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Grève dans les Ehpad: pourquoi ?

Grève dans les Ehpad: pourquoi ?

 

 

Il y a de nombreux facteurs explicatifs au mécontentement des personnels des maisons de retraite et des services d’aide à domicile. Le principal, c’est sans doute l’évolution de la démographie caractérisé par un vieillissement de la population et une plus grande dépendance. Dans les EHPAD, il y a une vingtaine d’années le personnel prenait en charge moitié moins de résidents ; des résidents qui entrent désormais de plus en plus tard dans les maisons de retraite (autour de 85 ans pour y demeurer en moyenne autour de deux ans). Le nombre de résidents a évolué, la nature des pathologies et des dépendances également. Se pose aussi un énorme problème de financement global. La solution avancée consiste souvent à favoriser le maintien le plus longtemps possible à domicile. Le problème c’est que les services d’aide à domicile sont aussi en crise et on retrouve le même problème de financement. Il y a un manque chronique aussi de personnel d’aide à domicile. Des difficultés de recrutement aussi liées  à des conditions sociales très mauvaises en particulier pour les ADVF n’ont parfois qu’un quart d’heure pour intervenir sans parler des temps d’attente et des trajets mal ou non rémunérés. Dans les zones peu denses se posent aussi les problèmes liés à la désertification médicale. -PA et l’intersyndicale (CGT, FO, Solidaires, CFE-CGC, CFDT, FSU, CFTC, FA, Unsa, Ufas) qui ont appelé à cette journée de mobilisation, dénoncent un manque de moyens et des «sous-effectifs» au sein des Ehpad ainsi que des services d’aide à domicile. Ils réclament la création immédiate de 40.000 postes, pour moitié à domicile.

 

Plan Ehpad- dépendance : « Un petit pas », (Romain Gizolme- AD-PA)

Plan Ehpad- dépendance  : « Un petit pas », (Romain Gizolme- AD-PA)

C’est le jugement du directeur de l’Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA), Romain Gizolme, sur FRANCEINFO) après l’annonce du pal Ephad-dépendance.

 

 Avec ces mesures, est-ce que les personnes âgées vont-être mieux traitées ?

 

Clairement pas. On nous annonce 143 millions d’euros supplémentaires. Evidemment ça paraît beaucoup mais 143 millions d’euros supplémentaires sur trois ans, si vous le rapportez au nombre d’établissements, ça ne représente que 1 500 postes supplémentaires pour 7 500 établissements. Donc, on voit bien que cela ne va pas apporter le changement en termes de qualité d’accompagnement pour les personnes âgées, ni apporter plus de soutien aux proches et aux familles ou encore améliorer les conditions de travail des professionnels.

Qu’allez-vous faire de cet argent ?

Nous allons faire quelques embauches qui permettront d’un peu améliorer la situation mais ces financements-là ne permettront pas par exemple de compenser la suppression des contrats aidés. Donc cela ne changera pas la situation des personnes âgées, des familles et des professionnels. C’est en cela que les perspectives que l’État ouvre nous paraissent plus intéressantes et notamment avec l’engagement qu’a pris Emmanuel Macron de réfléchir à un projet de financement nouveau, l’aide aux personnes âgées dans son ensemble, donc en établissement et à domicile, avec un calendrier assez resserré puisqu’il a envisagé ça pour fin 2018, début 2019. C’est extrêmement  intéressant, d’autant que les organisations de professionnels mais aussi de retraités, de personnes âgées ou de familles attendent cette grande réforme. La création de ce que certains appellent un cinquième risque que nous préférons appeler une prestation autonomique qui permettra réellement d’augmenter le temps de présence auprès des personnes âgées et de réduire les coûts pour les personnes âgées et les familles.

Les personnels des Ehpad ont manifesté et exprimé un grand désarroi ces derniers mois. Est-ce que le climat s’améliore du côté du personnel ?

Il va falloir effectivement créer les conditions d’une amélioration des conditions de travail mais aussi d’accompagnement des personnes âgées et du soutien aux familles. Cela va passer par une réforme profonde de notre modèle de protection sociale pour les personnes âgées et puis des réponses en termes de service. Aujourd’hui, il est clair qu’il faut envisager le développement de structures alternatives qui répondraient mieux aux attentes des personnes âgées. L’Etat dit qu’il va réfléchir à ces questions donc on voit bien qu’il faut engager un grand chantier, c’est en cela que les annonces de la ministre de la santé, Agnès Buzyn sont intéressantes parce qu’elles prévoient visiblement d’engager ce grand chantier et cette réflexion de société.

