Archive pour le Tag 'Election'

Pour l’augmentation durable des revenus

Pour l’augmentation durable des revenus

 

Laurent Cappelletti et Henri Savall, professeurs de gestion, plaident, dans une tribune au « Monde », pour des augmentations négociées « au plus près des réalités des entreprises » afin de stimuler la productivité, plutôt que des aides publiques à l’influence non durable sur le pouvoir d’achat.

Depuis presque cinquante ans et la fin des « trente glorieuses », le pouvoir d’achat, sous cette dénomination ou sous une autre, est au cœur des préoccupations des Français et donc des campagnes électorales pour la présidentielle. Ainsi, François Mitterrand a gagné en 1981 sur un programme de meilleure répartition des richesses, Jacques Chirac en 1995 sur la réduction de la fracture sociale, Nicolas Sarkozy en 2007 sur le « travailler plus pour gagner plus ». En 2017, la promesse d’Emmanuel Macron de supprimer la taxe d’habitation a pesé dans son élection.

Le sentiment d’insécurité économique, qu’il repose sur des faits ou des croyances, est profondément ancré depuis le premier choc pétrolier de 1973, qui fut, aussi, un choc sur les mentalités. Les Français sont passés d’une certaine certitude en la croissance de leur pouvoir d’achat à une incertitude certaine, en particulier dans les classes modestes et moyennes, les plus affectées par les crises. La crainte de ne pas finir les fins de mois doit être entendue, pour expliquer et rassurer lorsqu’elle repose sur des croyances (comme la crainte d’une explosion des prix lors du passage du franc à l’euro) et pour la traiter à la racine par des transformations réelles, lorsqu’elle résulte de faits établis.

Une hausse durable du pouvoir d’achat, c’est-à-dire non réversible pour les travailleurs, renvoie plus à une augmentation des revenus, à la fois satisfaisante pour les salariés et finançable par les chefs d’entreprise et par l’Etat employeur, qu’à une baisse artificielle des prix à coups de subventions et d’aides d’urgence.

Le plus efficace pour développer durablement ses revenus est d’abord d’avoir un travail, seul facteur actif de création de valeur. Et, ensuite, de négocier le partage de la valeur ainsi créée, avec l’Etat pour les fonctionnaires et avec les chefs d’entreprise pour les salariés du privé.

Les politiques publiques doivent donc favoriser les créations d’emplois, les leviers de la productivité du travail que sont l’apprentissage, la formation professionnelle et l’innovation, mais aussi la négociation salariale. Vont dans ce sens, par exemple, les plans nationaux de reconquête industrielle sur des secteurs porteurs (hydrogène, agroalimentaire, aéronautique, etc.), la pression mise sur les branches professionnelles pour négocier avec leurs syndicats des augmentations salariales supportables, la défiscalisation des primes d’intéressement aux résultats de l’entreprise, les aides financières aux entreprises qui mettent en place des systèmes ambitieux de participation aux résultats ou qui investissent dans l’apprentissage, la formation et l’innovation.

Élection présidentielle : voter les yeux fermés ou le nez bouché ?

Élection présidentielle : voter les yeux fermés ou le nez bouché ?

 

 

D’une manière générale, cette campagne n’aura pas suscité un grand enthousiasme  témoin le fort taux d’abstention qui s’ajoute aux électeurs potentiels non-inscrits ou mal inscrits soit 40 à 50 % de la population au total.

 

Pour un certain nombre de ceux qui voteront, ce sera les yeux fermés ou le nez bouché. Les yeux fermés pour les partisans d’un camp ou de l’autre soit 10 à 20 % de la population électorale. Pour les autres, ceux qui feront basculer la victoire, il s’agira d’un vote d’opposition au candidat adverse. Certes,  le phénomène n’est pas nouveau mais cette fois il prend des proportions inquiétantes qui traduisent le fort mécontentement d’un grand nombre vis-à-vis du système politique et de la démocratie en général.

Macron risque en effet de l’emporter grâce au vote de ce qui voteront le nez bouché. Non pas un vote de  soutien à  Macron mais un vote de nette défiance vis-à-vis de Le Pen. Du coup , on retrouvera cette ambiguïté du vote très rapidement.

Le président (ou la présidente) va se croire investi pour mettre en œuvre son programme alors que la plupart des électeurs se seront déterminés pour empêcher l’élection de l’autre candidat.

L’autre insatisfaction tient surtout à l’obsolescence du fonctionnement démocratique qui théoriquement repose sur la démocratie représentative. Dans les faits  les candidats une fois élus décident  ce qu’ils veulent en fonction de leur humeur, de leurs intérêts en oubliant une grande partie de leurs promesses.

Et pour cause, la plupart des promesses ne sont pas bouclés par les moyens notamment financiers. Exemple les programmes des deux candidats aux présidentielles supposent des économies dans le fonctionnement de l’État , or  aucune proposition sérieuse de réforme de l’État n’a été mise sur la table. Conclusion,  ces économies sont à la fois virtuelles et illusoires.

La plupart des Français relativisent donc l’intérêt de cette élection présidentielle dont ils n’espèrent pas grand-chosent pour près de 70 % et c’est souvent le nez bouché qu’ils voteront.

Élection présidentielle : Désenchantement et éclatement

Élection présidentielle :  Désenchantement et éclatement

OPINION. Pourquoi sent-on une certaine fébrilité dans le camp macroniste ? Pourquoi les sondages annoncent-ils un score serré entre les deux finalistes ? Un autre manière d’interpréter le vote de dimanche. Par David Cayla, Université d’Angers. 

 

Le résultat du premier tour de l’élection présidentielle peut être lu de deux manières. Si l’on suit une grille de lecture politique, on peut comptabiliser trois blocs idéologiquement cohérents et de force comparable. La droite néolibérale rassemble 32,63% des voix autour des candidatures d’Emmanuel Macron et de Valérie Pécresse ; l’extrême droite identitaire (Le Pen, Zemmour et Dupont-Aignan) constitue un deuxième bloc qui pèse 32,28% des suffrages ; enfin, le total des voix de gauche et d’extrême gauche représente un dernier bloc rassemblant 31,94% de l’électorat. Reste les 3,13% des électeurs de Jean Lassalle, inclassable politiquement.

Une telle analyse du scrutin conduit à minimiser les risques d’une accession de Marine Le Pen à la présidence. Non seulement Emmanuel Macron parviendrait facilement à rassembler son bloc (légèrement plus important numériquement que celui de l’extrême droite) mais de plus il bénéficierait de l’appui d’une partie importante de la gauche dont les responsables sont unanimes dans leurs appels à faire « barrage » à l’extrême droite. Ainsi, sans trop prendre de risque, on pourrait pronostiquer une facile réélection du Président.

Mais si c’est ainsi qu’il faut interpréter le scrutin, pourquoi sent-on une telle fébrilité dans le camp macroniste ? Pourquoi les sondages annoncent-ils un score serré entre les deux finalistes ? C’est qu’il existe une autre manière d’interpréter le vote de dimanche.

Si l’on adopte une grille de lecture sociologique, il n’y a pas trois blocs mais deux camps. Le premier, le camp conservateur, représente les gagnants de la mondialisation. Il rassemble ceux qui défendent plus ou moins l’ordre établi et qui s’accommodent, sans toujours l’approuver, de la politique actuelle. Ses électeurs sont des personnes âgées qui n’ont pas connu la précarité au travail. Ils ont confiance dans les institutions, dans la presse et sont bien insérés socialement. Ils sont de droite et de gauche, d’un niveau socio-éducatif élevé et vivent majoritairement dans les banlieues aisées, en centre-ville et dans les métropoles.

Ce camp agrège aux néolibéraux les partis pro-européens de gauche (Hidalgo et Jadot) ainsi qu’une bonne moitié de l’électorat d’Éric Zemmour et une partie de l’électorat de Mélenchon ou de Fabien Roussel.

En face de ce camp se trouve la France des ronds points, des « gilets jaunes », celle qui manifestait contre le passe sanitaire et la vaccination. Cette France, peu sensible à la politique institutionnelle, rassemble les précaires et les classes populaires. Politiquement, elle est le plus souvent abstentionniste, même si elle s’exprime davantage à l’occasion des élections présidentielles.

C’est à cette France que Marine Le Pen doit pratiquement tous ses suffrages, mais cet électorat s’est aussi porté électoralement sur Mélenchon, notamment dans les banlieues et les Antilles, et sur Dupont-Aignan, Lassalle et Zemmour. Cette France déclassée tient les clés du second tour. Selon la dynamique de campagne, elle pourrait soit retourner à son abstention habituelle, soit voter Marine Le Pen. Ce qui est sûr, c’est qu’elle est potentiellement majoritaire.

D’une manière plus triviale, ce qui frappe dans cette élection c’est la force des partis anti systèmes. Pour la première fois depuis le début de la Ve République, les électeurs ont voté à une très large majorité pour des candidats porteurs d’un discours de rupture.

Dans un ouvrage paru en 2019, les chercheurs Yann Algan, Elizabeth Beasley, Daniel Cohen et Martial Foucault proposent une explication quant à l’émergence des mouvements anti systèmes. Selon eux, le populisme émerge lorsque la défiance s’accroît au sein de la société.

Ils distinguent deux sortes de défiance et donc deux sortes de populisme : d’abord, une défiance purement institutionnelle qui fait le lit d’un populisme de gauche qu’incarnerait par exemple Jean-Luc Mélenchon ou le mouvement des « gilets jaunes ». Ce populisme croit en l’action collective mais ne croit plus aux institutions actuelles qu’il souhaite transformer en profondeur.

À l’inverse, pour les auteurs, les populistes de droite seraient le produit d’une défiance généralisée qui s’adresse autant aux personnes qu’aux institutions sociales. On retrouve cette forme de populisme dans l’électorat de Marine Le Pen, chez les abstentionnistes et au sein des mouvements « antivax ».

Il est la conséquence d’une société marquée par l’individualisme et une forme d’anomie. Il se nourrit parfois d’une paranoïa qui rend sensible les personnes concernées aux thèses du grand remplacement et au complotisme. C’est une population qui a tendance à se replier sur sa sphère privée ou familiale.

Les ouvrages du journaliste américain Thomas Frank décrivent assez justement les sociétés « anomiques » (« sans loi ») au sein desquelles prospère le populisme de droite. Dans ces quartiers résidentiels américains, souvent marqués par la désindustrialisation et la dégradation des services publics, la haine contre le « progressisme » tient lieu de ciment social.

Si les causes des populismes sont assez claires, les raisons pour lesquelles la défiance s’accroît au sein d’une société le sont moins. Dans Populisme et néolibéralisme, j’ai avancé une explication.

La population perd confiance envers ses institutions lorsque ces dernières ne jouent plus leur rôle qui consiste à tisser des liens et à construire la vie sociale. Ainsi, la première des institutions est l’État, et le premier rôle de l’État est de protéger ses propres citoyens. Or, en choisissant d’insérer la France dans la mondialisation, les gouvernements, depuis quarante ans, ont réduit le champ de l’action politique à des logiques d’attractivité et de compétitivité.

La règle de la « bonne gestion » est devenue d’arbitrer systématiquement en faveur des capitaux et des classes supérieures, qui sont mobiles et s’installent là où la fiscalité est la plus douce, contre le travail et les classes populaires et moyennes qui elles sont immobiles et doivent supporter l’essentiel de la charge fiscale.

Vu sous cet angle, le quinquennat qui s’achève fut celui d’une clarification néolibérale, c’est-à-dire qu’il a pris un parti pris clair : celui de mettre l’État au service d’une adaptation de la société aux marchés.

Ce parti pris se retrouve dans la politique fiscale : suppression de l’impôt sur la fortune, baisse de la taxation du capital et de l’impôt sur les sociétés, hausse les taxes sur la consommation. Il se retrouve aussi dans une conception des services publics marquée par la réduction des coûts (fermeture des lits dans les hôpitaux, gel des salaires dans la fonction publique, réduction des dotations aux collectivités territoriales).

Enfin, la gestion du Covid a donné l’impression que « l’argent magique » qui n’existait pas pour répondre aux besoins des soignants de l’hôpital de Rouen pouvait soudainement affluer pour compenser les pertes des entreprises liées à la crise sanitaire.

Cette politique publique orientée vers le soutien prioritaire au secteur privé, au détriment des besoins sociaux a nourri et entretenu une défiance au sein de l’électorat. Les politiques gouvernementales sont-elles au service de l’intérêt général et du plus grand nombre, ou répondent-elles aux pressions des lobbies et des grandes entreprises ? Cette défiance qui s’est révélée lors du mouvement des « gilets jaunes » s’est ensuite cristallisée au moment de la crise sanitaire durant laquelle les théories les plus folles ont circulé sur l’innocuité des vaccins ou sur la pertinence des confinements.

Plus généralement, ce qui est apparu aux yeux d’une partie de l’opinion, c’est que l’État n’était pas là pour protéger la population, mais pour la punir ou la manipuler. C’est cette thèse teintée de paranoïa que défend la philosophe Barbara Stiegler. Les conséquences de cette défiance ont pu être mesurées par le taux de vaccination, beaucoup plus faible dans les territoires populaires et les départements d’outre-mer que dans les quartiers favorisés.

Le résultat du 10 avril semble exprimer la même défiance. Si les institutions ne sont pas remises à l’endroit, si les politiques menées continuent de donner l’impression de servir des intérêts qui ne sont pas ceux de la majorité, il est clair qu’une partie grandissante de la population sera tentée par le vote de sécession.

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Par David Cayla, Enseignant-chercheur en économie, Université d’Angers.

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Election Présidentielle : un appel »sans illusions » des « intellos « pour Macron

Election Présidentielle : un appel  »sans illusions » des « intellos « pour Macron

 

Vraiment curieux cet appel de personnes médiatiques , qualifiées de personnalités de la culture, en faveur de Macron « mais sans illusion ».

D’abord on peut s’interroger sur la légitimité d’un appel de personnes médiatiques qui ne représentent rien et  beaucoup n’ont que des convictions politiques approximatives.

En plus un appel mais « sans conviction » qui montre bien la fragilité et le manque de cohérence du cri pour la plupart de nantis dont beaucoup confondent notoriété médiatique et notoriété culturelle.

Devant les menaces multiples et réelles que représente l’accession au pouvoir d’une candidate dont « le programme reste celui de la xénophobie et du repli sur soi », près de 400 personnalités de la « culture », parmi lesquelles Ariane Ascaride, Jeanne Balibar, Fabrice Luchini ou encore Charlotte Gainsbourg, appellent dans une tribune au « Monde » à voter pour le chef de l’Etat, Emmanuel Macron.

Tribune.

 

Le 10 avril, l’extrême droite, pour la troisième fois de l’histoire de la Ve République, est au second tour de l’élection présidentielle, aux portes du pouvoir. Jamais elle n’a été aussi près de l’emporter. Aujourd’hui, ce que l’on appelait autrefois le « front républicain » se fissure. Nous en sommes consternés.

Actrices et acteurs du monde de la culture, du spectacle vivant, nous avons parfois eu des divergences, des oppositions, des désaccords profonds avec le pouvoir en place. Nous avons parfois eu des déceptions aussi, des colères, des rages, même. Mais si pour certains d’entre nous l’issue de ce premier tour n’a pas été celle espérée, si pour certains d’entre nous la méfiance demeure, il n’y a pour nous, aujourd’hui, aucune hésitation, aucun doute, aucun flottement.

Nous ne mettons pas sur le même plan la démocratie et le populisme. Nous ne nous laisserons jamais aller à renvoyer dos à dos un gouvernement démocratique et le Rassemblement national.

Élection :Ces fonctionnaires qui se croient propriétaires du service public

Élection :Ces fonctionnaires qui se croient propriétaires  du service public

 

Sans état d’âme et sans interrogations juridiques, la présidente de l’université de Nantes appelle étudiants et enseignants à voter contre Le Pen.

Ou  la dérive de services publics dont certains fonctionnaires se pensent prioritaires et qui explique aussi sans doute l’écroulement du niveau de l’enseignement en France.( Voir le dernier classement des universités où la France quasiment absente des filières scientifiques et technologiques).

 

«Je vous appelle solennellement à voter le 24 avril pour faire barrage à l’extrême droite et donc au Rassemblement National». Dans un mail daté de ce mercredi 13 avril, la présidente de l’université de Nantes, Carine Bernault, a appelé étudiants et enseignants à voter contre Marine Le Pen, qui affrontera Emmanuel Macron au second tour de l’élection présidentielle dans dix jours.

Soulignant que son message est «inhabituel», mais qu’elle le juge «indispensable au regard des enjeux attachés à ce vote», celle qui préside l’université de Nantes depuis le mois de janvier dernier conclut : «Quel que soit le résultat le 24 avril, vous pouvez compter sur mon engagement pour défendre nos valeurs».

Ce mail a rapidement circulé sur Twitter, où il a suscité l’indignation de certains internautes et hommes politiques de droite. «Ce message [...] est une faute grave qui doit avoir pour conséquence une exclusion», a ainsi écrit Sébastien Pilard, porte-parole de Reconquête. Axel Casenave, responsable des Jeunes Républicains de Loire-Atlantique, a tweeté : «Les dérives politiques des présidents d’université se poursuivent. [...] Où est le devoir de réserve ? Où est le respect des opinions des étudiants ?»

«La prise de position de la présidente de l’université de Nantes, en violation des règles de neutralité qu’impose sa fonction, est une faute lourde. Les étudiants ont raison de s’en scandaliser. 

Élection Présidentielle : Macron, à gauche toute !

Élection  Présidentielle : Macron, à gauche toute !

Pour Macron c’est un peu le sauve-qui-peut. Certes il est arrivé assez nettement en tête mais le problème c’est que sa réserve de voix est nettement moins importante  que celle de Marine Le Pen. En caus,e en particulier l’écroulement des républicains Macron a évidemment compris que le faiseur de rois sera pour cette élection Mélenchon qui a nettement dépassé les 20 %. Certes par idéologie Mélenchon a clairement affirmé qu’il ne voulait pas donner de voix à Marine Le Pen . Le  problème c’ est que les troupes suivent de moins en moins les appareils et leurs dirigeants. Ainsi des études d’opinions montrent que 25 à 30 % des électeurs de Mélenchon pourraient voter pour Le Pen moins par conviction que par détestation de Macron.

 

Du coup Macron multiplie les signes vis-à-vis de la gauche. Il a même cru révéler avoir envoyé un mail à Mélenchon qui par parenthèse n’avait strictement rien à voir avec le second tour des présidentielles. Toujours la même communication de Macron. Comme avec Poutine, l’important est de faire savoir qu’on a communiqué, peu importe le contenu.

 

Sur les retraites Macron semble prêt  à reculer y compris sur la date-butoir des 65 ans. Il envisage même éventuellement d’organiser un référendum. Une belle occasion de favoriser une grande confusion démocratique car on ne répond pas à des questions complexes isolées de leur contexte par un oui ou par un non. Mais sans doute s’agit-il d’un message adressé aux troupes de Mélenchon.  Ce n’est sans doute pas la dernière concession que Macron fera à la gauche. D’autres suivront comme la juste réévaluation des retraites. Le second tour se fera sur le thème social et chacun des deux protagonistes  avant les élections va sans doute promettre encore davantage à cette catégorie quitte d’ailleurs à faire l’impasse sur la dimension financière.

Élection présidentielle : les vrais scores

Élection présidentielle : les vrais scores

 

Si on ramène le nombre de voix obtenues par les candidats à l’ensemble des électeurs inscrits sur les listes électorales, cela relativise les scores obtenus. Emmanuel Macron, qui est arrivé nettement en tête avec presque 28% des suffrages exprimés, n’a en réalité obtenu les voix que de 20,1% des personnes qui pouvaient voter à cette élection. Le score de Marine Le Pen en pourcentage des inscrits s’élève à 16,7%, et celui de Jean-Luc Mélenchon à 15,8%. Parmi les autres candidats, seul Eric Zemmour a réuni les suffrages de plus de 5% des personnes appelées aux urnes.

 

Plus d’un électeur sur quatre appelé aux urnes dimanche 10 avril a préféré ne pas se déplacer. En atteignant 26,31%, l’abstention n’a finalement pas battu son record historique pour une élection présidentielle, mais elle reste à un niveau très élevé. Les scores des candidats à la présidentielle sont traditionnellement communiqués en pourcentage des suffrages exprimés, c’est-à-dire les suffrages des électeurs ayant glissé un bulletin au nom d’un des candidats en lice dans l’urne. Ni le vote blanc, ni le vote nul ni l’abstention ne sont alors pris en compte.

Election Présidentielle 2022 : les funérailles du parti socialiste

Election Présidentielle 2022 : les funérailles du parti socialiste

L’élection présidentielle de 2022 pourrait bien représenter une sorte de funérailles pour le parti socialiste qui va connaître sans doute le sort de son ancêtre la SFIO et disparaître du paysage politique.

Il est clair qu’avec un score autour de 2 %, le parti socialiste ne peut rester en l’état de mort clinique. D’ores et déjà,  on s’agite dans la coulisse et par exemple François Hollande qui a largement contribué à discréditer le parti qui l’a a conduit à l’Élysée s’imagine à nouveau en successeur de Mitterrand pour ramasser ce qui reste et recréer une dynamique à gauche.

Le problème c’est que ce sont les mêmes qui ont coulé le parti socialiste depuis 40 ans qui revendiquent une légitimité pour le redresser.

La dégringolade a commencé depuis longtemps. Depuis exactement l’époque de Mitterrand auquel on reconnaît quelques qualités mais qui évidemment n’a jamais été socialiste et deux ans après son élection a  tourné le dos complètement à ses orientations.

Le parti socialiste n’a jamais réussi à tuer les vipère installées en son sein c’est-à-dire celles représentées par les technocrates, les bobos et les arrivistes. Convaincus  de représenter la classe ouvrière et les couches moyennes, les dirigeants du parti socialiste ont toujours manifesté le plus grand mépris pour ces catégories sociales. Des catégories sociales complètement absentes des instances dirigeantes et encore davantage évidemment du gouvernement.

En outre avec en plus des contradictions internes d’autres bobos marxistes et même communistes aussi coupés des réalités sociales que les autres mais qui prêchaient la révolution ! Une posture surréaliste qui a largement participé à coulé l’inefficace Hollande.

*Au cours d’un dîner « secret » mercredi soir entre Anne Hidalgo, Martine Aubry, François Hollande et d’autres figures du Parti socialiste aurait abordé la recomposition de la gauche et du PS, sans convier son premier secrétaire, Olivier Faure. Révélé par Le Monde, ce dîner ne semble être que le dernier épisode d’une crise au sein des cadres du parti.

Le feuilleton de la mésentente socialiste continue donc  : mercredi soir, Anne Hidalgo dînait à la questure du Sénat, un dîner officieux organisé par Patrick Kanner, président du groupe socialiste au Palais du Luxembourg, en compagnie plusieurs figures socialistes : la maire de Lille Martine Aubry, la maire de Nantes Johanna Rolland, directrice de la campagne d’Anne Hidalgo, Carole Delga, présidente de la région Occitanie, et aussi François Hollande. Selon Le Monde, l’ex-Premier ministre Bernard Cazeneuve était aussi convié, mais n’était pas disponible.

Un dîner de travail, oui, mais pas vraiment destiné à organiser les dernières minutes de la campagne présidentielle , à seulement quelques jours du premier tour. L’ordre du jour aurait plutôt été centré sur l’avenir du Parti socialiste, et de la gauche, après une campagne présidentielle qui semble avoir scellé le destin du PS tel qu’il fonctionne actuellement. Selon Le Monde , les participants à ce dîner veulent envisager une large recomposition dans un « nouveau mouvement social-démocrate qui dépasserait le PS », et qui pourrait jusqu’à aller chercher des écologistes, communistes et des radicaux de gauche. Bref la vision mitterrandienne dans une troisième version qui connaîtra le même sort que les deux précédentes si elles sont conduites par ceux qui ont déjà détournél’objet du parti socialiste soit par leur collusion avec les pouvoirs financiers, soit au contraire par l’irresponsabilité de leur posture pseudo révolutionnaire de bobo.

 

Election Présidentielle : des résultats plus serrés que prévus ?

Election Présidentielle : des résultats plus serrés que prévus ?

 

Jusqu’alors les différents sondages donnaient 5 à 6 points d’avance à Macron par rapport à la représentante du rassemblement national. Mais plusieurs événements sont venus perturber le rapport de force. Il y a d’abord une absence de campagne de Macron, un programme un peu bâclé, la répétition de ses contacts inutiles avec Poutine, la question centrale du pouvoir d’achat enfin le scandale de l’affaire McKinsey.

Du coup, les deux principaux protagonistes se retrouvent dans un mouchoir de poche c’est-à-dire dans la marge d’erreur des sondeurs. Il n’est pas exclu qu’on assiste même à une surprise du fait de l’indécision des électeurs et des abstentionnistes.

La  dernière enquête Elabe parue en fin d’après-midi hier fop Macon état 26 % pour 24 % à Le Pen. Mélenchon dépasse les 17 %, Zemmour et Pécresse sous les 9 %

Marine Le Pen, elle, a pris environ 6 points au cours du dernier mois de campagne, après avoir plié le match qui l’opposait à Éric Zemmour. Sa dernière menace pour ne pas être au second tour dimanche s’appelle Jean-Luc Mélenchon qui, lui, n’a fait que progresser dans les sondages. Parti à 8-9 %, le candidat de la France insoumise, quatrième homme en 2012 et en 2017, termine à 17,3 %. Il n’aura en revanche jamais réussi à se rapprocher de Marine Le Pen et reste encore six points derrière elle.

À la différence du duo Macron-Le Pen, Mélenchon n’entre quasiment jamais dans les marges d’erreur avec sa concurrente du RN. Pour viser une qualification pour le second tour dimanche, il faudrait donc au troisième homme une mobilisation spectaculaire d’électeurs en sa faveur – après tout, il a pris encore deux points en une seule semaine – ou une démobilisation de dernière minute d’électeurs frontistes. Éric Zemmour et Valérie Pécresse, tombés autour des 8-9 %, ne devraient en revanche pas faire mieux que se disputer la quatrième place.

Politique- Election Présidentielle : L’hypothèse Marine Le Pen

Election Présidentielle : L’hypothèse Marine Le Pen 

Jacques Attali explique dans les Echos pourquoi l’élection d’Emmanuel Macron n’est pas gagnée d’avance, et ce qui risquerait de se passer si la candidate du Rassemblement national accédait à l’Elysée.

Une hypothèse argumentée mais qui comme souvent chez Attali ( et autres experts type Alain Minc)  mélange arguments scientifiques et arguments de bistrot sans parler des approximations et de cette capacité de dire un jour une chose et le contraire le lendemain NDLR 

Peu de gens veulent reconnaître que la réélection d’Emmanuel Macron est loin d’être acquise, et que celle de Marine Le Pen est parfaitement possible. Pour au moins quatre raisons :

1. Aucun président n’a été réélu sans cohabitation ou après un mandat de cinq ans ou s’il a été élu la première fois où il s’est présenté. Emmanuel Macron remplit ces trois conditions.

2. Au moins deux candidats considérés comme élus d’avance (Valéry Giscard d’Estaing et Lionel Jospin) ont été battus par surprise, c’est-à-dire par l’abstention de son camp.

3. Après le dégagisme soft, dont Emmanuel Macron a bénéficié en 2017, peut venir le dégagisme hard, contre lui ; comme la Convention est venue après la Constituante. L’alliance de tous contre le sortant peut, encore une fois, jouer à plein. Et réussir.iabolisé. Alors qu’il y a cinq ans, Marine Le Pen apparaissait comme une incompétente extrémiste, elle se pose aujourd’hui en experte modérée ; plus acceptable, plus légitime, plus raisonnable qu’un Eric Zemmour, qui lui sert de repoussoir et attire vers elles des voix modérées.

Sans revenir sur les frustrations, les déceptions, les colères qu’Emmanuel Macron et sa politique, ont pu provoquer, il est temps d’affronter la réalité : Marine Le Pen peut être élue dans moins de quatre semaines. Que se passerait-il alors ?

La mise en oeuvre de son programme plongerait le pays dans une crise sans précédent et largement irréversible, dont ses électeurs seraient les premières victimes.

Sur le pouvoir d’achat qu’elle dit défendre : elle annonce des dépenses sociales innombrables et très vagues, une baisse massive de la TVA qui ne profiterait qu’aux riches, une réforme invraisemblable de l’impôt sur le revenu et des retraites, non financée, sinon par un vague emprunt (alors qu’elle dénonce la dette publique) et par d’hypothétiques économies sur les prestations aux migrants. Tout cela provoquera en réalité une inflation dont les bas salaires et les petits épargnants seront les premières victimes.

Sur l’écologie : elle entend supprimer tous les projets d’éolien et démanteler les éoliennes en service, ce qui rendrait encore plus difficile la maîtrise des émissions de gaz a effet de serre visée pour 2040.

Sur les étrangers présents en France : elle entend leur retirer l’accès aux soins et aux allocations familiales et sociales, les empêcher de travailler, leur retirer la nationalité française. Non seulement cela violerait plusieurs principes constitutionnels fondamentaux, mais cela rendrait vite impossible le fonctionnement de notre économie, transformerait en SDF des millions de gens aujourd’hui parfaitement intégrés, et priverait le pays de centaines de milliers de Français, nés en France, dont l’apport est inestimable.

Par ailleurs, ne plus accueillir aucun autre étranger serait se priver de médecins, de chercheurs, de professeurs, d’ingénieurs, d’artistes, dont nous avons tant besoin. Enfin, faire traiter par nos ambassades les demandes d’asile reviendrait, par exemple, à n’admettre des Ukrainiens que s’ils ont déposé une demande d’asile en bonne et due forme à notre ambassade à Kiev…

Sur la justice et la sécurité : là encore, son élection entraînerait des réformes violant tous nos principes constitutionnels. Ainsi, accorder aux policiers une présomption de légitime défense, et contraindre les juges à prendre des sanctions pénales incompressibles serait renier la séparation des pouvoirs.

Sur la culture, qu’elle entend réduire à une vision étroite de la France, il faut en particulier s’inquiéter de son projet de privatiser de l’audiovisuel public, qui laisse augurer d’une mainmise par ses amis hongrois et russe.

Sur l’Europe : diminuer unilatéralement la contribution de la France au budget européen et affirmer la primauté du droit national sur le droit européen, comme elle entend le faire dès le mois de juin, reviendrait à remettre en cause l’appartenance de la France à l’Union européenne. Répétons le ici : élire Madame Le Pen, ce serait sortir de l’UE, sans l’avoir vraiment décidé. Ce serait un Frexit sans débat.

Enfin, ce serait mettre nos armées et la politique étrangère du pays entre les mains d’une personne dont les seuls alliés dans le monde sont Messieurs Orban et Poutine. Autrement dit, si Madame Le Pen est élue dans moins d’un mois, on assistera immédiatement à un renversement des alliances : notre pays s’allierait à la Russie contre l’Ukraine, contre le reste de l’UE et contre l’Otan.

Pensez-y, avant de jouer avec l’idée que, après tout, cinq ans de Macron, ça suffit. Reprochez surtout aux anciens grands partis de ne pas avoir été capables de faire émerger des programmes et des candidats dignes de notre grand pays et du grand débat qu’aurait dû être cette élection présidentielle. Et écartons la tentation du pire.

 Jacques Attali

Election Présidentielle : L’oubli de la compétitivité des entreprises !

Election Présidentielle  : L’oubli de la compétitivité des entreprises !

 

Finalement dans cette campagne électorale on aura parlé un peu de tout et surtout de rien. Pas tout à fait mais de problèmes surtout catégoriels ou coupés de l’organisation systémique dans laquelle ils s’insèrent. Bref, des programmes politiques en rondelles de saucisson, des promesses, des incantations mais pas de vrais analyses en profondeur et encore moins de vision prospective. Pour preuve ,la quasi-absence de préoccupations du dramatique déficit commercial français véritable thermomètre de l’économie et qui affiche régulièrement autour de 60 à 80 milliards de déficits par an quand les Allemands dégagent un bénéfice de l’ordre de 200 milliards. Or  de cette compétitivité dépendent  la croissance, l’emploi, la rentabilité, les salaires et les ressources fiscales. Pire, La quasi-totalité des programmes se traduisent par des dépenses supplémentaire  ( donc des impôts) ! NDLR

La poursuite du creusement du déficit commercial est – avec celle du déficit public – une des conséquences de la bonne résilience de l’économie française de ces dernières années. La hausse récente des prix de l’énergie ne fera qu’alourdir la facture et rend d’autant plus crucial d’aborder cet enjeu économique dans les débats électoraux.

Par Clémentine Gallès, Cheffe Économiste et Stratégiste de Société Générale Private Banking

A moins de 10 jours du premier tour des élections présidentielles, les débats entre candidats auront été largement évincés par l’actualité de la guerre en Ukraine et par une entrée en campagne tardive du Président sortant dont la réélection au dire des sondages semble acquise. Pour autant, les enjeux économiques auxquels devront faire face la nouvelle majorité sont bien présents et mériteraient d’être abordés dans le nouveau contexte géopolitique. La question de la compétitivité des entreprises françaises est emblématique de ces enjeux.

Une tendance de long terme de dégradation du déficit commercial français

Si la France reste une importante puissance exportatrice (au 5ème rang mondial sur l’ensemble des biens et services), son solde commercial se creuse progressivement depuis plus de 20 ans.

Cette dégradation reflète plusieurs phénomènes : une consommation française particulièrement dynamique, une forte dépendance aux importations d’hydrocarbures (cf. graphique 1), mais aussi une perte de compétitivité des entreprises françaises par rapport à celles des partenaires commerciaux de la France. Cette perte de compétitivité est particulièrement visible du côté de la production des biens et s’est accompagnée d’une baisse importante de la taille de l’industrie française.

 

Pendant longtemps, l’explication principale était un coût du travail plus élevé en France, mais ce n’est plus le cas depuis déjà quelques années. En effet, au cours des années 2000-2010, la perte de compétitivité de l’industrie française s’expliquait par un coût du travail particulièrement élevé du fait de l’importance de son système social (retraites et sécurité sociale).

Différentes réformes ont été mises en place depuis, dont le CICE (Crédit d’Impôt pour la Compétitivité et l’Emploi) entré en vigueur en 2013, et ont permis d’inverser cette tendance. Pour autant l’affaiblissement de l’industrie française a généré une perte de compétitivité au-delà des coûts. En effet, la réduction des investissements en R&D et en formation a progressivement créé un déficit de compétitivité hors coûts.

En quoi la guerre en Ukraine change la donne ?

La crise sanitaire prolongée a été particulièrement sévère pour l’industrie française compte tenu la spécialisation de celle-ci (aviation, armateurs, tourisme). Aujourd’hui, la hausse des coûts de l’énergie affecte en premier plan les entreprises industrielles européennes, davantage dépendantes de l’énergie russe (cf. graphique 2).

 

Au sein de l’Europe, les entreprises françaises s’avèrent un peu moins affectées par cette hausse des coûts. Le mix énergétique de la France les rend en effet moins dépendantes du gaz russe. Par ailleurs elles bénéficient de soutiens publics conséquents pour amortir le choc.

Election Présidentielle : L’hypothèse Marine Le Pen

Election Présidentielle : L’hypothèse Marine Le Pen 

Jacques Attali explique dans les Echos pourquoi l’élection d’Emmanuel Macron n’est pas gagnée d’avance, et ce qui risquerait de se passer si la candidate du Rassemblement national accédait à l’Elysée.

Une hypothèse argumentée mais qui comme souvent chez Attali ( et autres experts type Alain Minc)  mélange arguments scientifiques et arguments de bistrot sans parler des approximations et de cette capacité de dire un jour une chose et le contraire le lendemain NDLR 

Peu de gens veulent reconnaître que la réélection d’Emmanuel Macron est loin d’être acquise, et que celle de Marine Le Pen est parfaitement possible. Pour au moins quatre raisons :

1. Aucun président n’a été réélu sans cohabitation ou après un mandat de cinq ans ou s’il a été élu la première fois où il s’est présenté. Emmanuel Macron remplit ces trois conditions.

2. Au moins deux candidats considérés comme élus d’avance (Valéry Giscard d’Estaing et Lionel Jospin) ont été battus par surprise, c’est-à-dire par l’abstention de son camp.

3. Après le dégagisme soft, dont Emmanuel Macron a bénéficié en 2017, peut venir le dégagisme hard, contre lui ; comme la Convention est venue après la Constituante. L’alliance de tous contre le sortant peut, encore une fois, jouer à plein. Et réussir.iabolisé. Alors qu’il y a cinq ans, Marine Le Pen apparaissait comme une incompétente extrémiste, elle se pose aujourd’hui en experte modérée ; plus acceptable, plus légitime, plus raisonnable qu’un Eric Zemmour, qui lui sert de repoussoir et attire vers elles des voix modérées.

Sans revenir sur les frustrations, les déceptions, les colères qu’Emmanuel Macron et sa politique, ont pu provoquer, il est temps d’affronter la réalité : Marine Le Pen peut être élue dans moins de quatre semaines. Que se passerait-il alors ?

La mise en oeuvre de son programme plongerait le pays dans une crise sans précédent et largement irréversible, dont ses électeurs seraient les premières victimes.

Sur le pouvoir d’achat qu’elle dit défendre : elle annonce des dépenses sociales innombrables et très vagues, une baisse massive de la TVA qui ne profiterait qu’aux riches, une réforme invraisemblable de l’impôt sur le revenu et des retraites, non financée, sinon par un vague emprunt (alors qu’elle dénonce la dette publique) et par d’hypothétiques économies sur les prestations aux migrants. Tout cela provoquera en réalité une inflation dont les bas salaires et les petits épargnants seront les premières victimes.

Sur l’écologie : elle entend supprimer tous les projets d’éolien et démanteler les éoliennes en service, ce qui rendrait encore plus difficile la maîtrise des émissions de gaz a effet de serre visée pour 2040.

Sur les étrangers présents en France : elle entend leur retirer l’accès aux soins et aux allocations familiales et sociales, les empêcher de travailler, leur retirer la nationalité française. Non seulement cela violerait plusieurs principes constitutionnels fondamentaux, mais cela rendrait vite impossible le fonctionnement de notre économie, transformerait en SDF des millions de gens aujourd’hui parfaitement intégrés, et priverait le pays de centaines de milliers de Français, nés en France, dont l’apport est inestimable.

Par ailleurs, ne plus accueillir aucun autre étranger serait se priver de médecins, de chercheurs, de professeurs, d’ingénieurs, d’artistes, dont nous avons tant besoin. Enfin, faire traiter par nos ambassades les demandes d’asile reviendrait, par exemple, à n’admettre des Ukrainiens que s’ils ont déposé une demande d’asile en bonne et due forme à notre ambassade à Kiev…

Sur la justice et la sécurité : là encore, son élection entraînerait des réformes violant tous nos principes constitutionnels. Ainsi, accorder aux policiers une présomption de légitime défense, et contraindre les juges à prendre des sanctions pénales incompressibles serait renier la séparation des pouvoirs.

Sur la culture, qu’elle entend réduire à une vision étroite de la France, il faut en particulier s’inquiéter de son projet de privatiser de l’audiovisuel public, qui laisse augurer d’une mainmise par ses amis hongrois et russe.

Sur l’Europe : diminuer unilatéralement la contribution de la France au budget européen et affirmer la primauté du droit national sur le droit européen, comme elle entend le faire dès le mois de juin, reviendrait à remettre en cause l’appartenance de la France à l’Union européenne. Répétons le ici : élire Madame Le Pen, ce serait sortir de l’UE, sans l’avoir vraiment décidé. Ce serait un Frexit sans débat.

Enfin, ce serait mettre nos armées et la politique étrangère du pays entre les mains d’une personne dont les seuls alliés dans le monde sont Messieurs Orban et Poutine. Autrement dit, si Madame Le Pen est élue dans moins d’un mois, on assistera immédiatement à un renversement des alliances : notre pays s’allierait à la Russie contre l’Ukraine, contre le reste de l’UE et contre l’Otan.

Pensez-y, avant de jouer avec l’idée que, après tout, cinq ans de Macron, ça suffit. Reprochez surtout aux anciens grands partis de ne pas avoir été capables de faire émerger des programmes et des candidats dignes de notre grand pays et du grand débat qu’aurait dû être cette élection présidentielle. Et écartons la tentation du pire.

 Jacques Attali

Election présidentielle 2022 : Vers l’explosion des partis politiques traditionnels

Election présidentielle 2022 : Vers l’explosion des partis politiques traditionnels

 

Les chercheurs en science politique qui ont fondé le site La Boussole présidentielle analysent, dans une tribune au « Monde », la campagne en cours .

Tribune.

 

L’élection présidentielle de 2022 va-t-elle poursuivre la décomposition du système partisan français, spectaculairement révélée en 2017 par l’élection d’Emmanuel Macron ? Plusieurs éléments attestent de l’effondrement historique des forces politiques (Parti socialiste, Les Républicains) qui ont dominé les blocs de la gauche et de la droite tout au long de la Ve République. A gauche, la faiblesse impressionnante du camp écologiste et social-démocrate va de pair avec la nette domination de Jean-Luc Mélenchon. A droite, on assiste à l’impossible équation politique du parti Les Républicains (LR), doublement concurrencé sur le conservatisme culturel par l’extrême droite et sur le libéralisme économique par Emmanuel Macron. A l’extrême droite enfin, une nouvelle radicalité, représentée par Eric Zemmour, vient concurrencer le Rassemblement national. Les dernières enquêtes d’opinion laissent entrevoir que le « dégagisme » de 2017 pourrait se poursuivre, à travers l’élimination des candidats des partis traditionnels et un second tour similaire à celui de 2017, autour d’une opposition entre conservatisme et libéralisme culturel.

Ce clivage, identifié par les enquêtes du Cevipof dès les années 1990, n’a pas effacé la polarisation gauche-droite, mais coexiste avec elle. Cette dualité travaille en profondeur notre vie politique. Si la « tectonique des plaques » n’est pas encore apaisée et si le tableau de notre système partisan est toujours plein d’incertitudes, la séquence électorale de 2022 (présidentielle et législatives) permettra d’avancer fortement dans l’analyse des recompositions politiques à venir.

Pour analyser ces processus, de nouveaux outils scientifiques permettent de comprendre l’évolution du système partisan, au-delà des classiques enquêtes électorales par sondages, essentielles pour appréhender les motivations de vote et les univers idéologiques des électeurs. La Boussole présidentielle, que nous avons développée au Cevipof depuis l’élection de 2012, est l’un d’entre eux. C’est un site d’aide au vote (SAV) ou Voting Advice Application (VAA), qui permet aux utilisateurs de répondre à une trentaine de questions et d’être positionnés dans un espace structuré par deux axes sur lesquels nous avons, en amont, placé les candidats à l’issue d’un méticuleux travail de codage de leurs programmes. Ces deux axes correspondent horizontalement à une dimension gauche-droite (interventionnisme étatique contre libéralisme économique) et verticalement à une dimension conservatisme culturel-libéralisme culturel. Le principe de ce site est simple : après étude de ses réponses, l’utilisateur se retrouve placé à côté du candidat dont il est le plus proche.

Présidentielle : une élection écrasée par l’Ukraine et le Covid

Présidentielle : une élection écrasée par l’Ukraine et le Covid

Finalement la campagne électorale française semble peu mobiliser l’intérêt des électeurs davantage préoccupés par la crise sanitaire et plus récemment par la guerre en Ukraine sans parler de l’inflation qui commence  à plomber le moral des ménages. D’un certain point de vue, les programmes de nombre de candidats paraissent assez hors sujet. Une enquête de la Fondapol sur l’élection montre comment l’épidémie et l’invasion russe ont bouleversé en profondeur le rendez-vous démocratique de 2022.

L’élection des 10 et 24 avril est imprégnée d’une succession de crises. La désaffiliation partisane, le mouvement des «gilets jaunes» et l’opposition aux mesures sanitaires ont nourri des mouvements contestataires qui pourraient bien se répercuter dans les urnes, l’abstention et le vote contestataire pourraient même être sans précédent. L’invasion de l’Ukraine par la Russie le 24 février, dernier chambardement en date, a eu pour conséquence un bond dans les intentions de vote pour Emmanuel Macron, devenu chef de guerre.

 

Une grande enquête de la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol) pour Le Figaro, réalisée du 10 au 14 mars, souligne que cette crise favorise nettement la position de favori du chef de l’État. 64 % des personnes interrogées sont satisfaites de la façon dont le président gère cette situation, et 39 % de ceux qui sont mécontents de son action comme président louent toutefois sa bonne gestion de la crise. 70 % des Français craignent par ailleurs que le conflit dégénère en Ukraine.

 

Élections Allemagne : le SPD ramasse la mise d’une élection régionale

  •  Élections Allemagne : le SPD ramasse la mise d’une élection régionale
  • Une victoire qui qui est peut-être à imputer à un certain effet drapeau dans le cadre du conflit ukrainien. En effet, le parti du chancelier Olaf Scholz  recueillerait 43% des voix, contre 27,5% pour les chrétiens-démocrates de la CDU, à la tête depuis plus de 20 ans de cette petite région de l’ouest de l’Allemagne, selon une estimation Infratest Dimap pour la chaîne publique ARD. Les sociaux-démocrates, à la tête de la coalition au pouvoir depuis début décembre, gagneraient ainsi plus de 13 points par rapport au précédent scrutin en 2017 dans ce Land, le plus petit d’Allemagne après les villes de Berlin, Hambourg et Brême.

Élection présidentielle : des programmes déjà largement obsolètes

Élection présidentielle : des programmes déjà largement obsolètes

 

Il n’est guère étonnant que les Français ne se passionnent pas pour les élections présidentielles. La plupart estiment  d’ailleurs que cette échéance ne changera pas grand-chose. Cela sans doute en référence à des programmes qui sont largement obsolètes.

D’abord personne n’avait prévu la situation de guerre en Ukraine et ses conséquences. Il y aura nécessairement une très grosse remise en cause de la politique énergétique de sa nature, de son utilisation et de ses origines. Du coup,  les utopies des énergies alternatives se trouvent renvoyés au calendes grecques En tout cas à leur utilisation pertinente. L’Europe longtemps soumise aux contraintes des écolos allemands et autres pays du nord s’est laissée complètement embourbée dans une politique énergétique hypothéquant largement l’indépendance économique européenne.

La seconde raison du caractère obsolète des programmes est la résurgence de l’inflation. Une inflation générée par la reprise économique mais aussi par des facteurs plus structurels comme la recomposition progressive des processus de production et de répulsion. L’indépendance économique aura un coût et la relocalisation ne sera pas gratuite. La dérive de l’inflation va remettre en cause tous les scénarios économiques. Bien sûr on pourra toujours imputer la responsabilité à la guerre en Ukraine. La vérité c’est que cette inflation va largement amputer le pouvoir d’achat des consommateurs et en même temps la consommation et la croissance.

De fait, il y  ira moins de fruits de croissance à distribuer et il faudra en outre commencer à amortir les dettes accumulées pendant la crise[. Le contraire de ce que propose la plupart des programmes qui arrosent en promesses financières les différents catégories socio professionnelles.

Tous les programmes ont à peu près en commun y compris le programme de Macron de ne pas proposer de bouclage financier sauf d’hypothétiques économies dans l’appareil d’État toujours promises mais jamais réalisées depuis des dizaines et des dizaines d’années.

À cela va s’ajouter également la contrainte supplémentaire des règles environnementales qui vont également modifier le coup d’accès aux produits et aux prestations ne serait-ce qu’à partir de la fameuse taxe carbone qui risque en outre d’impacter la compétitivité européenne.

La non pris en compte de ces différents enjeux pourrait bien se traduire par une crise sociale tellement est important le fossé entre les promesses électorales et les réalités sociaux économiques.

Élection présidentielle : le risque d’une crise démocratique

Élection présidentielle : le risque d’une crise démocratique

Un papier de » l’Opinion » qui attire l’attention sur les risques d’une abstention record combiné à un vote anti système.

 

 

Et si le choc démocratique tant redouté était programmé ? Pas une « surprise » à la manière du 21 avril 2002 mais plutôt la perspective d’une combinaison empoisonnée entre une abstention record et un vote anti-système à un niveau sans précédent. A 21 jours du premier tour de l’élection présidentielle, jamais autant d’électeurs n’avaient envisagé la grève civique, au point d’enfoncer le désintérêt historique de 2002 (28 %). Et jamais les candidats « protestataires » n’avaient franchi aussi largement, tous ensemble, le seuil des 50 %.

S’enracinent ainsi en France deux sentiments, fruits d’une même défiance: l’élection suprême est devenue inutile ou, selon, propice à une déconstruction de la démocratie représentative. Cette vérité est douloureuse, pour les élites et pour les partis de gouvernement traditionnels, disqualifiés : les Français restent un peuple politique, mais désormais majoritaire à considérer que le système politique et les institutions républicaines ne sont plus le lieu des solutions. Entre abstention et révolution, point de salut !Après tout, notre pays pâtit d’une fatigue démocratique commune à tout l’Occident, partout carburant des populismes (langueur que la crise ukrainienne pourrait, qui sait, soigner). Sauf que le débat surréaliste – et unique en Europe – sur l’illégitimité supposée d’un Président mal élu laisse supposer qu’au fond, pour se faire entendre, mieux vaut casser que voter. Sauf que l’absolutisme de notre régime présidentiel empêche de purger cette colère populaire qui finit par paralyser le pouvoir. Avec plus d’adresse qu’un Gérard Larcher, Jean-Luc Mélenchon affirme que « si on ne tranche pas cette fois-ci encore, ce ne sera pas bon pour la stabilité de la France. » Contre la poussée des démagogies, la réforme institutionnelle devient la mère des réformes.

Présidentielle: un élection…… sans campagne

 Présidentielle: un élection…… sans campagne

 

La campagne électorale ne fait guère recette auprès de l’opinion publique. En cause, un environnement économique, sanitaire et géo politique qui écrase les promesses des candidats. Des candidats dans la plupart des programmes sont d’ailleurs complètement inadaptés à l’environnement en général et aux bouleversements économiques, technologiques et environnementaux à venir. En effet la tendance future sera de tendre dans beaucoup de domaines vers une plus grande souveraineté économique et les processus de production et de distribution vont se trouver modifiés non sans conséquences y compris au plan financier et social.

D’une certaine manière, les programmes sont à peu près tous obsolètes. Pour preuve même celui du président candidat dont 65 % des Français environ pensent qu’il ne changera pas grand-chose.

 «Le désintérêt des français pour la présidentielle se constate également dans les médias, traditionnels et numériques» estimes un papier de l’opinion. Dernier élément marquant le peu d’enthousiasme vis-à-vis de la campagne électorale des perspectives d’abstention importante se situant entre 30 et 35 pour cent qui s’ajoutent aux 20 % de noms inscrits ou mal inscrits. Soit au moins un Français sur deux.

Les campagnes électorales possèdent habituellement leur propre liturgie. Elles contribuent, tel un alambic démocratique, à un puissant écrémage des candidats tant l’exercice est exigeant de vérité et de rudesse, de savoir-faire et de savoir être. La mobilisation des électeurs doit conduire au «sacre» de son dirigeant ou de son représentant. Faut-il encore que le peuple soit au rendez-vous.

Si par nature, chaque campagne est inédite, celle que nous vivons frise le hors norme. Avec une guerre majeure sur notre continent, sur fond d’une crise sanitaire qui n’en finit pas et qui a accentué les sentiments de «la régression démocratique» et de «la société de l’indifférence» pour reprendre le titre de deux essais de Gérard-Alain Slama parus en 2002 et 2010, le scrutin se trouve relégué dans les esprits. Faute d’un récit collectif, les démocraties sont en crise. La ferveur des Ukrainiens pour la défense de leur pays, aspirant à nos valeurs, devrait être un sujet d’engagement suffisamment fort pour porter haut les couleurs de notre démocratie en allant voter. L’absence de suspense et la perspective d’un deuxième tour relevant

Ainsi, toutes les études montrent le désintérêt, si ce n’est le désarroi, des électeurs. Ainsi selon l’institut BVA, «à trois semaines du premier tour, 69% des Français inscrits sur les listes électorales seulement déclarent s’intéresser à cette élection. Ce niveau d’intérêt est nettement moins élevé qu’en 2017 à pareille échéance du scrutin (74%)». De fait, les campagnes ne battent pas leur plein dans les médias. Si la télévision semble retrouver son lustre, elle le doit plus à la multiplication des formats et des émissions qu’à leurs audiences tout en tentant de respecter le principe d’équité, renforcé à présent, rappelé par l’Arcom.

Si les audiences valaient vote, en observant l’exposition médiatique des candidats en janvier et février selon Tagaday pour Le Journal du Dimanche, Eric Zemmour serait élu. Les audiences ne font pas l’élection, pas plus que les sondages ou la jauge des meetings. Même si, et c’est remarquable, les candidats les plus radicaux, comme Eric Zemmour ou Jean-Luc Mélenchon, sont ceux qui convoquent le plus de monde dans leurs manifestations publiques. S’agissant des audiences télévisées, l’émission de TF1 «La France face à la guerre» du 14 mars a de peu dépassé la barre des quatre millions de téléspectateurs. Deux fois moins que le grand débat – certes, il y avait débat – du premier tour de l’élection de 2017.

Le strict respect de l’égalité des temps de parole à partir de lundi prochain, 28 mars, ne devrait pas contribuer à mettre les candidats plus en lumière au risque d’éteindre progressivement leur mise en lumière. Comme à chaque campagne, chacun s’émouvra de règles anciennes et dépassées avant d’oublier de les modifier au cours des cinq années suivantes.

. Internet avec ses réseaux sociaux et ses sites Web ne prend pas le relais pour autant. Le numérique s’est imposé dans l’espace public comme un amplificateur des débats. Et pourtant, il peine, lui aussi, à trouver sa place dans la campagne électorale. Les équipes sont moins aguerries, comme en témoigne une série de messages, formant une analyse du débat «La France face à la guerre» , postée sur Twitter par Nicolas Vanderbiest. Il en ressort que là aussi que «seules les équipes de Mélenchon et de Zemmour (20 % des audiences) ont des activités concertées». Les communautés d’Emmanuel Macron et de Marine Le Pen, qui avaient fait florès en 2017, se sont évaporées. Les espoirs de trouver une campagne revigorante en ligne seront vite déçus renforçant une impression d’atonie générale.

L’absence d’une campagne électorale digne de ce nom risque de transformer les scrutins à venir, la présidentielle en avril, les législatives en juin, en exutoire. Une démocratie comme la nôtre n’aurait rien à gagner au chamboule-tout dans une période aussi critique qui n’a pas besoin de cela pour «couronner le tout» si l’on peut dire. Il est encore temps pour chacun des acteurs de jouer sa partition : les candidats pour porter et défendre leurs projets, les médias pour les éclairer et les citoyens pour en juger.

Par David Lacombled est président de la Villa numéris.

Election présidentielle 2022 : Macron candidat sans débat

Election présidentielle 2022 : Macron candidat  sans débat

 

 

Un papier du « Monde » soulève la contradiction de la campagne de Macro, qui veut d’une part élargir son concept de d’union nationale mais refuse en même temps le débat avec les forces concurrentes.Il ne fait pas de doute que, s’il est réélu, le chef de l’Etat aura la volonté de continuer à réformer le pays. Pour entraîner à sa suite un maximum d’acteurs, il devra faire preuve de capacité d’écoute et d’échange, ce que son refus de se confronter à ses adversaires ne montre pas.

 

 

Archi-favori dans tous les sondages d’intentions de vote, Emmanuel Macron est confronté depuis son entrée en campagne à deux défis. Le premier est d’expliquer en quoi un second mandat s’impose et peut être utile au pays, alors que l’histoire de la Ve République est jalonnée d’exemples décevants. La très longue conférence de presse tenue, jeudi 17 mars, par le président candidat jusqu’à présent très occupé par la guerre en Ukraine, et son insistance à revendiquer « un mandat clair » à partir de propositions concrètes et détaillées, était une réponse plutôt convaincante à cette interrogation. Il ne fait guère de doute que, s’il est élu, Emmanuel Macron aura la volonté de continuer à réformer le pays.

Certains des chantiers qu’il a évoqués, comme les réformes de l’assurance-chômage, de la formation professionnelle, de Pôle emploi, sont dans la droite ligne de ce qu’il a entrepris en 2017 pour tenter d’en finir avec le chômage de masse. Les résultats obtenus depuis cinq ans lui servent de levier. D’autres propositions sont en revanche en total décalage par rapport au projet initial, comme la retraite à 65 ans ou la baisse des droits de successions, qui semblent cette fois directement tirées de l’escarcelle de la droite.

Une idée apparaît totalement disruptive : celle de conclure un pacte nouveau avec les enseignants, qui se verraient proposer une hausse « significative » de leurs rémunérations à condition d’accepter de « nouvelles missions », comme le remplacement des professeurs absents. Combiné à la volonté de donner plus de liberté aux chefs d’établissement et de rendre transparentes les évaluations, ce chantier remet profondément en cause le fonctionnement actuel de l’éducation nationale, qui ne parvient pas à remplir sa promesse d’égalité des chances. Au terme de cinq années de relations difficiles avec les syndicats, le candidat assume la prise de risque en tablant cette fois sur la mobilisation des acteurs locaux : maires, chefs d’établissement, enseignants, parents d’élèves.

Façonnée par les crises, les blocages et les périls, la nouvelle France qu’Emmanuel Macron tente de faire émerger apparaît assez différente de celle d’aujourd’hui : elle est à la fois fortement mobilisée autour de la défense de sa souveraineté avec un effort budgétaire de 50 milliards d’euros par an jusqu’en 2027 et pourtant moins uniforme dans son fonctionnement. Le droit à l’expérimentation est revendiqué pour tenter de renouer le lien avec les citoyens. Le projet se veut aussi plus écologique et plus solidaire avec le triplement de la prime pouvoir d’achat ou la création d’une « solidarité à la source » pour les plus précaires. En jonglant avec tous les sujets sur un large spectre idéologique, Emmanuel Macron a montré qu’il était directement opérationnel, au risque d’aggraver son cas.

Son second défi était en effet de lutter contre l’idée d’une élection déjà faite et donc peu mobilisatrice. Cela méritait à tout le moins quelque considération pour ceux qui le défient. Il n’y en a pas eu. Le président candidat continue de refuser obstinément de débattre avec eux en arguant que tous ses prédécesseurs ont fait de même. Or les circonstances n’étaient pas les mêmes. Acteur depuis 2017 d’une puissante recomposition politique, Emmanuel Macron rêve ouvertement d’une large union nationale pour achever son projet. Le nombre de défis à relever l’y incite mais, pour espérer embarquer un maximum d’acteurs, il doit d’abord démontrer sa capacité d’écoute et de débat, après un quinquennat marqué par la verticalité. La campagne présidentielle est une occasion en or. Il ne s’y résout pas. C’est son talon d’Achille.

Présidentielle : une élection sans campagne électorale

Présidentielle : une élection sans campagne électorale

 

 

 

 

Dans les faits, la campagne électorale qui avait à peine démarré est déjà terminée. La quasi-totalité des médias consacrent l’essentiel de leurs informations à la guerre de l’Ukraine. Les positions de campagne électorale sont traitées comme des faits divers et de manière très succinctes.

 En cause, le danger que représentent  désormais un élargissement éventuel de l’invasion, une guerre nucléaire ,et de toute manière les conséquences mondiale sur l’économie. Des conséquences caractérisées par une baisse de la croissance et une envolée de l’inflation en particulier sur les matières premières y compris alimentaires.

La seconde raison de cette absence de campagne tient au changement des priorités pour les Français. Certes , la question du pouvoir d’achat vient en premier en d’après un récent sondage d’Ipsos mais la question de la guerre vient derrière bien avant les autres sujets environnement santé par exemple.

Comme il est vraisemblable que la guerre en Ukraine sera de plus en plus longue et de plus en plus dramatique, cet événement risque même de devenir la première préoccupation et le sujet politique central.

 Or dans ce domaine Marine Le Pen, Zemmour et Mélenchon n’ont pas été d’une grande clarté quant à leur positionnement politique. Pour être juste, ils ont même considéré que la perspective d’une guerre par Poutine relevait de l’intoxication. En dépit de leur revirement, ils  vont payer la facture électorale de leur curieuse conception de la démocratie.

C’est sans doute dans un fauteuil que Macron sera réélu. La seule qui pourrait s’opposer à lui avec une certaine pertinence ,Valérie Pécresse, n’arrive cependant pas à imprimer dans l’opinion, sans parler des coups bas  qu’elle reçoit au sein de son parti même .

Conclusion, il n’y aura pas de véritable campagne électorale. Macron s’est déjà affranchi d’une déclaration solennelle avec une petite lettre assez intemporelle qui montre qu’il entend enjamber l’événement.

 Pour l’instant le sondage donne raison avec une perspective de 30 % des intentions de vote au premier tour. Marine Le Pen  vient en seconde position avec seulement la moitié des intentions de vote de Macron.

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