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Twitter : Nouvelle manipulation d’ Elon Musk

 Twitter : Nouvelle manipulation d’ Elon Musk

Le milliardaire Elon Musk pourrait bien avoir des difficultés à trouver les 44 milliards qu’il a proposés pour le rachat du réseau Twitter. Et pour faire baisser la somme, il procède à une nouvelle manipulation en déclarant qu’il suspend l’achat ! L’action du groupe a plongé d’environ 20% après cette annonce dans les échanges électroniques précédant l’ouverture de Wall Street, mais s’est ressaisie ensuite et ne perdait que 8% à la mi-journée ( d’après La Tribune).

 

Le réseau social avait avancé cette estimation à l’occasion de l’annonce de ses résultats du premier trimestre fin avril. Si une plus grande partie de ses 229 millions d’utilisateurs quotidiens actifs s’avéraient être des faux comptes, ses revenus publicitaires (qui représentent 90% de son chiffre d’affaires) pourraient diminuer. De son côté, Elon Musk a fait de la lutte contre les « bots » (les comptes automatisés) un des principaux chantiers de son projet.

Deux heures après ce tweet initial, le milliardaire a ajouté dans un second tweet qu’il était « toujours engagé dans le rachat« .

Cet énième coup d’éclat d’Elon Musk pourrait n’être qu’un coup de bluff. Comme l’expliquait à La Tribune Karl Hepp de Sevelinges, avocat associé chez Jeantet, également spécialiste M&A :  »Elon Musk ne peut pas sortir du contrat, sauf si la sortie est prévue dans le contrat« . Ce dernier, plutôt standard, contient une clause de révocation, celle des  »événements défavorables significatifs« , un terme du jargon pour évoquer « des événements qui mettent en danger l’économie de l’acquisition« . Mais le juriste précisait qu’il fallait un désastre financier pour que cette clause puisse être invoquée, évoquant un cas où la société rachetée avait perdu plus de 90% de son chiffre d’affaires et un autre cas où un dirigeant de l’entreprise rachetée s’était servi dans les caisses.

Ce n’est pas tout : Twitter a prévu dans son contrat avec Elon Musk une clause contre les frasques de ce dernier, le citant nommément. Il est prévu que si l’entreprise était affectée d’une quelconque manière par les propos tenus par l’homme d’affaires, cela ne pourrait pas être pris en compte dans les critères de rupture. Autrement dit, même si le milliardaire fait baisser la valeur de l’entreprise à cause de sa communication, il ne pourrait pas, en théorie, s’en servir pour renégocier le prix du rachat. Quoiqu’il en soit, le contrat prévoit qu’en cas de rupture, même justifiée, le milliardaire doit payer 1 milliard de dollars à Twitter.

Société- Twitter racheté par Elon Musk : la menace libertiarienne capitaliste

Société- Twitter racheté par Elon Musk : la menace libertiarienne capitaliste

Au nom d’une liberté qui permet de tout dire et surtout de manipuler l’opinion, l’homme le plus riche qui vaut plus de 300 milliards  Elon Musk  veut se servir du réseau Twitter qu’il vient de racheter pour 44 milliards pour contester les règles de droit dans la société concernant aussi bien l’économie, le social, la démocratie. Une vision très proche de Trump qu’il a soutenu et l’hypocrisie du système « du renard libre dans le poulailler libre » ou l’utilisation de la démagogie et du populisme pour servir en réalité d’immenses intérêt capitalistes.

Un article diffusé par France Info fait le point des enjeux.

L’homme le plus riche de la planète, suivi par 83 millions de personnes, compte bien bousculer le petit oiseau bleu. Par le passé, il a en effet souvent regretté que les modérateurs de Twitter aillent « trop loin » et « interviennent trop », rappelle Le New York Times* . C’est d’ailleurs ce qu’il s’est empressé de redire dans son communiqué* annonçant le rachat : selon lui,  »la liberté d’expression est le fondement d’une démocratie qui fonctionne, et Twitter est la place publique numérique où sont débattues les questions vitales pour l’avenir de l’Humanité ». C’est d’ailleurs pour en être le seul maître à bord qu’il propose de retirer le réseau social des entreprises cotées en Bourse aux Etats-Unis. Une décision qui permettrait à la plateforme d’échapper à tout contrôle externe.

Quelques jours avant la finalisation du rachat, Marianne décrivait justement Elon Musk comme un « absolutiste en matière de liberté d’expression » qui « libérerait le potentiel de Twitter » en laissant les gens  »parler librement dans les limites de la loi ». « Or puisque les discours racistes et antisémites, ou encore la diffusion d’informations privées sont légaux aux Etats-Unis, ce genre de propos pourraient de nouveau être autorisés sur Twitter », fait remarquer l’hebdomadaire.

