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« France travail »: un nouveau coup de peinture sur pôle emploi

  • « France travail »: un nouveau coup de peinture sur « pôle emploi »

Encore une nouvelle institution complètement bidon avec  » France  travai »l supposé organiser des synergies entre les acteurs pour faciliter la réinsertion des chômeurs.

La vérité c’est qu’il s’agit simplement d’un coup de peinture sur « pôle emploi » qui a largement démontré son incapacité à offrir de manière significative des emplois aux chômeurs« La création de France Travail suppose une transformation de Pôle emploi et de tous les acteurs du service public de l’emploi, ainsi qu’une mise en commun des compétences de l’Etat, des collectivités locales et de l’ensemble des acteurs économiques et associatifs pertinents, en lien notamment avec les partenaires sociaux », peut-on lire dans la lettre de mission à laquelle « Les Echos » ont eu accès.

Début juillet, lors de son discours de politique générale à l’Assemblée nationale, Elisabeth Borne avait donné le la. « Notre organisation est trop complexe. Son efficacité en pâtit. Nous ne pouvons plus continuer à avoir, d’un côté, l’Etat qui accompagne les demandeurs d’emploi, de l’autre, les régions qui s’occupent de leur formation et les départements en charge de l’insertion des bénéficiaires du RSA », avait déclaré la Première ministre, nourrie de son expérience d’ex-ministre du Travail.

Avec France Travail, il y aura un pilote dans l’avion dans chaque bassin d’emploi, qui sera jugé sur l’amélioration des taux d’insertion professionnelle », décrypte-t-on dans la majorité.Si l’ambition fait consensus, Thibaut Guilluy sait qu’il avance en terrain quelque peu miné. Les régions, qui partagent la formation des chômeurs avec Pôle emploi, ou les partenaires sociaux, jaloux de leurs prérogatives sur l’assurance-chômage , redoutent une mainmise de l’Etat qui ne dirait pas son nom. « Une attention particulière sera apportée à l’acceptabilité par le corps social des impacts du projet », demande d’ailleurs Olivier Dussopt dans la lettre de mission, soucieux d’éviter trop de vagues.

 

Emploi: le  » précariat ou la précarité durable  »

Emploi: le  » précariat ou la précarité durable «  

Dans son dernier ouvrage, le sociologue Nicolas Roux étudie les façons très différentes dont les saisonniers agricoles et les intermittents du spectacle vivent leur « précariat ».

Par Alain Beuve-Méry dans le Monde. 

 

Livre. L’approche est originale, mais peut surprendre. Pour explorer les contours du monde du « précariat » (néologisme, né de la contraction des mots « précarité » et « prolétariat ») – qui concernerait 40 % de la population des pays développés, selon l’économiste britannique Guy Standing –, le sociologue Nicolas Roux a choisi d’étudier en France deux catégories sociales très éloignées l’une de l’autre, d’un côté les saisonniers agricoles, de l’autre les artistes intermittents du spectacle.

De fait, ces deux populations ont comme point commun de se situer à l’opposé du modèle salarial « fordiste », où domine un emploi stable et à temps plein. En ce qui concerne la France, ces catégories appartiennent plutôt aux marges du monde du travail, puisque le contrat à durée indéterminée (CDI) représentait encore 85,3 % de l’emploi stable, selon les statistiques de l’Insee, en 2016. Au total, ce sont quand même 3,7 millions de personnes qui ont occupé un emploi précaire dans l’Hexagone, cette année-là. Leur existence est de plus pérenne et ancienne, puisque les journaliers agricoles comme les travailleurs au cachet dans le monde du spectacle étaient déjà très nombreux au XIXe siècle, comme au début du XXe siècle.

Mais avec les crises sociales récentes – notamment le mouvement des « gilets jaunes » –, les discours sur l’avènement d’une « start-up nation » ou sur l’« ubérisation » de l’économie, l’idée que la précarité a gagné du terrain et s’installe dans la durée mérite une analyse. Dans ces conditions, le fil rouge de l’auteur est « de bien voir comment les individus aménagent au mieux leur situation, en fonction des ressources disponibles ».

Nicolas Roux étudie les conditions de soutenabilité et d’insoutenabilité de la précarité durable. La vie des saisonniers agricoles et celle des intermittents du spectacle alternent entre des périodes d’emploi et de chômage. La discontinuité est inscrite au cœur même de leur vie sociale, tant du point de vue du contrat (à durée déterminée, saisonnier, etc.) que du temps de travail (à temps partiel, morcelé, etc.). Mais là se situe, aussi, la grande différence entre eux.

 

D’un côté, les saisonniers agricoles, issus de milieux modestes et moins diplômés, sont amenés à accepter leur condition et à s’en satisfaire. Ils n’ont pas le choix de leur activité et dépendent de leur emploi précaire pour se nourrir. De l’autre, il s’agit d’un choix de vie pour les intermittents du spectacle. L’auteur arrive vite d’ailleurs à la conclusion suivante : « N’est pas “travailleur intellectuel” qui veut. » Cela est grandement facilité par l’acquisition, dès l’origine, d’un capital social et économique. Au fil de son enquête, Nicolas Roux démontre que le précariat est bien devenu un fait social de plus en plus en plus ancré dans la société française, en revanche, il ne constitue pas une classe sociale, ce monde demeurant très éclaté.

Emploi : amélioration au second trimestre mais tendance moins favorable pour l’avenir

Emploi : amélioration au second trimestre mais tendance moins favorable pour l’avenir

Les créations d’emplois dans le privé ont accéléré au deuxième trimestre soutenues par le tourisme

Le secteur privé a enregistré 102.500 créations nettes d’emplois entre fin mars et fin juin 2022. Une « surprise » pour les économistes au regard du contexte économique difficile que traverse la France. Cette performance est, en partie, due au rebond du tourisme qui favorise l’activité du secteur tertiaire marchand.

Selon l’Insee  secteur privé a enregistré 102.500 créations nettes d’emplois entre fin mars et fin juin 2022. Cette augmentation de 0,5% est supérieure à celle du premier trimestre 2022 (+0,3%, soit 69.500 emplois en plus). L’emploi privé dépasse son niveau d’avant-crise, fin 2019, avec 754.200 emplois en plus (+3,8%).

.Cette progression peut s’expliquer par le rebond de l’activité touristique en France. Le tertiaire marchand affiche ainsi une hausse de 0,8% du nombre d’emplois supplémentaires (+97.300 emplois), après une hausse de 77.300 emplois au premier trimestre (+0,6%). « Ce dynamisme explique l’essentiel de la hausse totale de l’emploi salarié privé », note l’Insee. À noter toutefois la tendance baissière dans l’intérim qui constitue un indicateur global de l’évolution de l’emploi

L’intérim, en effet,  poursuit sa baisse amorcée au premier trimestre 2022. Alors qu’il connaissait une forte hausse au sortir du confinement du printemps 2020, il recule de 2,1% au deuxième trimestre 2022 (-17.400) bien qu’il « demeure supérieur à son niveau d’avant-crise », rappelle l’Insee. «

L’emploi industriel augmente légèrement avec la création de 3.100 emplois (+0,1%). Une hausse insuffisante pour rattraper le niveau d’avant crise sanitaire. Le secteur de la construction est stable, avec un niveau de l’emploi salarié privé identique au début de l’année 2022, et largement supérieur à celui atteint fin 2019 (+6,2%, soit 91.600 emplois en plus). Enfin, l’emploi salarié privé dans le tertiaire non-marchand augmente plus nettement, de 0,7% (+19.500 emplois), confirmant là aussi la hausse constatée lors du premier trimestre (de +7.600 emplois, soit 0,3%).

Malgré les difficultés liées à la crise sanitaire et désormais à la guerre en Ukraine qui a provoqué une forte inflation, l’emploi continue donc de se maintenir en France. Parallèlement à l’emploi privé qui grimpe, le taux de chômage poursuit sa baisse. Il a, ainsi, légèrement diminué au deuxième trimestre. Le nombre de chômeurs de catégorie A a enregistré un recul de 0,8% en France (hors Mayotte) au deuxième trimestre, soit 26.900 inscrits en moins, à 3,165 millions, soit une baisse sur un an de 15,1%, selon les chiffres publiés mercredi par la Direction des statistiques du ministère du Travail (Dares). La décrue semble toutefois ralentir, si l’on compare ces derniers chiffres à la forte diminution enregistrée lors de précédents trimestres. En cause évidemment le ralentissement de la croissance notamment à partir de 2023.

 

Emploi: Une amélioration éphémère

Emploi: Une amélioration éphémère

Dans la conjoncture actuelle, le choc inflationniste non-anticipé qui frappe les économies des Etats-Unis et de la zone euro conduit à une amélioration de l’emploi. Mais au regard de l’évolution du marché du travail, celle-ci ne peut être qu’éphémère car résultant d’une illusion monétaire, comme l’avait bien analysé le prix Nobel d’économie Milton Friedman. Par Marc Guyot et Radu Vranceanu, Professeurs à l’ESSEC.( dans la Tribune)

 

Si l’inflation ravage l’économie mondiale et détruit à petit feu le pouvoir d’achat, les adeptes de la relance par la dépense publique continuent de marteler que l’objectif de plein emploi a été atteint précisément grâce aux dépenses sans limite engagées lors de la crise du covid. La totale déconnexion des décisions de relance avec les réalités budgétaires est particulièrement incarnée par les chèques de 1.000 dollars signés par l’administration Biden ou encore par la « nationalisation des emplois » tout droit sortie du Métavers dans lequel vivait Emmanuel Macron en 2020. Les docteurs Diafoirus de cette hallucination collective ont eux-mêmes baptisés leur mouvement « Théorie Monétaire Moderne ». De notre point de vue, ce mouvement est essentiellement basé sur des postulats sans logique interne, avec comme affirmation centrale que le gouvernement américain était en mesure d’augmenter la dette indéfiniment puisque la banque centrale pouvait acheter cette dette, sans aucune contrepartie.

Cette revendication est abusive. Si la relance par la demande a pu stabiliser la chute de l’emploi en 2020 le temps que les stocks se vident, la situation actuelle est différente. La production et les perspectives d’augmentation de celle-ci sont largement compromises partout dans le monde. Dans le même temps, le marché du travail continue à se tendre. En effet, le nombre d’emplois vacants atteint des records, dans tous les secteurs et à tous les niveaux de qualification. Le taux d’emplois vacants atteint les 3,1% en zone euro au premier trimestre 2022 et 7% aux Etats-Unis en avril 2022. L’explication préférée des keynésiens pour cette situation serait le rétrécissement de l’offre de travail sur un fonds de « grande démission » des travailleurs affectés psychologiquement par le Covid-19.

La réalité est que l’inflation actuelle a pris par surprise, tant par son ampleur que par sa persistance dans le temps, presque tout le monde. En 2020, le peu d’économistes ou gérants financiers qui avaient évoqué un possible retour de l’inflation ont été moqués avec condescendance par leurs confrères comme des paléo-monétaristes ringards, n’ayant pas compris la disparition définitive de leur espèce et, avec elle, de l’inflation. Fin 2020, les prévisionnistes professionnels indiquaient avec la certitude de l’âne des taux d’inflation inférieurs à 2% pour 2022, et le marché financier leur emboitait le pas avec des taux de couverture du risque d’inflation ridiculement bas. Aujourd’hui, c’est le temps des « mea culpa », et des excuses présentées officiellement par les dirigeants des principales banques centrale comme Jerome Powel ou Christine Lagarde, pour avoir sous-évalué le risque inflationniste.

Si la hausse de prix est très forte depuis plusieurs mois, et s’est accéléré après la guerre en Ukraine, les salaires n’ont pas suivi, ni aux Etats-Unis, ni dans la zone euro. Le coût horaire du travail, rapporté au prix qu’une entreprise peut pratiquer, vient de diminuer, notamment dans les secteurs où la concurrence est faible. Selon un indicateur publié par la Fed de Saint Louis, aux Etats-Unis, le salaire réel hebdomadaire a diminué de 7,8% entre un maximum au premier trimestre 2020 et le quatrième trimestre 2022. Dans la zone euro, la croissance des salaires sur un an au premier trimestre 2022 est de seulement 2,7% face à une inflation de 8%. Cette baisse de la rémunération relative du travail incite les entreprises à recruter de la main d’œuvre, plutôt que délocaliser ou investir dans des machines à même d’augmenter la productivité d’un effectif existant. Malgré la crise économique qui se profile, malgré une demande de biens qui s’affaiblit inévitablement avec l’érosion du pouvoir d’achat par l’inflation, la baisse du salaire réel favorise le recours à plus d’heures de travail.

