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Transition écologique: L’urgence de la formation des élus et fonctionnaires

Transition écologique: L’urgence de la formation des élus et fonctionnaires

 

Un appel qui mérite d’être entendu car la problématique environnementale ressemble aujourd’hui à une espèce d’auberge espagnole où tout est confirmé en même temps que le contraire. L’urgence serait sans doute de créer des formations qualifiantes reposant sur des bases réellement scientifiques et non sur les seules convictions désintéressés 

 

La transition écologique ne peut pas attendre cinq ans de plus, estime un collectif de fonctionnaires rassemblés au sein de l’association Une fonction publique pour la transition écologique (FPTE), qui demande plus de formation et des moyens pluriannuels.

 

Nous, collectif de fonctionnaires engagés pour une transition écologique, demandons à Emmanuel Macron de former et d’outiller les principaux élus du pays et les cadres dirigeants de la fonction publique en début de mandat, afin qu’ils prennent réellement conscience des enjeux et engagent enfin et véritablement notre pays dans une transition écologique, climatiquement soutenable et socialement juste, en cohérence avec l’accord de Paris de 2015 et les objectifs européens.

L’urgence est là, les solutions existent, martèlent les rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) pour le climat et la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) pour la biodiversité.

Trois volets de mesures nous paraissent urgents et nécessaires. Nous proposons l’organisation de plusieurs séminaires de sensibilisation et de travail sur la transition écologique, sur le modèle de la convention citoyenne pour le climat, qui rassemblera pendant six jours un groupe composé d’élus (parlementaires, présidents de collectivités), de hauts fonctionnaires contribuant à la décision publique (directeurs généraux d’administration centrale et de collectivités, préfets, membres de cabinets ministériels), de représentants du monde économique et associatif et de citoyens tirés au sort.

Le cadre pédagogique particulier de la convention citoyenne a montré son efficacité. La diversité du public permet les rencontres, les coconstructions, et aux services publics d’imaginer et de mettre en œuvre des politiques sectorielles et transversales cohérentes avec d’autres acteurs.

La formation massive des hauts fonctionnaires déjà en poste, en particulier ceux qui exercent des responsabilités importantes ou évoluent dans six ministères prioritaires (économie et industrie, agriculture, intérieur, travail, affaires sociales et santé, environnement), devra être mise en œuvre, notamment lors de changements de fonctions.

 

En formation initiale, le tronc commun institué pour les principales écoles de service public doit être un véritable temps de formation en équipe pluridisciplinaire et surtout interécoles, qui incite à la coopération et à la collaboration sur le terrain. Outre que le module consacré à l’environnement nécessite d’être pérennisé et inscrit dans le temps long, les sujets environnementaux doivent intégrer l’ensemble du cursus afin qu’ils ne soient jamais occultés.

Immunité financière pour les élus !

Immunité financière pour les élus !

La professeure de droit Stéphanie Damarey se demande, dans une tribune au « Monde », si le nouveau régime de responsabilité financière des gestionnaires publics permet encore à la Cour des comptes de contrôler l’emploi des fonds publics.

La mise en place d’un régime unifié de responsabilité financière pour les gestionnaires publics était attendue. Elle prend corps avec l’ordonnance du 23 mars 2022 et vise à établir un régime de responsabilité par lequel les acteurs de l’exécution budgétaire ont à rendre des comptes sur l’emploi fait des fonds publics mis à leur disposition.

Présentée par Pierre Moscovici, président de la Cour des comptes, comme confortant la centralité du juge financier dans un nouvel ordre juridictionnel rénové, cette réforme apparaît toutefois décevante et interroge. Avec ce nouveau dispositif, la Cour des comptes est-elle encore en capacité de contrôler l’emploi de ces fonds ?

C’est une réelle inquiétude qui résulte de la lecture des dispositions de cette ordonnance alors que le cadre juridique retenu va limiter les possibilités d’engager la responsabilité des gestionnaires publics. Pour s’en convaincre, il faut comprendre que les principaux ordonnateurs que sont les ministres et les élus locaux vont échapper, sauf à de rares exceptions, à leur responsabilité.

Cette immunité avait été dénoncée notamment par le précédent président de la Cour des comptes, Didier Migaud, qui avait espéré qu’avec cette réforme tous les gestionnaires publics, sans exception, auraient à rendre des comptes. Cela ne sera pas le cas et cela doit interpeller alors que le modèle français présente, sur ce point, une réelle singularité. Pour les modèles européens les plus proches avec lesquels une comparaison peut être faite (Italie, Espagne, Portugal), les ministres comme les élus locaux sont responsables de l’emploi fait des fonds publics.

En France, avec l’actuel régime, ils ne le sont que rarement. Ainsi, un seul ministre a eu à rendre des comptes au juge financier à l’occasion de l’affaire Carrefour du développement (gestion de fait impliquant Christian Nucci, alors ministre de la coopération). Tandis que leur immunité est totale devant cet autre juge financier qu’est la cour de discipline budgétaire et financière (CDBF). Une exclusion qui avait empêché l’examen de la responsabilité financière de Mme Lagarde (« affaire Tapie »).

S’agissant des élus locaux, le nouveau régime reprend les cas d’ouverture restrictifs qui avaient déjà été retenus par le législateur en 1948 lors de la création de la CDBF. Autre écueil du texte, les chambres régionales des comptes perdent leurs compétences juridictionnelles. Ce point doit alarmer. Les chambres régionales des comptes (CRC) avaient été créées pour rapprocher l’examen des comptes publics des territoires.

La violence contre les élus révélateur du mal démocratique ?

La violence contre les élus révélateur du  mal démocratique ?

L’un des défis de la démocratie française sera de réfléchir aux conditions de la légitimité effective des élus, soumis aujourd’hui à une violence qui fait suite à la défiance envers la politique. Par Jean-Baptiste Juillard, Sorbonne Université dans la « Tribune ». 

À la fin du XIXe siècle, la France connut une vague d’attentats anarchistes, dont les deux événements paroxystiques furent la bombe lancée par Auguste Vaillant le 9 décembre 1893 dans la Chambre des députés, qui ne fit aucun mort, et l’assassinat du président de la République Sadi Carnot à Lyon le 24 juin 1894, par Sante Geronimo Caserio. Si la radicalité de cette violence paraît lointaine, et l’anarchisme moins en vue, les représentants politiques sont encore la cible de violences.

Dans le contexte du débat sur le passe vaccinal, nous avons ainsi assisté à une « multiplication » de menaces extrêmement violentes proférées contre des parlementaires de la majorité, à une échelle rarement observée par le passé. La députée LREM Aurore Bergé a de ce fait appelé à la constitution d’un « front commun contre la violence dans le débat public ». Quelque temps auparavant, à l’été 2019, le maire de Signes, Jean-Mathieu Michel, trouvait la mort, renversé par la camionnette d’un maçon qui avait été rappelé à l’ordre par l’élu alors qu’il déposait illégalement sur la voie publique des encombrants.

Un an après cet événement tragique, c’est le maire de Portbail, Francis d’Hulst, qui fut victime d’une agression physique alors qu’il rappelait l’interdiction de campement sauvage. Ces faits interpellent et étonnent d’autant plus que le mandat de maire est le seul à bénéficier d’un niveau de confiance supérieur à 50 % dans la population française, d’après les données du baromètre de la confiance politique Sciences Po – Cevipof.

En réaction à ces événements, plusieurs parlementaires se sont emparés du sujet. En octobre 2019, le sénateur Philippe Bas a remis un rapport d’information « Sur les menaces et agressions auxquelles sont confrontées les maires », à partir de la consultation de 10,90 % des maires de France ou assimilés, soit 3812 élus, lesquels déclarent à 92 % avoir été victimes de violences physiques ou verbales, allant de l’incivilité à l’agression physique caractérisée.

En avril 2021, les députés Naïma Moutchou et Philippe Gosselin ont été rapporteurs d’une mission sur les « entraves opposées à l’exercice des pouvoirs de police des élus municipaux » dans le but d’améliorer la sécurité des élus locaux. D’après les chiffres du rapport, issus du ministère de l’Intérieur, en 2020, 1 276 agressions ont eu lieu sur des élus locaux en France, dont 505 agressions physiques, ce qui représente un triplement du volume des faits par rapport à l’année précédente. Les autres agressions courantes sont des outrages, des atteintes au domicile ou encore des dégradations de véhicules.