La dépendance va couter de plus en plus cher. Aujourd’hui, plus d’un million et demi de personnes de plus de 85 ans sont pris en charge. Qui financera la dépendance ?

Il y a différentes pistes de financement qui peuvent être envisagées. En 2011, le Conseil économique social et environnemental s’était penché sur la question et l’ensemble des organisations, à la fois d’employeurs et de salariés avaient trouvé une piste de financement qui était acceptée par la société civile. Il y a la deuxième journée de solidarité qui ne fait pas l’unanimité mais on voit bien qu’il peut y avoir différentes pistes de financement. Soit on paye collectivement, soit on paye individuellement, ça c’est un choix de société. Mais aujourd’hui, l’ensemble des français trouve déjà payer trop cher pour l’accompagnement de leurs parents. Aujourd’hui, nous demandons à des personnes âgées, à des familles, d’assumer plus de 60% du prix de journée du coût de fonctionnement d’un établissement, on n’assume pas autant pour un séjour hospitalier ou sinon personne ne se soignerait. Je pense que les français ne peuvent pas payer plus. Quand vous avez un prix moyen d’un séjour en maison de retraite qui est de l’ordre de 2 200 euros et que vous avez des pensions de retraites moyenne à 1 200 euros, ça n’est pas tenable.

Dépendance –Ehpad : un micro plan !

Dépendance –Ehpad : un micro plan !

Il se pourrait bien que la ministre de la santé annonce un micro plan pour les Ephads et la dépendance en général (en fait à peu près rien sur le maintien à domicile qui connait une vraie crise de rémunération et de vocation). Pour les Ephads, on a annoncé un poste d’infirmière de nuit, c’est mieux que rien mais cela ne répond pas à la question fondamentale de la dépendance. L’urgence dans les Ephads est davantage à la dépendance qu’aux soins.  Le taux d’encadrement pour cette dépendance est particulièrement faible, à 0,57 soignant pour un résident, soit moins de 60 agents pour 100 personnes. Il faut répondre à la demande renforcement de effectifs dès maintenant, en m^me temps prévoir l’évolution démographique. i. En 2060, 23,6 millions de personnes seraient âgées de plus de 60 ans, selon les projections de l’Insee. En avril dernier, la ministre de la Santé avait reconnu que plusieurs pistes étaient à l’étude, solidarité. En clair uen deuxième journée pour les vieux, c’est à dire un impôt. Pour les personnels des maisons de retraite médicalisées, la détérioration de leurs conditions de travail va de pair avec celle des conditions de vie des résidents.  Il n’y a pas si longtemps Macron affirmait lors d’une visite dans un établissement hospitalier que les Ehpad étaient composé de nombreuses personnes non dépendantes justifiant sans doute ainsi la réduction des moyens budgétaires affectés. Dans son intervention sur TFI, Macron avait changé son raisonnement sans doute informé que pour la très grosse partie, les résidents d’Ehpad sont effectivement surtout dépendants.  Alors que le système d’accueil des personnes âgées en Ehpad est en difficulté, Emmanuel Macron promet: « on sera au rendez-vous, on va changer les choses ». « On a besoin d’une vraie transformation et vous avez ma parole qu’on fera ce qu’il faut », ajoute le chef de l’Etat lors de son interview sur TF1. Il note que « le système a changé »: E de citer des chiffres qu’on a dû lui fournir récemment « On y entre autour de 85 ans, on y reste environ deux ans. Ce n’est plus comme avant, lorsqu’on y entrait à une soixantaine d’années! Les personnes sont de plus en plus dépendantes, on doit davantage les médicaliser. On va changer les choses ». La question c’est quoi, quand et comment ! Une infirmière de nuit, ce n’est pas vraiemenet suffisant ! Il faut en effet répondre aux urgences du moment concernant le effectifs et prévoir les conséquences à terme du vieillissement de la population.