Cette explication à laquelle nous souscrivons n’est pas la nôtre mais est clairement exposée dans le discours de Prix Nobel de Milton Friedman en 1976, et dans les écrits de Robert Lucas en 1973, autre lauréat du Prix Nobel en Economie. Dans leur analyse, un choc inflationniste non-anticipé conduit à une amélioration de l’emploi, mais celle-ci ne peut être qu’éphémère, le temps que les anticipations-prix des employés s’alignent sur la nouvelle évolution des prix, et renforcent leurs revendications salariales. Aujourd’hui, nous sommes exactement dans ce cadre, au début du processus décrit par ces auteurs.

Il nous apparait que la leçon à tirer est que la seule solution pour lutter contre le chômage de masse qui frappe le sud de l’Europe a toujours été de baser l’évolution des salaires sur l’évolution de la productivité et la réduction de la fiscalité sur le travail. Si notre diagnostic est correct, l’embellie actuelle sur le marché du travail ne peut être que de courte durée – un an, maximum deux, car la modération salariale actuelle résulte d’une illusion monétaire sur le point de se dissiper. En effet, les indicateurs révèlent des anticipations d’inflation en forte hausse, aux Etats-Unis mais aussi dans la zone euro.

En France, aucun politicien n’a eu le courage de réformer le marché du travail pour plus de flexibilité salariale, si ce n’est modestement Nicolas Sarkozy avec la défiscalisation des heures supplémentaires, François Hollande avec ses différentes usines à gaz et Emmanuel Macron avec l’encadrement de l’indemnité pour licenciement abusif. Il est à craindre que la dégradation que nous sentons venir du marché du travail attise la propension des populistes de tous bords à resservir les potions miracles de dépenses publiques façon quoi qu’il en coûte, blocage des prix, contrôle des licenciements ou baisse du temps de travail. Aucune de ces mesures n’a jamais créé la moindre valeur nouvelle. En revanche, elles peuvent aggraver la désorganisation, le chômage et les déséquilibres. Mais l’équilibre n’a jamais été un objectif pour les populistes.

Santé, emploi, environnement: la demande citoyenne

Santé, emploi, environnement: la demande citoyenne locale 

Une enquête inédite auprès de membres des « gilets jaunes » et d’habitants en Gironde montre une forte demande citoyenne pour plus de justice sociale et écologique exprimée à travers le pouvoir de vivre. Par Magali Della Sudda, Sciences Po Bordeaux et Nicolas Patin, Université Bordeaux Montaigne

À rebours des thèmes de la campagne présidentielle, les enquêtes d’opinion montrent de fortes attentes citoyennes sur des questions de santé, d’emploi et d’environnement.

Ce décalage ne peut que surprendre au regard des demandes exprimées lors du mouvement social des Gilets jaunes et du Grand Débat censé y répondre. Dès le mois de novembre 2018, des doléances sont recueillies par des Gilets jaunes sur les ronds-points et lieux d’action de ce mouvement. Les maires ruraux de France reprennent cette initiative entre le 8 décembre et le 11 janvier 2019.

Enfin, le gouvernement a demandé aux maires de laisser des cahiers d’expression libre entre le 15 janvier 2019 et le 15 mars, en parallèle du « Grand débat ».

Mais contrairement aux engagements pris par le chef de l’Etat, les entreprises privées qui ont numérisé une partie des contributions n’ont pas rendu ces fichiers publics. La Bibliothèque nationale de France où ils seraient conservés n’a toujours pas donné l’accès aux équipes de recherche publique et les Archives nationales de France, qui ont les inventaires des fonds numérisés, ont refusé de nous les communiquer. Nous avons donc fait le choix de numériser et transcrire nous-mêmes ces cahiers de doléances dont les originaux sont conservés aux Archives départementales.

L’ensemble des cahiers, hormis ceux tenus distinctement par des Gilets jaunes, a été versé en février 2019 aux services de la Préfecture puis classés et rendus accessibles aux Archives départementales, conformément aux règles en vigueur. Les Cahiers des Gilets jaunes étaient ouverts sur les ronds-points, tandis que ceux des maires ruraux ou du gouvernement étaient ouverts en mairie ou dans les permanences parlementaires et déposés aux archives du département.

C’est ainsi que notre équipe, composée de citoyennes et citoyens – Gilets jaunes ou non – et d’universitaires, a pu dépouiller l’intégralité des cartons communicables au public. Après anonymisation, numérisation et transcription des documents, nous avons obtenu un corpus de 1996 contributions étudiées à l’aide d’un logiciel libre IraMuteQ. Cette analyse permet de distinguer des « classes » de mots, autant d’ensembles thématiques qui dessinent des sous-groupes d’attentes convergentes.

L’examen des cahiers ouverts en Gironde où nous avons conduit nos recherches  révèle les demandes en matière de niveau de vie, de fiscalité, de service public ou encore de transition écologique, que nous avons désignées sous l’expression «pouvoir de vivre». Le terme de pouvoir d’achat focalise sur la consommation, or les doléances portent davantage sur la satisfaction de besoins que le désir de consommation et d’achat.

Nous avons mis en évidence l’importance de nombreuses préoccupations peu évoquées jusqu’à présent dans la campagne électorale à partir d’une enquête basée sur des méthodes quantitatives et qualitatives. Dans les dix classes différentes que nous avons identifiées, le thème de la justice sociale apparaît majeur, confirmant les observations de maires et journalistes locaux.

La revendication de pouvoir vivre dignement de son travail ou de sa retraite est la plus citée (15,4% du corpus). Elle passe par l’augmentation des salaires comme le propose cet homme de St Germain du Puch « Que le travail trouve sa juste rémunération » ; ou l’accès à l’emploi pour cette femme de Cenon « du travail en CDI pour les jeunes ». À Libourne, l’« augmentation du SMIC, même les ‘gens de rien’ ont besoin de vivre dignement » est réclamée. Un Audengeois demande aussi « l’indexation des retraites sur l’inflation ».

Les conséquences du désengagement de l’État dans les politiques sociales renforcent les inégalités. La prise en charge de la dépendance par des groupes privés pose question pour cette Blanquefortaise « La vieillesse n’est pas une notion qui s’achète. Les EHPAD devraient tous être en loi 1901 ». « La santé voit ses moyens diminuer drastiquement. Il n’y a pas d’économie à faire sur la santé » pour ce couple d’Audenge.

Le pouvoir de vivre aborde aussi la solidarité. Ainsi cette demande de Blaye sur la « revalorisation des salaires, des retraites, des pensions d’invalidité et de reversion ». La doléance de cette mère de famille de Blaye reflète le besoin de solidarité envers les personnes ou leurs proches en situation de handicap :

« Je demande juste de pouvoir vivre dignement avec notre salaire et avoir un peu plus de moyens et encadrement pour les familles, comme moi, qui ont un enfant en situation de handicap ».

Alors que le quinquennat s’est ouvert sur la promesse de reloger les personnes sans abris, cette autre femme de Parempuyre va plus loin et demande de « construire de nouveaux centres d’accueil temporaire des SDF [...] car la France doit être le pays des droits de l’homme et montrer l’exemple ».

L’accès au logement est évoqué régulièrement, comme à Montussan où on plaide pour « le rétablissement et l’extension de l’encadrement des loyers pour accéder à un toit dans des conditions décentes ».La fiscalité (13,1% du corpus) constitue un des leviers de la justice sociale. Dans les doléances, la suppression de l’ISF est un symbole très fort de l’injustice ressentie. Ce Blayais demande comme beaucoup d’autres « le rétablissement de l’ISF ». On dénonce l’évasion fiscale des grandes entreprises qu’il « faut combattre avec férocité au lieu de s’attaquer aux classes pauvres et moyennes » pour cet homme de Bouliac et l’absence de solidarité des plus fortunés.

 Sur le rond-point d’Audenge sur le Bassin d’Arcachon, les Gilets jaunes étaient mobilisés et ont recueilli des doléances. On propose la « Suppression du CICE qui avantage fiscalement les grandes sociétés », de « Taxer les dividendes à la source, les plus- values boursières, les GAFA. Lutter contre les paradis fiscaux ». Se profile une conscience de classe : « Est-il légitime que les méga riches (+ de 10M€ de biens, capitaux, actions etc) participent de moins en moins au pot commun ? Ce qui implique une participation plus importante des couches sociales inférieures » pour cet anonyme de Blaye.

La justice fiscale est indissociable de la question environnementale pour cette personne de 74 ans à Saint-Ciers-sur-Gironde, qui évoque la « nécessité de maintenir une fiscalité écologique pour financer la transition énergétique et lutter contre le réchauffement climatique en mettant en pratique le principe pollueur. Certaines contributions proposent de manière très détaillées des mesures concrètes et témoignent d’un connaissance approfondie de certains sujets, sans qu’il soit possible de déterminer l’origine de ces informations – expertise professionnelle, savoir militant, information lues dans la presse ou en ligne. L’augmentation des dépenses contraintes et des prélèvements (CSG) est perçue comme une injustice : « restituez-nous la CSG que vous nous avez indûment prélevée » écrivent ce Mérignacais et cette Cubzacaise. Le même grief est formulé à l’encontre de la TVA, « le taux de TVA n’est pas juste, trop élevé pour les produits de première nécessité, pas assez haut sur les produits de grand luxe » écrit une personne de Gradignan.

Les services publics doivent pallier aux inégalités sociales et territoriales(14% du corpus). À Artigues, on enjoint de continuer à:

« financer l’éducation, la santé, la sécurité [...], la justice, la recherche, les arts, la culture, le service public est le vrai moyen pour niveler les inégalités sociales ».

Leur privatisation inquiète cet homme de Le Temple « Arrêt des privatisations des services publics »,tout autant que leur disparition pour cette personne d’Avensan « Par pitié maintien des services publics ». Ils concernent aussi l’aménagement du territoire « Recréer les Services Publics pour que ne meurent pas les petites communes et villes moyennes » suggère ce Blayais, pointant la disparité entre métropole et ruralité. Le pouvoir de vivre s’exprime aussi par le souhait d’une « vraie démocratie participative, écologique et sociale pour l’avenir de nos enfants sur la planète Terre »(St Girons d’Aigues Vives).

Certaines de ces demandes appartiennent aux revendications habituelle de la gauche – la défense des services publics, la défense de l’impôt comme instrument de redistribution ou le développement des transports publics. D’autres sont spécifiques au mouvement des Gilets jaunes et transcendent le clivage gauche/droite, comme le Référendum d’initiative citoyenne, la reconnaissance du vote blanc, repris dans différents programmes électoraux en 2022.

Aujourd’hui, ce n’est qu’au terme d’une campagne jugée atone et démobilisante, que la question centrale du pouvoir de vivre apparaît dans les programmes, confirmant le scepticisme des citoyennes et citoyens.

Tout en participant aux «cahiers de doléances», ils étaient partagés sur l’efficacité de la démarche. Les inégalités se sont creusées et l’exécutif est loin d’avoir satisfait cette demande de « pouvoir de vivre ». En revanche, s’exprimait une confiance plus forte dans les maires pour écouter les attentes: « Merci de m’avoir lu, votre tâche est difficile mais vous êtes les élus du peuple, nos représentants, faites nous honneur » enjoignait il y a trois ans ce Ruscadien.

La demande d’écoute de la part des représentantes et représentants politiques semble davantage satisfaite par les élus locaux du fait de leur plus grande proximité. A la veille de l’élection présidentielle, les personnes que nous avons rencontrées dans le cadre de notre enquête ne peuvent que constater la difficulté des candidats et candidates à porter ces demandes et la faible attention médiatique sur certaines d’entre elles.

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Par Magali Della Sudda, Politiste et socio-historienne, Sciences Po Bordeaux et Nicolas Patin, Historien, Université Bordeaux Montaigne

Danielle & Gilbert Lefebvre, Stéphane Mestre, Marcel Guilhembet, membres d’On-the-Ric ont contribué à cet article.

Déficit, dette, croissance, emploi: Nouvelle dégradation financière

Déficit, dette, croissance, emploi: Nouvelle dégradation financière

L’Ifrap, en partenariat avec l’équipe SEURECO ERASME spécialisée dans la modélisation économique, a réalisé une simulation de l’application des programmes des candidats sur le prochain quinquennat. A 48 heures du premier tour, l’Opinion publie en exclusivité les résultats. 

nota:  L’Ifrap est proche du patronat mais est un des rares instituts à approfondir la thématique économie et finances NDLR

 A quelques heures du premier tour de l’élection présidentielle, l’Ifrap publie une évaluation économétrique de ce que serait l’état des finances publiques du pays après le quinquennat des cinq premiers candidats. Le think tank a recensé l’ensemble des mesures des candidats pour opérer son propre chiffrage budgétaire. « Puis nous avons introduit ces éléments dans un modèle macro-économétrique afin de simuler les conséquences économiques de la mise en œuvre de ces programmes », indique-t-il. Le résultat est enfin comparé à un scénario central basé sur la note de conjoncture de l’Insee de mars 2022 et les estimations des finances publiques du 29 mars 2022.