S’il convient de réagir rapidement avec des mesures juridiques adéquates et opérationnelles, il est aussi nécessaire de comprendre cette augmentation massive à la lumière de l’évolution de la place de l’élu et des transformations de la légitimité en démocratie. S’agit-il d’un problème conjoncturel ou structurel, amené à se déployer encore à l’avenir ?

La violence envers les élus est non seulement inacceptable sur le plan moral et répréhensible sur le plan pénal, mais elle est aussi et surtout difficilement compréhensible sur le plan politique.

Comment en effet peut-il y avoir violence sur la personne qui a reçu l’onction du suffrage universel dans une démocratie ? L’élu est le pivot du système représentatif, dont Benjamin Constant a montré dans un fameux discours sur la « Liberté des Anciens comparée à celle des Modernes » (1819) qu’il était historiquement le mieux à même de préserver nos libertés.

Élire, c’est choisir et investir une personne d’un pouvoir, certes limité et temporaire, mais réel et effectif, exercé au nom de l’intérêt général. Ce faisant, le statut d’élu, dans l’imaginaire culturel et symbolique, est nécessairement associé à un respect spécifique, qu’illustre notamment le port cérémoniel de l’écharpe, aux couleurs du drapeau. Les parlementaires jouissent d’une immunité, qui vaut pour les opinions et les votes exprimés dans le cadre de leur mandat, et n’est bien évidemment pas une protection pour les infractions qu’ils commettraient dans leur vie privée. Les mandats locaux ont été de plus en plus encadrés à la faveur de la décentralisation.

Légitimé par l’histoire, protégé par un statut, assisté par des collaborateurs, entretenu par des indemnités, l’élu devrait pouvoir exercer son mandat en toute tranquillité, au-delà des contestations et controverses qui animent la vie démocratique. Comment expliquer dès lors cette forme de désacralisation de l’élu ?

Dans un livre intitulé La Contre-démocratie Pierre Rosanvallon, historien et ancien professeur au Collège de France, s’intéresse à « la politique à l’âge de la défiance ». Nous serions entrés dans une démocratie de sanction, où le rejet se manifesterait plus visiblement et directement que l’adhésion à un projet.

C’est en effet un véritable changement de nature de l’élection auquel nous assistons selon Pierre Rosanvallon, puisqu’il ne serait plus désormais tant question de choisir que « de procéder à des éliminations », d’où le terme employé de « désélection » (II, 3. La politique négative). Analyser le système politique exige de prendre en considération les actes d’empêchement, dans la mesure où le corps civique se scinde en plusieurs groupes qui portent la contestation par des actions ciblées. En parallèle de l’apathie politique qui produit un « consentement par défaut », il y aurait à l’œuvre un « pouvoir d’empêchement » exercé par un « citoyen négatif », c’est-à-dire un citoyen qui s’oppose et dit non. La participation à la vie politique serait désormais devenue « essentiellement hostile », dominée par le désaveu et ses expressions diverses.

Le président du Sénat Gérard Larcher a contribué à la popularité d’une formule selon laquelle un bon élu local est « à portée d’engueulade » et doit en un sens le rester pour être au plus près des réalités. L’expression, très parlante, a même été reprise par le président de la République après la gifle qu’il a reçue en juin 2021 lors d’un déplacement dans la Drôme. Le chef de l’État appelait alors à distinguer l’expression d’une colère légitime, de la haine et de la violence qui n’ont pas leur place en démocratie.

Il existe bien un combat politique, comme le veut l’expression commune, mais trouve-t-il encore véritablement à s’exprimer ? La philosophe Chantal Mouffe considère que le triomphe d’une vision libérale excessivement et illusoirement consensuelle du politique se fait au détriment des oppositions parfois radicales qui devraient pouvoir s’exprimer en démocratie. Elle défend ainsi une vision « agonistique » du politique, terme issu du grec agôn qui renvoie au conflit et à la lutte.

Cela suppose de reconnaître une véritable légitimité à son adversaire. Dans une démocratie plurielle, reposant sur de véritables oppositions, l’opposant est à la fois combattu et reconnu, celui-ci « ne sera pas considéré comme un ennemi à abattre mais comme un adversaire dont l’existence est légitime et doit être tolérée. » A-t-on encore des ennemis ? Oui, répond la philosophe, qui propose de réserver le terme pour désigner ceux qui « mettent en question les bases mêmes de l’ordre démocratique », comme elle l’écrit dans La politique et ses enjeux (1994).

De l’adversaire à l’ennemi ?

Abattre l’ennemi (2021) est le titre, explicite, d’un ouvrage de l’avocat et pamphlétaire Juan Branco où il cible sans nuance :

« la caste représentative et intermédiante – journalistes, élus, intellectuels et autres « décideurs » et « commentateurs » – qui étouffe notre démocratie et ne conçoit pas que cette dernière puisse exister sans eux ».

Dans une vidéo diffusée sur sa chaîne YouTube, qui compte près de 100 000 abonnés, sous le titre « Prendre Paris », il imagine la conquête révolutionnaire de la capitale. Le choix des mots semble ici dépasser la vision précédemment exposée, pour entrer dans un véritable combat à mort avec un adversaire érigé en un ennemi absolu. Sans rejeter par ailleurs toute forme d’élection, l’auteur souhaite un plus grand contrôle des élus par le peuple, associé à la possibilité d’organiser des référendums d’initiative citoyenne.

En 2019, dans Crépuscule, il s’employait à dévoiler au grand jour les coulisses « sanglants » du pouvoir et plus précisément les ressorts de l’ascension des hommes politiques contemporains, qu’il assimile à de la corruption pure et simple.

Mélangeant faits, interprétations et aspects plus personnels, sans « témoignage sourcé », l’ouvrage a quoi qu’il en soit donné le ton d’un discours acerbe, radical et violent envers la grande majorité des représentants politiques actuels.

Comment redonner de la légitimité aux élus ? En mettant en place un contrôle renforcé de la délégation de pouvoir, par exemple la procédure de révocation en cours de mandat, portée par La France insoumise. On se souvient que Rousseau, au chapitre VII de ses Considérations sur le gouvernement de Pologne, plaidait déjà pour le mandat impératif, qui consiste à demander aux élus d’agir conformément à des instructions prédéfinies, comme remède au « mal terrible de la corruption ». Or, la Constitution de la Ve République rejette le mandat impératif (article 27) au profit du mandat représentatif.

Une autre piste de réflexion de fond est l’amélioration de la représentativité, comme le propose Pierre Rosanvallon dans Le Parlement des invisibles (2014). En intégrant les discours et vécus des citoyens les plus éloignés de la vie politique, il serait possible de dépasser le sentiment d’abandon et le rejet des élus qui s’y associe. L’idée d’introduire une dose de proportionnelle aux élections législatives, afin d’offrir une meilleure représentation politique, est d’ailleurs fréquemment évoquée dans le débat public, mais toujours pas réalisée.

Dans L’ange et la bête. Mémoires provisoires (2021), le ministre de l’Économie et des Finances et de la Relance, Bruno Le Maire, décrit le mouvement des « gilets jaunes » comme une véritable « crise de régime », révélant « l’obsolescence de nos institutions », source de colère et de contestation. D’où l’idée d’entreprendre un travail de refondation de celles-ci, afin de répondre à ce nouveau malaise démocratique.

Quoi qu’il en soit, l’un des défis à venir de la démocratie française sera assurément de réfléchir aux conditions de la légitimité effective des élus, au-delà du vote même, afin de retrouver le chemin d’une démocratie animée mais apaisée.

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Par Jean-Baptiste Juillard, Professeur agrégé de philosophie, doctorant en philosophie et théorie politique, Sorbonne Université

L’auteur effectue sa thèse sous la direction de Pierre-Henri Tavoillot.

Violences contre les élus: pas la solution ( B. Cazeneuve)

Violences contre les élus: pas la solution ( B. Cazeneuve)

  • La violence contre les élus de la République doit cesser estime Bernard Cazeneuve dans l‘Opinion qui en même temps constate  que la faiblesse du débat public et des réponses attendues par les Français aux maux qu’ils vivent et aux inquiétudes qu’ils éprouvent entretient immanquablement la violence contre les élus.

 

 

Les faits de menaces graves et les atteintes volontaires à leur intégrité physique ont doublé en un an et prennent désormais d’inquiétantes dimensions : insultes publiques à caractère raciste, misogyne et antisémite, intimidations devant le domicile privé des représentants du suffrage universel, saccages des permanences et agressions caractérisées des personnes, menaces d’exécution par balle et de décapitation… La liste est longue des manquements aux valeurs de respect et de concorde qui ont constitué la source à laquelle notre Nation a puisé son inspiration, pour affirmer son ambition humaniste et universelle.

En passe de devenir les cibles de tous les ressentiments et des colères accumulées au fil du temps, les serviteurs de l’intérêt général se trouvent démunis face au déchaînement de la violence. Faut-il demeurer silencieux, au risque de devenir complice de ce profond délitement démocratique ? C’est que l’idée même de représentation est désormais frontalement contestée et à travers elle la pérennité de l’Etat de droit, puisque la banalisation de la violence contre les élus laisse à penser qu’elle serait devenue « légitime ».

Cette violence appelle une réaction forte de l’ensemble du peuple français. Il serait illusoire de penser qu’elle épargnera les citoyens eux-mêmes et ne débouchera pas à terme sur l’affrontement de tous contre tous

Disons-le sans détour, la cote d’alerte est largement dépassée pour notre démocratie. Notre communauté nationale se nourrit du pluralisme et du débat qui doit en résulter. Notre République ne vit que parce que des citoyens parmi tous les autres sont prêts à assumer des fonctions publiques d’intérêt général et à assurer partout sur le territoire national l’indispensable dialogue quotidien avec leurs compatriotes.

Les réseaux dits « sociaux » ne peuvent pas devenir l’incubateur de la haine ni le nombre des « followers » servir d’encouragement à la propagation de la violence extrême et décomplexée. Comme le courage n’est pas toujours la modalité de ces appels à la transgression, c’est dans l’anonymat et dans l’ivresse de la communication virtuelle qu’ils trouvent à s’épanouir.

Cette violence exige une réponse ferme de la part des services compétents de l’Etat. Elle appelle également une réaction forte de l’ensemble du peuple français. Il est de notre devoir individuel et collectif de lutter contre cette agressivité lancinante qui présage d’une grave impasse démocratique. En outre, il serait illusoire de penser que la violence épargnera les citoyens eux-mêmes et ne débouchera pas à terme sur l’affrontement de tous contre tous. Tel est le sens de l’appel au retour à l’éthique de la responsabilité, que nous devons avoir en partage, car cette tension délibérément entretenue commande un sursaut de la part des responsables politiques, notamment à l’approche de l’échéance présidentielle.

Les partis n’arrivent plus à produire une pensée articulée. Les égos contribuent à déstabiliser un débat public sans repères et à démonétiser encore un peu plus une parole publique désormais sans boussole

La faiblesse du débat public et des réponses attendues par les Français aux maux qu’ils vivent et aux inquiétudes qu’ils éprouvent entretient immanquablement la violence contre les élus. Profondément affaiblis,les partis n’arrivent plus à produire une pensée articulée et à proposer des projets de société structurés. Les égos sont bien trop marqués et uniquement obsédés par le son de leur propre écho, contribuant à déstabiliser un débat public sans repères et à démonétiser encore un peu plus une parole publique désormais sans boussole.

C’est sur ce terreau dangereusement appauvri que se déroule la campagne pour l’élection présidentielle. Trop de candidats ont fait le choix de l’outrance, préférant les postures calculatrices aux positions claires, n’employant que des mots tranchants et blessants dans un débat anémié où l’écoute, l’échange et la recherche du compromis n’ont plus leur place.

La disparition des corps intermédiaires à laquelle ils ne sont pas étrangers, faute d’une résistance suffisante à l’air du temps, fait la part trop belle à la verticalité. L’absence d’espaces de délibération où pourrait se déployer une discussion apaisée et rationnelle risque d’engendrer un grave court-circuit démocratique et laisser à la foule le soin de trahir une nouvelle fois le peuple, en l’abandonnant à ses passions tristes.

L’irruption du « Convoi de la liberté » au cœur de cette campagne déjà affaissée laisse craindre – comme au moment du mouvement des Gilets jaunes et à la suite des agitations antivax – une nouvelle poussée de fièvre hexagonale dont les élus et les citoyens ne manqueront pas de faire les frais. Surfer sur cette tension serait d’un cynisme coupable et constituerait une menace lourde et potentiellement grave pour la paix civile.

Ainsi, la France souffre d’un trop-plein de violence et d’une insuffisance de débat. L’élection présidentielle est pourtant le moment de la confrontation des idées. Seule une délibération républicaine digne et respectueuse permettra de faire reculer la brutalisation rampante des rapports sociaux et d’évoquer enfin les sujets qui comptent, les politiques publiques qui font la Nation, qu’il s’agisse du pouvoir d’achat, de l’urgence climatique, de la centralité de l’école dans le contrat social, des fractures territoriales ou des inégalités qui minent notre pays. Seul un échange respectueux de la diversité des points de vue permettra aux Français de reprendre leur destin en main, en d’autres termes de regagner leur pouvoir d’agir.

Le temps est sans doute venu de prendre conscience que la banalisation de la violence contre nos élus marquerait la fin de la démocratie. De même qu’il est certain que l’abaissement du débat et les provocations inutiles marqueraient la fin du vivre ensemble, qui constitue pourtant le sens profond de notre Nation.

Bernard Cazeneuve est ancien Premier ministre.

300 élus territoriaux au secours de Macron !

 300 élus territoriaux au secours de  Macron !

 

Opération débauchage par le pouvoir en place après la terrible défaite régionale. Ainsi 300 élus, dont beaucoup en attente de marocains, affichent leur soutien à Macron de manière pour le moins excessive dans le JDD.

Les signataires soutiennent l’objectif «ambitieux mais nécessaire» d’arriver à vacciner tous les Français : «Ce n’est en effet qu’en atteignant un taux de couverture vaccinale supérieur à 90% de la population que nous pourrons tourner durablement la page, retrouver une vie normale», écrivent-ils.Ce qui constitue une évidence !Plus curieux cette déclaration au plan économique:

«Sur le plan économique, nous partageons également les orientations annoncées, la priorité donnée au travail, à la production et au mérite», poursuivent les auteurs de la tribune. Selon eux, «amplifier ce mouvement est primordial pour permettre à la France de retrouver son indépendance, reprendre le contrôle de notre destin et réinscrire le pays dans une trajectoire de plein-emploi».

«Notre conviction», concluent-ils, «est que nous vivons un moment de bascule comme l’Histoire en offre parfois. L’alternative est simple : soit nous nous divisons dans des guerres picrocholines. Alors, la France passera à côté des révolutions en cours : numérique, technologique, écologique, démographique. Soit, nous faisons bloc, État et collectivités locales, dans un pacte de confiance renouvelé. Alors, notre Nation se donnera une chance de participer à l’invention du monde qui vient».

Parmi les 326 signataires figurent encore les LR Jean-Luc Moudenc (maire de Toulouse), Michèle Lutz (maire de Mulhouse) et Arnaud Robinet (maire de Reims), les ex-LR Laurent Marcangeli (maire d’Ajaccio), Hubert Falco (maire de Toulon) et Christophe Béchu (maire d’Angers), ou le PS Laurent Cathala (maire de Créteil).

Abstention : la déconnexion des élus

Abstention : la déconnexion des élus

 

Pour la professeure en science politique Céline Braconnier, l’absence d’impact du vote sur leur quotidien et le brouillage induit par la valse généralisée des étiquettes politiques continuent d’éloigner les citoyens des urnes.

 

 

Tribune dans le Monde . 
La concurrence des qualificatifs choisis pour dire publiquement l’ampleur de l’abstention enregistrée dimanche 20 juin aux régionales et départementales – « historique », « ahurissant », « phénoménal », « catastrophique » – exprime un état de sidération partagé face à une démobilisation électorale qui concerne désormais deux citoyens inscrits sur trois. 

Par elle-même, cette hausse de l’abstention ne devrait pourtant pas étonner. Elle s’inscrit dans le prolongement continu d’un mouvement de retrait des urnes qui affecte la totalité des scrutins, hormis la présidentielle, depuis la fin des années 1980. Dimanche, les jeunes n’ont été que 20 % à se déplacer. Les records d’abstention ont de nouveau été battus dans les territoires populaires des grandes métropoles dont la population est plus jeune qu’ailleurs, mais aussi moins diplômée et économiquement fragile.

 

Article réservé à nos abonnés Lire aussi  Régionales et départementales 2021 : « Le taux d’abstention historique questionne le rôle que l’Etat laisse jouer aux collectivités territoriales » 

Rappeler que seuls 11 % des inscrits ont voté le 20 juin à Vaulx-en-Velin (Rhône), 12 % à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), 17 % à Bobigny (Seine-Saint-Denis) et Sarcelles (Val-d’Oise), c’est montrer que le pays légal n’a plus rien à voir avec le pays réel. De fait, les orientations politiques des territoires sont arrêtées par des votants beaucoup plus âgés, beaucoup plus diplômés, beaucoup plus aisés que la moyenne. Il existe bien un risque accru que les programmes, comme les politiques publiques, en satisfaisant d’abord les attentes des catégories de la population qui se déplacent, renforcent le sentiment d’abandon et de déconnexion avec les institutions de ceux qui votent le moins et, donc, leur distance aux urnes.

Déconnexion marquée des élus

Au-delà des complaintes convenues, enregistrées lors des soirées électorales, il serait temps de questionner sérieusement les modalités d’activation pratique de notre démocratie représentative. La participation à la présidentielle, qui continue de mobiliser massivement, même si c’est un peu moins à chaque fois, montre qu’il n’y a pas – en tout cas pas encore – de rupture avec le vote, y compris parmi les jeunes, y compris dans les quartiers populaires. Lorsque les citoyens comprennent comment et pourquoi, et lorsqu’ils peuvent voter facilement à côté de chez eux, ils continuent de prendre part aux choix collectifs.

Relever le défi de la remobilisation électorale passera forcément par des mesures de plusieurs ordres et engagera plusieurs types d’acteurs.

Le facteur politique est le plus immédiatement visible. Une majorité de citoyens éprouve l’absence d’impact des résultats du vote sur son quotidien et déplore que les alternances politiques ne produisent pas d’alternatives dans les modes de vie. Les plus fragiles, notamment, dénoncent une déconnexion marquée des élus à l’égard des difficultés vécues, et disent ne plus rien attendre des professionnels de la politique, aucune formation partisane n’échappant à cette défiance généralisée.

Pour une valorisation du rôle des élus locaux

Pour une valorisation du rôle des élus locaux

La tribune de Jean-Pierre Raffarin et Jean-Paul Huchon dans l’Opinion

 

La question de la réforme de l’Etat se pose avec de plus en plus d’acuité dans notre pays. Nos institutions sont en effet contestées pour leur inefficacité dans la gestion des affaires publiques et leur éloignement des attentes des citoyens.

La critique est évidemment une posture classique et aisée pour qui n’exerce pas les responsabilités. Néanmoins, il devient de plus en plus évident que des évolutions majeures sont indispensables. La verticalité de l’exercice du pouvoir, l’extrême concentration de la décision aux mains de la fonction présidentielle, la faiblesse des contrepouvoirs, le coût jugé exorbitant de la dépense publique en regard de la performance de l’action publique sont, entre autres, des sujets qui méritent des changements importants.

Cette situation dégradée est l’une des causes de la crise de confiance endémique qui caractérise l’exercice des responsabilités publiques dans notre pays. Dans une période où les décideurs publics sont fortement sollicités pour répondre aux urgences de crises sanitaires, sociales et économiques, il n’est pas raisonnable d’attendre encore de longues années avant que ces décisions de changement ne soient réalisées.

L’un des points d’évolution concerne un changement majeur : l’exercice de l’action publique au niveau local. La France a un Etat dont les principes de fonctionnement ont été façonnés par la monarchie puis par l’Empire, reposant sur un pouvoir fort, personnalisé et centralisé au plus haut degré. La Révolution a installé la forme républicaine de l’Etat dans le fauteuil de la monarchie, comme l’avait observé avec beaucoup de justesse Alexis de Tocqueville. Ainsi a été perpétué l’exercice du pouvoir depuis Paris, avec ses grandes administrations centrales, omniscientes et omnipotentes. Cette organisation a présenté des avantages indéniables, garantissant l’unité du pays et créant des solidarités territoriales réelles. Mais il faut bien constater que les avantages semblent bien être devenus insuffisants en regard des faiblesses constatées aujourd’hui de la performance de l’action publique.

« Aujourd’hui, trop de politiques publiques sont décidées, dans tous leurs aspects, dans des bureaux parisiens, méconnaissant les réalités et complexités locales et conduisant à des insuffisances, voire à des échecs »

Autonomie. En ce XXIe siècle, il apparaît indispensable de rapprocher très fortement la décision publique des citoyens, afin que les politiques publiques décidées par la collectivité nationale soient immédiatement opérantes auprès des usagers qui en sont les destinataires. Aujourd’hui, trop de politiques publiques sont décidées, dans tous leurs aspects, dans des bureaux parisiens, méconnaissant les réalités et complexités locales et conduisant à des insuffisances, voire à des échecs par rapport aux résultats attendus. La France a la chance d’avoir aujourd’hui un corps d’élus locaux qui s’est forgé, au cours des quarante années passées, une capacité d’action indiscutable et dont la maîtrise des problématiques publiques est de nature à apporter un complément très riche à la décision publique dans son ensemble. Cette réalité doit être prise en compte.

Les réformes de la décentralisation ont marqué des évolutions majeures, mais elles se sont révélées insuffisantes pour modifier en profondeur la gouvernance publique de notre pays. La République hésite toujours à admettre que les élus locaux puissent disposer d’une capacité d’autonomie dans la mise en œuvre des politiques publiques.

Il est parfois objecté un risque de mise en danger de l’unité nationale, mais il suffit d’observer le fonctionnement très décentralisé de la démocratie allemande pour constater que son unité nationale n’est à aucun moment remise en cause. Une autre objection concerne la compétence des élus locaux pour gérer les politiques publiques. Les citoyens choisissent en effet, en leur sein, des élus locaux à qui ils confient les affaires publiques locales, sans savoir d’ailleurs que ceux-ci n’ont pas nécessairement tous les moyens et toute la latitude pour agir.

Les élus locaux représentent un corps d’intermédiation qui peut heureusement rétablir une action publique lisible, pertinente, efficace à force de cohérence, grâce à la proximité et au savoir-faire que génère l’action locale.

Statut minimaliste. Tous les élus locaux sont loin d’avoir suivi les cursus parisiens prestigieux permettant de rejoindre l’élite dirigeante du pays. Est-ce pour autant une raison de contester l’implication, le dévouement, le courage, l’expertise, la capacité d’innovation… des élus locaux ? Bien sûr que non. Les élus locaux représentent un corps d’intermédiation qui peut heureusement rétablir une action publique lisible, pertinente, efficace à force de cohérence, grâce à la proximité et au savoir-faire que génère l’action locale.

Les mesures d’accompagnement récemment décidées, comme les récentes lois et ordonnances, ne sont pas à la hauteur des changements nécessaires. Les élus locaux doivent se voir reconnaître par la République leur rôle d’acteurs publics de plein exercice, ce qui mettrait fin à cette considération ambiguë qui leur est actuellement concédée avec une évidente réticence par l’Etat central. A titre d’exemple, il est frappant de constater que les cadres administratifs locaux ont un statut pleinement reconnu, intégré à la fonction publique, alors que les décideurs que sont les élus locaux n’ont qu’un statut minimaliste, dont les dispositions sont partielles, incomplètes et incohérentes.

Il convient de rétablir de la cohérence dans le modèle de notre Etat. Si les élus locaux doivent continuer à être des acteurs majeurs de la performance des politiques publiques, précieux auxiliaires de l’Etat, et s’ils doivent par là même reconstruire un lien de confiance entre l’action publique et les citoyens, tellement mis à mal aujourd’hui, alors ils doivent se voir reconnaître ce rôle par la République moderne à laquelle notre pays a droit.

Une telle décision serait un acte majeur qui entraînerait l’adoption d’un vrai statut de l’élu local, couvrant les droits et devoirs que la puissance publique doit à ses serviteurs. En particulier, cette nouvelle considération permettrait aux élus locaux d’accéder à des formations de grande qualité, à l’instar du modèle dont bénéficient les administrateurs territoriaux. De ce fait, la décision publique locale allierait compétences accrues et pertinence inhérente à la proximité. En complément, ce statut reconnaîtrait effectivement un vrai droit à l’insertion dans le monde professionnel une fois la cessation d’un mandat d’élu.

Un vrai nouvel acte de décentralisation consisterait donc à reconnaître, dans la Constitution, le rôle des élus locaux comme acteurs à part entière de l’édifice de l’Etat républicain. Une telle évolution n’est pas que politique : elle est dictée par l’exigence de sauvegarder une action publique dont tout le monde s’accorde à penser qu’elle est essentielle et déterminante pour maintenir la cohésion de la société et donc de notre nation.

C’est en ce sens que nous pensons qu’il est temps de prendre le chemin d’une aussi belle et prometteuse réforme, étape indispensable à franchir alors qu’émergent sous nos yeux les failles et faiblesses de l’organisation actuelle de l’Etat face à la crise sanitaire qui nous assaille.

Jean-Pierre Raffarin est ancien Premier ministre, président des Leaders pour la paix. Jean-Paul Huchon, ancien président de la région Ile-de-France, président de l’Institut français de gouvernance publique.

Pandémie Dunkerque : les élus reculent

Pandémie Dunkerque : les élus reculent

 

La situation à Dunkerque est presque incontrôlable avec notamment un taux de d’incidence de 901 cas pour 100 000 habitants quand la moyenne nationale est de l’ordre de 200 cas. Une situation beaucoup plus grave encore qu’à Nice  et sa région.

 

Pourtant les élus locaux, sans doute préoccupés par des considérations électorales (les prochaines départementale et régionales) reculent  devant l’obstacle. Contrairement à Nice, ils n’ont pas eu le courage de prendre les mesures de confinement qui s’imposaient considérant qu’il valait encore donner une  chance aux mesures de protection classiques. Et de proposer pour l’ensemble de la zone le port du masque notamment ! Comme si cette mesure pratiquée avec une assez grande discipline dans l’espace public partout en France constituait une mesure réellement nouvelle !

Des responsables locaux qui se fondent sur une situation qui serait moins grave dans le département. Cependant avec 293 cas pour 100.000 habitants, il est bien supérieur à la moyenne nationale (201,7 cas pour 100.000 habitants) mais encore très inférieur à celui des Alpes-Maritimes (583,2). Dans le Pas-de-Calais voisin, il a augmenté de plus de 15,5 points pour dépasser les 340 cas pour 100 000 habitants. À juste titre des élus locaux ont réclamé que la gestion des mesures de protection sanitaire puisse être de la responsabilité des élus locaux en lien avec le préfet.

Une perspective soutenue par le gouvernement bien content de se débarrasser de la patate chaude. Mais on mesure à travers les réticences de certains élus locaux combien ce transfert de responsabilité met en lumière les contradictions de la politique sanitaire.

Covid-19: colère des élus locaux contre Olivier Véran

Covid-19: colère des élus locaux contre Olivier Véran

Une colère assez justifiée des collectivités locales qui reprochent surtout à Olivier véran. et à son administration de prendre des décisions du niveau central sans pratiquement aucune concertation avec les élus. Évidemment le motif de mécontentement concerne notamment les bars et les restaurants dont beaucoup ont sans doute disparaître compte tenu des énormes pertes de chiffre d’affaires au cours de l’année.

Les critiques ne cessent de monter à l’égard du ministre de la santé dans les décisions paraissent de plus en plus floues et de plus en plus contradictoires. Le président de la république lui-même avait semblé secouer un peu son ministre. Il faut dire qu’après le scandale des masques, le ministre de la santé ne s’est guère montré plus cohérent pour gérer la pagaille en matière de tests.

Certes Olivier Ferrand est assez prolixe il parle, il parle énormément au point d’ailleurs de noyer son auditoire dans une espèce de flou pseudo scientifique. En tout cas il est devenu la cible de nombre de responsables locaux, les élus des Bouches-du-Rhône en particulier vivent aussi ces annonces comme une douche froide. Renaud Muselier, le président de la région Paca, était toujours très remonté contre Olivier Véran jeudi matin, au lendemain du vif échange qu’il avait eu avec le ministre. Muselier lui a dit tout le mal qu’il pensait de sa méthode et des conséquences économiques de sa décision. Ces tensions se sont illustrées par une véritable passe d’armes sur les réseaux sociaux avec Véran. En fin d’après-midi, le président de Paca annonçait même sur Twitter le dépôt d’un «recours en référé-liberté contre l’arrêté préfectoral, avec des restaurateurs et des cafetiers directement touchés par les mesures annoncées. Ensemble, nous manifesterons demain matin devant le Tribunal de commerce de Marseille».

Michèle Rubirola, la maire de Marseille, a exprimé sa «colère» en affirmant qu’elle n’avait pas été «consultée» et dénoncé une décision infondée.  Renaud Muselier conteste la conception de la concertation d’Olivier véran : «Un coup de téléphone n’est pas une concertation, quand l’appel est passé à 18 h 30 pour une intervention à 19 heures, dans la précipitation. Cette décision est unilatérale, inadaptée et injuste! Vous pensez être courageux, en fait vous perdez votre sang-froid.» Pour couronner le tout, l’Association des maires de France a mis en garde le gouvernement, considérant que cette «méthode autoritaire, solitaire et non concertée» portait «en elle un risque d’ajouter à la crise sanitaire une crise de confiance».

Covid-19: colère des élus locaux contre Olivier Véran

Covid-19: colère des élus locaux contre Olivier Véran

 

Une colère assez justifiée des collectivités locales qui reprochent surtout à Olivier véran. et à son administration de prendre des décisions du niveau central sans pratiquement aucune concertation avec les élus. Évidemment le motif de mécontentement concerne notamment les bars et les restaurants dont beaucoup ont sans doute disparaître compte tenu des énormes pertes de chiffre d’affaires au cours de l’année.

Les critiques ne cessent de monter à l’égard du ministre de la santé dans les décisions paraissent de plus en plus floues et de plus en plus contradictoires. Le président de la république lui-même avait semblé secouer un peu son ministre. Il faut dire qu’après le scandale des masques, le ministre de la santé ne s’est guère montré plus cohérent pour gérer la pagaille en matière de tests.

Certes Olivier Ferrand est assez prolixe il parle, il parle énormément au point d’ailleurs de noyer son auditoire dans une espèce de flou pseudo scientifique. En tout cas il est devenu la cible de nombre de responsables locaux, les élus des Bouches-du-Rhône en particulier vivent aussi ces annonces comme une douche froide. Renaud Muselier, le président de la région Paca, était toujours très remonté contre Olivier Véran jeudi matin, au lendemain du vif échange qu’il avait eu avec le ministre. Muselier lui a dit tout le mal qu’il pensait de sa méthode et des conséquences économiques de sa décision. Ces tensions se sont illustrées par une véritable passe d’armes sur les réseaux sociaux avec Véran. En fin d’après-midi, le président de Paca annonçait même sur Twitter le dépôt d’un «recours en référé-liberté contre l’arrêté préfectoral, avec des restaurateurs et des cafetiers directement touchés par les mesures annoncées. Ensemble, nous manifesterons demain matin devant le Tribunal de commerce de Marseille».

Michèle Rubirola, la maire de Marseille, a exprimé sa «colère» en affirmant qu’elle n’avait pas été «consultée» et dénoncé une décision infondée.  Renaud Muselier conteste la conception de la concertation d’Olivier véran : «Un coup de téléphone n’est pas une concertation, quand l’appel est passé à 18 h 30 pour une intervention à 19 heures, dans la précipitation. Cette décision est unilatérale, inadaptée et injuste! Vous pensez être courageux, en fait vous perdez votre sang-froid.» Pour couronner le tout, l’Association des maires de France a mis en garde le gouvernement, considérant que cette «méthode autoritaire, solitaire et non concertée» portait «en elle un risque d’ajouter à la crise sanitaire une crise de confiance».

Municipales: installation ici fin mai de conseillers municipaux très mal élus

Municipales installation ici fin mai de conseillers municipaux très mal élus

 

L’installation des nouveaux conseillers municipaux ayant recueilli la majorité nécessaire sera en place fin mai. On se demande de quelle légitimité démocratique ils vont disposer puisque le taux d’abstention a atteint de l’ordre de 56 %. De fait  nombre de ses conseils pourront avoir été élus avec seulement 25 % des voix. Une vraie pantalonnade démocratique qui aurait sans doute mérité de reconsidérer non seulement le second  tour mais aussi le premier .

Dans quelque 30.000 communes (sur 35.000), 431.739 élus avaient vu leur investiture reportée en raison de la crise sanitaire, comme le second tour des municipales. Le mandat des équipes sortantes avait été prolongé.

Les nouveaux élus municipaux entreront en fonction lundi 18 mai, a annoncé le premier ministre mardi, à l’Assemblée nationale. Entre le 23 et le 28 mai, ils choisiront leur maire et leurs adjoints. Le 28 mai à minuit, l’immense majorité (86%) des communes auront donc à leur tête des dirigeants renouvelés pour la mandature 2020-2026. De leur côté, les 154 intercommunalités déjà pourvues d’élus au complet désigneront leur exécutif au plus tard le 8 juin.

Des élus mal aimés : pourquoi ?

Des élus mal aimés : pourquoi ?

38 % seulement de la population ont une bonne image des lithiques et ce chiffres peut descendre jusqu’à 20 % dans les partis extrêmes. En cause, évidemment certaines affaires mais aussi le contenu général de la politique dans les domaines économique, social, sociétal et culturel. En réalité c’est le contenu même de la démocratie qui est critiqué. Avec d’une part un mode d’élection qui repose trop sur l’argent, les lobbys et les réseaux d’influence ensuite et surtout par le décalage entre les intentions manifestées lors  des campagnes électorales et les orientations prises après élection. La démocratie se limite trop souvent au dépôt d’un bulletin dans l’urne ensuite les élus se comportent  comme dans la monarchie au plan national comme dans les baronnies au niveau plus local. La concertation et le contrôle par les citoyens pendant un mandat est à peu près inexistant. Certes heureusement encore la liberté d’expression n’est pas entravée mais cela ne change rien du fait des majorités dont disposent les décideurs. L’autre phénomène qui peut expliquer le désamour vis-à-vis des élus c’est peut-être leur origine sociologique pour une grande majorité presque tous formatés de la même manière en provenance d’instituts politiques, souvent des fonctionnaires ou des barons dont la notoriété repose sur le clientélisme. Enfin trop nombreux sont les élus qui ont transformé le mandat politique en métier.

Les Français estiment d’abord que « les carrières politiques sont trop longues » (70%), que les élus « gagnent trop d’argent » (66%), qu’ »ils ont trop de pouvoirs ». Ils ne sont que 30% à penser que les élus sont compétents, 26% qu’ils sont « proches des préoccupations des citoyens », et 20% qu’ils sont honnêtes.

Concernant les actes de vandalisme commis contre des permanences d’élus de la majorité, 47% les condamnent, 44% les comprennent mais ne les approuvent pas, 9% les approuvent.

Le sondage a été réalisé auprès d’un échantillon représentatif de 1006 personnes, selon la méthode des quotas, réalisé par questionnaire auto-administré en ligne du 8 au 9 août 2019.

Aurore Bergé, « on a été élus pas les Français » !

Aurore Bergé, « on a été élus pas les Français » !

En réponse à la vague de contestation concernant la politique économique du gouvernement et en particulier les accords commerciaux CETA  et Mercosur, la députée Aurore Bergé s’indigne. Pour l’instant on n’a pas constaté de violence physique mais il est vrai que plusieurs permanences des députés de la majorité ont été murées. Aurore Bergé conteste ces actions en ressortant l’argumentation de la légitimité juridique de ces élus. Une légitimité qui ne peut être contestée mais il faut bien convenir que pour ces élections parlementaires une chèvre aurait été élu. Cela relativise donc le concept de légitimité juridique « Nous ne sommes pas entrés par effraction, nous avons été choisis par les Français », a également expliqué l’élue. Il y a aussi de la part de la jeune élue une forme d’hystérie dation de la problématique, un peu d’ailleurs comme procède Macon. L’intéressé indique en effet que des députés auraient été victimes de tirs à l’arme réelle en pleine rue ! Un peu la même dialectique que celle qui a été utilisée pour discréditer le mouvement des gilets jaunes. Point en plus Aurore Bergé indique qu’elle a elle-même été témoin de ces attaques par arme. De toute violence la jeune députée perd son sang-froid et déraille y compris en contestant le droit à la presse de diffuser la liste des députés qui ont voté en faveur du CETA.

Pour Aurore Bergé, « on cherche à générer un sentiment de peur parmi les parlementaires », soulignant que ces violences étaient inacceptables.  Par la suite, l’élue n’a pas hésité à pointer du doigt une partie violente des manifestants gilets jaunes, mobilisés depuis novembre dernier.

« Je ne sais pas si ce mouvement violent et radical dans ses méthodes est encore un mouvement social. J’ai vu mes collègues subir des attaques, des voitures personnelles brûlées, des tirs à l’arme réelle en pleine rue, et des enfants assistent à ça. C’est dangereux pour la démocratie », analyse-t-elle.

Pendant deux ans, des parlementaires laissent croire cela et donnent des arguments, ils chauffent à blanc. Je considère qu’à partir du moment où il se passe cela contre les parlementaires, journalistes ou magistrats, il y a une responsabilité, c’est mauvais pour tout le monde. »

Également pointé du doigt, un blog de Mediapart qui reprenant une liste complète des députés qui ont voté en faveur du CETA, publiant les adresses des permanences et qui selon elle incitait à la violence.

« Rien ne légitime la violence, on a le droit de débattre mais pas de contraindre par la force. Nous avons été élus et avons travaillé sur le Ceta et nous avons le droit d’avoir des divergences en démocratie. Nous ne sommes pas entré par effraction, nous avons été choisis par les Français». En tout cas pas choisi pour faire cette politique politique la !

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Sondage élus : trop payés pour 77 % des Français (OpinionWay)

Sondage élus : trop payés pour 77 % des Français (OpinionWay)

Les élus trop payés pour  77 %, selon un sondage OpinionWay pour LCI diffusé mardi. 14 % des personnes interrogées estiment toutefois que la rémunération des élus est la bonne mais seulement 8 % des sondés jugent que leur salaire n’est pas assez élevé. La défiance est un peu moins importante chez les personnes appartenant à une catégorie socio-professionnelle (CSP) supérieure. Ils sont 71 % à estimer que les élus perçoivent une rémunération trop haute contre 85 % des CSP -, détaille LCI. Le ressentiment envers les élus et leur rémunération est également plus fort en régions qu’à Paris et ses alentours. 19 % des Franciliens disent ainsi avoir confiance en leurs élus, contre 11 % des habitants du Nord-Est de la France.. Le sondage montre également que les sympathisants de Marine Le Pen sont les plus critiques envers la rémunération des élus. 93 % de ceux qui ont voté pour la présidente du Rassemblement national (ex-FN) au premier tour de la présidentielle en 2017 estiment que les élus sont trop payés. En comparaison, les partisans de Benoit Hamon sont 74 % à le penser et ceux de François Fillon 73 %, note LCI.  La rémunération des élus fait partie des sujets évoqué par les « gilets jaunes ». Certains appellent à une baisse des salaires. La semaine dernière, le porte-parole du gouvernement Benjamin avait affirmé que ce sujet était très « démago ».  »A la question de savoir s’il faut moins les payer (les élus) pour régler les problèmes, je ne tomberai pas là-dedans. Pour moi, c’est très démago. Je gagne très bien ma vie. Je travaille 100 heures par semaine, c’est un choix et je suis très heureux comme ça. Ce n’est pas anormal, quand on investit beaucoup de son temps, qu’on puisse donner des indemnités conséquentes aux élus », avait estimé le porte-parole du gouvernement.

Ce sondage a été réalisé en ligne au mois de janvier 2019 sur un échantillon de 1042 personnes majeures.

LREM : un club d’élus nationaux et/ou de supporters d’Emmanuel Macron ?

LREM : un club d’élus nationaux et/ou  de supporters d’Emmanuel  Macron ?

 

 

 

On peut éventuellement comprendre que la république en marche, mouvement construit à la hâte lors de l’élection d’Emmanuel  Macon présente un caractère très vertical, c’est-à-dire très centralisé. Les responsables nationaux ont été désignés par le sommet, lui-même auto proclamé. De même pour les députés.  Ce caractère centraliste sera confirmé lors du  congrès qui va approuver la nomination de Castaner  à la tête de la république en marche, une nomination décidée Emmanuel Macon. Pour l’avenir il faudra sans doute revenir à des conceptions plus démocratiques, moins technos est moins élitistes. Sinon la république en marche prend le risque de ne pas exister localement et de prendre une sérieuse claque aux élections locales sans parler des conséquences sur la baisse de popularité du président de la république.,   Au-delà du fonctionnement contesté  du « parti » En Marche se pose surtout la question du risque politique lié à l’ultra personnalisation du pouvoir. Hors Emmanuel Macron, aucun dirigeant, aucun ministre, aucun dirigeant  ne parvient à incarner le changement politique voulu par les français lors des dernières élections. Au plan national, les ministres sont à peine connus, le Premier ministre lui-même manifeste une discrétion inédite sous la 5éme république. Plusieurs enquêtes ont montré que les électeurs ignoraient le plus souvent le nom de leurs députés .Au plan local, c’est le désert politique total, pas de vraie structure, pas de vie collective, pas d’implication dans les problématiques territoriales et pas de relais de la politique nationale. Les comités En Marche sont réduit à des clubs de supporters et pour la majorité n’ont plus aucune vie. Or les réformes économiques, sociales, environnementales et sociétales se heurtent nécessairement aux contradictions et au corporatisme de la société française. Face à ces  réactions En Marche ne dispose d’aucun outil politique de masse pour faire remonter à temps les sensibilités locales et sectorielles, pour apporter des contributions, pour faire partager les problématiques, pour expliquer l’objet des réformes et pour  relayer le discours du gouvernement. Pour schématiser, tout repose uniquement sur Emmanuel Macron. Or on sait que la vie politique échappe rarement à des aléas qui peuvent nuire gravement à la popularité voire remettre en cause  la légitimité d’un gouvernement.  L’hyper concentration du pouvoir, type parti communiste des années 50, qui peuvent expliquer les dégâts provoqués par les frondeurs de François Hollande-  constitue cependant un risque majeur : celui de voir s’écrouler aussi vite qu’il était monté le mouvement de réforme En Marche. De ce point de vue,  le fonctionnement proposé pour la « la république en marche » n’est ni acceptable démocratiquement, ni pertinent sur le plan politique. Principal  reproche,  notamment le fait que les adhérents (tirés au sort) ne représente que 25 % du principal organisme directeur de l’organisation. Les 75 % restants sont attribués aux grands élus politiques. Le biais c’est que précisément ces 75 % d’élus politiques n’ont pas été désignés par la base mais par le sommet. Par exemple les candidatures à la députation ont toutes été examinées et décidées par un petit comité central. Du coup, on se demande légitimement  si le mouvement la république en marche va vraiment se transformer en parti dont les responsables seront élus par les adhérents ou s’il ne restera pas une sorte de club de supporters n’ayant pas voix au chapitre. Notons que les référents départementaux, sorte de secrétaires départementaux sont  aussi désignés par le sommet. On objecte à la direction que c’est pour éviter les baronnies; pas sûr que des commissaires politiques désignés d’en haut soient plus démocratiques ! La future organisation est donc fortement teintée   de centralisme démocratique ;  elle est  dirigée en fait par des élus politiques non choisis par la base. Quant au site de la république en marche, seul lien avec les adhérents, c’est une sorte de très mauvaise et très partielle revue de presse.  La quasi absence de vie démocratique et de vie tout court s’est déjà traduite par un fait politique majeur à savoir une grande désillusion lors  des élections sénatoriales. Pas étonnant dans la mesure où les grands électeurs que constituent les maires  n’ont pratiquement pas été sollicités par des instances locales d’En  Marche.  On peut comprendre que dans l’urgence, En Marche ait mis en place un fonctionnement centralisé mais pour des raisons démocratiques et politiques, ce mouvement devra à l’avenir  se construire sur d’autres bases …ou prend le risque de disparaître aussi vite.

 

République en marche : un club d’élus nationaux et-ou de supporters d’Emmanuel Macron ?

République en marche : un club d’élus nationaux et-ou  de supporters d’Emmanuel  Macron ?

 

 

 

Au-delà du fonctionnement du « parti » En Marche se pose surtout la question du risque politique lié à l’ultra personnalisation du pouvoir. Hors Emmanuel Macron, aucun dirigeant, aucun ministre, aucun dirigeant  ne parvient à incarner le changement politique voulu par les français lors des dernières élections. Au plan national, les ministres sont à peine connus, le Premier ministre lui-même manifeste une discrétion inédite sous la 5éme république. Plusieurs enquêtes ont montré que les électeurs ignoraient le plus souvent le nom de leurs députés .Au plan local, c’est le désert politique total, pas de vraie structure, pas de vie collective, pas d’implication dans les problématiques territoriales et pas de relais de la politique nationale. Les comités En Marche sont réduit à des clubs de supporters et pour la majorité n’ont plus aucune vie. Or les réformes économiques, sociales, environnementales et sociétales se heurtent nécessairement aux contradictions et au corporatisme de la société française. Face à ces  réactions En Marche ne dispose d’aucun outil politique de masse pour faire remonter à temps les sensibilités locales et sectorielles, pour apporter des contributions, pour faire partager les problématiques, pour expliquer l’objet des réformes et pour  relayer le discours du gouvernement. Pour schématiser, tout repose uniquement sur Emmanuel Macron. Or on sait que la vie politique échappe rarement à des aléas qui peuvent nuire gravement à la popularité voire remettre en cause  la légitimité d’un gouvernement.  L’hyper concentration du pouvoir, type parti communiste des années 50, qui peuvent expliquer les dégâts provoqués par les frondeurs de François Hollande-  constitue cependant un risque majeur : celui de voir s’écrouler aussi vite qu’il était monté le mouvement de réforme En Marche. De ce point de vue,  le fonctionnement proposé pour la « la république en marche » n’est ni acceptable démocratiquement, ni pertinent sur le plan politique. Principal  reproche,  notamment le fait que les adhérents (tirés au sort) ne représente que 25 % du principal organisme directeur de l’organisation. Les 75 % restants sont attribués aux grands élus politiques. Le biais c’est que précisément ces 75 % d’élus politiques n’ont pas été désignés par la base mais par le sommet. Par exemple les candidatures à la députation ont toutes été examinées et décidées par un petit comité central. Du coup, on se demande légitimement  si le mouvement la république en marche va vraiment se transformer en parti dont les responsables seront élus par les adhérents ou s’il ne restera pas une sorte de club de supporters n’ayant pas voix au chapitre. Notons que les référents départementaux, sorte de secrétaires départementaux sont  aussi désignés par le sommet. On objecte à la direction que c’est pour éviter les baronnies; pas sûr que des commissaires politiques désignés d’en haut soient plus démocratiques ! La future organisation est donc fortement teintée   de centralisme démocratique ;  elle est  dirigée en fait par des élus politiques non choisis par la base. Quant au site de la république en marche, seul lien avec les adhérents , c’ est une sorte de très mauvaise et très partielle revue de presse.  La quasi absence de vie démocratique et de vie tout court s’est déjà traduite par un fait politique majeur à savoir une grande désillusion lors  des élections sénatoriales. Pas étonnant dans la mesure où les grands électeurs que constituent les maires  n’ont pratiquement pas été sollicités par des instances locales d’En  Marche.  On peut comprendre que dans l’urgence, En Marche ait mis en place un fonctionnement centralisé mais pour des raisons démocratiques et politiques, ce mouvement devra à l’avenir  se construire sur d’autres bases …ou prend le risque de disparaître aussi vite.

 

Des élus locaux complètement drogués à la dépense publique

Des  élus locaux complètement drogués à la dépense publique

Il faut aux élus  locaux une grande dose d’hypocrisie et d’incompétence pour crier au loup vis-à-vis des mesures d’économies que souhaite imposer Macron aux collectivités locales. Le pire c’est quand ces élus locaux, aussi responsables nationaux, défendaient il y a encore quelques temps lors  de la campagne électorale des mesures encore plus contraignantes. Ces protestations des élus locaux sont à la fois indécentes et irresponsables. On sait que la plupart des responsables territoriaux ne maîtrisent  plus depuis longtemps la dérive des coûts de fonctionnement et qu’en outre ils ne cessent  de développer des projets d’investissement le plus souvent inutile. Cela vaut les très grandes administrations ou les maires  sont complètement dominées par les superstructures, ce qui explique en particulier le développement incontrôlé des effectifs locaux. Mais cela vaut aussi pour les villes moyennes et les agglomérations rurales. Les collectivités locales sont complètement droguées à la dépense publique,  ignorent tout concept d’équilibre financier et font jouer la seule variable d’ajustement en augmentant sans cesse la fiscalité. Finalement le même processus que pour l’État et qui conduit la France à un niveau 57 % du PIB pour les dépenses publiques. En son temps Giscard d’Estaing avait déclaré que si ce niveau atteignait 50 % on pourrait considérer que le pays était en régime socialiste. Il y a longtemps que ce niveau a été dépassé ! D’une certaine manière les maires ne ce conduisent pas différemment de certains gauchistes et corpos du secteur public en réclamant toujours plus de l’État et d’une manière générale de la collectivité. Pas étonnant la plupart de ces maires sont d’anciens fonctionnaires et n’entretiennent avec les équilibres financiers que des rapports approximatifs. 

République en marche : un club d’élus nationaux et- ou de fans d’Emmanuel Macron ?

République en marche : un club d’élus nationaux et- ou de fans d’Emmanuel  Macron ?

 

 

 

Au-delà du fonctionnement du « parti » En Marche se pose surtout la question du risque politique lié à l’ultra personnalisation du pouvoir. Hors Emmanuel Macron, aucun dirigeant, aucun ministre, aucun dirigeant  ne parvient à incarner le changement politique voulu par les français lors des dernières élections. Au plan national, les ministres sont à peine connus, le Premier ministre lui-même manifeste une discrétion inédite sous la 5éme république. Plusieurs enquêtes ont montré que les électeurs ignoraient le plus souvent le nom de leurs députés .Au plan local, c’est le désert politique total, pas de vraie structure, pas de vie collective, pas d’implication dans les problématiques territoriales et pas de relais de la politique nationale. Les comités En Marche sont réduit à des clubs de supporters et pour la majorité n’ont plus aucune vie. Or les réformes économiques, sociales, environnementales et sociétales se heurtent nécessairement aux contradictions et au corporatisme de la société française. Face à ces  réactions En Marche ne dispose d’aucun outil politique de masse pour faire remonter à temps les sensibilités locales et sectorielles, pour apporter des contributions, pour faire partager les problématiques, pour expliquer l’objet des réformes et pour  relayer le discours du gouvernement. Pour schématiser, tout repose uniquement sur Emmanuel Macron. Or on sait que la vie politique échappe rarement à des aléas qui peuvent nuire gravement à la popularité voire remettre en cause  la légitimité d’un gouvernement.  L’hyper concentration du pouvoir -qui peuvent s’expliquer les dégâts provoqués par les frondeurs de François Hollande-  constitue cependant un risque majeur : celui de voir s’écrouler aussi vite qu’il était monté le mouvement de réforme En Marche. De ce point de vue,  le fonctionnement proposé pour la « la république en marche » n’est ni acceptable démocratiquement, ni pertinent sur le plan politique. Principal  reproche,  notamment le fait que les adhérents (tirés au sort) ne représente que 25 % du principal organisme directeur de l’organisation. Les 75 % restants sont attribués aux grands élus politiques. Le biais c’est que précisément ces 75 % d’élus politiques n’ont pas été désignés par la base mais par le sommet. Par exemple les candidatures à la députation ont toutes été examinées et décidées par un petit comité central. Du coup, on se demande légitimement  si le mouvement la république en marche va vraiment se transformer en parti dont les responsables seront élus par les adhérents ou s’il ne restera pas une sorte de club de supporters n’ayant pas voix au chapitre. Notons que les référents départementaux, sorte de secrétaires départementaux sont  aussi désignés par le sommet. La future organisation est donc fortement teintée   de centralisme démocratique ;  elle est  dirigée en fait par des élus politiques non choisis par la base. La quasi absence de vie démocratique et de vie tout court s’est déjà traduite par un fait politique majeur à savoir une grande désillusion lors  des élections sénatoriales. Pas étonnant dans la mesure où les grands électeurs que constituent les maires  n’ont pratiquement pas été sollicités par des instances locales d’En  Marche.  On peut comprendre que dans l’urgence, En Marche ait mis en place un fonctionnement centralisé mais pour des raisons démocratiques et politiques, ce mouvement devra à l’avenir  se construire sur d’autres bases …ou prend le risque de disparaitre aussi vite.

République en marche : un club d’élus ?

République en marche : un club d’élus ?

 

 

De toute évidence on semble confondre chez la république en marche un parti politique et un club d’élus après la rencontre entre le premier ministre et les députés en marche. Une rencontre qui visait à mobiliser le parti présidentiel sur les grandes réformes. “C‘est une rentrée chargée pour enclencher la transformation du pays. Il faut faire le point sur les réformes à venir, le budget, la baisse de la fiscalité, la lutte contre le chômage”, explique-t-on dans l‘entourage d‘Edouard Philippe, qui s’était adressé à deux reprises aux élus LREM avant les vacances. Il faut noter que le gouvernement s’adresse uniquement aux élus nationaux car la république en marche n’est pas un véritable parti politique mais une sorte de club de fans. Les structures de base n’existent pas et les adhérents choisis au hasard ne représenteront en tout état de cause que 25 % des voix dans l’organe de direction. Après avoir été très impliqué dans la campagne les militants et adhérents de la république en marche se voient transformer en supporters passifs. Certes ils reçoivent nombre d’informations mais qui se réduisent pour l’essentiel à des communiqués de l’action du gouvernement. On ne demande rien aux militants de base ni de discuter, ni de se réunir encore moins de faire des propositions à la direction du parti. Bref la république en marche n’a aucune base. Une base qui pourrait cependant être dispensable pour recueillir le sentiment des Français et relayer la politique gouvernementale. Du coup, la république en marche court un énorme risque,  celui d’être un parti disposant d’une tête mais sans jambes. En outre la république en marche est complètement absente dans les débats de politique locale et régionale. Pas étonnant si la république en marche éprouve des difficultés à être présent de manière significative au Sénat par définition chambre des élus locaux. Comme la république en marche ne s’intéresse pas à la problématique locale il y a fort à parier qu’elle aura du mal à progresser au Sénat. Les experts lui promettent à peine de leur de 50 sénateurs.  Le parti présidentiel espère cependant se renforcer au Sénat, où la jeune formation a constitué un groupe, sachant que la chambre haute a de fortes chances de rester à droite à l‘issue de ce scrutin indirect renouvelant 170 sièges sur 348. “Notre objectif est de devenir le deuxième groupe le plus important du Sénat” (devant les socialistes-NDLR), explique un député. “Nous voulons y poursuivre la dynamique engagée lors de la présidentielle et des législatives”. Jusqu‘ici installé dans l‘ancien siège de campagne du candidat devenu président, dans le sud-ouest de Paris, LREM va déménager ce mois-ci dans de nouveaux locaux mais pour quoi faire si c’est pour réunir uniquement des élus nationaux ?

Macron devra se séparer et des élus douteux et des vieux crocodiles de la politique

Macron devra se séparer et des élus douteux et des vieux crocodiles de la politique

Après l’affaire Ferrand, et la nouvelle affaire concernant le MoDem de François Bayrou il sera sans doute nécessaire que Macron fasse rapidement le ménage chez les vieux crocodiles de la politique qui lui ont apporté son soutien. On comprend qu’il ne puisse le faire immédiatement car nous sommes en pleine campagne électorale. Cependant,  il devra le faire prochainement afin d’éviter que la gangrène politique garde ne gagne le mouvement « en marche ». Macon s’il veut être crédible doit se débarrasser des vieilles combines des anciens partis,  des vieux politicards et des élus douteux. Il ne manque sans doute pas de nouveaux élus de talent honnêtes pour les remplacer Pour l’instant ces affaires n’affectent pas l’audience de Macron et de ses candidats toutefois les difficiles réalités du pouvoir vont contraindre le nouveau président à mettre en œuvre concrètement les principes théoriques qu’il défend. En attendant le  parquet de Paris a ouvert vendredi une enquête préliminaire afin de faire la lumière sur les soupçons d’emplois fictifs du MoDem au Parlement européen, potentiellement nocifs pour le gouvernement à deux jours du premier tour des législatives. Cette enquête pour abus de confiance et recel a été lancée à la suite, notamment, du signalement mercredi d’un ex-salarié du parti centriste, qui dit avoir été en partie payé en 2010-2011 par des fonds normalement alloués au travail parlementaire, précise le parquet dans un communiqué. Ces soupçons visent une formation alliée au chef de l’Etat, Emmanuel Macron, et représentée au gouvernement par François Bayrou (Justice) et Marielle de Sarnez (Affaires européennes). Un troisième ministre, Sylvie Goulard (Défense), avait été élu au Parlement européen sous la bannière du MoDem en 2009 et réélue sous l’étiquette UDI-MoDem en 2014. Le Premier ministre, Edouard Philippe, a estimé sur Europe 1 que la position de François Bayrou, qui s’est érigé en avocat de la moralisation de la vie politique et prépare une loi en ce sens, n’était pas « fragilisée ». Le MoDem s’est pour sa part défendu en affirmant dans un communiqué publié jeudi avoir « respecté toutes les règles et toutes les obligations d’un employeur ». Son porte-parole, Yann Wehrling, qui accuse un membre de l’équipe municipale de Paris d’être l’auteur du signalement de mercredi au Parquet de Paris, y voit pour sa part une manoeuvre « cousue de fil blanc », au moment où des candidats du MoDem aux législatives « menacent des députés sortants socialistes ». L’affaire a démarré par une dénonciation, en mars, de Sophie Montel, eurodéputée du Front national, parti lui-même soupçonné d’avoir mis sur pied un système de rémunération frauduleuse de ses salariés avec de l’argent du Parlement européen.

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