Dans une interview accordée à La Tribunele chercheur Olivier Ertzscheid, spécialiste des nouvelles technologies à l’Université de Nantes, ne peut que confirmer. « Il faut bien comprendre qu’il existe deux conceptions de la liberté d’expression. La première, plutôt américaine, est radicale : la liberté est au-dessus de tout, ce qui signifie que tout point de vue, quel qu’il soit, peut être exprimé dans l’espace public. Y compris, donc, un point de vue raciste, xénophobe, antisémite ou la diffusion d’une ‘fake news’. La deuxième conception, plutôt européenne et française, est qu’il y a des limites légales à ce qu’on peut dire dans l’espace public. »

Dit autrement, la liberté d’expression façon Elon Musk doit être  »totale », résume l’universitaire. L’utilisateur doit pouvoir écrire ce qu’il veut, sans limites, peu importe si  »l’Histoire récente a démontré que les algorithmes des réseaux sociaux ne sont pas neutres et qu’ils peuvent avoir un impact négatif majeur sur la vie démocratique, partout dans le monde, des Etats-Unis à l’Inde en passant par les Ouïghours en Chine, ou en Europe. »

D’ailleurs, Elon Musk n’a pas attendu de prendre les commandes de Twitter pour y dire tout ce qui lui passe par la tête. Il plaisante, provoque, critique, se moque… Pas plus tard que samedi 23 avril, l’entrepreneur a publié un montage photo grossophobe comparant Bill Gates à un homme enceint. Il était accompagné de la légende suivante : « Au cas où vous auriez besoin de mettre rapidement fin à une érection ».

Trois semaines après le début de la guerre en Ukraine, il proposait de défier le président russe Vladimir Poutine dans un combat « d’homme à homme ». En mars 2020, il avait qualifié de  »débile » la panique que provoquait chez les gens la pandémie de Covid-19.

La liste est encore longue. Et « Elon Musk n’a jamais été banni, ni même suspendu temporairement de Twitter pour l’ensemble de ces propos », rappelle Le HuffPost. Après tout, pourquoi l’aurait-il été ? Selon le patron de Tesla,  »les politiques des plateformes des médias sociaux sont bonnes si les 10% les plus extrêmes de gauche et de droite sont également mécontents », écrivait-il dans un tweet, le 19 avril.

 

En concluant cet accord, « Elon Musk a un projet politique derrière la tête », fait remarquer sur franceinfo Olivier Lascar, le rédacteur en chef du pôle digital de Sciences et Avenir-La Recherche. Avec Twitter, Elon Musk s’achète en réalité « un instrument d’influence », une arme de communication massive qui lui permet d’« avoir l’oreille des politiques et peut-être de trouver les amitiés » nécessaires pour son développement.

A commencer par un certain Donald Trump. L’ancien président américain, banni à vie de Twitter après l’assaut du Capitole à Washington en janvier 2021, pourrait-il y refaire son apparition ? L’intéressé a assuré sur Fox News, lundi, qu’il ne reviendrait pas, malgré l’arrivée d’Elon Musk. Il n’empêche : la prise en main du réseau social par le patron de Tesla et de SpaceX inquiète le monde politique américain. « Cet accord est dangereux pour notre démocratie. Les milliardaires comme Elon Musk jouent selon un ensemble de règles différent de tout le monde, accumulant du pouvoir pour leur propre bénéfice. Nous avons besoin d’un impôt sur la fortune et de règles strictes pour que la ‘big tech’ soit responsable de ses actes », a par exemple dénoncé la sénatrice démocrate Elizabeth Warren.

Réaction similaire du président de l’organisation pour les droits civiques NAACP.  »Monsieur Musk, la liberté d’expression est merveilleuse, le discours de haine inacceptable. La désinformation, la mésinformation et le discours de haine n’ont AUCUNE PLACE sur Twitter, prévient Derrick Johnson dans un communiqué*. Ne permettez pas à [Donald Trump] de revenir sur la plateforme… Protéger notre démocratie est de la plus haute importance, surtout à l’approche des élections de mi-mandat [en novembre]. Monsieur Musk, des vies sont en danger, tout comme la démocratie américaine. »

Dans un autre communiqué*, la codirectrice de l’ONG Free Press ne mâche pas non plus ses mots. « Elon Musk lui-même a utilisé Twitter et d’autres plateformes pour attaquer et réduire au silence d’autres personnes. Il a répandu de la désinformation sur le Covid-19 et les vaccins. Il s’est servi de Twitter pour manipuler les marchés et augmenter sa fortune déjà considérable ».

