Archive pour le Tag 'emploi'

Emploi cadres : assez stable

Emploi  cadres : assez stable 

 

Au cours des trois premiers mois de l’année, la proportion d’entreprises signalant une augmentation de leurs volumes de recrutement par rapport à la même période de l’année précédente est comparable à celle relevée un an plus tôt (38%), tandis que la proportion d’entreprises déclarant des embauches moins nombreuses recule de quatre points, à 21%. D’après le baromètre trimestriel de l’Association pour l’emploi des cadres, 59% des entreprises interrogées ont recruté au moins un cadre au cours des trois premiers mois de l’année, soit quatre points de plus qu’un an plus tôt, « un niveau parmi les plus élevés depuis la création du baromètre trimestriel », est-il précisé. « Ce haut niveau semble installé, puisque cela fait maintenant quatre trimestres que cet indicateur est au moins égal à 57% », souligne l’Apec. Alors que les entreprises restent relativement prudentes sur leurs prévisions d’embauches au deuxième trimestre, le degré de certitude des intentions de recrutement s’inscrit en nette hausse par rapport à 2016. Sur les 55% d’entreprises envisageant d’embaucher au moins un cadre au deuxième trimestre (comme un an plus tôt), près des trois quarts (73%) se déclarent certaines de recruter, contre 68% il y a un an. Pour l’Apec, « ces bons résultats sont en phase avec la tendance haussière des recrutements » annoncée dans ses prévisions pour 2017, publiées en février. Au premier trimestre, le principal moteur du recrutement est resté le remplacement des départs (48%, -4 points sur un an), devant le développement de l’activité, en légère progression (27%, +1 point).

Sondage : Macron le plus efficace pour l’emploi

Sondage : Macron le plus efficace pour l’emploi

Selon un sondage Ifop pour Keljob et Explorimmo publié mardi. Emmanuel Macron apparaît comme le candidat le plus fédérateur. 25% des sondés font confiance au candidat d’En marche! Pour relancer l’emploi, 15% à François Fillon ou Marine Le Pen, 9% à Jean-Luc Mélenchon et 7% à Benoît Hamon. Les autres candidats recueillent entre 0 et 2%. Emmanuel Macron arrive également devant en matière d’éducation-formation et de logement, les deux autres thématiques explorées par ce baromètre. Ces résultats sont d’ailleurs cohérents avec un précédent sondage du 10 mars dans lequel l’ex-ministre de l’Économie figurait également comme le candidat le plus crédible pour faire reculer le chômage, devant François Fillon.

 (*)Pour ce baromètre, un échantillon de 1.002 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas) a été interrogé en ligne du 16 au 20 mars.

Les effets du CICE sur l’emploi impossibles à mesurer

Les effets du CICE sur l’emploi impossibles  à mesurer

Il se confirme que les effets du CICE sont difficiles à quantifier. Ce que révèle encore un rapport de France Stratégie, un organisme rattaché à Matignon qui pilote ce comité de suivi avec les partenaires sociaux, des parlementaires et des représentants de l’administration.

«La fourchette avancée dans le rapport de septembre dernier, de l’ordre de 50.000 à 100.000 emplois créés ou sauvegardés sur la période 2013-2014, demeure valide, voire pourrait être un peu élargie» Selon un document de France Stratégie Le CICE aurait aussi réduit le nombre de défaillances d’entreprises, tandis que certaines sociétés l’auraient utilisé pour baisser leurs prix, ce qui aurait amélioré les marges de leurs clients. Mais ces deux effets «ne peuvent être quantifiés précisément», souligne France Stratégie, pour qui «les entreprises ont utilisé le CICE de façon très différente les unes des autres». Très libéral pendant toute une période pour servir les intérêts de Valls, France Stratégie a tourné à gauche dans le cadre de la campagne électorale ; Exemple l’évaluation du CICE. Encore une évaluation tout à fait fantaisiste d’un organisme (France, ancien commissariat au plan)  rattaché au Premier ministre. Une évaluation fortement teintée politiquement puisqu’elle conclut que le CICE aurait,  soit sauvée, soit créé 50 000 à 100 000 emplois. Notons d’abord l’ampleur de la fourchette qui démontre à l’évidence qu’il s’agit de calcul de coin de table destiné surtout à montrer l’efficacité du CICE. De toute manière ces types d’évaluation reposent le plus souvent sur la méthode du doigt mouillé. Scientifiquement il est impossible de mesurer avec précision l’effet  d’une mesure économique tout simplement parce qu’on ne dispose pas d’une période de référence. Pour être pertinent il faudrait en effet comparer la même période sans CICE avec la même période avec CICE. Tout ce qu’on sait  que ce fameux CICE,  mal ciblé et mal ficelé,  constituait quand même une mesure de baisse de la fiscalité. Une baisse de fiscalité qui a forcément contribué à améliorer la trésorerie des entreprises et en même temps l’emploi. Le reste est littérature car il est impossible de faire un chiffrage des mesures.  L’effet baisse du coût du travail du Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi a permis de sauver ou de créer 50.000 à 100.000 postes en France au cours des deux première années de son existence, selon les approximations  du comité de suivi du Cice. Le rapport est un empilement de bla-bla avec chiffres et graphiques mais qui ne répondent pas avec pertinence à la question de son impact réel sur l’emploi ; témoin les précautions oratoire sur l’  évaluation.  « Deux grandes questions méthodologiques émergent de ce bilan annuel. La première est de savoir dans quelle mesure le CICE doit être appréhendé comme une réduction du coût du travail. L’analyse détaillée de ses mécanismes opérationnels et de la perception qu’en ont les acteurs économiques conduit à s’interroger sur la pertinence de son assimilation à une baisse du coût du travail. Le fait que les entreprises semblent le destiner en priorité à l’investissement renforce cette interrogation. Ce point sera important pour la démarche d’évaluation car celle-ci devra déterminer de quelle manière le CICE a pu affecter l’emploi : principalement via un effet direct de la réduction du coût du travail, à l’instar des allègements généraux de cotisations sociales ? Ou plutôt en conséquence de ses effets sur les comportements d’investissement et de fixation des prix ? La deuxième question est de savoir si les écarts entre les montants estimés de CICE sur la base des données sociales et les montants comptabilisés fiscalement résultent de différences de comportement entre entreprises. L’enjeu sera par ailleurs de savoir si c’est la créance, et son anticipation, qui affectent les décisions économiques, ou si les effets de trésorerie prédominent »  «  Le comité de suivi du Cice admet que des incertitudes pèsent sur l’évaluation de l’impact de ce dispositif. » Il estime cependant, sans doute au pif, que le Cice « a conduit à une amélioration sensible des marges des entreprises » et juge « probable un effet direct de l’ordre de 50.000 à 100.000 emplois créés ou sauvegardés sur la période 2013-2014. » De son côté, La commission des finances du Sénat avait dressé un bilan à charge et  très politique dune sénatrice communiste ; bilan qui traduit un manque de compétence économique aussi un manque de sérieux de la part du Sénat qui nous a habitué à des rapports autrement pertinents. Mais il fallait sans doute accepter que la sénatrice communiste manifeste son opposition au gouvernement. Pourtant elle n’est pas particulièrement bien placée pour parler de réussite et d’évaluation économique si l’on en juge par la gestion de la ville dont elle est maire, Saint-Pierre-des-Corps en Indre-et-Loire ; une ville  complètement sinistré tant sur le plan économique que sur le plan social et dans un état d’aménagement urbain lamentable. Tout est fait pour que cette ville soit occupée par le maximum de pauvres pour permettre la réélection d’un communiste avec la complicité des socialistes.  S’il est clair que le CICE (Entré en vigueur le 1er janvier 2013) présente de graves insuffisances en matière de ciblage (certains secteurs qui en ont bénéficié n’étant pas soumis à la concurrence internationale et certaines PME n’en ayant pas assez profité) par contre la condamnation du dispositif paraît particulièrement excessive. Le dispositif  permet aux entreprises d’alléger leur masse salariale pour les salaires inférieurs à 2,5 SMIC. Son taux était de 4% en 2014. Il a grimpé à 6% cette année et culminera à 7% l’année prochaine, comme l’a récemment annoncé François Hollande, le chef de l’Etat.  En s’ajoutant aux allègements de charges sur les bas salaires, le CICE a permis l’allègement de la masse salariale des entreprises, réduisant le coût du travail. La sénatrice communiste considère que le CIC.E. n’a pas renforcé la compétitivité notamment du secteur manufacturier. Difficile de l’affirmer car les fait de ce type de mesure ne peut se faire sentir qu’à moyen et long terme,  en outre il est toujours complexe de procéder à l’évaluation pour ce type de mesure. Le CICE. a permis de restaurer certaines marges et au-delà de renforcer les capacités d’investissement. Ce n’est qu’après la restauration des marges et des capacités d’investissement qu’on peut éventuellement constater des effets  sur l’emploi. Ces effets se mesurent  au nombre d’emplois créés mais aussi au nombre d’emplois maintenus. Le rapport de la sénatrice communiste considère que le crédit d’impôt n’a permis de maintenir que 125 000 emplois. Là encore toute estimation ne peut être qu’approximative et la critique paraît peu pertinente. Il faut cependant observer une critique assez juste concernant les bénéficiaires du CIC.E. qui a surtout profité aux grandes entreprises. Par ailleurs, selon le Sénat, les ETI et les grandes entreprises sont les entreprises qui ont bénéficié en majorité du CICE. Elles représentent respectivement 22,8% et 30,2% des créances. Or, l’emploi se crée surtout dans les PME, PME qui ne « pèsent » que 32,7% des créances. Le rapport de la sénatrice constate que le CICE a constitué une aubaine critiquable pour les  entreprises en difficulté en rendant possible une amélioration de la trésorerie. Il faudrait faire observer à la sénatrice que cette amélioration de trésorerie n’a été possible que grâce à de meilleures marges, marges rendues possibles avec la baisse des charges. La sénatrice reprend à son compte les critiques des frondeurs du PS et de l’extrême gauche qui considèrent  que le CICE est donc un cadeau sans contrepartie fait aux entreprises. Le rapport critique  le coût exorbitant de ce dispositif. Celui-ci est estimé à environ 20 milliards d’euros pour les finances publiques à l’horizon 2020. Pour l’instant, le montant des créances pour les exercices 2013, 2014 et 2015 s’élève à 48 milliards d’euros. C’est la plus importante dépense fiscale de l’Etat, très loin devant le crédit impôt recherche dont le coût annuel avoisine les 6 milliards d’euros. «  Sachant qu’il n’y a jamais eu d’étude d’impact de ce dispositif, la décision de relever de 6% à 7% le taux du CICE est dans ce contexte risquée pour les finances publiques  », conclut la sénatrice qui s’interroge sur l’avenir de ce dispositif. En novembre 2015, François Hollande indiquait que le CICE serait transformé en un allègement de charges, conformément au souhait de Louis Gallois en 2012. En réalité ce rapport constitue une critique en règle du concept même de réduction de la fiscalité portant sur les charges sociales. Rien de surprenant si l’on tient compte manque de compétences d’une sénatrice, ancienne institutrice, qui n’entretient qu’un lien approximatif avec la problématique économique.

 

Sondage enjeux 2017 : emploi, protection sociale et pouvoir d’achat

Sondage enjeux 2017 : emploi, protection sociale et pouvoir d’achat

 

Selon un sondage OpinionWay pour le Printemps de l’Économie, sur «les Français et les programmes électoraux», les principaux enjeux sont les suivants : emploi (59%),  protection sociale (51%), le pouvoir d’achat (48%) et l’immigration (43%). La fiscalité ne recueille que 35% des suffrages, la dette et les déficits 32%, les affaires 31%, ou la construction européenne 19%. «Force est de constater que, pour l’ensemble des Français, les trois préoccupations majeures restent économiques et sociales», analyse Pierre-Pascal Boulanger, le président-fondateur du Printemps de l’Economie.les   électeurs les républicains et  du FN, placent l’immigration et l’emploi en tête des enjeux de la prochaine élection (avec respectivement 59% et 57% pour les sympathisants de François Fillon aux deux items, et 83% et 50% pour ceux de Marine Le Pen). Leurs préférences divergent par la suite, les sympathisants LR mettant l’accent sur la dette et les déficits (54%) quand ceux du FN, sensibles à la ligne étatiste très à gauche de Marine Le Pen, plébiscitent la protection sociale (38%).

L’emploi intérimaire encore en hausse

L’emploi intérimaire encore en hausse

Les incertitudes économiques se traduisent en emplois plus précaires avec la montée de l’intérim et des CDD dont la durée est de plus en plus courte Dans l’intérim, la hausse de l’emploi continue en janvier, même si cette progression marque un peu le pas. D’après le dernier baromètre de Prism’emploi - l’organisation professionnelle qui regroupe les entreprises de l’intérim-  après une progression de 13,3% en décembre (sur une année), la croissance de l’emploi intérimaire est demeurée solide en janvier avec une hausse de 8%.  Tous les secteurs sont orientés à la hausse: la palme revient à l’industrie qui voit le nombre de ses intérimaires croître de 9,4%. Dans les transports, la hausse atteint 8,8% (après 14, 3% en décembre). Dans le BTP et les services, les progressions sont respectivement de 7,6% et 6,4%. Enfin, le commerce enregistre une hausse plus modeste de 3,1%.   Le rythme de croissance de l’emploi intérimaire était  considéré comme un indicateur avancé de la situation générale de l’emploi mais il se substitue de plus en plus à des embauches en CDD et CDI et ne peut plus être révélateur de la conjoncture économique. Pour preuve, l’intérim  a progressé  6,7% en 2016 alors que la croissance est tout juste au dessus de 1%. ,. Le nombre de chômeurs, lui, a bien baissé d’environ 50 000 en un an mais les autres catégories (petits boulots) ont augmenté, sans parler des emplois soutenus et des chômeurs en formation qui ont changé de catégorie statistiques. Bref l’emploi précaire progresse notamment l’intérim.  Cette progression de l’intérim, qui fait suite à une hausse de 4,4% en 2015, correspond à la création de 36.500 emplois en équivalent temps plein sur l’ensemble de l’année et a concerné toutes les régions métropolitaines. Tous les grands secteurs ont contribué à alimenter la progression de l’intérim l’an dernier, l’emploi intérimaire dans le BTP ayant renoué avec la croissance après deux années particulièrement difficiles, souligne Prism’emploi, qui regroupe plus de 600 entreprises de recrutement et d’intérim. La croissance de l’emploi intérimaire a été particulièrement marquée en 2016 dans les transports, avec une hausse de 14,3% après celle de 7,2% relevée en 2015.La progression des effectifs intérimaires s’est également révélée dynamique l’an dernier dans le BTP (à +8,1% contre -6,4% en 2015), les services (+7,3% après +5,7%) et l’industrie (+5,4% après +5,1%). L’évolution de l’emploi intérimaire a en revanche nettement ralenti dans le commerce, avec une hausse limitée à 1,5% l’an dernier, contre une progression de 9,9% en 2015. La hausse de l’intérim accompagne la progression des CDD de plus en plus courts.  Pour les nouveaux emplois, de plus en plus de CDD, de plus en plus courts et qui débouchent de moins en moins sur des CDI. Le résultat du coût du travail aussi des incertitudes économiques.  Le nombre des embauches en CDD de moins d’un mois a progressé de 166% en quinze ans et ces contrats débouchent de moins en moins sur un CDI. C’est le constat majeur qui ressort de deux études distinctes, l’une de l’Unédic, l’autre de France Stratégie, que l’AFP a pu consulter. Selon les données collectées par l’assurance-chômage, de 2000 à 2016, les embauches en CDD d’un mois ou moins sont passées d’un peu plus de 1,5 million par trimestre à plus de 4 millions, tandis que celles de plus d’un mois n’ont pas bougé (environ 1 million). Ce document a été présenté aux partenaires sociaux mercredi 25 janvier lors d’une réunion de diagnostic du marché du travail, préalable à une éventuelle reprise des négociations sur l’assurance chômage.  Malgré cette tendance au raccourcissement des CDD, la part globale de ces contrats dans l’emploi reste stable sur cette période, à 9%, alors que les CDI représentent 76% de l’emploi total. Arts et spectacles, édition et audiovisuel, activités pour la santé, hôtellerie-restauration, immobilier et enseignement privé notamment sont les secteurs qui ont eu, en 2012, le plus recours à des contrats de moins d’un mois, voire quelques jours. L’étude de l’Unédic, qui gère l’assurance chômage, souligne aussi le « poids croissant » de la réembauche. En 2012, 84% des CDD de moins d’un mois étant des réembauches par un ancien employeur. « Dans certains secteurs, certains employeurs s’entendent implicitement avec leurs salariés sur la possibilité d’embauches successives avec parfois des engagements d’exclusivité », observe l’Unédic, sans plus de précisions.

 

Emploi : les fantasmes de l’uberisation

Emploi : les fantasmes de l’uberisation

Frédéric Benqué, expert à NextWorld.,Vincent Champain président de l’Observatoire du long terme tentent démonter les fantasmes de l’uberisation de l’économie dans un article des Echos

 

 

« La question n’est donc de brandir une menace digitale comme le font certains gourous et quelques consultants, mais de définir la forme de cette menace. Or, dans bien des cas, elle viendra davantage d’un concurrent plus apte à tirer parti du digital que d’un géant de l’Internet ou d’un clone d’Uber surgi de nulle part. Il y a donc un risque à investir trop pour contrer une uberisation théorique, et pas assez pour renforcer sa compétitivité, et beaucoup de commentateurs n’aident pas à y voir plus clair. Ce risque de « mal-investissement » nourri par des extrapolations hasardeuses et des récits inspirant l’optimisme aux investisseurs et la crainte aux entreprises est précisément la définition d’une bulle. Or tous les secteurs ne sont pas touchés de la même façon. Dans le transport, Uber bouleverse la fonction « d’interaction  » (mise en relation client-taxi), mais peu la « production  » (conduire une voiture). Les deux activités étant complémentaires, la réduction du coût de la première stimulera la croissance de la seconde. Actionnaires de G7 ou propriétaires de plaque de taxi peuvent s’inquiéter, mais l’emploi total est peu menacé. Certains le nient en évoquant les futurs taxis sans chauffeur, mais c’est un phénomène qui n’existe encore nulle part. Afin d’estimer l’impact sur chaque secteur de l’économie, nous avons décomposé l’emploi en France en 88 secteurs (commerce de détail, métallurgie, édition, construction de bâtiments…) et par nature de fonction (production, interaction-rangement-secrétariat, conception-management). En effet, les activités de « production  » et de « conception » ont, depuis toujours, été concernées par des gains de productivité, mais elles sont peu concernées par l’uberisation, à l’inverse des activités « d’interaction « , pouvant être remplacées à 100 %. Cette analyse a été complétée d’avis d’experts sectoriels, et nous avons également tenu compte de la dynamique de la demande : ainsi les services de santé vont se digitaliser, mais la croissance à long terme du besoin est telle que l’effet positif sur le volume ou la qualité des services compensera probablement le risque de baisse de l’emploi. Ce modèle estime l’emploi « ubérisable « , à moyen terme, à 14 % de l’emploi total. Il s’agit d’un ordre de grandeur, mais il est infiniment plus précis que les discours estimant cette part à 100 % sans analyse sérieuse. Il quantifie une réalité : le sujet est réel mais des millions d’emplois « productifs » (maçons, collecte des déchets, ménage…) sont peu touchés. Les emplois « d’interaction » (commerciaux, centres d’appels…) seront en revanche moins nombreux du fait de l’utilisation d’outils numériques « court-circuitants « . Mais ils sont loin de représenter la totalité des emplois. L’étude fait aussi apparaître des secteurs gagnants. Les producteurs agricoles subissent déjà le niveau maximum de pression concurrentielle du fait des centrales d’achat : un Uber des fruits et légumes (qui livrerait les clients en direct) peut difficilement réduire plus leurs marges. Par contre il leur permettrait de valoriser la qualité et de gagner des parts de marché en satisfaisant les amateurs de légumes qui ont un goût. Par ailleurs, comme indiqué plus haut, une baisse du coût de l’interaction induira une hausse de la demande pour la production. Enfin, l’économie française n’est pas inerte : alors que nos 14 % sont un total à moyen terme, 15 % des emplois sont détruits chaque année et il s’en crée à peu près autant, pour des raisons tenant aux évolutions de la technologie (digital, énergies renouvelables…), de la compétitivité (taux de change, savoir-faire…) ou de la consommation (plus de boutiques d’e-cigarettes et moins de téléphonie mobile). Uber n’est pas grand-chose face à Schumpeter ! Certes, il n’y a aucun doute sur le fait que la digitalisation réduira le nombre de certains emplois et aboutira à en créer d’autres. Comme pour toutes les vagues technologiques, la clef sera la capacité à intégrer ces technologies là où elles sont utiles. Et pour cela, il est préférable de fonder sa stratégie numérique… sur des nombres plutôt que sur des mots !

«

Impact des nouvelles technologies sur l’emploi : des incertitudes surtout

Impact des nouvelles technologies sur l’emploi : des incertitudes surtout

 

 

 

Une interview toujours intéressante sur RTL sur l’impact des nouvelles technologies. Un impact contenant forcément de nombreuses incertitudes puisque en particulier 50 % des produits et services qui seront consommés d’ici une trentaine d’années sont aujourd’hui inconnu.

 

« Ce que je constate c’est que l’on entend tout et son contraire de la part des économistes », estime Gaspard Koenig, président du think-tank libéral GenerationLibre. « Il n’y a pas à avoir peur. Que l’emploi change, c’est normal, c’est l’évolution de la société. Se dire qu’il n’y aura plus d’emplois dans le futur est tout à fait erroné et fait monter une angoisse inutile« , poursuit-il. « À chaque rupture technologique il y a eu les même réactions de panique, et à chaque fois il y a eu une création très forte de nouveaux emplois que l’on ne peut pas anticiper ».

Hakim El Karoui, auteur de l’étude « Les classes moyennes face à la transformation digitale » est beaucoup plus mesuré. « On entend sur la robotisation ce qu’on entendait il y a dix ans sur la mondialisation et le libre-échange, qui devait créer de l’ouverture, des emplois et des opportunités. Dix ans après, la conclusion est complexe. La mondialisation s’est révélée formidable en Chine et plutôt catastrophique dans les pays occidentaux« . Pour lui, « la numérisation, c’est un peu la même chose. Il y a à la fois des opportunités extraordinaires mais aussi un vrai  risque pour l’emploi des classes moyennes », explique-t-il.

Mais quels emplois seraient menacés ? Dans l’étude qu’il a menée, Hakim El Karoui estime, après avoir décomposé 702 emplois, que 40% d’entre eux seraient potentiellement automatisables. « Dans les usines surtout, mais aussi dans le domaine de la médecine, où un nouveau logiciel se révèle plus performant que les docteurs pour diagnostiquer 90% des cancers du poumon ». Selon le spécialiste, le journalisme est également concerné, puisqu’il existe des machines capables d’écrire des articles pour raconter un match de football ou encore une élection.  Pour Gaspard Koenig, « c’est un progrès qu’il n’y ait plus de caissières au supermarché. De même que dans le domaine de la santé, les médecins s’occuperont de moins en moins de tâches administratives qui entourent le rapport au patient pour devenir un véritable accompagnateur ».
En conclusion pour Hakim El Karoui, « il ne faut pas avoir peur de la transformation mais il faut essayer pour une fois d’anticiper de deux manières : d’abord concernant les métiers qui vont disparaître, il faut former ceux qui seront verront leur emploi changer dans 5 ans. Mais il faut également anticiper pour les systèmes de formation initiale, c’est-à-dire dans les universités et les grandes écoles. Aujourd’hui, elles forment à des emplois qui n’existeront plus quand les jeunes sortiront sur le marché du travail ».

Débat toujours intéressant mais qui n’apporte pas vraiment d’éclairage nouveau sur la problématique dont il faut bien reconnaître la complexité. Ceci étend dans l’histoire des révolutions techniques majeures sont déjà venu bousculer les processus de production et les emplois entraînant de grandes mutations en matière de qualification.

 

Penelope Fillon : en plus de l’emploi fictif 45 000 euros d’indemnités !

Penelope Fillon : en plus de l’emploi fictif 45 000 euros d’indemnités !

 

Une nouvelle fois François Fillon se prend les pieds dans le tapis. Après avoir affirmé sur TF1 que son épouse avait été sa collaboratrice sans discontinuer depuis 1986 voilà qu’on apprend qu’en réalité elle a profité du système ajoutant aux emplois fictif des ruptures de contrat tout aussi fictives  mais avec une indemnisation bien réelle de 45 000 €. La défense de François Fillon est pathétique : « tout cela a déjà été dit  et même écrit !». Comme si cela changeait quelque chose à l’affaire. Si l’on ajoute les nombreuses autres affaires dans lesquelles l’ancien premier ministre de Sarkozy est empêtré (l’autre salaire fictif de Penelope Fillon dans la « revue des deux mondes » de l’ami milliardaire, le salaire de ses enfants, les allocations destinées à rémunérer des assistants parlementaires détournées au Sénat, les sulfureuses relations de la société de conseil de Fillon avec Axa, aussi avec les sociétés de son ami milliardaires, on comprendra que l’opinion publique française mais aussi internationale soit complètement éberluée par les déviances financières d’un candidat qui voulait incarner l’intégrité et imposer l’austérité aux Français. Chaque jour apporte son nouveau lot d’affaires et François Fillon s’enfonce de plus en plus dans les contradictions de ces fastidieuses explications que 70 % des Français réfutent. Le Canard enchaîné vient donc de publier ce mercredi de nouvelles révélations accablantes autour de l’emploi d’assistante parlementaire de Penelope Fillon auprès de son mari puis de son suppléant Marc Joulaud. L’hebdomadaire a publié sa une mardi, sur les réseaux sociaux, révélant ainsi son nouveau scoop. Et ce dernier pose à nouveau de nombreuses questions. En effet, selon Le Canard, les enquêteurs n’auraient trouvé aucune preuve matérielle du travail de l’épouse de François Fillon au Parlement. Elle aurait, en revanche, bien touché des indemnités de licenciement. L’hebdomadaire avance un chiffre : en 2002 puis en 2013, elle aurait ainsi obtenu, en deux fois, 45.000 euros d’indemnités. Dans le détail, Penelope Fillon a perçu en août 2002 « 16.000 euros d’indemnités, soit l’équivalent de cinq mois de salaire », alors qu’elle avait retrouvé un mois plus tôt un emploi auprès de Marc Joulaud, alors suppléant de l’actuel candidat de la droite à la présidentielle, selon l’hebdomadaire satirique, qui assure qu’elle a « cumulé deux salaires durant un peu plus d’un mois ».  »La législation ne prévoit pas un tel niveau d’indemnités de licenciement pour un collaborateur parlementaire », affirme encore Le Canard. Ces indemnités portent sur la période 1998-2002, pendant laquelle l’intéressée a été rémunérée comme assistante parlementaire de son époux (165.686 euros net de salaires sur cette période, selon le site internet du candidat Fillon). Par ailleurs, lorsque François Fillon a mis fin, en novembre 2013, au dernier contrat de son épouse à l’Assemblée nationale, celle-ci a perçu « 29.000 euros » d’indemnités de licenciement pour 17 mois de travail (rémunérés 65.839 euros net, selon le site Internet du candidat de la droite). Une nouvelle fois, la défense de François Fillon et pathétique : « mais tout cela est légal ! »

Présidentielle 2017 : on cherche un homme honnête ! (Pôle emploi)

Présidentielle 2017 : on cherche un homme honnête ! (Pôle emploi)

 

La sphère politique classique cherche désespérément un homme honnête ( comme Diogène), un peu compétent, pour occuper le poste de président de la république à partir de 2017. Ce pourrait être une petite annonce de Pôle emploi tellement nombre de candidats actuels sont complètement inadaptés pour le poste de  la magistrature suprême. À l’extrême gauche on trouvera sans doute quelques candidats honnêtes encore que certains vivent de la politique depuis une trentaine d’années. À l’extrême droite, les Le Pen sont complètement englués dans les affaires y compris de détournement de fonds publics (affaire des micros partis notamment). Dans la droite classique, le sulfureux succède au sulfureux. Après Chirac, Sarkozy c’est maintenant Fillon. Ce qui caractérise la classe politique française c’est la malhonnêteté mais aussi l’incompétence : témoin, la gestion catastrophique du pays depuis plus de 30 ans. On objectera qu’on ne peut mettre tous les politiques dans le même sac. Sans doute faudrait-t-il distinguer ceux qui ont été impliqués officiellement dans des affaires douteuses de ceux qui n’ont pas encore été pris (par exemple ceux  qui se font construire ou aménager de luxueuses résidences en échange de marchés publics). Il faudrait aussi distinguer les responsables qui n’ont pas mis les doigts dans le pot de confiture. Ils existent sans doute mais la plupart sont des professionnels de la politique et se caractérisent  par une incompétence notoire. Le ridicule dans le domaine étant Benoît Hamon qui  pronostique la fin du travail, le revenu universel et la taxation des robots. Le rêve évidemment pour des électeurs au profil d’ados attardé En cause, évidemment le fait que la démocratie est complètement phagocytée par les partis politiques qui font surtout émerger des apparatchiks dans la connaissance des réalités socio-économiques est assez approximatives.

Fillon : un emploi fictif qui va lui coûter cher

Fillon : un emploi fictif qui va lui coûter cher

 

Cette affaire d’emplois fictifs risque de coûter très cher à François Fillon. En effet l’intéressé s’est fait le chantre de l’intégrité n’hésitant d’ailleurs pas à attaquer sèchement Sarkozy à propos de ses affaires. Certes Fillon et son entourage vont continuer d’argumenter sur le fait qu’il n’y a rien d’illégal à embaucher quelqu’un de sa famille comme secrétaire parlementaire. Rien illégal sans doute mais éthiquement lamentable car en clair il s’agit de récupérer un salaire en la circonstance autour de 5000 € nets mensuels. On ne peut en effet jouer le rôle du père la rigueur et en même temps se montrer aussi laxiste pour son propre comportement. Le programme de Fillon vise à opérer des réformes assez draconiennes qui viendront amputer le niveau de vie des Français. Certaines sont justifiées en raison de l’état des équilibres financiers mais pas forcément avec cette brutalité et les inégalités qu’elles incluent. (En outre, certaines risquent d’être contre productives). Mais pour défendre une telle politique de rigueur encore faut-il être soi-même rigoureux. Le recrutement d’un membre de la famille comme assistant parlementaire est déjà éthiquement condamnable mais il peut l’être pénalement si cet assistant parlementaire occupe en fait un emploi fictif. Or il sera difficile à Fillon de prouver que son épouse a effectivement occupé un poste politique auprès de son mari. De ce point de vue, les arguments avancés par l’entourage de Fillon et par Fillon lui-même sont assez pitoyables. Cette affaire pourrait bien coûter à Fillon sa qualification pour le second tour des présidentielles. Il suffirait que quelques points passent de Fillon à Macron par exemple. En attendant le Parquet national financier a ouvert mercredi une enquête pour détournement de fonds publics après les révélations sur des emplois présumés fictifs de l’épouse de François Fillon, plongeant la campagne du candidat de la droite dans la crise. Selon le Canard enchaîné, Penelope Fillon, qui a toujours revendiqué distance et discrétion dans la carrière politique de son mari, a été rémunérée huit ans comme attachée parlementaire par François Fillon puis son suppléant à l’Assemblée nationale, et pendant 20 mois par « La Revue des deux mondes ». L’hebdomadaire satirique, paru mercredi, dit cependant n’avoir guère trouvé trace de ses activités. Le Parquet national financier (PNF) a annoncé mercredi avoir ouvert une enquête préliminaire pour détournement de fonds publics et abus de biens sociaux à la suite de ces révélations. L’enquête a été confiée à l’Office central de lutte contre les infractions financières et fiscales (OCLCIFF).François Fillon a réagi à cette annonce du PNF en notant dans un communiqué que le PNF avait agi avec célérité. « Cette décision particulièrement rapide permettra de faire taire cette campagne de calomnie et de mettre un terme à ces accusations dénuées de tout fondement », a-t-il dit en s’étonnant « que des faits aussi anciens et légaux fassent l’objet d’une telle campagne, à trois mois du premier tour de l’élection présidentielle ». Dans la matinée, il avait évoqué une campagne politique. « Je vois que la séquence des boules puantes est ouverte. (…) Je suis scandalisé par le mépris et la misogynie de cet article », a dit à la presse François Fillon à Bordeaux, où il a affiché sa réconciliation avec Alain Juppé, son adversaire malheureux du second tour de la primaire de la droite. « Alors parce que c’est mon épouse, elle n’aurait pas le droit de travailler? Imaginez un instant qu’un homme politique dise d’une femme, comme le fait cet article, qu’elle ne sait faire que des confitures, toutes les féministes hurleraient. » Les analystes estiment que cette affaire pourrait devenir un problème politique dans la campagne de François Fillon. « Il y a une très grande attente de probité en France et la dimension honnêteté est centrale dans les raisons de sa victoire à la primaire de la droite », explique Jean-Daniel Lévy, de l’institut Harris Interactive. « Si ça remet en cause la sincérité de son discours, ça peut être pour lui un gros problème politique. »

Interdire l’emploi d’un parent au parlement (Hamon, Valls)

Interdire l’emploi d’un parent au parlement (Hamon, Valls)

 

Les duettistes de la primaire de gauche sont au moins d’accord sur un point : il faut interdire l’emploi d’un parent au parlement. On ne peut en effet leur donner tort. Cette  possibilité au demeurant légale est éthiquement très condamnable. Dommage seulement que pour ce problème comme pour bien d’autres, Hamon et  Valls découvrent la nécessité des réformes. Environ 25 % des députés ont en effet choisi un conseiller parlementaire parmi leurs familles et les députés socialistes ne font pas exception. Hamon et  Valls font maintenant de la politique depuis une trentaine d’années, ils n’ont d’ailleurs fait que cela. Ce sont des professionnels. Il aura fallu l’affaire Fillon pour qu’ils découvrent la nécessité d’interdire la pratique de recrutement familial à l’assemblée. Une sorte de vocation tardive à l’éthique. Il en va de cette question de beaucoup d’autres. Il aura fallu cette primaire pour que les candidats tutoient de manière d’ailleurs assez superficielle les enjeux actuels très complexes en matière d’économie ou de société. 25 ans pour faire un apprentissage aussi relatif, c’est un peu long. Évidemment ces deux apparatchiks eux-mêmes députés  sont d’une certaine manière complices des avantages officiels ou officieux dans bénéficient nombre de parlementaires dont le nombre (et le train de vie) est essentiellement destiné à récompenser les baronnies qui font vivre les systèmes politiques français. La France est ainsi un des rares pays à connaître des responsables qui font une aussi longue carrière politique : 10 ans, 20,30 40 ans et même davantage. Normal que faute de renouvellement-donc de démocratie- se développe à la longue des pratiques borderline.   Manuel Valls et Benoît Hamon, candidats à la primaire de la gauche pour l’élection présidentielle, se sont donc tardivement prononcés mercredi pour l’interdiction de l’emploi de parents par des parlementaires. Les deux hommes ont été interrogés à ce sujet après l’ouverture par le Parquet financier d’une enquête sur des emplois présumés fictifs de l’épouse de François Fillon, candidat de la droite à l’élection présidentielle. Manuel Valls et Benoît Hamon se sont prononcés pour l’interdiction de cette pratique, assez courante en France. « Cette décision s’impose. Dès qu’il s’agit de deniers publics il faut être particulièrement clair mais il ne s’agit pas non plus de jeter l’opprobre sur tout le monde », a dit Manuel Valls lors du dernier débat de la primaire, sur TF1, France 2 et France Inter. Benoît Hamon est allé dans le même sens, estimant qu’en la matière, « il ne faut pas

Etats-Unis : industrie et emploi tassement ?

Etats-Unis : industrie et emploi tassement ?

 

Un léger tassement de l’industrie en novembre aussi celui de l’emploi en décembre qui pourrait suggérer un essoufflement de la croissance en tout cas un moindre dynamisme. Les livraisons de produits d’usine au global ont reflué de 0,1% en novembre, après une augmentation de 0,9% le mois précédent. Les stocks de produits d’usine sont restés inchangés, avec un ratio stocks/livraisons à 1,34 en novembre. Les commandes en carnet des usines ont reculé de 0,1% en novembre après avoir augmenté de 0,8% en octobre. Le département du Commerce a fait état vendredi d’un repli de 2,4% de ces commandes après un gain révisé en hausse à 2,8% en octobre. La baisse de novembre survient après quatre mois consécutifs de hausse et constitue le repli le plus marqué depuis décembre 2015.Du coté de l’emploi, les créations ont nettement ralenti en décembre, mais le marché de l’emploi américain reste toutefois dynamique. La première économie du monde a ainsi créé le mois dernier 156 000 emplois, selon les chiffres publiés, vendredi 6 janvier, par le Département du travail. C’est une déception par rapport aux anticipations des économistes qui s’attendaient à 175 000 créations. Le taux de chômage, lui, est reparti légèrement à la hausse à 4,7 %, soit 0,1 point de plus qu’en novembre. Sur le plan quantitatif, 2016 s’est achevée sur la création de 2,2 millions d’emplois. Il s’agit tout de même de la moins bonne performance depuis 2011. L’économie américaine a ainsi créé en moyenne chaque mois 180 000 emplois, soit un niveau nettement inférieur à celui de 2015 (225 000) et de 2014 (248 000), qui avait constitué le meilleur millésime depuis la fin des années 1990, alors que Bill Clinton était président. Pour mémoire, en décembre 2008, à la veille de l’investiture de M. Obama, le nombre de chômeurs avait explosé de 632 000, soit 7,2 % de la population active avant d’atteindre les 10 % en octobre 2009. En dépit du tassement de la croissance en fin d’année, l’économie américaine reste solide comparée aux autres zones. L’amélioration de l’emploi a justifié la première hausse des taux depuis longtemps, d’autres pourraient suivre en 2017. . Un changement de tendance qui sera nécessairement contagieux et qui risque d’affecter négativement la croissance d’une Europe qui connaît déjà une activité relativement molle. Mais les États-Unis ont toujours choisi de privilégier leur propre intérêt en utilisant le dérapage budgétaire et la baisse des taux comme levier pour relancer la croissance. Aujourd’hui la croissance est là aux États-Unis, la différence de progression du PIB est supérieure à 1 % entre l’activité américaine et l’activité européenne. Un niveau d’activité aux États-Unis qui permet par ailleurs de créer maintenant de manière significative de nouveaux emplois. La situation est toute autre en Europe qui est engluée dans la croissance molle et le chômage même si on constate une petite amélioration en 2016. Amélioration qui pourrait être de courte durée avec des perspectives moins favorables en 2017 la conséquence du relèvement des taux aux États-Unis se traduira par un relèvement du cout  de l’argent. Première conséquence les pays européens déjà corsetés par les objectifs budgétaires vont voir augmenter le coût de leur endettement et donc réduire encore leur train de vie au moment précis où au contraire il conviendrait de relancer les investissements. Pour les entreprises comme pour les ménages le coût de l’argent sera également plus élevé et affectera leur capacité d’investissement et de consommation avec un impact négatif sur l’activité générale.  Cette hausse, la première en un an, reste minime, un quart de point de pourcentage (0,25%), après presque sept ans de politique à taux zéro pour soutenir la reprise.

La fin de l’emploi avec la robotisation ?

La fin de l’emploi avec la robotisation ?

 

De l’ordre de 50% des emplois  pour pourraient être menacés en Europe  d’ici une trentaine d’années. Une évolution évidemment anxiogène car la robotisation et d’une manière générale la numérisation pénètre nombre d’activités. À noter toutefois que les grandes mutations économiques ne sont pas nouvelles. Avant la seconde guerre mondiale l’activité et l’emploi étaient majoritairement portés par l’agriculture. Aujourd’hui l’agriculture ne représente plus que de l’ordre de 3 % du PIB. Même déclin pour l’industrie qui représentait il y a une quarantaine d’années 55 % du PIB, un pourcentage ramené aujourd’hui autour de 15 % (et seulement 10 % en France). Les services ont pris la place des anciennes activités et les emplois avec. Les services représentent à peu près 80 % du PIB. Ceci étant,  certains emplois de service seront aussi bousculés par la numérisation qui va investir de plus en plus le processus de production. Resteront alors les emplois amont et aval qui exigeront un assez haut niveau de qualification,  aussi les autres emplois requérants une présence humaine dont certains de très haute qualification et d’autres basiques. Notons que dans le même temps nous nous ne connaissons pas encore les nouveaux produits et services qui apparaîtront d’ici 30 à 40 ans. Autant dire que des activités vont disparaître, d’autres être assuré de manière robotisée et que beaucoup vont naître pour satisfaire des besoins nouveaux. Ce qui caractérise la période c’est peut-être l’accélération des transformations car le monde a connu davantage d’évolution pendant les 30 glorieuses que pendant des siècles et des millénaires, une mutation qui s’est encore accélérée au cours des 20 dernières années Dans un article paru sur ITG, on rend compte d’une étude de  l’institut européen Bruegel qui a publié les résultats de l’enquête menée par un économiste et un ingénieur d’Oxford. Leur constat est alarmant : 50% des emplois européens sont menacés par les ruptures technologiques dans les décennies qui viennent.

 

Cette étude pose que la part des emplois impactée par les évolutions technologiques pourrait varier entre 45 et 60% dans les états membres de l’Union Européenne. En France, le risque est estimé à 49,54%.   Cet impact serait multi-facteur : l’automatisation de métiers peu qualifiés, l’augmentation de la puissance de calcul des programmes informatiques qui permettent d’automatiser des tâches humaines, la mutation de l’économie. En effet, ayant subi une perte de son appareil productif industriel et ayant fait le choix de l’économie de l’intelligence, l’Europe semble menacée de déséquilibre social, ce qui pourrait toucher en premier lieu les salariés les moins qualifiés. Le phénomène s’accroit également par la pénurie récurrente de profils orientés vers les nouvelles technologies alors que le besoin des entreprises est croissant en la matière. Le taux moyen de menace serait de 54% contre 45% aux États-Unis qui semblent mieux préparés à cette transition. Au sein même des pays européens, les pays scandinaves tirent (encore) leur épingle du jeu : la part d’emplois menacée par les évolutions informatiques serait plus faible en Suède (46,69%) et au Royaume-Uni (47%). La France n’est d’ailleurs pas distanciée dans ce classement puisqu’avec les Pays-Bas elle reste en dessous du taux de 50%, dépassé par l’Allemagne (51%). Sans surprise, les pays les plus menacés du fait de leur retard technologique sont respectivement la Roumanie (62%), le Portugal (59%), puis la Croatie (58%) et la Bulgarie (56,5%). Autant de transformations qui pourraient à terme favoriser des nouvelles formes d’emploi comme le portage salarial. En effet, les salariés s’orienteraient progressivement vers des formes plus autonomes, plus souples et plus adaptés à ces nouvelles compétences et ces nouvelles communautés de travail. Tous les spécialistes de l’emploi semblent s’accorder sur les conséquences sur l’emploi de l’émergence de processus d’intelligence artificielle et de la robotisation divise encore les spécialistes : le  marché de l’emploi va changer. La question se pose désormais sur la rapidité de l’évolution et surtout sur la prise de conscience des pouvoirs publics. Une nouvelle étude du Pew Research Center a publié le 6 août 2014 intitulée « AI, Robotics and the future of jobs ». Pour celle-ci, le Centre a interrogé près de 2000 experts du sujet. La question essentielle qui se posait était : la robotisation des processus industriels et des services créera-t-elle plus d’emplois qu’elle n’en détruira ? Le résultat est très partagé car près de 48% des répondants répondent que oui et 52% estiment que non Deux conception s’affrontent logiquement. Les plus favorables estiment que l’intelligence humaine va se déplacer vers de nouveaux métiers, de nouveaux usages, de nouvelles façons d’utiliser des technologies et donc de nouvelles ressources. Ils s’appuient principalement sur le marché de l’emploi américain qui a su se redresser depuis plusieurs mois grâce aux géants de l’Internet et leur implantation Outre-Atlantique. Pour les plus pessimistes, l’accélération est tellement rapide qu’un nombre important d’employés prendra du temps avant de retrouver un emploi. En effet, l’arrivée prochaine de nouveaux modèles autonomes de voitures, de l’utilisation de drones peuvent avoir des effets en cascade comme la menace de secteurs établis tels que le secteur de l’assurance, qui était basé sur une économie de la possession et non de l’usage. Dans cette nouvelle économie, une partie infime de travailleurs, de vrais experts pourrait s’en sortir mais la précarisation de la majorité pourrait également en découler : une disparition de la classe moyenne souvent évoquée. Les systèmes publics d’éducation et de formation ne semblent donc vraiment pas adaptés à cette mutation en cours. Ainsi, l’économiste britannique Jeremy Bowles a déclaré « Les conclusions de ces estimations sont évidentes : si nous croyons que la technologie sera capable de surmonter les obstacles traditionnels dans le domaine des tâches cognitives non routinières, nous devons doter la prochaine génération de travailleurs de compétences qui leur permettent de tirer profit des technologies plutôt que d’être menacés par celles-ci ».  La France semble avoir récemment pris conscience de ce constat en proposant désormais à ses étudiants d’accéder à des cours de codage informatique dés l’école primaire. Cela suffira-t-il à pallier « l’inadéquation des compétences » décrite par l’Organisation internationale du travail et la pénurie de compétences dans les domaines IT régulièrement pointés par la Commission Européenne ?

 

Industrie, robotisation et emploi

Industrie, robotisation et emploi

 

La situation de l’emploi est évidemment liée au niveau d’activité mais aussi à la structure de cette dernière. Or force est de constater que l’industrie ne cesse de régresser en France pour ne plus représenter que de l’ordre de  10 % du PIB tandis que les services représentent de l’ordre  de 80 % ; un phénomène mondial puisque la part de l’industrie dans le PIB est  passée de 55% à 15% en 40 ans.  S’ajoute à ce phénomène celui de la robotisation. Pour remettre en perspective ces évolutions, Re.sources a sollicité Jean-Marc Daniel. Ce spécialiste de l’histoire économique pose son regard sur 40 ans de désindustrialisation apparente, dévolution économique de robotisation, et d’emploi.

La part des services dans le PIB français n’a cessé d’augmenter depuis les années 1970 alors que celle de l’industrie est orientée à la baisse. De quelles transformations ces évolutions opposées témoignent-elles?

La part de l’industrie dans le PIB baisse comme cela avait été le cas auparavant de celle de l’agriculture. C’est une évolution assez naturelle qui traduit l’amélioration du pouvoir d’achat de la population et l’évolution de la productivité industrielle. L’amélioration du pouvoir d’achat conduit à la diversification de la consommation. Et cette diversification se porte maintenant vers des objets ou des produits qui ne sont pas comptabilisés comme des produits industriels. Ainsi, avec le vieillissement de la population et l’amélioration des techniques médicales, c’est maintenant le secteur de la santé qui occupe une place croissante dans le PIB. Le deuxième facteur est l’évolution de la productivité, c’est-à-dire de l’efficacité du processus productif. Il faut de moins en moins d’heures de travail humain pour produire un même objet. Cela débouche sur une baisse des coûts et in fine une baisse ou une moindre augmentation des prix des produits industriels. Lorsque l’on a créé la TVA il y a 60 ans, le taux sur les automobiles était de 33 % car c’était à l’époque un produit de luxe compte tenu de son prix. L’automatisation croissante du secteur fait que maintenant, pratiquement tout le monde a une automobile. Là encore on retrouve un mécanisme que l’on a connu avec l’agriculture. La production industrielle en 20 ans a légèrement augmenté mais son poids dans le PIB a baissé parce que ses prix ont augmenté moins vite que les prix des services et que les revenus. Ces gains de productivité et les baisses de prix relatifs qui en découlent sont une bonne chose car cela améliore le pouvoir d’achat général.

 

Quel est l’impact concret de ces évolutions sur l’emploi ?

 

Soyons clairs : l’impact est une baisse de l’emploi industriel. C’est le principe du « grand déversement » décrit dans les années 60 par l’économiste Alfred Sauvy. Les pays développés ont connu d’abord l’exode rural. Ils connaissent en ce moment une forme d’« exode industriel » qui traduit une mutation des emplois. Le chômage de long terme n’est pas dû à la disparition de l’emploi industriel mais aux obstacles que tout un chacun rencontre dans la création d’entreprises, qui freinent l’émergence des secteurs productifs appelés à prendre le relai de l’industrie.

 

Au regard de la situation économique du pays, faut-il se réjouir ou au contraire redouter ces évolutions ?

Pour moi, il faut s’en réjouir et plutôt se désoler de la lenteur des mutations. Il y a dans ce pays un discours de nostalgie de l’industrie à l’ancienne, des usines avec des cheminées qui fument, des ingénieurs en blouse grise avec une règle à calcul dans leur poche. L’usine de demain sera une chaîne de robots produisant pour peu cher des produits de plus en plus sophistiqués. Elle occupera des ingénieurs travaillant sur ordinateur et des services de maintenance très pointus. Comme les robots sont sensibles à la poussière, celui qui passera l’aspirateur aura une mission essentielle. Mais plus besoin des travailleurs de force que les travaux pénibles usaient prématurément.

La faiblesse de notre situation est le retard que nous prenons dans la robotisation par rapport aux pays comparables. En ce sens, les discours sur la sauvegarde des emplois et leur traduction sous forme de baisses des cotisations sociales sont catastrophiques. Une politique intelligente repose sur l’employabilité des acteurs en fonction des emplois de demain et non pas du maintien coûte que coûte des emplois d’hier.

 

La baisse de l’industrie vous paraît-elle inéluctable?

En termes d’emplois, elle est non seulement inéluctable mais indispensable : il faut de la productivité et donc des robots qui remplacent les hommes. En termes de valeur ajoutée, nous allons assister à une remontée de la part de l’industrie pour des raisons extérieures à l’industrie. En effet, c’est désormais le tour des prix des services de commencer à baisser. Dès lors mécaniquement, la part des services dans la valeur ajoutée baissera, faisant remonter celle des autres secteurs. Là encore, on assiste à ce phénomène pour l’agriculture. Nous allons ensuite vers des gains de productivité considérables dans les services grâce aux NTIC. On peut en espérer en particulier une baisse sensible des effectifs de la fonction publique, ce qui réduira la part non marchande de la production et augmentera simultanément celle des autres secteurs.

 

Cette baisse est-elle pour autant synonyme d’un déclin de l’industrie selon vous? Si oui, faut-il y remédier?

Malgré le phénomène des pays émergents quittant l’agriculture pour l’industrie, la part de l’industrie recule dans le PIB de la planète. C’est la dynamique des prix relatifs dont nous avons abondamment parlé dans les questions précédentes. En France, cette dynamique s’accompagne d’une spécialisation nouvelle qui se traduit par des délocalisations mais aussi par l’apparition de nouvelles activités. L’Europe s’est construite à ses débuts sur le charbon et l’acier, deux activités qui ont reculé fortement. En France, on ne produit plus du tout de charbon. Cela n’a pas réduit pour autant notre revenu.

 

Au regard de la répartition entre l’industrie et les services, la France vous semble-t-elle se distinguer des autres pays développés?

La France est dans la situation des pays développés. Néanmoins, sa production industrielle est inférieure à celle de l’Allemagne, mais aussi de l’Italie et du Royaume-Uni. C’est dû à un problème qui dépasse le cas de l’industrie : ce problème est celui que pose notre faible croissance. Cette faible croissance n’est pas imputable à une quelconque désindustrialisation mais à un manque général de dynamisme entrepreneurial. A force de matraquer fiscalement les entreprises et de s’évertuer à préserver le passé, on sacrifie l’avenir. Au lieu de baisser les salaires directs ou indirects, on doit baisser le coût de l’investissement, laissé les entreprises utiliser comme elles l’entendent leurs profits et leur permettre de reprendre la course à la croissance au travers notamment de l’innovation. La robotisation

Impact robotisation sur l’emploi

Impact robotisation sur l’emploi

 

Dans un article paru sur France info,  François Lenglet s’interroge sur l’impact des robots sur nos emplois. Qu’il s’agisse de l’industrie ou des services, les robots sont amenés à avoir une place de plus en plus importante. L’intelligence artificielle est aussi en plein essor, portée par les projets de grands groupes comme Facebook. Faut-il s’inquiéter de cette évolution ? Comment repenser notre rapport aux machines, dans notre vie professionnelle comme personnelle ? Entretien croisé entre le philosophe Michel Serres, membre de l’Académie française, et l’essayiste Hakim El Karoui, consultant chez Roland Berger, qui a piloté une étude remarquée sur les impacts de l’automatisation.

 

François Lenglet : Michel Serres, vous êtes un philosophe français éminent. Etes-vous un « robot-optimiste » ? Comment envisagez-vous notre cohabitation, nos interactions futures avec les robots ?

 

Michel Serres : Tout dépend de ce que vous appelez un robot. Si, pour vous, il s’agit d’une machine qui se trouve dans une usine, au sein d’une chaîne, il s’agit d’une machine comme une autre. Ce que je trouve terrifiant, ce sont des robots que l’on rencontrerait dans la rue, qui auraient une forme humaine et que nous ne saurions pas reconnaître. Cela me rendrait mal à l’aise de rencontrer ces « gens », ces robots dans la rue. Est-ce possible ? Je ne le sais pas.

 

Et vous, Hakim El Karoui, êtes-vous optimiste face à l’émergence de ces « machines humanoïdes » ?

Hakim El Karoui : Cela dépend de quel point de vue vous vous placez. En termes d’innovation, des produits et des services nouveaux apparaissent, et cela peut être formidable pour la société. Nous allons pouvoir nous libérer de certaines tâches qui étaient très désagréables. En termes d’impact sur l’organisation de notre société, nous avons des raisons d’être un peu plus inquiets. Les personnes très qualifiées vont pouvoir fabriquer et utiliser des robots. D’autres, beaucoup moins qualifiées, sauront les entretenir ou travailler dans le domaine des services à la personne. Mais la classe moyenne, elle, s’inquiète : les domaines dans lesquels elle travaille sont en passe d’être automatisés.

 

Michel Serres : Oui, cela se voit déjà avec les ordinateurs. Vous voyez des personnes très qualifiées, très spécialisées dans ces ordinateurs, et des personnes qui n’arrivent pas vraiment à s’y adapter. C’était déjà une réalité pour le livre : il y a un décalage entre celui qui s’adapte à la nouveauté, à la nouvelle technologie, et celui qui ne s’adapte pas.

 

Hakim El Karoui, vous avez réalisé une étude pour Roland Berger qui prédit la disparition de trois millions d’emplois en France d’ici à 2025. A terme, 40% des emplois français seraient menacés par l’automatisation…

Hakim El Karoui : Oui, ce chiffre représente environ la moitié des emplois qui seront, à terme, automatisés. Bientôt, vous ne verrez plus d’hommes dans les usines, ou seulement quelques-uns qui vérifieront le travail des robots. Ce qui est nouveau, c’est que vous verrez des robots sur des chantiers de construction, ou que certains métiers intellectuels seront effectués par des logiciels. Car le robot, cela peut aussi être un logiciel qui automatise les tâches. Si vous prenez l’exemple des comptables ou des journalistes, aujourd’hui, certains logiciels font déjà leur travail. Les professions intellectuelles pourront, elles aussi, être remplacées par des machines. Mais de nouveaux métiers vont aussi voir le jour. Gérer des immenses bases de données, par exemple, faire du community management ou être chasseur de drones. Des emplois apparaissent et d’autres disparaissent, c’est normal. Nous allons voir une accélération des destructions. Sera-t-on capable d’accélérer les créations ?  

 

S’oriente-t-on vers une société où le travail se fait plus rare ?

Hakim El Karoui : Un certain type de travail deviendra plus rare – le travail moyennement qualifié. Il y aura toujours des emplois dans les services à la personne, dans les domaines où la relation humaine est très importante. Nous aurons toujours besoin de métiers très intellectuels, produisant une forte valeur ajoutée. Mais que se passe-t-il entre ces deux types de métiers ? Là, de vraies questions se posent. Ce qui s’est passé avec la mondialisation pour les cols bleus pourrait se produire pour les cols blancs. Nous avons mis en concurrence les ouvriers français et occidentaux avec les ouvriers assez qualifiés des pays émergents. Le travail est parti. Il risque de se passer la même chose pour les cols blancs : le travail ne partira plus vers les pays émergents, mais vers les robots.

Certains économistes, envisageant un avenir largement automatisé, estiment qu’il faudra mettre en place un revenu universel afin de subvenir aux besoins des victimes de la mécanisation. Hakim El Karoui, cela vous paraît-il être une évolution probable et souhaitable ?

Hakim El Karoui : Ce n’est ni vraiment probable, ni vraiment souhaitable. Cela fonctionnerait si les nouveaux emplois permettaient la création de beaucoup de richesse, une richesse qui pourrait ensuite être redistribuée. La révolution technologique que l’on connaît aujourd’hui ne crée pas énormément de richesse. Ou plutôt, elle en crée beaucoup, mais celle-ci revient à un très petit nombre de personnes. Cela implique une mauvaise redistribution, qui rend la possibilité d’un revenu universel peu crédible. Et en termes sociaux, personne ne peut croire qu’une société où les gens ne travaillent pas soit une bonne nouvelle, et que nous ayons envie d’aller dans cette direction.

 

Depuis plusieurs mois, des scientifiques alertent sur le fait que les machines vont devenir de plus en plus puissantes, au point de nous dominer et de nous contrôler. Parmi ces voix, on compte celle du grand scientifique britannique Stephen Hawking. Cette peur des machines, de l’intelligence artificielle, a-t-elle toujours existé ?

Michel Serres : Cela dépend de ce que l’on entend par intelligence artificielle. L’invention de l’écriture a créé une intelligence « objectivée », dans le manuscrit, dans le livre et dans l’imprimé. Il y avait déjà là un dépassement de l’homme. Vous n’avez pas lu l’ensemble de la Bibliothèque nationale de France, moi non plus ! Nous sommes déjà dépassés. La mémoire de votre ordinateur est bien plus importante que la vôtre. Ce dépassement de l’intelligence artificielle est connu depuis toujours. Nous assistons à une accélération de ce dépassement, mais ce n’est pas une nouveauté. Je ne souhaite pas être bêtement optimiste, mais la technophobie me fait parfois rire. Nous sommes, de fait, liés à de nombreuses technologies. La technologie nous dépasse presque toujours, mais elle nous aide aussi. Si l’humanité doit disparaître, je pense que cela sera pour d’autres raisons que l’intelligence artificielle.

 

Hakim El Karoui, il existe déjà, à Hong Kong, un robot siégeant au conseil d’administration d’une société. Il est sollicité par les hommes pour ses conseils et son analyse. Peut-on imaginer qu’une entreprise soit un jour dirigée par un robot ?

Hakim El Karoui : On peut l’imaginer. Dans le cas de Hong Kong, il s’agit en fait d’un logiciel. Ce dernier traite une infinité de données : il dispose de tellement de cas de figures possibles dans sa base de données qu’il est capable de prendre des décisions. Cela existe aussi en médecine. Le robot Watson est aujourd’hui un meilleur prescripteur que les médecins les plus compétents, simplement parce qu’il dispose de millions de cas possibles et qu’il est capable de les analyser. Mais il manque de la sensibilité dans tout cela. Tout devient rationnel. Et dans le monde économique comme dans la vie, tout n’est pas rationnel. Peut-être verrons-nous un jour un robot chef d’entreprise, mais ce ne sera probablement pas le meilleur. Un très bon chef d’entreprise doit se fier à son instinct, il doit réagir aux évolutions de la société et du marché, avoir de la créativité.

 

Michel Serres : Dans ces cas-là, nous tombons dans une rationalisation totale où le format est roi. Or l’invention et l’innovation, c’est sortir du format. Le travail du chef d’entreprise, c’est d’inventer l’avenir, d’une certaine manière. L’intelligence n’est jamais dans le format. Ce qui fait l’avenir, c’est justement l’imprévisible, l’inattendu. Le robot, lui, ne fera toujours que du format.

La fin de l’emploi avec la robotisation ?

La fin de l’emploi avec la robotisation ?

 

De l’ordre de 50% des emplois  pour pourraient être menacés en Europe  d’ici une trentaine d’années. Une évolution évidemment anxiogène car la robotisation et d’une manière générale la numérisation pénètre nombre d’activités. À noter toutefois que les grandes mutations économiques ne sont pas nouvelles. Avant la seconde guerre mondiale l’activité et l’emploi étaient majoritairement portés par l’agriculture. Aujourd’hui l’agriculture ne représente plus que de l’ordre de 3 % du PIB. Même déclin pour l’industrie qui représentait il y a une quarantaine d’années 55 % du PIB, un pourcentage ramené aujourd’hui autour de 15 % (et seulement 10 % en France). Les services ont pris la place des anciennes activités et les emplois avec. Les services représentent à peu près 80 % du PIB. Ceci étant,  certains emplois de service seront aussi bousculés par la numérisation qui va investir de plus en plus le processus de production. Resteront alors les emplois amont et aval qui exigeront un assez haut niveau de qualification,  aussi les autres emplois requérants une présence humaine dont certains de très haute qualification et d’autres basiques. Notons que dans le même temps nous nous ne connaissons pas encore les nouveaux produits et services qui apparaîtront d’ici 30 à 40 ans. Autant dire que des activités vont disparaître, d’autres être assuré de manière robotisée et que beaucoup vont naître pour satisfaire des besoins nouveaux. Ce qui caractérise la période c’est peut-être l’accélération des transformations car le monde a connu davantage d’évolution pendant les 30 glorieuses que pendant des siècles et des millénaires, une mutation qui s’est encore accélérée au cours des 20 dernières années Dans un article paru sur ITG, on rend compte d’une étude de  l’institut européen Bruegel qui a publié les résultats de l’enquête menée par un économiste et un ingénieur d’Oxford. Leur constat est alarmant : 50% des emplois européens sont menacés par les ruptures technologiques dans les décennies qui viennent.

 

Cette étude pose que la part des emplois impactée par les évolutions technologiques pourrait varier entre 45 et 60% dans les états membres de l’Union Européenne. En France, le risque est estimé à 49,54%.   Cet impact serait multi-facteur : l’automatisation de métiers peu qualifiés, l’augmentation de la puissance de calcul des programmes informatiques qui permettent d’automatiser des tâches humaines, la mutation de l’économie. En effet, ayant subi une perte de son appareil productif industriel et ayant fait le choix de l’économie de l’intelligence, l’Europe semble menacée de déséquilibre social, ce qui pourrait toucher en premier lieu les salariés les moins qualifiés. Le phénomène s’accroit également par la pénurie récurrente de profils orientés vers les nouvelles technologies alors que le besoin des entreprises est croissant en la matière. Le taux moyen de menace serait de 54% contre 45% aux États-Unis qui semblent mieux préparés à cette transition. Au sein même des pays européens, les pays scandinaves tirent (encore) leur épingle du jeu : la part d’emplois menacée par les évolutions informatiques serait plus faible en Suède (46,69%) et au Royaume-Uni (47%). La France n’est d’ailleurs pas distanciée dans ce classement puisqu’avec les Pays-Bas elle reste en dessous du taux de 50%, dépassé par l’Allemagne (51%). Sans surprise, les pays les plus menacés du fait de leur retard technologique sont respectivement la Roumanie (62%), le Portugal (59%), puis la Croatie (58%) et la Bulgarie (56,5%). Autant de transformations qui pourraient à terme favoriser des nouvelles formes d’emploi comme le portage salarial. En effet, les salariés s’orienteraient progressivement vers des formes plus autonomes, plus souples et plus adaptés à ces nouvelles compétences et ces nouvelles communautés de travail. Tous les spécialistes de l’emploi semblent s’accorder sur les conséquences sur l’emploi de l’émergence de processus d’intelligence artificielle et de la robotisation divise encore les spécialistes : le  marché de l’emploi va changer. La question se pose désormais sur la rapidité de l’évolution et surtout sur la prise de conscience des pouvoirs publics. Une nouvelle étude du Pew Research Center a publié le 6 août 2014 intitulée « AI, Robotics and the future of jobs ». Pour celle-ci, le Centre a interrogé près de 2000 experts du sujet. La question essentielle qui se posait était : la robotisation des processus industriels et des services créera-t-elle plus d’emplois qu’elle n’en détruira ? Le résultat est très partagé car près de 48% des répondants répondent que oui et 52% estiment que non Deux conception s’affrontent logiquement. Les plus favorables estiment que l’intelligence humaine va se déplacer vers de nouveaux métiers, de nouveaux usages, de nouvelles façons d’utiliser des technologies et donc de nouvelles ressources. Ils s’appuient principalement sur le marché de l’emploi américain qui a su se redresser depuis plusieurs mois grâce aux géants de l’Internet et leur implantation Outre-Atlantique. Pour les plus pessimistes, l’accélération est tellement rapide qu’un nombre important d’employés prendra du temps avant de retrouver un emploi. En effet, l’arrivée prochaine de nouveaux modèles autonomes de voitures, de l’utilisation de drones peuvent avoir des effets en cascade comme la menace de secteurs établis tels que le secteur de l’assurance, qui était basé sur une économie de la possession et non de l’usage. Dans cette nouvelle économie, une partie infime de travailleurs, de vrais experts pourrait s’en sortir mais la précarisation de la majorité pourrait également en découler : une disparition de la classe moyenne souvent évoquée. Les systèmes publics d’éducation et de formation ne semblent donc vraiment pas adaptés à cette mutation en cours. Ainsi, l’économiste britannique Jeremy Bowles a déclaré « Les conclusions de ces estimations sont évidentes : si nous croyons que la technologie sera capable de surmonter les obstacles traditionnels dans le domaine des tâches cognitives non routinières, nous devons doter la prochaine génération de travailleurs de compétences qui leur permettent de tirer profit des technologies plutôt que d’être menacés par celles-ci ».  La France semble avoir récemment pris conscience de ce constat en proposant désormais à ses étudiants d’accéder à des cours de codage informatique dés l’école primaire. Cela suffira-t-il à pallier « l’inadéquation des compétences » décrite par l’Organisation internationale du travail et la pénurie de compétences dans les domaines IT régulièrement pointés par la Commission Européenne ?

 

Prime à l’embauche dans les PME : pas d’effet sur l’emploi ?

Prime à l’embauche dans les PME : pas d’effet sur l’emploi ?

La question est posée mais reste sans réponse nette dans une étude de l’INSEE. La difficulté est d’ordre méthodologique car il faudrait comparer la même période avec et sans prime, ce qui est évidemment impossible. Du coup on ne peut pas en déduire sil s’agit d’un effet d’aubaine, c’est à dire d’une opportunité pour les entreprises de recevoir uen aide alors qu’elles auraient de toute manière embaucher quand même en absence d’aide ou si inversement ce soutien financier a été créateur d’emploi. Pas sûr qu’une  aide de 166 euros par mois ait été suffisamment incitateur pour une charge patronale de l’ordre de 3000 euros.  L’aide a cependant rencontré un gros succès puisque environ 1,1 million d’employeurs ont souhaité la percevoir, d’après le ministère du travail. Elle  consiste à verser chaque trimestre 500 euros (maximum) sur deux ans (au plus) pour toute personne embauchée, à condition que son salaire soit inférieur ou égal à 1,3 smic. Près de 54 % des recrutements en CDD d’au moins six mois et 36 % des embauches en CDI en « ont bénéficié », selon l’étude de l’Insee, qui souligne que ces « taux de recours » sont calculés sur tous les contrats, y compris ceux qui ne peuvent pas entrer dans le dispositif (la rémunération étant supérieure à 1,3 smic). Autrement dit, les pourcentages seraient plus élevés si le nombre de primes était rapporté aux seuls contrats payés à hauteur de 1,3 smic ou moins.

Quoi qu’il en soit, l’engouement a été réel, en particulier dans les très petites entreprises (TPE) de moins de dix personnes : 77 % des embauches effectuées par celles-ci, sous la forme de CDD d’au moins six mois, en ont bénéficié.

Toutefois, l’impact de la prime se révèle incertain. Elle « ne semble pas avoir eu d’effet facilement interprétable sur les [recrutements] en CDI », écrit l’Insee. En revanche, le nombre de nouveaux CDD d’au moins six mois s’est accru plus vite « dans les entreprises de moins de 250 salariés (…) que dans les plus grandes [qui ne sont pas éligibles au dispositif] ». Y a-t-il une relation de cause à effet ? Difficile à dire, répond l’Insee, car les employeurs qui avaient le droit de recevoir ce coup de pouce financier « ont pu être sensibles aux conditions conjoncturelles favorables ». L’Insee a, de ce fait, tenté d’identifier un « effet propre à la prime » en se focalisant « sur les entreprises qui sont proches du seuil d’éligibilité », légèrement en dessous et légèrement au-dessus de 250 personnes. Il en a conclu qu’il y avait des écarts entre sociétés éligibles et sociétés non éligibles, mais qu’ils « sont trop faibles pour que l’on puisse les attribuer à un effet propre à la prime ». La mesure, ajoute l’étude, a « peut-être » une incidence « sur les embauches dans les entreprises de taille plus petite, mais il est difficile de se prononcer sans hypothèses supplémentaires ». Ce constat confortera les tenants de la thèse selon laquelle le dispositif crée un effet d’aubaine, leur argument consistant à dire que des entreprises ayant touché l’aide auraient, de toute façon, étoffé leurs effectifs, même si la mesure n’avait pas été prise. D’autres enquêtes conduites antérieurement parviennent à des résultats différents de ceux de l’Insee. En août, la direction du Trésor avait diffusé une note disant que la prime pourrait, in fine, contribuer à créer quelque 60 000 emplois supplémentaires en 2016 (estimation faite avant l’annonce de la prolongation du dispositif par François Hollande, en juin). L’institut de conjoncture COE-Rexecode aboutit à un résultat guère éloigné (50 000 créations de poste).

Les créations d’emplois du privé : 145 000 en un an

Les créations d’emplois du privé : 145 000 en un an  

En dépit d’une petite croissance (tendance sas doute de 1.1%  pour le PIB, le secteur privé crée des emplois. Mais des emplois souvent plus précaires (CDD, intérim et emplois aidés°).  En outre la croissance industrielle reste à peu près à plat. Le chômage s’améliore aussi grâce au plan formation. L’amélioration pourrait être très temporaire car la croissance en 2017 sera inférieure à celle déjà faiblarde  de 2016. Sur un an, ce sont donc  145.100 emplois qui ont été créés dans le privé, un total suffisant pour absorber la hausse de la population active et, une fois pris en compte les dispositifs (formation des chômeurs, contrats aidés) mis en place par le gouvernement, faire baisser le chômage. Mais l’Insee a annoncé dans le même temps une rechute de la production industrielle au mois de septembre (-1,1%) après son rebond du mois d’août qui avait mis un terme à trois mois consécutifs de baisse. L’industrie, un secteur en situation de destruction nette d’emplois depuis 2001, continue d’enregistrer des performances décevantes, sa production, qui stagne sur un an, restant bien-deçà de ses niveaux d’avant-crise. Les créations d’emplois du troisième trimestre ont été portées par l’intérim, qui a connu une hausse de 29.600 postes, et le tertiaire. Pour les économistes, la tendance reste fragile, au vu notamment de la faiblesse de la croissance économique. Celle-ci ne dépassait pas 1,1% sur les douze mois à fin septembre et devrait péniblement atteindre 1,3% cette année, selon les dernières prévisions (dont celle de la Commission européenne actualisée mercredi Elle reste en-deçà du seuil de 1,5% toujours jugé nécessaire pour faire baisser vraiment le chômage, souligne Ludovic Martin, économiste du Crédit agricole. Notons enfin que le taux de chômage était de 9.3% en 2012 et qu’il est de 9.3% en 2016.

(Avec Reuters)

Etats-Unis : emploi en hausse

Etats-Unis : emploi en hausse

Le nombre de créations d’emplois non-agricoles a atteint 161.000 le mois dernier et les chiffres  d’août et de septembre ont été révisés en hausse de 44.000 au total, a annoncé vendredi le département du Travail. Les économistes interrogés par Reuters s’attendaient à 175.000 créations de postes en octobre, sur la base d’une première estimation à 156.000 pour le mois de septembre. Le taux de chômage a baissé d’un dixième de point, à 4,9%. La publication du rapport sur l’emploi pour le mois d’octobre intervient à quatre jours de l’élection présidentielle américaine mais les économistes ne pensent pas qu’elle influera sur le résultat du scrutin. « Il y a un tel bruit actuellement, tout le monde vocifère. Je ne vos vraiment pas quelle donnée économique pourrait avoir une grande incidence sur l’élection en elle-même », a dit Sam Bullard, économiste de Wells Fargo Securities. Une hausse des taux directeurs de la Fed en décembre, largement anticipée, pourrait être remise en cause par le résultat du scrutin de mardi. L’issue incertaine du scrutin avec la remontée dans les sondages du candidat républicain Donald Trump a déstabilisé les marchés financiers. « L’élection peut remettre en cause le plan de la Fed, en particulier si un résultat très serré conduisait un des candidats ou les deux à le contester devant les tribunaux », a dit Paul Ashworth, économiste de Capital Economics. Le rythme des créations de postes a ralenti alors que le marché du travail se rapproche du plein emploi et que la reprise économique amorcée après la crise financière de 2007-2009 perd de l’allant. L’économie américaine a créé en moyenne 181.000 emplois par mois depuis le début de cette année contre 229.000 par mois en moyenne en 2015. Les créations de postes sont toutefois encore largement suffisantes pour absorber les nouveaux entrants sur le marché du travail. La présidente de la Fed, Janet Yellen, a dit qu’un peu moins de 100.000 créations de postes mensuelles étaient nécessaires pour faire face à la croissance de la population en âge de travailler. Le scénario d’une hausse de taux directeurs le mois prochain est aussi conforté par la croissance des salaires. Le salaire horaire moyen a augmenté de 10 cents, soit 0,4% après 0,3% en septembre. Sur un an, sa progression ressort à 2,8%, le rythme le plus élevé depuis juin 2009, après 2,6% en septembre, l’accélération s’expliquant en partie par un effet calendaire.

(Avec Reuters)

Fillon veut 15 ministres « compétents » : où ? À pôle emploi ?

Fillon veut  15 ministres « compétents » : où ? À pôle emploi

 

François Fillon veut réduire de manière drastique le nombre de ministres à une quinzaine, en outre il les veut compétents. Dés lors,  on se demande où il va bien les recruter. À pôle emploi peut-être ? Il est clair en tout cas qu’il aura des difficultés à trouver les qualifications souhaitées dans le personnel politique actuel pour l’essentiel presque tous des fonctionnaires ou des apparatchiks qui vivent de la politique depuis des années. C’est bien le drame de l’impuissance du monde politique. D’ailleurs François Fillon n’exclut pas de recruter des personnalités de la société civile.  S’inscrivant en faux contre ceux qui disent que des ministres de la société civile ont des difficultés en politique car ils ne connaissent pas les codes, le député de Paris a cité plusieurs noms de personnalités de droite et de gauche qui ne venaient pas au départ du monde politique comme André Malraux, Georges Pompidou, Pierre Messmer, Raymond Barre, René Monory, Simone Veil à droite, Robert Badinter, Hubert Curien et Claude Allègre à gauche. « J’ai été pendant 25 ans spécialiste des questions militaires et on m’a nommé aux affaires sociales », a-t-il dit, rappelant qu’il avait exercé cette fonction sous Jacques Chirac, dans le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin. Celui que les sondages placent en troisième position dans la primaire a égratigné ses concurrents en leur reprochant de ne pas aller assez loin dans l’allongement du temps de travail pour les fonctionnaires (il propose 39 heures par semaine) et dans la baisse des charges sur d’autres salaires que les plus bas de l’échelle. Il a dit accepter qu’on le qualifie de « Thatchérien », reconnaissant le mérite de Margaret Thatcher d’avoir « redressé » la Grande Bretagne pendant son passage au 10 Downing Street.

(Avec RTL)

12345...10



L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol