Archive pour le Tag 'emploi'

Emploi à domicile : les aides mal ciblées

Emploi à domicile : les aides mal ciblées

La Cour des Comptes fait un bilan sévère des aides d’Etat accordées à l’emploi à domicile. « Faute d’objectifs clairs et de données financières consolidées et malgré l’importance de l’effort public, l’efficacité du soutien aux services à la personne n’est pas évaluée par l’État. Or, l’analyse de la Cour montre qu’au regard des principaux objectifs affichés, les résultats sont décevants », soulignent les experts dans leur épaisse publication de 168 pages.

 

Les fonctionnaires de la Cour ont notamment pointé des effets d’aubaine « élevés ». Sans surprise, leur travail montre que le recours à ce type de prestation bénéficie avant tout aux ménages du haut de la pyramide. Chez les plus modestes, ce recours est plutôt « une dépense contrainte ». 

Autrement dit, la Cour suggère un meilleur ciblage des aides pour éviter des effets d’aubaine sur des ménages qui n’en auraient pas forcément besoin financièrement. « Les revenus restent, bien davantage que l’âge, la principale variable explicative du recours aux services à la personne ».

Les auditeurs suggèrent également de supprimer le taux de TVA intermédiaire de 10% tout en conservant celui de 20% et celui de 5,5% qui relève des besoins sociaux. Enfin, la Cour propose aussi de simplifier les régimes de cotisations sociales existants. Au total, ces réformes pourraient permettre entre 280 millions d’euros et 380 millions d’économies d’euros au total. .

 

 

Productivité et Compétitivité de la France: 10 millions de sans emploi ?

Productivité et Compétitivité de la France: 10 millions de sans emploi ?

La vraie productivité d’un pays se mesure au rapport entre le la production et le nombre d’actifs. Justement la grande faiblesse de la France avec presque 10 millions de sans-emploi. L’historien Pierre Vermeren explique dans le Figaro que le moral très maussade des Français s’explique largement par le déclassement de la France qui provient en particulier du trop grand nombre de personnes sans emploi qui plombe la situation économique et sociale. En gros, ce serait de l’ordre de 10 millions de personnes qui sont sans emploi. Parmi celles-ci, il y a bien sûr les 3 millions de chômeurs répertoriés en France mais il faut compter en plus évidemment tout ceux qui a un titre ou à un autre ne travaille pas et qui D’une manière ou d’une autre bénéficient de la solidarité nationale pour des raisons légitimes ou pas ! Du coup, la France compte un peu plus de 30 millions de salariés mais de l’ordre de 12 millions sans emploi, un rapport qui plombe forcément la compétitivité globale, la fiscalité et l’équilibre des comptes.

Sur fond de rejet de la réforme des retraites, de chômage de masse et de délitement des services publics, la France subit un lent naufrage et l’État échoue à maintenir la nation à flot, analysent le sondeur et politologue et l’historien. Interview dans le Figaro.

Pierre VERMEREN. – Emmanuel Macron disait récemment qu’il était normal de travailler plus pour financer le système, parce qu’on vit plus longtemps, que les actifs sont moins nombreux, etc. On entend ce discours depuis une trentaine d’années. Mais les Français voient bien qu’il y a une quantité très importante de compatriotes qui, eux, ne travaillent pas. Selon les statistiques officielles, il y a trois millions de chômeurs en France, mais en ajoutant les temps partiels subis, on en dénombre plutôt cinq à six. Il y a en plus trois millions de jeunes qui ne sont ni salariés, ni étudiants, ni en stage, disparus donc des radars. Et quelques millions de personnes valides qui ne travaillent pas, pour des raisons parfois très légitimes comme des mères de famille. Au total, ça fait environ dix millions…

Compétitivité de la France: 10 millions de sans emploi ?

Compétitivité de la France: 10 millions de sans emploi ?

L’historien Pierre Vermeren explique dans le Figaro que le moral très maussade des Français s’explique largement par le déclassement de la France qui provient en particulier du trop grand nombre de personnes sans emploi qui plombe la situation économique et sociale. En gros, ce serait de l’ordre de 10 millions de personnes qui sont sans emploi. Parmi celles-ci, il y a bien sûr les 3 millions de chômeurs répertoriés en France mais il faut compter en plus évidemment tout ceux qui a un titre ou à un autre ne travaille pas et qui D’une manière ou d’une autre bénéficient de la solidarité nationale pour des raisons légitimes ou pas ! Du coup, la France compte un peu plus de 30 millions de salariés mais de l’ordre de 12 millions sans emploi, un rapport qui plombe forcément la compétitivité globale, la fiscalité et l’équilibre des comptes.

Sur fond de rejet de la réforme des retraites, de chômage de masse et de délitement des services publics, la France subit un lent naufrage et l’État échoue à maintenir la nation à flot, analysent le sondeur et politologue et l’historien. Interview dans le Figaro.

Pierre VERMEREN. – Emmanuel Macron disait récemment qu’il était normal de travailler plus pour financer le système, parce qu’on vit plus longtemps, que les actifs sont moins nombreux, etc. On entend ce discours depuis une trentaine d’années. Mais les Français voient bien qu’il y a une quantité très importante de compatriotes qui, eux, ne travaillent pas. Selon les statistiques officielles, il y a trois millions de chômeurs en France, mais en ajoutant les temps partiels subis, on en dénombre plutôt cinq à six. Il y a en plus trois millions de jeunes qui ne sont ni salariés, ni étudiants, ni en stage, disparus donc des radars. Et quelques millions de personnes valides qui ne travaillent pas, pour des raisons parfois très légitimes comme des mères de famille. Au total, ça fait environ dix millions…

10 millions de sans emploi ?

10 millions de sans emploi ?

L’historien Pierre Vermeren explique dans le Figaro que le le moral très maussade des Français s’explique largement par le déclassement de la France qui provient en particulier du trop grand nombre de personnes sans emploi qui plombe la situation économique et sociale. En gros, ce serait de l’ordre de 10 millions de personnes qui sont sans emploi. Parmi celles-ci il y a bien sûr les 3 millions de chômeurs répertoriés en France mais il faut compter en plus évidemment tout ceux qui a un titre ou à un autre ne travaille pas et qui D’une manière ou d’une autre bénéficient de la solidarité nationale pour des raisons légitimes ou pas ! Du coup la France compte un peu plus de 30 millions de salariés mais de l’ordre de 12 millions sans emploi, un rapport qui plombe forcément la compétitivité globale, la fiscalité et l’équilibre des comptes.