Quand il entend quelqu’un présenter Elon Musk comme un grand défenseur des libertés, Olivier Lascar raconte cette anecdote. « Dans le passé, Elon Musk a déjà démontré que la liberté d’expression avait ses limites dans sa conception, tient à souligner le journaliste, toujours sur franceinfoChez SpaceX, il n’y a que lui qui a le droit de parler, ou son numéro 2. Un internaute s’était amusé à référencer les vols de son jet privé et à les publier en commentaires des propres tweets d’Elon Musk pour montrer qu’il avait un comportement pas très vertueux en termes de dégagement de gaz à effet de serre. » L’histoire s’était terminée ainsi : le milliardaire avait fini par bloquer l’internaute sur le réseau social.

* Tous les liens suivis d’un astérisque mènent vers des contenus en anglais.

Twitter de Elon Musk : un populisme de plate-forme

Twitter de Elon Musk : un populisme de plate-forme

La communication de l’homme le plus riche du monde autour de son rachat du réseau social présente de troublantes similitudes avec le populisme tel qu’il est pratiqué par certains acteurs politiques. Par Barthélémy Michalon, Sciences Po.

 

Le feuilleton à rebondissements lancé au début de ce mois a touché à sa fin : le 25 avril, les dirigeants de Twitter et Elon Musk annonçaient être parvenus à un accord pour que le patron de Tesla et SpaceX acquière le réseau social pour une somme de 44 milliards de dollars.

Bien que Twitter compte bien moins d’utilisateurs que ses concurrents comme YouTube, Facebook, Instagram ou encore TikTok, Twitter est considéré comme un véritable outil d’influence, notamment du fait de son usage par de nombreuses figures du milieu politique, artistique et médiatique. En outre, il est fréquent que les médias dits « traditionnels » reprennent et commentent sur leur propre support ce qui a été dans un premier temps publié sur la plate-forme de l’oiseau bleu, ce qui accroît la perception et la réalité de son importance pour le discours public.

 

L’examen des différentes déclarations de celui qui deviendra bientôt le nouveau propriétaire de Twitter révèle que son approche emprunte les codes du populisme, tel qu’il est usuellement conçu et pratiqué dans l’arène politique.

Le chercheur néerlandais Cas Mudde, un des principaux spécialistes du concept, souligne que, au-delà de la diversité des pratiques observables, le populisme consiste fondamentalement à s’adresser à un « peuple » pour lui promettre la mise en œuvre d’actions qui seraient conformes à ce qui est présenté comme une forme de « volonté générale », en rupture avec les intérêts d’une supposée « élite ».

Bien que Musk n’invoque aucun de ces mots-clés de façon directe, sa communication autour de sa prise de pouvoir épouse donc les contours de ce qui caractérise un discours populiste.

Ainsi, s’il n’invoque pas un « peuple » en tant que tel, Elon Musk a fait usage de l’outil qu’il s’apprêtait à acquérir pour s’adresser directement à la communauté d’utilisateurs de la plate-forme et recueillir son opinion sur différents sujets. Si certaines questions étaient d’ordre secondaire (comme le fameux « bouton d’édition » d’un tweet déjà publié), d’autres touchaient au fonctionnement même de la plate-forme et à son impact sur la démocratie.

Ces consultations, qui ont logiquement mobilisé en premier lieu ses propres « abonnés », ont produit des résultats dans le sens désiré, ce qui lui a permis de se présenter lui-même comme le relais efficace d’attentes censées bénéficier d’un fort soutien. Une telle façon de procéder n’est pas sans rappeler la tendance, relativement marquée chez les formations politiques populistes, à convoquer des référendums ou à en promettre l’organisation dans leurs programmes électoraux.

Ces sondages en ligne, véritables défis lancés sur la place publique au statu quo, visaient également à exercer une pression notable sur ceux qui étaient alors à la tête de Twitter, ce qui est à relier à autre composante du populisme, en l’occurrence le rejet de « l’élite » au pouvoir.

Musk est ensuite allé bien plus loin dans cette direction, en affirmant que la mise à l’écart de l’équipe dirigeante en place était une condition indispensable à la mise en œuvre des transformations d’ampleur promises sur la plate-forme. Selon ses dires, c’est cette intention qui a guidé sa décision de « transformer Twitter en une entreprise privée » (elle était alors une entreprise « publique » au sens anglo-saxon, car cotée en bourse), et donc d’en prendre le contrôle de façon directe. Dans son offre d’achat, il promettait ainsi sans ambages : « je débloquerai le potentiel de Twitter ».

L’élite dirigeante était donc mise sur la touche au profit d’un seul décideur dans une position centrale : la présence d’un leader dont la personne incarne le pouvoir en place constitue justement un autre trait marquant du populisme.

