Archive pour le Tag 'électorale'

Nouvelle-Calédonie : la réforme électorale suspendue

Nouvelle-Calédonie : la réforme  électorale  suspendue 

Le  chef de l’Etat, qui a choisi de dissoudre l’Assemblée nationale à l’issue des résultats des élections européennes dimanche, a abordé le sujet de la Nouvelle-Calédonie : « Le projet de loi constitutionnelle (…) j’ai décidé de le suspendre parce qu’on ne peut pas laisser l’ambiguïté dans la période », a annoncé le président de la République. Avant d’ajouter vouloir « donner toute sa force au dialogue sur place et au retour à l’ordre ».

Pour rappel, le texte, adopté successivement par le Sénat en avril puis l’Assemblée nationale le mois dernier, devait encore être adopté avant le 30 juin par les deux chambres réunies en Congrès à Versailles. Poussé par le camp loyaliste, il visait à élargir le corps électoral, gelé depuis 2007, pour les élections provinciales programmées à la fin de l’année. Une option contre laquelle le camp indépendantiste s’est catégoriquement opposé, au motif qu’il marginalisait les électeurs autochtones. Concrètement, environ 25.000 électeurs, natifs de l’archipel ou y résidant depuis dix ans, pourraient intégrer la liste électorale.

L’indépendantiste Daniel Goa ne semble, en tout cas, pas perturbé par l’éventualité que son prochain interlocuteur soit le Rassemblement national (RN), en cas de victoire du parti de Marine Le Pen aux prochaines législatives, voire à la présidentielle.

Alors que Marine Le Pen considérait « définitif » le résultat du troisième référendum sur l’indépendance en 2021 – boycotté par les indépendantistes, qui ne reconnaissent pas la victoire du « non » -, elle a suggéré en mai une nouvelle consultation d’ici « quarante ans ».

Bref, la question est renvoyée aux calendes !

Deuxième erreur de Macron prendre la tête de la campagne électorale

Deuxième erreur de Macron prendre la tête de la campagne électorale

Le président aura commis deux erreurs sans doute tragiques pour lui. D’abord la dissolution brutale de l’Assemblée nationale ensuite l’annonce qu’il prendra lui-même la tête de la campagne électorale.

Cette deuxième annonce sera encore plus funeste pour la majorité car contrairement à ce qu’il pense, la personnalité du président est complètement démonétisée. Il peut tout dire, même les arguments les plus pertinents mais il n’est ni écouté ni entendu. Pire il neprooque  que rejet et même haine par sa personnalité tellement suffisante et sa posture quasiment monarchique.

Macron est personnellement très largement responsable de la débâcle du pouvoir aux européennes. Les orientations sont en cause mais peut-être la personnalité encore davantage. Pour preuve, il a assumé longuement l’animation l’anniversaire du débarquement. Un événement qui a connu même un certain succès mais dont il n’a tiré aucun profit politique hypothéqué qu’il est par le discrédit populaire qui plombe désormais sa parole et son action.

Le problème c’est que macron  veut faire tout comme d’habitude: Être le président de la république, diriger le gouvernement, être le chef de la majorité est maintenant le patron de la campagne électorale.

Mexique: Les assassinats politiques s’amplifient encore dans le cadre de la campagne électorale.

Mexique:  Les assassinats politiques s’amplifient encore dans le cadre de la campagne électorale.

Les cartels veulent répandre la terreur chez les responsables mais aussi dans la population. Tous les partis politiques qui représentant l’autorité sont  visés par les Les bandes criminelles qui veulent imposer leur propre ordre.

Lucero Esmeralda terminait sa longue journée de campagne électorale à la rencontre des habitants des différents quartiers de La Concordia (Chiapas, Sud) lorsqu’elle a été criblée de balles dans une station-service. La jeune candidate de 28 ans pour un parti local a été tuée avec six autres personnes qui l’accompagnaient, dont un jeune adolescent de 15 ans. Deux autres personnes, dont la jeune sœur de 17 ans de Lucero Esmeralda, ont été grièvement blessées.

Quelques heures plus tôt, le corps d’un aspirant local et son épouse étaient retrouvés dans un sac plastique à l’arrière d’un pick-up sur une avenue d’Acapulco dans le sud du Guerrero. À moins de deux semaines des élections du 2 juin, 30 candidats ont été assassinés au Mexique. Les victimes sont de tous les partis, représentent toutes les opinions, mais ils ont en commun de menacer les activités des puissants cartels.

 

« Victoire électorale » de Poutine dans les territoires envahis !

« Victoire électorale » de Poutine dans les territoires envahis !

Comme en Russie, le résultat de la consultation électorale dans les territoires occupés était bien sûr connu d’avance. Poutine obtiendrait 70 % des suffrages dans ces régions en guerre.

Un scrutin qui évidemment n’a aucun sens aussi bien dans les territoires dupés qu’à l’intérieur de la Russie puisque l’opposition est complètement muselée, interdite voire mise en prison. Sans parler des ukrainiens qui ont fui les territoires occupés du fait de la guerre et qui évidemment n’ont pas pu voter. Bref, une sorte d’inversion du processus démocratique : on fixe d’abord les résultats et le vote intervient ensuite !

Trump encore inculpé de fraude électorale

Trump encore inculpé de fraude électorale

L’ancien président américain est encore inculpé cette fois de fraude électorale dans l’État stratégique de Géorgie qui aurait pu faire basculer le résultat global en sa faveur.
C’est de la quatrième inculpation pénale en moins de six mois pour Donald Trump, en campagne pour la primaire républicaine pour reconquérir la Maison Blanche en 2024.

