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Covid France 1er septembre 2022 : +19.240 cas supplémentaires en 24h.

 

Covid France  1er septembre 2022 : +19.240  cas supplémentaires en 24h.

 

On recense ce mercredi 31 août 2022 :  +19.240  cas supplémentaires en 24h.,  154.093 morts au total, +54 morts supplémentaires. Le nombre de décès en EHPAD et EMS fait état de 29.107 (+4) décès au total. Le nombre total de décès en milieu hospitalier est lui de 124.986 (+50 en 24h).

Le taux de reproductivité R est de 0,90 le taux d’incidence à 181,40 et la tension hospitalière à 16,6 %. Le taux de positivité est à 0,0 %.

La France compte actuellement 14.485 (-209) personnes hospitalisées et 838 (-16) malades en réanimation.

 

Bilan des régions :

  • Ile-de-France : 4.237 (+24) hospitalisées, 290 (-4) en réanimation et +4 décès en 24h
  • Grand Est : 1.054 (-42) hospitalisés, 68 (+2) en réanimation et +3 décès en 24h
  • Hauts de France : 1.149 (-31) hospitalisés, 57 (-2) en réanimation et +6 décès en 24h
  • Auvergne Rhône Alpes : 1.192 (-2) hospitalisés, 56 (-4) en réanimation et +9 décès en 24h
  • Provence-Alpes Côte d’Azur : 1.432 (-26) hospitalisé, 57 (-2) en réanimation et +9 décès en 24h
  • Bretagne: 432 (-10) hospitalisés, 29 (-2) en réanimation et 0 décès en 24h
  • Normandie : 836 (-49) hospitalisés, 36 (-2) en réanimation et +2 décès en 24h
  • Nouvelle-Aquitaine : 1.122 (-16) hospitalisés, 69 (-2) en réanimation et +7 décès en 24h
  • Pays de la Loire : 264 (-9) hospitalisés, 23 (+2) en réanimation et +1 décès en 24h
  • Occitanie: 1.124 (+3) hospitalisés, , 62 (+1) en réanimation et +2 décès en 24h
  • Centre-Val de Loire : 633 (-14) hospitalisés, 30 (+2) en réanimation et +2 décès en 24h
  • Bourgogne-Franche-Comté : 595 (-2) hospitalisés, 32 (-2) en réanimation et +1 décès en 24h

Sondage croissance : stable en août mais perspectives en baisse

Sondage croissance  : stable en août mais perspectives en baisse

 

D’après  l’Insee, le moral des chefs d’entreprise demeure encore satisfaisant en août. Paradoxalement ,il est en contradiction avec celui des ménages particulièrement pessimistes sans doute à cause des dégâts de l’inflation sur le pouvoir d’achat sans parler des inquiétudes sur l’énergie . Le  moral des chefs d’entreprise, s’est établi à 103, au-dessus de sa moyenne de long terme qui est de 100. Dans le détail, la détérioration enregistrée dans l’industrie a été compensée par une amélioration dans le commerce de détail et dans une moindre mesure dans le bâtiment.

L’économie française semble donc avoir encore devant elle une période de répit relatif. De quoi rassurer Bercy qui table sur une croissance de 2,5 % cette année. « Ce niveau devrait être atteint, il est même possible que le chiffre soit finalement supérieur. En revanche le choc sera pour 2023, et j’ai un très gros doute sur l’objectif de croissance de 1,3 % affiché pour le moment par l’exécutif », estime Patrick Artus. Le conseiller économique de Natixis table pour sa part sur « une croissance négative l’an prochain ». « La croissance marquera le pas en 2023 et s’établira probablement proche de 0 % pour l’ensemble de l’année », estime ING.

Moins pessimiste, Mathieu Plane évoque « un grand flou pour 2023 ». « La récession n’est pas notre scénario central, mais l’objectif de 1,3 % sera difficile à tenir  », juge-t-il, alors que l’OFCE avait annoncé en juillet tabler sur +1 % l’an prochain.

Fin de l’abondance : un président mal placé pour en parler

Fin de l’abondance : un président mal placé pour en parler

 

Fin de l’abondance, des évidences et de l’insouciance ; Un discours assez apocalyptique et culpabilisateur d’un président mal placé pour en parler. ( papier de Philippe Mabille dans la Tribune)

 

Sans attendre les premiers pavés de la colère sociale que l’inflation galopante des prix de l’énergie laisse présager, comme on le voit déjà venir en Angleterre qui a décidé de jouer la carte de la vérité des prix du gaz et de l’électricité plutôt que de la maquiller dans la dette publique, le président de la République a pris les devants dès le conseil des ministres de rentrée par des propos glaçants venus ponctuer un été caniculaire.

« Je crois que ce que nous sommes en train de vivre est de l’ordre d’une grande bascule ou d’un grand bouleversement (…) Nous vivons la fin de ce qui pouvait apparaître comme une abondance ». Des propos étonnants de la part du champion estival du jet ski dont le ministre des Transports Clément Beaune dénonce l’usage abusif des jets privés par les milliardaires. Quand on appelle chacun à ne pas céder à la démagogie, peut-être faut-il commencer par se l’appliquer à soi-même…

Pour Emmanuel Macron, nous vivons aussi la « fin des évidences » avec « la montée des régimes illibéraux et le renforcement des régimes autoritaires » ainsi que « la fin d’une forme d’insouciance ». N’en jetez plus, et prenez un Xanax… Grande bascule, grand bouleversement, régimes autoritaires… il n’en fallait pas plus pour réveiller la sphère complotiste qui a vu dans le choix de ces termes une référence au « Big Reset », la grande réinitialisation appelée de ses vœux par Klaus Schwab, le fondateur du forum de Davos vilipendé pour avoir prédit, tel Cassandre, les malheurs qui nous sont ou vont nous arriver : de la pandémie (Covid) à la pénurie (crise de l’énergie), il n’y a plus qu’un pas à franchir, celui justement de la fin de l’abondance, qui n’est pas, comme son nom l’indique faussement, ce fromage à la pâte pressée demi-cuite, fabriqué en Savoie avec le lait des vaches du même nom… Mais bien l’arrivée à maturité du fameux « monde d’après » annoncé dès le premier jour du premier confinement. Mise en cause de la consommation ostentatoire - l’usage immodéré des jets, l’arrosage des golfs- au prix d’une poussée de la démagogie amplifiée par les réseaux sociaux, angoisse climatique extrême, polarisation d’une société minée par les inégalités et à plusieurs vitesses : voici ce qui advient lorsque le point de bascule est atteint… c’est un peu cela aussi que dit et semble craindre Emmanuel Macron, dans une version moderne du célèbre Sapeur Camember : lorsque les bornes sont franchies, il n’y a plus de limites.

Les années 2020 ont commencé par une fermeture générale mais heureusement temporaire, de toutes les activités humaines (ou presque)… 2022 s’achève dans un climat tropical sur fond au pire de menaces nucléaires, de troisième guerre mondiale entre les Etats-Unis, la Russie voire la Chine, et de famines, au mieux de coupures de gaz et d’électricité. Macron-Cassandre, tout en appelant à ne pas céder à la démagogie, a la prévenance de nous en prévenir : Winter is coming.

L’objectif, on le mesure bien, n’est pas de casser le moral des troupes : le chef de l’Etat use et abuse comme à son habitude de la dramatisation (souvenons-nous du martial « nous sommes en guerre… » de mars 2020) pour appeler à la mobilisation : la solution est en toi, peuple de France, il va juste falloir travailler plus, pas forcément pour gagner plus, mais pour avoir un toit bien chauffé cet hiver.

La fin de l’abondance annonce donc avec certitude une nouvelle ère de réformes sociales dont Elisabeth Borne précisera ce lundi lors des Rencontres des Entrepreneurs de France (REF), ex Université d’été du Medef, à l’hippodrome de Longchamp, le programme des réjouissances : à commencer par celle de l’assurance-chômage, avec une modulation des règles selon les régions pour encourager à la reprise d’un emploi les fainéants qui persistent à ne pas travailler alors que l’emploi lui est abondant si l’on en croit le nombre d’offres non pourvues ; mais aussi allongement progressif de l’âge de départ à la retraite des seniors vers les 65 ans, ainsi que la fin programmée, progressive elle-aussi des 35 heures, via l’encouragement à coup d’exonérations fiscales au rachat par les entreprises des jours de RTT en 2023 et sans doute au-delà. Un petit coup de pouce au pouvoir d’achat des salariés et un gros coup de pouce à la productivité.

Bref, on l’aura compris, la fin de l’abondance a bon dos, elle prépare surtout un changement de braquet vers plus de rigueur, l’austérité n’étant pas loin de la sobriété comme on le verra fin septembre lors de la présentation du budget lorsqu’il faudra payer la facture de la douce négligence des dernières années.