Afin de satisfaire cette supposée « volonté générale », qui comme nous l’avons vu est la troisième composante du populisme tel que défini plus haut, Musk a mis sur la table une série de propositions pour faire évoluer la plate-forme, notamment lors d’une conversation publique, tenue le 14 avril dans le contexte de la conférence annuelle de TED. Tandis que ces mesures sont présentées comme répondant aux attentes de la base, les difficultés pratiques inhérentes à leur application sont passées sous silence, un décalage récurrent dans les discours populistes.

Musk propose ainsi de supprimer les comptes automatisés (bots), faisant l’impasse sur le fait que nombre d’entre eux présentent une réelle utilité, par exemple pour relayer des messages d’alerte de façon immédiate. Il promet également d’éliminer les messages frauduleux (scams), qui visent à tromper leurs destinataires, à des fins économiques et/ou de piratage. Une intention sans nul doute louable, mais qui fait mine d’ignorer que ce problème protéiforme ne se règle pas en quelques lignes de code. Bien au contraire, ceux qui s’adonnent à ces pratiques sont en constante adaptation face aux moyens de lutte qui sont déployés contre eux.

Quant aux algorithmes de classement et de sélection des contenus, il les rendrait accessibles à tous les utilisateurs afin de leur offrir l’opportunité de les comprendre. Bien qu’un large consensus existe sur la nécessité d’une plus grande transparence dans ce domaine, cette façon en particulier de procéder serait difficilement applicable, du fait de l’extrême niveau de complexité des algorithmes en question, qui de plus reposent sur un usage croissant de l’intelligence artificielle. Même en supposant que ce soit du domaine du faisable, un tel degré de transparence serait-il pas avant tout un merveilleux cadeau offert à ceux qui voudraient tirer parti du système pour obtenir une visibilité non méritée ?

Outre ces changements qui passent par des ajustements d’ordre principalement technique, Musk place au centre de son projet pour Twitter un net recul des règles qui encadrent la publication de contenus sur la plate-forme. Pour celui qui s’est ouvertement prévalu du statut d’« absolutiste de la liberté d’expression », cette plus grande latitude serait nécessaire au nom de la défense de la démocratie.

Tout d’abord, la pratique du dirigeant lui-même permet de douter de la réalité de l’absolutisme qu’il revendique : ce principe ne l’a pas empêché de bloquer des utilisateurs qui ont tenu des propos critiques à son encontre ou de prendre des mesures de représailles, en ligne comme hors ligne, contre ceux qui ont exprimé leur désaccord avec lui.

Ensuite, réduire la modération des contenus sur la plate-forme exposerait d’autant plus les groupes considérés comme minoritaires, qui sont déjà les premières victimes des comportements en ligne les plus nocifs. S’il se concrétise, ce détricotage des quelques règles qui, bien que de façon imparfaite, visent aujourd’hui à protéger les minorités face au pouvoir de la majorité constituera une manifestation additionnelle des traits populistes de la démarche de Musk.

Enfin, si la liberté d’expression est sans nul doute un des piliers fondamentaux de la démocratie, il est tout aussi vrai que ne lui reconnaître aucune limite constitue un profond danger pour ce mode de gouvernement, à plus forte raison dans un contexte où la désinformation ou les appels à la violence peuvent circuler avec tant de vitesse et de facilité. Par conséquent, l’affirmation selon laquelle plus la liberté d’expression est étendue, mieux la démocratie est défendue revient à ignorer, délibérément ou pas, les enseignements des dernières années.

Une conception nébuleuse de la liberté d’expression

Malgré cette emphase pour une liberté d’expression plus étendue sur la plate-forme, Musk semblait pris de court lorsque des questions plus précises lui ont été posées sur ce point, dans le contexte de la conférence du 14 avril mentionnée plus haut.

Pressé avec insistance sur ce sujet, il a reconnu que Twitter est et restera soumis aux lois nationales. Il a peu après introduit un autre facteur de limitation en admettant que la parole devrait y être libre « autant que raisonnablement possible », ce qui ouvre la porte à de possibles restrictions, sur la base de critères qui à ce stade demeurent mystérieux. Dans l’hypothèse, dans les faits très réaliste, où un propos se trouverait dans une « zone grise », Musk considère que celui-ci devrait être maintenu en ligne… ce qui coïncide étrangement avec la pratique actuelle des plates-formes existantes, et notamment Facebook comme l’avait souligné son dirigeant Mark Zuckerberg en 2019.

Lors de cette même conversation publique, il a indiqué que la liberté d’expression existe selon lui si « des personnes que l’on n’aime pas sont autorisées à exprimer des idées que l’on n’aime pas ». Le moins que l’on puisse dire est que, sous sa forme actuelle, Twitter satisfait d’ores et déjà très largement à cette attente, étant donné le ton et la teneur de bien des échanges. Même les sympathisants républicains aux États-Unis, dont beaucoup reprochent pourtant à la plate-forme d’être trop restrictive et se réjouissent de sa prise de contrôle par Elon Musk, auraient bien du mal à l’accuser de ne pas permettre l’expression d’idées opposées aux leurs.