Ehpad : on va changer les choses (Macron)

Ehpad : on va changer les choses (Macron)

 

Il n’y a pas si longtemps Macron affirmait lors d’une visite dans un établissement hospitalier que les Ehpad étaient composé de nombreuses personnes non dépendantes justifiant sans doute ainsi la réduction des moyens budgétaires affectés. Dans son intervention sur TFI, Macron change son raisonnement sans doute informé que pour la très grosse partie, les résidents d’Ehpad sont effectivement surtout dépendants.  Alors que le système d’accueil des personnes âgées en Ehpad est en difficulté, Emmanuel Macron promet: « on sera au rendez-vous, on va changer les choses ». « On a besoin d’une vraie transformation et vous avez ma parole qu’on fera ce qu’il faut », ajoute le chef de l’Etat lors de son interview sur TF1. Il note que « le système a changé »: E de citer des chiffres qu’on a dû lui fournir récemment « On y entre autour de 85 ans, on y reste environ deux ans. Ce n’est plus comme avant, lorsqu’on y entrait à une soixantaine d’années! Les personnes sont de plus en plus dépendantes, on doit davantage les médicaliser. On va changer les choses ». La question c’est quoi, quand et comment !

 

Ehpad : crise de société et crise financière

Ehpad : crise de société et crise financière

Un  rapport parlementaire reconnait clairement la crise profonde qui pose deux questions fondamentale d’abord le rapport de la société aux personnes âgées. Du fait des progrès de la médecine notamment les personnes âgées sont de plus en plus nombreuses. De plus en plus âgées, elles deviennent assez souvent dépendantes et le maintien à domicile n’est pas toujours possible d’autant qu’il y a aussi une crise des conditions d’intervention du personnel à domicile. Notamment des assistantes de vie dont les conditions de travail et de rémunération sont scandaleuses. On manque cruellement de places dans les Ehpad et les couts sont insupportables pour beaucoup de résidents, le minimum est de 2000 euros par mois et souvent 3000 voire davantage (la retraite moyenne en France est de 1100 euros). Or le gouvernement a réduit globalement les aides financières.   Un rapport parlementaire rendu mercredi fait donc le constat d’une “profonde crise” dans les Ehpad et préconise de doubler le ratio de soignants, à la veille d’une journée de grève prévue dans ces établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). “Les signaux faibles tenant au malaise croissant des professionnels ou à l’anxiété persistante des familles, perceptibles depuis déjà quinze ans, ont fait place à une remise en cause plus nette et largement partagée”, notent les députées Monique Iborra (La République en marche) et Caroline Fiat (La France insoumise) en introduction de ce rapport, lancé dans le cadre d’une mission parlementaire de septembre 2017. Parmi les propositions phares du texte consulté par Reuters, les députées proposent de porter le ratio de soignants à 60 employés pour cent résidents d’ici quatre ans. Elles estiment qu’il s’agit d’une “norme minimale” pour assurer que les résidents de ces maisons bénéficient d’une heure et demie de soin par jour, contre moins d’une heure actuellement, avec un taux actuel de l’ordre de 24,5 aides-soignants et 6 infirmiers pour 100 résidents. “Ce n’est pas une norme exponentielle, (..) c’est vraiment la norme minimale actuelle, qui, je l’ai appris hier avec énormément de regret et de colère, ne sera pas suivie d’effet par madame la ministre”, a déclaré mercredi Caroline Fiat, députée La France insoumise sur BFM TV. Elle dénonce par ailleurs une situation “ubuesque”: “Pour 1.900 euros, ces personnes n’ont pas de soins dignes de ce nom. Elles rentrent pour subir une maltraitance institutionnelle qui est maintenant connue et actée”, poursuit-elle, soulignant l’urgence d’une amélioration du ratio de soignants. Les deux rapporteurs sont favorables à une diminution des frais restant à la charge des pensionnaires des Ehpad. Leur rapport remis à la commission des Affaires sociales de l’Assemblée se prononce en outre pour une suspension de la réforme du financement des Ehpad décidée sous le précédent quinquennat et poursuivie par le gouvernement actuel, qui vise à faire converger d’ici 2023 les dotations entre public et privé. En clair à diminuer la dotation globale.  En 31 propositions, le texte préconise en outre une revalorisation du statut d’aide-soignant, la création d’un acteur unique sur la dépendance et le développement de deux consultations de prévention de la dépendance à domicile, à 65 ans puis à 70 ans, prises en charge par l’Assurance maladie. “C’est de la rencontre entre un phénomène démographique d’une ampleur inédite et une prise de conscience insuffisante qu’est née la situation actuelle de la dépendance dans notre pays”, soulignent les députés.




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