On aurait pu espérer une communication moins plombante : après le sang et les larmes annoncées par Macron, la Première ministre, devenue plus populaire que le président, aura la lourde tâche de vendre aux Français son grand plan pour une sobriété choisie plutôt que subie, une sobriété juste et équitablement répartie. Et pourquoi pas nous vendre la sobriété comme une chance, une opportunité, celle de changer de modèle. Présenter l’inflation comme une « chance » est toutefois difficile à vendre, car la transition, à l’évidence, ne se fera pas sans douleur ni peine : même le président de la puissante Fed, la banque centrale américaine, l’a dit à Jackson Hole, la grande réunion annuelle des grands argentiers, face aux montagnes éternelles du Wyoming : « la lutte contre l’inflation va faire souffrir les ménages et les entreprises américains » et « va prendre du temps », mais « y renoncer serait encore plus dommageable » pour l’économie. Il n’en fallait pas plus pour plomber la rentrée des marchés financiers, qui ont été aussi glacés par la dureté de Powell que les Français par la franchise de Macron.

Alors que les prix du gaz et de l’électricité atteignent des sommets sur le marché de gros, au-delà des 1000 euros le mégawattheure, c’est bien le fonctionnement du marché de l’énergie en France qui révèle ses failles, analyse Marine Godelier. Dans une enquête fouillée, elle en décrypte les causes et les conséquences : entre arbitrage sur l’ARENH, revente d’électricité à prix fort, couverture peu sérieuse et offres mensongères, certains fournisseurs auraient multiplié les combines, au détriment du consommateur. A travers trois épisodes, la Tribune vous propose une immersion dans un univers plus que jamais sous tension : celui du marché de la fourniture d’électricité.

En attendant, le gouvernement cherche des solutions innovantes, comme par exemple faire payer moins cher ceux qui acceptent de se restreindre pendant les pics de demande : en gros, tu ne te laves pas, ne te chauffes pas et ne fais pas de lessives pendant quinze jours par mois et tu auras droit à une réduction sur ta facture annuelle…

En fait, ce qui surprend un peu, c’est le hiatus entre la sombre tonalité du discours de rentrée de Macron et les propos plus rassurants de son ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, qui passe son temps à corriger le tir. Le Maire, qui parlera mardi pour la deuxième journée des rencontres du Medef aura le beau rôle, celui de dire qu’après la pluie, viendra le beau temps… Avec réalisme, toutefois : le pic d’inflation, maintes fois repoussé, n’interviendra pas avant Noël prochain. De là à promettre qu’il faudra manger des patates en grelottant de froid sous des couvertures avec des chaussettes en laine, il ne faut pas pousser l’abondance dans les orties de peur qu’elle ne se retourne contre son promoteur.

Philippe Mabille, directeur de la rédaction

L’absence en France d’une écologie politique libre et indépendante

L’absence en France d’une écologie politique libre et indépendante

 

L’écologie politique, telle qu’elle est représentée en France, se réduit à un mouvement ancré à l’extrême gauche, regrettent des militants de l’environnement, dont Corinne Lepage, qui appellent, dans une tribune au « Monde », à faire émerger une écologie politique innovante.

 

Une réflexion pertinente dans la mesure où progressivement Europe écologie les Verts (EELV)  a été complètement noyautés par les gauchistes d’ailleurs plus préoccupés par les questions sociétales que par l’environnement NDLR

 

 

Le dépassement de toutes les limites de la Terre est désormais avéré. Notre pays n’est pas épargné par les effets du changement climatique, suscitant une angoisse légitime face à des phénomènes non maîtrisés.

La sous-estimation des risques et des pénuries généralisées dans les services publics nous oblige à faire émerger une écologie politique innovante ; une écologie qui dépasse les contradictions de ce monde, assume sobriété et partage plus équitable des richesses et conjure dans le même temps les tentations de « démocratures » et dictatures.

 

Le moment est venu de construire une véritable offre de l’écologie politique en France, car elle n’existe pas. Cela peut paraître paradoxal, mais c’est une réalité.

L’écologie politique, telle qu’elle est représentée aujourd’hui dans notre pays, est réduite à l’émergence d’un mouvement politique désormais clairement ancré à l’extrême gauche, une prétendue Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) qui ne répond ni aux besoins de l’écologie ni aux souhaits d’une majorité de Français, en dépit de l’angoisse écologique qu’ils expriment au regard des bouleversements que connaît notre monde. D’où l’incapacité à convaincre nos concitoyens et la sphère politique de l’urgence écologique.

Contrairement à ce qu’aurait pu laisser espérer la constitution d’un groupe écolo à l’Assemblée nationale, l’écologie politique a en fait complètement disparu des radars pour se fondre dans les obsessions exprimées de manière violente par La France insoumise (LFI), formation majoritaire au sein de la Nupes. Avec des membres qui, pour l’essentiel, n’ont rien à voir avec l’écologie voire pire, déconsidèrent les propositions écologistes aux yeux de beaucoup de nos concitoyens.

La disparition d’une écologie politique libre et indépendante, tant pour des raisons idéologiques – le triomphe d’une écologie clivante –, que financières – le besoin de se renflouer avec le financement public après l’échec de la présidentielle –, crée à l’évidence un grand vide qu’il est urgent de combler, tant les attentes et les enjeux pour notre planète et ses habitants sont importants.

 

Quant aux écologistes qui n’appartenaient pas cette mouvance, ils ne sont pas parvenus à créer au cœur de l’échiquier politique français un pôle attractif. Cette cartographie a explosé sous le double coup de boutoir de l’absorption d’Europe Ecologie-

L ‘innovation bancaire en retard

L ‘innovation bancaire en retard 

 

 Les résultats en matière d’innovation sont mitigés et les banques traditionnelles ont eu du mal à tirer profit de ce nouvel environnement, comparativement à ceux observés en Asie dont l’Europe pourrait s’inspirer. Par Matilde Guilhon, doctorante à ESCP Business School et chercheuse chez Square Management (Square Research Center)*.

 

Alors que le moteur de l’Open Banking en Europe est principalement réglementaire, dans la plupart des pays asiatiques, la motivation est surtout commerciale. L’illustration la plus extrême est la Chine, où les régulateurs ont laissé le champ ouvert au développement des « BATX », comme Alibaba et Tencent, dans le secteur financier. Ces plateformes ont pu créer des « superapps » qui fonctionnent comme des écosystèmes offrant solutions financières et extra-financières à leurs utilisateurs.

Dans les pays où les systèmes bancaires sont plus proches des pays européens, comme Hong Kong ou Singapour, les réglementations sont moins contraignantes que celles de DSP2 et de la CMA. A Singapour, les réglementations prennent la forme de recommandations sur la mise en place de modèles Banking-as-a-Service et d’API. Malgré le caractère non obligatoire de ces règlementations, les banques singapouriennes ont été diligentes dans la collaboration avec les nouveaux entrants. Par exemple, DBS Bank a développé la plus grande plateforme d’API bancaire au monde, avec plus de 200 APIs couvrant une diversité de services bancaires et extra-bancaires.

Les réglementations européennes exhortent les banques à ouvrir leurs données à des tierces parties. Cela correspond à une situation d’innovation imposée, où la pression des institutions réglementaires est forte tandis que les incitations économiques à mettre en œuvre l’innovation sont relativement faibles. Le discours des régulateurs était orienté vers la promotion de l’innovation et de la concurrence en faisant pression sur les banques en position dominante.

Or, la capacité des acteurs en place à développer une réponse efficace à une innovation imposée dépend fortement de la perception de l’innovation, à la fois comme une menace pour leur secteur, mais aussi et surtout comme une opportunité de créer un avantage concurrentiel. Cela a conduit les banques traditionnelles à adopter une attitude défiante vis-à-vis des Fintechs et des start-ups lors de l’introduction des réglementations, plutôt que d’explorer les opportunités de collaboration.

Dans la mesure où elles ont précédé l’innovation, les réglementations européennes ont manqué de clarté et de précision dans le traitement de questions clés telles que la responsabilité légale dans la collaboration entre les banques et les tiers. Au sein de l’UE, il a fallu près de trois ans entre l’adoption de la DSP2 et son entrée en vigueur – années que les acteurs en place ont davantage passées à décrypter des réglementations lourdes et à initier la mise en conformité, plutôt qu’à développer des stratégies d’innovation appropriées. En outre, la volonté d’introduire un standard de normes au niveau européen sans tenir compte des spécificités bancaires nationales a entraîné une mise en œuvre hétérogène des directives.

La réglementation constitue un catalyseur pour l’innovation en Open Banking. Toutefois, tout en reconnaissant les spécificités culturelles, politiques et économiques de chaque pays qui conditionnent le potentiel d’innovation, on constate que les pays adoptant des réglementations flexibles favorisent davantage l’innovation au sein du secteur bancaire. De plus, l’ouverture forcée d’un secteur à forte inertie risque de servir involontairement les « Big Tech », recréant ainsi une situation de monopole à long terme.

Comment établir un environnement propice à l’innovation tout en maintenant la stabilité du secteur bancaire de détail ? Une plus grande coordination entre les régulateurs et une approche réglementaire progressive et flexible sont bienvenues. Il n’est évidemment pas question de maintenir des positions dominantes au détriment du consommateur. Néanmoins, avec leurs décennies d’expérience en matière de sécurité des données et leur expertise, les banques traditionnelles doivent rester au centre du système financier pour assurer sa stabilité et garantir la protection de leurs clients.

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(*) Membre du Square Research Center de Square Management

Sondage activité économique : stable en août mais perspectives en baisse

D’après  l’Insee, le moral des chefs d’entreprise demeure encore satisfaisant en août. Paradoxalement ,il est en contradiction avec celui des ménages particulièrement pessimistes sans doute à cause des dégâts de l’inflation sur le pouvoir d’achat sans parler des inquiétudes sur l’énergie . Le  moral des chefs d’entreprise, s’est établi à 103, au-dessus de sa moyenne de long terme qui est de 100. Dans le détail, la détérioration enregistrée dans l’industrie a été compensée par une amélioration dans le commerce de détail et dans une moindre mesure dans le bâtiment.

L’économie française semble donc avoir encore devant elle une période de répit relatif. De quoi rassurer Bercy qui table sur une croissance de 2,5 % cette année. « Ce niveau devrait être atteint, il est même possible que le chiffre soit finalement supérieur. En revanche le choc sera pour 2023, et j’ai un très gros doute sur l’objectif de croissance de 1,3 % affiché pour le moment par l’exécutif », estime Patrick Artus. Le conseiller économique de Natixis table pour sa part sur « une croissance négative l’an prochain ». « La croissance marquera le pas en 2023 et s’établira probablement proche de 0 % pour l’ensemble de l’année », estime ING.

Moins pessimiste, Mathieu Plane évoque « un grand flou pour 2023 ». « La récession n’est pas notre scénario central, mais l’objectif de 1,3 % sera difficile à tenir  », juge-t-il, alors que l’OFCE avait annoncé en juillet tabler sur +1 % l’an prochain.

BCE : hausse de 50 ou 75 points de base en septembre

BCE : hausse de 50 ou 75 points de base en septembre

 

En raison d’une hausse des prix toujours galopante aussi de l’influence de la banque centrale américaine, la BCE devrait être amenée à relever de 50 points  base son taux directeur.

Mais l ‘inflation qui continue d’atteindre des sommets – 8,9 % sur un an en juillet dans la zone euro, son plus haut historique – pourrait bien la pousser à adopter une stratégie plus agressive à l’instar de celle menée par la Réserve fédérale américaine (Fed) aux Etats-Unis. Cette dernière a déjà relevé à plusieurs reprises ses taux directeurs : d’un quart de point -la hausse habituelle – mi-mars, d’un demi-point – alors la plus forte hausse depuis 2000, en mai puis de trois-quarts de point en juillet. Du coup,  l’euro s’est encore affaibli par rapport au dollar. Le risque évidemment c’est de tuer une croissance dans les prévisions sont déjà très faiblardes pour 2023.

Isabel Schnabel, membre du directoire de la BCE, a d’ailleurs affirmé la semaine dernière que les perspectives d’inflation ne s’étaient pas améliorées depuis juillet, donnant à penser qu’elle serait favorable à un relèvement important du coût du crédit en septembre. Ce samedi, elle s’est à nouveau exprimée à ce sujet affirmant que les banques centrales doivent agir avec « détermination » pour combattre l’inflation. Face à « la voie de la prudence », la responsable monétaire a défendu « celle de la détermination » qui consiste à « réagir avec plus de force à la poussée actuelle d’inflation », a-t-elle plaidé lors de la réunion de Jackson Hole, aux Etats-Unis. « Si une banque centrale sous-estime la persistance de l’inflation – comme la plupart d’entre nous l’ont fait au cours de la dernière année et demie – et si elle tarde à adapter ses politiques en conséquence, les coûts peuvent être considérables », a-t-elle prédit.

Trois facteurs plaident en faveur de cette option, a-t-elle expliqué lors de cette grand-messe annuelle des banquiers centraux dans l’Ouest américain : « l’incertitude quant à la persistance de l’inflation, les menaces pour la crédibilité de la banque centrale et les coûts potentiels d’une action trop tardive » contre la hausse des prix, selon son discours mis en ligne par la BCE.

Le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau a lui aussi défendu une action déterminée de la BCE. « Nous pouvons avoir une approche graduelle, mais nous ne devons pas être lents et retarder la normalisation (de la politique monétaire, NDLR) jusqu’à ce que des anticipations d’inflation plus élevées nous obligent à des relèvements de taux agressifs », a-t-il expliqué. « Ramener l’inflation à 2% est notre responsabilité; notre volonté et notre capacité à tenir les engagements de notre mandat ne sont pas négociables », a déclaré le gouverneur, selon son discours obtenu par l’AFP. « N’ayez aucun doute qu’à la BCE, nous augmenterons les taux si nécessaire au-delà de la normalisation », a-t-il assuré.

 

Et ce, « même au risque d’une croissance plus faible et d’un chômage plus élevé », selon Isabel Schnabel. C’est en effet le risque d’un resserrement monétaire. Or, la perspective d’une récession dans la zone euro (les 19 pays ayant adopté la monnaie unique) est imminente. Les indicateurs passent au rouge les uns après les autres et, après un fort rebond en 2021 post-covid, la croissance devrait fortement ralentir en 2022. D’après le dernier indice PMI, l’activité s’est contractée au mois d’août à 49,2 après un premier repli au mois de juillet à 49,9. Avec deux mois de reculs consécutifs, l’économie de la zone euro se rapproche donc de la récession technique. Cette phase se définit par deux trimestres consécutifs de recul de l’activité.

 

Covid France 27 août 2022 : 18 116 cas supplémentaire en 24 heures

Covid France 27 août 2022 : 18 116 cas supplémentaire en 24 heures

On enregistre vendredi 26 août 2022: 18 116 cas supplémentaire en 24 heures,  815.839 cas de contaminations au total dont au moins +18.116 ces dernières 24h. On recense ce vendredi 26 août 2022, +51 morts en 24h soit 153.857 au total. Le nombre total de décès en EHPAD et EMS fait état de 29.097 (+1) décès au total. Le nombre total de décès en milieu hospitalier est lui de 124.760 (+50 en 24h). 53.647.662 personnes sont totalement vaccinées contre la covid-19 en France.

Électricité : des prix moins chers en Espagne et au Portugal !

Électricité : des prix moins chers en Espagne et au Portugal !

 

 

Contrairement à la France, les pays de la péninsule ibérique maitrisent les prix de l’électricité sur leurs marchés de gros. Une différence qui s’explique par un mécanisme de subvention différent, lié à la source d’énergie utilisée par la centrale qui fournit la production marginale. Par Charles Cuvelliez, Patrick Claessens, Pierre Henneaux, Ecole Polytechnique de Bruxelles, Université de Bruxelles. ( la Tribune)

 

Tribune

Pendant que les prix du MWh explosent sur les marchés de gros dans nos pays, l’Espagne et le Portugal arrivent à maintenir les leurs sous contrôle, avec un ordre de grandeur 3 x inférieur. Comment y sont-ils arrivés ?  Ils ont plaidé pour découpler leur marché de gros du reste de l’Europe auprès de la Commission européenne et l’ont justifié par la faible interconnexion entre la péninsule ibérique et la France. C’est à contre-courant du marché unique et de ses promesses et cela marche. Faut-il donc revenir à des marchés nationaux au plus grand bénéfice de ceux qui ont la chance de ne pas dépendre du gaz (la France) pour leur électricité ?

 

Les prix de gros sont en effet fixés par la centrale marginale, c’est-à-dire la dernière centrale qu’on doit mettre en route pour équilibrer offre et demande d’électricité. C’est la plus chère à faire tourner, celle au gaz, souvent, sauf en France où (si le parc nucléaire n’était pas déficient) elle serait (le plus souvent) nucléaire ou hydroélectrique, à faible coût. C’est à se demander pourquoi ce mécanisme, qui semble être antinomique aux intérêts français, a été mis en place. Ce mécanisme a des vertus :  avec la centrale marginale qui dicte un prix élevé au marché, la production d’électricité à partir de renouvelable, à coût marginal quasi-nul, bénéfice de marges intéressantes. C’est un incitant à investir encore plus dans le renouvelable, de ne plus devoir le subventionner et, avec le temps, d’avoir la centrale marginale de moins en moins souvent sollicitée. Une baisse des prix généralisée s’enclenche. Le mécanisme de la centrale marginale incite aussi à allouer efficacement les ressources : les producteurs ont intérêt à faire tourner les centrales les moins couteuses d’abord pour dégager une marge maximum.

Ce plan était raisonnable avec des prix de gros stables aux environs de quelques dizaines d’euros par MWh observés pendant la dernière décennie. Ce n’est plus vraiment le cas : le modèle entraine désormais une spirale haussière dont les gouvernements espagnols et portugais semblent se sortir. Ils dépendent pourtant du gaz.

Les gouvernements de ces deux pays ont décidé de subventionner le gaz quand il est utilisé pour produire de l’électricité. Ce plan prévoir que les producteurs d’électricité achètent leur gaz à 40 euros le MWh puis, depuis juillet, graduellement plus cher (+5 euros le MWh par mois) pour atteindre 70 euros le MWh fin 2022.

C’est la faible interconnexion entre les réseaux électriques espagnol et français qui permet que ce subside ne profite pas à toute l’Europe puisqu’il fera baisser le prix du gaz et donc le prix de l’électricité produite à partir de ce dernier. Les gouvernements espagnols et portugais ne comptent pas non plus se laisser étrangler par leurs subsides :  les acheteurs sur les marchés de gros doivent restituer une partie de leurs gains et le surplus d’électricité qui ira de l’Espagne à la France, du fait des prix plus intéressants outre-Pyrénées, crée un revenu de congestion que le gestionnaire de réseau devra aussi restituer aux autorités. Ce mécanisme donne l’impression de reprendre dans une poche ce qui a été donné dans l’autre poche. Il permet surtout de limiter le montant de l’aide d’Etat tout en s’efforçant de demeurer efficace. S’il fonctionne, c’est parce que le subside réduit le coût de fonctionnement de la centrale marginale et donc le prix de gros de l’ensemble de la production électrique ibérique.

Ce mécanisme peut-il s’appliquer en France où il ne faudrait même pas appliquer des subsides puisque l’électricité n’y est pas produite avec du gaz. Mais la France n’est pas isolée du reste de l’Europe. Tout mécanisme qui réduirait en France les prix de gros attirerait mécaniquement les pays voisins et au-delà.

Il faudrait tout simplement subventionner – au niveau de l’Europe continentale – le gaz utilisé pour faire tourner la dernière centrale qu’on met en route quelque part pour équilibrer l’offre et la demande.

En subventionnant un peu de gaz, on entraine vers le bas les prix de gros alignés sur la centrale la plus chère qui tourne (au gaz) à un moment donné et qui devient ainsi moins chère. Il ne faut même pas stopper les interconnexions entre la France et le reste de l’Europe pour ce faire : c’est tant mieux car la France ne pourrait sinon plus exporter son électricité (comme elle le fait souvent) ou en importer (comme aujourd’hui) pour pallier les arrêts de ses unités.

Bien sûr, pour que ce mécanisme fonctionne, il faut qu’il y ait bien plus de production à bas coût (renouvelable, nucléaire) que de production basée sur les énergies fossiles pour que le niveau de subside reste faible.

Mais qui dit subside, dit aide d’Etat. La Commission européenne l’a accepté car les prix du gaz impactent fortement les prix de l’électricité qui frappent fortement les économies locales. La mesure est aussi limitée dans le temps. Cette mesure était d’ailleurs prévue dans les lignes directrices de la Commission pour permettre aux Etats d’intervenir sur les marchés de l’énergie. Serait-elle notre issue de secours ?

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(1) Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions — Interventions sur le marché de l’énergie à court terme et améliorations à long terme de l’organisation du marché de l’électricité, 18 mai 2022, COM (2022) 236 final

Economies d’énergie en France : Aller plus vite !

Economies d’énergie en France : Aller plus vite !

A l’approche de la rentrée, et compte tenu de l’urgence, le cercle de réflexion Terra Nova suggère d’aller bien au-delà des écogestes, en instaurant une sobriété collective fondée sur l’exemplarité et sur la pédagogie. (Le Monde)

 

Des propositions de bon sens mais finalement assez marginales et qui ne sauraient constituer une réelle stratégie de régulation des économies d’énergie . Bref une réflexion un peu courte NDLR

Ne plus éclairer les monuments la nuit à certaines périodes, inclure un point énergie dans le bulletin météo… A l’approche de l’hiver, qui s’annonce à haut risque tant sur le plan des coupures d’électricité que sur celui de la « cohésion sociale », le cabinet de réflexion Terra Nova, think tank social-démocrate, invite, dans une note publiée ce mardi 23 août, à se mobiliser pour impulser une sobriété collective. « Pour aller aujourd’hui cinq fois plus vite que ce que nous avons fait dans le passé, les seules économies d’énergie immédiatement accessibles et rentables et les petits gestes seront bons à prendre, mais ne suffiront pas à remplir l’objectif que s’est fixé le gouvernement, à savoir 10 % d’économies d’ici à deux ans », relève Nicolas Goldberg, responsable énergie chez Terra Nova.

Compte tenu du délai imparti, trop court, la première piste, qui peut sembler évidente, mais qui constituerait le « gisement le plus important et le plus rapide d’économies » – « de l’ordre du térawattheure » –, réside dans l’application pure et simple des mesures déjà inscrites dans la loi et qui, pour l’heure, ne sont pas respectées. Si le chauffage en terrasse est interdit depuis mars 2022, et que la loi prévoit une amende de 1 500 euros en cas de récidive, aucune verbalisation, n’a, par exemple, à ce jour, été constatée, rappelle la note.

Il y va également des réglementations imposant des limites de températures pour le chauffage (19 °C maximum) et la climatisation (26 °C) dans les locaux à usage de bureaux ou recevant du public. A ce sujet, il faudrait « prévoir un dispositif de suivi des collectivités et des administrations pour qu’elles appliquent et contrôlent l’application de ces dispositions légales et verbalisent le non-respect des normes », poursuit l’auteur, qui propose de lancer une campagne de sensibilisation auprès des gestionnaires techniques de bâtiments (GTB), des particuliers et des copropriétés.

Terra Nova souhaiterait sensibiliser les chaînes d’information à la « météo de l’énergie » en incluant le sujet dans les bulletins d’information météo cet hiver

Pour embarquer le plus de monde possible, ces experts en énergie estiment primordial que l’Etat fasse montre d’exemplarité en s’attaquant aux consommations superflues. « Demander à nos concitoyens de faire attention à leur consommation en éteignant le Wi-Fi ou en modérant leur chauffage demeure contradictoire avec le maintien de grands éclairages ou d’écrans publicitaires », insiste-t-il, alors que ces questions de partage s’illustrent en ce moment par le débat sur les jets privés.

Covid France 26 août 2022 : 19 837 cas supplémentaires en 24 heures

Covid France 26 août 2022 : 19 837 cas supplémentaires en 24 heures

 

En France, le dernier bilan fourni par les autorités sanitaires concernant la pandémie de Covid-19, fait état d’au moins 885.285 cas confirmés soit +19.837 en 24h

On enregistre jeudi 25 août 2022 19 837 car supplémentaires en 24 heures , 153.806 morts au total, +44 morts supplémentaires. Le nombre de décès en EHPAD et EMS fait état de 29.096 (+1) décès au total. Le nombre total de décès en milieu hospitalier est lui de 124.710 (+43 en 24h)

Le taux de reproductivité R est de 0,79 le taux d’incidence à 216,91 et la tension hospitalière à 16,9 %. Le taux de positivité est à 0,0 %.

La France compte actuellement 15.412 (-139) personnes hospitalisées et 855 (+2) malades en réanimation

Bilan des régions :

  • Ile-de-France : 4.392 (+7) hospitalisées, 298 (-1) en réanimation et +9 décès en 24h 
  • Grand Est : 1.180 (-30) hospitalisés, 74 (+3) en réanimation et +5 décès en 24h 
  • Hauts de France : 1.264 (-3) hospitalisés, 64 (-1) en réanimation et +2 décès en 24h  
  • Auvergne Rhône Alpes : 1.341 (-6) hospitalisés, 63 (+1) en réanimation et +3 décès en 24h 
  • Provence-Alpes Côte d’Azur : 1.518 (-41) hospitalisé, 58 (-3) en réanimation et +2 décès en 24h 
  • Bretagne: 486 (+4) hospitalisés, 32 (+4) en réanimation et 0 décès en 24h 
  • Normandie : 911 (0) hospitalisés, 32 (0) en réanimation et +1 décès en 24h 
  • Nouvelle-Aquitaine : 1.152 (-19) hospitalisés, 69 (-3) en réanimation et +6 décès en 24h 
  • Pays de la Loire : 269 (+4) hospitalisés, 26 (0) en réanimation et 0 décès en 24h
  • Occitanie: 1.153 (-9) hospitalisés, , 53 (-1) en réanimation et +4 décès en 24h
  • Centre-Val de Loire : 686 (-28) hospitalisés, 27 (0) en réanimation et +5 décès en 24h
  • Bourgogne-Franche-Comté : 610 (-16) hospitalisés, 30 (+2) en réanimation et +3 décès en 24h

Covid France 25 août 2022 :+21.289 cas supplémentaires en 24h.

On enregistre mercredi 24 août 2022 :  +21.289 cas supplémentaires en 24h., 153.762 morts au total, +57 morts supplémentaires. Le nombre de décès en EHPAD et EMS fait état de 29.095 (+5) décès au total. Le nombre total de décès en milieu hospitalier est lui de 124.667 (+52 en 24h).

Le taux de reproductivité R est de 0,79 le taux d’incidence à 182,30 et la tension hospitalière à 16,9 %. Le taux de positivité est à 0,0 %.

La France compte actuellement 15.551 (-129) personnes hospitalisées et 853 (-18) malades en réanimation.

 

Bilan des régions:

  • Ile-de-France : 4.385 (-50) hospitalisées, 299 (-4) en réanimation et +14 décès en 24h
  • Grand Est : 1.210 (-8) hospitalisés, 71 (-7) en réanimation et +3 décès en 24h
  • Hauts de France : 1.267 (-5) hospitalisés, 65 (-4) en réanimation et +5 décès en 24h
  • Auvergne Rhône Alpes : 1.347 (0) hospitalisés, 62 (0) en réanimation et +5 décès en 24h
  • Provence-Alpes Côte d’Azur : 1.559 (-10) hospitalisé, 61 (-1) en réanimation et +7 décès en 24h
  • Bretagne: 482 (-17) hospitalisés, 28 (-6) en réanimation et +2 décès en 24h
  • Normandie : 911 (+17) hospitalisés, 32 (0) en réanimation et +1 décès en 24h
  • Nouvelle-Aquitaine : 1.171 (0) hospitalisés, 72 (+3) en réanimation et +5 décès en 24h
  • Pays de la Loire : 265 (-4) hospitalisés, 26 (+1) en réanimation et +2 décès en 24h
  • Occitanie: 1.162 (-41) hospitalisés, , 54 (-7) en réanimation et +5 décès en 24h
  • Centre-Val de Loire : 714 (-7) hospitalisés, 27 (+4) en réanimation et +1 décès en 24h
  • Bourgogne-Franche-Comté : 626 (-24) hospitalisés, 28 (+1) en réanimation et +1 décès en 24h

 

Dette française : de 15 % à 113 % du PIB en 50 ans !

Dette française : de 15 % à 113 % du PIB en 50 ans  !

La dette de la France n’a pas cessé de se dégrader depuis les années 1970. Réduire le déficit de l’État est une préoccupation majeure depuis 1974. Pour la rentrée du gouvernement, voilà une comparaison entre la situation économique des années 1970 et celle d’aujourd’hui. Par Gabriel Gaspard, Chef d’entreprise à la retraite, spécialiste en économie financière.( la Tribune )

 

Il y a cinquante ans. Après Charles de Gaulle, Georges Pompidou, son ancien Premier ministre, devient le Président de la France entre 1969 et 1974. Lui succède Valéry Giscard d’Estaing de 1974 à 1981, son ancien ministre de l’Économie et des Finances. La monnaie à cette époque était le nouveau Franc. Le 15 août 1971, Richard Nixon (président des États-Unis d’Amérique de 1969 à 1974) suspend la convertibilité du dollar en or pour augmenter l’offre de monnaie et fait du dollar la principale monnaie de réserve.

Depuis cette date, il n’y a plus de lien entre le Franc et l’or. En 1972, le Franc fait partie des six devises du « serpent » monétaire, un système de taux de change mis en place par les six membres-fondateurs de la Communauté économique européenne. En 1973 est votée la loi « Pompidou-Giscard ». Elle précise que le Trésor ne peut s’endetter que de manière limitée auprès de la Banque de France :

« on a eu une loi stupéfiante [...]. On a obligé l’État à aller se financer sur le marché financier privé à 4 ou 5%, et, du coup, notre dette est maintenant à 90% du produit national brut. »

Michel Rocard (Premier ministre de 1993 à 1994), Mediapolis, Europe 1, 22 décembre 2012. In fine, même si en réalité, ce n’est qu’en 1993 que la loi sur l’indépendance totale de la Banque de France a été votée, elle ne finançait plus que 3% de la dette de la France. Il y a cinquante ans, les partenaires sociaux jouaient un rôle prépondérant dans la gestion de la Sécurité sociale. Les syndicats et le patronat géraient l’assurance-chômage. Pour la retraite, la réforme Boulin en 1971 vise à relever sensiblement le niveau des pensions et en 1972 la retraite complémentaire devient obligatoire.

Aujourd’hui, la France est dans la zone euro, sa monnaie est l’euro depuis 1 janvier 1999. Depuis l’arrivée de François Hollande à la présidence de la République en 2012 et « Mon adversaire, c’est le monde de la finance« , la France essaye toujours de réduire son déficit et sa dette extérieure malgré l’obligation de la France de respecter les critères de Maastricht. Les deux principaux critères prévoient qu’un pays membre doit avoir un déficit inférieur à 3% du Produit Intérieur Brut (PIB), et une dette inférieure à 60% du PIB. Ces critères ont été suspendus jusqu’à fin 2023. La France est présidée par Emmanuel Macron depuis 2017. Avant d’être président, il occupait la place de ministre de l’Économie et des Finances sous le mandat Hollande. La Banque de France est une des 17 banques composant le système UEM (Union économique et monétaire). La Banque centrale européenne (BCE) est la principale institution monétaire de l’Union européenne. Son objectif principal consiste à maintenir la stabilité des prix, en d’autres termes à sauvegarder la valeur de l’euro (article 127 TFUE).

Mais voilà : l’inflation en zone euro est à 8,9% en juillet 2022 loin des 2% et l’euro est en parité avec le dollar ; pour la Sécurité sociale, les compétences du Parlement en matière de finances sociales croissent et la présence de l’État, datant de 1996 avec la révision constitutionnelle et le vote de la loi de financement de la Sécurité sociale LFSS (ordonnance Premier ministre Jupé en 1997) se renforce ; la réforme de l’assurance-chômage est toujours en cours depuis 2019 : un calcul de l’allocation moins favorable, dégressivité pour les hauts revenus, bonus-malus et allongement de la durée de travail pour en bénéficier ; pour la retraite, après l’échec de la tentative de la réforme par points en 2019, plusieurs projets sont en débats. Après la réforme du Premier ministre Mauroy en 1982 et le passage de l’âge de la retraite de 65 à 60 ans, la proposition du gouvernement en 2022 est de reculer l’âge de la retraite à 65 ans. Le but est de réduire la participation de l’État dans le financement (impôts et taxes affecté + CSG).

Après la fin des Trente Glorieuse, la France a eu son premier choc pétrolier entre 1973 et 1979. La crise pétrolière de 1973 commence par une crise géopolitique lors de la Guerre du Kippour. En 1979, le deuxième choc pétrolier démarre avec la révolution iranienne et la guerre entre l’Iran et l’Irak qui éclate en septembre 1980. Ces événements signent l’arrêt des exportations iraniennes et le maintien des prix élevés sur le pétrole sur le long terme. Le déclencheur de la crise de l’énergie de 2020-2022 est le résultat de la récession liée à la pandémie et le déclenchement de la guerre en Ukraine. La réponse de la France : faire de l’énergie nucléaire comme Pompidou dans les années 1970.

La France avait-elle plus de « pognon de dingue » au début de 1970 qu’en 2018 ? Quelle est la place de la France dans le monde aujourd’hui et il y a cinquante ans ?(1)

  • Solde budgétaire de la France en % du PIB (en France le solde budgétaire de l’État est la différence entre le niveau des recettes et le niveau des dépenses constaté dans le budget de l’État). Avec G. Pompidou, 1969-1974, le solde public était de +0,1%. Avec François Hollande, 2012-2017, il passe à -3,5% et les économistes estiment à -5,5% le solde public entre 2017 et 2022 pour Emmanuel Macron.
  • La dette publique (la dette publique est l’ensemble des engagements financiers pris sous formes d’emprunts). À quelques exceptions, la dette publique a inexorablement progressé en France depuis le milieu des années 1970. Elle passe de 15% du PIB en 1974 à 112,9% en 2021. Une telle évolution ne saurait surprendre dans la mesure où 1974 a constitué le dernier exercice au cours duquel les administrations publiques ont affiché un excédent budgétaire.
  • Poids des prélèvements obligatoires (les prélèvements obligatoires (PO) sont l’ensemble des impôts et cotisations sociales prélevés par les administrations publiques et les institutions européennes). En 1970 les PO étaient à 33,6%, en 1975 ils passent à 35,1%, puis en 2021 à 44,3%. Il y a eu deux reculs des PO en 1992 à 40,7% et 2009 à 41,2%.
  • Solde commercial de la France (le solde commercial se calcule par la différence des exportations et des importations au cours d’une année). En 1971 les exportations de la France étaient de 17,6 milliards d’euros avec des importations de 16,7 milliards d’où un solde positif de 0,9 milliard d’euros. C’est à partir de 2004 que la France perd des parts de marché. En 2009 le solde est négatif à -45,4 milliards et passe à -84,8 milliards en 2021.
  • Chômage (moyenne par décennie depuis 1970 à 2021). De 1971 à 1980 : 3,6%, de 1981 à 1990 : 8,1%, de 1991 à 2000 : 9,8%, de 2001 à 2010 : 8,5%, de 2011 à 2017 : 9,9% et fin 2021 : 7,4%.
  • Inflation. L’inflation de 1970 à 1980 est passée de 5,2% à 13,6%. C’était l’ennemi numéro un et faisait comme aujourd’hui les gros titres de la presse. L’inflation fin 2022 dépassera peut-être les 6%. Cette nouvelle inflation est marquée par le choc de l’énergie comme après 1973. L’avenir nous dira s’il y a un parallèle entre les turbulences du présent et les deux chocs pétroliers des années 1970.
  • Croissance. En 1970 le PIB de la France était de 140 917 milliards d’euros, fin 2021 il est à 2 500 870 milliards. Soit par habitant 2 422 euros en 1970 et 36 520 euros en 2021, le taux d’enrichissement de la population est de 1 500% en cinquante ans. La France chute et arrive à la 28 éme place des pays au plus gros PIB par habitant.
  • Place de la France dans l’économie mondiale. Il y a un demi-siècle le PIB français représentait 4,4% du PIB mondial. Aujourd’hui il passe à 2,5%.
  • Un demi-siècle d’inégalités. Dans les années 1980, la part du 1% des plus riches dans le revenu global se remet à progresser pour retrouver son niveau d’avant-guerre. Cette part atteindra 13,6% à la veille de la crise de 2008. D’après les dernières données de source fiscale de World Inequality Database, la part du 1% des plus riches est aujourd’hui à 9,8% du revenu global, le même niveau que celui de 2009. En France aujourd’hui les riches sont plus riches mais moins nombreux.

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(1) Insee, Banque Mondiale, FMI, Country Economy, France-inflation, vie-publique, public-Sénat, etc.

L’enjeu de l’innovation en Europe

L’enjeu de l’innovation en Europe

L’innovation est essentielle pour mener à bien la double transition écologique et numérique et pour assurer l’autonomie stratégique ouverte de l’UE. Par Mariya Gabriel, commissaire à l’innovation, à la recherche, à la culture, à l’éducation et à la jeunesse ( la Tribune)

 

Le nouveau programme européen d’innovation, adopté par la Commission européenne en juillet, vise à libérer le potentiel d’innovation de l’Europe et à lui permettre de jouer un rôle de premier plan sur la scène mondiale de l’innovation, afin qu’elle devienne un endroit où l’innovation « deep tech » crée des solutions de pointe sur l’ensemble du continent.

C’est le résultat d’une coopération étroite avec nos parties intéressées, des innovateurs, qui sont désireux et capables de mener la nouvelle vague de l’innovation: «l’innovation deep tech». Ils disent au monde que l’Europe possède les avantages concurrentiels nécessaires pour devenir le moteur mondial des innovations deep tech et des start-ups, afin que la prochaine génération de chercheurs, de fondateurs et d’innovateurs puisse créer et développer ses activités en Europe.

Le nouveau programme d’innovation européen souligne notre détermination à rechercher des solutions aux défis sociétaux et économiques les plus pressants grâce à l’innovation deep tech. Son impact économique, commercial et social se fera sentir partout, car les entreprises de haute technologie visent à apporter des solutions concrètes à nos défis les plus complexes.

Les entreprises de haute technologie couronnées de succès font appel à une combinaison de talents pour relever un défi (notamment des scientifiques, des ingénieurs et des entrepreneurs). Elles sont au cœur d’un écosystème d’innovation complexe qui englobe les gouvernements, les établissements universitaires, le capital-risque et les grandes entreprises. En 2020, l’équipe de BioNTech et Pfizer a mis sur le marché le premier vaccin contre la COVID-19 en moins d’un an, démontrant ainsi la force de cet écosystème. Même si ces entreprises ont accompli des réalisations remarquables à un rythme sans précédent, elles ont bénéficié des efforts de nombreuses autres entreprises dans l’écosystème.

Comme le montre le fait que 97 % des entreprises deep tech contribuent à la réalisation d’au moins un des objectifs de développement durable des Nations unies, elles se concentrent sur des défis majeurs et fondamentaux. C’est pourquoi on les appelle des innovations «profondes». En général, elles produisent des biens physiques plutôt que des logiciels. Dans les faits, 83 % des jeunes entreprises de la deep tech développent des biens physiques. Elles transforment l’équation de l’innovation en passant des bits aux bits et atomes, en faisant entrer les données et la puissance de calcul dans le monde physique.

L’initiative appelée «Nouveau programme européen d’innovation» représente une avancée significative dans l’écosystème de l’innovation de l’Europe. Le plan permet à l’UE d’agir de manière décisive grâce à cinq initiatives phares prévoyant de nouvelles actions concrètes.

La première initiative phare vise à attirer les investisseurs institutionnels privés afin de créer des marchés financiers et de capitaux bien développés en élargissant l’action européenne de levier pour le capital-risque en faveur des entreprises en expansion «ESCALAR», pour European Scale-Up Action for Risk Capital, en proposant une législation relative à la cotation en Bourse et en mettant en œuvre des mesures spécifiques pour soutenir les femmes investisseurs.

Le deuxième effort phare est centré sur le soutien à l’innovation deep tech au moyen d’espaces d’expérimentation et de marchés publics, à savoir des installations d’expérimentation dans des universités qui pourraient être utilisées en collaboration avec des start-ups deep tech. Les cadres réglementaires proposés pour les «bacs à sable» aideront l’UE à suivre l’évolution rapide de la technologie, ce qui permettra d’évaluer les percées deep tech puis de les commercialiser dans l’UE.

La troisième initiative phare vise à accélérer et à renforcer l’innovation dans un véritable écosystème d’innovation paneuropéen couvrant l’ensemble de l’UE, ainsi qu’à combler le fossé en matière d’innovation. Il permettra d’établir et de relier des «vallées régionales de l’innovation deep tech» réunissant jusqu’à 100 régions, de faire d’Innospace – un guichet unique pour tous les acteurs de l’écosystème européen d’innovation, de doubler le nombre de vallées de l’hydrogène dans l’Union européenne et de lancer l’action «Scaleup 100» destinée à aider les 100 start-ups deep tech les plus prometteuses à devenir des licornes (c’est-à-dire des entreprises innovantes dont la valorisation dépasse 1 milliard d’euros).

Le quatrième programme phare assure le développement et la circulation des talents essentiels dans le domaine des technologiques profondes, au sein de l’UE et vers celle-ci. Il permettra de former 1 000 000 d’experts en haute technologie dans des domaines tels que les nouveaux matériaux, les batteries, la biologie synthétique, l’aérospatiale et les technologies quantiques. Il soutiendra l’entrepreneuriat féminin et attirera les talents mondiaux grâce à un outil innovant de mise en correspondance. En outre, de nouveaux mécanismes, tels que le réseau européen des établissements d’enseignement supérieur innovants, qui vient d’être dévoilé lors du sommet sur l’éducation et l’innovation, seront utilisés pour établir des liens étroits entre l’éducation et l’innovation.

La dernière initiative phare porte sur la production et l’utilisation d’ensembles de données complets et comparables et d’un répertoire de données commun susceptible d’éclairer les politiques à l’échelle de l’UE à tous les niveaux. L’initiative commencera par l’élaboration de définitions européennes précisant les notions de start-up, de scale-up et d’innovation deep tech.

Nous souhaitons une coopération étroite entre la Commission et les États membres afin que l’innovation européenne joue un rôle de premier plan pour relever les défis mondiaux d’aujourd’hui et de demain. Ce programme est un appel à l’action, nous sommes déterminés à le concrétiser.

Nous encourageons les États membres et les régions à s’appuyer sur nos propositions et à collaborer avec la Commission et les parties intéressées pour mobiliser des investissements, garantir des conditions-cadres favorables et mettre en œuvre les réformes nécessaires. Nous invitons également les universités, qui sont au carrefour de la recherche et de l’innovation, à jouer un rôle actif dans la mise en œuvre des actions, notamment par la promotion des compétences horizontales et entrepreneuriales.

De notre côté, nous continuerons à faire participer plus activement les innovateurs, les entrepreneurs et les citoyens aux discussions, à leur donner les moyens d’agir, à promouvoir les idées et à réagir de manière plus attentive aux demandes de la société. Il est essentiel que chaque région d’Europe en bénéficie.

Ce n’est qu’ensemble que nous pourrons atteindre les objectifs du nouveau programme européen d’innovation, à savoir la création d’un écosystème d’innovation véritablement paneuropéen dans lequel personne ne sera laissé pour compte, en unissant nos efforts pour utiliser les talents, les atouts intellectuels et les capacités industrielles uniques de l’Europe.

Guerre en Ukraine :Le rôle stratégique de l’open source intelligence

Guerre en Ukraine :Le rôle stratégique de  l’open source intelligence

 

La guerre en Ukraine rappelle l’utilité stratégique de l’OSINT – Open Source Intelligence –, qui vise à exploiter les innombrables informations disponibles et à démêler le vrai du faux. Par Christine Dugoin-Clément, IAE Paris – Sorbonne Business School.

 

Avec l’invasion russe en Ukraine, l’OSINT connaît son heure de gloire. En effet, si l’open source intelligence - à savoir l’exploitation de sources d’information accessibles à tous (journaux, sites web, conférences…) à des fins de renseignement – est largement utilisée pour contrecarrer la diffusion de fake news et la désinformation, elle est aussi d’un grand secours tactique, voire stratégique, pour glaner des informations à caractère militaire.

Dans ce contexte, il paraît important de rappeler ce qu’est l’OSINT, ainsi que la façon dont elle est employée et les enjeux organisationnels et de gouvernance qui y sont liés.

Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les partisans de Kiev ont largement recours à l’OSINT pour vérifier des informations diffusées sur Internet, particulièrement sur les réseaux sociaux, et, le cas échéant, démasquer les fausses nouvelles.

L’origine de l’OSINT remonte à la Seconde Guerre mondiale. C’est à cette époque que le président des États-Unis Franklin D. Roosevelt crée le Foreign Broadcast Monitoring Service (FBMS), qui a pour mission d’écouter, de transcrire et d’analyser les programmes de propagande conçus et diffusés par l’Axe. Développé à la suite de l’attaque de Pearl Harbor, ce programme deviendra le Foreign Broadcast Intelligence Service, appelé à être placé sous l’autorité de la CIA. En 1939, parallèlement à la structure américaine, les Britanniques chargent la British Broadcasting Corporation (BBC) de déployer un service destiné à scruter la presse écrite et les émissions radio pour produire des « Digest of Foreign Broadcasts », qui deviendront les « Summary of World Broadcasts » (SWB) puis le BBC Monitoring.

La guerre froide accentue ces pratiques d’observation des informations ouvertes, faisant rapidement de ces dernières un élément majeur du renseignement, voire sa principale source d’information, y compris sur les capacités et les intentions politiques adverses. Leur exploitation permet également d’identifier et d’anticiper les menaces et de lancer les premières alertes.

Pour autant, le terme d’OSINT n’apparaît réellement que dans les années 1980 à l’occasion de la réforme des services de renseignement américains, devenue nécessaire pour s’adapter aux nouveaux besoins d’information, notamment en matière tactique sur le champ de bataille. La loi sur la réorganisation du renseignement aboutit en 1992. Elle sera suivie en 1994 par la création, au sein de la CIA, du Community Open Source Program et du Community Open Source Program Office (COSPO).

Les attentats du 11 Septembre sont un « game changer » pour l’OSINT. En effet, c’est à la suite de la réforme de 2004 portant sur le renseignement et la prévention du terrorisme, l’Intelligence Reform and Terrorism Prevention Act qu’est créé, en 2005, le Centre Open Source (OSC) chargé de filtrer, transcrire, traduire, interpréter et archiver les actualités et les informations de tous types de médias.

Si l’OSINT est née de la nécessité de capter des informations à des fins militaires, le secteur privé n’a pas tardé à s’emparer de ces techniques, notamment dans la sphère de l’intelligence économique. Cette discipline a connu de nombreuses mutations au fil de son évolution : dans les premiers temps, il s’agissait d’accéder à des contenus recelant des informations parfois délicates à obtenir, mais l’explosion des nouvelles technologies a orienté davantage l’OSINT vers l’identification des informations pertinentes parmi la multitude de celles disponibles. C’est ainsi que se sont développés les outils et méthodes à même de trier ces informations et, particulièrement, de discerner celles susceptibles d’être trompeuses ou falsifiées.

Si l’OSINT a gagné ses lettres de noblesse en Ukraine en permettant de valider ou d’invalider certains contenus, notamment diffusés sur les réseaux sociaux depuis février 2022, il faut remonter plus loin dans le temps pour mesurer sa réelle montée en puissance.

En effet, dès la révolution du Maïdan en 2014, les séparatistes pro-russes duu Donbass et leurs soutiens diffusent un grand nombre de contenus dont la rhétorique, soutenue par Moscou, cherche à discréditer le nouveau gouvernement de Kiev. L’ampleur fut telle que les Occidentaux ont rapidement parlé de guerre hybride (même si le terme continue de faire l’objet de débats) pour décrire la mobilisation de l’information. On parle également d’« information warfare » – c’est-à-dire l’art de la guerre de l’information – qui sert en temps de conflits autant qu’en temps de paix.

Rapidement, des structures issues de la société civile sont mises en place afin de discréditer les fausses nouvelles dont le nombre explose sur la toile. Au-delà de ces initiatives, beaucoup d’internautes commencent à vérifier les contenus qui leur parviennent et à se familiariser avec des outils de base pour, par exemple, identifier ou géo-localiser une image, afin de voir si elle est réellement représentative du sujet qu’elle est censée illustrer.

Certaines communautés se spécialisent ainsi sur des domaines plus ou moins précis. À titre d’exemple, InformNapalm se consacre aux contenus touchant aux sujets militaires et, en ne se limitant pas seulement à l’Ukraine, a constitué une base de données qui recense notamment les pilotes russes actifs sur le théâtre syrien. C’est une force de l’OSINT : elle transcende les frontières physiques et permet ainsi le développement de communautés transnationales.

Ce savoir-faire, acquis par nécessité depuis 2014, s’est renforcé au fil du temps, notamment à la faveur des vagues de désinformation liées à la pandémie de Covid-19. Ces réseaux ont permis aux Ukrainiens et à leurs soutiens d’être immédiatement très opérationnels au début de la guerre. En outre, le besoin croissant des journalistes de vérifier leurs sources a aussi participé à développer le recours à l’OSINT qui, disposant d’une multitude d’outils souvent disponibles en Open Source, facilite la pratique de fact checking.

Ainsi, de nombreuses publications explicitent désormais comment, en utilisant des moyens d’OSINT, elles ont validé ou invalidé tel ou tel contenu.

On le voit, l’une des forces de l’OSINT consiste à s’appuyer sur une société civile parfaitement légitime à s’autosaisir en fonction de ses centres d’intérêt. Cette dynamique a permis la création de réseaux efficaces et transnationaux.

Cependant, si les États peuvent eux aussi déployer des compétences d’OSINT, un enjeu majeur demeure : coordonner les besoins et les capacités. En effet, les États pourraient avoir avantage à se saisir des réseaux efficaces de l’OSINT, particulièrement dans un contexte de conflit. Cependant, outre le risque relatif à l’infiltration de ces réseaux, la capacité de recenser les besoins de l’État et de mettre ces derniers en relation avec la communauté susceptible d’y répondre représente une difficulté majeure.

D’un point de vue organisationnel, à moyen et long terme, cela pose également la question de la structuration de la ressource OSINT pour les gouvernements. Dans le cas de l’Ukraine, le gouvernement est encore jeune, l’indépendance remontant à août 1991. En outre, contraint depuis 2014 de faire face à un conflit puis, depuis février 2022 à à une invasion massive, la problématique peut être difficile à résoudre. De fait, il s’agit de trouver un équilibre entre l’urgence de la gestion quotidienne du conflit et la mise en place d’une organisation dont la finalité serait de manager l’OSINT au regard de la centralisation des besoins, de leur transmission ou du renforcement d’un vivier de compétences.

Pour essayer de répondre à cette problématique, un projet d’audit des besoins, préalable à l’élaboration d’un cadre organisationnel et juridique, a été mis en place. Piloté par l’Institute for Information Security - une ONG créée en 2015 et centrée sur les enjeux relatifs à la sécurité de l’information tant pour l’État que pour la société et les individus -, le projet « Strengthening the Institutional Capacity of Public Actors to Counteract Disinformation » (Renforcement de la capacité institutionnelle des acteurs publics à lutter contre la désinformation) a débuté en avril 2022 alors que le conflit faisait déjà rage. Il doit aboutir en mars 2023. Son objectif est d’améliorer la capacité institutionnelle des autorités publiques et des institutions de la société civile ukrainienne pour identifier et combattre la désinformation.

Parallèlement, un projet de Centre d’excellence de l’OSINT est mis en route, notamment porté par Dmitro Zolotoukhine, vice-ministre ukrainien de la politique d’information de 2017 à 2019, et mené en partenariat avec l’Université Mohyla de Kiev et avec le secteur privé, notamment ukrainien. Son objet est de construire un pont entre les différentes strates de la société pour constituer un lieu de recherche et de développement. Cette démarche s’inscrit clairement dans le droit fil de celle qui a présidé à la création des Centres d’excellence pilotés par l’OTAN – qui, à Tallinn, portent sur la cyberdéfense, à Riga sur la communication stratégique et à Vilnius sur la sécurité énergétique - ou encore dans celle du Centre d’excellence européen pour la lutte contre les menaces hybrides d’Helsinki.

Reste à savoir si les Occidentaux qui soutiennent l’Ukraine soutiendront également ce projet alors même que ce pays est aujourd’hui un point phare de l’OSINT et que l’UE, qui prend très au sérieux les risques liés à la désinformation, tout particulièrement depuis la pandémie, vient de renforcer son arsenal contre ces menées hostiles, notamment au travers de son code de bonnes pratiques paru en 2022.

Finalement, même si beaucoup de nos concitoyens associent l’OSINT à l’Ukraine et à l’invasion russe, la cantonner à la guerre en cours serait excessivement restrictif. Là encore, le conflit ukrainien est en passe de servir de révélateur d’enjeux qui dépassent largement les frontières physiques du pays.

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Par Christine Dugoin-Clément, Analyste en géopolitique, membre associé au Laboratoire de Recherche IAE Paris – Sorbonne Business School, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, chaire « normes et risques », IAE Paris – Sorbonne Business School.

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

En déclin, le Royaume-Uni paye la facture du Brexit

En déclin, le Royaume-Uni paye la facture du Brexit

 

 

Un papier du Monde souligne les conséquences des choix néolibéraux hasardeux du Royaume-Uni qui paye aussi la facture du Brexit.

 

Faute d’amortisseurs sociaux, les chocs économiques sont souvent ressentis plus violemment par la population au Royaume-Uni qu’ailleurs sur le continent européen. La tempête économique et sociale qui se lève outre-Manche confirme ce constat. Avec un taux d’inflation annuel supérieur à 10 % et un pic prévu à 13 % dès octobre, les Britanniques endurent les pires hausses de prix des pays du G7. Le coût des denrées alimentaires s’envole tandis que celui de l’énergie, faute de bouclier tarifaire, aura quasiment triplé en un an.

Conjuguée à une croissance en berne, cette hausse vertigineuse des prix produit la pire situation économique enregistrée depuis les années 1970. Si l’on ajoute les dégâts du Brexit et du Covid-19, le Royaume-Uni menace de régresser en « un marché émergent », analyse la banque danoise Saxo. Sortant de leur réserve, les dirigeants du Service national de santé (NHS) mettent, de leur côté, en garde contre le risque d’« une crise humanitaire » liée à l’appauvrissement de la population.

Dans ce contexte, la multiplication des grèves destinées à obtenir des augmentations de salaire n’a rien d’étonnant. Après les cheminots et les employés du métro londonien, les 1 900 membres du syndicat Unite employés dans le port de Felixstowe (est de l’Angleterre), qui traite 40 % du commerce britannique par conteneurs, ont commencé, dimanche 21 août, une grève de huit jours pour réclamer « une augmentation de salaire correcte » et non les 7 % proposés par la direction. A ces mouvements s’ajoutent des mouvements de la société civile, comme « Don’t Pay UK », qui menace d’une grève du paiement des factures d’énergie.

La situation politique ne fait que renforcer l’impression d’un pays en roue libre. Moins de deux mois après avoir été évincé de la tête du Parti conservateur, le longtemps vibrionnant premier ministre Boris Johnson ne fait qu’expédier les affaires courantes. La charge de désigner son successeur, dont le nom sera connu le 5 septembre, incombe bizarrement aux 200 000 adhérents des tories, qui, plutôt âgés, fortunés et très conservateurs, ne représentent nullement la population. Les deux candidats qui se disputent leurs suffrages – la ministre des affaires étrangères, Liz Truss, favorite des sondages, et l’ancien chancelier de l’Echiquier Rishi Sunak – rivalisent de promesses de baisses d’impôts et de révérence envers Margaret Thatcher, icône de l’ultralibéralisme des années 1980.

En promettant des coupes claires dans les budgets sociaux, en assénant, comme Mme Truss, que les Britanniques devraient « bosser plus », sans proposer de solution aux faiblesses de l’économie britannique – formation et infrastructures déficientes faute d’investissements publics suffisants –, ils ne font que souffler sur les braises d’un mécontentement auquel l’opposition travailliste peine à proposer un débouché politique crédible.

La prééminence donnée à l’idéologie sur le pragmatisme – vertu prétendument britannique –, qui a déjà abouti à la catastrophe du Brexit, risque de prolonger, voire d’aggraver la situation déjà dégradée laissée par M. Johnson, dont les mensonges ont amplifié le divorce entre opinion et monde politique. La crise économique et l’instabilité pourraient accroître la tentation d’actionner les rhétoriques antieuropéenne et nationaliste. Au moment où les menaces s’accumulent partout en Europe, mettant en lumière la nécessité de renforcer les solidarités, la crise au Royaume-Uni sonne comme un avertissement pour tous ses voisins.

Covid France 24 août 2022 : +28.988 cas en 24h

On enregistre  mardi 23 août 2022 : +28.988 cas en 24h,  153.705 morts au total, +88 morts supplémentaires. Le nombre de décès en EHPAD et EMS fait état de 29.090 (0) décès au total. Le nombre total de décès en milieu hospitalier est lui de 124.615 (+88 en 24h).

Le taux de reproductivité R est de 0,79 le taux d’incidence à 183,01 et la tension hospitalière à 17,2 %. Le taux de positivité est à 0,0 %.

La France compte actuellement 15.680 (-270) personnes hospitaliFrance 24 août 2022 :sées et 871 (-48) malades en réanimation.

 

Bilan des régions  :

  • Ile-de-France : 4.435 (-112) hospitalisées, 303 (-24) en réanimation et +22 décès en 24h
  • Grand Est : 1.218 (+14) hospitalisés, 78 (-1) en réanimation et +11 décès en 24h
  • Hauts de France : 1.272 (-13) hospitalisés, 69 (-5) en réanimation et +5 décès en 24h
  • Auvergne Rhône Alpes : 1.347 (-48) hospitalisés, 62 (-4) en réanimation et +10 décès en 24h
  • Provence-Alpes Côte d’Azur : 1.569 (-19) hospitalisé, 62 (-4) en réanimation et +6 décès en 24h
  • Bretagne: 499 (-12) hospitalisés, 34 (0) en réanimation et 0 décès en 24h
  • Normandie : 894 (-18) hospitalisés, 32 (0) en réanimation et +4 décès en 24h
  • Nouvelle-Aquitaine : 1.171 (-17) hospitalisés, 69 (-2) en réanimation et +5 décès en 24h
  • Pays de la Loire : 269 (0) hospitalisés, 25 (-2) en réanimation et +2 décès en 24h
  • Occitanie: 1.203 (-31) hospitalisés, , 61 (-1) en réanimation et +13 décès en 24h
  • Centre-Val de Loire : 721 (-6) hospitalisés, 23 (-1) en réanimation et +1 décès en 24h
  • Bourgogne-Franche-Comté : 650 (-7) hospitalisés, 27 (-3) en réanimation et +5 décès en 24h

Acier : corruption géante en Iran

Acier : corruption géante en Iran

 

Il se confirme que la rigueur religieuse en Iran se trouve en contradiction le plus souvent avec la rigueur de gestion. En clair, l’ Iran figure parmi les pays les plus corrompus du monde. Ce rapport de 295 pages affirme que le groupe Mobarakeh Steel Company  a versé d’importants montants à des ministères, des institutions judiciaires, des préfectures, la télévision d’Etat, la police, des députés ou encore des imams, selon Fars.

En Iran, le secteur de l’énergie est en pleine tempête. Le plus grand producteur d’acier du pays a été suspendu de la bourse de Téhéran après un rapport parlementaire évoquant des pots-de-vin d’une valeur de trois milliards de dollars, rapporte la presse locale.

Le directeur exécutif de la bourse de Téhéran (TSE), Mahmoud Goudarzi, a indiqué à l’agence Fars que les actions de Mobarakeh Steel Company étaient suspendues « en raison de doutes sur la transparence des informations » fournies par le géant de l’acier. Cette nouvelle affaire risque une nouvelle fois de peser sur le marché planétaire de l’acier déjà en proie à de fortes difficultés depuis le début de la guerre en Ukraine il y a six mois.

Cette annonce intervient quelques jours après qu’un rapport détaillé du Parlement a accusé la direction de Mobarakeh, basée dans la province centrale d’Ispahan, de 90 charges, notamment de fraude, de népotisme et de trafic d’influence pour un total de trois milliards de dollars entre 2018 et 2021.

Il pointe notamment du doigt des responsables sous la présidence d’Hassan Rohani pour avoir nommé l’équipe de direction et les membres du conseil d’administration de Mobarakeh, l’un des principaux acteurs de l’économie iranienne.

La justice, à laquelle le rapport a été transmis selon Fars, n’a pas encore annoncé si elle lançait des poursuites. Fin juin, le guide suprême Ali Khamenei avait appelé la justice à s’attaquer fermement à la corruption en Iran, classé en 2021 au 150e rang sur 180 pays par Transparency International.

 

Inflation durable en Europe

Inflation durable en Europe

Pendant des semaines et les mois, les responsables d’instituts économiques et les politiques ont tenté de minimiser le phénomène de l’inflation considérant qu’il s’agissait d’un phénomène temporaire. En gros qu’on retrouverait la situation des années précédentes avec une hausse des prix moyenne autour de 2 %.

 

En Europe,  l’indice des prix à la consommation, dans la zone euro, culminait le mois dernier à 8,9% de hausse sur un an, contre 8,6% en juin. Suivant la tendance européenne, la France a vu son inflation s’accélérer de nouveau en juillet, atteignant 6,1% sur un an contre 5,8% en juin. 

 

Si effectivement on  constate un tassement des prix du carburant par contre, les prix des biens de consommation, comme l’alimentaire, mais aussi les services, continuent d’augmenter. L’Europe souffre particulièrement de sa dépendance aux énergies  qui viennent pour l’essentiel de l’extérieur en particulier évidemment concernant le gaz. ( Contrairement aux États-Unis qui sont autosuffisants en matière d’énergie).

D’une part il est donc faux d’affirmer comme l’a fait le gouvernement français que l’inflation avait atteint son pic. Les prix continuent en effet d’augmenter officiellement d’un peu plus de 6 % (une inflation par ailleurs sous-estimée du fait de l’obsolescence de l’indice des prix de l’INSEE qui sous-estime la modification de structure de la consommation notamment la part des services et autres dépenses contraintes).

En fait, pour  l’année à venir il paraît difficile d’envisager un retour d’une inflation à 2 %. Compte tenu des tendances actuelles , on pourrait davantage se situer autour de 5 % et on sera loin du niveau des prix de 2023 par rapport à 2020 . On peut donc parler d’inflation structurelle.

Sondage popularité : Macron, en baisse, passe derrière Elisabeth Borne

Sondage popularité : Macron, en baisse, passe derrière Elisabeth Borne

 

 

D’après le baromètre Ifop pour le Journal du Dimanche. La cheffe du gouvernement obtient 41% d’opinions favorables, et devance Emmanuel Macron, qui descend à 37%. Le mois dernier, le président et la Première ministre stagnaient tous deux à 38%.

Si la cote de popularité du chef d’État recule dans toutes les catégories de population, et même au sein de son socle électoral de 2017. Ainsi, il perd sept points chez les dirigeants d’entreprise, cinq points chez les cadres supérieurs et sympathisants de LaREM, deux points chez les 65 ans et plus.

De son côté, Élisabeth Borne a progressé chez les jeunes (+12 points), les artisans et commerçants (+9 points) et a remonté chez les sympathisants LaREM.

En juin, la cote de popularité d’Elisabeth Borne avait dévissé de sept points, un mois seulement après sa nomination à Matignon, et Emmanuel Macron avait perdu deux points.

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