 

Selon ce scénario de référence, le déficit reviendrait très progressivement vers 3% du PIB en 2027 après une baisse régulière des dépenses publiques dont le poids dans le PIB passerait de 59,1% en 2021 à 52,1% en 2027. Le taux de prélèvements obligatoires (hors cotisations sociales imputées) serait aux alentours de 43%. La dette publique passerait de 112,9% du PIB à 106% du PIB en 2027, notamment grâce à la croissance qui reviendrait à 1,5% en 2027. 650 000 emplois seraient par ailleurs créés de 2022 à 2027, ce qui ramènerait le taux de chômage aux alentours de 7%.

Enfin, après un pic d’inflation à 4,5% en 2022, le taux de croissance de l’indice des prix à la consommation demeurerait supérieur à 2% sur la période et le taux grimperait à 4%. Le solde du commerce extérieur resterait quant à lui déficitaire d’environ 2 points de PIB sur l’ensemble de la période.

« La mise en œuvre du programme proposé par Emmanuel Macron aurait un effet positif sur la croissance : le PIB serait supérieur de 1,6% à son niveau du scénario de référence en 2027. Environ 400 000 emplois supplémentaires seraient créés dont 300 000 dans les secteurs marchands.

Les effets du programme d’Emmanuel Macron sur les finances publiques seraient légèrement positifs. Le solde public atteindrait -2,5% en 2027 (soit 0,3 point de PIB d’amélioration par rapport au scénario de référence). Le poids de la dette publique (107,2% du PIB en 2027) serait allégé de 0,4 point de PIB par rapport au scénario de référence. Le taux de prélèvements obligatoires (43,6%) serait supérieur de 0,5 point de PIB à son niveau du scénario de référence tandis que les dépenses publiques verraient leur poids légèrement augmenter (+0,3 point de PIB par rapport au scénario de référence) pour atteindre 52,5% du PIB.

Le taux d’inflation serait peu différent de celui du scénario de référence tandis que le taux de chômage baisserait légèrement pour atteindre 6,4% (0,6 point inférieur à son niveau du scénario de référence). Il n’y aurait en revanche aucune amélioration, voire une légère détérioration, sur le plan du commerce extérieur et de la compétitivité. Le déficit du commerce extérieur serait renforcé de 0,2 point de PIB par rapport à son niveau du scénario de référence. »

De Pole emploi à France travail : une réforme bidon

De Pole emploi à France travail : une réforme bidon 

Une nouvelle fois on va changer le nom de l’institution en charge de la gestion des chômeurs. Un changement de vitrine qui ne va pas modifier le fond à savoir l’ incompétence d’une institution à réinsérer des personnes privées de travail. Et pour cause la quasi-totalité des personnels chargés de cette mission n’ont jamais mis les pieds dans l’économie réelle puisque ce sont des fonctionnaires.

La seconde raison est liée au fait il faut une conjoncture favorable pour faciliter l’insertion professionnelle. Quand il n’y a pas d’emploi on ne peut pas faire des miracles. Dernier élément les entreprises recourent très rarement à pôle emploi pour recruter mais préfèrent s’adresser à des agences d’intérim beaucoup plus performante pour définir les profils recherchés et adapter la à la demande.

Renommer Pôle emploi en France Travail. C’est l’une des propositions de campagne dévoilée, ce jeudi, par Emmanuel Macron. Au-delà du changement de nom, «l’idée est que France Travail rapproche des acteurs de l’emploi, de l’insertion et de la formation et qu’ils travaillent ensemble pour répondre à un objectif de plein-emploi», explique une source de l’équipe de campagne d’Emmanuel Macron. En réalité le choix du changement de nom viendrait d’une société de conseil politique ! Bref surtout de la pub!

 

 

Emploi : plus 0,4 % au troisième trimestre

Emploi : plus 0,4 % au troisième trimestre 

Au troisième trimestre 108.300 créations nettes d’emploi dans tout le territoire, soit une progression de 0,4 % par rapport au trimestre précédent, selon l’estimation définitive publiée mercredi par l’Insee.

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Néanmoins, cette nouvelle hausse de l’emploi salarié est nettement moins forte que celle exceptionnelle du deuxième trimestre, qui s’était soldé par 309.500 créations d’emploi, un bond de 1,5 %. L’emploi salarié se situe à 1 % au-dessus de son niveau de fin 2019, ce qui équivaut à 260 900 emplois supplémentaires.

 

Du côté des rémunérations, le salaire moyen par tête (SMPT) Le SMPT est désormais supérieur de 3,1 % à son niveau de fin 2019.

En comparaison, les prix à la consommation (hors tabac) de l’ensemble des ménages augmentent de 0,5 % ce trimestre et de 1,5 % par rapport à la fin 2019. . La masse salariale soumise à cotisations sociales poursuit elle aussi sa hausse au troisième trimestre 2021 : + 3,8 % après + 2,2 %.


Situation Emploi : nette hausse des CDI

Situation  Emploi : nette hausse des  CDI

 

Avec la reprise économique, la situation de l’emploi continu de s’améliorer en particulier le nombre de CDI qui progressent de près de 14 % L’emploi se porte de mieux en mieux après un an et demi de crise. Au deuxième trimestre 2021, pas moins de 5 119 800 contrats de travail ont été signés dans le secteur privé (hors agriculture, intérim et particuliers employeurs), soit une hausse de 5,5 % par rapport au premier trimestre qui, déjà, affichait une augmentation de 3,9 %, selon une note du service statistique du ministère du Travail, la Dares.

Cette dynamique est largement portée par la progression des contrats les plus pérennes: les embauches en CDI ont augmenté davantage (+ 13,9 %) que celles en contrat à durée déterminée (+ 3,8 %). Cette hausse générale des recrutements en CDI se fait largement ressentir dans les établissements de moins de 10 salariés, dont les embauches connaissent un bond de 10,3 %. L’augmentation est plus mesurée dans les établissements de 10 à 49 personnes, avec une hausse de 6,3 % tout comme dans les structures de 50 salariés où, avec + 2,5 %, la tendance ralentit nettement.

Emploi: nette hausse des CDI

Emploi : nette hausse des  CDI

 

Avec la reprise économique, la situation de l’emploi continu de s’améliorer en particulier le nombre de CDI qui progressent de près de 14 % L’emploi se porte de mieux en mieux après un an et demi de crise. Au deuxième trimestre 2021, pas moins de 5 119 800 contrats de travail ont été signés dans le secteur privé (hors agriculture, intérim et particuliers employeurs), soit une hausse de 5,5 % par rapport au premier trimestre qui, déjà, affichait une augmentation de 3,9 %, selon une note du service statistique du ministère du Travail, la Dares.

Cette dynamique est largement portée par la progression des contrats les plus pérennes: les embauches en CDI ont augmenté davantage (+ 13,9 %) que celles en contrat à durée déterminée (+ 3,8 %). Cette hausse générale des recrutements en CDI se fait largement ressentir dans les établissements de moins de 10 salariés, dont les embauches connaissent un bond de 10,3 %. L’augmentation est plus mesurée dans les établissements de 10 à 49 personnes, avec une hausse de 6,3 % tout comme dans les structures de 50 salariés où, avec + 2,5 %, la tendance ralentit nettement.

Sondage- Emploi et pouvoir d’achat de thèmes prioritaires pour les chefs d’entreprise

Sondage- Emploi et pouvoir d’achat de thèmes prioritaires pour les patrons 

Interrogés dans le cadre de la Grande consultation des entrepreneurs (CGE) par OpinionWay,( pour les CCI)  près de 80% des répondants estiment que l’emploi et le pouvoir d’achat devraient faire partie des thèmes prioritaires .

 

Malgré le renchérissement du prix de l’énergie et des matières premières, les chefs d’entreprise affichent un optimisme en hausse. Les dirigeants d’entreprise étant sûrement rassurés par la reprise relativement limitée de l’épidémie de Covid-19, l’indicateur de l’optimisme s’établit ce mois-ci à 102. C’est la deuxième fois qu’il repasse au-dessus de la barre symbolique des 100 depuis décembre 2019. L’indicateur est légèrement plus haut pour les petites entreprises : 102 pour celles comptant 0 à 9 salariés contre 99 pour les entreprises plus grandes.  Le premier tour de l’élection présidentielle se tenant dans bientôt 5 mois, les chefs d’entreprise jugent que les sujets économiques doivent y prendre une place primordiale. 82% estiment ainsi que l’emploi devra être un thème prioritaire dans la campagne. 78% citent le pouvoir d’achat, qui est aussi le premier critère cité par l’ensemble des Français (55%) .

Les préoccupations énergétiques apparaissent plus secondaires. Une entreprise sur quatre a investi pour sa transition numérique ou énergétique  La digitalisation et la crise environnementale sont des enjeux chaque année plus prégnants pour les entreprises. En réaction, près d’un quart des dirigeants déclare que son entreprise a investi en 2021 pour sa transition énergétique ou numérique (23%). Pour l’année prochaine, 17% des dirigeants déclarent que leur entreprise devrait investir dans au moins une de ces transitions.  On observe d’ailleurs un renouvellement assez important des entreprises qui investissent : parmi celles qui ont l’intention d’investir en 2022,4 45% n’auront pas investi en 2021.

Les grandes entreprises sont les plus nombreuses à avoir investi dans chacune des transitions en 2021. En tout, 40% des entreprises comptant 10 salariés ou plus ont investi dans une de ces transitions, contre 21% des entreprises plus petites.  Parmi les entreprises qui ont investi pour la transition énergétique ou numérique, 25% ont demandé une aide publique, et 21% l’ont obtenue.

Les transitions énergétique et numérique s’inscrivent dans le contexte plus large d’une forte reprise de l’économie, malgré les pénuries de matières premières et d’équipement qui peuvent être déplorées. D’autres investissements profitent de cette situation favorable. La part des entreprises qui comptent embaucher dans les 12 prochains se maintient ainsi à un niveau historiquement haut (12%, -1 point par rapport à septembre). Cela va de pair avec un regard assez positif sur l’innovation : 45% jugent que c’est avant tout un investissement. 20% portent un regard plus ambivalent, et estiment qu’il s’agit d’une prise de risque (+4 points par rapport à septembre).

Emploi et pouvoir d’achat de thèmes prioritaires pour les chefs d’entreprise

Emploi et pouvoir d’achat de thèmes prioritaires pour les chefs d’entreprise

Interrogés dans le cadre de la Grande consultation des entrepreneurs (CGE) par OpinionWay,( pour les CCI)  près de 80% des répondants estiment que l’emploi et le pouvoir d’achat devraient faire partie des thèmes prioritaires .

 

Malgré le renchérissement du prix de l’énergie et des matières premières, les chefs d’entreprise affichent un optimisme en hausse. Les dirigeants d’entreprise étant sûrement rassurés par la reprise relativement limitée de l’épidémie de Covid-19, l’indicateur de l’optimisme s’établit ce mois-ci à 102. C’est la deuxième fois qu’il repasse au-dessus de la barre symbolique des 100 depuis décembre 2019. L’indicateur est légèrement plus haut pour les petites entreprises : 102 pour celles comptant 0 à 9 salariés contre 99 pour les entreprises plus grandes.  Le premier tour de l’élection présidentielle se tenant dans bientôt 5 mois, les chefs d’entreprise jugent que les sujets économiques doivent y prendre une place primordiale. 82% estiment ainsi que l’emploi devra être un thème prioritaire dans la campagne. 78% citent le pouvoir d’achat, qui est aussi le premier critère cité par l’ensemble des Français (55%) .

Les préoccupations énergétiques apparaissent plus secondaires. Une entreprise sur quatre a investi pour sa transition numérique ou énergétique  La digitalisation et la crise environnementale sont des enjeux chaque année plus prégnants pour les entreprises. En réaction, près d’un quart des dirigeants déclare que son entreprise a investi en 2021 pour sa transition énergétique ou numérique (23%). Pour l’année prochaine, 17% des dirigeants déclarent que leur entreprise devrait investir dans au moins une de ces transitions.  On observe d’ailleurs un renouvellement assez important des entreprises qui investissent : parmi celles qui ont l’intention d’investir en 2022,4 45% n’auront pas investi en 2021.

Les grandes entreprises sont les plus nombreuses à avoir investi dans chacune des transitions en 2021. En tout, 40% des entreprises comptant 10 salariés ou plus ont investi dans une de ces transitions, contre 21% des entreprises plus petites.  Parmi les entreprises qui ont investi pour la transition énergétique ou numérique, 25% ont demandé une aide publique, et 21% l’ont obtenue.

Les transitions énergétique et numérique s’inscrivent dans le contexte plus large d’une forte reprise de l’économie, malgré les pénuries de matières premières et d’équipement qui peuvent être déplorées. D’autres investissements profitent de cette situation favorable. La part des entreprises qui comptent embaucher dans les 12 prochains se maintient ainsi à un niveau historiquement haut (12%, -1 point par rapport à septembre). Cela va de pair avec un regard assez positif sur l’innovation : 45% jugent que c’est avant tout un investissement. 20% portent un regard plus ambivalent, et estiment qu’il s’agit d’une prise de risque (+4 points par rapport à septembre).

Emploi : records d’embauches

 

Les difficultés de recrutement s’expliquent en partie les  records d’embauche. Le   nombre de déclarations d’embauches de plus d’un mois hors intérim a frôlé les 840.000 en septembre. Soit près de 8.000 de plus que le plus haut historique de juin, selon des données publiées ce mercredi par l’Urssaf. Le nombre de recrutements en CDI est resté stable ce qui ne l’a pas empêché de dépasser le seuil de 400.000 pour la troisième fois depuis juin. Ces trois franchissements sont d’ailleurs les seuls enregistrés par la branche recouvrement de la Sécurité sociale depuis janvier 2006 !

A 2,44 millions cet été, les embauches durables sont en hausse de 11,4 % par rapport au deuxième trimestre : on n’en a jamais comptabilisé autant sur trois mois depuis janvier 2000. Tertiaire, industrie et BTP en ont tous profité. Si l’on rajoute les CDD de moins d’un mois, la période de juillet à septembre a enregistré 6,6 millions de recrutements, à peine 80.000 de moins que sur les trois derniers mois de 2019.

Contrairement à ce qui était craint, l’emploi a donc retrouvé à grande vitesse le terrain perdu depuis la crise du Covid. Autre point notable, la quantité est allée de pair avec la qualité des postes proposés, au moins sur le critère de la durée d’engagement. Ainsi, toujours sur le troisième trimestre, la part des embauches de plus d’un mois hors intérim est ressortie à 37 %, soit 5 points de plus que lors du dernier trimestre 2019. Celle des seuls CDI a gagné 2 points, à 18 %.

Emploi Etats-Unis : chômage plus élevé qu’avant la crise

Emploi Etats-Unis : chômage plus élevé qu’avant la crise

 

Aux États-Unis, : le chômage reste beaucoup plus élevé qu’avant la crise pourtant – un peu comme en Europe–les entreprises ne parviennent pas à recruter. Les chiffres du département du Travail, publiés ce vendredi, montrent que l’économie américaine n’a créé que 194.000 emplois au mois de septembre, quand les économistes en attendaient 500.000. Le mois d’août avait déjà été jugé décevant.

Le rythme des créations d’emploi a nettement ralenti par rapport au début de l’année. Sur les sept premiers mois de 2021, c’est une moyenne de 636.000 emplois qui étaient créés tous les mois (et un million il y a un an).

EMPLOI : Au-dessus du niveau de 2019

EMPLOI : Au-dessus du niveau de 2019 

 

 

 

L’emploi salarié renoue avec la situation de 2019, selon les chiffres définitifs publiés mercredi par l’Insee. Entre fin mars et fin juin 2021, l’emploi salarié (privé et public) augmente de 1,1 % (+289.400 emplois) après +0,6 % (+148.500) au trimestre précédent. Cette hausse provient essentiellement de l’emploi salarié privé qui augmente de nouveau fortement: +1,4 % (265.100 créations nettes d’emploi) après +0,8 % (+149 800 emplois).

L’Institut national des statistiques et des études économiques a ainsi revu légèrement à la hausse son estimation du 6 août qui faisait état de 239.500 créations nettes d’emploi dans le privé (+1,2%) entre fin mars et fin juin. De son côté, l’emploi public croît de 0,4 % (+24.300 emplois) après une quasi-stabilité au premier trimestre (−1.300).

Globalement, l’emploi salarié dépasse son niveau d’avant-crise (fin 2019) de 0,4 % dans le privé (+85.800 emplois) et de 1% dans le public (+59.600). Au total, l’emploi salarié se situe fin juin 2021 à 0,6 % au-dessus de son niveau de fin 2019 (+145.400). A fin juin, la France comptait en effet selon l’Insee 25,68 millions d’emplois, contre 25,54 millions au dernier trimestre 2019, le dernier pointage avant la crise du Covid.

Emploi américain : bons résultats

Emploi américain : bons résultats

Le taux de chômage aux Etats-Unis a reculé à 5,4%, un plus bas depuis la crise, et l’économie américaine a créé 943.000 emplois, plus que prévu.

 

Le taux de chômage, lui, baisse de 0,5 point, à 5,4%, contre 5,6% attendu. C’est son niveau le plus bas depuis 16 mois.

« En juillet, des créations d’emplois notables ont eu lieu dans les loisirs et l’hôtellerie, dans l’éducation et dans les services professionnels et commerciaux », souligne le département du Travail dans son communiqué.

Ces progrès pourraient être en effet remis en cause avec la propagation du variant Delta. Les chiffres publiés reflètent la situation au début du mois de juillet. A l’époque, le variant Delta n’était pas perçu comme une menace imminente pour l’économie américaine.

Sans compter que malgré cette embellie de juillet, il manque toujours 5,7 millions d’emplois comparé à février 2020, juste avant le début de la pandémie aux Etats-Unis et les mesures brutales de confinement qui avaient abouti au licenciement de plus de 20 millions de personnes. Le taux de chômage était alors au plus bas depuis 50 ans, à 3,5%.

Emploi cadres: hausse des embauches

Emploi cadres: hausse des embauches

Le «redémarrage» des embauches des cadres du secteur privé, malmenées par la crise sanitaire, s’est «confirmé» au deuxième trimestre, «alimenté par le rebond de l’activité» économique, selon une étude de l’Association pour l’emploi des cadres (Apec) publiée mardi 20 juillet.

Sur cette période, 14% des entreprises ont «embauché au moins un cadre», soit une hausse de deux points par rapport au premier trimestre et un gain de quatre points comparé au dernier trimestre de 2020, note l’Apec dans une présentation de son étude. Davantage de PME ont recruté des cadres d’avril à juin qu’au trimestre précédent. En parallèle aux embauches, le nombre des offres d’emploi pour les cadres publiées sur le site apec.fr a progressé au deuxième trimestre, allant jusqu’à retrouver en juin son «niveau record de juin 2019», précise l’association. Pour un quart des entreprises (26%), le deuxième trimestre a été «meilleur que prévu».

Un emploi et un salaire pour tous ?

Un emploi et un salaire pour tous ?

Fournir à tous les citoyens qui le souhaitent un travail rémunéré permettant de vivre décemment, tel est le fil rouge de l’ouvrage de Pavlina R. Tcherneva « La Garantie d’emploi ». Ce livre illustre les avantages de la garantie d’emploi et expose un plan pour permettre son application.

 

Le livre.(Analyse du Monde)

 

La pandémie a révélé le ridicule d’un grand nombre de débats que nous avions hier. Faire passer le salaire minimum à 15 dollars (12,35 euros) de l’heure aux Etats-Unis, disait-on, risquait de coûter des millions d’emplois. Aujourd’hui, il est évident que les travailleurs dont nous avons un besoin vital sont aussi ceux auxquels nous ne pouvons pas garantir un salaire décent : le personnel des commerces et des entrepôts, celui chargé de l’expédition des colis et des livraisons, le personnel assurant le ramassage des ordures et le nettoyage…

Hier, la plupart des candidats à l’élection présidentielle américaine rejetaient l’idée qu’il appartient à l’Etat de fournir des soins de santé universels. Aujourd’hui, nous voyons que non seulement l’Etat en est capable, mais qu’il en a le devoir.


Hier, les économistes admettaient de mauvaise grâce qu’en dépit d’un taux de chômage historiquement bas, l’économie des Etats-Unis n’était en aucun cas proche du plein-emploi et que des millions de personnes étaient toujours en quête d’un bon emploi.

Aujourd’hui que le chômage atteint des taux à deux chiffres, nous sommes confrontés à la tâche immense de revenir à un faible niveau de chômage.

Pourquoi ne pas concevoir un système qui garantirait des possibilités d’emploi à toute personne désireuse de travailler, quelles que soient son expérience, sa formation, sa situation personnelle ? A quoi pourrait ressembler une économie de ce type ? s’interroge Pavlina Tcherneva dans son essai La Garantie d’emploi (La Découverte).

De son mode de propagation à sa virulence, en passant par l’énorme coût social qu’il fait peser sur les individus, la collectivité et l’économie, « le chômage agit, à bien des égards, comme une épidémie silencieuse », souligne l’économiste, membre du Levy Institute. Comme le disait William Vickrey, ancien lauréat du prix Nobel d’économie, le chômage est « au mieux l’équivalent du vandalisme » et fait s’abattre sur les familles et sur tout le tissu social un malheur et une misère inconcevables.

 

Et pourtant, l’idée que le chômage involontaire est un événement malheureux mais inévitable, et qu’un certain niveau de chômage est nécessaire au bon fonctionnement de l’économie, demeure un des grands mythes de notre temps. L’ouvrage déconstruit ce mythe, et défend la cause de la garantie d’emploi : fournir à tous les citoyens qui le souhaitent un travail rémunéré permettant de vivre décemment.

Emploi France : légère reprise

Emploi France : légère reprise

 

D’après l’INSEE , les entreprises privées ont créé 57.300 emplois sur les trois premiers mois de l’année, ramenant à 262.900 le nombre de postes détruits depuis la fin 2019 à cause de la crise. Une évolution positive mais qui est loin de compenser tous les emplois perdus du fait de la crise sanitaire qui fait évoluer l’emploi de manière erratique :

-625.300 emplois au premier semestre 2020, dont 481.200 de janvier à mars ; + 333.900 au troisième trimestre, pour le redémarrage de l’économie après les restrictions sanitaires du printemps ; et - 28.800 d’octobre à décembre, en raison du deuxième confinement.

« L’économie française récupère du choc du premier semestre 2020 », commente Mathieu Plane, économiste à l’OFCE, avec « à peu près 60 % des pertes d’emploi qui avaient eu lieu aux premier et deuxième trimestres » et qui ont été depuis effacées. « La dynamique est là, on continue ! », se félicitait mardi Élisabeth Borne, la ministre du Travail, après la publication par Pôle emploi de son enquête

l’évolution de l’emploi dépendra aussi très largement des conditions de sortie du dispositif de chômage partiel mis en place depuis un an et qui a fortement limité depuis les suppressions d’emploi. En mars, d’après le dernier pointage du ministère du Travail, quelque 12 % des salariés du privé, soit 2,3 millions de personnes, avaient été placées par leur employeur en activité partielle, contre près de 9 millions en avril 2020 au plus fort de la crise lors du premier confinement.

. Les ­experts s’attendent en effet à 100.000 liquidations d’entreprises d’ici à la fin décembre, soit le double de la normale.

Emploi Royaume-Uni en berne

  • Emploi Royaume-Uni en berne
  • Ce n’est pas encore cette année que le brexit  permettra au Royaume- Uni de connaîtra l’envolée économique annoncée par Boris Johnson.

La Banque d’Angleterre n’attend désormais plus qu’une croissance de 5% contre 7,25% lors de sa dernière réunion, mais estime que la contraction du PIB en 2020, évaluée à 10%, a été moins importante qu’elle ne l’estimait jusqu’à présent (-11%). Le Royaume-Uni est le pays le plus endeuillé d’Europe par la pandémie de Covid-19, et a commencé 2021 avec un troisième confinement qui devrait provoquer une chute du PIB de 4% au premier trimestre, selon la BoE. En revanche, la conclusion d’un accord commercial avec l’Union européenne (UE) fin décembre, à quelques jours de la sortie du Royaume-Uni du marché unique, est favorable à la croissance britannique, estime la BoE. La Banque était également très attendue sur les taux négatifs.

Preuve de la faiblesse de la dynamique économique, l’ indice de perspectives sur le marché de l’emploi compilé par Manpower a progressé d’un point à -5% pour le Royaume-Uni pour le deuxième trimestre comparé au premier, mais il reste le plus bas d’Europe, inférieur à ceux de l’Italie ou de l’Espagne. À l’inverse, la Roumanie, la Belgique, la Suède et la République tchèque affichent les plus forts indices. «Ce furent les pires douze mois pour les perspectives d’emploi au Royaume-Uni et bien pire que pendant la crise de 2008-2009», remarque Chris Gray de Manpower .

«Le Royaume-Uni montre la voie avec sa campagne de vaccination contre le Covid-19 mais il reste l’homme malade de l’Europe en ce qui concerne l’optimisme pour les embauches», remarque Chris Gray, l’un des responsables de Manpower UK, cité dans un communiqué.

 

À noter aussi que la place financière d’Amsterdam a doublé Londres en termes de courtage d’actions européennes en seulement quelques semaines après la sortie effective du marché unique européen. Chris Gray note toutefois que «plus de 1.000 entreprises de services financiers prévoient d’établir des bureaux pour continuer à prendre part aux marchés britanniques».

*L’enquête de ManpowerGroup sur les perspectives d’emploi a porté sur 1.515 employeurs britanniques.

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