Sur fond de rejet de la réforme des retraites, de chômage de masse et de délitement des services publics, la France subit un lent naufrage et l’État échoue à maintenir la nation à flot, analysent le sondeur et politologue et l’historien. Interview dans le Figaro.

Pierre VERMEREN. – Emmanuel Macron disait récemment qu’il était normal de travailler plus pour financer le système, parce qu’on vit plus longtemps, que les actifs sont moins nombreux, etc. On entend ce discours depuis une trentaine d’années. Mais les Français voient bien qu’il y a une quantité très importante de compatriotes qui, eux, ne travaillent pas. Selon les statistiques officielles, il y a trois millions de chômeurs en France, mais en ajoutant les temps partiels subis, on en dénombre plutôt cinq à six. Il y a en plus trois millions de jeunes qui ne sont ni salariés, ni étudiants, ni en stage, disparus donc des radars. Et quelques millions de personnes valides qui ne travaillent pas, pour des raisons parfois très légitimes comme des mères de famille. Au total, ça fait environ dix millions…

Emploi-Une panne de recrutement mais 5 millions de sans-emploi !

Emploi-Une panne de recrutement mais 5 millions de sans-emploi !


La France connaît une très grande crise de recrutement aussi bien dans les services d’intérêt public que dans le secteur privé. Cette situation alimente d’ailleurs le phénomène d’immigration. Or pourtant il y a officiellement 2,5 millions de chômeurs auxquels il faut ajouter autant qui relève du halo du chômage : bénéficiaires du RSA, certains de l’allocation handicapé, certains non-inscrits nulle part. Cette crise touche les activités de services comme les activités industrielles. Partout fleurissent les pancartes devant usine et magasin : « ici on recrute ».

En cause sans doute en priorité, un système de formation complètement décadent d’une part et qui n’a pas été conçu pour répondre aux besoins de l’économie. Les spécialistes de l’enseignement objecteront que l’éducation nationale a surtout pour objet d’éduquer. Malheureusement ce qu’elle ne fait pas quand on regarde la catastrophe de l’enseignement en particulier dans le domaine français ou des mathématiques et plus généralement du niveau culturel.

Presque 100 % des Français obtiennent le bac et beaucoup qui n’ont pas le niveau accèdent ainsi à des études supérieures. Ceux-là iront vers les sciences sociales dont les diplômes trop nombreux conduisent directement à « pôle emploi » dans l’administration. Dans le même temps, on manque d’ouvriers très qualifiés, de techniciens, d’ingénieurs partout.

En cause, l’amollissement général du rapport au travail, aussi les mauvaises conditions sociales dont les salaires. Sans parler évidemment des aides sociales qui font préférer l’inactivité à un travail rémunéré. L’analyse de ce phénomène peut notamment être vérifiée dans tous les centres d’insertion qui mettent en évidence le manque de qualification et la perte d’adhésion au travail.

Des pans entiers de notre économie et des services publics tournent aujourd’hui en mode dégradé, faute de main-d’œuvre et de moyens. Pour faire fonctionner, vaille que vaille, ces services indispensables au quotidien des Français, le système D prévaut désormais. En parallèle de ceux qui promeuvent la légalisation des clandestins pour faire fonctionner divers secteurs sous tension, d’autres rivalisent d’initiatives, plus ou moins heureuses, pour colmater les brèches.

Le domaine des transports est emblématique de cette détérioration, loin d’être un simple sentiment pour nos concitoyens qui subissent de plein fouet la pénurie de conducteurs de bus, cars ou trains. Dans certaines régions, pas forcément les plus isolées, les services sont parfois tout bonnement interrompus, faute de bras. Ce fut le cas l’an passé avec la ligne de bus desservant le campus d’Orsay, dans l’Essonne.

Social 2024: adieu au plein emploi !

Social 2024: adieu au plein emploi !

Le gouvernement avaient promis le plein emploi et se réjouissait des bonnes statistiques dues en partie au financement de l’apprentissage. Malheureusement, cet optimisme est contredit par l’INSEE elle-même qui annonce la remontée à 7,6 % chômage en 2024. C’est la conséquence directe de l’affaiblissement de la croissance qui aura de la peine à atteindre 1 % en 2023 et qui va tutoyer la stagnation en 2024. Une situation économique qu’on retrouve dans nombre de pays au plan mondial. En cause surtout une crise de l’endettement qui menace nombre de pays notamment la Chine mais aussi un environnement géostratégique très instable. Sans parler de la politique monétaire dont on ne sait plus si elle a été utile au contraire néfaste au contrôle de l’inflation. Enfin la course du pouvoir d’achat derrière les prix et les consommations qui s’effritent

En 2022 par exemple, plus de 100.000 emplois ont été créés par trimestre en moyenne. Et au cours de l’année 2023, ce rythme s’est brutalement ralenti pour atteindre 26.000 créations au quatrième trimestre. S’agissant des deux premiers trimestres de 2024, seulement 23.000 emplois devraient être créés.

Cette hausse du chômage est également l’un des effets attendus de la réforme décriée des retraites. L’entrée en vigueur du recul de l’âge de la retraite de 62 ans à 64 ans depuis le premier septembre a fait bondir la population active. « Au quatrième trimestre 2023 et au premier semestre 2024, principalement sous l’effet de la réforme des retraites, la population active continuerait d’augmenter », souligne l’Insee dans sa note de conjoncture.

2024: adieu au plein emploi !

2024: adieu au plein emploi !

