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Terrorisme : pour 92% des Français, la menace est élevée

  • Terrorisme : pour 92% des Français, la menace est élevée

21% des Français se sentent moins en sécurité depuis la levée de l’état d’urgence Selon une étude Ifop et  92% des Français considèrent la menace terroriste élevée.  »Le sentiment de menace est maximal. Les Français ont complètement intériorisé cette menace, avec une opinion extrêmement homogène », analyse Frédéric Dabi directeur général adjoint de l’Ifop. La menace est considérée particulièrement élevée pour les partisans de La République en Marche (96%), des Républicains (99%) ou du Front national (98%), alors qu’elle est plus basse chez ceux qui se disent proches du Parti socialiste (86%) ou de la France insoumise (83%). Mais les différences entre partis restent faibles.  »Tout se passe comme si les clivages entre droite et gauche, entre jeunes et vieux, habituellement suscités par la thématique de la sécurité avaient été cannibalisés, phagocytés par la question terroriste », poursuit Dabi. Le sondage interroge le sentiment de sécurité depuis la levée de l’état d’urgence remplacé pour une nouvelle loi antiterroriste. Sur ce point, le constat est moins positif pour le gouvernement. Si une grande majorité dit se sentir autant en sécurité qu’avant (73%), ceux qui se sentent moins en sécurité sont majoritaire (21%) par rapport à ceux qui se sentent plus en sécurité (5%).

 

PS : « pas d’avenir, il est temps qu’il disparaisse » (Strauss-Kahn)

PS : «  pas d’avenir, il est temps qu’il disparaisse »  (Strauss-Kahn)

 

 

« Le PS n’a pas d’avenir et c’est une bonne chose. Il est temps qu’il disparaisse », affirmé Strauss-Kahn à Marrakech en mage d’un colloque international (World Policy Conference)   . Avant de donner un satisfecit au nouveau président Français, Strauss-Kahn a insisté sur le nécessaire équilibre entre mesures économiques et mesures sociales. Tout en estimant  que Macron  pourrait aller encore plus vite dans la mise en œuvre des réformes.

 

Catalogne : l’humiliation que veut infliger Madrid est particulièrement dangereuse

Catalogne : l’humiliation que veut infliger Madrid est particulièrement dangereuse

S’il est clair que la perspective d’indépendance de la Catalogne paraît assez illusoire et que les indépendantistes se sont engagés dans une voie sans issue, par contre l’humiliation que veut imposer Madrid au gouvernement régional de Catalogne paraît particulièrement irresponsable. Pourquoi en effet suspendre l’autonomie de la Catalogne, éliminer maintenant les responsables régionaux alors que le principe d’une élection est décidé. Seule cette élections permettra de mesurer le poids réel des indépendantistes aujourd’hui minoritaires (autour de 40 %) mais dans le poids  pourrait augmenter avec les mesures répressives inutiles du gouvernement espagnol. On chercherait l’incident qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Le problème c’est que la situation risque leurs d’être ingérable. De ce point de vue,  l’appel du ministre espagnol des affaires étrangères paraît particulièrement inconséquent. En effet, le ministre espagnol des Affaires étrangères, Alfonso Dastis, a invité dimanche les Catalans à accepter l‘autorité de Madrid et à ignorer les instructions des dirigeants indépendantistes de la région. Derrière cette affaire il faut bien voir que le parti du Premier ministre espagnol cherche à se reconstruire une virginité et se sert aussi de la catalogne pour étouffer les affaires de corruption. Notamment une affaire de marchés publics truqués implique de nombreux élus locaux dont l’ex-secrétaire général du PP à Madrid, Francisco Granados. L’« opération Punica » a conduit à l’interpellation d’une cinquantaine de personnes, parmi lesquelles nombre de responsables du PP, à Madrid et dans plusieurs mairies et régions autonomes. Ils auraient perçu des pots-de-vin en échange de l’attribution de contrats d’une valeur d’environ 250 millions d’euros. Des scandales à répétition qui ont nettement affaibli le parti en place mais aussi les socialistes également impliqué. D’après les derniers sondages, Podemos (« Nous pouvons »), une formation politique de la gauche radicale issue du mouvement des indignados (« les indignés »), se situerait désormais en tête des intentions de vote. Selon l’institut Metroscopia, la jeune formation recueillerait 27,7 % des voix, presque 14 points de plus qu’il y a un mois, face au PSOE (26,2 %) et au PP, qui s’effondrerait avec seulement 20,7 %. Dès lors on comprend mieux l’acharnement de Madrid contre les dirigeants catalans. Un acharnement incompréhensible sans cela car il est clair que les gens indépendantistes sont maintenant tellement acculés qu’ils ne peuvent qu’accepter les sélections. Inutile donc de prendre des mesures répressives pour les humilier davantage. .

Pour Macron, Hollande est un « zigoto »

Pour Macron, Hollande est un « zigoto »

 

 

On entend généralement par zigoto celui qui fait le malin et qui fait de l’esbroufe. Un qualificatif attribué à François Hollande par Emmanuelle Macron de plus en plus agacé par les commentaires incongrus de l’ancien président de la république vis-à-vis de la politique en cours. D’une certaine manière, le terme paraît approprié car François Hollande s’est depuis toujours caractérisé par un bavardage sans consistance sur tout et sur rien. S’épanchant auprès des journalistes durant des heures et des jours. Bref davantage un commentateur qu’un acteur. Mais un commentateur peu qualifié compte de tenu de l’inefficacité de son action comme président. .  L’ancien chef de l’État a choisi la Corée du Sud pour effectuer son premier déplacement à l’étranger depuis son départ de l’Élysée. En marge d’une conférence, il a vivement critiqué son successeur qui ne l’avait pas épargné lors de son intervention télévisée. L’ancien président devenu conférencier international qui avait décidé de ne jamais être rémunéré a pourtant touché une enveloppe de l’ordre  de 200 000 € dont une partie seulement ira à sa fondation (le reste ayant pour destination sa propre poche). À l’occasion de sa première sortie en  Corée du Sud ne s’est pas privé de critiquer la politique de Macon alors que l’usage veut qu’on évite ce genre de posture à l’étranger.  «La politique fiscale doit favoriser l’investissement, pas la rente. Je ne suis pas contre la réussite, mais elle ne doit pas être celle de ceux qui s’enrichissent en dormant. Ceux qui travaillent doivent avoir le bénéfice de leurs efforts et je ne vois pas pourquoi il faudrait consentir des largesses aux contribuables qui savent placer très opportunément leur argent». Égratignant encore Emmanuel Macron, qui peine à se départir d’une image de président des riches, François Hollande a déclaré: «Quand il s’est agi pour la France, à un moment particulièrement difficile avec la crise des supprimes, des déficits qui s’étaient alourdis, de réduire les déficits, j’ai fait appel à la fiscalité. Mais quand il y a eu le retour à la croissance, j’ai fait baisser les impôts des catégories moyennes, qui sont les plus importantes, et j’ai maintenu une fiscalité relativement élevée pour les grandes fortunes». Pour lui, «la mondialisation a incontestablement augmenté les inégalités à mesure que la croissance elle-même progressait. Nous avons donc une croissance qui est inégalitaire avec une concentration de la richesse sur un nombre limité de personnes. Il faut donc avoir une politique de redistribution par la fiscalité.». Dommage que François Hollande s’en aperçoive que maintenant ! Du coup Macon ne s’est pas privé de renvoyer le beau monde politique à Hollande. Dimanche, lors de son interview sur TF1, le nouveau président a cruellement fustigé la « présidence bavarde » de l’ancien, refusant de nommer François Hollande et se bornant à l’appeler « mon prédécesseur ». Mais en privé aussi, le chef de l’Etat affiche le plus souverain mépris pour celui qu’il qualifie désormais de « zigoto »! Ces derniers jours, le peu de cas que faisait Macron de Hollande s’est mué en réelle exaspération. « Finalement, rien n’a changé », soupire-t-il en commentant le défilé des socialistes dans les bureaux de l’ex, rue de Rivoli, dans la perspective du prochain congrès du PS. « Hollande touille la merde », a commenté cette semaine un intime du chef de l’Etat.

Affaire Kerviel : c’est la policière qui est mise en examen !

Affaire Kerviel : c’est la policière qui est mise en examen !

 

Dans l’affaire de la Société générale l’indécent voir au ridicule. Une affaire qui démontre que la justice se couche devant la puissance de l’institution financière. Non seulement la justice continue de faire porter le chapeau au seul Kerviel en étouffant ses arguments sur la responsabilité de la banque concernant l’énormes de la perte de 5 milliards mais en plus la justice met  maintenant en examen la policière qui avait recueilli les confidences d’une magistrate qui mettait en cause la responsabilité de la banque. Certes juridiquement cette policière n’avait sans doute pas à enregistrer de manière clandestine cette magistrate mais au-delà de la forme reste le fond à savoir que la justice ne veut pas être impliquée de quelque manière que ce soit dans un scandale qu’elle tente d’étouffer . L’ancienne policière de la Brigade financière, Nathalie Le Roy, a donc été mise en examen à Lille le 16 août dans l’affaire de l’enregistrement, à son insu, d’une magistrate qui avait été produit devant la justice par la défense de l’ex-trader Jérôme Kerviel, a appris l’AFP vendredi de source judiciaire. Comme l’a révélé le Journal du Dimanche dimanche dernier, la policière a été mise en examen pour « atteinte à l’intimité de la vie privée » dans cette instruction ouverte à Paris puis dépaysée à Lille après une plainte de cette magistrate du parquet de Paris, désormais à la retraite, Chantal de Leiris.   »Nathalie Le Roy a fait cela de manière tout à fait désintéressée. Tous les critères juridiques sont réunis pour qu’elle bénéficie du statut de lanceuse d’alerte », a commenté l’avocat de la policière Gilles-William Goldnadel. Chargée de l’enquête Kerviel, l’ancienne policière avait elle-même procédé à l’enregistrement, mi-juin 2015, lors d’un rendez-vous dans un café parisien avec cette magistrate, vice-procureur au parquet de Paris pendant l’enquête sur les agissements de Jérôme Kerviel à la Société générale. Durant cette conversation, la vice-procureur donnait du crédit à l’hypothèse d’une enquête biaisée en faveur de la banque, assurant que les juges étaient « sous la coupe » des avocats de la Société générale.  »La Société générale n’a pas eu prise sur moi, ni sur la Brigade financière », avait rectifié la magistrate publiquement, avant de porter plainte.

« La voiture autonome est déjà là »( Valéo) !!!

« La voiture autonome est déjà là »( Valéo) !!!

 

Fortement bousculé par l’affaire des émissions polluantes,  le secteur automobile tente de réagir en soulignant le caractère de modernité de l’automobile future. L’objectif est évidemment de peser pour que l’automobile ne soit pas exclue un jour de la ville. On affirme ainsi que l’automobile sera autonome, électrique et connectée. Le patron de Valeo dans une interview au JDD affirme que cette voiture autonome et même déjà la. Il est évident que la voiture électrique va se substituer au moteur à combustion et que d’ici une dizaine d’années 80 % des véhicules neufs seront électriques. La connexion, qui existe déjà, va continuer de s’amplifier. Reste la question de l’autonomie et du partage. Contrairement à ce qu’affirme le patron de Valeo l’autonomie totale n’est pas pour demain. Pour des raisons de sécurité elle nécessite notamment des les infrastructures spécifiques finalement un peu comme le métro ou le train. Pour l’instant les navettes mobiles qui existent fonctionnent sur le mode ferroviaire. Reste aussi la question fondamentale de l’automobile partagée qui constitue aussi un enjeu central pour l’industrie automobile. Sachant qu’un véhicule classique passe plus de 95 % de son temps à l’arrêt, il est évident que des formules de mutualisation sous différentes formes seront mises en place. Mais cette mutualisation aura un impact considérable sur le nombre de véhicules fabriqués. Ceci étant  l’interview de Jacques Aschenbroich, président de Valeo  au JDD  mérite d’être lue.

L’industrie automobile traverse une mutation technologique de grande ampleur. Comment la décrire?
On est en train de vivre trois révolutions simultanées. La première, c’est la voiture électrique ; la deuxième, c’est la voiture connectée, autonome ; la troisième, c’est la mobilité digitale. Ces trois révolutions sont simultanées et vont à un rythme effréné. Ma conviction est que ces révolutions vont réconcilier la voiture avec la ville. Et c’est bien parce que le développement économique et la mobilité vont de pair, on l’a bien vu dans l’histoire du monde.

 

À quand la première voiture autonome commercialisée?
La première voiture autonome est déjà là. Nous avons pris une participation de 5% dans une start-up qui s’appelle Navya, dont les véhicules électriques et autonomes, des navettes, circulent à Sion en Suisse, à Confluence à Lyon, à La Défense, dans le Michigan ou à Singapour. En revanche, il faudra attendre encore un peu de temps pour que vous et moi puissions acheter une voiture totalement autonome.

Ce sera dans cinq, dix ou vingt ans?
Des voitures partiellement autonomes, ce sera dans quelques années. Vous pourrez déléguer leur conduite à certains moments et dans certaines conditions. Une voiture dans laquelle vous n’aurez ni volant ni pédales, cela va prendre plus de temps. Entre cinq et dix ans sans doute.

Laisser un véhicule se garer tout seul dans un parking, est-ce déjà possible?
Il y a déjà un modèle de la classe E de Daimler que vous pouvez envoyer se garer tout seul avec votre smartphone. Nous avons développé ce système avec le constructeur allemand. Valeo et Cisco ont développé une technologie qui permet aux voitures de se garer seules dans un parking. Beaucoup de parkings dans le monde sont intéressés par cette nouvelle technologie, mais cela prendra encore quelque temps avant que l’on passe à la phase commerciale.

L’automobile autonome sera-t-elle aussi partagée?
Le sujet de la propriété de la voiture versus la voiture considérée comme un service est un changement sociologique profond. Quand vous ou moi possédons un véhicule, il est utilisé 4 à 5% de son temps. Sinon, il dort dans un garage. Partager l’usage de la voiture, c’est ce que l’on fait avec un taxi ou avec les nouveaux services qui sont apparus comme Uber ou Blablacar. La plus grande innovation d’Uber est que le prix dépend du nombre de personnes ou de la demande. Une innovation absolument fabuleuse qui est rendue possible par des systèmes digitaux. Est-ce qu’un jour, dans les grandes villes, vous cesserez d’avoir votre automobile comme vous avez cessé d’avoir votre vélo pour utiliser un Vélib’? Personne ne connaît la réponse à cette question. Le frein est que l’on part tous au travail ou en vacances en même temps.

 

La technologie de l’automobile autonome doit-elle encore progresser?
Les bases sont là mais les logiciels qu’il faut embarquer dans la voiture sont d’une très grande complexité. Il faut encore beaucoup travailler. Nous sommes numéro un mondial pour les caméras, les capteurs ultrason, les radars ou les lidars avec tous les logiciels qui permettent d’interpréter les données. Mais il faut encore redoubler d’efforts pour qu’une voiture soit autonome en toutes circonstances. Un exemple de problème à régler : ces capteurs doivent être utilisables tout le temps. Pour que l’automobile ne soit jamais aveugle, il faut les nettoyer, et cela coûte cher. Nous proposons au Salon de Francfort des technologies uniques pour résoudre ces problèmes.

La voiture autonome a fait entrer les Gafa sur le marché de l’automobile. Vont-ils le changer comme Amazon bouscule la distribution?
L’histoire n’est pas écrite. Pour l’instant, les constructeurs et les géants du digital travaillent souvent ensemble. Mais l’important sera de savoir où se trouvera la valeur. Concevoir et construire une voiture, ce n’est pas si facile que ça. Ces deux mondes se développent en essayant d’entrer dans la mobilité digitale avec leurs armes respectives : le combat est ouvert.

Qu’est-ce que cela veut dire pour un équipementier comme Valeo?
On est au cœur de ces trois révolutions. Le potentiel d’équipements d’une voiture électrique est sept fois supérieur à celui d’un véhicule d’aujourd’hui. Pour une voiture autonome, il est dix fois plus élevé. On a des concurrents, mais on a un poids et une capacité d’innovation qui font que notre croissance est très forte. Nos prises de commande ont augmenté de 16% au premier semestre.

Comment faire progresser l’autonomie des voitures électriques?
Il y a une façon assez simple d’augmenter l’autonomie d’un véhicule électrique : augmenter la taille de la batterie. Mais la batterie est ce qui coûte le plus cher. Il faut donc aussi augmenter sa densité énergétique. Et diminuer son coût. Année après année, l’autonomie annoncée par les constructeurs augmente. Le véhicule électrique est le seul dont l’autonomie dépend des conditions climatiques et donc de l’utilisation du chauffage ou de la climatisation. On présentera à Francfort des concepts de gestion thermique, de pompes à chaleur, qui permettront d’économiser jusqu’à 30% d’énergie. Enfin, nous nous attaquons au poids des composants. Nous avons développé des équipements plus légers de 30%. Nous travaillons pour que les freins au développement de l’automobile électrique soient débloqués les uns après les autres.

Le diesel, c’est fini?
Le diesel baisse. Il n’est plus stratégique pour nous. C’est le meilleur moteur qui existe pour réduire les émissions de CO2, mais il faut énormément d’équipements pour limiter ses émissions de NOx [oxyde d'azote] ou les particules. Il a fait d’énormes progrès, mais on a vu que les normes n’étaient pas toujours respectées en conditions d’usage normales.

A ce propos, que pensez-vous des accusations portées contre PSA et de la crise de confiance que traversent les constructeurs automobiles allemands?
Je pense que le juge de paix est le client. Quand vous regardez le groupe Volkswagen, c’est assez impressionnant. Les clients continuent de lui faire confiance. Il a retrouvé sa place au top de l’industrie automobile malgré la très grave crise qu’il a connue. Idem pour tous les autres acteurs qui ont traversé des problèmes de ce type. Donc je ne suis pas trop inquiet. Mais tous devront faire un énorme effort pour que les normes soient respectées en toutes circonstances et que la confiance revienne.

Valeo gagne dans tous les cas : vous leur fournirez les équipements qui leur permettront d’y parvenir…
Il ne faut pas être arrogant. Mais, oui, nous avons une gamme de produits qui sont très appréciés par nos clients. L’important, c’est le long terme. Il faut que nous soyons capables de développer les nouvelles générations de produits dont nos clients ont besoin.

Comment trouver les ressources en ingénieurs pour relever ces défis?
Notre croissance peut être limitée par les difficultés à trouver les ingénieurs pour construire et démarrer nos usines partout dans le monde. A la fin de 2009, nous étions 45.000. A la fin du mois de juin 2017, nous étions 102.000. Dans quatre à cinq ans, nous serons 130.000 ou 140.000! Nous aurons multiplié par plus de trois notre chiffre d’affaires et nos effectifs.

Vous êtes bien placés pour faire face à d’éventuelles restrictions de l’usage de la voiture dans les villes.
La seule chose qui nous pénaliserait serait un bannissement complet de la voiture dans les villes. Mais ce scénario ne me paraît pas crédible.

Si les véhicules deviennent propres, tout ira bien?
Oui, la voiture électrique sera un des éléments essentiels de la mobilité urbaine en complément des transports en commun.

Comment jugez-vous les politiques lorsqu’ils rendent la circulation plus difficile à Paris?
Joker! Ce n’est pas en fossilisant l’espace urbain que vous assurez son développement économique.

Corée du Nord: «La politique de sanction de l’ONU est un échec»

Corée du Nord: «La politique de sanction de l’ONU est un échec»

Pour Dorian Malovic, spécialiste du régime de Pyongyang et auteur de La Corée du Nord en 100 questions (éd. Tallandier), la politique de sanction de l’ONU est un échec . Interview de 20 Minutes

Viser le Japon pour une démonstration de force, éviter Guam pour ne pas trop « fâcher » les Américains : Kim Jong-Un semble être un fin stratège non ?

Ce feuilleton nord-coréen est très loin d’être terminé. Les tirs nord-coréens attestent de la considérable amélioration technologique de Pyongyang sur le plan militaire et nucléaire et à laquelle si peu de monde s’attendait.

Quant à ce dernier tir, il est assez « bien mené » de la part de Kim Jong-Un. On sort de la crise de début août avec un bras de fer par déclarations interposées avec d’un côtéDonald Trump qui promet le « feu et la colère » et de l’autre Kim Jong-Un qui répond qu’il envisage de viser la base militaire américaine de Guam. Une crise soldée par un apaisement entre les deux parties, et un Donald Trump qui estime que la Corée du Nord « commence à nous respecter (Les Etats-Unis) ». Le tir de ce missile, qui a parcouru 2.700 km, survolé l’archipel nippon avant de s’abîmer dans le Pacifique, est une « provocation habile » de Pyongyang. Il montre les capacités nord-coréennes sans menacer directement le territoire américain.

Le Japon a annoncé par le passé qu’il détruirait en vol tout engin qui menacerait de frapper son territoire. Pourtant, Tokyo n’a rien fait ce mardi, pourquoi ?

Des explications techniques ont été données pour justifier cette absence de réaction. Tokyo a indiqué avoir étudié la hauteur et la trajectoire du missile, et a considéré que l’engin ne risquait pas de tomber sur son territoire. Toutefois, depuis 1998, c’est le cinquième engin militaire nord-coréen qui survole le territoire japonais.

La menace est-elle réelle ?

Le Japon perçoit la Corée du Nord comme son premier danger. Et la Corée du Nord cherche à piquer les Etats-Unis en s’en prenant au fidèle allié japonais. Pour l’heure, il n’y a pas d’intention de la Corée du Nord d’attaquer le territoire japonais et encore moins les Américains. Mais un incident technique pourrait tout à fait se produire durant l’un de ces tirs, ce qui rend la menace bien réelle.

A la demande de Washington et Tokyo, le Conseil de sécurité de l’ONU doit se réunir en urgence et devrait probablement appeler à un renforcement des sanctions à l’encontre de Pyongyang, mais est-ce vraiment une politique utile et efficace ?

On peut effectivement se poser la question de l’efficacité des sanctions, qui à ce jour ne se sont pas révélées très dissuasives. Pour un certain nombre de raisons : si l’on remonte au premier essai nucléaire nord-coréen, en 2006, on peut voir qu’à chaque test militaire de Pyongyang, l’ONU tient le même discours, les mêmes déclarations, et adopte les mêmes sanctions, ce qui n’a rien d’intimidant pour le leader nord-coréen. Car si les sanctions économiques adoptées par l’ONU visent à taper la Corée du Nord au porte-monnaie, le fait est qu’en pratique, les dernières sanctions décidées n’ont pour ainsi dire pas été appliquées. D’abord parce que les contrôleurs de l’ONU n’ont pas les moyens effectifs de vérifier l’application de ces sanctions. Ensuite, parce qu’il existe tout un arsenal de règles juridiques internationales qui permettent de contourner assez facilement ces sanctions, sur les exportations nord-coréennes par exemple. La Chine, partenaire économique et allié de la Corée du Nord, n’a ainsi aucun problème pour importer du charbon et des fruits de mer chinois, ce qui peut sembler anecdotique mais représente une manne importante pour Pyongyang. Et aujourd’hui encore, il y a des échanges économiques aussi avec la Russie mais, plus surprenant, également avec le Japon. Par ailleurs, la Corée du Nord vit depuis quarante ans dans une économie relativement fermée, donc ces sanctions n’ont que peu d’impact économique sur le pays. C’est un affichage diplomatique qui fait écran de fumée, mais en réalité, tous les acteurs régionaux parviennent à trouver leur compte. C’est un fait, la politique de la sanction et de la pression menée par l’ONU et toute la communauté internationale est un échec. La Chine estime aujourd’hui que le dossier nord-coréen est à un tournant. Ce qui est vrai, c’est que la communauté internationale doit comprendre et prendre acte que la Corée du Nord est désormais une puissance nucléaire nouvelle qui ne fera pas marche arrière. Il faut changer de logiciel et abandonner la position catégorique de la dénucléarisation de la Corée du Nord : cela n’arrivera pas.

 

Le retour au franc n’est plus prioritaire ! ( FN)

Le retour au franc n’est plus prioritaire ! ( FN)

 

Pour l’eurodéputé Nicolas Bay, secrétaire général du FN l’euro vaut bien une messe.  «La question monétaire est une question qui n’est pas prioritaire», a affirmé ce lundi sur RFI l’eurodéputé Nicolas Bay, secrétaire général du FN, réduisant la sortie de l’euro à un sous-sous-domaine du futur programme «patriote» : «La priorité aujourd’hui, c’est clairement de retrouver notre souveraineté territoriale et la maîtrise de nos frontières.» Et d’ajouter : «On a voulu réduire notre projet à la seule question économique. Et notre projet économique à la seule question monétaire.» Un tacle de plus contre la ligne dite de Philippot, qui fait de la maîtrise de la souveraineté monétaire l’alpha et l’oméga de la promesse frontiste. Sur LCI, le vice-président du FN, Florian Philippot, a répliqué illico, appelant à ne pas parler «que» des sujets de sécurité et d’immigration, des sujets toutefois «extrêmement importants». «Demandez à un seul Français si le FN ne parle pas assez de l’immigration : il va vous rire au nez», a souligné le numéro 2 du Front, alors que son souverainisme est dans le viseur de la sensibilité libérale-identitaire du parti. Une sensibilité qui, si elle est orpheline de Marion Maréchal Le Pen, n’est pas pour autant devenue «philippiste». Désormais cible dans son propre camp, Philippot a assuré défendre «une ligne d’ouverture, une ligne où on parle de tous les sujets». Et d’amorcer une forme de mea culpa sans mettre en cause la sortie de l’euro – alors que celle-ci continue d’inquiéter une majorité de Français et que le Brexit semble tourner au vinaigre outre-Manche : «Peut-être avons-nous un peu trop délaissé les questions sociales lors de la campagne de premier tour», a simplement noté Philippot, lui-même tenant d’une ligne plus social-étatiste que la majorité des électeurs FN.

La terre est-elle trop peuplée ? (Gilles Pison)

La terre est-elle trop peuplée ? (Gilles Pison)

Dans un article de la tribune Gilles Pison, Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) – Sorbonne Universités, s’interroge sur les dangers du su peuplement de la terre.

« En 2017, la population mondiale a franchi le seuil de 7 milliards et demi. Elle ne comptait qu’un milliard d’habitants en 1800 et a donc été multipliée par sept et demi depuis (voir la figure ci-contre). Elle devrait continuer à croître et pourrait atteindre près de 10 milliards en 2050. Pourquoi la croissance devrait-elle se poursuivre ? La stabilisation est-elle envisageable à terme ? La décroissance tout de suite ne serait-elle pas préférable ? Si la population mondiale continue d’augmenter, c’est en raison de l’excédent des naissances sur les décès – les premières sont près de trois fois plus nombreuses que les seconds. Cet excédent apparaît il y a deux siècles en Europe et en Amérique du Nord lorsque la mortalité commence à baisser dans ces régions, marquant les débuts de ce que les scientifiques appellent la transition démographique. Il s’étend ensuite au reste de la planète, lorsque les avancées de l’hygiène et de la médecine et les progrès socio-économiques atteignent les autres continents. La croissance démographique a atteint un taux maximum de plus de 2 % par an il y a cinquante ans et a diminué de moitié depuis, pour atteindre 1,1 % en 2017 (voir la figure ci-contre). Elle devrait continuer de baisser dans les prochaines décennies en raison de la diminution de la fécondité : 2,5 enfants en moyenne par femme aujourd’hui dans le monde, contre le double (cinq enfants) en 1950. Parmi les régions du monde dans lesquelles la fécondité est encore élevée (supérieure à trois enfants), on trouve en 2017 presque toute l’Afrique intertropicale et les régions allant de l’Afghanistan jusqu’au nord de l’Inde en passant par le Pakistan (voir la carte ci-dessous). C’est là que se situera l’essentiel de la croissance démographique mondiale à venir. L’un des grands changements à venir est le formidable accroissement de la population de l’Afrique qui, Afrique du Nord comprise, pourrait quadrupler d’ici un siècle, passant d’un milliard d’habitants en 2010 à probablement 2,5 milliards en 2050 et plus de 4 en 2100, ceci malgré l’épidémie de sida. Alors qu’un homme sur six vit aujourd’hui en Afrique, ce sera probablement plus d’un sur trois dans un siècle. L’accroissement devrait être particulièrement important en Afrique au sud du Sahara où la population pourrait passer d’un peu plus de 800 millions d’habitants en 2010 à 4 milliards en 2100. Il reste que les projections démographiques sont relativement sûres lorsqu’il s’agit d’annoncer l’effectif de la population à court terme ; c’est-à-dire pour un démographe, les dix, vingt ou trente prochaines années. La majorité des hommes et des femmes qui vivront en 2050 sont déjà nés, on connaît leur nombre et on peut estimer sans trop d’erreurs la part des humains d’aujourd’hui qui ne seront plus en vie. Concernant les nouveau-nés qui viendront s’ajouter, leur nombre peut également être estimé, car les femmes qui mettront au monde des enfants dans les 20 prochaines années sont déjà nées, on connaît leur effectif et on peut faire également une hypothèse sur leur nombre d’enfants, là aussi sans trop d’erreurs. Il est illusoire de penser pouvoir agir sur le nombre des hommes à court terme. La diminution de la population n’est pas une option. Car comment l’obtenir ? Par une hausse de la mortalité ? Personne ne le souhaite. Par une émigration massive vers la planète Mars ? Irréaliste. Par une baisse drastique de la fécondité et son maintien à un niveau très inférieur au seuil de remplacement (2,1 enfants) pendant longtemps. C’est déjà ce qui se passe dans une grande partie du monde, les hommes ayant fait le choix d’avoir peu d’enfants tout en leur assurant une vie longue et de qualité. Mais il n’en résulte pas immédiatement une diminution de population en raison de l’inertie démographique : même si la fécondité mondiale n’était que de 1,6 enfant par femme comme en Europe ou en Chine, la population continuerait d’augmenter pendant encore quelques décennies. Cette dernière comprend en effet encore beaucoup d’adultes en âge d’avoir des enfants, nés lorsque la fécondité était encore forte, ce qui entraîne un nombre élevé de naissances. Les personnes âgées ou très âgées sont en revanche peu nombreuses et le nombre de décès est faible.  Les démographes ont été surpris il y a quarante ans quand les enquêtes ont révélé que la fécondité avait commencé à baisser très rapidement dans beaucoup de pays d’Asie et d’Amérique latine dans les années 1960 et 1970. Ils ont dû notamment revoir sensiblement à la baisse leur projection démographique pour ces continents. Une autre surprise, plus récente, est venue de l’Afrique intertropicale. On s’attendait à ce que sa fécondité baisse plus tardivement qu’en Asie et en Amérique latine, en relation avec son retard en matière de développement socio-économique. Mais on imaginait un simple décalage dans le temps, avec un rythme de baisse similaire aux autres régions du Sud une fois celle-ci engagée. C’est bien ce qui s’est passé en Afrique du Nord et en Afrique australe, mais pas en Afrique intertropicale où la baisse de la fécondité, bien qu’entamée aujourd’hui, s’y effectue plus lentement. D’où un relèvement des projections pour l’Afrique qui pourrait rassembler plus d’un habitant de la planète sur trois en 2100. La fécondité diminue bien en Afrique intertropicale, mais dans les milieux instruits et en villes plus que dans les campagnes où vit encore la majorité de la population. Si la baisse de la fécondité y est pour l’instant plus lente que celle observée il y a quelques décennies en Asie et en Amérique latine cela ne vient pas d’un refus de la contraception. La plupart des familles rurales ne se sont certes pas encore converties au modèle à deux enfants, mais elles souhaitent avoir moins d’enfants et notamment plus espacés. Elles sont prêtes pour cela à utiliser la contraception mais ne bénéficient pas de services adaptés pour y arriver. Les programmes nationaux de limitation des naissances existent mais sont peu efficaces, manquent de moyens, et surtout souffrent d’un manque de motivation de leurs responsables et des personnels chargés de les mettre en œuvre sur le terrain. Beaucoup ne sont pas persuadés de l’intérêt de limiter les naissances y compris au plus haut niveau de l’État, même si ce n’est pas le discours officiel tenu aux organisations internationales. C’est là une des différences avec l’Asie et l’Amérique latine des années 1960 et 1970 et l’un des obstacles à lever si l’on veut que la fécondité baisse plus rapidement en Afrique subsaharienne. Au-delà des cinquante prochaines années, l’avenir est en revanche plein d’interrogations, sans modèle sur lequel s’appuyer. Celui de la transition démographique, qui a fait ses preuves pour les évolutions des deux derniers siècles, ne nous est plus guère utile pour le futur. L’une des grandes incertitudes porte sur la fécondité. Si la famille de très petite taille devient un modèle dominant de façon durable, avec une fécondité moyenne inférieure à deux enfants par femme, la population mondiale, après avoir atteint le niveau maximum de dix milliards d’habitants, diminuerait inexorablement jusqu’à l’extinction à terme. Mais un autre scénario est possible dans lequel la fécondité remonterait dans les pays où elle est très basse pour se stabiliser à l’échelle mondiale au-dessus de deux enfants. La conséquence en serait une croissance ininterrompue, et à nouveau la disparition de l’espèce à terme, mais cette fois par surnombre. Si l’on ne se résout pas aux scénarios catastrophes de fin de l’humanité, par implosion ou explosion, il faut imaginer un scénario de retour à terme à l’équilibre. » Les hommes doivent certes dès maintenant réfléchir à l’équilibre à trouver à long terme, mais l’urgence est le court terme, c’est-à-dire les prochaines décennies. L’humanité n’échappera pas à un surcroît de 2 à 3 milliards d’habitants d’ici 2050, en raison de l’inertie démographique que nul ne peut empêcher. Il est possible d’agir en revanche sur les modes de vie, et ceci sans attendre, afin de les rendre plus respectueux de l’environnement et plus économes en ressources. La vraie question, celle dont dépend la survie de l’espèce humaine à terme, est finalement moins celle du nombre que celle des modes de vie.

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Par Gilles Pison, Professeur au Muséum national d’histoire naturelle et chercheur associé à l’INED, Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) – Sorbonne Universités.

Au FN, la guerre anti Philippot est engagée

Au FN, la guerre anti Philippot est engagée

Désaccord sur les orientations européennes et maintenant sur l’immigration, La fracture au sein du front national se confirme.  Marine Le Pen avait d’ailleurs envisagé le possible départ de Philippot. Un départ probable si le Front national devait finalement abandonner le retour au franc. Une conséquence directe du débat pitoyable de Marine Le Pen  face à Macon ; une Marine Le Pen  complètement incapable d’expliquer la pertinence de sa proposition monétaire. Avec le départ éventuel de Philippot se serait alors l’abandon des positions économiques du Front National et le recentrage sur essentiellement les thèmes identitaires, surtout sur l’immigration. Même sur ce sujet il y a maintenant divergence. Au FN, le discours sur l’immigration « peut être perçu comme anxiogène », « des gens sont encore effrayés […] en pensant qu’on va virer tous les étrangers si on arrive au pouvoir » : ce sont les mots de Sophie Montel, proche de Philippot,  tenus mardi lors du bureau politique du parti qui suivait les élections législatives. L’article de L’Opinion publié jeudi a fait mouche : il est relayé par Florian Philippot et d’autres élus qui lui sont proches. Mais d’autres réponses fusent. « Cette position n’engage que madame Montel… », répond sur Twitter le député Louis Alliot. Le débat suit, Sophie Montel assurant qu’il s’agit de « réfléchir sur la forme », pas « le fond de la question ». Le secrétaire général du FN, Nicolas Bay, s’en mêle à son tour, en ressortant un sondage qui indiquait que l’immigration était la première motivation du vote de leurs électeurs. C’est même un « choix de civilisation », poursuit Julien Sanchez, maire de Beaucaire (Var). L’immigration vient donc s’ajouter aux contradictions sur l’Europe. C’est en effet le sujet qui cristallise au FN et à cause duquel, selon certains cadres, le parti de Marine Le Pen a subi une nette défaite lors de la présidentielle.   « Ce retour à la souveraineté monétaire inquiète les Français, ça va être un débat, nous allons devoir ouvrir cette discussion pour savoir comment faire pour que les Français ne soient pas terrorisés par la souveraineté monétaire que nous appelons de nos vœux », a expliqué Marine Le Pen.   Or, la sortie de l’euro, c’est la mesure emblématique portée par Florian Philippot, le bras droit de Marine Le Pen, qui du coup a menacé de quitter le parti si elle était abandonnée. « Il exprime une conviction qui est une conviction forte et après tout, il ira au bout de ses convictions! », a expliqué Marine Le Pen, ouvrant la voie à un départ du FN du numéro 2 du parti. « Si, demain, les adhérents du FN décidaient qu’on doit abandonner cette partie-là, il ne se sentirait plus en accord avec ses convictions, je trouve que c’est tout à son honneur », a-t-elle ajouté.  Critiqué dès le soir du second tour, Florian Philippot a depuis créé une association au sein du FN, Les patriotes, qu’il présente comme une structure censée aider au « rassemblement » mais qui pourrait évidemment se transformer en parti politique si Philippot devait quitter le Front national.

 

Qui est riche ? Quel seuil de revenus

Qui est riche ? Quel seuil de revenus

Selon un sondage YouGov. 58% considèrent qu’une personne est « riche » lorsqu’elle gagne entre 5000 et 6999 euros net par mois. Il est également intéressant de regarder le score par tranche de revenus. Ainsi, près d’un Français sur 10 (9%) considère qu’on est riche quand on gagne entre 1500 et 2999 euros. À l’opposé, un Français sur quatre fixe le seuil à 10.000 euros. Et 6% des Français n’arrivent tout simplement pas à répondre à la question.  » Niveau de richesse » est à mettre en perspective avec le salaire moyen en France. Un salaire net moyen de 1722 €. Et 2125 € comme salaire net moyen mensuel en équivalent à plein temps. Le Salaire moyen est à distinguer du salaire médian lequel divise la population en deux. Les cadres gagnent en moyenne trois fois plus que les ouvriers : 41.200 euros pour les premiers contre 13.800 euros pour les ouvriers et employés. Si ce montant annuel est inférieur au Smic sur un an, c’est que le poids des CDD est très sensible dans cette catégorie de salariés. Il s’agit comme toujours dans ces comparaisons de moyennes. Elles masquent des disparités parfois importantes entre les activités, les statuts professionnels, les âges et les sexes. L’écart de salaire en être les hommes et les femmes restent toujours aussi fort. On en parle beaucoup. Mais sur le terrain, les choses bougent moins vite que la fermeté des déclarations de nos patrons et de nos responsables le laissent penser. Tous statuts confondus, les femmes gagnent de 19 à 22% de moins que leurs homologues. Le revenu salarial des diplômés de niveau Bac+3 ou plus est le double de celui des salariés de niveau inférieur au Bac.  Le revenu salarial varie davantage parmi les salariés les moins diplômés que parmi les plus diplômés, en particulier dans la moitié basse de l’échelle salariale. En revanche, comme pour les cadres, la dispersion dans la moitié haute de l’échelle est plus élevée chez les salariés les plus diplômés.

Travailleurs détachés : la France contre les pays de l’Est

Travailleurs détachés : la France contre les pays de l’Est

 

la France va batailler dur pour remettre en cause la directive européenne concernant Encadré par une directive européenne datant de 1996, le détachement permet à une entreprise de l’UE d’envoyer temporairement en mission dans d’autres pays de l’Union ses salariés, en payant les cotisations sociales dans le pays d’origine. Or, ce système a conduit à des abus, notamment dans le transport routier. Il est accusé d’encourager le « dumping social » entre entreprises. En mars 2016, la Commission européenne avait par conséquent proposé de réformer les règles, jugées d’autant plus obsolètes qu’elles avaient été formulées huit ans avant l’élargissement à l’Est de l’UE de 2004. Cette proposition de révision a dès le départ rencontré une forte résistance de dix pays est-européens (Bulgarie, Hongrie, Croatie, République tchèque, Pologne, Estonie, Roumanie, Lituanie, Lettonie et Slovaquie). Projet de l’exécutif européen prévoit d’aligner les rémunérations des travailleurs détachés — souvent employés dans le bâtiment, les abattoirs et les travaux agricoles — sur ceux de la main-d’oeuvre locale. Alors que la directive de 1996 obligeait simplement les employeurs à leurs verser le salaire minimum du pays où ils exercent, le texte de 2016 stipule qu’ils doivent toucher les mêmes avantages que leurs collègues du pays d’accueil, tels que le treizième mois, les primes de Noël, d’ancienneté, la majoration des heures supplémentaires, etc. La Commission prévoit aussi de limiter à deux ans leurs missions.

 

« Le PS est mort » (Le Guen)

« Le PS est  mort » (Le Guen)

 

Déjà sonné après la présidentielle, le Parti socialiste « est très clairement mort », a estimé sur LCI Jean-Marie Le Guen, ancien secrétaire d’Etat de François Hollande. Comme le SFIO, le PS va disparaitre après le laminage des législatives où  il obtient au  premier tour des législatives  un peu plus de 7% des votes, la défaite la plus importante dimanche prochain, 46 ans jour pour jour après la refondation du parti en 1971 au congrès d’Epinay. « Le premier tour des élections législatives est (…) marqué par le recul sans précédent de la gauche dans son ensemble et notamment du Parti socialiste », a déclaré Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire fragilisé avant le scrutin et disqualifié à l’issue du premier tour. La campagne socialiste, qui a pâti d’un manque de lisibilité et de leadership, risque d’aboutir au plus bas nombre de députés élus, inférieur à celui de la débâcle de 1993, quand le PS n’avait remporté que 57 sièges. Parmi les figures qui doivent symboliser cette réinvention, plusieurs n’ont pas passé ce premier tour. C’est le cas de Benoît Hamon ou de Matthias Fekl, ancien ministre de l’Intérieur, contrairement à Najat Vallaud-Belkacem – néanmoins en ballottage très défavorable. Seule Delphine Batho semble en mesure de l’emporter dans sa circonscription. Les socialistes n’ont pas attendu cette défaite pour se déchirer, entre aile gauche en faveur de l’opposition au nouveau chef de l’Etat et aile droite du parti, Manuel Valls en tête, qui a fait campagne en faveur de la majorité présidentielle. Les résultats donnent raison à ces derniers, face à qui La République en marche, n’avait pas toujours présenté de candidat. Stéphane le Foll arrive ainsi en tête dans la 4e circonscription de la Sarthe, avec 30,31%, tout comme Marisol Touraine en Indre-et-Loire. Manuel Valls, qui n’est plus au PS, est lui aussi premier. Myriam El Khomri arrive, de son côté, derrière Jean-Yves Bournazel, candidat Les Républicains se revendiquant comme elle du nouveau chef de l’Etat. L’implantation locale des socialistes n’a pas permis d’éviter la défaite. Plusieurs figures du parti, élus depuis plusieurs décennies, sont disqualifiées dès le premier tour, comme Elisabeth Guigou, en Seine-Saint-Denis, Patrick Mennucci, à Marseille, ou encore Jean Glavany, dans les Hautes-Pyrénées. D’autres, anciens ministres, n’ont pas fait mieux, comme Aurélie Filippetti, ou les alliées écologistes Cécile Duflot et Emmanuelle Cosse.

L’ancien patron du FBI est une «balance» (Trump)

L’ancien patron du FBI est une  «balance» (Trump)

«Comey est une balance!», a écrit Trump sur Twitter.  L’ancien patron du FBI avait considéré que le président des États-Unis avait menti à propos de l’affaire russe notamment sur les raisons qui avaient conduit à son limogeage.   «J’estime qu’il m’a limogé à cause de l’enquête russe», a accusé jeudi James Comey qui s’exprimait sous serment et a répondu pendant plus de deux heures et demie aux questions des sénateurs. L’ancien directeur, 56 ans, a blâmé le président pour lui avoir intimé d’abandonner un volet de l’enquête russe sur un proche, Michael Flynn. Il a accusé l’administration Trump de diffamation et de «mensonges». Et sous-entendu que le président lui-même était un menteur. L’ex-patron du FBI a raconté en détails sa gêne lors de conversations privées avec le locataire de la Maison-Blanche, décrites dans un texte publié la veille et basé sur des notes soigneusement prises après chacune des conversations. Certes, a-t-il dit, personne ne lui a demandé explicitement d’ «arrêter» l’enquête menée par le FBI sur les ingérences russes. Mais il a confirmé que Donald Trump lui avait demandé sa «loyauté», alors même qu’il supervisait les investigations sur une éventuelle collusion entre des membres de l’équipe de campagne du républicain et Moscou. «Mon bon sens me disait qu’il voulait quelque chose en échange de m’accorder ma demande de rester à mon poste», a-t-il estimé, alors que son mandat courait jusqu’en 2023. L’avocat recruté par l’ancien promoteur immobilier pour gérer la crise, Marc Kasowitz, a démenti que son client ait jamais demandé à James Comey de mettre fin à une quelconque enquête, et évoqué d’éventuelles poursuites contre James Comey pour avoir organisé des fuites. «Sur le fond comme sur la forme, le président n’a jamais dit à James Comey «J’ai besoin de loyauté, je m’attends à de la loyauté», a-t-il déclaré.

Économie mondiale est « stagnation séculaire conjoncturelle « 

Économie mondiale est « stagnation séculaire conjoncturelle « 

 

R J Shiller, prix Nobel d’économie explique que la crise actuelle caractérisée par uen faible croissance serait séculaire et non conjoncturelle (La Tribune).

 

 

Depuis la « Grande Récession » de 2007-2009, les principales banques centrales de la planète maintiennent des taux d’intérêt proches de zéro. Aux États-Unis, bien que la Réserve fédérale ait récemment procédé à des hausses, les taux à court terme restent inférieurs à 1%, les taux d’intérêt sur les principales obligations d’État présentant un faible niveau comparable. Par ailleurs, les grandes banques centrales soutiennent les marchés dans une mesure sans précédent, en achetant et en détenant une importante quantité de dettes. Pourquoi un tel respirateur artificiel est-il nécessaire à l’économie, et pourquoi est-il maintenu depuis tant d’années ?

Tendance régulière à la baisse des taux d’intérêt

Il serait réducteur d’affirmer que la Grande Récession explique tout simplement cette situation. Les taux d’intérêt à long terme (ajustés à l’inflation) n’ont pas atteint des niveaux véritablement bas au cours de la période 2007-2009. Si l’on observe le rendement à dix ans des obligations du Trésor américain sur les 35 dernières années, on constate une tendance régulière à la baisse, sans phénomène particulièrement inhabituel pendant la Grande Récession. Ce rendement s’élevait à 3,5 % en 2009, à la fin de la récession. Il atteint actuellement un peu plus de 2 %.

Dans l’ensemble, ceci se vérifie également pour les taux d’intérêt réels. Au cours de la Grande Récession, le rendement à dix ans des titres du Trésor protégés contre l’inflation (les TIPS) a ponctuellement atteint presque 3 %, et s’élevait à près de 2 % en fin de récession. Depuis, le rendement à dix ans des TIPS a pour l’essentiel diminué et conservé un faible niveau, atteignant 0,5 % en mai 2017.

Tendance persistante au pessimisme

Le fait que beaucoup choisissent de bloquer de l’argent pour dix ans à des taux aussi faibles témoigne d’une persistante tendance au pessimisme, illustrée par la popularité récente du terme « stagnation séculaire », utilisé pour décrire une économie perpétuellement fragile. L’ancien secrétaire du Trésor américain Lawrence Summers a initialement utilisé cette expression dans un discours de novembre 2013 devant le Fonds monétaire international. Le chroniqueur du New York Times Paul Krugman l’a par la suite reprise. Depuis, elle est devenue virale.

La stagnation séculaire, on en parlait déjà en 1938

Bien que le terme de stagnation séculaire soit devenu à la mode cinq ans après la crise financière de 2008, il existe depuis bien longtemps. L’expression est apparue pour la première fois dans l’allocution présidentielle de l’économiste Alvin Hansen, de l’Université d’Harvard, devant l’American Economic Association en décembre 1938, puis dans son ouvrage publié la même année. Hansen y décrit l’« essence de la stagnation séculaire » comme autant de « reprises anémiques mort-nées et de récessions qui s’autoalimentent, accompagnées d’un chômage très élevé et manifestement persistant ». Lorsque Hansen prononce son discours, il s’attend à ce que la stagnation de l’économie américaine persiste indéfiniment. La dépression née du krach boursier de 1929 en arrive alors à sa dixième année, et la Seconde Guerre mondiale est encore à venir. C’est seulement au début de la guerre, en 1939, que cette stagnation prend fin. Hansen et sa théorie d’une stagnation séculaire caractéristique de l’époque de la Grande Dépression se fondent sur l’observation du taux de natalité américain, qui est inhabituellement faible dans les années 1930, après avoir déjà décliné considérablement à la fin des années 1920. Hansen présume alors que la diminution du nombre de naissance perpétue la stagnation, dans la mesure où les individus ont moins besoin de dépenser pour leurs enfants, et ressentent moins la nécessité d’investir dans l’avenir. De fait, d’après les statistiques de la Banque mondiale, le taux de natalité moyen à l’échelle mondial a bel et bien diminué depuis la crise financière de 2008. Mais la natalité ne peut expliquer cette crise en particulier, dans la mesure où le nombre de naissances diminuent régulièrement depuis près d’un siècle.

La crise de 2008 persisterait dans l’esprit de chacun

Une autre explication consiste à affirmer que la crise de 2008 persiste dans l’esprit de chacun, sous la forme d’une peur de voir se produire de manière imminente des événements dits « black swans », rares mais catastrophiques, malgré des indices de confiance des consommateurs relativement solides, et d’une volatilité des marchés financiers comparativement faible (à quelques exceptions près). De récents travaux publiés par Julian Kozlowski, Laura Veldkamp et Venky Venkateswaran de la New York University expliquent qu’il est rationnel de ressentir une telle crainte, puisque lorsqu’un événement auparavant impensable se produit, il est normal que chacun le garde en mémoire. J’ai personnellement pour théorie que la stagnation actuelle s’explique par une inquiétude grandissante des individus face à l’avancée rapide de technologies, susceptibles de remplacer beaucoup voire la plupart de nos métiers, et d’alimenter des inégalités économiques considérables. Si les individus hésitent à dépenser, c’est sans doute parce qu’ils craignent pour leur employabilité à long terme – une crainte qui n’est probablement pas présente dans leur esprit lorsqu’ils répondent aux sondages sur la confiance des consommateurs. Si tel est le cas, alors une relance sous forme de faibles taux d’intérêt est nécessaire pour les encourager à dépenser. Un torrent de bonnes nouvelles à l’issue d’une crise peut susciter une forme d’optimisme neutre, qui n’élimine pas réellement la crainte d’une nouvelle crise à venir. Les dirigeants et les médias alimentent ensuite cet optimisme en usant de réjouissants discours que le grand public n’est en capacité ni de démêler, ni de confirmer.

Un mauvais pressentiment

Depuis 2012 environ, le marché des actions et celui de l’immobilier ne cessent d’atteindre des records. Ce genre de phénomène s’est néanmoins également produit régulièrement au cours de la Grande Dépression : les médias d’actualité faisaient constamment état de nouveaux records sur le plan de tel ou tel indicateur économique. Une recherche « actualités et journaux » dans la base de données Proquest pour la période 1930-1939 fait apparaître pas moins de 10.315 articles dans lesquels figurent les termes « niveau record ». La plupart de ces articles traitent de variables économiques. En 1933, au plus fort de la dépression, des niveaux record sont atteints dans les domaines de la production pétrolière, dans les secteurs du blé et de l’or, en termes de prix des sièges en Bourse de marchandises, concernant la consommation de produits du tabac, le nombre de dépôts postaux, le chiffre d’affaires ou le bénéfice des entreprises individuelles, et la liste est encore longue. Cet optimisme dans les chiffres annoncés peut créer dans l’opinion une forme d’espoir d’amélioration globale, sans pour autant apaiser la crainte d’un possible événement catastrophique sur le plan économique. Sauf mesures de relance exceptionnellement fortes, ce mauvais pressentiment des individus peut les conduire à limiter leurs dépenses. La psychologie narrative nous enseigne qu’il n’existe pas ici de contradiction : l’être humain peut tenir simultanément des discours parallèles et contraires. Lorsque les individus s’imaginent des scénarios catastrophe, les dirigeants politiques doivent y répondre en conséquence.

Traduit de l’anglais par Martin Morel

Robert J. Shiller, prix Nobel d’économie en 2013, est professeur d’économie à l’Université de Yale. Il a co-écrit avec George Akerlof l’ouvrage intitulé Phishing for Phools: The Economics of Manipulation and Deception.

Inflation : l’euro n’est pas responsable (INSEE)

Inflation : l’euro n’est pas responsable (INSEE)

Contrairement à ce qu’affirme le Front National notamment mais aussi contrairement à la perception que les Français peuvent avoir du renchérissement de la vie, depuis le passage du franc à la monnaie unique dans les échanges quotidiens, l’inflation des 15 dernières années «n’a pas été atypique», souligne l’Insee ce mercredi. De 2002 à 2016, les prix à la consommation ont augmenté de 1,4 % en moyenne par an. C’est même moins que la moyenne annuelle au cours des 15 années précédences (+ 2,1 % entre 1986 et 2001). Rien à voir, même, avec les niveaux de l’inflation entre l’après-guerre et le milieu des années 80: sur cette période, la France a dû faire face à une inflation de «10,1% par an en moyenne», rappelle l’Insee. Depuis le passage à l’euro, seules les années 2003, 2004, 2008 et 2011 pointent au-dessus du seuil de 2%. Et le coupable n’est pas la monnaie unique, selon l’Insee. L’Institut liste «les variations des conditions climatiques (produits alimentaires frais, en 2003, 2004 et 2008), l’environnement géopolitique (produits pétroliers, 2008 et 2011) ou des décisions de santé publique (tabac)». A l’inverse, le niveau des prix a quasiment stagné en 2009, 2015 et 2016, en lien avec le «repli des cours internationaux de matières premières, notamment du pétrole». Toujours pas à cause de l’euro, donc. «Tous les Français ont constaté une explosion des prix au moment du passage à l’euro», assurait pourtant Marine Le Pen durant la campagne de l’entre-deux tours de l’élection présidentielle, pour promouvoir un retour à la monnaie nationale. C’est au niveau de la perception, et non de la réalité des prix, que cela s’est joué. En effet, à partir de 2002 et l’arrivée dans le porte-monnaie des Français, l’Insee constate un décrochage dans la perception de l’inflation. Outre le basculement vers de nouvelles grilles tarifaires psychologiques (les fameux 9,99 euros affichés au lieu de 10 euros) qui peut avoir nourri ce ressenti de renchérissement ponctuel, l’Insee considère que les consommateurs sont plus marqués par les hausses que les baisses, en général. Et que «l’indice des prix à la consommation se réfère à un panier de consommation moyen alors que les consommateurs retiennent probablement leur propre structure budgétaire». S’ils ont été marqués par la hausse ponctuelle du prix de la baguette, réelle, cette référence ne resterait pertinente que si elle était nuancée par la prise en compte de l’inflation. Or, entre son prix de 2001 (4,31 francs) et celui de 2016 (0,87 euros), l’inflation est passée par là. Le prix de ce bien a augmenté de 1,9% par an, un rythme «un peu plus rapide que l’inflation d’ensemble mais sans rupture par rapport à la décennie précédant le passage à l’euro», souligne l’Insee. Il en va de même pour d’autres produits comme le sucre ou le lait. Globalement, les prix de l’alimentation ont suivi le même rythme que l’ensemble des prix. SI le tabac et l’énergie ont grimpé plus vite, les produits de santé et les services de consommation, eux, ont vu leur prix reculer depuis 2002.

La décomposition politique est en marche (Yves Cossé, ancien commissaire au Plan)

La décomposition politique est en marche (Yves Cossé, ancien commissaire au Plan)

La décomposition politique est en marche. La situation s’apparente à celle des années 50, avec la tentative de gouvernement reposant sur une troisième force, entre deux partis hors système. Mais Emmanuel Macron va devoir éviter les faiblesses de cette troisième force. Par Pierre-Yves Cossé, ancien commissaire au Plan La décomposition politique est en marche. Elle n’est nullement achevée. Les élections législatives mesureront le degré de résistance des partis politiques et principalement des Républicains, les moins mal placés a priori. Cette décomposition n’est pas un accident résultant de phénomènes passagers, effets d’une crise économique, vieillissement des dirigeants ou  dynamisme exceptionnel d’un jeune et talentueux leader. Elle est liée à des réalités durables, changements technologiques rapides et  mondialisation, qui fabriquent des laissez pour compte et accroit les inégalités de toute sorte, entre territoires et entre individus. Il s’en suit des mutations profondes  et un éclatement des forces politiques existantes, qui pourrait compromettre le fonctionnement de la cinquième république. La période actuelle fait penser à la situation existant autour des années 50, lorsque deux partis politiques avaient pour objectif majeur la destruction du régime. Le parti communiste, représentant plus de 20% des électeurs, disposant de relais dans la société civile et le monde ouvrier, et dépendant de l’Union Soviétique, prétendait mette fin au capitalisme. Le parti « gaulliste » moins menaçant pour le système, se comportait en opposant systématique, qu’il s’agisse de l’Europe ou de la décolonisation, avec l’objectif du retour au pouvoir du Général de Gaulle. L’importance relative de ces deux partis avait pour effet la disparition de l’espace nécessaire pour la confrontation traditionnelle dans une démocratie politique entre droite et gauche de gouvernement. Il fallait que celles-ci s’allient pour gouverner. Ce fut ce qu’on appela la « troisième force » Elle échoua, du fait de la faiblesse de l’exécutif dans les institutions de la quatrième république, de l’incapacité des partis de gouvernement à passer des accords durables et de la gravité des crises à résoudre (la décolonisation)  En 2017, également, deux partis populistes  puissants veulent détruire les institutions existantes et le système économique, « la France insoumise » de Jean -Luc Mélenchon et le Front National de Marine Le Pen. Même si leur importance a été amplifiée par une élection présidentielle qui a valorisé des leaders éloquents et combatifs, ces partis représentent une coalition hétérogène de mécontents qui n’est pas prête de se dissoudre : victimes de la désindustrialisation, monde rural affaibli et isolé, opposants à la présence d’une population immigrée jugée pour une part inintégrable,  anticapitalistes souvent jeunes et parfois anarchistes. Réduire le nombre de ces « hors-système «  est une priorité mais cela  prendra du temps. Faisons l’hypothèse, qui n’est pas absurde, que ces forces représentent durablement, chacune, 25% des électeurs. Il reste 50% des électeurs pour les partis de gouvernement, ce qui est insuffisant pour la coexistence d’une droite et d’une gauche alternant au pouvoir. Certains dirigeants politiques « classiques » l’ont compris, comme M. Estrosi en Provence- Côte d’Azur : ou il ouvre la porte au Front National au risque de perdre tout contrôle, ou il travaille avec la gauche, comme l’avaient fait en leur temps Gaston Defferre et Jean-Claude Gaudin à Marseille. Celui qui a le mieux compris ce nouveau paysage politique est évidemment Emmanuel Macron, qui cherche à  rassembler la droite et de la gauche de gouvernement. Deux voies étaient ouvertes : l’alliance ou l’absorption. L’alliance est apparemment moins risquée  dans un régime devenu semi-présidentiel, où le président dispose d’un pouvoir propre et de marges de manœuvre sur un Parlement affaibli par rapport à la quatrième république. Il a avancé sur cette voie avec l’alliance passée avec le Modem, à un moment où, à vrai dire il n’avait guère le choix. Il aurait pu continuer en se préparant à des alliances dans le nouveau Parlement, tout en cherchant à avoir un groupe parlementaire macronien le plus fort possible, bref en visant la formule 1958 -la majorité relative- et non la formule 1962- la majorité absolue. Il est clair qu’il a une forte préférence pour la formule 62 et qu’il veut passer en force, comme il le fait depuis le début. Les prudents lui conseillaient de se présenter aux Primaires de la gauche. Il ne les a pas écoutés et il a eu raison. Il continue sur la même voie, voulant gagner par KO sur les états-majors des partis politiques. Il n’est pas convaincu par des formules type « contrat de gouvernement » passé avec d’autres formations politiques. Il est probable que son début d’expérience  avec le Modem ne renforce pas son goût pour l’alliance, puisqu’il est obligé d’accepter des « chevaux de retour » comme candidats aux élections.  Il peut ne pas remporter une victoire totale en juin, surtout si la multiplication de situations de triangulaires, voire quadrangulaires transforme le second tour en tir au pigeon. Ce sera alors à son Premier Ministre de passer les accords nécessaires avec le Parlement, ce qui entrainera un certain déplacement des pouvoirs de l’Elysée à Matignon. Mais le président lui fera obligation d’éviter les faiblesses d’une nouvelle « troisième force »

Pierre-Yves Cossé

Le clivage droite-gauche est dépassé pour 66% des Français

Le clivage droite-gauche est dépassé pour 66% des Français

 

Selon un sondage Viavoice pour Libération le clivage gauche droite est dépassé. Une manière sans doute de condamner les politiques qui ont été menées au cours des 30 dernières années alternativement par les partis soit de la gauche, soit de la droite. Pas sûr cependant que cette condamnation soit fondée sur les mêmes motifs. En nouveau en effet un nouveau clivage pourrait apparaître entre patriotes ouverts au monde et nationaliste partisan du repli économique mais aussi identitaire. Autrement dit entre progressistes et réactionnaires. En cause sans doute le niveau culturel des intéressés mais aussi le niveau d’intégration dans la modernité et de développement économique. Selon cette enquête,  45% se déclarent  proches des idées « progressistes », et 50% proches des idées « pro-européennes », deux valeurs essentielles dans le positionnement d’Emmanuel Macron tout au long de cette campagne. Pour 66%, le clivage gauche-droite n’est plus pertinent et doit être dépassé, un sentiment partagé par 83% des électeurs d’Emmanuel Macron, et 70% des électeurs de Marine Le Pen. Les valeurs patriotiques (52%) sont aussi fortes dans l’électorat, à l’inverse des idées « nationalistes » (28%). Marine Le Pen voit dans le scrutin une opposition des « patriotes » contre les « mondialistes » et Emmanuel Macron une opposition des « patriotes » contre les « nationalistes » représentés selon lui par la candidate du FN. Si beaucoup parient aujourd’hui sur une large victoire du leader d’En Marche !, seuls 55% des Français estiment que le second tour « est joué d’avance ».

«Le franc est la monnaie des Africains» ? (Sapin)

«Le franc est la monnaie des Africains» ? (Sapin)

«Le franc malgré son nom est la monnaie des Africains, ce n’est plus la monnaie de la France, a expliqué Michel Sapin  à Abidjan, en Côte d’Ivoire, à l’issue d’une réunion avec ses homologues d’Afrique de l’Ouest et centrale de la «zone franc». Indiscutablement le franc CFA joue un rôle de stabilisation dans l’économie africaine qui utilise cette monnaie.  Cette monnaie qui bénéficie du parapluie du Trésor public de la France. Résultat le CFA est largement surévalué sans doute de l’ordre de 50 %. Un avantage cependant pour le pouvoir d’achat car le CFA est à l’abri de secousses monétaires puisque protégé par l’euro. Par contre si effectivement le pouvoir d’achat des ménages est protégé le niveau du CFA trop surévalué constitue un  handicap pour la compétitivité des exportations. La France évidemment soutient le CFA (avec l’Europe derrière) pour des raisons économiques mais surtout politiques. Les pays d’Afrique concernée demeurant toujours le pré carré politique de la France. Du coup le  gouvernement justifie l’existence et le niveau du CFA. En guise d’argumentaire le patron de la banque de France avait sorti une explication à caractère intemporel qui pourrait d’ailleurs s’appliquer à d’autres pays comme la France   »Nous menons régulièrement des études économiques pour voir si le franc CFA est surévalué ou sous-évalué par rapport à son niveau économique de très long terme. Aujourd’hui notre réponse est très claire, le franc CFA n’est ni sous-évalué, ni surévalué », avait  déclaré le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau. Il a ajouté que le franc CFA, devise partagée par 14 pays d’Afrique subsaharienne plus les Comores, agissait comme un « mécanisme de protection contra-cyclique », qui évite que son taux de change s’apprécie trop quand les cours des matières premières flambent ou qu’il périclite quand ils sont faibles, comme c’est le cas aujourd’hui, avec pour conséquence des poussées inflationnistes. La vraie question est moins l’existence du CFA que son niveau qui protège d’un côté mais handicape d’un autre. Témoin l’envahissement de produits-y compris alimentaires- notamment chinois qui tuent aussi certaines économies locales.

 

2017 : Pourquoi la campagne est décevante

2017 : Pourquoi la campagne est décevante

 

Comme le montre une étude d’Harris Interactive, 80 % des Français considèrent que la campagne électorale n’est pas satisfaisante. En cause, évidemment plusieurs facteurs expliquent qui d’ailleurs interagissent entre eux. Il y a d’abord la complexité de la période caractérisée notamment par une crise économique, sociale et sociétale. Concernant l’environnement économique, jamais sans doute les mutations ont été aussi importantes  et rapides depuis des dizaines d’années voir des siècles. La transformation de la nature des productions, de leur mode de production et de commercialisation, les élargissements du champ spatial des échanges bouleversent la donne économique, les qualifications et les emplois. Or c’est phénomène sont insuffisamment expliqués quand ils ne sont pas ignorés par certains candidats. La campagne électorale est évidemment trop franco française. On ne peut raisonner économiquement dans le seul espace national. La complexification des modes de production et d’échange rend d’ailleurs impossible à déterminer la nationalité d’un produit ou d’un service puisque nombreux acteurs nationaux et internationaux interviennent dans le processus de production. La France a évidemment des atouts mais  aussi de nombreuses faiblesses, l’analyse par les candidats reste à faire. Une problématique vient sans doute du mal à entrer dans les programmes électoraux sur des promesses. Des promesses d’ailleurs illusoires car faute notamment de croissance, les petits cadeaux seront récupérés via l’inflation, la fiscalité et la baisse de l’euro. Notons que la thématique européenne a été peu  traitée sauf de manière négative de la même manière que les grands équilibres financiers. La responsabilité de ses insuffisances incombe aux candidats aussi aux Français eux-mêmes. Des candidats trop nombreux et qui  n’ont pas de légitimité suffisante,  sans parler de leur manque de compétence sur le terrain socioéconomique voire sociétale. On se demande en particulier ce que viennent faire au moins la moitié des candidats pour cette échéance électorale. Nombre de petits prétendants à la magistrature suprême ne dépasseront pas 1 % des votes. Des candidatures marginales voire farfelues ou des candidatures de témoignage. Parmi les quatre principaux candidats, 2 sont issus de primaires mais  n’ont jamais réussi à rassembler leur propre camp du fait de leur positionnement extrême. Il y a aussi deux candidats attrape tout surtout là pour récupérer les mécontentements de tous ordres et dont les programmes ne peuvent conduire qu’à la ruine du pays. Dernière responsabilité, celle des Français eux-mêmes qui du fait de leurs contradictions frein  toute évolution structurelle pourtant indispensable à la fois pour moderniser l’économie mais aussi réduire les vraies inégalités. D’une certaine manière,  si les Français en dés raisons de n’être pas satisfaits, ils favorisent  aussi l’émergence de candidats incompétents. Dans une certaine mesure,  la France a les candidats qu’elle mérite sinon comment pourrait-on expliquer que les présidents de la république soient aussi inconséquents depuis De Gaulle et Pompidou.

 

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