Archive pour le Tag 'enseignants'

Salaires des enseignants : comparer ce qui est comparable

Salaires des enseignants : comparer ce qui est comparable

 

« Il est indéniable qu’un enseignant allemand gagne plus que son homologue français, mais les réalités sont différentes », rappelle Timothée Pirard, (Timothée Pirard, Münster (Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Allemagne) (extrait)

 

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Anne Hidalgo vient de relancer le débat sur la rémunération des enseignants français, ce qui entraîne à chaque fois des comparaisons avec les grilles de salaires en Allemagne. Mais au-delà du salaire, la vie professionnelle des enseignants allemands est très différente de celle de leurs collègues français.

Formation et recrutement. Les enseignants allemands sont tous bivalents : ils doivent pouvoir enseigner deux matières. Comme l’université allemande est le seul centre de formation des futurs enseignants (il n’existe pas de système de grandes écoles comme en France), cela veut dire que tous les enseignants ont réussi deux masters à l’université, un dans chaque matière.

La bivalence rend le recrutement compliqué : il faut trouver le bon candidat pour les deux bonnes matières. C’est seulement une fois recruté, et après une dernière période d’essai (qui peut durer plusieurs années) ainsi qu’une visite médicale, que le candidat peut enfin être titularisé, devenir fonctionnaire et ainsi prétendre aux rémunérations promises par les candidats aux élections françaises. Pour un étudiant qui aurait fait ses études dans les temps et réussi son stage du premier coup, cela ne peut avoir lieu avant ses 27 ou 28 ans. Ce système conduit au fait qu’en Allemagne, il y a des enseignants au chômage : ils ont les qualifications nécessaires mais ne trouvent pas de poste adapté.

Les enseignants donnent 27 ou 28 heures de cours de 45 minutes, c’est-à-dire 21 heures effectives devant les élèves. Il vaudrait mieux dire qu’il s’agit de 14 séances d’une heure et demie, quand on sait que la vie d’un enseignant est rythmée par le nombre de cours qu’il donne (et donc de préparation différente) plus que par leur durée.

Mais la différence essentielle entre la France et l’Allemagne dans le fonctionnement des établissements scolaires est qu’il n’existe pas en Allemagne de service de vie scolaire. Autrement dit, c’est le proviseur ou le principal et les enseignants qui assurent, en plus de leurs tâches, celles qui incombent au conseiller principal d’éducation (CPE) et aux surveillants en France.

Toutes les difficultés quotidiennes de l’école – comme la discipline ou les problèmes sociaux des élèves – doivent être réglées par une équipe d’adultes assez restreinte. Ce qui veut dire aussi qu’en cas d’absence d’un collègue, il faut le remplacer au pied levé puisqu’il n’y a pas de permanence surveillée par un assistant d’éducation. L’enseignant allemand, qui arrive à 7h30 dans son établissement, ne sait jamais combien d’heures il fera dans sa journée, ni à quelle heure il pourra partir. L’obligation de présence en dehors des heures d’enseignement est une évidence.

La relation avec les élèves et leurs parents est aussi beaucoup plus étroite, puisqu’il n’y a pas cette instance tampon qu’est la vie scolaire. Les parents d’élèves sollicitent sans cesse les enseignants pour des rendez-vous, et il n’est pas rare qu’ils aient leur numéro de téléphone portable. La familiarisation des élèves avec leur établissement passe aussi par des manifestations extra-pédagogiques, comme le fait de passer une nuit au collège, en camping dans le gymnase par exemple, surveillé, derechef, par les enseignants. La répartition des élèves dans les établissements obéissant moins à une logique de carte scolaire qu’en France, les établissements sont tous en concurrence : les manifestations de type « portes ouvertes » sont donc très fréquentes le samedi.

Il est indéniable qu’un enseignant allemand gagne plus que son homologue français, mais les réalités sont différentes. Ajoutons à cela que l’âge de départ à la retraite en Allemagne est maintenant à 67 ans et les pensions sont calculées sur toute la carrière : elles représentent donc environ 65 % du dernier salaire.

Timothée Pirard, Münster (Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Allemagne)

Enseignants : ce n’est pas seulement une question de salaire

Enseignants : ce n’est pas seulement une question de salaire

« Les problèmes liés à l’enseignement ne se situent pas seulement sur le plan pécuniaire. Depuis longtemps, le fossé ne cesse de se creuser entre sachants et apprenants », rappelle Claude Gisselbrecht dans Le Monde, tout en se disant favorable au projet de revalorisation des salaires des enseignants (extrait).

L’annonce d’Anne Hidalgo qui, dans son programme, a prévu de doubler le salaire des enseignants, a fait l’effet d’une bombe… à retardement, car ça fait des lustres que ce problème réapparaît à intervalles réguliers, et pas seulement avant chaque élection !

Lorsqu’on observe de plus près la rémunération des « profs », on s’aperçoit que la France se situe à la 9e place parmi les pays de l’OCDE, derrière le Luxembourg, l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Espagne, la Belgique, la Suède, le Portugal et l’Italie, juste devant la Pologne et la Grèce, notamment. C’est dire en quelle haute considération nous tenons celles et ceux qui sont censés divulguer le savoir et proposer à leurs élèves, futurs citoyens responsables, un avenir digne de ce nom… Au fil des années, hélas, leur mission est devenue de plus en plus complexe, pour des raisons essentiellement politico-économiques et sociétales.

Il est clair que les problèmes liés à l’enseignement ne se situent pas seulement sur le plan pécuniaire… Depuis longtemps, en effet, le fossé ne cesse de se creuser entre « sachants » et « apprenants », ces derniers disposant d’un nombre de plus en plus important de supports pour accéder à la connaissance… Et lorsqu’on ajoute à cela une part croissante d’individualisme exacerbé et un rejet de l’autorité, il n’est pas étonnant que les échanges de qualité restent le plus souvent lettre morte.

Et la maîtresse ou le maître dans tout ça ? Celle ou celui qui est au commencement, qui est à l’origine de vocations multiples, a peu à peu perdu peu de sa superbe… Le métier d’enseignant, outre les qualités pédagogiques qu’il requiert, ne peut s’exercer pleinement sans une once de talent, pour que l’envie d’apprendre ne se résume pas seulement à une transmission quelque peu routinière, voire stérile, au bout du compte.