L’enquête avait été déclenchée par un appel téléphonique en janvier 2021 de Donald Trump – dont l’enregistrement a été rendu public – dans lequel il demandait à un haut responsable local de «trouver» les quelques 12.000 bulletins de vote à son nom qui lui manquaient pour remporter cet État.
Cette procédure porte sur une partie des faits visés par l’inculpation le 1er août de Donald Trump devant un tribunal fédéral à Washington pour ses manœuvres présumées illégales lors de l’élection de 2020 dans sept États cruciaux, dont la Géorgie. La date du procès n’a pas encore été fixée.

L’ancien président, qui écrase ses adversaires dans les sondages pour la primaire républicaine, doit également être jugé en mars et mai 2024. Il devra répondre de l’achat du silence d’une actrice de films X, devant la justice de l’État de New York, puis de sa présumée négligence dans la gestion de documents confidentiels, devant la justice fédérale en Floride (sud-est).

États-Unis–Trump inculpé pour fraude électorale

États-Unis–Trump inculpé pour fraude électorale


« Complot à l’encontre de l’Etat américain », l’entrave à une procédure officielle et l’atteinte aux droits électoraux ont été retenus après une enquête supervisée par le procureur spécial Jack Smith. C’est l’accusation la plus grave à peser contre l’ex-président, déjà doublement poursuivi au pénal.

« Malgré sa défaite, l’accusé était déterminé à rester au pouvoir. Par conséquent, durant plus de deux mois après le scrutin du 3 novembre 2020, l’accusé a diffusé des mensonges selon lesquels il y avait eu des fraudes ayant modifié le résultat et qu’il avait en fait gagné », relève l’acte d’accusation, que l’AFP s’est procuré et que plusieurs médias américains ont publié, dont le New York Times. « Ces allégations étaient fausses et le prévenu savait qu’elles étaient fausses », peut-on y lire. « Mais le prévenu les a répétées et les a largement diffusées malgré tout ».

Grand favori des primaires républicaines, Donald Trump avait annoncé le 18 juillet avoir reçu une lettre de Jack Smith l’informant qu’il était visé personnellement par l’enquête fédérale sur les tentatives d’inverser les résultats de la présidentielle de 2020, et notamment l’assaut contre le Capitole le 6 janvier 2021. Il avait déclaré le 28 juillet qu’il maintiendrait sa campagne, même s’il était condamné.

  Macron : président ou en campagne électorale ?

  Macron : président ou en campagne électorale ?

par Françoise Fressoz dans le Monde.

Le président de la République met les bouchées doubles pour tenter de consolider le bloc central en vue des élections européennes de juin 2024. Son offensive intervient alors que la droite se radicalise sur les questions migratoires, souligne Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde », dans sa chronique.

Trois temporalités différentes se font concurrence sur la scène politique encore marquée par le conflit sur la réforme des retraites. La première, impulsée par le président de la République, Emmanuel Macron, vise à conjurer la menace d’enlisement qui cerne l’exécutif après quatre mois de tensions politiques et sociales.

Faisant fi des vicissitudes ambiantes, elle est tout entière tournée vers le futur. En enfourchant ses thèmes de prédilection – la politique de l’offre, la réindustrialisation du pays, le plein-emploi, la baisse des impôts –, en les adaptant à une cible prioritaire, la classe moyenne, catégorie dans laquelle beaucoup de Français se rangent, le chef de l’Etat se comporte comme s’il était de nouveau en campagne électorale avec mission de projeter les Français vers un avenir meilleur.

La deuxième temporalité est celle de la première ministre, Elisabeth Borne, qui, de plain-pied dans le quotidien, doit assurer l’atterrissage du discours présidentiel dans un environnement hostile. La difficile reprise de contact avec les syndicats, mardi 16 et mercredi 17 mai, montre toute la difficulté de la tâche : tablant sur l’état de faiblesse du gouvernement, l’intersyndicale rêvait d’imposer une reprise du dialogue social à ses conditions en mettant notamment en avant la conditionnalité des aides aux entreprises en fonction de leur politique salariale et environnementale. Le discours présidentiel, plus social-libéral que social-démocrate, sonne comme une fin de non-recevoir. A Elisabeth Borne de s’en débrouiller.

La troisième temporalité est celle de la gauche, qui reste enfermée dans le conflit des retraites, faisant comme si une possibilité existait encore de mettre en échec la réforme qui apparaît pourtant relever du passé, puisqu’elle a été promulguée le 15 avril après validation partielle par le Conseil constitutionnel. Alors que tout s’agite autour d’elle, la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) reste bloquée sur l’échéance du 8 juin, jour d’examen de la proposition de loi déposée par le groupe Libertés, indépendants, outre-mer et territoires (LIOT) visant à abroger la réforme.

Le texte n’a aucune chance d’aboutir, faute de majorité au Sénat, mais les conditions de son examen à l’Assemblée nationale comportent un enjeu politique auquel elle s’accroche pour poursuivre une bataille qui a eu l’avantage de la maintenir unie …

PS:  magouille électorale interne et risque d’explosion

PS:  magouille électorale interne et risque d’explosion.

Le parti socialiste, du moins ce qu’il en reste, retombe dans ses vieilles habitudes de tripotage de nombre d’adhérents et de votants pour les élections internes . cette fois il y a risque d’explosion entre marxistes et autres gauchistes et sociaux-démocrates de leautre . /strong>

Il s’agit de désigner le futur responsable pour éventuellement remplacer Olivier Faure. Or ce dernier considère qu’il a gagné avec 50,83 % des voix.

À plusieurs reprises, les résultats des congrès et autres scrutins internes du parti socialiste ont été largement tripatouillés par une surestimation du nombre de votants et d’adhérents notamment de la part des fédérations débuts du Rhône et Nord. Ce fut notamment le cas quand Martine Aubry a prit la tête du parti socialiste.

On objectera que lors des scrutins assez tendus, c’est aussi une pratique assez répandue dans la plupart des autres partis politiques. Mais pour le parti socialiste c’est presque un rituel obligé.

Le plus surprenant c’est que plus le parti perd en audience et plus il continue de se diviser. C’est un peu l’histoire de Devos qui constatait avec une fausse surprise qu’on peut toujours couper une ficelle, il reste toujours deux bouts.

Il serait temps que le parti socialiste tranche enfin entre l’impossible cohabitation entre d’une part les radicaux marxistes, d’autre part les sociaux démocrates. Cette cohabitation a toujours été mortelle y compris du temps de la SFIO et conduit inévitablement à l’extinction du parti. On pourrait cependant faire observer que cette cohabitation a permis parfois aux socialistes de prendre le pouvoir mais en appliquant une politique complètement contradictoire avec leurs promesses électorales

Le Parti socialiste ( dirigé par Olivier Faure) a donc  déclaré ce vendredi matin Olivier Faure vainqueur avec 50,83% dans le duel qui l’opposait à son rival, le maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol, pour le poste de premier secrétaire du Parti socialiste.

Une  situation ubuesque , Nicolas Mayer-Rossignol a aussi  annoncé sa victoire à la presse . «Nous avons remporté ce résultat à hauteur de 53,47% des voix sur 90% des dépouillés», a déclaré l’élu normand, ajoutant que l’écart avec son concurrent n’était «plus rattrapable». Les militants «ont exprimé ce soir, par un vote clair, leur volonté de poursuivre le rassemblement de la gauche et des écologistes en me renouvelant leur confiance», a assuré pour sa part Olivier Faure.

Les deux camps, s’accusant mutuellement d’irrégularités dans les votes, ont annoncé dans la nuit des recours et demandes d’annulations de vote dans des sections. Une commission de recollement des résultats doit se réunir vendredi.

Une fois les résultats officiels publiés, Nicolas Mayer-Rossignol a fait part via un communiqué d’un message d’apaisement. «Le choix des militants doit être respecté, l’unité du Parti socialiste préservée», a-t-il écrit sur Twitter, en alertant sur le fait que «les Français nous regardent». Lui-même explique avoir contacté Olivier Faure dans la nuit «pour trouver une issue à cette crise.»

L’édile maintient toutefois que des «irrégularités graves et manifestes (…) dont les preuves factuelles sont publiques» ont été constatées. «Tout cela donne une image déplorable de notre Parti», peut-on lire dans le communiqué. Le concurrent d’Olivier Faure demande que la commission de récolement «se réunisse dès cet après-midi, afin de valider le scrutin». «À cette heure et en dépit de nos demandes, elle n’a toujours pas été convoquée par la direction sortante», déplore-t-il. Et d’ajouter : «Aucun résultat final ne peut évidemment être proclamé sans validation par la commission de récolement.». le problème est que cette commission n’a abouti à rien d’unanime dimanche. Chaque candidat revendiquant toujours la victoire.

PS: Comme d’habitude, la magouille électorale interne

PS:  Comme d’habitude, la magouille électorale interne

Le parti socialiste, du moins ce qu’il en reste, retombe dans ses vieilles habitudes de tripotage de nombre d’adhérents et de votants pour les élections internes.

Cette fois il s’agit de désigner le futur responsable pour éventuellement remplacer Olivier Faure. Or ce dernier considère qu’il a gagné avec 50,83 % des voix.

À plusieurs reprises, les résultats des congrès et autres scrutins internes du parti socialiste ont été largement tripatouillés par une surestimation du nombre de votants et d’adhérents notamment de la part des fédérations débuts du Rhône et Nord.

On objectera que lors des scrutins assez tendus, c’est aussi une pratique assez répandue dans la plupart des autres partis politiques. Mais pour le parti socialiste c’est presque un rituel obligé.

Le plus surprenant c’est que plus le parti perd en audience et plus il continue de se diviser. C’est un peu l’histoire de Devos qui constatait avec une fausse surprise qu’on peut toujours couper une ficelle, il reste toujours deux bouts.

Il serait temps que le parti socialiste tranche enfin entre l’impossible cohabitation entre d’une part les radicaux marxistes, d’autre part les sociaux démocrates. Cette cohabitation a toujours été mortelle y compris du temps de la SFIO et conduit inévitablement à l’extinction du parti. On pourrait cependant faire observer que cette cohabitation a permis parfois aux socialistes de prendre le pouvoir mais en appliquant une politique complètement contradictoire avec leurs promesses électorales

Le Parti socialiste ( dirigé par Olivier Faure) a donc  déclaré ce vendredi matin Olivier Faure vainqueur avec 50,83% dans le duel qui l’opposait à son rival, le maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol, pour le poste de premier secrétaire du Parti socialiste.

Une  situation ubuesque , Nicolas Mayer-Rossignol a aussi  annoncé sa victoire à la presse . «Nous avons remporté ce résultat à hauteur de 53,47% des voix sur 90% des dépouillés», a déclaré l’élu normand, ajoutant que l’écart avec son concurrent n’était «plus rattrapable». Les militants «ont exprimé ce soir, par un vote clair, leur volonté de poursuivre le rassemblement de la gauche et des écologistes en me renouvelant leur confiance», a assuré pour sa part Olivier Faure.

Les deux camps, s’accusant mutuellement d’irrégularités dans les votes, ont annoncé dans la nuit des recours et demandes d’annulations de vote dans des sections. Une commission de recollement des résultats doit se réunir vendredi.

Une fois les résultats officiels publiés, Nicolas Mayer-Rossignol a fait part via un communiqué d’un message d’apaisement. «Le choix des militants doit être respecté, l’unité du Parti socialiste préservée», a-t-il écrit sur Twitter, en alertant sur le fait que «les Français nous regardent». Lui-même explique avoir contacté Olivier Faure dans la nuit «pour trouver une issue à cette crise.»

L’édile maintient toutefois que des «irrégularités graves et manifestes (…) dont les preuves factuelles sont publiques» ont été constatées. «Tout cela donne une image déplorable de notre Parti», peut-on lire dans le communiqué. Le concurrent d’Olivier Faure demande que la commission de récolement «se réunisse dès cet après-midi, afin de valider le scrutin». «À cette heure et en dépit de nos demandes, elle n’a toujours pas été convoquée par la direction sortante», déplore-t-il. Et d’ajouter : «Aucun résultat final ne peut évidemment être proclamé sans validation par la commission de récolement.»

Campagne électorale Législatives 2022 : une caricature ?

Campagne électorale  Législatives 2022 : une caricature ? 

 

Entamée sur de lourds non-dits, la campagne des élections législatives qui prend fin vendredi 17 juin menace de se terminer dans la caricature. Chaque jour, le ton monte un peu plus entre Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, comme si l’on était encore dans le prolongement du match présidentiel, alors qu’il s’agit d’élire 572 députés (cinq l’ayant déjà été au premier tour) pour un travail primordial d’élaboration de la loi et de contrôle de l’exécutif. L’excessive présidentialisation du régime se lit à travers l’impossibilité d’exister pour les autres acteurs, à commencer par la première ministre, Elisabeth Borne, qui échoue à imprimer sa marque en ce début de quinquennat.( papier du Monde)

 

La feinte dont use depuis des mois le camp présidentiel face au retournement de la conjoncture et à l’impopularité de son projet de retraite à 65 ans est en passe de se retourner contre lui. En en disant le moins possible, le président de la République espérait anesthésier le débat et éviter la cristallisation d’un camp contre lui. En parvenant à réaliser l’union des gauches derrière sa personne, l’« insoumis », qui n’était arrivé qu’en troisième position lors du premier tour de la présidentielle, a déjoué le piège. Il s’est mis en situation de pouvoir priver le président de la République d’une majorité, dimanche 19 juin, si un nombre suffisant d’abstentionnistes le rallient.

 

Depuis, l’Elysée peine à reprendre la main, alternant silence et déclarations dramatiques, comme celle prononcée sur le tarmac de l’aéroport d’Orly, mardi 14 juin. Avant de s’envoler pour la Roumanie, le président de la République a solennellement exhorté les Français à donner « une majorité solide au pays », en soulignant le risque d’ajouter « un désordre français au désordre du monde ».

Il est normal qu’un chef d’Etat fraîchement réélu demande à son peuple de lui donner les moyens de présider. Mais la dramatisation excessive du ton, alors que la campagne s’est déroulée sous anesthésie, comme à distance du chaos du monde, a surpris. Si la France vit, comme le dit Emmanuel Macron, « un moment historique », il eût été nécessaire que les citoyens y soient associés de près.

 

Faute de l’avoir fait, le chef de l’Etat en est réduit à pratiquer ce qu’il a longtemps dénoncé : la politique politicienne. Pour tenter de réveiller les électeurs du centre et de la droite, il s’emploie à rejeter Jean-Luc Mélenchon dans le camp de ceux qui menacent la République. Ce faisant, il renvoie dos à dos l’extrême droite et une partie de la gauche, rompt avec la logique du front républicain qui prévalait depuis 2002, suscite le malaise au sein même de ses troupes, pour un résultat aléatoire. A gauche, la dynamique repose sur la fierté d’avoir retrouvé le chemin de l’union, si bien que, à ce stade, les sorties de route de son porte-drapeau comptent relativement peu, de même que l’incohérence programmatique de la coalition qu’il a fait naître.

 

Se trouvent ainsi réunies les conditions d’une fin de campagne à côté des vrais sujets : plus l’environnement international s’obscurcit, plus les effets du réchauffement climatique deviennent tangibles, plus la France se rétrécit dans des querelles qui n’ont pas lieu d’être. Le camp de la Nupes y prend toute sa part. Depuis dimanche, son propos n’est pas de tenter de crédibiliser un coûteux projet de rupture qui promet la retraite à 60 ans ou le smic à 1 500 euros net, mais de révéler de prétendues hausses d’impôts cachées du projet Macron. La ficelle a beau être grosse, elle est complaisamment relayée, achevant de donner à cette campagne le caractère qu’elle ne devrait pas avoir : celui de ne pas être sérieuse, en des temps d’une extrême gravité.

Une nouvelle géographie électorale ?

Une nouvelle géographie électorale ?

 

 

Les géographies de l’abstention et du vote RN recoupent-elles toutes deux le concept de France périphérique ? Les résultats de l’analyse statistique montrent autre chose. Par François Luciardi, Université Libre de Bruxelles (ULB). (dans la Tribune)

Une analyse un peu complexe mais intéressante. Il se confirme en tout cas que le Front National réussit désormais une implantation dans tout le pays NDLR

 

En France, les commentaires qui ont ponctué la décennie 2010 sur la montée du vote pour le Front national (désormais Rassemblement national) et de l’abstention s’inscrivent dans une perspective plus large de crise des grandes démocraties occidentales.

Dans le cadre de cette crise, le vote populiste (a fortiori de droite) et l’abstention iraient de pair. Récemment, le géographe français Christophe Guilluy, en introduisant le concept controversé de « France périphérique », a tenté de fournir une clef de lecture géographique à ces maux. La mondialisation, en favorisant en Occident une économie des services dans laquelle les « villes-mondes » ont la part belle, a conduit à fracturer chaque territoire national. Deux espaces se feraient désormais face. Dans chaque pays, aux grandes métropoles s’opposerait le reste du territoire. C’est cette périphérie qui serait le terreau de l’abstention et du vote nationaliste émanant de ceux qui ont fait sécession avec le système.

Les géographies de l’abstention et du vote Front national (devenu Rassemblement national en 2018) recoupent-elles toutes deux le concept de France périphérique ? Une analyse (publication à venir) de la dernière élection présidentielle permet de nuancer cette idée au moment où la force politique lepéniste confirme sa dynamique au parlement.

 

Pour vérifier la pertinence de l’approche de Guilluy pour l’analyse de l’abstention et du vote FN, nous avons pris la définition de la France périphérique donnée en 2015 dans son livre éponyme.

Celle-ci s’appuie sur une base communale. La France métropolitaine correspond aux communes des vingt-cinq plus grandes métropoles françaises en s’appuyant sur le zonage en aires urbaines 2010 de l’Insee. La France périphérique correspond au reste du pays auquel s’adjoignent les communes périurbaines les plus fragiles des vingt-cinq grandes métropoles françaises : Paris, Lyon, Marseille – Aix-en-Provence, Toulouse, Lille (partie française), Bordeaux, Nice, Nantes, Strasbourg (partie française), Grenoble, Rennes, Rouen, Toulon, Douai – Lens, Montpellier, Avignon, Saint-Étienne, Tours, Clermont-Ferrand, Nancy, Orléans, Caen, Angers, Metz et Dijon.

L’ajout de ces communes périurbaines a pour but de distinguer le périurbain pauvre du périurbain aisé des grandes villes et est réalisé en calculant pour chaque commune périurbaine un indice quantifiant le niveau de fragilité sociale de la population locale et combinant plusieurs grandeurs socio-économiques comme le taux d’ouvriers et d’employés ou le niveau de vie.

Nous avons ainsi reconstitué la France périphérique et la France métropolitaine de Guilluy en utilisant les données communales socio-économiques de 2017.

Cette dichotomie territoriale est ensuite comparée aux géographies de l’abstention et du vote FN au premier tour de la présidentielle de 2017.

La géographie de l’abstention à l’échelle communale montre des dynamiques spatiales diverses. Pour certaines aires métropolitaines (Paris et Lyon), il semble effectivement se dessiner un gradient kilométrique positif : l’abstention semble plus forte autour du centre métropolitain, sans pour autant que cela soit très net.

Mais pour la majorité des métropoles (Bordeaux, Toulouse, Lille, Poitiers, Marseille, Clermont-Ferrand), la modalité dominante est celle de centres qui s’abstiennent plus que leurs alentours. Cela fait écho à la configuration « nord-américaine » des métropoles de province, où la fragilité sociale se concentre plutôt dans le centre et les couronnes proches, du fait notamment de la présence de quartiers d’habitat social et de populations immigrées.

Surtout, une géographie régionale apparaît. L’abstention est très forte en Corse, dans le Nord et dans l’Est. Elle l’est moins en Bretagne et dans le Sud-Ouest, même si l’on repère quelques poches abstentionnistes (par exemple, le Médoc également connu pour être une terre frontiste). La géographie régionale de l’abstention (sur la base des grandes régions de 2015) permet de révéler plus clairement ce phénomène en retrouvant le fameux axe Le Havre-Marseille qui sépare la France de l’Est historiquement industrielle, plus dense et territoire d’immigration de la France de l’Ouest historiquement moins dense et plus rurale.

Nos constats visuels sont précisés par une analyse de la variance (test de Fisher). Cette méthode statistique permet d’estimer le poids de différentes échelles spatiales dans l’abstention. Elle indique aussi quelles échelles sont significatives. Nous la déployons ici pour deux échelles : les régions de 2015 et la France périphérique.

Les données électorales sont pondérées par la population des communes pour gommer au mieux les différences de taille. Il apparaît ainsi dans nos analyses statistiques que la France périphérique a un poids bien inférieur à celui des régions.

Par ailleurs, sa significativité pourrait tout aussi bien renvoyer à l’abstention forte dans plusieurs centres urbains par rapport à leurs alentours, dichotomie inverse de celle de Guilluy. Enfin, nous constatons qu’une grande partie de l’abstention (résidus), et donc de la participation, reste à éclairer par d’autres échelles, qui pourraient être par exemple la concentration de retraités, au comportement électoral souvent assidu, sur certains littoraux, notamment dans le Sud, ou la haute participation dans les petites communes rurales.

Si le concept de France périphérique n’explique que peu l’abstention, il en est autrement pour le vote FN.

En visualisant la géographie du vote FN à l’échelle communale, on observe, plus clairement que pour l’abstention, une concurrence entre une géographie régionale et une géographie distinguant les grandes métropoles de leurs alentours.

Nous retrouvons les espaces régionaux qui constituent les traditionnelles zones de force du FN : le Nord et l’Est, où l’industrie a été mise en difficulté, et le littoral méditerranéen.

Nous retrouvons également ses zones de faiblesse comme l’ancien Limousin, le Sud-Ouest (excepté une implantation FN dans la vallée de la Garonne) et la Bretagne. En effet, l’ouest de la France a été, à partir des années 1970, une zone d’implantation pour le Parti socialiste (PS), tandis que le Limousin renvoie au passé des « campagnes rouges » où des structures agricoles coopératives favorisaient un communisme rural. La Bretagne et l’extrême Sud-Ouest (le Béarn) font aussi penser à l’implantation historique de la démocratie chrétienne. Les zones de faiblesse du RN témoignent donc de la persistance de cultures politiques régionales qui font que l’échelle régionale continue de compter dans la géographie électorale française.

Mais face à cette géographie régionale, le concept de France périphérique semble aussi avoir de l’intérêt dans la géographie frontiste. On repère assez clairement les aires d’influence des grandes métropoles françaises (Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Rennes, Nantes…) dont le vote FN est faible et entourées par des territoires plus favorables à ce parti.

 

L’analyse de la variance réalisée sur le vote FN montre cette fois-ci que la France périphérique est un facteur significatif dans ce phénomène. Sa contribution n’est pas négligeable bien qu’inférieure à l’échelle régionale. De plus, en répétant ce traitement statistique pour les présidentielles de 2002 et 2012 (2007 est mise de côté du fait de l’affaiblissement du FN dû à Sarkozy) nous constatons que l’échelle de la France périphérique n’a fait que gagner en puissance sur la période 2002-2017.

L’abstention et le vote extrémiste, bien que présentés comme deux symptômes de la crise des démocraties occidentales, sont deux comportements très différents tant politiquement, que socialement et spatialement. C’est le constat qui ressort de l’analyse par le prisme de la France périphérique.

L’abstention est équivoque et procède de multiples mécanismes à la fois spatiaux et sociaux (régions en difficulté, pauvreté dans les centres urbains, déclassement social, défiance vis-à-vis du politique).

À l’inverse, la France périphérique semble compter davantage dans la structuration du vote FN. Une logique centre-périphérie semble ainsi gagner en puissance dans la structuration de ce comportement. Reste à savoir si cette logique s’enracine plutôt dans une opposition centres urbains vs périurbain ou grandes métropoles vs périphéries déclassées (y compris des centres urbains), comme l’invite à réfléchir le récent mouvement des « gilets jaunes ».

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Par François Luciardi, Doctorant, Université Libre de Bruxelles (ULB)

L’auteur effectue sa thèse sous la direction de Gilles Van Hamme (Université Libre de Bruxelles, faculté des sciences) et Jean-Michel De Waele (Université Libre de Bruxelles, faculté de philosophie et sciences sociales).

Présidentielle 2022 : une campagne électorale ennuyeuse (Véronique Reille-Soulte)

Présidentielle 2022 : une  campagne électorale ennuyeuse (Véronique Reille-Soulte)

Spécialiste de la communication d’influence, à la tête d’un cabinet de conseil, experte de l’analyse de l’opinion, Véronique Reille-Soulte scrute les réseaux sociaux. Pour elle, cette campagne présidentielle est très singulière. ( la Tribune).

 

LA TRIBUNE – Que vous apprend l’analyse des réseaux sociaux sur l’intérêt que portent les Français à cette campagne présidentielle ?

VÉRONIQUE REILLE-SOULTE -

Rarement, nous avons vu si peu d’intérêt de la part des Français pour une élection présidentielle. Le sujet s’est longtemps effacé derrière la guerre en Ukraine, le Covid, la question du pouvoir d’achat, etc. Les citoyens étaient pris par d’autres préoccupations. Même aujourd’hui, à quelques jours du scrutin, l’intérêt n’est pas aussi manifeste que lors des précédentes présidentielles.

Est-ce dû au président sortant qui est candidat à sa réélection alors qu’on voit un effet « drapeau » se dessiner ? Les internautes se disent sans doute : « à quoi bon, puisque les jeux sont faits ». Même si, bien entendu, ce n’est pas le cas. On constate surtout  – et c’est très marqué sur les réseaux sociaux – qu’il n’y a pas d’engagement autour d’Emmanuel Macron – qui est pourtant désigné comme le favori – alors qu’en 2017, il avait bénéficié d’une forte phase de curiosité. En général, cette séquence est suivie par une phase d’intérêt, de notoriété. Puis par une phase d’engagement, d’adhésion – on partage, on commente, on like, on reprend les propos.

Politique Macron : une campagne électorale pas très professionnelle et d ’une grande insouciance

Politique Macron : une campagne électorale pas très professionnelle et d ’une grande insouciance

 

 

 

Percuté par la guerre en Ukraine, Emmanuel Macron entend s’appuyer sur son bilan global notamment économique pour briguer un second mandat, malgré un programme qui semble peiner à convaincre, souligne Audrey Tonnelier, journaliste au « Monde », dans sa chronique.

Tellement certain d’être réélu face à Marine Le Pen, le président monarque n’a guère pris de temps et de soins pour préparer la campagne électorale. Il a sans doute considérer que sa personnalité et sa supériorité seront suffisantes pour lui assurer la victoire. Le problème c’est que d’une part le bilan n’est pas évident notamment sur le plan économique et que les promesses paraissent particulièrement brouillonnes et manquent sérieusement de hauteur et de perspectives .Bref le président s’aperçoit peut-être tardivement qu’il serait temps de prendre la campagne électorale un peu au sérieux car les sondages désormais menacent

 

 

Chronique.

 

C’est peu dire qu’il était attendu. Après des semaines de spéculations en tous sens sur le fond et la forme, Emmanuel Macron a finalement choisi de présenter son programme lors d’une conférence de presse devant plusieurs dizaines de journalistes, le 17 mars. Exit, l’effervescence interrogative qui accompagnait le même exercice cinq ans plus tôt, en mars 2017. A l’époque, l’ancien secrétaire général adjoint de l’Elysée et ministre de l’économie, qui avait démissionné quelques mois plus tôt pour se lancer en solo, faisait figure d’outsider, promettant de rebattre les cartes du jeu politique. Entouré d’économistes de renom (Jean Pisani-Ferry, Philippe Martin, Philippe Aghion…), il avait aussi à cœur d’asseoir sa crédibilité, notamment en matière de politique économique.

Cinq ans plus tard, c’est un président éprouvé par trois crises majeures – sociale, avec les « gilets jaunes », sanitaire, avec le Covid-19, géopolitique, avec la guerre en Ukraine – qui se présente pour un second mandat. Et c’est davantage comme un professeur devant ses élèves, avec une présentation en plusieurs parties et sous-parties égrenée durant plus de quatre heures, qu’est apparu le chef de l’Etat.

Mesures amendées dans les jours suivants par son entourage ou le gouvernement, comme le RSA conditionné à quinze ou vingt heures d’activité ou de formation, chiffrage approximatif ne disant rien de la réelle manière de faire les économies nécessaires pour financer les dépenses engagées… Le président candidat n’est pas parvenu à dissiper l’impression d’éparpillement et d’impréparation, les jours suivants.

Macron compte sur son bilan

Pourtant, jurent ses soutiens, en amont, le travail a été fait : réunions de commissions, envoi de notes… Alors, manque de temps ? D’intérêt ? Depuis un mois, l’invasion russe bouleverse le calendrier du président, qui a longtemps espéré bénéficier d’une « fenêtre » plus apaisée pour se présenter après les deux années de pandémie. Elle modifie aussi les priorités des Français, toujours plus soucieux de leur pouvoir d’achat.

« Soit Macron et Kohler [le secrétaire général de l’Elysée] n’ont pas eu le temps de se pencher sur les détails du projet, et d’arbitrer précisément – or, s’ils ne tranchent pas, personne ne le fait –, soit ils ont voulu se laisser de la marge de manœuvre », lâche, déconcerté, un soutien de la première heure.

idat compte sur un élément majeur pour continuer à le porter : son bilan. Bilan économique avec le redressement de l’économie et la baisse du chômage, qui a atteint 7,4 % fin 2021, et capacité à traverser lesdites crises. Le 17 mars, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), Emmanuel Macron a insisté sur sa « crédibilité liée aux cinq dernières années » : « Je tâche de faire ce que je dis et j’essaie de dire à chaque fois ce que je fais. »

Macron : une campagne électorale d’une grande confusion et d’une grande insouciance

Macron : une campagne électorale d’une grande confusion et d’une grande insouciance

 

 

 

Percuté par la guerre en Ukraine, Emmanuel Macron entend s’appuyer sur son bilan économique pour briguer un second mandat, malgré un programme qui semble peiner à convaincre, souligne Audrey Tonnelier, journaliste au « Monde », dans sa chronique.

Tellement certain d’être réélu face à Marine Le Pen, le président monarque n’a guère pris de temps et de soins pour préparer la campagne électorale. Il a sans doute considérer que sa personnalité et sa supériorité seront suffisantes pour lui assurer la victoire. Le problème c’est que d’une part le bilan n’est pas évident notamment sur le plan économique et que les promesses paraissent particulièrement brouillonnes et manquent sérieusement de hauteur et de perspectives .Bref le président s’aperçoit peut-être tardivement qu’il serait temps de prendre la campagne électorale un peu au sérieux car les sondages désormais menacent

 

 

Chronique.

 

C’est peu dire qu’il était attendu. Après des semaines de spéculations en tous sens sur le fond et la forme, Emmanuel Macron a finalement choisi de présenter son programme lors d’une conférence de presse devant plusieurs dizaines de journalistes, le 17 mars. Exit, l’effervescence interrogative qui accompagnait le même exercice cinq ans plus tôt, en mars 2017. A l’époque, l’ancien secrétaire général adjoint de l’Elysée et ministre de l’économie, qui avait démissionné quelques mois plus tôt pour se lancer en solo, faisait figure d’outsider, promettant de rebattre les cartes du jeu politique. Entouré d’économistes de renom (Jean Pisani-Ferry, Philippe Martin, Philippe Aghion…), il avait aussi à cœur d’asseoir sa crédibilité, notamment en matière de politique économique.

Cinq ans plus tard, c’est un président éprouvé par trois crises majeures – sociale, avec les « gilets jaunes », sanitaire, avec le Covid-19, géopolitique, avec la guerre en Ukraine – qui se présente pour un second mandat. Et c’est davantage comme un professeur devant ses élèves, avec une présentation en plusieurs parties et sous-parties égrenée durant plus de quatre heures, qu’est apparu le chef de l’Etat.

Mesures amendées dans les jours suivants par son entourage ou le gouvernement, comme le RSA conditionné à quinze ou vingt heures d’activité ou de formation, chiffrage approximatif ne disant rien de la réelle manière de faire les économies nécessaires pour financer les dépenses engagées… Le président candidat n’est pas parvenu à dissiper l’impression d’éparpillement et d’impréparation, les jours suivants.

Macron compte sur son bilan

Pourtant, jurent ses soutiens, en amont, le travail a été fait : réunions de commissions, envoi de notes… Alors, manque de temps ? D’intérêt ? Depuis un mois, l’invasion russe bouleverse le calendrier du président, qui a longtemps espéré bénéficier d’une « fenêtre » plus apaisée pour se présenter après les deux années de pandémie. Elle modifie aussi les priorités des Français, toujours plus soucieux de leur pouvoir d’achat.

« Soit Macron et Kohler [le secrétaire général de l’Elysée] n’ont pas eu le temps de se pencher sur les détails du projet, et d’arbitrer précisément – or, s’ils ne tranchent pas, personne ne le fait –, soit ils ont voulu se laisser de la marge de manœuvre », lâche, déconcerté, un soutien de la première heure.

idat compte sur un élément majeur pour continuer à le porter : son bilan. Bilan économique avec le redressement de l’économie et la baisse du chômage, qui a atteint 7,4 % fin 2021, et capacité à traverser lesdites crises. Le 17 mars, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), Emmanuel Macron a insisté sur sa « crédibilité liée aux cinq dernières années » : « Je tâche de faire ce que je dis et j’essaie de dire à chaque fois ce que je fais. »

La cause animale : sujet de campagne électorale ?

La cause animale : sujet de campagne électorale ?

 

Pour la philosophe Corine Pelluchon, la domination de l’humain sur la nature et les autres êtres vivants est aujourd’hui questionnée. Un mouvement auquel n’échappent pas les candidats à l’élection présidentielle, qui portent une attention inédite au bien-être animal.

 

Un sujet de nature anthropologique qui mérite sans doute attention même s’il ne justifie pas l’existence d’un parti spécifique dans cette campagne électorale  NDLR

 

La philosophe Corine Pelluchon, professeure à l’université Gustave-Eiffel et autrice de Manifeste animaliste. Politiser la cause animale (Alma éditeur, 2016, réédité chez Rivages poche en 2021), analyse la place accordée aux animaux dans la campagne présidentielle.

La quasi-totalité des candidats à l’élection présidentielle mentionnent la condition animale dans leur programme. Le sujet a-t-il acquis une légitimité politique ?

Oui, la population attend des réponses concrètes, une amélioration substantielle de la condition animale et cette question n’est plus périphérique. La première raison tient à ce que la condition animale n’est pas seulement importante pour les animaux : elle a aussi une dimension stratégique, car la violence envers les animaux est le miroir d’un modèle de développement aberrant sur le plan environnemental, sanitaire et social.

Le bien-être animal n’est pas séparable de la transition vers un modèle plus soutenable et plus juste. La deuxième raison est que l’attention au bien-être animal témoigne d’une révolution anthropologique dans la manière dont l’humain pense son rapport aux autres êtres sensibles. L’humain n’est pas comme les autres vivants, mais il n’est pas non plus extérieur à la nature. L’avenir, c’est de reconsidérer notre place dans la nature, et nos devoirs ou notre responsabilité à l’égard des autres vivants.

 

La cause animale est aussi la cause de l’humanité, et elle est universelle. De fait, certains partis s’en emparent davantage que d’autres, mais elle appartient à tous. Un consensus se forme sur plusieurs sujets, même si tout le monde n’a pas le même horizon.

Je trouve la campagne actuelle intéressante, avec des propositions de la part de plusieurs candidats. Est-ce qu’il y a de l’opportunisme ? Oui, et c’est normal dans une campagne présidentielle. Cependant, les politiques font partie de la société, qui, dans sa grande majorité, reconnaît que cette question est importante, et ils le comprennent. Je suis persuadée que le prochain président, quel qu’il soit, fera plus de choses pour la condition animale.

 

Pour mettre fin aux cages ou à l’élevage intensif, il faut remettre en cause des structures économiques en place. Il est vrai que la critique du capitalisme est plus facilement portée par la gauche que par la droite, mais presque tous admettent que le modèle actuel de production est problématique.

Quant à la chasse à courre et à la corrida, on touche à des représentations de la virilité et à une image de la puissance de l’humain sur la nature qui construisent l’identité de certains groupes. D’où les résistances. Cependant, on ne peut pas défendre l’empathie et le « care » [souci de l’autre] et tolérer le spectacle d’animaux suppliciés.

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