Le gouvernement avaient promis le plein emploi et se réjouissait des bonnes statistiques dues en partie au financement de l’apprentissage. Malheureusement, cet optimisme est contredit par l’INSEE elle-même qui annonce la remontée à 7,6 % chômage en 2024. C’est la conséquence directe de l’affaiblissement de la croissance qui aura de la peine à atteindre 1 % en 2023 et qui va tutoyer la stagnation en 2024. Une situation économique qu’on retrouve dans nombre de pays au plan mondial. En cause surtout une crise de l’endettement qui menace nombre de pays notamment la Chine mais aussi un environnement géostratégique très instable. Sans parler de la politique monétaire dont on ne sait plus si elle a été utile au contraire néfaste au contrôle de l’inflation. Enfin la course du pouvoir d’achat derrière les prix et les consommations qui s’effritent

En 2022 par exemple, plus de 100.000 emplois ont été créés par trimestre en moyenne. Et au cours de l’année 2023, ce rythme s’est brutalement ralenti pour atteindre 26.000 créations au quatrième trimestre. S’agissant des deux premiers trimestres de 2024, seulement 23.000 emplois devraient être créés.

Cette hausse du chômage est également l’un des effets attendus de la réforme décriée des retraites. L’entrée en vigueur du recul de l’âge de la retraite de 62 ans à 64 ans depuis le premier septembre a fait bondir la population active. « Au quatrième trimestre 2023 et au premier semestre 2024, principalement sous l’effet de la réforme des retraites, la population active continuerait d’augmenter », souligne l’Insee dans sa note de conjoncture.

Emploi : tassement aussi dans l’union européenne

Emploi : tassement aussi dans l’union européenne

Comme en France, suite au tassement économique on observe également une inversion des tendances en matière d’emploi. La conséquence sans doute d’un tour de vis particulièrement sévère en matière de politique monétaire qui certes a permis de réduire l’inflation mais qui a eu tendance à tuer l’activité. La question est pour combien de temps?

Au troisième trimestre, l’économie de la zone euro s’est en effet contractée, à cause notamment des difficultés de l’Allemagne et de la remontée des taux d’intérêts. Même si l’inflation continue de s’essouffler, le spectre d’une récession plane au-dessus des pays de la zone. Et pour cause, le Produit intérieur brut (PIB) des 20 pays partageant la monnaie unique a reculé de 0,1% de juillet à septembre en glissement trimestriel, d’après la première estimation d’Eurostat publiée ce mardi. Désormais, les analystes estiment possible une récession technique au deuxième semestre, ce qui arrivera si le PIB recule à nouveau au quatrième trimestre.

Le taux d’inflation annuel de la zone euro a spectaculairement chuté à 2,9% sur un an en octobre, après s’être établi à 5,2% en août et à 4,3% en septembre, a annoncé ce mardi Eurostat.

Revers de la médaille L’emploi a tendance à se dégrader.

Le taux de chômage dans la zone euro a remonté de 0,1 point en septembre sur un mois, à 6,5% de la population active, après un plus bas historique le mois précédent, selon des données d’Eurostat, publiées ce vendredi 3 novembre.

Le chômage a nettement baissé en Europe depuis la mi-2021, grâce à la forte reprise économique post-Covid qui a succédé à une récession historique due à la pandémie. Malgré une stagnation de l’activité économique dans la zone euro à partir de fin 2022, alimentée par les conséquences de la guerre en Ukraine et la flambée de l’inflation, le chômage a poursuivi son recul avant de se stabiliser depuis le printemps à un niveau inédit en un quart de siècle.

Malgré tout, le Portugal voit son taux de chômage augmenter à 6,5% en septembre, contre 6,2% le mois précédent. Même son de cloche en Italie (7,4% en septembre). Le taux de chômage a atteint 7,3% en France, inchangé par rapport à août. Il s’est établi à 3% en Allemagne, comme durant les quatre mois précédents. Les taux les plus faibles de l’UE ont été enregistrés en République tchèque (2,7%), à Malte (2,8%) et en Pologne (2,8%). Les plus élevés ont été relevés en Espagne (12%, en hausse de 0,1 point sur un mois) et en Grèce (10%, en recul de 0,6 point).

Certes le taux d’inflation annuel de la zone euro a spectaculairement chuté à 2,9% sur un an en octobre, après s’être établi à 5,2% en août et à 4,3% en septembre, a annoncé ce mardi Eurostat mais Cette diminution de l’inflation s’accompagne d’une activité en berne comme l’emploi; avec des perspectives négatives pour la croissance et le chômage

L’institution a également prévenu que les risques de reprise de l’inflation, accentués par la guerre au Proche-Orient, restaient trop élevés pour envisager la moindre baisse des taux dans l’immédiat. La Banque centrale européenne ne doit pas « fermer la porte à une nouvelle hausse » des taux d’intérêt, a même estimé Isabel Schnabel, membre du directoire de la BCE.

Un marginal, sans emploi, auteur des fausses menaces à la bombe à Versailles

Un marginal, sans emploi, auteur des fausses menaces à la bombe à Versailles

Un abruti de 37 ans, sans emploi, sera jugé ce lundi 23 octobre devant le tribunal judiciaire de Versailles. Il est l’auteur des fausses informations concernant les menaces de bombes à Versailles.

Toujours d’après les informations de BFMTV, l’homme a reconnu les faits. Il a expliqué avoir vu les informations dans les médias sur les alertes à la bombe successives, et s’être dit : »Pourquoi pas moi ? », résume une source proche de l’enquête.

Le suspect, âgé de 37 ans, vit chez ses parents, est sans emploi et n’a pas d’antécédents judiciaires. Il souffre de schizophrénie mais selon une source judiciaire, il est accessible à une sanction pénale.

Placé sous contrôle judiciaire, il comparaîtra libre ce lundi 23 octobre. La comparution immédiate aura lieu à 14 heures au tribunal judiciaire de Versailles. L’audience sera publique. L’homme risque deux ans de prison et 30.000 euros d’amende.

Emploi: la solution des PMP ?

Emploi: la solution des PMP ?