On a tous en mémoire le souvenir de pédagogues fort investis et toujours convaincants pour qui la réussite de leurs « chères têtes blondes » était avant tout un devoir, un devoir républicain… Sans faire de passéisme de mauvais aloi, il serait souhaitable de retrouver, de part et d’autre, un peu de cette énergie et de cette complicité qui ont fait et font l’Ecole, et d’augmenter, bien sûr, les traitements de ces personnels qui se sentent encore trop souvent maltraités.

« Doublement du salaire des enseignants » : pas sérieux d’après Montebourg

« Doublement du salaire des enseignants » : pas sérieux d’après Montebourg

Il est clair qu’Anne Hidalgo a commis sa première erreur politique comme future candidate à l’élection présidentielle avec sa proposition un peu surréaliste de doublement des salaires des enseignants. Du coup même à gauche, la critique est sévère et Arnaud Montebourg qui se présente sans l’aval socialiste en a profité pour enfoncer la maire de Paris.

Invité de l’émission «On est en direct» sur France 2, l’ancien ministre du Redressement productif de François Hollande a raillé la proposition d’Anne Hidalgo de doubler les salaires des professeurs sur cinq ans«Personne n’y croit», a-t-il soupiré. «Et ça fait des dégâts chez les enseignants. Ils ont l’impression d’être des jouets électoraux», a déploré Arnaud Montebourg. Le candidat a voulu souligner qu’une telle proposition représentait «60 milliards» d’euros, soit «80% de l’impôt sur le revenu». «Donc personne ne peut le croire», a-t-il répété.

SALAIRES DES ENSEIGNANTS: salaire mini à 2000 EUROS ……D’ICI 2024

SALAIRES DES ENSEIGNANTS: salaire mini à 2000 EUROS ……D’ICI 2024

Les enseignants sont toujours aussi mal payés en France; pour preuve, le ministre de l’éducation nationale a fixé un objectif de « 2000 euros net minimum pour tout professeur en 2024″.

Interrogé sur le salaire des enseignants français, considéré comme l’un des plus bas en Europe, Jean-Michel Blanquer a déclaré qu’il « comprenait totalement » les enseignants français qui réclament une revalorisation de leur salaire.

« Il y a encore moins d’un an, c’était 1700 euros net par mois pour commencer sa carrière de professeur. Avec les mesures que nous prenons, en février 2022, ce sera 1869 euros net par mois », rappelle le ministre de l’Éducation .

Sondage Vaccination obligatoire des enseignants : 80 % des Français pour

Sondage Vaccination obligatoire des enseignants : 80 % des Français pour

Une large majorité des Français, selon une étude* Ifop pour le JDD se prononce pourtant en faveur de cette obligation. En effet, 71% s’y déclarent favorables – dont 44% de « tout à fait favorables » - contre 29% qui s’y affirment opposés. Malgré l’audience et l’exposition des plus réfractaires à la vaccination, il apparaît une nouvelle fois que la population prise dans son ensemble se prononce très majoritairement en faveur de la contrainte à propos du vaccin contre le Covid-19.

Les Antivax  se montrent évidemment unanimement opposés à la vaccination obligatoire des enseignants (93%).

 

* Enquête réalisée par l’Ifop pour le JDD les 20 et 21 juillet 2021 auprès d’un échantillon de 1.002 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Méthode des quotas, questionnaire autoadministré en ligne. La marge d’erreur se situe entre 1,4 et 3,1 points.

Enseignants : Blanquer promet une enveloppe de 700 millions pour les salaires

Enseignants : Blanquer promet une enveloppe de 700 millions pour les salaires

 

Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Éducation nationale, a annoncé le déblocage d’une enveloppe de 700 millions d’euros pour le budget 2022 afin de revaloriser les revenus des enseignants. Dans le détail, 400 millions d’euros seront consacrés à de nouvelles augmentations des rémunérations. Un effort conséquent après celui, identique, de 2021.

Quelque 100 millions d’euros permettront la montée en puissance des mesures déjà décidées l’an passé. « Et 200 millions d’euros seront consacrés à une protection sociale complémentaire de l’ensemble des personnels de l’Éducation nationale», a expliqué le ministre, mercredi, en fin d’après-midi, en conclusion du Grenelle de l’éducation à Paris, après trois mois de discussions et une cinquantaine de réunions dans des ateliers, chargés de réfléchir à la modernisation du ministère.

Qui bénéficiera de ces augmentations ? L’an dernier, le gouvernement avait fait le choix de cibler les enseignants les plus jeunes. Ces derniers ont obtenu en 2021 une augmentation de 100 euros nets mensuels. Ils vont la percevoir à la fin de ce mois.

L’objectif est toujours de tenter de rendre attractif le métier, et donc de continuer à augmenter les plus jeunes, qui accusent un salaire de 7 % inférieur à la moyenne des pays de l’OCDE. Mais les milieux de carrière, qui sont également désavantagés sur un plan salarial, pourraient aussi avoir droit à un coup de pouce. Les directeurs d’école devraient également voir leur prime annuelle de 450 euros augmenter.

La  répartition va se ­préciser au cours des discussions de juin avec les organisations syndicales. « L’objectif est de rejoindre le peloton de tête des pays de l’OCDE », a martelé le ministre. « Au global, cela porte à 1,1 milliard d’euros la somme accordée sur deux années à la revalorisation des enseignants», s’est félicité Jean-Michel Blanquer, saluant une avancée « inédite ». Idéalement, il souhaiterait que ces augmentations se poursuivent jusqu’à 2025, avec l’idée « qu’aucun enseignant ne doit gagner moins de 2000 euros en début de carrière ».

 

 

Vaccination des enseignants : encore retardée de nouveau

Vaccination des enseignants : encore retardée de nouveau

 

 

Encore une promesse de non tenu celle de la vaccination des enseignants qui devait intervenir en avril et qui ne pourra avoir lieu avant mi-juin. Pas avant les vacances scolaires. Le couperet est tombé mardi 6 avril, lors d’un échange en visioconférence entre Emmanuel Macron et des élèves de 3e du collège Itard à Oraison, dans les Alpes-de-Haute-Provence : les professeurs feront partie des publics prioritaires une fois la vaccination ouverte aux moins de 50 ans. Autrement dit, à la mi-juin, alors qu’Emmanuel Macron tablait, fin mars, pour le mois d’avril, expliquant qu’il fallait vacciner «matin, midi et soir».

 

 

Un report confirmé à demi-mot, jeudi 8 avril, par le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, à l’issue du Conseil des ministres hebdomadaire : «Je n’ai pas de date précise à vous annoncer aujourd’hui. Évidemment, notre premier objectif est de vacciner les personnes qui sont le plus à risque de développer une forme grave ou de décéder du Covid. (…) Une fois cet objectif atteint, alors que nous étendrons la vaccination au grand public, il y aura des campagnes de vaccination spécifiques pour des professions particulièrement exposées, comme les enseignants» a-t-il ainsi expliqué, à partir de 17 minutes et 50 secondes dans la vidéo ci-dessous. Le porte-parole s’est ainsi contenté d’un «objectif» à atteindre «dans les prochaines semaines».

 

Et macro comme d’habitude de s’emmêler les pinceaux dans ses contradictions. «D’un point de vue de santé publique, il n’y aurait aucun sens à vacciner un enseignant de 30 ans en priorité sur ses parents de 70 ans – ce serait même un contresens sanitaire», a-t-il dit dans une usine qui embouteille des vaccins Pfizer/BioNTech. «À partir du moment où on ouvrira la vaccination aux moins de 55 ans, on aura une politique de priorisation de certaines professions, au premier rang desquelles nos enseignants», a-t-il aussi confirmé.

Vaccination enseignants :«mi-avril probablement» ? Encore une promesse !

Vaccination enseignants :«mi-avril probablement» ? Encore une promesse !

 

Encore une promesse de coiffeur de la part du ministre de l’éducation qui indique la vaccination des enseignants débuterait à mi avril. En clair d’ici 10 jours. Les vaccinations de l’ensemble du personnel enseignant et non enseignant devraient être terminées en deux mois. Rappelons que les effectifs représentent environ 900 000 enseignants et 300 000 non enseignants.

Cette promesse fait suite à d’autres qui ne seront sans doute pas davantage honorer.

Dans une allocution télévisée le 31 mars, le président Emmanuel Macron a aussi annoncé que la vaccination serait élargie à toutes les personnes âgées de plus de 60 ans le 16 avril, puis à toutes celles de plus de 50 ans le 15 mai. Il avait aussi parlé d’une «stratégie spécifique» pour «toutes les professions les plus exposées», en particulier les enseignants.

 

Enseignants-chercheurs :  » la pauvreté de la recherche « 

Enseignants-chercheurs : «  la pauvreté de la recherche « 

Un collectif de professeurs et chercheurs, titulaires ou vacataires, parmi lesquels Philippe Corcuff, Eva Debray, Caroline Déjoie, Ivan Sainsaulieu, tire, dans une tribune au « Monde », le signal d’alarme sur le niveau de précarité atteint actuellement dans l’université. Ils s’interrogent pour savoir si l’amour de la recherche serait-il payant ?

Tribune. 

 

En queue de peloton pour les vaccins, la recherche en France pâtit aussi d’une ambiance malsaine. Certes, nombre de collègues se dévouent à leur métier sans compter leurs heures ni leurs efforts. Mais cet engagement vertueux dissimule un cercle vicieux : l’inégalité de traitement ne fait que s’accroître entre titulaires et précaires, de plus en plus contraints au travail gratuit.

Quantitativement, le fossé se creuse : le nombre de postes diminue tandis que le nombre de candidats et candidates s’accroît. En 2017, on comptait 110 000 enseignants vacataires, contre 130 000 aujourd’hui, qui assurent à eux seuls 40 % des enseignements à l’université.

En vingt ans, la diminution du nombre de postes de maître de conférences (MCF) mis au concours a été drastique (− 65 %) : nous sommes passés de 3 000 par an à la fin des années 1990, à 1 200 ces dernières années. Parallèlement, le nombre d’étudiants et d’étudiantes dans les universités a augmenté de 15 %.

Qualitativement, les relations se détériorent, la dissymétrie augmente car, pour compenser le manque de postes, le travail dissimulé s’accroît. On recourt aux services de moins en moins rémunérés et même gratuits de doctorants ou docteurs sans poste pour boucher les trous, surveiller et corriger des examens, organiser des colloques, gérer des revues, animer la vie de leur laboratoire.

Les situations et le degré de rémunération sont variés, mais il s’agit souvent pour un non titulaire d’accepter toutes sortes de vacations sous-payées (sous le smic horaire) pour éponger les déficits structurels. Certains s’épuisent à joindre les deux bouts, et il leur faut encore « produire » des publications pour rester dans la course. Juridiquement, le non-titulaire peut se retrouver ainsi tour à tour bénévole, contractuel (à formes multiples), voire auto-entrepreneur, avec zéro cotisation sociale.

Mais le long terme aussi a changé : traditionnellement, le non-titulaire pouvait espérer une compensation plus tard, en devenant titulaire à son tour, le mérite aidant. Mais le processus est de plus en plus sélectif, l’avenir de plus en plus bouché. La structure institutionnelle, l’autonomie des universités, permet aux autorités locales de varier dans les justifications à apporter aux étudiants.

La structure sociale s’en mêle aussi, pour aider les uns à tenir, qui trouvent le temps de franchir les obstacles, et pousser les autres à abandonner, rattrapés par les contingences matérielles. L’aspect psychologique n’est pas négligeable : une sorte d’emprise perverse se développe sur le précaire, incité à rester pour maintenir un système déficient. Que deviendraient en effet les alpinistes sans les sherpas ?

Islamo gauchisme : Deux enseignants désignés à la vindicte populaire

Deux enseignants désignés à la vindicte populaire

 

Les chercheurs patentés influencés sinon terrorisés par les minorités extrémistes ont affirmé que l’islamo  gauchisme n’était pas un concept à caractère scientifique, bref il n’existerait  pas du point de vue académique. Pourtant,  la réalité continue de faire des ravages à travers la dénonciation publique de personnes accusées d’islamo phobie. C’est encore le cas de l’enseignant de l’IEP de Grenoble. Avec des pancartes diffusées aussi par le syndicat gauchiste de l’UNEF, une organisation de plus en plus politisée et de moins en moins syndicale.

Les deux enseignants nullement coupables des faits qu’on leur reproche se retrouvent sous protection policière. Ce que rappelle le Figaro. Le syndicat étudiant de gauche, plusieurs fois mis en cause pour des positions controversées ces derniers mois, est cette fois-ci accusé d’avoir «collé une cible dans le dos» de deux enseignants de l’IEP de Grenoble. «L’attitude de l’UNEF a été déplorable (…). Quand on a eu dans notre pays une alerte aussi puissante, aussi violente que la décapitation d’un enseignant pour le seul fait d’avoir enseigné et que certains syndicats étudiants mettent des cibles dans le dos d’enseignants sur des accusations prétendues d’islamophobie (…). Il y a une responsabilité majeure de l’UNEF et j’espère qu’elle sera recherchée et poursuivie», a accusé hier Aurore Bergé, députée En Marche, au micro de Sud Radio. Sur Twitter, certains, comme le parlementaire européen Gilbert Collard ou le syndicat étudiant UNI, sont même allés jusqu’à demander la dissolution de l’UNEF.

Un autre ancien militant raconte également ce changement idéologique de l’UNEF. «Il y a eu un basculement progressif du social vers le sociétal. L’UNEF a commencé à s’intéresser à la transphobie, à la non-mixité, à l’hétéronormativité. Il y avait aussi une véritable obsession pour la cause palestinienne et un antisionisme très important. Elle s’est éloignée petit à petit de la question des étudiants et a eu de moins en moins d’adhérents», se souvient-il. Avant de franchir un cap lors de la présidence de François Hollande, entre 2012 et 2017. «À cette période, les tendances minoritaires d’extrême gauche ont pris du poids et se sont montrées virulentes envers la majorité nationale. William Martinet, président du syndicat à l’époque, ne voyait plus comment maintenir l’unité en interne. Il y a eu une véritable radicalisation», témoigne cet ancien.

C’est à ce moment-là que l’UNEF commence à perdre du poids dans les universités. En 2016, elle perd sa place de première organisation étudiante de France, au profit de la Fédération des associations générales étudiantes (Fage). Et commence ainsi à vouloir nouer de nouveaux partenariats, pour ne pas se laisser distancer. Elle s’allie notamment, sur certains campus au mouvement des Étudiants musulmans de France (EMF). C’est par exemple le cas à Lyon 3 ou dans d’autres universités, où les deux organisations font liste commune pour les élections étudiantes. Mais l’EMF, créée en 1989 aurait, selon une enquête publiée il y a quelques semaines sur Le Figaro, des liens très forts avec l’Union des organisations islamiques de France (UOIF).

 «L’EMF est une antenne satellite des Frères musulmans français. Cette organisation a été créée par les islamistes politiques pour occuper le terrain estudiantin. Ils veulent investir tous les champs de la société, et la jeunesse est le nerf de la guerre», affirmait par exemple le militant universaliste et laïque Naëm Bestandji. Des accusations que confirmait dans cette même enquête Mohamed Louizi, ancien cadre de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF). L’essayiste, qui a fait partie des Frères musulmans pendant plusieurs années, a également été un cadre de l’EMF. «Cette association étudiante, qui peut ressembler à bien des égards à de nombreuses organisations, est en réalité le bras des Frères musulmans à l’université. Ces établissements sont des laboratoires d’idées: tous les débats que l’on voit aujourd’hui au sujet de la laïcité, du voile, toutes les revendications communautaristes prônées par les Frères musulmans ont déjà été abordés dans des congrès étudiants dans les années 1991-1992», expliquait-il.

Enseignants : protestation contre les recrutements « au rabais »

Enseignants : protestation contre les  recrutements « au rabais »

Une trentaine d’associations d’enseignants remet en cause les conditions de recrutement qui considère au rabais dans les orientations retenues par le gouvernement. (Tribune dans le JDD)

La tribune

 

« Le ministère de l’Education nationale vient de publier un arrêté réformant, pour la troisième fois en une dizaine d’années, le recrutement et la formation des professeurs de collèges et lycées. S’il est bien des constats communs à tous les formateurs dans nombre de matières, c’est l’actuelle faiblesse de beaucoup de candidats dans les connaissances académiques et la perte d’attractivité des métiers d’enseignement. Cette réforme y répond-elle? Assurément pas. Les universités et les instituts nationaux supérieurs du professorat et de l’éducation (Inspe), en charge de la formation des futurs enseignants et de la préparation des concours des Capes et Capet, sont sommés d’improviser des maquettes applicables dès la rentrée de septembre 2021. Cette précipitation reflète un constat lourd de conséquences : celui du refus ministériel de discuter sereinement d’une réforme majeure pour l’avenir de la jeunesse et du système éducatif, donc pour la société tout entière.

Les premières victimes en seraient les élèves et les jeunes enseignants, sacrifiés sur l’autel de la rigueur budgétaire

Deux nouveautés sont particulièrement inquiétantes, dans les épreuves des Capes et Capet et dans l’organisation des deux années de master MEEF qui préparent à ce concours. Une épreuve orale à fort coefficient consistera désormais en un entretien de motivation non disciplinaire, qui aboutira sans doute à la récitation mécanique et creuse d’une leçon de morale civique, réduisant d’autant la possibilité d’évaluer les connaissances que le futur professeur devra transmettre à ses élèves, et ce dans l’ensemble des disciplines qu’il devra enseigner. Par ailleurs, dans la nouvelle organisation du master, les étudiants devront, au cours de la deuxième année, cumuler la préparation du concours, la rédaction d’un mémoire de recherche, et un stage très lourd devant plusieurs classes, alors que jusqu’à présent ce stage s’effectuait une fois le concours obtenu, laissant à l’enseignant en formation le temps et la disponibilité pour apprendre véritablement le métier. Cela offrirait au ministère de gros bataillons de stagiaires scandaleusement sous-payés – peut-être est-ce là la vraie raison, purement comptable, de cette réforme – mais mettrait devant les élèves des enseignants dont le niveau disciplinaire n’aurait pas encore été évalué, et dont la charge de travail rendrait impossible l’investissement nécessaire dans la préparation des cours et l’apprentissage du difficile métier d’enseignant. Les premières victimes en seraient les élèves et les jeunes enseignants, sacrifiés sur l’autel de la rigueur budgétaire.

Ne nous y trompons pas : ces changements, qui peuvent apparaître techniques, mineront en profondeur la qualité de l’enseignement qui sera offert aux futures générations. Les professeurs n’exercent pas un métier comme les autres : ils forment les adultes et les citoyens de demain. Ils sont porteurs d’un savoir qu’ils transmettent à leurs élèves, souvent avec passion, et ce savoir doit plus que jamais être défendu comme une valeur centrale de l’enseignement, à l’heure où il est menacé de toutes parts par des ‘vérités alternatives’ portées par des groupes et des individus prêts à les imposer par la violence et même le crime. Ce savoir ne s’oppose pas à l’apprentissage de la didactique, mais est au contraire le socle indispensable d’une pédagogie solide qui permet au professeur de transmettre les connaissances et de former à l’esprit critique les futurs citoyens. Affaiblir le premier au prétexte de renforcer le second, au nom d’une professionnalisation mal pensée, prétexte depuis si longtemps à tous les mauvais coups portés à la formation des enseignants, est une absurdité qui ne conduira qu’à affaiblir cet équilibre nécessaire.

Nous demandons que cette réforme mal préparée soit reportée et qu’une nouvelle version des arrêtés soit précédée d’une authentique concertation avec tous les acteurs du secteur éducatif

Quels professeurs voulons-nous pour les générations de demain? Des techniciens de l’enseignement, formés et évalués suivant un système de compétences transdisciplinaires qui tendent à se substituer aux contenus et méthodes de nos disciplines, immédiatement employables et à qui l’on demandera simplement de restituer un savoir officiel, dûment contrôlé? Ou des professeurs maîtrisant pleinement leurs savoirs et capables à partir de là de construire une pédagogie adaptée à leurs élèves? En amputant drastiquement la part de contrôle des connaissances dans les épreuves du Capes et du Capet, en réduisant la formation disciplinaire des futurs enseignants, en sacrifiant leur année de stage pour faire des économies budgétaires, le ministère a fait un choix lourd de conséquences, qui n’a pas fait l’objet d’un débat public contradictoire. L’enjeu est aussi celui de l’attractivité du métier d’enseignant pour les étudiants, du rôle de l’Université dans la formation des maîtres et celui de la revalorisation symbolique et matérielle des professeurs. Recruter au rabais, qu’est-ce promettre à la jeunesse?

C’est pourquoi nous demandons que cette réforme mal préparée soit reportée et qu’une nouvelle version des arrêtés soit précédée d’une authentique concertation avec tous les acteurs du secteur éducatif, et non imposée à la va-vite dans le contexte de crise sanitaire actuel. »

 

Les signataires :

1.      Association des Formateurs des Professeurs de SVT (AFPSVT)

2.      Association Française d’Etudes Américaines

3.      Association française de sociologie (AFS)

4.      Association des germanistes de l’enseignement supérieur (AGES)

5.      Association des historiens contemporanéistes de l’enseignement supérieur et de la recherche (AHCESR)

6.      Association des historiens modernistes des universités françaises (AHMUF)

7.      Association des Professeurs d’Archéologie et d’Histoire de l’art des Universités (APAHAU)

8.      Association des professeurs de biologie et de géologie (APBG)

9.      Association des professeurs d’éducation musicale (APEMU)

10.  Association des professeurs d’histoire et géographie (APHG)

11.  Association des Professeurs de Langues Anciennes de l’Enseignement Supérieur (APLAES)

12.  Association des professeurs de langues vivantes (APLV)

13.  Association des professeurs de lettres (APL)

14.  Association des professeurs de mathématiques de l’Enseignement public (APMEP)

15.  Association des professeurs de philosophie de l’Enseignement public (APPEP)

16.  Association des professeurs de sciences économiques et sociales (APSES)

17.  Association des professeurs de sciences médico-sociales (APSMS)

18.  Comité National Français de Géographie (CNFG)

19.  Coordination Nationale des Associations Régionales des Enseignants de Langues Anciennes (CNARELA)

20.  Sauver les Lettres

21.  Société des Anglicistes de l’Enseignement Supérieur (SAES)

22.  Société d’études anglo-américaines des XVIIe et XVIIIe siècles

23.  Société française d’études irlandaises (SOFEIR)

24.  Société Française des Microscopies (Sfµ)

25.  Société française de philosophie

26.  Société Française de Physique (SFP)

27.  Société Française de Statistique (SFdS)

28.  Société des historiens médiévistes de l’enseignement supérieur public (SHMESP)

29.  Société des langues néolatines (SLNL)

30.  Société Mathématique de France

31.  Société des professeurs d’histoire ancienne de l’université (SoPHAU)

32.  Union des professeurs de Physiologie, Biochimie et Microbiologie (UPBM)

33.  Union des professeurs de physique chimie (UdPPC)

Réforme de la formation des enseignants : un risque de dévalorisation

Réforme de la formation des enseignants : un risque de dévalorisation

La réforme du concours de recrutement des professeurs diminue « l’évaluation des connaissances scientifiques du candidat par rapport aux exercices de pratiques professionnelles » estime, dans une tribune au « Monde », le professeur d’histoire en lycée Thibaut Poirot

L’arrêté précisant les futures modalités de recrutement des enseignants était attendu depuis plus d’un an. Il est tombé vendredi 29 janvier alors que l’éducation nationale est l’arme au pied face à la pandémie, et que l’enseignement supérieur ne sait pas comment faire revenir des étudiants touchés de plein fouet par la crise. Le 29 janvier, l’éducation nationale a sabordé son principal outil de recrutement : le capes, concours de recrutement des professeurs de collège et de lycée.

Lire aussi : Grenelle de l’éducation : « Une réforme nécessaire mais périlleuse des concours enseignant »

Pourquoi ce sabordage ? Parce que cet arrêté diminue profondément, entre autres par le jeu des coefficients de chaque épreuve du concours, l’évaluation des connaissances scientifiques du candidat par rapport aux exercices de pratiques professionnelles. Pour le cas de l’histoire-géographie par exemple, la part stricte du « disciplinaire » ne tient plus qu’en une seule épreuve à l’écrit. Autrement dit : le candidat ne sera pas pleinement évalué sur ses capacités scientifiques en géographie quand une dissertation d’histoire tombera. La « leçon » donnée par le candidat pour être admis à l’oral évaluera par ailleurs beaucoup moins ses connaissances scientifiques que la conception d’un cours. Peut-on cependant savoir faire cours devant un jury quand on n’a jamais exercé ?

« Vieille lune ! », « position conservatrice ! », « combat d’arrière-garde ! » va-t-on me répondre. Pourquoi donc faudrait-il connaître sa discipline ? Parce qu’un pédagogue ne se construit qu’à partir de sa capacité à analyser ses pratiques au regard du savoir qu’il transmet. Non, un professeur n’est pas qu’un transmetteur de compétences ou de « valeurs ». Il est aussi et surtout un concepteur de son métier, un artisan d’un savoir en train d’évoluer.

