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Suspension d’AstraZeneca: une erreur politique et sanitaire

Suspension d’AstraZeneca: une erreur politique et sanitaire

 

Ne pas vacciner, c’est exposer la population vulnérable à un risque de Covid-19 grave qui est encore plus générateur de thromboses. Il apparaît bien plus fréquent d’avoir une thrombose sans vaccin que sous vaccin, dont il faut espérer que la suspension sera vite levée soulignent, dans une tribune au « Monde », les professeurs Albert-Claude Benhamou, Ismaël Elalamy et Grigorios Gerotziafas.

Tribune.

 

Un caillot, ça tue énormément ! La thrombose est la première cause de mortalité dans les pays occidentaux. En France, les maladies cardiovasculaires sont responsables de quatre cents décès par jour. L’incidence de la maladie thromboembolique veineuse (MTEV) est de 1,8 pour 1 000. La grossesse peut accroître ce risque à 4 pour 1 000, mais on n’interdit pas pour autant de tomber enceinte…

Il apparaît bien plus fréquent d’avoir une thrombose sans vaccin que sous vaccin. L’incidence rapportée à ce jour en Europe, de 30 cas pour 5 millions de sujets ayant reçu le vaccin d’AstraZeneca, est pratiquement de un pour 100 000 ! Plusieurs cas ont été aussi rapportés avec le vaccin de Pfizer-BioNTech.

Les populations actuellement vaccinées sont par définition considérées comme populations à risque de Covid-19 grave et donc présentent des comorbidités. En prenant le parti qu’il y ait une relation de cause à effet, que la réaction inflammatoire classique chez ces sujets vaccinés ait été à l’origine d’une hypercoagulabilité facilitant la survenue d’une thrombose, alors on peut imaginer qu’en l’absence de vaccin, s’ils avaient contracté la Covid-19, les conséquences auraient été bien plus dramatiques.

En effet, l’orage inflammatoire dans ce cas serait alors majeur avec une forme sévère et une incidence thrombotique de l’ordre de 30 % à 50 % et une mortalité de 20 % à 40 %.

La vaccination évite les formes graves dans plus de 85 % des cas et aucun décès n’est rapporté dans les essais. En fait, le risque thrombotique est inhérent au profil du patient avec ses comorbidités cardiovasculaires, ses facteurs génétiques majorant la capacité de coagulation (comme le facteur V Leiden) et des facteurs environnementaux (notamment l’immobilisation). Le risque thrombotique est inhérent à notre mode de vie, à notre profil clinique et à notre environnement.

Vacciner c’est protéger, donc ne pas vacciner c’est exposer les patients à un risque de Covid-19 grave encore plus incendiaire et à des conséquences plus dramatiques. Il faut voir juste et agir juste : vacciner, surveiller et accompagner pour protéger ! Comment ? Il convient d’abord de rappeler l’importance d’une hydratation et d’une mobilisation régulières et recommander la prise de paracétamol en cas de fébricule [légère augmentation de la température] ou de syndrome pseudo-grippal.

De plus, chez les rares patients à risque thrombotique particulièrement élevé et en cas de signes généraux ou inflammatoires plus importants, une prévention anticoagulante transitoire pourrait être proposée, comme il est d’usage de la prescrire en cas de voyage prolongé en avion ou en cas de d’alitement dans un contexte subaigu. Inflammation et coagulation sont en fait un pléonasme.

Brexit : « une erreur », estime un ancien député conservateur britannique

Brexit : « une erreur », estime un ancien député conservateur britannique

 

 

Sur France Info, un ancien député conservateur britannique, Dominic Grieve, considère toujours que brexit  était une erreur

 

« Nous restons dans une situation difficile parce que le Brexit, c’était une erreur« , a réagi jeudi 24 décembre sur franceinfo Dominic Grieve, ancien député conservateur britannique, après l’accord commercial conclu entre l’Union européenne et le Royaume-Uni au sujet du Brexit. « Nous allons découvrir l’année prochaine que, même avec cet accord, il y aura des obstacles pour le libre-échange« , assure Dominic Grieve. Selon lui, les Britanniques n’ont pas « repris le contrôle de leur destin« .

 

Comment réagissez-vous à la conclusion de l’accord de Brexit ?

Dominic Grieve : Je suis soulagé qu’il y ait un accord parce que si nous n’avions pas eu d’accord, la situation sans accord le 1er janvier aurait été très difficile. Quant aux avantages de cet accord, du point de vue de l’intérêt national britannique, c’est assez douteux. Que cela réussisse, cela dépend de ce que nous allons perdre en quittant l’Union européenne, et il faut que ce que nous allons conserver par cet accord soit balancé en faisant des accords extérieurs que nous voulons et faire grandir notre économie. Et de ce point de vue-là, rien n’a changé. Nous restons dans une situation difficile parce que le Brexit, c’était une erreur. Ce que nous allons découvrir l’année prochaine, c’est que, même avec cet accord, il y aura des obstacles pour le libre-échange des produits.

 

« Nous avons repris le contrôle de notre destin« , dit Boris Johnson ce soir. Cela veut dire finalement qu’il a réussi son pari ?

Mais nous n’avons pas repris le contrôle de notre destin. D’abord, nous avions le contrôle de notre destin quand nous étions au sein de l’Union européenne. Deuxièmement, l’accord qu’il a signé, il est tout à fait évident que ça continue dans un sens à partager notre souveraineté, parce que tout accord commercial le fait. Voilà mon incompréhension de sa position. Du point de vue philosophique, je suis patriote britannique. Je crois à la souveraineté de mon pays, mais je ne la voyais pas entamée de cette façon par notre participation à l’Union. Donc, c’est un point de vue très différent de celui du premier ministre.

C’est surtout la tristesse qui l’emporte pour vous de voir ce point final à ce Brexit ?

Oui, mais ce n’est pas un point final parce qu’il est tout à fait évident que la proximité de nos partenaires européens sera la plaque dominante de notre future prospérité. Nous allons passer cinq à dix ans à refaire des liens avec l’Union européenne. Nous ne serons pas nécessairement un membre. Mais je suis absolument certain que dans les deux-trois ans à venir, il sera évident qu’il va falloir raccrocher des liens que nous avons forgés pour la première fois aujourd’hui, en abandonnant un accord de participation à l’Union qui était bon pour nous.

Climat : « une erreur de réduire l’activité économique « 

Climat : « une erreur de réduire l’activité économique « 

L’économiste, Hélène Rey,  préconise, dans sa chronique du Monde, de neutraliser l’effet de la taxe carbone sur la politique monétaire de lutte contre la hausse des prix et de transformer l’économie au lieu de la réduire.

Emboîtant le pas de la Réserve fédérale américaine, la Banque centrale européenne (BCE) a décidé de réexaminer en profondeur sa stratégie de politique monétaire. Les pays européens s’étant engagés à atteindre une économie neutre en carbone d’ici à 2050, la BCE doit désormais réfléchir à la manière dont son cadre de politique monétaire peut contribuer à cette transition.

Bien que le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne fasse du maintien de la stabilité des prix l’objectif principal du Système européen des banques centrales (SEBC), le texte énonce également que « sans préjudice de [cet] objectif… le SEBC apporte son soutien aux politiques économiques générales dans l’Union, en vue de contribuer à la réalisation des objectifs de l’Union, tels que définis à l’article 3 du traité sur l’Union européenne ». Selon cet article, l’Union « œuvre pour (…) une économie sociale de marché hautement compétitive, qui tend au plein emploi et au progrès social, et un niveau élevé de protection et d’amélioration de la qualité de l’environnement ».

Le changement climatique ne pourra être combattu en réduisant purement et simplement l’activité économique : une refonte des systèmes de production existants sera absolument nécessaire. La seule manière d’atteindre l’objectif zéro émissions d’ici à 2050 consiste à transformer nos modes de production, de transport et de consommation.

Chocs d’offre

L’un des moyens les plus efficaces pour y parvenir – voire le seul – consiste à augmenter le prix du carbone tout en accélérant la cadence de l’innovation technologique. Cette approche entraînerait toutefois inévitablement d’importants chocs d’offre. Le coût des intrants, en particulier des énergies, deviendrait plus volatile à mesure de l’augmentation du prix du carbone et du remplacement progressif des combustibles fossiles par les énergies renouvelables. De même, les transports et l’agriculture seraient également soumis à d’importants changements, potentiellement perturbateurs dans les prix relatifs.

Quel que soit le cadre monétaire dont conviendront les banques centrales, ce cadre devra pouvoir s’adapter aux changements structurels majeurs ainsi qu’aux effets sur les prix relatifs engendrés par la décarbonation. Dans le cadre actuel, la BCE cible l’inflation de la zone euro à travers l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH). Or cet indice inclut les prix de l’énergie, ce qui le rend inadapté au défi de la décarbonation. L’inflation des prix du carbone étant décidée par les dirigeants politiques de l’UE, la BCE ne saurait tenter de pousser d’autres prix à la baisse dans l’IPCH alors même que le prix de l’énergie augmente, ce qui créerait des distorsions encore plus importantes.

Coronavirus : » le ciblage des jeunes est une erreur  » (Catherine Hill )

Coronavirus : » le ciblage des jeunes est une erreur  » (Catherine Hill )

L’épidémiologiste Catherine Hill sur Europe 1 affirme que la politique de dépistage aujourd’hui déployée sur le territoire est inefficace et met en cause les chiffres données par les autorités sanitaires, qui ne sont, selon elle, que « la partie immergée de l’iceberg ».

 

Vers une deuxième vague de l’épidémie en France ? 3.015 nouveaux cas de Covid-19 ont été confirmés en France dans les dernières 24 heures, selon des chiffres de Santé Publique France mis en ligne dimanche soir. Invité de la matinale d’Europe 1, l’épidémiologiste Catherine Hill s’est dite « plutôt inquiète », car selon elle, ces chiffres ne sont que « la partie immergée de l’iceberg ».  »Ce sont les cas qu’on nous donne et qu’on a testé, mais il y a des cas qu’on n’a pas testé et qui échappent aux radars », justifie la médecin. « Peut-être qu’il faut multiplier par dix le nombre de cas connus pour avoir la vraie présence du virus dans la population », explique Catherine Hill, se basant sur une étude de chercheurs de la Sorbonne et de l’Inserm. « On n’a jamais contrôlé l’épidémie », conclut-elle au micro d’Europe 1

 

 

Soldes : une double erreur

Soldes : une double erreur

Chronique de Rémi Le Druillenec, co-fondateur d’Héroïne, agence de design spécialisée dans l’expérience client qui pense que les soldes s sont une erreur pour le commerce de détail (retail) et pour la vision environnementale.

 

Traditionnel temps fort de la consommation en France, les soldes estivales prennent cette année une toute autre résonance. Décalées au 15 juillet 2020, à la demande des petits commerçants logiquement soucieux de retrouver une trésorerie en amont, elles sont censées motiver une relance économique des secteurs les plus fortement impactés par la crise COVID (automobile et prêt-à-porter en tête). Pour autant, il paraît légitime de s’interroger aujourd’hui sur leur réelle pertinence, tant au regard de l’expérience client désastreuse (et a fortiori cette année, potentiellement dangereuse) qu’elles impliquent, que de la nécessaire révolution que le retail doit engager pour s’inscrire dans ce fameux « monde de demain » réclamé, à raison, par les consommateurs.

Faire vivre une expérience client mémorable est devenu l’une des préoccupations majeures des marques. Toute l’année, les enseignes s’engagent donc, pour optimiser leur relation client, améliorer la satisfaction des consommateurs, proposer des services innovants qui les distinguent des autres enseignes… Malheureusement, tous ces efforts sont réduits à néant d’un jour à l’autre. En effet, dès lors que la date des soldes a sonné, le retail est immédiatement ramené à une fonction purement transactionnelle, où les attentions de marques et les échanges avec le client sont appauvris, voire complètement supprimés. Allées encombrées, files d’attente aux cabines et aux caisses, bacs désordonnés, collections peu ou mal mises en valeur, signalétiques floues (j’ose à peine mentionner les codes couleurs propres à chaque enseigne pour indiquer le pourcentage de remise !)… Tout ceci provoque nécessairement une expérience confuse, voire même frustrante, dès lors que le consommateur ne trouve pas immédiatement sa taille, ou bien encore réalise que son produit coup de cœur n’est pas soldé. La dimension relationnelle, pourtant au cœur de l’expérience client, disparaît alors.

Garantir une expérience client agréable durant les soldes est traditionnellement un défi majeur. Ajoutez cette année les contraintes sanitaires de distanciation sociale, de parcours à sens unique, de port du masque, les angoisses naturelles des consommateurs comme du personnel de vente… Et le problème devient évidemment insoluble.

Une promesse contraire aux engagements du monde d’après

 

Ce fameux « monde d’après », encensé et raillé à la fois, et qui n’est autre finalement que la recherche d’un impact plus positif sur la société et ses parties prenantes, semble néanmoins buter sur le concept des soldes. Production de masse entraînant le nécessaire déstockage, encouragement à la surconsommation, incitation au rassemblement, abaissement des prix et donc de la valeur des produits, rupture de l’expérience client… Le premier des engagements responsables pour le monde du retail ne serait-il pas de tirer définitivement un trait sur ces pratiques hors d’âge qui nuisent tout autant à l’image des marques, à la relation client, à l’expérience en boutique, et à la planète ?

Il est vrai qu’en sacrifiant la qualité sur l’autel de la quantité, le concept de soldes a détérioré en profondeur la relation des consommateurs à leurs enseignes préférées. En laissant entendre, insidieusement, que ce tarif soldé était in fine le juste prix, les marques ont en effet sans le vouloir provoqué une grave crise de confiance. Par ailleurs, en abaissant, parfois drastiquement, la valeur monétaire de leurs produits, de nombreuses marques ont pris le risque d’une dévalorisation de leur image. Pire encore, pour certains secteurs, comme celui de la mode, les soldes font désormais partie intégrante du business model, et tout modèle alternatif semble impossible. Pour autant, certaines marques de mode ont émergé en réaction à la pression destructrice des soldes, preuve qu’un autre modèle est bien envisageable. En s’engageant pour une mode de qualité, éthique et plus durable, certaines enseignes ont refusé le concept même des soldes au profit d’une mode et de prix plus justes, et semblent correspondre au modèle du monde de demain. Ces marques l’ont bien compris, la transparence est clé pour regagner la confiance des clients.

Je gage que , au prisme d’une meilleure gestion des stocks (production on-demand), d’une définition plus juste des prix (impliquant une rémunération équitable de l’ensemble de la chaîne de production/distribution), d’une plus grande pédagogie faite aux clients (la transparence entraînant bien souvent la confiance), et d’une redéfinition de l’expérience à proposer en point de vente (de sorte à (re)donner toute sa valeur à la relation physique dans le retail).

 

Coronavirus, l’absence de masque : une « grande erreur » (George Gao, scientifique chinois )

Coronavirus, l’absence de masque  : une « grande erreur »  (George Gao, scientifique chinois )

George Gao, le directeur général du Centre chinois de contrôle et de préventions des maladies, a répondu aux questions du journaliste Jon Cohen, qui le sollicitait depuis deux mois. Dans cet entretien publié par la revue américaine « Science », il revient notamment sur la gestion de la crise par la Chine.

Quels enseignements peuvent tirer les autres pays de la gestion du Covid-19 par la Chine ?

La distanciation sociale est la stratégie fondamentale dans le contrôle de toutes les maladies infectieuses, et plus encore des infections respiratoires. D’abord, nous avons déployé des « stratégies non pharmacologiques », dans la mesure où nous ne disposons d’aucun inhibiteur ou médicament spécifique, ni de vaccin. Deuxièmement, il faut faire en sorte d’isoler tous les malades. Troisièmement, placer en quarantaine les cas contacts : nous avons consacré beaucoup de temps à leur identification et à leur isolement. Quatrièmement, interdire tous les rassemblements. Et cinquièmement, restreindre les déplacements, d’où l’instauration de la quarantaine, ou « cordon sanitaire », comme on dit en français.

Le confinement a débuté en Chine le 23 janvier à Wuhan puis fut étendu à des villes voisines de la province du Hubei. D’autres provinces chinoises ont mis en place des mesures moins strictes. Comment la coordination de ces dispositifs s’est-elle faite, et quel rôle ont joué les « contrôleurs » de quartier chargés de surveiller leur application localement ?

Il faut avant tout que les mesures soient comprises et fassent consensus. Pour cela, il faut une forte volonté politique, aussi bien à l’échelon local que national. Il faut que contrôleurs et coordinateurs impliquent étroitement la population. Les contrôleurs doivent connaître l’identité des cas contacts, mais aussi des cas présumés. Les contrôleurs de proximité doivent être très vigilants, leur rôle est essentiel.

Quelles sont les erreurs commises actuellement par d’autres pays ?

La grande erreur aux Etats-Unis et en Europe est, à mon avis, que la population ne porte pas de masque. Ce virus se transmet par les gouttelettes respiratoires, de personne à personne. Les gouttelettes jouent un rôle très important, d’où la nécessité du masque – le simple fait de parler peut transmettre le virus. De nombreux individus atteints sont asymptomatiques, ou ne présentent pas encore de symptômes : avec un masque, on peut empêcher les gouttelettes porteuses du virus de s’échapper et d’infecter les autres.

Il existe d’autres mesures de lutte contre l’épidémie. La Chine fait ainsi un usage intensif des thermomètres à l’entrée des commerces, des immeubles et dans les stations des transports en commun.

En effet. Partout où vous allez en Chine, il y a des thermomètres. La prise de température généralisée permet de ne pas laisser entrer quiconque présente de la fièvre. Car la stabilité de ce virus dans l’environnement est une question-clé, qui reste à ce jour sans réponse. S’agissant d’un virus à enveloppe, on est tenté de penser qu’il est fragile et particulièrement sensible à la température ou à l’humidité des surfaces. Cependant, des résultats obtenus aux Etats-Unis et des études chinoises laissent penser qu’il serait très difficile à détruire sur certaines surfaces. Il pourrait être capable de survivre dans de nombreux environnements. Sur ce point, nous attendons des réponses scientifiques.

A Wuhan, des personnes testées positives mais peu atteintes par la maladie ont été placées en quarantaine dans des infrastructures ad hoc, avec interdiction de recevoir la visite de leurs proches. Est-ce une démarche dont devraient s’inspirer les autres pays ?

Les personnes infectées doivent être isolées. Le Covid-19 ne peut être enrayé qu’à condition de faire disparaître les sources d’infection. C’est pour cela que nous avons construit des hôpitaux de campagne et aménagé des stades en hôpitaux.

De nombreuses questions demeurent autour de l’émergence de la maladie en Chine. Des chercheurs chinois font état d’un premier cas apparu le 1er décembre 2019. Que dites-vous de l’enquête du « South China Morning Post » [quotidien hongkongais] qui estime, sur la base d’un rapport interne de l’Etat chinois, que des cas s’étaient déclarés en novembre déjà, avec un premier cas le 17 novembre ?

Il n’existe aucune preuve solide de l’existence de foyers épidémiques dès le mois de novembre. Nous poursuivons nos recherches pour mieux comprendre les origines de la maladie.

Les autorités sanitaires de Wuhan ont établi un lien entre de nombreux cas et le marché de fruits de mer de Huanan, qu’elles ont fait fermer le 1er janvier. Leur hypothèse était qu’un virus s’était propagé chez l’homme à partir d’un animal ayant été vendu, et peut-être découpé aussi, sur ce marché. Dans votre article paru dans la « NEJM » cependant, où vous faites notamment un historique de la maladie, vous affirmez que quatre des cinq premiers patients infectés n’avaient aucun lien avec le marché de Huanan. Considérez-vous ce marché comme le berceau probable de la maladie, ou bien comme une fausse piste, une chambre d’amplification plutôt que le foyer premier ?

C’est une excellente question. Vous travaillez comme un véritable détective. D’emblée, tout le monde a pensé que ce marché était à l’origine de la maladie. Aujourd’hui, je ne sais pas si c’est là que le virus est apparu, ou seulement un endroit où il a trouvé à se propager. Deux hypothèses subsistent, c’est à la science de trancher.

La Chine a été critiquée également pour avoir tardé à partager le génome du virus. C’est le « Wall Street Journal » qui, le 8 janvier, a rendu publique l’existence d’un nouveau coronavirus ; l’information n’est pas venue des équipes de chercheurs de l’Etat chinois. Pourquoi ?

Le Wall Street Journal avait vu juste. L’OMS avait été informée du séquençage, et je crois que quelques heures seulement se sont écoulées entre la parution de l’article et l’annonce officielle. Pas plus d’une journée en tout cas.

Pourtant, on peut voir dans une base de données de génomes viraux en accès libre que le premier séquençage proposé par des scientifiques chinois date du 5 janvier. Trois jours se sont donc écoulés pendant lesquels vous saviez forcément qu’il s’agissait d’un nouveau coronavirus. Cela ne changera plus le cours de l’épidémie aujourd’hui, mais il faut reconnaître que quelque chose est arrivé avec l’annonce du séquençage.

Je ne le crois pas. Nous nous sommes empressés de partager l’information avec la communauté scientifique, mais c’est un sujet de santé publique, et nous devions donc attendre l’annonce des pouvoirs publics. Personne ne veut provoquer une panique, n’est-ce pas ? Et personne, nulle part dans le monde, n’aurait pu prédire que ce virus allait entraîner une pandémie. C’est la première pandémie de l’histoire qui ne soit pas causée par un virus influenza [virus de la grippe].

Il a fallu attendre le 20 janvier pour que des équipes chinoises déclarent officiellement avoir des preuves d’une transmission interhumaine. Pourquoi, selon vous, les épidémiologistes en Chine ont-ils eu tant de mal à voir ce qu’il se passait ?

Nous n’avions pas encore de données épidémiologiques détaillées. Et nous étions confrontés depuis le début à un virus violent et sournois. C’est la même chose en Italie et dans le reste de l’Europe, et aux Etats-Unis. « C’est juste un virus », voilà ce que les scientifiques, comme tous les autres, se sont dit au début.

La propagation est aujourd’hui extrêmement ralentie en Chine, où les nouveaux cas seraient pour l’essentiel importés. Vous confirmez ?

Tout à fait. Pour l’heure, nous n’avons plus de transmission locale, mais notre problème vient désormais des cas importés. Un très grand nombre de personnes infectées arrivent désormais en Chine.

Que se passera-t-il quand la vie normale reprendra son cours en Chine ? Pensez-vous qu’une part suffisante de la population a été infectée, de telle sorte qu’une immunité collective éloigne le virus ?

L’immunité collective n’est pas encore atteinte, c’est une certitude. Mais nous attendons des résultats plus probants des recherches d’anticorps, qui nous diront exactement combien de personnes ont été infectées.

Quelle stratégie, alors ? Gagner du temps en attendant que des traitements efficaces soient mis au point ?

Exactement, et nos scientifiques planchent à la fois sur un vaccin et sur des médicaments.

Pour de nombreux chercheurs, le remdesivir serait le plus prometteur des médicaments actuellement à l’étude. Quand pensez-vous avoir des résultats d’essais cliniques pour la Chine ?

Des équipes chinoises ont-elles mis en place des modèles animaux suffisamment solides pour l’étude de la pathogenèse et les tests de médicaments et de vaccins ?

Pour l’heure, nous utilisons à la fois des singes et des souris transgéniques possédant des récepteurs de l’ACE2, qui sont les points d’entrée du virus chez l’homme. La souris est un modèle très largement utilisé en Chine dans l’évaluation des traitements médicamenteux et des candidats vaccins, et je crois que deux études chez le singe devraient paraître prochainement. Je peux vous dire en tout cas que notre modèle simien est au point.

Que pensez-vous du nom de « China virus », ou « Chinese virus » [virus chinois, de Chine], employé par le président américain Donald Trump pour désigner le nouveau coronavirus ?

Parler de virus chinois est vraiment une mauvaise idée. Ce virus vient de la planète Terre. Il n’est pas l’ennemi d’un individu ou d’un pays en particulier : c’est notre ennemi à tous.

 (Article traduit de l’anglais par Julie Marcot)

Jon Cohen est journaliste au magazine Science. Spécialisé dans la biomédecine, il est reconnu pour sa couverture des épidémies (VIH/sida, SRAS, Ebola). Il a également fait de nombreux reportages sur la génétique, la recherche sur les primates, l’évolution, le bioterrorisme, le financement de la recherche, l’éthique, la biologie reproductive, les batailles de crédit et les médias eux-mêmes. Ses articles ont été récompensés notamment par l’Académie nationale des sciences des Etats-Unis et la Société américaine de microbiologie.

La référence exacte de cet article initialement paru dans la revue américaine Science est : « Not wearing masks to protect against coronavirus is a ‘big mistake’, top Chinese scientist says », Jon Cohen, 27 mars 2020, Science (doi : 10.1126/science.abb9368), https://www.sciencemag.org/news/2020/03/not-wearing-masks-protect-against-coronavirus-big-mistake-top-chinese-scientist-says

Le Premier ministre commet une nouvelle erreur stratégique en écartant le dépistage généralisé

Le Premier ministre commet une nouvelle erreur stratégique en écartant le dépistage généralisé

 

Le Premier ministre commet une nouvelle erreur dramatique en écartant le dépistage systématique. Un dépistage pourtant recommandé par l’organisation mondiale de la santé et qui a fait la preuve de son efficacité dans plusieurs pays asiatiques qui ont réussi à contenir la propagation du virus. Le Premier ministre s’appuie sur des considérations de stratégie médicale complètement fausses. La vérité est beaucoup plus simple et terrible en même temps : la France ne dispose pas du nombre de tests nécessaires. “Nous avons élaboré une doctrine de test qui a consisté dans la phase 1 à tester beaucoup et cette logique de test a permis de circonscrire assez efficacement les premières apparitions du virus, ce qui nous a donné du temps”, a déclaré le chef du gouvernement lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale. Évidemment avec une telle stratégie on encourage pas les laboratoires et l’industrie pharmaceutique à produire massivement les tests qui pourraient être nécessaires et qui avec le confinement sont les deux seuls moyens efficaces contre la pandémie.

“Aujourd’hui la doctrine de test, c’est que nous testons les personnes qui présentent des symptômes, les personnels soignants qui présentent des symptômes, les premières personnes qui présenteraient des symptômes dans un établissement Ehpad”, a-t-il rappelé. Le premier ministre confond les contingences découlant de tristes réalités de l’imprévision est une stratégie médicale pertinente

“Il ne servirait à rien aujourd’hui de tester massivement tout le monde, préventivement ou en fonction des symptômes”, a-t-il souligné, car une généralisation des tests pèserait sur les “capacités d’analyse et nous n’aurions pas les réponses suffisamment rapides là où c’est absolument nécessaire”.

De la même manière pour répondre aux critiques sur le manque généralisé de stocks de masques , le Premier ministre emploie une dialectique d’évitement en reportant la responsabilité sur le trafic de masques. Certes les vols sont intervenus, des trafics aussi mais ils sont très marginaux par rapport à la totalité des besoins actuellement non couverts. Le pire, c’est que la France n’a pas conservé ses stocks  que les fabricants français ont surtout vendu les masques  à l’étranger. Tout cela au nom d’économies de bouts de chandelle de la part de l’État. Selon le dernier bilan établi mercredi soir, 9.134 cas d’infection au coronavirus et 264 décès ont été recensés en France. Plus de 3.600 personnes ont été hospitalisées, 931 cas graves sont en réanimation et 50% de ces cas graves concernent des personnes de moins de 60 ans.

Absence du mot confinement : une erreur sémantique ou stratégique du président de la république

Absence du mot confinement : une erreur sémantique ou stratégique du président de la république

 

 

Il semble bien que le président de la république soit coutumier des évitements sémantiques. Ainsi lors de son allocution récente,  la totalité de son discours visait à restreindre la mobilité pour imposer la suppression de la plupart des déplacements, le chef de l’État a cependant  évité le mot résumant tout à savoir:  le confinement. Un mot d’ailleurs immédiatement utilisé par le ministre de l’intérieur. Pourquoi cet évitement curieux ? Un peu le même à-propos de la laïcité quand  macro a utilisé beaucoup d’expression mais surtout n’a pas prononcé le mot de communautarisme.

 

Il y a toujours chez le chef de l’État cette espèce d’ambiguïté dans la manière de qualifier les phénomènes et sa politique. Cela témoigne évidemment de la fébrilité du président de la république qui s’interroge désormais sérieusement sur ses chances en 2022. Il a notamment constaté la catastrophe électorale subie par son camp lors des municipales maintenues de manière irresponsable par ailleurs par son Premier ministre. Parallèlement, le président de la république n’hésite pas à utiliser le mot comme guerre contre la pandémie, un mot pas tout à fait adapté surtout quand les moyens pris ne sont pas ceux du de guerre.

 

Si effectivement le pays devait être considéré comme en situation de guerre, il y a longtemps qu’on aurait sans doute réquisitionné nombre d’usines pour fabriquer des appareils respiratoires, des masques, des médicaments y compris des médicaments de base comme le paracétamol aujourd’hui fabriqué à 80 % par les Chinois. Et qui va maintenant être contingenté.

 

Les responsables politiques de l’opposition critiquent tous le manque de clarté de la nouvelle intervention d’Emmanuel Macron, lundi 16 mars, sur les mesures visant à freiner la propagation du coronavirus. Les experts en com’ de crise interrogés par franceinfo pointent eux aussi le flou du discours du président de la République. « La priorité consistait à ce que les messages de mise en confinement du pays soient parfaitement compris et entendus sur les aspects très pratiques », explique Jean-Christophe Alquier, président d’Alquier communication. Et visiblement, c’est raté : « Le technocrate a pointé son visage sous le masque du chef de guerre, on l’a senti revenir sur des sujets qui sont secondaires sur un plan émotionnel mais aussi sur un plan rationnel ». Principal problème de l’allocution du chef de l’Etat : ne pas avoir prononcer le mot de « confinement » devant les 35,3 millions de téléspectacteurs qui ont regardé son intervention.

49-3: une erreur grave pour 70 % de l’opinion

49-3: une erreur grave pour 70 % de l’opinion

D’après le sondage Odoxa-Dentsu Consulting Le recours du premier ministre au 49-3, une erreur politique coûteuse pour le parti présidentiel lors des élections municipales et intercommunales.

Dans les mêmes proportions, l’opinion désapprouve en large majorité (70%) l’utilisation de cette arme constitutionnelle, samedi, afin de couper court aux débats sur la réforme des retraites à l’Assemblée nationale. Face à l’obstruction des Insoumis et des communistes, Édouard Philippe a engagé la responsabilité de son gouvernement. Les motions de censure des oppositions ont été rejetées, les ministres n’ont pas été renversés, le texte a été adopté et transmis au Sénat.

La procédure, certes engagée pour la 89e fois sous la Ve République, mais expéditive, «alourdit le passif de l’exécutif aux yeux de la plupart des Français», selon la directrice générale d’Odoxa, Céline Bracq. «Ils comprennent mal les tenants et les aboutissants de cette réforme. Leur manque de confiance à l’égard de l’exécutif les rend extrêmement méfiants.»

 

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Réforme Retraites: l’énorme erreur de Macron

Réforme Retraites: l’énorme erreur  de Macron

 

 

 

Macron vient de commettre grave une erreur en se trompant de réforme. une erreur économique dont il paiera le prix politiquement. L’urgence n’est pas  de définir ce que seront les retraites de ceux qui aujourd’hui ont 47 ou 57 ans et moins ( donc avec application en 2025 ou 2035). Ce n’est pas l’âge de la retraite qu’il faut reculer mais le temps de travail qu’il faut augmenter. Notons que la France la durée de travail annuelle la plus faible de l’Europe.  1646 heures travaillées, soit 434 heures de moins que la Roumanie ! La solution, c’est de travailler plus longtemps tout au long de sa vie pour partir plus tôt, à 62 ans par exemple. Au lieu de travailler 35 heures par semaine , il faut travailler 37 heures et ça équilibrera les retraites et la balance commerciale qui accuse régulièrement un déficit de 50 à 60 milliards par an.

 

Pour des questions démographiques et de justice, une réforme des retraites est indiscutablement nécessaire. Mais l’urgence n’est sans doute pas de retarder de manière uniforme l’âge de la retraite mais de travailler davantage tout au long de sa vie en tenant compte des spécificités du métier.  Le problème, c’est que la France a pris l’habitude d’enfiler les réformettes tous les cinq ans en moyenne sans s’attaquer aux questions de fond. Il y a forcément l’équilibre financier à trouver entre les actifs et les retraités. De ce point de vue, la France souffre d’un taux d’inactivité trop important ( 6 à 8 millions de personnes ) comparé aux autres pays . Un handicap qui s’ajoute à la faiblesse du temps de travail annuel des actifs . Ce sont en effet  les cotisations d’actifs qui permettent d’assurer le financement des pensions. Jusqu’alors,  on a surtout raisonné en termes de catégories professionnelles, d’entreprises et de secteurs. De sorte qu’on a fait l’amalgame entre les conditions de vie d’un employé dont le travail ne comporte pas de sujétion particulière avec celui d’un autre  salarié soumis à des conditions de travail difficiles ( charge physique, charge mentale, cadence, horaires, travail des dimanches et jours de fête etc.).

 

Si une véritable réforme égalitaire devait intervenir, elle devrait prendre en compte les conditions individuelles de chaque salarié et non son appartenance à un secteur à une entreprise. À l’hôpital, tous les salariés sont loin d’être soumis aux contraintes d’un service d’urgence; à la SNCF nombre de postes ne justifient nullement une retraite anticipée par rapport à la norme;  chez les fonctionnaire en général s’ajoutent des conditions de travail généreuses à des sureffectifs. Certes certains métiers, dans certaines fonctions et dans certaines circonstances subissent des contraintes qui justifient un départ en retraite anticipé. Cette réalité ne doit toutefois pas servir d’alibi pour justifier la généralisation de cet avantage a la masse des autres salariés concernés. On objectera qu’un salarié peut au  cours de sa carrière changer de poste, certains plus difficiles que d’autres. Ce sont précisément ces sujétions particulières qui doivent être évaluées, prises en compte pour justifier un niveau de retraite particulier.

 

C’est l’approche globale qui rend la réforme actuelle complètement confuse en même temps qu’injuste. Pour preuve , il y a une différence d’espérance de vie de 10 ans environ  entre certains ouvriers et des cadres. C’est la philosophie même du régime des retraites qui doit être mise en cause. L’approche méthodologique par secteur, statut, grande entreprise est complètement obsolète et nourrit l’inefficacité et la justice. Enfin pour éviter d’avoir à engager une réforme tous les cinq ans, il convient de prendre le temps d’organiser les inévitables transitions car on ne passe pas d’un système aujourd’hui particulièrement incohérent et inégalitaire à un système universel. Bref comme sur beaucoup d’autres sujets, l’approche du gouvernement se caractérise par une grande incompétence technique et sociale. Enfin et peut-être surtout, l’ urgence n’est sans doute pas le report uniforme de l’âge de la retraite mais l’augmentation du temps de travail tout au long de la vie. Ce qui permettrait de maintenir un âge de départ réel autour de 62 ans selon les métiers et la pénibilité.  

Réforme Retraites: l’ erreur politique et économique de Macron

Réforme Retraites: l’ erreur politique et économique  de Macron

 

 

 

Macron vient de commettre grave une erreur en se trompant de réforme. une erreur économique dont il paiera le prix politiquement. L’urgence n’est pas  de définir ce que seront les retraites de ceux qui aujourd’hui ont 47 ou 57 ans et moins ( donc avec application en 2025 ou 2035). Ce n’est pas l’âge de la retraite qu’il faut reculer mais le temps de travail qu’il faut augmenter. Notons que la France la durée de travail annuelle la plus faible de l’Europe.  1646 heures travaillées, soit 434 heures de moins que la Roumanie ! La solution, c’est de travailler plus longtemps tout au long de sa vie pour partir plus tôt, à 62 ans. Au lieu de travailler 35 heures, il faut travailler 37 heures et ça équilibrera les retraites et la balance commerciale qui accuse régulièrement un déficit de 50 à 60 milliards par an.

 

Pour des questions démographiques et de justice, une réforme des retraites est indiscutablement nécessaire. Mais l’urgence n’est sans doute pas de retarder de manière uniforme l’âge de la retraite mais de travailler davantage tout au long de sa vie en tenant compte des spécificités du métier.  Le problème, c’est que la France a pris l’habitude d’enfiler les réformettes tous les cinq ans en moyenne sans s’attaquer aux questions de fond. Il y a forcément l’équilibre financier à trouver entre les actifs et les retraités. De ce point de vue, la France souffre d’un taux d’inactivité trop important ( 6 à 8 millions de personnes ) comparé aux autres pays . Ce sont en effet  les cotisations d’actifs qui permettent d’assurer le financement des pensions. Jusqu’alors,  on a surtout raisonné en termes de catégories professionnelles, d’entreprises et de secteurs. De sorte qu’on a fait l’amalgame entre les conditions de vie d’un employé dont le travail ne comporte pas de sujétion particulière avec celui d’un autre  salarié soumis à des conditions de travail difficiles ( charge physique, charge mentale, cadence, horaires, travail des dimanches et jours de fête etc.).

 

Si une véritable réforme égalitaire devait intervenir, elle devrait prendre en compte les conditions individuelles de chaque salarié et non son appartenance à un secteur à une entreprise. À l’hôpital, tous les salariés sont loin d’être soumis aux contraintes d’un service d’urgence; à la SNCF nombre de postes ne justifient nullement une retraite anticipée par rapport à la norme;  chez les fonctionnaire en général s’ajoutent des conditions de travail généreuses à des sureffectifs. Certes certains métiers, dans certaines fonctions et dans certaines circonstances subissent des contraintes qui justifient un départ en retraite anticipé. Cette réalité ne doit toutefois pas servir d’alibi pour justifier la généralisation de cet avantage a la masse des autres salariés concernés. On objectera qu’un salarié peut au  cours de sa carrière changer de poste, certains plus difficiles que d’autres. Ce sont précisément ces sujétions particulières qui doivent être évaluées, prises en compte pour justifier un niveau de retraite particulier.

 

C’est l’approche globale qui rend la réforme actuelle complètement confuse en même temps qu’injuste. Pour preuve , il y a une différence d’espérance de vie de 10 ans environ  entre certains ouvriers et des cadres. C’est la philosophie même du régime des retraites qui doit être mise en cause. L’approche méthodologique par secteur, statut, grande entreprise est complètement obsolète et nourrit l’inefficacité et la justice. Enfin pour éviter d’avoir à engager une réforme tous les cinq ans, il convient de prendre le temps d’organiser les inévitables transitions car on ne passe pas d’un système aujourd’hui particulièrement incohérent et inégalitaire à un système universel. Bref comme sur beaucoup d’autres sujets, l’approche du gouvernement se caractérise par une grande incompétence technique et sociale. Enfin et peut-être surtout l’ urgence n’est sans doute pas le report uniforme de l’âge de la retraite mais l’augmentation du temps de travail tout au long de la vie. Ce qui permettrait de maintenir un âge de départ réel autour de 62 ans.

Menaces sur l’Otan : une erreur stratégique ( Berlin)

 

 

D’une certaine manière,  Merkel critique aussi bien Trump que Macron quant à luer positionnemenet vis à vis de l’l'OTAL. Merkel a effet considéré que les propos de Macron étaient excessif quand il a affirmé que l’OTAN était morte. Mais des critiques s’adressent aussi à Trump pour ses décisions unilatérales concernant l’application de la solidarité de l’OTAN en particulier en Syrie. “Ce serait une erreur que d’affaiblir l’Otan. Sans les États-Unis, ni l’Allemagne ni l’Europe ne seraient en mesure de se protéger efficacement. C’est pourquoi nous travaillons d’arrache-pied avec la France à la construction d’une Europe plus unie en matière de sécurité”, écrit Heiko Maas, chef de la diplomatie allemande, dans une tribune publiée sur le site du magazine Der Spiegel.

“Oui, nous voulons une Europe forte et souveraine, mais nous en avons besoin dans le cadre d’une Otan forte, pas pour s’y substituer”, poursuit-il, plaidant en outre pour la création d’un Conseil de sécurité européen dont la Grande-Bretagne ferait partie, qu’elle quitte l’Union ou non.

Heiko Maas dit coopérer étroitement sur ce point avec son homologue français Jean-Yves Le Drian et ajoute que l’Allemagne souhaite la soumettre à ses partenaires au second semestre 2020, lorsqu’elle occupera la présidence tournante de l’UE.

De son coté, e président allemand a exhorté samedi 9 novembre les Etats-Unis de Donald Trump à faire preuve de  »respect » à l’égard de leurs alliés et à tourner le dos à « l’égoïsme national », lors des cérémonies des 30 ans de la chute du Mur de Berlin.

Alors que ces festivités s’annonçaient comme consensuelles, Frank-Walter Steinmeier, dont le rôle est honorifique mais qui est considéré comme l’autorité morale du pays, a mis les pieds dans le plat en soulignant à cette occasion la dégradation des relations translantiques ces dernières années.

Sanction des chômeurs: une erreur stratégique

Sanction des chômeurs: une erreur stratégique

 

 

Il est pour le moins curieux et même particulièrement maladroit d’avoir pris des mesures de contrôle et de sanction vis-à-vis des chômeurs alors que la négociation concernant l’UNEDIC n’a pas encore abouti. Une sorte de maladresse récurrente de ce gouvernement qui fait tout pour passer par-dessus les organisations intermédiaires et qui du coup se retrouvent dans un face-à-face particulièrement irresponsable avec certains Français en colère. C’est le paradoxe, alors que l’économie se tasse sérieusement au point même de se contracter  en fin d’année 2018, le gouvernement a décidé de sanctionner les chômeurs. En clair alors que l’emploi stagne voir même se rétracte, le gouvernement choisit la pédagogie du bâton pour taper ceux  qui sont à la recherche d’un emploi. Avec évidemment toujours le même faux argument : à savoir qu’il existerait 300 000 emplois vacants. En fait une vacance provisoire et structurelle qui correspond à des mises à la retraite, à des démissions ou à des problèmes de santé. Pas de quoi évidemment offrir une perspective au plus de 5 millions de chômeurs. Certes il existe certains abus qui ont été chiffrés entre 0,4 et 0,8 % mais les autres chômeurs sont déjà suffisamment punis d’être privés d’emploi sans qu’il soit nécessaire de renforcer l’arsenal de répressions et d’humiliations.  En attendant les résultats de la négociation relative à l’Unedic et surtout une éventuelle reprise économique, le pouvoir vient de sortir un décret qui durcit les contrôles et les sanctions des chômeurs. Ce décret est plus dur que le barème présenté initialement par le ministère du Travail en mars 2018. Jusqu’à aujourd’hui, ne pas se rendre à un entretien à Pôle emploi pouvait entraîner deux mois de suspension des allocations-chômage quand ne pas justifier d’actes positifs de recherche d’emploi était sanctionné par deux semaines de radiation. Désormais, la non-présentation à un entretien peut être sanctionnée par un mois de suspension. Tout autre manquement important – essentiellement l’incapacité à justifier une recherche d’emploi mais aussi le refus d’une offre raisonnable d’emploi entraîne la suppression pure et simple des allocations pendant un mois au premier manquement, pendant deux mois au deuxième et quatre mois au troisième. Ce décret est plus dur que le barème présenté initialement par le ministère du Travail en mars 2018 (qui limitait à 15 jours la suspension pour non-présentation à un entretien), ce qui a agacé les syndicats. La réforme va même plus loin: le pouvoir de diminuer les allocations revient à Pôle emploi alors que l’agence ne pouvait auparavant que suspendre des droits, leur réduction étant aux mains des préfets. En outre, le gouvernement Philippe renforce une mesure lancée sous la précédente mandature: la création d’équipes dédiées au contrôle des demandeurs d’emploi, qui dépendaient auparavant de leurs conseillers eux-mêmes. Ces équipes dédiées passeront de 200 à 600 personnes d’ici à mi-2019, puis à 1000 d’ici à 2020. Selon une étude de Pôle emploi publiée fin août, 12 % des chômeurs montraient une «insuffisance de recherche d’emploi».

L’erreur stratégique en matière de croissance de Macron (Marc Guyot et Radu Vranceanu)

L’erreur stratégique en matière de croissance de Macron (Marc Guyot et Radu Vranceanu)

 

Hausse de fiscalité pour compenser l’impuissance de Macron à reformer l’Etat constitue une erreur stratégique grave pour la croissance estiment Marc Guyot et Radu Vranceanu, Professeurs à l’ESSEC. (La Tribune)

 

« Après 10 années de croissance continue de la pression fiscale sur les classes moyennes, les dernières mesures « anti-automobile » ont déclenché un mouvement de protestation et de contestation du pouvoir sans précédent. Le 10 décembre, lors de son allocution télévisée, le président Emmanuel Macron a révélé une série de mesures visant l’amélioration du pouvoir d’achat des travailleurs à faible et moins faible revenu, à hauteur de 10 milliards d’euros ainsi que la suppression de la taxe controversée. Surfant sur la révolte des gilets jaunes contre la taxation excessive des classes moyennes, certains essayent de la transformer en révolte contre la redistribution supposée injuste de la richesse. Ces voix réclament notamment plus de taxes sur les revenus et patrimoines élevés, sur les grandes entreprises et le rétablissement de l’ancien ISF. Il y a un lien entre redistribution des richesses et création de richesses, mais ce lien n’est pas linéaire. Un excès d’inégalités des revenus peut affaiblir la croissance, tout comme un excès d’égalitarisme, résultant d’un excès de charges sur les entreprises ou les hauts revenus. Dans un monde de mobilité des capitaux, la taxation excessive fait fuir les capitaux et les emplois que l’investissement aurait soutenus. Il nous apparaît que le problème de la France d’aujourd’hui n’est pas celui d’un déficit d’égalitarisme, mais son excès. En effet, en termes de création de richesse, la France est mal en point comparée à ses partenaires commerciaux. Cela fait bientôt 20 ans que la France a rejoint l’euro et le nouveau souffle promis n’a jamais été au rendez-vous. Pendant ces vingt années, la France a doucement mais sûrement décroché vis-à-vis de ses partenaires traditionnels et l’examen des chiffres avec l’Allemagne et les Etats-Unis est inquiétant. Le PIB par habitant de la France en 2017 était de 42.600 dollars (38.600 en parité de pouvoir d’achat), contre 46.000 dollars (44.400) pour l’Allemagne, et 53.100 dollars (54.000) pour les Etats-Unis (données Trading Economics). Pour rattraper ce retard en création de richesse, il faudrait à la France entre six et sept ans d’une croissance de deux points de pourcentage supérieure à celle des Etats-Unis. S’il est vrai que la France compensait sa richesse par habitant plus faible par un taux de pauvreté plus faible, cela reste légèrement vrai face aux Etats-Unis mais pas face à l’Allemagne. De même, les salaires des travailleurs non-qualifiés sont inférieurs en France à ceux des Etats-Unis ou d’Allemagne (Trading Economics) où la distribution des revenus est plus égalitaire (Banque Mondiale). Enfin, le taux de chômage français est plus du double des taux de chômage allemand et américain (9% contre moins de 4%). Le gouvernement actuel n’est bien sûr pas le seul responsable du décrochage de l’économie française. A son actif, il a tenté de mettre en place des mesures destinées à alléger le carcan de règles et le poids des taxes qui freinent la croissance des entreprises et donc de l’emploi. Si ces réformes vont dans la bonne direction, outre d’être timides et largement insuffisantes, elles ont été plutôt mal expliquées par ce gouvernement dont la communication n’est pas le point fort. De plus, des réformes structurelles urgentes comme la réforme du code du travail, que le gouvernement avait su accompagner, sont mises en danger par des décisions budgétaires brutales, comme la taxe sur les carburants, insuffisamment expliquées et qui pouvaient attendre. En revanche, le gouvernement n’a pas osé remettre en cause des facteurs clefs comme les 35 heures, la protection excessive du CDI ou le salaire minimum unique. Les syndicats ont eu gain de cause sur l’inversion des normes ou la gestion de l’assurance chômage, perpétrant ainsi une organisation du travail inefficace, dont les origines corporatistes remontent à la seconde guerre mondiale. On a cru qu’Emmanuel Macron allait réussir à ramener la France à un déficit inférieur à 3% du PIB, mais il semble que ça ne sera pas le cas avec ces 10 milliards de dépenses supplémentaires. Emmanuel Macron, comme ses prédécesseurs, n’a mis en place aucune mesure crédible de réduction des dépenses publiques alors que son niveau est excessif, équivalent à 56,4% du PIB, et est le plus élevé des économies avancées. Pour le réduire, il aurait fallu profondément réorganiser l’Etat en sortant de la sphère publique plusieurs activités, tout en renforçant les fonctions régaliennes. Tout particulièrement le gouvernement s’est refusé à s’attaquer aux dépenses de fonctionnement excessives de l’Etat qui représentent un tiers des dépenses et sont pointées du doigt par la Cour des Comptes. De même, il n’a pas lancé de réforme courageuse des retraites. Sans contester la réalité de certaines retraites modestes, il faut savoir que le montant moyen des retraites en France est parmi les plus élevés des pays de l’OCDE et l’âge effectif de départ à la retraite des hommes est le second le plus faible devant le Luxembourg (données OCDE, 2017).[1] Le poids des dépenses publiques de retraite dans le PIB est de 14,9% en moyenne sur 2013-2015, comparé à 10% pour l’Allemagne. La crise des gilets jaunes révèle que la stratégie de multiples réformes à petits pas, sans réduction du poids de l’Etat et accompagnée d’augmentation des taxes n’a pas permis au pays de retrouver son dynamisme économique. Pire encore, cet échec risque de compromettre le message réformateur que portait Emmanuel Macron et ouvre la porte au discours populiste redistributif d’une richesse qui ne risque pas de croître si les préconisations des populistes sont mises en œuvre. »

[1] http://www.oecd.org/els/emp/average-effective-age-of-retirement.htm Panorama des pensions 2017. Les indicateurs de l’OCDE et du G20 DOI:https://doi.org/10.1787/pension_glance-2017-fr

L’erreur stratégique en matière de croissance de Macron

L’erreur stratégique en matière de croissance de Macron

 

Hausse de fiscalité pour compenser l’impuissance de Macron à reformer l’Etat constitue une erreur stratégique grave pour la croissance estiment Marc Guyot et Radu Vranceanu, Professeurs à l’ESSEC. (La Tribune)

 

« Après 10 années de croissance continue de la pression fiscale sur les classes moyennes, les dernières mesures « anti-automobile » ont déclenché un mouvement de protestation et de contestation du pouvoir sans précédent. Le 10 décembre, lors de son allocution télévisée, le président Emmanuel Macron a révélé une série de mesures visant l’amélioration du pouvoir d’achat des travailleurs à faible et moins faible revenu, à hauteur de 10 milliards d’euros ainsi que la suppression de la taxe controversée. Surfant sur la révolte des gilets jaunes contre la taxation excessive des classes moyennes, certains essayent de la transformer en révolte contre la redistribution supposée injuste de la richesse. Ces voix réclament notamment plus de taxes sur les revenus et patrimoines élevés, sur les grandes entreprises et le rétablissement de l’ancien ISF. Il y a un lien entre redistribution des richesses et création de richesses, mais ce lien n’est pas linéaire. Un excès d’inégalités des revenus peut affaiblir la croissance, tout comme un excès d’égalitarisme, résultant d’un excès de charges sur les entreprises ou les hauts revenus. Dans un monde de mobilité des capitaux, la taxation excessive fait fuir les capitaux et les emplois que l’investissement aurait soutenus. Il nous apparaît que le problème de la France d’aujourd’hui n’est pas celui d’un déficit d’égalitarisme, mais son excès. En effet, en termes de création de richesse, la France est mal en point comparée à ses partenaires commerciaux. Cela fait bientôt 20 ans que la France a rejoint l’euro et le nouveau souffle promis n’a jamais été au rendez-vous. Pendant ces vingt années, la France a doucement mais sûrement décroché vis-à-vis de ses partenaires traditionnels et l’examen des chiffres avec l’Allemagne et les Etats-Unis est inquiétant. Le PIB par habitant de la France en 2017 était de 42.600 dollars (38.600 en parité de pouvoir d’achat), contre 46.000 dollars (44.400) pour l’Allemagne, et 53.100 dollars (54.000) pour les Etats-Unis (données Trading Economics). Pour rattraper ce retard en création de richesse, il faudrait à la France entre six et sept ans d’une croissance de deux points de pourcentage supérieure à celle des Etats-Unis. S’il est vrai que la France compensait sa richesse par habitant plus faible par un taux de pauvreté plus faible, cela reste légèrement vrai face aux Etats-Unis mais pas face à l’Allemagne. De même, les salaires des travailleurs non-qualifiés sont inférieurs en France à ceux des Etats-Unis ou d’Allemagne (Trading Economics) où la distribution des revenus est plus égalitaire (Banque Mondiale). Enfin, le taux de chômage français est plus du double des taux de chômage allemand et américain (9% contre moins de 4%). Le gouvernement actuel n’est bien sûr pas le seul responsable du décrochage de l’économie française. A son actif, il a tenté de mettre en place des mesures destinées à alléger le carcan de règles et le poids des taxes qui freinent la croissance des entreprises et donc de l’emploi. Si ces réformes vont dans la bonne direction, outre d’être timides et largement insuffisantes, elles ont été plutôt mal expliquées par ce gouvernement dont la communication n’est pas le point fort. De plus, des réformes structurelles urgentes comme la réforme du code du travail, que le gouvernement avait su accompagner, sont mises en danger par des décisions budgétaires brutales, comme la taxe sur les carburants, insuffisamment expliquées et qui pouvaient attendre. En revanche, le gouvernement n’a pas osé remettre en cause des facteurs clefs comme les 35 heures, la protection excessive du CDI ou le salaire minimum unique. Les syndicats ont eu gain de cause sur l’inversion des normes ou la gestion de l’assurance chômage, perpétrant ainsi une organisation du travail inefficace, dont les origines corporatistes remontent à la seconde guerre mondiale. On a cru qu’Emmanuel Macron allait réussir à ramener la France à un déficit inférieur à 3% du PIB, mais il semble que ça ne sera pas le cas avec ces 10 milliards de dépenses supplémentaires. Emmanuel Macron, comme ses prédécesseurs, n’a mis en place aucune mesure crédible de réduction des dépenses publiques alors que son niveau est excessif, équivalent à 56,4% du PIB, et est le plus élevé des économies avancées. Pour le réduire, il aurait fallu profondément réorganiser l’Etat en sortant de la sphère publique plusieurs activités, tout en renforçant les fonctions régaliennes. Tout particulièrement le gouvernement s’est refusé à s’attaquer aux dépenses de fonctionnement excessives de l’Etat qui représentent un tiers des dépenses et sont pointées du doigt par la Cour des Comptes. De même, il n’a pas lancé de réforme courageuse des retraites. Sans contester la réalité de certaines retraites modestes, il faut savoir que le montant moyen des retraites en France est parmi les plus élevés des pays de l’OCDE et l’âge effectif de départ à la retraite des hommes est le second le plus faible devant le Luxembourg (données OCDE, 2017).[1] Le poids des dépenses publiques de retraite dans le PIB est de 14,9% en moyenne sur 2013-2015, comparé à 10% pour l’Allemagne. La crise des gilets jaunes révèle que la stratégie de multiples réformes à petits pas, sans réduction du poids de l’Etat et accompagnée d’augmentation des taxes n’a pas permis au pays de retrouver son dynamisme économique. Pire encore, cet échec risque de compromettre le message réformateur que portait Emmanuel Macron et ouvre la porte au discours populiste redistributif d’une richesse qui ne risque pas de croître si les préconisations des populistes sont mises en œuvre. »

[1] http://www.oecd.org/els/emp/average-effective-age-of-retirement.htm Panorama des pensions 2017. Les indicateurs de l’OCDE et du G20 DOI:https://doi.org/10.1787/pension_glance-2017-fr

Gilets jaunes » : la grosse erreur de l’ISF (Olivier Galland)

Gilets jaunes » : la grosse erreur de l’ISF (Olivier Galland)

Olivier Galland, sociologue et directeur de recherche au CNRS,  revient dans la Tribune sur les facteurs explicatifs du mouvement des gilets jaunes et sur l’erreur qui a consisté à supprimer l’ISF.

 

Quelle est votre analyse du mouvement des « Gilets jaunes » en tant que sociologue ?

OLIVIER GALLAND - Il est difficile d’avoir une analyse définitive sur ce mouvement très éruptif, et difficile à comprendre. Tout le monde a été surpris par ce mouvement. Il faut éviter d’avoir des interprétations trop catégoriques. On n’a pas de sociographie exacte du mouvement. Avec les bribes d’information qui nous parviennent, on peut penser qu’il ne s’agit pas des très pauvres qui sont à la pointe du mouvement. Ce sont les catégories moyennes et modestes qui semblent insérées dans la vie active. Le profil des personnes arrêtées ne correspond pas à celui des chômeurs de longue durée ou des SDF. Ce ne sont pas non plus des cadres supérieurs. Dans tous ces débats, il ne faudrait pas oublier les pauvres. Les intérêts des plus pauvres ne sont pas forcément convergents avec les intérêts des « Gilets jaunes ». C’est quand même un mouvement antifiscal. Les prélèvements obligatoires financent les prestations sociales et ces dernières constituent une part importante des revenus des plus pauvres. Dans certaines revendications des « Gilets jaunes », on retrouve des critiques liées à « l’assistanat » mais je pense qu’il faut faire attention à cette rhétorique.

Quels sont les facteurs qui peuvent expliquer cette colère ?

Les niveaux de vie de ces catégories mobilisées ont stagné depuis 10 ans. Il y a eu un coup d’arrêt en 2008 à la suite de la crise contrairement aux années 90 et le début des années 2000. Beaucoup de gens en France ont le sentiment que les chances d’ascension sociale sont devenues limitées et que la situation de leurs enfants ne va pas s’améliorer par rapport à la leur. C’est le sentiment que, dans cette société, les chances d’évolution sont devenues extrêmement faibles. L’autre facteur important à observer est celui des dépenses pré-engagées. C’est-à-dire les dépenses qui sont contraintes comme le logement, les assurances, les abonnements et qui représentent une part importante du budget des ménages. La part de ces dépenses contraintes dans le budget des ménages a tendance à augmenter pour les foyers au revenu modeste. Les gens peuvent avoir le sentiment d’avoir un contrôle de plus en plus faible sur leur choix personnel. La hausse des taxes sur l’essence et le fioul a eu un effet dévastateur. Cette fiscalité n’est pas statistiquement comprise dans les dépenses contraintes. Mais pour beaucoup de personnes, elles sont perçues comme des dépenses pré-engagées. Cela peut engendrer de la frustration et de la colère.

Est-ce un mouvement social inédit ?

Oui, ce mouvement me semble totalement inédit. C’est un mouvement non-institutionnel et anti-institutionnel. Il n’est pas incarné par une institution représentative de la société. C’est un mouvement spontané qui s’est diffusé par le biais des réseaux sociaux. C’est à la fois une force du mouvement parce qu’il y a ce côté spontané de l’expression directe qui ne transite pas par des représentants.

En revanche, ce mouvement peine à dresser un catalogue de revendications homogènes qui puissent être négociées avec les pouvoirs publics et ils peinent également à désigner des représentants légitimes. C’est une faiblesse particulière de ce mouvement. Il est dans l’incapacité de négocier et la construction d’un débouché politique devient très compliquée. Le gouvernement ne sait d’ailleurs pas comment négocier avec les « Gilets jaunes » qui ont un catalogue de demandes hétéroclites, parfois irréalistes et n’ont pas de représentants légitimes.

Des lycéens ont procédé à des blocages d’établissements ce matin, pensez-vous que la contagion peut encore s’accentuer?

Il ne faut pas généraliser ces blocages à l’ensemble des lycéens. Il y a eu une centaine d’établissements qui ont été bloqués. Ce qui reste pour l’instant minoritaire. Est-ce que le mouvement peut s’étendre ? Il est difficile de répondre pour le moment. Je ne vois pas de solidarité massive et spontanée entre les lycéens et les « Gilets jaunes ». A priori, il n’y pas de convergence évidente de leurs intérêts.

En revanche, le grand danger pour le gouvernement est qu’il arrive un accident grave à un jeune. Cela peut embraser la situation. Il y a dans une partie de la jeunesse un potentiel de violence et de radicalité. Dans une récente enquête sur les lycéens, on avait vu qu’il y avait une partie de lycéens, certes minoritaire, qui n’arrivent pas à justifier des comportements violents pour défendre des idées. Il y a une autre minorité qui trouve acceptable de bloquer les lycées.

Pour le moment, la jeunesse des cités est à l’écart de ce mouvement comme la partie la plus pauvre de la population. Les cartes indiquent qu’il y a, par exemple, eu très peu de barrages en Seine-Saint-Denis alors que c’est le département le plus pauvre de France métropolitaine. Il y a chez les lycéens et les étudiants une minorité politique radicale qui cherche à lancer des mouvements, à les fédérer et à entraîner le plus grand nombre dans ce type de contestation. C’est assez facile de bloquer un établissement. Ce sont souvent des minorités qui le font.

Les réponses du gouvernement, notamment celle sur la fiscalité carbone, vous paraissent-elles suffisantes pour apaiser la colère des « Gilets jaunes » ?

Le recul du gouvernement est relativement fort avec un manque à gagner de plusieurs milliards pour les finances publiques. Cette décision de l’exécutif peut entraîner deux réactions. D’un côté, il peut y avoir un apaisement, voire un arrêt des mobilisations. D’un autre côté, ce premier pas peut inciter les manifestants à vouloir poursuivre pour en obtenir plus.

La revalorisation du Smic et le rétablissement de l’impôt sur la fortune (ISF) pourraient-ils contribuer à apaiser les tensions ?

Si le gouvernement revalorise le salaire minimum et rétablit l’ISF, il renonce à sa politique. La hausse du Smic peut représenter un risque sur le plan économique. Le comité d’experts sur le Smic répète que cette augmentation pourra créer du chômage supplémentaire pour les jeunes peu qualifiés, par exemple. Je ne vois pas le gouvernement s’engager dans cette voie. Quant à l’ISF, Emmanuel Macron a annoncé qu’il ne voulait pas renoncer. C’est un symbole de la politique de l’offre du macronisme. S’il renonce à cette mesure, ce serait un revirement politique et économique important. Cette décision de supprimer l’ISF a eu un impact psychologique énorme et a beaucoup desservi le gouvernement. Cela a alimenté le thème du « président des riches ». Surtout que cette suppression s’est faite au même moment que l’augmentation de la CSG pour les retraités alors qu’ils faisaient partie de son électorat. Même s’il y a eu des exonérations, des retraités au niveau de revenu modeste ont été pénalisés.

Taxe carbone : une erreur écologique et économique

Taxe carbone : une erreur   écologique et économique

 

En mal de reconnaissance, les économistes qui ont été presque tous nourris au lait du néo libéralisme ont donné une légitimité pseudo scientifique à la taxe carbone. Il s’agit d’abord d’une récupération indécente d’une question sociétale qui ne peut évidemment être seulement et prioritairement régulée par la fiscalité et les prix. Le signal prix cher aux économistes ultra libéraux constitue une sorte de récupération par les mécanismes de marché de la problématique environnementale. L’argumentation consiste à affirmer qu’il convient de limiter les émissions polluantes en leur donnant un prix afin de favoriser la seule régulation marchande. Si l’économie de marché est encore la meilleure chose (ou la moins pire) pour équilibrer l’offre et la demande,  il en va différemment lorsqu’il s’agit des champs sociétaux environnementaux. Certes on peut comprendre l’absolue nécessité d’une transition écologique notamment dans le domaine du transport. Encore faudrait-il qu’il existe une alternative pour permettre le changement de comportement. Or une politique des transports ne peut se conduire que sur le long terme pour  développer à la fois les transports collectifs, le concept du véhicule individuel et son utilisation. En l’absence de ces conditions,  la fiscalité dite écologique se réduit à un impôt classique qui au demeurant vient en plus affecter  le pouvoir d’achat, donc la croissance et l’emploi. Notons aussi que ces mesures carburant touche surtout les moins favorisés qui ne peuvent pas disposer d’une liberté d’horaire pour prendre un autre moyen de transport que leur véhicule individuel. Il y a évidemment d’autres moyens de réguler que l’arme de la fiscalité et des prix : la régulation par les normes et le développement système alternatif. Mais dans le contexte actuel des transports,  la fiscalité écologique constitue une fumisterie environnementale qui n’a d’autre objet que de donner une fausse légitimité scientifique à un impôt qui va se perdre dans le trou du budget. Faudrait-il rappeler aux économistes que leur science, certes utile,  n’est pas très exacte, qu’elle est même souvent approximative. Pour preuve, la majorité des grandes ruptures n’ont pas été prévues par la plupart  de ces experts. Par exemple, la prochaine chute de la croissance française assommée par la fiscalité notamment sur le carburant. Un conseil aux brillants économistes, qu’ils fassent  l’expérience de la gestion d’une petite épicerie pendant six mois pour vérifier leurs concepts !

 

 

«Gaulois réfractaires» de Macron : «une erreur» et…. un manque de culture

«Gaulois réfractaires»  de  Macron : «une erreur» et…. un manque de culture

Excuses maladroites et explications confuses de Macron à propos des gaulois réfractaires au changement. Ce n’est pas seulement une erreur mais un manque évident de culture. Contrairement à l’image qu’il veut donner, Macon ne s’appuie pas sur une culture très universelle. Par ailleurs, il se veut le grand réformateur économique mais la réalité c’est qu’il n’a aucune formation dans ce domaine même s’il a essayé de bricoler son CV. Ces études assez brillantes se confinent au domaine littéraire et enfin à l’ENA il est connu qu’on n’apprend à peu près rien sinon à ne pas répondre aux questions qui peuvent être posé par des contestataires de préfecture. Macron n’est pas un expert en économie il a seulement passé un court moment chez Rothschild en raison du carnet d’adresses des énarques qui monopolisent les postes dans l’administration, la politique et les entreprises privées. Macron a commis une grande maladresse pédagogique en profitant une nouvelle fois d’un voyage à l’étranger pour critiquer son propre pays. Une erreur diplomatique mais aussi politique.  Quant à ses références aux gaulois réfractaires, c’est une contrevérité totale.  En effet les gaulois défaits par les Romains ont complètement assimilé les techniques, le cadre juridique et même la langue de Rome pour constituer la société gallo-romaine.  Il y a peu d’exemples d’une telle assimilation et d’une telle capacité à évoluer. L’histoire n’est pas non plus le domaine de prédilection de Macron qui en réalité est un pur produit de cet oligarchie sans vision gavée au marketing politique et aux discussions de salon. Pour preuve de cette excuse très alambiquée cette déclaration très vaseuse : « C’était une erreur de le réduire comme ça, parce que ça nourrit toutes ces espèces de confusions. Si je pensais que nous n’étions que ça, et je me suis mis dedans, ce serait stupide. Je n’aurais pas cherché à être président…. Qu’est-ce que j’ai voulu dire en disant ça? J’opposais le Gaulois réfractaire au luthérien bien ordonné. C’est de dire qu’il y a une identité des peuples », s’est expliqué le chef de l’État dans son entretien à TMC. « Et donc c’est de dire: moi je crois que chaque peuple a son identité, mais cette identité se construit dans un dialogue avec les autres, dans le respect de nos valeurs. » « Nous sommes Français, nous avons des spécificités : des choix, un droit, une histoire, une langue qui n’est pas la même que les autres », a-t-il ajouté. Une vraie explication de représentant en aspirateurs !

 

Europe : l’erreur de l’élargissement (Macron)

 Europe : l’erreur de l’élargissement (Macron)

Sans doute déçu du manque d’enthousiasme de l’Allemagne  pour réformer l’Europe et en particulier la zone euro, Macron a vivement attaqué le declin du projet européen depuis 15 ans. Justement la date à laquelle a été réalisée un élargissement significatif aux pays de l’EST. Or ses pays de l’Est ont tendance aujourd’hui à se replier sur eux même voire à s’opposer à toute vision européenne commune. Cet élargissement a surtout été encouragé par l’Allemagne qui aujourd’hui renâcle pour faire évoluer l’Europe vers davantage intégration. Macron a clairement situé le point tournant au printemps 2004, quand l’ouverture à l’Est a porté l’UE de 15 à 25 membres, Hongrie comprise: «Les quinze dernières années ont montré un chemin qui a affaibli l’Europe en pensant l’élargir», a dit Emmanuel Macron. Les réticences de l’Allemagne en matière d’intégration européenne s’ajoutent à la ferme opposition des pays de l’Est mais aussi aux doutes des pays du nord. à Au début de l’année,  huit Etats du nord de l’Europe advient déclaré  que les réformes de la zone euro doivent porter avant tout sur l’achèvement de l’union bancaire, l’amélioration du respect des règles budgétaires et la mise en place d’un Fonds monétaire européen, et qu’il faut remettre à plus tard des plans plus ambitieux de Macron. Ces pays, l’Estonie, la Lituanie, la Lettonie, la Finlande, l’Irlande, les Pays-Bas, le Danemark et la Suède, ces deux derniers pays ne faisant pas partie de la zone euro, font référence aux propositions de la France visant à renforcer l’intégration de la zone euro. La France propose notamment un budget commun à la zone euro et un ministère commun des Finances. Il faut se concentrer sur les domaines où les Etats membres sont proches d’un compromis, comme par exemple l’achèvement de l’union bancaire, estimaient les signataires. » Il y a des réformes plaisantes, comme un ministère des Finances commun, mais elles ne résolvent pas les véritables problèmes.  La vérité c’est qu’aujourd’hui Macron est très isolé sur ses positions qu’il s’agisse des reformes d’ intégration de la zone euro ou même des réactions à avoir suite à la dénonciation par Trump de l’accord nucléaire ou des négociations commerciales avec les Etats-Unis. A Sofia les chefs d’Etats on affiché une unité de façade qui cache mal les divergences dans de nombreux domaine y compris entre la France et l’Allemagne.

Mépriser les syndicats : une lourde erreur de Macron

Mépriser les syndicats : une lourde erreur de Macron

 

On conviendra sans difficulté que les syndicats ne sont pas sans défaut. Ils sont peu représentatifs et finalement pèsent peu sur les orientations économiques et sociales. Pour autant,  leur rôle est utile voire indispensable en tant que moyens d’intermédiation entre les salariés, l’Etat et le patronat. De très nombreux accord signés dans les entreprises et avec le gouvernement en témoignent. Macron se comporte vis-à-vis des syndicats comme avec l’opposition politique, c’est la stratégie du bulldozer. Macron a écrasé l’opposition, il veut écraser les syndicats. Pour preuve ses provocations permanentes au lieu de rechercher l’apaisement. La mort programmée des syndicats classiques n’est pas une hypothèse à écarter  mais il faudra aussi en mesurer les conséquences car comme en politique les « résistants » se réfugieront dans la radicalité de mouvements extrêmes. Des mouvements à la fois très corpos  et beaucoup plus durs.  Pas sûr que l’économie et la société toute entière y gagnent. En outre, il est dangereux  de vouloir humilier un adversaire. Au contraire, comme en Allemagne, tout devrait militer pour la recherche de compromis via la négociation. Ce qui supposerait d’associer davantage les syndicats à la gestion afin qu’ils s’approprient davantage la problématique économique macro ou micro. Au total la stratégie de Macron constitue une sorte de machine à fabriquer du mécontentement et  de la radicalité. On est loin de la promesse de réunir les différentes composantes du pays. La jeunesse de Macron  et posture un peu hors sol sont largement responsable de cette situation conflictuelle qui va à terme miner le climat socio-économique.

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