Archive pour le Tag 'énergie'

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L’interaction croissance énergie et le découplage

 

L’interaction croissance énergie et le découplage

Les deux consultants Marc Campi et Guillaume Flament rappellent dans une tribune au « Monde » que croissance économique et augmentation de la consommation énergétique ont toujours été liées.

 

Tribune.

 

C’est parce qu’il devient évident que le réchauffement climatique accélère et que les pays vont vraiment devoir réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) que la question des conséquences de cette réduction sur la croissance économique commence à entrer dans le débat public. En France, le sujet va sans doute occuper une partie de la campagne présidentielle, même si le candidat écologiste désigné souhaite mettre en avant une écologie « réaliste » et semble ainsi vouloir éviter de prendre le sujet de front.

Il est admis dans la théorie économique, depuis la publication de l’article « A Contribution to the Theory of Economic Growth », The Quarterly Journal of Economics, n° 1/70, en 1956, de Robert M. Solow, que la production (le fameux produit intérieur brut − PIB) peut être décrite comme une fonction qui mêle trois facteurs : le capital, le travail et un troisième facteur, défini mathématiquement par défaut, dénommé « productivité globale des facteurs ».

Ce troisième facteur explique en réalité, sur les cent cinquante dernières années, l’essentiel de la croissance économique (en moyenne 80 %, avec des variations selon les pays). Cette productivité globale des facteurs traduit la capacité que les économies ont à produire toujours plus de valeur à partir de stocks de capital et de travail, certes en hausse, mais en hausse modérée par rapport à celle de la production.

La question aujourd’hui est de savoir s’il va être possible d’assurer la décroissance des émissions de GES sans altérer le potentiel de croissance de l’économie : c’est la notion de « découplage absolu », telle qu’elle est utilisée dans différents rapports des Nations unies depuis 2011. Cette notion est centrale car, si la baisse d’émissions de GES devait se traduire par une baisse de l’activité économique, la transition climatique serait difficile à réaliser et se heurterait potentiellement à des réticences insurmontables des populations.

Si on considère que la productivité globale des facteurs explique une grande partie de la croissance, la question revient donc à s’interroger sur la possibilité de maintenir un rythme satisfaisant de hausse de cette productivité globale des facteurs alors qu’il faudra, au même moment, réduire drastiquement l’utilisation des énergies carbonées. Or le passé nous montre qu’il existe, depuis le début de la révolution industrielle, une relation « fusionnelle » entre la croissance de la productivité globale des facteurs et la croissance de la consommation d’énergie.

Energie-Réacteurs Nucléaires: plus de suppression mais au contraire construction d’une quinzaine

Energie-Réacteurs Nucléaires: plus de suppression mais au contraire construction d’une quinzaine

 

 

 

Le scénario de sortie du nucléaire à l’horizon 2050 – enterré par Emmanuel Macron – va sans doute se traduire par le maintien d’environ 15 réacteurs qui devaient être supprimés et la construction de 14 EPR. Bref un changement total de stratégie.

Comme c’était prévisible , les réacteurs actuel verront leur durée de vie augmenter d’au moins 20 ans notamment grâce aux mesures de sécurité découlant du grand carénage.

.Les acteurs de la filière, EDF en tête, proposent la construction de six EPR améliorés - dits EPR2. Une première paire serait mise en service au plus tôt en 2035, la seconde en 2040 et la troisième en 2045, pour une puissance totale de 10 GW.

Pour respecter les besoins de son scénario N1, qui suppose de disposer de 13 GW de puissance nucléaire nouvelle en 2050, RTE envisage la mise en service d’une quatrième paire dans les cinq ans avant l’échéance. Il propose également une poursuite du programme avec la mise en service de quatre autres réacteurs entre 2050 et 2060. Bref au lieu de supprimer 14 réacteurs anciens, on va prolonger leur vie de 20 à 30 ans et on va construire 14 EPR surtout si l’électrification de l’économie se montre toujours aussi gourmande en énergie.

 

Pour autant, quel que soit le scénario, le développement du nucléaire ne pourra se faire sans celui, accéléré, des énergies renouvelables, rappelle le gestionnaire. Et l’énergie thermique ne disparaîtra pas totalement non plus, les centrales au gaz actuelles – converties à terme aux combustibles décarbonés – apportant de la flexibilité. En conclusion la part du nucléaire n’est pas prête de diminuer en France.

Comment découpler croissance et énergie ?

Comment découpler croissance énergie

Les deux consultants Marc Campi et Guillaume Flament rappellent dans une tribune au « Monde » que croissance économique et augmentation de la consommation énergétique ont toujours été liées.

 

Tribune.

 

C’est parce qu’il devient évident que le réchauffement climatique accélère et que les pays vont vraiment devoir réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) que la question des conséquences de cette réduction sur la croissance économique commence à entrer dans le débat public. En France, le sujet va sans doute occuper une partie de la campagne présidentielle, même si le candidat écologiste désigné souhaite mettre en avant une écologie « réaliste » et semble ainsi vouloir éviter de prendre le sujet de front.

Il est admis dans la théorie économique, depuis la publication de l’article « A Contribution to the Theory of Economic Growth », The Quarterly Journal of Economics, n° 1/70, en 1956, de Robert M. Solow, que la production (le fameux produit intérieur brut − PIB) peut être décrite comme une fonction qui mêle trois facteurs : le capital, le travail et un troisième facteur, défini mathématiquement par défaut, dénommé « productivité globale des facteurs ».

Ce troisième facteur explique en réalité, sur les cent cinquante dernières années, l’essentiel de la croissance économique (en moyenne 80 %, avec des variations selon les pays). Cette productivité globale des facteurs traduit la capacité que les économies ont à produire toujours plus de valeur à partir de stocks de capital et de travail, certes en hausse, mais en hausse modérée par rapport à celle de la production.

La question aujourd’hui est de savoir s’il va être possible d’assurer la décroissance des émissions de GES sans altérer le potentiel de croissance de l’économie : c’est la notion de « découplage absolu », telle qu’elle est utilisée dans différents rapports des Nations unies depuis 2011. Cette notion est centrale car, si la baisse d’émissions de GES devait se traduire par une baisse de l’activité économique, la transition climatique serait difficile à réaliser et se heurterait potentiellement à des réticences insurmontables des populations.

Si on considère que la productivité globale des facteurs explique une grande partie de la croissance, la question revient donc à s’interroger sur la possibilité de maintenir un rythme satisfaisant de hausse de cette productivité globale des facteurs alors qu’il faudra, au même moment, réduire drastiquement l’utilisation des énergies carbonées. Or le passé nous montre qu’il existe, depuis le début de la révolution industrielle, une relation « fusionnelle » entre la croissance de la productivité globale des facteurs et la croissance de la consommation d’énergie.

Sondage énergie : une majorité pour un mix nucléaire-renouvelables

Enquête  énergie : une majorité pour un mix nucléaire-renouvelables

Selon un sondage d »Elabe,  52 % des personnes interrogées jugent ainsi que la France devrait tout à la fois développer les énergies renouvelables et construire de nouvelles centrales nucléaires pour remplacer les anciennes et rénover les existantes.

Les partisans exclusifs du nucléaire, qui voudraient stopper le développement du solaire ou de l’éolien, représentent 10 % de la population. A l’inverse, l’idée d’une sortie progressive du nucléaire, avec priorité donnée aux renouvelables - soit ce que proposent peu ou prou Yannick Jadot ou Jean-Luc Mélenchon - rassemble 37 % de la population.

Selon  le président d’Elabe, Bernard Sananès. , l(opinion publique  pour une solution de compromis.

lequel la France opterait, il devrait permettre de répondre à une forte hausse des besoins en électricité dans les décennies à venir.

Dans une vaste étude qui doit servir de base aux autorités pour trancher sur l’avenir du nucléaire et des renouvelables, RTE assure qu’atteindre la neutralité carbone est « impossible » sans développer les énergies renouvelables de manière significative, mais il souligne aussi que le lancement de nouveaux réacteurs EPR constitue une voie moins chère pour y parvenir.

Les  Français sont actuellement, d’après l’enquête d’Elabe, 73 % à juger que le nucléaire garantit l’indépendance énergétique de la France.

Enquête énergie : une majorité pour un mix nucléaire-renouvelables

Enquête  énergie : une majorité pour un mix nucléaire-renouvelables

Selon un sondage d »Elabe,  52 % des personnes interrogées jugent ainsi que la France devrait tout à la fois développer les énergies renouvelables et construire de nouvelles centrales nucléaires pour remplacer les anciennes et rénover les existantes.

Les partisans exclusifs du nucléaire, qui voudraient stopper le développement du solaire ou de l’éolien, représentent 10 % de la population. A l’inverse, l’idée d’une sortie progressive du nucléaire, avec priorité donnée aux renouvelables - soit ce que proposent peu ou prou Yannick Jadot ou Jean-Luc Mélenchon - rassemble 37 % de la population.

Selon  le président d’Elabe, Bernard Sananès. , l(opinion publique  pour une solution de compromis.

lequel la France opterait, il devrait permettre de répondre à une forte hausse des besoins en électricité dans les décennies à venir.

Dans une vaste étude qui doit servir de base aux autorités pour trancher sur l’avenir du nucléaire et des renouvelables, RTE assure qu’atteindre la neutralité carbone est « impossible » sans développer les énergies renouvelables de manière significative, mais il souligne aussi que le lancement de nouveaux réacteurs EPR constitue une voie moins chère pour y parvenir.

Les  Français sont actuellement, d’après l’enquête d’Elabe, 73 % à juger que le nucléaire garantit l’indépendance énergétique de la France.

Sondage énergie : une majorité pour un mix nucléaire-renouvelables

Sondage énergie : une majorité pour un mix nucléaire-renouvelables

Selon un sondage d »Elabe,  52 % des personnes interrogées jugent ainsi que la France devrait tout à la fois développer les énergies renouvelables et construire de nouvelles centrales nucléaires pour remplacer les anciennes et rénover les existantes.

Les partisans exclusifs du nucléaire, qui voudraient stopper le développement du solaire ou de l’éolien, représentent 10 % de la population. A l’inverse, l’idée d’une sortie progressive du nucléaire, avec priorité donnée aux renouvelables - soit ce que proposent peu ou prou Yannick Jadot ou Jean-Luc Mélenchon - rassemble 37 % de la population.

Selon  le président d’Elabe, Bernard Sananès. , l(opinion publique  pour une solution de compromis.

lequel la France opterait, il devrait permettre de répondre à une forte hausse des besoins en électricité dans les décennies à venir.

Dans une vaste étude qui doit servir de base aux autorités pour trancher sur l’avenir du nucléaire et des renouvelables, RTE assure qu’atteindre la neutralité carbone est « impossible » sans développer les énergies renouvelables de manière significative, mais il souligne aussi que le lancement de nouveaux réacteurs EPR constitue une voie moins chère pour y parvenir.

Les  Français sont actuellement, d’après l’enquête d’Elabe, 73 % à juger que le nucléaire garantit l’indépendance énergétique de la France.

Perspectives énergie 2050 : la décarbonatation par l’électricité nucléaire

Perspectives énergie 2050 : la décarbonatation par l’électricité nucléaire

 

Dans l’étude de RTE « Futurs énergétiques 2050″ , on envisage plusieurs scénarios sans doute pour satisfaire les différentes sensibilités.De la même manière qu’on évoque une illusoire réduction de la demande. Ceci étant, c’est surtout sur le nucléaire que reposera l’avenir énergétique du pays. Un nucléaire moins coûteux et plus efficace que des renouvelables complémentaires, utiles mais aléatoires.

Le scénario central de RTE sera sans doute combattu par les écolos bobos car il repose d’abord sur une demande d’électricité en augmentation de leurs deux 35 %. On voit mal comment il pourrait en être autrement avec l’électrification de l’économie en général et de la voiture et du chauffage en  particulier.  Oualors  faudrait accepter une diminution drastique de la croissance en même temps  de la richesse et de l’emploi.

RTE indique d’ailleurs très clairement que si par hypothèse souhaitable la France parvenait à se réindustrialiser,   la demande pourrait alors augmenter non pas de 35 % mais du double.

Dans tous les cas pour des carbonées réellement la demande d’électricité augmentera dans tous les scénarios sauf si évidemment on acceptait   la décroissance, à la baisse de l’emploi et de la richesse. Compte tenu du vieillissement du parc nucléaire actuel ( dans la durée de vie sera cependant prolongée d’au moins une vingtaine d’années avec le grand carénage), ce ne sont pas6 EPR  qu’il faudrait envisager mes 14.

Le débat surréaliste entre nucléaire et éolienne va sans doute continuer. Pourtant une éolienne a une capacité de production très théorique de 2 à 4 MW, pour 900 dans un réacteur classique et 1650 dans un EPR. Bref il faudrait des milliers et des milliers d’éoliennes pour remplacer une centrale entière ( avec en plus des centrales thermiques de secours pour faire face à l’intermittence).

Energie 2050 : la décarbonatation par l’électricité nucléaire

Energie 2050 : la décarbonatation par l’électricité nucléaire

 

Dans l’étude de RTE « Futurs énergétiques 2050″ , on envisage plusieurs scénarios sans doute pour satisfaire les différentes sensibilités.De la même manière qu’on évoque une illusoire réduction de la demande. Ceci étant, c’est surtout sur le nucléaire que reposera l’avenir énergétique du pays. Un nucléaire moins coûteux et plus efficace que des renouvelables complémentaires, utiles mais aléatoires.

Le scénario central de RTE sera sans doute combattu par les écolos bobos car il repose d’abord sur une demande d’électricité en augmentation de leurs deux 35 %. On voit mal comment il pourrait en être autrement avec l’électrification de l’économie en général et de la voiture et du chauffage en  particulier.  Oualors  faudrait accepter une diminution drastique de la croissance en même temps  de la richesse et de l’emploi.

RTE indique d’ailleurs très clairement que si par hypothèse souhaitable la France parvenait à se réindustrialiser,   la demande pourrait alors augmenter non pas de 35 % mais du double.

Dans tous les cas pour des carbonées réellement la demande d’électricité augmentera dans tous les scénarios sauf si évidemment on acceptait   la décroissance, à la baisse de l’emploi et de la richesse. Compte tenu du vieillissement du parc nucléaire actuel ( dans la durée de vie sera cependant prolongée d’au moins une vingtaine d’années avec le grand carénage), ce ne sont pas6 EPR  qu’il faudrait envisager mes 14.

Le débat surréaliste entre nucléaire et éolienne va sans doute continuer. Pourtant une éolienne a une capacité de production très théorique de 2 à 4 MW, pour 900 dans un réacteur classique et 1650 dans un EPR. Bref il faudrait des milliers et des milliers d’éoliennes pour remplacer une centrale entière ( avec en plus des centrales thermiques de secours pour faire face à l’intermittence).

Plan énergie 2050 : la décarbonatation par l’électricité nucléaire

Plan énergie 2050 : la décarbonatation par l’électricité nucléaire

 

Dans l’étude de RTE « Futurs énergétiques 2050″ , on envisage plusieurs scénarios sans doute pour satisfaire les différentes sensibilités. Ceci étant, c’est surtout sur le nucléaire que reposera l’avenir énergétique du pays. Un nucléaire moins coûteux et plus efficace que des renouvelables complémentaires, utiles mais aléatoires.