Un enseignement borné

Ce sont les réflexes de recherche, les bonnes habitudes des concours, à manier des supports multiples, à croiser des sources diverses qui font le professeur. Un professeur peu solide sur ses compétences disciplinaires en entrant dans le métier ne fera que répéter des vulgates, et souvent des vulgates fausses. Combien de mauvais manuels dans différentes disciplines, en lettres, en histoire-géographie, en mathématiques, contiennent des erreurs grossières ? Croire qu’il suffirait de potasser un manuel pour délivrer un savoir disciplinaire, c’est méconnaître la part importante du métier : faire son propre chemin, adapter son savoir à une situation d’enseignement. Croire qu’on peut susciter la curiosité des élèves sans culture disciplinaire étendue, sans rebondir sur leurs interrogations, c’est offrir un enseignement borné.

Mulhouse : des enseignants menacés de mort

Mulhouse : des enseignants menacés de mort

L’affaire a éclaté lorsque la directrice de l’établissement, également institutrice au sein de l’école, a signalé aux autorités une maltraitance des parents vis-à-vis de l’un de ses élèves, a précisé au Figaro la procureure de la République de Mulhouse Edwige Roux-Morizot. Le couple s’est alors rendu à l’école où est scolarisé leur fils et a menacé de mort l’institutrice. Les deux parents ont été placés en garde à vue mais, la mère de famille étant enceinte de plusieurs mois, son état a été jugé incompatible avec une garde à vue.

 

La directrice de l’établissement s’est vue attribuer 5 jours d’Incapacité totale de travail (ITT) et les parents comparaîtront devant le tribunal correctionnel de Mulhouse dans quelques semaines pour «outrage à l’égard d’un agent chargé d’une mission de service public et menaces de mort». Le couple encourt une peine d’environ 7500 euros d’amende et plusieurs mois d’emprisonnement. «J’estime qu’après ce qui s’est passé avec Samuel Paty, ce sont des faits qui peuvent amener à de telles conséquences», a affirmé la procureure.

 

 

«En quelques semaines, il y a eu plusieurs remontées d’agressions de parents d’élèves à l’égard des enseignants dans la région. Ils dénigrent les professeurs et remettent en cause leur façon de travailler, leur pédagogie», explique au Figaro la secrétaire du SNUipp-FSU Ghislaine Umhauer, soulignant que l’esclandre de l’école de la Porte du Miroir fait partie d’une série de plusieurs faits similaires envers les enseignants de la région.

Un million d’enfants et enseignants testés : quelles conséquences ?

Un million d’enfants et enseignants testés : quelles conséquences ?

 

il se confirme chaque jour dans différentes études que les scolaires constituent des vecteurs privilégiés de diffusion du virus. Certes les enfants sont rarement malades eux-mêmes mais ils transmettent la pandémie.

 

 Ce qu’a montré en particulier une étude anglaise où le virus fait des ravages. Or la France a fait pour l’instant le choix de ne pas fermer les écoles. La mise en place d’un grand plan de détection du virus pourrait amener le gouvernement à revoir sa position

Le gouvernement a annoncé jeudi le dépistage d’un million d’élèves et d’enseignants par mois pour mieux lutter contre le Covid-19. Mais toutes les modalités de l’opération ne sont pas encore connues.

Le JDD a contacté le ministère de l’Education pour obtenir des précisions, tandis que Jean-Michel Blanquer a déjà commencé à livrer jeudi quelques éléments de réponse: 

Où seront effectués les tests? Dès que trois cas de contamination seront identifiés dans un établissement, tous les personnels et élèves se verront proposer un test dans les 48 heures. D’autres établissements se verront proposer un dépistage massif, si l’Agence régionale de santé (ARS) locale le juge utile, par exemple dans un secteur où le virus circulerait particulièrement.

 

Qui sera concerné? Les tests seront réalisés sur la base du volontariat et, concernant les collégiens et lycéens, avec l’autorisation préalable des parents. Olivier Véran a précisé jeudi que les enfants pourront être testés à partir de l’âge de 6 ans (avec accord parental également), mais ils le seront seulement si nécessaire, par exemple dans la situation d’un dépistage massif opéré à l’échelle d’une ville – comme il y a eu cette semaine à Bagneux (Hauts-de-Seine) ou Roubaix (Nord).

Quels types de tests utilisés? Ce seront d’abord des tests antigéniques, mais, dans les zones géographiques où le variant britannique est suspecté de circuler, des tests PCR (nécessaires pour permettre le séquençage) pourront être pratiqués.

Qui va pratiquer ces tests?

C’est la question la plus épineuse. « L’Education nationale, seule, ne peut pas assurer un dépistage aussi massif, assure Philippe Vincent, secrétaire général du syndicat des directeurs d’établissement Snpden-Unsa.

Que se passera-t-il après la campagne de dépistage?

Pour les élèves positifs ou cas contact, la procédure habituelle s’applique.  »Mais, une fois la campagne de dépistage à l’échelle d’un établissement terminée, à quel moment devra-t-il être fermé? », s’interroge la syndicaliste Frédérique Rolet.

 

« L’indépendance enseignant-chercheur mise en cause »

« L’indépendance enseignant-chercheur mise en cause »

En validant des dispositions contestées de la loi de programmation de la recherche, le Conseil constitutionnel rend possible d’accéder au corps des professeurs d’université sans qualification par une instance nationale, regrettent, dans une tribune au « Monde », les professeurs de droit Dominique Rousseau, Pierre-Yves Gahdoun et Julien Bonnet.

Tribune. 

 

En 1984, le Conseil constitutionnel consacrait un principe fondamental, reconnu par les lois de la République : celui de l’indépendance des professeurs d’université. Cette décision laissait présager, pour les années à venir, un contrôle serré des mesures législatives susceptibles de heurter cette indépendance.

Le Conseil, trente-sept ans après, semble le regretter. Dans sa décision du 21 décembre 2020, sans revenir officiellement en arrière, il s’applique à vider complètement de sa substance ce principe constitutionnel en validant des dispositions de la loi de programmation de la recherche dénoncées – chose rare – par la quasi-totalité du monde académique.