Le mercredi 7 juin, le gouvernement a présenté son projet de loi visant à atteindre le plein-emploi, c’est-à-dire un taux de chômage de 5 % (contre 7,1 % actuellement). À travers un dispositif d’accompagnement des allocataires du revenu de solidarité active (RSE), dont le nombre stagne autour de 1,9 million, l’exécutif se fixe notamment de ramener dans le champ du marché du travail les personnes qui s’en sont éloignées.

par Gorgi Krlev
Assistant Professor of sustainability, ESCP Business School dans The Conversation

Une vision peut-être un peu optimisme quant à l’efficacité de la nouvelle institution France travail qui remplace notamment pour l’emploi. Ce n’est pas la première réforme de cette institution est la question posée et surtout la compétence d’un tel organisme pour favoriser l’insertion professionnelle et sociale NDLR

Le texte prévoit ainsi la création de France travail, qui va succéder à Pôle emploi, pour mieux coordonner les acteurs du service public de l’emploi. À partir du 1er janvier 2025, ce guichet unique permettra par exemple l’inscription automatique à France Travail pour toute demande de RSA à la Caisse des allocations familiales (CAF). Actuellement, environ 4 bénéficiaires du RSA sur 10 seulement sont également inscrits à Pôle emploi. France travail sera en outre organisé en réseau, en lien avec l’État, les missions locales pour les jeunes, les collectivités territoriales ou encore des associations spécialisées dans l’insertion professionnelle. Le projet de loi prévoit que ces acteurs assureront les missions « d’accueil, d’orientation, d’accompagnement, de formation, d’insertion, de placement des personnes recherchant un emploi ou rencontrant des difficultés sociales ». Cette organisation en réseau, qui établit un partenariat entre de multiples parties prenantes, apparaît en effet essentielle pour favoriser l’insertion professionnelle au sein des entreprises. Comme nous l’avons montré dans un travail de recherche récent, les partenariats multipartites (PMP) constituent en effet une réponse appropriée aux enjeux de qualification, de compétences et d’accès à l’emploi, en particulier pour les personnes issues de milieux défavorisés.

Nous avons étudié ces PMP et leur action en matière d’insertion professionnelle épuise le début des années 1990 en France, en Allemagne et en Espagne. Si ces trois pays ont connu des différences dans la mise en place et les modalités d’action, les structures ont globalement enregistré des résultats positifs. Et ils se sont rapprochés dans l’ambition de trouver une solution intégrative d’insertion.

La France fut précurseur en termes de PMP, qui ont toujours été encouragés par l’État, initialement par les « clauses sociales » et après par un événement relationnel majeur dit « Grenelle de l’Innovation ». Un des premiers rapprochements a été initié en 1996 par l’agence d’intérim Adecco et le Groupe ID’EES, structure spécialisée dans l’insertion professionnelle. Ce type de partenariats a ensuite connu un essor à la suite de la crise économique autour de 2010 (par exemple, le réseau Cocagne, un regroupement d’associations dans la production maraîchère, ou la Fondation Caritas, créée par le Secours catholique).

Actuellement, le terrain reste propice à la multiplication de ces PMP. Comme nous l’a confié un représentant du syndicat patronal français, le Medef :

« Il y a eu une réelle amélioration de ce que ce type d’organisation peut apporter à une entreprise privée. La responsabilité sociétale des entreprises (RSE) a également gagné en importance… On voit donc de plus en plus de partenariats originaux ».

En Espagne, où l’État s’est montré moins impliqué en termes de formation de PMP, celles-ci sont nées d’un mouvement de solidarité lors de la crise économique qui a frappé le pays au tournant des années 2010. Les premiers échanges entre les entreprises et les organisations à but non lucratif ont abouti en 2012 à la création de « Ensemble pour l’emploi des personnes les plus vulnérables » (Juntos por el empleo de los más vulnerables), qui rassemble désormais plus de 1000 organisations à but non lucratif, environ 70 entreprises et 13 agences publiques.

Si toutes les personnes que nous avons interrogées dans notre étude s’accordent à dire que le PMP « a constitué une réponse efficace à la crise économique », elles notent que le dispositif en reste encore au « stade expérimental » et que des marges de développement existent. Un chef d’entreprise accompagné par un PMP le souligne :

« Nous vivons encore une période de découverte pour les entreprises privées ».

En Allemagne, les PMP en matière d’insertion professionnelle ont connu leur essor à partir de la crise des réfugiés et la forte augmentation du nombre de demandeurs d’asile de 2015. Après une longue période stationnaire, le domaine est devenu très dynamique avec des constellations d’acteurs sans précédent apparaissant sur la scène. Parmi les structures qui ont émergé, nous pouvons notamment citer Arrivo – Refugee is not a profession, qui regroupe le gouvernement régional de la cité-État (Land) de Berlin, 50 entreprises, membres de la chambre de commerce locale, pour insérer professionnellement les réfugiés, ou encore Schlesische 27, une association culturelle à but non lucratif qui propose des programmes d’accompagnement personnalisé à des populations défavorisées.

L’afflux important de réfugiés et la culture d’accueil (Wilkommenkultur) de la chancelière Angela Merkel ont en effet conduit à une « politisation » du climat social, ce qui a incité les petites et moyennes entreprises à s’engager dans des efforts PMP. Ce veut dire que les entreprises commençaient à s’engager quand les problèmes ressemblaient une « crise morale » plutôt qu’une crise existentielle. Les motivations de s’engager concernent aussi bien le manque main-d’œuvre qualifiée que la volonté de s’engager pour la société. Là encore, l’idée d’aller plus loin dans l’institutionnalisation de la démarche transparaît, comme en témoigne un responsable d’association à but non lucratif :

« Nous n’avons pas besoin de construire une énorme initiative individuelle. Notre conception est de donner un coup de pouce, d’initier quelque chose de plus grand ».

Étant donné ces premières avancées, approfondir notre compréhension des PMP semble désormais essentiel, et sans doute pas seulement en matière d’insertion professionnelle. D’ailleurs, face à la pandémie de Covid-19, les décideurs politiques ont stimulé la collaboration multipartite, par exemple dans le cadre de l’alliance internationale GAVI, pour accélérer la mise au point du vaccin.

C’est pourquoi les parties prenantes de tous les secteurs sont appelées à explorer des approches de la collaboration sans qu’ils soient contraints par les crises, en particulier sans attendre que les manifestations extrêmes climatiques anticipées ne se produisent. En effet, on constate dans le bref historique précédemment dressé que ce sont les difficultés économiques ou sociales qui ont jusqu’à présent donné l’impulsion aux PMP.

Coup de peinture sur Pôle Emploi , repeint en France travail

Coup de peinture sur Pôle Emploi , repeint en France travail


Encore un changement de nom et un coup de peinture sur l’administration en charge des questions de chômage. Ainsi Pôle Emploi va prendre le nom de « France travail ». En réalité, la mission est la même; à savoir: tenter de réinsérer les exclus de l’évolution économique et technique. La différence: une procédure administrative supplémentaire avec un contrat dit l’engagement personnalisé portant sur la nature et l’intensité de l’accompagnement. Exactement ce que devrait déjà faire « pôle emploi » et que ne pourra prendre en charge France travail composée essentiellement de fonctionnaires bien incapables de comprendre la problématique sociale et économique dans le privé.

C’est la mesure phare du projet de loi: la création de France Travail, qui va succéder à Pôle emploi, a pour objectif de réorganiser les services de l’emploi et de l’insertion. Un « nouveau parcours d’accompagnement », « plus personnalisé », ainsi qu’un « nouveau processus d’orientation » permettront une « entrée plus rapide » dans le parcours de recherche d’emploi, a précisé Matignon mardi lors d’un brief presse. Les bénéficiaires du RSA seront désormais automatiquement inscrits comme chercheurs d’emploi auprès de France Travail.

Un « réseau France Travail » rapprochera les acteurs de l’emploi, de l’insertion et de la formation. Outre France Travail, qui en sera l’opérateur en chef, il réunira l’État, les missions locales (accompagnement des jeunes), Cap emploi (accompagnement des personnes handicapées), les collectivités territoriales ainsi que les organismes et associations d’insertion. Ces acteurs devront mettre en œuvre un « socle commun » de procédures pour mieux coordonner leurs interventions, a précisé Matignon, évoquant également un « large partage de données ».

Chaque personne inscrite à France Travail devra désormais signer un « contrat d’engagement ». Ce contrat – »personnalisé » en fonction des besoins du chercheur d’emploi, selon Matignon– comportera un « plan d’action » qui devra définir les objectifs et « l’intensité » de l’accompagnement. C’est dans le cadre de ce « contrat d’engagement » que pourront être mis en œuvre les 15 à 20 d’heures hebdomadaires d’activité. Mais ces heures ne sont pas formellement mentionnées dans le projet de loi: elles pourront être demandées si cela est « pertinent » pour la personne concernée.

Le régime des sanctions est également rénové par le projet de loi, afin de rendre ces sanctions « plus progressives » et « plus justes », a précisé Matignon. Le versement du RSA pourra désormais être temporairement suspendu en cas de manquement du chercheur d’emploi. Concrètement, s’il ne respecte pas les objectifs fixés par son « contrat d’engagement », le RSA ne lui sera plus versé. L’argent ne sera néanmoins pas perdu: dès lors qu’il respectera à nouveau ses engagements, le montant bloqué du RSA lui sera versé rétroactivement.

Pôle Emploi : repeint en France travail

Pôle Emploi : repeint en France travail


Encore un changement de nom et un coup de peinture sur l’administration en charge des questions de chômage. Ainsi Pôle Emploi va prendre le nom de « France travail ». En réalité, la mission est la même; à savoir: tenter de réinsérer les exclus de l’évolution économique et technique. La différence: une procédure administrative supplémentaire avec un contrat dit l’engagement personnalisé portant sur la nature et l’intensité de l’accompagnement. Exactement ce que devrait déjà faire « pôle emploi » et que ne pourra prendre en charge France travail composée essentiellement de fonctionnaires bien incapables de comprendre la problématique sociale et économique dans le privé.

C’est la mesure phare du projet de loi: la création de France Travail, qui va succéder à Pôle emploi, a pour objectif de réorganiser les services de l’emploi et de l’insertion. Un « nouveau parcours d’accompagnement », « plus personnalisé », ainsi qu’un « nouveau processus d’orientation » permettront une « entrée plus rapide » dans le parcours de recherche d’emploi, a précisé Matignon mardi lors d’un brief presse. Les bénéficiaires du RSA seront désormais automatiquement inscrits comme chercheurs d’emploi auprès de France Travail.

Un « réseau France Travail » rapprochera les acteurs de l’emploi, de l’insertion et de la formation. Outre France Travail, qui en sera l’opérateur en chef, il réunira l’État, les missions locales (accompagnement des jeunes), Cap emploi (accompagnement des personnes handicapées), les collectivités territoriales ainsi que les organismes et associations d’insertion. Ces acteurs devront mettre en œuvre un « socle commun » de procédures pour mieux coordonner leurs interventions, a précisé Matignon, évoquant également un « large partage de données ».

Chaque personne inscrite à France Travail devra désormais signer un « contrat d’engagement ». Ce contrat – »personnalisé » en fonction des besoins du chercheur d’emploi, selon Matignon– comportera un « plan d’action » qui devra définir les objectifs et « l’intensité » de l’accompagnement. C’est dans le cadre de ce « contrat d’engagement » que pourront être mis en œuvre les 15 à 20 d’heures hebdomadaires d’activité. Mais ces heures ne sont pas formellement mentionnées dans le projet de loi: elles pourront être demandées si cela est « pertinent » pour la personne concernée.

Le régime des sanctions est également rénové par le projet de loi, afin de rendre ces sanctions « plus progressives » et « plus justes », a précisé Matignon. Le versement du RSA pourra désormais être temporairement suspendu en cas de manquement du chercheur d’emploi. Concrètement, s’il ne respecte pas les objectifs fixés par son « contrat d’engagement », le RSA ne lui sera plus versé. L’argent ne sera néanmoins pas perdu: dès lors qu’il respectera à nouveau ses engagements, le montant bloqué du RSA lui sera versé rétroactivement.

France travail : juste un coup de peinture sur pôle emploi !

France travail : juste un coup de peinture sur pôle emploi !

Nouveau changement de nom pour les institutions qui s’occupent du chômage. Ainsi Pôle l’emploi va prendre le nom de France travail. L’objectif est de s’occuper moins du chômage que de l’emploi avec la création d’un guichet dit unique. Le problème évidemment c’est que les fonctionnaires qui gèrent aujourd’hui Pole emploi demain France travail n’ont qu’une connaissance approximative des réalités du travail. Même chose pour les institutions d’insertion d’abord beaucoup trop peu nombreuses , ensuite qui elles aussi ont souvent des difficultés à prendre en compte les réalités socio-économiques pour permettre une réelle insertion dans l’économie voire la société.

Le nouvel organisme doit regrouper tous les acteurs de l’emploi et de l’insertion, mais aussi de la formation : Pôle emploi – et ses 55 000 agents sur tout le territoire – ainsi que les missions locales, Cap emploi, les services des départements qui gèrent le RSA.. etc.

Son objectif : répondre aux besoins d’insertion des demandeurs d’emploi ou des personnes qui ont des difficultés à entrer sur le marché du travail. Une des missions de France Travail sera aussi d’accompagner et d’aider les entreprises qui ont des offres d’emploi à proposer. Aujourd’hui, de nombreuses TPE et PME n’ayant pas le réflexe de s’adresser à Pôle emploi lorsqu’elles ont un recrutement à effectuer. Et pour cause elle préfère le plus souvent s’adresser à des agences d’intérim qui ont une autre capacité à définir des profils correspondant aux demandes concrètes des entreprises

L’objectif est que, dès 2024, toute personne privée d’emploi devra être inscrite à France Travail. Ainsi, sera établi un diagnostic de sa situation au regard de l’emploi – en fonction de son parcours, de sa qualification, etc. – mais aussi de ses difficultés, des freins qui peuvent être les siens à s’insérer – problèmes de santé, de mobilité, de formation, garde d’enfants… France Travail devrait alors lui permettre d’être mieux ( et plus rapidement ) orientée vers les services adéquats.

Le problème c’est que c’est déjà la mission théorique de « pôle emploi »!

Emploi : crise de formation et de compétences en France

Emploi : crise de formation et de compétences en France

Denis Machuel (PDG) et Alexandre Viros (président France Adecco) notent une crise grave de formation et de compétences en France dans une interview à la Tribune

Alexandre Viros- Le groupe prévoit de former 50.000 personnes en 2023. C’est un record. Il n’y a pas de réindustrialisation sans les talents. Pour créer de la compétence, il faut beaucoup former. Le groupe assume le pari d’avoir des talents bien formés. Nous prévoyons un budget de près de 100 millions d’euros pour assurer ces formations, dans le cadre de nos contributions légales et conventionnelles.

Sur quels secteurs allez-vous concentrer vos efforts en matière de formation ?

Alexandre Viros- Il y aura beaucoup de formations sur l’industrie, l’automobile et le BTP. Ce secteur est intéressant car il est possible d’avoir une belle trajectoire professionnelle. La logique des formations est de répondre aux besoins réels de l’économie.

Emmanuel Macron a mis l’accent sur la réindustrialisation ces derniers jours. Vos agences ont-elles des difficultés à recruter des bras pour l’industrie tricolore ? L’Allemagne connaît-elle aussi des pénuries de main d’oeuvre pour son industrie ?

Alexandre Viros- La France a payé certains choix depuis plusieurs décennies en matière de compétences. La France a sûrement plus de difficultés que certains de ses voisins. C’est un défi important. Toutes les parties prenantes vont devoir marcher ensemble sur ces problématiques.

Denis Machuel- L’Allemagne a un passé industriel important. Elle reste malgré tout confrontée à des difficultés de recrutement. En France, il y a des viviers de talents dans les quartiers prioritaires de la ville, dans la population immigrée, dans les personnes éloignées de l’emploi. Il faut s’appuyer sur toutes nos forces.

Un an après votre arrivée à la tête du groupe, quelle est votre feuille de route pour les mois à venir ?

Denis Machuel- Le groupe a mis en place depuis deux ans la stratégie « Future at Work » sur l’avenir du travail. Cette orientation consiste à construire des briques autour des talents dont nos clients ont besoin. Dans l’industrie et les services, les entreprises ont besoin de talents pour livrer des performances. Cette stratégie repose sur nos 3 activités : Adecco, Akkodis et LHH et sur deux axes principaux : le focus client et le digital. Opérationnellement, notre dynamique s’articule autour de trois piliers : simplifier, exécuter et croître. Cette feuille de route a délivré de bons résultats au premier trimestre.

En Europe et en France, les créations d’emplois ont ralenti depuis plusieurs mois mais le chômage continue de baisser. Dans le même temps, la croissance marque le pas depuis la guerre en Ukraine. Comment expliquez-vous ce paradoxe d’une faible croissance riche en emplois ?

Denis Machuel- En Europe, ce paradoxe peut s’expliquer par la rareté des talents. Il y a des facteurs démographiques avec le départ à la retraite de la génération du baby-boom. Après la pandémie, beaucoup de travailleurs ont montré qu’ils étaient prêts à travailler moins et préfèrent améliorer leur qualité de vie. Beaucoup de femmes sont sorties du marché du travail. Certains seniors sont également sortis de ce marché. Enfin, il y a un fossé des talents. Avec la transition technologique et la transition écologique, il y a des savoir-faire qui ne sont pas à la hauteur des besoins.

Alexandre Viros- En France, les secteurs mis sous cloche pendant la pandémie comme l’hôtellerie-restauration ou le BTP n’arrivent toujours pas à recruter. Les salariés sont allés trouver du travail dans d’autres secteurs. Il y a aussi des difficultés liées à la géographie et à la desserte en transports en commun. Il faut favoriser la mobilité. Avec l’augmentation » du coût des carburants, les salariés ne vont pas forcément accepter un emploi éloigné de leur domicile.

La formation est un enjeu déterminant. Il s’agit de créer des compétences dans des secteurs en transformation profonde comme l’automobile. Le passage du moteur thermique au moteur électrique nécessite de nouvelles compétences. L’ouverture de nouvelles centrales nucléaires va nécessiter des soudeurs. Or la France n’a pas ses compétences. Il y a une crise de la compétence. Notre métier n’est pas juste d’aller chercher des clients. Il s’agit de comprendre les besoins en emploi.

