s’est substitué à la justice et ça, je crois que ça traduit une dérive à l’encontre de François Fillon » avait déclaré Ciotti.

La probabilité que François Fillon soit sur écoute est « extrêmement forte », a donc indiqué  dimanche Eric Ciotti, soutien du candidat Les Républicains à l’élection présidentielle. L’ancien Premier ministre a dit samedi à des journalistes qu’il était probable qu’il ait été placé sur écoute dans le cadre de l’enquête judiciaire le concernant et qu’il était donc possible que François Hollande soit informé de ses communications, selon un compte rendu publié par Le Figaro. « On est dans une situation où il est probable que compte tenu des procédures judiciaires je sois sur écoute quand j’apprends que le président se fait remonter les résultats des écoutes judiciaires à l’Elysée », a dit François Fillon selon Le Figaro. « Cela veut dire que le président de la République peut potentiellement écouter un candidat à l’élection présidentielle. Mais attendez, on est dans quelle démocratie, là ? », aurait-il ajouté. Ces propos font suite à l’accusation portée par François Fillon contre François Hollande d’avoir manœuvré contre lui au moyen d’un « cabinet noir ». Interrogé sur d’éventuelles écoutes lors de l’émission Le Grand Rendez-vous Europe 1-CNEWS-Les Echos, Eric Ciotti a déclaré dimanche: « C’est une probabilité extrêmement forte, d’ailleurs qui peut être autorisée dans le cadre des procédures judiciaires qui sont en cours. Il n’y aurait pas d’illégalité juridique mais il y aurait, une fois de plus, un scandale démocratique. » « Je n’ai pas d’élément mais, compte tenu de tout ce qui s’est passé depuis deux mois, et des procédures (…), c’est assez probable », a-t-il ajouté. Dans l’enquête sur les emplois présumés fictifs de sa famille, François Fillon a été mis en examen pour détournement de fonds publics, complicité et recel de détournement de fonds publics, complicité et recel d’abus de bien sociaux, et manquements aux obligations de déclaration à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. L’enquête a ensuite été élargie aux chefs d’escroquerie aggravée et de faux et usage de faux.

Bourgi est l’ »ami » qui a offert deux costumes à Fillon

Bourgi est l’ »ami » qui a offert deux costumes à Fillon

 

Robert Bourgi est l’ami sulfureux transportant des valises de billets entre l’Afrique et la droite qui a payé les costumes de Fillon. Un ami qui s’exprime par ailleurs largement sur les pratiques de financement occulte de l’UNR aux Républicains en passant par le RPR et l’UPR L’ »ami » qui a offert deux costumes à François Fillon en février pour une valeur de 13.000 euros est Robert Bourgi, pilier controversé de la « Françafrique » et ancien conseiller occulte, notamment, de Jacques Chirac, Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy, a-t-on confirmé vendredi de source judiciaire.  Selon Le Monde, qui a révélé l’information, les enquêteurs sont en possession de documents attestant que l’avocat franco-libanais avait commandé deux costumes le 7 décembre chez un tailleur de luxe parisien pour le vainqueur de la primaire de la droite et du centre. Les vêtements ont été réglés le 20 février au profit du candidat de la droite et du centre à l’élection présidentielle. « Un ami m’a offert des costumes en février. Et alors? », avait confirmé aux Echos François Fillon, après que Le Journal du Dimanche eut dévoilé l’information, sans nommer le mécène. Le parquet national financier (PNF) a délivré aux juges d’instruction chargés de l’enquête sur la famille Fillon un réquisitoire supplétif contre X pour « trafic d’influence » afin de prendre en compte ce cadeau vestimentaire, a-t-on appris jeudi de source judiciaire. François Fillon a été mis en examen mardi pour détournement de fonds publics, notamment, dans l’enquête sur les emplois présumés fictifs dont son épouse et deux de ses enfants auraient bénéficié. Le « trafic d’influence » ne figurait pas parmi les chefs retenus. Robert Bourgi, cité par BFM TV, a affirmé qu’il avait fait à l’ancien Premier ministre un « cadeau », « sans rien attendre en retour ». L’avocat avait précédemment dit à Reuters vouloir donner la « priorité aux juges s’ils venaient à (l)’interroger. » Né en 1945 au Sénégal dans une famille libanaise, Robert Bourgi est considéré comme l’héritier de Jacques Foccart, figure de la « Françafrique », mélange de clientélisme, d’affairisme et de diplomatie parallèle qui a régi des décennies durant les relations entre Paris et ses ex-colonies africaines. Egalement conseiller occulte et intermédiaire de plusieurs ministres de droite, il était notamment proche des anciens président gabonais, sénagalais et congolais Omar Bongo, Abdoulaye Wade et Denis Sassou-Nguesso. On lui prête un rôle décisif dans l’éviction, en 2008, du secrétaire d’Etat à la Coopération de Nicolas Sarkozy Jean-Marie Bockel, qui avait souhaité la fin de la « Françafrique ». Il est réputé proche de Claude Guéant, ancien secrétaire général de l’Elysée et ministre de l’Intérieur à l’époque de Nicolas Sarkozy, qui l’a décoré de la Légion d’honneur le 27 septembre 2007, quelque mois après le début de son quinquennat. Le chef de l’Etat avait alors salué un « grand serviteur de l’Etat » et un « défenseur infatigable » de la France. Il avait dit pouvoir « continuer à compter sur (sa) participation à la politique étrangère de la France, avec efficacité et discrétion ». Une discrétion dont Robert Bourgi est sorti en 2011 : il a notamment raconté dans un livre et des interviews avoir remis des « mallettes » d’argent liquide venant de dirigeants africains à Jacques Chirac quand il était maire de Paris, puis à l’Elysée, en présence de son collaborateur, puis ministre, Dominique de Villepin. Ce qui a valu à l’époque à l’avocat d’être poursuivi en diffamation par l’ancien chef de l’Etat. Dans une interview accordée le 11 septembre 2011 à Europe 1, Robert Bourgi avait admis ne pas avoir de preuves de ses allégations, qu’il avait toutefois réitérées. « C’est ma conscience qui m’a dicté le devoir de parler », avait-il alors expliqué. « Je veux une France propre à droite et à gauche. » Dans une interview aujourd’hui au JDD il décrit le mécanisme6 du financement de la droite par la Franke Afrique. En appliquant la plupart des grands responsables de la droite l’intéressé évite sans doute de porter seul la responsabilité de ces pratiques scandaleuses qui risquent notamment de couler définitivement Fillon mais aussi de discréditer la droite classique (par parenthèse la gauche classique a sans doute elle aussi profité de ce type de financement si l’on en croit notamment les déclarations de d’Omar Bongo lui-même l’un des principaux financeurs de la politique française pendant une cinquantaine d’années.

Fillon, l’escroc : « Macron est un golden boy » !!!

Fillon, l’escroc : « Macron est un golden boy » !!!

 

Vraiment gonflé Fillon quand il traite Macron de golden boy. Celui qui est englué dans les affaires de fric jusqu’au coup se permet de faire allusion au passé de Macron dans une banque donc à l’argent. Plus la campagne avance et plus Fillon révèle sa véritable personnalité avec d’un côté un vernis d’honnête  homme et de l’autre un réactionnaire sans scrupules, sans morale qui emploie maintenant la rhétorique de Marine Le Pen. Marine Le Pen aussi attaque dans les mêmes termes Macron se présentant comme la candidate du peuple alors qu’elle est l’héritière financière et politique d’un père richissime et qu’elle vit dans une demeure princière à  Paris. Bref, la campagne tombe dans le caniveau du fait de deux candidats Fillon et Le Pen impliqués dans de nombreuses affaires politico-financières et qui espèrent  que l’insulte leur masquera leurs turpitudes. François Fillon, qui s’est dit convaincu jeudi soir de battre « tous les scénarios écrits d’avance », s’en est pris au « socialisme masqué » d’Emmanuel Macron, le favori actuel des sondages qu’il a qualifié de « golden boy ». François Fillon a concentré ses attaques sur le candidat d’ »En Marche! », désormais en tête des intentions de vote pour le premier tour de la présidentielle dans deux enquêtes. « Il y a l’option du socialisme masqué que nous propose Emmanuel Macron. De moins en moins masqué puisque beaucoup de ses anciens camarades le rejoignent. S’ils le rejoignent, c’est qu’ils sont à l’aise avec lui et s’ils le sont, c’est qu’ils se retrouvent dans son projet », a raillé le candidat de la droite. On pourrait répliquer à Fillon qu’inversement si les humanistes et les Juppé liste des républicains ne soutiennent pas c’est qu’ils sont mal à l’aise avec son programme réactionnaire et radical « Macron a les allures d’une golden boy rêvant d’une France hors sol. (…) Je discerne dans le projet d’Emmanuel Macron le souhait d’une société d’individus et non plus de citoyens, une société plastique, une société liquide », a-t-il lancé. Fillon lui préfère sans doute la société de liquide occulte qui lui permet de détourner l’argent public et d’être coupable d’abus de biens sociaux. A Talence (Gironde), où il tenait une réunion publique, l’ancien ministre de l’Economie de François Hollande a fait l’éloge d’Alain Juppé, présenté un temps comme un recours à droite. Le maire de Bordeaux a annoncé lundi qu’il refusait de se prêter à un « plan B » pour la présidentielle et a vivement dénoncé le « gâchis » provoqué selon lui par François Fillon. « Je voulais dire mon estime pour la décision qui a été la sienne et les termes qu’il a employés, et que je partage », a dit Emmanuel Macron, dans un clair message aux électeurs du centre-droit. « Ne croyez pas que le triste candidat de droite qui marie les réactionnaires et les opportunistes puisse construire quoi que ce soit », a-t-il déclaré à propos de François Fillon.

Pour le Figaro, Macron est un «bolchevique !

Pour le Figaro Macron est un «bolchevique !

 

 

Ça vole bas en ce moment chez certains éditorialistes dont Macron est devenu la tête de turc. Pendant longtemps,  ces éditorialistes ont misé sur le fait que Macron n’était qu’une  illusion, une bulle médiatique destinée à éclater. En fait, c’est Fillon qui a éclaté. Du coup, l’invective prend le pas sur l’explication  comme souvent chez ceux qui n’ont plus d’argument. Le Figaro, par ailleurs un journal dont il faut reconnaitre le sérieux de ses informations, retombe dans le péché récurrent de sectarisme. On reproche un jour à  Macron son immobilisme et le lendemain l’aspect trop révolutionnaire de son programme. Apres avoir au passage proclamé pendant des semaines qu’il n’en avait pas. Extrait  de l’édito du responsable du service éco :

 

«  Le programme d’Emmanuel Macron, sur les retraites et l’assurance-chômage, emprunte beaucoup à la philosophie de la chanson Rouge de Jean-Jacques Goldman, en 1993. «Y aura des jardins, d’l'amour et du pain – Des chansons, du vin, on manquera de rien – Y aura du soleil sur nos fronts – Et du bonheur plein nos maisons – C’est une nouvelle ère, révolutionnaire». Il n’y a peut-être que le mot de la fin qui tranche avec le monde actuel. Car ce que propose le leader d’En Marche! Sur les retraites et l’assurance-chômage est plus égalitaire et universel que révolutionnaire, et se rapproche, à bien des égards, de ce que Jean-Luc Mélenchon, le candidat de la France insoumise, propose sur les mêmes sujets. Pourtant, on sait comment la révolution bolchevique de 1917 a fini. » .. » ; Il  est impossible, aujourd’hui, de retracer la carrière des fonctionnaires au-delà de 5 ans en arrière car les données n’existent pas et sont détruites. !!!!!!….les primes varient du simple au triple en fonction des ministères, voire plus entre les fonctions publiques, et peuvent représenter dans certains cas la moitié du traitement-…. La réforme de l’assurance-chômage, dont le régime serait nationalisé, est du même acabit……il est probable que l’ex-ministre de l’Économie tombera, s’il est élu président en mai, dans les mêmes travers que ses prédécesseurs… ».

 

Le Figaro ne fait vraiment pas dans la dentelle. Il est vrai que le quotidien est actuellement assez déboussolé par les péripéties pathétiques du candidat de la droite qu’il soutient. Encore une fois il faut reconnaître la qualité de certains des articles du quotidien mais certains s’éditorialistes ne peuvent s’empêcher de retomber dans le sectarisme et le parti pris réactionnaire. Il s’agit bien de réactions quand on critique une perspective de réformes que les gouvernements de droite comme de gauche n’ont jamais été capables de conduire.

 

 

Pour Hamon, Macron est une chimère ! Et lui un dinosaure ?

Pour Hamon, Macron est une chimère ! Et lui un dinosaure ?

 

C’est bien connu quand l’argument est faible, on lui substitue l’invective. Ce que fait Benoît Hamon en traitant Macron de chimère. Une curieuse inversion du fardeau de la caricature car s’il existe une chimère c’est bien celle de Benoît Hamon sans doute tout surpris d’avoir triomphé aux primaires de la gauche et qui multiplie les propositions les plus surréalistes. Il y a évidemment d’abord ce fameux revenu universel d’un coût de 300 à 700 milliards selon les hypothèses et qui s’appuie sur sa prévision de suppression du travail ;  un connaisseur, lui qui n’a jamais travaillé ailleurs que dans la politique et qui entretient forcément un rapport approximatif avec les réalités économiques et sociales. Pour financer son revenu universel Benoît Hamon propose la fumeuse taxation des robots. Comme si les robots n’étaient pas davantage des localisables que les unités de production classiques avec des salariés. Dernièrement il a même suggéré la suppression de l’argent pour les PME. L’argent auquel on substituerait une monnaie fictive comptabilisant les échanges de services et de production entre entreprises. Et de citer comme exemple un artisan qui pourrait aller faire des travaux chez son expert-comptable ! Benoît Hamon  est encore jeune mais il y a déjà presque 30 ans qu’il ne vit que de la politique et de ce point de vue c’est un véritable dinosaure, un dinosaure qui se nourrit de la politique, un dinosaure parce qu’il se fonde sur une idéologie marxiste complètement obsolète qui ne subsiste que dans les groupuscules d’extrême gauche et chez les frondeurs du parti socialiste. Résultat Hamon est en train de tuer ce qui reste du parti socialiste. Aucun grand responsable socialiste  ne soutient sa campagne ; pire l’hémorragie vers Macron continue. Aujourd’hui Benoît Hamon est scotché autour de 13 % dans les intentions de vote autant dire qu’il n’a strictement aucune chance de se qualifier pour le second tour des présidentielles ; ce qui lui importe  d’ailleurs peu car ce qu’il souhaite c’est prendre la direction des dépouilles du parti socialiste. Benoît Hamon est évidemment fortement agacé par les ralliements à Macron. L’argument de Macron comme barrage au FN a été mis en avant mardi par le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, pour illustrer sa tentation de choisir le fondateur d’En Marche!, comme l’ont déjà laissé entendre des ministres comme Ségolène Royal, Patrick Kanner et Stéphane Le Foll.

Fillon : «Penelope est prête à parler »…….de cuisine ?

Fillon : «Penelope est prête à parler »…….de cuisine ?

 

Se rendant sans doute enfin compte du silence assourdissant de Penelope, Fillon déclare que son épouse serait prête à parler. La question est : parler de quoi ? De cuisine ? Le danger en effet pour Penelope c’est d’être interrogée sur un travail d’assistante parlementaire dont elle ignore tout. Le piège pourrait encore davantage se refermer sur Fillon d’autant plus que son épouse, au début tout au moins, n’était même pas au courant qu’elle était salariée comme assistante parlementaire. Plus faux-cul que Fillon tu meurs quand il déclare qu’elle est  prête à parler mais s’y oppose pour la protéger. Pour la défense de Penelope certains affirment l’avoir aperçu un jour au Sénat dans un cocktail. Pourtant dans Paris-Match on a la preuve du travail de Penelope puisqu’on a quelques photos : François et Penelope avec le prince William (2008) ; François et Penelope à un dîner de gala à l’Élysée (2008) ; François et Penelope au Vatican avec le pape Benoît XVI (2009)… Des photographies, aussi, de l’épouse discrète en compagnie de Bernadette Chirac (2008) ou encore de Carla Bruni (2010). Pas de doute donc elle était bien assistante parlementaire mais « à l’insu de son plein gré ».

 

« MA FAMILLE POLITIQUE EST EN TRAIN DE SE SUICIDER » GEORGES FENECH (LR)

« MA FAMILLE POLITIQUE EST EN TRAIN DE SE SUICIDER » GEORGES FENECH (LR)

Sur LCI hier , le député des républicains à réitéré  ses critiques vis-à-vis de François Fillon. Il estime que François Fillon est complètement discrédité et qu’il est même impossible à nombre de militants de l’organisation de faire campagne en sa faveur. Pour lui,  cette candidature constitue un suicide politique pour les Républicains mais aussi un grand dangers pour la démocratie. En effet il pense que l’élection de Marine LePen n’ést plus à exclure en cas de maintien de Fillon. Un tiers des électeurs de droite pourrait s’abstenir, un tiers voter en faveur de Macron et un dernier tiers pour Marine Le Pen. Contrairement à ce qui est affirmé Georges, Fenech estime n’être pas isolé car sa prise de position correspond à ce que pense la plupart des responsables des Républicains « y compris les chapeaux à plumes ».  d’après lui un plan B est encore possible et il ne manque pas de personnalité Fillon il a notamment cité Xavier Bertrand, Baroin, Wauquiez ou encore Pécresse. Enfin ce fondant sur son expérience d’ancien magistrat,  il a indiqué qu’une mise en examen de François Fillon pourrait intervenir très rapidement mais que François Fillon pourrait ne pas en tenir compte et maintenir sa candidature pour 2017. « Ma famille politique est en train de se suicider », a déclaré le député Georges Fenech. Depuis quinze jours, l’élu des Républicains prédit la défaite de son camp si François Fillon ne se désiste pas. Ce mercredi, il a répété dans l’émission d’Yves Calvi que l’affaire Fillon était un désastre français mais aussi européen.  Au lendemain du dîner des frondeurs, le parlementaire assure qu’il n’est pas le seul a penser que François Fillon doit se retirer de la campagne présidentielle. « Je suis là pour tirer les sonnettes d’alarme parce que personne n’ose le dire. Quand va-t-on se décider à reconnaître que notre candidat a perdu un crédit énorme ? »

 

La France va demander l’arrêt des conflits pendant un an et demi son seul porte-avions est en réparation !

La France va demander l’arrêt des conflits pendant un an et demi son seul porte-avions est en réparation !

 

 

Sans doute la France va-t-elle demander à l’ONU de se prononcer sur une motion pour l’arrêt des conflits pendant un an et demi. C’est-à-dire le temps nécessaire pour réparer son seul porte-avions  le d Charles-de-Gaulle. La situation est évidemment ubuesque. Ou bien la France renonce à tout porte-avion ou décide  d’en disposer d’ au moins deux. Une problématique posée un peu naïvement le ministre de la défense. «  Peut-être qu’il serait souhaitable d’avoir un deuxième porte-avions », soulignait en novembre le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian. « Peut-être que la question se posera quand on élaborera la loi de programmation militaire qui commencera en 2020. » Loin d’être nouvelle, l’idée d’un second porte-avions a émergé dès le début des années 2000. Face aux contraintes budgétaires, la France propose à la Grande-Bretagne de coopérer sur un projet qui prévoit la construction de trois porte-avions, dont un pour la Marine française. Un accord est signé en 2006 mais le programme est suspendu en 2008 avant d’être définitivement abandonné en 2013. Dans un rapport publié en 2014, la Cour des comptes épinglera un projet dans lequel « des sommes importantes » ont été engagées « alors que l’impasse de la coopération était très largement prévisible ». Depuis, le chantier est au point mort. Lors d’une conférence de presse consacrée aux questions de défense le 6 janvier, Benoît Hamon a estimé que la mise à l’arrêt du Charles-de-Gaulle posait la question. « S’il n’y a pas deux porte-avions, il n’y a pas de permanence à la mer », a dit le candidat socialiste. « La question qui nous sera posée c’est : est-ce qu’on fait deux porte-avions, l’un pour succéder au Charles-de-Gaulle et un autre à côté, ou est-ce qu’on en fait un seul mais avec le même problème qui se posera plus tard ? », a-t-il demandé. « Mais il est incontestable que vu le prix d’un deuxième PA, cette question doit être appréciée au regard des efforts que nous pouvons consentir sur le plan budgétaire. Je ne l’écarte pas mais je ne la retiens pas non plus ». François Fillon, candidat de la droite et du centre, s’est lui montré plus catégorique. « Le porte-avions, accompagné du groupe aéronaval, est un instrument de projection de forces et de puissance », soulignait l’ancien Premier ministre dans un entretien à Valeurs Actuelles en novembre dernier. « Cependant, il faut être lucide : nous n’avons pas les moyens d’en construire un deuxième », ajoutait-il. « Il nous faudra en revanche lancer dès le début des années 2020 les études pour construire le successeur du Charles-de-Gaulle, qui devra le remplacer à partir des années 2035. » La France ne peut toutefois pas faire pendant 18 mois sans porte-avions comme si elle en avait un, a souligné le chef d’état-major de la Marine, l’amiral Christophe Prazuck, devant le Sénat, le 16 novembre dernier. « Aujourd’hui, on voit bien que les choses changent : les Chinois veulent construire quatre porte-avions, les Indiens veulent en construire trois, les Anglais sont en train d’en construire deux », a souligné l’amiral Prazuck. « Il existe donc un intérêt largement partagé pour cet outil ».

Le résultat des primaires est aujourd’hui caduc (Georges Fenech, député Les Républicains du Rhône)

Le résultat des primaires est aujourd’hui caduc  (Georges Fenech, député Les Républicains du Rhône)

L’ancien magistrat député les Républicains du Rhône met les pieds dans le plat pour dénoncer l’attitude hypocrite de l’appareil dirigeant qui soutient encore Fillon. Pour lui, c’est clair : au regard des mensonges et des malversations de Fillon le résultat des primaires de la droite et du centre. À juste titre il considère que l’affaire Fillon ne doit pas être regardée uniquement à travers le prisme juridique mais aussi et surtout à travers le critère étique et moral. On sait que François Fillon a décidé de maintenir sa candidature dans il ne serait pas mis en examen. Le député du Rhône, ancien magistrat, sait parfaitement que le temps juridique n’est pas le temps médiatique ou encore le temps politique. Du coup cette affaire Fillon va traîner des semaines voire des mois. En outre, elle pourrait même hypothéquer son quinquennat pour le cas où Fillon serait élu président de la république. En effet, on voit mal sur quelle légitimité pourrait s’appuyer François Fillon pour imposer aux autres des mesures de rigueur.  François Fillon risque d’entraîner son camp dans la catastrophe. Ceci étant, on voit mal comment des républicains pourraient en quelques semaines organiser de nouvelles primaires. La logique voudrait que François Fillon soit remplacé par Juppé ;  ce que confirme d’ailleurs un sondage qui fait de Juppé le favori en cas de renoncement de Fillon. « La situation [était] très compromise. [...] Je pense que le résultat des primaires est aujourd’hui caduc face à cet événement imprévisible [...] qui se situe non seulement sur le registre judiciaire mais sur le registre éthique et moral » a déclaré le député républicain. Il est ainsi devenu le premier député du parti à réclamer le renoncement de François Fillon. Sa qualité de magistrat lui avait  valu d’être désigné secrétaire national de l’ex-UMP chargé de la justice en 2014, par Nicolas Sarkozy, qu’il a d’ailleurs soutenu pour la primaire de la droite et du centre à l’automne 2016. Et si aujourd’hui, il déclare soutenir François Fillon, il demeurera le premier député Les Républicains à avoir élevé la voix pour réclamer son abandon.

Emmanuel Macron est une illusion (« les Arvernes », des gaulois anonymes !)

Emmanuel Macron est une illusion (« les Arvernes », des gaulois anonymes !)

 

Les Arvernes sont un groupe de hauts fonctionnaires, de professeurs, d’essayistes et d’entrepreneurs qui  ont vocation à intervenir régulièrement, désormais, dans le débat public. Cette fois,  ils assassinent la candidature de Macron considérant qu’elle est une  illusion. Ils reprochent surtout à Macron son manque de courage. Ce courage se réduirait  à ses mots. On se demande bien de quel  courage font preuve ces néo gaulois des « Arvernes » en s’abritant derrière l’anonymat. Ce type de positionnement derrière un masque ne grandit ni la démocratie,  ni mes les auteurs dont on ne sait même pas combien ils sont, qui ils sont, quelles sont leurs compétences, leur légitimité. Certes dans leurs argumentaires certains éléments ne sont pas complètement faux mais beaucoup constituent des accusations assez primaires de procureurs cagoulés. Considérer Macron comme un homme du passé (des années 90) paraît singulièrement  caricatural surtout de la part de personnalités dont le propos est sans doute celui de vieilles barbes frileuses. La lecture de cette tribune permet de se faire une idée de la stratégie de com.   Tout sauf Macron qui se prépare.  Tribune :

 

« Emmanuel Macron jouit d’une réputation flatteuse de réformateur moderne, capable de sortir des sentiers battus du « système » pour conduire une véritable « révolution » et retrouver le chemin de la croissance. Candidat à la couleur politique non identifiée, il serait le seul à concilier liberté économique, justice sociale et espoir de lendemains meilleurs. Ancien inspecteur des finances, ancien secrétaire de la Commission Attali, ancien banquier d’affaires, il aurait toutes les compétences requises pour conduire les réformes dont notre pays a tant besoin. Ancien secrétaire général adjoint de l’Elysée, ancien ministre de l’économie, il aurait gagné l’expérience nécessaire pour faire aboutir ces réformes là où tant de gouvernements ont échoué. Bref, pour une bonne partie de l’opinion et pour le monde de l’entreprise, Emmanuel Macron serait proche du candidat idéal pour 2017. Malheureusement, revenir aux faits impose un constat inverse : la candidature d’Emmanuel Macron est une illusion. Emmanuel Macron est une illusion car louer sa compétence, c’est faire l’impasse sur son passif. Se présenter comme un candidat hors-système est une imposture. C’est lui qui a préparé le candidat Hollande et contribué au diagnostic erroné fait par ce dernier sur l’état est les besoins de l’économie française. Principal collaborateur du Président de la République sur les dossiers économiques entre 2012 et 2014, il a été au cœur des grands choix du quinquennat Hollande, notamment le CICE. Cette mesure au coût considérable (20 milliards d’euros par an) est aujourd’hui unanimement condamnée par les experts. Mal ciblées, les baisses de charges consenties ont profité massivement à des secteurs non exposés à la concurrence internationale qui n’avaient nul besoin du soutien de l’Etat contrairement à l’industrie exportatrice. Cette mesure restera comme un des plus grands gâchis d’argent public des années récentes.  Ses autres réformes n’ont eu aucune portée, sinon de libéraliser le transport d’autocar au détriment de la SNCF, c’est à dire faire le choix de baisser les prix des services pour les plus pauvres, plutôt qu’augmenter leurs revenus. Selon l’évaluation technique publiée par la Commission européenne début 2016, l’impact macro-économique de la loi Macron est négligeable : +0,1% de PIB à l’horizon 2020 et +0,06% pour l’emploi. Le bilan d’Emmanuel Macron, c’est un grand gâchis d’argent public et beaucoup de communication. Emmanuel Macron est une illusion, car ses idées économiques n’ont rien de neuf. Il porte la pensée dominante de ses années de jeunesse. Son logiciel intellectuel est celui de Dominique Strauss-Kahn, dans les années 1990, quand il était de bon ton de dire que la France devait accepter pleinement la mondialisation, les politiques sociales de la gauche sociale-démocrate étant en mesure d’en limiter les effets négatifs par la redistribution. On connait quel a été le bilan de cette génération de gauche « moderne ». Derrière Tony Blair, Bill Clinton et Gerhardt Schröder, elle a abandonné les classes populaires et rallié le camp des vainqueurs de la libéralisation des échanges, y compris dans des postes très lucratifs du secteur privé. Après le vote sur le Brexit et la victoire de Donal Trump, est-ce donc vraiment d’un président « social-libéral » dont la France a besoin ? Emmanuel Macron, c’est l’optimisme des années 1990 dans un monde devenu bien plus dur. C’est la foi dans une mondialisation heureuse, dans une croissance par l’innovation et l’éducation, permettant de laisser aux pays émergents l’essentiel des activités manufacturières. Mais nous n’en sommes plus là. Face à la concurrence des grands pays émergents et aux effets des nouvelles technologies, cette vision est une illusion. Non, le libre-échange généralisé n’est pas toujours une stratégie payante face à des Etats interventionnistes : une économie innovante suppose une politique industrielle forte. Non, l’emploi indépendant et les technologies de l’information ne sont pas forcément porteurs d’une société plus juste. Tout au contraire, ils sont porteurs d’inégalités accrues. Non, recréer de la cohésion sociale ne se résume à réformer la formation professionnelle. Emmanuel Macron est une illusion car son courage réformateur n’a jamais rien été d’autre que des mots. En 2015, alors ministre contestataire, il avait osé franchir les lignes rouges de la gauche en proposant de supprimer les 35 heures et de remettre en cause le statut de la fonction publique. Candidat à la présidentielle, il se garde bien de revenir sur ces propositions radicales et pourtant nécessaires. Où donc est passé le grand réformateur courageux ?  Les mesures encore très floues que le candidat commence à formuler n’ont rien de révolutionnaire. Réduire la dépense publique pour réduire les charges sur les entreprises, soutenir l’innovation, réformer la formation professionnelle, assouplir le temps de travail au niveau des accords d’entreprises. Il n’y a là rien d’original, sinon la poursuite de la politique de Manuel Valls, qui lui, a le mérite d’une certaine cohérence. La question est plutôt de savoir quelle sera l’ampleur des ajustements à conduire après 2017 et le candidat Emmanuel Macron se garde bien de donner des ordres de grandeur, de peur d’affronter l’opinion.  Pour refaire de la France une économie puissante dans le monde qui vient, nul besoin des certitudes passées d’une génération qui a échoué. Nul besoin d’un programme vague, teinté de jeunisme et d’optimisme naïf. Nul besoin d’une ambition qui esquive un discours de vérité sur les efforts à consentir. Pour réformer il faut de l’endurance, de l’expérience et des convictions chevillées au corps. Toutes choses dont Emmanuel Macron est dépourvu. »

 » La guerre contre Daech est presque achevée »(Sirwan Barzani )

 » la guerre contre Daech est presque achevée »(Sirwan Barzani )

Sirwan Barzani, général de brigade peshmerga considère que  la guerre est bientôt finie, évoque les combats qu’il reste à mener et parle de  l’avenir politique du Kurdistan qu’il souhaite voir indépendant. Dans une interview au JDD.

 

 

A la faveur de l’offensive sur Mossoul, les peshmergas ont conquis de nouveaux territoires. Vous avez établi dans ces zones de solides lignes de défense. Peut-on les considérer comme les nouvelles frontières du Kurdistan?
Bien sûr qu’il faut les considérer comme telles. D’ailleurs, ce ne sont pas de nouvelles frontières mais plutôt un retour aux frontières réelles et historiques du Kurdistan. Cela ne concerne pas seulement les zones proches de Mossoul. Dans les autres territoires où nous sommes maintenant implantés, nous allons creuser des tranchées identiques. Nous devons le faire pour garantir la sécurité de notre peuple et du Kurdistan car on ne sait jamais ce qu’il peut se passer après que Daech sera défait. Qui gouvernera Mossoul? Un autre Daech va-t-il apparaître? On ne veut pas voir le même scénario se répéter sur notre terre.

Mais Bagdad pourrait remettre en question ces nouvelles frontières…
Il faut effectivement que l’on discute avec Bagdad sur ce sujet. Il doit même faire l’objet d’un référendum dans le futur. Mais pour l’instant, nous nous devons de protéger ces territoires.

L’offensive sur Mossoul a-t-elle permis de réchauffer les relations entre le Kurdistan et Bagdad?
Tout à fait. C’est même la première fois dans l’histoire que l’armée irakienne et les peshmergas combattent côte à côte. Notre président et des délégations du Kurdistan sont aussi allés auparavant à Bagdad, où il y a eu une série de rencontres très fructueuses. Nous espérons qu’après Daech et la reprise de Mossoul, nous parvenions ensemble à un accord satisfaisant.

Quelles ont été la teneur des discussions à Bagdad et à quoi aspirez-vous?
D’abord nous avons bien sûr discuté de la nécessaire coordination de nos forces pour lancer cette opération conjointe. Ensuite, nous avons évoqué notre future indépendance. Bagdad nous a répondu que c’était un sujet qui pouvait être débattu. Que le gouvernement irakien accepte officiellement de discuter d’une possible division du pays est quelque chose de nouveau pour nous et cela nous semble très positif. Nous avons aussi envisagé la gouvernance de Mossoul et de sa région quand Daech en aura été chassé.

Pourquoi vouloir la division de l’Irak? Un système fédéral ne serait-il pas préférable?
L’Irak est aujourd’hui comme un mauvais mariage et donc il n’y a qu’une solution pour s’en sortir : le divorce. Si le pays n’est pas divisé alors un nouvel Etat islamique réapparaîtra, c’est certain. Et nous, les Kurdes, nous ne voulons plus de guerre, nous sommes fatigués. Quant au fédéralisme, les mentalités sont telles en Irak qu’il est impossible que cela fonctionne.

La guerre contre l’Etat islamique est-elle finie pour les Peshmergas?
Non, pas complètement. Il ne faut pas oublier que Daech est le groupe terroriste le plus puissant du monde. Mais s’il l’on considère seulement la pression qu’il exerce sur le territoire du Kurdistan, on peut dire que 97% de la guerre est achevée. Il reste simplement des zones où nous attendons les troupes irakiennes pour intervenir, par exemple dans la région Hawija et certaines zones à l’est, au sud et au sud-ouest de Kirkouk. Mais cela ne se déroulera sans doute qu’après la bataille de Mossoul.

 

A Hawija, vous allez combattre aux côtés des milices chiites des Unités de la Mobilisation populaire (UMP). Vos relations sont pourtant tendues…
Effectivement, nous sommes censés avancer du nord vers le sud tandis que les Hachd al-Chaabi (UMP) avanceront du sud vers le nord. L’armée irakienne doit elle aussi participer, en attaquant par l’est. Travailler avec les UMP ne nous pose pas de problème. Nous nous coordonnons à travers Bagdad et avons tenu des réunions récemment à Kirkouk pour parler du sujet. Et puis ces milices ont depuis cette semaine un statut officiel à Bagdad, non (ironique)? Quelles différences y-a-t-il entre les milices chiites et certaines divisions de l’armée irakienne? Je n’en vois pas vraiment. Certaines de ces divisions sont même dirigées par des commandants de Hachd al-Chaabi.

L’offensive sur Mossoul a été fortement ralentie ces dernières semaines. Comprenez-vous pourquoi?
Ce n’est pas vrai. La Golden division (troupes d’élite du contre-terrorisme) fait du bon travail et avance plutôt bien à l’est. Après, ils sont les seuls à être entrés dans la ville. Et c’est ce que je ne comprends pas : pourquoi les autres divisions de l’armée irakienne ne sont-elles pas toutes autour de la ville elles aussi? Au sud, par exemple, ils sont encore à 10 km de Mossoul. Ce n’était pas le plan initial qui prévoyait que la ville serait d’abord totalement encerclée puis attaquée sur différents fronts.

Chômage : le concept de l’inversion de la courbe est une fumisterie

Chômage : le concept de l’inversion de la courbe  est une fumisterie

 

La sémantique statistique permet aux politiques de dire le contraire de ce que signifient précisément ces statistiques. En clair les politiques ne parlent pas de baisse du chômage à partir d’une date donnée mais d’inversion de la courbe. Exemple si il y a bien eu inversion de la cour en septembre par contre le nombre de chômeurs a augmenté de l’ordre de 600 000 depuis 2012. Et d’une certaine manière plus le chômage aura augmenté et plus  l’inversion de la courbe sera probable.  Certes globalement le chômage enregistre une baisse de 1.9%  en septembre en catégorie A (sans aucune activité) pour s’établir à 3.490.500, soit 66.300 personnes de moins qu’à fin septembre.  Toutefois sur un an  le chômage est en hausse de 1 % quand on cumule les catégories A, B et C. par ailleurs le chômage a augmenté  de plus de 600 000 depuis 2012. En outre bien qu’il y ait une création nette d’emplois depuis un an, c’est insuffisant  pour absorber le solde démocratique démographique De ce point de vue on ne peut donc parler de véritable inversion du chômage. La baisse constatée en septembre doit être également relativisée par le nombre de chômeurs en formation et qu’on retrouvera en partie en 2017.  En ajoutant les catégories B et C (personnes exerçant une activité réduite), le nombre d’inscrits à Pôle Emploi a diminué de 0,7% en un mois, soit 38.000 personnes de moins, à 5.480.200 (5.781.300 en incluant les départements d’Outre-mer, également en baisse de 0,7% sur un mois) mais sur un an, il augmente de 1,0%. Même si le chiffre du seul mois de septembre est en repli par rapport à août, « la somme de ces catégories A, B et C a une tendance plutôt haussière (en moyenne sur trois mois le point de septembre est le plus haut historique) », en lien avec une dynamique macroéconomique réduite, observe Philippe Waechter, chef économiste de Natixis Asset Management, dans une note publiée sur son blog. Selon lui, « comme on ne peut pas s’attendre à une impulsion forte sur l’activité au cours des prochains mois, il est probable que la dégradation du marché du travail vue à travers les chiffres de Pôle emploi a de fortes chances de se poursuivre ». En ce qui concerne la catégorie D, qui regroupe les demandeurs d’emploi non tenus de rechercher un emploi, en raison par exemple d’une formation ou d’une maladie, se maintient au-dessus du seuil de 300.000 personnes qu’elle a franchi pour la première fois en juin. Le nombre d’inscrits dans cette catégorie reste relativement stable, avec un reflux de 0,2% sur un mois, mais il affiche un bond de 16,4% sur un an, sous l’effet du plan de 500.000 formations supplémentaires pour les demandeurs d’emploi annoncé par François Hollande mi-janvier.

(Avec Reuters)

Hollande est trop bavard pour 78% des Français

Hollande est trop bavard pour 78% des Français

 

Selon un sondage IFOP pour le JDD à paraître dimanche, 78% des personnes interrogées disent être d’accord avec la phrase : « Il n’est pas justifié que François Hollande s’exprime autant face à des journalistes. Cela peut donner l’impression qu’il parle à tort et à travers au lieu d’être concentré sur la conduite des affaires du pays. » Les plus durs avec le Président sont les sympathisants Républicains (87%) et Front national (86%). Les socialistes sont plus cléments, mais restent majoritairement opposés à cette logorrhée (60% approuve la phrase). 22% de l’échantillon de 1.501 personnes approuve au contraire la phrase : « Il est justifié que François Hollande s’exprime beaucoup à travers ces livres afin d’expliquer son action comme Président de la République et dresser le bilan de son quinquennat. » Bref, cet épisode n’arrange pas à nouveau les affaires du Président. Toujours selon ce sondage, réalisé les 13 et 14octobre, seulement 14% des Français souhaitent qu’il se représente en mai 2017. Un chiffre presque stable. En septembre, 15% étaient du même avis. Depuis septembre 2014,  ce taux n’a pas dépassé les 22% (en septembre 2015).Plus inquiétant encore : 60% des sympathisants socialistes ne souhaitent pas cette éventuelle candidature, et 74% à gauche. Pourtant, 73% des Français pensent qu’il sera tout de même candidat. Ils étaient 73% le mois dernier et seulement 44% il y a deux ans.

 

 

Après l’amour est dans le pré, la politique est dans le pré

Après l’amour est dans le pré, la politique est dans le pré

 

Ça risque de dégouliner grave de sentimentalisme avec l’émission Une ambition intime, sur M6 de Karine Le Marchand, La présentatrice de l’amour est dans le pré nous a habitué à l’exhibitionnisme sentimental. On attend encore qu’elle manifeste un peu de vraie sensibilité et d’intelligence au lieu de se rouler dans la sensiblerie et le voyeurisme ridicule. En outre et surtout la vie strictement privée des responsables politiques n’a pas lieu d’être étalé dans le paysage médiatique. Pourquoi pas aussi la psychanalyse ? Ou mieux la sexualité des hommes politiques? Pour gagner quelques téléspectateurs la télévision ne recule devant rien mais elle tutoie maintenant le caniveau. En cette année électorale, M6 n’a pas voulu faire une émission politique comme les autres, mais révéler l’intimité des hommes et des femmes qui veulent accéder à la plus haute fonction de l’Etat. Dans son communiqué de presse, la chaîne se demande  »qui sont ces femmes et ces hommes qui souhaitent nous gouverner ». Et de promettre : « C’est sans fard et avec sincérité qu’ils ont décidé de prendre la parole pour nous dévoiler leur enfance, leur histoire, leurs passions, dessinant, grâce aussi aux témoignages de leurs proches, leur personnalité et les ressorts de leur ambition. » Dans un portrait diffusé dimanche prochain, Bruno Le Maire est le premier à s’essayer à l’exercice. Mais la plupart des tournages sont d’ores et déjà en boîte. Alain Juppé, Nicolas Sarkozy, Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, François Fillon ou encore François Bayou ont ainsi déjà participé. A chaque fois, le principe est le même : l’invité, interrogé par Karine Le Marchand, évolue dans un appartement redécoré avec des objets en lien avec leur vie privée. Pour Bruno Le Maire, la photo de son couple mise sur le chemin jusqu’à la terrasse suscite une parole pour sa femme. Son vin préféré sur la table lui permet de confier qu’il boit un verre chaque soir. « Pour calmer les nerfs, c’est très très bien », précise-t-il. Chaque détail est l’occasion de découvrir et faire parler l’invité. « Ces rencontres ont été de vraies découvertes. Des gens à l’opposé de leur image publique. Je ne sais d’ailleurs pas comment ils vivent avec ça au quotidien », confie au JDD la présentatrice de L’amour est dans le pré qui aurait sans doute mieux fait de continuer sa carrière de mannequin plutôt que de tenter celle de présentatrice ou journaliste.

« Les deux grands partis, c’est l’amicale des boulistes » (Macron )

« Les deux grands partis, c’est l’amicale des boulistes » (Macron )

 

Dans les colonnes du Parisien, Emmanuel Macron tacle le Parti socialiste et Les Républicains : « Les deux grands partis, c’est l’amicale des boulistes. Mais sans l’amitié et sans les boules… » L’ancien ministre de l’Economie, qui n’a jamais été encarté au PS, avait déjà déclaré depuis le Puy du Fou (Vendée) ne pas être socialiste. Une sortie qui avait fait beaucoup de bruit, quelques jours avant son départ du gouvernement fin août. Désormais, l’ancien locataire de Bercy étoffe son mouvement En Marche. « Il se démène pour trouver 9 à 10 millions d’euros de dons et compte en emprunter autant en banque », écrit Le Parisien. Une recherche de fonds couplée à un recrutement intensif. Selon le quotidien, il espère en effet pouvoir présenter 577 candidats sous sa bannière à l’occasion des élections législatives de 2017.  Si l’on s’en tient au sondage Odoxa du  Parisien/Aujourd’hui en France, Emmanuel Macron pourrait bien provoquer une sorte de séisme dans la classe politique. En effet 45% des Français considèrent déjà qu’il ferait un bon président,  ce qui le place immédiatement derrière  Alain Juppé (56%). Cela alors qu’il n’a pas encore déclaré formellement sa candidature pour les présidentielles. Un sondage qui met très loin Manuel Valls (15%), Jean-Luc Mélenchon (12%) et François Hollande (6%). En outre sa démission du gouvernement est approuvée par les trois quarts des Français. Cette ascension relativement exceptionnelle pour un homme sans véritable organisation, sans passé politique significatif et même sans orientation très élaborée découle sans doute de plusieurs facteurs explicatifs. Le premier élément vient du phénomène d’usure de la classe politique traditionnelle organisée en partis dont les Français n’attendent plus grand-chose. La seconde raison tient vraisemblablement à la médiocrité de la plupart des personnalités qui ambitionnent d’accéder à  la magistrature suprême. Médiocrité sur le plan des connaissances socio économiques et sociétales mais aussi médiocrité intellectuelle. Or Macron comparé à la plupart des autres parvient à élever le débat même si on peut contester certaines orientations et surtout le flou programmatique notamment dans le domaine sociétal. L’atout principal de  Macron est peut-être aussi sa jeunesse comparée à l’âge des autres candidats de la génération des 50 à 70 ans usés par les travaux guerriers des luttes politiques intestines (de l’extrême gauche à l’extrême droite) et les discours démagos. D’une certaine manière, Macron ringardise.  On s’interroger sur la crédibilité qu’accordent certains candidats à leur propre propos tellement le manque de conviction est évident ou inversement tellement le trait  caricatural témoigne de la posture de comédien qui fait semblant de croire aux promesses de coiffeur faites  au bon peuple. Par ailleurs Macron s’aligne sur une évolution  sociétale et idéologique qui remet en cause les vieux clivages gauche droite usés  jusqu’à la corde. Usés par la gauche qui finalement se soumet maladroitement et avec retard aux impératifs des réalités économiques, usés par la droite également profondément trop marquée par l’étatisme. Une dernière caractéristique qui concerne tout autant l’extrême gauche et l’extrême droite. Il n’est pas certain évidemment que Macron  parvienne en 2017 à conquérir la magistrature suprême mais il est probable qu’il va provoquer une grande secousse sismique dans le paysage politique. Pourtant l’intéressé dans ses récentes et finalement courtes fonctions de ministre de l’économie n’a pas montré grand chose. La loi Macron 1 ressemblait davantage à une auberge espagnole qu’à un programme de réforme structurelle économique. Le plus intéressant chez Macron c’est ce qu’il n’a pas fait !  il faut dire qu’il a été en permanence empêché ou freiné par Valls qui a très vite décelé le danger de ce nouveau concurrent potentiel à la succession de François Hollande. Le passé politique d’Emmanuel Macron demeure assez inconsistant par contre certaines de ses analyses se sont montrées à la fois pertinentes et surtout compréhensibles car débarrassées de la langue de bois habituelle. Les autres responsables ont tendance à systématiquement dire tout et son contraire. Dernier exemple en date la réduction éventuelle de l’impôt sur le revenu à laquelle adhèrent presque tous les candidats mais conditionnée par une réforme fiscale globale qui inévitablement fera encore monter les prélèvements obligatoires. Un sujet un peu surréaliste puisqu’on fait croire qu’il y aurait deux catégories  de Français ceux qui payent l’impôt citoyen et ceux qui payent les autres impôts  non citoyens. La réforme est sans doute nécessaire encore faudrait-il en préciser l’objectif réel et les modalités. Emmanuel Macron, lui,  a le grand mérite d’être clair car son propos est débarrassé des oripeaux de la dialectique politicienne, sorte de charabia énarchique pour faire sérieux mais qui masque mal l’incompétence et l’immobilisme. Le tremblement provoqué par le jeune Macron  ne concernera pas seulement la gauche, une gauche par ailleurs condamné à la débâcle électorale et qui, extrême gauche comprise, ne représente plus que de l’ordre de 25 à 30 % dans le pays. Le séisme concernera aussi le centre et la droite classique car Macron va sans doute siphonner autant de voix à droite qu’à gauche compte tenu de son positionnement idéologique. Il est clair par exemple que nombre de sympathisants et même de responsables des républicains sont plus proches d’un du social libéral Macron  que du bonapartiste Sarkozy. L’extrême droite et l’extrême gauche vont également être affectées par les vagues de fond provoquées  par l’ancien ministre de l’économie dans la mesure où leurs propositions économiques (paradoxalement relativement proches) risquent  de montrer encore davantage leurs incohérences et leur démagogie. Reste que Macron  présente encore quelques faiblesses voire des handicaps sérieux ;  il risque notamment de traîner comme un boulet sont passé d’énarque mais aussi celui d’éphémère banquier. En outre il lui faudra faire bien des efforts pour persuader l’opinion qu’il est proche des vrais gens comme il dit lui-même ;  une formule d’ailleurs malheureuse et qui révèle la reconnaissance de son appartenance à une élite responsable d’une grande partie de la crise qui caractérise la France dans le domaine social, économique et sociétal. Pour parler clair, la question est de savoir si Macron propose de gouverner la France comme Hollande avec ses copains de l’ENA ou s’il est décidé d’ouvrir sa gouvernance éventuelle à des responsables de la société dite civile. Une dernière expression par ailleurs encore ridicule   pour distinguer ceux qui n’appartiennent pas à l’élite de la monarchie républicaine. La sémantique comme la politique sent la naphtaline !

BCE : il est urgent d’attendre

BCE : il est urgent d’attendre

C’est en substance ce que dit la BCE après sa dernière réunion. Certes la banque centrale européenne constate bien des risques importants de ralentissement économique mais en même temps mesure tout autant les limites d’une politique monétaire. Pour parler plus clair les experts de la banque centrale européenne sont dans le potage et ne savent plus quel moyen employé pour tenter d’influencer à la fois l’inflation et la croissance La Banque centrale européenne a donc jugé prématuré d’agir lors de sa réunion de politique monétaire de juillet, la première après le vote des Britanniques en faveur d’une sortie de l’Union européenne, montre le compte-rendu de cette réunion publié jeudi. En dépit de la politique accommodante de la banque centrale européenne, l’union économique ne parvient pas à relancer la croissance et l’inflation. Pour la croissance,  il faudra sans doute s’habituer à une croissance molle pendant de nombreux mois voir plusieurs années, sans doute autour de à 1,3 % pour la croissance et de 0,3 % pour l’inflation annuelle. Cela démontre à l’évidence les limites d’une politique monétaire qui n’est pas articulée avec une politique budgétaire dynamique et avec des réformes structurelles. Toute la problématique tourne autour de la faiblesse de la demande. La banque centrale européenne a beau se montrer accommodante cela ne relance pas pour autant la demande de crédit destiné au seul investissement. Aussi bien des entreprises que des ménages.  La Banque centrale européenne semble donc avoir épuisé son arsenal pour relancer l’inflation dans la zone euro, montre une enquête Reuters publiée jeudi. La BCE a gonflé ses achats d’actifs pour les porter à 80 milliards d’euros mensuels, a offert aux banques des refinancements à bas coûts et a réduit son taux de facilité de dépôt à -0,4%. Malgré tout cela, les 60 économistes interrogés par Reuters s’attendent à voir l’inflation dans l’union monétaire plafonner à 0,3% cette année et 1,3% l’an prochain. L’objectif de la BCE d’une hausse des prix très légèrement inférieure à 2% ne devrait pas, selon eux, être atteint avant 2019, au plus tôt. Après un bon début d’année, la croissance en zone euro ralentit et devrait, selon l’enquête Reuters, se situer autour de 0,3% par trimestre jusqu’à la fin de l’année et de 0,4%, toujours par trimestre, l’an prochain. « Nos prévisions indiquent que la morosité de l’économie de la zone euro, qui paraissait s’estomper, va persister plus longtemps que ce à quoi nous nous attendions, ainsi que la BCE », écrit dans une note Paul Mortimer-Lee, économiste de marché chez BNP Paribas. « Plutôt qu’au Brexit, cela est dû à l’érosion de certains des facteurs temporaires qui ont stimulé la croissance cette année », ajoute-t-il. Face à cette situation la banque centrale a décidé qu’il était urgent d’attendre :

« Erdogan est une menace pour l’Europe » (Renaud Girard)

 « Erdogan est une menace pour l’Europe » (Renaud Girard)

Le  politologue  Renaud Girard considère dans une interview au Figaro que le président turc est une menace ; en outre,  il critique sévèrement la politique étrangère de la France en Syrie

 

Cette semaine a été marquée par le rapprochem.ent entre Vladimir Poutine et Recep Erdogan à Saint-Pétersbourg. Mettriez-vous ces deux «régimes autoritaires» sur le même plan ou diriez-vous que la synthèse entre nationalisme et islamisme réalisée par Erdogan est une menace spécifique?

 

Renaud GIRARD. – Non, je ne mettrai pas ces deux régimes sur le même plan. Erdogan est un Frère musulman, il a pour ambition de balayer ce qui reste de cette Turquie laïque et pro-occidentale héritée d’Atatürk, afin de faire de son pays une authentique république islamique. Vladimir Poutine est au Kremlin comme un tsar des plus classiques. Il n’a pas envie de bouleverser la Russie de Gorbatchev ou d’Eltsine, mais souhaite simplement lui redonner sa grandeur. Il n’a pas envie de changer la société russe de la même manière qu’Erdogan veut bouleverser la société turque.

Erdogan est une menace spécifique parce qu’il n’a ni admiration ni affection pour la culture occidentale.

Pour les Européens, Erdogan est une menace spécifique parce que, contrairement à Mustapha Kemal, il n’a ni admiration ni affection pour la culture occidentale. Nous l’avons vu lorsqu’il s’est déplacé à Strasbourg le 4 octobre 2015. Alors qu’il s’exprimait devant les Turcs d’Europe, les femmes et les hommes avaient été séparés dans le grand amphithéâtre. C’était clairement une volonté de marquer sa différence tant à l’égard du kémalisme que du pays hôte qui l’accueillait. Erdogan n’a pas de considération pour ce qui fait l’Europe, c’est-à-dire ses racines chrétiennes et l’influence des Lumières. C’est cela qui fait l’Europe. En revanche, Vladimir Poutine, qui dirige certes un régime autoritaire, partage avec Catherine II cette admiration de la culture occidentale et nous reproche d’ailleurs de la perdre. Il y a une deuxième différence de taille. Par le passé, Vladimir Poutine n’a pas aidé des mouvements politiques qui ont tué les Français. Même s’il le regrette probablement aujourd’hui, Erdogan a soutenu l’Etat islamique par le passé.

 

Peut-on parler d’alliance de circonstances entre Moscou et Ankara ou celle-ci peut-elle devenir un partenariat stratégique et durable?

 

Comme indiqué dans le communiqué qui a été rendu public après la conférence de presse commune que les deux présidents ont tenue, il s’agit de remettre les relations russo-turques au niveau où elles étaient avant l’incident de l’avion russe abattu en novembre 2015. Ni plus, ni moins. C’est un rapprochement qui s’est fait à la demande d’Erdogan. Le président turc a compris qu’il n’arriverait pas à devenir le sultan néo-ottoman qu’il a rêvé de devenir à la faveur des Printemps arabes, mal guidé qu’il était par le ministre des Affaires étrangères puis Premier ministre Ahmet Davutoglu. Aujourd’hui, Erdogan s’est séparé de Davutoglu, qui avait fait preuve d’une extrême arrogance et de peu de bon sens. Recep Erdogan est un peu comme Staline par rapport à Trotski, Trotski étant le Calife Ibrahim régnant sur l’Etat islamique de Raqqa et Mossoul. Staline a préféré faire le communisme en un seul pays, aujourd’hui Recep Erdogan préfère faire l’islamisme dans un seul pays. Il a compris qu’il n’avait pas d’autre option. De manière réaliste et pragmatique, il a décidé avec son nouveau Premier ministre de se réconcilier avec les deux pays dont l’armée et les services secrets sont les plus efficaces au Moyen-Orient, les Russes et les Israéliens.Ca ne fait pas de lui un amoureux transi des sionistes, mais il suit la ligne de conduite du communisme dans un seul pays. Souvenons-nous de la chaleur des relations qui ont pu exister à un moment entre Staline et Roosevelt.

 

Ce tournant réaliste qui semble être pris sur le dossier syrien, même chez un Recep Erdogan qui fut le pire ennemi de Bachar al-Assad depuis 2011, est très loin des positions que la France exprime depuis le début du conflit. Jean-Marc Ayrault semble en retrait. Où est la France dans ce nouvel espace politique au Levant?

La France, par son incompréhension de ce qui se passait en Syrie est complètement hors-jeu. Les leaders français ont cru, gauche et droite confondues, que Bachar al-Assad n’en avait que pour quelques semaines en 2011. La stratégie de la France sur le dossier syrien depuis 2011 a été un mélange d’ignorance historique, de manichéisme politique et de wishful thinking diplomatique. Personne ne s’intéresse plus au point de vue de Paris concernant le dossier syrien, alors même que la France est l’ancienne puissance mandataire. Il ne fallait pas sortir de notre neutralité. Il fallait conserver des relations diplomatiques avec Damas. La diplomatie, cela sert à parler avec les gens qui ne sont pas vos amis. Nous avons beaucoup surestimé l’importance d’une opposition modérée à l’occidentale en Syrie. En fait, l’opposition la plus virulente et la mieux enracinée dans le pays, a toujours été islamiste. Les Français sont allés très loin dans leur folie: ils ont livré, sur ordre du président Hollande, des armes à la pseudo-Armée syrienne libre (ASL), soit disant modérée (car elle ne se prive pas de commettre elle aussi des exactions). Devant des caméras, l’ASL a récemment sacrifié un gosse palestinien de onze ans qui avait commis je ne sais quelle faute. L’ASL a eu des armes grâce à la France, armes qui se sont immédiatement retrouvées soit saisies par les unités islamistes, soit simplement vendues.

Comment a-t-on pu commettre une telle erreur?

 

Quand nous avons aidé les rebelles anti-Kadhafi en parachutant des armes en 2011 en Libye, un nombre significatif de ces armes ont été retrouvées ensuite aux mains de Boko Haram !

C’est une erreur d’appréciation grave du président Hollande et de son ministre Fabius. L’erreur fondamentale a été de faire du wishful thinking. En diplomatie, il faut prendre les réalités telles qu’elles sont. Fabius souhaitait voir en Syrie un méchant – Bachar el-Assad – qui massacrait des gentils, ces rebelles qui ne demandaient qu’à appliquer les droits de l’homme en Syrie. Un méchant contre des gentils, cela fait un dossier diplomatique facile à traiter! La réalité était tout autre et il faut le dire. Si l’Armée russe n’était pas intervenue au début de l’automne 2015, Damas serait probablement tombée aux mains des islamistes. Ils auraient alors commis un immédiat génocide des alaouites et des druzes, et, dans le meilleur des cas, les Chrétiens auraient été chassés vers le Liban. Quant aux églises de Damas, elles auraient brulé puisque, même sous la protection de nos troupes au Kosovo, il y a eu plus d’une centaine d’églises détruites. Ce sont les réalités. Hollande et Fabius ont préféré le schéma intellectuel qu’ils avaient construit. L’opposition démocratique était certes très forte sur les plateaux de télévision à Paris, mais elle ne représentait que peu de chose sur le terrain!

Ces erreurs se répètent. Quand nous avons aidé les rebelles anti-Kadhafi en parachutant des armes au printemps 2011 au Djebel Nefoussa au Nord-Ouest de la Libye, un nombre significatif de ces armes ont été retrouvées ensuite aux mains de Boko Haram! Mais aujourd’hui, l’échelle des détournements d’armes en Syrie est bien plus importante.

Nous avons donc perdu en Syrie?

Nous avons perdu parce que notre diagnostic de départ ne correspondait pas aux réalités internationales. Mais il y a pis. Nous avons été ridiculisés! Quand, à l’été 2013, François Hollande a annoncé qu’il fallait bombarder Damas et renverser Bachar al-Assad parce que celui-ci avait utilisé des armes chimiques, le président de la République a émis un jugement moral qui engageait la France. Quand nos amis anglais et américains ont fait marche arrière, la France a reculé elle aussi, comme si l’obligation morale de bombarder Damas était tombée de ce seul fait. Alors, de deux choses l’une, soit la France est tellement faible militairement qu’elle n’a pas les moyens de bombarder seule la Syrie – ce qui est assez grave -, soit la position de la France n’est pas indépendante. La réalité est que nous adoptons volontairement la position de caniche des Américains. Sur l’usage des armes chimiques, il y a ensuite eu un accord Lavrov-Kerry à Genève, auquel nous n’avons même pas été invités! Cet accord a été appliqué avec succès. Les Russes ont forcé l’Armée syrienne à rendre ses armes chimiques, que les Américains ont ensuite détruites. Cet accord est le résultat d’une volonté russo-américaine de régler un problème concret. Le danger pour nous, ce n’était évidemment pas que Bachar utilisât ces armes contre nous, mais que ces armes chimiques tombassent dans les mains des islamistes et qu’elles se retrouvassent un peu plus tard dans le métro de Paris, de Londres ou de New York.

Nous avons perdu parce que notre diagnostic de départ ne correspondait pas aux réalités internationales. Nous avons été ridiculisés !

Nous avons été ridiculisés une seconde fois dans le dossier syrien quand nous avons commencé à avoir des problèmes sérieux avec nos terroristes islamistes sur notre territoire national. Nos services secrets sont allés à Damas demander des renseignements aux services syriens qu’ils connaissaient bien. Il y avait toujours eu une très forte coopération policière entre la France et la Syrie. Les Syriens nous ont alors demandé de rouvrir d’abord notre ambassade! En coupant nos relations diplomatiques avec Damas en mars 2012, nous avons laissé entièrement la Syrie dans les mains des Iraniens et des Russes, une Syrie pour laquelle nous avions déjà diplomatiquement beaucoup investi. Peut-être trop d’ailleurs, mais c’était un fait, puisque nous l’avions invitée au défilé du 14 juillet 2008. Il faut qu’il y ait une constance minimum de la politique étrangère française. Sans constance, aucune politique étrangère ne peut être prise au sérieux dans le monde. Notre diplomatie s’est fourvoyée pour n’avoir pas su désigner à temps quel était notre ennemi principal. Notre ennemi principal, celui qui tue des Français, c’est l’Etat islamique. Bachar al-Assad est tout sauf un ange, mais ce n’est pas l’ennemi de la France!

Dans ce dossier, parmi les acteurs non-régionaux, il reste donc les Américains et les Russes? Les Américains sont-ils lassés du conflit en Syrie?

Les Anglais ne comptent pas, ils n’ont plus de politique moyen-orientale, tellement ils ont été traumatisés par leur expérience irakienne de 2003. Il reste donc les Américains et les Russes, qui aujourd’hui travaillent parfois ensemble, avec les Kurdes syriens du PYD notamment, qui sont les Kurdes qui combattent l’Etat islamique au sol avec le plus d’efficacité.

 

Les Américains acceptent que les Russes aient pris une position supérieure à la leur dans le Levant.

Washington ne soutient plus le front Al-Nosra, c’est-à-dire Al-Qaïda (même si par manipulation et pour enrayer la coopération russo-américaine, Al-Nosra a été renommé et s’est faussement détaché de son mentor terroriste). Les Américains savent qu’ils sont allés trop loin en soutenant les islamistes et savent pertinemment qu’ils ont perdu militairement cette carte. Ils commencent à changer à propos de Bachar el-Assad: ils acceptent que celui-ci demeure à la tête de l’Etat syrien à court terme, même s’ils refusent d’envisager qu’il reste encore longtemps au pouvoir. Ils sont ainsi beaucoup moins intransigeants que les Français. L’Amérique au Moyen-Orient est un chien loup redoutable, mais qui a cessé d’aboyer. La France est un roquet, qui ne fait peur à personne quand il aboie. Et quand il aboie beaucoup, il est un peu ridicule. Les Américains acceptent que les Russes aient pris une position supérieure à la leur dans le Levant. Depuis plusieurs années déjà, Barack Obama a adopté la stratégie de rule from behind (gouverner depuis l’arrière). Les Russes gouvernent en allant sur le terrain en Syrie! Avec le rule from behind américain, les potentats sunnites de la région ont moins confiance en Washington, alors que les Saoudiens respectent Poutine, même s’ils ne partagent pas les mêmes intérêts dans la région. Les Américains n’ont pas changé l’équilibre stratégique au Moyen-Orient. A l’inverse, les Russes ont clairement changé la donne stratégique en sauvant le régime de Bachar el-Assad. Les Français, quant à eux, ont hélas disparu de ce théâtre international.

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