Un peu plus tard, cette fois sur son support numérique préféré, il affirmait que « les politiques d’une plate-forme de réseaux sociaux sont bonnes si les 10 % les plus extrêmes à gauche et à droite sont également mécontents ». Là encore, il serait difficile de reprocher à Twitter de ne pas remplir cette condition, compte tenu des critiques contradictoires dont l’entreprise fait l’objet en provenance des deux bords.

Un seul point a fait l’objet d’une prise de position relativement claire de la part d’Elon Musk : celui-ci s’est exprimé contre les suspensions permanentes de comptes, disant préférer celles de caractère temporaire. En cela, il s’écarterait en effet de la pratique actuelle de Twitter, qui applique l’une ou l’autre de ces sanctions en fonction de la gravité des faits. Par conséquent, s’il arrive à ses fins et s’il maintient cette position, une de ses toutes premières décisions pourrait consister à rétablir le compte de l’ancien président américain Donald Trump, suspendu pour « incitation à la violence » après l’assaut lancé contre le Capitole le 6 janvier 2021.

Ce geste envers l’ex-locataire de la Maison blanche, duquel Elon Musk s’est rapproché ces dernières années, serait perçu comme éminemment politique. Mais cela ne représenterait sans doute guère plus qu’un simple avant-goût des difficultés qu’il serait amené à affronter de façon récurrente s’il devait devenir le timonier d’une telle plate-forme. En effet, toute règle ou décision prise par Twitter serait immédiatement interprétée comme relevant de son fait à titre personnel. Dans un environnement aussi politisé que l’actuel, ce réflexe ne pourra que lui porter préjudice.

En somme, une fois ses déclarations générales mises de côté, le chef d’entreprise n’a en réalité que des notions bien vagues et peu novatrices pour développer ce qui est censé être la clé de voûte de son projet révolutionnaire pour Twitter. Ce qui pose, bien sûr, la question des mesures concrètes qu’il mettrait en œuvre au nom de la liberté d’expression, une fois aux commandes : marquerait-il une rupture aussi nette qu’il l’annonce avec force superlatifs ? Ou ces mots grandiloquents ne seraient-ils pas en porte-à-faux avec une pratique en fait peu différente de l’actuelle ? Compte tenu du tempérament du dirigeant, il y a fort à craindre qu’il écarte du revers de la main les politiques existantes de modération et décide de repartir d’une feuille blanche.

Évitons tout malentendu : la plate-forme en question est encore bien loin de gérer de façon satisfaisante les contenus dont elle permet la publication et la diffusion. Bien au contraire, les critiques contre elle et ses congénères restent abondantes. Cependant, la prise de contrôle du groupe par Musk risque de balayer les progrès lentement réalisés en matière de modération des contenus au cours des ans et, bien souvent, sous la pression des événements. Il s’agirait alors de repartir de zéro – ou presque – et évoluer au fur et à mesure que les erreurs commises seraient reconnues comme telles.

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Par Barthélémy Michalon, Professeur au Tec de Monterrey (Mexique) – Doctorant en Sciences Politiques, mention RI, Sciences Po.

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Elon Musk veut transformer Twitter en espace de chaos et de profit

 Elon Musk veut transformer Twitter en espace de chaos et de profit 

Le milliardaire va faire du réseau social, qu’il vient d’acquérir, un espace proche du chaos, s’inquiète le chercheur en biologie Olivier Hamant, dans une tribune au « Monde ».

 

En rachetant le réseau social Twitter, le milliardaire Elon Musk déclare : « J’espère que même mes pires détracteurs resteront sur Twitter, car c’est ce que signifie la liberté d’expression. » Si certains pourraient croire entendre Voltaire dans ces paroles, le libertarien Elon Musk soutient plutôt une vision débridée de la liberté, sans aucun filtre. Ne confond-il pas la liberté et un désordre qui sert les plus forts  ?

Pour éviter des débats sans fin sur la notion de liberté, il est salutaire de revenir à sa définition, et donc à l’article 4 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 : « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la loi. » La liberté est donc définie par un cadre à respecter, et non par des frontières à dépasser.

Alors, de quoi parle Elon Musk ? S’il s’agit de partage débridé d’opinions sans filtre et sans loi, alors ne défendrait-il pas plutôt une forme d’anarchie ? Encore une fois, revenons aux définitions. Comme le dit le journaliste et théoricien Pierre-Joseph Proudhon, « l’anarchie, c’est l’ordre sans le pouvoir ». Au contraire, Elon Musk propose de partager toute opinion dans l’immédiateté de son réseau social. Il s’agit donc de l’exact opposé : le désordre avec le pouvoir.

Dès lors, si Elon Musk ne parle ni de liberté ni d’anarchie, de quoi parle-t-il ? D’entropie ! Cette notion, liée au deuxième principe de la thermodynamique, est parfois mal comprise. Faisons alors appel au militant écologiste Victor Chaix et à son article limpide sur le sujet publié sur son blog, appliqué à la crise environnementale : l’entropie du monde signifie que « l’énergie se dissipe, les écosystèmes se désorganisent et les singularités s’homogénéisent ». Appliqué à la liberté d’expression selon Elon Musk, il s’agit donc plutôt d’une forme de dissipation des informations, qui augmente le désordre et conduit à l’homogénéisation des croyances. Elon Musk ne soutient pas la liberté, il la dissipe.

Pourquoi la confusion entre liberté et entropie pose-t-elle problème ? Tout d’abord, nos opinions sont surtout guidées par nos nombreux biais cognitifs. Nous avons l’impression d’avoir des intentions libres alors qu’elles sont principalement guidées par le biais du statu quo (être conservateur par défaut), le biais de confirmation (ignorer les informations contradictoires) ou le biais de corrélation (transformer corrélation en causalité). Partager des opinions sur Twitter sans cadre légal, c’est bien plutôt donner un haut-parleur à nos biais cognitifs individuels. C’est d’ailleurs une des raisons qui expliquent pourquoi une fausse information a 70 % de chance de plus d’être republiée qu’une information vraie sur Twitter, comme l’ont démontré trois chercheurs américains, Soroush Vosoughi, Deb Roy et Sinan Aral, dans un article publié, en 2018, dans la revue Science.

Twitter: l’erreur de Elon Musk

Twitter:  l’erreur de Elon Musk 

 

 

L’exhibitionniste et provocateur patron de Tesla vient sans doute de commettre une grave erreur en rachetant le réseau Twitter. Un réseau qu’il veut transformer au nom d’une pseudo philosophie dite libertétarienne mais qui vise surtout à contester l’État de droit dans tous les domaines tout en accumulant le maximum de profit.

En France aussi, un homme d’affaires comme Bolloré s’essaye au contrôle des médias et en même temps la politique. Un mélange des genres qui n’a jamais réussi à ceux qui ont confondu  économie et politique NDLR

Le patron de Tesla n’est pas le premier dirigeant à souhaiter une liberté d’expression maximale sur les réseaux sociaux, mais tous ont été contraints de mettre en place des politiques de modération des contenus, observe dans sa chronique Alexandre Piquard, journaliste au « Monde ».

Elon Musk va-t-il transformer Twitter ? En devenant la propriété du dirigeant de Tesla et de SpaceX, le réseau social passe aux mains d’un autoproclamé « absolutiste de la liberté d’expression ». « Twitter est devenu une agora, une place du village », a plaidé, lundi 25 avril, dans un communiqué, l’entrepreneur pour qui les gens doivent pouvoir « s’y exprimer librement, dans les limites de la loi ». Or, M. Musk a en tête la conception américaine très extensive de la liberté d’expression, puisque le premier amendement de la Constitution des Etats-Unis enjoint au Congrès de ne pas voter de loi qui restreigne le « freedom of speech ». Certains espèrent donc un grand chambardement à Twitter. Parmi eux, les républicains et les partisans de l’ex-président Donald Trump. Ces derniers accusent de longue date les réseaux sociaux comme Twitter de « censurer » les conservateurs.

Pourtant, pour Elon Musk, changer radicalement Twitter sera difficile. Le libertarien n’est pas le premier dirigeant de service Web à brandir l’étendard de la « freedom of speech ». C’était le cas de la plupart des personnalités de la « vieille culture de l’Internet, en gros le Web 1.0 (fin des années 1990) et début du Web 2.0, pré-2005 », a rappelé sur Twitter Yishan Wong, ancien PDG des puissants et libertaires forums de discussion Reddit, qui accueillaient au départ des néonazis ou des photos d’adolescentes dénudées. Mark Zuckerberg, PDG de la maison mère de Facebook, Instagram et WhatsApp, a lui-même argué, en 2018, que les propos des négationnistes de la Shoah ne devaient pas être dépubliés et que les réseaux sociaux ne devraient pas se poser en « arbitres de la vérité ».

Mais, prévient Yishan, si le principe de la liberté d’expression reste bon, « les enjeux pratiques ont changé, parce que le monde a changé ». Passés des marges à un rôle central, les réseaux sociaux ont été utilisés pour harceler, arnaquer ou spammer, et accusés d’avoir favorisé des violences ethniques en Birmanie, en Inde ou en Ethiopie, diffusé de la propagande djihadiste, permis des tentatives de manipulation d’élections par la Russie, aidé à préparer l’assaut du Capitole américain, le 6 janvier 2021, etc. Tous les réseaux sociaux – Reddit, Facebook et Twitter compris – ont progressivement mis en place des politiques de modération des contenus et de lutte contre les abus de plus en plus élaborées. Celles-ci n’ont rien de « partisan », estime Yishan, pour qui M. Musk risque, avec Twitter, de « vivre un enfer ».

Elon Musk: archétype du capitaliste populiste, manipulateur et « libertaire »

Elon Musk: archétype du capitaliste populiste et « libertaire »

 

Elan Musk est sans doute archétype du capitaliste populiste et « libertaire ». Contre l’impôt, contre la démocratie (surtout pas de syndicat) et contre la monnaie nationale.  En organisant un sondage sur Twitter pour savoir s’il devait vendre une partie de ses actions Tesla, l’homme le plus riche au monde s’est une fois de plus mué en roi des trolls, aux dépens de la gouvernance de sa société, des régulateurs boursiers et du gouvernement américain, estime Stéphane Lauer, éditorialiste au « Monde ».

 

Chronique.

 

Après le populisme politique, voilà qu’émerge un populisme actionnarial. Comment en effet appeler autrement l’initiative prise il y a quelques jours par Elon Musk sur Twitter ? Le fantasque entrepreneur a fait mine de prendre le pouls de ses 63 millions d’abonnés sur le réseau social pour savoir s’il devait, oui ou non, vendre 10 % de ses actions Tesla.

Sous prétexte de répondre aux critiques selon lesquelles ne pas taxer les plus-values latentes d’un portefeuille boursier serait assimilé à de l’évasion fiscale, le patron du constructeur de voitures électriques se dit prêt à réaliser ses gains, et donc à payer des impôts, si tant est que ses followers lui donnent le feu vert. Ce qu’ont fait 58 % des 3,5 millions de comptes qui ont participé à la consultation.

L’enjeu n’est pas mince. Selon FactSet, M. Musk possède 17 % du capital de Tesla, dont la valorisation totale dépasse les 1 000 milliards de dollars (874 milliards d’euros). Dix pour cent de son patrimoine équivalent donc à une vingtaine de milliards, soit deux fois la valeur de Renault ! Mercredi 10 novembreM. Musk avait déjà empoché 5 milliards de dollars en exerçant une partie de ses stock-options.

Démagogie la plus totale

En faisant valider l’opération par la vox populi sur Twitter, l’homme le plus riche au monde s’est une fois de plus mué en roi des trolls, c’est-à-dire en provocateur patenté du Web, aux dépens de la gouvernance de sa société, des régulateurs boursiers et du gouvernement américain, le tout dans la démagogie la plus totale.

Le premier visé est le gouvernement. Le but est de fustiger les intentions de l’administration Biden de taxer les plus grosses fortunes du pays. A ce stade, face aux réticences du Congrès, l’idée a fait long feu. Qu’à cela ne tienne, M. Musk a toujours eu un rapport compliqué à l’impôt.

Le siège social de Tesla vient ainsi de quitter la Californie pour le Texas, une terre plus clémente sur le plan fiscal. Le leader mondial de la voiture électrique, dont la capitalisation dépasse celle de l’ensemble de tous les autres constructeurs, n’a sans doute plus besoin de l’écosystème de la Silicon Valley, après en avoir bien profité.

Peu importe également que Tesla ait bénéficié des largesses des contribuables sous l’administration Obama, lorsqu’il s’est agi, en 2009, de prêter 465 millions de dollars à M. Musk pour financer le développement de son premier modèle. Peu importe aussi que son autre entreprise, SpaceX, vive largement de la commande publique.

M. Musk avait tout intérêt à se délester d’une partie de son patrimoine d’ici à 2022 : l’impôt fédéral sur les gains du capital va passer de 23,8 % à 31,8 %. Mais, bien sûr, qu’on n’aille pas imaginer un calcul mesquin : ce sont ses followers qui lui ont demandé de le faire.

Une cryptomonnaie anti-Elon Musk veut détruire le manipulateur

Une cryptomonnaie anti-Elon Musk veut détruire le manipulateur

D’après une information des Échos une cryptomonnaie, créer à cet effet, de détruire le manipulateur Elon Musk

 

Face au poids du patron de Tesla sur le cours du Bitcoin et l’ensemble du marché, une nouvelle crypto s’est donné pour objectif de menacer personnellement le milliardaire américain. Nommée StopElon et lancée le 15 mai dernier, elle est aujourd’hui valorisée à plus de 60 millions de dollars. D’abord créée sous le nom évocateur de FuckElon, le prix de son token a explosé depuis son lancement, passant d’une valeur initiale de 0,000001756 dollar à à plus de 1 dollar.

Selon le site internet créé pour l’occasion, le but affiché des fondateurs de StopElon est de « détruire le plus grand manipulateur du marché », également qualifié de « milliardaire narcissique ».

« Elon Musk est tristement célèbre pour avoir manipulé de manière irresponsable le marché de la cryptomonnaie avec son compte Twitter », dénonce le site, qui accuse le milliardaire américain de « jouer avec le portefeuille des gens comme des bonbons ».

Ces accusations font référence à la tempête qui s’est récemment abattue sur le marché des cryptos après les déclarations d’Elon Musk. Ce dernier avait alors annoncé que Tesla n’accepterait désormais plus le bitcoin comme moyen de paiement en raison de son impact nocif pour l’environnement. Sur le marché, la nouvelle avait entraîné une forte chute du bitcoin, qui s’est répercutée sur l’ensemble des cryptomonnaies. Mercredi, les cryptos avaient ainsi perdu 40 % de leur valeur, avant de corriger le tir et de limiter leurs pertes à moins de 20 %.

Courroucés par ces prises de position qu’ils interprètent comme des manipulations, les créateurs de StopElon ont mis au point une feuille de route pour détrôner Elon Musk. Baptisée « en route vers Pluton », en référence à la phrase phare d’Elon Musk qui proposait d’envoyer le Dogecoin « sur la Lune », celle-ci détaille quatre étapes à mettre en oeuvre, dont la dernière n’est ni plus ni moins que d’utiliser les fonds ainsi levés pour devenir majoritaires au capital de Tesla et en prendre le contrôle.

Après avoir spéculé Elon Musk torpille le bitcoin

Après avoir spéculé Elon Musk torpille le bitcoin

 

 

Le fantasque patron de Tesla, Elon Musk, après avoir spéculé torpille le bitcoin. Il y a quelques semaines il avait vanté les mérites de la cryptomonnaie et empoché un joli bénéfice suite à la nouvelle envolée du bitcoin. Il avait même indiqué que les consommateurs pourraient acheter un véhicule électrique de Tesla avec le bitcoin;

 

Changement de discours mercredi :  «Tesla a suspendu les achats de voitures avec des bitcoins. Nous sommes inquiets du recours de plus en plus important aux combustibles riches en carbone pour miner des bitcoins, surtout le charbon, qui a les pires émissions (de gaz à effet de serre) de tous les combustibles», a tweeté le fantasque milliardaire.

 

 «La cryptomonnaie est une bonne idée à plein de niveaux et nous pensons qu’elle a un avenir prometteur, mais cela ne doit pas compromettre l’environnement», a expliqué Elon Musk. «Tesla ne vendra pas de bitcoins et nous l’utiliserons pour des transactions dès que les mines seront alimentées par des énergies plus durables», a-t-il ajouté.

Elon Musk : le manipulateur, a gagné a gagné 25 milliards de dollars en une journée

Elon Musk : le manipulateur, a gagné a gagné 25 milliards de dollars en une journée

 

Les actions de Tesla ont soudain gagné 20 % en une journée grâce à l’annonce de la livraison de 18 000 véhicules électriques en février. À ce rythme on a traitera de l’ordre de 240 000 véhicules dans l’année. Et pour cela l’action Tesla est valorisée 10 ou 20 fois plus que celle des autres constructeurs. Pourtant les autres grands constructeurs mondiaux livrent de l’ordre d’un million de véhicules par mois.

Autant dire que l’action tesla est complètement surestimée et pourrait constituer un jour une bulle financière particulièrement dangereuse. C’est une bulle surtout alimentée par les annonces tapageuses d’ Elon Musk qui se vante de pouvoir rapidement emmener des touristes sur la Lune puis sur Mars ou encore investit d’un coup 1,5 milliards en matière de but quoi une réalisant au passage un substantiel bénéfice.

Certains analystes relevent ainsi la corrélation entre la dynamique du titre Tesla et celle du bitcoin, qui a caracolé mardi en hausse de 4 % autour de 54.000 dollars. Le mois dernier, Elon Musk avait donné un solide coup de pouce à la monnaie virtuelle en investissant 1,5 milliard de dollars dans le bitcoin et en affirmant bientôt accepter l’achat de ses véhicules avec du bitcoin.

Fondé en 2003, Tesla a dégagé un bénéfice net annuel pour la première fois l’année dernière, de 721 millions de dollars, profitant d’un intérêt grandissant pour les véhicules électriques. La marque a livré presque un demi-million de voitures en 2020, ce qui reste bien loin des 9,5 millions de véhicules vendus par le numéro un mondial en volume, Toyota.




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