La réforme des retraites a remis au centre des débats la question cruciale de l’emploi des seniors. Le taux d’emploi des plus de 55 ans est très bas dans l’Hexagone. Une autre partie importante n’est ni en emploi, ni à la retraite. Quels seraient les leviers pour améliorer l’emploi des seniors ?

Alexandre Viros- Pendant longtemps, cette question s’est résumée à la sortie des seniors du monde du travail. Nous n’étions pas hostiles à l’index des seniors proposé par l’exécutif. Il faut mesurer la participation des seniors dans les entreprises. Nous nous engageons à augmenter la part des seniors parmi nos intérimaires de 20% en 2023.

C’est un engagement important. Il y a aussi la question cruciale de la formation des seniors. Les seniors ont deux fois moins recours à la formation que les autres catégories d’âge. Il s’agit de réfléchir en termes de trajectoire professionnelle et pas uniquement de rétention. Je suis convaincu que le départ d’un salarié expérimenté est une perte sèche pour l’entreprise.

Denis Machuel- Dans un monde de rareté des talents, la sortie de gens expérimentés peut se payer très cher. On a pu le voir dans la filière nucléaire. La France a un réservoir de talents formidables. Il y a un sujet de flexibilité sur les fins de carrière. Il ne faut pas uniquement réfléchir en termes de coût pour l’entreprise. Il faut changer le regard sur le monde des seniors.

Malgré les aides massives en faveur de l’apprentissage, le taux de chômage chez les jeunes demeure élevé. Comment améliorer l’insertion professionnelle des jeunes ?

Denis Machuel- Le soutien à l’apprentissage doit se poursuivre. En Allemagne et en Suisse, l’apprentissage est très connecté aux besoins de l’entreprise. La force de l’apprentissage est la connexion entre la formation et les besoins. Une partie des formations que nous prévoyons va se concentrer sur l’apprentissage. Sur les 50.000 personnes formées, 6.500 seront consacrées aux apprentis.

En France, les recrutements se basent la plupart du temps sur l’envoi de CV. Quel regard portez-vous sur cette pratique ?

Alexandre Viros – La France est une société malade du diplôme. C’est contre productif. Les candidats de 35 ans ou 45 ans sont jugés sur les réussites et les échecs lorsqu’ils avaient 20 ans. C’est injuste. Notre groupe est un promoteur d’un recrutement sans CV à travers notamment notre plateforme digitale QAPA.

Il peut se faire sur des analyses scientifiques des soft skills. Ces pratiques permettent d’élargir le champ des emplois auxquels les candidats peuvent prétendre. Le recrutement sans CV est vertueux pour l’économie et les individus.

Société-Intelligence artificielle et emploi ?

Société-Intelligence artificielle et emploi ?

Un papier de Gilles Babinet dans la Tribune évoque l’interaction entre intelligence artificielle, emploi et productivité. Un papier qui se veut optimiste si on sait utiliser toutes les potentialités de l’IA et réguler cette véritable révolution technologique. Un papier qui cependant demeure relativement général , théorique et un peu confus , ce qui peut s’expliquer par une technologie tout juste naissante dont il est difficile de prévoir les développements et les conséquences NDLR.

La France ne doit pas suivre la CNIL italienne qui a la première posé le débat sur l’interdiction de ChatGPT; Etant un pays où l’expertise de recherche en IA est l’une des meilleures au monde, il existe une opportunité unique de développer de nouveaux business, notamment en lien avec le climat.
d’après Gilles Babinet

Dans une interview récente, l’activiste Tristan Harris révélait que plus de 10% des chercheurs en IA estiment que celle-ci pourrait sonner le glas de l’humanité. Plus récemment une pétition, signée par plus de mille personnalités, invitait les principales plateformes d’intelligence artificielle avancée à mettre leurs développements sur pause. De nombreux penseurs ou polémistes, comme Gaspard Koenig, l’Israélien Yuval Harari… nous mettent en garde contre les risques de dévoiement de notre civilisation si nous ne réagissons pas rapidement. Et dernièrement, c’est la CNIL italienne qui a « interdit » ChatGPT.

Il y a effectivement lieu de se préoccuper : dès aujourd’hui, cybercrimes, extorsions effectuées à l’aide de vidéos postiches faites avec de l’IA, influence politique à renfort d’images saisissantes de réalisme, mais pour autant fausses sont en explosion. L’émotion prend de surcroit le dessus et notre capacité à vérifier l’information est fortement altérée ; loin est le temps où un éditeur faisait revoir chaque citation d’un journaliste pour s’assurer de la véracité de ce qui était publié. La profusion de contenus a mis à bas la valeur de cette pratique.

La vérité est en danger. On peut ainsi frémir en se remémorant l’une des hypothèses du paradoxe de Fermi : si les extraterrestres ne sont pas déjà là, c’est qu’ils pourraient s’être autodétruits au fur et à mesure qu’ils en sont venus à maîtriser des technologies de plus en plus sophistiquées.

En France, où le conservatisme technologique reste marqué (songeons aux réactions contre le compteur Linky, la 5G, l’importance du décroissantisme…), les critiques visent de surcroît le mercantilisme qui oriente ces technologies. Et il est vrai que l’inquiétude est légitime.

« Nous sommes une entreprise sans but lucratif œuvrant au loin des enjeux de performance financière, pour le bien de l’ensemble de l’humanité », affirmait OpenAI.

Rien de tout cela n’est resté vrai. C’est désormais une entreprise privée, ne publiant plus son code informatique et dont les préoccupations sont plus de répondre aux demandes de son client Microsoft : accélérer le temps de réponse, voir identifier une façon d’insérer de la publicité dans ses « prompts »…

Ces critiques font donc du sens, mais elles s’inscrivent dans un contexte mondialisé, ce qui limite immensément notre capacité à autonomiser le destin des nations. Tout le monde souhaite l’avènement d’une technologie informationnelle européenne, mais concrètement, qui est prêt à se passer des services numériques américains ? Quel est le pouvoir politique prêt à subir l’opprobre du citoyen-consommateur lorsqu’on aura interdit ChatGTP, Bing-Microsoft, Google-Bard et consort ? Qui est prêt à discriminer -c’est à dire bloquer- les adresses IP de ces services, au risque d’être accusé d’autoritarisme de la part d’associations à l’avant-garde des libertés numériques ? Qui est prêt à remettre en cause le volet services des accords de l’OMC, signé en 2001 avec enthousiasme par 141 pays au prétexte de « faire une pause » ?