On pourra dire, bien entendu, que les auteurs de la présente tribune étant eux-mêmes des universitaires, et l’un d’entre eux siégeant au Conseil national des universités (CNU), l’appréciation ne saurait être totalement objective. Et l’argument serait valable. On pourra également soutenir que le travail de commentaire étant par définition plus ou moins critique, on trouvera toujours, ici ou là, une plume grincheuse pour voir dans la jurisprudence du Conseil matière à s’insurger.

Une protection bien illusoire

Tout cela est encore vrai. Mais tout de même : le Conseil rend, sur cette loi de programmation de la recherche pour les années 2021 à 2030, une décision vite rédigée, mal argumentée, et qui ne répond absolument pas aux différents griefs invoqués. Les requérants voyaient ainsi dans la nouvelle procédure de « tenure track », permettant aux établissements de recruter « en qualité d’agent contractuel de droit public une personne en vue de sa titularisation dans le corps des professeurs de l’enseignement supérieur », une porte ouverte au localisme le plus complet.

Mais le Conseil se contente à ce sujet de rappeler par une réserve d’interprétation que « le principe d’indépendance des enseignants-chercheurs s’oppose à ce que le chef d’établissement puisse refuser, pour des motifs étrangers à l’administration de l’université et, en particulier, des motifs liés à la qualification scientifique de l’intéressé, de proposer à la titularisation un candidat ayant reçu un avis favorable de la commission de titularisation ». Le Conseil ajoute que « le chef d’établissement ne saurait, non plus, quel qu’en soit le motif, proposer à la titularisation un candidat ayant fait l’objet d’un avis défavorable de cette commission ».

Protection bien illusoire puisque, dans les faits, la commission de titularisation de l’université reste toujours plus ou moins liée à la présidence, si bien que la décision de cette commission ne sera jamais officiellement désavouée. Mais le Conseil fait mine de ne rien voir et s’en remet aux modestes contraintes légales pour valider le mécanisme dans son ensemble.

 

À quand la vaccination des enseignants ?

À quand la vaccination des enseignants ?

 

 

On sait que les enfants sont rarement victimes du virus par contre ils peuvent être les porteurs et transmettre ce virus aux adultes. C’est pourquoi les enseignants s’inquiètent que la vaccination prévue pour leur secteur d’activité n’intervienne qu’en mars ou avril.

 

  »Lors d’une réunion sanitaire organisée dix jours avant les vacances, le ministère nous avait déjà indiqué que la vaccination pourrait être organisée en mars ou avril pour les enseignants, sans donner de précision », indique à LCI Sophie Vénétitay, secrétaire générale adjointe du Snes-FSU, syndicat du second degré.  »Que les enseignants soient considérés comme prioritaires pour se faire vacciner, s’ils le souhaitent, après les soignants, nous semble une bonne chose. Mais les déclarations du ministre rebattent les cartes du calendrier et nécessitent que nous ayons une vision plus globale. »

 

Une nouvelle réunion sanitaire est prévue jeudi après-midi au ministère de l’Éducation nationale, nous précise la responsable syndicale. L’occasion d’aborder le sujet de la vaccination en milieu scolaire et pourquoi pas, d’obtenir quelques éclaircissements.

 

« La défiance des enseignants vis-à-vis de leur ministre »

« La défiance des enseignants vis-à-vis de leur ministre »

Laurent Frajerman, spécialiste de l’engagement enseignant, chercheur au centre d’histoire sociale des mondes contemporaines (Paris-I, CNRS), professeur agrégé d’histoire évoque, dans une tribune au « Monde », l’évolution de l’état d’esprit des enseignants et leur « rejet global » des réformes engagées par Jean-Michel Blanquer.

 

Tribune.

 

 En lançant le Grenelle de l’éducation, le ministre de l’éducation nationale affichait de grandes ambitions pour redéfinir le métier enseignant. En théorie, il peut s’appuyer sur la préoccupation des intéressés sur l’état du système éducatif et leur demande récurrente de profonds changements. Celle-ci s’accompagne paradoxalement d’une satisfaction dans leur travail pour 71 % d’entre eux, nous rappelle encore une fois le sondage Ipsos pour la FSU sur l’« état d’esprit des personnels de l’éducation nationale et des parents d’élèves », paru le 1er décembre.

Le bilan de Jean-Michel Blanquer et son appétence pour les modèles scolaires du Québec et de Singapour laissent à penser que le ministre aimerait surtout passer d’un modèle de professionnalité dit du « praticien réflexif », autonome et hautement qualifié, à celui du technicien de l’enseignement, qui met en œuvre des protocoles imaginés par des experts, sous le contrôle d’une chaîne hiérarchique renforcée.

Ce projet est inscrit à l’agenda ministériel depuis longtemps, notamment avec le rapport Pochard, dès 2008. Toutefois, les prédécesseurs de M. Blanquer ont échoué à le mettre en œuvre. On notera par ailleurs que celui-ci a euphémisé son discours sur le sujet dans les derniers mois. Le sondage Ipsos/FSU montre en effet clairement l’hostilité de la profession à l’égard de la politique engagée.

Les non-syndiqués plus sévères

Les enseignants du secteur public estiment que les réformes de Jean-Michel Blanquer sont inutiles pour les élèves (71 %), vont dans le mauvais sens (72 %) et en prime augmentent leur charge de travail (75 %). Ce rejet global était évident parmi les enseignants engagés, mais l’opinion des plus modérés, des « jamais grévistes », n’avait pas été testée. Or les non-syndiqués sont plus sévères que les syndiqués dans ce sondage.

Outre leur désaccord avec sa politique, 23 % seulement des enseignants lui font confiance pour prendre en compte leurs attentes. Initialement pourtant, il suscitait de l’espoir quant à sa capacité à mettre en place les réformes nécessaires, pour 45 % des professeurs certifiés et agrégés interrogés en 2018 ; désormais, 73 % de ces derniers jugent que sa politique va dans le mauvais sens. Aucune organisation, Avenir lycéen excepté, n’a pleinement défendu ses réformes. Cette défiance envers le ministre est un handicap pour ses réformes.

La redéfinition du métier est présentée comme une contrepartie aux efforts financiers de l’Etat, rebaptisée démarche « gagnant-gagnant ». Or, le plan annoncé à la mi-novembre par Jean-Michel Blanquer n’est pas vu comme une « revalorisation » par les principaux intéressés (74 % sont « insatisfaits », dont 40 % « pas du tout satisfaits ») ; 78 % d’entre eux jugent essentielle une « autre » augmentation de leur rémunération (et 20 %, qu’elle soit importante).

Enseignants : coup de pouce avec une enveloppe de 400 millions d’euros

Enseignants : coup de pouce avec une enveloppe de 400 millions d’euros

Le  ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, s’apprête à ouvrir des discussions avec les syndicats sur la mise en oeuvre de cette revalorisation, qui pourrait être annoncée en octobre. Le projet de budget du ministère de l’Education nationale pour 2021, en hausse de 1,34 milliard d’euros selon la présentation des plafonds de dépenses faite cet été, devrait y consacrer 350 à 400 millions.

L’enveloppe globale de près de 400 millions servirait aussi à financer une prime d’équipement informatique pour les 800.000 enseignants. Sur ce point, le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, a indiqué qu’elle pourrait « se déclencher début 2021 », voire avant pour des professeurs sans équipement qui devraient faire de l’enseignement à distance en raison de la crise sanitaire.

Les 400 millions financeraient aussi des mesures de remplacement d’enseignants dans le second degré et des séances de formation continue rémunérées pendant les vacances scolaires. Sur ce dernier point, le ministre de l’Education y voit une revalorisation, tandis que les syndicats soulignent que c’est du travail supplémentaire.

Au-delà de ces 400 millions d’euros, le ministère promet 1,5 million d’heures supplémentaires l’an prochain pour, selon la circulaire de rentrée, « renforcer l’accompagnement personnalisé et l’aide aux devoirs et 130.000 heures d’assistants d’éducation d’ici le mois de décembre, pour accompagner le début d’année. » Il a aussi promis 1.688 postes supplémentaires dans le premier degré pour la rentrée (dont 1.248 créés dans le cadre de la crise sanitaire) et 8.000 nouveaux postes d’accompagnants en situation de handicap, dont 4.000 créations supplémentaires par rapport à la loi de Finances initiale.

Élections municipales : un cadeau électoral de 100 euros par mois pour les jeunes enseignants

Élections municipales : un cadeau électoral de 100 euros par mois pour les jeunes enseignants

 

Les votes sont parfois devenus comme des biens marchands : ils se vendent ! C’est le cas dans l’enseignement à l’occasion de la réforme des retraites.  On s’est brutalement aperçu que les pensions des enseignants devraient brutalement chuter. Cela en raison du fait de la quasi absence de prime chez ces fonctionnaires. En gros en moyenne les salaires évoluent de 2000 à 3000 €, ils sont d’environ 1400 € pour les plus bas concernant un enseignant débutant. Pour maintenir les retraites au niveau actuel avec la réforme discussion, c’est une augmentation de presque 1000 € en moyenne qu’il faudrait accorder aux enseignants. Soit un coût de 10 milliards sur 10 ans. Impossible financièrement évidemment,  ce dont a convenu même le président de la république. Du coup, quelques miettes sont distribuées avant les municipales pour amortir le choc qu’à produit la perspective du nouveau système de retraite chez les enseignants.

«Les retraites des professeurs ne baisseront pas» et «leur rémunération va augmenter», a réaffirmé le ministre en rappelant que des hausses cumulatives de 500 millions d’euros annuels doivent venir abonder les augmentations budgétaires «naturelles» de l’Education nationale à partir de 2021. Notons cependant qu’on ne commence qu’en 2021 et que la somme n’est pas à la hauteur des enjeux.

«On va faire un rattrapage particulièrement important pour les débuts de carrière et les milieux de carrière», a tenté de préciser le ministre. Selon lui, les professeurs nés avant 1975, non concernés par la réforme des retraites, «auront aussi une augmentation de leur rémunération». Les syndicats craignent que ces revalorisations soient conditionnées à des «contreparties» comme une hausse du temps de travail.

Enseignants : 40 € par mois en 2021 ou la grande illusion

Enseignants : 40 € par mois en 2021 ou la grande illusion

 

L’erreur la plus fondamentale du gouvernement à propos de la réforme des retraites aura sans doute été d’être incapable d’évaluer le coût de la réforme. Ce n’est que très récemment qu’on s’est  aperçu qu’il conviendrait de dépenser 10 milliards par an pour assurer le maintien des retraites des enseignants. Du coup, le gouvernement prend des engagements qui dépassent évidemment l’entendement et même le temps de ses responsabilités. Il promet de dépenser 500 millions supplémentaires par an jusqu’en 2037. C’est-à-dire à une date dépassant et de loin l’espérance de vie de la majorité. On peut imaginer que la mesure pourra durer un à trois ans et qu’on reviendra dessus car il n’est pas possible d’octroyer 10 milliards à une catégorie d’autant plus qu’il faudra compter encore une dizaine de milliards pour les nombreuses exemptions et autres transitions qui viennent en contradiction avec le principe d’universalité des retraites.

À noter que Les augmentations ne seront pas les mêmes pour des «profs» en début ou en milieu de carrière, ou pour ceux nés après 1975, donc concernés par la réforme des retraites, et les autres.

Le ministère de l’Éducation nationale a donc annoncé lundi 13 janvier aux organisations syndicales son intention de consacrer 500 millions d’euros à des hausses de salaires des enseignants dès 2021, destinées à compenser les effets de la future réforme des retraites, a indiqué l’entourage du ministre Jean-Michel Blanquer.

Cette enveloppe budgétaire a été présentée lors de l’ouverture de négociations sur le sujet, qui doivent s’échelonner jusqu’à jeudi, puis reprendre fin janvier, pour déboucher avant l’été sur une loi de programmation de revalorisations salariales. Les hausses de salaires débuteront dès janvier 2021. «Le ministre s’est engagé à organiser chaque année une conférence pour mesurer la progression année après année de la gestion des ressources humaines», a-t-on appris dans son entourage.

Le ministère a présenté aux organisations syndicales un calendrier de travail. Une première phase de consultation aura lieu d’abord avec, fin janvier, des «perspectives de premières mesures pour le budget 2021.» Elle sera suivie d’une phase de concertation de janvier à fin mars, puis d’une phase de négociation, en vue du projet de loi de programmation. Jusqu’ici étaient évoquées des augmentations progressives de budget de l’ordre de 400 à 500 millions d’euros par an, devant atteindre 10 milliards par an à l’horizon 2037.

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