Le scénario central de RTE sera sans doute combattu par les écolos bobos car il repose d’abord sur une demande d’électricité en augmentation de leurs deux 35 %. On voit mal comment il pourrait en être autrement avec l’électrification de l’économie en général et de la voiture et du chauffage en  particulier.  Oualors  faudrait accepter une diminution drastique de la croissance en même temps  de la richesse et de l’emploi.

RTE indique d’ailleurs très clairement que si par hypothèse souhaitable la France parvenait à se réindustrialiser,   la demande pourrait alors augmenter non pas de 35 % mais du double.

Dans tous les cas pour des carbonées réellement la demande d’électricité augmentera dans tous les scénarios sauf si évidemment on acceptait   la décroissance, à la baisse de l’emploi et de la richesse. Compte tenu du vieillissement du parc nucléaire actuel ( dans la durée de vie sera cependant prolongée d’au moins une vingtaine d’années avec le grand carénage), ce ne sont pas6 EPR  qu’il faudrait envisager mes 14.

Le débat surréaliste entre nucléaire et éolienne va sans doute continuer. Pourtant une éolienne a une capacité de production très théorique de 2 à 4 MW, pour 900 dans un réacteur classique et 1650 dans un EPR. Bref il faudrait des milliers et des milliers d’éoliennes pour remplacer une centrale entière ( avec en plus des centrales thermiques de secours pour faire face à l’intermittence).

Prix Énergie : un chèque électoral de 100 €

Prix Énergie : un chèque électoral de 100 €

 

 

Officiellement le gouvernement vient de décider d’attribuer un chèque de 100 € pour les Français gagnant moins de 2000 € par mois. Il s’agit de compenser l’inflation enregistrée sur plusieurs produits de base dont le carburant.

 

Il y avait deux solutions s pour tenter d’influencer l’inflation. Soit une baisse de fiscalité ( qui représente 60 % du prix du carburant), soit une opération redistribution politiquement plus visible médiatiquement avec la distribution d’un chèque. Accessoirement la distribution d’un chèque coûtera bien moins cher aux recettes fiscales qu’une réduction des impôts sur le carburant.

 

Le problème est de savoir quel objectif exact on poursuit à long terme. En effet sur le plan environnemental, la hausse de la fiscalité constitue souvent un argument pour lutter contre les émissions polluantes et en particulier le carbone. D’une certaine manière ,on a aujourd’hui en temps réel les conséquences d’un haut niveau des prix du carburant.

 

Ce niveau des prix du carburant affecte effectivement davantage les ménages les moins favorisés. En clair ce sont des pauvres qui vont surtout subir la politique énergétique via la fiscalité. Cela tout simplement parce qu’il n’y a pas le plus souvent d’alternatives à l’usage de l’automobile pour les déplacements essentiels.

 

Une politique structurelle efficace passe par une fiscalité et un prix fort du carburant à condition qu’il existe une offre alternative moins polluante. Or à court terme une forte fiscalité et un prix élevé de l’énergie n’a que des conséquences sociales néfastes en entamant le pouvoir d’achat.

 

Le chèque de 100 € vise à répondre à cette situation mais de manière à court terme et n’est pas sans arrière-pensée électorale. Une diminution générale de la fiscalité sur le carburant pour tous est beaucoup plus indolore et plus discrète tandis que le chèque de 100 € va apparaître immédiatement comme beaucoup plus massif est plus significatif.

 

Par ailleurs et surtout sans doute, la France est entrée dans une période ; de nombreuses incertitudes nt  y compris l’hypothèse d’une non réélection Macron. . Ainsi ce chèque de 100 € ressemble aussi aux autres mesures de court terme comme le blocage des prix jusqu’aux élections présidentielles.

Énergie : un chèque électoral de 100 €

Énergie : un chèque électoral de 100 €

 

 

Officiellement le gouvernement vient de décider d’attribuer un chèque de 100 € pour les Français gagnant moins de 2000 € par mois. Il s’agit de compenser l’inflation enregistrée sur plusieurs produits de base dont le carburant.

 

Il y avait deux solutions s pour tenter d’influencer l’inflation. Soit une baisse de fiscalité ( qui représente 60 % du prix du carburant), soit une opération redistribution politiquement plus visible médiatiquement avec la distribution d’un chèque. Accessoirement la distribution d’un chèque coûtera bien moins cher aux recettes fiscales qu’une réduction des impôts sur le carburant.

 

Le problème est de savoir quel objectif exact on poursuit à long terme. En effet sur le plan environnemental, la hausse de la fiscalité constitue souvent un argument pour lutter contre les émissions polluantes et en particulier le carbone. D’une certaine manière ,on a aujourd’hui en temps réel les conséquences d’un haut niveau des prix du carburant.

 

Ce niveau des prix du carburant affecte effectivement davantage les ménages les moins favorisés. En clair ce sont des pauvres qui vont surtout subir la politique énergétique via la fiscalité. Cela tout simplement parce qu’il n’y a pas le plus souvent d’alternatives à l’usage de l’automobile pour les déplacements essentiels.

 

Une politique structurelle efficace passe par une fiscalité et un prix fort du carburant à condition qu’il existe une offre alternative moins polluante. Or à court terme une forte fiscalité et un prix élevé de l’énergie n’a que des conséquences sociales néfastes en entamant le pouvoir d’achat.

 

Le chèque de 100 € vise à répondre à cette situation mais de manière à court terme et n’est pas sans arrière-pensée électorale. Une diminution générale de la fiscalité sur le carburant pour tous est beaucoup plus indolore et plus discrète tandis que le chèque de 100 € va apparaître immédiatement comme beaucoup plus massif est plus significatif.

 

Par ailleurs et surtout sans doute, la France est entrée dans une période ; de nombreuses incertitudes nt  y compris l’hypothèse d’une non réélection Macron. . Ainsi ce chèque de 100 € ressemble aussi aux autres mesures de court terme comme le blocage des prix jusqu’aux élections présidentielles.

 

Ce chèque de 100 € ressemble fort à un chèque électoral.

Ne pas plomber la compétitivité de l’ industrie avec une énergie trop chère

Ne pas plomber la compétitivité de l’ industrie avec une énergie trop chère 

Nicolas de Warren, président de l’Uniden, attire la tension sur le fait qu »une énergie trop chère risque de se traduire par des fermetures de sites productifs (Interview dans l’Opinion)

 

 

L’Uniden est une association qui représente 55 industriels gros consommateurs d’énergie. Installés sur quelque 300 sites en France, ces « énergivores » sont présents dans tous les secteurs de l’économie, des métaux à la chimie, en passant par les transports, le ciment, le raffinage, le verre, le papier, l’agroalimentaire… Les membres de l’Uniden pèsent 70 % de la consommation de gaz et d’électricité de toute l’industrie française, soit environ 70 térawattheures d’électricité et 75 térawattheures de gaz.

Les industriels que vous représentez ont-ils déjà vécu une crise énergétique de cette ampleur ?

Non jamais, y compris lors des grandes crises pétrolières, lorsque l’industrie était très dépendante du fioul. Aujourd’hui, la grande industrie ne consomme plus ni fioul, ni charbon : toutes nos chaudières et nos fours sont à gaz. Son prix a quintuplé depuis janvier, entraînant celui de l’électricité. C’est un mouvement d’une violence inédite. Il faut ajouter à cela l’explosion du prix des quotas de CO2 en Europe. Il a triplé cette année, passant d’environ 20-22 euros à 65 euros la tonne récemment. Il ne baissera pas pour les raisons politiques et de transition énergétique que l’on connaît. Le système ETS tel qu’il fonctionne oblige les producteurs d’énergie à acheter des quotas d’émission de CO2 aux enchères sur le marché, en fonction de la quantité de charbon ou de mètres cubes de gaz qu’ils brûlent dans une centrale thermique. Or, ces producteurs transfèrent la totalité de ce surcoût à leurs clients, c’est-à-dire aux industriels. L’industrie consomme énormément de chaleur, indispensable dans beaucoup de procédés. Et cette chaleur est essentiellement produite à partir de gaz.

Vous n’avez pas obtenu de solutions à court terme lors de la réunion qui s’est tenue à Bercy mardi…

Beaucoup d’options ont été mises sur la table. Ces grands sites industriels bénéficient déjà d’une fiscalité et de tarifs de transports réduits, il y a peu de marges de manœuvre sur ce point. En revanche, il y en a sur le dispositif de la compensation carbone : on devrait avoir des réponses dans le budget 2022, mais cela ne touche que 20 % des sites concernés. A court terme, nous demandons que la France porte, lors de la réunion européenne d’urgence du 26 octobre sur les prix de l’énergie, un package communautaire comme cela a été le cas pour les particuliers. Bruxelles a validé des dispositifs d’aide à leur intention, il faut faire autant pour les entreprises. L’arrêt d’unités de production que l’on constate déjà dans certaines industries, va entraîner des pertes de parts de marché au profit de concurrents extra-européens. Or, on sait d’expérience que les effets de cliquet font qu’il est très difficile de récupérer le terrain perdu.

« Aujourd’hui, 40 % des usines d’ammoniac en Europe sont à l’arrêt. Les problèmes sont en train de gagner la filière métal »

Quelle est la position des fournisseurs dans ce dossier ?

Nous comptons beaucoup sur les travaux du groupe de travail avec les grands fournisseurs (EDF, Engie), annoncé mardi. Il doit proposer des pistes d’ici à six mois visant à (re)construire le système des contrats à long terme. Nous souhaitons que ce groupe soit piloté par une personnalité neutre, un grand industriel fraîchement retraité par exemple. Notre industrie s’est construite depuis quarante ans en se reposant sur des contrats de fourniture d’électricité à dix ou quinze ans qui lui permettaient d’avoir accès au coût du nucléaire historique. Déconnectés des prix du marché, ils offraient prévisibilité et stabilité, et ils ont permis de construire les sites de Dunkerque ou de Fos-sur-Mer dans la chimie. Nous demandons depuis des années que ces contrats échus soient renégociés avec EDF, qui défend évidemment ses intérêts. Attention à ne pas tuer notre industrie avec une énergie trop chère !

Faut-il, comme le demande Bruno Le Maire, revoir le mécanisme de fixation du prix de l’énergie en Europe ?

Bruno Le Maire a raison de pointer un problème structurel et systémique. Mais organiser une nouvelle forme de marché relève d’une réflexion fondamentale, c’est un sujet de long terme. Le mode actuel de formation des prix résulte non pas d’une loi politique, mais d’une loi économique qui a été théorisée par Marcel Boiteux, grand économiste et l’un des pères du nucléaire français. C’est la théorie du coût marginal. C’est une chance, il existe un marché européen de l’électricité grâce au développement des interconnexions. Les prix sur le marché de gros sont rigoureusement les mêmes entre la France, l’Allemagne, le Benelux et l’Autriche, on parle de « plaque centre-ouest Europe ». Il existe une plaque ibérique, une plaque balkanique, une plaque nordique, qui fonctionne essentiellement à base d’hydroélectricité… Mais la spécificité du marché de l’électricité, c’est que vous ne pouvez pas la stocker. Ce marché ne fonctionne donc pas comme les autres, vous ne pouvez pas influer sur le niveau des prix en maniant les stocks. L’électricité est appelée en fonction de la demande, les unités de production les moins compétitives arrivent en dernier, c’est logique. Ce « merit order » fait que, de facto, ce sont les centrales au lignite et au charbon allemandes qui font aujourd’hui le prix marginal d’électricité. C’est une loi économique très difficile à contredire, sauf à revenir à des prix administrés, ce que nous ne voulons absolument pas.

Dans quelle mesure l’industrie est-elle impactée par la flambée des prix de l’énergie ?

Il faut bien comprendre que l’énergie n’est pas simplement une force motrice. Le gaz, par exemple, est une matière première qui peut peser 40 %, voire 50 %, du coût de production d’une tonne d’ammoniac, qui est la matière première des engrais azotés. L’électricité est, quant à elle, la matière première de l’aluminium, qui est une association d’alumine et d’électricité. Autre exemple : le chlore, issu de sel et d’électricité, permet de produire du PVC. Quand le tarif de l’électricité ou du gaz est multiplié par cinq et qu’il est impossible de répercuter ces coûts, on produit à marge négative. Mieux vaut ne pas le faire. Aujourd’hui, 40 % des usines d’ammoniac en Europe sont à l’arrêt. Les problèmes sont en train de gagner la filière métal, des aciéries électriques ont cessé leur activité ou adapté leur production en travaillant uniquement de nuit pour bénéficier d’une électricité moins chère. Des électrolyses de chlore sont aussi à l’arrêt dans le sud de la France. Cela va se propager, avec des effets en chaîne car le prix du gaz ne baissera pas avant la fin de l’hiver gazier, c’est-à-dire au printemps. Et l’on a vu cette année que le printemps pouvait être très froid.

Electricité et Énergie : vers une crise majeure ?

Electricité et Énergie : vers  une crise  majeure ?

 

 

Quand l’appareil de production mondial fonctionne bien,  peu s’inquiètent  d’une éventuelle crise de l’énergie. L’énergie à disposition aujourd’hui est appréhendée un peu comme l’eau qui coule du robinet. En disposer parait tout à fait normal. Pourtant les conditions économiques générales, les exigences environnementales et les politiques erratiques de certains Etats pourraient conduire à une crise mondiale de l’énergie. Pour l’instant,  on attribue essentiellement la hausse des prix de l’énergie (gaz, électricité, pétrole) à des facteurs essentiellement conjoncturels.

 

Ces hausses qui traduisent une inadaptation de l’offre par rapport à la demande seraient du à la reprise économique de 2021. Tout n’est pas faux évidemment; ceci étant globalement, il faut quand même relativiser cette reprise générale qui en moyenne nous ramène au niveau de croissance de fin 2019. D’autres facteurs sont donc à prendre en compte.

 

Parmi ceux-ci il y a les contraintes environnementales qui amènent une conversion des outils de production de l’énergie. En clair, cela se traduit par un certain rationnement de l’énergie en tout cas pour l’instant à un net renchérissement. Dans cet environnement , les pays souvent pour faire plaisir au courant écolo ont changé de manière trop brutale leur politique énergétique par exemple en supprimant brutalement des sites de production nucléaire et paradoxalement en réactivant des sites de production au charbon.

 

En outre la bulle des énergie alternative s’est largement dégonflée. Certes elles peuvent être utiles voir nécessaires mais certainement pas constituer le cœur d’une politique énergétique notamment pour les énergies intermittentes comme les éoliennes. L’Allemagne de ce point de vue est un bon exemple des errements conduits en matière de politique énergétique. Pour prendre en compte le courant écolo, le gouvernement allemand a brutalement fermé ses centrales nucléaires pour leur substituer des centrales au charbon les énergies alternatives se montrant complètement incapables de satisfaire la demande.

 

Pire l’Allemagne s’est rendue complètement dépendante maintenant du gaz russe. Un  gaz russe fourni actuellement avec parcimonie par la Russie qui participe à l’emballement  des prix de toutes les énergies. D’autres zones aussi sont menacées par exemple la puissance montante indienne où le pétrole permet de produire 70 % d’électricité mais où les stocks de charbon font craindre une pénurie en matière de fourniture de courant Les centrales thermiques indiennes sont en état d’alerte.

 

Au cours des derniers mois, leurs réserves de charbon se sont effondrées pour atteindre un niveau critique. Mercredi dernier, les 135 centrales thermiques alimentées au charbon du pays disposaient, en moyenne, de quatre jours de stock. Plus de la moitié d’entre elles possédaient moins de trois jours de réserves et quinze étaient déjà en rupture de stock, selon les données officielles. Dans un pays où l’or noir permet de produire près de 70 % de l’électricité, les faibles réserves de charbon font craindre des coupures de courant. La Chine pèse aussi d’un poids considérable sur la demande avec sa reprise économique vigoureuse antérieure à celle des pays occidentaux. En France aussi la situation risque d’être tendue si par hypothèse l’hiver se révèle assez froid. Depuis la fermeture de Fessenheim, l’équilibre production consommation est fragile en France. C’est sans doute à l’occasion d’une coupure- qu il ne faut pas souhaiter -que la France s’apercevrait alors il ne faut pas confondre politique énergétique et gadgets écologiques en matière d’électricité.

Electricité- Énergie : vers une crise majeure ?

Electricité- Énergie : vers  une crise  majeure ?

 

 

Quand l’appareil de production mondial fonctionne bien,  peu s’inquiètent  d’une éventuelle crise de l’énergie. L’énergie à disposition aujourd’hui est appréhendée un peu comme l’eau qui coule du robinet. En disposer parait tout à fait normal. Pourtant les conditions économiques générales, les exigences environnementales et les politiques erratiques de certains Etats pourraient conduire à une crise mondiale de l’énergie. Pour l’instant,  on attribue essentiellement la hausse des prix de l’énergie (gaz, électricité, pétrole) à des facteurs essentiellement conjoncturels.

 

Ces hausses qui traduisent une inadaptation de l’offre par rapport à la demande seraient du à la reprise économique de 2021. Tout n’est pas faux évidemment; ceci étant globalement, il faut quand même relativiser cette reprise générale qui en moyenne nous ramène au niveau de croissance de fin 2019. D’autres facteurs sont donc à prendre en compte.

 

Parmi ceux-ci il y a les contraintes environnementales qui amènent une conversion des outils de production de l’énergie. En clair, cela se traduit par un certain rationnement de l’énergie en tout cas pour l’instant à un net renchérissement. Dans cet environnement , les pays souvent pour faire plaisir au courant écolo ont changé de manière trop brutale leur politique énergétique par exemple en supprimant brutalement des sites de production nucléaire et paradoxalement en réactivant des sites de production au charbon.

 

En outre la bulle des énergie alternative s’est largement dégonflée. Certes elles peuvent être utiles voir nécessaires mais certainement pas constituer le cœur d’une politique énergétique notamment pour les énergies intermittentes comme les éoliennes. L’Allemagne de ce point de vue est un bon exemple des errements conduits en matière de politique énergétique. Pour prendre en compte le courant écolo, le gouvernement allemand a brutalement fermé ses centrales nucléaires pour leur substituer des centrales au charbon les énergies alternatives se montrant complètement incapables de satisfaire la demande.

 

Pire l’Allemagne s’est rendue complètement dépendante maintenant du gaz russe. Un  gaz russe fourni actuellement avec parcimonie par la Russie qui participe à l’emballement  des prix de toutes les énergies. D’autres zones aussi sont menacées par exemple la puissance montante indienne où le pétrole permet de produire 70 % d’électricité mais où les stocks de charbon font craindre une pénurie en matière de fourniture de courant Les centrales thermiques indiennes sont en état d’alerte.

 

Au cours des derniers mois, leurs réserves de charbon se sont effondrées pour atteindre un niveau critique. Mercredi dernier, les 135 centrales thermiques alimentées au charbon du pays disposaient, en moyenne, de quatre jours de stock. Plus de la moitié d’entre elles possédaient moins de trois jours de réserves et quinze étaient déjà en rupture de stock, selon les données officielles. Dans un pays où l’or noir permet de produire près de 70 % de l’électricité, les faibles réserves de charbon font craindre des coupures de courant. La Chine pèse aussi d’un poids considérable sur la demande avec sa reprise économique vigoureuse antérieure à celle des pays occidentaux. En France aussi la situation risque d’être tendue si par hypothèse l’hiver se révèle assez froid. Depuis la fermeture de Fessenheim, l’équilibre production consommation est fragile en France. C’est sans doute à l’occasion d’une coupure- qu il ne faut pas souhaiter -que la France s’apercevrait alors il ne faut pas confondre politique énergétique et gadgets écologiques en matière d’électricité.

Prix énergie : la problématique

Les  hausses des prix de l’énergie pourraient s’inscrire dans la durée estiment les spécialistes Thierry Bros et Anna Creti ( dans l’Opinion, extrait)

Depuis quelques mois, les tarifs de l’énergie flambent, l’indice TTF du prix du gaz (référence en Europe) a déjà plus que triplé cette année. La Commission de régulation de l’énergie a annoncé une augmentation record de 12,6 % de la facture du gaz au 1er octobre. Ces hausses pourraient s’inscrire dans la durée. Le gouvernement scrute ces hausses comme le lait sur le feu et a d’ores et déjà annoncé des mesures : « Nous allons mettre, pour le gaz et pour l’électricité, en place ce que j’appellerais un bouclier tarifaire », a déclaré le Premier ministre Jean Castex le 30 septembre sur TF1.

Dans un contexte de reprise économique mondiale post-crise sanitaire, plusieurs facteurs expliquent ces hausses de prix. « Dans le gaz, c’est assez simple, c’est une question d’offre et de demande : cette demande, je vous l’ai dit, a rebondi, décrypte Thierry Bros, professeur à Sciences Po, spécialiste de l’énergie. Quant à l’offre, elle est un peu contrainte, parce que pendant la période Covid on a fait moins de maintenance sur les installations gazières, les industriels ont eu moins d’argent en 2020 puisque les prix étaient très, très bas. »

« Et puis troisièmement, on a aussi eu un narratif de transition énergétique avec la Commission européenne et l’Agence internationale de l’énergie qui nous ont expliqué que le pétrole et le gaz étaient des énergies du passé, qu’il fallait plutôt ne plus investir, poursuit ce spécialiste. Et donc l’ensemble de ces facteurs font qu’aujourd’hui, on a des capacités de production dans le gaz qui sont plus restreintes qu’avant la crise. »

Et cette flambée du prix du gaz a entraîné dans son sillage une hausse du coût de l’électricité, dont le prix est établi sur le marché européen de l’électricité. « Dans ce marché européen, on a une sorte de mise en commun de tous les moyens de production des différents pays, dont, aussi, le nucléaire français, explique Anna Creti, professeur d’économie à l’université Paris Dauphine, directrice scientifique de la Chaire Économie du Gaz Naturel. Mais le prix, en soit, est déterminé par les coûts de ce qu’on appelle la dernière centrale appelée, donc celle qui, pour un bien qui n’est pas stockable et dont on a besoin en temps réel comme l’électricité, sert à faire l’équilibre entre l’offre et la demande. Très souvent, cette dernière unité est représentée par les centrales à gaz, d’où cette corrélation, ce lien entre les prix du gaz et ceux de l’électricité. »

« Donc on prend de plein fouet cette augmentation des prix du gaz alors même qu’on a notre indépendance en matière de production électrique », déplorait le ministre de l’Economie Bruno Le Maire le 24 septembre sur Public Sénat.

La Commission européenne veut réduire d’au moins 55 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030. Pour atteindre cet objectif, elle compte notamment sur le marché du carbone, établi en 2005 par l’Union européenne. « Il concerne 11 000 installations et la plupart des secteurs polluants dont, aussi, l’électricité et le gaz, détaille Anna Creti. Ce marché est un système d’échange, c’est-à-dire que les entreprises reçoivent certains quotas qui doivent couvrir l’intégralité des émissions de CO2 qui sont liées à leur processus de production. Si ces quotas ne sont pas suffisants, elles vont les chercher sur le marché. D’autres intervenants sur ce marché seront dans le cas inverse, donc ils vont plutôt mettre en vente ces quotas pour couvrir leur pollution ce qui fait que les prix se forment par cet échange. »

Dans un premier temps, ce système ne s’est pas montré véritablement efficace, l’offre excédant la demande avec pour conséquence un prix du carbone bas. « Pendant plusieurs années, le prix des quotas a été relativement bas, c’est-à-dire 5 ou 6 euros la tonne de CO2, parce qu’on était dans un cadre où il y avait justement plus d’offre que de demande. Le marché a été ensuite réformé pour faire face à cet excès d’offre. Cette réforme vient de commencer et il faut dire qu’elle a obtenu le résultat espéré, c’est-à-dire une hausse du prix du CO2. Et ceci se fait en même temps que la reprise économique. »

« Donc double tension aussi à la hausse sur le prix du CO2 qui aujourd’hui s’échange à des prix qui sont à peu près de 60 euros la tonne, complète la spécialiste. Et donc, aussi, un coût supplémentaire pour les producteurs de gaz et d’électricité. L’objectif du Green Deal c’est d’avoir une transition énergétique décarbonée. Et donc, pour cela, il faut effectivement mettre un prix sur le carbone qui soit incitatif pour que vous et moi, nous sortions des énergies carbonées. Et puis que les industriels nous proposent des produits décarbonés. »

De plus, le Green Deal prévoit d’élargir ce système d’échange de quotas d’émission aux secteurs du bâtiment et du transport routier. « Donc on a un contexte dans lequel on a à la fois une pression sur la réglementation visant à contenir les effets du changement climatique, à l’atténuer, et en même temps le coût de l’énergie qui augmente. Tout cela détermine une hausse qui en ce moment, à mon avis, est conjoncturelle, mais qui se dessine quand même sur des tendances à long terme », prévoit Anna Creti. Pour Thierry Bros, « cela signifie que l’énergie va valoir plus cher ».

Dans ce contexte d’augmentation historique des cours du gaz et du fait de la faiblesse de la production, le prix du pétrole augmente lui aussi. Pourquoi ? « Parce que l’Opep ne souhaite pas produire beaucoup plus, analyse le spécialiste de l’énergie. Aussi parce que, et ça ce n’est pas forcément très bon pour le climat, comme on a peu de gaz en Europe, comme on a peu de gaz en Asie et comme on a des stockages qui ne sont finalement pas suffisamment pleins, on est en train de rouvrir des centrales à charbon – c’est ce que j’évoquais avec vous tout à l’heure – mais aussi des centrales à fioul. Et donc le pétrole monte parce que la reprise est là mais parce qu’en plus, contrairement à l’année 2019, on va brûler plus de produits pétroliers dans des centrales à fioul pour générer de l’électricité, ce que l’on ne faisait presque plus en Europe. »

« Nous, en France, on s’approvisionne en électricité à partir des centrales nucléaires et de l’énergie hydraulique. Donc on a une énergie qui est décarbonée et un coût très bas », constatait Bruno Le Maire sur Public Sénat fin septembre. Pourquoi, dès lors, le nucléaire ne pourrait-il pas prendre le relais ?

« Une politique énergétique, ça se fait dans la décennie. Le nucléaire, si vous vous rappelez, le plan Messmer, c’est 1973. Le Premier ministre Messmer explique qu’à l’horizon 2000, il souhaite une électricité à 80 % d’origine nucléaire, rappelle Thierry Bros. C’est 25 ans. Donc c’est ce genre de pas de temps qu’il faut. Et ce qui freine le développement du nucléaire, je crois que c’est deux choses : c’est l’acceptabilité sociétale dans certaines populations, surtout en Allemagne. Et puis, deuxièmement, effectivement, c’est la réticence de certains politiques. Aujourd’hui, le nucléaire est celui qui émet le moins de CO2 pour l’électricité produite, et de très, très loin. »

« C’est une filière qui est extrêmement coûteuse, ajoute Anna Creti, spécialiste de l’énergie à l’université Paris Dauphine. C’est pour ça, je pense, qu’on ne peut pas vraiment dire à coeur léger que le nucléaire peut prendre la suite, peut se substituer facilement à des sources fossiles. »

« On ne peut pas demander ni au nucléaire, ni à l’éolien, ni à quoi que ce soit d’autre de résoudre le problème aujourd’hui, poursuit Thierry Bros. Grosso modo, il n’y a que les Russes qui peuvent le résoudre en nous envoyant plus de gaz mais encore faudrait-il que les autorités politiques à Bruxelles acceptent de leur demander et acceptent de changer temporairement les règles du jeu, pour leur permettre de pouvoir, effectivement, nous livrer plus de gaz. »

Dans ce contexte, doit-on craindre une crise énergétique mondiale ? « Ce que le marché aujourd’hui «price», comme on dit en anglais, c’est effectivement le fait que nous n’avons plus suffisamment d’énergie pour passer un hiver un peu froid, constate le professeur à Sciences Po Paris. Et donc il faut, ce qui en économie s’appelle une destruction de la demande : que certains acceptent de moins consommer d’électricité ou de gaz. Donc, ce qui va se produire – ce qui est moralement inacceptable mais c’est ce qui va se passer – c’est qu’on va d’abord mettre en black out certains pays qui n’ont pas les capacités financières que nous avons de pouvoir payer l’énergie cher, croit savoir thierry Bros. Et ce que l’on peut imaginer, c’est que des cargos de gaz naturel liquéfié se détournent de l’Inde, du Pakistan ou du Bangladesh pour assurer notre sécurité à nous. Le black out ne se produira qu’à la fin de l’hiver quand nos stocks seront vides. »

« Une crise de l’énergie ou les prix de l’énergie que nous avons aujourd’hui doivent surtout nous faire réfléchir à la sortie des fossiles, considère Anna Creti. Du point de vue géologique, on pourrait en extraire encore mais la rationalité, les efforts et la cohérence avec l’objectif de l’Accord de Paris et qui va être aussi rappelé dans quelques jours à la COP26, voudrait que ces fossiles restent bien là où ils sont, c’est-à-dire non exploités et donc qu’ils laissent place à un usage plus sobre de l’énergie et à un schéma sur la décarbonation. »

Énergie : un manque d’investissement dans les renouvelables ( Jean Pisani Ferry)

Énergie : un manque d’investissement dans les renouvelables ( Jean Pisani Ferry)

 

 

 

L’économiste, Jean Pisani-Ferry,  déplore, dans sa chronique au « Monde », l’insuffisance des signaux politiques qui permettraient aux marchés d’investir dans les énergies renouvelables, alors qu’ils fuient déjà les énergies fossiles, provoquant l’envolée des prix.

Tribune

 

 

A l’évidence, l’envol du prix du pétrole et du gaz, qui inquiète les ménages et affole les gouvernements, n’est pas attribuable à une seule cause. Aléas climatiques, comportements de stockage, attitude russe… Les explications contingentes s’empilent, particulièrement dans le contexte d’une économie déréglée par le choc pandémique. Mais il est une cause qui doit alerter, parce qu’elle revêt un caractère structurel : c’est l’impact de la transition écologique – ou plus exactement de la manière dont elle s’engage.

Quelque 80 % de l’énergie consommée dans le monde proviennent aujourd’hui des combustibles fossiles (plus 5 % de nucléaire). Pour limiter le réchauffement, il va falloir passer à 60 % d’ici à 2030 et à 25 % en 2050. Cette transformation va impliquer un effort considérable de recherche, de conversion des systèmes énergétiques, d’adaptation des réseaux et de construction d’infrastructures.

 

Tout compris, les estimations disponibles de l’investissement additionnel requis convergent, pour 2030, vers 2 % du produit intérieur brut mondial par an, en net. L’Agence internationale de l’énergie estime ainsi que l’investissement énergétique va devoir passer de 2 000 milliards de dollars (1 720 milliards d’euros) par an au cours des dernières années à 5 000 milliards en 2030, avant de redescendre graduellement. Et ce n’est pas tout : la transition va aussi impliquer un transfert vers les renouvelables de l’investissement dans les énergies brunes, qui représente encore une bonne moitié du total. In fine, l’investissement nouveau va devoir s’élever à quelque trois points de PIB mondial par an.

C’est considérable, et ça ne se fera pas sans accroc. L’enjeu macroéconomique est d’importance. L’enjeu énergétique aussi, car la transition va profondément perturber le délicat équilibre du marché mondial. Si la montée en régime des renouvelables ne s’accompagne pas d’un repli parallèle de l’extraction de combustibles fossiles, il y aura excès d’offre et le prix des énergies fossiles s’effondrera ; si, à l’inverse, le désinvestissement dans les énergies d’hier est plus rapide que le développement des nouvelles capacités, les prix s’envoleront.

C’est cette seconde tendance qu’on observe actuellement. Dans son rapport, l’AIE compare trois scénarios : le premier, normatif, conduit à la neutralité carbone en 2050 ; le second, moins ambitieux, correspond aux objectifs nationaux annoncés dans le cadre de l’accord de Paris ; et le troisième aux politiques effectivement en place, qui sont loin d’être en ligne avec les objectifs affichés. Or, si l’investissement dans le charbon et le gaz est aujourd’hui au niveau prévu dans le premier scénario, l’investissement en renouvelables est encore près de quatre fois inférieur à ce qu’il faudrait.

Electricité- Énergie :Le risque d’une crise majeure

Electricité- Énergie :Le risque d’une crise  majeure

 

 

Quand l’appareil de production mondial fonctionne bien,  peu s’inquiètent  d’une éventuelle crise de l’énergie. L’énergie à disposition aujourd’hui est appréhendée un peu comme l’eau qui coule du robinet. En disposer parait tout à fait normal. Pourtant les conditions économiques générales, les exigences environnementales et les politiques erratiques de certains Etats pourraient conduire à une crise mondiale de l’énergie. Pour l’instant,  on attribue essentiellement la hausse des prix de l’énergie (gaz, électricité, pétrole) à des facteurs essentiellement conjoncturels.

 

Ces hausses qui traduisent une inadaptation de l’offre par rapport à la demande seraient du à la reprise économique de 2021. Tout n’est pas faux évidemment; ceci étant globalement, il faut quand même relativiser cette reprise générale qui en moyenne nous ramène au niveau de croissance de fin 2019. D’autres facteurs sont donc à prendre en compte.

 

Parmi ceux-ci il y a les contraintes environnementales qui amènent une conversion des outils de production de l’énergie. En clair, cela se traduit par un certain rationnement de l’énergie en tout cas pour l’instant à un net renchérissement. Dans cet environnement , les pays souvent pour faire plaisir au courant écolo ont changé de manière trop brutale leur politique énergétique par exemple en supprimant brutalement des sites de production nucléaire et paradoxalement en réactivant des sites de production au charbon.

 

En outre la bulle des énergie alternative s’est largement dégonflée. Certes elles peuvent être utiles voir nécessaires mais certainement pas constituer le cœur d’une politique énergétique notamment pour les énergies intermittentes comme les éoliennes. L’Allemagne de ce point de vue est un bon exemple des errements conduits en matière de politique énergétique. Pour prendre en compte le courant écolo, le gouvernement allemand a brutalement fermé ses centrales nucléaires pour leur substituer des centrales au charbon les énergies alternatives se montrant complètement incapables de satisfaire la demande.

 

Pire l’Allemagne s’est rendue complètement dépendante maintenant du gaz russe. Un  gaz russe fourni actuellement avec parcimonie par la Russie qui participe à l’emballement  des prix de toutes les énergies. D’autres zones aussi sont menacées par exemple la puissance montante indienne où le pétrole permet de produire 70 % d’électricité mais où les stocks de charbon font craindre une pénurie en matière de fourniture de courant Les centrales thermiques indiennes sont en état d’alerte.

 

Au cours des derniers mois, leurs réserves de charbon se sont effondrées pour atteindre un niveau critique. Mercredi dernier, les 135 centrales thermiques alimentées au charbon du pays disposaient, en moyenne, de quatre jours de stock. Plus de la moitié d’entre elles possédaient moins de trois jours de réserves et quinze étaient déjà en rupture de stock, selon les données officielles. Dans un pays où l’or noir permet de produire près de 70 % de l’électricité, les faibles réserves de charbon font craindre des coupures de courant. La Chine pèse aussi d’un poids considérable sur la demande avec sa reprise économique vigoureuse antérieure à celle des pays occidentaux. En France aussi la situation risque d’être tendue si par hypothèse l’hiver se révèle assez froid. Depuis la fermeture de Fessenheim, l’équilibre production consommation est fragile en France. C’est sans doute à l’occasion d’une coupure- qu il ne faut pas souhaiter -que la France s’apercevrait alors il ne faut pas confondre politique énergétique et gadgets écologiques en matière d’électricité.

Prix énergie : baisse européenne de la TVA ?

 

La flambée des prix de l’énergie risque d’affecter une croissance encore fragile, témoin le tassement en septembre et octobre par exemple en France,  mais aussi d’amputer pouvoir d’achat du fait de l’inflation. Une hausse globale des prix qui pourraient remettre en cause le redressement économique. Le commissaire européen au Marché intérieur Thierry Breton approuve donc  les mesures prises par les différents gouvernements pour amortir la crise de l’énergie. Par ailleurs il va donner  « la possibilité de baisser aussi la TVA« , ce que certains ont d’ores et déjà annoncé.( Il y a forcément des marges de manœuvre puisque plus les cours sont hauts et plus les taxes proportionnelles sont fortes).

En  raison des effets de la reprise, les dégâts sur le pouvoir d’achat des Européens sont potentiellement importants. Le secteur de l’énergie a ainsi connu la plus forte hausse des prix le mois dernier (+17,4%, après +15,4% en août), selon l’office européen des statistiques.

En France, les prix du gaz ont déjà bondi de 57% depuis le début de l’année et devraient augmenter à nouveau de 10% en novembre.

En conséquence, l’inflation dans la zone euro a, elle, atteint en septembre son plus haut niveau depuis 13 ans.

Le taux d’inflation en zone euro a bondi en septembre à 3,4 % sur un an, au plus haut depuis 13 ans (septembre 2008), en raison de la flambée des prix de l’énergie, a annoncé vendredi Eurostat. Parmi les principales composantes de l’indicateur, le secteur de l’énergie a connu de loin la plus forte hausse des prix le mois dernier (+17,4%, après +15,4 % en août), a souligné l’office européen des statistiques. Depuis juin, l’inflation a progressé chaque mois dans la zone euro. Elle avait atteint 2,2 % en juillet et 3 % en août, toujours en glissement annuel, dépassant nettement l’objectif de 2 % fixé par la Banque centrale européenne (BCE). Les tensions sur les prix font craindre aux marchés financiers une remontée des taux d’intérêt. Mais la BCE, tout comme la Fed, son homologue américaine, jugent le phénomène temporaire !

Il y a deux semaines, le gouvernement français a décidé d’octroyer en décembre un « chèque énergie » d’un montant de 100 euros à six millions de ménages modestes, sur les 29 millions de ménages que compte la France au total.

« On diffère la facture pour les consommateurs, la douloureuse c’est pour plus tard, après l’échéance électorale. Cela ne trompe personne », avait réagi Alain Bazot, président de l’UFC-Que Choisir.

De même, en Espagne, le gouvernement de gauche de Pedro Sanchez a adopté début septembre une mesure de réduction de la taxe spéciale sur l’électricité, qui passe de 5,11% à 0,5%. Le plan va également imposer une limite aux bénéfices engrangés par les groupes énergétiques, à 2,6 milliards d’euros.

Énergie: le charbon en hausse partout

Énergie: le charbon en hausse partout

 

Paradoxalement les discours environnementaux font monter la part du charbon dans les énergies. .

Le charbon représente encore près de 40 % des énergies.

Les 3 principales sources d’énergies utilisées dans le monde sont : le pétrole, le gaz naturel et le charbon. 3 énergies fossiles donc. A elles trois elles représentent 84,3% de la consommation énergétique mondiale. Dans son Coal Report 2019, publié en décembre, l’AIE réalise un pré-constat sur 2019 et des prévisions jusqu’en 2024. Il souligne ainsi que la demande en charbon a progressé de 1,1% en 2018, que la production a augmenté de 3,3% sur l’année, que les échanges internationaux de houille ont enregistré une hausse de 4% cette même année, pour dépasser 1,4 milliard de tonnes. L’électricité a tiré à la hausse cette demande, passant pour la première fois le seuil des 10 000 TWh produits. La demande et surtout–par les pays asiatiques mais aussi par exemple par l’Allemagne qui utilise du charbon compte tenu de l’insuffisance de production des éoliennes( insuffisance liée la météo).

Inde, Chine, Indonésie, Vietnam, Pakistan, les pays asiatiques tirent clairement à la hausse la demande en charbon. La part de cette énergie dans l’électricité asiatique est passée de 20% en 1990 à 80% en 2018. Et, comme le rappelle l’AIE, dans ces pays la moyenne d’âge des centrales alimentées par ce combustible est de 12 ans, soit une trentaine d’années de moins qu’en Europe et aux Etats-Unis. La moitié du parc asiatique a été construit dans les 19 années passées, laissant présager que ces installations produiront encore pendant des décennies, insiste l’Agence de l’OCDE. Ce n’est donc pas demain que le charbon sortira de la production asiatique.

En Chine  , premier consommateur mondial de charbon (la moitié de la demande), grâce à une politique forte de réduction dans les foyers et les petites industries, un plateau pourrait être atteint en 2022, indique l’AIE, mais progresse encore. Cependant, avec la poussée des renouvelables, la part de la houille dans la production d‘électricité devrait se réduire, passant de 67% en 2018 à 59% en 2024, selon les prévisions du rapport.

Et le  gouvernement chinois vient d’autoriser la réouverture de mines de charbon et a demandé à 72 sites d’intensifier leur production. L’Inde, qui ne dispose que de quatre jours de stocks, redoute de sévères coupures de courant. La Grande-Bretagne, dont une part importante de l’électricité dépend du gaz, devenu trop cher, a relancé ses centrales à charbon. En Allemagne, la production d’électricité via le lignite ou la houille a dépassé l’éolien au premier trimestre à cause des conditions météo défavorables. En France, comme cela avait déjà été le cas en septembre 2020 en raison du manque de vent et d’avaries chez EDF, la consommation de charbon vient de repartir en flèche même si les quatre dernières centrales doivent théoriquement fermer ( sauf crise énergétique mondiale !)

Énergie :Le risque d’une crise majeure

Énergie :Le risque d’une crise  majeure

 

 

Quand l’appareil de production mondial fonctionne bien,  peu s’inquiètent  d’une éventuelle crise de l’énergie. L’énergie à disposition aujourd’hui est appréhendée un peu comme l’eau qui coule du robinet. En disposer parait tout à fait normal. Pourtant les conditions économiques générales, les exigences environnementales et les politiques erratiques de certains Etats pourraient conduire à une crise mondiale de l’énergie. Pour l’instant,  on attribue essentiellement la hausse des prix de l’énergie (gaz, électricité, pétrole) à des facteurs essentiellement conjoncturels.

 

Ces hausses qui traduisent une inadaptation de l’offre par rapport à la demande seraient du à la reprise économique de 2021. Tout n’est pas faux évidemment; ceci étant globalement, il faut quand même relativiser cette reprise générale qui en moyenne nous ramène au niveau de croissance de fin 2019. D’autres facteurs sont donc à prendre en compte.

 

Parmi ceux-ci il y a les contraintes environnementales qui amènent une conversion des outils de production de l’énergie. En clair, cela se traduit par un certain rationnement de l’énergie en tout cas pour l’instant à un net renchérissement. Dans cet environnement , les pays souvent pour faire plaisir au courant écolo ont changé de manière trop brutale leur politique énergétique par exemple en supprimant brutalement des sites de production nucléaire et paradoxalement en réactivant des sites de production au charbon.

 

En outre la bulle des énergie alternative s’est largement dégonflée. Certes elles peuvent être utiles voir nécessaires mais certainement pas constituer le cœur d’une politique énergétique notamment pour les énergies intermittentes comme les éoliennes. L’Allemagne de ce point de vue est un bon exemple des errements conduits en matière de politique énergétique. Pour prendre en compte le courant écolo, le gouvernement allemand a brutalement fermé ses centrales nucléaires pour leur substituer des centrales au charbon les énergies alternatives se montrant complètement incapables de satisfaire la demande.

 

Pire l’Allemagne s’est rendue complètement dépendante maintenant du gaz russe. Un  gaz russe fourni actuellement avec parcimonie par la Russie qui participe à l’emballement  des prix de toutes les énergies. D’autres zones aussi sont menacées par exemple la puissance montante indienne où le pétrole permet de produire 70 % d’électricité mais où les stocks de charbon font craindre une pénurie en matière de fourniture de courant Les centrales thermiques indiennes sont en état d’alerte.

 

Au cours des derniers mois, leurs réserves de charbon se sont effondrées pour atteindre un niveau critique. Mercredi dernier, les 135 centrales thermiques alimentées au charbon du pays disposaient, en moyenne, de quatre jours de stock. Plus de la moitié d’entre elles possédaient moins de trois jours de réserves et quinze étaient déjà en rupture de stock, selon les données officielles. Dans un pays où l’or noir permet de produire près de 70 % de l’électricité, les faibles réserves de charbon font craindre des coupures de courant. La Chine pèse aussi d’un poids considérable sur la demande avec sa reprise économique vigoureuse antérieure à celle des pays occidentaux. En France aussi la situation risque d’être tendue si par hypothèse l’hiver se révèle assez froid. Depuis la fermeture de Fessenheim, l’équilibre production consommation est fragile en France. C’est sans doute à l’occasion d’une coupure- qu il ne faut pas souhaiter -que la France s’apercevrait alors il ne faut pas confondre politique énergétique et gadgets écologiques en matière d’électricité.

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