Il faut observer ces jours-ci les réactions sur les réseaux sociaux à la mise en œuvre d’une loi qui renchérira les cours du transport de l’e-commerce, espérant ralentir Amazon et sauver les petits libraires. Au-delà, avoir des réserves à l’égard de ces services et les contraindre à adopter des règles complexes n’est en rien une garantie de préservation du « singularisme » européen. Le RGPD —le règlement européen sur les données personnelles— devrait à cet égard nous servir de leçon : loin de ralentir les grandes entreprises digitales, il leur a donné l’avantage. Celles-ci ont pu se mettre rapidement en conformité avec ce texte grâce à leurs immenses moyens, laissant loin derrière les plus petits acteurs se débattre dans le méandre technocratique ainsi créé.

Cette approche conservatrice est d’autant plus dommage que rien ne semble inexorable, bien au contraire. Car ces technologies numériques prennent tout le monde par surprise, y compris les plus avancés, à commencer par Google et Meta, qui bien que disposant de projets équivalents, voire supérieurs, semblent comme des lapins pris dans les phares d’une voiture vis-à-vis de chatGPT. La nature « rupturiste » de ce type de services (ils redéfinissent le cadre de jeu) permet à une nouvelle génération d’acteurs de profiter de ce nouveau cycle pour lancer leurs offres avec un grand potentiel de succès. L’opportunité peut être comparée à celle qu’a représentée l’émergence d’une grande technologie comme l’électricité ; pour l’instant, les gains de productivité potentiels sont hypothétiques, bien que vraisemblablement immenses.

Des gains de productivité massifs
Une situation qui reproduit ce que l’on observait en 1870, lorsque les critiques à l’électrification de l’éclairage de l’avenue de l’Opéra dénonçait une technologie sans avenir, dangereuse et socialement contestable pour mettre en danger le travail des allumeurs de réverbères. Pour l’instant, si les applications à base de Large Langage Model (LLM) semblent dominer, d’autres architectures d’IA vont envahir le monde industriel, le transport, la distribution, la médecine, etc. La nature systémique de l’IA, c’est à dire s’appliquant largement aux différentes activités de notre civilisation, est difficile à contester.

Des gains de productivité massifs et visibles sur le plan macroéconomique sont probablement sur le point de se manifester, avec leurs conséquences inéluctables sur l’emploi (dans un premier temps) et l’organisation sociale. Il est dans ce cadre important de noter que ces technologies d’IA arrivent à un moment particulier, celui d’une crise environnementale mondiale qui va nécessiter une coordination globale à l’échelle de l’humanité. En permettant d’amener les gains de productivité qui nous font défaut pour adresser ce défi au coût s’exprimant en milliers de milliards de dollars, elles pourraient éviter qu’il soit nécessaire de fortement réduire nos ressources individuelles pour répondre à ce défi.

Non seulement ces technologies pourraient nous permettre de produire plus en travaillant moins, mais elles pourraient directement avoir une forte contribution dans les sujets de décarbonation et de préservation de l’environnement, faisant ainsi mentir les décroissants les plus affirmés. Il serait aisément possible d’aller de l’avant à quelques conditions toutefois.

Des années durant le World Economic Forum a classé la France comme l’un des pays les plus pessimistes au monde : recréer une foi commune dans le progrès passe par une meilleure éducation et une meilleure compréhension des enjeux scientifiques et technologiques, qui sera déterminant pour embrasser ces technologies avec recul et raison. Un défi à l’échelle d’une génération, mais qui ne place pas la France dans une posture idéale à l’instant où le monde accélère.

Les pays qui devraient bénéficier de cette transition schumpétérienne pourraient être ceux qui seront les plus capables d’articuler régulation et innovation. Avoir un droit social qui protège autant le spécialiste en intelligence artificielle (dont le métier ne sera pas menacé avant longtemps) que le traducteur ou le journaliste n’a pas de sens dans un contexte d’accélération de l’histoire. Il faut avoir à l’esprit qu’une faible régulation sociale durant la majorité du XIXe siècle, lorsque les gains de productivité croissaient fortement a abouti a une exploitation inégalée du prolétariat, qui ne cessera que lorsque des droits sociaux et spécifiques à chaque branche seront mis en place, le plus souvent de façon impérative. Enfin cette régulation devra nécessairement être plus technologique, c’est-à-dire rentrer dans le détail des algorithmes, des biais qu’ils induisent…

IA et climat, une chance pour la France
Le statut des technologies d’IA est provisoire : l’absence de sources, souvent dénoncé, par exemple, peut être résolu, en fournissant des connecteurs qui permettent d’accéder aux contenus qui ont permis d’aboutir aux attendus fournis par la machine, en organisant une qualification des sources qui alimentent l’IA, etc. De surcroît, de nombreux champs de recherche vont permettre des innovations au potentiel important, comme l’IA symbolique (un domaine faiblement exploité) qui permettrait de mieux piloter les règles appliquées à ces machines. Investir largement ces technologies ne peut qu’être au bénéfice des nations qui le feront de façon massive.

Le croisement de l’IA et des métiers l’environnement offre des perspectives ébouriffantes, et représente un terrain où la France pourrait se spécialiser plus qu’aucun autre pays, disposant déjà de nombreux leaders dans ce dernier domaine. Qu’en conclure ? En premier lieu que rien n’est joué, mais que le protectionnisme moral et économique ne marchera pas. Il faut donc à la fois rentrer dans la danse, mais également interpréter l’aria à notre façon. En étant un pays où l’expertise de recherche en IA est l’une des meilleures au monde, un pays qui connait un frémissement dans le secteur technologique et qui dispose d’une forte expertise dans les métiers de l’environnement, il existe une opportunité unique. À nous de la saisir.

12345...20



L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol